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 Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour

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La Cour des Miracles
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Je suis : baron de Sylvamir, sénéchal et ambassadeur de la couronne kyréenne, voleur de la Cour des Miracles et ancien Fils des Ombres

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J'ai fait allégeance à : la Cour des Miracles et Astrid, duchesse de Valkyrion
Mes autres visages: Denys du Lierre-Réal, Anthim d'Erebor, Rackham des Deux-Ancres, Joséphine Siguardent et Shahryar Khamsin
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Message Sujet: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Sam 10 Fév - 17:35


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Mélusine & Hiémain de Sylvamir

Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour

Mes sentiments ne trompent pas



• Date : 3 février 1003
• Météo (optionnel) : Il fait très froid en cette nuit d'hiver, mais le ciel reste clair.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Joséphine, confidente de Mélusine, a révélé à Hiémain les secrets du coeur de sa meilleure amie : elle aime Alméïde et a eu une demande en mariage de celle-ci. Incapable d'y croire vraiment mais reconnaissant des indices chez son épouse, Hiémain choisi de lui en parler. Car même s'il ne le dit pas, les mots l'ont blessé.
• Recensement :
Code:
• [b]3 février 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3351-il-n-y-a-rien-de-plus-douloureux-que-l-amour#124445]Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour[/url] - [i]Mélusine & Hiémain de Sylvamir[/i]
Joséphine, confidente de Mélusine, a révélé à Hiémain les secrets du coeur de sa meilleure amie : elle aime Alméïde et a eu une demande en mariage de celle-ci. Incapable d'y croire vraiment mais reconnaissant des indices chez son épouse, Hiémain choisi de lui en parler. Car même s'il ne le dit pas, les mots l'ont blessé.


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Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Sam 10 Fév - 17:39

Etait-ce l’humeur un peu maussade de sa Mélusine qui avait fini par alerter Hiémain que quelque chose n’allait pas à l’approche du mariage de son frère, ou était-ce l’irritation visible dans le regard de Joséphine ? Il ne sait plus exactement ce qui lui avait réellement mis la puce à l’oreille, mais un jour à peine après leur arrivée à Séverac, une tension s’était élevée dans le cœur du baron, sans qu’il su exactement identifier la source. Et c’est seulement lorsque Joséphine, pourtant d’ordinaire douce et rayonnante, avait laissé échapper deux ou trois mots en sa présence que l’éclat se fit dans son regard.

« Tout ça, c’est la faute de cette sorcière du désert… »


Tout ça quoi ? c’était-il alors demandé, à juste titre. Ce n’était pas la première fois qu’il entendait l’insulte et le ton méprisant dans la bouche de la petite dame de compagnie de son épouse, mais seulement lorsque la dite source de ce conflit était dans les parages. Or, Alméïde n’était point dans le domaine familiale de sa tendre Mélusine, et bien au contraire, il n’y avait point de raison pour que Joséphine s’emporte ainsi. Alors intrigué, le baron était allé s’enquérir auprès de l’espionne, questionnant d’abord du regard puis de vive voix la jeune femme qui avait fini par fondre en larme dans ses bras. C’était certainement la première fois qu’il l’a voyait dans un tel état.

« Joséphine allons, qu’est-ce qui ne va pas ? »

Même s’il ne pouvait prétendre être véritablement proche de la demoiselle, elle lui avait été d’un grand soutien lorsque Mélusine avait disparu pour Lorgol et qu’il était resté en Valkyrion. Il la savait aussi plus proche de son épouse que n’importe qui et elle était la confidente de bien des secrets. Hiémain, bien évidemment, ne souhaitait en rien les apprendre, ces dits secrets, mais il était loin de se douter que c’était ceux-ci qui crevaient le cœur de Joséphine. Et surtout celui de Mélusine. Heureuse d’avoir une oreille attentive pour l’écouter – et pourtant celle qu’il ne fallait pas… - la petite espionne s’était épanchée sur l’épaule de Hiémain, se mourant de désespoir et de tristesse, s’en voulant plus que jamais de laisser échapper ces mots qui auraient dû rester à jamais scellés dans sa bouche.

« Oh Hiémain, si tu savais… comment puis-je garder tout ça pour moi ? C’est à cause d’elle, de cette vile erebienne qui nous détruit à tous le cœur indirectement. Elle l’aime ! Oh et Mélusine qui l’aime aussi si fort… Et pourtant cette femme a tout détruit. Elle a osé la demander en mariage ! Notre Mélusine, si malheureuse... Je n’accepte pas de la voir ainsi. Tu l’as remarqué, je le sais… »

Oui, il avait remarqué. Il avait remarqué ce léger pincement sur les lèvres de sa tendre fée solaire lorsque le nom d’Alméïde était prononcé. Il avait vu ce soupçon de tristesse caché qui demeurait au cœur de ses prunelles. Il avait perçu dans ses respirations quelques agitations quand l’on parlait de sujets en rapport avec le mariage à venir. Il connaissait si bien son épouse et pourtant… pourtant il n’avait jamais imaginé la chose que venait de lui révéler Joséphine. A dire vrai, il n’osait même pas y croire, il préférait se mentir en supposant mal comprendre.

Cela ne pouvait être que ça… une erreur de compréhension.

« Je… je ne comprend pas ce que tu veux dire, Joséphine. »


Oh... si désolées étaient les prunelles si clairs de la jeune femme. La détresse au fond des yeux, elle avait posé sur sa joue une main chaude et rassurante. Puis comme si elle s'était brulée, elle la retira vivement avant de se lever, prête à partir.

« J’en ai trop dit. Pardonne moi. »


Elle était si malheureuse, la pauvre Joséphine. Malheureuse non pas pour elle, mais pour sa Mélusine. Malheureuse aussi pour Hiémain, lui qui ignorait jusqu’ici l’amour de son épouse pour une autre femme. Qu’avait-elle fait, par tous les dieux ? Elle venait de trahir sa si chère amie en révélant une chose qui n’aurait jamais dû être dite. Elle venait de le dire à l’homme qui aimait sur cette terre le plus sa Mélusine… Mais il était pour elle trop dur de voir son amie souffrir et son époux bien aimée ignorant. Car même si le secret était resté secret, Hiémain aurait fini par deviner.

Hiémain qui d’ailleurs ne savait plus à quel dieu se vouer, car le doute venait de s’instaurer.

Deux jours durant, il avait laissé ses pensées s’emballer et son cœur se tordre de souffrance. Et chaque fois qu’il croisait Mélusine, il n’avait pu s’empêcher d’éviter son regard et de lui offrir des sourires bien pâles. Oh comme il s’en voulait lui même de laisser les paroles entendues batailler avec son amour inconditionnel pour sa femme. Mais comment ignorer tous les indices criants de vérité ? Comment les oublier alors qu’ils brillaient désormais puissamment dans son regard ? Il ne pouvait plus les éviter, et chaque regard sur Mélusine le lui rappelait cruellement. Il s’était pourtant promis en se mariant de toujours tout lui dire, d’être honnête et sincère, vrai avec elle. Alors au soir du deuxième jour, il était parti la retrouver, son épouse bien aimée qui ne savait certainement pas à quel point le cœur de son mari doutait. Non pas de son amour à lui, mais peut-être bien celui de sa femme. Assit sur le lit de leur chambre, il invita sa tendre épouse à le rejoindre, l'air grave néanmoins. A quoi bon le cacher ? Sa chère fée remarquait toujours lorsque quelque chose n'allait pas.

