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 Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam

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La Noblesse
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Message Sujet: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Sam 21 Oct - 22:37


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Liam & Chimène

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit

Sous-Titre du Topic ici



• Date : 22 Octobre 1002
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Chimène, officiellement vivante et fiancée a Outrevent accueille le retour de son Duc du front
• Recensement :
Code:
• [b]22 Octobre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2817-que-les-flammes-du-foyer-eclairent-ta-nuit-liam]Que les flammes du foyer éclairent ta nuit[/url] - [i]Liam d'Outrevent & Chimène de Faërie[/i]
Chimène, officiellement vivante et fiancée a Outrevent accueille le retour de son Duc du front.


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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Sam 21 Oct - 22:41


Chimène & Liam

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit




Une mante au col d'hermine glissa doucement sur mes épaules et mon sourire sera un remerciement pour cette servante qui prend soin de moi. L'air devient plus frais, plus âpre et pourtant, il demeure le plus merveilleux des parfums malgré la chemise de soie qui me pare, si fine et aérienne. Je regarde au loin, debout dans la nuit, admirant cette ombre étoilée sans fin, il me semble que la liberté personnifiée danse en m'ouvrant les bras. Je l'étreins depuis des jours dorénavant. Mon sang pétille malgré les sacrifices consentis, malgré les mensonges jetés aux yeux du peuple. J'ai tenu ma promesse, bâtie sur un mensonge mais qu'importe, je l'ai fais. J'ai pleuré, longuement. Seule avec mon reflet. Nul témoin de ma faiblesse, de mon amertume. J'ai pleuré toute une nuit, une nuit de regrets, de remords, de haine. Une nuit égoïste loin des regards et des murmures. Une nuit où l'édifice de mon courage s'est écroulé subitement, sans un bruit, comme un souffle féerique, parfait. Une nuit pour me laver de la rage et de la colère. Oh, elles sont toujours là, quelque part, en moi, dans les fibres de mon cœur, mais elles ne sont plus murmures impérieux. Devenus chuchotement à peine audibles bien a l'abri dans ma poitrine. Une nuit pour me relever.

L'absence de Liam me pèse, même si je la comprends et la soutiens, à ma façon. Ces derniers jours m'ont vu parcourir les terres du Duc accompagnée d'une carriole remplie de présents. Si je ne peux être sur le front, alors je serais à l'arrière. J'ai eu peur, d'une certaine façon, peur de ce peuple que j'ai toujours aimé, protégée par un palais impérial, il était si loin de moi. Trop loin. Alors j'étais venue a sa rencontre, apportant dans mon sillage une oreille et un soutient pour ces familles privées de leur pilier par la guerre. Je ne sais si j'ai bien fait, je l'ignore mais rien ne remplacera les petites mains d'enfants maculées de terre s'enroulant autour de ma robe et de ma cape. Rien ne saurait apaiser les pleurs de ces mères et épouses que j'ai rencontrées. L'arrogance n'avait jamais paré mon front mais j'avais appris le véritable sens de l'humilité. Une leçon difficile mais salvatrice qui m'aidait à relativiser mes propres souffrances, m'empêchant de ne penser qu'a moi, faisant obstacle a ce que j'aurais pu devenir, ce contre quoi je me battais d'une certaine façon.

J'enroule mes doigts autour du marbre du balcon. Il est froid mais cela ne me gêne pas, mon regard ne peut s'empêcher de se perdre en direction d'Ibélène, mon cœur ne peut s'empêcher de frémir. J'étais une impératrice trop faible et prudente paraissait il, mais je n'ai jamais souhaité la mort de mon peuple dans une guerre stérile. J'y ai déjà perdu ma sœur. Une autre branche de mon existence coupée nette pour avoir eu le malheur de porter la couronne d'Ibélène, ma famille se réduisait, s'amenuisait et chaque jour, je priais pour Cassandre, Liam accompagnait ces vœux depuis son départ. Etait ce arrogant de ma part de les vouloir vivants et saufs ? Tous ? Sans doute. Arrogant et terriblement naïf, mais je n'y pouvais rien, ainsi étais je faite.
-Altesse ! Un éclaireur nous annonce le retour de sa Grace !

Je sursaute tandis que mon cœur s'emballe, oiseau délicat qui cherche a s'échapper de sa cage d'os et que s'enfuient mes pensées disparates. Mes cheveux balaient l'air alors que je me retourne soudainement, une main sur ma gorge, mes lèvres hésitants entre rire et stupéfaction. Aussitôt j’attrape la main de ma servante personnelle. « Préviens les cuisines qu'ils préparent un repas chaud pour sa Grâce et ses hommes, fais aviver les foyers du palais et réchauffer le vin épicé. » Celle ci file aussitôt et je parcours les couloirs a sa suite. L'éclaireur ne devait avoir qu'une heure d'avance sur le reste de la troupe, Liam serait bientôt chez lui et je tenais a ce qu'il retrouve un foyer chaleureux, c'était peut être immature et je n'étais pas maîtresse dans ce château mais qu'importe, mon statut m'en donnait le droit.

La nuit est bien avancée lorsque le maître des lieux y pénètre enfin, j'ai renvoyé les gens se reposer une fois certaine que personne ne manquerait de rien, que ce soit Liam ou ses hommes. Liam que j’accueille avec un sourire, un soulagement palpable errant au coin de mes lèvres ou dans le granit de mes iris. Je tends mes mains, me saisissant des siennes. « Bon retour chez toi Liam... »
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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Ven 27 Oct - 0:46

Le portail s’ouvre en grand, à laisser les troupes harassées le franchir, pour regagner la capitale outreventoise. Les fiers guerriers, qui rentrent enfin chez eux. Le retour se fait dans le silence. Nulle victoire à fêter. A peine peuvent-ils être fiers, auprès des leurs, d’avoir tenu bon jusqu’au bout. C’est un climat plus feutré, alors que chacun retrouve avec une joie continue la famille qu’ils n’ont pu voir depuis des mois, ces soldats blessés et malmenés. Des cris déchirant percent ce début de soirée automnal, quand ce sont les corps des braves qui sont finalement rapatriés par portail. Les plus récents, que l’on peut remettre à leur famille. Les autres ont dû être enterrés sur place par leurs frères d’armes, faute de portail pour les ramener. Il n’en reste qu’une liste macabre de noms, qui annoncent la sentence.

Je l’entends clairement. J’aurais aimé retenir chacun de ces noms, me les approprier… Mais c’est impossible. Le désespoir de leur famille, par contre, résonne directement dans mon âme. Ma monture avance à un pas modéré, et les regards se relèvent sur ma route. Un silence solennel, empli de gravité. Ils doivent croire que je fixe avec détermination le lointain. Je n’ai que le regard dans le vide. Le blanc d’Outrevent, maculé de sang…

Un soupir passe mes lèvres, quand cette chevauchée prend fin, à passer les murailles du palais ducal. Elle m’a paru aussi éreintante qu’un champ de bataille, avec ce même refrain auquel je ne m’habituerais jamais. Rentrer du front, on le fait rarement sur ses deux jambes. C’est aussi mon cas, dans une moindre mesure. Je ne suis pas parti avec le même cheval, à l’aller. Celui qui était blanc, le port haut et le pied sûr, a fini dans la boue et le sang, lors d’une percée belliférienne. Je boîte encore un peu, malgré les guérisseurs, qui n’ont pu intervenir que tardivement. Ma jambe, bloquée sous le cheval… Ca aurait pu mal finir, mais ma garde personnelle s’est battue comme une meute enragée et, plus étonnant encore, l’instinct m’a guidé de faire de même dès que j’ai pu me relever. C’est seulement quand la mort menace, vous frôle… Que l’on se révèle. Je n’avais peut-être pas tellement envie de mourir. Je ne voulais pas les entendre hurler que le duc était à terre, le mieux à faire était de se remettre aussitôt en selle, comme si rien ne pouvait m’atteindre, me vaincre.

Je n’ai que des blessures superficielles, qui attestent uniquement que j’ai pu me trouver, à un moment donné, au cœur des combats. La lèvre fendue et une douleur qui me vrille le crâne, reste d’un bouclier qui m’a percuté pour briser ma garde. Une entaille à l’épaule, quand il a fallu me décaler au dernier moment pour mieux frapper. Rien que la magie ne saurait guérir rapidement. Ce qui m’a fait rentrer, c’est avant tout de savoir les mages de bataille et les chevaucheurs opérationnels pour prendre la relève.

L’officialisation n’a pas tardé. Après les heures les plus noires, suite à l’empoisonnement de tous nos mages, Faërie avait besoin de cette lueur d’espoir. Gustave de la Rive a bien choisi son moment pour se décider enfin à révéler que sa sœur était en vie, sauve. Chimène pouvait à nouveau jouir de la liberté que je lui avais promise. Et c’est avec un soulagement non feint que je la retrouve, dans la salle commune, alors que chacun prend le temps de se remplir la panse. Elle est là, cette flamme. Je la sens me réchauffer, de par ce simple contact, de ces mains qui se saisissent des miennes… Et je l’amène plutôt contre moi, à l’enlacer malgré notre public, et lui souffler à l’oreille : « Tu m’as manqué, Chimène. »

Je passe une main à sa nuque, à l’entraîner à ma suite, après avoir salué quelques personnes en présence. Oh ils savent très bien que je ne vais pas m’attarder, et finissent par ne même plus s’en offusquer. Il n’est pas de rigueur de fêter un retour en pareilles circonstances, de toute façon. Je remets à plus tard toutes les affaires de haute importance que l’intendant semble vouloir me soumettre, bien contrarié de n’avoir pu faire recours à un Outreparleur pour faire le lien avec le front. Toute mon attention se porte sur Chimène, dès que nous avons quitté l’agitation ambiante, pour déambuler dans les couloirs. « J’attendais ce moment… » Je pousse un soupir de soulagement. Je ralentis le pas, pour me porter au balcon le plus proche, à m’accouder au rebord pour détailler la ville en contrebas. « J’ai l’impression que ça fait une éternité, et en même temps, que c’était hier. » Je me retourne vers elle, et lui rends un mince sourire. « Tu as pu savourer ta liberté retrouvée ? »

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Lun 6 Nov - 7:25


Chimène & Liam

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit




Son étreinte. Rassurante. Apaisante et chaude. Je ne me rends compte que maintenant d’à quel point il m’a manqué. Je ne suis pas naïve au point de désirer sa présence constante mais le revoir et l’accueillir me rend une sérénité qui tente sans cesse de m’échapper. Je souris en le regardant et je devine, dans l’ombre de ses yeux ce qu’il ne me dit pas. Ces mêmes ombres que je vois dans le regard de sa garde, ce pli au coin des lèvres. Combien de fantômes les hanteront cette nuit et les prochaines ? je ne connais pas les horreurs de la guerre, je n’en ai jamais été témoin, pourtant j’en connais les récits, mais ceux-ci reflètent ils réellement la réalité ? Rien n’est moins sûr. La douceur s’invite sur les lèvres à son aveu. « Je suis égoïstement heureuse de te voir rentrer sain et sauf. »  Alors que tant de famille devait pleurer leur mort en cette heure nocturne.

