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 Je ne bois pas, je noie mon cœur

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Les Chevaucheurs
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Je suis : Capitaine des chevaucheurs du vol d'Ansemer, mage de l'Hiver, chevaucheur de la dragonne Obsession

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Message Sujet: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Jeu 3 Aoû - 10:24


Livre II, Chapitre 4 • De Glace et de Sang
Pénélope de Bellancre et Rackham l'Îlien

Je ne bois pas, je noie mon cœur

Car c'est toujours plus facile que de l'affronter



• Date : 27 juin 1002
• Météo (optionnel) : Il fait très beau sur les côtes du marquisat de Bellancre, à peine quelques nuages dans le ciel et un soleil qui nargue avec ses rayons et la chaleur qu'il dépose sur la terre.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Une semaine depuis ce... mariage légèrement forcé avec Quitterie, suite à son sauvetage en Bellifère. Ne supportant pas d'avoir été un peu contraint à accepter, Rackham s'éloigne de son épouse depuis une bonne semaine, et finalement va à la rencontre de sa cousine pour lui demander conseil. Lui demander des conseils en étant un peu éméché.
• Recensement :
Code:
• [b]27 juin 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2471-je-ne-bois-pas-je-noie-mon-coeur#75395]Je ne bois pas, je noie mon cœur [/url] - [i]Pénélope de Bellancre et Rackham l'Îlien[/i]
Une semaine depuis ce... mariage légèrement forcé avec Quitterie, suite à son sauvetage en Bellifère. Ne supportant pas d'avoir été un peu contraint à accepter, Rackham s'éloigne de son épouse depuis une bonne semaine, et finalement va à la rencontre de sa cousine pour lui demander conseil. Lui demander des conseils en étant un peu éméché.


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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Jeu 3 Aoû - 10:53

Il boit peu. D’ordinaire en tout cas, c’était vrai. Rackham était capitaine de vol, il avait un rôle, un devoir, des responsabilités. Et pas complètement à côté de ses pompes, il avait compris que diriger des hommes en étant saoul, ce n’était pas la meilleur des méthodes. Il n’avait pas expérimenté la chose et ne souhaitait pas le faire, tenant à son poste et au respect que ses hommes avaient pour lui. Alors il buvait peu. A dire vrai même, il buvait seulement lors de son temps libre. Et du temps libre, un capitaine de vol en avait rarement. La dernière grosse cuite qu’il s’était mangé, à son souvenir, c’était lors de cette soirée arrosée avec Lionel, à Souffleciel. Et ils avaient vraiment abusés. Vraiment.

Oui il buvait peu.

Pourtant, depuis son retour en Ansemer après le sauvetage fou et dangereux de Quitterie en terre ennemie, les choses avaient quelque peu changées. En mal. En très mal. La faute à ces stupides traditions bellifériennes qui avaient foutu la merde, il n’y avait pas d’autre façon de le dire. Là où l’îlien pensait simplement venir en aide à la jeune femme, la sauver de sa famille complètement folle, les bellifériens de la partie, eux, y avaient vu un enlèvement de mariage en bonne et due forme. Ce qui signifiait que ne pas honorer celui-ci, ne pas aller au bout des choses, c’était porter l'opprobre sur Quitterie, la couvrir d’humiliation, de honte, et peut-être même donner l’occasion à d’autres de l’enlever une nouvelle fois, et pour de bon. La pression qui avaient pesé sur ses épaules avait été telle que Rackham n’avait pu refuser bien longtemps. Une fois de retour à Lorgol, il était rentré avec la jeune femme en Ansemer pour… ben honorer la tradition. Foutue tradition. Il l’aimait la Quittou, là n’était clairement pas le problème. Il l’aimait, il lui avait avouer, mais Quitterie était restée floue, quant-à elle, sur ce qui s’était dit dans cette autre réalité, alors qu’elle mourrait à petit feu. Il était resté honnête avec ses sentiments, mais ce n’était pas suffisant pour l’îlien. Car dans ses gênes coulaient le besoin de liberté. De choisir lui même. Avoir cédé à la pression avait pour le moins refroidit ses ardeurs. Et Quittou qui n’avait rien dit pour l’en dissuader, soumise à cette merdique tradition de Bellifère, ça avait achevé ses convictions.

On ne pouvait pas s’étonner que dans ces conditions, les choses se cassent un peu la gueule. Rackham ne s’était jamais imaginé marié, mais il n’avait jamais rayé cette possibilité de son avenir. Mais de là à penser que son union avec une femme se passerait de cette manière… Il en voulait à Quittou, bêtement, de n’avoir rien dit. Il lui en voulait d’être resté silencieuse et de s’être laissée faire, comme si c’était la chose la plus évidente. Ce n’était pas cette femme là qu’il aimait, c’était la maladroite éprise comme lui de l’infinie des cieux, de l’horizon qui jamais ne trouve de frontière. Pas la soumise aux lois de son duché de naissance. Rackham lui en voulait, oui, et l’avait bien fait comprendre, en devenant plus froid, plus bourrue qu’à l’accoutumée. Et en même temps, il s’en voulait aussi d’être particulièrement désagréable et con. La situation était telle qu’il avait fini par quitter la caserne un soir, se rendre à Bellancre, chez sa cousine, s’ouvrir une bouteille de bon rhum des îles  et picoler un peu trop jusqu’au matin. Qu’importait, c’était, pour une fois, un jour de temps libre. Et comme il n’avait pas eu l’envie de le passer avec Quittou… il s’était échappé comme un lâche.

Putain il était pas lâche pourtant.

Mais il était aussi particulièrement sur les nerfs. Et trop gentil au fond pour imposer son imbuvable caractère à Quitterie. Et puis avec un peu de chance, Pénélope pourrait lui donner conseil. Tu vas pouvoir lui demander. Ah ? Pourquoi donc ? Calico, posée sur ses genoux, lui qui était assit (voir avachit) sur le fauteuil, le regardait avec un air désolé. Et dans ses grands yeux bruns, il pouvait voir aussi un côté fatigué, irrité. C’est ce qu’il remarqua immédiatement, malgré la brume qu’imposait l’alcool dans son esprit. Puis un peu après, il nota qu’il n’était pas seul dans la pièce, et que le loris avait aussi posé son regard sur la silhouette blonde qui se détachait dans la lumière. Il était tôt, il faisait jour, et il s’en était pas rendu compte. Pas plus qu’il ne s’était rendu compte de la venue de la maîtresse des lieux. Elle devait pas être là, pourtant, non ? Quelqu’un l’avait prévenu ? Bah… pour ce que ça importait.

