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 Je voudrais un bonhomme de neige

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La Noblesse
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Message Sujet: Je voudrais un bonhomme de neige   Mer 10 Jan - 14:20


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Sixtine & Octave d'ibélène

Je voudrais un bonhomme de neige

On dit que le temps arrange tout, mais j'ai besoin de nous




• Date : 14 décembre 1002
• Météo (optionnel) : Il fait nuit
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Le soir du jour où ils ont enterré leur père, Octave se sent seul, et s'aventure chez Sixtine pour parler un peu, entre frère et soeur.
• Recensement :
Code:
• [b]14 décembre 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3226-je-voudrais-un-bonhomme-de-neige]Je voudrais un bonhomme de neige[/url] - [i]Sixtine & Octave d'Ibélène[/i]
Le soir du jour où ils ont enterré leur père, Octave se sent seul, et s'aventure chez Sixtine pour parler un peu, entre frère et soeur.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Mer 10 Jan - 14:23

Sa main se lève, son poing se referme, prêt à cogner contre la lourde porte de bois pour la quatrième fois déjà. Mais comme les trois fois précédentes, son bras retombe mollement le long de son corps. Il hésite. Il hésite à entrer dans une chambre dont il n’a pas franchi la porte depuis des siècles, au moins. Il hésite, parce qu’il ne sait pas s’il le peut. Oh, bien sûr. Il est le futur empereur, il doit pouvoir entrer où il veut dans son propre palais sans avoir besoin d’en demander la permission. Mais il ne sait pas si Sixtine apprécierait cette intrusion chez elle, alors qu’il n’a pas pointé le bout de son nez dans ses appartements depuis l’enfance. Et peut-être que ce n’est pas le moment de la déranger. Il a entendu le bruit caractéristique des objets se fracassant au sol, sous le coup de sa colère, de sa tristesse et de son émotion. Et si les bruits se sont arrêtés depuis un moment maintenant, il a peur qu’elle ne recommence, alors qu’il veut juste entrer dans sa chambre pour lui parler.

Pour lui dire quoi, d’ailleurs ?

C’est vrai, c’est la nuit. Il devrait être dans sa chambre, à essayer de dormir, ou bien en ville, à essayer d’oublier sa peine à travers la musique. Mais non. Il n’est pas sorti la nuit depuis qu’Augustus… Depuis le premier jour de décembre. Et seul dans sa chambre, il ne trouvait pas le sommeil. Alors il est sorti, pour errer dans les couloirs. Ses pas seuls l’ont mené devant la chambre de Sixtine. Et pris par un élan d’amour fraternel, il a voulu frapper à sa porte, s’enquérir de son état après cette journée oppressante, faire n’importe quoi pour se sentir moins seul. Pour fuir cette solitude qui le ronge de l’intérieur, cette envie puissante de tout abandonner et de s’enfuir, plus forte que jamais mais tellement utopique… Sa mère est morte, son père est mort, son trône l’attend et son deuil commence à peine. Il a mal, Octave, pour mille et une raisons différentes et complémentaires. Et il espère trouver un peu de réconfort auprès de Sixtine, au final, tel l’enfant un peu perdu qu’il était il y a des années.

Seulement, il ne sait pas quoi dire. Alors, il reste là, un peu idiot, devant les appartements de sa sœur. Il n’entend plus de bruit. Elle doit dormir, à l’heure qu’il est. Sûrement. Ou peut-être que non, qu’elle est comme lui, qu’elle souffre sa peine en silence, dans son coin. Un peu comme lui. Lui qui s’est effondré en apprenant la terrible nouvelle, portée par l’un des médecins. Lui qui n’a pas pu retenir ses larmes de chagrin alors qu’il n’était pas seul, abattu par la perte d’un père. Un père pas toujours présent, un père dur et strict parfois. Un père qui ne le comprenait pas. Mais un père. Il a rapidement essuyé son visage, et s’est aussitôt retiré dans ses appartements, pour éviter de perdre davantage la face. Il sait que Sixtine ne pleure pas en public, elle. Peut-être qu’elle masque sa peine jusqu’à se retrouver seule. Peut-être pleure-t-elle en ce moment même. Son cœur se serre. Doit-il entrer pour la consoler ? C’est ce que ferait un frère. Mais est-ce vraiment son rôle, après ces années de rancœur et de distance ? Il n’en sait rien.

Il est prêt à abandonner et à faire demi-tour, à retourner dans ses quartiers et à s’y cloîtrer pour la nuit. Mais quelque chose l’en empêche. L’instinct, peut-être. Ou la peur de se retrouver seul à nouveau. L’envie de voir sa cadette. Inspirant profondément, il recommence, une cinquième fois. Il lève le bras, ferme le poing, et cogne timidement sur le bois.

- Sixtine ? C’est moi, c’est Octave. Est-ce que je peux entrer ?  

Il espère qu’elle va ouvrir cette porte. Il a besoin d’elle, d’eux, pour oublier qu’ils n’ont plus personne, plus aucune famille. Qu’ils ne sont plus que tous les deux. A cet instant, il a oublié l’empire et le trône, Octave. Il est juste un frère maladroit, cherchant l’aide de sa sœur.
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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Jeu 18 Jan - 21:38

Tu n'as aucune idée du temps qui s'écoule. Tes larmes se sont taries déjà, mais tes yeux sont grands ouverts et tu ne bouges pas. Immobile dans ton lit, il serait aisé de te croire morte. Tu fixe depuis un moment infini un point quelconque, mais ton esprit, tes pensées sont tellement éloignées de la réalité. C'est comme si le monde lui-même s'est arrêté. Tu ne perçois même plus les bruits. Tu ne sens pas tes pieds légèrement douloureux et ensanglantés par ces débris que tu as piétiné quelques temps auparavant. Peut-être même as-tu somnolé. Ou alors il ne s'est écoulé que quelques petites minutes qui te paraissent une éternité. Tu ne sais pas. Tu t'en moques. Tu veux juste... être seule.

Toc, toc, toc.

Le bruit résonne dans ta tête dans un martèlement assourdissant. Tu sens, comme éloignée mais proche, la présence de Hjördis qui s'arrête. Toi-même a cessé de respirer. Le cœur au bord de la pente, l'esprit en alerte. Qui ?

