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 Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner

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La Noblesse
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Je suis : Premier Conseiller du Duc Castiel de Sombreflamme, ancien régent de Sombreciel, Comte de Séverac.

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La Noblesse
Message Sujet: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Ven 3 Nov - 23:47


Livre II, Chapitre 6 • La Chasse Sauvage
Melbren de Séverac & Maximilien de Séverac

Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner

Toi, et tous les dieux que je pourrais offenser sur le chemin



• Date : 19 septembre 1002
• Météo (optionnel) : Chaud. Sableux. Chaud. Sableux. Chaud.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Maximilien a fait l'acquisition d'une fiole de filtre de Mortessence, et explique à son fils qu'il l'utilisera. En dernier recours, certes, mais il l'utilisera.
• Recensement :
Code:
• [b]19 septembre 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t2888-mon-fils-puisses-tu-un-jour-me-pardonner#101738]Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner[/url] - [i]Melbren de Séverac & Maximilien de Séverac[/i]
Maximilien a fait l'acquisition d'une fiole de filtre de Mortessence, et explique à son fils qu'il l'utilisera. En dernier recours, certes, mais il l'utilisera.


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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Ven 3 Nov - 23:50

Il a tellement hésité Maximilien, avant d'acheter cette fiole de Mortessence ! Son prix vertigineux n'est pas ce qui l'a fait douter, non : c'est ce qu'elle représente, plutôt. Il le sait, il n'y aura plus de retour en arrière possible dès lors qu'il possèdera cette fiole, qu'il l'utilise ou pas. Avouer qu'il serait capable de la donner à Melbren, c'est un peu comme lui donner, après tout. Et pourtant, Maximilien ne peut se résoudre à ne pas l'acheter, à ne pas avoir cette solution pour sauver son fils si l'avenir l'exige. On le dit souvent calculateur, et c'est peut-être vrai. Maximilien a besoin d'avoir cette solution, a besoin de savoir qu'il pourra agir si cela s'avère nécessaire.

Il n'aime pas être impuissant le comte de Séverac, c'est vrai. Il l'a été, si longtemps, en étant incapable de sauver son petit garçon. Il n'a pas su non plus aider Castiel à rester loin de ceux qui ne lui voulait rien de bon. Il a de nombreux échecs sur la conscience Maximilien, bien plus sans doute qu'il ne le laisse à voir, mais la mort de Melbren ne sera, en aucun cas, quelque chose qu'il ajoutera à sa conscience déjà lourdement entachée. C'est égoïste, il le sait bien, mais il saura supporter cette culpabilité s'il le faut. Après tout, un père ne décide-t-il pas égoïstement de faire venir ses enfants au monde, de leur donner un prénom, un nom, une situation ? Maximilien n'entend pas s'arroger le droit de vie et de mort sur son fils, mais si une potion, une simple potion peut l'aider, ne serait-ce pas un crime de ne pas l'utiliser.

Ô Aura, par pitié, empêche que cela se produise. Et si jamais, jamais… Puisses-tu me pardonner de supprimer cette étincelle de magie en mon enfant.

Alors il a donné l'argent, emportant la petite fiole. Un si petit espoir, une si grande probabilité de se brouiller à jamais avec Melbren. Mais pourtant, le comte ne désire pas cacher cet achat : depuis qu'ils sont petits, il a enseigné à ses enfants la nécessité d'être honnête et franc. Il ne mentira pas à son fils au sujet du flacon, pas plus qu'il ne lui cachera son intention de s'en servir, que Melbren soit ou non d'accord. Il le haïra, peut-être, mais Maximilien n'a pas l'intention de lui mentir.

La maladie progresse, c'est inévitable, et terrifiant à la fois. Caresser le front brûlant de Melbren n'est pas arrivé depuis des années, replongeant le comte à l'époque où son fils n'était pas encore un homme dont il est fier, seulement un petit garçon qu'il ne se lassait pas d'admirer. Son fils oscille entre conscience et inconscience, mais Maximilien attend que Melbren soit cohérent pour prendre la parole. Joséphine est à l'extérieur, partie se rafraîchir, elle ne sera donc pas témoin de leur discussion. Il apprécie sincèrement la jeune fille mais ce qu'il a à dire, en cet instant, ne concerne que Melbren et lui. "J'aimerais te dire que tout va s'arranger, mais le fait est que j'ignore où s'achèvera notre voyage." Murmure Maximilien à son fils. "Je te promets pourtant, je ne laisserais rien t'arriver si je peux l'en empêcher." Il ne laissera pas les dieux lui ravir un autre fils, non.

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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Ven 24 Nov - 14:55

Un grand sourire orne tes lèvres alors que tu entames ton plongeon dans l'eau froide de la cascade. L'air est moite et tu comptes bien rester barboter là quelques heures avant de reprendre le chemin de ton domaine. Il n'y a que toi, pour l'instant. Lichen est parti gambader dans les bois, si tu en crois ce qu'il te communique inconsciemment.
Tes muscles se tendent sous le choc thermique quand tu pénètres dans l'eau. Tu ouvres les yeux et nages un instant dans le fond, ravi de la sensation que l'expérience te procure. Tu te diriges ensuite vers la surface, où tu accueilles brusquement l'air dans tes poumons. Tu fermes les yeux brièvement et inspires fortement avant de retourner sous l'eau.
 
Puis tu te trouves sur l'une des grandes roches bordant la cascade. Le soleil réchauffe ta peau glacée et tu fermes paresseusement les yeux, profitant simplement de l'instant, nu comme au premier jour de ta vie. Il n'y a jamais personne ici, de toute façon. Sans le réaliser, tu te mets à siffler l'air que tu as entendu hier, dans la soirée.
Tu t'interromps brusquement quand des bruits d'éclaboussures retentissent. Tu te redresses sur tes coudes et constates qu'il y a quelqu'un dans l'eau.
Tu fronces les sourcils.
 
