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 Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…

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Message Sujet: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Sam 27 Jan - 4:15


Livre III, Chapitre 1 • D'Accord et de Chaos
Melbren de Séverac et Alice Libelle

Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…

J'ai assez pleuré les visions d'horreur...



• Date : 5 décembre 1002
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Melbren et Alice se rencontrent à l'Académie quelques jours après le jour des Anciens. De quoi s'assurer qu'ils vont mutuellement bien et partager un peu des récentes découvertes et théories. De quoi se changer un peu les idées, peut-être.
• Recensement :
Code:
• [b]5 décembre 1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3287-dis-moi-que-je-ne-tai-pas-perdu-toi-aussi#121981]Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…[/url] - [i]Melbren de Séverac et Alice Libelle[/i]
Melbren et Alice se rencontrent à l'Académie quelques jours après le jour des Anciens. De quoi s'assurer qu'ils vont mutuellement bien et partager un peu des récentes découvertes et théories. De quoi se changer un peu les idées, peut-être.

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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Sam 27 Jan - 4:19


Le silence l’entoure alors qu’elle est penchée sur ses notes qu’elle ne voit pourtant pas. La vue embrouillée par les larmes qu’elle retient, elle attend en silence, prenant de grandes inspirations pour tenter de garder contrôle. Elle sait que Melbren ne tardera pas à arriver. Elle voudrait revoir ses notes afin qu’ils puissent en discuter. N’importe quoi pour oublier, ne serait-ce qu’une petite heure… Elle soupire, se levant, s’éloignant de son carnet, des volumes qu’elle a sortis des archives ce soir-là et qui sont depuis empilés sur sa table, ignorés.

Quelques pas dans un sens, puis dans l’autre. Elle presse son mouchoir sur ses yeux, prenant une nouvelle grande inspiration. Sur le bout de la table, la dernière missive de Melbren qu’elle attrape du bout des doigts, sans force, la relisant. Le 5 décembre. Il proposait le 5 décembre. C’était bien aujourd’hui, n’est-ce pas ? Attendait-elle pour rien ? Le temps lui semblait si flou, ces derniers jours. Elle ne savait plus. Stop. Elle s’immobilise, inspirant lentement, très lentement, pour reprendre le dessus sur les émotions qui menacent de la submerger à tout moment. Stop. Et réfléchi. Oui. C’est bien le 5 décembre. Elle en est certaine à présent. Elle hoche la tête pour elle-même, maigre consolation pour se féliciter d’arriver encore à utiliser sa tête. Lentement, elle retourne à son bureau.

Cela fait quelques jours à peine que l’Académie a été attaquée. Comme beaucoup, elle est encore sous le choc, Alice, et cette fois ses livres ne lui permettent pas d’oublier, que du contraire. Mais il faut continuer, n’est-ce pas, malgré tout ? Sa tâche n’est pas terminée. Ses recherches sont à peine entamées. Il est hors de question qu’elle s’arrête maintenant. Si certains quittaient l’Académie avec la peur au ventre, elle, elle en était incapable. L’Académie est sa seule maison. Elle ne serait à l’aise nulle part ailleurs. Alors elle continue, le visage blême, le regard vide, à aider comme elle peut. Sauf maintenant, en ce début d’après-midi, attendant la visite de Melbren.

Elle a été soulagée en recevant sa première lettre, lui demandant des nouvelles. C’était un signe de vie, si précieux en ces temps troublés. Rassurée ensuite qu’il soit suffisamment en état pour lui proposer de se rencontrer. Elle avait accepté immédiatement. Une présence amicale lui fera du bien. Elle a besoin de se changer les idées, ne serait-ce que brièvement, et ce n’est pas en restant avec les siens qu’elle y parvient. Et la voilà qui attend avec une impatience qui ne la ressemble pas. Ses livres ne retiennent pas son attention, et même si elle parvenait à lire sa main tremble trop pour écrire. Dans un soupir frustré, elle se dirige vers la porte de son bureau. Peut-être pourrait-elle partir à sa rencontre ? Mais quelque chose l’arrête. Ce souvenir, celui de cette vision d’horreur de cette nuit-là. Il lui faudra un moment avant de parvenir à fréquenter les couloirs de l’Académie comme elle en avait l’habitude…


Dernière édition par Alice Libelle le Dim 25 Fév - 2:19, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Sam 24 Fév - 3:18

Le retour en Sombreciel est pour dans quelques jours et, en attendant, tu as un certain nombre de choses à organiser. Tu aurais préféré que les choses se passent sans encombre, mais le Destin en a voulu autrement. La Chasse Sauvage, la dissolution de la Rose, la découverte de l'identité des écrins, tous ces morts, le changement de comportement de Castiel. Et tu ne cites qu'une partie des chamboulements. Rien que d'y penser, tu sens la tête te tourner légèrement. Alors, chaque chose en son temps. Actuellement, tu attends qu'un membre du personnel vienne te chercher pour te rendre auprès d'Alice, qui a laissé une note disant que vous aviez rendez-vous.

