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 Je dirai malgré tout que cette vie fut belle

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Message Sujet: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Dim 7 Jan - 2:16


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Agathe de Vigdir & Alméïde d'Erebor

Je dirai malgré tout que
cette vie fut belle



• Date : 10 septembre 1002
• Météo (optionnel) : Une jolie journée, quoi qu'un peu venteuse
• Statut du RP : Privé
• Résumé : C'est en se promenant dans la Ville Haute qu'Agathe a croisé la route d'un adorable chien à boucle rose. Elle ne s'attendait certainement pas à être passée à tabac par un représentant de la gente canine. Tout comme Alméïde ne s'attendait certainement pas à jouer son rôle de médecin de si bon matin...
• Recensement :
Code:
• [b]10 septembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3209-je-dirai-malgre-tout-que-cette-vie-fut-belle#118651]Je dirai malgré tout que cette vie fut belle[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Alméïde d'Erebor[/i]
C'est en se promenant dans la Ville Haute qu'Agathe a croisé la route d'un adorable chien à boucle rose. Elle ne s'attendait certainement pas à être passée à tabac par un représentant de la gente canine. Tout comme Alméïde ne s'attendait certainement pas à jouer son rôle de soigneuse de si bon matin...


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Dernière édition par Agathe de Vigdir le Dim 7 Jan - 2:30, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Dim 7 Jan - 2:21

Il y avait bien du grabuge, depuis le vestibule de la tour de Sylvamir. C’était ce genre de tapage résultant d’un effort démesuré - et entièrement vain - à ne faire aucun bruit. Tel un homme ivre désireux de rejoindre sa couche au matin sans éveiller madame cocufiée, Agathe tentait de se faufiler jusqu'à l’escalier en titubant, faisant tomber un orbe décoratif ou encore le coussin ornant la banquette. Rapidement, un domestique l’avait interceptée pour lui venir en aide, et sitôt assise dans la cuisine, on avait demandé si Almeïde, de passage, était disposée à venir en aide à la jeune demoiselle Martel. La toute blonde avait fait une scène pour qu’on tienne Mélusine loin de cette affaire, les joues rouges de honte et baignées de larmes, et préférait être soignée plutôt que d’inquiéter inutilement sa tutrice. On l’a rassura : Mélusine s’était enfermée dans ses appartements malgré la matinée tardive, et Agathe osait croire qu’il ne s’agissait pas de sa tristesse mais bien d’un moment de calme avec le petit Meldred. L’idée que la princesse puisse à nouveau partager l’intimité de sa chambre ne lui traversa qu’à peine l’esprit : la blessure était encore fraîche et accaparait ses pensées.

Lorsque le domestique avait voulu dégager le tissu taché de sang dissimulant la plaie, la mignonne s’était débattue malgré la douleur, avec comme seule détermination de protéger sa vertu. Elle avait éloigné ses mains d’homme de petites claques furibondes en gémissant sa souffrance, avait  cherché à se redresser pour fuir puis s’était vautrée plus pathétiquement encore sur son siège en fondant en larmes.  

- Je ne veux pas qu’on… Qu’on...

Un sanglot libérateur lui fit secouer les épaules, et enfin Agathe termina sa phrase, sur l’arrivée de la princesse erebienne.

- Qu’on m’ampute!...

Quelle matinée effroyable avait-elle vécu là, la toute jeune Belliférienne! Toute cette affaire avait débuté par une journée tout à fait banale. Un réveil à l’aurore. Une toilette soignée. Quelques jeux avec Arsène. Une visite à la Cour des Miracles en galante compagnie. Quelques leçons auprès de Merle. Puis la catastrophe arriva peu de temps après.

C’était un chien adorable aux poils soyeux et bouclés. Devant la boucle rose ornant son cou, Agathe n’avait pas pu s’empêcher de s’arrêter pour le caresser en lui murmurant quelques compliments. Accroupie près de cette adorable créature, elle avait tendu la main sans se douter un instant de ce qui l’attendait. La boule de poil avait soudainement grogné et montré ses crocs acérés puis l’avait mordu au bras, déchaînée. La furie à bouclettes ne s’était pas laissée attendrir par les yeux plein de larmes et les gémissements de la mignonne et avait continué son oeuvre, l’attaquant ici et là, du mollet à la cuisse. Peut-être était-ce portée par la peur, mais Agathe avait réussi à fuir malgré ses blessures et la douleur soudaine et aiguë jusqu’à la tour de Sylvamir. Désormais que la peur était tombée, les plaies semblaient avoir elles aussi un coeur qui pulsait douloureusement.

- Oh… Alméïde.

Agathe essuyait ses joues, du revers de la main, bien honteuse de ne pas pouvoir offrir à la noble dame une courbette gracieuse. Même si elle désirait lui voler sa famille, Alméïde d’Erebor n’en demeurait pas moins princesse et future épouse de Castiel de Sombreflamme.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Mer 10 Jan - 19:29

Elle quitte la chambre de Mélusine sur la pointe des pieds, faisant attention à ne pas la réveiller. La marquise s'est endormie, les yeux lourds de fatigue, quelques heures après le petit-déjeuner. C'est qu'elles ont passé une bonne partie de la nuit à discuter, les deux amies. Durant des jours, Alméïde a évité la tour de Sylvamir, sous les bons conseils de Mélusine – et vu ce qu'elle a osé lui dire, ça valait bien mieux – mais elle lui manquait déjà. Elle avait promis de revenir, alors elle est revenue, la veille, pleine d'appréhension et de doutes. Après quelques minutes d'embarras et de maladresse, leur relation a repris son cours, aussi normalement que possible. Elle cherche à rendre les choses plus faciles pour son amie, Alméïde, et elle est soulagée, quelque part, de pouvoir encore avoir cette chance incroyable de pouvoir partager un peu de son quotidien. Elle reste sa meilleure amie, quoi qu'il arrive. Et elle sera toujours présente si elle a besoin d'elle.

Elles ont donc beaucoup parlé, beaucoup ri aussi, chassant de leurs pensées ce qui assombrit les jours d'Arven – et les leurs. Son époux manque à Mélusine, elle le sait bien, et même la présence des enfants auprès d'elle ne peut apaiser cette peine. Elle est bien placée pour le savoir.

Alméïde quitte donc la pièce à pas feutrés et descend dans un petit salon pour terminer un croquis qu'elle avait commencé et se changer un peu les idées. Ses pensées tentent sans cesse de la ramener à ce qu'il s'est dit dans cette tour, il y a de nombreux jours. A tout ce qui ne peut pas être. Elle doit oublier tout ça et passer à autre chose.