Le vent commence à se lever. Les oiseaux pépient moins fort. Les rayons du soleil te réchauffent moins. La silhouette s'approche, l'eau à présent aux chevilles. Son visage est flou. Elle se penche au-dessus de toi, tes yeux la suivant tout du long, et un sourire s'étire sur ses lèvres. Tu lui souris en retour. Elle murmure des mots à moitié chantés : « Le petit Melbren a froid. Le chemin n'est plus long. Sithis attend le convoi. L'histoire arrive à sa conclusion. » Tu es complètement confus. De quoi parle-t-iel ? Tu essaies de parler, mais rien ne sort. Tu ne paniques pas pour autant. Tu l'observes se pencher et passer sa main sous ton menton. La silhouette t'incite à te redresser d'une légère pression vers lui ; tu l'obliges sans hésiter.
 
Vos visages se retrouvent à quelques centimètres l'un de l'autre. Son sourire se transforme, devient hideux, cruel. Les mots sont murmurés. « Idiots sont ses espoirs. Ridicules sont ses rêves. » La prise sur ton menton se resserre. « Il comprendra que tout n'est qu'illusoire. Il priera ses dieux pour que tout s'achève. » Un gloussement qui fait naître des frissons d'horreur sur ton échine. Tu tentes de t'écarter, en vain. Il serre plus fort, plus fort, jusqu'à ce que ses ongles percent ta peau. Tu gémis brièvement de douleur avant de sceller tes lèvres et de fermer les yeux.
 
Quand tu les rouvres, tu fais face à Castiel.
Tu blêmis. Tes yeux s'écarquillent. L'angoisse naît dans tes tripes, épaisse, malaisante.
 
Le sourire est le même, mais tu sais en ton for intérieur qu'il est faux. Ce n'est pas le bon. C'est la même chose pour les yeux. Douceur, puissance, amour, confiance : voilà ce que tu y lis, d'ordinaire. Là, ils sont en feu ; un feu avide de choses que tu n'oses formuler en pensées. Ce n'est pas ton frère, tu le sais. Pourtant, la peur t'envahit peu à peu. « Pauvre oisillon tombé du nid. Jamais il ne trouvera sa place. » Les doigts, glacés et brûlants à la fois, descendent sous ton menton et vont épouser la forme de ton cou. « Il se débat, se débat, à l'infini. Jamais il ne remontera à la surface. »
 
Tu écarquilles les yeux car soudain tu es dans l'eau, la prise sur ton cou t'empêchant d'aller chercher de l'air. Tu te débats, tu te débats, mais tu es impuissant. La prise se fait plus forte autour de ta gorge et tu pries les dieux de te venir en aide. La voix prend des allures fantomatiques et résonne dans ta tête, cette fois. « Quels délectables sentiments. La panique, le désespoir et l'horreur. » Il serre encore plus, tu ne peux même pas expulser l'air qu'il te reste. Tu tentes de déloger ses mains, mais tu es si petit, en cet instant. « Il sait combien il est insignifiant. Il ne restera de lui que sa fadeur. »
 
Soudain tu peux inspirer un peu, juste un peu, l'eau coule sur ton visage pour retourner dans la cascade. Cependant, la main raffermit sa prise sur toi et tu devines que ta fin est proche. L'eau se transforme en sable, dévale sur tes mains, sur tes joues, se loge dans tes cheveux, dans tes yeux. L'air devient chaud, tes pieds te brûlent soudain. Tu fermes les yeux, complètement perdu, et les rouvres sur ton père. Sa prise reste ferme, mais son visage est doux, inquiet. « Bienheureux sont les pauvres d'esprits. » Tu tentes de parler, mais rien ne sort. Tu commences à voir trouble. Ton corps tente de hoqueter, mais rien. « J'aimerais te dire que tout va s'arranger, mais le fait est que j'ignore où s'achèvera notre voyage. » Son autre main va caresser ta joue, affectueusement. « Je te promets pourtant, je ne laisserais rien t'arriver si je peux l'en empêcher. » Cela n'a pas de sens. C'est contradictoire. Tu ne comprends plus rien. Il est en train de te tuer.
 
Tu perds connaissance alors que ce Maximilien entame la berceuse qui t'aidait à t'endormir quand tu étais enfant.
 
Tu ouvres soudain les yeux, cherchant l'air qui te manquait l'instant d'avant. Tu portes faiblement une main à ton cou et tes yeux se posent en même temps sur la présence à tes côtés. Une terreur sans nom est lisible dans ton regard alors que tu constates qu'il s'agit de ton père. Tu es incapable de te décaler, de faire quoique ce soit. Tu halètes simplement, perdu, incapable de discerner la réalité de l'illusion l'espace d'un instant. Pourquoi ont-ils voulu te tuer ? Castiel et ton père, être aimés et piliers de ta vie. Tu cherches à comprendre, mais rien ne fait sens. « Pourquoi ? » Tu le répètes plusieurs fois sans rien ajouter de plus.
 
Puis, tu finis par te calmer, doucement. Tu comprends que la maladie est responsable de tout ça. Tu te rappelles où tu es. Plus ou moins. Tu sais que tu es en route pour Roc-Épine. Ton père n'a pas essayé de te tuer. Castiel n'est même pas là. Tu es cependant en danger de mort. Ce fait ne change pas.
Ta main va chercher celle de ton père, fébrilement, faiblement, et tu souffles, alors que tu ancres ton regard dans le sien : « Ne me laisse pas, Papa. Ne me laisse pas. » Là, ici. Dans le futur. Jamais. Qu'il reste l'un de tes plus grands soutiens. Qu'il ne te faillisse pas. Qu'il continue de t'estimer digne de la vie. De ta place.
Qu'il continue de t'aimer.

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Melbren #E65C00 – Lichen #A3581B











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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Sam 9 Déc - 9:58

Melbren oscille entre conscience et inconscience et Maximilien ne peut qu'assister, impuissant, à la lente dégradation de son état. Son fils se débat parfois contre des agresseurs invisibles avant d'être aussi immobile qu'une statue, respirant à peine. Il ne se laisse pas gagner par la panique Maximilien : le convoi a besoin de lui, Melbren a besoin de lui. Et surtout, surtout, le comte sait que s'il panique, il ne servira plus à rien. Déjà qu'il ne peut pas faire grand-chose ! Il reste au chevet de Melbren, se relayant avec Joséphine lorsqu'il lui faut guider ou aider le reste du convoi. Il est reconnaissant à la jeune femme d'être là, elle qui veille sur Melbren quand il ne le peut pas, qui a veillé sur Mélusine et Mélisende lorsqu'il était au loin.