Qui ose ?

Qui ose ainsi venir troubler ton chagrin ? Qui vient empiéter sur ta souffrance. Tu ne peux même pas pleurer ton père, pleurer tes rêves sans que l'on vienne déjà te chercher ? Le palais ne peut-il pas survivre quelques minutes sans toi ? Cette envie d'ouvrir la porte et de frapper l'innocent qui s'y présente s'éveille en toi et te consume tel un brasier hurlant.
Puis tu la reconnais. La voix de ton frère.

Octave.

C'est Octave. Ton frère. Ta seule famille restante. Tu n'oses toujours pas respirer. Tes yeux continuent de fixer le vide mais ta conscience a repris possession de la réalité. Tu ne sais que faire. Déchirée par cette envie folle de se jeter dans ses bras et de pleurer et celle de l'ignorer totalement, de garder ta porte close et de ne plus jamais croiser sa route. Ce frère si aimé. Si détesté. L'une des raisons de ton tourment. Ton seul lien du sang. Que dire ? Que faire ? Tu sens que Hjördis n'a pas bougé. Elle attend. Que tu lui dises quoi faire. Support silencieux mais ô combien précieux dans ta vie. Tu sais pourtant, que ce n'est pas de sa faute. Peut-être pourrais-tu enterrer cette hache de guerre et continuer de remplir ce ravin que tu as laissé entre vous ? Peut-il entrer ? Veux-tu le voir ? Non. Peut-être. Tu ne sais pas. Tu ne bouges toujours pas. Et le temps file. Il est sûrement parti. Parti loin de toi lui aussi. Et c'est alors que ton corps bouge instinctivement alors même que ton esprit n'en prenne vraiment conscience. Voilà que tu écartes déjà le rideau et que tes pieds se posent de nouveau sur le tapis soyeux qui couvre le sol. Une part de toi remarque distraitement que Hjördis a nettoyé cet endroit. Une autre part de toi constate qu'elle est déjà devant la porte qu'elle vient d'ouvrir pour y laisser entrer ton frère. Elle a su dès l'instant où tu as émergé de ton lit parce qu'elle te connaît. Mais cette part de toi demeure encore lointaine et tu n'arrives qu'à te focaliser sur le visiteur nocturne qui pénètre ainsi dans tes appartements. Tu ne prêtes même pas attention à ton apparence qui laisse penser que tu viens de te battre ou que tu as passé une nuit à écumer les endroits les plus miséreux d'Ibelin. Ta robe cousue main par Liselotte en piteux état, froissé, déchirée par endroit, salie par la poussière. Tes pieds nus légèrement ensanglantés. Tes cheveux en bataille où se perdent quelques perles ou accessoires féminins. Ou encore tes joues noircies par de vieilles larmes ayant eu raison de ton maquillage. Rien dans ton apparence ne peut laisser penser que tu es une princesse impériale. Mais ta posture, ton allure, elles, le clament haut et fort. Ton port est digne et fier, tu as cet air noble qui montre clairement que le chagrin, la souffrance n'auront pas raison de ton âme. Tu t'es demandée. Interrogée. Es-tu prête à laisser ton frère voir cette image si négative de toi ? Ces instincts d'intimité dont seule Hjördis a été témoin ? Tu n'as pas voulu. Personne ne doit jamais savoir. Mais c'est ton frère. Et l'image de cette sœur faisant la fierté des parent a été corrompu dès la seconde où vos regards se sont croisés dans cette taverne. Et aujourd'hui, en cet instant, alors que vous venez d'enterrer votre père, tu sens qu'il le faut. Que tu as besoin d'un soutien. Il reste ta seule famille à ce jour. Et si tu as tout d'une âme déchirée, tu resteras Sixtine d'Ibélène, princesse impériale, joyaux de l'empire. Cette image, jamais ne disparaîtra.

-Que veux-tu ? demandes-tu dans un souffle déchirant où pointe une souffrance sans non.

Ce soir, tu ne t'adresses pas au futur empereur. Ce soir, tu veux juste qu'il soit ce que vous avez laissé derrière vous ces dernières années. Ce soir, tu veux juste qu'il soit ton frère.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Lun 29 Jan - 17:32

L’attente est longue, bien trop longue. Octave a l’impression que le temps s’est arrêté, alors qu’il n’entend plus aucun bruit, comme si tout attendait une réponse de Sixtine, un signe de vie. Le jeune prince ne bouge pas. Il ne respire peut-être même plus. Son bras est retombé le long de son corps, et il fixe la porte intensément. Il ne sait pas quoi penser de ce long, trop long temps de latence. Ne veut-elle donc plus le voir, plus du tout ? Dort-elle déjà ? Ou lui faut-il simplement un moment, un délai de réponse ? Hésite-t-elle ? Peut-être. Peut-être pas. Il n’en sait rien, Octave. Il ne connaît rien de la vie de sa sœur, lui qui s’est jusque là contenté de la croiser en silence, ou d’échanger avec elle rien de plus que le nécessaire. Mais depuis Svaljärd, tout est différent, sans l’être pour autant. S’ils se sont rapprochés par la force des événements, il ne peut tout de même pas prétendre connaître sa cadette comme un frère devrait connaître sa sœur.

Il inspire profondément. La porte ne s’est toujours pas ouverte. Doit-il laisser tomber, tourner les talons et retourner dans sa chambre ? Peut-être. C’est ce qu’il s’apprête à faire. Mais à l’instant même où il bouge légèrement pour pivoter en direction de ses appartements, il entend le bruit caractéristique d’une poignée qui s’enclenche et voit la lourde porte s’ouvrir pour laisser apparaître le museau de Hjördis, la dame de compagnie de Sixtine. Ils ne se connaissent pas bien, tous les deux, mais malgré la proximité de la jeune femme blonde avec sa cadette, elle ne lui a jamais montré une quelconque inimitié. Octave la salue d’un maigre sourire, avant qu’elle ne s’efface pour le laisser entrer. Il hésite quelques secondes, avant de se décider et de pénétrer dans les appartements  de sa cadette. En territoire inconnu. Il espère que ce n’est pas en territoire ennemi. Ils n’ont pas besoin de ça.

