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 Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube

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La Noblesse
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Je suis : Duc d'Erebor et Roi des Gitans

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La Noblesse
Message Sujet: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Jeu 3 Aoû - 4:40


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Alméïde et Anthim d'Erebor

Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube

"On a beau se délecter de la lune, on veut du soleil aussi"



• Date : 25 mars 1002
• Météo (optionnel) : Il fait froid. Euphoria c'est froid (je veux mon sable).
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Déjà une quinzaine de jour qu'Alméïde a été retrouvée devant les portes du palais d'Euphoria. Presque une dizaine de jour qu'Anthim, ramené par Justice, dragon de la Tour Noire, est arrivé dans ledit palais pour veiller sur sa soeur. Enfin, après de longs silences, elle parvient à lui adresser la parole. Il est le premier.
• Recensement :
Code:
• [b]25 mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2470-ne-cesse-jamais-de-sourire-car-ton-sourire-annonce-l-aube#75344]Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube[/url] - [i]Alméïde et Anthim d'Erebor[/i]
Déjà une quinzaine de jour qu'Alméïde a été retrouvée devant les portes du palais d'Euphoria. Presque une dizaine de jour qu'Anthim, ramené par Justice, dragon de la Tour Noire, est arrivé dans ledit palais pour veiller sur sa soeur. Enfin, après de longs silences, elle parvient à lui adresser la parole. Il est le premier.


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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Jeu 3 Aoû - 16:03

L’attente n’avait jamais été aussi longue, aussi stressante. Chaque seconde était comme une aiguille plantée dans sa peau. Chaque jour sans nouvelle un coup de poignard plongé dans son cœur. S’il en avait eu la possibilité, Anthim aurait retourné le continent entier pour retrouver sa sœur. Et s’il avait pu, il l’aurait sans doute fait entièrement brûler pour punir ceux qui avaient tant fait du mal à Alméïde. Impossible de savoir ce qui s’était exactement passé, mais les faits étaient là : sa sœur, retrouvée prostrée et choquée devant le palais d’Euphoria, presque dix jours après sa disparition. Et lui, duc d’Erebor, incapable de la rejoindre par les moyens terrestres sans y passer des mois. Pourtant, rongé par l’inquiétude de ne pouvoir la voir et la serrer dans ses bras, il avait cherché de nombreux moyens pour faire rapidement le chemin jusqu’en Sombreciel, jusqu’à songer aux mages pourtant bannis de l’empire. Hélas, rares étaient ceux à s’être attardés à Vivedune, et aucun disposant d’une magie susceptible de l’aider. Deux jours étaient passés ainsi, jusqu’à ce que le soir du deuxième jour, un dragon d’or se présente à lui. Exclusivement à lui. Justice, monture de la Tour Noire était venu expressément de Lorgol pour l’emmener lui à Euphoria, à la demande de sa pièce. Ladite pièce qui n’était autre que sa sœur. Ainsi donc, un autre des nombreux secrets d’Alméïde lui avait été révélé à cet instant là. Mais c’était là un secret qui méritait d’être gardé sous silence, même à lui. Bien que cela n’enlevait rien à l’inquiétude du duc. L’inquiétude du frère.

Il savait que ce n’était peut-être pas judicieux de partir ainsi d’Erebor en pleine guerre, alors que les conflits faisaient rage du côté de la frontière et qu’Ibélène souffrait terriblement de la cohésion groupée. En face, les Faës avançaient leurs troupes de manière significative et inquiétante. Alors pourquoi céder à une décision poussée par l’affection, là où il l’aurait condamné pour d’autre ? Parce qu’Alméïde était sa sœur, qu’elle était toujours princesse d’Erebor et qu’il ne pouvait définitivement museler son inquiétude. Alors il avait à peine attendu une journée, le temps que Justice se repose de son premier voyage, et était partit en direction de Sombreciel, laissant des instructions précises. Il ne reviendrait sans doute pas avant un long moment malheureusement, il n’y avait plus qu’à espérer que les choses se passent bien. Pour ce qui était du voyage à dos de dragon en tout cas, ce fut relativement le cas, bien que le sultan des sables n’était pas particulièrement envieux de renouveler l’expérience. Justice n’était pas un grand bavard et outre quelques mots rassurants - si l’on pouvait dire - il garda silence presque tout au long des trois jours de vol.

Quelle ne fut pas la surprise des gens du palais de Sombreciel que de voir débarquer le duc d’Erebor à dos de dragon. Les explications furent courtes avec Castiel, mais au moins comprises, et les dieux soient loués, aucune dispute n’éclata entre eux. Ni à cet instant, ni pendant les huit jours qui suivirent. Huit jours. Huit longues journées à tenter d’aller voir Alméïde et se cogner à un mur de silence et de peur. Les regards, quand elle osait le regarder, étaient fuyants, apeurés. Et pas un seul mot n’avait franchit la barrière de ses lèvres, comme si sa voix avait définitivement été scellée. Elle n’était pas blessée physiquement pourtant, avait dit Castiel. Des examens avaient prouvé qu’aucune blessure, aucune cicatrice nouvelle ne barrait son corps. Mais à l’évidence, le choc de l’esprit avait été puissant, terrible et destructeur. Il se devait de prendre son mal en patience, Anthim, ne pouvant forcer la volonté de sa soeur déjà bien brisée. Il lui fallait du temps pour recoller les morceaux de sa conscience et reprendre confiance en la réalité. Il n’osait imaginer le traumatisme qu’avait pu lui infliger l’Ordre, mais l’état de sa soeur, à lui seul, prouvait toute l’horreur qu’elle avait pu subir.

Pas un mot. Pas un regard. Jusqu’à un matin où, abandonné par le sommeil, le duc était venu retrouver sa sœur dans sa chambre, veillant sur elle alors que Castiel l’avait quitté quelques heures plus tôt. A croire qu’ils s’étaient mis d’accord pour effectuer un roulement et veiller constamment sur elle. Eux, ducs à la charge si imposante, occupés à veiller une personne qui leur était à tous deux si importantes. Oui il était bien tôt, ce matin là, l’aube se levait à peine quand un froissement de tissus attira son attention, moins cependant que la petite voix qui s’adresse à lui, appelle son nom. Prestement il se lève du rebord de la fenêtre, pressé, il vient s’asseoir au bord du lit, le visage trahit d’une inquiétude sincère et d’un soulagement certain. Elle est si maigre, sa chère Alméïde. Si pâle. Si fatiguée. Ses yeux ne brillent plus comme ils avaient l’habitude de le faire et il perçoit encore cette réticence à son égard. Ô grands dieux ? Que pouvait-il faire pour la rassurer qu’il n’était pas là pour lui faire du mal ? Sa main, avec une infinie douceur amorce une approche pour se poser sur la joue de sa sœur, y offrir une caresse fugace mais familière.

« Oh Alméïde. » Elle est traître, la voix d’Anthim, pleine d’une peur contenue qui déborde pourtant. Comme il aimerait pouvoir la serrer dans ses bras comme autrefois, la rassurer et la protéger du mal qui lui était fait. « Tu es en sécurité. » Murmure-t-il d’une voix chaude, aimante, assurée et convaincue qu’il ne permettrait jamais qu’il lui arrive d’autres malheurs.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Jeu 3 Aoû - 19:48

Encore une nuit où elle s'endort d'un sommeil agité. Encore une nuit où seul l'épuisement parvient à lui faire fermer les yeux et à la pousser dans les bras de Niobé. Les rêves que lui tisse Trelor sont pourtant toujours aussi sombres, aux images terrifiantes, aux sons terribles qui la font trembler au coeur de la nuit. Toujours les mêmes songes peuplés d'êtres sans visages. Toujours les mêmes songes où elle aperçoit le visage déformé de sa soeur, puis tous ses proches tantôt agonisant, tantôt l'abandonnant à son sort. Elle s'éveille plusieurs fois pour n'apercevoir que les ténèbres qui l'entourent avant de sombrer à nouveau, à peine rassurée par les ronronnements constants d'un félin au pelage immaculé qui s'appuie contre son flanc. Une courte nuit, pour la princesse qui tremble encore à chaque instant et dont l'esprit ne parvient pas à se débarrasser de l'angoisse constante qui l'étreint. C'est à peine si elle parvient à respirer, parfois, tant la peur l'écrase de son poids. Et pourtant, les jours passent et quelque chose semble se dessiner en son coeur. Un espoir, un mince espoir, une flamme qui brille dans une nuit glacée d'hiver et lutte contre le vent, contre le froid. Une flamme qui réchauffe tout doucement son coeur meurtri.

