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 A chaque fin il existe un commencement

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Message Sujet: A chaque fin il existe un commencement   Sam 17 Fév - 19:28


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Tristan d'Amar & Maelys Aigrépine

A chaque fin il existe un commencement




• Date : 03/01/1003
• Météo (optionnel) : En fin de soirée. Nuit noire et pluie fine au dehors.
• Statut du RP : Fermé.
• Résumé : Profitant de la trêve, Maelys se rend auprès de Tristan, son Capitaine, pour lui déposer sa demande de mutation.
• Recensement :
Code:
• [b]03/01/1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3399-a-chaque-fin-il-existe-un-commencement]A chaque fin il existe un commencement[/url] - [i]Tristan d'Amar & Maelys Aigrépine[/i]
Profitant de la trêve, Maelys se rend auprès de Tristan, son Capitaine, pour lui déposer sa demande de mutation.


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Dernière édition par Maelys Aigrépine le Sam 17 Fév - 19:35, édité 4 fois
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Message Sujet: Re: A chaque fin il existe un commencement   Sam 17 Fév - 19:29

Mon écriture est tremblante, incertaine.
Je peste entre mes dents, peu satisfaite. Je me relis encore une fois, après avoir déposé la plume dans l’encrier. Ca fera l’affaire, ma petite. Tu peux bien écrire ce que tu veux, il le prendra mal s’il en a envie. Je lance un regard mauvais au carcajou resté à mes pieds. « Je te remercie de ton soutien, Vesper… » Comme si ce n’était pas déjà assez difficile, de devoir formuler ma demande de mutation à mon Capitaine. C’est lui qui me l’avait proposé, non ? Alors il devrait accéder sans mal à ma requête.

Je pousse un soupir agacé et plie d’un geste rageur la lettre pour la mettre sous pli. Le problème, ce n’est pas tellement qu’il ne fera aucune difficulté, mais cette impression certaine que je vais le décevoir. Je devrais m’en satisfaire, quelque part. Ne m’a-t-il pas lui-même déçu, à revenir sur un Ferveur bien changé, avec ces yeux cerclés de sang dardés sur moi ? J’ai eu la peur de ma vie quand sa statue animée à frapper les mâtins juste à côté de moi, et ma surprise a bien fallu me coûter un bras. Et que penser de cette gifle ?

J’aimerais me raccrocher à cette colère sourde qui demeure malgré tout, mais même elle ne saurait effacée tout ce qu’il m’a offert. Il a prié pour mon salut, au risque de se faire damner lui-même. Il a choisi d’emprunter cette voie par lui-même, malgré mes mises en garde, mais la magie du Sang ne l’a effectivement pas corrompu. Il est resté cette même personne, altruiste à l’excès, prêt à tous les sacrifices. Il s’est lui-même proposé pour tester toutes les solutions contre ce poison magique à Roc-Epine, quitte à y laisser sa vie pour sauver celles des innombrables mages contaminés.

Il n’a pas changé, comme il l’avait promis. C’est peut-être bien le problème.
Parce que le monde, lui, a changé.

Maelys ? Tu ne vas pas te mettre à pleurer. Je crie à la face de Vesper en repoussant le bureau : « Non, crétin ! » Mes mains tremblent encore, certainement. Il faut que je prenne le temps de réunir mes esprits, pour trouver les mots justes. Je prends une longue inspiration, avant de me diriger, lettre en main, vers les quartiers de mon Capitaine. Je frappe faiblement à la porte. J’attends qu’il m’invite à entrer pour pousser lentement le battant. « Je sais qu’il est tard mais… » Il travaille toujours, à noircir de la paperasse depuis que nous avons pu quitter le front. J’inspire à nouveau. « J’aurais une requête à vous formuler, mon Capitaine. » Je m’approche de son bureau pour glisser le pli sous ses yeux, et me recule de quelques pas, bras croisés dans le dos, dans une posture très militaire malgré mon regard plus fuyant.