Il parcourt rapidement la pièce des yeux. Il ne reconnaît rien. Des années sont passées, depuis qu’ils étaient encore deux enfants. Un temps décidément bien trop lointain, alors que l’âge adulte ne s’est jamais fait autant présent dans la vie du prince, qui ne peut plus nier ses devoirs et sa place, désormais, alors que son père n’est définitivement plus là pour l’occuper. Mais même s’il ne reconnaît rien, il se doute, Octave, du cyclone Sixtine qui a dû ravager la chambre. Et si la plupart a déjà été rangée et nettoyée, il reste encore des débris de verre dans un coin. Un miroir brisé, dans l’autre. Il déglutit. Il avait raison. Des objets ont été brisés par la douleur de sa sœur. Et à cet instant, il craint de ne subir le même sort. Enfin, s’il a pu entrer, c’est qu’elle consent à le voir. Il ramène son attention devant lui, là où sa sœur se tient. Et son cœur se serre.

Il ne l’a jamais vue comme ça. Elle, toujours parfaitement apprêtée, parfaitement princesse, parfaitement parfaite, à la posture irréprochable et à l’allure si noble… Aujourd’hui, il a vu, Octave, ses yeux cernés de noir d’avoir trop pleuré, ses joues sillonnées de larmes enfin séchées, sa coiffure défaite et sa robe déchirée. Elle se tient droite, toujours. Mais cela ne change rien. Elle a pleuré, beaucoup. Autant que lui, peut-être.

Il soutient son regard, difficilement, et ne répond pas de suite à sa question accusatrice. Que veut-il ? Il n’en sait rien. Il ne sait plus. Il ne sait pas quoi lui répondre. Il veut la voir. S’assurer qu’elle est encore en vie, elle. Qu’elle ne va pas partir et le laisser seul, sans défense, contre le reste du monde, contre son destin dont il ne veut pas, alors qu’il a tant besoin d’elle. Il veut parler avec elle, rattraper le temps perdu, retrouver une sœur et une alliée. Il veut la consoler, la prendre dans ses bras, lui dire que ça ira. Il veut pleurer avec elle, enfouir la tête dans son épaule et attendre que le temps passe. Mais son corps n’esquisse aucun geste, rien ne franchit ses lèvres, sinon quelques pauvres mots.

- Je voulais… Juste te voir. Pour…

Sa voix meurt, étranglé par la boule dans sa gorge qui s’est formée après ces quelques mots. Mais il ne pleurera pas. Il ne pleurera pas. Il ne pleurera pas. Il ne pleurera plus.

- Pour voir comment tu vas.

Comment elle va ? Abruti. Comme si tu pouvais te poser de façon sensée la question. Elle a enterré son père, elle a perdu la moitié de sa famille. La question ne se pose même pas. Il baisse les yeux, penaud, craignant sa réaction. Grands dieux, pourquoi lui, si habile avec sa mandoline et les vers qu’il chante, ne sait pas parler avec sa sœur, juste lui parler ? C’est si difficile, d’être frère…

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Mer 7 Fév - 22:23

Le temps se suspend. C'est comme s'il s'est arrêté rien que pour vous. Pour que vous puissiez vivre intensément ces quelques minutes. Ces minutes loin de tout, enveloppés dans cette bulle qui n'appartient qu'à vous. Tu le sens fébrile, nerveux. Tu vois ses émotions passer sur son visage. Un visage qui continue d'être étranger, même si les derniers événements vous ont un peu rapproché. Tu as pourtant décidé de le soutenir, quoiqu'il arrive. Mais, au fond de toi, tu ne peux totalement renier tout ce qu'il a représenté ces dernières années. Une frustration trop présente en toi, une jalousie que tu ne peux totalement occulter. Pourtant tu t'efforces de le faire. Pour le bien d'Ibélène. Mais ce soir... ce soir tu n'as pas envie de t'attarder sur ces sombres pensées. Ce soir, tu as besoin de ton frère. L'unique personne vivante de ta famille. Vous êtes seuls, maintenant. Seuls contre tous.
Tu le vois hésiter, bafouiller et tenter une approche... pitoyable. Tu en rirais presque. Dans d'autres circonstances, peut-être laisserais-tu un sourire ironique se dessiner cruellement sur tes lèvres. Tu sais à quel point il peut-être maladroit. Mais ce soir, tu n'as pas la force d'être cruelle. Tu n'as pas la force de le détester. Tu as juste envie de tomber dans ses bras, s'accrocher désespérément à lui et pleurer de tout son saoul. Tu as tellement besoin de sentir que tu n'es pas seule. Pourtant, ton visage reste fermer. Ta posture demeure stoïque et tu continues de le fixer avec toute la fierté dont tu es capable.
Voir comment tu vas.
Tu ne sais même pas quoi répondre. Tu sais, pourtant, que c'est une pauvre tentative pour entamer une discussion et peut-être faire le pas de plus qui vous rapprocherait définitivement. En as-tu peur, de ce pas ? Le désires-tu réellement ? Alors que tu viens de casser tout ce que tu as pu dans ta chambre et vider ton corps de toutes ses larmes, tu as l'esprit confus, perdu dans un chaos où tu as l'impression de ne distinguer aucune porte de sortie. Perdue dans tes pensées, perdue dans tes émotions, perdue dans ce que tu veux ou ce que tu ne veux pas. Tu es pleine d'incertitudes, ce qui est très rare. Tu as toujours su où tu voulais aller, le but de ton avenir et chacun de tes actes ou de tes mots se destinaient uniquement à te rapprocher de plus en plus de ton objectif. Voir la couronne cintrer ton front. Mais, au prix de la vie de tes deux parents ? Tu ne sais pas. Au prix de la rupture définitive avec l'unique membre de ta famille encore vivant ? Tu as envie de dire oui, mais tu n'en es tellement pas sûre. Cette perspective, cette solitude qui se profile sur cette voie que tu pourrais choisir, t'effraie. Pourtant, une certitude persiste. Celle qu'Ibélène passe avant tout. Bien avant tes rêves. Une certitude qui ne cesse de croître en toi, te poussant à surmonter l'insurmontable. Ibélène. Ton père avait un rêve qui s'appelle Ibélène. Un rêve débuté par ton grand-père. À toi, à vous de le faire perdurer.