Tu as pris contact avec elle assez rapidement après le Jour des Anciens, sachant pertinemment qu'elle devait se trouver sur les lieux lors des massacres. Quel soulagement tu as ressenti quand tu as eu un retour de sa part. Tu imagines sans mal qu'elle va être chamboulée – combien de personnes a-t-elle perdu dans cette tragédie ? Tu pourras peut-être lui apporter un certain soutien. Peut-être même que travailler sur vos recherches, vos nouvelles informations, aidera à lui changer les idées. Tu ne sais pas, mais tu es content que vous puissiez vous voir une dernière fois avant les mois que tu passeras chez toi. Vous continuerez sûrement par courrier en attendant la prochaine occasion. Tu en profiteras pour fouiller là où tu ne l'as pas encore fait à Euphoria ou dans d'éventuelles villes alentour.

Quand l'homme arrive enfin, vous entamez une conversation minimaliste pour meubler le silence et cela te va pleinement. Ne pas parler des événements dramatiques te convient ; une pause, même brève, n'est pas de refus. Vous traversez les couloirs, montez des escaliers, en redescendez d'autres. Et, enfin, vous arrivez à la bibliothèque qui abrite le bureau d'Alice. Encore quelques couloirs et l'homme te laisse traverser celui manquant. Tu le remercies chaudement, tu inclines brièvement la tête et te voilà libre de retrouver ta partenaire de recherches devenue amie avec le temps. Tu penses que ce terme vous convient plutôt bien, après tout.

Tu arrives bientôt à la hauteur de son bureau. Tu te redresses au niveau de la porte et frappes de manière assurée du poing contre le bois. Tu t'éclaircis la gorge. « Alice ? C'est Melbren. » La porte s'ouvre soudainement, te surprenant à moitié. Et la voir, là, devant toi, même si la fatigue est lisible sur son visage, t'emplit d'un soulagement final. « Je suis heureux de voir que vous vous portez bien, mon amie. » Tu souris, mais l'étirement de tes lèvres fait pale figure comparé à d'ordinaire. Les temps sont tragiques et même toi tu ne sais plus comment réellement donner le change.

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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Ven 2 Mar - 6:28

La missive avait été laissée à l’accueil le matin alors qu’elle avait encore l’espoir d’arriver à rassembler ses propres notes et idées au cours de sa journée. Si seulement elle avait pu prévoir qu’elle n’arriverait pas à se concentrer et qu’elle aurait du mal rien que pour boucler ses tâches de la matinée… Elle la déteste, cette impression de faiblesse qui s’empare d’elle soudain, cette incapacité à se contrôler qui lui fait regretter de ne pas avoir décidé de rejoindre Melbren elle-même. Qu’importe les visions d’horreur que lui apportent encore parfois les couloirs. N’était-ce pas mieux que de tourner en rond en revoyant les mêmes visions qu’elle cherchait à éviter en s’enfermant ici? Mais elle n’était pas enfermée, décida-t-elle soudain. Déterminée à ne pas se laisser abattre par ses émotions négatives et ses peurs tout juste avant la visite de son ami et collègue, elle ouvre soudainement la porte, s’apprêtant à s’enfoncer dans le couloir d’un pas rapide dans le but de le rejoindre en route.

Elle a entendu les coups frappés à sa porte alors qu’elle s’apprêtait à en tourner la poignée. Entendue, aussi, la voix de Melbren qui s’annonçait… De vagues échos aux frontières de ses pensées, existants, certes, mais trop faibles pour pleinement rejoindre sa conscience. Si bien qu’il lui faut une large dose de volonté pour ne pas pousser une exclamation de surprise lorsqu’elle remarque l’homme avec qui elle est presque entrée en collision. Sa main se porte par réflexe à la hauteur de son cœur qui se débat de peur et de surprise, remontant bientôt vers ses lèvres avec une expression désolée au visage. Il ne faut qu’un instant pour que ses yeux – et son cerveau – s’ajustent et qu’elle le reconnaisse. Un long soupir de soulagement lui échappe tandis que ses poings se desserrent, comme si le danger était passé.