La fatigue est encore présente, lorsque le sommeil la quitte, mais elle sait déjà qu'elle ne parviendra pas à rejoindre les bras de Niobé une nouvelle fois. Il y a toujours ce malaise, toujours ce frisson glacé sur sa nuque, juste avant d'ouvrir les yeux. Sera-t-elle toujours au coeur du palais d'Euphoria ou réalisera-t-elle que ce n'était qu'une illusion de plus. Ne verra-t-elle que le néant lorsque ses paupières s'ouvriront ? La réponse arrive, apportant un soulagement qui s'estompe bien rapidement. La lumière de l'aube s'infiltre par la fenêtre et elle sent les draps sous ses doigts crispés, cette chemise qui lui colle à la peau à cause des sueurs froides que provoquent ses cauchemars. Alméïde respire doucement, force sa respiration à se calmer. Dans son esprit, un guerrier tente de lui insuffler un peu de son courage et elle parvient à se retourner dans son lit pour apercevoir une silhouette qui se découpe contre la fenêtre. Son coeur se serre et elle manque d'éclater en sanglots. Son frère. Son frère qu'elle désire tant serrer dans ses bras pour y trouver le réconfort qui lui manque, mais la peur l'en empêche, comme elle l'en a empêchée ces derniers jours. « Il est vraiment là, petite. » La voix grave de Justice répète ces quelques mots, encore, avec patience. Elle veut y croire. Elle veut tellement y croire...

« Anthim... ? » Le son qui s'échappe de ses lèvres est si ténu, craquelé, brisé. Il l'entend pourtant et se tourne vers elle avant de s'approcher avec précaution. Alméïde s'efforce de se redresser, encore faible malgré les soins qui lui ont été prodigués, malgré la nourriture qu'on lui sert chaque jour. Césaire veille toujours à ce qu'elle mange au moins une partie de ce qu'il lui apporte, sans un mot, sans la forcer. Elle reste pourtant bien pâle, la princesse des dunes. Appuyée tant bien que mal contre un coussin, elle lève les yeux vers son frère qui effleure à peine sa joue, comme pour ne pas la brusquer. « Oh Alméïde. » Elle se tend imperceptiblement à son toucher mais ne s'éloigne pas comme elle le fait d'ordinaire. Sa lèvre tremble un instant. « Tu es en sécurité. » Encore ces mots qu'on lui répète depuis son arrivée, des mots qui se font difficilement un chemin jusqu'à sa conscience. Elle secoue la tête, comme incapable d'y croire, incapable de prononcer un mot. Puis ne parvenant plus à tenir, elle se laisse aller dans les bras de son frère et fond en larmes.

Elle est secouée de sanglots, agrippée au cou de son frère comme s'il s'agissait de son dernier recours. Ses doigts se referment sur les vêtements du sultan, s'y accrochent alors que les larmes s'écoulent en un torrent ininterrompu. Elle en avait tant besoin, de la chaleur rassurante des bras de son grand frère, de son réconfort et de sa protection. L'horreur vécue la submerge en une vague d'émotions difficile à contenir et elle n'a plus conscience de ce qui l'entoure. Ni de cette chambre qui est devenue son refuge depuis son retour, ni de ce félin qui saute du fauteuil sur lequel il était installé pour se faufiler hors de la pièce. Elle passe plusieurs minutes à pleurer dans les bras d'Anthim, jusqu'à ce que ses larmes se tarissent, jusqu'à ce que son corps s'épuise et que seuls quelques sanglots isolés viennent secouer son corps.

Alméïde finit par relever la tête, les yeux gonflés, rougis par les pleurs. Ses doigts tremblants s'attardent sur les siens et serrent alors avec le peu de force qu'il lui reste, comme si elle craignait qu'il se volatilise. « Tu es là ? C'est bien toi ? » Elle est si fragile cette voix qui parvient enfin à s'exprimer. Après les cris, après le silence, il lui semble qu'elle a perdu même la capacité d'émettre des sons et lorsqu'ils résonnent dans la pièce, ils ne sont plus que des morceaux brisés. « Anthim, dis-moi que c'est réel. Que... que je ne vais pas me réveiller et que tu auras d-disparu. » Et si c'était encore un pan de son imagination ? Et si c'était une nouvelle ruse pour lui soutirer des informations ? Voilà des jours qu'Alméïde se ronge les sangs à cette idée et pourtant, désormais, elle veut y croire. Elle veut y croire si fort que son coeur lui fait mal.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mar 8 Aoû - 20:55

Des mots comme ceux qu’il avait prononcé, il y en avait eu plein. Toujours les quatre même mots, toujours cette voix rassurante. Et bien souvent, le refus sincère, le déni, la peur dans un regard fuyant, la fuite dans un corps qui ne peut plus bouger. Sa sœur avait vécu tant d’horreurs, semblait-il, que même la plus simple des vérités n’avait plus aucune réalité à ses oreilles, brouillant son environnement dans une sphère de ténèbres qui menaçait de l’engloutir à chaque seconde. De sa confiance, il ne restait rien, qu’il s’agisse de la sienne propre ou celle envers les autres. Brisée, cassée, elle est pourtant intacte de corps, Alméïde, cachant les fragments éparse de sa conscience dans son esprit, protégeant ce qu’il lui reste de certitudes, de sentiments, de volonté. Mais cet éloignement qu’elle imposait rendait la souffrance insupportable, l’attente détestable. Oh comme il aimerait pouvoir entrer dans l’esprit de sa sœur, Anthim, ne serait-ce que pour la rassurer encore, lui faire comprendre que ses seuls mots n’étaient que sincérité et que jamais il ne permettrait qu’un nouveau malheur arrive à sa sœur. Mais au lieu de ça, il était impuissant à pouvoir l’aider, il ne pouvait qu’observer la lente progression d’Alméïde vers la lumière, se présentant comme la source de celle-ci sans jamais pouvoir l’attirer à lui d’une main bienveillante, aimante. Chaque pas était lentement esquissé, solitaire mais positif. Jusqu’à ce petit éclat de voix, faible et fatigué, mais bien le premier qu’il entend depuis qu’il est arrivé.

Le contact qu’il ose instiguer est terriblement calculé, dans un espoir, peut-être, de pouvoir frôler la joue de sa sœur, lui apporter un peu de sa chaleur du bout de ses doigts. Mais il sent qu’elle s’est tendue, que les mots ne sonnent et ne résonnent guère dans son esprit. Il va pour reculer un peu, lui laisser de l’espace, peut-être même se soustraire à sa vue, comme ça avait pu être le cas dans les jours qui avaient précédés, sa silhouette inspirant la peur, le rejet. Comme Castiel d’ailleurs. Tous deux s’étaient retrouvés impuissants à l’aider et cette constatation commune n’avait même pas éveillée la moindre colère entre les deux souverains ennemis. La peur et l’inquiétude avait pris la place de l’immuable rancune et haine. Parfois, certains miracles arrivaient. Dans le cas présent, sur une base hélas bien cruelle.

L’îlot d’espoir pourtant ne s’effrite pas, ne meurt pas sous le flot impétueux de la peur et des souvenirs illusoires. Le doute reflue pour faire place aux larmes. Et c’est dans ses bras que presque immédiatement plonge Alméïde, se rattrapant à l’ancre qui, dans ce naufrage, la retient de toutes ses forces. Dès qu’elle glisse vers lui, larmes dévalant sur les joues comme une rivière qu’on ne peut arrêter, c’est fermement que, contre lui, il sert sa sœur qu’il pense retrouver enfin. Cette sœur qui n’a jamais eu peur de pleurer sur son épaule, lui évoquer ses secrets. Cette sœur qui avait disparu depuis presque un an, à s’embourber dans les mensonges et les tromperies envers lui. En cet instant pourtant, nulle rancune dans le cœur du sultan des sables, seulement le frère qui maintient contre lui une sœur si tristement brisée. Même de ses bras pourtant, il ne peut rattraper tous les éclats brisés. Seulement ceux qu’il entrevoit, seulement ceux qu’elle lui confie, dans le déluge de sanglots qui se fait seule musique de la pièce. La main dans la sombre chevelure d’Alméïde, c’est à la manière d’autrefois qu’Anthim la berce, sentant son propre cœur se fissurer tout en se maintenant tant bien que mal, fort et solide, pour ne pas la laisser elle sombrer.


