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 Je veux voir des étoiles dans tes yeux...

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Les Chevaucheurs
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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Mar 8 Mai - 3:59

Qu’elle rayonne, Jehanne, ce matin ! Quel plaisir pour les yeux ! Il peine à détacher son regard d’elle, à ne pas lui sourire, partager au monde le bonheur qu’il éprouve là, maintenant, au moment présent. Heureusement, les paroles incessantes de Bertille le distraient, accaparent même son attention qu’il lui offre volontiers. Grand sourire aux lèvres, le rire facile, les traits un peu moins tirés que la veille malgré la courte nuit… Que pourrait-on demander de mieux ? Même l’appétit est au rendez-vous ce matin pour lui.

Puis vient la fin du repas, et cette requête, que dire cette supplication de Bertille qui ne peut que le faire éclater de rire. « Je t’y amène, si ta mère le veut. » Il se tourne vers Jehanne, se doutant qu’elle acceptera. Il ne faudra qu’un regard, qu’un hochement de tête pour qu’à la fois Bertin et Bertille comprennent son assentiment. « Montons chercher nos manteaux, il fait frais si tôt près de la mer ! » Surtout en janvier, mais ça il n’y a nul besoin de l’énoncer tout haut, n’est-ce pas ? Il ne se presse pas ce matin, quand il marche, et ce sera peut-être au plus grand désarroi de Bertille. Le bonheur qu’il ressent allège son pas, mais il ressent ce matin encore – surtout après la nuit fort agitée qu’ils ont vécue – les tensions liées à sa chute. Mais il marche, heureux comme il ne l’aurait jamais cru possible, bonheur passager, illusoire, mais dont il se contente aisément dans l’immédiat.

Les manteaux récupérés, enfilés, ils peuvent quitter le manoir pour découvrir l’air frais de cette matinée d’hiver, de ce froid humide si propre à l’océan, et le parfum si particulier à Ansemer qui les enveloppe comme pour les accueillir. À nouveau, Bertin proposera son bras à sa duchesse, simple contact, mais oh combien agréable aujourd’hui. Cette main sur son bras, ce contact léger, éthéré, c’est la continuité de leur nuit, leur vie ensemble. C’est l’illusion qui se vit jusque sur la peau, qui le fait vibrer de tout son être d’une passion et d’un désir si différent que la veille, et pourtant si fort, si identique…

Le sentier qui mène à la plage a subi les assauts de la tempête comme le reste du domaine. Trempé, il menace parfois d’embourber les chaussures délicates des dames dans une couche de boue qui n’était pas la veille. Chaque fois, il lui démange de les prendre toutes les deux dans ses bras pour protéger leurs habits, mais ce serait priver Bertille de son enfance, de sa découverte et des plaisir innocents qu’elle pouvait au moins explorer en vacances… Quant à Jehanne, il n’ose pas, pas par crainte qu’on les surprenne, ou qu’on lui reproche le geste. Non, surtout par crainte de ne faire qu’empirer les choses et de parvenir, par mégarde, faiblesse temporaire, à l’échapper là-même où il cherchait à lui éviter de devoir mettre les pieds. Plutôt, il l’aide en soutenant son bras, un geste sans doute plus acceptable que ce qu’il désire, mais combien moins sage !

La plage de laquelle la marée était en train de se retirer était jonchée de branches et de troncs, et de toutes ces petites merveilles qu’une tempête parvient parfois à y laisser. Un petit paradis pour sa petite princesse aventurière qu’il laissera courir sur la plage autant que son petit cœur lui en dit. Il peut ainsi profiter d’un moment avec Jehanne. Toujours cette illusion qui berce, qui illumine son cœur d’un bonheur passager…

- J’adorais courir sur la plage à son âge. Que dis-je, je le ferais encore aujourd’hui si j’en avais l’énergie, et si je n’étais pas en aussi parfaite compagnie, dit-il dans un sourire trop amoureux pour la bienséance – mais cela importe-t-il lorsque personne ne peut vous voir ? – en marchant lentement à ses côtés. Ça, et jouer au village. Je me souviens qu’il me démangeait toujours de m’enfuir pour retrouver les enfants qui y couraient. Je n’en avais que trop peu l’occasion bien sûr… Mais j’ai de bons souvenirs de mes passages là-bas.

Un coup d’œil vers Bertille lui assure qu’elle n’entendra pas ce qu’il énonce ensuite à voix basse, à l’intention de Jehanne uniquement… pour le moment du moins…

- J’aimerais pouvoir lui offrir la même chose. Quelques moments de calme arrachés à la vie trop occupée du palais… Ce n’est pas la saison pour les rencontres impromptues sur la plage, mais je pourrais voir à inviter les nièces de Matt, pour lui donner des compagnes de jeu un après-midi. Cela lui changerait, et vous permettrait de profiter d’un peu de temps pour vous.

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Mer 9 Mai - 23:24

Bertille avait de grands espoirs quant aux trésors qu’elle pourrait trouver sur cette plage. Elle voulait et allait en trouver, bien sûr, malgré le froid humide d’Ansemer – ce froid que Jehanne réprouvait de tout son être. Elle n’aurait jamais pu repartir bredouille d’une excursion de chasse au trésor, c’aurait été une insulte à la profession respectable et respectée de future duchesse chevaucheuse capitaine cuisinière chasseuse de trésors enfouis à Vivécume. Une profession prometteuse, mais qui subirait un horrible coup dur si jamais Bertille venait à ne pas avoir ce qu’elle recherchait. A savoir, un trésor. Un trésor qui n’aurait rien à envier aux plus beaux des coffres plein de pierreries, vu qu’il serait, sans doute, encore plus inestimable à ses yeux. Même si ce n’était qu’un bout de bois ouvragé que la tempête avait miraculeusement épargné. C’était un trésor, pour la petite princesse ambitieuse.

Elle courut en haut des escaliers, suivie de près par sa mère, pour aller chercher son manteau. Elle ne remarquerait pas les longs regards échangés entre son oncle et la duchesse. Que de surprises, de souvenirs encore vivants dans leurs mémoires qui se cachaient au cœur de ces échanges. Des je t’aime silencieux, comme ils savaient si bien en parer chaque conversation. Des preuves d’affection discrètes, mais éternelles à leurs yeux.
Ce sont des sourires qui fleurirent sur ses lèvres, à chaque geste, alors qu’ils affrontent le froid et la boue, doucement. Bertille sautillait, joueuse, autour, évitant avec habileté mais bien peu de grâce les endroits les plus emplis de cette terre presque liquide. Elle n’aurait rien, la Lagrane, contre l’idée de se réfugier dans ses bras pour combattre le froid et le sol qui tentait de la happer. Oui, elle aimait la nature, mais légèrement moins quand celle-ci cherchait à s’infiltrer dans ses fines chaussures et à détremper ses pieds.

Elle n’arrivait toujours pas à y croire, Jehanne. Elle n’arrivait pas à croire que, là, sur la plage, alors qu’elle laissait Bertille partir en détalant, les cheveux flottant au vent à la recherche de centaines de trésors, ils sont eux-mêmes. Qu’il n’y a personne derrière, personne autour, pour reporter leurs faits et gestes, pour se moquer, pour les dégrader ou même les descendre en flammes. Juste eux. Juste leur famille, un peu bancale mais tellement aimante – et la douleur qu’ils ne soient jamais ensemble réellement la transperça sans qu’elle n’en montre rien. Il devait avoir déjà eu la même pensée. Le même rêve étrange, qui semblait si réel.

