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 Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube

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La Noblesse
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La Noblesse
Message Sujet: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mer 2 Aoû - 22:40


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Alméïde et Anthim d'Erebor

Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube

"On a beau se délecter de la lune, on veut du soleil aussi"



• Date : 25 mars 1002
• Météo (optionnel) : Il fait froid. Euphoria c'est froid (je veux mon sable).
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Déjà une quinzaine de jour qu'Alméïde a été retrouvée devant les portes du palais d'Euphoria. Presque une dizaine de jour qu'Anthim, ramené par Justice, dragon de la Tour Noire, est arrivé dans ledit palais pour veiller sur sa soeur. Enfin, après de longs silences, elle parvient à lui adresser la parole. Il est le premier.
• Recensement :
Code:
• [b]25 mars 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2470-ne-cesse-jamais-de-sourire-car-ton-sourire-annonce-l-aube#75344]Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube[/url] - [i]Alméïde et Anthim d'Erebor[/i]
Déjà une quinzaine de jour qu'Alméïde a été retrouvée devant les portes du palais d'Euphoria. Presque une dizaine de jour qu'Anthim, ramené par Justice, dragon de la Tour Noire, est arrivé dans ledit palais pour veiller sur sa soeur. Enfin, après de longs silences, elle parvient à lui adresser la parole. Il est le premier.


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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Jeu 3 Aoû - 10:03

L’attente n’avait jamais été aussi longue, aussi stressante. Chaque seconde était comme une aiguille plantée dans sa peau. Chaque jour sans nouvelle un coup de poignard plongé dans son cœur. S’il en avait eu la possibilité, Anthim aurait retourné le continent entier pour retrouver sa sœur. Et s’il avait pu, il l’aurait sans doute fait entièrement brûler pour punir ceux qui avaient tant fait du mal à Alméïde. Impossible de savoir ce qui s’était exactement passé, mais les faits étaient là : sa sœur, retrouvée prostrée et choquée devant le palais d’Euphoria, presque dix jours après sa disparition. Et lui, duc d’Erebor, incapable de la rejoindre par les moyens terrestres sans y passer des mois. Pourtant, rongé par l’inquiétude de ne pouvoir la voir et la serrer dans ses bras, il avait cherché de nombreux moyens pour faire rapidement le chemin jusqu’en Sombreciel, jusqu’à songer aux mages pourtant bannis de l’empire. Hélas, rares étaient ceux à s’être attardés à Vivedune, et aucun disposant d’une magie susceptible de l’aider. Deux jours étaient passés ainsi, jusqu’à ce que le soir du deuxième jour, un dragon d’or se présente à lui. Exclusivement à lui. Justice, monture de la Tour Noire était venu expressément de Lorgol pour l’emmener lui à Euphoria, à la demande de sa pièce. Ladite pièce qui n’était autre que sa sœur. Ainsi donc, un autre des nombreux secrets d’Alméïde lui avait été révélé à cet instant là. Mais c’était là un secret qui méritait d’être gardé sous silence, même à lui. Bien que cela n’enlevait rien à l’inquiétude du duc. L’inquiétude du frère.

Il savait que ce n’était peut-être pas judicieux de partir ainsi d’Erebor en pleine guerre, alors que les conflits faisaient rage du côté de la frontière et qu’Ibélène souffrait terriblement de la cohésion groupée. En face, les Faës avançaient leurs troupes de manière significative et inquiétante. Alors pourquoi céder à une décision poussée par l’affection, là où il l’aurait condamné pour d’autre ? Parce qu’Alméïde était sa sœur, qu’elle était toujours princesse d’Erebor et qu’il ne pouvait définitivement museler son inquiétude. Alors il avait à peine attendu une journée, le temps que Justice se repose de son premier voyage, et était partit en direction de Sombreciel, laissant des instructions précises. Il ne reviendrait sans doute pas avant un long moment malheureusement, il n’y avait plus qu’à espérer que les choses se passent bien. Pour ce qui était du voyage à dos de dragon en tout cas, ce fut relativement le cas, bien que le sultan des sables n’était pas particulièrement envieux de renouveler l’expérience. Justice n’était pas un grand bavard et outre quelques mots rassurants - si l’on pouvait dire - il garda silence presque tout au long des trois jours de vol.

