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 De l'admiration à l'envie

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Je suis : cadette Chevaucheuse de la dragonne Sucre, en troisième année de formation ; mage de l'Hiver (protection).

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Message Sujet: De l'admiration à l'envie   Dim 24 Déc - 0:59


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Gabrielle de la Volte & Aurore Aubétoile

De l'admiration à l'envie

Une pincée de jalousie pour une louche de respect



• Date : 30 novembre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait froid.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Suite au Jour des Anciens, Aurore se rend à la tour du Ru d'Argent pour rendre visite à Gabrielle et s'assurer qu'elle va bien, même si elle est intimidée par la perspective de revoir la princesse.
• Recensement :
Code:
• [b]30 novembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3160-de-l-admiration-a-l-envie]De l'admiration à l'envie[/url] - [i]Gabrielle de la Volte & Aurore Aubétoile[/i]
Suite au Jour des Anciens, Aurore se rend à la tour du Ru d'Argent pour rendre visite à Gabrielle et s'assurer qu'elle va bien, même si elle est intimidée par la perspective de revoir la princesse.


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Dernière édition par Aurore Aubétoile le Dim 24 Déc - 1:05, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Dim 24 Déc - 1:03

Elle est belle, la tour du Ru d'Argent. Pas la plus grande, ni la plus élégante, mais belle tout de même au coeur de la Ville Haute. Aurore se tient devant depuis quelques minutes, un peu hésitante, ses mains gantées fermement accrochées à un petit présent pour la princesse de Cibella. Elle a eu la chance et l'honneur de faire sa connaissance lors du trajet jusqu'à Roc-Épine, lorsque l'épidémie frappait tous les mages du continent. La maladie ne leur a pas permis une rencontre sous les meilleurs auspices mais elles ont partagé quelques mots que la petite Outreventoise n'oublierait pour rien au monde. Elle a discuté avec une princesse, une véritable princesse, elle, la simple cadette Chevaucheuse, humble Outreventoise inconnue. C'est une adolescente mitigée qui s'est retrouvée devant elle, à la fois fascinée par cette femme si belle, si courageuse, une Épine de surcroît ! Mais également méfiante, envieuse, devant celle qui s'attire les faveurs d'un comte et capitaine qu'elle admire depuis toujours. Elle a bien été obligée d'admettre que la princesse était charmante et qu'elle ferait une très bonne épouse pour homme aussi droit et honnête – et puis elle a dit qu'elle serait ravie de la revoir un jour ! Alors qu'elles se séparaient pour rentrer chez elles, une fois guéries, elle a vraiment prononcé ces mots !

C'est très naturellement qu'elle a songé à s'enquérir de son état, suite aux événements survenus à l'Académie. Elle était là, auprès d'Astrée, et elle a tout vu. Elle a eu si peur et ses nuits sont peuplées des hurlements de ces molosses aux dents acérées. Puis elle a appris que la princesse Gabrielle était présente, elle a entendu des choses sur la Rose Écarlate, et elle veut apprendre, elle veut savoir. Mais elle espère surtout qu'elle va bien. Elle a bien entendu des choses, sur son retour à sa tour, accompagnée... Aurore se renfrogne mais chasse ces viles rumeurs auxquelles elle ne peut croire.

Alors elle frappe quelques coups à la porte d'entrée, mue par une poussée de courage. L'intendante lui ouvre, droite et sérieuse, le regard sévère, légèrement scrutateur. Son regard s'attarde sur les frusques outreventoises portées par la cadette, serties de son insigne d'apprentie Chevaucheuse, bien en vue. Et quand elle lui demande l'objet de sa visite, Aurore peine à ne pas balbutier. « Je suis... Aurore Aubétoile une am... connaissance de la princesse Gabrielle. Pourrais-je m'entretenir avec elle ? » « Elle n'est pas là. » Oh. Voilà qui change tout. Aurore serre le petit paquet qu'elle a entre les mains, soucieuse de ce qu'elle va bien pouvoir en faire. « Pourriez-vous lui donner ceci alors ? Et lui dire que je suis passée ? » L'intendante tend les mains pour récupérer le présent mais elle ramène bientôt ses mains vers elle avant de s'incliner bassement, le regard posé sur quelque chose derrière elle. « Votre Grâce. » Surprise, Aurore se retourne et aperçoit la princesse. Immédiatement, elle imite la femme, dans un geste maladroit, à la fois empruntée et soulagée de la voir apparaître.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Lun 29 Jan - 2:39

Deux journées s’étaient déroulées depuis le massacre de l’Académie. Deux petites journées, seulement, et la vie semblait reprendre son cours normal malgré le flot de sang qui avait été versé, ce soir-là. Gabrielle n’oubliait pas. Depuis cette nuit d’horreur, il y avait en elle une mer amère où gisait un coeur immobile de trop de chagrin. Elle s’était confiée à Lionel et avait versé bien des larmes, mais la douleur demeurait. Même l’invitation généreuse d’Antonin et sa volonté à renforcer sa protection n’avaient pas su chasser tout à fait sa tristesse. Elle le savait bien, la Cibellane, que ce n’était qu’en aidant réellement qu’elle panserait ses plaies. Alors elle s’était présentée à l’Académie dès le matin, bien motivée à soutenir les endeuillés. Devant les larmes et le chagrin, Gabrielle ne s’était pas désistée.

Elle sentait la fatigue la dominer peu à peu, depuis la maladie de l’été dernier. Les événements tragiques s’emmêlaient toujours un peu plus, autour d’elle, malgré son inaction et sa prudence. Antonin de Faërie et ses rumeurs. Lionel de Rivepierre et ses secrets. Gaëtane et les enfants à venir. Puis l’Académie et la Rose brisée. Cette nuée de morts. Son épuisement à ouvrir un simple portail. Elle avait besoin d’un événement joyeux. Un seul. Elle laissa le soin à son nouveau protecteur d’entrer le premier, plongée dans ses pensées chagrines, pour tomber sur son intendante et une chevelure blonde qui s’inclinait déjà devant elle.

Heureux présage. Elle eut un soupir léger, un soupir de soulagement, en reconnaissant l’une des jeunes soeurs du convoi. Il lui aurait été difficile de décrire parfaitement le lien qu’elle détenait avec les jeunes Outreventoises. La longue route et l’avancée de la maladie n’avaient permis, au final, qu’une rencontre sommaire et irrégulières entre les pauses de repos. Mais la faiblesse, la détresse, la peur et surtout l’espoir avaient liés, en quelque sorte, les gens entre eux. Gabrielle se souvenait parfaitement de la fougue de la délicate Astrée, en percevant le Philtre de Mortessence entre ses doigts, tout autant que sa conversation avec Aurore : un baume sur leur coeur malmené par le désespoir. La princesse prit quelques secondes pour déterminer laquelle des deux soeurs étaient devant elle puis, en percevant enfin l’insigne de cadette, invita intendante et visiteuse à se redresser.

- Demoiselle Aurore Aubétoile s’était présentée dans l’espoir d’une rencontre avec vous, Votre Grâce.
- Me voilà donc soulagée de vous savoir bien vivante, demoiselle Aubétoile. Avec cette triste histoire entourant l’Académie… Mais une rencontre?