Mais cette discussion pourtant, il espère qu'elle ne sera pas interrompue, qu'elle restera entre Melbren et lui. Le sujet est bien trop important, bien trop intime pour que quelqu'un ne la surprenne. Ils ne comprendraient pas, et Maximilien ne veut pas ajouter davantage de suspicion à ce convoi déjà bien méfiant. Melbren ouvre soudain les yeux et la panique qu'il y déchiffre manque de lui briser le cœur. Que voit-il dans ses songes fiévreux, qui menace de lui faire perdre la raison ? Son fils prend la parole, doucement, si doucement que Maximilien doit tendre l'oreille pour discerner les mots. Le même mot, en réalité, qui se répète. Pourquoi. Il ne sait quoi répondre le comte, se doutant pourtant qu'il y a bien plus derrière cette question que ce qu'il en comprend. Pourquoi Melbren ? Pourquoi lui, pourquoi les Séverac, encore et encore ? Pourquoi les dieux s'acharnent-ils ainsi sur ses fils ? Melsant est-il seulement épargné, ou ce n'est qu'un leurre ? La main de son benjamin vient saisir la sienne alors qu'il murmure une prière qui sert encore plus le cœur de son père. "Jamais." Lui murmure Maximilien, rivant ses yeux dans ceux de son tout-petit. "Je ne laisserais personne, pas même les dieux, t'arracher à moi." La promesse est solennelle et Maximilien sert fort la main de Melbren.

"Bois un peu, veux-tu ?" Avec cette satanée chaleur erebienne, il ne faut pas qu'il se déshydrate. Sa main glisse vers le linge humide qu'il presse sur les lèvres de Melbren, à la fois pour le rafraichir et lui faire aspirer quelques gouttes, si lentement qu'il ne les vomira pas. Maximilien l'espère. Il l'observe quelques instants avant de reprendre la parole, sans jamais que sa main ne lâche celle de son fils. "Je ne veux pas te perdre Melbren, j'ai promis à ta mère de te ramener et je ne compte pas faillir à mes promesses." Maximilien repose le linge de côté, sa main dessinant dans les cheveux de son fils des symboles imaginaires. Melbren détestait ça enfant, se plaignant qu'on le décoiffait… Maximilien paierait cher pour entendre ses protestations désormais.

"Mais la solution est drastique, et elle te changera à tout jamais." Lui explique Maximilien, se demandant si Melbren saisit seulement le sens de ses paroles. "Je ne demande pas ta permission." Clarifie-t-il, sa main serrant plus fort celle de son enfant. Cela lui coûte, lui qui prône la liberté des actions de chacun, mais parfois, parfois, il n'y a pas d'autres choix. En vérité, il ne demande pas de pardon, non plus : il fera ce qui doit être fait, s'il le faut. "Je veux juste que tu saches, Melbren. Tu es le cadeau le plus précieux que l'existence pouvait m'offrir, et je n'entends pas t'abandonner." Pas même si cela signifie changer profondément qui il est. Le comte songe tout de même qu'il devrait clarifier quelque peu ses propos : son Melbren, si vif et si intelligent comprend surement, mais Maximilien ignore à quel point la maladie affecte sa lucidité. "J'ai acheté du filtre de Mortessence." Le dire ainsi, à haute voix, donne à son action une terrible finalité, il en prend conscience soudain.

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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Sam 23 Déc - 23:39

« Jamais. Je ne laisserais personne, pas même les dieux, t'arracher à moi. » Tu déglutis, hoches la tête faiblement, mais n'es pas en mesure de proprement répondre au geste affectueux qu'il t'adresse. L'émotion est là, sous-jacente. L'entendre dire ces mots t'apaise d'une certaine manière. Tu sais que tout autour n'est que chaos et odeur de mort, mais ton père est là, au beau milieu de nulle part, à te tenir la main, et c'est bien plus que tu aurais pu avoir.

« Bois un peu, veux-tu ? » Tu hoches la tête à nouveau, « merci », et tu accueilles les gouttes d'eau, comptées, avec un soulagement immense. Ton corps te signifie le bien que cela lui fait alors que ton estomac, lui, continue d'exprimer son mécontentement sans cesse, vide ou non. Tu lui souffles qu'il peut t'en donner encore un peu, avant de détourner la tête quand tu sens que c'est suffisant. Ta bouche reste pâteuse, tes lèvres sèches, mais tu n'es pas sûr de supporter davantage.

Tu fermes les yeux sous la douleur pulsant dans ta tête. Tu ne les rouvres que lorsque ton père prend la parole. « Je ne veux pas te perdre Melbren, j'ai promis à ta mère de te ramener et je ne compte pas faillir à mes promesses. » Tu le fixes, ne sachant trop quoi répondre, l'émotion plus forte. Tu trouves un peu de force pour serrer sa main dans la tienne, brièvement. « Papa… » Sa main libre, rafraîchie par le linge, vient se perdre dans tes cheveux transpirant et les mouvements aident à calmer un tant soit peu la douleur là où même tes racines te semblent douloureuses. Tu expires d'un bien-être relatif, mais bon à prendre malgré tout.

« Mais la solution est drastique, et elle te changera à tout jamais. » Si ton estomac n'était pas déjà occupé à agoniser, tu aurais ressenti une certaine appréhension. Là ? Tu le fixes simplement en silence, pâle, le regard rendu parfois vague par la douleur ou les vertiges. « Je ne demande pas ta permission. » Tu clignes des yeux. Le contraste entre le sens de ses mots et leur douceur a le don de te rappeler à une conscience assez grande. « Je veux juste que tu saches, Melbren. Tu es le cadeau le plus précieux que l'existence pouvait m'offrir, et je n'entends pas t'abandonner. » L'émotion déborde ; les larmes commencent à s'amasser à tes paupières et ta gorge se serre. Tu as l'impression d'être à nouveau cette enfant de cinq ans qui a eu sa première dispute avec Castiel et qui avait l'impression que son monde allait s'écrouler. Cet enfant qui est allé se réfugier dans les bras de son père pour y pleurer à chaudes larmes. Tu as de nouveau envie de te cacher dans ses bras de père, forts et invincibles, pour qu'il te protège de la cruauté de ce monde.

