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 Inquiétudes

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La Cour des Miracles
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Message Sujet: Inquiétudes   Ven 29 Sep - 0:44

C’était le soir, après une journée à visiter les boutiques en compagnie de ce cher Melbren de Séverac, qu’Agathe tomba sur les mots de sa mère. Sa vraie mère. Celle qui l’avait abandonnée cruellement quand elle n’était qu’un petit bébé, celle-là même qui avait réitéré l’abandon au dernier hiver, la laissant en larmes sur le seuil du lotissement de Sylvamir. Les mots, qu’ils eurent été jolis, tendres, émouvants ou cruels, lui semblaient bien ternes et inquiétants. C’était une lettre banale, une invitation plus ou moins formelle à une rencontre pour parler. La dernière tentative de conversation fut un désastre monumental, elle s’en souvenait bien, Agathe. L’inquiétude la tiraillait donc, en ce début de soirée. Mais de quoi Grâce de Sombregemme voulait-elle parler?



Aubrée, Agathe,

J’espère que vous portez bien. Je n’ai pas pu vous voir, avant que vous ne quittiez Svaljärd, et s’il semble que vous alliez bien, je me suis fortement inquiétée. Je souhaitais vous parler, mais les événements ne l’ont pas permis, aussi j’aimerai vous voir, dès que possible, et être rassurée sur votre état de santé.

Grâce




5 août 1002
Lorgol
Depuis la Tour de Sylvamir


Chère Grâce,

J’ai bien reçu ta lettre qui a soulagé mes inquiétudes. Les circonstances de notre dernière rencontre furent épouvantables et ma veille, à ton chevet, me semblait bien triste et me rendait bien impuissante. J’espère que tu pardonneras mon silence. Ma tutrice était gravement blessée et j’ai dû veiller sur le petit Meldred et Arsène, le temps de sa guérison. Elle se porte mieux, tout comme toi, et même si Hallebarde me manque, mon coeur est un peu plus léger à chaque instant de savoir la chance inouïe que nous a offert le Destin. Le temps me manquait tant, jusqu'à ce soir encore, que je n'ai pas eu un instant pour t'écrire mes inquiétudes.

Tes mots ont toutefois fait naître une pointe d’inquiétude. De quoi souhaitais-tu donc nous parler, en Valkyrion? Est-ce en lien avec cette conversation houleuse et grossière que m’a imposé le Seigneur d’Ysgramor? Je t’assure, chère Grâce, qu’il fut remis à sa place avec grande délicatesse par les bons soins de monsieur le baron de Sylvamir. Tout ce que racontait cet odieux personnage était aussi faux que ces rumeurs de licornes dans le duché du savoir. « Diseur de faussetés », voilà un titre dont il faudrait éventuellement l'affubler pour réparer la vilaine réputation qu’il cherche à m’imposer. Je le soupçonne d’en vouloir à ma tutrice de ne pas avoir accepté sa fille comme demoiselle de compagnie en raison de son vilain nez, et de m’avoir acceptée, moi, Belliférienne.

Répond-moi rapidement, Grâce, car déjà je m’imagine beaucoup d’histoires entourant ta mystérieuse invitation.

Agathe

N.B. Peut-être n’es-tu pas au courant, mais Aubrée ne réside pas à Lorgol, pour la belle saison. J’ignore où elle se trouve, mais je sais qu’elle n’est pas ici. J’avais demandé à un guerrier de la retrouver afin de lui donner quelques nouvelles de sa petite soeur. J'espère que l'estime et le respect suffisent comme paiement. Je ne me fais pas beaucoup d'espoir.

Spoiler:
 

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Message Sujet: Re: Inquiétudes   Dim 10 Déc - 21:28

Les jours n’étaient pas de tout repos, avec l’état de santé préoccupant de l’Empereur, la panique liée aux débordements ayant eu lieu durant Lughnasadh, et Grâce n’avait eu que peu de temps à consacrer à ses affaires personnelles. Rentrant exténuée tous les soirs, elle n’avait de force que pour sombrer dans le sommeil – un sommeil souvent bien agité, peuplé de rêves de ses filles prises pour cibles par ces dissidents, qui avaient brisé la quiétude des célébrations en Valkyrion, ou par leurs frères, et ramenées en Bellifère. Elle ne les y laisserait pas, plus jamais, si cela devait arrivait, mais l’inquiétude la tiraillait. Y compris pour Melsant et ses nombreux amis de l’Audacia, bien qu’ils sachent se défendre. Nul ne semblait à l’abri, et son inquiétude, quoi que le terme soit faible, était forte. Pour ses filles plus que pour quiconque. Si Dowdow semblait encore se pencher sur elle, elle n’était pas résolue à lui obéir, sans avoir d’abord répondu à sa cadette – sa si douce cadette, qu’elle aimait bien plus que quiconque ne le croirait, et avec qui beaucoup d’échanges qu’elle avait eus la laissait meurtrie. Elle méritait plus que quelques mots, les conviant à se voir, quand elles seraient en mesure de le faire.