-Comme toi, je suppose, répliques-tu dans un murmure.

Tu laisses un silence s'installer. Encore un. Au moins, ta voix est dépourvue de cynisme et de froideur. Au moins, tu ne te fermes pas à toute discussion.

-Dis-moi, mon frère, que fais-tu ici ?

Tu insistes. Mais tu as besoin de savoir. Tu as besoin d'une réponse. De n'importe quoi. De quelque chose qui te permettrait à toi, de faire le point sur ce que tu es. Sur ce que tu vas faire. Tu la sens monter, cette décision importante, ce chemin que tu as emprunté depuis la mort de ta mère. Mais tu as besoin qu'il soit là aussi, comme pour te rassurer que tu fais le bon choix. Qu'il est bien celui dont Ibélène a besoin. Tu le fixes intensément, sans détacher tes yeux, avide d'entendre sa réponse, la redoutant tout en la convoitant.
Un mot de sa part, et peut-être que ton destin changera a jamais.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Dim 25 Fév - 12:39

C’est comme si le monde était en suspens, et que tout attendait de voir ce qui allait se passer entre ce frère et cette sœur, si proches physiquement, mais si éloignés mentalement. Comme si tout attendait qu’apparaisse la faille, le signal qui déclencherait la chute, le courroux de Sixtine ou le faux pas d’Octave. Et ils semblent attendre aussi, le prince et la princesse, ainsi face à face, aussi immobile l’un que l’autre. Octave a l’impression de marcher sur des œufs, peut-être plus que d’habitude, depuis quelques temps ; et il craint un refus, une opposition de la part de sa sœur, qui lui rappellerait à quel point il a tout raté, aux yeux de tous, et même de la seule famille qu’il lui reste en ce monde.

Il tente, maladroitement, de répondre à la question de sa sœur, comme pour renouer un contact rompu depuis l’enfance par leurs caractères et leurs envies. Et il peut lire sur son visage qu’il n’a pas réussi, et qu’il est beaucoup trop maladroit dans ses paroles. Et pourtant, elle n’enfonce pas le clou en souriant d’un air mesquin ou en se moquant de lui. Et sa réponse est dénuée de toute méchanceté. Elle lui répond, simplement, la vérité vraie. Il retient son souffle. Cela leur fait au moins un point commun. Alors que tout semble les opposer, ce frère et cette sœur, le prince et la princesse, la nuit et le jour, ils ne restent pas moins que deux enfants réunis dans la douleur par la perte de leurs parents.  Il aurait souhaité que cette réunion se fasse autrement. Que le renouveau de leur relation se fasse dans la joie plutôt que dans les larmes. Mais les Dieux en ont décidé autrement, et peut-être allait-il passer par là pour qu’ils puissent à nouveau peut-être, s’entendre. Voire s’apprécier.

Le silence s’installe à nouveau. Il lui semble interminable, mais moins rude que le précédent. Pour autant, il n’est pas à l’aise, Octave, comme il ne l’est jamais quand la musique n’est pas là pour lui. Il aimerait aller s’asseoir avant  de s’effondrer tout à fait. Mais il n’ose pas. Il n’est pas chez lui, ici, et ce territoire, composé des appartements de sa sœur, ne lui appartient pas. Et il craint, plus que tout, de se voir rejeté et mis à la porte par la seule personne en ce monde qui compte encore pour lui. C’est aussi pour cette raison qu’il ne se précipite pas vers elle pour la prendre dans ses bras, et la serrer aussi fort qu’il le puisse pour s’assurer qu’elle est encore là, elle, et qu’elle ne s’enfuira pas.

Finalement, elle reprend la parole, rompant le long silence. Et à sa nouvelle question, il hésite. Bien sûr, sa première réponse ne pouvait lui suffire. Pour savoir comment elle va, il aurait pu aussi bien prendre de ses nouvelles par le biais de quelqu’un d’autre, un médecin, un serviteur, Hjördis. Et pourtant, il est venu la voir directement. Il pourrait faire semblant de s’offusquer, de lui répliquer qu’il a bien le droit de venir la voir, qu’il cherche juste à se confirmer qu’elle n’a besoin de rien et qu’il peut partir s’il la dérange. Mais ce serait lui mentir, ou plutôt lui dissimuler un pan de vérité, et il le sait aussi bien qu’elle. Il y a autre chose, oui, mais il est à peu près incapable d’y poser des mots justes, d’expliquer ce qu’il ressent simplement avec des phrases. Et pourtant, il cède.

- Parce que j’en ai besoin, Sixtine. J’ai besoin de te voir. Notre père est mort, notre mère est morte, et il n’y a plus que nous deux. Seulement nous deux, et… Et je sais que je n’y arriverai pas seul. Je ne pouvais pas rentrer dans ma chambre ce soir, me coucher, me dire que tout ira mieux demain, parce que je sais que demain sera pire. Je sais que je ne peux pas faire semblant d’y arriver seul, parce que ce n’est qu’une image que je donnerai et qui risquera de se briser à chacune de mes erreurs. Parce que seul, je ferai des erreurs. Et je ne parviendrai pas à faire… Tout ce qu’on attend de moi. Je n’arriverai pas à faire mon deuil, à garder la tête haute et même à gouverner. Tout seul, je ne suis rien. Et je voulais… Je voulais te voir, parce que j’ai besoin de savoir que tu es encore là, toi. Que tu ne m’as pas laissée, toi aussi.

Il se tait quelques secondes. Il a l’impression qu’avoir dit ces quelques mots lui a pris autant d’énergie que s’il avait traversé tout Ibelin en courant à toute vitesse. Mais il ne faiblit pas, et relève le regard vers sa sœur, pour conclure, et achever sa requête.

- J’ai besoin de toi, Sixtine. J’ai besoin de ton aide. Pour moi. Et pour Ibélène, aussi.