Je me laisse entrainer à sa suite, conservant ses doigts entre les miens, parcourant les couloirs dans un silence certain qui n’a nul besoin d’être brisé. Pas encore du moins. Un balcon nous accueillera et à mon tour, j’admire la vue qui m’est offerte. Une vue que je connais désormais par cœur tant sont nombreuses les heures passées à l’observer. Je comprends ce qu’il m’avoue, car parfois, j’éprouve la même sensation. Que mes épreuves sont aussi âgées que la naissance du monde alors qu’elles ne sont nées que d’une année. Impression parfois dérangeante que celle du temps qui file entre des doigts malaisés. Et malgré sa fatigue, son air las, c’est envers moi que va son inquiétude. Comme toujours d’ailleurs. Il a traversé le feu et les armes mais c’est de moi qu’il s’enquit. Un sourire presque triste s’inscrit sur mon visage. Mes iris couleur d’orage quittent son visage pour se perdre à nouveau sur la ville illuminée de magie. « Savourer est sans doute un bien grand mot. Je ne savais pas que la liberté pouvait être aussi terrifiante. J’ai été perdue durant quelques jours, c’était étrange, comme égarée au cœur d’un brouillard me cachant le sentier à suivre. Désemparée. » J’ai quelque peu honte de mes faiblesses, même si je sais que Liam ne les condamnerait pas. Mais je ne lui avais jamais mentit et je savais qu’il s’inquiétait réellement pour moi. « Je me suis aussi laissée aller aux larmes que je retenais depuis bien trop longtemps, un moment égoïste mais salvateur quelque part. » Je resserre le col de ma mante autour de mon cou. Je frissonne, non pas de froid, mais aux souvenirs de mes instants d’oubli.

Mes prunelles reviennent à lui alors que mon sourire s’affirme doucement. « Ensuite, je me suis souvenue de qui j’étais. » Je soupire doucement, laissant échapper un léger nuage d’entre mes lèvres avant d’abolir la distance déjà menue qui nous sépare. Ma paume se pose sur sa joue rendue fraiche par l’air fringuant d’Outrevent. Mes yeux se posent sur la blessure qu’il porte au visage, sur ce bleu qui s’estompe à sa tempe, vestiges de combat que j’effleure en regrettant un instant de ne point posséder de quelconque magie. Je n’ai pas ignoré son léger boitement non plus. Des questions me brulent les lèvres mais y répondra-t-il seulement ? « Cela a-t-il été aussi terrible que ce que devine dans tes yeux ? »


 
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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Jeu 9 Nov - 15:08

J’ai un mince sourire pour cette femme qui va bientôt partager mon existence. J’hésite un instant, avant de lui répondre avec sincérité : « Je suis revenu pour toi. » Ca n’a jamais été plus vrai. Avec le départ d’Aymeric, rien ne m’attendait plus entre ces murs que… Chimène, la miraculée. Au-delà de mon obligation de protection envers elle, nous retrouvons avec tendresse notre complicité d’antan, celle qui avait existé bien avant que les événements funestes qui ont touché nos deux familles ne nous séparent. Le devoir, toujours, nous rappelait. C’est ce qui nous a lié le plus sûrement durant des années, et puis… L’amitié, la tendresse. J’ai l’impression d’avoir passé mon temps à la perdre pour mieux la retrouver, et ce qui existe entre nous n’a eu de cesse de prendre des formes bien différentes. J’ai passé tant de temps à taire ce que j’éprouvais pour elle, qu’il m’est maintenant difficile de comprendre où nous en sommes. Je sais seulement que… Oui, je suis revenue avant tout pour elle, pour celle qui m’attendait entre ces murs froids, celle qui a placé toute sa confiance en moi, de façon si inconditionnelle que c’en est parfois terrifiant.

J’ai su la garder en vie, jusque là. J’espère maintenant qu’elle sera à l’abri, d’une manière plus durable, avec l’officialisation de son statut de Princesse. Au moins peut-elle jouir de cette liberté retrouvée, hors de l’enceinte du palais ducal. Je surprends ce sourire triste qui ourle ses lèvres, alors que le paysage la happe à son tour. Je souris doucement, à sa réponse si sincère, et hoche gravement la tête. Elle a pleuré, longuement. « Le soulagement. » Je suppose. Elle nous a été volée depuis si longtemps maintenant. « Il va falloir que tu réapprennes à vivre. C’est comme si nous avions été projetés en arrière, quand tu étais aussi une Princesse de Faërie qui allait bientôt se fiancer au Duc d’Outrevent… L’histoire se répète. Malgré la situation préoccupante des empires, j’espère pouvoir t’apporter un peu de quiétude en Outrevent. Ce sera ton refuge… Bientôt ton domaine aussi. » Je relève la tête, pour la fixer longuement. « Je compte officialiser aussi nos fiançailles, aujourd’hui même. »

Je la laisse s’approcher, à sentir la caresse chaude de sa main contre ma peau si froide. Je ferme à demi les yeux, en capturant sa main dans la mienne. Je sais bien ce qu’elle a dû apercevoir sur mon visage. Les marques de la bataille ne se sont pas encore entièrement estompées. « Il a fallu compter sur les rares médecins présents dans nos rangs pour panser nos blessures. Nous avons un réel manque, à nous reposer sur la magie, même si nos guerriers… Ils se battent comme une meute enragée. Ils n’ont rien lâché, et chaque parcelle de terre a dû nous être arrachée après un âpre combat. Nous les avons arrêtés peu après la frontière. Dès que nous avons pu nous battre sur un terrain connu, la défense était facilitée. Et puis… Je crois que chacun de nous savait ce qui était en jeu, si nous devions encore reculer. Ce sont des familles entières, leurs familles, qui auraient pu mourir sous les coups des Bellifériens. » Je lui souris doucement, et embrasse la paume de sa main. « Je n’ai rien eu de grave. Juste une stratégie audacieuse qui a exposé ma garde et moi. Ils ont tenté une percée, mais ça n’a que mieux précipité leur chute. A chaque fois, nous avons fini par devoir battre retraite, mais cette fois-là… Nous leur avons arraché la victoire. »

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Dernière édition par Liam d'Outrevent le Mar 5 Déc - 20:03, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Sam 18 Nov - 16:17


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Entendre mon importance, même si ce n'est que pour un seul, me réchauffe. C'est un sentiment agréable, terriblement, je m'étais sentie tellement seule les mois précédents, sans même m'en rendre compte. Les présences qui gravitaient autour de moi ne m'approchait que pour satisfaire une curiosité morbide ou un désir caché. Alors simplement quelque mot, que je sais sincères, me touche bien plus que je ne saurais le dire. Liam se doute-t-il un seul instant de toute cela ? Sans doute oui, même si nous n'avions guère abordé ce sujet encore douloureux pour moi. Il avait toujours été d'une patience divine avec moi.

J'aime la beauté d'Outrevent. Rugueuse, sauvage mais terriblement fascinante, combien d'heure ais je passée a errer sur les balcons du palais, me perdant bien plus souvent qu'à mon tour sur l'horizon qui s'offrait à moi. C'est devenu un refuge serein, particulièrement la nuit lorsque le sommeil se refuse à moi, cela m'arrive encore, plus rarement cependant. Je hoche lentement la tête. Le soulagement. Peut être, mais il n'y avait pas que cela. « Oui, sans aucun doute. La colère aussi, tellement de colère, plus que je ne m'en pensais capable. Ma liberté est construite sur un mensonge qu'il m'a fallu accepter ainsi que le propre parjure de mon cœur. » Un soupir naît et meurt sur mes lèvres. « Je savais le prix qui me serait réclamé, le surmonter fut sans doute plus difficile que je ne le pensais. » Je n'avais jamais fait du mensonge mon arme de bataille, quelque chose que mes conseillers m'avaient souvent reproché alors que je refusais obstinément de me lancer dans l'art du complot, dans la paranoïa qui sied a toutes têtes couronnées. « Tu m'apporte bien plus que cela, Liam, cela a toujours été. Le Destin a été capricieux avec nous,  ne trouve-tu pas ?» Je me souviens de nos fiancailles d'alors, j'avais été heureuse, satisfaite aussi alors que tant de jeunes filles ne pouvaient espérer meilleur époux. Aujourd'hui, ce sentiment persistait, mais s'y mêlaient d'autres que je ne comprenais pas encore. La joie, l'attente, le doute peut être...que sais je, le trône n'avait laissé que peu de place au romantisme. «  Outrevent est une terre magnifique, il me faudra m'en montrer digne et je n'envisage pas de la décevoir. » Parce que j'ai appris, dans la douleur et le sang, que l'on ne pouvait se contenter d'attendre, qu'aussi douce et faible sois je, il me faudrait parfois me faire marbre et granit pour obtenir ce a quoi j'aspirais. Je croise son regard azur, y lit une détermination d'airain avant que ses mots ne me fassent sourire avec amusement. « Craindrais tu que je ne t'échappe ? » Mais je comprends ce qu'il veut dire, au delà des mots. « Oui, nous n'avons que trop tarder, j'espère que cette nouvelle apportera une lueur de joie aux Outreventois au milieu de cette guerre inutile. »

