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 Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme

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Message Sujet: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Ven 30 Mar - 19:53


Livre III, Chapitre 2 • De Plume et de Serre
Sifaï Sinhaj & Liry Mac Lir

Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme

Lost in translation



• Date : 1er juillet 1002
• Météo (optionnel) : Il fait très bea
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Toujours en quête de distraction en attendant de repartir en mer, elle qui l'appelle toujours autant, Liry s'aventure jusqu'à la Ville Haute, découvrir un peu de nouveau.  Dans ses jolies rues, elle tombe sur Sifaï qui cherche un cadeau à offrir à sa titulaire.  Ensemble, peut-être trouveront-elles le présent parfait!
• Recensement :
Code:
• [b]1er juillet 1002 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3537-les-yeux-brillent-de-mille-feux-quand-ils-abritent-une-belle-ame#131750]Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme[/url] - [i]Sifaï Sinhaj & Liry Mac Lir[/i]
Toujours en quête de distraction en attendant de repartir en mer, elle qui l'appelle toujours autant, Liry s'aventure jusqu'à la Ville Haute, découvrir un peu de nouveau.  Dans ses jolies rues, elle tombe sur Sifaï qui cherche un cadeau à offrir à sa titulaire.  Ensemble, peut-être trouveront-elles le présent parfait!


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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Ven 30 Mar - 19:53

Le beau soleil d'été brille haut et fort au-dessus de la Ville aux milles tours.  Probablement pas aussi joliment que sur les mers où navigue actuellement le Borée, mais un beau ciel clair et bleu, il y a de quoi te rendre d'humeur joyeuse.  Il n'y a que deux semaines que tu es à Lorgol.  La ville a changé depuis ton dernier passage et tu t'amuses à vagabonder ici et là, en quête de sensation forte.  Il reste encore de longs jours avant ton départ à bord de l'Égide, le seul drakkar de tout Arven et l'importance de ta mission brille encore de tout son éclat.  Tu ne comprends toujours pas pourquoi c'est aussi important que tu te fasses discrète, ni pourquoi un simple sablier, aussi massif et luxueux soit-il, puisse importer tant aux yeux des continentaux, mais tu te l'expliques en songeant que c'est encore une de leurs lubies étranges.  De façon générale, ils sont toujours un peu bizarres et même si tu révères Pénélope, elle a été contaminée par leurs drôles d'habitudes.  Elle est plus continentale qu'îlienne par moment, à ton grand désarrois.  Juste ces grosses robes qu'elle porte.  Tu n'en reviens toujours pas.  Enfin, c'est sans importance, parce qu'elle est tout de même beaucoup plus jolie que le reste des femmes qui foulent la terre.  Et pour elle, tu veux bien te lancer dans des aventures inexplicables.

Mais en attendant, il faut que tu t'occupes.  Depuis toute petite, tu as un besoin de bouger, de t'agiter et attendre sagement dans la chambre que tu loues à la Taverne de la Rose n'est certainement pas une option.  Et pour ce jour, tu as de grands projets de sorties.  Jusqu'à présent, tu t'es toujours contentée des rues avoisinantes de la Ville Basse et tes pas t'ont souvent portée jusqu'au port, mais il est temps pour toi d'élargir tes horizons en allant du côté de la Ville Haute.  Inconsciente de l'allure de tache que tu ferais dans le décor, tu t'y rends même en chantonnant, vêtue simplement, des trous perçant ça et là ta robe.

Les gens jettent sur ton passage des regards horrifiés, ou au moins dédaigneux, mais tu ne t'en préoccupes pas.  Ça ne fait pas vraiment changement de quand tu n'étais qu'une enfant à l'académie : les gens n'avait jamais était particulièrement aimables à ton égard là-bas.  C'est à bord du Borée que tu as pu te faire ta place le plus vite en compagnie des continentaux, mais entre temps, tu étais déjà habituée.  Alors ce ne sont pas les petits bourgeois de la Ville Haute qui peuvent t'atteindre.  Du moins jusqu'à ce que tu remarques que tu n'es pas la seule à attirer les regards.

En aval, une autre jeune fille à la peau colorée, semble tout aussi peu faire partie du paysage que toi-même et l'espace d'un instant, vos yeux se croisent et… tu es mesmérisée.  Jamais de ta vie tu n'as vu de pareilles prunelles sur une humaine.  Sans faire plus de cas, tu t'approches à pas rapide de l'adolescente pour satisfaire ta curiosité.  « Hep toi là!  Tes yeux, cé d'la magie?  Comment que t'as fait?  Ça m'fait penser à des yeux de… tsé… ah chais pu comment que ça s'pelle là! »  Sans y avoir réfléchis, tu lui bloques la route, trop motivée par ta curiosité.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Mar 3 Avr - 1:57