Voilà, c’est dit. Il n’avait pas prévu de lui annoncer ça, du moins pas comme ça. Et pourtant c’est fait. Tant mieux, d’une part, au moins il n’aura pas à se torturer plus longtemps. Et puis, plus tôt elle saura, plus tôt elle pourra l’aider. Elle l’aide déjà, un peu, en reprenant à la perfection le rôle que tenait Catarine. Mais il a besoin d’un réel soutien, que seule elle peut lui donner. Il a compris qu’il ne parviendra pas à échapper à la couronne et à ses responsabilités. Un peu tard, certes ; mais autant essayer de s’y préparer au mieux. Et cette fois, promis, il ne fuira plus.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Mer 28 Fév - 23:06

Pendant un instant tu as peur qu'il ne te réponde pas. Qu'il finisse par te tourner le dos et sortir de ta chambre sans avoir prononcé une seule phrase qui peut trouver grâce à tes yeux. Tu connais ton frère. Peut-être pas très bien, en effet, mais tu peux deviner certaines de ses routes. Au fond, tu es partagée. Partagée entre l'envie qu'il le fasse et celle qu'il fasse tout le contraire. La première pour te conforter dans l'idée que tu es la mieux placer pour prendre cette couronne. La deuxième, parce qu'il demeure l'unique famille qu'il te reste et peut-être l'unique espoir qu'il reste à Ibélène. Puis, après cette attente qui ne semble pas en finir, ton frère ouvre la bouche pour sortir certainement la plus longue phrase depuis que vous avez repris contacte. Et tu l'écoutes avec attention. Ton cœur palpite, tambourine à chacun de ses mots faisant vibrer tout ton corps d'une émotion intense. Tu sens qu'il s'ouvre à toi comme il ne l'a jamais fait auparavant. Il t'expose sa faiblesse, ses peurs, ses appréhensions, sa souffrance et son chagrin. Et toi tu accueilles tout ça en silence, immobile, le regard toujours aussi inexpressif. Pourtant, en toi, les sentiments se mêlent. La confusion s'incline devant ton émotion grandissante. Ici, le temps ne compte que pour vous deux. Si tu apprends qu'il s'est arrêté partout ailleurs, tu ne seras pas surprise. Les dieux eux-mêmes ont créée cet instant rien que pour vous, tu en es sûre. Tu sais que tu peux refuser. De détourner de lui et le laisser à sa solitude, trop fière pour l'aider à soulever un poids que tu convoites toi-même. Mais non.

Il a besoin de toi.

Cette phrase tinte dans ton esprit telle des milliers de clochettes qui carillonnent une mélodie cristalline. Un air pur, comme le vent de Valkyrion qui souffle parfois sur le duché, les jours où la neige a tout recouvert de son manteau blanc.

Il a besoin de toi.

La lumière semble se faire dans ton âme. La révélation. Ou peut-être l'as-tu toujours su sans jamais pouvoir te l'avouer. Il a besoin de toi. Et tu as besoin de lui. Parce que c'est ton frère. Parce que c'est la dernière personne vivante de ta famille. Parce que cette rancœur que tu nourris envers lui, il n'en est pas responsable et tu le sais. S'il le pouvait, il te la donnerait très volontiers cette couronne, tu le sais. Tu sais qu'il n'en veut pas. Peut-être que si les mentalités changeaient, tu pourrais y prétendre. Mais pour le moment, les choses sont ainsi faites. Vous n'êtes plus que tous les deux. Et vous avez un rêve à poursuivre. Ce rêve s'appelle Ibélène et c'est à lui que va ton infaillible loyauté. Alors tu la prends cette décision. Cette difficile décision. Cette décision qui peut ruiner tes rêves à tout jamais. Mais tu vas la prendre. Pour ton frère. Pour Ibélène. En mémoire à ton père que tu as tant admiré. Que ce soit l'homme, le père et, surtout, l'empereur. Tu inspires profondément. Tu ne te vois pas, en cet instant, alors que tu te tiens encore dans les vestiges de ta chambre, mais tu as cette allure impériale et noble qui te caractérise tant. Ce port altier qui impose, celui de ton père. Un éclat rayonnement de charisme.

-Et je vais t'aider.

Ta voix émet un léger tremblement. Tu as même l'impression que ce n'est pas toi qui parle. Pourtant c'est bien ta voix. Ce sont tes mots. Et c'est ton âme qui s'extériorise.

-Je te l'ai dit. Je suis ton ombre, mon frère. Celle qui œuvre en douce, celle qui va guider tes hésitations, qui ajustera tes erreurs et qui conseillera les points épineux. Tu peux compter sur moi parce que Ibélène a besoin de nous, en mémoire de notre père et parce que tu es l'unique personne qui me reste. Et moi aussi, j'ai besoin de toi.

Les mots ont coulé. Ainsi as-tu parlé. Tu as besoin de ton frère pour sentir que tu n'es pas seule. Tu as besoin de lui parce qu'il est tout ce qu'il te reste. Et parce qu'il sera le protecteur inconscient de ta main. Celle que beaucoup trop de prétendants convoitent. Tu as besoin que cette main demeure à Ibelin, près de là où réside ton rêve. Et c'est aussi pour ça, que tu as besoin de ton frère.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Sam 17 Mar - 23:03

Il ne s’est jamais dévoilé autant, devant personne – et il ne pensait pas que sa sœur serait la première à le découvrir ainsi. En même temps, quand il y réfléchit, il ne voit personne d’autre. Même si ses parents étaient encore là, il ne leur aurait jamais ouvert son cœur ainsi. Et il n’a pas d’ami réel, ici. Il y a bien Viktor, son fidèle serviteur, en qui il a placé toute sa confiance ; mais il n’est pas du genre à se confier, généralement. Et même s’il a sûrement une idée des sentiments qui habitent le petit prince, il ne les a jamais dit clairement.