« Mélusine ? Je… Est-ce que l’on pourrait parler ? J’ai quelque chose d’important à te dire. » Et à demander. Il n’était pas homme à parler sans détour, le noble baron de Sylvamir, mais avec son épouse, il était pourtant rarement aussi direct. Et bien qu’il maniait les mots parfaitement, il lui sembla que ceux-ci manquaient de chaleur. Pas dénué d’amour, bien au contraire, mais se lisait sans mal dans son regard une douleur grimpante. Trouverait-il pourtant le courage de lui demander ?

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Dim 11 Fév - 20:36

Que l’on est bien à Séverac ! Nonobstant quelques trous dans les plates-bandes familiales, l’accueil de Maximilien et Ismalia a été absolument charmant, et Mélusine a couiné de bonheur de retrouver sa chère Mélisende, présente elle aussi en ces jours bénis de regroupement familial. Meldred a fait le tour de tous les bras de la famille – à bientôt un an, l’enfant est vif et éveillé, et perpétuellement gai. Agathe et Arsène ont eu tôt fait d’être mis en confiance par le seigneur et la dame des lieux, très à l’aise dans leur rôle de grands-parents affectueux ; et la baronne de Sylvamir a rapidement trouvé l'occasion de se retrancher avec sa chère Joséphine dans sa chambre, loin de toute oreille indiscrète, pour épancher sur ses épaules le trop-plein d’émotions accumulé depuis Lughnasadh. L’affreuse épidémie qui a retenu Hiémain en Valkyrion, et qui a jeté la dame de compagnie sur les routes pour escorter un convoi de malades ; puis l’affolante révélation des sentiments d’Alméïde et sa demande en mariage refusée la mort dans l’âme, l’adoption officielle d’Arsène dans la famille, la terrible libération de la Chasse Sauvage et le départ définitif de Rhéa, la séparation avec Fantasme, la probable trahison de la Rose Écarlate depuis sa création, la curieuse disparition du couple ducal de Bellifère et de la princesse Sixtine – et le mariage de Castiel, avec ladite Alméïde. Tout cela déversé pêle-mêle dans les oreilles de la pauvre Joséphine.

Après cela, Mélusine s’est sentie mieux – pouvoir se confier à une amie si chère, qui ne jugera jamais ses décisions, c’est inestimable ; et la demande en mariage d’Alméïde a modifié quelque peu la dynamique de leur relation, la marquise n’osant plus se confier à la princesse comme avant. C’est donc avec le cœur vaguement plus léger, bien qu’appréhendant toujours le mariage à venir, que la Voleuse s’est appliquée à profiter de la présence de ses parents et de sa jumelle, qui lui manque bien cruellement depuis qu’elle ne réside plus à Lorgol. Elle a bien remarqué un assombrissement de l’humeur de son cher époux – comme s’il la fuyait, mais elle l’a mis sur le compte de l’ambiance un peu farfelue de Séverac. Sûrement souhaite-t-il s’assurer de ne pas être un obstacle à ses retrouvailles familiales tant attendues – sûrement. S’il y avait quelque chose de grave, il le lui dirait certainement !

Certainement.

La panique est là, cependant, lorsque Hiémain la demande à ses côtés dans la confidentialité de leur chambre, si pâle et l’œil tourmenté. Oh, tant de souffrance au fond de son regard – que se passe-t-il ? Si froid, il semble si glacial ! Quel tragique événement a bien pu survenir pour affecter ainsi son époux tant aimé ? Alarmée, Mélusine s’assied à ses côtés, prenant son visage entre ses mains pour mieux l’observer. « Mon amour, que t’arrive-t-il ? Tu m’inquiètes, dis-moi ce qui te préoccupe ! »


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mar 20 Fév - 17:03

Elle n’avait donc rien remarqué, sa tendre Mélusine, de l’affliction qui s’était emparé de son époux depuis quelques jours déjà ? Aux vues de sa réaction, il ne pouvait en être autrement et pendant un court instant, Hiémain s’en veut terriblement de faire naître une telle panique dans le regard de sa bien aimée. Doit-il tout gâcher de ce doux bonheur qui est celui de son épouse, de retrouver ainsi sa chère famille ? Peut-être devait-il remettre à plus tard cette discussion, la rassurer d’un simple mensonge et assurer que rien de grave n’est arrivé. Oui, peut-être vaut-il mieux d’attendre que le mariage de Castiel soit passé et le couronnement de l’empereur aussi. Une fois à Lorgol ou à Sylvamir, chez eux en tout cas, il pourrait sans doute lui en toucher quelques mots et ne pas froisser cette félicité retrouvée.

Il ne peut pourtant pas, malgré toutes ces belles résolutions, garder éternellement ce secret qui lui pèse et ces mille interrogations. Les doutes deviendraient lourds avec le temps, se muant en fausses certitudes, puis en une colère froide qu’il ne voulait en aucun cas adresser injustement à Mélusine. L’Ignorance était un fléau qu’il ne voulait plus revivre, surtout pas avec elle. Ils s’étaient promis de tout se dire, de ne jamais rien se cacher et de ne pas laisser le mystère gâcher ce qu’ils avaient de plus précieux. Mais n’était-ce pas les cachoteries de Mélusine qui avait mené à ça ? Après tout, elle s’était confiée à Joséphine, mais pas à lui… Il pouvait le comprendre, et pourtant il le déplorait…

Attrapant avec douceur les mains de sa chère épouse, il les garda dans les siennes mais les posa sur ses genoux. Plongeant son regard dans le sien, il y puisa un amour sincère qui le fit douter une fois encore de cette intolérable question qui alourdissait son cœur. Son instinct pourtant savait parfaitement qu’il y avait quelque chose. Quelque chose qu’il n’aimerait peut-être pas. Mais s’il y avait aussi une chose qu’il ne supportait pas, c’était de voir sa Mélusine souffrir. Dans ce secret bien caché, selon les dires de Joséphine, il y avait bel et bien quelque chose qui la faisait souffrir. Aussi, après une légère respiration, il se lança, tout en priant les dieux d’épargner le cœur si tendre et sensible de son épouse.

« C’est toi, mon amour, qui me préoccupe. Je… je ne sais comment te le dire, mais j’ai bien remarqué que quelque chose en toi avait changé depuis mon absence de cet été. Tu ne voulais pas m’en parler et je n’ai pas insisté. Mais quelqu’un d’autre la fait pour moi… »
Il ne pouvait évidemment pas dire qui, comment et de quelle manière, aussi se garda-t-il de prononcer un nom. « Il y a quelque chose avec Alméïde, n'est-ce pas ? »

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mar 20 Fév - 17:23

Pas un seul instant.
Jamais Mélusine n’avait envisagé que Hiémain puisse aborder un tel sujet. Jamais. N’a-t-elle pas soigneusement scellé au fond de son cœur l’affreuse vérité qui la ronge parfois lorsqu’elle n’y prend pas garde ? N’a-t-elle pas choisi en toute connaissance de cause, et décidé d’assumer les conséquences de sa décision, s’estimant seule fautive dans cette affreuse situation, tout autant tissée de ses errements que de ses faiblesses ? N’a-t-elle pas rigoureusement celé la vérité loin des dieux et des hommes, gardant profondément enfouis les tendres sentiments qui parfois malmènent un peu sa sérénité, lorsqu’elle oublie de les enfermer ? Personne n’a pu deviner – à sa jumelle tant adorée, à sa mère si solide, elle n’a rien dit – refusant très sérieusement de révéler quoi que ce soit. Il n’y a qu’à sa tendre Joséphine qu’elle a avoué la vérité ; et elle a totalement confiance en son amie de toujours, persuadée qu’elle ne divulguera jamais à qui que ce soit les secrets terribles qu’elle lui a confiés, même sous la plus extrême torture. N’a-t-elle pas conservé l’identité de la mère d’Arsène absolument confidentielle, toutes ces années ? Joséphine est fiable, Joséphine n’a pas pu parler, alors comment… ?