Elle lui rendit son sourire, sa main sur son bras glissant pour se nouer avec la sienne. Pas longtemps. Juste un instant. La prudence était de mise, mais elle avait du mal, ce matin.
Tu devais être comme elle, à cette époque.
Ca, elle ne se faisait pas d’illusions, il ne le comprendrait pas. Elle n’avait pas pris son carnet, et avec le léger vent, il lui faudrait parler fort. Elle ne pouvait risquer que sa fille l’entende.
Ce fut un hochement de tête, alors, et un sourire tendre qui lui répondirent. Qu’il invite les nièces, afin que Bertille se sente moins seule, était une excellente idée. Ils n’allaient pas aller en Lagrance chercher Rose – bien que Bertille eut hier soir soulevé l’idée, à grand renforts de ‘mais vous avez une dragonne ça ira vite’.
A ce moment-là, Bertille revint vers eux, les yeux remplis d’étoiles, en tenant quelques coquillages aux formes et aux couleurs variées. « Il y avait des trésors, mais ceux-ci sont plus beaux. Puis ils viennent de la mer, alors ils sont mieux. »
Logique imparable. Elle tendit les deux plus gros, légèrement argentés dans la lumière, à son oncle, à la fois heureuse et fière.

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Jeu 24 Mai - 6:38

Qu’il avait du mal à garder son sérieux, le prince, en entendant Bertille s’exclamer ainsi avec tant d’entrain ! La présence de Jehanne à ses côtés était un baume apaisant, et si elle avait réussi à faire taire ses tourments en pleine nuit, il savait à présent que Bertille veillerait à cette tâche sans même s’en rendre compte au cours de ces vacances dont il avait tant besoin. Il ne peut que sourire, incapable de rester neutre tant la curiosité de Bertille le réjouit. De toute façon, pourquoi le voudrait-il, alors qu’ils sont ici pour profiter d’un petit répit, d’un repos de la vie bien trop contraignante que leur offre la cour ? Ici, Bertille peut être excitée. Ici, elle peut être un enfant, comme les autres, pour quelques jours. Un petit coin de paradis.

Et plus important encore, il parvenait enfin à passer du temps avec Jehanne. La mascarade s’éternisait, bien sûr, dès qu’ils étaient en compagnie de Bertille ou des serviteurs, mais ça n’enlevait à ses yeux rien de la magie de leur séjour. À peine entamé, il savait déjà qu’il ne l’oublierait jamais. Leur premier voyage ensemble… Quand il sent sa main dans la sienne, il la serre avec douceur sans la regarder, souriant simplement, le regard brillant de bonheur fixé sur leur fille qui court devant eux. Il aurait du se limiter à ce bref contact, mais il insiste, gardant sa main dans la sienne, dans les siennes même, en se tournant partiellement vers elle.

- Duchesse, vos doigts sont gelés !

Et voilà, une excuse pour passer un moment à serrer avec douceur ses doigts pour les réchauffer dans un geste presque amical. Brièvement, bien sûr, quelques secondes de plus, moins d’une minute… Un geste explicable, en tout cas. Ou pas, mais il s’en moque. Il gagnera quelques courts instants de plus à son contact avant que la petite ne revienne vers eux avec ses trouvailles. Le temps qu’elle arrive à leurs côtés portée par ses petits pieds légers, ils auront retrouvés tous les deux, Jehanne et lui, une posture acceptable, et les regards amoureux se seront envolés, temporairement, jusqu’au prochain moment volé.

- Il faudra que je te fasses faire un coffre pour ranger tous tes trésors pour la prochaine fois où tu viendras me rendre visite !

Parce qu’une autre fois, il y en aura une. Il ne peut pas songer autrement. Ça lui fera des vacances. À mesure qu’elle vieillit, cela lui fera peut-être du bien de s’écarter quelques temps de la cour. En tout cas, il appréciait fortement dans sa jeunesse, et encore aujourd’hui même. Il ne le cachait même plus.

- Mais pour le moment rentrons avant d’attraper froid ! Nous pourrons revenir plus tard cette semaine, nous avons quelques jours encore devant nous.

Et sans lui donner l’occasion d’argumenter, il tend son bras à Jehanne pour se mettre en route vers la demeure et se réfugier à l’abri du vent matinal qui refroidi jusqu’aux os en ce début janvier. Il discute des trouvailles de Bertille en route vers le manoir, lui posant des questions tantôt factuelles, tantôt purement imaginatives. « Comment l’as-tu trouvé ? Oh ? Comment crois-tu qu’il est arrivé là ? » Puis vint le manoir, et il se tourne vers Bertille, lui disant à voix faussement basse de sorte que Jehanne puisse bien sûr entendre.

- Dis moi, jeune princesse. Est-ce que tu veux que nous cuisinions juste toi et moi pour faire la surprise à ta maman, ou tu veux qu’elle nous accompagne ?

Une petite heure seule à seule, sans risquer d’être dérangée par les domestiques de Bartholomé. Ou alors une heure passée dans la simplicité de la cuisine à voir sa fille découvrir les plaisirs culinaires avec son oncle. Deux avenues que Jehanne saurait apprécier, estime-t-il. Espère-t-il, du moins. Il a tout de même un regard vers elle.

- À moins que vous ne préfériez choisir vous-même, votre grâce ?

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Dim 3 Juin - 22:04

Bertille avait, apparemment , décidé que les coquillages étaient les plus beaux des trésors que l’on pouvait trouver sur une plage après un orage. Avait-elle raison, avait-elle tort ? On ne pouvait pas vraiment débattre sur ce point. Après tout, c’était vrai que de nombreux coquillages étaient des œuvres d’art, lorsque l’on était un enfant. Et puis, c’était plus pratique de ramener un coquillage à son oncle et sa mère que de leur ramener un bout de bois qui ressemblait vaguement à la tête d’Adhémar, homme du palais qui faisait quelque chose, Bertille ne savait pas trop trop quoi, mais quelque chose. Et encore, c’était embellir la personne que de dire que sa tête ressemblait à un bout de bois. L’homme était juste hideux, et faisait vaguement peur. Bertille, très terre à terre, avait donc décidé que la tête de Boidhémar n’était pas une bonne idée, que des coquillages valaient mieux.
D’un air réjoui, elle acquiesça vivement quant à la nouvelle idée de son oncle. Riche idée, vraiment ! Et Jehanne, les mains déjà éloignées de celles de Bertin – son toucher lui manquait, laissant sur sa peau une trace brûlante qu’elle sentait encore – hochait la tête avec tendresse.

« Un coffre ? C’est bien un coffre ! Vous en aurez un aussi ? Comme ça on partagera nos trésors. Je sais que ça ne se partage pas trop, mais comme je vous aime bien, je partage quand même. Ca sera nos trésors. »
Elle secoua la tête, hésitante. Elle aurait voulu repartir à la chasse ,sans doute. Mais le froid attrapait aussi les petites princesses et les duchesses éprises d’amour pour leur beau-frère. C’est dans la bonne humeur générale et le babillage de Bertille, qui parle encore plus vite qu’il n’est possible de respirer sans doute qu’ils rentrent. Même si l’extérieur était bien agréable, l’intérieur et sa douce chaleur furent accueillis avec délectation par Jehanne et sa fille.