L’humidité était à Lorgol ce que la déchéance était à Sombreciel. Partout. Tout le temps. Si Sifaï avait longtemps joui d’une chevelure soyeuse de boucles souples au coeur de son désert, elle désespérait désormais d’une tignasse anarchique en constante bataille. La proximité du port rendait son quotidien compliqué, sans même évoquer le léger problème de langage entre elle et le reste des cadets. Le reste des Voltigeurs, même. Mais aujourd’hui était jour de repos, autant pour Simoun qui s’amusait à planer d’une tourelle à une autre que pour elle, petite Sinhaj déracinée. Si d’ordinaire la cadette aurait enfilé sarouel et bottes souples pour s’entraîner d’arrache-pied jusqu’à épuisement, il en était tout autrement aujourd’hui. Pas de sabre, pas d’arc, pas de sauts calculés et d’appréhension de son griffon. Aujourd’hui, Sifaï allait dépenser ses fleurons de cadette afin d’offrir à sa cousine idolâtrée un présent.

Une tunique erebienne à l’échancrure fine l’habillait, dans un coton qui trahissait son manque de noblesse. Fille des sables, il n’y avait pour elle ni soie, ni cachemire, même ici, en pleine Haute Ville. Malgré son manque de richesse dans ce quartier logeant l’élite la plus fine, Sifaï demeurait droite, tenue sans doute par une pointe d’orgueil, alors qu’un embarras profond nouait ses tripes. Verraient-ils l’or de son bracelet ciselé par les joailliers réputés d’Erebor et l’éclat de ses pendeloques, en oubliant ses frusques quelconques?

Pour dissimuler sa timidité et son embarras, elle traçait d’un pas leste, la tête haute, n’ayant de regard que pour les façades des boutiques. Chacune d’elle hurlait beauté et raffinement, prix incroyablement élevés et qualité assurée. Il n’y avait eu que la devanture parsemée de marguerite qui lui avait fait ralentir le pas, car la vitrine impeccable lui renvoyait son reflet. Élancée et dorée. Il était rare pour elle de se voir ainsi, entière, et elle allait s’approcher pour comprendre le mouvement, au-delà de son reflet, lorsqu’une furie l’approcha en feulant.

- Hep toi là!  Tes yeux, cé d'la magie?  Comment que t'as fait?  Ça m'fait penser à des yeux de… tsé… ah chais pu comment que ça s'pelle là!
- …?!

Du charabias incompréhensible de la femme - car il s’agissait bien d’une femme sous ces vêtements étranges et ces ongles crasseux -, Sifaï ne retenait que le mot magie. Mot simple. Mot méprisé. Tout ce qui était magique n’était forcément que très peu erebien. Tout ce qui était magique était lié à Faërie, cet empire qui envoyait les dragons mettre à feu et à sang son désert et ses gens. Alors elle plissait ses yeux, finement, pour mieux dévisager l’étrangère au langage plus incroyable que le sien et à la silhouette presque aussi grande que la sienne. Sur son museau, sur son front, sur ses joues, il y avait la toute la voûte céleste de Valda. C’était autant joli que déroutant, et bien malgré elle, la Voltigeuse se détendit. C’est environ à ce moment que le mouvement reprit, depuis la vitrine. Une figure de chat s’animait. Comme par magie.

- Ah… Magie.

Non. Elle ne mettrait pas un pied dans l’endroit. Il était peu probable que Rejwaïde apprécie un présent semblable.

- Tu… Tu.. Perdue?

C’était également peu probable que la femme habite par ici.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Dim 8 Avr - 0:49

Tu fixes la jeune femme et ses drôles de yeux pas communs, attendant une réaction de sa part, mais elle ne semble pas comprendre ce que tu lui dis.  C'est vrai que c'est pas tous les continentaux qui y arrivent facilement.  C'est pas ta langue natale, tu préfères le parler chantant de ton île, mais tu fais des efforts tout de même pour parler leur langage étrange.  En tout cas, elle n'a pas que les yeux de particuliers, elle n'a pas l'air très vive d'esprit non plus.  Ou peut-être que tu lui fais peur?  Il faut dire que ça paraît bien que tu n'es pas d'ici et tu te souviens bien que par le passé les autres étudiants de l'Académie n'aimait pas trop t'approcher à cause de ta différence.  Ce qui était idiot, parce que au final, tu te trouves bien plus polie que bien des continentaux.  Tu ne sais pas trop pourquoi elle répète le mot magie avec cet air perdu, peut-être qu'elle n'aime pas ça?  Tu sais qu'une partie du continent n'aime pas trop ça, mais comme toi ça ne te fait rien…  Tu jettes un coup d'oeil à la vitrine qu'elle regardait et tu perds un instant le contact avec la réalité.  Les figurines qui y sont exposées bougent d'elles-mêmes!  Il te faut un de ces trucs pour Penny!  Tu as bien envie d'entrer et tu as complètement oublié l'autre jeune fille.  Jusqu'à ce qu'elle élève la voix de nouveau.  Ça te fait sursauter parce que tu étais partie dans un autre monde.