Elle adressa un sourire léger à la plus loyale des siennes. Sa bonne humeur lui revenait par vague, telle une marée montante, réchauffant ses sourires tout autant que son coeur. Ravie. Elle était ravie de revoir cette jeune femme bien vivante, bien portante, et désireuse de renouer ce lien fragile qu’elles avaient tissé, depuis Roc-Épine.

- Pourriez-vous nous faire servir quelques rafraîchissements, au salon? Venez, Aurore, et chassons le froid et les frayeurs par une infusion réconfortante. Peut-être pourriez-vous également me rassurer sur l’état de votre soeur?

D’une main légère, elle invita la jeunette à la suivre dans un couloir puis un escalier, jusqu’à une pièce ronde et confortable. Quelques fauteuils disposés ici et là semblaient favoriser les échanges, et les nombreux coussins aux broderies discrètes patientaient de prouver la réputation des plumes cibellanes. Dans cet environnement de finesse et de richesse discrète, Gabrielle semblait enfin dans son environnement. Bien plus que sur les routes, où elles s’étaient croisées. Elle se posa sur le bout de son siège, non sans avoir discrètement chassé son protecteur derrière les portes désormais closes, et invita Aurore à prendre place à son tour. La Cibellane ne lui laissa qu’un bref moment pour se familiariser avec la pièce avant de reprendre :

- Demoiselle Aubétoile… Racontez-moi tout.

Les affaires du Ru-d’Argent pouvaient bien attendre quelques temps. Et repousser le choix sur le prétendant à épouser était un soulagement réel. La présence d’Aurore était une bénédiction du Destin.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Mar 6 Fév - 22:57

La princesse est plus belle encore que dans ses souvenirs, débarrassée de la maladie, de sa fièvre, des nausées qui lui retournaient l'estomac. Elle est belle et Aurore se sent soudain amoindrie devant le regard doux et tranquille de la Cibellane qui se pose sur elle, malgré sa grande taille fine. Elle se sent même tout à fait maladroite dans sa révérence, empruntée par ce corps trop élancé, sa robe trop... commune. Elle reste malgré tout immobile, jusqu'à ce qu'on lui fasse signe de se redresser. Ses doigts se referment timidement sur son présent, comme pour se raccrocher à quelque chose de rassurant. Et déjà, l'appréhension grandit à l'idée de pouvoir échanger quelques mots avec une princesse, sans les délires causés par la fièvre et la fatigue accumulée d'un long voyage.

« Me voilà donc soulagée de vous savoir bien vivante, demoiselle Aubétoile. Avec cette triste histoire entourant l’Académie… Mais une rencontre ? » Et soudain, elle doute. Ne veut-elle pas la voir ? A-t-elle été présomptueuse en décidant de venir sans s'annoncer ? Oh, Levor, pourquoi a-t-elle seulement pensé pouvoir se mêler au quotidien d'une personne d'une si grande noblesse, ne serait-ce que quelques heures ? Elle s'apprête à balbutier des excuses quand Gabrielle reprend la parole. « Pourriez-vous nous faire servir quelques rafraîchissements, au salon ? Venez, Aurore, et chassons le froid et les frayeurs par une infusion réconfortante. Peut-être pourriez-vous également me rassurer sur l’état de votre soeur ? » À court de mots, la cadette acquiesce et la suit à l'intérieur de la tour.

Ses yeux se portent partout où ils peuvent se poser, dans des mouvements frénétiques, curieuse et émerveillée devant la richesse des lieux. Elle suit la princesse et s'installe à son invitation sur un fauteuil moelleux – sûrement le plus moelleux sur lequel elle s'est jamais assise. Elle tente de tout voir, de tout retenir, s'imaginant déjà raconter sa journée à sa soeur dans les moindres détails. « Demoiselle Aubétoile… Racontez-moi tout. » Elle pose à nouveau les yeux sur la princesse, un peu hésitante. Son enthousiasme menace de la submerger, elle a le coeur gros et reconnaissant de cette invitation qu'elle estime ne pas vraiment mériter. « Je vous remercie de me recevoir, princesse – votre Grâce. » Elle en oublie la plus élémentaire des étiquettes, elle ne sait plus comment s'adresser à elle. La majorité des souvenirs en sa compagnie ne sont que peu reluisants, les symptômes de la maladie se faisant plus fort au fur et à mesure de leur avancée. Mais les choses sont revenues à la normale et elle réalise combien la princesse est ici dans son élément.

« Ma soeur va bien, elle aussi. Elle et moi étions également à l'Académie il y a deux jours, mais nous avons bien heureusement pu échapper... à ce qui s'est éveillé. » Elle en frissonne, rien que d'en parler. Sa magie de protection a su les tirer d'affaire, de même que la magie d'autres personnes présentes à leurs côtés. Puis ils ont pu se mettre à l'abri, enfin. « J'ai su que vous étiez là-bas, et je voulais m'assurer que... que tout allait bien. Je vous sais également proche de la Rose Écarlate alors... » Feu la Rose Écarlate, devrait-elle dire ? Aurore se reprend doucement. « Je vous ai apporté ceci. » Elle lui tend la petite boîte contenant son présent : de petites pâtisseries en forme de roses, faites par ses soins. S'il y a bien une chose dont elle est fière, l'Outreventoise, c'est de ses talents culinaires. Elle espère tout de même que ce sera au goût d'une princesse.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Mar 27 Fév - 20:39

La jeune Aurore semblait bien peu à l’aise, et Gabrielle ne pouvait que la comprendre, autant qu’elle compatissait à son sort. Elle-même, invitée au palais d'Alfaë, s’était avouée quelque peu intimidée par la majesté de l’endroit et la grandeur de mémoire que symbolisaient ces tours élancées. Alors elle souriait avec plus de douceur encore, cherchant à amenuiser cet embarras par un accueil chaleureux. À l’Outreventoise. Une pensée la traversa, dédiée aux deux champions de cette course aux prétendants. Deux Outreventois. Peut-être était-ce là un signe qu’elle allait dans la bonne direction…? Gabrielle s’inclina sur la boîte afin d’éloigner le spectre de Lionel et Antonin et, curieuse de connaître le présent associé aux paroles de la jeune Aurore, l’ouvrit sur des pâtisseries fleuries.

- Des roses…

Dans son regard, il y avait déjà quelques perles de mélancolie pour ce que représentait pareil présent. Une Rose Écarlate défaite, des Épines en déroutent, la menace d’une guerre perpétuelle et la suprématie d’un Ordre sanglant et barbare. L'épidémie meurtrière. Lughnasadh. La Chasse libérée. Les membres de l’Ordre allaient forcément poursuivre leur sombre dessein, et il ne resterait bientôt plus que quelques Épines démunies pour prôner l’importance d’une paix, pour Arven. Que revendiquaient-ils, avec autant de violence? Gabrielle glissa une main à sa joue pour y chasser le plus discrètement possible un éclat frappant de sa sensibilité trop grande.