Enfin, Bertille ne devait pas trop avoir froid, si l’on considérait la manière qu’elle avait de presque sautiller toujours autour de son oncle, et de ne jamais s’arrêter. Elle était une princesse, certes ; mais elle n’arrivait pas à rester calme, loin du regard  des autres. Et elle était une enfant, et ce n’était pas son oncle qui allait la reprendre sur le comportement. Sûrement pas.
Jehanne consulta sa fille du regard. Puis Bertin. Elle ne fit qu’incliner la tête, mais sa fille, instinctivement, comprit. Elle prit la main de son oncle. « Maman nous laisse aller tous les deux. Elle viendra après. Comme ça ça sera une surprise. »

Être plus excitée que Bertille, à cet instant, était compliqué. Jehanne leur offrit un dernier sourire, et, après s’être assurée qu’ils rentraient tout deux dans la cuisine, s’éloigna jusqu’au salon. Elle avait une heure, calme, pour juste se poser. Réfléchir. Rester silencieuse, certes, comme toujours. Mais au moins, ici, les domestiques la regardaient avec bienveillance.
Elle passait la porte du bureau de Bertin quant une idée lui vint. Discrètement, elle ouvrit la porte, se glissant à l’intérieur et la refermant ensuite. Elle savait ce dont elle avait besoin. Papier. Encre.
Les mots coulaient naturellement, sortant de la plume à défaut de s’évader hors de sa bouche.

Merci. Je sais que tu me diras que ce n’est rien, que c’est normal, peut-être. Que c’est notre première fois loin du palais, rien que nous trois. Mais Bertin, as-tu la moindre idée de ce que c’est, que de vivre enfin nous trois ? Même pour si peu de temps. Alors merci. Merci d’être là pour elle, d’être là pour moi. D’être. Je voudrais que ce temps dure toujours, que nous puissions vivre ensemble à jamais, comme la famille que nous sommes.
Merci. Je t’aime, Bertin. Plus que des mots pourraient le dire, plus que ma voix ou l’encre ne pourraient l’exprimer à ma place. Je t’aime.


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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Dim 17 Juin - 0:46

Il n’est pas mécontent lui-même de rentrer se protéger de la fraicheur de ce matin de janvier. La fatigue le guette plus qu’il ne lui plairait d’admettre tant à Jehanne qu’à Bertille. À la première parce qu’elle pourrait se sentir responsable de cet état alors qu’il avait eu envie d’elle autant qu’elle de lui et qu’il ne pourrait jamais regretter la nuit qu’ils ont passée ensemble. La seconde parce qu’elle est encore beaucoup trop jeune pour lui expliquer ce genre de chose. Rentrer, cependant, là où il pourra se poser quelques temps, lui semble beaucoup plus attirant dans l’immédiat que de continuer la balade sur la plage. La décision de Jehanne ne le surprend pas, et il lui sourit en retour, hochant la tête avant d’entraîner sa nièce, ou plutôt sa fille, vers la cuisine.

L’odeur du repas du midi, soupe et pain frais, leur parvient alors qu’ils approchent. Bertin, tout charmeur qu’il est, ne peut s’empêcher d’en complimenter la cuisinière à leur entrée, un compliment accompagné d’un joli sourire qui se pose ensuite sur sa fille. « Bon ! Dis-moi, jeune princesse, quelle sorte de gâteau devrait-on préparer pour ta maman ? »  Il l’attrape par la taille pour la poser sur le coin de la table de travail, loin de l’ouvrage de la cuisinière, comme ça il est à sa hauteur sans devoir s’accroupir, chose à laquelle son corps s’opposerait avec violence en ce moment.

Commencera alors une heure de pur plaisir pour Bertin. Cuisiner a toujours été agréable, mais y introduire sa fille ajoutait à l’expérience quelque chose de plus fort encore qu’il n’aurait su décrire, mais qu’il appréciait grandement. La cuisinière, prévenue la veille, veillera à ce qu’ils aient tout ce dont ils ont besoin, si bien qu’ils n’auront qu’à préparer le tout sous le regard bienveillant de la chef des lieux dont les conseils garantiront, espère Bertin, un délicieux gâteau qu’ils pourront déguster au dessert. Le tout au four, Bertin insistera auprès de sa petite princesse pour qu’ils aident à nettoyer le bazar qu’ils ont créé, malgré l’insistance de la cuisinière que ça n’est pas nécessaire. « Si tu te retrouves un jour sur le champ de bataille, ou sur un navire, ça te sera utile ! » Logique inébranlable, n’est-ce pas, quand on veut devenir chevaucheuse matelot princesse d’il a déjà oublié quoi ? Dans tous les cas, un peu d’indépendance ne pourra pas lui faire de tort, à cette jolie petite fille !

Ce sera une heure, donc, de plaisir simple au cours de laquelle il n’aura aucunement conscience de l’intrusion – acceptée et bienvenue – de Jehanne dans son bureau. La cuisine nettoyée, le gâteau préparé, Bertin se tourne vers Bertille, tout sourire. « Jeune fille, j’ai une mission pour toi. Peux-tu me trouver Matt et lui demander de venir me retrouver au salon ? J’ai quelque chose à lui demander avant le repas. » La petite déborde d’énergie du haut de ses 6 ans. Elle se plaira certainement à arpenter les couloirs à la recherche du domestique pendant que Bertin profite de quelques minutes de repos sur un canapé, peut-être même en présence de Jehanne. Le salon, c’est sa destination, que Bertille ait accepté sa mission ou pas. Tant pis si ses vêtements sont couverts d’une fine couche de farine. Il n’ose pas remonter de peur de s’endormir sur son fauteuil comme la veille. Et peut-être qu’il réussira – il l’espère du moins – à voler un baiser à Jehanne avant que quelqu’un ne les rejoigne. Un baiser tendre, amoureux, et pourtant chaste à comparé ceux échangés pendant la nuit.

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Mer 27 Juin - 15:05

Bertille n’avait pas la moindre idée de combien, plus tard, ces souvenirs seraient précieux. Elle n’avait pas la moindre idée qu’elle ne reverrait, sans doute, jamais Vivécume. Et pourtant, comme tout enfant, elle profitait comme si demain devait ne jamais arriver, comme si le présent n’était que ce qu’il y avait d’important. Toutes ses projections, ses ‘plus tard je serais’ n’étaient que des présents qui se passeraient plus tard : ils appartenaient au grand flou du futur pour une enfant de six ans.

Le gâteau se passa plutôt bien. Sans pour autant dire qu’elle était douée, la jeune princesse avait apprécié l’expérience plus qu’elle n’appréciait les leçons de ses précepteurs sur toutes les choses extrêmement ennuyeuses et inutiles à ses yeux. Bien sûr, elle avait également quelque peu eu du mal avec la notion de pâte à gateau cuite. Ca semblait bon avant de le mettre à cuire, alors bon…  Et puis c’était joli, presque liquide mais pas trop, un peu comme de la boue. De la boue de gâteau. Et la boue… Bon, la boue ce n’était pas comestible. Or cette boue était comestible, elle sentait bon le… la… Les choses qu’ils avaient mises dedans. Et en plus, après, une fois cuite, ça ferait un gâteau !
Elle avait bien essayé de négocier pour en manger, mais ça n’avait pas fonctionné. Pas du tout. En revanche, ranger l’avait presque amusée : elle n’était pas d’un naturel désordonné, à l’inverse de sa mère. Par contre, comme le duc d’Ansemer, son tempérament était loin d’être calme, plus changeant qu’autre chose, et ses colères pouvaient facilement résonner dans de petites pièces.

