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 Tout l'art est dans le hasard

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La Confrérie Noire
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La Confrérie Noire
Message Sujet: Tout l'art est dans le hasard   Mer 11 Oct - 4:29


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Gauthier Coeurbois & Hermine Chantelune

Tout l'art est dans le hasard

Ou quand on se réunit autour d'un meurtre



• Date : Le 26 octobre 1002.
• Météo (optionnel) : Chaude, en cette nuit d'automne en Ansemer.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Quel doux hasard que celui qui réunit l'Écouante du Poison et une de ses Assassins, tous deux appelés dans la même ville pour une mission ! Absolument pas un acte prémédité, voyons ! Vouzici !
• Recensement :
Code:
• [b]26 octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2753-tout-l-art-est-dans-le-hasard]Tout l'art est dans le hasard[/url] - [i]Gauthier Coeurbois & Hermine Chantelune[/i]
Quel doux hasard que celui qui réunit l'Écouante du Poison et une de ses Assassins, tous deux appelés dans la même ville pour une mission ! Absolument pas un acte prémédité, voyons ! Vouzici !


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Dernière édition par Hermine Chantelune le Mer 11 Oct - 4:30, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mer 11 Oct - 4:29

Tu danses sur les pavés de Bellancre, belle Hermine, tu déambules de rue en rue, comme si de rien n’était. Comme si tu ne savais pas exactement où tu te dirigeais, comme si tu n’étais pas vraiment là. Furtive, agile, tu te déplaces parmi les ombres qui peuplent le domaine maritime, et tu humes à pleins poumons l’odeur iodée de la mer, qui te rappelle tant Sombreciel. La mer d’Ansemer est si différente de celle d’Euphoria ! Jamais elle ne sera aussi froide, ni aussi déchaînée, comme si elle entretenait une sombre amertume en son sein, prête à engloutir tous les courageux, les inconscients, qui oseront poser coque sur ses flots. Et pourtant, elle fait du bien à ton âme. Aux voyages retrouvés, à vos camarades Assassins rétablis, au conflit guerrier qui ne cesse d’apporter fleurons dans vos poches.

Ce soir, tu es allée à la rencontre d’une femme désirant vengeance contre un mari infidèle, poussant l’audace jusqu’à entretenir une maîtresse dans l’Archipel. Tu ne te questionnes que peu, sur la haine qui pousse ces gens à faire appel à la Confrérie Noire. Tu ne peux que la comprendre, les propres braises de ta tristesse à peine éteintes (crois-tu). Tu as recueilli sa demande, tu as caressé son visage d’une main attendrie par sa détresse, et votre discussion sera bientôt entre les mains expertes d’un de tes Assassins. Vous avez convenu d’un prix, d’un paiement, d’une méthode, et tu as déjà en tête laquelle de tes ouailles saura parfaitement s’acquitter de sa tâche. Tu as confiance en chacun de ceux qui ont embrassé le Poison et tu as appris, au fil des années, à connaître leurs forces, leurs faiblesses, leurs spécialités. Maintenant que tu les diriges, cet apprentissage attentif te sert grandement.
Celui auquel tu penses, précisément, est dans cette ville, cette nuit-même.
Dans cette rue, qui se termine sur un assemblement de pilotis sous lesquels murmurent les clapotis de l’eau.
Dans cette maison, qui se dresse devant toi, tout au bout de ces planches et de ces cordages.
Avant de quitter le modeste autel de la Sombre Mère, tu as entaillé la paume de ta main, et tu as tracé de ton sang les symboles habituels de chacune de tes visites. À tes prières, tu as joint quelques mots pour son Souverain. La Samhain approche et Cielsombroise, plus que jamais tu invoques le Sans-Visage, maître du royaume des morts.

Qu’il veille sur celle que tu as perdue.

Tu te blottis au détour d’une maison, à l’affût d’une silhouette connue, et tu te retiens même de cligner des yeux. Vous Assassins êtes les plus agiles, et il suffit d’une seconde pour que celui que tu cherches ne t’échappe, se fasse plus malin que toi. Le jeu t’amuse et tu te fais soeur des félins que chérit ton duché, et tu bondis littéralement de ta cachette lorsqu’une ombre furtive t’informe que tu n’es plus seule. Rapide, d’une célérité étonnante sur tes bottes aux talons ridiculement hauts, tu te déplaces jusqu’à l’arrière de la demeure, où l’ombre est disparue. Tu t’annonces d’une voix calme, à ton camarade, que tu découvres au détour du muret : « Quelle surprise de te trouver ici, mon cher Gauthier. » Ta moue se fait mignonne, innocente, tes yeux sombres papillonnent de tout ce hasard, de toute cette surprise, qui n’est en aucun cas réelle. Tu es son Écoutante, après tout, et tu savais parfaitement où il serait, cette nuit. À quelle maison, à quel étage, avec quels poisons entre les mains, comme si tu avais tout planifié toi-même (c’est un peu le cas). Tu t’enroules autour de lui, comme une liane, et tu salues le Cibellan d’un baiser des plus légers, levée sur la toute pointe de tes pieds. Si grand ! Si fort ! Si fier ! Ha, si tu avais le corps encore prompt à se laisser charmer par le tige autant que par le bouton, tu aurais depuis longtemps manoeuvré afin de glisser l’Assassin entre tes draps. Heureusement pour lui, il n’en est rien, et c’est tout à fait platoniquement que tu aimes tâter le carré de sa mâchoire et effleurer la mince ligne de ses lèvres. Effusions aussi taquines qu’amicales. Tu te recules ensuite, reprends pose et posture des plus dignes, le maintien si droit qu’on croirait que tu portes couronne. Couronne de lunes, d’étoiles et de sang, pour ce qu’il en est vraiment. « Ta tâche a-t-elle déjà été effectuée ? »

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mer 11 Oct - 20:14

A bien y réfléchir, Gauthier n'avait que peu mis les pieds en Ansemer : lors de ses voyages, adolescent encore, il n'avait pas eu le courage de s'aventurer jusqu'aux rivages décrits avec mille précisions par des marchands itinérants, se contentant de découvrir les terres sauvages et de croiser les hommes qui gardaient celles-ci. Il en fallait bien, rattachés à la terre, pour le rencontrer. Il en fallait bien des hommes dont les oreilles étaient trop sourdes pour résister à l'appel des flots. Il en fallait bien, des soldats et des paysans, car il fallait de tout pour faire un monde. De tout, et des croyances.
Sur ces terres, il était presque étranger : passé la limite nord-est, là où Cibella rencontrait le duché, d'une centaine de lieues, délimitant sa première visite, il ne savait rien de l'endroit. C'était là un de ses plaisirs secrets d'assassin, le voyage. La découverte, sans cesse, de nouvelles routes. Toutes les routes menaient à Sithis, et toutes celles que Gauthier empruntait à la Sombre Mère. Mais le trajet était toujours agréable.

Il était arrivé en Ansemer quelques heures plus tôt, alors que la nuit d'octobre commençait sa lente descente sur la ville. Il se mouvait avec facilité, aisance, se fondant dans les masses créées au détour des pavés. Ici, un groupe de jeunes discutaient, détournant l'attention de la silhouette qui les contournait ; là, une jeune femme venait de faire tomber en grand fracas un objet métallique, manquant de s'effondrer par dessus. Le bruit attirait les badauds, qui n'observaient pas suffisamment l'être, à la démarche souple et dégagée qui évitait la maladroite. Il connaissait l'adresse, il connaissait la personne.
Il n'avait plus qu'à attendre que le jour soit entièrement disparu : il se devait de s'occuper de l'homme avant qu'il n'aille se coucher, ce qui, selon sa femme, n'arrivait jamais avant des heures bien avancées de la nuit.

Gauthier ne questionnait pas. Il ne faisait qu'exécuter. Dans la poche près de son coeur, une petite boîte renfermait la poudre convoitée, noix vomique. Presque simple. Il suffirait de renverser le contenu dans son verre. Vu la dose, dix minutes seraient bien assez avant que les convulsions ne le surprennent et ne l'achèvent.
Ce qu'il n'avait pas prévu, en revanche, c'était, alors que ses pas feutrés l'entraînaient déjà vers la porte de derrière, c'était l'autre ombre qui se déplaçait. Fâcheux. Il tenta, vainement, de l'esquiver, de feinter : s'il s'agissait d'un garde il saurait s'en jouer.
Une Ecoutante, en revanche... La surprise souleva ses sourcils et il la laissa l'embrasser sans broncher, y répondant dans un souci de la saluer également. Effleurement de lèvres. Il la connaissait, et avait pour elle le plus grand des respects, encore plus depuis qu'elle avait accédé à ce poste qui était désormais le sien. Il trouvait presque réconfortante cette proximité physique, bien qu'elle l'ait gênée dans les premiers temps. Il avait pris l'habitude de saluer les gens d'un geste de tête, voire d'une poignée de main... Pas très tactile, le Cibellan.