Sa réponse tombe comme une sentence, qui met fin à d’interminables secondes de latence. Et c’est seulement en entendant ces mots qu’Octave s’autorise à respirer à nouveau. Elle va l’aider. Elle accepte de l’aider – mais pas seulement. Elle accepte ses faiblesses, elle accepte son incapacité à se débrouiller tout seul. Et elle le soutiendra, jusqu’à ce qu’il puisse se débrouiller seul, un jour. Si jamais ce jour arrive. Et puis, il est son frère, elle est sa sœur. Il ne reste qu’eux, et il persiste à croire qu’il reste encore un petit quelque-chose de leur enfance entre eux, un lien pas encore totalement rompu par la distance et les années, un fil invisible, signe d’un amour fraternel pas encore entièrement brisé. Et il croit, il espère que c’est cet amour qui guide les paroles de sa cadette, même s’il se doute que Sixtine n’a pas prononcé ces mots sans avoir, derrière, un intérêt.

Elle continue de dérouler le fil de ses pensées ; et la respiration d’Octave se régularise au fur et à mesure que ses mots parviennent à ses oreilles. Il sait qu’à cet instant, Sixtine lui parle avec sincérité, comme lui-même lui a parlé. Et la fin de ses paroles lui tire un pauvre sourire. Elle a besoin de lui, elle aussi. Ils ont besoin chacun l’un de l’autre, pour continuer à vivre. Parce qu’ils sont un frère et une sœur, et qu’ils ne peuvent être dissociés.

- Je serai là, Sixtine, je te promets.

Elle a peut-être d’autres raisons de vouloir l’aider. Après tout, grâce à lui, elle touche du doigt le pouvoir qu’elle désire tant mais auquel elle ne pourra prétendre tant qu’il est encore en vie. S’il l’avait voulu, sa couronne, il l’aurait sûrement écartée de son chemin, sans qu’elle ne puisse rien y faire. Mais là… Il l’observe quelques secondes encore, sans rien dire, avant d’ouvrir à nouveau la bouche.

- Cette couronne… Je te l’aurais donnée si j’avais pu, tu le sais.

Elle le sait, oui. Et peut-être que s’ils avaient été moins stupides, tous les deux, ils auraient pu faire quelque chose, pour ça, quand leur père était encore en vie. Ils auraient pu réunir leurs efforts pour le convaincre d’écarter Octave de la succession et de léguer son trône à sa fille cadette. Mais maintenant, il ne peut plus renoncer à rien. C’est trop tard. Et quel déshonneur apporterait-il sur sa famille si, à quelques mois de son couronnement, il fuyait ses devoirs ? Un lâche, voilà ce qu’il serait. Mais il n’est pas lâche, Octave, et il est bien décidé à le prouver.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Dim 8 Avr - 15:39

Tu le crois sincère. Tu l'espères de tout ton cœur. Ce cœur que tu viens de lui ouvrir. Tu n'as plus que lui et s'il te laisse... si tu te retrouves seule tu ne sais pas si tu y survivras. Enfin si tu le sais. Tu survivras. Tu survis toujours. Mais ton cœur se fermera encore plus et il y aura un vide éternel dans ton âme que rien ni personne ne pourra combler. Tu éloignes de toi la couronne, encore plus, pour la laisser à ton frère, pour le bien de l'empire. S'il trahi, s'il t'abandonne, tu ne pourras plus faire confiance et tu passeras ta vie à te dire que tu as sacrifié tes rêves au profit de ta famille. Quelque chose que tu ne pourras jamais te pardonner également. Tu hoches donc la tête, sastifaite de sa réponse, priant et espérant pour qu'il ne revienne pas sur ces mots. Il s'est engagé. Tu t'es engagée. Pour le meilleur et pour le pire vous allez faire front ensemble face aux intrigues politiques d'Ibélène, dont Octave ne connaît pas grand chose.

Tu fermes les yeux et ta main vient caresser ton front dans un geste las. Bien sûr que tu le sais. Et c'est ça le pire. Si encore tu convoitais cette couronne mais que face à toi tu avais un frère bien imprégné des us de la politique, tu ne serais pas aussi frustrée. Tu ressentirais une pointe de tristesse et quelques regrets mais tu serais heureuse de savoir Ibélène en de si bonnes mains. Mais non. Tu laisses le trône à un frère qui n'en veut pas et qui n'a rien fait pour s'y intéresser jusqu'à présent. Tu sais qu'il pensait te donner un peu de baume au cœur par ces mots mais il ne fait qu'empirer la situation et désorganiser plus encore tes pensées déjà confuses sur la question. Mieux vaut qu'il ne dise plus rien, ou sinon tu vas changer d'avis. Pourtant il ne pense pas à mal, tu le sais. Il est maladroit. Il ne sait pas comment agir avec toi. Vous êtes frère et sœur mais étrangers depuis tellement de temps que vous avez oublié comment communiquer entre vous. Un éloignement qui a attristé ton père et ta mère. Un éloignement qui vous également attristé tous les deux. Mais vous ne partagiez pas les mêmes opinions et beaucoup trop d'envie et d'incompréhension habitaient entre vous deux. Y habitent toujours. Sauf que vous devez apprendre à canaliser ces émotions pour établir une communication efficace. Et maintenant, il n'y a plus que vous deux et ça supplante tout le reste.

-Tu sais qu'on ne te laissera pas faire ce que tu veux, murmures-tu dans un souffle. Tu es encore trop débutant dans ces intrigues et tous le savent. Ils vont essayer de profiter de toi, de te manipuler, peut-être même de t'écarter de quelques sujets et de te mentir éhontément. Il va falloir que tu sois prudent. Très prudent.

Ton père est mort. L'homme, l'empereur, le père. Tu as aimé et estimé chacune de ses facettes. Tu n'as pas toujours approuvé ses décisions mais tu as toujours admiré ses principaux traits de caractères. Notamment sa façon d'imposer son respect aux autres par sa seule présence. Octave a de nombreuses qualités mais celle-ci n'en fait partie. Et à cause de ce qu'il aime et de ce qu'il aspire, beaucoup vont vouloir l'utiliser comme un pantin. Et cette idée t'effraie. Tu as peur pour l'avenir Ibélène et tu sais que la meilleure façon de vous en sortir c'est que vous restiez souder.

-Il va falloir qu'on s'unisse. Combiner nos savoirs, utiliser notre intelligence, peut-être même faire preuve de certaines sournoiseries pour faire valoir ton droit. Parce que ce n'est pas seulement à tes sujets qu'il faut prouver ta valeur, mais également, et surtout, aux ducs. Parce que ce sont eux les gardiens légitimes de notre titre.