Le sang déserte totalement le visage de Mélusine, bientôt aussi pâle que les draps du lit, et elle lutte un instant pour inspirer, la gorge nouée par cette question pourtant anodine, qui réveille mille tourments dans son âme en peine. Comment a-t-il su ? Est-ce qu’Arsène aurait remarqué quelque chose, et se serait confié à son père pour décharger son esprit d’un trop lourd fardeau ? Est-ce que la petite Agathe aurait laissé traîner ses oreilles derrière un battant fermé et surpris un détail, devinant le reste pour en soulager ensuite sa conscience auprès du chef de famille ? Les possibilités s’entrechoquent follement dans les méninges de la baronne, mais pas un seul instant elle n’envisage de nier. Jamais de mensonge entre Hiémain et Mélusine, toujours la plus sincère vérité ; et une larme insidieuse s’échappe au coin de ses cils. Les mains que le baron étreint sur ses genoux se mettent à trembler, signe de l’incontrôlable agitation qui secoue son épouse, et elle se mord la lèvre pour retenir le sanglot terrifié qui lui gonfle la gorge. « Est-ce que… est-ce que tu veux vraiment me poser cette question ? Je ne suis pas sûre, que tu veuilles entendre ce que je devrai y répondre ; et je ne veux pas, que cela change quoi que ce soit, entre toi et moi. » Une deuxième larme dévale son autre joue, jumelle de la première, et Mélusine lutte pour retenir les autres.


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mar 20 Fév - 18:36

Est-il sûr de vraiment vouloir savoir ? Car en vérité, s’il se fie aux paroles de Joséphine, Hiémain sait déjà. Il sait que la meilleure amie de son épouse ne lui aurait pas menti d’une manière aussi terrible. Il sait aussi que l’avoir vu dans cet état prouvait combien elle s’inquiétait et qu’il avait des raisons, lui aussi, de s’en inquiéter. Et puis maintenant qu’il avait lancé le sujet, impossible de douter de la véracité des propos. Pas un seul instant Mélusine ne nie qu’il y a bien quelque chose. Pas un instant elle ne ment et n’essaie de changer de sujet. Ce qu’il voit cependant lui compresse le cœur et fait battre à ses tempes mille émotions douloureuses. Car la douleur est toute aussi visible chez sa tendre épouse et cela, il ne le supporte pas. Mais il ne supporte pas ne pas savoir tout dans son entièreté. Il ne supporte pas ne pas l’entendre de la bouche même de Mélusine.

Oui il aura certainement mal de découvrir un tel secret, mais peut-il simplement faire comme s’il n’y avait rien ? Espérer que ce qu’il savait finirait par s’étouffer avec le temps ? Que l’amour surmonterait tous les doutes ? S’il avait confiance en ses sentiments pour Mélusine, il craignait l’esprit pragmatique qui était le sien et sa méfiance naturelle… Oui comment espérer que même s’ils s’arrêtent là, rien ne changerait ? N’était-il pas déjà trop tard, d’une certaine manière ? Bien sûr qu’il aurait aimé retrouvé la quiétude passé, mais il ne pouvait en vouloir à Joséphine de s’être confié. Après tout, même sans elle il avait fini par remarquer que quelque chose n’allait pas. Ce quelque chose qui dévorait sa chère et tendre Mélusine de l’intérieur, petit bout par petit bout, grignotée sans qu’elle même ne s’en aperçoive.

« Je ne veux pas vivre dans cette ignorance si cela te blesse, même si tu ne le vois pas. Dis le moi, je t’en prie. »

C’est à lui de lâcher les mains de Mélusine pour poser les siennes sur les joues chaudes de son épouse, caressant de ses pouces la peau douce, effaçant du bout des doigts ces larmes qu’il redoute de voir couler encore et encore sans pouvoir les arrêter.

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mar 20 Fév - 19:09

Impitoyablement, Hiémain refuse toute échappatoire à Mélusine ; mais elle sait parfaitement qu’il n’agit pas ainsi pour la blesser. Il a besoin de savoir, de remplacer ses doutes par des certitudes, et la baronne se maudit intérieurement d’être la cause d’un tel tourment. Elle l’aime, pourtant, cet homme remarquable qu’elle a épousé – elle l’aime avec la passion enflammée des Cielsombrois, elle l’aime avec l’entêtement obstiné des Erebiens. Il a façonné sa vie et lui a donné une existence dont elle ne se serait jamais pensé digne – une maison à elle, deux fils – l’un grand déjà, et l’autre si parfait – et une pupille aimante. Il lui a donné une vie merveilleuse ; et voilà qu’elle le remercie en trahissant la pureté des sentiments qu’il nourrit pour elle. Maudite ! Détestable fille de Sombreciel ! Elle s’en veut, la marquise, elle s’en veut si fort que c’est une vraie torture ; mais elle ne veut pas infliger un tel fardeau à cet homme qu’elle chérit de tout son être, cet homme droit et noble qui n’a jamais trahi sa confiance ni renié ses serments.

Lorsqu’il encadre doucement son visage de ses mains, Mélusine ne peut soutenir son regard – elle ferme les yeux, et une rivière de larmes cascade sur les doigts de son époux. Elle prend une inspiration tremblante, maintenant ses paupières étroitement closes, avant de livrer la vérité dans un chuchotement étranglé. « Je l’aime. Je l’aime, j’ai essayé si fort de ne pas l’aimer – mais c’est plus fort que moi, je n’y arrive pas, et c’est en train de me tuer. Je veux n’aimer que toi ; mais elle est toujours là, au fond de mes pensées, et je – je ne le supporte plus. »

Elle n’a pas rouvert les yeux. Elle ne supportera pas de voir le cœur de Hiémain voler en éclats.
Par sa propre faute.
Elle ne veut plus respirer.
Elle ne veut plus penser.
Elle voudrait mourir, plutôt que de le faire souffrir.