- Ne vous fiez pas à ces larmes, Aurore. Elles regrettent la paix de notre enfance et s’inquiète pour nos enfants qui ne connaîtront peut-être qu’un lendemain difficile bien loin de la douceur ayant bercé notre jeunesse. C’est un présent qui réchauffe mon coeur par autant de délicatesse.

Le présent reposé plus loin sur la table basse, mis en évidence afin que cadette et princesse puissent en admirer les pétales, Gabrielle proposa une tasse de cette infusion qui arrivait enfin. Le domestique mit fin un instant à cet épanchement de sentiments, le temps de verser le liquide ambré et parfumé dans de coquettes tasses peintes de mille oiseaux bleutés et orangés. La princesse le remercia d’un hochement de tête bref et attira l’une des pâtisseries tout près d’elle, non sans inviter l’Outreventoise à faire de même.

- Votre inquiétude à mon endroit est bien doux, Aurore. Je suis heureuse de vous savoir saines et sauves, votre sœur et vous. Je songe parfois à notre périple sur les routes et cet espoir de trouver un remède. Tant de hardiesse, tant de courage, pour de si jeunes femmes…

Elle souleva son breuvage fumant et sentant bon la vanille pour en boire une infime gorgée, du bout des lèvres, l’air déjà songeur. Sa soeur, Astrée, avait revendiqué clairement son allégeance pour la Rose et avait même souhaité intégrer l’institution en tant qu’Épine. Gabrielle en avait glissé mot, dès qu’elle avait pu, mais elle redoutait que la fin de la Rose ébranle le recrutement de nouveaux membres. Aurore partageait-elle cette même sympathie pour la Rose, ou du moins, pour ce que fut la Rose? Son regard clair étudiait la cadette, un bref moment, avant que la conversation ne reprenne.

- Je me suis dévoilée, peut-être un peu trop, lors de notre voyage, mais je crois encore aujourd’hui que ce choix fut le meilleur. Ce fut éprouvant, ce fut long et douloureux, mais les Épines - et la Rose - ont fait au mieux de leur connaissance pour trouver un remède. Je vous remercie, sincèrement, de ne pas juger mes allégeances et de chercher à y panser un deuil nouveau.

Un sourire un peu triste lui fut offert, avant que Gabrielle ne dissimule ses lèvres sous une nouvelle gorgée.

- Me permettez-vous une question quant à vos aspirations, Aurore? ..Que cherchiez-vous, sur les routes, au sein de ce convoi?

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Sam 31 Mar - 12:21

« Des roses… » L'émotion est visible sur le visage de la princesse. Trop visible, peut-être, car Aurore se sent rapidement coupable d'avoir fait ce présent qui la bouleverse tant. Il lui semble accumuler les faux pas et elle désire plus que tout se terrer sous la table, loin du regard de son hôte. C'est d'ailleurs d'une voix hésitante qu'elle parvient à s'excuser, tant bien que mal. « Pardonnez-moi, je n'avais pas pensé... C'était inconvenant de ma part. » Elle s'en veut si fort. Elle fait pleurer une princesse – la princesse de Cibella, par Aura ! Maudite soit-elle. Comment a-t-elle osé lui faire un tel affront ?

« Ne vous fiez pas à ces larmes, Aurore. Elles regrettent la paix de notre enfance et s’inquiète pour nos enfants qui ne connaîtront peut-être qu’un lendemain difficile bien loin de la douceur ayant bercé notre jeunesse. C’est un présent qui réchauffe mon coeur par autant de délicatesse. » Oh. Oh ? Elle ne lui en veut donc pas ? Son cadeau lui fait réellement plaisir ? Elle a du mal à y croire, elle en reste pantoise et son sourire revient peu à peu, alors qu'elle réalise qu'elle a fait quelque chose qui plaît à une princesse. À une princesse ! La princesse de Cibella ! Quand elle racontera ça à sa soeur... Il ne s'agit certes pas de leur duc bien aimé mais tout de même, une vraie princesse qui les apprécie. Le coeur de la cadette bat à tout de vitesse, de joie et de chaleur, bien que l'occasion se prête peu aux réjouissances. Elle contient d'ailleurs cet élan de fierté et n'adresse que quelques mots, avec autant de douceur qu'elle en est capable. « Je suis enchantée qu'il vous plaise, mais si je peux faire quoi que ce soit... » Et c'est sincère. « Votre inquiétude à mon endroit est bien doux, Aurore. Je suis heureuse de vous savoir saines et sauves, votre sœur et vous. Je songe parfois à notre périple sur les routes et cet espoir de trouver un remède. Tant de hardiesse, tant de courage, pour de si jeunes femmes… » Un mince sourire répond à ces paroles, un brin plus triste celui-ci.

Aurore a des souvenirs flous de ce voyage jusqu'à Roc-Épine. À mesure qu'ils avançaient, la fièvre lui faisait perdre un peu plus la tête et elle ne sait plus ce qui est réel ou ce qui relève de l'hallucination. Néanmoins, une fois le remède administré, elle se rappelle bien les paroles de la jeune femme qui a émis l'espoir de les revoir un jour, sa soeur et elle. Cet espoir, elle l'a enveloppé avec soin en son coeur et elle est encore surprise d'avoir cette chance aujourd'hui, malgré les circonstances terribles qui ont poussé à cette rencontre.

La cadette s'empare à son tour de sa tasse de thé et souffle légèrement sur le breuvage brûlant avant d'en boire une gorgée. Son regard quitte rarement le visage de la princesse, bien trop fascinée par ses traits doux et nobles. « Je me suis dévoilée, peut-être un peu trop, lors de notre voyage, mais je crois encore aujourd’hui que ce choix fut le meilleur. Ce fut éprouvant, ce fut long et douloureux, mais les Épines - et la Rose - ont fait au mieux de leur connaissance pour trouver un remède. Je vous remercie, sincèrement, de ne pas juger mes allégeances et de chercher à y panser un deuil nouveau. » Elle incline légèrement la tête, pour toute réponse. Oeuvrer pour la paix est une bien noble cause et elle ne peut que l'approuver.

« Me permettez-vous une question quant à vos aspirations, Aurore ? ... Que cherchiez-vous, sur les routes, au sein de ce convoi ? » La question la prend un peu au dépourvu, mais elle n'a pas besoin de réfléchir beaucoup avant de trouver la réponse. Le front plissé, son regard revêt ce sérieux que les adultes arborent lors de sujets graves. « Depuis toute petite, j'admire les nobles combattants qui décident de prendre la voie des airs pour protéger leur duché et leur empire. Quand ma magie s'est révélée, le chemin m'a paru évident, et j'ai la chance d'évoluer auprès d'une dragonne pour un jour en faire de même. » C'est une vraie conviction, dans la voix de l'adolescente, c'est un réel engagement qu'elle a pris et elle sait, dans son coeur et dans son âme, qu'il n'est rien de plus important que de protéger ceux qui ne peuvent le faire eux-mêmes. « Rejoindre le convoi, c'était pour aider aussi, un peu. Je voulais trouver un remède, même si c'était dangereux, parce que c'est un peu mon devoir. Vous, vous comprenez ? » Elle était loin d'être la plus utile du groupe, dans son état, mais elle avait à coeur d'essayer, ne serait-ce que pour les autres. Si frêle, si fragile, elle aurait pu avoir de terribles séquelles de cette maladie. Et pourtant, elle est revenue, saine et sauve.