« ‘lut cousine. J’te s’vais pas ‘ci. » Grogne-t-il un peu, commençant à se rendre compte qu’il avait légèrement mal au crâne. « ‘solé, j’viens just’ m’reposer un peu. » Il était beau le repos tient. Et traîtresse de Calico qui semble secouer la tête pour démentir aux paroles de son mage.

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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Jeu 3 Aoû - 19:59

« Ma dame, un message de votre chambellan à Bellancre. »

Pénélope relève le nez de l’épais rouleau de parchemin dans lequel elle consigne ses notes de la veille. Aucun des candidats reçus par ces soins ce jour-là ne sera admis, et elle en détaille scrupuleusement les raisons : des scribes se chargeront de les recopier et d’adresser à chacun un courrier les en notifiant. Travail fastidieux s’il en est, mais elle a découvert qu’en s’en chargeant à l’aurore, elle pouvait affronter sa journée avec le sentiment réconfortant du devoir accompli. Posant sa plume avec précaution pour éviter toute tache d’encre malvenue, elle fait signe à l’outreparleur de poursuivre.

« Votre cousin, le Capitaine l’Îlien, s’est présenté au domaine hier en début de soirée. » L’homme toussote légèrement. « Il a passé la nuit à, je cite les mots transmis par votre outreparleuse, ‘se noyer au fond d’un cruchon de rhum’. Votre chambellan demande ce qu’il doit faire. »

Perplexe, la blonde marquise hausse un sourcil. Rackham pourtant n’est pas tant porté sur la boisson d’ordinaire – et jamais, jamais, il ne boirait seul. Il irait à la Taverne de la Rose, à Lorgol, lever le coude avec les copains des îles ; mais il ne s’enfermerait pas seul dans un manoir désert pour s’enfiler coupe après coupe du rhum ambré de l’Archipel. « … Je vois. N’envoyez pas de réponse, mon brave, je m’en charge. Je vous remercie. » Le messager s’incline et s’éclipse, et Pénélope rédige un message succinct à destination de l’Archimage, l’informant de son indisponibilité pour la journée. Elsir sur l’épaule, elle se rend à l’étage des commerces, pour se faire ouvrir un portail à destination de son marquisat de Bellancre.

Sur place, elle est accueillie par Adalbert, son très digne chambellan, visiblement tourmenté par les démons de l’indécision. Elle a depuis longtemps décrété que son cousin Rackham serait chez lui à Bellancre, et ce n’est pas la première fois qu’il s’y présente ; mais en l’absence de la maîtresse des lieux, et visiblement dans le but de s’enivrer… D’un sourire, la marquise le rassure , et prend les choses en main.

Le salut brumeux de Rackham est un roman à lui tout seul. Elle ne l’a jamais vu s’abandonner ainsi dans les bras de l’ivresse. Du… repos ? Calico secoue discrètement la tête, mais la mage n’avait guère besoin de confirmation. Un reniflement sceptique est la seule réponse que Pénélope s’autorise à formuler. Elle scrute l’homme avachi dans son fauteuil, son regard vague, sa barbe négligée – et lorsqu’elle se penche pour l'observer de plus près, elle plisse le nez et fronce les sourcils, assaillie par une sensation déplaisante. « Mon cousin, tu… tu pues. » D’une main agacée, elle brasse l’air devant elle, comme si ce geste avait le pouvoir de chasser l’odeur.

Il empeste l’alcool, c’est vrai – et aussi quelques relents de sueur d’un Chevaucheur pas vraiment lavé après une journée d’entraînement. Celle de la veille, vraisemblablement. C’est à Elsir qu’elle s’adresse, dans le secret de ses pensées. Va me chercher Perrine, aux cuisines, s’il te plaît. Silencieusement, pour une fois, le perroquet s’exécute, s’échappant par une fenêtre pour entrer directement par celles des cuisines, plusieurs étages plus bas. Pendant ce temps, Pénélope s’active, ouvrant grand tous les rideaux, permettant au soleil matinal d’entrer à flots par les baies décorées de vitraux délicats, laissant Rackham dodeliner de la tête, les yeux dans le vague, visiblement en proie à de bien sombres pensées. Pour l’instant, il est sous la surveillance vaguement réprobatrice de Calico – sa posture en tout cas évoque clairement le reproche aux yeux de Pennia.

« Vous m’avez d’mandée, Vot’Grâce ? »

Toute rose de confusion, Perrine vient d’arriver et se tord les mains dans son tablier, visiblement angoissée d’être convoquée par la marquise en personne. C’est avec bienveillance que Pénélope s’adresse à la petite lingère, attendrie par sa jeunesse timide. « J’ai besoin d’un de tes élémentaires d’eau, petite. L’équivalent d’un bon gros seau. Juste là. » Du doigt, elle indique le fauteuil où se trouve son cher cousin, un sourire complice aux lèvres. Perrine devient rouge carmin, mais hoche fermement la tête, la mine sérieuse, invoquant derechef un petit élémentaire aquatique qui fonce méthodiquement en direction du fauteuil… et déverse une cascade d’eau glacée sur le Chevaucheur éméché.

Voilà qui devrait arranger quelque peu ce léger détail olfactif, et réveiller son visiteur !


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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Mar 8 Aoû - 15:46

Tue pues.

Soit.

C’était pas tellement ce à quoi il s’attendait comme salutation de la part de sa cousine mais… ça se tenait. Dans un coin de son esprit embrumé, il songea d’ailleurs que ce n’était pas totalement faux, mais la réaction de son corps fut bien plus simple : il haussa les épaules. Après tout, ça changeait quoi ? Outre l’odeur et l’hygiène évidemment, mais le but de la soirée (devenue déjà une matinée) n’était pas d’avoir l’air fringant. Cela dit boire seul était terriblement déprimant et il n’était pas certain de vouloir réitérer l’expérience à l’avenir. La prochaine fois il irait déranger Lionel.

