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 Une page se tourne

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La Noblesse • Modo
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J'ai : 32 ans
Je suis : dame de Sombreciel et médecin

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J'ai fait allégeance à : Castiel, duc de Sombreciel, mon époux ; Octave d'Ibélène
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Message Sujet: Une page se tourne   Dim 10 Déc - 19:35


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Alméïde d'Erebor

Une page se tourne

Les adieux d'un écrin



• Date : 28 novembre 1002
• Météo (optionnel) : Le vent souffle fort sur Lorgol, il fait très froid.
• Statut du RP : Solo
• Résumé : Le lendemain du Jour des Anciens, Alméïde digère la disparition de la Rose et de Sitara. Elle a de nombreuses questions qu'elle s'en va poser à Justice, avant de lui faire ses adieux.
• Recensement :
Code:
• [b]28 novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3118-une-page-se-tourne]Une page se tourne[/url] - [i]Alméïde d'Erebor[/i]
Le lendemain du Jour des Anciens, Alméïde digère la disparition de la Rose et de Sitara. Elle a de nombreuses questions qu'elle s'en va poser à Justice, avant de lui faire ses adieux.


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Message Sujet: Re: Une page se tourne   Dim 10 Déc - 19:49

Le lit est vide.
Le lit est froid.
Avant même d'ouvrir les yeux, c'est la pensée qui traverse son esprit encore embrumé de ce sommeil agité ; la nuit a été brève, quelques heures à peine entre le moment où elle est parvenue à fermer les yeux et le moment où le froid est venue l'éveiller. Elle se retourne dans le lit, là où devrait se trouver son fiancé, et elle pousse un soupir résigné avant de refermer les yeux. L'envie de remonter les couvertures au-dessus de sa tête est forte, tout comme l'envie de s'en faire un fort dont elle ne sortira plus avant plusieurs jours. Elle sent désormais cette boule dans sa gorge, celle qu'elle chassait avec ardeur la veille, alors qu'elle pansait les blessures de Castiel, qu'elle nettoyait le sang sur sa propre peau, qu'elle retirait ses vêtements déchirés en repoussant les images de la soirée. Elle la sent, dérangeante, tout comme cette terrible sensation au creux de son estomac ; les événements de la veille l'envahissent, s'amoncèlent au-dessus de sa tête et forment un poids sur sa poitrine qui l'empêche de respirer. Elle se heurte au vide dans son esprit, avec force, comme si elle espérait toujours y trouver la présence rassurante d'un vieux guerrier aux paroles sages et à la détermination sans failles. Quant à Justice...

Alméïde rouvre les yeux et se redresse tant bien que mal, pâle et échevelée, frissonnant dans sa chemise de nuit. Justice est encore là, lui. Pas dans ses pensées, pas présent dans sa tête, mais il est là et il a perdu un compagnon de vie, le compagnon d'une vie entière. Elle ne peut imaginer ce qu'il doit ressentir à cet instant, elle ne peut l'envisager, la princesse. Elle qui s'efforce de ne pas laisser l'image de Sitara revenir à la surface, de crainte de ne pouvoir surmonter la journée à venir... Par Joseï, comment pourra-t-elle se résoudre à l'annoncer à Anthim ?

La boule dans sa gorge croît un peu plus, si c'est possible, et elle essuie sa joue humide du bout de sa manche. Assise au bord du lit, ses pieds nus posés sur l'épais tapis, elle plonge son visage dans ses mains, cherchant à reprendre une respiration normale, plus sereine. Les pertes de la veille pèsent encore sur son coeur, poids de métal glacé qui la transpercent de part en part. L'avenir qui se dessine sous ses yeux lui paraît bien sombre et la peur qu'a provoquée la Chasse Sauvage gagne en puissance à chaque instant ; la graine plantée par la crainte de Simon pousse et prend racine dans tout son être, exacerbée par ce terrible sentiment de défaite et d'impuissance. Le sacrifice de la Rose était nécessaire, elle le sait ; elle n'en connaît pas la raison, elle ne comprend pas pourquoi leur départ a affaibli la Chasse, mais elle a lu dans la volonté de Simon un réel désir de mettre un terme à cette menace. Un sacrifice rendu moindre par la fuite de Johan d'Outrevent. La seule pensée de ce nom parvient à la faire trembler de peur, de colère, d'indignation, de désespoir. Tout ça à la fois, alors qu'elle est prise d'un sanglot, hoquetant sa peine entre ses mains. Comment a-t-il osé... ?