« Vous aussi, vous avez pris des risques dans cette expédition. Votre peuple doit être si fier d'avoir une princesse aussi dévouée. » ajoute-t-elle, franche, admirative. Elle est si courageuse et emplie de bonne volonté. Pas étonnant qu'elle soit aussi courtisée.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Mar 3 Avr - 15:48

La question semblait surprendre son invitée et Gabrielle fronça imperceptiblement les sourcils. Ce n’était pas une question facile, elle en était consciente, bien trop vaste pour inviter une réponse précise. Il lui semblait toutefois nécessaire de savoir pour quels buts la jeune cadette était prête à frôler la mort et sacrifier ses jeunes années. Ses desseins à elle, et désormais tout Faërie semblait les connaîtres, étaient porteurs de paix et d’unité. C’était pour la quiétude et l’harmonie qu’elle désirait se battre. Le silence d’Aurore fut de courte durée, car déjà l’Outreventoise avançait une réponse fort charmante, aux oreilles de la dame des lieux.

- Depuis toute petite, j'admire les nobles combattants qui décident de prendre la voie des airs pour protéger leur duché et leur empire. Quand ma magie s'est révélée, le chemin m'a paru évident, et j'ai la chance d'évoluer auprès d'une dragonne pour un jour en faire de même.
- Oh… Les hauts faits de ces légendes ayant marqué Faërie.

Gabrielle se souvenait de cette Cibellane incroyable, première femme à chevaucher un dragon, qui marquait encore l’imaginaire des femmes de son duché. Elle était fière, la princesse, d’appartenir à une terre si riche d’histoires et de légendes, d’exploits incroyables et de femmes d’exception. Si en son for intérieur Gabrielle ne se croyait aucunement à la hauteur de celles ayant marché sur Cibella avant elle, il n’en demeurait pas moins qu’il n’y avait aucune jalousie et aucun mépris. Seulement un respect profond pour celles qui furent, pour celles qui faisaient encore naître des rêves de grandeur dans le coeur des siennes. Sa jeune invitée reprenait ses explications avec cette même conviction qui enjolivait chacune de ses paroles : Aurore désirait aider car son devoir allait ainsi. Adorable jeune femme. La princesse ne put qu’acquiescer gravement à sa question. Elle, elle comprenait tout à fait.

- Vous aussi, vous avez pris des risques dans cette expédition. Votre peuple doit être si fier d'avoir une princesse aussi dévouée.
- Tout comme vous, Aurore, je ne me voyais nul part ailleurs que dans ce convoi, malgré les risques et la maladie. J’espère que les miens se souviendront de la grandeur pourtant fragile du présent que leur a offert Aura, et qu’ils se rappelleront également, lorsque les temps se feront difficiles, des risques qu’avait pris la Rose pour leur venir en aide. Elle n’était pas… Elle n’était sans doute pas parfaite, et probablement idéalisée, mais jamais elle n’aurait fait naître une épidémie semblable.

Car c’était l’Ordre qui était derrière cette épidémie ayant tué tant d’enfants d’Aura, à travers Arven. Si Faërie fut lourdement affectée, Ibélène avait également dû essuyer des pertes, même moindre. Son joli sourire s’était éteint et la princesse dissimula sa moue chagrine derrière une nouvelle gorgée. Même la délicatesse de son thé ne parvenait pas à réchauffer ses pensées. La rumeur s’était propagée aussi rapidement que le désespoir, et déjà, on murmurait le sacrifice de la Rose et le nom des écrins. Était-ce encore une machination de l’Ordre, ces molosses, ces banshees, cette Chasse Sauvage? Il n’y avait pas de preuve, pas encore, mais l’idée était tenace pour Gabrielle. Qui détestait à ce point la Rose? Une évidence s’imposait.

- Soyez prudente, Aurore. Soyez prudente pour votre soeur, également, qui s’est montrée très enthousiaste dans ses allégeances, lors du voyage vers Roc-Épine.

Même si elle ne désirait aucunement effrayer la cadette, il y avait dans sa voix des nuances inquiétantes. Les menaces de l’Ordre lui avaient fait peur. Réellement. Elle n’avait pas renoncé à la Rose et sa loyauté était intacte, mais les protecteurs s’étaient soudainement multipliés. Même Antonin de Faërie y avait contribué, malgré sa proximité avec l’Ordre du Jugement.

- J’ignore ce que désirent ceux et celles ayant libéré la Chasse Sauvage et ayant propagé l’épidémie, mais je sais qu’ils ne veulent aucun bien aux Épines et aux sympathisants de la Rose. Aucun.

Et comme pour imager ses propos, la princesse se permit une bouchée dans l’une de ces pâtisseries en forme de rose.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Mer 4 Avr - 21:55

« Oh… Les hauts faits de ces légendes ayant marqué Faërie. » Les yeux de la cadette brillent, de cette lueur enthousiaste et rêveuse ; elle voit défiler devant son regard les hommes et les femmes qui ont marqué l'histoire, les Chevaucheurs de légende, celles et ceux qui ont su protéger leur duché ou leur empire du danger. Durant mille ans, il y a eu la Trêve et les empires ne se sont guère fait la guerre, mais les ennemis ne sont jamais loin, prêts à faire du mal aux démunis et à tous ceux qui sont trop faibles pour se défendre. Les légendes sont nombreuses, tout autant que les faits d'armes réels, et tous se mêlent pour former dans l'esprit encore jeune de la Chevaucheuse une tapisserie merveilleuse d'histoires extraordinaires. Elle se rappelle encore les conteurs, au marché de Souffleciel, qui emportaient leur auditoire en quelques mots, qui leur faisaient toucher les étoiles et explorer les plus étranges des lieux. Aurore aimait les entendre, elle n'hésitait pas à dépenser les quelques fleurons qu'elle avait pour en écouter d'autres, jusqu'à ce que ses rêves d'enfants, puis d'adolescente, soient nourris pour des jours et des semaines. Son regard levé vers les cieux presque aussi souvent que sa soeur, elle s'imaginait rejoindre les étoiles plutôt que les admirer de loin. C'était un doux rêve, un rêve qui devient réalité.

« Tout comme vous, Aurore, je ne me voyais nul part ailleurs que dans ce convoi, malgré les risques et la maladie. J’espère que les miens se souviendront de la grandeur pourtant fragile du présent que leur a offert Aura, et qu’ils se rappelleront également, lorsque les temps se feront difficiles, des risques qu’avait pris la Rose pour leur venir en aide. Elle n’était pas… Elle n’était sans doute pas parfaite, et probablement idéalisée, mais jamais elle n’aurait fait naître une épidémie semblable. » Aurore boit ses paroles comme elle boit le thé si doux à son palais. La princesse y met tant de conviction et de franchise qu'elle ne peut faire autrement que d'y croire elle aussi. Oui, le don d'Aura est une bénédiction, elle ne se verrait pas le perdre ou l'abandonner, à aucun prix. Elle se souvient pourtant d'une jeune femme qui a hésité, durant le long trajet qui les a menés au salut.