Ibelin, Caserne de Serre,
20 août 1002,

À Agathe Martel,

Chère Agathe, ma douce enfant,*

Pardonne l’attente que tu as dû subir, avant que je ne puisse te répondre, les choses sont quelque peu chaotiques par ici. J’ai appris, en effet, que tu m’avais veillée, et j’en suis très touchée. Sache que j’ai cherché à avoir de tes nouvelles, par tous les moyens possibles, avant d’être contrainte de trouver le sommeil, suite à mes blessures.

Tu as bien fait de te rendre aux côtés de ta tutrice, elle a été si dévouée envers toi, et nécessitait sûrement de nombreux soins, et ton attention totale. Je n’ai aucun doute quant à la diligence avec laquelle tu as du t’occuper de ces deux enfants, avec énormément d’affection et de bonté, comme seule toi en es capable. Je ne saurai t’exprimer la fierté que j’ai, à te savoir devenir une jeune femme comme cela, soucieuse des autres, et incroyablement dévouée. Tu peux être fière de toi, toi aussi. Et je suis rassurée de savoir que ta tutrice se porte bien – en espérant que tu puisses bientôt revoir Hallebarde.

Ne t’inquiète pas, quoi qu’ait pu dire le seigneur d’Ysgramor, cela m’importe peu. Peut-être ne devrais-je pas te confier cela, mais les propos inconvenants d’hommes qui peinent à sortir de leur confort et à abandonner cette rigidité déplaisante qui est la leur ne m’intéressent guère. S’il t’a fait du tort, je me ferai un grand plaisir de le remettre à sa place moi aussi, si nécessaire – mais je n’ai aucun doute quant au fait que la baron de Sylvamir l’ait fait avec justesse et diligence. Si cela te sied, peut-être pourrais-je aider à propager cette rumeur… Les Voltigeurs, après tout, sont nombreux.

Quant aux raisons pour lesquelles je voulais vous voir, il y en a plusieurs, dont une toute personnelle qui te concerne directement, il me semble. Je te laisse y réfléchir, pour essayer de deviner ce dont il s’agit. Melsant de Séverac m’accompagnera, bien que je souhaite vous voir seules si vous y consentez mais vous pourrez probablement le rencontrer lui aussi, et fera vraisemblablement partie de notre conversation.

Grâce

PS : En effet, je la pensais de retour à Lorgol, je tenterais d’adresser un message à sa propre tutrice, à cet effet. Merci pour l’information. Et tout guerrier qui ne répondrait pas à ta requête, fusse-t-elle contre de l’estime et du respect, serait un imbécile. J’espère que les surprises que tu trouveras dans ce courrier seront à ton goût. L’une d’elle était en ma possession depuis un long moment, et je n’ai pas été en mesure de te l’envoyer avant cela.


*Les mots étaient rayés, quoi que lisibles.

La Belliférienne avait hésité à préciser qu’elle ne s’abstiendrait guère de menacer le seigneur d’Ysgramor, et peut-être plus si elle était sûre d’obtenir son silence suite à ça, pour l’empêcher de proférer des menaces envers sa fille, mais elle ne désirait pas l’effrayer. Elle n’avait pu s’empêcher de sourire, à la lecture du surnom dont elle avait voulu l’affubler, et à l’idée de le faire être diffusé par les Voltigeurs. S’il avait fait du tort à sa fille… Il ne méritait pas mieux.

Dans le paquet, se trouvait un deuxième papier délicatement plié, joint par Grâce. Il s’agissait d’un croquis peu détaillé du hérisson, réalisé par Grâce – assez simple, il est néanmoins reconnaissable, dans deux mains, à proximité d’une cheminée. Si elle n’avait pas été si assidue, elle avait été forcée par sa mère de suivre nombre de leçons de dessin, durant son enfance – pour, se souvenait-elle, qu’elle arrête d’espionner les leçons de son frère qui ne concernaient nullement une jeune femme -, aussi en gardait-elle quelques vagues souvenirs. Une petite bourse s’y trouvait aussi, contenant quelques fleurons, si Agathe en avait le besoin.