Quoique.

Ca n’avait pas l’air d’être une si bonne idée en fait. Rackham préféra cesser d’y penser, tant le simple fait de réfléchir lui donnait mal au crâne. Et il oublia au passage presque totalement la présence de Pénélope dans la pièce. Elle était passée comme un coup de vent pour le saluer puis s’était effacé de son champ de vision pour les dieux savent quoi. Il remarqua - peut-être - que la pièce était tout à coup plus clair et que définitivement… le matin était là. L’îlien en soupira intérieurement. Il savait ce que cela signifiait et ça ne l’enchantait pas. Si la journée était celle du repos, le soir arriverait vite à grands pas et il serait obligé (condamné) à retourner chez lui et voir Quittou. Pourtant, ça lui plaisait de la voir, de l’observer tâtonner à l’aveugle, de s’amuser de ses maladresses, de la sentir câliner Calico avec une infinie douceur. Mais il n’y avait rien de tout cela dans ce semblant de mariage qui le dégoûtait plus qu’autre chose. Et à cette pensée, il voulu se frapper. Ce qu’il pouvait être con de réagir ainsi. Elle n’avait rien fait la pauvre Quittou, elle méritait pas une telle indifférence ! Oui. Elle n’avait rien fait. Elle n’avait rien dit. Acceptant le destin qui lui était réservé.

Les sombres pensées avaient occulté toute l’attention disponible du chevaucheur. L’esprit souillés par l’alcool et de tumultueux songe ne remarqua pas l’arrivée discrète d’une petite servante de la maison et la fuite expresse de Calico de ses genoux. Et surtout pas la cascade d’eau froide qui lui tomba sur le nez, l’arrosant (le noyant) complètement pendant une vague seconde avant qu’il ne se relève, chancelant certes, mais bien sur ses deux pieds. Il jura un bon coup en îlien. Des mots qui firent rougir la petite servante coupable de l’avoir arrosée. Elle fut tout à coup très attirée par l’état du sol, alors même que le capitaine, lui, n’adressait ses mots à personne en particulier. Quand il eut terminé, que seul le plic ploc de ses vêtements trempés résonnait dans la pièce, il se passa une main sur le visage, comme pour chasser quelques terribles démons.

« J’pas apporté d’vêt’ments d’rechange, t’sais ça ? » Qu’il lâche dans un grognement, encore un peu énervé de la surprise occasionnée. Celle-ci passée d’ailleurs, l’alcool reprit doucement ses droits, l’obligeant à s’appuyer au moins sur le dossier du fauteuil qui avait, bien cruellement, subit le même sort que lui. « Bon, bah j’suppose que j’te dérangeais, vu l’réveil. J’vais pas rester plus longtemps… » Continuellement si sombres, ses pensées, si loin du Rackham bon vivant qu’elle devait connaître. S’il était toujours aussi direct, il était terriblement plus distant. « Content d’t’avoir vu quand mêm’ cousine. » Il s’apprête à prendre la direction de la sortie, avant de se stopper un petit instant, constatant qu’un sol sec en étant alcoolisé, c’était dangereux, mais qu’un sol mouillé en était bourré, c’était suicidaire. Sans compter la gueule de bois qui avait bon dos. Cela dit, il suffisait de compter le nombre de bouteilles qui pavaient le sol pour considérer l'étendue de ladite gueule de bois.

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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Mer 9 Aoû - 18:36

Agile Calico, qui s’esquive lestement avant que la douche froide ne se déverse sur son mage ! Pénélope hoche la tête avec un sourire approbateur, saluant la présence d’esprit du petit Familier sûrement désemparé face à l’ébriété de Rackham. Pauvre Calico, témoin réprobateur des profondeurs éthyliques dans lesquelles son mage a visiblement passé la nuit… « Tu peux retourner à tes occupations, Perrine, je te remercie. Fais-moi monter une théière de Brouet de l’Aube, s’il te plaît. » La petite salue profondément, hoche frénétiquement la tête, et s’en retourne vers les cuisines, son élémentaire sur les talons.

Voilà Pénélope libre de reporter son attention sur son turbulent visiteur. Si le chapelet d’invectives fleuries l’a rassurée sur la vigueur de son cousin, son regard éteint et son ton morne l’alarment vivement. C’est bien loin du Rackham qu’elle connaît, ce bon vivant toujours bruyant, dans la joie comme dans la colère, soit souriant soit râleur, mais perpétuellement expressif, même dans le silence. Là… Là, elle a la sensation d’avoir face à elle une copie mal réalisée, une coquille vide, et creuse. Il fait mine de vouloir s’en aller – ça aussi, c’est inhabituel chez lui, de capituler sans se battre. Préoccupée, l’Enchanteresse ne réalise pas tout de suite que son cousin s’aventure en zone dangereuse – et advint ce qui lui pendait au nez : dans un magnifique battement de bras proclamant sa lointaine parentèle avec un moulin à vent, le Chevaucheur perd l’équilibre et se vautre majestueusement sur le parquet trempé, se cognant bien franchement la tête à l’accoudoir de son fauteuil au passage.