« Soyez prudente, Aurore. Soyez prudente pour votre soeur, également, qui s’est montrée très enthousiaste dans ses allégeances, lors du voyage vers Roc-Épine. » Elle n'y avait pas réellement songé jusque là, mais elle hoche doctement la tête, le regard soudain bien sérieux. « Je veillerai sur elle. » affirme-t-elle dans un souffle, assurée dans ses propos. Il s'agit de sa soeur, pour rien au monde elle ne la laisserait en fâcheuse posture. « J’ignore ce que désirent ceux et celles ayant libéré la Chasse Sauvage et ayant propagé l’épidémie, mais je sais qu’ils ne veulent aucun bien aux Épines et aux sympathisants de la Rose. Aucun. » Aurore déglutit difficilement, soudain bien plus alerte. Oseraient-ils s'attaquer à une jeune Savante même pas encore diplômée ? Ou à celle qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau ? Je mangerai tous ceux qui essayeront. La voix de la dragonne, loin d'être rêveuse, laisse percevoir la puissance des seigneurs des cieux. La cadette esquisse un sourire, rassurée, déterminée.

Elle repose doucement sa tasse, les pensées voguant en tous sens. Les soucis d'adultes se font siens peu à peu, elle le réalise depuis quelques temps, depuis qu'elle a débuté sa formation de Chevaucheuse en fait. Il y a pourtant tant à penser, tant à craindre également. « Leurs actes ne nous empêcherons pas de continuer à protéger celles et ceux qui en auront besoin. » Naïve, ou simplement confiante en une justice qui punit les réels malfaiteurs de ce continent. Quiconque répand une épidémie sur tout le continent mérite forcément d'être jugé, n'est-ce pas ? L'Outreventoise n'a guère de réponse à donner à tout ce qu'il se passe depuis de nombreux mois, elle n'est qu'un insecte qui évolue au milieu de géants. Elle n'a guère d'influence sur le cours des choses, elle n'a pour elle que son courage et son envie de bien faire.

Sur le visage de la cadette, une lueur d'hésitation. Face à la princesse, elle se sent désormais plus à l'aise, mais elle ne sait jusqu'où elle peut aller. Néanmoins, sa franchise porte ses mots au-delà de sa pensée avant qu'elle n'ait réellement le temps d'y songer plus avant. « Princesse, ma soeur m'a dit qu'en chemin, vous aviez hésité à... prendre le Philtre de Mortessence. Qu'est-ce qui vous a convaincu d'y renoncer, finalement ? » Sa voix se fait toute petite, mais son questionnement sincère se lit dans ses yeux. Elle est fascinée par la princesse du duché de la Magie, et elle n'est guère douée pour dissimuler ce qu'elle ressent.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Mer 11 Avr - 3:09

La jeune Outreventoise semblait anxieuse suite à ses paroles et Gabrielle s’en voulait presque de l’avoir confrontée à une facette bien terrible de ce monde. Elle était cadette, certes, et elle s’était engagée à défendre Faërie de sa vie. Mais la toute blonde n’avait pas vingt ans et sa jumelle était visiblement attachée à la Rose, ou du moins, à ses idéaux. Astrée risquait-elle réellement pour sa vie? La princesse n’aurait pas su dire, tant l’Ordre du Jugement lui semblait chaotique. Elle-même n’avait fait qu’accompagner un convoi, et la menace avait été au rendez-vous. Qu’en était-il d’une adolescente, une étudiante de l’Académie? Songeuse, Gabrielle se revoyait, à son âge environ, se faire approcher par une Épine. Les temps avaient changé. Les Épines ne recruteraient plus avant un moment, sans doute, afin de pleurer le deuil de la Rose et de se réorganiser.

- Leurs actes ne nous empêcherons pas de continuer à protéger celles et ceux qui en auront besoin.
- Il m’est agréable de voir une relève vigoureuse et hardie… Votre soeur me semble l’être tout autant, mais d’une manière plus discrète, peut-être.

Un silence, comme un flottement, s’installait entre elles. Gabrielle se permit une seconde bouchée de la délicieuse pâtisserie, le regard vague, à songer à la jeune Astrée Aubétoile. Combien de jeunes femmes similaires, avec un avenir prometteur devant elles, avaient sombré sous les attaques engendrées par l’Ordre? Ne serait-ce que durant l’épidémie, les pertes semblaient infinies.

- Princesse, ma soeur m'a dit qu'en chemin, vous aviez hésité à... prendre le Philtre de Mortessence. Qu'est-ce qui vous a convaincu d'y renoncer, finalement ?

La Cibellane releva son regard clair sur son invitée, surprise par la question. Il était évident qu’Astrée se confierait à sa soeur sur les épreuves qu’elle avait traversé, et Gabrielle en avait été une, assurément. Elle fronça les sourcils, sous la réflexion, et prit soin de retirer les moindres petites miettes de sucre de sur ses mains avant de lui offrir une réponse. Dans ses pensées, il y avait Sylvain de la Lyre et ses doigts liés aux siens. Il y avait le délire et la fièvre. Les nausées perpétuelles. À quel moment, précisément, avait-elle cru que ce philtre maudit soit la seule alternative viable? Ne s’était-elle pas convaincue, avant d’entreprendre son voyage, que la Rose se devait de montrer l’exemple et que l’Épine qu’elle était ne plierait pas?

- Vous avez une relation très belle, avec votre soeur, Aurore. J’espère de tout mon coeur que vous la laisserez fleurir et que vous en prendrez grand soin.

Mais ce n’était pas une réponse, ce n’était pas suffisant. Aux yeux de tous, les enfants de la Volte étaient unis contre l’adversité. Une fratrie soudée. C’était ce que les murmurent disaient. La remarque, chargée de sous-entendus, était peut-être trop fine pour une grande enfant qui ne les connaissait pas. Alors Gabrielle s’inclina légèrement vers la cadette, invitant aux confidences par sa simple posture et sa voix qui se faisait plus douce encore.

- Enfant, on m’avait raconté l’histoire de la pierre de Maïa. C’est un récit très joli et je crains de ne pas lui rendre honneur en vous le racontant à mon tour. Une enfant, Maïa, traînait sur son dos une grande pierre luisante d’un rose nacré. Elle ne savait pas trop pourquoi, ni comment, mais la pierre était apparue ainsi. Tous, sans exception, admiraient la pierre luisante. Ils refusaient de jouer avec Maïa pour préserver ce qu’elle transportait mais se ruaient vers elle à la moindre occasion pour admirer les lueurs fabuleuses du caillou. Je crois, Aurore, que j’ai bien longtemps perçu le don d’Aura comme cette pierre.

Elle n’était pas certaine que la cadette ait réellement compris les enjeux de son histoire. Gabrielle la questionna, du bout des yeux, leur accordant un bref moment de silence, avant de poursuivre ses explications.