Difficile pourtant, quand ses vêtements gardent encore l'odeur de la marquise et la ramènent toujours ailleurs, mais des bruits étouffés parviennent à éveiller son attention. Dans ses mains, le fusain encore inutilisé. Elle repose ses affaires sur une table basse et s'en va se renseigner sur ce qui peut causer tout ce bruit. Elle descend rapidement les quelques marches qui la séparent de l'étage concerné et la voix plaintive d'une adolescente lui parvient, au moment où elle entre. Amputation, dit-elle ?

« Que se passe-t-il ? » demande la princesse d'une voix où perce l'inquiétude. Son regard remarque très vite chaque détail de la scène, du domestique tenu à l'écart à la jeune femme en pleurs, aux vêtements déchirés et tachés de sang. « Oh… Alméïde. » Immédiatement, la princesse s'approche d'elle, tout en s'adressant poliment au domestique. « Pourriez-vous nous apporter de l'eau chaude et des linges propres ? Il y a également du matériel dans l'officine, au premier étage. Amenez-moi le pot rouge et la bouteille avec l'étiquette violette. Il doit également rester encore quelques bandages. » L'homme acquiesce et elle le remercie avant de porter toute son attention sur Agathe.

Alméïde s'accroupit devant elle, s'appuyant sur l'accoudoir du fauteuil. Elle paraît en pleine détresse et vu son état, il y a de quoi. « Ca va aller Agathe, je vais m'occuper de tout. Tes blessures n'ont pas l'air très graves, mais j'ai besoin de les examiner. Et j'ai aussi besoin que tu m'expliques ce qu'il s'est passé. Est-ce que tu penses pouvoir faire ça ? » demande-t-elle d'une voix paisible et assurée. Sa main se pose délicatement sur celle de l'adolescente, d'un geste qui se veut rassurant.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Mar 6 Fév - 1:41

La présence d’Alméïde avait quelque chose de rassurant, et bien malgré elle, Agathe pouvait comprendre l’attachement sincère et profond de sa tutrice pour la princesse du désert. Elle était belle, Alméïde. Et douce. Et gentille. Son seul et unique défaut résultait d’une demande en mariage épouvantable à une femme mariée. La tristesse de Mélusine, ces derniers jours, laissaient croire qu’elle avait refusé la demande à contrecoeur. Il était bien difficile pour la blondinette de se positionner dans cette relation qui ne la regardait que bien peu, et qui pourtant lui était bien familière. Alors, à l’arrivée de la princesse et devant les ordres qu’elle lançait avec assurance, Agathe se détendit au moins un peu. Quoi qu’elle ait pu dire, quoi qu’elle ait pu faire, peu importe les lèvres qu’elle avait embrassées, Alméïde d’Erebor n’était pas une ennemie. Loin de là.

- Je… Je ne veux pas qu’il me voit!

Elle parlait du domestique, vraisemblablement, car de sa main libre et tremblante, Agathe désignait la porte qui se refermait tout juste. Un homme! Un homme qui allait voir sous ses jupons! Un reniflement pour contenir un nouveau sanglot, puis Agathe détourna son attention sur la princesse. Cette dernière la couvait du regard avec toute la compassion du monde, et la jeune Belliférienne se sentait bien peu digne d’autant de délicatesse. …N’avait-elle pas pesté contre elle, au plus profond de son coeur, de la savoir amoureuse de Mélusine?

- Je suis désolée Alméïde. Je suis désolée.. Pour tout. Ne réveillez pas Mélusine, surtout.. Surtout si ce n’est pas très grave.

Même si Alméïde venait de lui certifier, du haut de ses talents en médecine, que ses blessures n’étaient pas graves, même si Agathe venait elle-même de le répéter comme principal argument, elle n’y croyait qu’à moitié. Si ce n’était pas grave, il n’y aurait pas eu tout ce sang! Et la douleur… Elle remuait timidement la jambe sans déclancher mille douleurs. Il était hors de question que sa tutrice la voit dans un état si pathétique. Les sourcils froncés et les cils encore humides de souffrance et de peur, Agathe acquiesça à la demande de la jolie Erebienne. Elle lui raconterait tout. La vérité vraie.

- J’étais en… En Ville Haute, près d’ici. Il y avait une bête monstrueuse… Mais.. Je l’ai su plus tard.

Elle respirait par petits coups, alors que le calme s’insinuait peu à peu à son esprit. Se concentrer sur le récit en omettant certains détails et en puisant dans son imagination fertile éloignait la toute blonde des élancements aigües sur sa cuisse. Mais que faisait donc le domestique, à tarder autant..!

- C’était un molosse, Alméïde. Il avait une jolie boucle, à son cou.. Rose, la boucle. Et… Et.. Reniflement.J’ai tendu ma main pour le caresser, et il m’a mordue! Le bras, la jambe! J’ai pris la fuite…

Pour prouver la véridicité de son anecdote particulièrement troublante, Agathe releva son bras. La manche, lâche et tachetée de carmin, retomba pour laisser voir une morsure animale. Il ne fallait pas être un expert en dentition canine pour comprendre que le molosse devait être l’un de ces abominables petits chiens à mâchoire fine qui jappaient plus qu’ils ne respiraient. Les crocs avaient laissé une empreinte dans sa chair désormais rouge et légèrement enflée. Le sang, s’il avait coulé, commençait déjà à coaguler.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Mar 13 Fév - 13:42

« Je… Je ne veux pas qu’il me voit ! » Perplexe, Alméïde tourne la tête vers la porte désignée par le doigt de l'adolescente. Oh, oui. Bien sûr, semble dire son hochement de tête, bien sûr, semble affirmer son regard rassurant. Cet homme ne la verra pas si c'est ce qu'elle désire, il n'y a rien à craindre à ce sujet. C'est elle qui s'occupera de ses blessures, qu'elle commence déjà à examiner d'un regard sérieux. « Je suis désolée Alméïde. Je suis désolée.. Pour tout. Ne réveillez pas Mélusine, surtout.. Surtout si ce n’est pas très grave. » « Elle ne sera pas dérangée pour cela, ne t'en fais pas. » Ses mots sont doux, prononcés avec calme. Inutile de réveiller la marquise qui a tant besoin de sommeil, il sera temps de la mettre au courant plus tard, quand tout sera rentré dans l'ordre et qu'elle n'aura pas de raison supplémentaire de se faire du souci. La princesse sait combien Mélusine tient à sa pupille et il n'est pas question qu'elle se fasse du mouron pour rien.