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Dernière édition par Grâce de Séverac le Mer 13 Juin - 0:39, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Inquiétudes   Mer 20 Déc - 23:33

Sa correspondance avec Grâce de Sombregemme était décousue et habitée par les silences. Elle relevait maintes questions sans apporter la moindre réponse. Pourquoi la Voltigeuse avait-elle pris la peine de dessiner un hérisson - vraisemblablement Hallebarde - entre ses mains, près de l’âtre? Désirait-elle raviver son abandon en Valkyrion? Désirait-elle qu’Agathe se souvienne de cette journée sinistre qui s’était terminée dans les larmes?  Était-ce un moyen maladroit de présenter ses excuses ou s’agissait-il, au contraire, d’une réponse à son propre abandon à l’infirmerie, lorsque Mélusine de Sylvamir était entrée ? Et la rature, Grâce désirait-elle retirer les bons mots qu’elle lui accordait ou hésitait-elle simplement à les lui confier? Était-ce de la pudeur ou autre chose?

Elle avait lu et relu la lettre, s’imaginant mille scénarios tant probables qu’improbables. Son imagination fertile, fidèle depuis Bellifère, s’enflammait d’un rien. Il s’en était passé, des choses, depuis le début du mois d’août. Des choses magnifiques et terribles. Un garçon pour lequel elle avait accepté enfin que son coeur s’agite. Un garçon perdu. Elle s’était ouverte timidement aux jeux de la séduction, sous les conseils de sa tutrice. Cette même tutrice de plus en plus chagrine qui acceptait les visites improvisées et amoureuses de la princesse d’Erebor. Que de mystères… Elle avait rencontré Malice et Justice, elle avait plié genou devant une Rose vieille de mille ans. Devait-elle en parler à Grâce?


2 septembre 1002
Lorgol
Depuis la Tour de Sylvamir


Chère Grâce,

Le croquis de Hallebarde est-il de ta main? Il est très ressemblant et me rappelle curieusement notre dernière rencontre sur les terres de Sylvamir. Je dois toutefois m’incliner devant ton talent, s’il est tien. Monsieur le duc de Sombreciel m’avait offert plusieurs carnets, lors de mon passage, et j’ai noirci de fusain la majorité des feuilles sans grands succès. Peut-être arriverais-je à un quelconque talent, même minime, à force de pratique quotidienne? Il serait sans doute avisé que j’investisse ton généreux présent en quelques leçons de dessin. En m’y mettant tout de suite, je serais peut-être même suffisamment avancée pour te montrer mes esquisses à notre rencontre, à Lorgol.

Quant à ta proposition concernant les rumeurs et les Voltigeurs, je me questionne. Je doute qu’il soit très sage d’utiliser les honorables Voltigeurs pour propager une vérité vraie. Je serais embarrassée d’ébranler la crédibilité de grands noms, tels que le marquis d’Automnal, dame d’Orsang ou pire encore, l’honorable Maréchal de Serre, monsieur le Harnois. Il est de cette espèce d’homme droit et loyal qu’il ne faut pas souiller de quelques potins que ce soit. Laissons-le veiller sur nos frontières, plutôt que de s’attarder à cette engeance qu’est le Seigneur d’Ysgramor, le Diseur de faussetés.

Quant au marquis d’Automnal, il me tarde de le rencontrer. Serait-ce à notre première rencontre? Dois-je planifier ma tenue et mes parures en prévision d’un repas avec Melsant de Séverac? Tes mystères m’intriguent, mais il me semble que la raison de notre rencontre soit plus limpide aujourd’hui qu’hier.

Agathe

N.B. Je questionnerai ma tutrice quant aux parures les meilleures pour plaire à son aîné. Je ne désire en aucun cas froisser les goûts de l’un de tes amis les meilleurs.


Ah! Les rumeurs allaient voltiger, elles aussi.

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Message Sujet: Re: Inquiétudes   Dim 7 Jan - 20:37

Une lettre nouvelle fut envoyée à la Voltigeuse vers la fin du mois de novembre. Le sceau cachetant le papier était très certainement nouveau aux yeux de Grâce, et représentait, elle le saurait plus tard, l'emblème de Vigdir-des-Sorbets. Ce qu'elle ne savait sans doute pas, toutefois, était que la jeunette s'était levée à l'aube, malgré sa veillée festive, pour s'assurer que Grâce soit la première mise au courant de ce présent.