Parallèlement, la signification de ses paroles font leur chemin et tu redoutes ce qu'il va te dire. « J'ai acheté du filtre de Mortessence. » Ta première réaction est de fondre en larmes. Ce qui est étonnant, c'est que plus tu pleures sous les implications de ce qu'il vient de dire, plus tu retrouves de ta lucidité. « Papa, je suis désolé, tellement désolé… » Ta main libre se lève et le quémande. Tu veux son contact et, bien vite, le voilà contre toi, son front contre le tien, et tu pleures de plus belle. Entre deux sanglots, tu chuchotes : « Lichen va… » Et ta main va presser plus fort contre la nuque de ton père parce qu'il est la seule chose qui t'empêche de sombrer en cet instant.

Une vie sans Lichen. Tu ne l'imagines même plus. La martre est un bout de toi. Elle est toi, un pendant de ton âme qui serait impossible à oublier. Tu ne pourrais vivre sans lui. Tu appuies davantage sur ton père pour aller loger ton visage dans le creux de son cou, comme si tu pouvais faire semblant, l'espace d'un instant, que tout cela n'existe pas, que tu n'es pas malade, que Lichen ne craint rien, que ton père n'a pas à en arriver à de telles extrémités. Tu inspires l'odeur familière qu'il dégage, qui vainc sans mal celle de la maladie, âcre, qui t'a enveloppé depuis bien trop longtemps.

« Je veux pas que tu aies à faire ça. A prendre cette décision. Tu mérites pas ça, Papa. » Des mots soufflés dans son cou, alors que tu tentes de contrôler tes pleurs. « Tu mérites mieux que d'avoir ça sur ta conscience. Que d'avoir un fils qui… qui…. » Les sanglots te reprennent et tu penses à ton Familier que tu ne sens déjà plus, auquel tu ne pourras peut-être pas dire adieu. Tu es plein de regrets, mais tu ne contredis pas ton père car, malade ou non, tu as conscience des choix qui s'offrent à lui : aucun, si ce n'est celui-ci, en dernier recours. A sa place, tu serais prêt à tout pour sauver les gens que tu aimes, même si cela voulait dire risquer qu'ils plongent dans la folie après coup.

« Je suis tellement désolé, pardon… »

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Melbren #E65C00 – Lichen #A3581B











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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Jeu 4 Jan - 23:50

Voir Melbren souffrir ainsi sans rien pouvoir y changer est une torture que Maximilien ne souhaite à personne. Les quelques gouttes d'eau le soulagent, ainsi que la fraîcheur du linge, mais pour combien de temps ? Ils ont rationné la boisson, déjà, en arrivant en Erebor. Maudit soit ce pays avec son soleil implacable ! Et si Maximilien pousse ses enfants à garder l'esprit ouvert – sa propre femme n'est-elle pas issue de ce duché de sable et de roc , - parfois, il lui arrive de ne pas suivre ses propres enseignements. Ce soleil n'épargne pas les malades, et il lui en veut pour les souffrances supplémentaires que Melbren se voit forcé de subir. Il doute, le comte, que ce voyage soit une bonne idée. Il doute affreusement d'avoir mis en danger la vie de son plus jeune fils, pour un espoir qui sera finalement déçu. L'abeille conçue par Melbren et son ami est un trésor, une aide précieuse, mais sera-t-elle seulement suffisante pour arriver au terme de leur voyage ?

Il parle doucement Maximilien, ses mots destinés aux seules oreilles de son fils. Il se doute que ses compagnons de voyage, tout spécialement Joséphine, ne seront pas d'accord avec ses propos. Mais ils ne comprennent pas. Ils ne savent pas ce que c'est d'être père, de vouloir donner sa vie pour un enfant qui, même s'il grandit, restera à tout jamais son bébé. Son tout-petit, celui qui se glissait dans leur lit à cause d'un cauchemar, cet enfant aux yeux émerveillés par une histoire qui a sût captiver son intérêt. Non, ils ne savent pas, et le comte ne cherche pas à leur expliquer. Melbren semble reprendre conscience, et les larmes qui perlent aux yeux de son fils semblent comprimer encore davantage le cœur de Maximilien. Les sanglots qui suivent ne sont pas moins douloureux, et le comte se contente de rester là, serrant la main de cet homme dont il est si fier, de son petit garçon qu'il aime d'un amour qui menace de déborder parfois.

L'aveu de son père ne semble pourtant pas être la cause de la détresse de Melbren. Front contre front, dans cette bulle d'intimité que personne au monde de pourrait percer, Maximilien s'efforce de réconforter son plus jeune fils. Lichen oui, son Familier. Il n'a beau pas être un expert en magie, Maximilien sait bien que la perte sera inévitable. Difficile, invivable sans doute, mais inévitable. Il sera là pourtant, pour aider Melbren à passer le cap. Ils seront tous là, tous les Séverac, prêts à se serrer les coudes s'il le faut. L'étreinte se prolonge, et le viel homme goûte avec soulagement cette proximité. Melbren ne lui en veut pas, il le comprend. C'est une consolation, de savoir que son fils reste son petit garçon, aussi dures que puissent être les décisions prises.

Et Melbren reprend la parole, blotti dans ses bras, la voix quelque peu étouffée par leur étreinte.  Maximilien le laisse parler, le laissant énumérer ses peurs et reprendre un tant soit peu de contrôle, avant de reculer de quelques centimètres. Son pouce vient effacer les larmes dans le visage du jeune homme, de la même façon tendre et aimante qu'il le faisait quand il était petit garçon. "Ne t'inquiète pas de ça, veux-tu. Ne t'inquiète pas de moi, jamais." Melsant s'est inquiété de lui, il le sait Maximilien, et il culpabilise parfois de voir son aîné forcé de grandir si vite. Melbren reste son tout-petit, le dernier-né de la fratrie, le plus couvé et adulé. Alors non, Maximilien refuse de le laisser endosser le poids de ses décisions. Les sanglots reprennent, et Maximilien trace sur le dos de la main de Melbren quelques dessins qui n'ont pas vraiment de sens. Ismalia a pris l'habitude de le faire, et Maximilien en a toujours éprouvé du réconfort. "Tu ne peux imaginer Melbren, à quel point je suis fier de toi. Fier d'avoir un mage dans la famille, un homme talentueux et béni d'Aura." Ce n'est sans doute pas ça qui fait trembler Melbren pourtant, Maximilien le sait.