Il te faut un instant pour comprendre ce qu'elle te dit.  En fait, elle cause pas comme les autres continentaux.  Mais c'est clairement pas une Îlienne comme toi, tu l'aurais su tout de suite.  Alors d'où est-ce qu'elle vient?  D'un autre Archipel caché que quelqu'un d'autre a découvert avant toi?  Le scandale transparaît sur ton visage.  Tu voulais également Pascaline Mapemonde, mais si les gens font les découvertes avant toi, ton nom sera rapidement oublié.

« Moi perdue?  Ben non!  Par les tentacules d'kraken!   P'quoi que j'srais perdue moi.  J'fais juste m'promener comme que ça t'vois? »

Tu lui jettes un regard étonné.  Puis tu songes qu'elle s'est peut-être trompée de mots en fait.  Si elle vient d'un endroit mystérieux et inconnu, elle ne parle pas très bien l'arvenien.  Forcément, elle fait de petites erreurs, un peu comme toi quand tu étais plus jeune.  Maintenant, tu parles parfaitement la langue, en tout point.

« T'viens d'où?  T'ressembles un peu aux gens d'Brebor là, mais ceux-là, yont pas lé yeux comme que toi.  T'perdue?  T'veux aller où?  J'peux peut-être t'aider, j'connais ça Lorgol moé!  Par exemple, j'veux aller dans c'te boutique en pr'mier, ya plein d'trucs vr'ment chouettes! »

Tu n'hésites pas un instant à lui prendre la main pour l'entraîner à l'intérieur de la boutique aux marguerites blanches.  Comme tu vas l'aider à retrouver son chemin, elle peut bien t'accorder quelques minutes pour que tu offres un petit cadeau à ta sœur.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Mer 11 Avr - 4:10

Il lui avait fallu un long moment, à la jeune femme tachetée, pour comprendre la question pourtant d’une simplicité criante. Il n’y manquait qu’un verbe, tout au plus, pour rendre les mots lancés avec hésitation plus cohérents. Le verbe être avait toujours été si complexe à retenir, avec ses multiples formes selon les temps et les personnes, et Sifaï évitait le plus souvent possible de l’employer, par risque de multiplier les erreurs. L’air scandalisé de l’étrange femme ne rassurait en rien la cadette, et le silence ne fut brisé que par une avalanche de mots incohérents et machouillés à la manière d’un os sous les crocs d’une hyène affamée. L’Erebienne avait vaguement cru comprendre que la femme, devant elle, n’était pas perdue, et alors qu’elle méditait sur la signification du mot Drakène, la machouilleuse revenait à la charge avec un enthousiasme déconcertant.

- Calme.

Elle n’avait sans doute pas entendu, ou alors son propre babillage avait enterré à tout jamais son appel au calme, car elle lui prenait déjà la main pour l'entraîner en direction de la boutique aux créatures animées. Sifaï avait suivi en pressant le pas, cherchant mollement à se défaire de son emprise. La vie avait été douce, avec elle, jusqu’à présent, et les rebondissements annonçaient souvent quelque chose d’heureux. Comme Simoun. Alors, peut-être, la femme tachetée attirerait-elle le regard clément du Destin ? Sifaï l’espérait, toute bousculée hors de sa coquille de timidité.

- Pour la.. noblesse. Calme.

Dernier appel à la raison, avant la fin du monde. Car il était fort probable qu’elles se fassent expulser, en raison de la tenue de la blonde. Sifaï n’était sans doute pas la mieux vêtue, ni la plus joliment parée, mais… Mais elle ne ressemblait pas à ça! Tout, plutôt que de se faire remarquer, sortir du lot, pour de mauvaises raisons. Une raison haute d’un mètre quatre-vingt, blonde et mouchetée. Sans doute par crainte qu’elle hausse la voix et attirer sur elles l’attention du commerçant, l’Erebienne se sacrifia à lui tenir la porte, la laissant passer en premier avec une étrange politesse. Elle allait refermer la porte derrière la femme, les séparant à tout jamais, lorsqu’un élan de remord se fit sentir, là, au creux de sa poitrine. Combien de cadets lui auraient fait le coup, à elle, la maigrichonne, l’étrangère, celle qui avait joué de hasard et non d’ambition pour intégrer la Voltige? Elle était certes timide, mal assurée, jalouse, bourrée d'orgueil, fière de la supériorité de son duché et tant d’autres défauts, encore, mais elle n’était pas cruelle.

Le regard fuyant, les mains croisées à son dos à la manière d’une enfant sage, Sifaï s’était invitée elle aussi dans la boutique où chaque petit objet symbolisait la délicatesse même. De quelques enjambées souples, elle avait rejoint l’autre, sa comparse de méfaits.

- Et maintenant?