« Quand on rentrera au palais j’en ferai un pour vous, avec Papa. » Oh, la joie dans ses mots ! Et l’ironie, derrière, de ceux qui savaient. « Il sera tout bleu. On peut faire des gâteaux bleus ? On fait bien des vêtements bleus. Y a des mages de gâteaux ? Je voudrais être mage de gâteau plus tard ! »

On passera sur cette dernière affirmation. A la demande de Bertin, encore pleine d’énergie, la petite hocha la tête. « D’accord ! Et après on fera la surprise du gâteau à maman au repas. »
Elle détala, heureuse. Sans doute prendrait-elle bien plus de temps, dans tous ces couloirs, jouant à pousser les portes qu’il ne fallait pas et inventant des histoires avant de trouver Matt.
Jehanne avait quitté depuis longtemps le bureau de Bertin, et rejoint le salon, laissant la note abandonnée discrètement au milieu des autres. Il la trouverait, plus tard. Elle avait voulu lui dire. Qu’il garde un souvenir, ici, précieux et en sûreté.
Personne d’autre jamais ne saurait.
Assise dans le salon, un livre à la main, elle entendit la porte s’ouvrir. Ses yeux se relevèrent, un sourire se dessina sur ses lèvres. Il fallait dire que la tenue de Bertin – et son cœur bondit dans sa poitrine – était des plus amusantes et adorables. Un petit rire qui s’échappe, pas un mot – elle ne sait pas s’ils sont seuls.

Te voilà dans une bien curieuse tenue, écrivit-elle. Tout s’est bien passé ? Est-ce que Bertille était heureuse ? Cette réponse, elle la connaissait déjà. Doucement, elle se rapprocha de lui pour lui tendre le carnet, penchant la tête.


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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Lun 2 Juil - 20:18

En avaient-ils seulement eux-mêmes idée, d’à quel point ce voyage constituerait plus tard leur seul et unique souvenir d’une vie ensemble ? Peut-être aurait-il été plus prudent, s’il y avait songé. Peut-être aurait-il évité de la retrouver toute la nuit ainsi, librement, passionnément, comme s’il était son mari. Il en avait rêvé, pendant tous ces mois au front. Rêvé de son étreinte, de la chaleur de son corps, de sa tendresse… Et pour une fois, la toute première, la seule peut-être, il a l’occasion de la vivre, purement, simplement, amoureusement. La prudence s’est envolée dangereusement pendant la nuit lorsqu’ils se sont retrouvés. Ils s’en mordront les doigts plus tard lorsqu’ils sauront… Mais aujourd’hui, il plane. Dans sa joie, dans le pur bonheur qu’il éprouve d’être à leurs côtés à toutes les deux, il a oublié tout le reste.

Dans la cuisine, il n’y a que les éclats de rires aux paroles de Bertille. La chaleureuse présence la sa cuisinière qu’il considère presque comme une amie à présent. La chaleur du fourneau, et le parfum oh combien délicieux du gâteau qu’ils préparent ensemble. Les questions se multiplient, les réponses aussi, et la cuisinière ne peut s’empêcher de lancer soudain : « Elle me rappelle vous, mon prince, quand vous étiez plus jeune ! » Et cela fait sourire Bertin qui se rappelle avec bonheur ses premiers pas dans les cuisines du domaine des années plus tôt. « De bons souvenirs alors, j’espère ! » « S’ils ne l’étaient pas, je vous aurais fait chasser de la cuisine il y a longtemps ! » Et Bertin de rire, se penchant vers sa fille pour l’aider avec la prochaine étape du gâteau jusqu’à ce que, voilà, tout soit terminé et qu’il ne reste plus qu’à attendre que le tout cuise et embaume toute la maison. Et alors seulement il l’envoie en mission, le cœur léger, heureux. Alors seulement il retrouve le salon. Et Jehanne. Oh Jehanne !

Il n’est pas étonnant que la fatigue le guette après leur nuit, après cette matinée avec la petite, mais son sourire efface toute trace de fatigue, l’éclat de bonheur qui fait briller ses yeux clairs camouflent toutes ses cernes. Il ne reste que la raideur de son pas comme témoignage assourdi du fait qu’ils ont failli tout perdre il y a moins de deux semaines. Un bref regard autour d’eux, vers les portes closes, et son sourire s’élargit alors qu’il vient s’installer à ses côtés. Il regarde le carnet alors qu’elle écrit sans parvenir à y lire quoi que ce soit. Et dès qu’elle termine, avant même de laisser son regard se perdre sur les traits parfaits laissés par Jehanne, il se penche un peu plus pour lui voler un baiser. Oh qu’il ose ici, chez lui ! Mais il sait. La petite est à l’étage à courir après Matt qui s’est brièvement absenté pour aller acheter ce qu’on a oublié de livrer au manoir. Libre à Bertille donc d’explorer, et à lui d’oser ce court baiser, ce sourire, ce regard qui dit tout avant de s’éloigner. Il s’éclaircit légèrement la gorge, prenant enfin le carnet. Il sourit beaucoup trop, il est trop heureux. Peut-être lui en fera-t-elle la remarque ? Ou en profitera-t-elle peut-être simplement, comme lui.

Il prend enfin le temps de lire ses paroles auxquelles assurément il a déjà répondu avec ce seul baiser. Mais il ne peut s’empêcher de rire à son petit commentaire sur sa tenue. « Je puis aller me changer si ma tenue vous importune, ma dame. Je tenais à m’assurer que vous aviez tout ce dont il vous faut avant de m’absenter davantage. J’ai envoyé la jeune princesse en exploration pour me dénicher mon majordome sans savoir qu’il s’était temporairement absenté. » Oh bien sûr. Il faut jouer la carte de l’homme charmant, attentif à une amie de longue date, mais aussi à sa duchesse. Il ne pouvait que passer s’assurer que tout allait bien pour une invitée si importante ! « Je crois que la princesse a bien apprécié son expérience dans la cuisine, et elle semble bien décidée à la répéter à Port-Libeté. J’ai peur que mon frère le duc ne me trouve mauvais exemple pour sa fille adorée. » Mais ça le fait rire, un peu. Il est heureux de pouvoir partager un tout petit peu avec sa fille. Pouvoir partager quelque chose qu’elle ne pourrait pas partager aisément avec Bartholomé. Parce que dans la cuisine il ne saurait pas mettre les cuisinières à l’aise comme Bertin peut le faire, songe-t-il. L’idée même que le duc visite les cuisines du palais a un quelque chose de comique…

« Je la laisserai vous faire le résumé détaillé de son expérience. La connaissant, elle me reprocherait de laisser de côté les détails les plus importants ! » Oh, que Bertille le fait rire avec sa joie de vivre et ses priorités toutes enfantines ! Étendant ses jambes devant lui, massant celle qui porte le plus le poids de sa chute d’une main, il sourit alors qu’il observe Jehanne, la couvrant de son regard amoureux comme il n’a pu le faire que dans leurs rares moments volés auparavant. Jamais ainsi, dans un salon, jamais… Il en réalise le risque lorsqu’il entend les domestiques commencer à s’affairer dans la salle à dîner attenante et il s’assagit, du moins en apparence.