Une guerre dont il n'est pas ressortit indemne. L'inquiétude prend ses quartiers dans mes iris. Je ne me leurre pas, Liam est un guerrier, un Duc qui se doit d’apparaître aux cotés de ses troupes, mais le spectre de sa perte ne cesse de me chuchoter à l'oreille, quand bien même je le sais puissant et réfléchit. Il est des peurs qui demeurent irrationnelles. Son récit me fait frissonner et pourtant je le soupçonne de m'en cacher l'atroce réalité. Mon regard se voile doucement. « La magie demeure toute puissante en Faërie, bien plus qu'en Ibélène où elle ne vit aucunement ou presque, c'est un handicap certain alors même que la maladie frappe durement nos mages. Cela sera une leçon dont nous devrons tirer un enseignement sans aucun doute. Je n'ose imaginer a quelles extractions ces soldats se serait adonnés et c'est une crainte que l'on m'a souvent rapportée durant mes déplacements en Outrevent et je loue les dieux, il est heureux que tes guerriers aient réussit a repousser l'affront, ta présence a dût grandement jouer sur leur détermination.» Son baiser me rassure et sans doute est ce pour cela qu'il me l'offre. Ce geste est aussi naturel qu'étrange d'une certaine façon, étions nous aussi intimes auparavant ? « L'audace se voit parfois couronnée de succès c'est vrai, néanmoins, Liam...Prends garde à toi, je refuse de voir Sithis t'arracher à moi. Tu repartiras encore, je le sais, mais promets moi de revenir, en attendant, je prendrais soin d'Outrevent. » C'est une promesse égoïste que lui demande de tenir, je m'en rends compte au moment où les mots franchissent mes lèvres mais je n'ai sus les retenir. J'ai perdu tant d'être chers à mon cœur déjà blessé de trahison, que ferais je si je le perdais lui aussi ?

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Dim 17 Déc - 22:27

Je n’ai rien à lui répondre, rien à opposer à cette colère qu’elle me décrit. Contrairement à elle, je n'ai même plus la force d'en éprouver. J’ouvre la bouche, pour la refermer aussitôt. Je lui devrais certainement des excuses. J’ai la désagréable impression de lui avoir forcé la main, parce que je ne pouvais concevoir que l’on me l’arrache à nouveau. « Nous aurions dû mourir, tous les deux. » Je détourne le regard, meurtri par ce souvenir qui rend toujours son retour si irréel. « Toi, la gorge tranchée par les fanatiques de l’Ordre. Moi, en défendant ton honneur et ta mémoire. Nos vies sauvegardées ne sont que par la tromperie, le déshonneur. » Est-ce que ça en valait au moins la peine, de sacrifier autant ? Pour Aymeric, oui. Je ne pouvais pas le laisser aux mains de Gustave de la Rive. Et pour Chimène… Je ne fais que tenter de me racheter, en lui offrant une nouvelle liberté, de nouveaux espoirs. « Je t’ai bien mal conseillé, Chimène. Peut-être n’en serions-nous pas là, si je n’avais pas ainsi dicté ta conduite. Peut-être même que ta sœur serait en vie, et que la guerre n’aurait jamais éclatée. Tout n’est pas imputable uniquement à ton frère. » Je sais à quel point elle me tient en haute estime. J’ai toujours été convaincu de faire pour le mieux, pour elle, pour Outrevent et Faërie. La vérité, c’est qu’il n’y a toujours eu que davantage de morts. J’aurais certainement pu éviter que ma famille ne se fasse décimer. Ce sont mes convictions profondes qui m’ont emmené si loin, jusqu’à ce qu’elles s’effondrent… Aymeric a été le déclencheur, puis Chimène. J’étais prêt à emmener Lionel dans mon propre trépas, mais Gustave de la Rive a réussi à me faire plier, avec un enfant qui n’avait pas encore six ans révolus, avec ses yeux bleus si semblables aux siens qui me fixaient. La liberté de Chimène me paraît bien peu payée, en comparaison de cet instant précis, où j’ai trahi son nom et mis genou à terre. J’ai sauvé un innocent, et combien en ai-je condamné ?

Mon poing se serre contre le rebord, et Chimène me sort de ma torpeur en évoquant la beauté d’Outrevent. Je fixe mon regard à nouveau vers l’horizon. Je n’ai pas vu Souffleciel depuis des mois, mais elle ne m’a pas manqué. J’ai passé tellement d’années loin de la capitale… Je crains de ne plus me sentir nulle part chez moi, ou plutôt… Je me sens chez moi uniquement où sont les personnes qui comptent réellement. J’entends cette pointe d’humour dans sa voix, qui me désarçonne, tandis que nous parlons de l’officialisation des fiançailles. « Tu peux aller où bon te semble maintenant, Chimène. »

J’hoche lentement la tête. J’entends ses craintes, vis-à-vis de cette guerre, mais elle comprend parfaitement le rôle qu’il me fallait jouer. Entendre le nom de Sithis me fige et mon expression se durcit. « Je ne peux rien te promettre, Chimène. Je ne voudrais pas avoir à te mentir. Je peux seulement te dire… Que ta présence m’aide à tenir. » Son toucher est chaud, réconfortant. Elle est une flamme qui chasse les ténèbres, au moins pour un temps. « Viens, rentrons. Je ne voudrais pas que tu prennes froid. » J’attrape cette main dans la mienne et me glisse à nouveau à l’intérieur. J’arpente les couloirs, en grande partie déserts depuis que l’annonce de notre retour est parvenue, pour enfin gagner mon bureau. Les serviteurs se sont déjà occupés de réchauffer la pièce, et le feu crépite dans l’âtre, comme une invitation muette. Je lui fais signe de s’installer alors que je contourne le bureau en bois massif pour prendre la plume, et griffonner aussitôt l’acte de fiançailles. Je n’ai rien voulu préparer à l’avance, de peur que l’information ne s’échappe à nouveau pendant que je me trouvais sur le front, mais le contrat conclu entre nos trois partis attend sagement dans un coffre scellé depuis de longs mois. Il suffit seulement d’officialiser la chose, par écrit, et par le biais des outreparleurs. J’appose le sceau d’Outrevent, et fait enfin appeler ceux qui devront véhiculer la nouvelle. C’est un étrange ballet qui s’opère ensuite, avant que le bureau ne finisse par retrouver un peu de sérénité. Je m’approche de Chimène, pour lui glisser dans un mince sourire : « Il va falloir que tu reprennes rapidement l’habitude de quelques apparitions publiques. Ils ont le cœur à l’ouvrage, et l’idée ne vient certainement pas de moi, mais un bal va être organisé en ton honneur. »

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Dernière édition par Liam d'Outrevent le Sam 6 Jan - 13:32, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Mar 19 Déc - 11:23


Chimène & Liam

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit



« Non. » Ce mot claque comme la lanière d'un fouet, il tranche l'air froid et percute. Il y a quelque chose que l'impératrice d'alors n'avait fait qu'effleurer, poli par les épreuves et la douleur dans ma voix. Une autorité qui n'était qu'embryon à l'époque et qui resurgit, portée par la souffrance et les doutes que je perçois dans sa voix, affûtée par les obstacles. D'acier, mon regard s'adoucit. Son visage, son regard absent. La douleur qu'il ne ne sait et ne veut exprimer. « Il suffit Liam. Je ne t'ai point parlé de mes tourments pour que tu les fasses tiens. Je les partage avec toi comme je l'ai toujours fait, le poids ne t'en incombe pas. En vérité, il n'y a nul responsable. Moi qui fut trop faible, toi trop loyal, Gustave trop ambitieux, mes conseillers trop sournois, mes ducs terriblement vipérins, cet Ordre assoiffé...Je déteste les mensonges que j'ai dût proférer, je déteste la faiblesse qui fut la mienne, mais ma liberté avait un prix, il est inutile de regarder derrière nous,je préfère contempler le chemin qui s'ouvre devant moi...Devant nous. Regarde moi Liam... » C'est un murmure, presque un ordre enrobé du velours de mon affection immense pour lui. « Je suis en vie et libre grâce à toi, Aymeric est sain et sauf auprès de toi, grâce à toi encore une fois, Outrevent vivra...Grâce à toi...Il n'y a nul déshonneur à protéger ceux auxquels on tient, peut importe les moyens et même les dieux ne pourraient te condamner, pour quoique ce soit. » Mes doigts, légers et frais, effleurent le poing virulent qu'il sert contre le marbre.