« Oh ! Pardon… J’étais perdue dans mes pensées…» Elle sourit sans force, s’écartant pour le laisser franchir la porte. « Entrez, Melbren… »

Elle inspire et expire lentement, posant son regard sur lui, analysant ses traits, sa démarche. A-t-il été blessé ? Comment va-t-il ? Que pourrait-elle lire chez lui avant que leur regard ne se croise et qu’elle détourne le sien d’un coupo pour fermer la porter afin de leur donner un peu d’intimité ? Afin, aussi, de tenter de ravaler la boule d’émotions qui lui bloque la gorge et l’empêche de parler. C’est plus que de la peur momentanée de son arrivée à demi inattendue qu’elle éprouve. Ce sont les larmes qu’elle tente de refouler, la crainte de la chasse qu’elle a vue de bien trop près, la perte de trop d’êtres chers…

Elle finit par venir s’installer sur le bout de sa chaise, non loin de sa table de travail. Elle le laisse prendre place comme à son habitude dans une des chaises qu’il devra libérer des quelques objets hétéroclites qui s’y sont accumulés avec quelques livres depuis sa dernière visite. Quelques gestes qui pourraient sembler anodins, mais ce désordre, même infime, ressemble tellement peu à Alice… Pourtant, elle tâche de retrouver dans ce semblant de routine un réconfort qui lui échappe. C’est que le silence s’installe, tellement inhabituel chez elle en présence de Melbren… C’est d’une voix faible, tremblante, qu’elle vient enfin rompre le silence :

- J’ai eu de la chance. Plus que beaucoup… Je n’ai pas été blessée.

Elle baisse la tête, soudainement, incapable de soutenir le regard de Melbren qu’elle avait réussi à tenir un moment. Le fixer ne ferait que libérer les larmes qu’elle tente de retenir. Elle a sa fierté, Alice. Elle pleure assez avec ses proches… Melbren mérite mieux que ça, non ? Ils se voient déjà bien peu, elle ne veut pas gâcher leur chance d’échanger les dernières nouvelles de vive voix. Qui sait quand la prochaine visite viendra ? Elle inspire profondément, une fois, puis une autre, regagnant le contrôle qui avait failli lui échapper. Lorsqu’elle parvient enfin à lever la tête, c’est pour poser sur lui un regard particulièrement inquiet.

- Et vous ? Vous participiez aux cérémonies ? Vous avez été blessé ?

Elle parle rapidement, ses pensées déboulant soudain, trahissant la peur et l’inquiétude profonde qu’elle avait eu à son sujet depuis le Jour des Anciens. Un regard intense, attendant nerveusement qu’il lui donne de ses nouvelles, que les mots viennent finir d’apaiser ce que la vision a réussi à calmer. Elle a un fort besoin d’être rassurée, d’entendre qu’il va bien. Aussi bien que possible considérant les circonstances, du moins. Elle se mort une lèvre légèrement pour cesser de la faire trembler, puis après une longue inspiration reprend d’un ton un peu plus calme :

- Comment allez-vous ? Et votre famille ? J’espère qu’ils se portent tous bien ?

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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Sam 17 Mar - 3:04

Elle te laisse entrer et tu la remercies d'un hochement de la tête. Elle a l'air encore plus en détresse de près ; quand on constate l'état dans lequel se trouve son bureau. Tu le connais organisé, rangé, minutieux. Tu le trouves encombré par endroits, ce qui lui rassemble fort peu. Tu redoutes que les événements de ce fameux soir n'aient été plus dévastateurs pour elle que tu ne le pensais. Tu te demandes qui elle a pu perdre et ton cœur se serre.

Tu débarrasses tranquillement le siège que tu occupes d'ordinaire et t'installes en silence. Silence qui s'étend quelque peu et qu'étrangement, tu n'oses briser, vu l'état d'Alice. Tu attends un signe d'elle parce que tu ne sais par où commencer ; tu n'as pas envie de mettre les pieds dans le plat. Elle finit par t'annoncer qu'elle n'a pas été blessée, premier soulagement. Seulement, sûrement le dernier, car elle baisse vite la tête et tu sens qu'elle fait son maximum pour se contrôler. Ta main va trouver la sienne et tu la serres pour lui montrer que tu es là.