« J’enverrai Matt chercher ses nièces après le repas. Il pourra veiller sur Bertille si vous désirez vous reposer. C’est un homme de confiance. Je laisserais ma vie entre ses mains. » Un ami, autant qu’un jeune prince peut devenir ami avec un homme du peuple. Mais si Matt travaille ici, avec autant de dédication et si peu de décorum, il ne pouvait certainement pas en être autrement, non ? Connaissant Bertin et son habileté à s’amadouer les hommes – et les femmes – de toutes les classes sociales ?

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Sam 7 Juil - 23:05

Jehanne sourit. Elle sourit parce que le monde, à cet instant, était beau et lumineux. Elle sourit parce que rien ne pourrait entacher leur journée, leur semaine, leur vie à eux deux pendant un instant, une bulle de temps qui ne se briserait pas avant longtemps. Elle sourit parce que, alors qu’il rentrait dans la pièce, elle avait pu entendre autour, au-dessus peut-être ? Les pas précipités de Bertille ; elle avait pu deviner son rire, à la petite princesse, et son impatience à découvrir les moindres recoins sous couvert d’obéir à son oncle : sans doute pensait-elle découvrir un trésor oublié là par son père.
A peine eut-elle fini d’écrire ses lignes, à peine son regard relevé vers lui – heureux, si heureux ! bleu vibrant comme si c’était la première fois qu’elle était en vie – qu’elle rencontra son visage. Qu’elle se perdit, un peu, son sourire tendre aux lèvres. Un instant, même pas, avant qu’il ne l’embrasse. Elle ne le retint pas, et le regard qu’il lui lança suffit à faire naître sur ses joues une rougeur diffuse. Le silence avait été aussi court, et personne, en ne passant par ici, ne pourrait deviner. Il valait mieux.
Bertin restait lui-même, et toujours ce jeu de mensonges perfectionné depuis une décennie se poursuivait. C’était leur quotidien, leur histoire : même en se sachant en sûreté, Jehanne ne savait pas s’ils sauraient un jour vivre pleinement. Habitués à se cacher, à ces baisers volés qui laissaient sur le cœur un tendre sentiment d’exaltation, pourraient-ils un jour si l’occasion se présentait s’aimer sans cette contrainte ? Seul l’avenir saurait le dire.

Ce n’est rien, reste. S’il te plaît. Je ne crains pas pour Bertille, pas ici. Je ne crains rien ici.
Ses yeux virevoltaient de lui au carnet, et elle se rapprocha inconsciemment. L’endroit était plutôt calme, elle avait pu en prendre pleinement conscience en venant ici après son passage dans le bureau de Bertin. L’important est qu’elle ait apprécié l’expérience. Je pense que ce qui l’a rendue la plus heureuse, c’était de le faire avec toi. J’attends avec impatience son récit.

Ils étaient comme deux jeunes amoureux, là encore, après dix ans. Les regards échangés brûlaient d’un amour difficilement contenu, d’une flamme douce et vraie. Elle ne consumait pas le cœur d’un ardent brasier, pas plus qu’elle ne le ravageait entièrement : elle le réchauffait, l’enveloppait. Douce. Jehanne tendit la main pour aller la glisser dans la sienne, celle qui n’était pas entrain de prendre soin de sa jambe meurtrie… Souvenir d’une colère angoissée.
Comment te sens-tu ? Ta jambe te fait-elle toujours souffrir ? On ne devrait pas te faire autant marcher.


Elle avait envie de l’embrasser. De se réfugier contre lui, dans ses bras, de s’y abandonner, de sentir sa chaleur et de se blottir contre lui. Elle avait envie d’autres choses, caressant son esprit à peine un instant – qu’elle repoussa très vite, sachant garder son calme. Elle avait envie qu’ils puissent être, à deux, à jamais. Ils étaient comme deux jeunes amoureux – bien qu’ayant passé depuis longtemps l’âge d’être incapables de retenir leurs ardeurs.
Je te fais confiance, pour Matt. Je n’ai pas pu approcher le peuple d’Ansemer autant que je ne l’aurai souhaité, tu le sais. Il a l’air droit et digne de confiance.

Doucement, elle en vint à appuyer sa tête sur son épaule, les yeux levés vers lui, un sourire collé aux lèvres depuis le début. Elle n’en pouvait simplement plus de sourire. Juste le regarder. Se dire qu’elle avait une immense chance dans son malheur.  

Il y avait des centaines de choses qu’elle aurait voulu lui dire, des centaines de gestes ébauchés et avortés, des centaines d’idées qu’elle ne mettrait jamais à exécution. Même seule avec lui, malgré le bruit diffus de l’installation du repas non-loin, elle n’osait pas. Je voudrais vivre ici. Avec toi. Les mots furent tracés rapidement, sur une page blanche, avant de la lui tendre, déchirée. Il en ferait ce qu’il voudrait, une fois lue.
Il la brûlerait, la garderait, peu importait. C’était une idée folle, que, folle de lui, elle voulait au moins lui donner.

Ils finirent par se séparer à l’entrée de Bertille, toute perdue, clamant ne pas l’avoir trouvé, et à l’annonce presque instantanée du repas. Ce fut sans un regard autre que celui empli d’une immense gratitude qu’ils se dirigèrent pour aller en profiter… Sous le discours nourri de la petite, qui racontait qu’elle avait pu voir une chambre qui était tellement jolie qu’elle ne comprenait pas pourquoi c’était pas sa maman dedans parce que sa maman était aussi jolie que la chambre.

La discussion, ensuite, au cours du repas, tourna rapidement vers l’explication détaillée de comment ils avaient fait le gâteau, une fois celui-ci servi. A force de grands gestes de ses petits bras et de remerciements à la cuisinière et à son oncle, Bertille réussit à expliquer tout le processus – et Jehanne pouvait, sans nul doute, se déclarer experte en gâteaux.

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Sam 25 Aoû - 6:24

Lire ses mots tire un sourire à Bertin. Un de plus. Sourires si nombreux que ses lèvres semblent s’étirer éternellement pour éclairer son visage d’une lueur particulièrement tendre. Bertille n’a rien à craindre ici, il le sait. Rien ne lui arrivera dans cette maison chérie par Bertin. Il y passe peu, certes, mais il y aura à présent d’autant plus de souvenirs heureux dans cette demeure. De doux souvenirs qui illumineront chacune des visites d’une nostalgie perdue…

Sa main se resserre sur la sienne, se laissant aller à apprécier la chaleur de sa paume, la douceur de sa peau, s’en enivrant tout autant que du délicieux parfum qu’elle dégage. L’inquiétude de Jehanne l’attendrie autant qu’elle l’attriste, et il vient poser sa main libre sur celle qui lui tend le carnet après avoir lu ses derniers mots. « Je vais bien, rassures-toi. J’ai la jambe un peu raide, mais c’est normal à ce qu’on m’a dit. » Puis, se penchant vers son oreille, il ajoute dans un murmure : « J’avouerai avoir peu dormi cette nuit, et si mon cœur s’en allège, ma jambe manifeste légèrement son mécontentement. » Il laisse son regard rieur se perdre dans le sien. Elle sait très bien qu’il ne regrette pas leur nuit. Jamais il ne pourrait regretter ce moment de pure passion. De pur amour. Il en accepte volontiers les conséquences. Avec bonheur, même, presque. « Je passerai mon après-midi assis à me reposer, comme il me l’a été recommandé. » De retour à une voix plus normale, toujours ce jeux de balancier entre moments intimes et mensonges.

