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 Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher

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Les Voltigeurs
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Message Sujet: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Dim 1 Avr - 19:29


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Rejwaïde Sinhaj & Mayeul de Vifesprit

Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher

Star light, star bright
The first star I see tonight




• Date : 8 mai 1003
• Météo (optionnel) : L'aube est proche de se lever, il fait frais.
• Statut du RP : privé
• Résumé : Mayeul s'autorise à craquer, rien qu'un peu. Il est loin de penser que peut-être, Valda n'est pas si sourde qu'il le croit.
• Recensement :
Code:
• [b]8 mai 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3556-brillante-etoile-realise-mon-voeu-le-plus-cher#132170]Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher[/url] - [i]Rejwaïde Sinhaj & Mayeul de Vifesprit[/i]
Mayeul s'autorise à craquer, rien qu'un peu. Il est loin de penser que peut-être, Valda n'est pas si sourde qu'il le croit.


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Message Sujet: Re: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Dim 1 Avr - 19:31

"Valda, déesse des étoiles, accorde-moi ta bénédiction. Montre-moi la voie, permet-moi de suivre ta lumière, guide-moi dans l'obscurité."

Il n'a jamais été très pieux Mayeul mais ces derniers temps, il le reconnaît volontiers, il cherche du soutien partout où il pourrait le trouver. Il est à bout le Voltigeur, et il ne tient debout qu'à force de volonté et du soutien immuable de son griffon. Perdre sa mère a été une épreuve, peut-être celle de trop, et il ne sait absolument plus où il en est.

Même son statut de Voltigeur est en pleine tourmente. Depuis qu'Erebor a décidé de se retrancher comme les lâches et les déserteurs qu'ils ont toujours été – les vieilles rancunes ont toujours un fond de vérité, à ce qu'il paraît – les escadrons ont bien du mal à se réorganiser. La nomination d'un nouveau Maréchal de Serre est un coup dur et si Mayeul a déjà servi sous ses ordres, la disparition de Richard laisse un immense vide. Le major de Svaljärd a toujours respecté les opinions de Grâce, mais Richard, malgré ses nombreux défauts, était un excellent meneur.

Ibélène peine à se remettre des révélations du couronnement, et chacun a vu ses certitudes bouleversées, ses croyances remises en question. Ses affiliations aussi. Mayeul ne sait plus où il en est : il est cielsombrois, et croit fermement en la persistance de l'âme. Mais ce qu'il s'est passé au palais impérial… que croire ? Qui croire ? Avant, tout était plus simple. L'Ordre était mauvais, les Mages étaient les ennemis à abattre, la Rose Ecarlate faisait le bien. Et tout a basculé. La Rose a démontré son vrai visage, celui d'un ordre pour lequel la mort de quelques-uns se justifiait pour la protection de tous. Exactement ce que l'Ordre du Jugement prône, et le monde de Mayeul s'est effondré. Il le sait désormais, il a été manipulé, et tout ce en quoi il croyait s'est avéré biaisé. Comment savoir, dans ces conditions, ce qui est bien ou mal ? Comment savoir quel chemin suivre, alors que toutes les indications s'avèrent fausses ?

Même la guerre est mise en suspens, et le major de Svaljärd le regrette profondément. Egoïstement, même : Ibélène n'est pas de taille à affronter l'ennemi, pas sans ses Voltigeurs, pas alors que l'empire est placé dans le doute et le désarroi le plus total après les révélations du couronnement. Mais se battre, au moins, lui donnait un objectif. Les mages sont l'ennemi : au moins, cela a le mérite d'être clair. Plus de guerre, plus d'ennemi, plus de voie à suivre. Valda reste bien muette, et les prières de Mayeul ne trouvent pas d'écho.

Et il s'enfonce, le Voltigeur, dans une spirale infernale. Plus il prend des risques, plus il lui faut en prendre la fois d'après, et celle d'encore après. Ses entraînements se font plus rudes, sous couvert de former les nouveaux qui doivent rejoindre l'escadron après la défection des érebiens. Il est devenu expert à cacher ses bleus et ses plaies le major de Svaljärd, à dissimuler sa souffrance derrière un masque de joie et de légèreté. Les manches longues de ses vêtements dissimulent des blessures qui n'ont rien à voir avec l'entraînement et parfois, lorsqu'il prend le temps d'y réfléchir, Mayeul se demande s'il ne va pas finir complètement fou. Mais c'est le lot des Cielsombrois, n'est-ce pas. Le duché de la folie. Peut-être est-ce le destin, après tout.