« Je… C'est une demande de mutation, mon Capitaine. J’aimerais changer de Vol. »

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Message Sujet: Re: A chaque fin il existe un commencement   Jeu 5 Avr - 19:59

Quelle heure était-il ? Le capitaine n’aurait su le dire, enfermé dans son bureau, ne lisant, modifiant, rédigeant des documents qu’à la lueur d’une chandelle. Il ne supportait, en journée, la position assise que pour peu de temps, et même si la douleur s’accentuait le soir, il s’imposait de travailler, jusqu’à n’en plus pouvoir. Il détestait se sentir aussi diminué, et sentir les regards de pitié qui se posaient sur lui, par moment. Ou de colère, alors qu’il refusait d’écouter, par moment, les guérisseurs, qui s’attelaient à lui faciliter la tâche et à endormir la douleur – ou l’enjoignaient de se reposer et de cesser de s’entêter à travailler. Mais Tristan refusait de laisser son Vol en friche, de le délaisser à cause de ça. Il avait déjà fort à faire, pour prouver qu’un mage du Sang pouvait être à la tête d’un Vol, il ne faillirait pas, non. Au contraire, il redoublerait d’efforts. Il avait fait la promesse de pouvoir rester le même, malgré les changements qu’il avait subis – ou choisi de subir – et il le prouverait. Cela impliquait de tenir d’une main de fer le Vol, sans faillir. Qu’importent ses blessures.



Il ne pouvait nier être épuisé, pourtant, alors que la source de lumière se consumait, que la lumière elle-même s’amenuisait. Mais les mages guérisseurs étaient partis depuis longtemps, et nul ne pourrait l’interrompre, aussi continuait-il. Il reprendrait tout cela le lendemain, mais s’il pouvait s’avancer déjà, alors il le ferait. Jusqu’à ce que l’épuisement ait raison de lui. Il ne s’attendait pas à entendre ces coups résonner contre la porte de son bureau, pourtant. Qui venait le voir, à cette heure là ? Fronçant les sourcils, se levant, il alla ouvrir la porte, ne dissimulant pas sa surprise de voir Maelys ici. Depuis quand n’avaient-ils pas échangé en tête à tête ? Il ne sait pas les raisons de sa venue, mais son air sérieux et impassible lui déplaît. Il la laisse entrer, pourtant, retournant s’asseoir - il aurait préféré rester debout, mais il ne tiendra pas longtemps, et sa fierté l’empêche de le faire voir à sa recrue. Non, il est préférable de s’asseoir, et de ne laisser rien voir de sa faiblesse encore bien vive, malgré les mois qui se sont écoulés depuis qu’il s’est rend à Roc-Épine en compagnie d’Elise.



« Qu’importe l’heure. Je suis toujours à l’écoute de mes Chevaucheurs. Assieds-toi, Maelys. » Le fera-t-elle ? Elle n’en fera certainement qu’à sa tête, si elle est plus à l’aise debout. Il lève les yeux sur elle, ne la quittant pas du regard, alors qu’elle affirme avoir une requête à lui formuler. « Je t’écoute. » Il préfèrerait, en son fort intérieur, ne pas avoir à le faire. Qu’elle vienne si tard, si… fermée, n’augure rien de bon, n’est-ce pas ? Mais subsiste-t-il quoi que ce soit de la confiance qui les liait, avant tout cela, qui aurait pu lui faire croire qu’un échange favorable puisse encore arriver entre eux ? Probablement pas. Et ce constat lui est douloureux, probablement plus que tout ce qu’elle pourrait lui annoncer.



Ou peut-être pas. Le couperet tombe, et le capitaine blêmit, malgré lui. Il lui avait proposé, non pas pour calmer les choses, mais en étant parfaitement sérieux. Il aurait préféré ne pas avoir à le faire. Ne pas avoir à accéder à cette requête. Mais pouvait-il s’y opposer ? Elle ne croyait pas, plus, en lui. Ne pouvait plus lui faire confiance, vraisemblablement. Ne pouvait pas travailler à ses côtés. La requête n’en était pas facile à accepter pour autant. Il déglutit, laissant le silence s’installer un moment, avant de se lever. « Je n’ai pas oublié t’en avoir fait la proposition, et je ne reviendrais pas sur ce que j’ai dit, ce jour-là. Mais ce sera une grande perte, pour mon Vol. Pour moi. J’accèderai bien sûr à ta requête. Je vais de ce pas écrire à mes homologues, des autres duchés. Savoir s’ils sont prêts à t’accueillir. Mais as-tu une préférence ? »