Quelle ne fut pas la surprise des gens du palais de Sombreciel que de voir débarquer le duc d’Erebor à dos de dragon. Les explications furent courtes avec Castiel, mais au moins comprises, et les dieux soient loués, aucune dispute n’éclata entre eux. Ni à cet instant, ni pendant les huit jours qui suivirent. Huit jours. Huit longues journées à tenter d’aller voir Alméïde et se cogner à un mur de silence et de peur. Les regards, quand elle osait le regarder, étaient fuyants, apeurés. Et pas un seul mot n’avait franchit la barrière de ses lèvres, comme si sa voix avait définitivement été scellée. Elle n’était pas blessée physiquement pourtant, avait dit Castiel. Des examens avaient prouvé qu’aucune blessure, aucune cicatrice nouvelle ne barrait son corps. Mais à l’évidence, le choc de l’esprit avait été puissant, terrible et destructeur. Il se devait de prendre son mal en patience, Anthim, ne pouvant forcer la volonté de sa soeur déjà bien brisée. Il lui fallait du temps pour recoller les morceaux de sa conscience et reprendre confiance en la réalité. Il n’osait imaginer le traumatisme qu’avait pu lui infliger l’Ordre, mais l’état de sa soeur, à lui seul, prouvait toute l’horreur qu’elle avait pu subir.

Pas un mot. Pas un regard. Jusqu’à un matin où, abandonné par le sommeil, le duc était venu retrouver sa sœur dans sa chambre, veillant sur elle alors que Castiel l’avait quitté quelques heures plus tôt. A croire qu’ils s’étaient mis d’accord pour effectuer un roulement et veiller constamment sur elle. Eux, ducs à la charge si imposante, occupés à veiller une personne qui leur était à tous deux si importantes. Oui il était bien tôt, ce matin là, l’aube se levait à peine quand un froissement de tissus attira son attention, moins cependant que la petite voix qui s’adresse à lui, appelle son nom. Prestement il se lève du rebord de la fenêtre, pressé, il vient s’asseoir au bord du lit, le visage trahit d’une inquiétude sincère et d’un soulagement certain. Elle est si maigre, sa chère Alméïde. Si pâle. Si fatiguée. Ses yeux ne brillent plus comme ils avaient l’habitude de le faire et il perçoit encore cette réticence à son égard. Ô grands dieux ? Que pouvait-il faire pour la rassurer qu’il n’était pas là pour lui faire du mal ? Sa main, avec une infinie douceur amorce une approche pour se poser sur la joue de sa sœur, y offrir une caresse fugace mais familière.

« Oh Alméïde. » Elle est traître, la voix d’Anthim, pleine d’une peur contenue qui déborde pourtant. Comme il aimerait pouvoir la serrer dans ses bras comme autrefois, la rassurer et la protéger du mal qui lui était fait. « Tu es en sécurité. » Murmure-t-il d’une voix chaude, aimante, assurée et convaincue qu’il ne permettrait jamais qu’il lui arrive d’autres malheurs.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Jeu 3 Aoû - 13:48