- Mais lorsque j’ai choisi de me joindre à l’expédition, j’avais peur de perdre à tout jamais cette partie de moi. Je désirais la préserver. C’est la douleur, la peur et ce sentiment d’impuissance, surtout, qui m’ont amenée vers le Philtre de Mortessence. Mais c’est votre soeur qui m’a rappelé mes engagements envers la Rose, ainsi que la rareté et la beauté de la magie.

Le sourire qu'arborait la princesse était sans nostalgie, sans regret. Elle avait préservé sa magie malgré tout, et sa décision enfin prise la comblait, de toute évidence.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Sam 12 Mai - 19:00

« Il m’est agréable de voir une relève vigoureuse et hardie… Votre soeur me semble l’être tout autant, mais d’une manière plus discrète, peut-être. » Le compliment lui fait réellement chaud au coeur. Elles sont fières, les jumelles, et elles sont dévouées à leur duché autant qu'à leur empire. Pour Aurore, protéger est l'essentiel de sa mission en tant que Chevaucheuse, c'est pourquoi elle a choisi cette voie, c'est pourquoi elle a opté pour ce domaine de magie plutôt qu'un autre. Elle n'est pas une jeune femme violente, mais elle apprend à faire ce qui est nécessaire pour venir en aide aux plus faibles et aux plus démunis. Sa conviction est forte, elle est assidue dans ses leçons, elle veut faire au mieux dans cette atmosphère de tensions où le conflit n'est jamais bien loin. Elle n'est pas encore sur le terrain, mais dès l'année prochaine, sa formation la portera dans une unité de son duché. Probablement pas sur le front, mais seul le Destin pourrait savoir ce que l'avenir lui réserve. Tant de cadets ont dû écourter leur formation pour suppléer à l'effort de guerre, peut-être devra-t-elle un jour en faire de même.

Aurore préfère néanmoins s'intéresser à la princesse, encore abasourdie de la chance qu'elle a de se trouver en sa présence et de partager avec elle une discussion des plus sérieuses. Elle éprouve un léger embarras devant la réaction de son interlocutrice, quand elle lui pose franchement sa question, mais celui-ci finit par s'estomper car elle ne semble guère en prendre ombrage.

« Vous avez une relation très belle, avec votre soeur, Aurore. J’espère de tout mon coeur que vous la laisserez fleurir et que vous en prendrez grand soin. » Le sourire qui orne les lèvres de l'Outreventoise, à l'instant, est tendre et sincère. Il semble approuver les mots qui lui sont adressés. Bien entendu, jamais sa relation avec sa soeur ne pourrait souffrir de quoi que ce soit. Elle ne se voit pas séparée d'elle, elle ne se voit pas arrêter un jour de partager ses pensées et ses doutes avec elle. C'est bien trop important pour la cadette. Comme sa magie ou sa dragonne, elle fait partie d'elle, depuis toujours.

« Enfant, on m’avait raconté l’histoire de la pierre de Maïa. C’est un récit très joli et je crains de ne pas lui rendre honneur en vous le racontant à mon tour. Une enfant, Maïa, traînait sur son dos une grande pierre luisante d’un rose nacré. Elle ne savait pas trop pourquoi, ni comment, mais la pierre était apparue ainsi. Tous, sans exception, admiraient la pierre luisante. Ils refusaient de jouer avec Maïa pour préserver ce qu’elle transportait mais se ruaient vers elle à la moindre occasion pour admirer les lueurs fabuleuses du caillou. Je crois, Aurore, que j’ai bien longtemps perçu le don d’Aura comme cette pierre. » Elle écoute attentivement, la jeune femme. Et elle est un peu peinée d'entendre cette histoire et son lien avec la situation de la princesse. Elle est même fascinée de se voir confier de tels propos de la part d'une personne si illustre. « Mais lorsque j’ai choisi de me joindre à l’expédition, j’avais peur de perdre à tout jamais cette partie de moi. Je désirais la préserver. C’est la douleur, la peur et ce sentiment d’impuissance, surtout, qui m’ont amenée vers le Philtre de Mortessence. Mais c’est votre soeur qui m’a rappelé mes engagements envers la Rose, ainsi que la rareté et la beauté de la magie. » Aurore peine à imaginer qu'une jeune femme aussi forte, aussi belle, aussi vive d'esprit, se soit ainsi égarée en chemin. Une princesse peut douter également, une princesse peut perdre sa voie. Sa faiblesse n'en est pas réellement une, elle la rend simplement plus... humaine.

« Je ne peux imaginer quels étaient les tourments qui vous faisaient douter, mais je suis heureuse que vous ayez su les dépasser. Vous avez dû faire preuve de beaucoup de courage. » Il y a un peu d'admiration dans les yeux de la cadette, face à la princesse. Affronter les ennemis de son duché pour en protéger la population est une chose, mais affronter ses propres démons, c'est autrement plus compliqué. « Votre famille doit être fière de ce que vous avez fait pour les mages, non ? Accompagner ainsi un convoi pour trouver un remède qui a sauvé les enfants d'Aura, alors que vous auriez pu rester à l'abri dans votre domaine, c'était très noble. » Elle bafouille presque, la jeune femme, tant elle est intimidée à l'idée de faire part de ce qu'elle pense à son hôte. N'en fait-elle pas un peu trop ? La pensera-t-elle hypocrite, flagorneuse ? Elle n'en a aucune envie, car elle est réellement impressionnée par le geste de la princesse.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Lun 28 Mai - 1:44

La toute jeune femme l’écoutait avec une attention sans faille et la princesse, malgré sa noblesse et son bagage, se sentait légèrement intimidée par ce regard brillant et ce silence parfait. Elle réagissait à ses paroles et semblait même triste de la finalité de ses explications. Gabrielle lui offrit un sourire léger et rassurant, rien n’était perdu, bien au contraire.  Gabrielle la rassura d’un sourire léger et confiant : tout n’était pas perdu, bien au contraire. La Rose n’était plus - cette pensée était encore bien nouvelle et douloureuse -, l’Académie avait été ravagée, des innocents étaient tombés et tomberaient encore, certainement, mais tant que la relève se montrait aussi vigoureuse, aussi dévouée… Il fallait garder espoir. Elle-même, devant la possibilité d’annihiler sa propre magie avait préféré l’espoir plutôt que de céder au chagrin et à la désolation.

Lorsque l’Outreventoise reprit parole, elle avançait des mots chargés de joliesse. Elle vantait son courage, et Gabrielle ne se sentait aucunement héroïque alors qu’elle tremblait devant un simple choix. Mais sous ce regard brillant où une pointe d’admiration perlait, la princesse se permit un silence, sourire songeur aux lèvres. Peut-être s’attendait-on à ce que la haute noblesse renonce et se dissimule dans un palais. Peut-être était-ce ce qu’elle aurait dû faire, plutôt que de prendre un risque inutile…? Leur vie avait été menacée, réellement, non pas par la magie, mais par cette traque qui les avait mené jusque dans une grotte sinistre.