22 novembre 1002
Lorgol
Depuis la Tour de Sylvamir


Ma chère Grâce,

J’ai une nouvelle incroyable et absolument réjouissante à t’annoncer. Malgré le plaisir qui gonfle mon coeur, j’ai malgré tout la crainte de te décevoir et je ressens un peu de culpabilité. J’espère que tu seras heureuse de mon choix et du présent que m’a offert ma tutrice.

Comme tu le sais, de la famille Martel il ne reste rien. Mon nom ne me procure aucun refuge, aucun avenir ni aucune tendresse familiale. De ce nom, il ne me reste que le souvenir de Bellifère et de ce que j’ai perdu, de ce déracinement. Je ne dis pas qu’il soit question d’une bonne ou d’une mauvaise chose, je t’assure. Seulement, devant cette absence de racines qui noircit mes lendemains, Mélusine de Sylvamir m’a offert des terres, pour mon anniversaire. Il s’agit de la seigneurie de Vigdir-des-Sorbets, réputée pour ses framboises sucrées. C’est un agréable hasard, comme il s’agit du fruit que je préfère le plus au monde. Le domaine se trouve à la frontière de Sylvamir. Ainsi, je resterai près de Mélusine même lorsque je ne serais plus son apprentie.

J’ai accepté de porter le nom de ce domaine qui évoque un avenir plus radieux que celui des Martel. Un avenir que j’ai choisi. Je souhaitais que tu saches que malgré ce changement de nom, je ne renie pas mon passé. Je sais d’où je viens et je n’oublie pas qu’Aubrée est ma soeur. Je lui ai envoyé une lettre, à elle aussi, et j’espère qu’elle comprendra mon choix. C’est une chance qu’on m’offre, une nouvelle vie, alors que celle que j’avais n’existe plus.

Réécris-moi, si ta prochaine permission te permet de voyager. Il me ferait plaisir de te retrouver, à Lorgol ou ailleurs.


Agathe

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Message Sujet: Re: Inquiétudes   Mer 13 Juin - 0:39

Il avait fallu longtemps à la Voltigeuse, pour trouver les mots. Pour oser écrire cette lettre, même. Aussi longtemps, pour l'envoyer.


Erebor, Caserne de Serre,
31 mai 1003,

À Agathe de Vigdir,

Ma chère enfant,

Cela fait quelques temps, déjà, que nous n’avons pas échangé de missives. Comment te portes-tu ? Nous allons bientôt nous voir en Sombreciel, et l’idée me réchauffe le cœur, après cette franche conversation que nous avons eue, en Valkyrion. Je pensais chaque mot que j’ai prononcés ce jour-là, et les pense encore maintenant.

C’est pourquoi je prends la plume, pour t’écrire. Te souviens-tu de cette missive, dans laquelle tu annonçais le présent inégalable que t’avaient fait les Sylvamir ? Je ne te l’ai pas dit à l’époque, car je ne savais pas si tu m’en avertissais pour me sortir totalement de ta vie, ou parce que tu voulais que je sache et partage la joie de cette nouvelle avec toi.

Malgré la douleur que j’ai ressentie alors, de penser te perdre définitivement, une joie incommensurable naissait en moi. Celle de te voir prendre ton envol, briser ces chaînes qui te retenaient, et faire quelque chose pour toi, et uniquement pour toi. Quelque chose d’égoïste, pardonne du terme, mais de cet égoïsme que l’on loue, de cet égoïsme qui, en réalité, signifie que l’on prend soin de soi, comme il convient de le faire. Au détriment des autres, parfois, mais on ne peut agir qu’en fonction de ce que l’on attend de nous à tout moment. J’étais, et je suis fière de toi, Agathe. Je suis fière de la jeune femme indépendante que tu deviens. Et Vigdir-des-Sorbets correspond à l’enfant que j’ai eu plaisir à imaginer, durant toutes ces années loin d’elle.

Mais, bien que j’ai tenu à te dire tout cela, ce n’est pas l’unique objet de ma lettre. Je vais bientôt porter le nom de cet homme que j’ai eu la chance d’attirer. Cet homme qui, bien qu’il puisse avoir toutes les femmes qu’il désirerait, me fait l’honneur de m’aimer. Toi comme moi nous sommes éloignées de cette famille qui a voulu nous briser. Vois-tu où je veux en venir ? Tu es, ou seras sitôt que tu auras lu cette lettre, seule détentrice de cette confidence. Je ne veux pas agir sans t’en parler, car il est nécessaire que tu comprennes, en la recevant, que je ne te mets pas à l’écart. Je t’inclue dans cette décision, car il est nécessaire que nous la partagions, je pense.