Convaincre les ducs. Sûrement le plus compliqué. L’ampleur de la tâche à venir te paraît soudain aussi inatteignable que les étoiles. Peut-être même que ressusciter un mort serait plus simple. Mais tu ne comptes pas baisser les bras. Vous allez faire ce qu'il faut et prouver votre droit préserver cette place que ton illustre grand-père a su gagner.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Dim 22 Avr - 21:01

A peine les mots prononcés, il sent qu’ils n’ont pas eu l’effet escompté, et l’envie de s’enfuir et de retourner dans ses appartements le prend soudainement alors que Sixtine se prend la tête dans les mains. Et il a bien l’impression qu’au lieu de resserrer un peu les liens qui les unissent, il n’a fait que les tendre davantage, en disant ces quelques paroles. En même temps, pourquoi vient-il sans cesse lui rappeler que c’est lui le premier-né, et qu’il n’en veut pas, alors qu’elle convoite si fort sa place, mais qu’elle ne pourra jamais l’atteindre ? Pourquoi faut-il toujours qu’il gâche tout, tout le temps ? Si Sixtine venait à le renvoyer à cause de ce qu’il lui dit, il comprendrait. Mais visiblement, elle n’en est pas encore arrivée à une telle solution. Elle lui offre un sursis, encore. Ou bien a-t-elle réellement besoin de lui ? Il se prend à espérer que c’est le cas.

En l’entendant, il baisse légèrement le menton, attentif à la moindre de ses syllabes, comme si elle racontait une vérité absolue. Elle a raison, de toute manière, il le sait bien. Alors, il hoche la tête, avant de s’obliger à croiser de nouveau son regard.

- Je le sais.

Il le sait, mais il au également conscience que seul, il ne pourra sans doute discerner le vrai du faux, le sincère de l’hypocrite, le bon du mauvais. Et il espère de tout cœur que Sixtine l’aidera à rattraper tout le retard qu’il a accumulé en près de vingt-six ans de vie et d’inexpérience. Mais la détermination qu’il lit dans ses yeux alors qu’elle poursuit lui montre que sa sœur est bien décidée à faire en sorte qu’il y arrive, à devenir un empereur à la hauteur des espérances qu’on place en lui. Et en l’entendant parler, il a l’impression que ce sera possible, un jour.

Ses paroles, cependant, le laissent un brin songeur. Prouver sa valeur aux ducs ? Oui, leur soutien est quelque chose d’important. Mais il a le temps, pour cela, non ? Il a tout son règne pour forger leur soutien, petit à petit. Mais de toute façon, n’est-il pas implicitement acquis ? Il est le fils d’Augustus, héritier légitime de la couronne d’Ibélène, il sera empereur quoi qu’ils en pensent, non ? Depuis mille ans les allégeances sont renouvelées à chaque couronnement, et il mettrait sa main à couper qu’il n’est pas non plus le pire des princes héritiers. Y aurait-il une chance pour qu’ils ne veuillent pas de lui ? Dans un sens, cela l’arrangerait. Il pourrait enfin vivre sa vie, partir pour Lorgol et ne plus revenir. Mais quel sort pour Ibélène ? Secouant doucement la tête pour chasser ses pensées, il revient vers Sixtine.

- Alors, guide-moi, ma soeur. Montre-moi comment faire, pour ne pas faire de faux pas. Dis-moi ce que je dois dire, ce que je dois faire, afin que tout se passe au mieux. Sois ma tête, Sixtine. Moi, je serai tes yeux et tes oreilles.

Cela lui semble convenable, comme marché. Il lui rapportera les nouvelles du conseil, la tiendra au courant du moindre fait et geste des grands de l’empire, et en échange, elle le guidera. Ensemble, ils pourront régner sur Ibélène, tant que leur nouvelle alliance  tiendra, il en est persuadé.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Mar 15 Mai - 23:44

Il le sait.

C'est déjà ça. Mais tu n'en doutais pas vraiment. Ton frère n'est pas sot. Son intelligence brille dans d'autres domaines que les tiens mais il est tout de même réfléchi. Tu choisis de lui faire confiance. Mais son manque de connaissance sur la politique risque de lui causer quelques tords et c'est surtout ça qui t'inquiètes. Tu as peur de sa naïveté dans ce monde fait d'intrigues et de conspirations. Tu as peur de cette part de crédulité et des conseillers qui peuvent en tirer profit. C'est surtout ça qui t'effraie et c'est justement pour cette raison que tu insistes autant pour que vous vous racontiez tout. Pour que ça marche, il ne faut aucun secret. Aucun mystère. La vérité, pure et dure. Brute comme le minerai tout juste sorti de sa pierre. Pas retravaillée, aussi cruelle soit-elle. Mais c'est ce qu'il faut pour sauver les apparences. Pour poursuivre l’œuvre de leur aïeul. Pour le salut d'Ibélène.
Et il le comprend, Octave. Ses paroles glissent en toi, faisant presque accélérer les battements de ton cœur alors que tu te tiens, droite et immobile, au milieu des vestiges de ta tristesse. Un écho à ta propre douleur qui fait vibrer ton corps en une mélodie presque tragique mais néanmoins porteuse d'espoir. Tu as envie de le croire. Tu as envie de croire en lui. En vous. Et tu te dis que, ainsi, vous allez peut-être réussir. Réussir même à faire plus que ton père. Parce que vous serez deux. Deux cerveaux pour une même voix.

Pour la première fois depuis le début de votre rencontre, tu t'avances donc vers ton frère. Pas lent. Ton regard plongé dans le sien. Puis ta main vient attraper la sienne et tu la serres. Avec force et détermination. Tu lui montres que tu es là, que tu ne le laisseras pas seul. Et tu te repais de son toucher, qui rompt définitivement les murs de ta propre cellule solitaire. Tu ne l'as pas quitté des yeux et lorsque tu parles, ta voix porte cet espoir que tu ressens au fond de toi. Peu importe tes rêves et tes espérances. Peu importe ce que tu as toujours voulu. En cet instant, seul compte ton frère et toi, agissant unis et liés pour le bien de l'empire.