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Mar 17 Avr - 18:07

La noblesse?  Tu te demandes sincèrement pourquoi évoque-t-elle cette haute strate de la société?  Est-ce qu'elle connaît Penny?  L'idée te frappe de plein fouet.  C'est sûrement ça qu'elle veut dire!  C'est plus que parfait.  Elle pourrait peut-être t'aider à choisir?  Oui peut-être pas, si tu ne choisis pas toi-même le cadeau de ta sœur, c'est particulièrement déplacé.  Elle mérite bien que tu t'en charges et tu connais suffisamment bien ses goûts pour savoir quoi lui prendre.  Tu t'approches d'une tablette au-dessus de laquelle flotte quelques automates à l'allure délicate.  Ce sont de petites personnes ailées, c'est fort joli.  Tu fais signe à ta comparse de venir regarder.

« Viens, r'garde ça qu'c'est beau! » l'appelles-tu sans prendre la peine de maîtriser le son de ta voix.  Qu'importe si tu es un peu bruyante.  Personne ne t'en voudra de mettre un peu plus de vie dans cette boutique si tu ne casses rien.  Tant que tu ne cours pas dans tous les sens, tu devrais réussir à t'en sortir même plutôt facilement.  Tu lui désignes une petite fée particulièrement jolie.  Elle tourbillonne sur elle-même, comme une danseuse, tu es rapidement fascinée et tu en oublies un peu tout ce qui se passe autour de toi, même de vérifier si la fille aux grands yeux t'a suivie.

Ce qui te tire de ta réflexion, c'est une voix masculine qui s'enquiert de savoir si vous avez besoin d'aide pour quoi que ce soit.  Surprise, tu te cognes la tête contre la tablette – heureusement rien n'en tombe – et tu te tournes pour regarder.  Un instant tu plisses les yeux en cherchant l'homme qui a parlé, mais tu ne vois qu'une femme avec les cheveux courts.  C'est étrange et tu jettes un coup d'oeil à ta nouvelle amie, pour voir si elle pense comme toi.  Finalement, tu décides de demander le prix pour cette magnifique petite poupée flottante.  Le nombre de fleurons qu'il faut pour se l'approprier est exorbitant.

« Voleur!  Faire p'yer autant d'fleurons!  C'hontateux!  Vous êtes horrible! »

Le scandale est grand et tu uses de ton index comme objet de menace.  Tu attrapes de nouveaux la main de l'étrangère que tu as cueillie sur les pavés de la Ville Haute et l'entraînes en-dehors de la boutique beaucoup trop onéreuse pour tes pauvres moyens.  Se séparer d'autant de fleurons, c'est une honte.

« T'vu combien cette femme v'lait m'voler m'fleurons?  Non d'une viv'nef à r'lette!  Si a pense que j'vas m'laisser faire! »

Tu esquisses un geste déplacé à l'égard de la boutique, accompagné de quelques jurons dans ta langue natale.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Mer 25 Avr - 15:41

L’homme tout en finesse les observait avec une certaine appréhension, et Sifaï ne put s'empêcher de penser “Avec raison”. Plus elle suivait cette hurluberlue, plus elle y voyait des signes de folie douce. Lorsque l’étrangère s’était inclinée sur une danseuse animée, Sifaï en avait profité pour regarder les petits objets délicats ornant les étagères. Il n’y avait pas de griffon, aucun, mais même l’animal le plus insignifiant avait son charme et était susceptible de plaire à sa titulaire. Alors qu’elle hésitait entre un cheval racé et une poupée à la peau dorée, la voix de la femme s’élevait et s’emportait comme les vagues tumultueuses du large. Sifaï redressa la tête, stupéfaite d’un coup de rage dans cette boutique qui inspirait pourtant la quiétude.

- Voleur!  Faire p'yer autant d'fleurons!  C'hontateux!  Vous êtes horrible!

Elle n’avait pas même eu le temps de chercher à comprendre que la femme tachetée lui empoignait la main et la traînait à sa suite sans plus de considération. Des mots lancés en désordre en guise d’explication, et la voilà qui insultait un peu plus le commerçant. L’Erebienne dégagea sa main et l’agita plutôt devant le museau de la furie.

- Ville Haute. Tout cher, ici.

Peu de mots, mais des mots précis. Elle allait parler, se plaindre ou beugler, et Sifaï le pressentait. D’une main, elle lui toucha le bras et coupa court à ses jérémiades qui semblaient couler à torrent sur le pavé richissime de la Ville Haute. Les passants les dévisageaient un peu trop. En aucun cas, la Voltigeuse désirait être associée à une femme aussi vindicative.

- Calme toi.

De cette même main, elle désignait une boutique, puis une autre, cherchant à éloigner son attention de la boutique d’automates. Là, une pâtisserie fine, là-bas, un commerce de voiles et foulards brodés, ici, des liqueurs délicates. Après ce petit tour d’horizon, Sifaï revint sur l’itinérante. De moins en moins convaincue que la blonde ait les moyens de s’offrir quelque chose sur cette rue, l’Erebienne s’entêtait malgré tout à la questionner. La simple formulation de la question prit un temps, ponctuée d’hésitation, mais elle y parvenait, la cadette.

- Que.. Que veux-tu?