Les minutes ainsi écoulées sont longues, mais pas une seconde le duc ne songe à arrêter les larmes d’Alméïde. Peu à peu, celle-ci parviendrait à revenir à la surface, prendre une bonne bouffée d’air hors de l’eau, salvatrice pour ses poumons comme pour son esprit. Contre lui, le corps de la pauvre princesse semble si fragile, comme cette voix avec laquelle elle s’adresse à lui, osant briser le silence en croisant ses prunelles. Une main ne cesse de tenir avec une ferme douceur les doigts de sa sœur, encore tremblants, l’autre revient se poser sur cette joue encore humide, caressant les sillons de larmes comme pour les effacer. Comme s’il pouvait les effacer. Bienveillant est le regard qu’il pose sur sa sœur, et d’une infinie douceur, il lâche une seconde la main tremblante qu’elle avait déposé dans la sienne pour la poser en miroir sur l’autre joue du visage d’Alméïde. Puis, lentement, tendrement, il déposa un baiser sur son front, avant de revenir croiser le regard rougi.

« Nul rêve ne brouille ta vision Alméïde. Tu es là, dans cette chambre, et je suis avec toi. Je reste avec toi. » Il ne la laisserait pas tant qu’elle voulait de lui à ses côtés. Il ne supporterait pas l’idée de l’abandonner à nouveau alors qu’elle tendait lentement mais sûrement à retrouver une parcelle de lumière dans son cœur. Pourtant, c’est à lui de céder aux élans de ses sentiments, si sauvages et si mesurés à la fois. A nouveau, il vient la prendre contre lui, dans une étreinte solide. « J’ai eu si peur. » Murmure-t-il à son oreille d’une voix qu’il tente de maintenir saine, dénuée de tout tremblement qui trahissait l’émotion. Il n’y parvient pas. « Je… j’ai cru te perdre. Tu as disparu, nous ne savions pas où te chercher. Où te trouver. Pardonne moi… J'aurais du pouvoir te protéger. » Dans son cou, un autre murmure, un chuchotement qui voudrait cacher quelques larmes dans la cascade de la chevelure sombre de sa sœur. « Tu m’as tant manqué. »

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Jeu 10 Aoû - 20:57

L'étreinte de son frère semble aspirer les maux comme l'on aspire le venin d'une plaie. Chaque sanglot, chaque larme versée, est un nouveau pas vers cette lumière qu'il émet au loin pour l'aider à retrouver son chemin. Elle est pourtant encore si perdue, Alméïde. Dépouillée de ses repères, humiliée et fragilisée, elle s'est brisée entre les mains de ses bourreaux jusqu'à ce que les morceaux restant de sa conscience soient pratiquement irrécupérables. C'était leur but, évidemment. La briser pour qu'elle leur révèle ce qu'elle sait, la briser pour la punir de ne pas le faire, pour donner l'exemple. Malgré tout, elle est là la princesse, à s'accrocher à ce dernier rayon d'espoir qui illumine son horizon, ce rai de lumière intense qui l'attire hors de l'eau pour enfin lui permettre de respirer un peu. Son corps comme son coeur sont fatigués, si las, alors que son esprit vogue encore dans une noirceur terrifiante, mais elle n'a pas totalement baissé les bras, la princesse des dunes. Si son frère est le roc d'Erebor, solide et immuable, elle a en elle le sang des gitans, leur force et leur flamme qui jamais ne s'éteint.

Puis il y a le regard clair de son souverain qui se pose sur le sien, brillant d'émotions et de cet amour fraternel qui parvient à lui insuffler du courage. Elle ne fuit plus ses gestes, elle y puise au contraire du réconfort et de l'apaisement, alors que son corps est encore parfois secoué de sanglots isolés, comme les dernières gouttes de pluie qui tombent après la tempête. Le baiser sur son front la ramène à toutes ces fois où il a été présent pour elle, lorsqu'elle avait peur, lorsqu'elle avait mal, lorsqu'elle était triste. Il la ramène à leur lien qu'elle pensait perdu mais qui se révèle, à nouveau puissant, entre le frère et la soeur. Alméïde ne lâche pas sa main, son seul point d'ancrage dans cette réalité qu'elle commence enfin à croire.

« Nul rêve ne brouille ta vision Alméïde. Tu es là, dans cette chambre, et je suis avec toi. Je reste avec toi. » Ses paroles lui réchauffent le coeur, tout comme cette nouvelle étreinte qu'il initie et qu'elle accueille avec soulagement. « J’ai eu si peur. » Ses doigts se serrent à nouveau contre lui, cherchant à repousser les images qui tentent de s'imposer à elle. « Je… j’ai cru te perdre. Tu as disparu, nous ne savions pas où te chercher. Où te trouver. Pardonne moi… J'aurais du pouvoir te protéger. » Elle secoue la tête, incapable de parler, tant elle a la gorge serrée. Les remords et la culpabilité refont surface, les souvenirs de son départ et de sa disparition sont plus éclatants que jamais. Et Anthim n'en savait rien...

« Tu m’as tant manqué. » « Tu m'as manqué aussi. » souffle-t-elle contre son cou, laissant de nouvelles larmes sillonner ses joues. Elle n'a aucun désir de briser l'instant et elle ne saurait dire avec certitude combien de temps encore elle reste blottie contre lui, cherchant simplement à être rassurée, mais lorsqu'elle s'éloigne une nouvelle fois pour le regarder, il lui semble retrouver une parcelle de courage. Sa main se pose sur la joue de son frère, comme si elle voulait s'assurer qu'il est bien présent tout en le rassurant lui également. « Ce n'est pas ta faute Anthim. C'est moi qui suis p-partie, qui ai pris des risques, ce n'est pas ta faute. » Elle s'efforce de ménager sa voix fragilisée, elle veut mettre des mots sur ce qu'il s'est passé alors même que la simple idée d'y penser provoque des sueurs froides. Sa main retrouve alors la sienne et elle baisse les yeux, coupable. « Il y a longtemps que je voulais te le dire, mais je... je ne pouvais pas. C'était important, il fallait que j'y aille, mais les choses ne se sont pas passées comme prévues... » La réunion, oui. La suite l'était beaucoup moins. Un frisson glacé parcourt sa nuque. « J-je ne sais pas moi-même où j'étais Anthim. J'étais coupée de tout, ils ont m-masqué ma vue. Je ne me rappelle qu-que le froid et le n-noir... » Et le visage de sa soeur. Et la douleur, ô dieux, la douleur. Elle se remet à trembler et sa respiration se fait plus difficile, saccadée. L'horreur n'est jamais bien loin, prête à l'envahir à nouveau.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Sam 19 Aoû - 3:34

Même le plus petit des murmures à quelque chose de rassurant. Ils étaient le signe que sa sœur, peu à peu, sortait des limbes de son esprit tourmenté et des songes qui l’avaient muré dans un silence profond. Même brisée, cette voix avait des airs d’espoir, il ressemblait à un petit éclat de lumière sous un horizon de ténèbres. Et même si ce n’est pas le premier, Anthim ne se lasse pas, à cet instant, de les entendre le rassurer. Il en rirait presque d’amertume, si sa gorge n’avait pas été aussi serrée. Car ce n’était guère lui qu’il fallait consoler. Pourtant, la plus solide montagne peut se mettre à trembler elle aussi quand la force la plus extrême s’opposait à elle. Quand bien même était-il fait de la roche inébranlable et millénaire de celle-ci que la peur de perdre sa sœur l’avait touché au plus profond de ses racines. La chute de ses larmes n’est pas aussi intense que celle qui coule sur les joues creusées de sa sœur, mais elle l’est assez pour lui faire du bien et exprimer toute la douleur qui était restée dans son cœur. Peu importe si les minutes passent, que la courbe du soleil avance dans le ciel pour se couvrir de nuage : Anthim avait retrouvé Alméïde, frère et sœur réunis comme autrefois, dans une détresse qu’ils n’avaient alors jamais connu.