Et puis l'orbe de mes iris se dépose sur la capitale ducale. De loin, on dirait une soupe d'étoile sur un nid de velours, c'est magnifique. En vérité, j'ai toujours aimé cette région, cette terre et, même si je n'en dis mot, parfois de doute de lui apporter ce qu'elle attend de moi. Néanmoins, je ne baisserais pas les bras, je m'y refusais.Liam est ailleurs, loin de moi et en même temps, aussi proche que possible. J'effleure de mon regard les traits durcis, harmonieux mais aussi tranchant que l'étais sa détermination. Je ne sais ce que je dois y voir, je pensais le connaître, tout savoir de lui et pourtant, il demeure une partie de son âme qui me demeure inconnue. C'est étrange. « Oui, je le sais. » Mais je ne désire pas quitter Outrevent, pas encore...Bientôt sera l'heure de mon hommage a Chrysolde, alors seulement je savourerais pleinement ma nouvelle liberté. Méfiante et malhabile encore, mais existante. Et je voulais demeurer auprès de lui. Dans ce désir égoïste j'exige. Une promesse. Une promesse intenable. J'espère qu'il me l'offrira tout en sachant qu'il n'aime guère le mensonge. Parfois, je hais cette vérité qui se déverse entre ses lèvres. Abrupte. Violente. Sans fard ni illusion. Ma mâchoire se crispe un peu, mon sourire perd de sa souplesse, mes iris se voilent... « Non tu ne peux pas... Une partie de moi désirait un mensonge et l'autre savait déjà qu'il ne franchirait pas la barrière de tes lèvres. » J'ai perdu tant de sourire, tant des miens. Je ne peux le perdre lui aussi...Mais je ne serais point un obstacle a son devoir. « Reviens moi, quoiqu'il se passe . »

Ma main liée à la sienne, je marche dans ses pas. Le silence et le vide n'ont rien d'angoissant, à ma grande surprise. Il faut dire que j'ai appris a aimer ce palais, ses murmures et sa discrétion. Légèrement frissonnante, je m'approche de l'âtre, y présentant mes mains. J'observe en silence la valse des servants alors même que nos fiançailles s'évadent dans l'air et se propagent au milieu de la nuit. La suite fait naître une étincelle de surprise au cœur de mon regard. Une lueur de diamant dans le granit que je pose sur lui. « Un bal ? » A vrai dire, cela me surprend. Non pas que de telles réjouissances n'existaient en Outrevent, loin de là, mais le contexte ne s'y prêtait pas réellement. Néanmoins, un sourire amusé répond a celui fin, qu'il m'adresse. « Si ce n'est ta décision, de qui est elle ? » Je me détourne de l'âtre pour lui faire face. « Te souviens tu des leçons de danse que tu m'as offerte ? Jamais je n'avais autant cassé les pieds d'un Duc... » mes yeux se voilent de souvenirs jamais oubliés. Heureux. Et je ris doucement, une cascade légère dont je n'avais plus entendu la musique depuis longtemps.

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Sam 6 Jan - 13:55

Je relève le regard vers elle, quand ce mot unique claque dans l’air. Que Chimène se montre si ferme, si implacable, a quelque chose de déroutant. Contrairement à bien d’autres, je lui ai toujours fait confiance pour être une impératrice juste et qui ferait preuve de bonté envers son peuple. Je ne la connaissais pas autoritaire, pas avec cette farouche détermination au fond d’un regard d’acier. C’est rare de l’entendre me reprendre. C’est rare aussi, que je m’égare. Aussi loin que je me rappelle, Chimène n’a jamais été une confidente pour moi. Je ne lui confiais ni mes tourments ni mes doutes, seulement mes certitudes. C’est ce dont elle avait besoin pour régner efficacement, de quelqu’un qui pourrait l’épauler et la conseiller. Un doux sourire naît sur mes lèvres, à constater que les positions s’inversent.

J’hoche lentement la tête, à ses propos si sages. Elle n’impute pas la responsabilité à une seule personne, mais à une multitude d’erreurs commises. C’est vrai, bien sûr, mais rompre avec le passé… J’oriente à nouveau mon regard vers elle, quand elle me le demande, même s’il est encore chargé de ce trouble difficile à dissiper. « Parfois, cela me paraît insurmontable, Chimène. Mais à chaque fois que je me pense incapable de me relever, quelque chose, quelqu’un me force à continuer. » Aymeric me l’a permis un temps. Lionel… L’a toujours fait. Elle doit le percevoir, au fond de ce regard criant de sincérité, quelle importance elle a désormais pour moi. Je ne l’aurais pas soupçonné, si attaché à la sauver, sans même me poser la question de qu’elle serait notre avenir, ensemble, à nouveau.

Je prends une inspiration difficile. Sa main douce et chaude contre la mienne parvient à m’apaiser, me calmer. J’ouvre lentement mon poing serré pour l’accueillir. Je fais preuve d’une faiblesse qui me gênerait en temps normal, si cela n’avait pas été elle. Avec Chimène, je ne suis plus aussi sûr que ce soit une mauvaise chose. J’ai plus que jamais besoin de sa présence, de son soutien. Et elle me rappelle si justement tous les sacrifices consentis pour les maintenir en vie, et pour protéger les miens. Je sais que les Outreventois ne me reprochent pas d’avoir dû consentir à cet odieux chantage, comme ils devraient savoir que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger mon duché des affres de cette guerre qui ne nous concerne que peu. Se battre n’a jamais été le plus difficile, ni savoir ce qui mérite d’être défendu. Je lui souris avec clémence, quand elle cherche à m’arracher une promesse qui sera difficile à tenir. Attends moi, Chimène. Attends-moi.

Je suis à ses côtés, quand la fin de soirée accueille enfin ce que nous gardions sous silence tout ce temps. Je me sens libéré d’un poids, d’un secret intenable. Il y en a un autre, qu’elle mériterait d’entendre, même s’il peut se révéler blessant pour elle. La lettre de Maelenn est encore sur mon bureau, après son escapade qui se révélera inutile. Je ne comprends pas son geste, alors qu’elle aurait pu franchir les escaliers plutôt que de manquer de se rompre le cou, si seulement elle avait attendu quelques jours de plus.

Je capture une des mèches flamboyantes de Chimène, le regard dans le vague. « Un bal, oui. C’est l’occasion d’une déclaration publique devant les nobles outreventois, et de te présenter, même s’ils te connaissent déjà. » Je lui offre un mince sourire en réponse. « Je n’aime pas les bals. » Autant ne pas lui cacher. « C’est souvent sujet à débat avec mon intendant. » Son regard gris s’ancre en le mien, alors qu’elle me rappelle des souvenirs si lointains qu’ils me paraissent maintenant irréels. Une époque où la guerre ne sévissait pas, presque insouciante. Je lâche un bref rire, à secouer la tête. « Je t’avais pourtant dit que j’étais piètre danseur, mais tu n’en as pas démordue. Encore maintenant, ton acharnement m’échappe mais… M’offriras-tu une nouvelle danse, Chimène ? » Je lui tends la main, en une invitation muette, avant de la laisser retomber contre son bras, l’expression plus grave. « Je dois te dire quelque chose… » Je me dois d’être sincère avec elle, toujours. J’ai assez retardé, en espérant le bon moment, sans savoir qu’il n’y en aurait pas. Les rumeurs ont eu le temps de faire leurs œuvres, et même peut-être Chimène s’est déjà faite une idée sur la question. « La compagne, Maelenn du Noroît, que nous accueillions à travers nos murs… J’ai eu une aventure avec elle, assez récemment, mais ce n’est pas ce qui m’a motivé à la faire demeurer au palais, loin de là. C’est une mage de l’Automne, et j’aurais mieux fait de garder mes distances… Lorsque j’ai voulu mettre fin à cette histoire, puisque nous allions nous fiancer, elle a pu m’arracher ton nom. Je ne pouvais pas la laisser repartir avant l’officialisation, au risque de te mettre en danger. Je suis navré, Chimène. Ce que l’on a pu te raconter à son propos est vrai, en partie du moins. Mais maintenant que nous sommes engagés l’un envers l’autre, jamais on ne me détournera de toi. C’est une promesse, Levor en soit témoin. »

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Lun 8 Jan - 16:19


Chimène & Liam

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit



Je l'ai surpris. Je le vois bien. Je le conçois même. La fermeté, l'autorité, ce n'était des qualités dont on me paraît. D'ailleurs, m'en donnait on ? Mais je ne peux le laisser penser ainsi. Ces mots qu'il prononce, presque fatalistes, me percent le cœur et l'âme telle des pointes effilées et rougies à blanc. C'est étrange, jamais je ne l'ai vu douter, jamais je n'ai entendu sa voix se fêlée ainsi et cela me blesse. Ma réaction est impulsive, désordonnée peut être, je m'en rends bien compte alors je verse du miel sur ma voix, du velours sur mes mots. Je suis peut être maladroite, sans doute même, mais il m'a si souvent soutenu, si souvent épaulée, serais je ingrate et imbécile de ne pas lui rendre un millième de ce qu'il m'a donné. Et quelque part, je veux cette importance auprès de lui, cette place que je devine encore vacante. Je ne sais exactement ce qu'elle est mais elle m’apparaît si fascinante, attractive, qu'elle fait naître en moi un désir de possession puissant qui me déstabilise, que je ne comprends pas vraiment. « Il y aura toujours quelqu'un pour toi Liam. Moi...Moi je serais toujours là. » Et je crois en mes propres mots, même si ils ne sont que cela, je les transformerais en actes vrais et c'était une promesse que je me faisais, tapie et bien a l'abri au fond de mon cœur. Scellée par le frémissement de ma poitrine lorsque je croise son regard. Je ne sais pas pourquoi et je n'en comprends pas tout à fait le sens, mais je sais, comme une certitude de marbre que quelque chose a changé.

Mes doigts trouvent naturellement leur place au creux des siens, comme une habitude solidement ancrée qui revêt la saveur d'une nouveauté. Qu'importe tandis que je vois son visage s'apaiser, que la douleur, sans réellement disparaître, se fait plus brumeuse dans le ciel de ses yeux. Alors je ne sais quelle folie me prend et la capricieuse enfant que je fus refis surface, réclamant une promesse qu'il ne pouvait m'offrir. Car il ne pourrait la tenir. Je le sais. Tout au fond de moi mais la peur est une mauvaise conseillère, elle me fait miroiter un monde bien différent de celui dans lequel je vis dorénavant. Je ne peux lui arracher plus qu'il ne peut me donner, c'est une vérité que je connais, que j'aimerais nier, mais je ne suis plus une enfant capricieuse, la vie s'étant chargée de tuer ma frivolité. Et pourtant, malgré tout cela, je lui suis reconnaissante de ne pas me mentir. C'est avec une sorte d'émerveillement étrange que je me rends compte qu'il ne me traite plus comme une petite chose fragile qui risque de se briser d'un souffle...A-t-il sentit avant moi la force nouvelle qui s'animait en moi ? Peut être, il me connaissait bien plus que moi même parfois. Alors même si la déception étrangle ma gorge et si la peur me broie la poitrine, il nage dans mes iris une lueur fière et emplit d'une nouvelle confiance. Je veux me persuader. Je ne le perdrais pas et il me reviendra alors je lui souris. J'attendrais.