"Quel hasard, n'est-ce pas ? Vous ici." souffla-t-il avec un sourire aux lèvres. Du coin de l'oeil, il put voir la lumière vaciller, puis s'éteindre dans une pièce pour se rallumer dans une autre, lointaine.
Il ne savait pas quels mots adopter. Ils étaient entrés à la Confrérie quasiment ensemble, mais elle était sa supérieure désormais. Elle était plus proche de leur Mère qu'il ne le serait jamais. Il y avait une déférence dans le 'vous' qu'il voulait mettre à bon escient.
"Pas encore. Je m'apprêtais à rentrer. La porte donne sur la cuisine, et il y fait des allers et venues régulières. "

Il inclina la tête, une de ses mèches de cheveux - il faudrait qu'il pense à les couper, quand même. Un jour, ça allait lui porter préjudice - retombant devant son visage. "Acceptez-vous de m'accompagner ? " Un ton joueur, alors qu'il se glissait en silence jusqu'à la porte déverrouillée, l'ouvrant sur la cuisine plongée dans l'ombre.
Un verre vide, portant encore les traces du liquide qu'on y avait versé, devant un pichet qu'il devinait à moitié rempli. A sa gauche, un renfoncement, menant sans doute à une autre pièce où il pourrait patienter.
Il ne donna pas l'impression de marcher, plutôt de survoler le sol. Même sa boîte, en s'ouvrant, ne fit pas plus de bruit qu'un souffle. Plutôt drôle, quand on savait qu'elle finirait par asphyxier la cible. Il en répartit la moitié dans l'alcool tourbillonnant après l'avoir versé dans le verre : vu la quantité manquante, de toute manière, l'homme ne se souviendrait pas avoir laissé le verre vide.

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Ven 20 Oct - 4:54

Ton Assassin joue le jeu de la surprise, de l’amusement, et ne relève pas ce hasard qui n’en est pas un. Tu es surprise, cela dit, de l’entendre te vouvoyer, et tu voudrais le réprimander – vous êtes amis, tendre Sambra ! Nul besoin de tous ces ronds de jambe ! Il te ramène à vos débuts respectifs au sein de la Confrérie Noire, à sa politesse quasi excessive envers toi, qui te montrait toujours si exubérante envers tous et chacun, envers ces inconnus que tu as accueilli à bras ouverts comme tes nouveaux frères et sœurs des ombres. Pourtant, tu ne le corriges pas. Tu te plais, plutôt, à ce qu’il reconnaisse ainsi ton nouveau rang. À ce qu’il le souligne, qu’importe qu’il soit ton aîné, qu’importe que vous êtes camarades, membres de la même grande famille, depuis des années. Qu’importe qu’il pourrait être à ta place et qu’il l’aurait tout autant méritée, cette place.
Tu es fière, Hermine, alors que tu ne corriges pas Gauthier immédiatement. Plus tard, probablement, lorsque le vouvoiement aura terminé de réchauffer ton égo bien cielsombrois.

Il se fait joueur, le Cibellan, alors qu’à sa description de la situation – il n’a pas encore exécuté sa tâche – il joint une invitation des plus alléchantes : « Acceptez-vous de m'accompagner ? Tu as toujours les mots pour charmer une dame, mon ami », ronronnes-tu en réponse, ravie qu’il ait lu dans tes pensées. Tu repousses la mèche rebelle de ses cheveux, si longs !, et tu le suis à l’intérieur avec une identique discrétion. Tes talons qui ont claqué les pavés de Bellancre se font pantoufles silencieuses et même tes chatoyants bijoux semblent ternir, disparaître sous les voiles noirs qui parent ton corps élancé.

Tu observes Gauthier agir, la danse de ses mains, alors qu’il ouvre la minuscule boîte qui contient la mort. Tu jauges ses gestes, ses décisions, ton visage enjoué se faisant subitement plus sévère. Légère Hermine qui sait pourtant se faire si sérieuse, si concentrée et vouée à sa tâche – une tâche plus grande que toi, désormais, plus grande que le monde. Tes sens sont aux aguets, affinés tels ceux d’un animal, et le moindre craquement de bois te laisse en alerte. Rien qui pourtant trahisse le retour du maître des lieux, interrompant les Assassins dans un moment crucial. Les secondes passent – tu les comptes – et tu sais au bout de combien exactement (huit) la poudre est dissoute dans cet alcool devenu trompeur. Tu te recules dans le renfoncement aperçu à votre gauche, lorsque vous êtes entrés, et tu laisses le Cibellan venir t’y rejoindre. Le début d’une pièce, à la porte entrouverte, derrière laquelle vous vous terrez, vous serrez. Tu te croirais revenue au temps de l’Académie et de tes rencontres avec Aurélien, plus ou moins secrètes, plus ou moins discrètes. Deux adolescents blottis derrière une porte, en attente d’un maître à tromper.
Un craquement de bois plus prononcé, à l’étage, le bruit de marches descendues par un homme d’un certain poids. Il arrive, il avance, il sera là sous peu. L’excitation brûle au creux de ton ventre, flamme qui grandira encore et encore. Ta main s’accroche à celle de ton camarade et tes yeux sombres luisent, dans l’obscurité, alors que dans l’interstice de la porte, ils guettent et veillent la cuisine. Alors que tu attends, prédatrice, la proie venant boire. Venant mourir.

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Dernière édition par Hermine Chantelune le Mer 25 Oct - 5:49, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Ven 20 Oct - 22:23

La mort était l'aboutissement naturel de toute chose, pour tous. Elle arriverait, portée par un messager ou seule, mais elle arriverait. Il ne servait à rien de chercher à la fuir. Autant l'accueillir à bras ouverts. Gauthier aurait aimé que ses cibles soient honorées de rejoindre Sithis, de se faire juger par le Consort de sa Mère. Il aurait aimé qu'elles comprennent combien leur sang était précieux, tribut incommensurable.
Il aurait aimé beaucoup de choses, dans sa vie. Pourtant, jamais il n'avait rêvé choisir une autre voie. Elle s'était imposée comme une évidence à ses yeux, et il n'avait jamais voulu la quitter. Certains assassins retournaient à la vie publique après dix années. Lui ne souhaitait jamais quitter la Tour : il avait donné sa vie à la Sombre Mère, et son engagement le maintenait en état d'avancer.
Et pourtant, ça lui pesait, à l'assassin ! De ne pas pouvoir en parler. Il avait l'impression de mentir, de se renier, de refuser l'attachement indéfectible qu'il avait pour la Confrérie en ne se présentant pas comme tel.
Mais ainsi étaient les Assassins. Ils tuaient pour la nuit.
Sans nom.
Pour la justice.

Leur main était sûre, comme celle de Gauthier au dessus du verre, repoussant la poudre dans le liquide avant de sortir un mouchoir de sa poche. Comme si de rien n'était, comme s'il venait de toucher quelque chose de particulièrement sale, il s'essuya la pulpe de ses doigts avant de le ranger. Ses pas suivirent ceux d'Hermine, le renfoncement les accueillant. Enfants de la Nuit, ils ne se cachaient pas : elle s'enroulait autour d'eux et leur offrait, en son sein, un endroit où séjourner.
Où attendre. L'excitation était palpable entre eux deux, leurs souffles à peine perceptible pour ceux qui savaient écouter.

Les planches craquèrent au-dessus d'eux. Une lumière faible, augmentant au fur et à mesure de raclements de gorges et de lourds pas, se promena sur les murs de la cuisine, devinant la couleur d'ardoise du sol et la teinte plus sombre des murs. Le futur cadavre, autrefois homme, était un homme légèrement bedonnant dont les traits du visage n'avaient pas pris une ride. Néanmoins, ses cheveux d'un brun sale retombaient lâchement sur ses oreilles dans une coupe des plus disgracieuses, et, au vu de sa dégaine, il avait du subir une mauvaise chute pour boiter autant. Ou
Il n'était qu'un macchabée de plus. Après avoir très élégamment craché, l'homme s'empara du verre qu'il vida d'une traite, indifférent.

Les doigts de Gauthier se resserrèrent automatiquement autour de ceux d'Hermine, alors que son coeur s'accélérait quelque peu.
Ce fut le premier toussotement qui marqua le début de la fin. Puis l'autre. Le verre qui roulait sur le sol, la recherche, désespérée, de l'air alors que ses poumons gonflaient et que ses voies respiratoires se bloquaient.
La chose était douloureuse. Dégoûtante.
Magnifique.
Le cadavre violacé, dans la lumière, s'abattit au sol dans un bruit de respiration, sa tête heurtant le sol avec une violence qui l'aurait assommé s'il n'avait pas déjà été mort, des débris de verre lui faisant comme une couronne grossière autour de ses cheveux.

L'assassin ne sourit pas. Il ne dit pas un mot. Tout entier à sa tâche, il laissa la main de son Ecoutante pour aller constater le décès, s'accroupissant à côté de l'ancien homme.
Puisse la Sombre Mère et son Consort prendre en charge cette âme, car désormais, elle leur appartenait pour toujours.
Le contrat était scellé, chaque partie avait respecté ses accords. Ce ne fut qu'en se relevant et en éteignant le globe lumineux - ils sortiraient mieux dans le noir complet qu'en projetant leurs ombres dans la rue - que le quadragénaire posa enfin, à nouveau, ses yeux sur son accompagnatrice.
"En espérant que le spectacle vous ait plu."