S’il faut bien se séparer de cette longue étreinte, c’est très à contrecœur qu’Anthim lâche sa sœur. Mais il ne proteste pas, gardant dans sa main celle encore fragile d’Alméïde, serrant dans ses doigts les siens, comme une ancre pour la retenir. Ô grands dieux, ce regard et ce geste sur sa joue… il ne voulait pas lui imposer quelque remords ou de la culpabilité en parlant plus tôt, et il s’en veut, le sultan des sables, d’obliger sa sœur à parler de ces choses qui l’ont conduites au désastre. Si elle avait certes fait une erreur en partant d’Erebor sans l’en informer, il comprenait désormais qu’un lourd secret avait pesé sur les épaules d’Alméïde. Un secret qu’elle ne pouvait alors point lui confier.

« Non… ce n’est pas la tienne non plus. »


Ce n’était que quelques mots sincères qu’il espérait capable de rassurer un peu sa sœur. Elle était victime dans cette histoire, capturée pour ce qu’elle savait sans doute et pour une cause qui, certes louable, faisait bien trop de ravage. Comment soutenir un Ordre capable de torturer et tuer des innocents ? Le prix du passé valait-il vraiment la mort de ceux qui sont ignorants ? Il ne le croyait pas. Définitivement, ce n’était pas la faute d’Alméïde. Et Anthim avait beau ne pas réellement croire en l’efficacité de la Rose Ecarlate qui ne considérait guère ceux-ci comme de mauvaises personnes. Leurs actes ne signifiaient plus grand chose, mais ils étaient là malgré tout. D’un geste rassurant, il vient poser un doigt sur les lèvres tremblantes de sa sœur. Oh qu’elle ne parle pas de ça ! Il ne voulait pas qu’elle y pense, qu’elle y songe ne serait-ce une seconde de plus ! L’air grave, il reprend d’une voix malgré tout douce.

« Assez. Tu n’as pas besoin de me parler de ces choses là. Seulement si tu en as le besoin, mais pour l’instant, je ne veux pas que tu y penses. » C’était chose difficile, mais il ne tenait pas à pousser la confidence sur des choses douloureuses, sur des souvenirs horribles qui étaient encore trop frais pour se permettre ne serait-ce que d’en parler. « Quant-aux raisons de ton départ, je les comprend. Et je ne t’en veux pas d’avoir gardé ce secret si longtemps. Parmi tous les autres, il était le plus précieux à conserver. » Les autres, qui étaient moins secrets que mensonges, mais il n’y avait ni besoin de le rappeler, ni besoin d’enfoncer plus le clou sur ce sujet. S’il avait, en surface, pardonné, il ne pouvait guère plus faire confiance à sa sœur sur bien des sujets. Pour autant, cela importait peu à cet instant, il n’était que le frère, et pas le sultan. « Qu’est-il arrivé ? Ne devais-tu pas être en sureté à Lorgol. Auprès de la Rose je veux dire ? Comment… comment te sont-ils tombés dessus ? » Il ne voulait certes pas les détails, mais il avait du mal à saisir de quelle manière sa sœur avait pu tomber dans un piège si elle était restée dans la Tour de la Rose. Avait-elle prit un risque inconsidéré en sortant dans la ville sans escorte ?

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Dim 20 Aoû - 21:58

« Non… ce n’est pas la tienne non plus. » Ce sont des mots si simples et pourtant ils parviennent à alléger son coeur de manière évidente. Ce n'est pas sa faute. Alméïde n'est pas certaine d'y croire, mais son frère lui retire malgré tout ce poids de ses épaules. Ce n'est pas sa faute. Tout ce qui est arrivé, toutes les conséquences liées à sa décision, ce n'est pas sa faute. Elle se le répète mais les souvenirs de cette nuit lui reviennent, encore et toujours. Et elle tremble d'y songer, elle tremble d'en parler. L'obscurité semble à nouveau l'envelopper, l'étouffer. Le souffle commence à lui manquer. Elle ne sait pas si un jour elle pourra y penser sans ressentir une intense terreur s'emparer de son être, mais ce jour n'est pas arrivé. L'envie de hurler se perd dans sa gorge et il lui faut toute sa volonté pour ne pas céder une nouvelle fois à l'angoisse qui l'étreint. Toute sa volonté et les paroles fermes de son frère.

« Assez. Tu n’as pas besoin de me parler de ces choses là. Seulement si tu en as le besoin, mais pour l’instant, je ne veux pas que tu y penses. » Elle hoche la tête avec hésitation, elle chasse l'horreur et se concentre sur l'instant, sur le visage d'Anthim, sur cette main qui serre la sienne dans un geste apaisant. Oh, comme il lui a manqué, le souverain du roc et du sable, comme sa force tranquille lui est nécessaire pour se reconstruire. Même si les larmes font briller ce regard d'azur, même s'il n'est pas la montagne inébranlable qui d'ordinaire surplombe son duché, il n'en est pas moins ce repère qui la guide dans l'obscurité. Alméïde garde les yeux posés sur leurs doigts entremêlés et elle retrouve une respiration plus tranquille, sur laquelle elle porte toute son attention, durant quelques instants.

« Quant-aux raisons de ton départ, je les comprend. Et je ne t’en veux pas d’avoir gardé ce secret si longtemps. Parmi tous les autres, il était le plus précieux à conserver. » Doucement, Alméïde relève les yeux. Il y a de la reconnaissance dans son regard, une véritable affection pour ce frère qui lui pardonne tant depuis des mois et qui continue à la soutenir malgré les malheurs qu'elle apporte sur eux et leur duché. Elle n'a pas besoin des artifices de l'Ordre ou des paroles de son frère pour ressasser continuellement ses erreurs et la culpabilité, pourtant elle voit dans les yeux de son frère une lueur d'espoir, une possibilité de rédemption. Elle a toujours eu à coeur de bien faire et elle regrette que ses dernières décisions aient pu mettre à mal leur relation ou l'image d'Erebor. Et malgré tout, malgré tout ça, Anthim reste auprès d'elle sans juger ce nouveau secret qu'elle garde en son coeur depuis plus d'un an à présent. Ses doigts se resserrent un peu plus sur les siens, avec douceur.

« Qu’est-il arrivé ? Ne devais-tu pas être en sureté à Lorgol. Auprès de la Rose je veux dire ? Comment… comment te sont-ils tombés dessus ? » Un frisson glacé semble remonter jusqu'à sa nuque au souvenir de cette nuit et elle se remémore tout ce qui a déclenché ça. Elle prend une nouvelle inspiration, comme pour se donner la force de relater les événements. « Il s'est passé... quelque chose. Il y a eu un problème et j'ai dû agir vite pour le résoudre. » Elle ne peut entrer plus dans les détails, pas alors qu'ils concernent Mélusine et le Fou Noir, l'affaiblissement dû à un rosier diapré, la naissance de son enfant survenue au sein même de la Tour de la Rose. Tant de choses qu'elle doit taire, pour le bien de son amie. « Il n'y a qu'une personne qui pouvait m'aider, seulement je savais qu'il préférerait écouter une amie plutôt que la Tour Noire, alors j'ai pris le risque. J'ai contacté Denys du Lierre-Réal et je suis allée le voir en personne, à Edenia. » Il semble surpris, le sultan, mais elle secoue doucement la tête. « Je sais que ça peut paraître stupide mais je... je n'avais vraiment pas le choix. Il a accepté de m'aider, en échange d'une dette... que je n'ai pas accepté de payer. Et pourtant... il m'a laissée partir. Mais quand j'ai traversé le portail je... n'étais pas... c'était... » Son regard semble perdu sur une chose qu'il ne peut voir alors que les souvenirs la submergent et que les larmes montent à ses yeux une nouvelle fois. Alméïde ferme les yeux et cherche le réconfort dans ce contact avec la main de son frère. « J'ai perdu tout c-contact avec Simon et Justice, je ne p-pouvais pas appeler à l'aide... » Et pourtant, comme elle a prié, comme elle a hurlé, pour que l'on vienne la délivrer. Mais chacun de ses espoirs était piétiné de la manière la plus cruelle.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Lun 28 Aoû - 6:32

Cela semble si douloureux pour elle d’en parler. Il en a conscience, Anthim, et il ne veut pas savoir ce qu’il en est. Ou plutôt si, il brûle de connaître les supplices et tourments infligés à sa sœur, mais refuse de lui imposer le souvenir trop récent de ces événements. Pas alors qu’elle venait enfin de lui reparler, que sa voix fragile perçait la barrière que ses lèvres et sa gorge avaient imposée. Il doit la rassurer, la soutenir car c’est là tout ce qui est en son pouvoir. L’ignorance est terrible, et si l’Ordre était derrière tout cela hélas, il était bien difficile de pouvoir réagir, de pouvoir répliquer. Il n’avait pas le pouvoir de les arrêter, quand bien même le désirait-il ardemment. Leurs motivations étaient des plus justes pourtant, et clairement, Anthim n’était pas contre l’idée de rendre à Ibélène les Savoirs d’antan. Mais les méthodes étaient détestables, les actes ignobles, indescriptibles. Agir de la sorte ne donnait à ses yeux aucune crédibilité à la cause de cette secte qui s’était désormais imposée en Arven. L’arrêter aujourd’hui était presque impossible, tant on disait qu’il avait de fidèle… et ce n’était pas la Rose et les quelques Epines alliées qui parviendraient à stopper la marche de l’Ordre. De ça, le duc d’Erebor en était certain. Et même s’il savait aujourd’hui que sa sœur était membre à part entière de la Rose, cela ne changeait rien à son avis. Que pouvaient-ils faire quand un continent entier et les cultures qui l’habitaient voulaient ardemment retrouver ce qui leur avait été autrefois volé ?