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Lun 26 Mar - 20:20

Ce regard qui ne veut lui faire face. C’est aussi puissant qu’un aveu, c’est un coup dans le cœur de Hiémain qui impuissant ne peut que regarder les conséquences de sa demande. Et même s’il est confiant en son cœur et ses sentiments, il s’en veut tant de faire souffrir sa chère Mélusine. Elle qui vivait ce séjour si paisiblement, il gâchait tout par ce désir de vérité qui changerait tout à jamais. Les larmes dévalent les joues aussi certainement que les paroles se déversent de la bouche de son épouse, aussi dévorés de chagrin l’un et l’autre. Même si ce n’est qu’un pauvre chuchotement étouffé, la douleur y pulse aussi vivement que si cela avait été une plaie béante, dans le cœur de Mélusine comme dans le sien. Il savait oui. Il savait mais les mots, l’aveu… tout cela lui brise le cœur aussi facilement que l’on piétinerait du verre fragile. Et bien qu’elles ne coulent pas, de lourdes larmes voilent le regard si clair du kyréen. Même dans la peine, il sait si bien renfermer ses émotions, et pas un seul de ses membres ne tremble devant la révélation. Sa voix pourtant s’est perdue et ses mots ont disparu. C’est à peine s’il sait quoi dire, quoi répondre. Car une seule parole sur ce qu’il ressent vraiment pourrait briser sa fragile Mélusine, en proie à une douleur aussi intense que la sienne, si ce n’est plus.

Il ne lui en veut pas.
Oh il l’aime si terriblement, si exclusivement que si une partie de lui se sent trahi, il pourrait pardonner sans même y réfléchir. Car l’idée même de la faire souffrir le détruit.

Autant que cela la détruit elle de ressentir des sentiments à l’égard d’une autre.

Une autre… Alméïde, la princesse du désert et bientôt épouse de son propre frère. C’est si terriblement cruel et terrible.

Chuchotements et murmures, c’est ce à quoi ressemble ce semblant de conversation. Les mots sont étranglés dans la gorge de Hiémain et c’est en se forçant qu’il parvient à sortir un son, une syllabe.

« Comme tu as du souffrir, mon amour, de garder ça pour toi si longtemps… »


Il ne lui peut lui en vouloir. Quand bien même souffre-t-il, il souffre encore plus de lui causer tant de peine. Oh comme il l’aime…

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Dim 8 Avr - 17:19

Elle espérait la colère. Elle attendait les reproches. Comme une nuée de pierres qui lapiderait son âme indigne, comme le juste châtiment d’un crime impardonnable. Elle escomptait la violence du rejet, l’amertume du regret, l’implacable décision qui ne pouvait manquer de s’ensuivre : Mélusine avait tout envisagé, tout envisagé, tout calculé. Le tourbillon des émotions dans le cœur de Hiémain, l’affreuse morsure de la trahison, et la laideur terrible de la rancune – oui, elle avait tout redouté. C’est qu’il est si droit dans ses réactions, son Kyréen d’époux ! Intraitable lorsque la confiance est brisée – elle le sait, c’est l’une des mille facettes qu’elle aime chez lui. Elle attendait la froideur de la bise hivernale entre les glaciers, elle attendait la gifle cinglante d’une fierté mutilée… Elle s’était préparée à tout accepter – à subir son courroux et à l'endurer à jamais, comme la juste punition de sa faute.

Elle n’attendait pas la compassion. Elle sent ses mains quitter son visage, mais les mots – les mots ne sont pas ceux qu’elle attendait, et son cœur geint sous l’étreinte affreuse des remords qui mordent encore plus fort. Oh, comme elle s’en veut, de briser cet homme merveilleux, cet homme exemplaire qui n’a jamais démérité ! Et comme elle lui en veut, un peu, de se montrer si tendre, si aimant, si compréhensif. Elle a besoin d’autre chose, Mélusine – elle a besoin qu’il la traîne dans la boue, pour expier son crime, pour payer sa dette. Elle a besoin de l’entendre hurler ces reproches qu’elle se fait incessamment depuis des semaines, elle a besoin qu’il soit à la fois juge et bourreau – elle a besoin qu’un autre reconnaisse l’ampleur de ses manquements, pour qu’ils deviennent réels.

« Pourquoi faut-il que tu sois comme ça ! Dis-moi que je suis monstrueuse, la pire des ingrates, que je ne te mérite pas ! Dis-moi que tu m’en veux, que tu me détestes ! DIS-LE-MOI ! »

Et elle fond en larmes, à grands sanglots pitoyables – agrippée des deux mains aux pans de la chemise de Hiémain, secouée de tremblements incontrôlables, pathétique et misérable.


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Jeu 12 Avr - 12:19

Aux murmures et gémissements étranglés se substituent la colère et le désespoir. La garde baissée, trop en proie à sa propre douleur et celle de son épouse bien aimée, il en oublie presque la flamboyance de son caractère et l’instabilité de celui-ci, lorsque trop d’émotions viennent submerger le cœur, reléguant l’esprit au placard. Déboussolé par la réaction, c’est en accusant le choc que Hiémain observe sa Mélusine, criant des reproches qu’il comprend mais n’accepte pas. Ne fait-il pas énormément d’effort à cet instant ? Ne prenait-il pas tout sur lui sans dire un mot parce qu’il l’aimait plus que sa propre vie et que deux douleurs se mêlaient au plus profond de son cœur ? Ne se battait-il pas avec lui même pour ne pas céder à celles-ci, entre l’affliction d’être trahi et l’horreur de voir son épouse souffrir ? Ce qu’elle attendait de lui… Oh il pourrait le lui donner, mais était-ce qu’il avait envie ? En un sens, oui. Mais si ça avait été aussi simple, il se serait mis depuis longtemps à lui hurler dessus et formuler milles reproches. Alors il attend que l’orage passe… il attend qu’elle calme la colère. Et quand viennent les larmes, que les mains désespérément si faibles s’accrochent à lui, il l’attire à lui. Ce geste est pour lui aussi rassurant que douloureux. Les sanglots sont à nouveaux solitaires dans le silence, jusqu’à ce qu’il le rompe, d’une voix calme. Toujours si calme…

« Je ne peux pas te dire ça Mélusine, ça ne serait pas vrai. Je ne t’en veux pas, même si ça me fait terriblement mal. Mais je t’aime et te savoir souffrante de ça me fait tout aussi mal. »

Contre elle, la voix du baron se fait plus faible, moins assurée. Il lui faut toutes les peines du monde pour ne pas qu’elle tremble. Mais s’il parvient à cela, il ne peut empêcher à ses yeux de pleurer quelques larmes, l’émotion étant trop forte pour être muselée entièrement. Car il sait que ce qu’il va demander… que les prochains mots qui sortiront de sa bouche pourraient mettre fin à tout. Il ne peut cependant les retarder plus longtemps.

« Que doit-on faire Mélusine ? Si tu l’aimes… n’ai-je plus de place dans ton cœur ? »

C’est là toute son inquiétude… la plus mordante, la plus douloureuse… Celle qui pourrait le détruire si elle devenait vraie. Même si l’idée qu’elle aime une autre personne en même temps que lui le brisait – difficile à comprendre pour un kyréen – savoir qu’il n’était plus dans le cœur de son épouse le torturerait plus encore.

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Jeu 26 Avr - 20:36

L’orage ne vient pas, la colère reste absente, et quand les mains de Hiémain l’enlacent pour l’attirer vers lui, Mélusine se laisse aller contre les épaules solides de son mari, secouée de sanglots qui ne semblent pas vouloir s’arrêter. Elle porte ce chagrin depuis des mois, à présent, et même si le soulagement est grand de ne plus avoir de secret pour ce mari qu’elle aime tant, elle s’en veut tout de même fortement de lui infliger une telle peine. Coupable, coupable, impardonnable coupable ! Misérable, méprisable. Comment peut-il se montrer si compréhensif, si généreux ? À sa place, elle aurait déjà fait voler les meubles, détruit une commode ou une chaise, défenestré un lustre. Mais pas Hiémain – Hiémain, il a cette dignité si droite des Kyréens, cette noblesse solennelle qui court dans ses veines et qui l’a séduite il y a déjà bien longtemps.