C'est pourquoi Alméïde la questionne sur ce qu'il s'est passé, en attendant le retour du domestique. « J’étais en… En Ville Haute, près d’ici. Il y avait une bête monstrueuse… Mais.. Je l’ai su plus tard. » Une bête monstrueuse ? Elle retient la réaction surprise qui menace de s'afficher sur ses traits, mais elle n'en reste pas moins intriguée. De quoi peut-elle donc bien parler ? « C’était un molosse, Alméïde. Il avait une jolie boucle, à son cou.. Rose, la boucle. Et… Et.. J’ai tendu ma main pour le caresser, et il m’a mordue ! Le bras, la jambe ! J’ai pris la fuite… » Oh, un chien. Voilà qui lui paraît bien plus vraisemblable. Alméïde hoche la tête, pour montrer qu'elle a bien compris son récit, puis prend délicatement le bras de la jeune femme pour relever sa manche et observer la morsure. Rien qui ne semble trop profond, comme il lui semblait, mais elle va devoir examiner tout cela de plus près.

« Tu as été très courageuse, Agathe. Je vais te demander de l'être encore un peu pour moi, d'accord ? Ca va sûrement picoter un peu quand je te soignerai, mais tu seras vite guér... » Quelques coups sont frappés à la porte et le domestique entre, à la demande de la princesse. Il dépose tout ce qu'elle lui a demandé sur une table basse puis repart aussitôt pour les laisser entre elles. Sans tarder, Alméïde retrousse ses manches, noue ses cheveux derrière son dos pour ne pas être gênée et lave ses mains dans la bassine d'eau chaude qui lui a été apportée. À l'aide d'un linge humide, elle commence alors à nettoyer la blessure sur le bras de la jeune femme, à gestes précautionneux. « Dis-moi si ça te fait mal. » prévient la princesse, tâchant d'être aussi efficace que délicate pour ne pas faire durer trop longtemps son calvaire. Au premier coup d'oeil, elle remarque que la blessure n'a rien de grave, qu'elle ne mettra pas beaucoup de temps à se refermer. Elle s'empare de la bouteille amenée par le domestique et utilise son contenu pour désinfecter la plaie. La réaction de la jeune femme ne tarde pas ; ça picote toujours un peu. « Ce sera bientôt fini. » la rassure-t-elle d'une voix tranquille. Pour le bras, tout du moins. Elle ne tarde d'ailleurs pas à appliquer un peu d'onguent sur la plaie désinfecter puis à bander son bras pour plus de sûreté.

« Ce chien s'est bien accroché, mh ? » Question rhétorique, mais faire parler l'adolescente lui fera peut-être penser à autre chose qu'à la douleur. « Tu aimes bien les animaux, je crois ? Tu dois être ravie de séjourner parfois à la tour de Sinsarelle. » Qui est une animalerie à elle seule, c'est certain. Un petit sourire attendri fend ses lèvres à cette pensée et la princesse s'attelle à examiner la morsure à la jambe. Celle-ci semble un peu plus profonde, mais tout de même sans danger. Le linge humide en main, elle entreprend de la nettoyer en douceur.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Dim 4 Mar - 14:54

Il lui semblait improbable que la jolie princesse d’Erebor utilise le qualificatif courage pour la décrire, elle, petite feuille de chêne qui avait pris la fuite devant un chien bouclé. Il lui semblait plus improbable encore de contredire la fiancée du duc de Sombreciel. Dans un silence entrecoupé de quelques hoquets de ce qui fut des pleurs, Agathe consentit à bien vouloir être encore un peu courageuse. Pour elle. Les yeux mis-clos et le bras tendu, elle avait patienté qu’Alméïde nettoie sa plaie et la couvre d’un bandage protecteur. La douleur n’était pas si terrible, bien moins grande que ce à quoi elle s’attendait. Le picotement était vif, mais la douleur déjà présente de la morsure semblait engourdir toutes autres sensations.

Agathe s’était glissée sur le flanc dans une posture improbable, sur sa chaise, afin de permettre à Almeïde de poursuivre ses soins sous ses jupons. Mortifiée, elle avait même contribué à dégager sa jambe du pantalon encombrant enrubanné et décoré de dentelle qui servait vraisemblablement de dessous. Rouge de honte, intimidée que la si dévouée soigneuse apprécie la volupté des femmes, Agathe s’était contentée de gémir petitement sa douleur, le visage caché dans le creux de ses mains. Ce ne fut qu’à force de questions qu’elle se rendit à la raison. Alméïde préférait très certainement les brunes et n’avait sans doute aucun intérêt pour les femmes encore bien jeunes. Encore moins lorsqu’elle endossait son rôle de soigneuse. Alors… Alors qu’elle essuya ses joues, son museau, son menton, et lui lança un regard à la dérobée.

- J’aime bien les hérissons… Et les hiboux, oui. Mé.. Mélusine m’a offert un hérisson, à ma première visite, l’été dernier. Je l’ai appelé Hallebarde. Parfois, parfois je lui glisse des rubans et je tresse des boucles, afin qu’il soit assorti à mes tenues.

L’ombre d’un sourire lui était revenu, bien consciente que les questions d’Alméïde n’étaient là que pour faire diversion. Mais la diversion fonctionnait, et songer à Hallebarde la rendait un peu moins triste.

- Je ne pourrais pas l’avoir avec moi, à votre mariage. Il sera endormi, tout au long de l’hiver. J’aurais aimé qu’il soit là, lui aussi, en harmonie avec mon vêtement.

Tout en parlant, Agathe avait relevé un tantinet la tête afin de voir l’état de sa jambe. Dubitative, elle inspectait la marque rouge. Elle lui semblait bien petite et ridicule, pour toute la douleur et la frayeur qu’elle lui avait faite. Avec un peu de chance, elle disparaîtrait avant son propre mariage et son ravisseur n’aurait pas honte de la toucher. Il ne serait pas dégoûtée d’elle et de son corps mutilé.

- Vous deviendrez polygame, après le mariage, vous aussi, Alméïde?

Indiscrétion et imagination faites femme, Agathe avait reniflé avec toute la mignonnerie du monde pour ponctuer convenablement sa question.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Sam 31 Mar - 13:01

Elle semble un peu rassurée, la jeune fille, à mesure qu'Alméïde prodigue ses soins. A première vue, il y a eu plus de peur que de mal, et ce chien a dû réellement l'effrayer pour qu'elle soit dans un tel état. L'animal s'est acharné sur la pauvrette mais n'a su que faire quelques moindres dégâts, bien heureusement ; la princesse veille résolument à ce que sa jeune patiente se remette de ses émotions autant que de ses blessures. C'est qu'elle l'apprécie, la jeune protégée de son amie. C'est une jeune femme vive et pleine de bonne volonté, qui découvre la vie auprès de sa nouvelle tutrice et Alméïde y voit une femme prête à s'épanouir. Elle sait également que Mélusine n'apprécierait pas qu'il lui arrive du mal, raison de plus pour faire doublement attention à chacun de ses gestes. Des gestes précautionneux, et une voix douce qui ne cherche qu'à rassurer et à changer les idées. Ce qui semble fonctionner au moins un peu.