Levant les bras au ciel, suppliant qu’on lui accorde la patience de gérer un ivrogne au comportement plus qu’étrange, la très digne marquise de Bellancre patauge dans la mare glacée pour ramasser son visiteur, le tirant au sec. C’est qu’il est lourd, l’animal – le choc en tout cas n’a pas dû être si violent, puisqu’il remue vaguement. Un peu sonné, alors – ça devrait aller. Pénélope a vaguement conscience que Calico les a rejoints et tente de réveiller son mage en pépiant ses reproches, mais la loris la gêne. « Elsir, reste avec Calico, qu’elle se tranquillise pendant que je m’occupe de Rackham, d’accord ? Petite, sois tranquille : il n’est pas gravement blessé, et je vais veiller sur lui. Laisse-moi juste vérifier qu’il ne s’est rien cassé en tombant. »

Délicatement, la blonde îlienne palpe le front où se dessine déjà l’esquisse d’une superbe bosse. D’une main, elle attrape le torchon qui entourait l’un des cruchons vides, et le trempe dans la flaque pour l’imbiber d’eau glacée, avant de placer son tampon de fortune sur l’ecchymose. Un grattement à la porte annonce l’arrivée de la théière demandée, que la maîtresse des lieux se fait déposer sur un tabouret près d’elle, demandant à ce qu’on lui apporte de quoi panser la blessure de son cousin. Elle est promptement obéie ; et visiblement Mijotte, à la tête des cuisines, a jugé bon d’ajouter quelques suppléments à cet ordre. Rapidement, la table se couvre de mets simples, l’on apporte même des fruits pour les Familiers, et Perrine en personne dépose quelques bûches dans l’âtre pour raviver le feu, avant de prendre congé. En une dizaine de minutes, la pièce a pris une allure plus chaleureuse, et Pénélope a fait avaler à un Rackham complètement sonné l’intégralité de la théière. L’affreux goût du breuvage va de pair avec ses propriétés purifiantes, et dissipera sûrement quelques-unes des brumes obscurcissant le jugement du Chevaucheur, qui en sera quitte pour une colossale migraine, sûrement renforcée par sa chute.

Lorsque son regard cesse d’errer dans le vague, Pénélope le fait lestement asseoir, plaçant un seau vide entre ses genoux. « Allez, cousin, fais-moi sortir tout ça. Ça ira mieux après. »


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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Jeu 17 Aoû - 12:24

Il avait beau avoir conscience que le sol mouillé et son pas incertain ne feraient pas bon ménage, il s’était pourtant aventuré sur le terrain dangereux avec la ferme conviction de traverser la pièce. Et ce qui devait arriver arriva. Une glissade monumentale, suivie d’une chute dantesque et d’un coup qu’il n’avait pas vu venir, initié par le vil accoudoir du fauteuil qui jugea bon de rencontrer son front. Le choc le sonna carrément et sa vision fut obscurcie pendant une poignée de seconde avant qu’il ne voit des étoiles dans la pièce. Les seuls signes le présentant comme vivant étaient sa respiration et les gémissements - proche du grognement - qui traversaient sa gorge. Il avait du mal à bouger, il avait froid et surtout foutrement mal au crâne. Si l’alcool n’arrangeait rien, il se serait bien passé d’un violent coup sur la tête. Quelle idée aussi de mouiller le sol et de mettre un fauteuil pile à l’endroit de sa chute ! C’est à peine si le capitaine sentit sa cousine le tirer hors de la flotte, ou encore d’entendre les reproches hurlés de Calico et ses petits coups sur son visage pour essayer de le réveiller. Ce que ça pouvait faire mal, bon sang ! De temps en temps, il sentait quelque chose de froid appuyer sur la bosse qui avait due naitre sur son front, éveillant dans sa semi conscience des piques de douleur. Combien de temps s’était écoulé depuis sa mémorable chute, il n’en avait pas la moindre idée. Mais les minutes parurent reprendre leur cours quand un immonde liquide franchit la barrière de ses lèvres. Pour ne pas s’étouffer, il fut bien forcé d’avaler l’étrange mixture, mais le goût lui laissa une telle amertume dans la bouche qu’il… qu’il en vomirait presque. En fait, une fois ce truc ingurgité, il se sentit particulièrement nauséeux…

Mais qui lui avait donc foutu cette horreur dans le gosier ?!

La prise de conscience fut rapide. Les brumes qui voilaient son esprit furent rapidement éclipsée, mais cette constatation ne fut pas la première qui traversa ses pensées. Non, ce fut plutôt l’état retourné de son estomac et l’envie terrible de tout régurgiter qui l’alerta. Il se redressa, sentit qu’on l’aidait à s’asseoir mais qu’importe, il tenta de prendre une respiration pour faire passer le haut-le-coeur. Peine perdue, ça arriva plus vite qu’il n’y songea. Heureusement qu’il y avait un seau entre ses pattes… Ce qu’il avait à recracher hélas n’était pas bien consistant, et au delà d’un vague repas qui datait de la veille, c’est rapidement une bile acide qui brûla sa gorge. Pendant un bon moment il resta ainsi, penché sur le seau, s’y accrochant avec l’horrible sensation que les vagues nauséeuses n’allaient pas s’arrêter. Même les gestes et paroles réconfortantes de Penny qui frottait son dos ne purent mettre fin à ce calvaire. Seul le temps avait de l’emprise, et ce furent de bien trop longues minutes au goût de Rackham. Quand il n’eut plus rien à faire sortir, il put se permettre de reposer le seau, prenant une longue respiration. Sa tête lui faisait encore mal et il avait la sensation que l’on jouait du tambour sous son crâne. Seul point positif, il ne sentait plus l’alcool ternir ses pensées. Mais en réalité, il ne trouva ça pas si bien…

Il mit un moment à reprendre ses esprits malgré tout, et se décider à prendre la parole. Le corps en miette mais l’esprit clair - quoique pas particulièrement joyeux - il regarda sa cousine. Sans parler de manière littérale, il se sentait vidé, sans la moindre motivation, sans la moindre envie. Lui qui avait toujours su de quel côté regarder l’horizon n’avait guère plus l’envie de l’observer.

« J’suis désolé. J’dois vraiment être minable à voir. » Sa voix, enrouée encore par l’acide qui avait brûlé sa gorge, s’exprimait avec sincérité. Il eut même un petit sourire. « J’voulais déranger personne avec mes problèmes Penny, surtout pas toi. T’es d’jà bien assez occupée comm’ ça. Mais j’suis pas doué pour faire face à c’genre de… connerie. J’sais qu’boire comme un con t’seul c’nul et j'avais pas trop d'autres idées. » Il avait rien trouvé de mieux pour ne plus trop se prendre la tête et déranger personne. Mais force était de constater qu’il n’y avait pas beaucoup réfléchi cela dit, et qu’en réalité, il venait d’enquiquiner merveilleusement sa cousine. Il toussa, se frotta la gorge et eut encore un peu plus mal au crâne. Est-ce que ça avait vraiment valu le coup, tout ça, si le résultat était pire qu’au départ ? « T'aurais pas un verre de quelque chose sans alcool ? » Qu'il blagua un peu, sans que ce soit vraiment de l'humour. C'est qu'il avait plus rien dans le bide et la gorge aussi sèche que le désert d'Erebor après tout.