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Sam 5 Mai - 23:24

Tu regardes l'autre fille puis tu souris avant d'éclater de rire.  C'est qu'elle a tout à fait raison.  La Ville Haute, c'est cher partout.  Elle te plaît bien celle-là, elle parle un peu bizarrement, mais au moins c'est pas compliqué comme les autres continentaux, elle est facile à comprendre.  Ça te fait penser un peu à Raphsodie.  Elle ne parle pas, jamais, mais pourtant, tu n'as jamais de mal à comprendre ce qu'elle veut te dire.  Des gens qui n'abusent pas des mots, il en manque vraiment beaucoup parmi tous ces gens que tu as rencontré depuis que tu as quitté ton île natale.  En vérité, c'est peut-être pour cela que tu préfères côtoyer les marins : ils sont libres, ils boivent, aiment l'argent et vendrait leur mère pour quelques fleurons.  Et les bagarres.  Rien de mieux que les poings parfois pour régler des questions compliquées que les mots ne font que rendre encore plus impossible à démêler.  Oui, cette fille te plaît très fort et il faudra approfondir les relations, forcément.

Tu lui jettes toutefois un regard surpris quand elle te demande.  Tu crois comprendre ce à propos de quoi elle te questionne.

« Mais rien!  J'suis juste v'nue m'balader.  'xplorer, tu m'vois? »

As-tu l'air de quelqu'un qui cherche quelque chose en dehors de l'aventure?  Tu la contemples, quelque peu perplexe.  Peut-être se trompe-t-elle parce que tu es entrée la première dans cette boutique.  Tu hausses les épaules.  Ce n'est pas très grave.

« Toi, t'fais quoi ici?  T'comme moi, t'es pas d'la Ville Haute itout.  T'venue en r'connaissance? »

Tes yeux ourlés de cils pâles la fixent avec une curiosité dévorante.  Elle est toute drôle cette jeune fille, mais c'est justement ce qui te plaît bien chez elle.  Tu regardes partout autour de toi, la boutique de pâtisseries t'appellent, ton estomac sans fond toujours attiré par la nourriture, mais c'est peut-être un peu trop fin pour ton palais.  Après tout, tu te contentes très bien de pain et de fromage en compagnie de charcuterie.  Mais les beignets, c'est très bon aussi.  Tu hésites avant de reporter ton attention sur l'étrangère.

« Fait, moi c'Liry.  J't'aime bien, t'parle pas b'coup.  Les gens ici, ça parlent t'le temps avec dé mots compliqués. »

Tu lui tends la main, dans l'intention visible qu'elle te la serre en retour.  Et qu'elle se présente elle aussi.  Elle ne t'a d'ailleurs toujours pas dit d'où elle vient, mais tu l'as oublié toi-même, que tu lui as posé la question.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Mar 15 Mai - 19:48

Elle ne voulait rien. Elle venait simplement se balader dans un quartier qui ne voulait certainement pas d’elle. Sifaï fronça les sourcils mais opina malgré tout : elle comprenait parfaitement. Comme des insectes, elles étaient attirées l’une et l’autre par la joliesse de l’endroit. L’endroit n’avait rien des splendeurs éternelles de son Erebor, mais l’architecture tout en hauteur impressionnait malgré tout. Sans doute que la femme était une illuminée qui explosait de mots et de sentiments aux yeux de tous, comme il était parfois possible d’en croiser au détour des pires quartiers de Vivedune. Son parfait opposé.

L’étrangère la questionna sur la raison de sa présence, et sans même que l’Erebienne puisse choisir ses mots, - processus long, il est vrai -,  elle enchaîna enfin avec les présentations d’usage. Le nom étrange sous lequel elle se nomma ne manqua pas d’attiser la curiosité de la cadette. Nom étrange pour une personne toute aussi unique. Sans doute le problème provenait-il des parents, azimutés, de lui avoir confié un nom pareil. Elle reluqua un moment la main, trop longtemps pour être polie, avant d’oser serrer ses doigts grugés et ses ongles incrustés de terre. Son insistance à se faire presser la main n’incluait aucune issue possible pour Sifaï. Il lui faudrait visiter Erebor et enduire sa peau pâle et tachetée de savon noir. La frictionner vigoureusement. Retirer l’impureté malgré sa pâleur.

- Enchantée, Céleri. Je suis Sifaï.

Elle rapatria aussitôt sa main à son dos, l’éloignant déjà de la blonde femme. Les civilités furent très certainement les premiers mots appris, pour la cadette étrangère. C’était pour tout le reste que le doute la prenait et la faisait hésiter sur chacun des mots. Le rire moqueur des autres cadets, dans son dos, semblait la guetter comme un spectre mauvais.

- Je viens… acheter une.. surprise. Pour ma Voltigeuse. Ma titulaire.

Sa cousine aurait été le mot exact, mais elle était fière, l’Erebienne, d’appartenir aux Voltigeurs. C’était sa place, dans le ciel, à défendre les siens. Elle apprenait encore, simple cadette, mais sa volonté à s’élever sur les ailes de Simoun demeurait aussi vive que dès les premiers jours de sa formation. Sa nouvelle vie la rendait souvent nerveuse, surtout de commettre des erreurs graves, mais elle se considérait chanceuse et reconnaissante de son nouveau rôle. Tout ça, c’était grâce à lui, son vent brûlant. Simoun.