« J’aime bien les hérissons… Et les hiboux, oui. Mé.. Mélusine m’a offert un hérisson, à ma première visite, l’été dernier. Je l’ai appelé Hallebarde. Parfois, parfois je lui glisse des rubans et je tresse des boucles, afin qu’il soit assorti à mes tenues. » Un petit sourire attendri fend les lèvres de l'Erebienne alors qu'elle s'occupe en douceur de la jambe blessée. Imaginer un petit hérisson aux rubans colorés a de quoi amuser. « Je ne pourrais pas l’avoir avec moi, à votre mariage. Il sera endormi, tout au long de l’hiver. J’aurais aimé qu’il soit là, lui aussi, en harmonie avec mon vêtement. » La remarque accentue son sourire et le regard compatissant qu'elle lui adresse. « Je suis certaine que ton vêtement se suffira à lui-même, surtout si Mélusine t'a aidée à le choisir. Mais tu pourras me montrer ton petit compagnon une autre fois, je serais curieuse de le rencontrer. » déclare-t-elle avec une douce sincérité. Oui, elle est fort curieuse de voir ce petit animal affublé de ses rubans.

« Vous deviendrez polygame, après le mariage, vous aussi, Alméïde ? » Elle est en train de bander la jambe lorsque la question lui fait relever les yeux. La surprise se peint sur ses traits, masquant une gêne profonde, ravivée par des souvenirs plus douloureux. La légère teinte rosée sur ses joues saurait la trahir mais elle parvient à garder un air poliment sérieux. Elle s'éclaircit la gorge et lui répond avec franchise. « Je ne crois pas que ça arrivera un jour, Agathe. » Un petit sourire, comme pour adoucir ses propos. Elle n'a pas véritablement envie de repenser à ce qui s'est dit avec Mélusine, quelques jours plus tôt. La déception ronge encore son coeur, lentement, douloureusement. Elle ne peut expliquer à l'adolescente que l'idée ne lui avait jamais traversé l'esprit, avant cette fois où tout a basculé, avant cette fois où la suggestion lui a été glissée et que ses sentiments se faisaient plus sûrs. Et que désormais, elle n'y songerait plus, car elle ne l'envisagerait certainement avec personne d'autre que Mélusine. Et puisque celle-ci a été claire dans son refus... Alméïde s'efforce de ne pas y songer mais son sourire se fane, imperceptiblement. « Pourquoi ? L'envisages-tu, maintenant que tu vis auprès d'une famille cielsombroise ? Je crains de ne pas pouvoir répondre à tes questions sur le sujet, tu m'en vois navrée. » Après tout, c'est à peine si elle-même comprend sa situation. Peut-être qu'avec le temps, tout lui semblera plus clair. En attendant, elle dissimule son trouble en se concentrant sur le bandage qu'elle finit de fixer sur la jambe de la jeune femme.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Sam 31 Mar - 16:44

La question avait surpris la princesse d’Erebor, Agathe s’en était doutée lorsque ses mains avaient cessé leur mouvement et que son regard avait rencontré le sien. Embarrassée, au moins autant qu’Alméïde, la jeunette avait fait la moue devant la réponse qu’elle avait reçu. Question maladroite et réponse évasive. Si sa volonté était noble de s’intéresser plus encore aux moeurs cielsombroises selon un regard externe, la forme était discutable et Agathe s’en rendait enfin compte en percevant les rougeurs sur les pommettes de la princesse. Rougeurs faisant écho aux siennes. Quel tableau devaient-elles offrir, écarlates, cuisse dénudée et polygamie abordée. L’idée de fuir était tentante, si ce n’était de sa blessure, et l’Erebienne, délicate comme à son habitude, lui renvoya une question plus posée comme pour l’inviter à se confier.

- Pourquoi ? L'envisages-tu, maintenant que tu vis auprès d'une famille cielsombroise ? Je crains de ne pas pouvoir répondre à tes questions sur le sujet, tu m'en vois navrée.
- J’ai parfois l’impression qu’elle est kyréenne... Et d’autre fois, cielsombroise. C’est une famille étrange, Alméïde.

La famille se déplaçait selon la volonté de Hiémain, parcourant Ibélène en grands voyageurs. N’était-ce pas la preuve qu’il y avait quelque chose de kyréen, de nordique, dans cette façon de s’incliner devant l’homme de la famille? Mais il y avait tant de liberté, tant d’amour et d’affection, que Sombreciel semblait toucher et adoucir chacun des membres de cette famille si particulière. Pour rien au monde Agathe l’aurait échangé. Même si Arnaut revenait, même s’il la suppliait de tout quitter pour retrouver Bellifère, elle ne comptait pas plier. Le revers de sa main sur le bout de son museau, elle suivait les attaches fines qui fixaient enfin le bandage à sa jambe.

- Mélusine leur fait peur, croyez-vous? Ou Hiémain?  Ils ne s’intéressent pas à moi.

Les sourcils froncés, Agathe n’osait plus vraiment regarder la jolie princesse. Elle se trouvait injuste de rejeter la faute sur sa tutrice, alors qu’il lui semblait plus probable que le problème provienne d’elle, la Belliférienne. Toute sa pudeur, toute sa peur et sa timidité, les hommes devaient le pressentir et éviter de la regarder.

- Il n’y en a qu’un, qui… Mélusine détient déjà mes confidences, ne vous inquiétez pas de me trahir, ou non, auprès d’elle. Mais il y a eu un Cielsombrois qui, je le croyais…. Enfin… Je…

Dans un soupir, la jeunette replaça ses jupons convenablement sur sa jambe blessée sitôt que la noble soigneuse avait terminé sa tâche. Comment comptait-elle devenir une voleuse du charme en peinant à terminer une simple phrase? Déconfite, les épaules rondes, elle considéra le tissu abîmé et taché de sang.

- J’aurais aimé, peut-être, l’intéresser. Mais je crains qu’il m’oblige à en épouser d’autres. Ou… Ou lui, qu’il en aime d’autres. Mélusine est Cielsombroise. Ce n’est pas effrayant, pour elle… Mais vous, c’est nouveau. Comprenez-vous, Alméïde? Est-ce que Sa Grâce vous forcera à en… Est-ce qu’ils demandent aux femmes étrangères de se soumettre à leurs moeurs?