"Naphte m'en voudra à mort de la priver de son compagnon de jeu." Plaisante le patriarche des Séverac, un léger sourire sur le visage. "Aussi ne prendrais-je cette décision qu'en dernier recours." Assure-t-il, le ton bien plus léger que ne l'est son cœur. Et puis, bien qu'il ne l'avoue pas,il n'est pas réellement sûr de la fiabilité du filtre. Ou d'une guérison, en vérité. Caressant les cheveux humides de son fils, Maximilien lui adresse un regard grave. "Prendre des décisions, je l'ai toujours fait. Que ce soit pour décider des accords commerciaux de Sombreciel ou le nombre de sucreries qui tu pourras manger avant le repas. Alors essaye de ne pas y penser, d'accord. Pour l'instant, le plus important est que tu guérisses." Son regard se fait sérieux, tandis que Maximilien s'approche pour embrasser son fils sur le front. "Parle-moi de Lichen, veux-tu ?" Est-ce que cela le distraira suffisamment de la maladie ? Il l'espère Maximilien. Ils pourront reparler de sa décision, après, quand Melbren se sera calmé. Car Maximilien veut qu'il comprenne, véritablement, que rien de tout cela n'est sa faute.

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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Lun 8 Jan - 19:47

Les mots de ton père et son geste s'apparentent à une bouée de sauvetage dans l'océan de peine et de culpabilité qui t'a englouti. Ils t'aident en même temps qu'ils ouvrent d'autres brèches. « Ne t'inquiète pas de ça, veux-tu. Ne t'inquiète pas de moi, jamais. » Impossible. Comment ne pas te faire du souci pour lui, ton père, ton pilier, qui a tout délaissé pour t'accompagner dans ce périple probablement mortel ? Tu l'aimes, ton papa, tellement que tu trouves le moyen de t'inquiéter davantage pour lui que pour toi-même. Il porte déjà tellement de poids sur ses épaules ; tu ne veux pas lui rajouter celui-là, même si tu sais qu'il le prendra malgré tout, que la situation ne lui laisse pas tant de choix.  

Quand tes sanglots reprennent, là encore, il cherche à te réconforter par des petits gestes. Cela aide, même un peu, et tu écoutes la suite en tentant de contrôler la boule dans ta gorge. « Tu ne peux imaginer Melbren, à quel point je suis fier de toi. Fier d'avoir un mage dans la famille, un homme talentueux et béni d'Aura. » Tu serres sa main en réponse, pour lui montrer combien cela te touche, combien son soutien est d'une importance capitale pour toi, pour l'homme que tu es devenu. « Naphte m'en voudra à mort de la priver de son compagnon de jeu. Aussi ne prendrais-je cette décision qu'en dernier recours. » Tu acquiesces faiblement, mais tu comprends. « Quand tu seras dos au mur. » Tu hoches de nouveau de la tête. Quel autre choix a-t-il ? Quel autre choix as-tu ? Lichen aussi voudrait que tout soit tenté si cela pouvait te sauver, il voudrait que tu sois fort et que tu te battes pour ne pas perdre la tête, pour vivre pour vous deux.

Tu fermes les yeux quand ses doigts, bien plus frais, viennent caresser tes cheveux. Le moindre réconfort est bon à prendre. Ses prunelles, sérieuses, s'ancrent dans les tiennes et tu voudrais presque retenir ta respiration par réflexe, comme quand tu étais enfant et que tu étais sur le point de recevoir un sermon. Seulement, tu es adulte, tu n'as rien fait de mal, si ce n'est naître avec cette magie en toi. Rien ne pourra changer la situation à part l'antidote tant espéré. « Prendre des décisions, je l'ai toujours fait. Que ce soit pour décider des accords commerciaux de Sombreciel ou le nombre de sucreries qui tu pourras manger avant le repas. Alors essaye de ne pas y penser, d'accord. Pour l'instant, le plus important est que tu guérisses. » Tu hoches silencieusement la tête alors qu'une bouffée d'amour à son égard t'envahit, encore plus forte quand il dépose un baiser sur ton front. Et, une fois n'est pas coutume, tu redeviens ce petit garçon trop curieux pour son propre bien qui adorait recevoir les attentions de son père.

« Parle-moi de Lichen, veux-tu ? » Ton cœur se serre si douloureusement que tu dois retenir les larmes qui menacent de revenir à la charge. Tu fermes les yeux fort, fort, fort, et seulement quelques gouttes s'échappent de tes yeux. Tu déglutis difficilement, tu inspires pour faire comprendre à ton corps qu'il doit s'apaiser, puis tu expires fébrilement. Tu te racles la gorge et, enfin, tu oses prendre la parole. Soigner le mal par le mal. « Je crois que… que je ne t'ai jamais raconté comment j'ai rencontré Lichen. » Tu inspires doucement. « Je veux dire, en détail. » Tu attends un signe de ton père pour continuer. « Tu sais que je l'ai rencontré dans la forêt des Murmures l'été où Castiel a été envoyé à Ibelin. » Souvenir joyeux lui aussi, qui fait écho à ton hallucination récente. Tu frissonnes malgré la chaleur ambiante. « En réalité, j'étais complètement enivré, en route pour le domaine aux lucioles, que j'aurais trouvé vide bien entendu, et je me suis effondré en chemin. Il est celui qui m'a trouvé ; il m'a communiqué combien il me jugeait pour l'état dans lequel j'étais. » Un faible sourire fait son apparition sur tes lèvres. « Malgré tout, il m'a veillé jusqu'à ce que je me réveille, au petit matin. » Le souvenir est douloureux, mais il te réchauffe le cœur. Etonnement, l'envie de pleurer ne réapparaît pas. « Papa, si tu savais combien il me malmène en pensées, parfois. » Rire faible. « Aussi entêté que moi lorsqu'il l'a décidé. » Ton Lichen, qui te manque si fort. La boule d'émotions dans ta gorge se resserre. « Avec vous, il reste toujours poli. Surtout avec toi. Je crois que tu l'intimides, honnêtement. » Autre sourire alors que tu cherches vainement ce lien qui vous unit dans ton esprit.