Le regard qu'elle relève sur toi et ses paroles suivantes te font froncer les sourcils sous l'inquiétude, seulement tu n'as pas le temps de répondre qu'elle se reprend déjà. Sa voix est plus mesurée, moins fébrile, même si tu sens la tension sous-jacente ; tu vois les larmes qui embuent ses yeux. « Comment allez-vous ? Et votre famille ? J’espère qu’ils se portent tous bien ? » Tu serres sa main un peu plus fort et tu lui offres un sourire que tu tentes de rendre encourageant. « Ils ne sont pas blessés. Ils sont très secoués, par contre. Il n'y a que moi qui aie encore quelques raideurs dans le bras. » Tu secoues celui qui a été touché, mais rapidement soigné ce soir-là.

Tu ne parles pas de Castiel, dont le comportement t'inquiète bien trop, ni de Mélusine, ni de la dissolution de la Rose, ni de la Chasse qui semble faire beaucoup de dégâts en Arven. La moitié n'est pas à dire, l'autre est vraiment délicate. A la place, tu t'enquis d'elle. C'est de toute façon ce qui te préoccupe dans l'immédiat. « Et vous, alors ? » Tu ne sais comment formuler cela délicatement, au vu de ce que représente l'Académie pour elle. « Vos proches ? Vos connaissances ? » J'espère que les pertes sont moins impressionnantes que les rumeurs ne le disent.

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Melbren #E65C00 – Lichen #A3581B









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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Dim 18 Mar - 6:22

Elle serre la main de Melbren sans force, inspirant et expirant lentement pour reprendre contrôle. Sa main libre se porte à son œil du bord duquel elle essuie la larme qui menaçait trop de s’échapper sur sa joue. Elle semble sincèrement soulagée que sa famille se porte bien et le sourire qu’elle lui offre semble même gagner un peu en force.

- Vous vous remettez bien ?

Parler de lui rend la discussion plus simple. Quand il lui retourne la question, cependant, le silence retombe. Elle inspire lentement, très lentement, cherchant ses mots.

- J’ai cessé de compter, commence-t-elle en niant de la tête. Il m’est impossible de connaître le sort de tous un chacun… plusieurs manquent à l’appel, mais peut-être ont-ils réussi à s’enfuir et craignent à présent de revenir ?

Elle se tait une fois de plus, inspirant de nouveau lentement. Son regard est posé sur leurs mains jointes alors que ses yeux s’emplissent de nouveau de larmes.

- Ma mère… Ma très chère mère… Elle n’a pas… Enfin, elle a été tuée. Je ne sais plus qui d’autre… Il y en a trop eu, Melbren, si vous saviez…

Elle a tenté de lutter la pauvre Alice, de toutes ses forces. Mais dès ses premiers mots les larmes se sont mises à ruisseler sur ses joues. Elle essaie maladroitement de les sécher de sa main libre, mais elles sont trop nombreuses pour être taries par un si simple geste. Elle étouffe un sanglot en s’épongeant le visage du mouchoir fripé – et sans doute fort utilisé ces derniers jours – qu’elle a tiré de sa poche.

- Il y en a peut-être encore, même… Je sais que tout a été fait pour retrouver les victimes, mais l’Académie est si grande ! J’ai peur de voir le bilan s’alourdir encore…

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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Dim 8 Avr - 3:51

Tu serres sa main en retour, doucement, affectueusement, pour lui montrer que tu es là. Tu la rassures : tu te remets, ton bras n'est qu'un peu raide, comme dit précédemment, les émotions commencent à s'apaiser, malgré les événements – l'esprit humain est fascinant dans ses processus de guérison, n'est-il pas ? Quand vient son tour de répondre, tu places ta deuxième main sur la sienne et ne quittes pas son visage. Tu lui laisses le temps de rassembler ses pensées et ton cœur se serre aux mots qui suivent. Tu exerces une nouvelle pression sur sa main. « Je l'espère aussi. » C'est possible que ce soit le cas pour certains, mais tu te retiens de dire quoique ce soit d'autres. Vous savez tous les deux que certains ne reviendront pas.