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Gauthier parle en #69212E
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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mer 25 Oct - 6:14

L’homme arrive – énième victime dont tu observeras le trépas, avec un enthousiasme qui n’a pas changé, depuis les premiers jours. Qui n’a fait que s’amplifier, sinon, au fil de ton expérience et de tes aventures, au fur et à mesure que tu parcourais les chemins, menée par la Sombre Mère et son Consort. L’interstice te permet à peine de capter quelques détails et d’imaginer une vie et des vices à celui que tu contemples. Un de ces Ansemariens dont la vie de marin s’est mal terminée et dont le tour de taille s’arrondit à chaque année loin des flots. Le ventre plein de bière et d’amertume, l’une tentant de noyer l’autre. Tu es Cielsombroise, tu peux comprendre ces excès qui appellent l’oubli – les prières faites à chaque gorgée, à chaque bouteille, et la grâce d’Erelf invoquée à tort et à travers.
Sa mort ne te ravit pas moins.

Il crache, il boit – la main de Gauthier serre la tienne et tu lui rends la pression, sans quitter (votre) la victime du regard. Tu te délectes du moment, comme tu le ferais d’un repas particulièrement savoureux, et dans le silence, tes lèvres s’entrouvrent, ton souffle s’accélère, et même ton regard se fait une seconde brumeux, voilé. En ton ventre brûle une excitation délectable, voisine du plaisir charnel. Tu en viens même à regretter que Gauthier soit homme, pour qu’à cet instant, le désir quasi douloureux qui te prend ne saurait être expié avec ton camarade. Il y a tout de même vos mains enlacées, la cavalcade de son pouls et l’odeur de son corps, au parfum si caractéristique de la Tour.

Il y a cet homme rapidement mort, qui sera tout aussi rapidement oublié, et le travail qui s’impose à nouveau.

Ton Assassin s’acquitte de sa tâche. Le feu ne cesse pas, passe de ton ventre à chacun de tes membres, se distille et se défait en mille étincelles qui te montent à la tête comme le meilleur des vins, ou la plus forte des drogues. Tu observes, statue marmoréenne au regard d’encre, ses gestes lents et assurés. La nuit est faite, pour la victime et pour le Cibellan – l’un mort, l’autre vivant, tous deux unis par Sithis et Lida. « En espérant que le spectacle vous ait plu. Tu me connais. Je suis une femme de plaisirs simples » est ta réponse presque distraite. La bouche sèche, la langue pâteuse. Comme une accro qui a besoin de plus. Gauthier ne peut voir le sourire qui revient étirer tes lèvres, mais il peut te sentir à ses côtés, alors que vous sortez de la demeure en même temps que les ombres. En moins de temps qu’il faut pour le dire, vous n’êtes plus sur la scène de crime. Couple d’Assassins à l’allure de couple d’amants, toi toujours accrochée à son bras. Tes (très peu) pudiques voiles de Cielsombroise repoussés sur tes épaules, qu’on ne t’identifie pas comme ennemie ibéenne. Tu n’as pas la patience de gérer ce genre de problème… puis, Gauthier est là pour protéger ta vertu, n’est-ce pas ? L’idée agrandit ton sourire. « Accepterais-tu une balade au clair de lune à mes côtés ? On m’a mentionné que notre retour serait retardé. Quel hasard, une nouvelle fois, n’est-ce pas ? À croire que les étoiles se sont toutes alignées, cette nuit ! J’ai envie d’un verre, et le désir de t’entretenir de quelques petites choses. » Un suspense que tu ménages avec plaisir, théâtrale comme toujours. Tu peux toutefois lui promettre, en ton for intérieur, que tout ceci en vaudra la peine.

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Jeu 26 Oct - 23:23

Le souffle au creux de sa gorge, qu'il avait retenu si longtemps alors que l'homme buvait, avait été pour Gauthier comme une explosion retenue. Il avait eu du mal à se retenir. La mort, toujours, aussi belle et officielle qu'elle pouvait être, le faisait renaître. Il pouvait presque goûter la sensation des grains sur ses lèvres, le vin qui dégoulinait, lentement, dans sa bouche, sentir son corps commencer à ne plus répondre. Il pouvait deviner combien celle-ci était douloureuse, sans en avoir une idée exacte, et, sans partager les souffrances, apprécier de savoir son travail correctement effectué. Il y avait de la pureté, dans cette mort.
De la beauté, dans le visage violacé qu'il contemplait, en plaçant une main devant sa bouche et son nez pour vérifier qu'il ne respirait plus, avant de compter son pouls - compte qui ne dépassa jamais zéro, bien entendu -.
Il avait posé son regard sur Hermine, sortant peu à peu de cette transe qui le prenait quand il effectuait une mission de cet acabit. Possédé, non. Juste investi jusqu'à la plus petite parcelle de son âme.
Emporté par la tâche que le divin lui avait confié. Il lui en faudrait, un peu de temps, avant d'être lui-même à nouveau. Qu'il sorte globalement de cet état ; il ne le quittait jamais réellement, la Sombre Mère toujours présente dans un coin de son esprit.

Dans un silence tel que celui qui les avaient accompagnés précédemment, ils ressortirent la maison, elle à son bras, et en un instant ils n'étaient plus qu'un couple perdu qui prenait son temps, se baladant entre les maisons, heureux sous la lumière des lunes à peine voilées. Innocents. Personne ne prêtait attention aux deux, à en juger par le peu de regards qu'ils recevaient. Gauthier revenait à la raison, petit à petit, un sourire fleurissant sur son visage.
"Avec plaisir. " Il inclina légèrement la tête, avant de la suivre. Elle menait leur duo, il fallait se l'avouer, et, alors qu'ils marchaient sous le vent tiède qui caressait leurs visages sur la route bordant d'autres maisons identiques, il se surprit à réfléchir à bon nombre de choses. "Est-ce que vous... Tu... Voilà. Me donnez l'autorisation de vous tutoyer, maintenant ? "

La douce ballade, entre le vent iodé et le son de l'eau - musique si différente de celle de Lorgol, plus sauvage, tout aussi envoûtante - avait des airs d'histoire ou de tableau. Un peu des deux, beaucoup de tout. Ils avaient trouvé le chemin jusqu'à un établissement allumé, qui était juste ce qu'il fallait de propre et respectable pour eux, suffisamment silencieux pour s'entendre et bien assez bruyant pour que leurs conversations restent privées. En outre, en passant la porte, le regard de Gauthier croisa celui d'un jeune homme qu'il avait déjà pu voir au détour d'un couloir de la Tour. Reconnaissance.
Respect.

Une fois installés confortablement pour l'endroit, et de quoi boire devant chacun d'eux, Gauthier croisa les bras sur la table pour se pencher en avant, attentif. Oh, il était impatient, oui. Il voulait savoir, parce que, quand même, ça faisait énormément de hasard dans une seule et même soirée.
"C'est tout de même curieux, que le même soir nous nous retrouvions au même endroit au même moment, et qu'après nous atterrissions ici... " laissa-t-il échapper, un sourire en coin. "Presque comme si c'était planifié. Mais je suppose que non, que c'est le hasard qui fait tellement bien les choses..."
Soupir amusé.
"Tu avais quelque chose à me dire, donc ? "
Petit à petit, il regagnait sa sensibilité au monde. Tout ne vibrait plus, et ses yeux avaient un éclat plus doux, beaucoup moins métallique et dénué de sentiments si ce n'était cette ferveur qui les faisait étinceler à chaque fois que la Mort se tenait près de lui.
Un regard humain.


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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Ven 10 Nov - 6:17

L’ivresse de l’exécution se poursuit dans le plaisir de se savoir anonyme, qu’on ne soupçonne pas votre véritable nature, vos véritables plaisirs nocturnes. Un meurtre et un verre : depuis des années, c’est bien ce qui rythme ta vie. Ton collègue accepte ta proposition, ce qui te satisfait bien. Tu n’as que très peu confiance en les gens qui s’abstiennent de consommer, la sobriété te semblant marque de choses à dissimuler que l’alcool risquerait de révéler un peu trop rapidement. Heureusement, ton camarade n’est pas de ces êtres étranges et tu en est fort aise. « Est-ce que vous... Tu... Voilà. Me donnez l'autorisation de vous tutoyer, maintenant ? Mon ami, je n’ai pas souvenir de t’avoir interdit de le faire », le gourmandes-tu affectueusement. Tout ceci n’a toujours été que de se son fait, que de sa décision, et tu n’iras pas lui réclamer qu’il te vouvoie plus longtemps.