Et sa question lui brise le cœur, à la baronne en mal d’amour, tandis qu’il l’interroge sur leur mariage. La panique lui glace le sang brutalement, l’horreur dérobe le souffle dans sa gorge, l’angoisse transperce ses entrailles comme la plus acérée des lames. Elle se penche en arrière, recule un peu pour mieux le voir, enserrant son visage entre ses deux mains tremblantes, ravagée de sentir le froid de ses larmes sous ses doigts. Lui qui ne montre jamais sa détresse, il pleure – il pleure, son digne époux, et c’est sa faute, à elle. Oh ! Si seulement elle pouvait s’arracher cette moitié de son cœur qui soupire pour les yeux d’une autre !

« Jamais ! Jamais, Hiémain, jamais tu ne pourras perdre ta place dans mon cœur – je t’aime, entends-tu ? Tu es le père de mes enfants, tu es mon époux, tu m’as donné ton nom et ouvert ta maison – tu es le seul homme qui aie place près de moi, le seul homme qui fasse chanter mon cœur, le seul homme auprès duquel je veux me réveiller chaque matin ! Je t’aime, si fort Hiémain, si fort que te faire tout ce mal m’empoisonne ! Si seulement je ne t’aimais plus, tout cela serait tellement plus simple, mais – mais c’est ça la vérité, oh Bramir… Je vous aime, tous les deux… ! Je ne sais pas ce que je dois faire, mais je sais que je ne veux pas te perdre. J'en mourrais sûrement. »


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Ven 18 Mai - 19:22

La panique ravage aussi bien le visage de Mélusine que le faisait la détresse. Il savait, Hiémain, combien sa question serait difficile et douloureuse à entendre, mais pouvait-il en faire autrement et garder le silence ? Son cœur était fait de toute la noblesse et la passion kyréenne, l’amour qu’il donnait, il ne pouvait le partager avec quelqu’un d’autre dans son propre cœur. Il savait que c’était différent pour bien d’autres, mais il avait besoin de l’entendre, de savoir que malgré tout ça, Mélusine conservait pour lui une place dominante en son sein. N’était-ce pourtant pas plus terrible que tout ? Comme elle le disait si bien, les choses auraient été plus simples si elle n’avait plus pour lui de tendres sentiments… Mais Mirta avait donné à sa fille un cœur grand et généreux, capable d’aimer tant et superbement. C’était de cette manière là qu’il l’aimait, sa Mélusine, même si l’idée de la partager le détruisait. Devrait-il accepter une telle chose pour que l’être qui lui était le plus cher ne souffre plus comme il la voyait souffrir aujourd’hui ?

« Je ne veux pas te perdre non plus Mélusine, mais… »

Mais il ne savait même pas quoi dire, les sentiments tiraillés à deux extrêmes, entre cœur et esprit qui ne savaient s’accorder pleinement. La sensation d’être trahi est tout aussi frappante que celle de blesser Mélusine, et pourtant il ne pouvait rien prononcer, incapable de savoir ou comprendre. Malgré lui, il repoussa avec douceur son épouse, chassant d’un geste de la main les larmes qui avaient perlés sur joues, témoins de ce trop plein de sentiments qui le submergeait.

« Je ne sais pas si je peux l’accepter, mon amour. Je refuse de te voir souffrir de la sorte et d’en être en partie la cause, mais c’est trop difficile… » Comme arrachés à sa conscience, les mots à peine chuchotés sont gorgés de cette implacable douleur, et même d’une incertitude mouchetée de peur. « J’ai… j’ai besoin de réfléchir. » Il sait combien ces mots peuvent être porteurs de conséquences et significations, et vraiment, il s’en veut de les prononcer. Mais il sait, Hiémain, qu’il ne peut répondre maintenant, alors que son cœur à vif hurle mille et une solutions inconséquentes. Oui, il doit réfléchir. Posément. Et donner libre cours à sa douleur sans le montrer à sa tendre aimée. « Je suis désolé… » Dit-il alors en se relevant, repoussant doucement le contact avec son épouse qui était pourtant la source de toute son énergie, sa lumière. Lorsqu’il passe la porte, la seule chose qui lui est certaine, c’est qu’il avait laissé une partie de lui même à l’intérieur, amputée violemment.

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mer 6 Juin - 16:02

S’il y a bien quelque chose à louer dans toute cette sombre affaire, c’est  bien l’exceptionnelle patience de Mélisende de Séverac. Sans doute est-elle le fruit de ses années d’enfance passées aux côtés de sa turbulente fratrie, conjuguées au périlleux exercice de ses fonctions d’ambassadrice pour un duc sujet à de formidables sautes d’humeur et réputé pour son instabilité – quoi qu’il en soit, elle supporta héroïquement les sanglots de sa jumelle, venue se terrer au fond de son propre lit pour y pleurer sa détresse, cramponnée aux jupes de sa sœur comme si son monde allait s’écrouler.

Ce qui était sûrement un peu le cas, connaissant la légère tendance de Mélusine à sombrer totalement sous le coup de ses émotions – le naufrage pathétique de la marquise de Sinsarelle persista donc durant deux journées où elle trempa de ses larmes les épaules de sa sœur, avant que Mélisende ne décide que cela avait assez duré et ne s’en aille quérir l’assistance de leur mère pour reprendre les choses en main. La ténacité et la poigne d’Ismalia de Séverac, née Kamar et pétrie de l’entêtement fier des Erebiens, n’était plus à prouver. Nulle oreille indiscrète n’épia ce qui se dit ce jour-là entre la mère et ses deux filles, mais au crépuscule de ce second jour c’est une Mélusine un peu plus digne qui finit par émerger de la chambre de sa sœur, soigneusement lavée et habillée – bien qu’un peu froissée aux entournures, et passablement décoiffée.

La voilà qui hésite, à présent, debout dans le couloir, devant la porte qui mène à la chambre qu’elle occupait naguère en jeune fille, et qui est à présent le logis conjugal des époux Sylvamir lorsqu’ils s’en viennent visiter le comte et la comtesse de Séverac. Pâle comme la mort, les traits tirés, fatiguée et indécise, elle lève le bras pour toquer ; avant de se raviser et d’effleurer le battant du bout des doigts, posant le paume de sa main à plat contre le bois. Elle a peur, la fière Mélusine, terrorisée à l’idée que ces deux jours de solitude aient achevé de déchirer complètement l’amour que Hiémain lui portait, avant que leur dernière discussion ne vienne le mutiler cruellement.

Comme la présence rassurante de Fantasme lui manque, soudain – l’immense dragonne d’Or a toujours su trouver les mots pour la soutenir, et Mélusine regrette l’absence de son amie de naguère. Que lui dirait-elle, en cet instant précis ? Mords-le un bon coup derrière la nuque et montre-lui ta force. Un sourire étire fugitivement ses lèvres, tout autant empli d’amusement que de regrets, de nostalgie que de gratitude pour leur amitié. Et d’un geste bien plus ferme qu’elle ne le ressent, Mélusine ouvre la porte sans s’annoncer, entre dans cette chambre qui est tout de même la sienne et où elle ne doit demander aucune permission.