- Tu rejoignes le.. mmmh.. Ville Basse?

C’était sans doute là sa place, à cette Céleri. Même si elle ne l’affichait pas, se contentant d’un petit air intéressé, la cadette espérait que l’étrangère retourne dans son trou et cesse d’attirer une attention malvenue sur elle.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Jeu 24 Mai - 7:47

Céleri?  Elle a faim?  C'est un peu drôle quand même qu'elle te parle de ce légume infecte tout juste en plein milieu des présentations.  Tu songes qu'après, si elle n'a pas trop faim tout de suite, que tu pourrais l'emmener à la Taverne de la Rose.  Normalement, tu ne partages pas tes repas avec les autres, mais elle te plaît bien Sifaï.  En plus, son nom il n'est pas compliqué à prononcer.  C'est une continentale mieux que les autres.  Dans le genre de Sodie, même si son prénom à elle est beaucoup trop long à un point que tu n'arrives pas à l'écrire même.  Ses parents auraient pu penser à lui donner un prénom un peu plus pratique pour les autres, cela aurait nettement contribué à améliorer la qualité de ses relations sociales.  Enfin, il fallait admettre aussi qu'une fois à l'Académie, tu étais bien contente de l'avoir comme amie, elle aussi rejetée de tous ou presque parce qu'elle ne parlait pas.  En vérité, tu n'as jamais vraiment compris pour quelles raisons on mettait de côté quelqu'un de muette.  C'était bizarre.  Tu aurais bien aimé d'ailleurs que Sifaï aie été à l'Académie avec vous.  Ça aurait été bien amusant si elle parle de nourriture à tout propos.  Forcément, vous vous seriez bien entendu.  Même si les légumes n'ont jamais eu ta préférence.

« Voltigeuse! » t'exclames-tu avec une prononciation décente pour une fois.  Si rien n'égal voguer en mer à bord d'une vivenef, il faut admettre que voler dans les airs, c'est tout de même quelque chose de sensationnel.  Tu ne voudrais certainement pas le faire toi-même, il y a tanguer et ne pas sentir le sol sous ses pieds.  Si tu veux monter dans les airs, tu n'as qu'à monter en haut du mât.  Il y néanmoins quelque chose d'admirable dans cette fille aux grands yeux qui vole à dos de griffon.

« L'est où ton gr'fon?  P'quoi qu'il est pas avec  toi? » demandes-tu avec précipitation, mâchant à demi les mots de ta phrase et ignorant complètement sa question à elle.  Qui se préoccupe de la Ville Basse quand on peut parler à propos d'un griffon?

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Mer 30 Mai - 1:04

Elle allait devoir prendre les choses en main, désormais. Sifaï le pressentait. Plutôt que de répondre à sa question quant à sa volonté de rejoindre la Ville Basse, Céleri avait accroché au mot Voltigeuse comme un vilain chardon sur une soierie. Toujours plus bruyante, la femme mouchetée s’enthousiasmait en prononçant impeccablement le mot, malgré son accent. Elle en était capable! Elle pouvait prononcer correctement. La cadette la regardait un moment, incertaine d’avoir rêvé ou non ce moment. Presque rassurée, Sif encaissa une nouvelle panoplie de mots hachés avec la délicatesse d’une charretière bassoise.

- L'est où ton gr'fon? P'quoi qu'il est pas avec toi?

De l’index, l’Erebienne désigna le ciel. Quoi de plus logique pour un seigneur des cieux que d’arpenter son royaume? Simoun devait s’être perché sur l’une ou l’autre des tours parsemant la ville, prêt à jouer de vitesse à la première occasion. S’il se faisait aussi inconfiant que la cadette, il affectionnait grandement fendre les airs avec rapidité. La journée était belle et sans risque. Simoun appréciait d’autant plus sa liberté. Elle hésita un instant à lui transmettre correctement l’image d’un griffon d’ébène en plein vol.

- Il… Il a sa vie. Rapide, dans le ciel… Pas boutiques. Pas Ville Haute.

Tout en lui parlant, elle avait entamé la marche à pas lents, s’assurant que la tachetée la suive. Si elle avait bien peu de qualités, bourrée d’orgueil, de susceptibilité et de jalousie, Sifaï avait au moins pour elle la persévérance. Celle de chasser Céleri de la Ville Haute et de l’abandonner dans son trou, en Ville Basse. La situation lui pinçait un peu le coeur, bien qu’elle n’en démontrait rien. Elle avait déjà dû délaisser un chaton trop entreprenant, dans l’une de ses virées à Lorgol, en l’abandonnant au détour d’une ruelle tout en sachant qu’il ne comprendrait sans doute pas ce qu’il lui arrivait. Céleri allait probablement vivre une situation semblable, faisant de Sifaï une très mauvaise humaine, elle en était convaincue.