Petite grimace, à cette idée. Sa si belle, si parfaite Madeleine, idôle de sa jeunesse et modèle de son adolescence. Sera-t-elle, elle aussi, soumise à ces unions scandaleuses? Et puis… Peut-être est-ce là, le noeud du problème. Alméïde était si gentille, si avenante : Peut-être était-ce Castiel de Sombreflamme qui était derrière cette demande en mariage odieuse..! Il n’y avait bien qu’un Cielsombrois pour faire autant de cielsombreries.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Lun 2 Avr - 16:36

« J’ai parfois l’impression qu’elle est kyréenne... Et d’autre fois, cielsombroise. C’est une famille étrange, Alméïde. » Et c'est peu dire. Mais c'est une famille si aimante et unie, une famille qui prend soin de ses membres et qui veille sur eux à chaque instant. Elle ne voudrait briser cette harmonie pour rien au monde, et il ne se passe pas un jour où elle ne regrette pas d'avoir révélé le fond de ses pensées à Mélusine. Elle craint que leur discussion ne parvienne un jour aux oreilles de Hiémain, que malgré son amour profond pour la marquise, ses valeurs kyréennes ne viennent gâcher sa façon de voir la femme qu'il aime. Ces craintes ne sont peut-être pas justifiées, mais elle a peur la princesse, peur d'être à nouveau responsable de la peine causée à des proches. Ces pensées viennent ternir quelque peu le sourire affectueux qu'elle adresse à l'adolescente. Tout cela est si difficile, si cruel. Elle est bien heureuse néanmoins de pouvoir être bientôt aux côtés de l'homme qu'elle aime, d'avoir son écoute et son soutien. Il lui manque tant.

« Mélusine leur fait peur, croyez-vous ? Ou Hiémain ? Ils ne s’intéressent pas à moi. » Surprise, Alméïde ne relève pourtant pas les yeux, concentrée sur les derniers ajustements faits à son pansement. Elle est un instant tentée de lui demander de qui elle parle, mais la lumière se fait rapidement et elle doit masquer l'amusement qui naît à l'idée de jeunes prétendants terrifiés face à Mélusine et Hiémain. Peut-être sont-ils effrayants, oui, pour de jeunes hommes désireux de ravir leur pupille, Alméïde ne saurait le dire. « Si des garçons désirent réellement te voir, je suppose qu'ils sauront passer par dessus leur crainte de tes tuteurs. » répond-elle avec patience. « Il n’y en a qu’un, qui… Mélusine détient déjà mes confidences, ne vous inquiétez pas de me trahir, ou non, auprès d’elle. Mais il y a eu un Cielsombrois qui, je le croyais…. Enfin… Je… » Alméïde relève les yeux, une fois sa tâche terminée. Sans attendre, Agathe recouvre sa jambe, l'air penaude. « J’aurais aimé, peut-être, l’intéresser. Mais je crains qu’il m’oblige à en épouser d’autres. Ou… Ou lui, qu’il en aime d’autres. Mélusine est Cielsombroise. Ce n’est pas effrayant, pour elle… Mais vous, c’est nouveau. Comprenez-vous, Alméïde ? Est-ce que Sa Grâce vous forcera à en… Est-ce qu’ils demandent aux femmes étrangères de se soumettre à leurs moeurs ? »

La princesse cligne des yeux, se relevant pour s'installer sur un fauteuil, proche de celui de l'adolescente. Elle paraît si perdue, si terrifiée. Elle devait avoir l'air tout aussi égarée, l'Erebienne, quand elle a commencé à se renseigner sur les mariages cielsombrois, mais même elle n'a pas une vision aussi déformée de leurs moeurs. Un petit sourire rassurant se dessine sur ses lèvres. « Le mieux, je crois, c'est d'en parler directement avec le garçon qui t'intéresse. Si lui aussi veut de ta compagnie, il vous faudra aborder le sujet. » Aussi difficile soit-il d'avoir une telle conversation, elle est bien placée pour le savoir. Mais elle s'efforce de la rassurer autant que possible. « Tous les Cielsombrois ne désirent pas avoir plusieurs époux ou épouses. Regarde les parents de Mélusine, ils vivent à deux et n'ont besoin de personne d'autre. » Elle s'interrompt un instant, prend un temps de réflexion. Ses mains se joignent sur les plis de son sari et elle s'avance légèrement sur son fauteuil pour mieux faire face à la jeune femme. « Je sais que c'est compliqué et que leurs traditions paraissent étranges, j'ai moi-même encore du mal à tout... saisir. Mais personne n'oblige personne à épouser qui que ce soit. C'est un choix personnel, et si celui que tu aimes ne le respecte pas et cherche à te forcer, c'est qu'il ne mérite pas ton attention et ton amour. Tu comprends ? »

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Lun 9 Avr - 0:39

Ses yeux lui brûlaient d’avoir pleuré, sa gorge était douloureuse d’avoir crié depuis les rues de Lorgol. Les bras câlins d’Arsène ou de Meldred lui manquaient, soudainement, alors que la tension du moment retombait et qu’il ne restait plus qu’une douleur diffuse à sa jambe et sa main. Alméïde, avec ses doigts de fée, avait tôt fait de panser ses blessures et Agathe ne pouvait que constater l’état déplorable de sa tenue. Du sang, des déchirures, des cernes sombres porteurs de larmes. Sensible de sa mésaventure, elle se confiait plus aisément. À la princesse, qui plus est! Et l’Erebienne lui souriait avec gentillesse, avec confiance, sans jamais que l’énervement ou l’impatience ne teinte sa voix ou son visage. Comme elle regrettait, la pâle Belliférienne, toutes ces vilaines choses qu’elle avait pensé à son sujet.

- Le mieux, je crois, c'est d'en parler directement avec le garçon qui t'intéresse. Si lui aussi veut de ta compagnie, il vous faudra aborder le sujet.

De quelques hochements de tête, Agathe lui donnait entièrement raison. Un air un peu plus sérieux venait ombrer son minois : Lancelot l’Adroit ne voulait pas de sa présence. Il ne voulait rien du tout. Il avait trouvé mieux. Une femme moins jeune. Une femme plus jolie. Plus douce. Plus avenante. Plus respectée au sein de la Cour des Miracles. Elle avait pleuré tout ce qu’elle avait dû pleurer, mais la blessure était encore sensible, quelque part entre son âme et son coeur. Pour Alméïde, Agathe avait forcé un sourire en lui donnant raison. Il n’y avait vraisemblablement qu’en Bellifère où il était impossible de parler avec un garçon digne d’intérêt.

- Oui… Parler. Vous avez raison, Alméïde. Je songeais encore à un enlèvement. Mais on ne m’enlèvera pas, jamais, et ils pourront se faire apprécier de Hiémain.