Je ne m'étais pas rendue compte du froid de l'air avant d'entrer dans le bureau ducal. J'ai cheminé d'un pas léger, apaisée par la présence de Liam. Apaisement mit à mal lorsqu'il fait partir l'annonce officielle de nos fiançailles. Quelque part, je peine a en accepter la réalité, je peine a laisser les mots libre et légère s'inviter dans mon esprit. Pourtant, c'est ce qu'il fait de moi en la minute. Un paradoxe aussi, libre et liée à lui. Je le regarde, enrouler une mèche de mes cheveux autour de son doigt, surprise qu'un bal soit donné, pour moi alors que la guerre gronde. Une étincelle amusée flamboie dans mes iris. Il est vrai, Liam n'a jamais réellement goûté les bals et autres réceptions. Je les aimais, dans une moindre mesure ceci dit. « Est il sage d'en organiser un alors qu'Outrevent est en guerre ? Tes gens y verront ils un instant de joie au milieu de ces ténèbres ou se sentiront ils insultés ? J'avoue que je crains la réponse a cette question... » Je ne peux taire cette sensation, j'avais été à la rencontre de ces femmes, de ces mères, sur leur visage à toutes, j'avais lu la peur, la crainte et parfois la résignation...Je ne voulais jeter mon bonheur à la face de ces femmes même si je comprenais la nécessité de la chose. Pourtant, cette annonce fait remonter en moi des souvenirs. Plus légers, plus insouciants, plus fous. Lui comme moi n'avions, alors, pas les mêmes sombres pensées. Je n'étais pas destinée au trône, ma sœur régnait, j'étais jeune, têtue aussi. Je ris a sa remarque, retrouvant un peu de cette légèreté d'alors. « Parce que je voulais, une fois, ouvrir le bal avec toi. » répondis je en approchant ma main de la sienne...Avant que celle ci ne retombe non pas sur ma paume mais sur mon bras, me plongeant dans l'incompréhension et le doute. La rebuffade était étrange et ne lui ressemblait pas.

L'ambiance légère et bon enfant s'évapora sous ces mots et, malgré moi, je me raidis.  Mais je ne m’attendais pas à cela. Pas a cet aveu, ni a l'amertume soudaine qui noya ma gorge à ces mots. Inconsciemment, je portais une main à mon cœur, peut être pour nier l'éclatante douleur qui venait d'y naître. Une réaction que je ne comprenais pas vraiment. Ma raison me soufflait qu'il n'y avait là rien de condamnable. Liam était un homme célibataire, nanti d'un titre convoité et d'une terre prospère, pourvue de la jeunesse et de la beauté, quelle femme ne tenterait pas de se l'approprier ? Alors pourquoi avais je l'amer goût de la trahison sur ma langue ?  Je détournais les yeux, qu'il ne puisse y lire la douleur et l'incompréhension. Bien sûr, j'avais entendu les rumeurs, il existe toujours une langue bien trop pendue dans les couloirs d'un palais, bien sûr que cette langue c'était fait un plaisir de m'instruire...Je n'y avais pas cru. Du moins pas en partie. Mais maintenant, maintenant qu'il me l'avouait lui même, que je ne pouvais le taxer de mensonge, je n'avais d'autre choix que d'y voir une vérité dérangeante et douloureuse. Puis il y eu une colère irraisonnée, illogique que je contins a grand peine, qui exsudait sur les traits de mon visage, dans la dureté de mes yeux plongés dans l'âtre. Un regard que je cachais sous mes paupières, inspirant doucement. Je n'osais ouvrir la bouche par peur des mots qui pourraient en sortir, portés par une indignation irrationnelle et une souffrance surprenante. Le temps d'un souffle, j'enviais et je haïssais cette femme. Si puissamment que je me terrifiai moi même, si fortement que j'eus envie de hurler alors je pinçais les lèvres, jusqu'à les blanchir. J'entendis, comme dans un brouillard, sa promesse. Sa certitude. Mais il l'avait dit, c'était une mage...Quelle chance avait il contre la magie ? « Elle ne reviendra plus. » soufflais je, dure, implacable, tentant de reprendre en main les rennes de ma raison au prix d'efforts monstrueux, du moins était ce l'impression que j'en avais. Je me sentais injuste, pathétique, idiote.« Excuse moi. Je... » Je quoi ? Je n'ai a te dicter ta conduite ? Je ne peux décider pour toi ? J'exècre ce qu'elle a été pour toi ? « Je suis idiote, la décision te revient bien sûr... » Non. Je ne pourrais supporter une telle présente entre les murs du palais. Non, je ne le pourrais pas. « Mais je ne la supporterait pas. Je me sens injuste, envers toi de te demander une telle chose, je ne suis pas naïve, je ne peux te juger pour une passade alors même que nous ne sommes mariés.» Je n'y arrivais pas. Etre l'amie, celle qui fut toujours dans sa vie, celle qui lui porte une tendresse et un amour indéfectible, compréhensive. Je ne le pouvais pas et je n'avais jamais réellement sut lui cacher quoique ce soit de mes humeurs. « Ne la revois pas. S'il te plait. C'est une demande égoïste, puérile peut être mais...Ne la revois pas. »

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Dim 4 Fév - 21:21

Elle doute. Elle s’inquiète. Je lui souris doucement, à songer qu’elle fera une bonne duchesse, si portée vers les désirs et les aspirations de son peuple. C’est aussi cette empathie qui lui a coûté si cher, quand elle a décide de laisser repartir son frère en vie, avec ce couperet au-dessus de la tête, plutôt que de mettre un terme à cette rébellion en l’étouffant dans l’œuf. Malgré tout, Chimène ne regrette sans doute pas réellement sa décision, celle de continuer de croire, plutôt que de mordre la main tendue comme tout animal blessé le ferait. C’est ce qu’elle est, et restera, pour le peuple d’Outrevent. « La guerre est coûteuse. N’espère pas le faste des célébrations au palais impérial… Mais, oui. C’est la bonne décision. Les nobles auront besoin de te voir, et les Outreventois d’entendre ce message d’espoir. Tu incarnes leur lueur d’espoir, Chimène. »

Elle oublie un temps l’ambiance lourde qui saura accueillir cette nouvelle propagée aux quatre coins de Faërie et d’Outrevent. Je l’entends rire, avec une légèreté retrouvée, et ce son me plaît assez. Je lui souris avec douceur. « Nous ouvrirons le bal, cette fois aussi. Comme autrefois. » Comme à cette époque insouciante, où la guerre ne nous avait pas rattrapée, où ma sœur était encore de ce monde. J’en viens à songer à nouveau à mes propres manquements, et ceux envers Chimène se doivent d’être dits, avec sincérité.

Je la vois détourner les yeux, une main sur sa poitrine, comme si l’atteinte avait été portée en plein cœur. Je ne voulais pas la blesser. Je baisse le regard, quelque peu honteux. Je me suis laissé aller, ces derniers temps, consumé par mon désespoir… Et pas une seule fois il m’est venu à l’esprit de venir la voir. J’ai toujours été l’oreille attentive pour elle, le fidèle conseiller, mais cela fait longtemps que nous n’étions plus l’un pour l’autre une réelle conjugaison, comme à l’époque de nos fiançailles. Je me sens profondément idiot, à ne pas avoir pris davantage en considération ses propres sentiments, et quelque peu dérouté aussi, quand l’insouciance se substitue à la colère, sur ses traits que j’ai pris l’habitude de contempler. Je me fais prudent, face à ses réactions, qui laissent planer un doute plus profond en moi. Je n’ose pas la toucher, et reste à ma place, à attendre qu’elle prenne enfin la parole.

Et elle le fait, avec ce même ton implacable qui m’avait surpris auparavant. Elle exige, sans même se rendre compte des mots qu’elle vient de formuler. Je l’observe, interdit, jusqu’à l’entendre finalement s’excuser, se traiter d’idiote. Les mots me manquent, alors que cette discussion prend une tournure à laquelle je ne pouvais m’attendre. « Chimène… » Elle est révoltée, bien sûr. « Je ne compte pas la revoir. Je ne te ferais pas cet affront, alors que nous sommes officiellement fiancés. Je n’atteindrais pas à ton honneur. » Mais quelque chose, dans son attitude, me laisse profondément sceptique, comme si ce n’était pas ce qui l’inquiétait le plus. « Elle est repartie en Lagrance, ce qui est pour le mieux. »

J’hésite, un instant. Je pousse un profond soupir. « J’ai fauté, deux fois. La première… C’était une impulsion, déraisonnable. Je l’ai laissé m’approcher, en connaissant sa condition. Je ne l’aurais pas fait en temps normal. » Je marque un silence. Devrais-je réellement lui en parler ? Je ferme les yeux. « La deuxième… » Les mots me manquent à nouveau. Et qu’importe, au fond, toutes ces promesse. Comment pourrais-je oublier… ? Je lâche, dans un chuchotement à peine perceptible : « J’avais seulement… Besoin de me sentir vivant. » Je me sens idiot, et coupable, maintenant. Je rouvre les yeux, à me passer les mains sur le visage dans un soupir retentissant. « C’était à l’issue du procès, avant de partir pour le champ de bataille. Je… » J’ose enfin la regarder, avec ce tourment qui agite les eaux clairs de mon regard. Je retrouve l’acier, solide et immuable, du sien. « J’aurais sans doute dû venir t’en parler. Je ne tenais pas à fauter auprès de toi. Et finalement… C’est bien ce que j’ai fini par faire également. Je te devais au moins la vérité, mais je ne te tourmenterais pas plus avec elle. Tu es ma priorité. Tu es celle qui partagera bientôt ma vie. » Et cette douleur, cette colère, qui transparaissaient dans tout son être… J’aurais dû en prendre conscience plus tôt. Ce qui nous lie n’est plus seulement ce contrat, plus seulement une dette de vie. C’est… Chimène. Et nous sommes à nouveau fiancés.