- Céleri. Sifaï. Simoun.

Elle avait désigné la grande femme de l’index, tout d’abord, puis s’était désignée afin de faire suivre l’idée des noms. Enfin, elle désignait le ciel, vaste, où devait se cacher le griffon. Avec un peu d’astuce, elle comprendrait ce qu’elle désignait par là. L’idée que Céleri ne connaisse pas le vent d’Erebor lui traversa toutefois l’esprit. Comment décrire le vent, dans des mots connus? Comment décrire ce qu’on ne voyait pas?

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Lun 4 Juin - 22:30

Tu la regardes un peu perplexe un instant puis tu hoches de la tête, comme pour approuver ses propos.  C'est vrai que Lorgol, c'est pas un endroit pour les griffons.  Il y a plein de tours, c'est comme quand en mer il faut éviter les rochers des récifs, c'est pas toujours évident.  Heureusement, Vagabonde n'a pas son pareil sur les flots.  C'est la meilleure figure de proue de toutes les vivenefs en Arven, tu le sais parfaitement bien.  Tu ne sais pas si son partenaire de vol à elle, il est aussi bien que ta Vagabonde.  Comme elle marche, tu la suis sans trop protester, peut-être qu'elle veut aller quelque part et de toute façon, tu n'as rien de vraiment mieux à faire.  Par contre, tu te demandes pourquoi elle prend le chemin de la Ville Basse en fait.  Elle ne voulait pas se promener dans la Ville Haute?  Ah, peut-être qu'elle cherchait son griffon, Simoun?  Parce que tu sais bien que chez les continentaux, le ciel ne s'appelle pas Simoun, même si très franchement, ça ne t'aurait pas étonné.  Ils ont un talent fous pour inventer des choses étranges.

« T'sais m'aussi j'ai une amie.  A peut pas v'nir dans Lorgol pa'xemple.  L'est trop grosse, mais a pourrait rester au port.  T'vois, a s'appelle Vagabonde.  Ici, c'est pas assez d'ventures. »

Tu hoches la tête avec beaucoup de sérieux.  Elle te manque ta grande amie, celle qui a soif de découvrir les horizons avec toi.  Tu sais qu'un jour, tu iras découvrir le bout du monde avec elle et ce qu'il y a par-delà.  Si tu arrives un jour à quitter Lorgol.  Il te semble que le temps est déjà interminable avant que tu ne puisses reprendre la mer.  Seule la perspective de voguer à bord de l'Égide te permet de prendre ton mal en patience.  Tu pousses un long soupir.  Un griffon, ça reste un peu plus portatif, il faut toutefois l'admettre.

« Où on va? T'sais, par-là c'la Ville Basse, c'plus moche qu'ici, » demandes-tu parce que tu as épuisé ton intérêt pour les créatures ailées qui volent.  À moins que le sien soit fait en or massif, tu en sais déjà assez.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Mar 5 Juin - 19:23

Elle était impressionnante dans son genre, cette femme blonde et constellée de rousseurs. Elle ne semblait pouvoir s’intéresser plus de quelques minutes à quoi que ce soit et cette capacité surhumaine agaçait très légèrement la cadette. Elle, studieuse, observatrice et vaguement en manque de vie sociale pour se laisser distraire, comprenait difficilement cet abandon chaotique à chaque élément de la vie. Céleri était éreintante jusque dans ses silences, si bruyante que même ses pensées semblaient se fracasser au mutisme de l’Erebienne. Il ne fallut pas attendre longtemps pour qu’au détour d’une rue en pente douce l’étrange femme reprenne parole en mâchant avec toujours autant d’insistance ses mots. Sifaï s’efforça malgré tout de se concentrer sur ses mots pour chercher à comprendre ce qu’elle lui disait. Une amie plus grande nommée vagabonde. Cette femme devait venir de la mer, ce qui expliquait sans doute pourquoi son langage était si particulier, et ses manières si peu traditionnelles.

- Matelot?

Il aurait été surprenant qu’elle soit capitaine et l’Erebienne s’y connaissait bien peu en composition d’équipage. Qu’y avait-il mis à part un capitaine, une horde de matelots et quelques mousses? Un cuisinier, peut-être bien, même si elle ne comprenait pas trop comment une cuisine pouvait fonctionner sur un navire au centre d’un désert de vagues meurtrières.

- Comment être… est Vagabonde?

Elle prenait soin de ne pas lui parler de leur destination : elle-même ignoraient où elles allaient. Dans tous les cas, la femme qui la suivait avait raison. Plus elles traversaient les rues, plus elles s’enfonçaient en direction de la Ville Basse, moins l’odeur était agréable et plus les passants perdaient de leur superbe. Sifaï roulait légèrement les épaules, tâchant de se faire plus discrète encore, malgré sa hauteur toute en finesse. Elle réfléchissait à ce navire, celui de Céleri, et à la prononciation exacte d’Ansemer, alors que son regard balayait la rue, devant elles. Même cadette, elle Sif était Voltigeuse et se devait d’être prudente. Elle n’allait tout de même pas l’abandonner dans un endroit trop dangereux.