Il l’accueille contre lui avec bonheur, se laissant aller à passer un bras autour d’elle pour la serrer même un peu, fermant les yeux après avoir lu les quelques mots sur Matt et sur le peuple d’Ansemer. « Il l’est. Tu l’apprécierais, je crois, si tu avais un peu plus de temps pour apprendre à le connaître. Enfin… s’il avait le temps de cesser de te voir comme sa duchesse, surtout. » Il sourit légèrement. « Il nous a fallut du temps pour que nous devenions proches. Nous rions à présent du fait que je n’avais rien dit de ma position lorsque nous nous sommes croisés au village un été… » La surprise avait faillit coûter cher à cette amitié naissante, semble se rappeler Bertin, mais cela appartenait au passé à présent, et les deux hommes s’entendaient comme de bons amis à présents. Ils n’étaient pas particulièrement proches, mais une solide confiance c’était installée entre eux. Le fait que Bertin soit prêt à lui confier sa propre fille – sa nièce – en disait long sur leur relation.

La page qu’elle lui tend lui fait ouvrir les yeux, les baisser sur les mots adroitement tracés sur la feuille. C’est dans un soupir qu’il répond, un murmure à peine, une confidence alors qu’il serre les quelques mots entre ses doigts. « Et moi donc… » Il n’y a rien de plus à dire. Elle le connait. Elle sait à quel point il aspire à cette vie qui leur est interdite. À cette simplicité, à ce bonheur. Une vie bercée par la mer, par les brises, et protégée par la douceur de leur amour.

Même s’il avait voulu discuter davantage, il n’aurait rien pu dire, car voilà que Bertille arrivait, à demi penaude de ne pas avoir réussi sa mission, mais Bertin lui sourit en la rassurant que ce n’était rien. Qu’il allait bien le retrouver plus tard, après le repas. Repas qui, d’ailleurs, est à présent servi et c’est avec plaisir qu’il escorte ses deux jolies dames vers la salle à dîner pour le repas. Il participera à la conversation avec Bertille même si le récit de la confection du gâteau sera le moment de gloire de la petite seule, comme promis. De toute façon, voir son enthousiasme éclairer tout son petit être valait si cher qu’il n’aurait interrompu son discours pour presque rien au monde.

Le repas terminé, c’est avec regret qu’il prendra congé de ses dames pour se retirer dans son bureau, non pas sans discuter quelques instants avec Matt afin d’organiser la visite de l’après-midi. Il sait déjà, en retrouvant son bureau, qu’il entendra dans peu de temps les rires de trois fillettes en train de jouer dans la maison, ou peut-être dans le jardin si le temps le permet. Mais jamais trop loin pour que leurs échos cristallins le rejoignent. Installé à son bureau, il trouvera éventuellement la note de Jehanne et la regardera longuement avant de se forcer à se remettre au travail, bien malgré lui.

Les heures s’égrènent avec une lenteur et pourtant une rapidité surprenante. L’après-midi semble interminable d’abord alors qu’il s’efforce à s’atteler aux tâches qu’il n’a jamais aimées… puis soudain toutes ces heures ont filées, le soleil a quitté la fenêtre, le forçant à allumer une bougie aux flammes de la cheminée et à presser le rythme tâcher de terminer son travail avant le repas du soir. Il veut passer sa soirée avec elles encore. Ne serait-ce qu’à lire avec Bertille assise toute près de lui. Juste être là, avec elles. Comme un père, un mari. Comme l’homme qu’il ne pourra jamais être. L’homme des rêves impossibles…

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Lun 3 Sep - 0:05

Chaque instant, même chaque respiration, se glissait et s’incrustait dans l’esprit et la mémoire de Jehanne. Elle ne voulait rien perdre, elle ne voulait rien oublier. Si elle le pouvait, elle éviterait de déchirer et de brûler les pages de ce carnet sur lesquelles elle conversait avec Bertin. Tout garder, des centaines de milliers de souvenirs éclatés. De ces mots, à lui, qu’elle voudrait pouvoir écrire aussi pour s’en rappeler encore. Elle gravait tout, dans son esprit. La douceur de sa main. La rougeur qui s’installa sur ses joues, ses sourcils qui se soulevèrent comme pour le moquer gentiment, au rappel de leur nuit. Comme si elle était la seule coupable, tiens.
Bon, elle avait sa part de responsabilités. Mais le faux air innocent qu’elle affichait, sous un sourire ravalé, était presque comme un jeu pour elle à ce point.
Ce fut avec intérêt cependant qu’elle suivit ce qu’il lui racontait sur Matt. Il était presque attendrissant. Bien sûr, qu’elle voudrait le connaître.
A tort, beaucoup en Ansemer pensaient la duchesse froide et détachée de son peuple. Mais était-ce sa faute si on ne la laissait même pas sortir de Port-Liberté ? Elle ne pouvait même pas espérer aller visiter d’autres de leurs cités ; et après, on se plaignait qu’elle était distante.
Avec un hochement de tête de temps en temps, s’enivrant de sa présence autant qu’étant attentive avec sérieux à ses mots, elle surveillait que les pas de sa fille ne se mettent pas à résonner dans la pièce ou près d’eux.

Bertille était, au final, la personne rythmant la vie autour d’eux à ce moment. Le repas était empli de ses questions, de ses histoires, de sa vie – elle parlait pour deux, toujours –. L’après-midi, lui, fut ponctué par les échos joueurs et joyeux des enfants. Jehanne avait tenu à garder un œil sur elles, ainsi que les domestiques, Matt également. Elle avait pu leur glisser des mots, à ceux qui pouvaient la lire. De petites conversations, presque rien.
Et pourtant, c’était plus que ce qu’aurait pu obtenir Bartholomé, s’il s’était seulement essayé à lui parler. Mais ne nous attardons pas sur les choses qui fâchent. Les journées étaient suffisamment courtes, en janvier, pour ne pas les gâcher par de sournoises et douloureuses pensées.
Jehanne commença à ressentir la fatigue sur le coup de cinq heures. Elle était habituée aux nuits avec peu de sommeil, mais, définitivement, le repos aurait pu être bienvenu. Elle n’en fit rien savoir, cependant : il aurait été malvenu de s’éclipser, de juste se reposer sans songer aux autres. Et Bertille…
Bertille était tellement heureuse, que sa mère restât près d’elle, même quand elle était accaparée par ses compagnes de jeu.
Une fois celles-ci parties, il fallut la convaincre de se poser un peu, d’aller se changer pour paraître propre au repas. Elles n’avaient que peu de temps pour ce faire, mais cela suffirait.
Un peu de temps. Un peu de calme, avant de revoir Bertin.
Pardon.
Avant que Bertille, dans la salle de repas, alors que la nourriture allait arriver, ne l’assaille de mille histoires et questions, Jehanne retenant avec peine ses sourires attendris.
« j’espère que vous avec bien travaillé, comme ça, ce soir, vous pouvez rester un peu avec maman et moi avant d’aller dormir. S’il vous plait. On lira un livre ? »
« On a voulu faire un concours de celle qui a la plus jolie natte, mais comme on n’avait pas de natte, bah on ne l’a pas fait. J’aurais gagné de toute manière. »
« Maman elle serait jolie avec une natte. »

A croire qu’elle ne mangeait pas sans parler.