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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Mar 16 Jan - 22:08

Melbren comprend. Maximilien n'a pas menti, il est fier d'avoir un fils aussi intelligent et talentueux. Il est fier de chacun de ses enfants, le comte de Séverac, et chacun tient une place bien à part. Melbren est le petit dernier, mais Maximilien aurait accompagné chacun de ses enfants, et aurait pris cette décision pour chacun d'eux. Quand il n'aura plus le choix, oui, il tentera l'impossible. Priver Melbren de sa magie est un acte grave, mais c'est une chance qui lui est offerte, une ultime chance de ne pas voir son dernier-né mourir, et Maximilien n'entend pas y renoncer.

Demander à Melbren de lui parler de son Familier est une façon de lui changer les idées, mais pas seulement. Le comte ignore le lien exact qui unit un mage et son Familier, il ne le perçoit qu'à travers des récits et des témoignages, une façon bien éloignée de ce que doit réellement ressentir Melbren. Et si lui demander de parler de Lichen est peut-être compliqué pour son fils, Maximilien espère que ce dernier saura se rappeler de cette conversation, si tant est que Lichen doive disparaître. Se rappeler le meilleur de son compagnon à fourrure, se souvenir de ce lien qui les unit. Se rappeler le positif, et non la tristesse de la perte. Lorsque Meldred est mort, Ismalia et lui ont longtemps souffert, à se demander ce qu'ils auraient pu faire, dire, changer. Mais les années ont passé et si la plaie ne s'est pas refermée, chacun a essayé de garder le souvenir du meilleur de leur petit garçon, et non pas la tristesse de sa mort. Se remémorer un sourire, un éclat de rire, un petit garçon qui saute de joie à l'occasion d'une babiole achetée sur un étal. Ce qu'était réellement Meldred, et rien d'autre.

Melbren saura-t-il le comprendre, s'il s'avère que son Familier disparaisse ? Se rappeler ce lien, cet amour, les meilleurs moments partagés, et non la douleur de la perte. Maximilien ne peut pas lui révéler tout cela, malheureusement : c'est à son fils devoir les choses, et le guider ne servirait à rien.

Le jeune homme retient ses larmes, et Maximilien fait celui qui ne les voit pas. D'un accord tacite, père et fils ont décidé que parfois, il faut mieux faire semblant. Et Melbren raconte, laissant Maximilien sourire à l'anecdote, et plus largement aux dernières paroles de son fils. "Suis-je si intimidant que cela ?" Demande-t-il avec un amusement qui n'est presque pas forcé. Oui, la réponse est oui, il le sait. "Mais il fallait bien un fort caractère, pour pouvoir se lier à toi." Sourit le comte, repoussant une mèche de cheveux trempée de sueur sur le front de son fils. "Je me souviens quand tu l'as ramené, nous annonçant qui il était. Avec Mélusine et sa ménagerie improvisée nous nous pensions blasés, mais en voyant apparaître Lichen nous avons doutés, ta mère et moi." Un léger rire secoue le comte. Séverac a longtemps été un refuge pour hérissons, chouettes et reptiles divers, et quand Melbren est arrivé avec son Familier, Maximilien a cru devoir accueillir un animal de plus.

"Tiens, avale ça s'il te plaît." Annonce Maximilien en tendant une potion à son fils, utilisée pour limiter la fièvre. Ils n'ont que ça à leur disposition, de quoi traiter, tant bien que mal, les symptômes. Le front de Melbren est brûlant et avec la chaleur ambiante, cela ne doit guère être agréable. Maximilien continue de parler, espérant distraire le jeune homme de ses douleurs et de sa peine. "Je pense que tu ne t'en souviens pas, tu étais trop petit à l'époque. Quand tu avais quatre ans, tu es venu nous annoncer, à ta mère et à moi, que tu souhaitais devenir dompteur de hérissons quand tu serais grand." Maximilien sourit à ce souvenir, avant de poser des yeux pleins de fierté sur son fils. "Tu souhaitais même entrer à l'Académie pour pouvoir apprendre. Je t'ai dit que je serais fier qu'un Séverac y entre pour apprendre un métier aussi prestigieux."  Le comte marque une pause avant de secouer la tête. "Quand ta magie s'est déclarée et que tu as finalement intégré l'Académie, je pense que tu as fait de moi le plus heureux des pères. Je sais que c'est à cause de cette magie que nous en sommes là aujourd'hui, mais tu dois me croire Melbren : jamais je n'ai eu honte de ce cadeau qu'Aura t'a fait." Ces derniers temps, il ne fait pas bon être mage en Ibélène, chacun d'entre eux le sais. "Si je dois supprimer cette étincelle de magie en toi, ce n'est pas parce que c'est une tare ou un fardeau trop lourd à porter. Je sais que tu en es capable." Maximilien inspire profondément avant de terminer. "Mais s'il existe la moindre chance de te sauver, je la prendrais."

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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Lun 12 Fév - 23:49

« Suis-je si intimidant que cela ? A peine… » Un léger rire dans ta voix. Tu sais l'image que ton père renvoie aux gens extérieurs. Tu as eu beau tenter de rassurer Lichen à ce propos, mais jamais la marte n'a réussi à se détendre comme elle peut le faire auprès du reste de ta famille. Un jour, peut-être. Si vous survivez. Quand vous survivrez. Ce n'est pas le moment de laisser les pensées négatives entraver ta résistance.

« Mais il fallait bien un fort caractère, pour pouvoir se lier à toi. » Tu hoches faiblement la tête : il fallait au moins ça pour tenir la distance, vu l'esprit dont t'ont pourvu les dieux. « Je me souviens quand tu l'as ramené, nous annonçant qui il était. Avec Mélusine et sa ménagerie improvisée nous nous pensions blasés, mais en voyant apparaître Lichen nous avons doutés, ta mère et moi. » Ton propre rire, même si faible, accompagne celui de ton père. « C'est vrai, je me rappelle encore de l'expression sur vos visages. » Leurs traits surpris, puis la résignation de ton père, l'amusement un brin inquiet de ta mère.