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Dernière édition par Liam d'Outrevent le Dim 11 Mar - 11:35, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Sam 10 Mar - 20:23


Chimène & Liam

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Le rouge orne un instant mes joues. C'est étrange. Je fus impératrice, je gouvernais et pourtant j'aspirais encore à la reconnaissance ou a la modestie. Parfois les deux se confondent. « Voici un poids bien lourd qui orne mes épaules...Mais qu'il en soit ainsi. » Je préférais être l'espoir, la lumière dans les ténèbres plutôt que l'ombre et la mort . Si bal il devait y avoir alors je ne voulais que rire et légèreté. Je ferais sans doute un geste pour le bas peuple, qu'ils puissent partager les réjouissances car c'est eux qui souffrent le plus, de leur sang sont nés les guerriers d'aujourd'hui. « N'oublions jamais ceux qui saignent pour Outrevent... » Un murmure qui le désigne aussi, car lui aussi à saigné. Duc et guerrier. Lui aussi a verser sa noblesse et sa hargne sur le champ de bataille. Même si je ne lui ai demandé aucun détail, je le sais.

Mon sourire s'anime, se meut de joie oubliée, d'images ternies sans doute mais qui retrouvent l'éclat de leur gloire sous nos souvenirs. Je lui souris. Avec un amusement innocent, bercé du passé que nous avons en commun. Hélàs ces portraits bienheureux s’effritent sous son aveu. Je suis meurtrie, blessée, par moi, par lui. Je ne peux l'agonir de mon jugement, je ne peux éructer ce que je ne comprends pas moi même. Il est Duc. Il est puissant. Ces maîtresses doivent être légion, pourquoi m'en offusquer maintenant ? Pourquoi laisser libre court a cette douleur dont je ne comprends pas le sens, laisser libre cet ouragan tempétueux qui blesse et déchire ? Et même si le carcan de mon éducation contint l'orage, je ne peux en cacher certain éclat qui me conduisent a l'erreur. J'inspire, délicatement, profondément. L'amertume qui erre dans ma poitrine ne cède pas la place, elle persiste. L'acide qui me brûle la gorge continue son œuvre mais je tais l'étincelle brûlante de rage de mes iris, je contiens les mots emplis de fiel. Je suis princesse. Mon dos se redresse sous un ordre muet, j'apaise la folie de mes yeux gris. Je l'ai heurté, lui que j'aime, j'ai honte, je me sens si humiliée par moi même, encore plus que par la nouvelle d'une liaison. Mais je ne peux taire cette haine qui me broie le cœur. Folle et irrationnelle. Il cherche a me rassurer mais...y arrive-t-il réellement alors que je sens un feu haineux continuer a dévorer mon cœur.

Il me blesse. Sans même s'en rendre compte. Chaque mot devient la pointe acérée d'une flèche qui se fiche profondément dans ma poitrine. Pourtant, je ne vacille pas, portée par mon éducation parfaite, par la souffrance que je perçois dans sa voix, par la mienne qui lui fait écho. « Jamais tu ne m'as vue comme un soutien...N'est ce pas Liam ? » Il n'y a aucune condamnation, aucun jugement, juste un fait. Je n'avais jamais été sa force, trop immature, trop jeune sans doute. Étrangement, alors même que cela est de mon fait, de ma jeunesse, je me sens si meurtrie. Je suis terriblement injuste envers lui mais je n'y peux rien, mes sentiments semblent avoir leur vie propre et rugissent, éructent, crachent...Et sont rendus muets par le mur que je leur oppose. «  C'est ironique. Le constater me fait mal mais...Je sais aussi que je ne me suis jamais présentée a toi sous ce masque. Tu m'as toujours protégée et jamais tu n'as imaginé le contraire, jamais je ne t'en ai donné le loisir. Comment pourrais je t'en vouloir de l'avoir fait auprès d'une autre ? » Je refoule l'amertume et le fiel. La folie des mots qui échappent à la pensée. Je lève un regard pourtant tourmenté sur le sien. « Pardonne moi. »

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Dim 11 Mar - 15:13

Mes mots ne semblaient pas lui suffire, fussent-ils chargés d’une profonde sincérité. Je savais d’expérience que la vérité était bien souvent blessante, mais je comprenais tout juste à quel point elle pouvait l’être pour Chimène. Je n’avais pas réellement pris en compte ses propres sentiments, et c’était une erreur de ma part. Je maintins le silence, dans une attitude prudente. Chimène semblait prendre sur elle, malgré l’affront, avec cette dignité toute cibellane de l’ancienne impératrice.

Quand elle reprit la parole, ce n’était aucunement pour condamner et pourtant... J’accusais le coup, saisissant toute la portée de cette interrogation qui n’en était pas vraiment une. Chimène… Un soutien ? « … Non. » Jamais, en effet. Jamais elle ne m’était apparue comme un soutien. Ce n’était pas ainsi que les choses devaient se passer. Je l’avais conseillé, comme sa sœur avant elle, du mieux que je le pouvais. Chimène était bien plus candide et influençable que sa sœur aînée ne l’avait été, à ses débuts. Elle avait besoin de davantage de soutien, d’épaules sur lesquelles se reposer. Je n’avais failli qu’une seule fois à ma mission envers elle, à sa mort, quand Gustave de la Rive avait cherché à me faire plier genou par un odieux chantage. Les mots me manquaient, subitement. « Tu étais mon impératrice, Chimène. C’était à moi d’être un soutien pour toi, de te conseiller au mieux. » J’avais eu besoin de Chrysolde pour récupérer le trône ducal, puis par la suite, pour porter ce coup dur à la Confrérie Noire… Mais Chimène était tellement dépassée par les événements qu’il ne m’était pas venu à l’esprit de réclamer son assistance. Outrevent avait pu bénéficier de quelques temps de quiétude, et la guerre maintenant, était l’affaire de tous. Si les premières années avaient été difficiles, ce n’était pas dans mes habitudes de réclamer de l’aide pour la gestion de mon propre duché, ce qui n’aurait rien été d’autres qu’un aveu de faiblesse. « Ce sera différent, quand tu seras duchesse d’Outrevent. Ils se reposeront aussi sur toi. »

Sauf qu’apparemment, ce n’était pas réellement d’Outrevent dont elle souhaitait s’enquérir, mais de moi. Je fronçai les sourcils, quelque peu dérouté. Non, imaginer le contraire ne m’avait même pas effleuré. Je me sentis à nouveau honteux, désireux de réfuter ses accusations, mais les mots ne me venaient pas. Elle avait raison. Maelenn était rassurante, à sa façon, elle avait su me faire oublier un temps mes inquiétudes et mes préoccupations. J’avais été serein, l’espace d’une nuit, nullement tourmenté par ses capacités magiques qui plus est… Puis tout m’avait rattrapé. J’avais trouvé une sorte d’expiation ailleurs, sur le champ de bataille, loin de Chimène. M’avait-elle réellement manquée, tout ce temps-là ? Je m’étais avant tout inquiété pour sa sécurité. Le constat était difficile.

Elle me demandait pardon, d’une voix basse, le regard tourmenté. Je ne parvenais pas à la fixer. « C’est moi qui devrais m’excuser. Chimène… Je ne voulais pas te blesser. Je suis resté si longtemps seul au pouvoir… Il va me falloir m’habituer à ta présence et te permettre de te faire une place à mes côtés. Ces fiançailles se sont conclues en toute hâte… Je devais te protéger, de ton frère, de l’Ordre. Maintenant, nous devons à nouveau composer ensemble. J’en suis conscient. » Je marquai un silence, à chercher son regard, avec une résolution incertaine. « Nous avons passés de longues années liés par le devoir, et uniquement par lui. Je prendrais le temps qu’il faudra pour réappendre à te connaître, et… Et à t’aimer. »  

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Mar 13 Mar - 17:54


Chimène & Liam

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit



Un instant, le mot flotte. Comme retenu dans l'air. Un simple mot qui m'aurait sans doute fait sourire si il n'était porteur d'une réalité si cruelle. Je ne sais par quel miracle je tiens la bride à ma douleur, une souffrance que je ne comprends pas pleinement, pas entièrement. Ni la colère, une colère qui ne m'est pas familière, que je goûte pour la première fois et qui laisse sur ma langue l'amertume et l'aigre. Les crocs de la culpabilité me mordent l'âme. Je ne suis ni juge, ni bourreau et pourtant, une partie, si noire et si sombre, de moi se démène au creux de ma psyché pour se libérer des chaînes de ma volonté et du peu de dignité qu'il me reste. Il se fourvoie et je ferme un instant les yeux, laissant le silence envahir la pièce. Les titres et les rangs...Autant de voiles dans lesquels nous nous sommes enroulés, définissant nos relations, mais quelque part, je n'ai jamais oublié que j'étais aussi autre chose que cela. Durant quelque instant, il se trompe et peut être mon visage le laisse-t-il paraître ou peut être que la fêlure de mon regard que je lui offre à nouveau lui indique le bon chemin. « Je n'étais pas qu'une impératrice, Liam, pas plus que je ne serais que duchesse...Le duc n'a pas besoin de mon soutien, qu'en est il de l'homme ? » Un murmure presque pressant. En vérité, que voulais je qu'il voit lorsqu'il posait son regard sur moi ? Une femme ? Une amie ? Une amante ? Une partenaire ? Une complice ? Etait ce faire preuve d'avidité que de vouloir être tout cela à la fois et non juste...Un rang ? Lui en demandais je trop ? Trop soudainement ? Moi même je tâtonnais, l'esprit encore chamboulé et le cœur plongé dans un tourment déchirant dont je peinais à comprendre la cause. Subitement, je voyais les contours de ce que j'avais toujours cru ressentir pour lui devenir floues, intangibles. Du bout des doigts, j'effleurais mon front, dans une tentative dérisoire pour m'éclaircir l'esprit. Tout devenait si confus.