La nuit est douce et vos pas vous mènent jusqu’à un établissement suffisamment convenable. Tu as demandé ce qu’il y a de plus fort sur le menu et on te sert un rhum épicé des Îles du Sud, que tu renifles avec un plaisir non dissimulé. Les Cielsombrois n’ont pas l’âme navigatrice, exception évidemment faite de Pascaline Mappemonde, et tu ne risques donc pas d’un jour mettre le pied sur l’Archipel, mais tu es heureuse d’avoir la chance de consommer leurs produits locaux. On te regarde avec un brin de méfiance, peut-être, ton accent si typique du duché de l’Esprit passe difficilement inaperçu, mais tu consommes et on te laisse donc en paix. Les Ansemariens n’iraient tout de même pas cracher sur tes précieux fleurons pour si peu. Tu te penches vers ton collègue, à l’identique de sa position, afin que votre discussion reste entre vous deux. Que des oreilles curieuses ne captent rien de vos mots. « C'est tout de même curieux, que le même soir nous nous retrouvions au même endroit au même moment, et qu'après nous atterrissions ici... Presque comme si c'était planifié. Mais je suppose que non, que c'est le hasard qui fait tellement bien les choses... Les mystères du Destin », complètes-tu avec une parfaite innocence, trempant les lèvres dans ton verre de rhum. Tes papilles habituées ne sont pas choquées par la force de l’alcool et ton gosier te remercie de le laver d’un nectar si délicieux. Tu en reprendras. « Tu avais quelque chose à me dire, donc ? Deux choses. » Suspense, théâtre, et une autre gorgée de rhum te met à l’aise pour exposer ta première proposition : « Nous avons un prochain contrat à Bellancre, quelque peu semblable à celui de ce soir, si ce n’est qu’il demandera un peu plus de doigté. La cliente que ce soit fait en plein jour, alors qu’il est occupé auprès de son amante… un défi qui me semble à ta mesure. L’exercice ne sera pas difficile, pour cet Assassin de métier, mais tu sais qu’il saura apprécier un peu de changement dans ses habitudes. Si tu aimes le chant de la mer, je te le confie dès notre retour. »

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Jeu 16 Nov - 18:11

Ansemer aurait pu être magnifique aux côtés d'Hermine, et sans doute, plus tard, Gauthier regretterait-il de n'avoir pas su profiter pleinement de l'air marin, et de leur léger vagabondage innocent avant d'entrer dans l'auberge. C'était fou comment une promenade avec le souvenir encore vivace du dernier souffle d'un être humain pouvait être innocente ! Fou combien il était simple, et agréable à penser que la mort était pour lui une pénitence et pour eux, couple parmi les autres couples égarés qui se perdaient par ici, bien peu en vérité, une justice magnifique et implacable qu'ils n'oseraient jamais trahir. Quoi qu'il en soit, jamais personne n'aurait pu, désormais, supposer le lien hiérarchique qui les séparaient. Le vous était parti, aussi soudainement qu'il était arrivé.
Gauthier avait pour son Ecoutante bien du respect et de l'amitié, mais leurs dix-sept ans à la Confrérie leur permettaient de passer outre la déférence et le vouvoiement de mise. Et puis, les nobles se vouvoyaient bien assez, même au sein de leur couple quelquefois, ils équilibraient la balance.

Il avait jeté un regard vide à ceux qui, un peu, tiquaient sur l'accent de celle à ses côtés. Comme souvent. Comme toujours. La guerre qui agitait les gens voyait Ibélène comme l'ennemi. Il ne leur serait jamais venu à l'idée, une seule fois, par exemple, qu'une famille émigrée d'un duché de l'autre empire, ait pu conserver cet accent, malgré la guerre. Non. On préférait haïr la différence, c'était plus intéressant. Fort heureusement, Ansemer était Ansemer: on oubliait bien vite un accent, une attitude étrange. Tout comme on s'en souvenait encore plus vite. Les mystères de l'esprit sélectif, supposait l'assassin. Ou la mémoire des fleurons, à voir.
Il émergeait, Gauthier. Lentement, mais il revenait à la raison. Toujours était-il que, son esprit rempli de ses souvenirs, il avait occulté ce qu'il avait demandé à boire. Peu importait, en un sens.
L'alcool passa ses lèvres, rapidement, alors qu'il écoutait sa supérieure lui parler d'un nouveau contrat. Déjà, au coeur de son esprit, des idées fleurissaient. Sa curiosité était piquée au vif, et déjà, de vagues suppositions tournoyaient. La beauté morbide de cet acte était à la hauteur du défi, et il n'avait nul doute qu'il aurait un moyen de le résoudre.
Et il commençait presque à apprécier le duché.

"Ca me va. " Il inclina la tête, rapidement. "Merci d'avoir songé à moi. Nous en discuterons plus, je suppose, une fois de retour. " Pas qu'il ne fasse pas confiance aux gens autour, mais il aimait que toutes les informations sur un contrat soient dites ou répétées sous la protection de leur Sombre Mère. L'information venait d'elle, et grâce à elle, ils rendaient la justice sur le continent, indépendamment des empires, des peuples et des familles.
Ce n'était qu'un rituel stupide, mais il avait besoin de ça. Il lui arrivait des fois, en arrivant dans le sanctuaire le plus proche pour son contrat, de répéter la mission à voix basse. Même juste quelque mots.

Elle avait dit deux choses, plus tôt. Ses doigts portèrent son verre à nouveau à sa bouche, prenant un temps pour tenter de savourer la boisson. Ca faisait longtemps qu'un verre ne lui faisait plus autant d'effet que lorsqu'il était jeune. Fallait dire que la jeunesse... Mais passons.
"Tu m'as dit deux. Quelle est donc la deuxième chose dont tu souhaites m'entretenir ? "

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mar 21 Nov - 19:41

Tes yeux sombres guettent le visage de l’homme, ce regard qui se fait intéressé alors que tu lui expliques fort brièvement la teneur du contrat. Tes mots sont sibyllins, tu ne dois pas trop en dévoiler alors que des oreilles possiblement malveillantes traînent autour. Il en comprend suffisamment pour approuver : « Ça me va. Splendide ! Tu esquisses un bref sourire ravi, à son signe de tête. Merci d'avoir songé à moi. Nous en discuterons plus, je suppose, une fois de retour. Bien sûr. » Il y a plusieurs autres étapes de nécessaires, avant la réalisation d’un contrat, et cette exécution n’est pas programmée pour le lendemain soir. Tu tenais tout de même à demander dès que possible son avis à ton Assassin, première personne qui te soit venue à l’esprit dès le moment où tu as entendu les termes spéciaux de ce contrat. Tu aurais été déçue, qu’il refuse, et même surprise. Aucun défi n’est trop grand, pour Gauthier.
Privilège que d’avoir un Assassin tel que lui dans tes rangs.

Des poches de ta cape, tu sors une élégante pipe gravée, ainsi que ta blague à tabac. Dans celle-ci, un mélange d’un des tabac les fins plus de Sombreciel et de quelques pétales de queue-de-lion. Mélange aux vertus apaisantes, pour ton corps encore vibrant de l’anticipation et du plaisir, de la mort qui réveille en toi des sensations et des désirs que tu ne saurais combler à cet instant. Tu bourres tranquillement ta pipe, laissant ton ami à la dégustation du contenu de son propre verre, et tu ne relèves même pas les yeux lorsque sa voix grave revient à tes oreilles : « Tu m'as dit deux. Quelle est donc la deuxième chose dont tu souhaites m'entretenir ? » Petit curieux que voilà ! Comme quoi tu as réussi à le piquer, à l’intriguer.
Tu termines ton oeuvre et laisses ta pipe reposer sur la table. Tu iras demander à l’un de ces charmants messieurs au comptoir si l’un d’eux peut te fournir une flamme pour t’allumer, et tu ne crois pas qu’on te refusera quoi que ce soit. Certainement pas avec ce décolleté, oh non. Ton ami attend encore tes explications, face à cette nébuleuse deuxième chose que tu as évoqué, et tu te penches à nouveau vers lui. Plus près encore. L’odeur de la Tour Noire, l’odeur du sang, l’odeur des quais. Le feu encore brûle au creux de ton ventre et allume tes étincelles dans tes yeux. « Tu n’es pas sans savoir que je suis une personne fort occupée, depuis juin. Un sourcil haussé. Pas besoin de plus de détails. Il sait parfaitement de quoi tu l’entretiens. Moult responsabilités que j’ai tenté de mener seule, maître de mon destin et capitaine de mon âme, mais… force de constater que je ne peux point tout faire. » Tu cites un grand poète, au coeur de ta phrase, la puissance de ses mots s’accordant au drame que tu sembles éprouver à l’idée de ne point pouvoir tout assurer sans le soutien de quiconque. La dame Mélisende elle-même n’a pas réussi, d’où pouvais-tu te réclamer meilleure que celle-ci ?

Tes doigts viennent délicatement se placer sous son menton, grattent du bout des ongles la barbe un peu trop longue dont il est affublé. Tu le préfères bien rasé. Toute cette pilosité cache son beau visage, c’est d’un tel dommage ! Un homme capable d’une telle élégance, caché sous ces futiles signes quasi exagérés de virilité… oh, de toute façon, tu n’es pas une référence en ce qui concerne les hommes, tu supposes bien. Tu rapproches son visage encore un peu du tien, comme si tu allais l’embrasser. Tes lèvres bougent bel et bien, mais le chuchotement qui en sort est loin de l’indécence attendue : « Que dirais-tu d’être mon Adepte, Gauthier ? » Ou, peut-être cette proposition est-elle encore plus indécente qu’attendue.