Néanmoins, il y avait peut-être un moyen de découvrir des indices sur ce qui était exactement arrivé à Alméïde. Dénicher des agents de l’Ordre peut-être et les faire parler à leur tour ? La torture était commune en Erebor, et Anthim n’était pas le dernier à en faire usage. L’idée de faire payer aux agresseurs de sa sœur par les mêmes méthodes qu’ils avaient utilisés brulait depuis des semaines dans l’esprit du duc. S’il voyait bien qu’il était difficile pour sa sœur d’en parler, il appréciait cependant son effort et écouta avec la plus grande attention tous les détails qu’elle était susceptible de donner. Un problème donc, qui avait fait agir Alméïde au delà des protections de la Rose, de toute évidence. Sinon les circonstances n’auraient pas été aussi favorables à l’Ordre. Oh comme il est surpris, Anthim, des révélations qui suivent. Il est sur le point de répondre, de s’insurger de la stupidité de sa sœur quand elle l’arrête en reprenant la parole. Ca ne l’a pas empêché de serrer fermement cette main prisonnière dans la sienne et d’asséner un regard légèrement courroucé à Alméïde. Aller à Edenia, en territoire ennemi… C’était là d’une idiotie sans nom. Mais soit, il reprit l’écoute du récit de sa sœur, laissant doucement la colère retomber comme si elle n’avait jamais été là. Tout à fait disparue quand les larmes sillonnent de nouveau les yeux sombres de la princesse. Avec douceur, il fait glisser une fois encore ses doigts sur le visage un peu pâle d’Alméïde, caressant la peau avec tendresse, tentant de faire refluer les pensées sombres qui l’habitaient en l’instant. Patiemment, il garda silence, réfléchissant à tout ce qu’elle venait de lui dire. La conclusion n’était hélas pas des plus positives. Denys du Lierre-Réal pouvait-il être innocent ? Alors qu’Alméïde avait refusé de lui payer sa dette ? Il était su et connu que le duc de Lagrance était un homme intelligent et calculateur, menteur et dangereux… la coïncidence ne trouvait aucune grâce aux yeux du sultan des sables.

« Je sais que tu ne l’ignore pas, mais c’était terriblement stupide d’aller à Edenia Alméïde. Tu aurais pu… » te faire tuer. Mais elle avait été capturée et torturée, n’était-ce pas un pire châtiment ? Il resserra sa poigne sur la main de la jeune femme. Il ne voulait en aucune façon accuser sa sœur d’être la fautive, même si être allé en terrain ennemi était si… idiot. « Je connais Denys, et même si nous nous entendions bien, c’est un homme intelligent qu’il ne faut pas sous estimer. Penses-tu qu’il ait un lien avec ton enlèvement ? Le crois-tu coupable ? Je ne serais pas étonné qu’en refusant de payer ta dette, il ait trouvé un autre moyen d’obtenir un résultat. » Oh ce qu’elle lui disait faisait tourner les pensées d’Anthim avec beaucoup de violence… néanmoins, il se souvenait d’un détail non négligeable. « Je sais que c’est aussi ton… ami. Aurait-il vraiment pu faire une telle chose ? » Car si c’était le cas, le sultan des sables ne laisserait jamais passer cela. La guerre ne serait qu’une excuse pour faire payer aux lagrans les actes de leur duc.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Ven 1 Sep - 18:00

Parler de ce qui lui est arrivé, mettre des mots sur l'horreur, voilà qui est à la fois angoissant et étrangement apaisant. Les souvenirs remontent, plus terribles à chaque instant, à chaque parole prononcée, et pourtant, elle n'a pas encore abordé le coeur du sujet. Probablement ne le fera-t-elle pas encore aujourd'hui, certainement gardera-t-elle certains détails sombres pour elle, incapable de les exprimer sans qu'une douleur cuisante vrille tout son être. Elle ne mentionnera pas sa soeur, ce visage familier si heureux de la voir souffrir, ces mots susurrés qui n'avaient que pour but d'ajouter à son malheur. Alméïde frissonne de songer à tout cela et pourtant, elle sent qu'un poids se libère, léger mais réel, tandis qu'elle partage sa peine avec son frère. Anthim l'écoute, il la rassure, il la protège et il ne s'éloigne pas. Non, il est présent, il ne lâche plus sa main et essuie ses larmes avec la douceur de l'aîné qui s'occupe de sa petite soeur. Ces gestes simples la ramènent à un lieu et une époque où elle se sentait en sécurité et cette flamme nouvelle la réchauffe de l'intérieur, comme une étincelle d'espoir.

Alors elle explique, elle dit tout ce qu'elle peut dire sans avoir à compromettre une autre, elle dit tout ce dont elle se souvient et elle aperçoit le regard du sultan qui s'illumine sous le coup de la surprise, de la colère peut-être. Et elle ne peut lui en vouloir, elle sait bien de quoi ça a l'air, elle est consciente des risques qu'elle a pris ; elle en a payé les conséquences après tout. Toutefois, c'est le geste tendre de sa main caressant sa joue qui suit ses révélations, un geste qui l'empêche de sombrer à nouveau dans la tourmente.

« Je sais que tu ne l’ignore pas, mais c’était terriblement stupide d’aller à Edenia Alméïde. Tu aurais pu… » Elle relève les yeux, incertaine, posant sur lui un regard sans équivoque. Comment lui dire qu'elle a appelé la mort de tous ses voeux, lorsqu'elle se trouvait entre les mains de l'Ordre ? Comment lui avouer qu'à chaque instant, elle aurait mille fois préféré ce sort ? Une ombre semble étreindre son coeur mais un guerrier millénaire reste à l'affût et lui insuffle un peu de son courage et de sa détermination. Elle a survécu. Tout ira mieux maintenant.

« Je connais Denys, et même si nous nous entendions bien, c’est un homme intelligent qu’il ne faut pas sous estimer. Penses-tu qu’il ait un lien avec ton enlèvement ? Le crois-tu coupable ? Je ne serais pas étonné qu’en refusant de payer ta dette, il ait trouvé un autre moyen d’obtenir un résultat. » Ses lèvres se pincent et son visage se fait hésitant. Elle ne peut nier y avoir songé elle aussi, alors qu'elle se demandait comment elle en était arrivée là, dans les profondeurs de ces souterrains humides. « Je sais que c’est aussi ton… ami. Aurait-il vraiment pu faire une telle chose ? » Elle secoue la tête, confuse. « Je... je ne peux pas croire qu'il ferait une telle chose. J'y ai pensé, b-bien sûr mais... » Elle a déjà douté de lui une fois et pourtant, ne lui est-il pas venu en aide ? Ne s'est-il pas occupé de ce rosier, sauvant la vie de Mélusine par la même occasion ? « Il a demandé à un serviteur de me ramener chez moi. Il l'a dit devant moi Anthim, alors je... je ne sais pas. Je ne crois pas. » Elle doute, elle hésite, mais elle ne croit pas que Denys puisse être si cruel, pas envers elle, pas pour un refus qu'il aurait dû prévoir. Leur amitié compterait-elle si peu ? Elle se rappelle son regard lors de cette nuit, elle se rappelle ses paroles, elle se rappelle le frisson glacé qui l'a parcourue comme il le fait à cet instant, devant un visage qui ne ressemblait plus à celui qu'elle connaissait.