Je devine son malaise plus que je ne perçois, Liam est bien trop réservé pour l'afficher pleinement. Au fil des ans, j'avais appris à lire son visage, son regard. J'avais parfois l'arrogance de prétendre le connaître bien mieux que la plupart des êtres qui le côtoyaient, mais peut être avais je tord. Il évite mon regard et le voir ainsi ne m'est pas familier. Il comprend la blessure qu'il m'inflige, il en a conscience et, quelque part, je regrette de l'avoir si clairement affichée. Doucement, je soupirai, un souffle presque éteint que je laisse échapper. « Liam...Je ne désirais pas ajouter un nouveau fardeau à tes épaules déjà bien sollicitées. Je sais ce qu'inflige la solitude, lorsqu'elle devient si pesante, si cruelle que l'on ne rêve que de l'étreinte de bras aimants, amoureux ou non. Juste se nicher dans la chaleur d'un autre pour oublier la froideur qui dévore chaque jour un peu plus notre cœur. » Et je n'avais eu aucun bras, jusqu'à ce qu'il me revienne. Etait ce naïf ? Illusoire ? . « Mais, parfois, cela n'est qu'éphémère n'est ce pas ? » Mon regard erra dans le vague, reflet des tourments qui m'avaient blessée parfois si profondément que je doutais que mes plaies soient toutes cicatrisées. Et cette nouvelle blessure me faisait peur.

L'amer n'a pas quitté ma gorge, mais dorénavant, ma prise sur ce cœur capricieux semble plus ferme, plus souveraine, a tel point qu'un sourire délicat ourle mes lèvres à cette promesse qui n'en a pas la forme. « Le devoir ne nous a pas toujours liés, du moins ce n'était pas mon cas, la seule confiance qui me demeure inébranlable demeure celle que je te porte. Que l'amour naisse ou non, que tes yeux me dévoile amie ou amante je sais que tu feras de notre union quelque chose de solide, je te demande seulement d'oublier l'enfant indécise et fragile que j'étais, mon exil et sa cause se sont chargés de déchirer les illusions qui déformait mon regard. Laisse moi la chance de soutenir l'homme que tu es. » Je devais oublier cette blessure innocente. Innocente car jamais il n'avait eu l'intention de me l'infliger. Il n'était ni cruel, ni indifférent. Juste...Maladroit peut être ? Cette idée avait de quoi m'amuser malgré l'aveu empoisonné qu'il venait de me faire. Etait ce réellement son désir d'honnêteté qui l'avait poussé a une telle confidence ? Quelque part, je ne désirais pas le savoir. Une envie inconsciente de l'absoudre de toute faute alors que c'était chimérique. Un homme restait un homme, parfois terriblement imparfait, il n'en devenait que plus humain à mes yeux, plus digne d'affection.

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Dim 6 Mai - 23:45

J’avais l’impression que chaque mot prononcé de ma bouche ne faisait que la blesser davantage. Cruelle vérité, qui se devait d’être dite, même si elle blessait mon impératrice. Non… Ma duchesse bientôt, celle qui devrait bientôt partager ma vie. Il était temps que je me fasse à cette perspective, car elle arriverait bien assez vite. Et l’avenir ne m’effrayait pas tant, sauf quand il devenait à ce point incertain. Je n’avais songé qu’à la préserver, la mettre à l’abri. Je n’avais pas réfléchi au après. Je n’étais pas spécialement inquiet. J’éprouvais une amitié profonde pour Chimène, un respect pour la petite impératrice qu’elle avait incarné, si pleine de compassion, chargée de bonnes intentions et d’une volonté indéfectible. Et même trahie, je n’avais eu aucun doute sur sa capacité à se relever, à rebondir, à faire ce que l’on risquait d’attendre d’elle. Elle était forte, à sa manière, même si jeune et inexpérimentée. Et… Chimène m’avait toujours écouté. Non, l’avenir avec elle ne me faisait pas peur. C’était seulement… Si nouveau. J’aurais certainement dû changer de comportement à son égard, à partir du moment même où elle avait accepté de m’épouser, mais c’était trop tard pour revenir en arrière, pour répartir à nouveau les cartes.

Un trouble naquit au fond de mes yeux clairs, alors qu’elle abaissait si bien les remparts. Ce regard qu’elle me lançait… Il était propre à désemparer. Elle ne voulait pas mentionner ce que nous étions l’un pour l’autre, d’une ex-impératrice à son conseiller, d’une duchesse à son duc. Elle ne pensait pas que j’aurais besoin de son soutien sur le plan politique, sur la scène qui se jouait en Faërie, malgré toutes les menaces qui cernaient Outrevent. Non, c’était bien plus personnel, intime… Et j’étais bien incapable de lui répondre, sur ce plan-là. J’avais l’impression que si mon cœur s’ouvrait, le déchaînement qui en résulterait aurait raison de ma volonté propre. Je ne tenais plus que par le devoir indéfectible que je vouais à mon duché, mais que je comptais aussi lui vouer. Seulement, ce qu’elle me demandait… Je n’étais pas certain d’en être capable. Je préférais le silence, plutôt que de lui confier cette dure réalité, celle d’un homme brisé qui n’arrivait plus à donner, de crainte du prochain deuil qu’il aurait à subir. La vision encore nette de cette Chimène illusionnée, la gorge tranchée, me revenait sans cesse en mémoire. Lui avais-je réellement évité le pire ? Je n’étais sûr de rien.

Et puis, ce soupir, sa voix. Elle m’extirpait de mes pensées pour me forcer à réintégrer la réalité. Je secouai la tête, avant de me passer une main sur le visage, éprouvé. Je l’écoutai tout d’abord sans mot dire, acquiesçant en silence. Le poids du devoir, la solitude… Elle me connaissait décidément si bien, jusqu’à accepter mes travers les plus honteux. Pourquoi était-elle si… Indulgente ? Si pleine de compassion ? Elle ne pouvait pas simplement m’en vouloir, être en colère, comme n’importe qui à sa place, qui ce serait senti déshonoré par son futur promis et incertaine en l’avenir ? Elle avait le droit de douter de moi. Je venais de lui prouver à quel point je n’étais pas aussi infaillible qu’elle avait voulu le croire, que j’avais sans doute voulu lui faire croire également. Je lui rendis un regard de biais, un peu confus, quand elle conclut à quel point ce moment pouvait être bref. Un instant éphémère… « On le vit plus intensément encore. » Mes poings se crispèrent. Maelenn… Je restais la tête basse. « Je… » Je relevai le regard précipitamment, pour voir ce sourire délicat naître sur ces lèvres. J’en perdis mes mots, l’espace d’un instant.

Je plissai les lèvres. Elle paraissait si assurée, mais elle avait raison, oui. Je rendrais cette union pérenne, que rien ne pourra ébranler. « Tu seras bientôt un pilier dans ma vie, Chimène, et j’espère en être un à nouveau dans la tienne. Pardonne mes égarements, c’est vrai que je ne suis pas aussi parfait que j’aurais voulu te le laisser penser. Ce n’est pas toi qui ne te révèle pas à la hauteur de mes attentes, tu es prête à m’offrir tellement alors que je viens à peine de te… » Je soupirai. « C’est moi qui n’ai plus autant à t’offrir. » J’avais l’impression qu’elle espérait plus, quelque chose que je n’avais pas soupçonné jusqu’à présent. Elle était déjà prête à franchir le seuil. Je n’avais pas prévu que c’était moi qui risquais plus sûrement de reculer. Je lui souris en retour, avec une pointe de tristesse. « Je ne peux que te promettre d’essayer. Prenons ce temps. » Je rivai mon regard au sien. « C’est avec toi que je veux passer le restant de ma vie, ne l’oublie pas, quoi qu’il advienne. »

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Mer 13 Juin - 17:30


Chimène & Liam

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit



Alors, ce sera le silence. Durant quelques secondes, il flotte, indécis, ne sachant être ni froid, ni chaud. Ni serein ni fou. Mes paroles résonnent encore. Et je n'aurais aucune réponse. Juste un regard étrange, entre doute et incompréhension. A quel moment sommes nous devenus ainsi ? Quel a été le pas de trop ? Le geste de trop ? Pourtant, il n'y a nul inconfort, juste...Ce silence qui ne dit mot. Je laisse les flammes de l'âtre réchauffer mon visage soudainement glacé, le bout de mes doigts devenus froid et presque tremblants. Un soupir prend naissance dans ma poitrine, étouffant la colère et la rage, cette haine irrationnelle qui me mord sans cesse le coeur. Cela n'est pas moi. Je ne suis ni injuste, ni larmoyante. Combien l'existence elle même m'a piétinée. M'a-t-il rejetée ? Ignorée? je ne sais guère. Son visage m’apparaît soudainement opaque, comme étranger avant que je ne chasse fermement cette sensation. Ne plus pouvoir lire en lui me terrifie. Etrangement. Ce n'est pas la peur, la terreur connues, non, celle ci, je ne la connais point. « Que crains tu de moi ? » Ce n'est qu'un souffle, lentement exhalé.