Tant bien que mal, à mesure que les secondes s'égrènent, Alméïde parvient à retrouver un semblant de contenance. Elle se relève, fait quelques pas dans la chambre silencieuse et prend place devant la coiffeuse où elle s'observe dans le miroir. Les larmes ont tracé des sillons sur la peau, de vagues cernes commencent à naître sous ses yeux. D'une main peu assurée, elle récupère un peigne et commence à dénouer ses cheveux méthodiquement, calquant sa respiration au rythme des mouvements de son bras, jusqu'à ce qu'elle sente une once d'apaisement revenir en elle. Jusqu'à ce que les images des événements de la veille ne soient plus présents qu'en toile de fond, de nouvelles horreurs qui peupleront ses cauchemars, mais rien qu'elle ne puisse surmonter. Comme le reste, oui, comme tout ce qu'elle a vécu cette année. Rien qu'un terrible souvenir de plus. Ne pas penser à ce qui viendra ensuite, ne pas penser à ce fléau qui parcourt désormais Arven. Ils surmonteront les prochains obstacles le moment venu.

Alméïde repose son peigne et noue ses cheveux d'un geste né de l'habitude. Aussi raide qu'un automate, elle s'efforce de se relever, elle s'habille rapidement, nettoie son visage à l'aide d'une vasque d'eau et quitte la chambre pour tomber nez à nez avec l'intendant de la tour. Il paraît inquiet, ses questions ne sont pas inconvenantes mais elles paraissent inquisitrices pour la princesse qui n'a aucune envie de parler, à cet instant. Elle refuse poliment les mets et le thé préparés à son intention ; elle craint de tout rendre, tant son estomac se tord. Elle s'enquiert cependant de l'endroit où se trouve son fiancé. Dans l'observatoire, lui signale-t-il. Dans l'observatoire, oû il ne désire pas être dérangé. Par personne. Sous aucun prétexte. Alméïde décèle dans son ton quelque chose qui la met mal à l'aise et elle comprend ce qu'il ne dit qu'à demi-mots : elle ne fait pas exception à la règle. Peut-être Castiel a-t-il besoin d'un peu de temps, avant d'en parler. Il était ailleurs, la veille, il paraissait loin, malgré les gestes doux de la princesse ou ses paroles qui se voulaient réconfortantes. Elle a dû insister, même, pour soigner sa jambe blessée, et au moment de se coucher il donnait toujours l'impression de ne pas être totalement revenu à lui. Alors Alméïde acquiesce doucement aux paroles de l'intendant, et lui fait savoir qu'elle reviendra plus tard, dans la journée.

Elle dévale les marches de la tour, récupère son manteau dans l'entrée, puis sort à la lumière du petit matin – une lumière froide, portée par un vent tout aussi glacé. Elle remonte sa capuche pour se protéger des assauts du vent, pour passer inaperçu également. Combien de temps mettra la nouvelle de son appartenance à la Rose pour se faire savoir à travers la ville, puis les divers duchés ? Sa soeur comprendra-t-elle la pronfondeur de la divergence qui les sépare désormais ? Penser à Reja est tout aussi douloureux que le reste, plus encore peut-être, alors qu'elle désire plus que tout retrouver sa soeur à ses côtés. Elle lui manque... terriblement. L'horreur de ses actes n'a pas été effacée pour autant, mais elle lui manque, elle est sa chair et son sang, elle est un force vive qui a toujours été là et qui se trouve désormais inaccessible. Que ne donnerait-elle pas pour revenir en arrière, pour être la grande soeur que Reja attendait, pour la protéger, pour l'empêcher de commettre le pire... ? Alméïde ne se rappelle que trop bien la douleur et les paroles qui s'entremêlent de ses cris. Un frisson glacé parcourt tout son corps et elle presse le pas, sans s'attarder dans les rues de la Ville Haute.