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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Ven 18 Aoû - 0:55

Pleine de pitié, Pénélope s’agenouille derrière Rackham tandis qu’il rend son alcool à grands haut-le-cœur, massant ses épaules et frottant son dos avec expertise pour le réconforter, émettant ces petits bruits pleins d’affection que toutes les mères du monde savent articuler pour apaiser un enfant en détresse. Elle a le cœur serré, la jolie marquise, de voir son cousin dans un tel état – elle ne l’a jamais vu aussi misérable, et s’inquiète grandement des raisons qui ont pu causer une telle réaction. Il est censé être heureux pourtant, jeune marié et homme puissant parmi ses pairs – par les couilles du Léviathan, quelle mouche a pu le piquer pour qu’il vienne ici, s’enivrer seul dans un salon obscur, avec la pauvre Calico comme seule compagnie ? Patiemment, elle attend qu’il se redresse, et son regard plus clair la rassure quelque peu. Il semble déjà un peu plus lui-même, et elle hoche la tête à sa demande. « Tu m’déranges jamais, cousin, tu l’sais. J’préfère qu’tu sois v’nu ici, en sécurité, que d’risquer un mauvais coup par les ruelles d’Lorgol ou d’Port-Liberté. »

Tout en parlant, elle s’est relevée, prenant appui des deux mains sur ses cuisses sans recourir à la moindre prétention de grâce des femmes bien-nées du continent, mais avec les gestes simples des Îliennes qui placent le pratique avant tout le reste. De quelques pas décidés – envoyant valser ses escarpins au passage – elle se dirige vers une desserte où une carafe et deux verres de cristal sont posés. C’est l’un de ces verres qu’elle ramène à Rackham, empli d’une eau claire et fraîche, espérant que cela lui éclaircira un peu plus les pensées. Un tapotement à la porte indique l’arrivée d’une équipe de domestiques pour exécuter la consigne précédemment donnée : une grande baignoire de bois est posée devant l’âtre, emplie par Perrine et son élémentaire d’eau, et chauffée par Basile et son élémentaire de feu. Un vaste paravent est posé devant, avec d’épais pans de tissu moelleux, et une tenue complète – et propre, ainsi que tout le nécessaire de rasage convenant à la barbe qu’elle aperçoit sur ses joues. « Cousin, tu vas prendre un bain. Ensuite, on causera. »

Pénélope ne lui laisse guère le temps de réagir – elle prend la direction des cuisines, laissant Rackham seul dans le salon, libre de procéder à de très nécessaires ablutions. Lorsqu’elle revient, une heure plus tard, accompagnée des deux serviteurs, il a une mine plus présentable bien que fort inhabituelle, dans ces vêtements qui ne sont pas les siens. « C'est bien, tu sens meilleur, cousin. Basile, déposez tout ça là et allez faire préparer une chambre pour le Capitaine. Perrine, prends ses vêtements et assure-toi qu’ils soient lavés et séchés rapidement. » Sans faire de manières, elle s’installe en tailleur sur le tapis épais – elle a eu le temps de monter se changer pour revêtir une de ces tuniques confortables prisées sur l’Archipel. De la main, elle désigne les victuailles déposées sur la table basse : pain, beurre délicatement salé, saucisson, fromage, tranches de lard et morceaux de poulet. Pas de sauce, rien de trop riche pour son estomac bousculé ; mais de la bonne nourriture saine, comme quand ils étaient petits.

Elle attend qu’il s’asseye, et lui ressert un grand verre d’eau. « Maint'nant, mange – et racont'-moi tout. »


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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Ven 25 Aoû - 12:56

Le contrecoup de la mixture que lui avait donné Penny était terrible. S’il ne s’était pas cogné la tête, le mal aurait été supportable, mais en l’instant, une fanfare se jouait sous son crâne avec une vigueur encore jamais vue ! L’estomac en vrac et la gorge sèche et irritée en prime, cela donnait un Rackham certes plus sobre mais pas moins pitoyable. Néanmoins, la sollicitude de sa cousine pour son état et l’inquiétude lisible dans son regard réchauffait le coeur de l’îlien, qui se savait bien entouré mais qui avait bêtement voulu ne pas embêter son monde. Surtout pas pour une affaire aussi sordide, pas vrai ? Pourtant il était loin d’être mécontent de voir Penny près de lui, disposée à l’écouter quand il serait temps d’en discuter. Pour l’heure, alors qu’il terminait de boire à grande goulée l’eau qui lui avait été proposé, il remarqua des serviteurs s’affairer dans un coin de la pièce, avant de comprendre que c’était pour lui qu’ils étaient là. Difficile d’oublier qu’en effet il ne sentait pas la rose et que de surcroît, ses vêtements actuels étaient trempés. Et l’ordre donné par la maîtresse des lieux n’appelle pas vraiment à la protestation. En avait-il seulement envie ? Les idées désormais claires, il n’était pas contre un bon bain chaud.

« Ouais, on causera. » Qu’il répète tandis que Penny disparaissait dans les couloirs, pas forcément convaincu que cela vaille réellement le coup de discuter. Ah grands dieux, l’indécision n’était pourtant pas un trait foncièrement marqué chez Rackham, plus prompt aux décisions rapides et parfois irréfléchies, guidées par l’instinct seul et le courage. Mais ce n’était pas une simple affaire que l’on réglait par des ordres et des coups de poings hélas. Ah c’était terrible ! Dire que l’îlien n’avait jamais eu besoin qu’on le prenne en charge de la sorte, lui si libre et conquérant de sa propre destinée. Il était loin de s’attendre à ce que le mariage lui cisaille ainsi ses convictions.