Il s’arrêta un instant, s’appuyant sur le bureau, une grimace de douleur prenant place sur son visage, qu’il s’efforça de chasser autant que possible. « Je doute qu’Outrevent te convienne. Trop… austère, pour toi. » Bel euphémisme, pour dire que la Lorgoise n’y serait pas la bienvenue. Trop différente, trop indépendante. « Je pense que tu pourrais trouver ton compte en Ansemer, ou en Cibella. Tu brillerais, en Cibella, tu aurais probablement une carrière qui évoluerait rapidement. Tu pourrais devenir major sous peu, Maelys, tu sais ? Mais Ansemer serait aussi accueillant pour toi – de ce que j’en connais. Où que tu désires te rendre, j’écrirais au capitaine, pour lui dire que tu seras une excellente recrue. Impétueuse, mais bien plus responsable qu’il y a quelques mois. » Se rendait-elle compte qu’elle avait changé ? Que la guerre, peut-être, l’avait changée ? Elle avait évolué, et méritait le meilleur, Tristan en était convaincu. Il aurait simplement souhaité que son avenir soit à ses côtés, en Lagrance. Mais le gouffre entre eux était trop grand, semblait-il.

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Message Sujet: Re: A chaque fin il existe un commencement   Dim 22 Avr - 0:06

Il ne s’attendait pas à me voir, pas à cette l’heure-là, ou pas tout court. Nous ne nous parlions plus vraiment, depuis qu’il m’avait révélé son affiliation magique… Ou disons plutôt depuis que je l’avais constaté, ce n’était pas vraiment quelque chose que l’on pouvait ignorer. Je la voyais encore très nettement, cette magie maudite, cette magie malicieuse, alors qu’il dardait ce regard surpris sur moi. Un regard cerclé de rouge. Un frisson désagréable me remontait l’échine en songeant au Jour des Anciens, quand cette statue s’était animée sous l’inflexion de sa propre volonté, pareil à ces proues torturées et mutilées qui hurlaient aux cieux. Je ne pourrais pas oublier, jamais. A chaque fois que je le voyais, cette même vision s’imposait à moi. C’était Tristan sans l’être. Il était toujours aussi bon, aussi gentil. Il m’avait affirmé qu’il ne changerait pas, malgré la corruption. Je l’avais cru. Seulement… Ce n’était plus seulement lui le problème. C’était un tout. C’était un trop.

Je me forçai à ne pas détourner le regard du sien, comme un aveu de faiblesse, ou d’effroi. Je restais debout, à lui faire face. J’étais raide, incapable de prendre mes aises. J’aurais voulu déposer cette lettre et m’enfuir aussi vite. C’était lâche, tellement, face à cet homme qui m’avait tant donné. C’était précisément ce qui me donnait envie d’être lâche avec lui. Je n’avais jamais mérité toute l’attention qu’il m’avait accordée, et je savais déjà que j’allais le décevoir.

Je le vis blêmir, lui qui ne montrait habituellement absolument rien. Je déglutis, bras croisés dans le dos, à attendre le verdict. Le silence s’étira, presque à la limite du supportable, avant qu’il ne daigna enfin reprendre la parole. Il accepta.

Je baissai le regard, confuse, alors qu’il avançait que je serais une grande perte. « Je ne le pense pas, mon Capitaine. Le Vol – et vous-même – vous porterez bien mieux sans moi. Je ne… J’ai peiné à trouver ma place dans le Vol de Lagrance, vous le savez bien. » Je relevai le regard, pour le fixer un temps. « C’est précisément ce pourquoi vous m’accordiez autant d’attention, n’est-ce pas ? Parce que j’étais un peu comme le… mouton noir. » Je chuchotai à voix basse. « Et Pion Noir maintenant. » Je marquai un silence, éprouvée. « J’ai besoin d’un nouveau départ, vous comprenez ? Je ne… Je suis épuisée de tous ces jugements, de ce décalage avec la politique de mon duché. Ce que je défends… Je ne peux pas seulement rester pour ceux que j’apprécie. » Surtout qu’il ne restait plus que Thomas. Que ce soit mon duc ou mon capitaine, ils me paraissaient tous deux si éloignés maintenant. Ils étaient certainement déçus de mes choix, de mon appartenance, et ce ne serait pas la première fois. Ils ne le diront pas, c’est tout. Rien ne se disait en Lagrance.

Mais mon capitaine ne fit pas beaucoup de difficultés. Il ne cherchait pas à me retenir, ce dont je le remerciais mentalement. S’il avait tenté… C’aurait été pire encore. Ma décision était déjà prise, mûrement réfléchie. Ca n’aurait été que plus difficile à supporter. Mais comme toujours, il se révélait fier, droit, honorable. Il n’avait pas tellement changé d’attitude, finalement, si ce n’était cette froideur… Il était également toujours au plus mal, même s’il cherchait à ne rien en laisser paraître. « Vous devriez vous rassoir, mon capitaine. » Arriverais-je un jour à arrêter de prononcer ces mots ? Mon Capitaine ? Je me faisais moi aussi du mal inutilement.