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Jeu 23 Nov - 21:45

Gauthier était impatient. Curieusement, il n'avait aucune idée de ce que la seconde proposition pouvait être. Le hasard faisait bien les choses, il fallait dire, et il sentait qu'Hermine avait profité de ce hasard très hasardeux - bien sûr - pour se dire qu'il fallait qu'elle lui parle de ladite chose. Rien n'était prévu. Et Gauthier n'y avait pas cru une seule seconde. L'avait-il pour autant questionnée là-dessus ? Non. Non, car c'était plus intriguant, plus beau aussi, de laisser cette impression que tout arrivait par pur hasard. Et puis, si la mise en scène était excellente, pourquoi arrêter la pièce ?
Curieux. Impatient. Ses doigts, autour de son verre, tapotèrent légèrement. Il voulait savoir, et déjà dans sa tête des milliers de mots s'entrechoquaient. Tant de possibilités. Une mission extrêmement particulière, avec un de leurs jeunes prometteurs. Des révélations. Peut-être rien, peut-être voulait-elle jouer un peu, et il ne lui en tiendrait pas rigueur. En tout cas, il ne pouvait pas deviner, et si dans son esprit il continuait de monter des théories accablantes, de ses lèvres rien ne sortait.

Elle eut un mouvement vers lui, et il lui offrit un léger sourire, acquiescant à ses mots. Il savait de quoi elle parlait, sans trop comprendre le rapport. Elle les gérait, eux tous, d'une poigne de fer, efficace, taillée pour ce rôle qui était désormais le sien lui semblait-il, à l'Assassin. Autant que Mélisende avait pu s'occuper d'eux parfaitement. Autant qu'avant, d'autres avaient pu. Les Ecoutants étaient tous uniques, mais tous également parfaits dans leur gestion, dans leurs actes pour la Confrérie.
Innocent, Gauthier, de ne pas songer un seul instant à ce qui pouvait l'attendre. Il la vit se rapprocher, ne fit pas un mouvement pour s'écarter. Depuis longtemps, il était habitué à cette proximité qu'elle avait instaurée et qu'il avait acceptée sans rechigner, car Hermine était une amie, et qu'il trouvait lui-même cette présence agréable. C'était joueur, pur en un sens, loin de virer dans le scabreux. Une relation unique, dans son esprit. Comme toutes.
Il savait à quoi ça ressemblait, de l'extérieur.

Ce qu'il ne savait pas, c'était comment réagir aux mots qu'il venait d'entendre. Ses yeux, légèrement baissés vers elle, s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise, et il resta parfaitement immobile. Tout était tranquille, dans la tête de l'assassin. Parce que ses suppositions étaient fausses, parce qu'il ne pensait pas qu'on lui propose un jour ça.
Il fallait se décider. Il savait ce que ça impliquait, bien sûr. Moins de terrain, mais il servirait la Sombre Mère de plus près. Il serait toujours justicier impartial, aidant son Ecoutante, même s'il n'était plus l'exécuteur premier. Certains contrats lui reviendraient toujours, il le savait.
"C'est oui. " parvint-il à sortir.

Il n'y avait pas de refus possible, pour celui qui s'était voué jusqu'à la fin de son existence à Lida et Sithis. Pas de manière de dire non, car de toute manière, au fond de son être il n'aurait jamais envisagé cette option comme viable.
"C'est un immense honneur que tu me fais, tu sais. " l'homme eut un sourire, faible. Il n'arrivait pas à y croire, mais cette discussion était beaucoup trop sérieuse pour qu'elle soit l'objet d'une farce.


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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Lun 27 Nov - 4:33

Crains-tu sincèrement qu’il puisse refuser ?
Non. Certainement que non. Gauthier est ton ami. Il sert la Sombre Mère depuis pratiquement autant de temps que toi et tu le sais dévoué tout entier à la Confrérie Noire et à vos justes desseins. C’est un grand honneur que tu lui fais et tu y as longuement réfléchi. Longuement trié tous tes Assassins sur le volet, afin de trouver lequel saurait t’accompagner à merveille dans ce qui viendra. Un Adepte, d’abord ; tu n’as pas encore besoin du soutien de deux d’entre eux. Un, d’abord, et puisque tu désires Gauthier, tu sais qu’il saura abattre le travail de deux, et même de trois, si tu le lui demandais.
Tu ne crains pas qu’il refuse, pas vraiment, mais il y a tout de même un battement de coeur hésitant, quelques trop longues secondes de silence où tu attends que le Cibellan te réponde. Tu sais le surprendre, de ta demande ; tu crains qu’il te surprenne, de son refus. « C'est oui. » Soulagement. Ta main reste sur sa joue, enveloppe cette part de son visage, et sous tes doigts fureteurs, tu sens son pouls s’accélérer encore un peu. Tu sens ses muscles, alors qu’il esquisse un faible sourire. Celui d’un homme qui n’y croit pas. « C'est un immense honneur que tu me fais, tu sais. Oh, Gauthier… », réponds-tu dans un souffle attendri.

Tu te lèves de ton siège, mimant une émotion qui attire momentanément l’attention sur vous. Les yeux embués de larmes criantes de vérité, un grand sourire ému sur tes traits doux. Tes bras minces entourent les épaules de Gauthier et tu te permets de prendre place sur ses genoux. La surprise du brun revient, plus forte, mais il ne te repousse pas. Tu es une femme curieuse et fantasque, aux plans inattendus. « Fais-moi confiance », murmures-tu à ton ami, avant d’unir tes lèvres aux siennes. Plus que réel baiser, qui mêle fougue et tendresse, qui s’étire jusqu’à ce que tu manques de souffle, et que tu glousses contre sa bouche. « Nous allons nous marier ! », t’exclames-tu en te levant de ses genoux, ta voix cassée dans un trémolo émotif. Les personnages attablés non loin de vous poussent des vivas, afin de féliciter les mariés, et tu titubes jusqu’au comptoir, où tu t’appuies de tes deux mains. Tes fausses larmes, pourtant plus vraies que nature, viennent mouiller tes cils sombres et tu en chasses une du bout des doigts. « Quelque chose de festif, mon brave, balbuties-tu au tavernier, qui te fait un signe de la main. Oh, mam’zelle madame, allez vous asseoir, je vous apporte ça tout d’suite. Cadeau d’la maison, et qu’on vienne pas dire qu’on est radin ! » Tu te confonds en remerciement touchés, la main sur le coeur, et tu retournes à ta place avec le sourire immensément satisfait du chat qui a mangé la souris. « Nous pourrons fêter dignement, ainsi », claques-tu, fière de ton petit manège. Si de quelques Ansemariens effectivement radins, tu peux tirer des verres gratuits, tu veux bien faire semblant d’être follement éprise de ton nouvel Adepte !
Gauthier, ton Adepte. Tu contiens difficilement ta joie, à nouveau - tu en as même oublié que tu voulais fumer, et que ce serait bien approprié, en vérité, pour calmer ton excitation grandissante. Comme une enfant bien trop ravie. « J’ai mûri ma décision pendant plusieurs semaines, et tu es le seul que je vois à mes côtés. Il y a si longtemps que nous nous connaissons, Gauthier, et que tu m’accompagnes dans tout ceci. C’est… naturel. »

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Jeu 7 Déc - 16:17

Dire que Gauthier n'était pas choqué était comme de dire que, autour d'eux, les gens n'écoutaient absolument pas les bribes de leur conversation. Les parties audibles, du moins. Le oui qui s'était aventuré hors de ses lèvres, l'impression qu'ensemble, si proches l'un de l'autre, une question qui allait déterminer le reste de leur vie venait de se poser. Définitivement, c'était une situation portant bien à confusion. Gauthier était choqué. Véritablement choqué. Il n'avait pas l'habitude des questions décisives : la dernière, la véritable dernière, avait été celle de l'Adepte venu le trouver. Là où il avait laissé le Cibellan innocent, en deuil et perdu, pour faire naître celui qu'il était aujourd'hui.
En revanche, ce qui le choqua encore plus, ce fut l'émotion qui sembla submerger sa supérieure. Le mouvement, les larmes dans ses yeux. S'attendait-elle vraiment à ce qu'il refusât ?

Un instant plus tard, elle se serrait contre lui et l'embrassait à nouveau. S'il n'avait pas été habitué à leur proximité presque habituelle, il aurait eu un mouvement qui les aurait trahis. Mais elle avait une idée. Et il la suivrait. Même si ça incluait de présentement devoir lui rendre son baiser avec une fougue qui pourrait induire en erreur chacun. L'aurait-elle attiré, car elle était belle il fallait se l'avouer, que son corps se serait prêté à l'exercice avec encore plus d'intérêt. Mais pour le moment, la joie et l'affection qu'il avait pour elle feraient l'affaire.
Ah. Bon.
Apparemment, il allait se marier. C'était nouveau ça.

Oh, Gauthier aurait pu sourire à l'idée. Elle ne mentait pas. Pas vraiment. Car l'engagement qu'il venait de prendre, en soi, était bien proche de celui du mariage : à ses côtés, il resterait jusqu'à ce qu'elle meure aux yeux de la Confrérie. Car jamais, lui-même, ne se quitterait la Tour.
Fugitivement, alors qu'elle s'éloignait et que les gens autour venaient le féliciter, une idée traversa l'esprit du Cibellan: c'était quoi, un mariage, en Ansemer ? Non, parce qu'il ne fallait pas que, d'un coup, ils se retrouvent avec un simulacre de cérémonie improvisée. Mentir, oui.
Mentir sur un engagement pris, par contre, très peu pour lui. Il y avait une limite à ne pas franchir.
"C'est effectivement une occasion à célébrer." glissa-t-il d'une voix qu'il voulait égale, mais où perçait un amusement. "On ne se marie pas tous les jours."
Et, la plupart du temps, on ne se mariait qu'une fois. Quand tout allait bien.
Quoi que.