L’eau était chaude et faisait du bien à son corps glacé par la rasade d’eau qu’il s’était prise. Il y resta un certain temps d’ailleurs, le regard dans le vague à ruminer à nouveau ses pensées. Ce sont celles de Calico qui le firent sortir de sa torpeur, captant les émanations de joie et d’admiration de son Familier.

« Calico ? » Qu’il appela la petite Loris, ne la voyant pas derrière le paravent. Elle ne répondit pas immédiatement, mais il entendit un bruit venant de la table, de l’autre côté de la pièce. Un bruit de verre que l’on tentait de déplacer subtilement. Tenter. C’était là le mot important. « Qu’est-c’que tu fais ? - Mais rien du tout ! » Réponse agitée, Rackham connaissait assez ce ton pour savoir qu’elle mentait. Il eut une illumination en se souvenant de ce qu’il y avait sur la table. « R’pose ce verre en cristal tout d’suite. » Un silence, le bruit de frottement cessa. « Qu-quel verre ? » Soupir. « Tu n’pourras pas l’emmener d’toute façon, j’t’interdis d’le mettre dans mes sacoches. » Gémissement déçu, quoique léger. Il entendit nettement son Familier descendre de la table et le rejoindre près de la baignoire. Si son regard n’était pas larmoyant, il était suppliant. « N’essaie mêm’ pas. - Mais… mais il est joli. Il brille ! » Et cela ne changeait absolument rien. Il n’allait quand même pas laisser Calico voler un verre en cristal à sa cousine !

Une heure passe, un temps suffisant pour qu’il soit lavé, changé et mieux rasé. Les vêtements qui lui ont été prêté sont… bien différents de ce qu’il a l’habitude de porter et pourtant, il ne sent pas particulièrement mal à l’aise ainsi. Ce n’est que pour quelques heures, le temps que ses vêtements à lui soient lavés et séchés. Rejoignant Penny sans faire plus de manière qu’elle, il se pose à même le sol, sur le tapis, regard avec envie le plateau nourriture. Une heure plus tôt, il n’aurait pas été si enchanté de le voir, tant son estomac se retournait sur lui même, mais maintenant qu’il était calmé, la faim l’appelait à grand coup de grondements et gargouillis. Il ne faut pas lui redire à deux fois. La première tartine de beurre et de saucisson qui lui tombe sous la main est engloutie. Et même s’il a bien compris que Penny attendait qu’il parle de ses problèmes, les mots ne vinrent pas tout de suite à Rackham. Caressant distraitement Calico venue sur ses genoux et grignotant un fruit qu’on lui avait bien gentiment donné, il songea à comment aborder le problème.

Quel était-il vraiment ce problème, après tout ?

« J’voulais pas qu’les choses s’passent comme ça. » Commence-t-il, une fois la bouchée avalée. De quoi parlait-il exactement ? Il ne laissa pas le mystère planer bien longtemps. « J’suis pas heureux d’m’être marié comme ça Penny. J’ai… j’ai l’impression d’avoir dit oui parce qu’on m’y a forcé. Ils étaient tous à m’dire que c’était important, que l’avoir sauvé voulait aussi dire que j’l’avais enlevé, et qu’chez eux, c’est important. Si j’l’épousais pas, c’t’était l’déshonneur assuré pour elle et qu’d’autres pourraient à nouveau l’enl’ver. » Il se gratte la barbe, semblant réfléchir, ne se rendant guère compte que le ton montait dans sa voix. Un soupçon de colère. De rancœur. « J’avais pas envie qu’ça r’commence. Pi… pi j’tiens à elle. Mais j’suis même plus sûr de c’qu’elle pense de moi, si elle aussi à pas simplement accepté parc’que… que c’est comme ça chez elle. » Il conclu sombrement, le regard n’osant pas croiser celui de sa cousine. « J’me d’mande vraiment si j’ai pas fait une erreur. »

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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Sam 9 Sep - 21:25

Elle attend. Silencieuse, concentrée sur la nourriture qu’elle avale sans fioritures, ravie au fond de se régaler d’un pique-nique simple en compagnie de son cousin, Pénélope attend que Rackham raconte. Elle le connaît, l’animal : bien mal à l’aise avec les mots et le domaine de l’émotion, elle sait qu’il se braquera si elle le pousse trop, qu’il se fermera comme une huître si elle insiste à vouloir lui arracher sa confession. Il a toujours été comme ça, le Rackham : grande gueule et râleur et un tantinet caractériel ; mais jamais enclin à livrer le fond de ses sentiments. Déjà, quand il était petit, ses colères étaient légendaires : Pénélope se rappelle avec attendrissement de ce petit bonhomme de trois ans qui faisait résonner son courroux à pleins poumons, lorsque sa mère avait le malheur de lui dire non. Elle se souvient, aussi, de ses premières années à l’Académie, où il tolérait mal les moqueries incessantes et où, plus d’une fois, elle l’avait récupéré avec les phalanges en sang et l’œil magistralement poché. Un Rackham toujours battant, toujours prêt à défendre ses convictions – pas le Rackham défait et vaincu qu’elle a présentement devant les yeux.

Il raconte. Il raconte, et Pénélope peine à comprendre. Oh, elle les connaît de réputation, les mœurs bellifériennes : elle sait comment l’homme se doit de conquérir par les armes la femme qu’il souhaite épouser, démontrant sa vaillance et sa force aux yeux de tous pour être respecté et accepté entièrement dans la société. De telles coutumes n’ont jamais eu cours en Ansemer – et certainement pas à l’Archipel ! Elle comprend, vaguement, combien son cousin a pu se sentir obligé, pour le bien des convenances… Elle comprend, un peu, qu’il ait l’impression qu’on lui ait forcé la main. Mais enfin, personne ne l’a enchaîné, si ? Pénélope se rappelle de son cousin comme de quelqu’un de volontaire à qui l’on ne dicte pas sa conduite, sous peine d’y laisser une ou deux dents. Cette histoire de mariage lui semble bien compliquée.