J’inspirai lentement. « Mon choix s’est porté sur Ansemer. » Outrevent ? Que le Destin m’en garde, jamais de la vie ! Cibella ? L’idée m’avait traversée, naturellement. Seulement, j’imposais encore un changement à Octavius, et j’espérais que celui-ci soit en mieux pour lui. Le pauvre était déjà tributaire de mes caprices. Dire que, dans son duché natal, c’était l’homme qui imposait le lieu à la femme… « Je vous remercie de votre confiance, mon capitaine. » Major… Il en parlait comme si j’avais pu finir par l’être ici aussi. Avec autant de personnes qui me contestaient ? J’aurais laissé encore moins indifférente qu’auparavant, c’est sûr. « Ansemer… Ansemer sera parfaite. » Je passai d’un pied à l’autre, gênée. « On se plaira bien, à Ansemer. » Et je connaissais le capitaine d’Ansemer. Ce n’était pas un mauvais bougre, plutôt compétent quand il s’en donnait la peine, même si je me demandais encore comment il avait réussi à s’octroyer ce titre. Au moins, il n’était pas pédant et suffisant, avec un balai bien enfoncé dans son fondement, comme celui d’Outrevent. Et il n’était pas mage du Sang, ou quoi que ce soit en rapport avec des statues désarticulées. Rien de déplacé. En y repensant, il était assez simple, et je ne doutais pas qu’Octavius saurait l’apprécier également.

Je relevai le regard pour croiser le sien, hésitante, malgré mes projets d’avenir, mes rêves, ce souffle de liberté… « Vous pensez réellement ça de moi, mon capitaine ? » Impétueuse, responsable. Digne de porter le titre de major. « Vous n’êtes pas… Déçu ? »

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Message Sujet: Re: A chaque fin il existe un commencement   Dim 6 Mai - 16:39

Il lui aurait facilité la tâche, à s’asseoir. Impossible de détourner le regard de cette jeune femme affirmée, frondeuse même, droite devant lui, pas prête à céder le moindre bout de terrain. Elle était une excellente Chevaucheuse pour cela – parce qu’elle se battait jusqu’au bout pour ses convictions, pour ce qu’elle défendait. Elle n’avait pas fait le serment de défendre Faërie à la légère. Mais c’était aussi cela, qui avait creusé l’écart entre eux, causé par cette magie vers laquelle il s’était tourné, après des mois à hésiter, incapable d’affronter ce sacrifice qu’il avait pensé devoir faire. Ce sacrifice qui resterait pour toujours gravé dans son esprit. Il savait que le chemin qu’il avait emprunté serait parsemé d’obstacles, quand il l’avait choisi. Était-il prêt, pourtant, à renoncer à tout ce qui lui était enlevé petit à petit ?

Avait-il seulement son mot à dire ? Maelys ne le lui laissait pas. Il aurait pu freiner son transfert, être un obstacle à sa demande de mutation, mais il n’avait qu’une parole. Et quel que soit l’impact que cette demande avait sur lui, il ne reviendrait pas sur une proposition faite des mois auparavant. « Tu n’as pas la sensation d’avoir ta place ici, mais tu as tort. Je connais mes Chevaucheurs, je connais mes forces. Certains plus que d’autres, il est vrai. Tu en fais partie. Mais les Chevaucheurs, s’ils ne t’appréciaient pas forcément, te respectaient. Pour ta force d’âme, ton investissement, ton obstination – parfois préjudiciable, souvent un atout parce qu’utilisée pour défendre Lagrance, avec toute la ferveur et toute la force dont tu disposais. »

Il fronça les sourcils, pourtant, en l’entendant, se levant pour s’approcher d’elle. Il n’aura pas de geste malvenue, pas d’attention dont elle ne veut plus. « Tu te trompes. Quand tu vois un mouton noir, je vois une Chevaucheuse dont les ailes peinent à se déplier. » Peinture qu’il voyait aisément. Et pour cause… Combien de temps ses propres ailes avaient refusé de se déployer, de l’élever, quand c’était son droit ? Elle ne comprendrait jamais ce qu’il voyait en elle, la similitude entre eux, sur certains points. Il ouvrit la bouche, sans bien savoir quoi répondre, alors qu’elle lui affirmait ne pas pouvoir rester pour ceux qu’elle appréciait. Ou sans vouloir lui affirmer que ce qui la dégoûtait était plus fort encore. Car il s’agissait de cela, n’est-ce pas ?