Je le regarde, comme si je découvrais de nouveaux traits, de nouvelles rondeurs, de nouveaux angles. Croit il que j'ignore ce qui dévore le cœur parfois ? Je n'ai pas toujours été protégée. Ni par lui, ni par Hugues. J'ai été utilisée, manipulée, jeune impératrice indécise, jeune jouvencelle bien trop naïve. Pourtant, ce besoin étrange et dévorant de chaleur humaine m'a torturée. Mais je suis femme, mon sang est l'un des plus nobles, il m'est impossible et indigne de rechercher l'étreinte d'un homme qui ne me sera pas lié. Les hommes sont sans doute bien plus faciles. J'entends ce qu'il dit et la ligne de mes lèvres se fige en une ligne blanche. La colère enflamme un instant le granit de mes iris avant que je ne la chasse d'un battement de cil. Digne princesse...En vérité, que vaut la dignité ? Certainement pas grand chose. Un instant, mes cils voilent mon regard. Telle une précaution inutile, comme un paravent misérable. « Liam. Même si j'en comprends les raisons. Même si j'admire ton honnêteté envers moi...Je ne pardonnerais pas une seconde fois, qu'importe l’irrationalité de la chose ou même l'immaturité qui m'étreint parfois. tu peux me penser égoïste, avide ou étouffante mais... » Parce que je sais que je n'en supporterais pas plus. Pas de lui.

Néanmoins, je renouvelais ma confiance en lui, qu'importe le tumulte de mon âme, mes indécisions et mes hésitations. Qu'importe le flou dans lequel je semblais naviguer désormais, je savais la valeur de son âme, la valeur de l'homme qu'il était, au delà du Duc. Cela dit, je me fige légèrement à ses mots. Je ne peux empêcher mes pas vers lui, ni ma main de se tendre, ni ma paume d'épouser la ligne de sa joue rêche de tant de combat, meurtrie. « Je n'oublie pas. Ni n'exige. Je n'aime les ombres que je devine dans tes yeux, tout comme j'exècre ce qui te laboure le cœur. Ne m'épargne pas au nom de l'honneur, ne fais pas de moi une épouse aussi fragile qu'une douce porcelaine. Je porte mon lot de fêlures et de blessures, je ne te les ai jamais cachés. Je ne me briserais pas si facilement. » Puis je souris. Comme un rêve ou une esquisse à peine ébauchée. « Ne te laisse pas engloutir sans combattre, tu n'es pas si facile à briser. Je ne le permettrais pas. »
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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Dim 15 Juil - 16:49

J’avais failli ne pas l’entendre, ces mots prononcés dans un souffle. J’avais cru ne pas les comprendre même, si vite ont-ils jeté le désarroi à mon esprit. Je fronçai les sourcils, incertain de la réponse comme de la question. « Pourquoi penses-tu que je te craindrais, Chimène ? Je n’ai aucune raison de le faire. » Sans doute parce que je l’avais ignorée, parce qu’au lieu de la trouver, elle, mes pas m’avaient amené face à la porte des appartements de Maelenn. J’avais honte d’avoir fait preuve d’une telle faiblesse, mais si c’était à refaire… Je n’aurais pas agi différemment. Je ne serais pas allé trouver Chimène, même si je comprenais doucement à quel point c’était blessant pour elle, pas seulement parce que j’avais piétiné son honneur, mais parce que je ne lui avais pas témoigné cette confiance en retour de la sienne, immuable et entière.

Je la fixai longuement, cherchant mes mots, sans savoir ce qu’il convenait de dire. « Nous n’avons pas ce genre de relations, Chimène. C’est à moi de te protéger. » Et pourtant… Je me sentais profondément injuste de le penser, comme si je la privais d’occuper cette place auprès de moi, celle-là même qu’elle devait être la seule à pouvoir occuper. J’avais peut-être des craintes peut-être, des réserves en tout cas. Je ne me sentais pas capable de lui confier mes tourments, par dignité sans doute, plus que par crainte qu’elle ne puisse le supporter. Les rôles ne devaient pas s’inverser et… J’avais certainement peur qu’une part de moi se brise définitivement, à lui confier ce que j’avais vraiment sur le cœur. Je lâchai néanmoins dans un souffle, comme un semblant d’excuse pour mon apparente froideur : « Que veux-tu savoir ? »

J’avais déjà l’impression d’en avoir trop dit, à voir son air si sévère, cette colère qui couvait dans son regard… Je n’étais pas habitué à la voir ainsi. Elle vouait une rancœur sans limite à son frère, que j’apprenais à peine à appréhender venant d’elle, et ça m’était encore plus délicat de conjuguer avec un tel sentiment quand il m’était directement destiné. Pourtant, elle restait toujours digne, bienveillante d’une certaine façon. « Tu n’es pas égoïste, c’est moi qui l’ai été. Ta demande est légitime, et sache que ça ne se reproduira plus. » Et je tenais toujours mes promesses, elle le savait.

Sa main chaude contre ma joue capta mon regard. Je posai ma main contre la sienne et hochai lentement la tête à ses paroles. Elle avait raison. Chimène était forte. Elle s’était toujours relevée. Elle avait survécu à la mort, à l’exil, à la trahison. Elle avait perdu tout ce en quoi elle croyait, ainsi que sa propre famille. Nous n’étions pas si différents au fond, et si une personne pouvait me comprendre, c’était bien elle. Je risquai un sourire en réponse au sien. Un sourire hésitant, mais plus vrai, plus réel, que bien d’autres. Je la serrai contre moi, mué par une envie soudaine, et posai ma joue contre sa chevelure de feu. « Je te demande de m’attendre encore un peu. Cette guerre aura une fin, nous pourrons nous marier. Je ne laisserais plus rien se mettre en travers de notre route. »

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Message Sujet: Re: Que les flammes du foyer éclairent ta nuit | Liam   Mer 1 Aoû - 17:13


Chimène & Liam

Que les flammes du foyer éclairent ta nuit



Mes cils voilent un instant l'éclat de mes iris. Je me sens arrogante, capricieuse de présager de ses pensées. Avais je seulement l'excuse de cette sensation déroutante de me dresser face a un étranger soudainement ? Je n'en étais pas sûre. Qu'avait il a craindre de moi, que pouvais je répondre a cette question ? Mon avidité ? Mes désirs que je ne comprenais pas moi même ? Comment lui expliquer quelque chose sur laquelle je peinais à placer des mots ? « Pas moi... Mais plutôt ce que je pourrais te demander. » Oui ma fierté s'égratignait, ma confiance s'étiolait. Non en lui, mais en moi, avais je péché par arrogance mal placée ? Exigeais je de lui bien plus qu'il ne pourrait jamais me donner ? Tant de questions auquel je n'avais pas de réponse. En vérité, si j'avais cru connaître les frontières de ce qui nous liait, je les trouvais soudainement si floues, si imparfaites qu'elles en venaient à me terrifier. Au même titre que cette colère, injuste, égoïste mais née d'une véritable blessure dont jamais je ne l'aurais cru capable... Ses mots lui attire mon regard, profond et insondable, tumultueux sans doute, reflet mouvant de ce qui m'agitait. Confus peut être. « Protèges moi mais ne m'enferme pas au cœur d'un rôle qui ne me sied pas. » Fut donc ma seule réponse. Je refusais d'être une chose jolie et trop friable car je ne l'étais pas. Je ne l'étais plus. Les Dieux s'étaient chargés de m'endurcir, de me dévoiler la face hideuse et amère de la vie. Je devinais parfois la culpabilité de Liam me concernant. Celle de n'avoir rien put faire, celle de n'avoir pas sut se porter bouclier de mon existence à l'heure où elle basculait inévitablement, ce sentiment d'avoir faillit. Culpabilité inutile car je ne lui en voulais pas, bien au contraire. Ces épreuves, ces doutes, ces blessures, je voulais en faire le ciment de mon existence future, armée et prête pour les affrontements qui se dresseront encore devant moi.

Puis je souris, avec sans doute une once d'amertume et d'ironie mais un regard adoucit, comme un paradoxe. « Ne m'offre rien que tu n'es pas prêt a donner, Liam. Je veux savoir, je veux connaître, ce qui t'agite et creuse tes traits, mais je sais aussi qu'il est inutile de te forcer à le faire. Je ne peux qu'attendre, je sais qu'un jour viendra où tu te confieras à moi, du moins je l'espère, de ton plein gré et librement. » Qu'il n'y aura alors que mes bras et ma chaleur pour le secourir, l'apaiser. Pas ceux d'une autre. Mais je ne me leurre pas, cela sera un chemin délicat, difficile peut être et je n'étais même pas sûre de pouvoir y cheminer sans crainte. Excès de confiance que dévore ma colère encore latente, encore purulente, cette face noire dont j'ignorais l'existence, qui se dévoilait ainsi, me laissant vulnérable et surprise. Un élan qu'il ne condamne pas mais des mots que je regrette. Comme toujours, il a a cœur de me tranquilliser, de me rassurer et je ne sais pas si cela a l'effet voulu alors je lui souris, d'un sourire confiant, paravent parfait de mes doutes non envers lui mais envers moi.

Ses douleurs non dites, ses blessures qu'il garde pour lui, je les devine bien plus qu'il ne le suppose. A-t-il conscience de l'étendue des miennes ? Suis je encore a ses yeux cet enfant immature et inconsciente ? Alors je lui dis, lui avoue, ce qui peut me tourmenter, ce désir presque trop avide d'être plus qu'une épouse effacée, oubliée, mère des héritiers, une belle image, une belle icône. Je décèle dans son sourire ce qu'il ne dit pas avec des mots et, étrangement, ce sourire seul m'apaise. Lentement. Doucement. Comme un voile de sincérité jeté avec délicatesse sur une mer ombrageuse. Prise dans son étreinte, douce et assurée, je hoche doucement la tête contre son épaule, glissant mes propres bras autour de sa taille. «  Alors je t'attendrais. »
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