Ils sont bien rares, les moments où il se laisse aller, succombant à la peine et à la douleur qui envahissent sa vie. La mort de Mathilde. Celle de sa mère. Celle de cet enfant, aussi, qui n'aura jamais vu le jour. Mayeul ne peut s'en défendre, il y pense souvent. Il n'a pas réellement fait son deuil, pas plus qu'il n'a pu oublier Reja. La Voltigeuse hante souvent ses rêves et ses pensées et il ne parvient pas à l'oublier. Ce serait la meilleure chose à faire pourtant. L'histoire de Sixtine lui a redonné espoir, et il culpabilise énormément de croire qu'un jour, tout puisse rentrer dans l'ordre.

Ca n'arrivera pas, souffle parfois une voix mauvaise dans son esprit. Ca n'arrivera jamais. Rien n'ira mieux.

Assis par terre sur la rive du lac, Mayeul contemple le reflet des deux lunes sur l'eau gelée. Le ciel est clair ce soir, et l'air encore frais pour un moi de mai. Qu'importe. L'eau lui a toujours fait du bien : petit, Mayeul passait des heures à jeter des cailloux dans ce petit lac, au sud du domaine de ses parents. C'est là qu'il se réfugiait quand il se disputait avec Mathilde, là qu'il se calmait en écoutant le clapotis de l'eau tandis que ses larmes rageuses se mêlaient au lac.

Ici au moins, personne ne peut le voir s'effondrer.

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Message Sujet: Re: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Sam 7 Avr - 16:36

Viens-tu, chasseresse ?

La question vibre dans l’air, résonne dans chaque fibre de son être, et Reja se laisse porter par la sensation d’appartenance que la proximité de la Chasse lui procure. Elle est à sa place, ici – elle est le parfait complément s’imbriquant parfaitement dans un tout omniscient. La mission est devenue sa raison d’être, le souffle qui l’éveille lorsque tombe le crépuscule, la main qui la borde dans l’oubli lorsque s’en vient le matin – la mission, c’est la paix, c’est le calme, c’est la sérénité. La mission, c’est… l’univers tout entier. Elle se souvient de sa vie d’avant, comme d’un rêve lointain aux couleurs ternies par le temps, qui s’effiloche au gré du vent. Cela n’importe plus. Il n’y a plus que la mission, désormais – suivre l’Innocente, aux côtés de Conquête, s’élancer sous la voûte des cieux, se laisser porter par le galop des sabots qui foulent le vide comme s’il était tangible. Et avant chaque aube, la question rituelle, transmise par chaque Cavalier aux chasseurs qui répondent le plus à son aspect – quel est ton choix ?

Viens-tu, chasseresse ?


La question résonne dans l’esprit de Reja, et comme à chaque aurore elle sait ce qu’elle va y répondre. La mission est sa raison d’être – bien sûr, qu’elle va venir. Autour d’elle, les autres chasseurs affiliés à Conquête acquiescent, les uns après les autres. Le soleil se lèvera bientôt, et celle qui fut Voltigeuse jadis s’apprête à renouveler ses vœux comme les autres – et comme d’habitude, dans une part de son esprit enfermée loin de tout, un griffon d’ébène hurle et s’agite, désespéré de pouvoir un jour attirer l’attention de celle à laquelle il avait choisi d’offrir ses ailes. Il se démène et il se bat, le vaillant Sirocco, contre la chape de glace qui a emprisonné le cœur de son âme sœur, contre cette grisaille uniforme qui a envahi tout son esprit et noyé chaque souvenir dans une brume terne et sans couleur. Sans succès, une fois de plus – il ne parviendra pas à la distraire suffisamment longtemps pour qu’elle en oublie de répondre au Cavalier qui l’invite à sombrer dans l’oubli jusqu’au crépuscule. À quoi bon lutter ?

Cette nuit, toutefois, un détail est différent.
Dans le calme qui précède l’éveil du monde, pas très loin de là, les larmes de désespoir d’un Voltigeur troublent la surface d’un lac paisible ; saturant l’atmosphère de mille ridule de chagrins qui résonnent jusque dans les tréfonds du monde. Et voilà que, intriguée par ces échos qui s’enchaînent, l’attention de Valda se tourne soudain vers les mortels en souffrance. Elle a tôt fait de repérer Mayeul qui pleure sa douleur dans une solitude d’autant plus cruelle que tous ceux qu’il aime, ou presque, lui ont été arrachés – et de là, elle remonte facilement au griffon d’ébène qui est bien près de capituler. Est-ce là le simple caprice passager d’une déesse d’ordinaire bien sourde aux prières de ses enfants ? L’appel de Sirocco se fait en tout cas soudain bien plus puissant. Suffisamment pour que Reja hésite, submergée soudain par une tempête de sentiments qui ne sont pas les siens.