En sortant de la tour, elle n'était pas certaine de l'endroit où aller, mais son corps l'emmène sans qu'elle n'ait à prendre la décision. Bientôt, elle se trouve près du port commercial, aux bateaux amarrés et surveillés, endormis pendant l'hiver. Le vent souffle plus fort encore, à cet endroit, siffle à ses oreilles et la fait trembler de toutes parts. Mais son coeur se réchauffe d'apercevoir l'Égide et la silhouette massive qui s'y trouve, sertie d'éclats dorés. Alméïde s'avance, bientôt arrêtée par des Épines. Ses mains tâtonnent dans les poches de son manteau, sur ses vêtements, puis elle se fustige intérieurement d'avoir oublié la précieuse broche offerte par Simon. Elle doit être soigneusement rangée dans ses affaires, à l'Académie, loin d'ici.

« Je vous en prie, ce ne sera pas long. » fait sa voix chevrotante, presque suppliante. Elle cligne des yeux pour en chasser les larmes qui menacent de couler et les Épines s'observent, se demandant certainement ce qu'il convient de faire. « Laissez-la. » gronde une voix puissante, au creux de leurs esprits. Alméïde lève les yeux mais la silhouette du dragon paraît toujours immobile, sur le pont du drakkar. Son regard passe d'une Épine à l'autre et son sourire, bien que faible, est sincère lorsqu'ils la laissent enfin passer. Ses pas sont alors hésitants, son visage levé vers le merveilleux navire, né de l'une de leurs aventures. Ses doigts quittent l'abri de son manteau pour en caresser le bois vibrant de vie, mais la sensation lui paraît différente ; l'Égide était à la Tour Noire, pas à elle. La Tour Noire n'est plus et le drakkar est sans maître. Mais pas sans protection.

Alméïde monte sur le pont et se retrouve auprès de Justice, allongé, la gueule masquée sous une de ses puissantes ailes. Sa magnificence lui coupe un instant le souffle, à la princesse, avant de réaliser à quel point il semble vulnérable, ainsi ballotté sur le navire à quai. Elle frissonne encore un peu plus sous les assauts du vent, elle s'avance timidement mais sans vraiment hésiter, puis elle pose sa main sur le flanc du Seigneur du Ciel. Elle s'attendait à un contact glacé, mais il est chaud au contraire et sa main bouge au rythme de la respiration du dragon. « Je suis désolée. » murmure-t-elle, les mots emportés par le vent. Désolée de n'avoir rien pu faire. Désolée, peut-être, d'avoir été un mauvais écrin au point de ne pas avoir pu être d'une plus grande utilité. Désolée qu'il ait perdu ce lien vieux de centaines d'années. De nombreux instants s'écoulent, dans un lourd silence. Plusieurs minutes qui paraissent une éternité pour la princesse, mais qui doivent sembler insignifiantes pour le dragon. Justice finit par sortir sa tête de sous son aile et Alméïde se positionne de façon à ce qu'il puisse la voir. Ses grands yeux sont fixés sur elle, des yeux qui ont vu défiler les années, les écrins, les missions les unes après les autres. Il était prêt à en vivre bien d'autres, le noble dragon d'Or. Son silence s'apensentit sur le pont du drakkar né de son propre sang. Alméïde frissonne à l'idée de tous ces souvenirs que doivent dissmuler ces grands yeux. « Je suis venue te dire adieu. » C'est une petite voix qui perce le silence, peut-être prématurément, comme cette fleur qui cherche à pousser dans un paysage enneigé alors que le printemps tarde à venir. La princesse s'avance, hésite à tendre la main vers la tête de ce géant d'écailles mais s'abstient. « J'ai besoin de toi encore un peu, Justice. J'ai plein de questions qui restent sans réponse, et je ne vois personne qui puisse m'aider. » Il a vécu si longtemps, il a vu tant de choses, partagé tant d'années avec le souverain de Bellifère. S'il ne peut lui répondre, qui le fera ?