Encore une nuit où elle s'endort d'un sommeil agité. Encore une nuit où seul l'épuisement parvient à lui faire fermer les yeux et à la pousser dans les bras de Niobé. Les rêves que lui tisse Trelor son pourtant toujours aussi sombres, aux images terrifiantes, aux sons terribles qui la font trembler au coeur de la nuit. Toujours les mêmes songes peuplés d'êtres sans visages. Toujours les mêmes songes où elle aperçoit le visage déformé de sa soeur, puis tous ses proches tantôt agonisant, tantôt l'abandonnant à son sort. Elle s'éveille plusieurs fois pour n'apercevoir que les ténèbres qui l'entourent avant de sombrer à nouveau, à peine rassurée par les ronronnements constants d'un félin au pelage immaculé qui s'appuie contre son flanc. Une courte nuit, pour la princesse qui tremble encore à chaque instant et dont l'esprit ne parvient pas à se débarrasser de l'angoisse constante qui l'étreint. C'est à peine si elle parvient à respirer, parfois, tant la peur l'écrase de son poids. Et pourtant, les jours passent et quelque chose semble se dessiner en son coeur. Un espoir, un mince espoir, une flamme qui brille dans une nuit glacée d'hiver et lutte contre le vent, contre le froid. Une flamme qui réchauffe tout doucement son coeur meurtri.

La fatigue est encore présente, lorsque le sommeil la quitte, mais elle sait déjà qu'elle ne parviendra pas à rejoindre les bras de Niobé une nouvelle fois. Il y a toujours ce malaise, toujours ce frisson glacé sur sa nuque, juste avant d'ouvrir les yeux. Sera-t-elle toujours au coeur du palais d'Euphoria ou réalisera-t-elle que ce n'était qu'une illusion de plus. Ne verra-t-elle que le néant lorsque ses paupières s'ouvriront ? La réponse arrive, apportant un soulagement qui s'estompe bien rapidement. La lumière de l'aube s'infiltre par la fenêtre et elle sent les draps sous ses doigts crispés, cette chemise qui lui colle à la peau à cause des sueurs froides que provoquent ses cauchemars. Alméïde respire doucement, force sa respiration à se calmer. Dans son esprit, un guerrier tente de lui insuffler un peu de son courage et elle parvient à se retourner dans son lit pour apercevoir une silhouette qui se découpe contre la fenêtre. Son coeur se serre et elle manque d'éclater en sanglots. Son frère. Son frère qu'elle désire tant serrer dans ses bras pour y trouver le réconfort qui lui manque, mais la peur l'en empêche, comme elle l'en a empêchée ces derniers jours. « Il est vraiment là, petite. » La voix grave de Justice répète ces quelques mots, encore, avec patience. Elle veut y croire. Elle veut tellement y croire...

« Anthim... ? » Le son qui s'échappe de ses lèvres est si ténu, craquelé, brisé. Il l'entend pourtant et se tourne vers elle avant de s'approcher avec précaution. Alméïde s'efforce de se redresser, encore faible malgré les soins qui lui ont été prodigués, malgré la nourriture qu'on lui sert chaque jour. Césaire veille toujours à ce qu'elle mange au moins une partie de ce qu'il lui apporte, sans un mot, sans la forcer. Elle reste pourtant bien pâle, la princesse des dunes. Appuyée tant bien que mal contre un coussin, elle lève les yeux vers son frère qui effleure à peine sa joue, comme pour ne pas la brusquer. « Oh Alméïde. » Elle se tend imperceptiblement à son toucher mais ne s'éloigne pas comme elle le fait d'ordinaire. Sa lèvre tremble un instant. « Tu es en sécurité. » Encore ces mots qu'on lui répète depuis son arrivée, des mots qui se font difficilement un chemin jusqu'à sa conscience. Elle secoue la tête, comme incapable d'y croire, incapable de prononcer un mot. Puis ne parvenant plus à tenir, elle se laisse aller dans les bras de son frère et fond en larmes.

Elle est secouée de sanglots, agrippée au cou de son frère comme s'il s'agissait de son dernier recours. Ses doigts se referment sur les vêtements du sultan, s'y accrochent alors que les larmes s'écoulent en un torrent ininterrompu. Elle en avait tant besoin, de la chaleur rassurante des bras de son grand frère, de son réconfort et de sa protection. L'horreur vécue la submerge en une vague d'émotions difficile à contenir et elle n'a plus conscience de ce qui l'entoure. Ni de cette chambre qui est devenue son refuge depuis son retour, ni de ce félin qui saute du fauteuil sur lequel il était installé pour se faufiler hors de la pièce. Elle passe plusieurs minutes à pleurer dans les bras d'Anthim, jusqu'à ce que ses larmes se tarissent, jusqu'à ce que son corps s'épuise et que seuls quelques sanglots isolés viennent secouer son corps.