"Ca me semble irréel, tout ça. C'est comme si toutes nos années ensemble se concrétisaient ce soir, un peu. C'est une nouvelle partie de notre histoire, pas vrai ? " Le discours restait volontairement confus, histoire que, lorsque que les verres arrivèrent avec une nouvelle vague de félicitations, et des remerciements de sa part, personne ne puisse comprendre.
"Je vais prendre ton nom, du coup ? " s'amusa-t-il avant de lever son verre, légèrement. Ca lui semblait logique, mais, après tout, la logique du mariage cibellan était bien la seule des logiques maritales qu'il connaisse. Quoi qu'étant le dernier de sa famille capable de perpétuer la lignée - il ne fallait pas trop compter sur Gisèle, même s'il y avait encore un peu d'espoir -, il pouvait y avoir une exception.
Il offrit un sourire aux gens autour, qui, bien qu'ils aient repris leurs conversations, gardaient sur eux un regard presqu'attendri.

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mar 12 Déc - 1:52

Ton camarade fait preuve d’un enthousiasme certainement plus mesuré que le tien, qui enfle un peu plus à chaque seconde. C’est à croire que tu vas véritablement te marier ! Cet engagement accepté par ton ami n’est pas sans rappeler les sacrements du mariage, d’ailleurs, dans la loyauté et la fidélité, le dévouement total, que la Sombre Mère et le Sans-Visage appellent et exigent de leurs ouailles.« C'est effectivement une occasion à célébrer. On ne se marie pas tous les jours. » Il joue le jeu, cet homme merveilleux ! « Ca me semble irréel, tout ça. C'est comme si toutes nos années ensemble se concrétisaient ce soir, un peu. C'est une nouvelle partie de notre histoire, pas vrai ? Tout à fait. Un nouveau chapitre s’écrit, et que tu acceptes d’être à mes côtés pour celui-ci… c’est toi, en vérité, qui me fais un grand honneur. » Les verres viennent se déposer sur la table, entre vous - ceux offerts par le tavernier, mais également quelques autres glissés par des clients pris de la même joie contagieuse à propos de vos épousailles. Les Ansemariens forment un peuple chaleureux et toujours prêt à festoyer, partageant ces fleurons si précieusement surveillés avec ceux qui ont le même esprit joyeux.

Tu lèves ton verre, un de tes verres, afin d’en faire tinter le verre contre lui de ton camarade. Le liquide est encore plus doux, teinté de ta bonne humeur. « Je vais prendre ton nom, du coup ? J’avoue ne pas y avoir pensé », t’interroges-tu, surprise de ce questionnement plus que légitime, dans votre petit jeu. Tu as pris celui d’Aurélien, à ton premier mariage, et à ton second, Solène et toi avez préféré garder chacune le vôtre. Il n’empêche que tu ne pouvais pas retenir un frisson de plaisir lorsqu’on te présentait comme Hermine Douxoubli, dans les moments où la vérité n’était pas connue. Le souvenir, soudain, te laisse mélancolique. Tu partages ta réflexion à l’Assassin, l’Adepte, avec une moue pensive : « J’ai pris le nom de mon époux, à mon premier mariage, mais pas celui de mon épouse, à mon second. Je suppose que cela dépend des enfants que nous aurons. » Réflexion à peu près identique à ce qui s’est déjà déroulé dans ton esprit, avec l’ajout pourtant malicieux de potentiels enfants. Tu refuses de laisser la mélancolie poignarder ton coeur, au souvenir de tous ces enfants que tu n’auras jamais. Ni avec Aurélien, et encore moins avec Solène (ses yeux verts et tes cheveux sombres, tes mains d’artistes et son esprit redoutable).
Les curieux s’éloignent un peu et tu te penches à nouveau sur la table, afin que votre conversation reste entre vous deux. Celle, en apparence, de deux amoureux transis qui discutent des modalités à venir de leur mariage, dans une belle année. « Il te faudra me spécifier ce que tu préfères, mon ami, en termes de tâches. Si tu te sens l’âme plutôt vouée à la paperasse, ou à l’enseignement. Et… tiens-tu vraiment à cette barbe, dis-moi ? C’est d’un dommage, de cacher un si beau visage sous toute cette pilosité. » Tu ne peux pas te retenir de l’effleurer une nouvelle fois de tes doigts, un peu fascinée, tes lèvres plissées en une moue amusée. Tu es vraiment incapable de garder tes mains chez toi bien longtemps, avec ceux que tu aimes.

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Dim 17 Déc - 20:20

Gauthier ne se posait pas réellement de questions. Tout semblait se dérouler naturellement, autour d'eux. Il n'estimait pas que sa nomination était naturelle, oh que non, pourtant, sa propre fierté le confortait secrètement. C'était lui qu'elle avait choisi. Lui et pas les autres. Il en retirait une joie toute particulière, de ce léger sentiment de supériorité. Il n'irait pas se pavaner devant eux non plus, et il ne valait pas mieux qu'eux. Il était juste meilleur, aux yeux de celle qui savait le voir.
Leurs verres se rencontrèrent, en un salut dérivé d'une tradition visant à être sûr de ne pas mourir d'un empoisonnement.. Ou d'emporter son voisin avec. Ironique pour leur situation. Et pourtant, quand il mourrait, Gauthier ne se voyait succomber que par ce moyen. Que par la morsure dans ses veines de la mort.
Il ne savait pas s'il avait raison, mais quand, enfin, il se rendrait aux portes de Sithis, enfin, il n'aurait aucun regret de sa vie passée.

La question posée, à l'origine simple remarque, sembla la surprendre. Il avait le don pour les questions surprenantes, Gauthier. Il voulait savoir. Il se revoyait, jeune encore, demander à une vieille femme rencontrée dans une auberge pourquoi chaque soir, devant le feu, elle jetait un bout de parchemin froissé. Une longue histoire.
Il avait presque oublié, qu'elle avait déjà été mariée deux fois. Elle lui en avait touché quelques mots, il y avait longtemps, mais il n'avait pas cherché à pousser, à l'époque, l'annonce lui semblant quand même étrange. Depuis, il avait appris.
"Suivant les enfants, en effet." Il hocha la tête, se retenant de lever les yeux au ciel. Les enfants, c'était sa faiblesse. Entre Gisèle, Rhapsodie et un peu Mélodie, pas besoin d'un faux mariage pour s'assurer des gamines : il en avait déjà trois. L'une était de son sang, deux étaient adorables, et toutes n'avaient pas besoin de sa protection. Pourtant, il les protégeait quand même, et avait pour elles une amitié et des affections calmes.

C'était de nouveau ce rapprochement, loin des oreilles indiscrètes. Une couverture des plus parfaites, décidément, que celle d'un couple prêt à se marier. Il soupesa chaque option, alors qu'il lui répondait au sujet de sa magnifique barbe.
"Je voulais tester. J'ai un peu de mal avec ma peau à nu. C'est peut-être trop, remarque."
Un instant. Un souffle. Il savait quoi dire, que choisir. "Me laisserais-tu éduquer les jeunes recrues ? " demanda-t-il, avant de porter son verre à ses lèvres doucement. "Bien entendu, tant que tu ne nommes personne d'autre, je peux toujours t'aider au niveau administratif si tu en as besoin. Mais former la nouvelle génération... C'est quelque chose qui me tiendrait à coeur. "
Il serait un formateur exigeant, il le savait. Mais il avait suffisamment voyagé en Arven pour être certain de pouvoir, au mieux, permettre aux jeunes de se vouer à la Sombre Mère. Il connaissait des sanctuaires cachés, découverts au gré de ses propres pérégrinations, certains presqu'abandonnés. Il n'y avait que Valkyrion et Sombreciel où il n'avait pas mis les pieds, encore, dans sa vie. Mais ça viendrait. Un jour.
"Tu n'hésites pas. Si t'as le moindre besoin d'aide. " Réitéra-t-il, le regard inquiet. "Ou si tu veux que je te porte des gâteaux, aussi." Un sourire naquît sur ses lèvres. Eh, quoi, il en portait déjà à Solal quand les journées s'éternisaient. Un Ecoutant de plus ou de moins...


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La Confrérie Noire
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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mer 27 Déc - 7:17

« Je voulais tester. J'ai un peu de mal avec ma peau à nu. C'est peut-être trop, remarque. » Tes yeux sombres parlent pour toi : oui, c’est de trop. Tu n’iras tout de même pas l’empêcher de garder cette barbe si fournie, mais tu ne risques pas de t'y faire, s’il s’entête à la conserver. Ou pire encore : s’il l’entretient et la fait pousser encore plus. « Peut-être quelque chose de plus entretenu », murmures-tu pour toi-même, comme si tu considérais encore un peu de gérer la pilosité faciale de ton Adepte. Plus entretenu, moins fourni : dans tous les cas, moins velu.