Aubrée n’a pas totalement eu cette chance, elle, de se libérer de ces entraves qui furent les nôtres, tu le sais. Elle porte encore ce nom qui doit lui rappeler de biens mauvais souvenirs. Comprendrais-tu, Agathe, si je lui proposais officiellement d’en porter le nom ? Vous n’avez pas encore pu vous y rendre, et je le regrette, mais j’étais sincère en vous le proposant à ton anniversaire. Je le suis d’autant plus aujourd’hui. Elle en héritera, mais si elle décide de ne lier sa vie à personne, si elle décide de ne pas être mère, alors il sera tien. Consentis-tu à ce que je fasse les démarches qui feront d’elle la première héritière, qui l’autoriseront à s’affranchir de ce nom qui nous a empoisonnées si longtemps ? Je ne te mentirai pas, je ne sais pas si, pour son bien, je ne le ferai quand même pas. Mais cela me fendrait le cœur, de le faire sans ton aval. Car cela voudrait dire que tu penses encore que je ne tiens pas à toi.

Réponds-moi, si tu parviens à coucher des mots sur un parchemin suite à cette missive. Je suis impatiente de t’avoir à mes côtés, à Automnal.

Grâce.


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Message Sujet: Re: Inquiétudes   Mer 13 Juin - 1:45

Agathe avait lu et relu la lettre, passant du rire aux larmes, des larmes au rire si aisément qu’elle dut s’arrêter un moment pour calmer les émotions qui la dévoraient alors. Peut-être était-ce parce qu’elle s’entourait de Cielsombrois, que ses émotions étaient plus vives que jamais? Ou alors parce que pour une rare fois, tout semblait être parfait dans sa vie? Elle avait assisté au mariage de la princesse de Valkyrion et avait pu partager quelques moments avec son aînée. Son fiancé lui manquait, mais elle le croyait lorsqu’il disait l’attendre. Sa relation avec Arsène semblait plus douce et plus pure que jamais. Mélusine était radieuse dans sa grossesse. La famille s’agrandissait. Tout, absolument tout, allait bien. Aucun drame à l’horizon.

Elle avait eu un pincement au coeur en croyant qu’Aubrée porterait le nom des Séverac. Un deuxième pincement en se sentant bien égoïste envers sa soeur. Ce n’était pas parce qu’elle aimait profondément Mélusine qu’elle avait l’exclusivité d’adoption. En comprenant qu’il s’agissait de Sombregemme, les larmes avaient perlé : quelle vilaine soeur elle faisait pour Aubrée! Quelle mauvaise personne elle était! Puis elle riait de joie sincère en comprenant que sa soeur chérie aurait elle aussi un petit chez-elle, lorsqu’elle devra quitter la princesse.



10 juin 1003
Svaljärd


Maman,


Ta lettre m’a troublée pour plusieurs raisons. Jamais je n’ai souhaité te blesser en te partageant ma joie pour le présent que Mélusine et Hiémain m’ont fait. Jamais. Je ne sais plus mes mots précis, peut-être les connais-tu mieux que moi, mais j’étais simplement heureuse et je voulais te rassurer que je ne voulais pas me diviser d’Aubrée avec ce changement dans ma vie et qu’il ne s’agissait pas d’un fossé entre nous. Peut-être ai-je été maladroite dans mes mots? Ça ne serait pas la première fois...

Je suis émue de la confidence que tu m’écris. Je dois t’avouer que mon petit coeur aurait souffert de cette question si tu me l’avais demandée avant notre conversation sincère et nos explications. Je crois que je n’aurais pas supporté parce que j’espérais que tu nous offres à toutes les deux de porter ton nom, même si je ne suis pas l’aînée. Parce que c’est le même sang qui nous lie. J’aurais imaginé des scénarios horribles où tu patientais simplement que je change de nom pour offrir à Aubrée de partager quelque chose avec toi. Je ne veux pas que tu te sentes mal ou que tu t’en veuilles, Grâce. J’étais si triste, et toi aussi. J’étais si mal que dans mes histoires, je refusais de porter ce nom que tu m’offrais pour te punir de m’avoir abandonnée. Je suis désolée. Entièrement désolée. Je ne crois pas être la fille parfaite que tu espérais avoir, mais je t’assure que je fais tout ce qu’il m’est possible de faire pour devenir une meilleure personne.