Elle explique que sa mère n'a pas survécu et l'horreur recouvre ton esprit. « Oh Alice… » Cependant, tu te retrouves incapable de dire quoi que ce soit d'apaisant, d'utile. Tu l'écoutes, impuissant, parler de tous ces gens qu'elle connaît et qu'elle a sûrement perdus. Tu n'imagines même pas ce que l'on doit ressentir. Perdre une personne chère est déjà tellement horrible, alors tant ?
La voir si en détresse, attendant de recevoir des nouvelles te fait mal au cœur. Tu hésites un instant devant les convenances, au vu de la situation. Elles te disent que tu ne devrais pas, que vous n'êtes pas assez proches pour. Elle te disent que tu ferais mieux de rester là à serrer sa main, ce qui est déjà largement suffisamment; même si inutile.

C'est une bonne chose que tu n'aies jamais été très aptes à les écouter, ces convenances.

Tu lâches sa main, attrapes le siège sous toi et vas le placer à côté du sien. Tu continues en plaçant un bras autour d'elle pour la serrer contre toi, pour lui montrer qu'elle n'est pas seule, que tu es là, pour ce que ça vaut, pour ce qu'elle veut en faire. Le geste reste un minimum chaste, mais tu refuses de ne rien faire. « Je suis sincèrement désolé de tout cela, Alice, tellement. » Tu détestes voir les gens auxquels tu tiens être dans la détresse, dans la souffrance. Vous avez beau ne vous connaître que depuis un an passé, tu tiens à cette femme, à votre manière, et si tu peux faire quoi que ce soit pour l'aider, tu refuses de rester les bras croisés. « En quoi puis-je vous aider ? Dites-moi, quoi que ce soit… »

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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Lun 9 Avr - 3:24

Elle ne sait plus quoi dire. Elle n’arrive plus à parler. Le barrage de larmes qu’elle maintenait tant bien que mal depuis ce matin s’est affaissé. Là, devant Melbren. Honteuse, elle n’arrive pourtant pas à tarir les larmes qui coulent et coulent encore. Elle les éponge maladroitement avec son mouchoir quand il se lève à demi pour déplacer sa chaise. Elle ne comprend pas, sur le coup. Elle est dans un tel état second qu’il lui est difficile de réfléchir. Elle n’y pense même pas, à cette possibilité. Elle lève seulement la tête, l’air inquiète un instant tandis que l’idée qu’il pourrait chercher à partir lui traverse brièvement l’esprit. Heureusement, Melbren reste. Le voir s’asseoir à ses côtés la rassure et lui tire même un petit soupir entre deux séries de larmes.

Ce geste, elle ne s’y était pas attendu, malgré son rapprochement. Il était tellement inconcevable, vu leurs différences, vu leur relation… Elle baisse la tête masquant son visage de ses longs cheveux blonds. C’est que ses joues ont pris une teinte rosée qu’elle refuse de laisser entrevoir. Il lui a même tiré un petit sourire discret, fait remarquable ces derniers jours. Ça n’empêche pas les larmes de ruisseler, de venir s’emmêler dans les mèches qui entourent son visage en boucles rebondissantes. Elle reste immobile ainsi, n’osant pas se rapprocher et n’ayant aucunement l’envie de le repousser. Il faudra un moment avant qu’elle arrive à calmer ses pleurs. Puis encore un temps avant qu’elle n’ose lever la tête vers lui.

- Soyez prudent… et revenez-moi… En tant qu’ami, mais je ne supporterais pas de vous perdre également…

Elle essaie de sourire, sans force, se redressant un peu sur sa chaise en inspirant longuement. Elle se trouve elle-même dramatique, mais dans les circonstances, elle ne trouve pas de meilleurs mots.

- Et aidez-moi à me changer les idées… Nous n’oublierons jamais… mais pleurer toute la journée ne les ramènera pas… Je suis désolée que vous ayez eu à être témoin d’un tel moment de faiblesse. J’espérais que nous pourrions discuter des avancements de nos recherches.

Elle s’essuie la joue du revers de la main avant de montrer son bureau tout en parlant. Ses notes y sont déjà ouvertes, l’attendant, comme pour prouver que ça avait réellement été son intention. Et un sourire, faible mais sincère, ensuite, pour Melbren. Un sourire de remerciement pour savoir être simplement là. Pour savoir être, jusqu’à présent, ce dont elle avait besoin aujourd’hui.

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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Sam 12 Mai - 0:33

« Soyez prudent… et revenez-moi… En tant qu’ami, mais je ne supporterais pas de vous perdre également… » Ton cœur se serre, ta gorge en fait de même. Ses paroles font écho aux événements de cette fameuse nuit. Celle où tu as bien cru que vous y laisseriez tous la vie. Beaucoup ont trépassé sous les crocs des chiens maudits ; seule une poignée a survécu. Tu ne sais par quel hasard les dieux ont estimé que tu devais en faire partie. Cela ne t'empêche pas de réaliser à quel point ton fil a failli s'écourter et combien tu es chanceux de pouvoir continuer à vivre ta vie.