Tu es pendue à ses lèvres, au choix qu’il fera, et celui-ci te conforte encore un peu plus dans ta propre décision. « Me laisserais-tu éduquer les jeunes recrues ? » Un grave signe de tête, comme toute réponse. Tu lui as proposé, n’est-il pas ? Tu ne lui retireras pas cette joie. Tu n’es pas mesquine. « Bien entendu, tant que tu ne nommes personne d'autre, je peux toujours t'aider au niveau administratif si tu en as besoin. Mais former la nouvelle génération... C'est quelque chose qui me tiendrait à coeur. N’aies crainte. Tu seras un bon maître, mon ami. Tu sauras voir lesquels méritent de marcher à nos côtés. » Plusieurs appellent les noms de la Sombre Mère et du Sans-Visage, mais tous ne reçoivent pas l’aval de vos dieux. Certains sont appelés, et d’autres refusent. Il faut décider, choisir, afin de trier le bon grain de l’ivraie, et trouver parmi les enfants d’Arven les futures Lames de la Confrérie Noire. « Je suis pour ma part trop procédurière pour être pédagogue, je le crains. Un vice tout cielsombrois, bien pire encore que tous les autres que je possède », glousses-tu avec douceur. Tu as repris tes mains et tu joues machinalement avec les mèches lâches de ta chevelure, un peu intimidée de sentir tous les regards de ces inconnus sur toi alors que tu es dévoilée. Il doit en être ainsi, pour passer aussi inaperçue que possible, mais tu ne t’en sens pas moins nue. « Tu n'hésites pas. Si t'as le moindre besoin d'aide. Ou si tu veux que je te porte des gâteaux, aussi. Quel bénéfice marginal inattendu ! », te ravis-tu avec un petit applaudissement, que tu accompagnes d’une généreuse gorgée de bière ambrée. La formulation peut surprendre, dans ta bouche de poète, mais il ne faut pas oublier que tu as été élevée dans un duché qui mêle lois et rimes avec adresse depuis des centaines d’années. Et tu es plus que sérieuse. La mention de gâteaux te sort un peu de ta soudaine pudeur, face à tous ces Ansemariens lubriques. « Si tu mets la main sur une recette originale de tartelettes à la cannelle, ou une pâtisserie qui en fait d’aussi savoureuses… je suis preneuse. » Il y a beau dire, dans la Ville Libre, on trouve de tout, mais jamais les pâtisseries ne sont aussi bonnes que dans ton duché d’origine. Ça, ou tes papilles depuis longtemps brûlées par la drogue et l’alcool trouvent que les mets lorgois manquent de piquant. De relevé. « Je ne crois pas me souvenir que tu aies déjà eu une pupille à ta charge… attends-tu le bon, Gauthier, comme tu attendais la dame idéale à prendre pour épouse ? »

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Dernière édition par Hermine Chantelune le Mar 9 Jan - 5:02, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Sam 30 Déc - 17:00

Bon, il en apprenait tous les jours. Aujourd'hui, par exemple - ou ce soir en l'occurrence - il devait noter que la barbe trop fournie, ça ne lui allait pas du tout. Plus entretenu, comme l'avait fait remarquer son Ecoutante, pourrait être un la solution... Ca, ou éventuellement une barbe de trois jours, mais le style grand-père vénérable ou guerrier venu du froid de Valkyrion, définitivement, ça ne lui allait pas. Tant pis, il commençait à apprécier celle-ci pourtant. Mais l'entretien lui en aurait trop coûté. Il réfléchirait à la question.C'était la moindre des choses qu'il puisse faire... En plus de prendre soin de ses cheveux -qui, eux, n'allaient pas être coupés plus que de raison, il y tenait. En plus, on lui avait promis des tresses.

"Tout vice peut-être une qualité, si l'on sait comment le tourner. " Comme l'esprit de revanche, la fierté mortelle, cette conviction de faire la justice - tellement vraie ! - qu'avait en commun tous les assassins. Il observait, du coin de l'oeil, les mouvements des Ansemariens autour d'eux : si peu s'approchaient, il se doutait que des oreilles pouvaient traîner ici et là. Et il avait le pressentiment que si les mots partaient dans le mauvais sens, qu'ils révélaient une appartenance à la Confrérie, le renseignement pouvait se revendre plus que cher.
Heureusement, bien qu'elle soit définitivement plus à l'aise avec les mots que lui, jusqu'ici, rien n'était dit clairement. Il s'inquiétait sans doute trop, le Cibellan, mais il ne tenait que peu à voir des informations fuiter et sa précieuse famille mise en danger. Pour elle, il avait un attachement qui dépassait toutes les frontières et limites, les empires et les duchés.
La manière dont elle applaudit fait apparaître un sourire sur ses lèvres. Ses réactions, toujours, le surprennent autant que s'il ne la connaissait pas. C'est une bonne chose en un sens... Et ça pourrait être désastreux, si d'aventure un jour il venait à partir sur un contrat avec elle ; il n'arrivait pas à deviner comment elle pensait.
"Je m'en occuperai, sois-en certaine... Si tu acceptes de goûter à mes essais et de m'aiguiller. Je crains de ne pas avoir énormément d'expérience en ce qui concerne ce genre de pâtisseries, un avis expert sera sûrement profitable. "

Son esprit divagua, un temps, alors qu'elle l'entraînait sur un terrain bien loin des pâtisseries sucrées pleines de cannelle, entre autres. Il prit le temps de la réflexion. "Il y en a eu un, il y a une dizaine d'années. Quand je suis rentré de plusieurs semaines en Bellifère." sa voix s'atténua un peu sur la fin, de manière à ne pas attirer l'attention. Pour sûr, la mention du duché de la guerre, en ce moment en pleine taverne ansemarienne n'était pas la meilleure chose à faire. Il s'en souvenait, assez vivement, car il espérait ne plus y remettre les pieds, ou tout du moins pas pour autant de temps. Il n'appréciait certainement pas de s'y rendre.
"Mais je ne me sentais pas de l'accompagner comme nous l'avions été. J'avais encore à apprendre. Quelqu'un d'autre s'en est chargé." Il hocha la tête. "Ce sera différent, désormais. Et prendre épouse... Eh bien, il m'a fallu longtemps avant de te proposer, n 'est-ce pas ? " Ce plan était bien trop amusant pour qu'il résiste à l'envie de jouer encore un peu, l'alcool aidant. Sa voix s'abaissa à nouveau. Ce serait le seul mariage qu'il connaîtrait, juste un soir. "Tu seras bien la seule. Parce qu'il y a Gisèle, et parce que je ne saurai mentir à la personne qui partagerait ma vie sur mes occupations. " Sur le tatouage, bien caché sur la peau de son corps.
"Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas le genre de préoccupations qui me passent par l'esprit tous les jours. Tu as l'art de dénicher d'intéressantes pensées. "
Que ça soit les futurs assassins, ou son avenir ou sein de la Confrérie. "Et toi, ton avenir ? "
Être un peu curieux. Juste un peu.