Je me réjouis pour Aubrée! C’est un soulagement de savoir que quelque chose de beau m’attend, après ma vie avec Mélusine. Ce sera un soulagement pour elle aussi, après avoir suivie la princesse de Valkyrion. De nous deux, c’était elle qui a espéré le plus tôt pouvoir faire un trait sur son passé. Elle est mon aînée et l’héritage lui revient, et dans ton coeur, il n’y a plus que nous deux. Elle sera heureuse et je le serai pour elle, de tout mon coeur.

Je pense à ton mariage prochain à tous les jours. J’ai très hâte de te retrouver et de voir Automnal de mes propres yeux. Je vais également pouvoir te présenter Lancelot. Savais-tu que sa famille réside à cet endroit?

Agathe

P.S. Je sais qu'être une meilleure personne implique de ne pas demander ce que je vais te demander, mais ta proposition de faire circuler la rumeur de la fille d'Ysgramor par les Voltigeurs tient-elle toujours? Je t'expliquerai.

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Message Sujet: Re: Inquiétudes   Mer 13 Juin - 12:08

Grâce avait hésité quelques temps, à ouvrir cette lettre, tant elle craignait que sa cadette ne perçoive mal ce qu’elle pouvait bien lui y dire, et refuse tout contact avec elle, dorénavant. Quand elle se décida à briser le sceau de Vigdir qui maintenait l’enveloppe fermée, elle soupira de soulagement en posant ses yeux sur le premier mot qui entamait la lettre, sentant toute l’appréhension la quitter, pour être remplacée par un sentiment beaucoup plus doux.


Erebor, Caserne de Serre,
26 juin 1003,

À Agathe de Vigdir,
Ma fille,

Ne te sens surtout pas coupable de cela. Pas à cause de ma propre culpabilité, et de mes doutes. J’ai conservé précieusement cette lettre, comme toutes les autres, et ma peur de te perdre ont sûrement influencé ma première lecture. Elle n’est plus la même, plus maintenant. Pas après tout cela.

J’aurai voulu vous le proposer bien avant, tu sais ? Mais je n’osais pas. Je craignais un refus. Peut-être qu’Aubrée ne le voudra pas, d’ailleurs. Je n’en sais rien. Mais je dois le lui demander, pour le savoir. Et sache que même si je ne l’ai pas fait, même si nous porterons toutes trois un nom différent, j’ai espoir qu’au-delà du sang, nous partagerons ce domaine. Si… Si j’ai des enfants avec Melsant, il ne leur reviendra pas. Il sera à moi, à ta sœur, et à toi. Je sais que nous avons des difficultés, à le visiter ensemble, mais peut-être pourrons-nous le faire, prochainement ? Au moment du mariage, peut-être ? Je suppose que tu resteras quelques temps ? Il n’est pas loin d’Automnal, en réalité, peut-être pourrions-nous essayer de nous y rendre, avec des griffons d’escorte ? Le voyage n’est guère agréable ainsi, mais il est rapide. Je pourrais, je suppose, demander une autorisation au couple ducal erebien pour cela.

Tu sais, Agathe… Je ne sais comment te dire cela, il m’est difficile de l’expliquer, mais personne n’attend que tu sois parfaite. Tant que tu es heureuse, et que tu choisis ce que tu fais de ta vie. J’attends que tu sois épanouie, et tu n’as pas à t’excuser. Je n’ai pas été la mère que tu attendais, je n’ai pas été une mère du tout, et j’espère reconstruire cela, mais pas en attendant de toi que tu excuses tout, ou même que tu agisses d’une façon qui ne te correspond pas. J’attends simplement que tu vives ta vie comme tu l’entends, la tête haute.

Mais je suis heureuse, de tes bons sentiments envers ta sœur, envers ta vie, et envers cette décision. Envers moi, si j’ose le dire. J’attends avec impatience moi aussi le mariage, la découverte d’Automnal et de rencontrer Lancelot. Je ne le savais pas, mais si cela signifie que tu leur rendras visite et que, peut-être, nous pourrons nous voir, c’est quelque chose que j’attendrais impatiemment.

Ta mère,
Grâce

PS : nous pourrons en discuter, à Automnal, si cela te convient. Et sache que je ne te jugerai jamais.


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Message Sujet: Re: Inquiétudes   

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