« Bonsoir, Hiémain. », murmure-t-elle d’une voix bien plus rauque que son timbre ordinaire, fatigué par deux journées de chagrin.


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Lun 25 Juin - 0:30

Deux jours venaient de passer, alors que son monde semblait s’écrouler comme un château de carte balayé par le vent. Deux jours, sans parvenir à penser à autre chose que Mélusine et l’avenir avec elle, auprès d’elle. Rongé d’inquiétude de ne pas savoir comment elle allait – à cause de lui – et dévoré de douleur par ce qu’elle lui avait révélé. Comment envisager la suite en de telles circonstances, alors qu’il n’avait jamais imaginé que les choses se passeraient ainsi ? Comment aurait-il pu le deviner d’ailleurs ? Hiémain aimait Mélusine, la seule femme de son cœur et de toute son existence, qui faisait vibrer le sang dans ses veines et réchauffait de ses sourires son âme meurtrie. Elle était tout, et pourtant il venait de comprendre que pour elle, il ne l’était pas. Qu’une part, sans doute égale à celle qu’il prenait dans le cœur de son épouse, ne serait jamais à lui, et qu’une autre envahissait les pensées de sa belle sans qu’il ne puisse rien y faire. Il en voulait à Mélusine, de ne lui avoir rien dit et d’avoir laissé les choses se faire dans son dos. Il lui en voulait peut-être un peu aussi d’aimer une autre, de constater que son cœur lui était infidèle. Et il s’en voulait plus encore de penser de telles choses, d’être aussi stupidement égoïste et de blesser celle qui était tout pour lui.

Deux jours venaient de passer, à ruminer sans avoir l’envie de voir quelqu’un ou de partager ce qu’il pensait avec les gens. Ce n’était pas son genre et il doutait de trouver oreille attentive ici. Et même si Agathe était venue à sa rencontre le jour précédent, égaillant un peu les mornes pensées qui s’enchevêtraient ici et là dans le labyrinthe de son esprit, il ne s’était pas senti mieux ni plus éclairé. Il ne l’était d’ailleurs pas plus, alors que le crépuscule arrivait sur ce second jour sans voir Mélusine. Depuis qu’ils étaient mariés, cela n’était jamais arrivé que les deux époux soient ainsi séparés plus d’une journée alors qu’ils étaient si proches, séparés à peine par quelques cloisons, une porte ou deux tout au plus. Mais Hiémain n’avait pas trouvé le courage de retourner la voir. Pas tant qu’il ne savait pas lui même ce qu’il voulait. Comme ils pouvaient lui manquer, Obéron et Stellaire. Ils auraient su quoi dire pour lui ouvrir les yeux, quels mots prononcer pour éclairer ses pensées. Mais le baron était bien seul, là ce soir encore, à observer le soleil se coucher derrière l’horizon.

Seul. Ou du moins pensait-il l’être encore.

C’est sans s’annoncer que Mélusine entre dans la chambre, surprenant Hiémain perdu dans ses pensées. Le regard tourné vers elle, bien silencieux néanmoins, il n’a même pas de reproche à lui faire d’entrer si promptement ici, alors qu’elle est bien plus chez elle que lui. La voir ainsi, le visage pâle et presque amaigri, enfonce un peu plus la culpabilité dans le cœur du baron, et ce bonsoir, lancé d’une petite voix rauque témoin des chagrins, est suffisante pour y enfoncer un poignard acéré. Il ne bouge pourtant pas, perd ses mots un instant, et même le regard de son épouse.

« Bonsoir Mélusine… » Finalement, il ne peut que lui renvoyer son salut, de ce ton solide qui est fait des glaces de Valkyrion, et pourtant tendre, inquiet même, alors qu'il prononce son nom. Par tous les dieux ! Il savait pourtant bien parler, le baron de Sylvamir, mais face à elle, face à Mélusine, que peut-il dire alors que mille mots veulent sortirent ?

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Dim 1 Juil - 10:58

Elle n’ose pas.
Elle est dans la maison de ses parents, pourtant, dans cette chambre qui a toujours été la sienne – dans ces lieux qui, quelque part, lui appartiennent un peu, elle ne se sent pourtant pas maîtresse. Cela ne fait pas encore deux ans qu’elle s’est liée à Hiémain, forçant les murailles de Sylvamir pour s’en venir le revendiquer ; mais elle lui a déjà tout cédé, et si le cœur de son être plonge fortement ses racines entre Sombreciel et Erebor, c’est bel et bien selon les lois de Valkyrion qu’elle se définit désormais.
En ces lieux, le maître, c’est lui – et il semble bien peu enclin à lui adresser la parole.

Il est sûrement tout aussi déboussolé qu’elle, agité dans les tourments qui les déchirent, secoué par les remous tumultueux de cet amour sacrilège qu’elle ne sait pas comment étouffer. Elle a essayé pourtant, des mois durant ; comment lui faire comprendre, à son baron des glaces cruellement meurtri, qu’aimer Alméïde ne veut pas dire qu’elle aime moins Hiémain ? Elles se connaissent depuis si longtemps, alors qu’elles étaient encore princesse et marquise, rencontrées dans la jeunesse de leur adolescence, devenues au fil des années amies proches, puis… un peu plus. Hiémain est arrivé ensuite, rencontré sur les pavés de Lorgol, si éloigné de ce que Mélusine connaissait – il ne pouvait que la fasciner, cet homme venu des confins gelés de Valkyrion, au regard brûlant pourtant, parfois, quand il se posait sur elle…

La nostalgie qui envahit la baronne à ce souvenir d’un temps plus simple, où rien n’était encore si compliqué, broie un instant le cœur de la Cielsombroise. « Tu te souviens ? » demande-t-elle, mue par une impulsion, « Ce premier dîner, où je suis arrivée en retard à la réception, et où tu étais seul dans le hall ? Je t’ai demandé de me mener auprès des hôtes, et ma main n’a pas quitté ton bras de la soirée. J’ai été provocante et scandaleuse, et tu étais déjà si parfaitement à ta place près de moi. » Le fils incestueux, au nom souillé d’une tache indélébile – mais elle n’en avait cure, l’insouciante fille de Séverac aux idées rebelles, et c’était avec une gaieté enjouée qu’elle avait papillonné à son bras, jusqu’à l’aube.

Avant de le retrouver, à sa plus grande surprise, sur les pavés de la Cour des Miracles quelques jours plus tard.