« Je suppose qu’il n’y a pas d’autres solutions, si les différents sont trop grands… » Il avait murmuré cette phrase, mais il était assez proche d’elle pour qu’elle l’entende. Car tout se réduisait à cela, n’est-ce pas ? Ce décalage avec la politique de son duché… Il pouvait le prendre personnellement. Elle ne parvenait pas à l’accepter, parce qu’il était ce qu’elle considérait comme une abomination. Soupirant, il se rapprocha du bureau, dans un geste qu’il voulait naturel, pour s’appuyer dessus. Comme si ce simple mouvement pouvait apaiser la douleur qui irradiait dans sa jambe. Il hocha la tête, à sa recommandation, sans rien n’en faire. Si elle était obstinée, il l’était aussi. Il l’avait toujours été. Et il refusait de se soumettre aux caprices de sa jambe. Parce que cette douleur-là éloignait l’autre, plus profonde, plus puissante, plus dévastatrice encore, qui commençait à pulser en son sein. Celle de ce lien à jamais brisé avec la personne qui lui faisait face. Son capitaine… Ces mots, deux simples mots, suffisaient à donner plus de puissance à cette cassure qu’il ressentait.

Il serrait les dents, malgré tout, incapable de faire refluer la douleur, la laissant parler. Il hocha à nouveau la tête, pour apprécier la justesse de son choix. Se rendait-elle compte qu’elle faisait preuve là du discernement nécessaire à un major ? Celui d’apprécier la situation, et d’agir en fonction. Il leva les yeux vers elle, surpris. Elle le… remerciait ? N’était-ce que des paroles creuses ? Elle semblait sincère, pourtant. Mais pouvait-il se fier à ses impressions, en ce qui la concernait ? Il n’en était plus aussi certain. Mais une chose était sûre, il ne s’attendait pas à cette gêne qu’elle semblait manifester, ni à cette remarque, qui l’atteint plus qu’il ne le pensait. Elle construisait ses attaches ailleurs. Construirait sa vie ailleurs. Il n’y avait aucun espoir qu’elle revienne, n’est-ce pas ? « J’espère que ce duché t’apportera ce que tu recherches. » Qu’importe que sa mutation l’atteigne, il ne voulait malgré tout que du bien à Maelys. Oui, que du bien. S’en rendait-elle seulement compte ? Il finit par s’asseoir, renonçant à accrocher son regard fuyant – quelle importance, qu’il garde la face, au final ? Pourquoi choisit-elle ce moment, pour relever son regard sur lui ? La dernière image qu’elle aurait de son capitaine suffirait à la rassurer sur la justesse de son choix. « J’ai toujours cru en toi, Maelys. Toujours su que tu pouvais t’élever, au delà des obstacles auxquels les autres te soumettaient. Su, aussi, que tu pouvais briser les chaînes que tu t’imposais toi-même. Tu es vraisemblablement en train de le faire. »

Il soupira, à sa question, incertain de la réponse à y apporter. Incertain, même, de ce qu’il en était. Était-il déçu ? Oui. Mais probablement pas comme elle l’entendait. « Si. Je suis assurément déçu. » Il laissa le silence s’installer un moment, cherchant ses mots. « Je suis déçu de te perdre. Déçu de ne pas avoir été en mesure de faire ce qu’il fallait pour te retenir ici. Déçu de t’avoir déçue. J’ai fait le bon choix, j’ai accepté les conséquences en le faisant, mais je ne pouvais toutes les imaginer… Et si je referai surement le même, ça n’adoucirait en rien ces épreuves auxquelles je dois être confronté. Mais ma déception de n’avoir pas su quoi faire est vive, et sans égale. » Incroyablement éprouvante, une plaie lancinante qui ne voudrait pas se refermer.

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Message Sujet: Re: A chaque fin il existe un commencement   Jeu 17 Mai - 11:44

Pourquoi me disait-il tout ceci ? Et surtout, pourquoi maintenant ?
Je me tendis comme la corde d’un arc, alors qu’il s’approchait de moi. Je n’étais pas certaine de conserver ma réserve actuelle, s’il avait un quelconque geste envers moi, mais Tristan s’en préserva. Je lui rendis un regard incertain, quêtant dans mon esprit le soutien de Mirage, qui se contenta de garder le silence. Je baissai le regard, incapable de le soutenir plus longtemps. « Déployer mes ailes me sera peut-être moins difficile, en changeant d’air. » Non. Il n’allait pas réussir à faire faillir ma résolution. J’avais déjà pris ma décision, avec Octavius, et je ne comptais pas revenir en arrière maintenant. Je n’avais encore jamais reculé, et même mon capitaine n’avait pas cette prétention.