« Tiens, avale ça s'il te plaît. » Tu obéis sans même y penser : tu ouvres la bouche et bois tant bien que mal le liquide censé apaiser les tourments de ton corps. Tu ne sais pas si c'est réellement efficace, mais tu n'oses imaginer l'état qui pourrait être le tien si c'était le cas et que tu ne la prenais pas.
Tu reposes ensuite ta tête et tu sens le liquide étrangement frais descendre dans ton corps. La sensation, bienvenue, ne dure cependant pas et tu déglutis machinalement après coup, comme si tu pouvais récupérer quelques gouttes mystérieusement restantes.

« Je pense que tu ne t'en souviens pas, tu étais trop petit à l'époque. Quand tu avais quatre ans, tu es venu nous annoncer, à ta mère et à moi, que tu souhaitais devenir dompteur de hérissons quand tu serais grand. » Tu ris faiblement, incapable de plus, alors que la tête te tourne un peu. Tu n'as aucun souvenir de ça et tu envoies tes excuses mentales aux pauvres hérissons qui ont dû être baladés partout à l'époque.
Il sourit, ton père, et tu bénis tous les dieux de pouvoir le voir sourire malgré la situation, malgré tout. Ses yeux rencontrent les tiens. Tu lis quelque chose dans son regard, même si tu ne l'identifies pas, qui te réchauffe rien qu'un peu le cœur. « Ca me ressemble bien, ce genre d'idée farfelue… »

« Tu souhaitais même entrer à l'Académie pour pouvoir apprendre. Je t'ai dit que je serais fier qu'un Séverac y entre pour apprendre un métier aussi prestigieux. »  Tu exerces une pression sur sa main de la tienne pour lui transmettre ton affection. « Quand ta magie s'est déclarée et que tu as finalement intégré l'Académie, je pense que tu as fait de moi le plus heureux des pères. Je sais que c'est à cause de cette magie que nous en sommes là aujourd'hui, mais tu dois me croire Melbren : jamais je n'ai eu honte de ce cadeau qu'Aura t'a fait. » Des larmes s'amassent de nouveau au coin de tes yeux, l'émotion bien présente, mais tu déglutis pour tenter de faire partir la boule qui s'est formée dans ta gorge, désagréable. Jamais tu ne pourras exprimer la gratitude que tu ressens au quotidien d'avoir eu des parents comme les tiens : présents, compréhensifs, tolérants, forts, aimants. 

« Si je dois supprimer cette étincelle de magie en toi, ce n'est pas parce que c'est une tare ou un fardeau trop lourd à porter. Je sais que tu en es capable. » C'est étrange comment entendre ces mots dans la bouche de ton père retire un peu du poids qui pèse sur ton cœur. Tu sais qu'il t'aime comme tu es, avec ta magie ; tu n'en as jamais douté. Seulement, cette fois, ta magie vous a forcés à des extrémités que tu déplores, qui résultent de la personne que tu es malgré tout. L'entendre prononcer ces paroles t'apaise, en un sens. « Mais s'il existe la moindre chance de te sauver, je la prendrais. » Tu hoches la tête en fermant les yeux, avant de prendre la parole : « A ta place, je ferais sans doute la même chose. » Tu déglutis et rouvres les yeux. « Papa, tu as mon autorisation. Si je tombe dans le coma ou si tu sens que la vie m'échappe, n'hésite pas. Je veux que tu puisses dire à Maman que tu as fait tout ce qui était en ton pouvoir pour tenter de lui ramener son fils. » Rien que d'imaginer la nouvelle annoncée à ta mère te brise le cœur.

Le visage de Castiel apparaît devant tes yeux et tes larmes redoublent d'intensité. Tu refoules les pensées qui menacent de te submerger : imaginer ton père annoncer à ton duc que tu n'es jamais revenu de Roc-Epine te fait déjà bien trop de mal.

« Si tu dois l'utiliser, mais que ça ne fonctionne pas… » Tu enserres sa main entre les tiennes ; faiblement, mais tu parviens à accomplir cette action. « Tu dois me jurer que tu feras ton possible pour ne pas t'en vouloir, Papa. Personne ne peut prédire les actions du Destin et je refuse que tu t'estimes responsable de quoique ce soit. » Tu essuies tes larmes silencieuses avant que ta main ne retourne contre la sienne. « C'est simplement que mon heure aura sonné et vous devrez vous en remettre et, et… » Tu inspires pour calmer tes sanglots. Tu dois aller au bout. « Tu les aideras à tenir ? Je sais que c'est égoïste de te demander cela, mais tu seras fort pour ceux qui ne pourront pas l'être ? Castiel, je… Papa... »

Tu es incapable de continuer. Tu veux lui dire que, en compensation, tu veilleras sur ton père, là où tu seras, que tu l'accompagneras dans son cœur, que tu lui enverras la force dont lui aura besoin, mais ce serait comme faire des adieux définitifs et tu ne peux t'y résoudre. Tu approches vos mains jointes de ton visage et tu colles ta joues contre elles, les larmes toujours présentes, comme pour y puiser la force de ne pas flancher, de ne pas faire défaut à ton père après tout ce que vous avez traversé.

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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Ven 9 Mar - 21:58

Ils échangent doucement, et Maximilien s'efforce de ne pas remarquer les hésitations de Melbren, sa façon, probablement inconsciente, de se crisper parfois. Son fils n'est pas au mieux de sa forme, et il ne peut rien faire. C'est une torture mais Maximilien sait bien qu'il n'a pas le droit de flancher, pour Melbren. Alors il s'efforce de raconter d'heureux souvenirs, distrayant les pensées de son dernier-né pour que ce dernier voit son fardeau allégé. Melbren s'en veut, il le sait, d'être dans cet état et de l'avoir entrainé ici, comme si cela pouvait être de sa faute.

Alors Maximilien parle, partageant ces anecdotes de temps plus heureux et même si le sourire sur ses lèvres est un peu forcé, on ne peut guère le lui reprocher. A nouveau pourtant, le sujet devient plus grave et le conseiller ne peut s'empêcher de serrer plus fort la main de son fils, l'assurant à nouveau de son soutien, même muet. Tout cela, Melbren le sait sans doute, mais parfois cela fait du bien de le répéter. Maximilien culpabilise de ne pas avoir été présent pour chacun des pas de ses enfants. Evidemment, il a décidé de les laisser grandir seuls, veillant sur eux et secondant leurs hésitations, mais il a essayé de ne pas les étouffer. Et puis il y a eu Castiel, ses obligations de premier conseiller et parfois, parfois, le vieil homme se dit qu'il aurait pu faire autrement. Qu'il aurait dû agir différemment.