Mais elle l'a entendu, il l'a laissée partir.
Ca ne peut pas être lui.

« Je sais que tu dois me penser naïve de penser ainsi, et stupide d'avoir agi de cette manière, mais il le fallait. Et si je... Si l'on me permettait de revenir en arrière, je le referais. » Malgré les tremblements de sa voix, la conviction est forte dans le regard de la princesse. Peu importe ce qu'elle a subi si ça lui a permis de sauver son amie. Le reste ne compte guère.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mar 12 Sep - 6:10

Que pouvait-il penser de toute cette histoire ? Difficile de croire au hasard et pourtant il ne pouvait se laisser berner par un jugement prompt et irréfléchi. La réputation du duc de Lagrance était ce qu’elle était, mais il ne pouvait croire, lui aussi, que l’amitié qu’il avait perçu entre lui et Alméïde n’était rien. Mais quelque chose s’était forcément passé en Lagrance. Un espion de l’Ordre, sans le moindre doute, qui avait agit pour faire partir sa sœur dans un endroit où elle serait facilement capturée. Si Denys n’était pas coupable, alors il y avait des traitres dans son palais. Comme il devait certainement y en avoir dans le sien et dans tous ceux des têtes couronnées. Amer constat, mais l’Ordre du Jugement était sans le moindre doute partout et disposait d’information qui favorisaient son avancée en Arven. Sinon, comment aurait-il pu croitre aussi rapidement et facilement en l’espace de quelques mois ? Le fruit était pourrit depuis certainement longtemps, mais quelque chose continuait de le nourrir, de faire grandir l’infestation de germes.

« Je maintiens mes doutes. » Murmura Anthim à voix basse, grave, songeant aux quelques informations qu’Alméïde venait de lui communiquer. Rien hélas qui ne pourrait faire agir la couronne d’Erebor pour punir ceux qui s’en étaient pris à sa princesse. La guerre paralysait bien trop leurs actions. « Quelqu’un t’a forcément trahit là bas, et nous ne pourrons rien faire pour obtenir justice. » Et c’était certainement cela le pire. « Pour l’instant, il serait mieux que tu gardes cela pour toi. » Dit-il en plongeant son regard dans celui de sa sœur, captant les prunelles fuyantes et encore troublées. Qui savait si des traitres de l’Ordre n’étaient pas ici et tenteraient quelque chose pour faire taire Alméïde, si jamais elle avait raison, si jamais elle savait quelque chose…

Oh oui, Anthim pensait sa sœur naïve et un peu idiote d’avoir agit aussi promptement, se mettant en danger sans penser aux conséquences. Si l’Ordre l’avait relâché c’est qu’il avait obtenu quelque chose de la torture et la captivité de la princesse. Quelque chose qui pourrait couter cher à Erebor, ou même à Ibélène. Pourtant, la conviction qu’elle a pour défendre son point de vue n’éveille point l’irritation du duc. Silencieusement il l’observe, et même si son regard est perçant, son visage grave et son expression soucieuse, il prend le temps de répondre pour ne pas avoir l’air d’accuser sa sœur. Ce n’était en aucun cas son intention.

« J’espère au contraire que tu ne referais pas une telle erreur. » Commence-t-il avec un soupçon de dureté. « Mais je n’y étais pas. N’y avait-il pas d’autres options ? Je suppose en tout cas que… la personne qui était en danger t’était très chère. » Oh elle n’avait pas précisé ce point là, et qui sait, il avait peut-être tort en faisant une telle supposition. Mais il connaissait Alméïde, et toute généreuse soit-elle, elle n’aurait pas donnée presque sa vie, quitte à la sacrifier une nouvelle fois si les choses étaient à refaire, pour un inconnu ou une quelconque autre mission. Elle aurait songé à d’autres options. Du moins il l’espérait. « Ou peut-être que je me trompe. » Ajoute-t-il plus doucement, caressant avec douceur la main dans la sienne. Bien sûr, il ne voulait pas la forcer à la confidence, ni raviver des souvenirs qui seraient certainement très douloureux. Et si savoir que peu à peu Alméïde retrouvait le chemin de la lumière, un terrible sentiment de frustration demeurait. Après tout… il n’était pas plus avancé quant-à une possible condamnation de coupables. Des doutes, oui, mais aucune certitude. Et aucune perspective d’action. Comme si tout cela devrait rester impuni…

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mar 19 Sep - 0:25

« Je maintiens mes doutes. » Le murmure lui parvient mais elle reste silencieuse. Ses pensées troublées s'entremêlent sans véritablement prendre un sens, les semaines écoulées ne l'ont pas aidée à mettre de l'ordre dans tout ce qu'il s'est passé et encore maintenant, elle ne sait que croire. Denys aurait-il pu se montrer si cruel envers elle ? L'a-t-il envoyée sciemment entre les mains de l'Ordre ? Pire, savait-il qu'elle se ferait torturer afin de dévoiler les moindres secrets d'Erebor ? Elle frissonne, rien que d'y penser, mais elle n'a pas la réponse à cette question. Elle ne peut pas croire qu'il puisse faire une chose pareille, mais elle n'est plus certaine de rien désormais, pas même de ce qu'elle voit ou de ce qu'elle entend. La seule présence de son frère lui paraît irréelle. Elle s'accroche toutefois à cette réalité, à cette main dans la sienne, à son regard clair qui l'enveloppe et la rassure. Il maintient ses doutes et ça ne l'étonne guère, mais elle ne peut blâmer sa méfiance. Elle se sait parfois trop crédule, son optimisme prenant des airs de naïveté enfantine alors qu'elle ne désire retenir que le meilleur chez ceux dont elle croise la route. Peut-être a-t-il raison de se montrer deux fois plus prudent dans ce cas, à l'opposé de la balance, tous deux à la recherche d'un équilibre.

« Quelqu’un t’a forcément trahit là bas, et nous ne pourrons rien faire pour obtenir justice. Pour l’instant, il serait mieux que tu gardes cela pour toi. » Troublée, elle le regarde un instant avant d'acquiescer. Que pourrait-elle faire d'autre après tout ? Même si elle connaissait l'identité des coupables, elle n'aurait aucun moyen d'obtenir justice pour leurs actes. L'horreur la frappe un peu plus alors qu'elle songe à sa soeur, seul visage connu dans la nuit constante qui l'enveloppait alors, seule coupable possible qu'elle saurait désigner avec certitude, pour peu que ses souvenirs soient réels. Le vertige semble s'emparer momentanément de la princesse, elle cherche son souffle, puis ferme les yeux pour chasser l'intense malaise. Elle ne veut plus penser à tout ça, elle veut oublier, juste oublier.

Pourtant, elle parvient à parler, encore. Sa conviction est forte, plus forte encore à chaque instant, et même le ton sérieux de son frère ne peut la convaincre du contraire. « J’espère au contraire que tu ne referais pas une telle erreur. » Elle se sent coupable Alméïde, bien évidemment. Non pas d'avoir mis sa vie en danger, mais les secrets de son duché, les secrets de son peuple, leur existence même. Elle sait néanmoins qu'elle n'aurait jamais pu vivre avec l'idée de ne pas avoir agi, qu'elle aurait regretté toute sa vie d'avoir laissé tomber Mélusine dans une situation plus que terrible. « Mais je n’y étais pas. N’y avait-il pas d’autres options ? Je suppose en tout cas que… la personne qui était en danger t’était très chère. » Tout à sa réflexion, Alméïde relève alors les yeux, surprise. Son regard sonde celui de son frère, le coeur serré. L'émotion l'envahit comme une vague puissante ; c'est à cet instant qu'elle réalise qu'elle n'est pas en train d'imaginer ce qu'il se passe. Son frère est bien là, à ses côtés, et il la connaît mieux que personne.

« Ou peut-être que je me trompe. » Elle secoue la tête, mais ne cherche ni à confirmer, ni à infirmer ses dires. Elle en a déjà trop dit, déjà trop fait. « Je t'assure qu'il n'y avait pas d'autre choix, pas en un temps aussi court. » répète-t-elle d'une voix grave, un peu éteinte, mais assurée. Si elle avait été certaine que Mélusine pouvait tenir encore plusieurs jours, elle aurait probablement tenté autre chose, mais c'était le seul moyen, elle le sait. Et ça a marché, c'est tout ce qui compte. « Anthim il faut que... tu fasses attention. Et Castiel aussi. Il voulait que j-je fasse entrer l'un de ses espions à la cour d'Erebor ou de Sombreciel, il cherchera sûrement un autre moyen... » Elle n'aime pas parler ainsi de son ami, mais il est duc avant tout et, il l'a dit lui-même, il aurait été stupide de ne pas essayer. Nul doute que s'il trouve un autre moyen, il le fera sans hésiter. Ils sont en guerre après tout.