Elle s’était redressée sur son siège en entendant les détails plus pointus de ces fameux mariages cielsombrois. L’exemple des parents de Mélusine sonnait étrange, à ses oreilles. Alméïde avait-elle volontairement éloigné Mélusine et son époux comme modèles de couple monogame? L’apprentie décida de ranger soigneusement sa question dans un recoin de son esprit. Elle s’était suffisamment montrée indiscrète, dans cette affaire, et le secret lui pesait déjà lourd sur la conscience. Il était éprouvant d’imaginer que Hiémain ne saurait rien de ce baiser, de cet amour, de tous ces sentiments, en se croyant seul à régner sur le coeur de son épouse. Agathe n’en voulait plus, de secrets, et préférait encore garder silence.

- [...] C’est un choix personnel, et si celui que tu aimes ne le respecte pas et cherche à te forcer, c’est qu’il ne mérite pas ton attention et ton amour. Tu comprends ?
- Je comprends… Je sais. C’est seulement qu’il me semble.. Enfin, je réalise à peine pouvoir choisir mon propre prétendant. Je peine à comprendre comment je pourrais en aimer deux. À la fois. Et comment réagir si mon époux en aimait une autre autant qu’il m’aime.

Tout en replaçant encore et encore le jupon souillé sur sa jambe, Agathe s’était accoudée sur son siège afin de se rapprocher, elle aussi, de la jolie princesse. Mélusine lui avait vaguement parlé du harem ducal d’Erebor et Agathe s’était montrée autant fascinée que scandalisée. Toutes ces femmes dévouées pour un seul homme, un Roi! Alméïde connaissait ces coutumes depuis son enfance, peut-être était-ce plus simple, pour elle, de comprendre les mariages cielsombrois.

- Vous êtes chanceuse, en quelque sorte. La première épouse de Sa Grâce Castiel est une femme remarquable, mais il ne s’agit que d’une union politique, n’est-ce pas? Ce n’est pas comme si… Comme si il en aimait une autre, réellement, au point de la marier.

Et la simple idée qu’il puisse s’agir d’un homme acheva d’empourprer les joues rondes de la jeune femme.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Sam 5 Mai - 2:34

Elle est touchante, l'adolescente. Alméïde l'apprécie, pour le peu qu'elle a pu apprendre à la connaitre, toutes ces fois où elle l'a vue en compagnie de Mélusine. Mais c'est la première fois, sans doute, qu'elle ont une telle discussion à coeur ouvert. Ca n'a pas dû être facile, pour la jeune femme, de quitter le duché de la Guerre pour voyager aux côtés d'une Cielsombroise à l'esprit si libéré, si ouvert, si franc. La marquise est une femme incroyable, merveilleuse, et elle doit être un modèle certain pour sa pupille, dont la mère a longtemps été absente. Elle sait, la princesse, les quelques éléments de vie qui entourent la jeune fille et elle s'estime chanceuse de n'avoir guère enduré tout cela. Malgré tout, il lui reste encore tant à découvrir et à comprendre.

« Oui… Parler. Vous avez raison, Alméïde. Je songeais encore à un enlèvement. Mais on ne m’enlèvera pas, jamais, et ils pourront se faire apprécier de Hiémain. » Un sourire en coin vient orner ses lèvres. Oui, en enlèvement serait de très mauvais goût auprès du couple de Sylvamir ; elle se rappelle la réaction de la famille de Séverac lorsque Mélisende a failli être ravie par le prince de Bellifère lui-même, et ce ne sera sans doute pas plus apprécié au sujet d'Agathe. Du moins, elle n'imagine pas que ça puisse les enchanter. Malgré tout, Alméïde la rassure du mieux qu'elle peut, à chaque doute, à chaque question.

« Je comprends… Je sais. C’est seulement qu’il me semble.. Enfin, je réalise à peine pouvoir choisir mon propre prétendant. Je peine à comprendre comment je pourrais en aimer deux. À la fois. Et comment réagir si mon époux en aimait une autre autant qu’il m’aime. » Ses paroles trouvent un écho terriblement douloureux en elle. Ces pensées ne traversent-elles pas son esprit lorsqu'elle songe à l'union de Castiel avec Madeleine ? À la chance qu'elle peut avoir d'être à ses côtés quand elle-même doit attendre, encore, prendre son mal en patience. Son silence est lourd de sens. « Vous êtes chanceuse, en quelque sorte. La première épouse de Sa Grâce Castiel est une femme remarquable, mais il ne s’agit que d’une union politique, n’est-ce pas? Ce n’est pas comme si… Comme si il en aimait une autre, réellement, au point de la marier. » Sujet difficile, mais elle n'est pas amère, la princesse. Elle savait ce qu'il en coûterait dès le départ, et elle préfère cette solution à l'idée de ne jamais pouvoir être à ses côtés. Ne serait-ce pas plus terrible encore ?

« Il aime Madeleine. Peut-être pas... de la même manière, mais le duc a une réelle affection pour son épouse. » Son ton est doux, son regard songeur. Elle appréhende tant la rencontre avec sa future consort ; Madeleine non plus n'a pas eu une place enviable dans cette situation. Mais Castiel s'est montré des plus dignes et il saura rendre ce mariage des plus agréables pour elle, qu'elle ait eu le choix ou non. Mais il y a toujours cette idée qu'il en aime une autre. Qu'il en aime... d'autres ? Leur conversation par miroir lui revient et elle peine à réellement s'en réjouir. Il ne l'aimera pas moins, elle le sait, comme elle ne l'aime pas moins en ayant des sentiments pour Mélusine... Tout cela perturbe l'Erebienne qui n'a pas été élevée dans l'idée de partager un époux ou d'aimer plusieurs personnes à la fois.

« C'est parfois difficile, je ne te le cache pas. Mais je l'aime assez pour respecter ses choix et... il en est de même pour lui ; il ne ferait jamais rien à ce sujet sans m'en parler avant. En Sombreciel, la fidélité est une valeur très importante. Ce que j'essaie de dire, c'est qu'il faut avoir confiance l''un en l'autre, et – et qu'il est nécessaire de se dire les choses. » Elle lui adresse un petit sourire. « Je vais nous faire porter un peu de thé, d'accord ? Ca te fera du bien après ta mésaventure. » ajoute-t-elle avant de se redresser et d'aller jusqu'à la porte du petit salon. Elle fait signe à l'un des domestiques et lui demande d'apporter un peu de thé et des gâteaux pour Agathe et elle. Puis elle retourne s'asseoir, adressant un regard doux à l'adolescente. « Veux-tu me parler un peu plus de ce Cielsombrois que tu sembles apprécier ? » Il n'y a aucune insistance dans sa voix, juste une ouverture aux confidences d'une jeune femme en fleur qui cherche certainement à avoir des réponses à ses nombreuses interrogations.