Entendre Melbren lui pardonner d'avance, s'il s'avère que Maximilien doit tuer cette magie en lui, touche profondément le comte. Il n'a jamais douté de son fils, mais Melbren comprend, plus sans doute qu'il ne l'a anticipé, le geste et ses implications. Les paroles suivantes de son benjamin sont, à nouveau, des paroles de pardon. Si cela échoue, si rien ne se passe, que Maximilien sache qu'il a fait ce qu'il a pu. Comme si cela avait été suffisant à la mort de Meldred, de faire son maximum ! Mais Melbren n'a pas à savoir que parfois, il faudrait faire plus que son maximum. C'est un fardeau lourd à porter, que de savoir que l'on a fait de son mieux et que cela ne suffit pas. Meldred n'a pas été le premier – ou le dernier – échec de Maximilien, mais c'est une défaillance dont il ne s'est probablement jamais totalement remis, et qui a changé beaucoup de choses.

Les larmes roulent sur les joues de son tout-petit, et le conseiller ducal se laisse entraîner dans une étreinte qu'il aimerait ne jamais devoir briser. La promesse que Melbren lui demande de faire, il n'est pas sûr d'être capable de la tenir, mais il est un fin orateur, non ? il lui suffit d'éviter de la faire, et quoi de mieux pour l'éviter que de rebondir sur les derniers mots de son fils, entrecoupés de sanglots ? "Je serais forts pour eux, ne t'en fais pas. " Melsant a été fort pour ses sœurs, à la mort de Meldred, alors que ses parents étaient perdus dans leur tristesse. Maximilien regrette encore de s'être tant reposé sur son fils aîné, maison ne refait jamais l'histoire hélas.

"Mais je n'aurais pas à être fort, car nous allons bientôt arriver à destination." Il leur faut garder l'espoir. Il lui faut garder l'espoir, alors que la fièvre de Melbren se fait plus élevée, et que son état semi-comateux augmente. Son fils perd parfois pied avec la réalité, et Maximilien craint sincèrement que la théorie de leur discussion ne devienne réalité dans un futur proche. "Nous sommes cielsombrois, nous ne reculons pas devant un peu de sable." Plaisante le comte, reprenant la vielle rivalité entre les deux duchés. Rivalité bien peu ancrée chez les Séverac, mais qu'importe.

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Message Sujet: Re: Mon fils, puisses-tu un jour me pardonner    Jeu 15 Mar - 1:09

Il t'assure qu'il sera fort pour eux et tu le crois quand il le dit. Parce qu'il n'a répondu qu'à ce qu'il pouvait te promettre. Tu connais ton père ; il ne promet pas l'impossible. Alors, même si ne pas avoir d'assurance à ce propos agite ton angoisse dans tous les sens, tu ne dis rien, tu hoches simplement la tête. Tu fais de ton mieux pour sécher tes larmes. Tu es un grand garçon, après tout, même si tu es le petit dernier de la famille. « Mais je n'aurais pas à être fort, car nous allons bientôt arriver à destination. » Il a raison, tu ne dois pas te laisser aller à la tristesse, aux doutes et aux souffrances. Vous approchez du but. Après ces semaines trop longues, trop lentes, trop épuisantes, tu ne dois pas penser à ce que tu laisserais derrière toi, mais à ce qui mérite que tu continues de te battre. Ceux. Eux. Ta famille. Les êtres aimés. Tes sœurs. Tes frères. Tes parents. Lichen. Naphte. Tes amis. Tous ceux qui font de ta vie le bonheur qu'elle est.

Tu inspires doucement alors que les yeux te piquent. Tu fixes ton père et un rire faible t'échappe à ses paroles. « Nous sommes cielsombrois, nous ne reculons pas devant un peu de sable. » Vous y êtes actuellement dans le sable, jusqu'au cou, mais vous continuez d'avancer. Tu es encore en vie. Les autres aussi. « Nous soufflons sur le sable, même, jusqu'à ce qu'il recule. » Tu lui offres un sourire bref et tu penses à ta mère, qui vous a offert son sang erebien. Sang dont tu es plus que fier.

La fatigue se fait de plus en plus pesante. Tu as du mal à la combattre. Tu ne sais pas quel moment de la journée vous êtes, mais la chaleur te semble grandir à mesure du temps. Ou peut-être bien qu'il s'agit de la température de ton corps, tu ne sais pas. Tu embrasses une dernière fois sa main, avec difficulté, avant de souffler : « Je crois que je, que je fatigue, Papa. Je vais… Je vais dormir un peu, si tu me, me le permets. » A vrai dire, tu n'attends pas réellement qu'il te le permette. Tes yeux se ferment d'eux-mêmes. Comme tu n'es pas vraiment sur le point de dormir. La maladie reprend son dû, en réalité, et ton esprit commence déjà à vagabonder dans des visions sur lesquelles tu n'as aucune emprise.

Tu vois son museau d'abord. Puis sa gueule que tu reconnaîtrais entre toutes. Lichen. Inutile de préciser que tu ne le lâches plus une fois que tu l'as contre toi. Tu dis au revoir à ton père. Tu dis au revoir à Josette et à Lancelot, et tu embarques à bord de ton engin, celui de tes plans, celui qui hante parfois tes nuits et tes jours. Tu lâches la corde et vous partez. Tu vois les couleurs en bas. Le rouge, le violet, le blanc, le jaune, le vert, le bleu. Il y a du noir dans certains coins, un noir qui te donne la chair de poule, mais tu fais semblant de ne pas le voir. Tu l'ignores et tu te concentres sur ce qui te rend heureux.

« Il était temps. Je t'attendais. » Un sourire naît sur tes lèvre alors que tu fais volte-face.
Tu déchanteras plus tard car les hallucinations te mèneront à nouveau dans les tréfonds sombres et horribles de ton esprit, mais pour l'heure, tu savoures ce moment factice.

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