Tu ne viens pas.

Ce n'est pas une question, mais une simple constatation. Elle n’a pas refusé – elle a simplement hésité, et pour Conquête c’est suffisant. Cette chasseresse-là a visiblement choisi un autre chemin ; et c’est sans elle que son cheval de brume reprend le chemin des cieux. Pétrifiée, c’est une Reja confuse qui voit la Chasse s’en aller – sans elle. Elle qui était élément d'un tout, acceptée et appréciée, se retrouve à présent seule à nouveau. Abandonnée. Et voilà que dans son âme soudain rendue au monde des mortels, le carcan de glace qui avait anesthésié son cœur vole en éclats – et son cœur se remet à battre, à saigner, avec la même acuité qu’avant son enrôlement. Le monde tourne autour d’elle, et elle tombe à genoux au flanc de la colline où la Chasse l’a abandonnée, la nausée enserrant son estomac et une sueur froide perlant à ses tempes. C’est un déferlement de couleurs insoutenables qui s’en vient repeindre de mille reflets les tiroirs de sa mémoire ; et timidement, son esprit cherche, tâtonne et trouve. Juste là, à portée de la main, il y a la conscience prudente d’un griffon interdit, et qui ne comprend pas vraiment par quel miracle il a réussi enfin à retenir sa Voltigeuse. C’en est trop pour Reja, qui perd connaissance entre deux rochers.

C’est aux premiers rayons du soleil qu’elle finit par reprendre conscience, réchauffée par la lumière qui caresse sa peau pour la première fois depuis des mois ; juste à temps pour assister à l’atterrissage d’une silhouette massive d’ordinaire bien plus gracieuse, mais qui cette fois envoie virevolter une nuée de gravillons dans sa précipitation. L’un d’eux lui érafle la joue, mais ce n’est pas important : de gestes encore malhabiles, elle se redresse, trébuche un peu et se jette en avant contre le poitrail de Sirocco qui la noie d’un déluge d’émotions et de sensations, comme pour remplir le vide laissé par ces semaines de Chasse. Il a eu très peur, le grand griffon encore tout secoué, et la Voltigeuse peine à le rassurer. C’est fini, Sirocco, c’est terminé, je ne repartirai pas, c’était un accident. Je ne les aurais pas cherchés délibérément. Je le jure. Confiance. Soulagement. Ensemble. Qu’est-ce que j’ai raté ?

Il ne sait pas par où commencer, le griffon encore tout agité. C’est qu’il s’en est passé, des choses – il a d’ailleurs quelques doutes sur la sécurité de sa Voltigeuse, sur cette colline dépourvue du moindre grain de sable, et où il est fort possible qu’elle n’ait plus le droit de se trouver. Mais tout est question de priorité : il a tôt fait de tirer de la conscience collective l’élément le plus urgent à lui transmettre, et c’est un flot d’images empreint de toute la détresse de Nuage qu’il lui communique. Un peu assommée par l’intensité de ce qu’elle découvre, Reja frémit aux échos de sa dernière conversation avec Mayeul – qui vient visiblement de traverser un grand deuil, à en juger par le bûcher qu’elle découvre dans les souvenirs de Nuage. Pas loin, lui transmet Sirocco – visiblement, elle se trouve en Sombreciel, et pas très loin de Vifesprit. Est-elle assez forte pour voler jusqu’à lui, elle à qui l’on a dénié son statut de Voltigeuse ? Certitude. Le griffon se moque des lois des hommes – sa partenaire est faite pour caresser les nuages, et il l’emmènera vers Mayeul sans tarder.

Bientôt le lac se dessine devant eux, et Sirocco se pose en douceur pour ne pas déséquilibrer sa passagère encore incertaine. Elle peine à descendre, encombrée par l’ample tunique qu’elle portait avant son enrôlement et qui est réapparue sur elle une fois ses atour de chasseresse disparus. Les cailloux bordant le lac blessent quelque peu la plante de ses pieds nus, mais elle a reconnu la silhouette courbée en avant, et s’avance de quelques pas prudents. « … Mayeul ? » murmure-t-elle comme une prière, d’une voix rauque de n’avoir pas servi tout ce temps.


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Message Sujet: Re: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Jeu 12 Avr - 17:09

La soudaine agitation du petit griffon cendré ne parvient pas à détourner les pensées de son Voltigeur, bien trop impliqué dans sa propre déprime pour réellement sentir quoi que ce soit. S'il y avait un danger, Mayeul le sait inconsciemment, Nuage le défendrait. Ce n'est donc pas si alarmant que ça, ce que ressent son compagnon à plumes. Pour la première fois depuis longtemps, Mayeul s'autorise à craquer et à s'emmurer dans sa propre détresse. Il a tenu longtemps sans flancher, trop longtemps sans doute. Sa mère, c'est probablement la disparition de trop.