Alméïde finit par relever la tête, les yeux gonflés, rougis par les pleurs. Ses doigts tremblants s'attardent sur les siens et serrent alors avec le peu de force qu'il lui reste, comme si elle craignait qu'il se volatilise. « Tu es là ? C'est bien toi ? » Elle est si fragile cette voix qui parvient enfin à s'exprimer. Après les cris, après le silence, il lui semble qu'elle a perdu même la capacité d'émettre des sons et lorsqu'ils résonnent dans la pièce, ils ne sont plus que des morceaux brisés. « Anthim, dis-moi que c'est réel. Que... que je ne vais pas me réveiller et que tu auras d-disparu. » Et si c'était encore un pan de son imagination ? Et si c'était une nouvelle ruse pour lui soutirer des informations ? Voilà des jours qu'Alméïde se ronge les sangs à cette idée et pourtant, désormais, elle veut y croire. Elle veut y croire si fort que son coeur lui fait mal.

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Mar 8 Aoû - 14:55

Des mots comme ceux qu’il avait prononcé, il y en avait eu plein. Toujours les quatre même mots, toujours cette voix rassurante. Et bien souvent, le refus sincère, le déni, la peur dans un regard fuyant, la fuite dans un corps qui ne peut plus bouger. Sa sœur avait vécu tant d’horreurs, semblait-il, que même la plus simple des vérités n’avait plus aucune réalité à ses oreilles, brouillant son environnement dans une sphère de ténèbres qui menaçait de l’engloutir à chaque seconde. De sa confiance, il ne restait rien, qu’il s’agisse de la sienne propre ou celle envers les autres. Brisée, cassée, elle est pourtant intacte de corps, Alméïde, cachant les fragments éparse de sa conscience dans son esprit, protégeant ce qu’il lui reste de certitudes, de sentiments, de volonté. Mais cet éloignement qu’elle imposait rendait la souffrance insupportable, l’attente détestable. Oh comme il aimerait pouvoir entrer dans l’esprit de sa sœur, Anthim, ne serait-ce que pour la rassurer encore, lui faire comprendre que ses seuls mots n’étaient que sincérité et que jamais il ne permettrait qu’un nouveau malheur arrive à sa sœur. Mais au lieu de ça, il était impuissant à pouvoir l’aider, il ne pouvait qu’observer la lente progression d’Alméïde vers la lumière, se présentant comme la source de celle-ci sans jamais pouvoir l’attirer à lui d’une main bienveillante, aimante. Chaque pas était lentement esquissé, solitaire mais positif. Jusqu’à ce petit éclat de voix, faible et fatigué, mais bien le premier qu’il entend depuis qu’il est arrivé.

Le contact qu’il ose instiguer est terriblement calculé, dans un espoir, peut-être, de pouvoir frôler la joue de sa sœur, lui apporter un peu de sa chaleur du bout de ses doigts. Mais il sent qu’elle s’est tendue, que les mots ne sonnent et ne résonnent guère dans son esprit. Il va pour reculer un peu, lui laisser de l’espace, peut-être même se soustraire à sa vue, comme ça avait pu être le cas dans les jours qui avaient précédés, sa silhouette inspirant la peur, le rejet. Comme Castiel d’ailleurs. Tous deux s’étaient retrouvés impuissants à l’aider et cette constatation commune n’avait même pas éveillée la moindre colère entre les deux souverains ennemis. La peur et l’inquiétude avait pris la place de l’immuable rancune et haine. Parfois, certains miracles arrivaient. Dans le cas présent, sur une base hélas bien cruelle.