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mer 4 Juil - 2:21

« Tu devrais lui parler. » « Lui dire ce que tu ressens. » « Garder ça pour toi éternellement, ça n’a rien de bon. »

Tant de phrases sensées et sages qu’auraient pu dire Obéron et Stellaire s’ils avaient encore été là, dans les profondeurs de ses pensées. Mais ils n’étaient pas là et si Hiémain savait déjà tout cela, quelque chose au fond de lui semblait le retenir, voire même l’empêchait de trouver le courage de lui parler. Il avait la sensation de retrouver celui qu’il était la première fois qu’il avait rencontré Mélusine : celui incapable d’avouer les sentiments qui avaient grandis dans son cœur meurtri et qui était parti sans un mot, sans une parole ; celui qui pensait ne pas mériter une femme aussi merveilleuse qu’elle, au sang si noble et à l’âme si belle. Et finalement, il en venait aussi à comprendre maintenant pourquoi il se retrouvait ainsi devant elle sans savoir formuler la vérité qui lui crevait le cœur… Car si elle aimait une autre, peut-être était-ce bien parce qu’au fond il ne suffisait pas, parce qu’il n’était pas assez bien, comme il l’avait craint autrefois ? Sombres pensées qui depuis deux jours se mouvaient dans son esprit, entamant sa confiance et distillant un peu plus le doute. Jamais de son amour pour elle, mais peut-être bien de celui qu’elle avait pour lui ? Oh comme il s’en voulait de croire tout cela, alors même qu’il voyait combien la douleur avait pu animer sa chère Mélusine. Pourquoi les choses devaient-elles être aussi difficiles ?

Bien que faible, c’est un sourire qui se dessine sur les lèvres du baron, empli d’un soupçon de nostalgie. Il était simple d’attendrir les cœurs en évoquant ce passé si doux, à cette époque où les choses ne semblaient pas si compliquées. Comment oublier ce jour où elle s’était approchée de lui, rayonnante et flamboyante, ignorant avec superbe les commentaires sur celui qu’elle avait choisi ce soir là pour être à son bras. Si tout ceci ne l’avait pas tant meurtrie, voilà longtemps qu’il aurait entouré son aimée dans ses bras, partageant une étreinte passionnée. Mais son cœur hélas s’était fait méfiant ces deux jours durant, pleurant silencieusement la douleur infligée. Il s’en veut tant de lui faire ce mal.

« Je m'en souviens oui. A l’époque déjà, tu réservais une autre place à tes côtés pour elle, n’est-ce pas ? » Ce n'était pas un reproche. Il avait compris, maintenant, que depuis longtemps les regards qu’il avait observés lorsqu’elles s’en échangeaient n’étaient pas si innocents. Mélusine aimait-elle Alméïde depuis bien avant lui ? N’était-il, finalement, arrivé qu’en seconde place ? Il n’était pas certain de vouloir savoir… Mais si tel était le cas, pouvait-il lui refuser de l’aimer, de partager cet amour inconditionnel qu’elle possédait ? Relevant enfin les yeux pour croiser de son épouse, le doute semble danser avec l’incertitude au fond de ses pupilles. « Mélusine, je ne sais pas ce que je dois faire… je ne sais pas si j’ai droit d’être égoïste, alors que te voir si malheureuse me brise le cœur… tout ça à cause de moi… »

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mar 10 Juil - 18:14

Ils le savaient tous, les Séverac, lorsque nouvelle leur était parvenue que Mélusine avait choisi un Kyréen – ils le savaient bien, et Maximilien lui-même avait pris sa fille à part pour la prévenir. Il souffrira des flammes de ton caractère, avait-il dit, le sage père d’une folle couvée bien trop tumultueuse – et tu souffriras des réserves du sien. Il le savait, et ce n’est qu’aujourd’hui que le plein sens de cette mise en garde se dévoile aux yeux de la baronne. Elle la perçoit, cette froideur toute kyréenne, cette prudence que Hiémain porte en lui, chevillée au corps, sûrement depuis sa petite enfance. Et elle la tue, cette affreuse distance, tant elle lui semble porter de doute, de rejet, de laideur ; tant elle a l’insupportable impression de n’être plus digne de lui, d’avoir démérité – de l’avoir perdu. Comme elle voudrait franchir cet espace qui les sépare, se lover contre lui et le serrer dans ses bras, à l’étouffer ! Mais il se tient là, dignement en retrait… et elle n’ose pas.

Sa question lui briserait presque le cœur. Oui, Alméïde a toujours été particulière à ses yeux – oui, elle l’a toujours voulue, sa jolie princesse trop farouche. Oui, c’est vrai, une part d’elle l’a toujours désirée, cette moitié de son être qui se plaît à effeuiller le corps d’une femme et à se blottir contre ses formes moelleuses, elle ne le niera pas – mais c’est plus que cela. C’est un amour tout simple que Mélusine a porté au plus profond de son cœur depuis la fin de son adolescence, un amour tranquille et paisible, comme une mélodie de fond qui ne s’agite jamais mais qui fredonne sagement en sourdine. Mais elle l’a tant repoussé ! Refusant ses avances, année après année, avant de finalement s’éprendre de Castiel – elle s’était résignée, la capricieuse Mélusine, et en avait pris son parti. Tout cela, Hiémain le sait, elle le lui a déjà avoué ; à demi-mots, la gorge nouée, le cœur hurlant sa détresse.

Lorsqu’il relève enfin les yeux, son regard de glacier croisant le sien d’azur, le sang de Mélusine ne fait qu’un tour – répondant à son impulsion, elle se précipite en avant, refermant les bras sur ce mari qu’elle adore, et le serrant contre elle comme si sa vie en dépendait. « Mais cesse donc de te proclamer coupable ! » supplie-t-elle d’une voix étranglée. « Ce n’est tout de même pas ta faute si la femme que tu as épousée s’avère être une ingrate déloyale ! » Le cœur battant à tout rompre, elle se blottit plus étroitement contre lui, comme pour l’empêcher de la repousser. « Je suis malheureuse parce que tu es triste – choisis ce qui te rendra heureux, et je serai heureuse aussi. Je ne regrette pas un seul instant d’avoir choisi de mener ma vie à tes côtés, Hiémain – est-ce que tu regrettes, toi… ? Est-ce que… tu veux toujours que je sois tienne, que je porte tes enfants… ? »

Ô Maari. Et s’il regrettait… ?


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Jeu 12 Juil - 15:45

La prise est traitre pour Hiémain, alors que Mélusine s’avance pour l’enlacer, se perdre dans ses bras pour mieux s’y cramponner. Que peut-il faire pour répliquer, alors qu’il n’a pas la force de la repousser et que tout ce qu’il veut, c’est la sentir contre lui, s’abreuver de sa chaleur toute passionnée cachée sous leur tristesse commune ? N’y tenant plus, c’est une étreinte forte que le baron rend à son épouse, s’accrochant à elle tout autant qu’elle s’accrochait à lui. Il lui faut bien ça, pour supporter les paroles qu’elle lui assène, doutant de cet amour qu’il lui portait. Pouvait-il lui en vouloir de croire cela, alors que lui même connaissait cette même affliction la concernant ? Oh comme il était incapable de réellement lui en tenir rigueur, mais cela le touche quand même. Trop pour cette réserve toute kyréenne qui cède peu à peu à chaque mot prononcé. Enfouissant son visage dans le cou de son épouse, caché dans sa chevelure d’ébène, il laisse enfin les larmes retenues s’échapper.