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Dernière édition par Alméïde de Sombreflamme le Jeu 7 Juin - 18:37, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Dim 13 Mai - 19:22

Pauvre Alméïde. Pauvre princesse d’Erebor. Agathe la considérait avec une pointe d’affection bien marqué sur son minois alors que la noble dame lui expliquait que son promis en aimait une autre… à sa façon. Sans façon. En y réfléchissant, elle arrivait à comprendre qu’il était sans doute difficile de ne pas aimer Madeleine, idole de Bellifère, même si la notion de la polygamie lui échappait encore. Elle croyait Mélusine sincère dans ses sentiments secrets, seulement, partager une affection aussi pure et honnête pour deux personnes relevait de la théorie et non pas de la vie réelle. Elle se faisait songeuse, la blondinette, tout en écoutant les jolies paroles de la prochaine dame de Sombreciel.

Tout était une question de confiance et de respect, et plus que jamais Agathe se sentait prise entre deux mondes. On lui avait montré ce que pouvait être une famille aimante, ce qu’était réellement la sécurité, ce qu’était le respect d’un homme pour sa femme. Jamais elle n’aurait pu rêver d’une relation pareille en Bellifère. Elle le savait parfaitement. Alors elle acquiesçait petitement en s’imaginant difficilement un garçon qui lui ferait confiance, qui lui serait fidèle, qui voudrait lui parler de pareilles choses. Ou plutôt, elle s’imaginait difficilement un Belliférien lui offrir une relation aussi pure. Toute emmitouflée dans un silence songeur, la jeunette se permit de sourire en réponse à celui de la princesse d’Erebor.

- Je vais nous faire porter un peu de thé, d'accord ? Ca te fera du bien après ta mésaventure.
- ...Avec des pâtisseries?

Parce que ça creusait l’appétit, se battre avec un chien bouclé. Avec une précaution infinie, elle déposa sa main blessée sur ses genoux dans une posture environ digne. Alméïde méritait bien plus que des pleurs et du sang. Il était encore surprenant, pour Agathe, qu’une femme d’un rang aussi grand plonge aussi souvent ses mains dans le sang des autres. Elle se souvenait une explication de sa tutrice, que la princesse n’était réellement reconnue qu’en Erebor, d’autant plus qu’elle se devait de veiller le harem, mais pour la pupille, impossible d’être une demi-princesse seulement.

- Veux-tu me parler un peu plus de ce Cielsombrois que tu sembles apprécier ?
- Oh! Mais il ne me plaît pas…

Elle avait agrandit les yeux, les joues écarlates, en prononçant ce mensonge honteux. Il ne lui fallut qu’un regard vers Alméïde pour abaisser le minois, peu fière, et de reprendre ses mots. La douleur était encore trop vive pour lui permettre de se tortiller sur son siège mais la couleur de ses joues et son regard fuyant achevaient parfaitement ce tableau de timidité et de pudeur.

- Il me plaît un peu. ...Il me taquinait tout le temps. Je voulais lui montrer qu’il n’était pas… Qu’il n’était pas Belliférien. Il s’en amusait, je crois, et il aimait bien me prendre à revers.

Agathe s’imposa un silence bref alors qu’elle constata que même ses métaphores relevaient du duché de la Guerre. Et la princesse souriante, attentive, douce, qui l’écoutait, rien qu’elle, se plaindre de Lancelot l’Adroit. C’était une situation étrange et l’apprentie voyait bien sa chance.

- C’est étrange, je voulais lui plaire, malgré tout. Il est commerçant. Il n’est ni noble, ni Voltigeur, ni guerrier, ni rien de... Il fabrique ses propres oeuvres, et il les vend. Enfin… Je crois que sa boutique est fermée, avec la maladie. Mais j’ai su qu’il avait une compagne. C’est elle qui doit veiller sur lui, maintenant.  

Elle lui offrit une petite moue chagrine. Toujours inquiète pour le mage, blessée de la situation, assurément, mais surtout résignée. Elle avait assez pleuré cette mésaventure. Que pouvait-elle y changer, après tout? L’idée de défoncer la porte de la boutique de Lancelot et le réclamer était amusante, suite à la suggestion de Mélusine, mais jamais Agathe ne pouvait se voir comme étant celle qui briserait une relation.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Lun 11 Juin - 23:51

« ...Avec des pâtisseries ?
- Avec des pâtisseries. » confirme-t-elle avec un sourire entendu. Il semblerait qu'elle soit aussi gourmande que sa tutrice. À moins que ce soit justement celle-ci qui lui ait donné le goût des gâteaux délicieusement sucrés dont elle raffole. Ca ne l'étonnerait guère. Cette pensée fait jaillir d'agréables souvenirs, fait même apparaître un sourire doux sur les lèvres de l'Erebienne. Un soupir discret s'en échappe ensuite, imperceptible, quand elle reprend place auprès de la jeune femme pour l'inciter à se confier un peu plus. Si elle en croit ses précédentes questions, elle en a peut-être besoin.

« Oh! Mais il ne me plaît pas… » La réaction est si vive, Alméïde hausse un sourcil interrogateur. Oh, a-t-elle mal compris les intentions de l'adolescente ? À voir ses joues prendre des couleurs, elle doute de s'être trompée à ce point. Respectueusement, elle détourne les yeux, faisant mine de replacer un pan de sa robe afin de lui laisser le temps de se remettre de son soudain émoi. « Il me plaît un peu. ...Il me taquinait tout le temps. Je voulais lui montrer qu’il n’était pas… Qu’il n’était pas Belliférien. Il s’en amusait, je crois, et il aimait bien me prendre à revers. » Doucement, elle relève les yeux pour croiser les siens. Son écoute est patiente, attentive, sans jugement. Il n'y a qu'une lueur amusée dans son regard, à l'entente de cette situation bien particulière, de cet amour naissant.  « C’est étrange, je voulais lui plaire, malgré tout. Il est commerçant. Il n’est ni noble, ni Voltigeur, ni guerrier, ni rien de... Il fabrique ses propres oeuvres, et il les vend. Enfin… Je crois que sa boutique est fermée, avec la maladie. Mais j’ai su qu’il avait une compagne. C’est elle qui doit veiller sur lui, maintenant. » La moue de la jeune femme fait naître un petit sourire compatissant sur le visage de l'Erebienne.