L’îlot d’espoir pourtant ne s’effrite pas, ne meurt pas sous le flot impétueux de la peur et des souvenirs illusoires. Le doute reflue pour faire place aux larmes. Et c’est dans ses bras que presque immédiatement plonge Alméïde, se rattrapant à l’ancre qui, dans ce naufrage, la retient de toutes ses forces. Dès qu’elle glisse vers lui, larmes dévalant sur les joues comme une rivière qu’on ne peut arrêter, c’est fermement que, contre lui, il sert sa sœur qu’il pense retrouver enfin. Cette sœur qui n’a jamais eu peur de pleurer sur son épaule, lui évoquer ses secrets. Cette sœur qui avait disparu depuis presque un an, à s’embourber dans les mensonges et les tromperies envers lui. En cet instant pourtant, nulle rancune dans le cœur du sultan des sables, seulement le frère qui maintient contre lui une sœur si tristement brisée. Même de ses bras pourtant, il ne peut rattraper tous les éclats brisés. Seulement ceux qu’il entrevoit, seulement ceux qu’elle lui confie, dans le déluge de sanglots qui se fait seule musique de la pièce. La main dans la sombre chevelure d’Alméïde, c’est à la manière d’autrefois qu’Anthim la berce, sentant son propre cœur se fissurer tout en se maintenant tant bien que mal, fort et solide, pour ne pas la laisser elle sombrer.


Les minutes ainsi écoulées sont longues, mais pas une seconde le duc ne songe à arrêter les larmes d’Alméïde. Peu à peu, celle-ci parviendrait à revenir à la surface, prendre une bonne bouffée d’air hors de l’eau, salvatrice pour ses poumons comme pour son esprit. Contre lui, le corps de la pauvre princesse semble si fragile, comme cette voix avec laquelle elle s’adresse à lui, osant briser le silence en croisant ses prunelles. Une main ne cesse de tenir avec une ferme douceur les doigts de sa sœur, encore tremblants, l’autre revient se poser sur cette joue encore humide, caressant les sillons de larmes comme pour les effacer. Comme s’il pouvait les effacer. Bienveillant est le regard qu’il pose sur sa sœur, et d’une infinie douceur, il lâche une seconde la main tremblante qu’elle avait déposé dans la sienne pour la poser en miroir sur l’autre joue du visage d’Alméïde. Puis, lentement, tendrement, il déposa un baiser sur son front, avant de revenir croiser le regard rougi.

« Nul rêve ne brouille ta vision Alméïde. Tu es là, dans cette chambre, et je suis avec toi. Je reste avec toi. » Il ne la laisserait pas tant qu’elle voulait de lui à ses côtés. Il ne supporterait pas l’idée de l’abandonner à nouveau alors qu’elle tendait lentement mais sûrement à retrouver une parcelle de lumière dans son cœur. Pourtant, c’est à lui de céder aux élans de ses sentiments, si sauvages et si mesurés à la fois. A nouveau, il vient la prendre contre lui, dans une étreinte solide. « J’ai eu si peur. » Murmure-t-il à son oreille d’une voix qu’il tente de maintenir saine, dénuée de tout tremblement qui trahissait l’émotion. Il n’y parvient pas. « Je… j’ai cru te perdre. Tu as disparu, nous ne savions pas où te chercher. Où te trouver. Pardonne moi… J'aurais du pouvoir te protéger. » Dans son cou, un autre murmure, un chuchotement qui voudrait cacher quelques larmes dans la cascade de la chevelure sombre de sa sœur. « Tu m’as tant manqué. »

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Message Sujet: Re: Ne cesse jamais de sourire, car ton sourire annonce l'aube   Jeu 10 Aoû - 14:57