Elle sent sa gorge qui se noue, le poids des conséquences qui retombe sur ses épaules, alors elle baisse la tête. « Pardonne-moi Anthim, je ne cesse d-de te... décevoir. J'ai fait t-tout ce que j'ai pu... » Refuser de payer sa dette est une chose, rester silencieuse sous les menaces et la torture en est une autre. Elle ne sait ce qu'elle a pu dire ou faire durant les deux derniers jours dont elle ne se souvient pas, mais elle ne peut que se convaincre qu'elle a fait tout son possible pour protéger les siens.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mar 26 Sep - 17:36

Il n’y avait pas d’autres choix. Et bien soit, c’était là certainement la seule réponse qu’il obtiendrait, surtout si cela concernait la Rose. En d’autres cas, elle n’aurait pas eu de raison de lui cacher une telle chose - du moins l’espérait-il désormais. Il resta songeur malgré tout, confirmant dans son esprit qu’être allé sur le terrain ennemi était la pire erreur à commettre. Ceci étant, Anthim ne comptait certainement pas accabler sa sœur de cette certitude qui avait agit sous le coup de l’urgence et c’était retrouvée victime entre les mains de l’Ordre. Cette seule pensées suffisait à faire brûler de haine le cœur du duc, sans qu’il pu avoir à l’esprit une perspective de justice accomplie. Les choses resteraient ainsi… simplement ainsi. C’en était risible et haïssable. Le regard bleu du duc est perçant face à la mise en garde de sa sœur. Oh il n’était pas le moins du monde surpris et un rictus cynique tranche son visage.

« C’est plutôt classique. Basique quoique efficace. Je m’attendais à ce qu’il demande bien plus de ta part. » Cela étonne quelque peu Anthim, mais son homologue lagran avait certainement eu des raisons d’agir ainsi. Il était vrai qu’il n’était pas facile de faire entrer des espions efficaces au cœur de la cour d’Erebor, bien plus méfiante et refermée que les autres. « Beaucoup auraient sans doute agit ainsi, même moi. » Il ne le nie pas ni n’a honte, c’était après tout une manœuvre bien connu en temps de guerre et même en dehors. Avoir une longueur d’avance sur l’adversaire, connaître le fonctionnement de l’intérieur, deviner ses coups, c’était un avantage non négligeable même si cela devait tirer sur certaine amitié. L’important c’était le bon maintien de ses terres. La seule chose qu’il déplorait cela dit c’était que sa sœur ait pâti de la manœuvre. « Je ferais néanmoins attention, ne t’inquiète pas. Et… je préviendrais au moins Castiel d’en faire de même. » Le mépris était clairement audible, mais il n’eut pas d’insultes supplémentaires, ce qui semblait presque miraculeux. Et qu’Anthim songe à… aider son ennemi de toujours était aussi particulièrement surprenant. Mais hé ! Au delà des inimitiés personnelles, il devait bien penser à Ibélène au complet, et à la fragile entente qui demeurait entre les duchés de l’empire. Bien sur, il ne dirait pas tout de ce qu’Alméïde lui avait révélé, mais au moins que les forces ennemies cherchaient à corrompre certains pour mieux pénétrer dans leurs cours. Ce qui n’était certainement pas une chose que Castiel ignorait, du moins Anthim l’espérait pour lui.

Elle ne cesse de le décevoir ? Hélas, il ne pouvait prétendre que c’était là quelque chose de complètement faux. Alméïde avait déçu autant son frère que son duc par ses actes irréfléchis et égoïstes, et ce à plusieurs reprises. Non les actions qui venaient de lui être racontées, mais celles qui avaient bien failli déclencher une guerre entre Erebor et Sombreciel, une fois encore. Sans compter que ça aurait pu causer la perte du duché du Sable et du Roc, voire de l’empire (et les choses n’étaient pas encore totalement arrangées d’ailleurs). Même si Anthim aimait infiniment sa sœur, au point d’avoir finalement consenti au mariage avec Castiel, il n’était pas encore parvenu à pardonner entièrement à tout ce qu’il s’était passé. Ce n’était pas tant à cause de ce qui était né entre elle et son ennemi juré, c’était véritablement la négligence de ses devoirs de princesse et l’égoïsme patent dont elle avait fait preuve.

« Une fois encore, ce qui est arrivé ici n’était pas ta faute, et je te crois quand tu dis que tu as fait tout ce que tu pouvais. » Dit-il dans un soupir avant de reprendre. « J’ignore ce qui a pu pousser l’Ordre à te rendre à nous, ce que tu as pu dire ou ce qu’ils ont pu obtenir d’un quelconque chantage. Je n’ai reçu aucune menace de mon côté, je ne sais ce qu’il en est pour Sombreciel. Et… si tu as parlé d’Erebor, ce qui est une probabilité, je saurais vite s’il y a eu intrusion ou actes de la part de leurs agents. » Ou du moins il apprendrait les choses certainement en rentrant. Il avait néanmoins confiance en sa sultane pour veiller sur le palais et la cité de Vivedune en son absence. « N’as-tu pas idée de ce que recherchait l’Ordre ? »

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mar 3 Oct - 20:44

« C’est plutôt classique. Basique quoique efficace. Je m’attendais à ce qu’il demande bien plus de ta part. Beaucoup auraient sans doute agit ainsi, même moi. » Pour toute réponse, le silence. Elle est consciente de tout cela, elle sait combien la guerre peut amener à accomplir des actes détestables. Alméïde s'estime chanceuse que Denys se contente de lui demander cela, mais plus que la demande, c'est son regard qui se rappelle à ses souvenirs. Est-ce l'urgence de la situation qui lui a fait imaginer des choses ou a-t-il véritablement semblé plus dur et plus froid qu'il ne l'a jamais été avec elle ? Cette nuit au palais d'Edenia, la princesse a eu peur, vraiment peur, de ne plus pouvoir rentrer parmi les siens. Le soulagement a été de courte durée pourtant, quand il a fait appel à son mage des portails, puisqu'un malheur plus grand encore l'attendait de l'autre côté, mais il a renoncé, il ne l'a pas forcée ni retenue comme d'autres l'auraient fait. Le souvenir lui fait froid dans le dos et elle le chasse promptement. Elle ne veut plus s'y attarder.

« Je ferais néanmoins attention, ne t’inquiète pas. Et… je préviendrais au moins Castiel d’en faire de même. » Si la surprise est réelle, elle est néanmoins masquée par la reconnaissance. Alméïde adresse un sourire doux à son frère et serre un peu plus ses doigts contre les siens. Elle les voit bien, ces efforts qu'il fait pour elle, elle l'aperçoit cette haine contenue qu'il retient avec difficulté. Alméïde sent une nouvelle vague d'affection l'envahir pour ce frère qui a toujours été là pour elle et qu'elle a déçu bien trop souvent. Elle voudrait tant le rendre fier, elle voudrait rattraper ses erreurs, et c'est à lui qu'elle pensait alors que les questions fusaient.