Ou qu’elle ne vivait pas sans parler, également. Après le repas, ils se dirigèrent tous trois vers le salon, où, cette fois encore, Bertille profita jusqu’aux derniers moments de ses parents. Elle les força – dans son esprit, c’était elle qui les forçait, mais c’était pour la bonne cause, son confort personnel ! - à s’asseoir sur le même canapé, de sorte qu’elle puisse s’installer entre eux deux, un grand livre sur les genoux.
Et si Jehanne ressentait quelquefois la douleur de ne pas pouvoir la féliciter de vive voix, la scène était si charmante, si parfaite, qu’elle fut immanquablement celle qu’elle garderait en mémoire pour cette journée.
La soirée tourna court : Bertille était fatiguée. Elle s’accrochait à la conscience, mais, rapidement, il fallut se rendre à l’évidence : elle tombait de sommeil. Elle faisait semblant de lire, appuyée contre l’épaule de Bertin, les yeux papillonnant.
Une dizaine de minutes après, un câlin et des excuses de la part de la petite de ne pas avoir fini l’histoire qu’elle racontait à son oncle, et la mère et la fille regagnaient leurs chambres, ayant salué le maître des lieux.

Cette nuit aussi, une fois glissée dans une tenue de nuit, Jehanne attendrait. Elle attendrait un peu plus longtemps, peut-être. Elle attendrait le silence autour, l’impression que tout le monde dormait, pour se glisser dans les couloirs, à la lueur des lunes.
Sauf que cette nuit-là, personne ne répondit à la porte. Avec un léger froncement de sourcils – s’était-il déjà endormi ? - elle poussa le battant, veillant à bien le refermer derrière elle. Personne, mais une lueur, filtrant de sous une porte fermée à l’autre bout de la chambre.
Ses pas sur le sol étaient légers, et elle regardait régulièrement derrière elle, avançant dans le noir. A tâtons, elle chercha la poignée, avant de pousser la porte… Et de tomber sur le prince dans son bain.
Situation pour la moins inattendue.
Probablement pour calmer les douleurs de sa jambe, n’ayant pas eu le temps auparavant. Un sourire attendri se dessina sur ses lèvres, et elle s’avança dans la petite pièce, dans son dos.
« Une chambre vide, et je te retrouve plongé dans l’eau… Je crois que c’est bien la première fois. »
La duchesse, sa voix portant à peine, s’approcha. Ce n’était pas faux, en un sens : d’aussi loin qu’elle se souvienne, elle ne l’avait jamais vu en contact direct avec l’élément liquide. Doucement, elle s’appuya sur le rebord, la tête penchée et ses yeux rieurs détaillant son visage. Uniquement son visage.

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Lun 17 Sep - 5:29

Son après-midi de travail se trouve ponctué des éclats de rires qui parviennent jusqu’à sou bureau à travers les couloirs de la demeure. Il se surprend quelques fois à sourire, le regard vague posé sur le parchemin devant lui, incapable de se concentrer sur la tâche, mais les oreilles attentives à la voix de sa fille. Il se surprend à se demander si sa mère s’était aussi laissé attendrir quand ils venaient ici passer quelques temps lorsqu’il était enfant. Il a maintes fois eu envie de partir, de s’éloigner de ce bureau et de la lourdeur du travail qu’il s’est donné, mais il résiste. Peut-être était-ce justement la voix de Bertille qui le convainquait avant même qu’il ne quitte son siège. Encore un document, encore une tâche, avant de filer. Tant et si bien qu’il se trouvait encore dans son bureau – somnolant avouons-le – lorsque Matt vient le prévenir que les dames sont montées se changer pour le repas.

Le repas est un délice tant pour ses papilles que pour ses oreilles. Ces vacances lui permettent de pleinement profiter de sa fille, de son intelligence, de ses bavardages. Elle a le temps d’apprendre à maîtriser sa langue, à ne pas dire tout ce qu’il lui passe par la tête. Rien ne presse. Surtout pas pendant ces vacances. Qu’elle vive, un peu, quelques jours ! Et qu’elle l’émerveille en lui racontant cette histoire, qu’elle fasse vivre les mots des récits qu’elle lit, jusqu’à ce que le monde des rêves la prenne de force. Alors il sourit tendrement avant de la faire remonter, de la laisser aller retrouver son lit et le sommeil bien mérité.

Il s’attarde quelques temps au salon, à siroter un verre d’alcool après le départ des dames. Il serait étrange qu’il modifie de trop ses habitudes. Il discute même un peu avec Matt tandis qu’on prépare l’eau chaude pour son bain. Les courbatures sont fortes ce soir, conséquence de sa chute il y a une semaine, de l’insouciance dont il a fait preuve avec bonheur plus tôt dans la journée… Il en est heureux, de sa journée, et ce bain lui semble être la petite touche nécessaire à sa détente avant de dormir. Ça, et Jehanne, vers qui ses pensées se tournent alors qu’il somnole dans l’eau chaude si bien qu’il n’entend pas son Amour s’approcher.

« Une chambre vide, et je te retrouve plongé dans l’eau… Je crois que c’est bien la première fois. » Il ouvre les yeux, tourne la tête juste à temps pour croiser son regard, lui sourire en se redressant un peu dans la baignoire. « Hmmm, c’est peut-être le cas. » Il réprime un bâillement tandis qu’elle s’approche, s’installe tout près de lui. Puis soudain un petit rire alors que, dans un geste tout à fait enfantin, fait voleter quelques gouttelettes d’eau tièdes vers le visage de sa douce. « On pourrait presque croire à t’entendre que je ne me baigne jamais ! » Le ton, le regard sont rieurs, légers tandis que ses doigts mouillés viennent se poser sur la joue de Jehanne, la caresser avec douceur, laissant un sillon d’eau tiède sur la peau claire de Jehanne. Presque des larmes, comme des larmes de bonheur, songe-t-il.

« Je pense que je pourrais affirmer la même chose cela dit… » Il ne leur a jamais été donné de partager cette intimité. Avant ce jour-ci en tout cas, cette nuit-ci. Cela ne l’avait jamais réellement chagriné. Ils profitaient de leur présence comme ils pouvaient, au gré des rencontres secrètes, des possibilités souvent trop rares pour qu’ils puissent se permettre d’être difficiles sur les choix qui s’offrent à eux. « M’en voudrais-tu si j’avouais avoir envie de remédier à cette situation immédiatement ? »  En d’autres circonstances, peut-être aurait-il poussé le jeu jusqu’à l’attraper par la taille pour l’attirer dans l’eau. S’il n’était pas blessé, courbaturé. Pour le moment, il ne le risquerait pas, ne s’en sentant pas la force physique même si l’envie n’y manque pas, elle le lira sans doute dans son regard…

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Ven 28 Sep - 22:48

Jehanne se laissa éclabousser de bonne grâce, riant quelque peu. Elle leva les yeux au ciel, le sourire ne quittant jamais ses lèvres. Même au naturel, débarrassées de ces cosmétiques dont elle se fardait à peine, elles étaient d’un rose sombre attirant l’oeil. Une étincelle de tendresse brillait dans l’océan de son regard, rejointe par de la malice alors qu’elle trempait le bout de la main dans l’eau et aspergeait futilement Bertin en retour. Une enfant, oui. Mais ça faisait du bien, de jouer avec lui. D’être naturelle, de faire comme si rien n’importait. Elle se devait de le corriger, dans ce qu’il lui disait. De détourner la conversation, un peu, pour ne pas sombrer déjà.
“Tu ne te baignes jamais quand je suis là.”
corrigea-t-elle. Elle n’était pas comme lui. il y avait des choses, même sous-entendues, qu’elle n’était pas capable de dire. “Il aurait été inconvenant que la duchesse fasse irruption dans la salle de bain des appartements du prince.” L’idée, entre ses lèvres, fut teintée d’un léger soupir amer. Ne pas penser au palais.