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mar 9 Jan - 5:08

Ton Adepte est peut-être déstabilisé par tes réactions, toujours si promptes, toujours si surprenantes, à l’image de ces émotions que vous Cielsombrois maîtrisez si mal. Cela ne l’empêche pourtant pas de sourire, d’amusement, de connivence, alors que tu acceptes avec enthousiasme sa proposition de sucreries. Déjà tu salives, à l’idée de mordre à pleines dents dans les desserts typiques de ton duché, et dont vous retrouvez l’épice emblématique un peu partout, jusque dans certaines de vos boissons. « Je m'en occuperai, sois-en certaine... Si tu acceptes de goûter à mes essais et de m'aiguiller. Je crains de ne pas avoir énormément d'expérience en ce qui concerne ce genre de pâtisseries, un avis expert sera sûrement profitable. Je vais compter les jours jusqu’à tes premiers essais », conclues-tu, prête à faire sacrifice de ton palais pour le bien commun. Pour ton bien, donc, surtout, et peut-être celui de quelques-unes de tes ouailles, si tu te sens généreuse.
Si tu n’as pas tout dévoré déjà.
Ton esprit encore sautille, passe d’un sujet à un autre sans se retrouver mélangé entre eux, comme si l’un menait naturellement à l’autre (alors que non, même pas un peu) : « Je ne crois pas me souvenir que tu aies déjà eu une pupille à ta charge… attends-tu le bon, Gauthier, comme tu attendais la dame idéale à prendre pour épouse ? » Gauthier réfléchit et toi, tu te rappelles que tu désirais fumer, et que tu n’as toujours pas de feu. Tu combles momentanément ton envie de tabac et d’herbes douces avec un peu plus d’alcool, en l’attente que la partie sensible de votre conversation s’écarte suffisamment pour faire venir le tavernier à votre table. « Il y en a eu un, il y a une dizaine d'années. Quand je suis rentré de plusieurs semaines en Bellifère. Mais je ne me sentais pas de l'accompagner comme nous l'avions été. J'avais encore à apprendre. Quelqu'un d'autre s'en est chargé. Nous étions encore bien jeunes, approuves-tu. Il y a dix ans, vous étiez de bien jeunes Assassins, certainement pas aptes à former de nouvelles recrues, alors que vous aviez à peine passé le cap de votre propre apprentissage. Ce sera différent, désormais. Et prendre épouse... Eh bien, il m'a fallu longtemps avant de te proposer, n'est-ce pas ? » Tu ris coquettement, la bouche derrière ta main. Tes yeux sombres regardent l’homme avec langueur, comme si tu le regardais par-dessus ton voile, lui qui est rabaissé. Tu as appris à jouer et devant public, tu sors tes gestes les plus théâtraux, ton goût de la scène et de l’attention le plus pur. La voix de Gauthier s’abaisse un peu plus encore : « Tu seras bien la seule. Parce qu'il y a Gisèle, et parce que je ne saurai mentir à la personne qui partagerait ma vie sur mes occupations. » Bien sûr. Gisèle. La belle Gisèle, que Gauthier aime tant. Ta main vient serrer la sienne, de l’autre côté de la table, douce pression qui le remercie de cette confiance qu’il t’accorde, pour te parler de Gisèle. Pour faire de toi la seule épouse de sa vie (pour l’instant, à tout le moins).
« Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas le genre de préoccupations qui me passent par l'esprit tous les jours. Tu as l'art de dénicher d'intéressantes pensées. » Tu t’enorgueillis de son commentaire, la réflexion est le fort des enfants de l’Esprit et tu aimes avoir le tour d’amener tes camarades à se plier à vos jeux intellectuels. « Et toi, ton avenir ? » Tes sourcils sombres se froncent dans ton visage pâle, et tes doigts tracent des cercles concentriques sur la table, pensivement. Ton avenir a changé radicalement, il y a des mois, et tu peines encore à le dessiner véritablement, dans le cadre de ces fonctions, qui sont encore nouvelles. « Je ne sais pas, mon ami, commences-tu, honnête. Tout ceci m’a pris par surprise. J’avais déjà rêvé de telles choses, mais jamais avec sérieux. Refuser ne m’a jamais traversé l’esprit, pas même une seconde, mais… ça change beaucoup. » Tu avais ta petite vie. Une vie entière, à Euphoria, que tu as déménagé en juin, tout au complet, chatte comprise. Cette simplicité avait ses avantages, définitivement, mais tu ne regrettes pas d’avoir accepté ce que t’a soufflé la Sombre Mère. Ton expression se fait mélancolique, alors que tu t’attardes au passé. « Ma capitale me manque. Ma soeur également. J’ai hâte que tu la rencontres, avant nos noces, souffles-tu comme si tu planifiais réellement votre mariage, ton coeur un peu plus déchiré à la pensée de ta douce Célestine. Tu parles en énigmes dont seul Gauthier a les clés. Mais je suis bien. Je veillerai sur vous, comme elle me l’a demandé, comme si vous étiez mes propres enfants. Je n’ai pas peur. Je me sais là où je dois être, et tu es également à ta place, à mes côtés. »

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Jeu 18 Jan - 15:50

Intrigante, son Ecoutante l'était certainement. Même après dix-sept ans de vie commune - et un mariage fictif qui se préparait, bien sûr, Gautier n'était pas sûr de pouvoir toujours suivre les circonvolutions de son esprit, ou tous les détours qu'il empruntait. Ce n'était pas le plus important, bien sûr, mais il en tirait toute une fascination mêlée d'amusement à chacune de leurs conversations. Car il était bien connu que l'assassin, bien qu'il ait appris au fil du temps à se forger une forme de finesse dans son humour et ses mots, jamais n'arriverait à comprendre toutes les subtilités d'une phrase finement tournée. Il n'était pas fait pour ce genre de choses. Trop impulsif pour peser chaque mot. Heureusement, même si les paroles étaient un poison pour l'âme et l'esprit, cette forme-là relevait du Choix et non de l'aspect dont, officiellement, il endosserait bientôt le costume d'Adepte.
Secrètement, il craignait, le Cibellan, de ne pas être à la hauteur des espérances d'Hermine. Il craignait qu'elle n'apprécie pas la manière dont les quelques apprentis qui leur arrivaient, et qui se placeraient désormais sous sa tutelle. Il craignait que la Sombre Mère n'apprécie pas la manière dont son enseignement apportait à ses pupilles le dévouement et l'amour nécessaire qu'avait tout assassin pour Elle et son consort. Crainte parmi les craintes.

Peut-être cette crainte se lisait-elle dans ses yeux, le quadragénaire n'en avait aucune idée. Avec un sourire, il profitait de la compagnie de son amie, de l'alcool qui glissait entre ses lèvres par intermittence, de cette sensation que cette nuit devait être, et ne pouvait être autrement. Concrétisation d'années dévouées à la Confrérie Noire. Dès qu'ils seraient rentrés, il se nota dans un coin d'aller faire un tour dans le sanctuaire. Il avait des serments à renouveler, des remerciements à formuler également, car cette décision ne pouvait être que prise par Elle, indirectement.

Légèrement penché en avant, il écoutait désormais son amie en tentant de se souvenir de bribes de ce qu'elle avait pu lui confier sur elle-même. Il avait plutôt une bonne mémoire des gens, d'ordinaire, et se prêtait volontiers à l'exercice. Le plus difficile, c'était d'imaginer tout quitter, tout laisser en plan en arrière pour répondre à cet appel si fort, l'embrasser sans regret. Gauthier n'avait plus rien, quand il s'était engagé. Il n'avait laissé qu'une soeur en arrière, comme seul lien d'un passé détruit qu'il ne voulait plus rétablir. "Un jour, tes pas t'y mèneront à nouveau. " Pour un contrat, pour un apprenti, pour rien. Elle y retournerait, l'Ecoutante, quitte à ce que Gauthier lui fasse part de manière absolument accidentelle de son envie de découvrir l'endroit où elle vivait avant, pour 'connaître' Arven. Ou juste pour faire plaisir à son amie, qu'il sentait nostalgique.
Un jour, peut-être. "Ou bientôt. Qui sait ? "

Les mots qui suivirent lui nouèrent un peu la gorge, émotion qu'il ne laissa pas transparaître, se contentant de les garder dans un coin de son esprit. Elle serait parfaite dans ce rôle qu'elle avait, déjà, endossé. "Je ne quitterai pas ton côté, Hermine. Quoi qu'il advienne. Je te le promets. Si tu as besoin de mon aide, de n'importe quoi..." Elle connaissait son attachement aux promesses. Qu'il se vouait à être son Adepte jusqu'à ce qu'elle rende la charge... Ou l'âme. L'un comme l'autre, il ne voulait pas l'imaginer. Ne gâchons pas la soirée, où l'alcool, à force d'être consommé, commençait à monter à la tête du Cibellan pourtant habitué.

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Message Sujet: Re: Tout l'art est dans le hasard   Mar 13 Fév - 23:49

« Un jour, tes pas t'y mèneront à nouveau. Ou bientôt. Qui sait ? » L’assurance de Gauthier est agréable et tu sais que ses mots, pourtant simples, n’ont rien de creux. Il ne les prononce pas à la légère, ce n’est pas dans sa nature, dans son caractère, et tu espères que de sa simple conviction, ils se réaliseront. Tu sais bien que tu ne résideras plus dans ta capitale chérie, à moins de renoncer à ce titre qui te fait tant honneur, mais tu es sans amertume à ce sujet. Euphoria vivra encore et toujours, belle et indécente, impossible et magnifique, et elle vivra surtout toujours dans ton coeur et tes souvenirs. Les plus tendres, comme les plus horribles. Tu y as connu l’amour, la mort, la haine et le renouveau. Une vie entière ne saurait te faire oublier tout cela. « Je ne quitterai pas ton côté, Hermine. Quoi qu'il advienne. Je te le promets. Si tu as besoin de mon aide, de n'importe quoi... » Tu partages l’émotion qu’il cache avec tant de minutie, mais toute Cielsombroise que tu es, tu retiens mal tes yeux sombres de briller de quelques larmes. Vraies, celles-là. Aucun jeu, dans ce qui étreint ton coeur. La Confrérie Noire est ta famille depuis si longtemps et à chaque fois, tu t’émeus de la grandeur de ce qui vous lie les uns aux autres.

Tu n’es pas aussi sensible à l’alcool que ton Cibellan d’ami - bénie soit ta constitution cielsombroise aussi frêle qu’elle est résistante à ces plaisirs. Tu as pourtant la tête légère, le corps encore plein de cette excitation de la mort, les sentiments à fleur de peau. Enivrée de grâce et de bonheur. Tu as un Adepte, désormais, le meilleur dont tu aurais pu rêver. Un frère, un ami, un soutien indéfectible, qui sera toujours à tes côtés. Le mariage lui-même ne t’a jamais apporté tant d’un homme ! « Buvons, mon ami, que nos jours ensembles soient radieux autant que nos nuits douces. » Vous avez bien le temps de retourner à vos occupations, lui à Lorgol, et toi là où la Sombre Mère t’appellera, afin que tu appliques Sa Loi et Sa Justice.
Vous avez le temps d’un verre, et de bien d’autres encore, jusqu’à ce que Sithis vous sépare.

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