- Votre famille doit être fière de ce que vous avez fait pour les mages, non ? Accompagner ainsi un convoi pour trouver un remède qui a sauvé les enfants d'Aura, alors que vous auriez pu rester à l'abri dans votre domaine, c'était très noble.
- Ma famille fut ravie de l'arrivée du remède, ce fut une bénédiction pour tous les Cibellans. Tous les mages, soient-ils Faës ou Ibéen…

Ses pensées allèrent pour ces mages des autres contrées qui avaient croisé sa route, à l'Académie. Le jeune Séverac, nemesis de Gabin, entre autre chose. Elle ne l’avait pas vu, sur les routes, et espérait qu’il se porte bien, désormais. Aucune nouvelle mauvaise ne l’avait trouvé et Gabrielle en était d’autant plus soulagée.

- Mon frère, toutefois, semblait inquiet. Je n’ai qu’accompagné un convoi, comme tant d’autres. Comme vous, Aurore. Si vous me trouvez courageuse, je peux vous assurer que vous l’êtes aussi, plus encore, en acceptant de défendre Faërie. Sur ces routes, mon ennemi était mes propres doutes. Les vôtres sont bien plus nombreux, bien plus sournois encore…

Elle l’apprendrait beaucoup trop tôt, si ce n’était déjà fait. Arven était peuplé d'âme cruelle prête à bien des bassesses. L'épidémie était un parfait exemple. La Chasse Sauvage également. Gabrielle l’observait quelques instants, encore, évaluant la douceur de ses traits, la pâleur de ses cheveux d’or, sa mine encore marqué par l’enfance. Sans doute serait-elle envoyée en Outrevent, après son apprentissage... D’un sourire, elle lui souhaita en silence d'être sous l’autorité de Lionel de Rivepierre, si sérieux, si dévoué. Il lui semblait, bien étrangement, qu’elle risquerait moins à ses côtés qu’ailleurs.

- Sur un sujet plus agréable, Aurore, vous souvenez-vous de notre conversation, lors de cette expédition jusqu’à Roc-Épine? Nous avions parlé de nos Familiers que nous n’avions pas encore croisé, de notre curiosité, à leur endroit.

Une mine plus légère lui était revenu. Elle se risqua à croquer une seconde bouchée de sa pâtisserie, un délice, tout en prenant grand soin de ne laisser aucune miette. Sitôt rassurée que sa jeune invitée resitue cette conversation peut-être brumeuse en raison de l’épidémie, Gabrielle avança la charmante nouvelle.

- C’est à l’Académie, lors du Jour des Anciens, qu’Il est apparu… Il semble me rappeler que des ombres, la lumière peut toujours surgir. C’est un lien particulier qui se vit plus qu’il s’explique, Aurore, et je vous souhaite de tout mon coeur que vous vous trouviez enfin.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Jeu 28 Juin - 22:34

« Ma famille fut ravie de l'arrivée du remède, ce fut une bénédiction pour tous les Cibellans. Tous les mages, soient-ils Faës ou Ibéen… » Quelle image pouvait-elle bien se faire des princes et des princesses, des ducs et des duchesses, avant ce long voyage en compagnie de Gabrielle ? La cadette ne les imaginait pas sortir de leur demeure pour prendre tant de risques, ce rôle-là était réservé aux combattants, aux mages de bataille, aux Chevaucheurs qui vouent leur existence à la protection de leurs souverains. Mais la princesse de la magie, au coeur du danger ? Ah ça non, soit-elle Épine ou pas. Il y a bien sûr le duc d'Outrevent, qui a dû reconquérir sa place sur le trône en chassant une usurpatrice, mais les hommes du duché de l'Honneur sont connus pour savoir manier l'épée, bien mieux que dans les autres duchés de Faërie, c'est certain. Toutefois, Aurore commence à voir tout cela d'un regard nouveau ; les situations les plus extrêmes peuvent amener des actions qui font sortir des personnes des rôles qui leur ont été attribués. Elle le voit chaque jour à l'entraînement, où gueux et nobles sont sur un pied d'égalité lorsqu'il s'agit de combattre sur le dos de leur dragon. Auprès de Sucre, la cadette apprend ses plus élémentaires des leçons.

« Mon frère, toutefois, semblait inquiet. Je n’ai qu’accompagné un convoi, comme tant d’autres. Comme vous, Aurore. Si vous me trouvez courageuse, je peux vous assurer que vous l’êtes aussi, plus encore, en acceptant de défendre Faërie. Sur ces routes, mon ennemi était mes propres doutes. Les vôtres sont bien plus nombreux, bien plus sournois encore… » Un petit sourire timide fend son visage. Elle apprécie être ainsi complimentée par une princesse. Jamais auparavant elle n'aurait songé que c'était même possible. « Sur un sujet plus agréable, Aurore, vous souvenez-vous de notre conversation, lors de cette expédition jusqu’à Roc-Épine ? Nous avions parlé de nos Familiers que nous n’avions pas encore croisé, de notre curiosité, à leur endroit. » Elle hoche la tête avec enthousiasme. « Oui, je m'en souviens. » Et elle aussi, par Mnémosie ! Elle se souvient de la discussion qu'elles ont partagé, elle s'est intéressée à elle, assez pour se rappeler des paroles échangées.

« C’est à l’Académie, lors du Jour des Anciens, qu’Il est apparu… Il semble me rappeler que des ombres, la lumière peut toujours surgir. C’est un lien particulier qui se vit plus qu’il s’explique, Aurore, et je vous souhaite de tout mon coeur que vous vous trouviez enfin. » Elle ouvre de gros yeux ronds, teintés d'envie et de curiosité. « Vous, vous avez rencontré votre Familier ? Vraiment ? » Elle frétille sur son fauteuil, la jeune cadette ; elle est installée si près du bord qu'elle n'est pratiquement plus assise. « De quel animal s'agit-il, comment est-il ? Vous, l'avez-vous tout de suite reconnu ? » Aurore repose sa tasse, le regard posé avec un intérêt grandissant sur la princesse, quand elle prend conscience de ce qu'elle fait. « Je vous demande pardon, je dois vous paraître bien indiscrète. » Les joues rosies, elle baisse légèrement la tête, humble. Mais elle brûle de savoir, comme elle brûle de rencontrer un jour son propre Familier – un animal qui partagera non seulement ses pensées, mais son âme. Il va nous tenir compagnie ? Je l'espère, Sucre. Elle sourit encore, amusée.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Dim 15 Juil - 22:45

L’enthousiasme de la jeune Chevaucheuse était beau à voir. Gabrielle la regardait réagir à ses paroles, si prompte à démontrer son intérêt qu’elle était bientôt assise sur le bout de son siège particulièrement douillet. Charmée, elle l’était, la princesse, par ces jeunes femmes dignes et énergiques qui étaient la promesse d’une Faërie toujours plus forte. Peut-être devrait-elle l’inviter avec les autres demoiselles d’intérêt, à l’une des prochaines fêtes de Lita? Abigaël l’Embrasée elle-même était venue, et Gabrielle voyait déjà la blonde et la rousse se lier d’amitié, par ses bons soins. La jeune femme était délicate dans ses manières et désireuse, visiblement, de faire ses preuves. La Cibellane se promit d’y réfléchir : Aurore et Astrée avaient partagé avec elle un pan sombre de l’histoire d’Arven. Il était de ces liens, peut-être bien, qui marquaient plus que d’autres par la même horreur vécue.