-Alors ainsi soit-il, mon frère. Deviens mes yeux et mes oreilles. Observes et écoutes attentivement et rencontrons-nous dans le secret de la nuit pour discuter de l'avenir de notre empire. Ma voix deviendra tienne, mes pensées se déverseront dans ton esprit. À nous deux faisons perdurer ce rêve qu'est Ibélène, en mémoire de nos chers parents. Que leur mort ne soit pas veine. Et que, lorsque à notre tour nous passerons les portes du royaume de Sithis, ils soient fiers de ce que nous avons accomplis. Ensemble.

Ta voix a tremblé sur la fin. Parce que tu l'as dit. Tu l'as presque clamé. Tes parents sont morts. Ils ne reviendront pas et vous ont laissé seuls. Il ne vous reste que l'un et l'autre. Un lien que tu dois chérir, mettant, encore une fois, de côté toutes tes aspirations. Tu lâches sa main et détournes le regard, soudain lasse de toutes ces émotions nouvelles. Mais tu continues. Tu dois continuer.

-Tout d'abord, je vais devoir t'expliquer certaines choses. Malheureusement, les généraux ne vont pas forcément attendre que nous en discutions pour te demander d'affermir ton autorité. Tu ne peux pas non plus passer pour un total incompétent, sinon ils ne feront qu'une bouchée de toi. Mais certaines décisions vont nécessiter que nous en parlions.

Tu es prise dans ton monologue, semblant presque oublier la présence de ton frère. Tes sourcils sont légèrement froncés et ta lèvre supérieure se plie dans une mimique soucieuse.

-Il faut se méfier des conseillers. Ils sont devenus de plus en plus avares de pouvoir au fil des années, ajoutes-tu dans un souffle, plus pour toi-même que pour ton frère.

Puis, d'un mouvement brusque, tu sembles revenir à la réalité et t'adresses à nouveau à ton frère.

-Je propose que nous nous laissons la nuit et la journée de demain pour réfléchir. Nous pouvons parler demain soir de la démarche à suivre. J'ai besoin d'un peu de temps pour organiser toutes mes pensées et... et je suis lasse, achèves-tu, sans dissimuler ta fatigue cette fois.

Oui tu es lasse. Tu as enterré ton père. Tu as laissé ta colère et ton chagrin s'exprimer et tu as pris une décision importante qui a nécessité un important recul sur toi-même. Tu as besoin de mettre tout ça au clair et, surtout, de dormir. Dormir d'un sommeil sans rêve, profond et réparateur.

-Qu'en dis-tu, mon frère ?

Tu ne peux le jeter ainsi de ta chambre mais tu espères qu'il a compris. Tu ne lui fermes pas la porte mais, pour ce soir, la fatigue l'emporte.

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Message Sujet: Re: Je voudrais un bonhomme de neige   Mar 22 Mai - 21:46

Sixtine s’avance, Sixtine rompt la distance entre eux, Sixtine lui prend la main. Beaucoup trop de changements soudains. Il n’a pas le temps de comprendre, réellement, surpris, mais heureux, au fond, de ce revirement de situation. Et il serre sa main en réponse, avec au moins autant de détermination qu’elle. Ils sont liés, à présent, par ce geste qui scelle leur promesse mutuelle. Et pour la première fois depuis un long moment, il comprend ce que signifie réellement être un frère.

- Ensemble.

Il a répété son dernier mot à mi-voix, savourant chacune de ses lettres. Il est fier de cette décision qu’ils ont prise, à deux. Un instant, l’idée de la prendre dans ses bras le traverse, mais elle se dégage de sa prise et s’éloigne de lui en lui tournant le dos, coupant court à ses idées d’affection. Ils ne sont pas assez proches, de toute manière, et peut-être aurait-il pu tout faire rater, par un geste déplacé. Sans esquisser un seul geste pour la rattraper, il l’observe s’éloigner, enregistrant sans trop de difficultés chacune de ses réflexions. Il est conscient, un peu, de tout cela. Mais étrangement, tout ne lui semble plus si insurmontable. Peut-être, non, certainement qu’avec un peu de bonne volonté et son pacte nouveau avec sa cadette, il pourra s’en sortir. Et peut-être, réussir à gouverner correctement cet empire dont il n’a jamais voulu. Qui sait, peut-être même que sa nouvelle vie pourra même lui plaire, un jour ? Mais ils n’en sont pas encore là.

Sixtine revient poser son regard sur lui brusquement et propose un plan à suivre, pour la suite. Octave comprend alors que leur entretien touche à la fin. Il en est déçu, peut-être, un peu, de ne pas pouvoir prolonger cet instant de… d’accord, entre deux enfants d’une fratrie si longtemps désunie. Mais maintenant qu’elle le lui précise, la fatigue de la princesse lui saute aux yeux, et il n’est pas idiot au point de croire que Sixtine feint juste la lassitude pour se débarrasser de lui et qu’il quitte ses appartements. Non, il comprend, même. Lui n’a aucune envie de dormir, plutôt de s’échapper du palais pour aller se promener en ville, jouer, boire un peu et rentrer tard, mais il sait que ce n’est pas forcément le cas de sa petite sœur. Alors, il hoche la tête.

- Demain soir alors, dans tes appartements. J’y serai.

Il attend quelques fractions de secondes, pour voir si elle souhaite ajouter quelque chose, et se détourne, retournant vers la porte. Rapidement, sa main vient se poser sur la poignée, mais il hésite quelques instants. Il veut lui adresser un dernier mot, mais il ignore quoi. Merci ? A demain ? Quelque chose de plus familier ? Ou, au contraire, de plus formel ? Ses doigts enclenchent seuls la poignée, et la porte s’entrouvre. Finalement, il tourne à demi le visage vers elle.

- Bonne nuit, Sixtine.


La porte s’ouvre davantage et le prince sort, sans s’éterniser plus. Prenant soin de refermer derrière lui, il s’éloigne à pas lents, en direction de ses propres appartements, songeant à ce qui venait de se jouer. Peut-être que parce qu’il a eu le courage de venir trouver sa cadette, la moitié d’un continent serait sauvée. Et peut-être que, depuis là où ils étaient, au royaume de Sithis, ses parents seraient fiers de lui, un jour.

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