« Une fois encore, ce qui est arrivé ici n’était pas ta faute, et je te crois quand tu dis que tu as fait tout ce que tu pouvais. J’ignore ce qui a pu pousser l’Ordre à te rendre à nous, ce que tu as pu dire ou ce qu’ils ont pu obtenir d’un quelconque chantage. Je n’ai reçu aucune menace de mon côté, je ne sais ce qu’il en est pour Sombreciel. Et… si tu as parlé d’Erebor, ce qui est une probabilité, je saurais vite s’il y a eu intrusion ou actes de la part de leurs agents. » Son ventre se tord à l'idée de ce qu'elle a pu dire ou non. L'angoisse monte à nouveau. « N’as-tu pas idée de ce que recherchait l’Ordre ? » Elle prend une grande respiration, cherche à se souvenir sans se laisser submerger par ce qu'elle a subi. Elle ferme les yeux, les voix retentissent à nouveau à ses oreilles. Entre deux coups de fouet ou de bâton. Entre deux hurlements. « Ils voulaient des informations sur la guerre, sur les mouvements de nos troupes et de celles d'Ibélène, sur les lieux où se sont abrités les habitants des dunes. » Étrangement, sa voix ne tremble pas, mais la terreur qu'elle ressent à faire remonter ces souvenirs est forte au creux de son coeur. « Ils m'ont demandé l'accès des archives de Vivedune. Ils en convoitent les secrets et les trésors, il faut les empêcher à tout prix de s'en approcher. » Un frisson glacé remonte le long de sa nuque alors qu'elle songe à tout ce qu'ils pourraient y découvrir s'ils y accédaient. Une respiration, plus profonde, et elle continue dans une voix si basse qu'elle devient presque murmure. « Je ne sais pas non plus pourquoi ils m'ont relâchée Anthim. J'ai refusé de répondre, j'ai tenu... aussi longtemps que... Mais j'ai oublié. Je ne me rappelle pas les... derniers jours. C'est le noir complet. » Et elle a si peur de ce qu'ils ont pu faire, de ce qu'ils ont pu découvrir, durant ces quelques jours où la mémoire lui fait défaut. A-t-elle vraiment envie de se rappeler, toutefois ? Mnémosie s'est-elle montrée clémente en l'aidant à oublier ?

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mar 10 Oct - 23:17

Anthim ne mettait clairement pas de côté la possibilité qu’Alméïde ait cédé à la torture et parlé à ses bourreaux. Si tel était le cas, il ne pouvait pas lui en vouloir, tant les sévices subis avaient été rudes, destructeurs. Mais il devait au moins savoir ce qu’ils cherchaient, les questions qu’ils lui avaient posé. Malgré tout, le sultan des sables s’en voulait d’infliger ce souvenir à sa sœur. Il s’était pourtant dit qu’il ne devait pas, dès aujourd’hui, rappeler à ses souvenirs les coups passés, mais l’information qu’elle détient était nécessaire. Et comme il s’y attendait, elle se prêta à l’exercice, replongeant dans sa mémoire, les yeux fermés, vulnérables à toutes les horreurs accumulées. Si elle ne tremblait pas, semblait comme paisible, Anthim serra la main de sa sœur dans la sienne, fermement, lui rappelant qu’elle était là, que le cauchemar était terminé et que s’il le fallait, il serait là pour la ramener.

Les informations sur la guerre étaient prévisibles. Celles portant sur les secrets d’Erebor et les trésors que pouvaient cacher les archives de Vivedune l’étaient beaucoup moins. Que cherchent-ils au cœur des ouvrages ancestraux ? Sans doute les mots conservés sur les Savoirs d’antan, banni si injustement lors de la guerre d’il y a mille ans. Il avait bien conscience, Anthim, qu’en soit, les buts de l’Ordre faisaient échos à bien des passions cachées en lui : le désir farouche et vital de rendre à Erebor sa gloire passée, lui, le duché berceau de bien des Savoirs. Ils avaient tous tant perdus, mais jamais plus que le duché du sable et du roc. Oui, il partageait cet espoir de voir revenir entièrement les héritages du passé. Mais les méthodes, il les condamnait sans plus de jugement. Les innocents ne pouvaient pâtir ainsi de ces désirs. Tant de vies avaient déjà coulé autrefois pour éteindre la flamme du savoir. Il convenait aujourd’hui de ne pas reproduire les même erreurs de vengeance et cela, l’Ordre ne le comprenait pas. Œil pour œil, dent pour dent, semblait être leur credo. Il était impensable que le duc d’Erebor y souscrive un jour !

“S’ils t’ont rendu, c’est qu’ils ont obtenu d’une manière ou d’une autre quelque chose Alméïde, j’en suis persuadé. Je ferais des recherches de mon côté, je vérifierais que rien n’a disparu au palais. Mais sache que même si c’est le cas, je ne t’en veux pas.”


Tant pis, si quelque chose avait disparu. La vie de sa soeur comptait bien plus que la perte d’un livre des archives. Pour autant, s’il apprenait que rien n’avait été dérobé, alors certainement ferait-il lui même de plus ample recherche au coeur de la bibliothèque du palais. Il savait que des ouvrages dataient de plusieurs siècles, cachés dans des lieux secrets dont peu connaissaient l’existence. Il pourrait peut-être en apprendre plus.

Mais si ce n’était pas Erebor qui avait pâti des aveux d’Alméïde - c’était possible - qui avait payé une rançon suffisante pour la ramener à la lumière ? Il n’avait définitivement rien reçu… Peut-être que Castiel… ? Oh il avait bien l’envie de lui demander, mais de ça, il ne pouvait en toucher mot à sa sœur. La faveur qu’il lui avait demandé, de se souvenir des questions que ses ravisseurs lui avaient posé était une épreuve suffisante. Caressant les doigts entre les siens, il contempla la princesse, puis après un léger silence repris.

“Je dois aller voir Castiel. Il… voudra certainement savoir que tu vas… un peu mieux. Et je dois l’entretenir de certaines choses avant.” Cela lui coûtait de dire ces mots, mais il demanda malgré tout : “Veux-tu le voir ? Veux-tu que je lui dise de passer ensuite ?”

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mer 11 Oct - 6:46

« S’ils t’ont rendu, c’est qu’ils ont obtenu d’une manière ou d’une autre quelque chose Alméïde, j’en suis persuadé. Je ferais des recherches de mon côté, je vérifierais que rien n’a disparu au palais. Mais sache que même si c’est le cas, je ne t’en veux pas. » Ca ne la rassure pas pour autant, ça ne soulage pas l'angoisse. Sa vie vaut bien peu à côté de celle de son peuple et elle sait qu'elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour le protéger, mais le doute est puissant, il s'insinue au plus profond de son âme, il la fait craindre le pire. Qu'a-t-elle pu révéler, dans les pires moments ? Qu'a-t-elle pu dire, durant ces jours où elle a tout oublié ? Anthim lui pardonne peut-être pour une faute dont ils ne savent rien, mais elle n'est pas aussi conciliante envers elle-même qu'il ne peut l'être. S'ils mettent la main sur des informations importantes par sa faute, jamais elle ne se le pardonnerait. Pourtant, c'est uniquement en silence qu'elle porte ce poids sur ses épaules. Elle n'a pas le coeur à en parler avec son frère. Au moins ira-t-il s'assurer que rien n'a été volé et renforcera-t-il sa garde, c'est une bonne chose. Du moins, elle l'espère.

« Je dois aller voir Castiel. Il… voudra certainement savoir que tu vas… un peu mieux. Et je dois l’entretenir de certaines choses avant. » Nouvelle surprise pour la princesse qui lève les yeux pour croiser ceux d'Anthim. Parler à Castiel ? Uniquement parler ? Est-elle réellement revenue à la réalité ? Un instant, ça lui semble impensable, et puis elle chasse cette idée pour acquiescer doucement. « Veux-tu le voir ? Veux-tu que je lui dise de passer ensuite ? » Au ton utilisé, elle devine qu'il fait un gros effort pour lui demander une telle chose et Alméïde ne peut dissimuler un mince sourire, au bord des lèvres. « Vraiment, tu veux bien ? » demande-t-elle d'une voix incertaine. Mais elle remarque bien le sérieux de ses propos. « S'il te plaît oui, j'aimerais... j'aimerais le voir. » Timide, elle se blottit une dernière fois contre son frère, profitant d'une étreinte réconfortante et rassurante, durant quelques instants encore. Ce n'est que lorsqu'il se redresse qu'elle reprend la parole, la gorge serrée. « Je t'aime Anthim. » Sa main serre la sienne, puis elle le regarde s'éloigner et quitter sa chambre.

La porte se referme derrière lui, mais elle n'a pas le temps de faire un mouvement de plus qu'une boule de poils immaculée apparaît soudainement sur son lit, la faisant brusquement sursauter. « Mirat. » Un soupir soulagé quitte ses lèvres ; il a dû se faufiler par la porte lorsque son frère l'a ouverte pour s'en aller. Le félin miaule gravement et vient se blottir contre elle dans un concert de ronronnements. Alméïde lui offre une brève caresse et s'allonge sur ses coussins, encore troublée, mais à peine plus détendue. C'est terminé, se dit-elle, comme pour s'en convaincre à nouveau. C'est terminé.

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