« Il n'est vraisemblablement pas le genre d'homme que tu espérais voir entrer dans ta vie, mais parfois on peut être surpris par les personnes que Mirta met sur notre route. » fait-elle remarquer, conciliante. Aurait-elle pu imaginer une seule seconde s'éprendre autant de Castiel ? De tomber ainsi amoureuse du duc de Sombreciel, cet homme que son frère hait tant depuis toujours ? Et aurait-elle pu songer ne serait-ce qu'une seconde à éprouver des sentiments aussi fort pour son amie de toujours ? Pour une femme, mariée qui plus est ? « Tu es encore jeune, Agathe. S'il est celui qui t'a ouvert les yeux sur ce que tu désirais réellement, peut-être n'est-il pas celui qu'il te fallait ? Je ne doute pas qu'accompagner Mélusine dans ses déplacements te permettra de rencontrer de nombreux prétendants et, qui sait, l'un d'eux finira sûrement par gagner ton affection ? » Il n'est pas aisé d'ainsi aimer une personne ayant déjà quelqu'un dans sa vie et Alméïde aurait mieux fait de suivre son propre conseil plutôt que de laisser parler ses sentiments, au risque de blesser celle qu'elle aime.

Quelques coups résonnent à la porte et un domestique entre quand Alméïde le lui demande, un plateau chargé de pâtisseries entre les mains.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Dim 24 Juin - 21:32

Les paroles de la princesse étaient rassurantes et, quelque part, Agathe aimait bien y croire. Toutes ces larmes perdues pour Lancelot n’étaient peut-être pas inutiles. Peut-être que son chagrin lui permettrait de se forger une idée plus précise de ce qu’elle ne souhaite plus avoir dans sa vie. Il fallait bien avouer, aussi, que de tous les voyages, de toutes les rencontres, aucun garçon ne s’était intéressé à elle d’aucune manière que ce soit. C’était sans doute mieux ainsi, après tout. Elle pourrait rester plus longtemps auprès de Mélusine sans craindre un enlèvement, ou pire encore, une atteinte à sa pureté! À la conclusion de cette pensée, Agathe acquiesça pour appuyer les paroles teintées de sagesse de l’Erebienne. Dans un silence, l’espace de quelques secondes, la jeunette contempla le visage doux et hâlée de la future dame de Sombreciel tout en s’imaginant ce que Mélusine y voyait. Là où la toute blonde percevait sur ces traits doux de la gentillesse et de la bonté, sa tutrice y voyait peut-être une sensualité..? Et sur ses lèvres pleines, moult baisers à voler? Aucun papillon dans son estomac. Aucun frisson au creux de sa poitrine. Agathe détourna les yeux, gênée de ses propres pensées, alors que le rouge fardait une fois de plus ses pommettes.

- Je crois que j’aimerais ne jamais me marier. C’est mon devoir de femme, mais c’est si douloureux… Mes enfants grandiront dans un monde où les hommes protègent mais dévastent, surtout.

Sa moue s’était faite un peu boudeuse, suite à ses paroles, et Agathe haussa les épaules avec résignation. Elles en étaient là, à songer au rôle des hommes dans leur vie et à la douleur des relations amoureuses, lorsque les pâtisseries firent leur entrée dans une exclamation joyeuse de la cadette. Elle sentait déjà le parfum de la framboise et des noisettes et sa bouille, bien qu’encore barbouillé de quelques sillons de larmes sur ses joues, affichait un sourire sincère. Il n’y avait sans doute que des pâtisseries pour réellement se remettre d’une matinée aussi éprouvante. Les sujets tristes de Lancelot l’Adroit et de la polygamie furent balayés de quelques bouchées de sablés. Bientôt, Alméïde et Agathe ne parlaient plus que de rubans, de robes, des vêtements effroyables de Sombreciel - comment ferait-elle pour se faire à cette mode, alors que les soieries chatoyantes erebiennes lui allaient si bien? -, de Hallebarde, de la tristesse que devait vivre la princesse sans animal de compagnie, du petit Meldred, d’art, aussi. Agathe espérait s’améliorer au dessin et devenir aussi douée qu’Alméïde, et il était fort à parier que si sa jambe n’avait pas été blessée, elle aurait escaladé l’escalier jusqu’à lui présenter ses carnets tous noircis de fusain.

- Je vous montrerai mes progrès, si vous le désirez, lorsque nous nous reverrons! Vous serez affairée avec la cérémonie et les invités, par contre… Je pourrais les laisser avec mon présent de mariage?

Il allait bientôt être midi. Arsène courrait jusqu’à la cuisine pour écornifler quelques renseignements quant au repas qui se préparerait d’ici peu. Elle s’était relevée avec bien peu d’élégance : la douleur était encore bien présente, quoique moins vive. D’une courbette et d’un sourire sincère, Agathe s’était inclinée devant la jolie princesse avec, dans le coeur, la promesse de ne plus jamais l’espionner.

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Message Sujet: Re: Je dirai malgré tout que cette vie fut belle   Mer 27 Juin - 13:09

« Je crois que j’aimerais ne jamais me marier. C’est mon devoir de femme, mais c’est si douloureux… Mes enfants grandiront dans un monde où les hommes protègent mais dévastent, surtout. » Elle semble bien jeune pour tenir de tels propos, mais Alméïde n'oublie pas d'où elle vient et quelles ont été ses épreuves, jusqu'à présent. Elle n'en connaît pas les détails, mais elle sait assez pour savoir qu'il a dû être difficile pour elle de grandir au sein du duché de la Guerre puis d'en être arrachée des années après le départ de sa mère. Il y a quelque chose, dans le visage sérieux de la jeune femme, qui l'empêche de faire la moindre remarque à ce sujet. Elle a encore le temps de se faire une opinion sur les hommes et sur l'avenir ; elle accompagne Mélusine dans tous ses déplacements, sa vision des choses se modifiera peut-être, avec le temps.

Les pâtisseries finissent par arriver et allègent les esprits. Elles abordent des sujets plus légers et Alméïde s'efforce de lui faire retrouver le sourire, appréciant la compagnie de la jeune Agathe qui se révèle très curieuse. Elle s'intéresse tout particulièrement à ses dessins, dont elle lui parle avec enthousiasme et qui semblent la réjouir. « Je vous montrerai mes progrès, si vous le désirez, lorsque nous nous reverrons ! Vous serez affairée avec la cérémonie et les invités, par contre… Je pourrais les laisser avec mon présent de mariage ? » Un mince sourire fend son visage. « Je serais ravie de voir tes dessins. » lui répond-elle, sincère. Elle se promet d'essayer de trouver un moment pour aller la voir directement, malgré la frénésie qui animera les murs du palais d'Euphoria avant le mariage. Elle saura lui écrire, dans le cas contraire.

Le sablier du Destin s'écoule encore et il est temps pour chacune d'entre elles de retourner à leurs occupations. Alméïde prend congé d'Agathe et quitte la tour, laissant au domestique le soin de prévenir Mélusine de son départ mais également de lui signaler qu'elle reviendrait dans la soirée. Elle ressent encore un pincement au coeur, à cette pensée, mais plus léger qu'à son arrivée. Les choses rentreront dans l'ordre, c'est certain – il le faut.

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