« Donc… Si j’ai bien compris, cousin, et arrêt’moi si j’me trompe. La fille, tu l’aimes. Et elle, elle t’aime. Et tu râles parc’que les gens t’ont dit qu’tu f’rais mieux d’la marier vite pour pas qu’un aut’neuneu d’Bellifère s’mett’dans la têt d’l’escmoter d’sous ton nez encor’une fois ? »

Méditative, Pénélope se masse le menton, dans un geste frappant de ressemblance avec le gratouillage de barbe de Rackham. Machinalement, elle tend son verre vide à Calico, pour que la loris puisse laisser libre cours à sa fascination des objets qui brillent. Distraitement, elle se note mentalement de penser à lui donner l’épingle à cheveux de cristal qu’elle a mise de côté pour elle il y a déjà un bon moment, sans jamais avoir l’occasion de la lui remettre ; mais pour le moment, le sujet d’importance est Rackham, et son épouse toute neuve. Le mariage est décidément un sujet bien compliqué, quel que soit le duché impliqué : au moins, dans l’Archipel, les choses sont nettement plus simples. De toute façon, que Rackham éprouve des doutes sur son mariage n’explique pas qu’il soit venu piller ses réserves de rhum en solitaire, plutôt que d’aborder le sujet avec la principale concernée… Il y a sûrement une explication à ça aussi.

Sûrement, oui.


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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Mar 19 Sep - 14:56

Dite au travers de mots de sa cousine, l’histoire de Rackham avait l’air ridiculement bête. Au fond, elle n’était pas bien loin de la vérité et l’îlien savait parfaitement qu’il agissait certainement excessivement, avec toutes la force des sentiments qu’il n’avait jamais su cacher. Il ne savait pas les expliquer par les mots, il avait toujours été dans le geste et l’expression physique, hurlant quand il avait envie de hurler, aimant quand il aimait, grognant et boudant lorsqu’il était vexé. En écoutant Penny, il avait conscience de l’idiotie de ses propres réflexion, et ce n’était pas la première fois qu’il se le disait lui même. Au moins, une voix extérieure le lui confirmait. Et pourtant, il n’arrivait pas vraiment à accepter la facilité des mots de sa cousine, peignant son discours sans saisir les profondeurs de ce qui le peinait et de ce qui le mettait en colère. Il ne pouvait pas lui en tenir rigueur, après tout, elle n’était pas dans sa tête et il n’avait pas forcément tout dit.

« C’est… ouais c’plus ou moins ça. ‘Fin presqu’. J’sais plus vraiment si elle m’aime, en fait. T’sais on… on s’était dit... - il semble rougir un peu en pensant ce qu’il voulait dire, cherchant ses mots difficilement - … on s’était dit ça dans c’t’autre réalité, t’sais ? J’lui ai dit qu’je l’aimais, qu’j’voulais pas la voir partir mais elle… ‘fin elle était fiévreuse, malade et… elle est morte ensuite. J’sais pas si c’est vrai ou… ou la maladie qui l’a fait dir’ ça. »

Et finalement, le rouge de ses joues disparaît pour laisser place à la pâleur, alors qu’il songe à sa Quittou sur son lit de mort, agonisant et souffrant terriblement des blessures qu’elle s’était elle même infligée. Elle l’avait prise pour une illusion, une hallucination, alors il avait bien le droit de douter ? Sur l’instant, il y avait cru sincèrement, dévoré par la peur de la perdre et la crainte. Mais maintenant qu’il y repensait… tout ça semblait loin, maintenant qu’ils étaient mariés et que rien n’était comme avant.

« Mêm’ sans ça, on m’a plus que conseillé d’l’épouser, t’vois ? »

Pour pas dire forcé. Il aurait certainement pu s’en plaindre, dire clairement non. Mais il n’avait pas non plus l’envie de perdre Quitterie, de nuire à sa réputation et risquer de la voir enlevée à nouveau. Tout cela était horriblement compliqué dans sa tête. Cependant, il n’avait pas encore abordé ce qui l’ennuyait certainement le plus.

« On a consommé l’mariag’ comme l’veut leur tradition. Sauf que j’ai l’impression… ben qu’elle a accepté ça comm’ une fatalité. Qu’ça semblait évident d’pas dire non, d’pas protester. On a mêm’ pas pu en causer. J’sais pas si elle l’voulait vraiment, on aurait pu s’marier autrement. Pas comme ça, alors qu’ils étaient tous à n’foutre la pression. » Il grogne autant qu’il déplore ce qu’il s’est passé, Rackham. Son discours est complexe, trouver les mots justes semble être une épreuve et le propre éparpillement de ses pensées n’aidait pas à rassembler le tout dans monologue clair. Il en avait gros sur le cœur, c’était la seule certitude. « J’ai l’impression d’l’avoir forcé. V’la l’fin mot. Et qu’moi aussi. Et qu’elle l’accepte sans rien dire parc’que c’est traditionnel chez elle. » Il prit une légère respiration avant d’achever sombrement. « J’arrive mêm’ plus à la r’garder dans les yeux. J’me sens mal de c’qui s’est passé. »

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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Sam 23 Sep - 22:29

C’est… intéressant, de voir Rackham rougir ainsi. Pas de colère ni de gaieté, non – d’embarras. Pénélope a l’habitude de le voir tempêter, brailler, rire et plus globalement, exprimer ses émotions dans le plus grand bruit possible. C’est un gueulard, son cousin, une grande gueule pleine d’énergie et de vigueur… et le voir si confus lui fend le cœur. Les enfants de l’Archipel ne sont pas éduqués pour décortiquer la nature exacte de ce qu’ils ressentent : ils le vivent, c’est tout. Intensément. Pas comme les Cielsombrois qui perdent pied et se laissent emporter follement le long du courant ; mais avec une belle détermination et un amour de la vie conséquent.

Le voir aussi… perdu, c’est dur – et Pénélope réprime l’envie soudaine de se lever pour s’approcher de lui et le serrer contre elle. Il n’est pas très câlin, le Rackham, et l’on n’est jamais vraiment à l’abri d’un coup de poing reflexe bien ajusté ! Prudemment, elle reste à sa place – elle tend simplement le bras, pour le poser sur son poing crispé et le presser légèrement en signe de soutien. Il est devenu bien pâle, soudain ; et l’Enchanteresse l’écoute raconter, combien il s’est senti contraint – combien il s’est senti forcé. Elle commence à comprendre. La liberté est sacrée aux yeux des Îliens, et il ne viendrait à l’esprit d’aucun de forcer une femme ; alors, imposer un mariage, c’est… inimaginable.