Les questions dégringolaient joyeusement, trahissant l’intérêt d’Aurore pour ce Familier si attendu. Gabrielle patienta qu’elle termine, inclina la tête devant ses excuses, avant de détailler un peu plus sa rencontre. L’idée vague d’avancer une plaisanterie sur un orignal ou un aligatore lui avait traversé l’esprit, à la voir si fébrile, mais il lui semblait bien peu sage de déstabiliser ainsi une jeune femme visiblement intimidée par sa simple présence. Non sans un sourire fin, un soupçon de fierté dans son regard, elle lui parla donc de Silvère.

- Ce fut étrange, pour dire vrai, Aurore. Je m’étais éloignée avec les enfants. Des premières et deuxième années. Je souhaitais seulement ouvrir un portail pour leur permettre de fuir devant ce danger. Je savais que je n’avais pas l’énergie nécessaire pour un réel portail, mais une faille aurait suffit.

D’un léger hochement de tête, ainsi que d’un mouvement de la main vague, elle laissait entendre que ce n’était que des détails. Qu’elle se perdait peut-être un peu, en chemin.

- C’est à mon esprit qu’il est apparu, avant même que je le vois. Il redoutait qu’un enfant, le dernier, n’ait pas le temps de franchir le portail.

Le souvenir de Belle-Histoire, blessé, ensanglanté, s’imposait à son esprit. Elle le chassa de son mieux, s’efforçant de songer plutôt à la suite des événements. Gaëtane était apparue pour veiller à ce qu’elle survive. Le geste l’avait ému mais Silvère, sans doute plus lucide, avait fait briller plutôt la protection de ses futurs héritiers. Sans doute disait-il vrai… Un Familier plus clairvoyant qu’elle ne l’était, sans doute moins enchevêtré à des sentiments ambigus pour cette famille qui lui faisait autant de mal.

- Sur le moment, je devais fuir. Je n’ai vu de lui qu’une boule de plumes, à l’une des fenêtres éclatées. Je savais que c’était lui. J’ai appris ensuite qu’il s’agit d’une mésange. Il est plutôt discret mais il est amusant et réconfortant. Il se nomme Silvère.

Songeuse, la princesse releva son regard vers les fenêtres, cherchant sans doute le petit animal des yeux. Qui épiait-il, en ce moment? Était-il encore auprès de Lionel, à surveiller ses tenues? Il est toujours vêtu. Silvère..! Je plaisante. D’un sourire tendre, elle revint sur son invitée, plus confiante alors.

- Vous savez, Aurore… Il n’est apparu à moi qu’après avoir fait mon choix de préserver ma magie, sur les routes menant à Roc-Épine. Je ne sais pas si les événements sont en lien, mais j’ai l’impression que Silvère s’est manifesté en me sachant certaine de qui j’étais. Peut-être votre Familier se manifestera-t-il bientôt, car vous semblez déjà connaître votre place, en ce monde.

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Message Sujet: Re: De l'admiration à l'envie   Sam 4 Aoû - 14:02

« Ce fut étrange, pour dire vrai, Aurore. Je m’étais éloignée avec les enfants. Des premières et deuxième années. Je souhaitais seulement ouvrir un portail pour leur permettre de fuir devant ce danger. Je savais que je n’avais pas l’énergie nécessaire pour un réel portail, mais une faille aurait suffit. » Aurore boit ses paroles. Elle imagine sans mal la princesse, dans sa bravoure, prendre le risque de faire fuir des élèves plus jeunes et plus faibles, afin de les mettre à l'abri. Son admiration grandit encore, si c'est possible, pour la belle princesse de la magie. « C’est à mon esprit qu’il est apparu, avant même que je le vois. Il redoutait qu’un enfant, le dernier, n’ait pas le temps de franchir le portail. » La cadette revoit sans mal les événements du Jour des Anciens. Avec sa soeur, elles ont pu rapidement trouver un abri,  mais elle se rappelle aisément les tremblements, la panique, les cris, les aboiements qui envahissent les couloirs. C'était terrifiant, plus terrifiant encore que leur voyage au coeur du désert pour aller trouver ce remède. Elle a eu si peur, mais elle est soulagée de voir que nombreux ont su s'en sortir en vie – d'autres ont été moins chanceux.

« Sur le moment, je devais fuir. Je n’ai vu de lui qu’une boule de plumes, à l’une des fenêtres éclatées. Je savais que c’était lui. J’ai appris ensuite qu’il s’agit d’une mésange. Il est plutôt discret mais il est amusant et réconfortant. Il se nomme Silvère. » Le regard de l'Outreventoise s'illumine. « C'est un joli nom. » déclare-t-elle. C'est également un Familier qui lui sied merveilleusement bien. Un oiseau chanteur, petit et délicat. Elle n'aurait certes pas imaginé la princesse avec un rongeur ou un reptile. « Vous savez, Aurore… Il n’est apparu à moi qu’après avoir fait mon choix de préserver ma magie, sur les routes menant à Roc-Épine. Je ne sais pas si les événements sont en lien, mais j’ai l’impression que Silvère s’est manifesté en me sachant certaine de qui j’étais. Peut-être votre Familier se manifestera-t-il bientôt, car vous semblez déjà connaître votre place, en ce monde. » Aurore répond à son sourire, un regain d'optimisme dans le coeur. « Je l'espère. » répond-elle, le ton effectivement teinté d'espoir. Elle aimerait tant découvrir cette partie de son âme qui saura la compléter enfin. Elle a déjà souvent plaisanté avec sa soeur, sur l'animal qui apparaîtrait un jour dans sa vie, mais elle n'a aucune idée de ce qu'elle trouvera sur son chemin.

Aurore échange encore quelques mots avec Gabrielle, plus détendue qu'à son arrivée, même à l'aise dans cette pièce où ses paroles sont entendues et prises en considération. Elle parle un peu de sa vie de cadette, de sa famille en Outrevent. Mais les minutes passent bien trop vite pour une jeune femme désireuse de passer plus de temps avec la princesse et bientôt, elle se voit contrainte de se mettre en route. « Il se fait tard, je ne vais pas vous déranger plus longtemps, vous devez avoir bien des choses à faire. » Elle esquisse un petit sourire, inclinant la tête respectueusement pour appuyer ses paroles. « Je vous remercie infiniment de m'avoir accueillie, je suis heureuse d'avoir pu discuter à nouveau avec vous. J'espère vous revoir bientôt. » Elle ne se fait pas trop d'idées ; elle est princesse de Cibella, elle n'est qu'une future Chevaucheuse d'Outrevent. Mais elle reste optimiste et savoure d'avoir eu déjà cette chance inouïe. Un jour, peut-être.

_________________
Aurore • mediumvioletred
Sucre • rebeccapurple




J'ai besoin de ma dose de ciel, je ne peux pas respirer correctement si je n'inhale pas ne serait-ce qu'un peu de vent frais.

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