« Jamais, Mélusine. Jamais je ne regretterais de t’avoir choisi et épousé, d’avoir fait de toi ma femme et de t’avoir donné mon cœur. Jamais je ne regretterais de t’aimer plus que ma vie. »

C’est sa réponse, murmure à l’oreille de sa femme d’une voix qui n’avait plus cette assurance froide et maintenue des kyréens. Elle était chaude et chevrotante par moment, balayée par les émotions qui s’échappaient de toutes les barrières qu’il s’était imposé depuis deux jours. Même malgré la souffrance infligée et le doute, il aimait tant et passionnément sa Mélusine qu’il ne pourrait jamais rien regretté. Les peines comme les joies se devaient d’être une part complète de la vie de couple, même si ce n’était pas toujours facile à vivre.

« Je te veux toi Mélusine. Je t’aime comme tu es, même si une petite part de toi pense à une autre. Je sais seulement que je ne pourrais pas te partager. » Oh comme il détestait ces mots, alors qu’elle n’avait rien d’un objet que l’on maitrise et transporte. Elle était femme, forte et belle, capable de choisir tout ce qu’elle voulait. « Je suis tout entier à toi. » Et cela à jamais. L’embrassant, il goûta à ce plaisir qui lui avait tant manqué, cette communion douce, quoique mouillée des larmes qui avaient coulées sur ses joues. « Je veux que ma famille ce soit toi et nos enfants. » Voilà tout ce qu'il désirait, ces mots souvent peu prononcés, toujours sous entendu par ses gestes et quelques paroles. Mais tout cela, il devait lui dire, exprimer combien il tenait à elle et combien il ne voulait pas la perdre.

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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Mer 18 Juil - 22:56

Il pleure.
Il a resserré les bras sur elle, l’emprisonnant contre lui tout aussi fort qu’elle s’agrippe à ses épaules – et il pleure, entre les mèches brunes de sa chevelure, il pleure au creux de son cou, et le cœur de Mélusine hurle à la mort dans sa poitrine. Il est si solide, son Hiémain, aussi imperturbable que les glaciers qui enserrent Valkyrion dans leur poigne millénaire – elle a l’habitude de son calme, de son sérieux, de la voir toujours maître de ses émotions. Oui, parfois, ça la rend folle de le trouver si serein en toute circonstance, et elle n’en savoure que plus intensément les rares moments où l’armure gelée s’entrouvre pour laisser filtrer un peu de la chaleur qui brûle dans son âme.

Mais ses larmes, ça, elle n’y était pas préparée.

Elles coulent, ces larmes, mouillant son cou, et la voix rauque qui résonne dans son oreille vibre dans le cœur de son être. Elles coulent, et le soulagement de Mélusine lui fait honte – ainsi, Hiémain veut encore d’elle. Il la veut toujours comme épouse, comme mère de ses enfants, comme maîtresse de sa maison – il le veut, et la vague de gratitude qui l’envahit la laisse sans voix un instant. Elle s’accroche à lui, dans un baiser ardent qui clame tout autant la passion que la possession, et elle comprend. Il n’interdira pas, il ne demandera même pas – mais ce qu’il veut, elle le lui accordera, parce qu’il lui a déjà tout donné, et qu’elle n’est pas en droit d’exiger. Parce qu’elle n’a pas envie de forcer le Destin et de meurtrir son cœur si généreux, de froisser la droiture de cette âme bien plus noble que la sienne.

« Tu ne me partageras pas, alors. » murmure-t-elle contre son cou, posant les lèvres contre la peau sous laquelle elle perçoit le fol battement du sang qui court dans ses veines. « Je ne serai que tienne, je t’en fais le serment. », ajoute-t-elle, très sérieusement, reculant légèrement, le lâchant juste un instant, pour mieux pouvoir redresser le regard et l’ancrer au sien. S’il est bien une idée qui la terrifie, c’est l’éventualité de le perdre un jour – oh, elle se connaît, Mélusine, elle sait ses défauts et ses faiblesses, et elle sait bien également combien Hiémain est apte à la stabiliser et à lui permettre de dépasser ses limites de Cielsombroise trop capricieuse. Elle sait la somme de ce qu’elle lui doit, son soutien inaltérable après le départ de Rhéa et la perte conséquente de Fantasme, elle sait le dévouement qu’il lui offre, la protection dont il l’entoure, la vigilance dont il fait preuve lorsqu’elle est concernée. Et elle sait combien il les aime, ces deux fils qui portent leur nom même si elle n’a mis au monde que le second, et cette fille qui ne le porte pas mais qui occupe tout de même une place bien spéciale dans son cœur de père.

« Notre famille, c’est ce qui compte le plus, pour moi – toi, et les enfants que nous élevons, ensemble. Notre Arsène, notre Meldred, et notre Agathe ; et bientôt, un quatrième, mon aimé. Certainement pendant l’été… » ajoute-t-elle, un sourire hésitant au coin des lèvres, effleurant son ventre à peine arrondi sous le tissu soyeux de sa robe, incertaine de la réaction de son époux. Sera-t-il content ?


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Message Sujet: Re: Il n'y a rien de plus douloureux que l'amour   Ven 20 Juil - 18:34

Les paroles de Mélusine se font serment et il ne peut que croire en celles-ci, le baron de Sylvamir blessé mais qui aime tant et exclusivement son épouse qu’il ne peut lui en vouloir de tous ces maux. Elle sait qu’il lui a déjà tout donné, corps et cœur, il n’est qu’à elle pour l’éternité, et lorsque les regards s’accrochent pour se promettre à nouveau cette vérité, un poids semble se retirer des épaules de Hiémain. Oh il a bien conscience que toujours, au fond du cœur tendre et aimant de Mélusine, il y aurait cette petite part qui n’appartiendrait qu’à Alméïde. Mais il l’aime et tout cela importe peu, s’il peut la garder pour lui et fonder cette famille que tous deux affectionnent plus que tout. Il ne laisserait pas leurs vies être gâchées par cela, et tant qu’il savait sa bien aimée à ses côtés, il pouvait tout accepter.

La surprise n’est pas totalement, lorsque Mélusine lui annonce être enceinte, mais elle est bien présente sur le visage de Hiémain. Bien différente de cette première fois où il avait douté être le père de l’enfant grandissant dans le ventre de son épouse, mais source d’une incommensurable joie qui ne tarda pas à s’exprimer dans son regard. Les yeux chargés de tendresse, il déposa à son tour avec précaution les mains sur ce ventre à peine gonflé mais qui gardait bien précieusement le fruit d’un amour parfait. Ils auraient dû s’en douter tous deux et le voir venir, mais les signes avaient été si peu présent et leur situation compliquée ces derniers mois qu’ils n’avaient fait que peu attention. Oh il avait bien vu ces quelques changements sur le corps de son épouse, quelques semaines auparavant, moquant avec gentillesse cette prise de poids qu’il trouvait des plus adorables. Mais imaginer un autre enfant, si vite après Meldred qui n’avait pas encore – quoique bientôt – un an ?

« Vous êtes ce que j’ai de plus précieux. »
Dit-il en glissant ses mains du ventre vers les hanches, attirant sa Mélusine à lui et déposant un doux baiser sur son front à la chevelure un peu embrouillée. « Et je suis plus qu’heureux que notre famille s’agrandisse encore d’un nouveau membre. » Un autre enfant, peu importe que ce soit une fille ou un autre garçon, il en était plus que comblé. Car cette famille qu’il n’avait jamais eu plus jeune, il la trouvait désormais ici, auprès de Mélusine qui avait pu le lui offrir de si merveilleux enfants, qu’ils soient de leur sang ou non.

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