Pourtant, sa bienveillance à mon égard était presque plus difficile à supporter que sa déception. Il était persuadé que j’avais ma place parmi eux, au Vol de Lagrance, alors même que ces derniers mois avaient fortement confirmé mes doutes. Peut-être que les autres Chevaucheurs me respectaient… Je n’y croyais pas vraiment. Pouvait-on se montrer si méprisant, en respectant quelqu’un ? A l’écouter, c’était moi qui me serais mise à l’écart de ma propre initiative. Est-ce que j’avais tort de penser que ce serait plus simple ailleurs ? Au moins, les Ansemariens seraient moins hypocrites que les Chevaucheurs Lagrans. Je me poserais certainement moins de questions. J’espérais également être moins en décalage avec leurs valeurs morales. Je savais déjà que le capitaine d’Ansemer apprécierait tout autant – si ce n’est plus encore – ces belles qualités que me décrivaient subitement Tristan.

Oui, comme il le disait si bien, les différents étaient trop grands actuellement. Je ne pouvais pas lui donner tort, alors je gardais le silence, comme si je n’avais pas entendu ce murmure filtrer de ses lèvres. Je relevai la tête, le regardant par en-dessous, alors qu’il s’appuyait à son bureau dans un soupir. Il semblait si las, si éprouvé. C’était souvent le cas, bien sûr, car mon capitaine présumait souvent de ses forces… Mais c’était encore pire ces derniers temps. Je m’en voulais un peu de lui infliger ça, en plus du reste. Il semblait même surpris que je le remercie. « Vous savez que j’aurais toujours à cœur de défendre Faërie, mon capitaine, peu importe le Vol auquel j’appartiendrais. Ansemer et Lagrance sont de bons alliés. Je ne pense pas que mon attachement entravera mon avancée. » Ce serait même l’inverse.

Je ne pouvais pas lui dire clairement ce que j’avais sur le cœur, impossible. C’étaient certainement mes sentiments confus pour lui qui m’incitaient encore davantage à partir. Trop d’affects. Le voir survoler le champ de bataille sur son dragon d’argent me suffisait bien souvent à douter de ce qui était juste, de ce qu’il convenait de faire. Je ne savais plus depuis quand exactement notre relation avait pris une tournure étrange, mais certainement quand il s’était sacrifié pour me sauver la vie. Avant lui, personne ne l’avait fait. Depuis, j’avais toujours pu compter sur son soutien, et lui sur le mien. Qu’il m’ait confié le prix qu’il avait eu à payer pour me ramener… Je l’avais vu comme une preuve indéfectible de confiance à mon égard, quelque chose à quoi me raccrocher. Je n’avais vécu que plus cruellement encore cette trahison, de le voir embrasser cette magie impie. Et peut-être – certainement même – je l’aurais mieux pris si nous n’étions pas si… Si quoi, au juste ? Si proches ? Je ne savais pas réellement ce qu’il représentait pour moi. Je préférais sans doute ne jamais le savoir, car tout nous séparait maintenant.

Je me libérais de ces doutes. Il ne devait sans doute pas réaliser à quel point ses paroles étaient justes, à quel point elles s’appliquaient à… Lui. Il avait été ces chaînes que j’avais endossées presque avec reconnaissance. C’était sans doute mieux que nous prenions des chemins différents. Je cillai, pour chasser ce voile brillant qui me brouillait la vue. Je pris une longue inspiration, et la bloquai à l’entendre sans détour me faire part de sa déception. J’avais posé la question, mais je ne m’attendais pas ce qu’une simple confirmation me fasse si mal. Mais quand il a précisa sa pensée, ces mêmes incertitudes me revinrent en bloc. C’était de lui, dont il était déçu ? De ne pas savoir comment réagir à mon départ, l’éviter ? « Il n’y a rien que vous auriez pu faire, mon capitaine. » Mes mots étaient tranchants, durs, mais il le fallait. « Ces doutes me rongeaient depuis bien avant que vous n’embrassiez la magie du Sang, vous n’avez été qu’un déclencheur. » Je me mordis la lèvre. « La magie du Sang s’est éveillée en vous, au moment même où l’esprit ancien d’Aïfa m’a choisi. Nous étions destinés à suivre des voies différentes. C’était inévitable. »

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