D'une voix rendue rauque par l'émotion, tu tentes de la rassurer au mieux. « Je suis là, les dieux continuent de veiller sur moi. » Tu te racles la gorge et la main qui enserre son épaule exerce une pression plus ferme pour étayer tes dires. Tu hoches ensuite la tête, un sourire léger aux lèvres face à la force dans laquelle puise Alice pour se reprendre. Sourire qui s'agrandit quand elle t'en offre un à son tour. « Ne vous inquiétez pas pour ce que vous considérez comme un moment de faiblesse. Les amis sont faits pour cela, non ? » Ton sourire se fait plus faible, mais la tendresse y est lisible sans équivoque. Tu exerces une dernière pression sur son épaule avant de ramener ton bras contre toi.

Sans plus tergiverser, tu t'affaires à ce qu'elle souhaite : lui changer les idées, vous changer les idées même. Tu te lèves et te diriges vers le bureau tout en récupérant ton sac au passage. « Avez-vous pu trouver des informations sur ce lieu dont parlait notre dernière trouvaille ? » Tu fais référence aux notes d'un savant que vous avez réussies à dénicher en échange d'une généreuse compensation financière. L'auteur, inconnu, y mentionne des endroits de manière un peu énigmatique, mais il évoque des 'sabliers' à deux reprises. Vous avez bon espoir d'être sur une réelle piste.

Tes propres avancées, bien que limitées, vu le thème qui vous réunit, patientent dans ton sac et seront révélées une fois qu'Alice aura pu exposer ses découvertes.

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Message Sujet: Re: Dis-moi que je ne t’ai pas perdu, toi aussi…   Jeu 17 Mai - 6:47

Le voir ainsi rendu muet par les émotions est difficile. Ses propres émotions sont à vif, et il est bien trop aisé pour les larmes de se remettre à couler encore et encore. Mais elle tient bon, elle se ressaisit en prenant de grandes inspirations. Et elle sourit, oui, un sourire qui ne peut que s’élargir un peu quand il accepte avec autant de bonne volonté de l’aider à se changer les idées. Ça la rassure. Mais avant même de s’y lancer, elle ne peut empêcher de lui souligner : « J’ai des amis, ou à tout le moins des connaissances sur tout le continent… Mais très peu sur l’épaule de qui je pourrais pleurer. Serait-ce pompeux si j’avouais être honorée de pouvoir donc vous compter comme un ami, un vrai ami, puisque vous venez de le souligner vous-même ? » Était-ce là un petit rire – faible, perçant à peine le deuil qui emplit sa voix et son corps entier – qu’il peut entendre ?

Elle détourne le regard, se lève pour se diriger elle aussi vers son bureau, tendre la main vers ses notes, déplacer une parchemin, puis un autre, avant de trouver celui qu’elle cherchait. Elle le relit en silence, les lèvres légèrement pincées. Puis elle soupire, lui montrant la feuille sur laquelle il pourra voir un peu de son écriture minutieuse. Vous ne vous attendiez pas à trouver une panoplie d’informations, et ça ne surprendra sans doute guère Melbren. Cela dit, Alice ne semble pas mécontente de ce qu’elle a trouvé. Elle pose la feuille sur son bureau et tire la chaise pour s’asseoir.

- En analysant les éléments laissés par l’auteur, et en les comparant à d’autres ouvrages, je crois pouvoir limiter notre aire de rechercher à deux régions du continent…

Elle n’a pas beaucoup d’élément sur lesquels se baser, le texte de base étant peu clair déjà, and sans doute dans une langue dans laquelle elle ne comprend pas toutes les subtiles nuances. Ou encore le texte a été traduit et elle ne peut être certaine de sa qualité… Dans tous les cas, elle reste assez conservatrice sur ce qu’elle avance. Son analyse expliquée, elle conclut en annonçant qu’il lui semble plausible que la chose soit en Erebor, ou peut-être en Bellifère. Il est difficile de savoir avec exactitude, bien sûr, et s’il se trouve elle pourrait avoir manqué des éléments qui viendraient à Melbren.

- Et vous ? Qu’avez-vous trouvé ? Je vois que vous n’êtes pas venu les mains vides.

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