Sa dernière remarque la fit rougir, détourner le regard comme une jeune fille. Elle n’était pas innocente, plus innocente, loin de là, mais il y avait dans la manière dont il posait la chose matière à rougir, comme d’un automatisme. Jehanne se mordit la lèvre, retenant un sourire. “En voilà une drôle d’idée.” souffla la blonde. Doucement, elle se décala du rebord. Il lui faudrait mettre en sureté sa tenue de nuit. Si elle pouvait justifier un accroc, une légère déchirure, elle ne pourrait pas en faire autant d’une tenue trempée. Il y avait dans l’azur pâli de son regard comme une forme de défi. D’envie
Le tissu glissa au sol, où elle s’assura de le récuperer pour le poser à l’écart. Il faisait froid, ainsi dévêtue. Au plus froid de janvier, même en Ansemer, et même dans une pièce où l’air circulait chargé de la chaleur de l’eau, il était difficile de ne pas frissonner. Elle se sentit, passé un instant, tellement imprudente ! Tellement peu elle.

Elle n’était pas du genre à lancer des initiatives, même aussi infimes. Mais il y avait, dans l’air autour, comme une invitation à oser. A prétendre, ce soir, comme tous les soirs qu’elle passerait ici, qu’elle n’était pas la duchesse malheureuse mais simplement l’amante. Prétendre, dans un mensonge qu’eux deux voudraient vrai, qu’elle était sienne, que ces terres étaient siennes paece qu’elle était sa femme. Oh, comme elle aurait voulu que cette scène fut normale ! Comme elle aurait voulu, vraiment, se contenter d’un titre moindre - comtesse, princesse. Si elle avait pu rester avec lui. Si elle avait pu l’épouser, lui.

Elle n’en dit rien. Elle ne fit que prétendre, avec son naturel habitué aux mensonges que sa nudité était naturelle dans cette pièce, cet endroit, sous ses yeux qui devaient la fixer - elle n’osait plus le regarder, une certaine rougeur aux joues dans sa fausse pudeur.

Jehanne se rapprocha de la baignoire et, sans oser croiser son regard se coula dans l’eau avec lui, prenant garde à ne pas blesser sa jambe par inadvertance. “Je pense que cette semaine sera pleine de nouveautés” murmura-t-elle. Sa main, blanche, presque diaphane, glissa sur la joue de Bertin, devinant là un sourire sans doute. “Tu as pu travailler ? Bertille ne t’as pas dérangé ?” Elle ignorait la position dans laquelle elle se trouvait. Et même ! Lovée contre lui, repoussant quelques idées qui feraient leur chemin rapidement, elle voulait lui parler. Toujours, lui parler. Il n’y eut pas un mot de sa part sur la lettre laissée, joueuse. La blonde voulait voir s’il la mentionnerait. La tête nichée dans le creux de son cou, le sourire contre sa peau, même sans le voir elle devinait aisément ses traits. Elle s’était installée comme elle le pouvait, de manière à ne pas stupidement appuyer sur la jambe qu’il s’était, encore plus stupidement, blessé.

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Message Sujet: Re: Je veux voir des étoiles dans tes yeux...   Mer 7 Nov - 15:57

Un petit rire s’échappe de ses lèvres pour n’être entendu que de Jehanne. Un rire heureux, léger, dans lequel résonne toute la tendresse dont il veut faire preuve à son égard. Et l’amour qu’il ressent pour elle. « Et c’est bien dommage. Tout comme il est dommage que je ne puisse me présenter chez toi à ces moments. » Mais qu’importe, aujourd’hui, qu’ils ne puissent le faire à Port-Liberté ? Ce sera une pensée sujette de nostalgie certainement à leur retour, mais pas maintenant. Dans le moment présent, se retrouver ainsi, si proches, si amants, le comble d’un bonheur qu’il avait craint perdre pendant son séjour au front. Il s’était tellement inquiété pour elles deux lorsqu’il était loin d’elles !

La pièce n’est pas fortement éclairée. L’ambiance tamisée qu’offrent les flammes dansantes ne lui permet pas d’admirer l’effet de sa suggestion autant qu’il l’aurait souhaité. Mais il perçoit cette timidité qui ose pointer chez elle et cela le fait sourire. « Tu y serais pourtant mieux placée et plus confortable pour veiller à ce que je ne m’endorme pas… » Oh, la suggestion innocente. Comme si cela allait justifier sa présence dans le bain du prince. Non, ils savent tous les deux que ça ne serait pas le cas, mais c’est plus fort que lui. L’y inviter, tenter de profiter au maximum de ce que ce séjour peut leur apporter.

La voir s’éloigner, se dénuder, s’approcher de nouveau dessine un sourire tendre, admiratif sur ses lèvres. Il n’a pas souvent la chance de l’admirer dans son entièreté, au naturel. Déjà parce qu’ils se retrouvent si rarement. Et parce que leurs retrouvailles sont généralement plus proches, intimes, ne laissant que peu de temps à une observation, à ces regards qui coulent sur le corps, remarquent les formes, et les apprécie. Rien que dans son regard, elle pourra lire qu’il la trouve magnifique. Nul mot ne sera nécessaire pour exprimer ces sentiments. Nul mot ne parviendrait à l’exprimer mieux que ce regard, que cette étreinte qu’il lui offre en soupirant alors qu’il la sent se lover contre elle. Oh, moment de tendresse tellement apprécié déjà !

« Voilà qui est bien… » Il lui sourit en baissant le regard vers elle pour mieux humer son parfum, l’odeur qu’elle dégage et qui l’a toujours rendu fou. Fou d’amour et de tendresse, de sentiments interdits… Et de moments magiques, comme celui-ci. Il hoche légèrement la tête à sa question, répondant à voix basse : « J’ai pu travailler, ne t’inquiètes pas. J’ai bouclé plus de travail que je le fais d’habitude. Peut-être était-ce de savoir que tu pensais à moi… » Cette note. Une note qui a fini brûlée, comme la plupart de leurs correspondances secrètes, par prudence, mais qui lui avait oh combien réchauffé le cœur ! « Les enfants ne m’ont pas dérangé. J’aime les entendre. Ça me donne l’impression de faire partie de sa vie. De travailler pour elle, pour son avenir. »

Si seulement il savait que cet avenir serait drastiquement changé dans quelques mois. Que ce travail effectué ne représenterait presque plus rien. Et qu’il serait oublié – s’il était chanceux – par ses gens pour qui il fait de son mieux à chaque visite à Vivécume… « J’aimerais tellement vous avoir à mes côtés tous les jours. Vivécume est merveilleuse lorsqu’elle résonne de votre présence. Plus encore que pendant mon enfance… » Petit soupir. Il sait que c’est un rêve. Que ça ne se réalisera sans doute jamais. Mais à elle, il peut l’avouer. Il peut avouer tous ses désirs cachés, ses envies. Ses rêves fous, même impossibles. Surtout lorsque ça la concerne.

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