« Je ne crois pas pouvoir t'aider, petite. » « Si, bien sûr que tu le peux. Tu connais Simon, tu dois forcément savoir... » Elle semble désespérée, cette voix qui résonne désormais des échos de sa souffrance. Elle laisse enfin échapper la question qui lui brûlait les lèvres. « Que va-t-il advenir de Sitara ? Comment... comment puis-je la récupérer ? » « Tu ne peux pas. » Réponse trop affirmative, dite trop rapidement, sans une once d'hésitation. Alméide tremble, elle secoue la tête avec fermeté. « N-non, il doit forcément y avoir un m-moyen. Elle ne p-peut p... » « Alméïde, assez. » Le grondement autoritaire l'empêche de continuer, mais elle n'y ressent nulle condescendence, nul jugement, comme ce à quoi il l'a habituée durant ses premiers mois en tant qu'écrin. Justice se redresse sur ses pattes, de toute sa hauteur, imposant et majestueux dans la lumière froide de l'hiver. La princesse essuie ses joues prestement, avant de relever les yeux, de reculer, pour pouvoir soutenir ce regard impénétrable. « Johan a commis l'impardonnable. Il n'a pas respecté son serment, mais il a surtout pris le contrôle d'un autre être. Son écrin ne commande plus rien, plus aucun de ses gestes, et sera condamné à tout observer d'un oeil passif sans jamais pouvoir espérer revenir à la surface. » Alméïde secoue la tête. Elle ne veut pas y croire, il y a forcément une solution, il y a forcément... « Elle est perdue. » Le corps de la princesse est secouée de sanglots silencieux, qu'elle contient jusqu'à véritablement fondre en larmes. Le dragon reste immobile, à la regarder pleurer, comme s'il était incapable d'évaluer ce qu'il convient de faire dans une telle situation. Puis, lentement, sans grande conviction, il baisse la tête et l'approche d'Alméïde, la laissant s'y appuyer, le front contre les écailles brillantes. La détresse est profonde, pour la princesse. Elle n'accepte pas le sort de Sitara, elle ne peut l'imaginer enfermée dans son propre corps, à jamais manipulée par un souverain d'autrefois qui avait pourtant juré... Comment a-t-il pu faire une chose pareille ?

« Comment a-t-il pu être aussi égoïste ? » Les mots dépassent sa pensée mais le dragon ne répond rien. Peut-être n'a-t-il pas de réponse. Elle pleure encore, elle pleure jusqu'à ce que le flot de larmes s’amoindrisse, elle pleure jusqu'à sentir sa gorge l'irriter. Alors enfin, elle relève la tête, la princesse, elle renifle piteusement en clignant des yeux pour chasser les larmes qui lui brouillent la vue. « Que va-t-on faire maintenant, à propos de la Chasse Sauvage ? Il y a tant de choses qu'il ne nous a pas dit. » « Il n'en a pas eu le temps. » Elle acquiesce, silencieuse, songeuse. Non, elle a senti qu'il y avait quelque chose de plus, que Simon ne révélait pas tout ce qu'il savait. Elle a beau essayer de se convaincre du contraire, elle ne peut chasser la sensation : celle de ses remords, celle de sa honte. À peine perceptible à la surface, sous sa volonté sans failles, mais là tout de même. « Il savait pourtant ce que c'était, et il n'en a jamais parlé. » « C'était inutile Alméïde, elle n'était pas censée être libérée. » « Mais il a reconnu les banshees. » Silence. « Et leur sacrifice a affaibli la Chasse. Pourquoi ? » Silence. « Pourquoi il n'a rien dit, Justice ? » « Il devait avoir ses raisons. » Laconique, d'une loyauté farouche, il ne viendrait jamais à l'esprit du dragon de remettre en question le noble souverain d'autrefois. Le ton est ferme, pourtant, assez pour lui faire comprendre qu'elle ne doit pas insister. Alors elle retient les paroles qui lui brûlent les lèvres, elle tait les doutes et les questions qui affluent. Elle ne se permet que l'une d'entre elles. « Que vas-tu devenir, maintenant ? » Le dragon lui retourne son regard avec une telle intensité qu'elle semble se ratatiner sur place, l'espace d'une seconde. Ce n'est qu'à son silence qu'elle mesure réellement l'ampleur de la perte qu'il a subie. Plus rien, désormais, ne les relie.