L'étreinte de son frère semble aspirer les maux comme l'on aspire le venin d'une plaie. Chaque sanglot, chaque larme versée, est un nouveau pas vers cette lumière qu'il émet au loin pour l'aider à retrouver son chemin. Elle est pourtant encore si perdue, Alméïde. Dépouillée de ses repères, humiliée et fragilisée, elle s'est brisée entre les mains de son bourreau jusqu'à ce que les morceaux restant de sa conscience soient pratiquement irrécupérables. C'était leur but, évidemment. La briser pour qu'elle leur révèle ce qu'elle sait, la briser pour la punir de ne pas le faire, pour donner l'exemple. Malgré tout, elle est là la princesse, à s'accrocher à ce dernier rayon d'espoir qui illumine son horizon, ce rai de lumière intense qui l'attire hors de l'eau pour enfin lui permettre de respirer un peu. Son corps comme son coeur sont fatigués, si las, alors que son esprit vogue encore dans une noirceur terrifiante, mais elle n'a pas totalement baissé les bras, la princesse des dunes. Si son frère est le roc d'Erebor, solide et immuable, elle a en elle le sang des gitans, leur force et leur flamme qui jamais ne s'éteint.

Puis il y a le regard clair de son souverain qui se pose sur le sien, brillant d'émotions et de cet amour fraternel qui parvient à lui insuffler du courage. Elle ne fuit plus ses gestes, elle y puise au contraire du réconfort et de l'apaisement, alors que son corps est encore parfois secoué de sanglots isolés, comme les dernières gouttes de pluie qui tombent après la tempête. Le baiser sur son front la ramène à toutes ces fois où il a été présent pour elle, lorsqu'elle avait peur, lorsqu'elle avait mal, lorsqu'elle était triste. Il la ramène à leur lien qu'elle pensait perdu mais qui se révèle, à nouveau puissant, entre le frère et la soeur. Alméïde ne lâche pas sa main, son seul point d'ancrage dans cette réalité qu'elle commence enfin à croire.

« Nul rêve ne brouille ta vision Alméïde. Tu es là, dans cette chambre, et je suis avec toi. Je reste avec toi. » Ses paroles lui réchauffent le coeur, tout comme cette nouvelle étreinte qu'il initie et qu'elle accueille avec soulagement. « J’ai eu si peur. » Ses doigts se serrent à nouveau contre lui, cherchant à repousser les images qui tentent de s'imposer à elle. « Je… j’ai cru te perdre. Tu as disparu, nous ne savions pas où te chercher. Où te trouver. Pardonne moi… J'aurais du pouvoir te protéger. » Elle secoue la tête, incapable de parler, tant elle a la gorge serrée. Les remords et la culpabilité refont surface, les souvenirs de son départ et de sa disparition sont plus éclatants que jamais. Et Anthim n'en savait rien...

« Tu m’as tant manqué. » « Tu m'as manqué aussi. » souffle-t-elle contre son cou, laissant de nouvelles larmes sillonner ses joues. Elle n'a aucun désir de briser l'instant et elle ne saurait dire avec certitude combien de temps encore elle reste blottie contre lui, cherchant simplement à être rassurée, mais lorsqu'elle s'éloigne une nouvelle fois pour le regarder, il lui semble retrouver une parcelle de courage. Sa main se pose sur la joue de son frère, comme si elle voulait s'assurer qu'il est bien présent tout en le rassurant lui également. « Ce n'est pas ta faute Anthim. C'est moi qui suis p-partie, qui ai pris des risques, ce n'est pas ta faute. » Elle s'efforce de ménager sa voix fragilisée, elle veut mettre des mots sur ce qu'il s'est passé alors même que la simple idée d'y penser provoque des sueurs froides. Sa main retrouve alors la sienne et elle baisse les yeux, coupable. « Il y a longtemps que je voulais te le dire, mais je... je ne pouvais pas. C'était important, il fallait que j'y aille, mais les choses ne se sont pas passées comme prévues... » La réunion, oui. La suite l'était beaucoup moins. Un frisson glacé parcourt sa nuque. « J-je ne sais pas moi-même où j'étais Anthim. J'étais coupée de tout, ils ont m-masqué ma vue. Je ne me rappelle qu-que le froid et le n-noir... » Et le visage de sa soeur. Et la douleur, ô dieux, la douleur. Elle se remet à trembler et sa respiration se fait plus difficile, saccadée. L'horreur n'est jamais bien loin, prête à l'envahir à nouveau.

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