- Toi… Duché de l’eau?

C’était sans doute plus simple que de prononcer Ansemer.

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Jeu 7 Juin - 3:09

Tu la regardes un peu perplexe.  Matelot?  Non, tu n'es pas qu'un simple mousse à bord du navire qui ne fait qu'errer oisivement d'un bord à l'autre de la vivenef.  Tu es plus importante que ça.  Après, elle n'a pas l'air de parler très bien le commun elle non plus, elle ne sait peut-être pas comment dire cartographe alors tu ne t'en offusques pas vraiment.  Tu lui diras plus tard, elle semble se concentrer pour chercher à dire autre chose.  En fait, tu ne remarques pas vraiment ses défauts d'élocutions. Tu as une amie muette, des amis Îliens.  Une fille aux yeux de libellules qui parlent de façon saccadée ne te semble pas étrange.  Chacun sa façon de s'exprimer.  Puis, toi aussi en fait tu n'aimes pas trop le commun.

Tu es sur le point d'ouvrir la bouche pour lui faire l'éloge de Vagabonde, avec des paillettes dans les yeux, tu as même préparé moult compliments pour la désigner, des mots compliqués – que tu aurais certainement massacrés de toute façon – quand elle te demande si tu n'es pas ansemarienne.  Tout de suite, tu te sens offusquée, outrée.  On ne dit pas des gens qu'ils viennent du continent, c'est impoli!

« Mais pas d'tout!  Beurk! » t'exclames-tu à grande voix, ce qui attire le regard des gens aux alentours.  Pour accentuer le dégoût que tu ressens, tu craches à terre avec toute l'élégance du geste.  « J'pas une sale d'continentale moi!  Berk.  'k, P'ny, c'ma sœur t'vois, est bien pis est marquise t'vois.  À Ansemer t'm'vois?  Mais f'dire que comme que moi, est née su' l'Archipel. »  Un long frisson agite ton corps.  Être traitée de continentale, quelle vulgaire insulte à ta personne.  Pour la première, elle t'apparaît presque antipathique, mais tu lui pardonnes.  Elle a l'air un peu égarée dans la ville.  D'ailleurs, tu ne remarques même plus quelle direction vous prenez.

« Fake, t'dis ça à pe'sonne. J'voudrais pas qu'lé gens y pensent qu'chu d'ici, t'm'vois?  J't'aime bien, mais ça.  C'tait vr'ment bas d'ta part. »

Tu hoches de la tête pour appuyer ton propos et l'outrage que tu ressens d'être traitée de la sorte.  Sir certains en auraient été heureux, ce n'est clairement pas ton cas.  Tu regardes devant toi et ne lui portes plus autant attention, encore un peu énervée de ces mots insultants.  « Ah vr'ment, c'dégueu.  Beurk beurk et rebeurk. »

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Message Sujet: Re: Les yeux brillent de mille feux quand ils abritent une belle âme   Dim 10 Juin - 14:09

Elle avait cru que la femme tachetée était offusquée de se faire prendre pour une femme d’Ansemer. Sifaï pouvait comprendre, dans une certaine mesure, à quel point il était insultant de faire croire qu’on provenait d’un duché faë, mais tout de même… Avec son langage étrange et son affection évidente pour les radeaux, n’était-elle pas toute désignée? L’insulte était-elle si terrible?

...Et voilà qu’elle crachait au sol en gesticulant et en s’enflammant. Décontenancée, l’Erebienne la regardait faire son petit numéro de grande indignée et pinça les lèvres en comprenant plus ou moins que l’insulte, tout compte fait, était d’être une continentale. Une sale continentale. Comme elle, elle l’était. Sifaï savait alors deux choses avec certitude. Premièrement, Céleri était probablement une îlienne, une étrangère provenant des terres flottantes qui ne partageait rien avec elle. Deuxièmement, Sif ne l’appréciait pas. Pas du tout. Pas même un peu. Agacée devant l’insulte mais fidèle à elle-même, toute en retenue et en timidité, la cadette se contenta de faire profil bas et de reculer de quelques pas, comme pour mieux éviter un éventuel crachat. La femme ne la regardait plus, déjà, perdue dans une indignation folle et répétant encore et encore combien la comparaison était dégoûtante.

Sifaï recula d’un pas, puis d’un autre, un peu incertaine de son propre courage. C’était petit, de s’enfuir d’elle ainsi, même s’il s’agissait d’une étrangère. Même si elle était certainement un peu dérangée. Ce fut le passage bruyant d’un commerçant qui lui offrit une assez grande distraction pour fuir enfin, à toutes jambes, comme on le faisait parfois devant un animal dangereux, dans le désert. Fuir sans se retourner, sans un regard derrière, le tissu de sa tunique entre ses poings fermés : la folie était peut-être contagieuse.

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