« Merci Justice. Merci... pour tout. » déclare-t-elle finalement, d'une voix teintée de tristesse. Il n'a pas toujours été facile, il n'a pas toujours été tolérant envers elle, et pourtant il a été un soutien dans les moments les plus importants. Il est allé chercher son frère, après tout, suite à son enlèvement, brisant l'anonymat, contournant les règles qui lui sont si importantes. Et il l'a fait. Pour elle. « Prends soin de toi, Alméïde. » Juste quelques mots qui parviennent à la faire sourire, brièvement. Elle hoche la tête puis l'incline avec respect, face au dragon d'Or. Silencieuse, solennelle, elle redescend du pont du avance jusqu'à la proue pour faire également ses adieux à Malice, qui grogne à son approche. Il n'est plus sien, et même si elle n'a rien d'une navigatrice, elle éprouve un pincement au coeur à devoir s'en séparer réellement. Pourvu que les Épines en prennent soin.

Alméïde repasse devant les deux Épines et les remercie sincèrement, chaleureusement, malgré ses yeux rougis. Elle quitte le port, non sans un regard en arrière pour apercevoir que Justice s'est installé sur le pont du drakkar, comme à son arrivée. La princesse marche à travers la Ville Haute, s'éloigne de plus en plus, part en direction de l'Académie. La marche jusqu'à la tour des mages pour prendre le portail lui éclaircira peut-être les idées, l'aidera à digérer tout ce qu'il s'est passé. Elle n'a aucune envie de revoir l'Académie dans un tel état après le passage de la Chasse mais elle doit récupérer des affaires, c'est important. C'est même crucial. Son précieux miroir, pour commencer. Son épine, qui l'affilie encore à la Rose, lui permettant d'accéder à la tour où elle espère trouver des réponses ; pas aujourd'hui cependant. Pas même demain. Plus tard peut-être. Pour le moment, elle doit trouver le moyen d'annoncer à Anthim ce qu'il s'est passé. À la seule pensée de la souffrance qui en résultera, elle sent le désespoir et l'indignation l'envahir ; il ne mérite pas ça. Sitara non plus n'a pas mérité un tel sort. Au fond, elle espère encore que Justice se trompe, qu'ils sauront trouver une solution. Elle compte bien essayer, au moins.

Ce n'est qu'après plusieurs heures qu'elle revient à la tour de Sombreflamme. Elle a pris son temps, au coeur de sa chambre, pour rassembler ses affaires, pour emporter quelques vêtements, quelques babioles sans importances – mais qui la rassurent. Dans un livre, la plume de Sirocco trône comme marque-page, un souvenir qu'elle continue de chérir malgré tout. Son retour ne se fait pas réellement remarquer d'ailleurs, puisque Castiel est encore isolé dans l'observatoire. Alméïde s'inquiète, mais elle prend le temps de ranger soigneusement ses affaires avant d'aller le voir. Peut-être trouvera-t-elle un brin de réconfort à ses côtés, peut-être parviendra-t-il à lui donner le courage nécessaire de contacter son frère.

Elle ne se heurtera qu'à un nouveau mur de silence.

Demain ça ira mieux. Demain elle ira voir Mélusine, s'assurer qu'elle va bien, même si elle la sait en sécurité auprès de son époux. Demain elle parlera à Anthim. Demain son fiancé aura repris un peu ses esprits. Demain elle trouvera peut-être une solution à tout ce qui la tourmente.

Demain.

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