Un instant, Pénélope garde le silence, pensant les mots qui lui viennent, passant charitablement sous silence le fait que, de toute façon, Rackham aurait du mal à regarder sa Quitterie dans les yeux, vu qu’elle est aveugle. Elle comprend ce qu’il veut dire, de toute manière : qu’il n’est pas certain des sentiments de celle qui est devenue si inopinément son épouse, et qu’il redoute qu’elle se force à le tolérer, au nom d’une coutume absurde. Un soupir attristé lui échappe, et elle tapote gentiment le poing crispé, avant de ramener la main dans son giron.

« T'sais… ta Quitterie, là, elle m’a l’air quand même un peu dégourdie. Elle s’est ensauvée d’chez elle, c’qui est loin d’êt’facile pour une fille d’Bellifère. Si elle avait point voulu d’toi, elle l’aurait sûr’ment dit. Ou sa sœur te l’aurait dit. Ou son frère. Ou son Familier. Ou son dragon. Ça s’sent, ces choses-là. J’pense que tu t’poses trop d’questions, cousin : va la voir, ta femme, et dis-lui tout c’que tu m’as dit. Tu verras bien c’qu’elle te répond. T’aimeras p’têt’ pas ce qu’elle va t’dire, mais au moins, tu sauras à quoi t’en t’nir, tu crois pas ? T’es le bienv’nu chez moi, tant qu’tu voudras rester ; mais c’pas ici que tu vas pouvoir avancer. »

C’est important, ce qui lui arrive : sa vie future sera déterminée par la compagne qui arpentera les routes du Destin à ses côtés, et il faut qu’il soit sûr et certain d’avoir épousé la bonne. Elle qui vit seule depuis des années, avec comme seul compagnon le souvenir un peu vieillot d’un Kyréen absurdement grand au fond du cœur, elle saisit l’ampleur des doutes qui ravagent Rackham.


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Message Sujet: Re: Je ne bois pas, je noie mon cœur    Dim 1 Oct - 23:58

Rackham n’avait jamais été vraiment le mieux placé pour réfléchir. Et lorsque cela impliquait des sentiments, c’était encore plus compliqué pour lui. Il était certain de plusieurs choses pourtant : il aimait Quitterie et il se savait terriblement con d’agir comme un parfait enfoiré avec elle. De toutes les manières, elle ne méritait pas qu’il agisse aussi égoïstement et malheureusement, c’était une part de lui qu’il ne pouvait pas réprimer. Car Rackham vivait pour la liberté et pour les obligations librement consenties. Oui, il aurait sans doute finit par demander Louison en mariage, mais ce qui était arrivé au retour de Bellifère n’avait rien de très librement accepté. Plus forcé que conseillé, il s’était vu trainer Quittou dans son lit et… bon il était pas mécontent de la nuit qu’ils avaient passés ensemble, mais les conséquences ensuite, quand il y avait songé, ça l’avait particulièrement irrité. Aujourd’hui, mariné depuis plusieurs semaines, il y avait beaucoup de chose qui lui déplaisait.

Mais une fois encore, la gestion des sentiments n’était pas une chose propre aux îliens.

Et submergé autant par la colère que les remords, il en avait oublié le plus important. Une chose que Penny soulignait avec justesse et presque simplicité qu’il s’en voulait plus encore de ne pas y avoir pensé plus tôt. Et en même temps, face à l’évidence, il n’était pas certain qu’en parler avec Quitterie dès le début aurait arrangé les choses. Il se connaissait, Rackham, et brute comme il pouvait l’être, il aurait finit par hurler et baragouiner des immondices et stupidités en îlien avant d’aller bouder fièrement ailleurs. Bien entendu, bouder tout court son épouse n’était pas non plus la meilleure manière de communiquer. Pourtant, lorsqu’il commandait ses hommes, il savait y faire, le capitaine d’Ansemer, et il n’y allait pas par quatre chemins. Mais la vie privée était si différente, et les choses s’étaient passées si rapidement qu’il n’avait pas su comment réagir. Il était fort pour s’adapter en situation guerrière, mais dès qu’il s’agissait d’histoires un peu plus fines, l’îlien était bien le premier des imbéciles. Où était Lionel pour lui donner un bon coup derrière la tête quand il avait besoin de lui ? Occupé. Et à raison. Il pouvait de toute façon pas déranger son ami à chaque fois. Cela dit, il était bien en peine de déranger sa cousine. Même si elle était véritablement d’un secours salvateur.

« ‘sur… mais j’veux pas la blesser plus non plus. » Mais vu comment il avait agit ces derniers temps, il avait fait plus que blesser Quitterie. Et elle n’avait peut-être pas tort en disant qu’il n’aimerait pas ce qu’il entendrait. Et si elle lui disait qu’elle ne l’aimait pas ? Que ses sentiments n’étaient non seulement pas partagés mais qu’en plus il l’avait marié de force et… obligé. Et si elle lui disait qu’elle l’aimait ? Il aurait agit comme le parfait des idiots. Dans tous les cas, il était coupable de faire quelque chose de mal. Un véritable nœud à problème bien trop complexe pour l’îlien qu’il était. « J’sais même pas comm… »

Il n’a pas le temps de terminer sa phrase, un messager accompagné d’un majordome visiblement dépassé venait de faire son entrée dans la pièce. Le premier s’avance vers le capitaine encore un peu fatigué, délivrant son message d’une traite. Il suffit à Rackham de l’entendre une seule fois pour bondir de son fauteuil, abasourdit.

« Quoi ?! Vous dites que Quitterie a fichu le camp ? »


Mais après tout, c’est peut-être ce qui devait bel et bien arriver… S’excusant auprès de sa cousine – et gênée qu’elle ait apprit une telle chose (quoi de plus surprenant ?) – il avait récupéré ses quelques affaires, Calico et avait déguerpit pour Port-Liberté, direction la caserne et ses appartements.

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