Ils n'ont jamais été proches, mais elle restait sa mère. Un des derniers liens qui l'accrochent à Mathilde aussi. Une mère aimante, parfois, au gré de ses humeurs. Une mère absente, souvent, même si elle était physiquement là. La relation de Mayeul avec ses parents a toujours été compliquée, faite de respect et de rébellion mêlés, là où sa sœur savait adoucir les angles. Ce n'est peut-être pas tellement un hasard, que Mayeul soit devenu Voltigeur malgré la réticence au combat des cielsombrois. Défi stupide d'une autorité parentale qu'il n'a jamais vraiment connue. Grand griffon noir. Prudence. Proximité. Nuage veille, et cela suffit à Mayeul. Il est épuisé, vidé, le Voltigeur. Dans ce lieu si familier, il a épuisé ses dernières forces tandis que ses larmes se mêlaient à l'eau du lac. Larmes pour une sœur qui lui manque encore tellement, pour un enfant qu'il ne connaîtra jamais, pour une Voltigeuse qui l'a abandonné. Pour une mère qui est à jamais partie. Pour un empire qui s'effondre, petit à petit. Pour un monde dans lequel Mayeul est incapable de discerner encore le Bien du Mal. Ce ne sont pas les raisons de pleurer qui lui manquent, en vérité.

Des pieds nus qui frôlent à peine le sol, c'est bien le seul avertissement donc dispose Mayeul avant que la voix de Reja ne retentisse, plus rauque que dans ses souvenirs. Le Voltigeur relève la tête, essuyant ses larmes d'un revers de la main, pour observer la silhouette qui s'avance. C'est un rêve. Evidemment, que c'est un rêve ! Tout est bien trop irréel pour que cela ne soit pas le cas. Empli de cette certitude, Mayeul se redresse, détaillant la jeune femme sans dire un seul mot. Elle est plus belle que dans ses souvenirs, plus hésitante aussi. Il ne reconnaît pas la tenue qu'elle porte, mais cela n'a guère d'importance. La dernière fois qu'ils se sont vus, ils se sont disputés. Et depuis, il n'a fait que rêver d'elle, allant jusqu'à sacrifier sa vie et celle de Nuage pour la sauver. Dans un rêve. Pourquoi maintenant, cela serait la réalité ?

Il l'a haï dans ses rêves, Mayeul. Il l'a détesté, lui a hurlé dessus, jusqu'à retomber dans ses bras. Encore et encore. Mais la passion a toujours remplacé la haine, justifié l'abandon, la trahison. Parfois leur fille est née, parfois non, mais Mayeul a toujours tout pardonné à Reja. Toujours culpabilisé, sans cesse, de ne pas avoir su lui prouver qu'il l'aimait. Qu'il l'aime toujours, sans faillir, sans douter. Elle lui manque, profondément, et la plaie béante laissée par Mathilde n'est plus la seule à ne jamais cicatriser. Alors oui, ce soir, c'est encore un rêve. Il pense à elle chaque soir Mayeul, alors cela n'a rien d'étonnant.

"J'ai tellement rêvé de toi Reja."
Souffle Mayeul en se rapprochant de la jeune femme, sans la moindre once d'hésitation. C'est un rêve, il le sait. "Les situations étaient toutes différentes, mais il y a toujours une seule chose que j'ai voulu faire." Et il s'approche le Voltigeur, jusqu'à enlacer la taille fine de ses bras, jusqu'à poser ses lèvres sur celle de Reja, dans un baiser qui évoque son désespoir et ses regrets, le baiser d'un amant qui sait que celle qu'il aime ne sera plus là pour très longtemps. Il serre la jeune femme contre lui, dans une étreinte passionnée et avide de proximité.

Le baiser se fait rapidement moins affamé pourtant, plus hésitant.  Quelque chose ne colle pas. Il ne sait pas réellement mais il y a quelque chose, un petit rien indéfinissable qui lui souffle que la situation n'est pas celle qu'il pense être. Mais les dieux savent que Mayeul est bien incapable de savoir quoi. C'est un rêve, non ? Qu'est-ce qui pourrait bien clocher ?

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Message Sujet: Re: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Ven 27 Avr - 17:48

Mayeul semble si… différent. Plus vraiment lui-même – plus du tout l’homme à la flamboyante colère venu forcer la porte de sa chambre ce qui était encore la veille pour Reja, avant que la Chasse ne vienne l’y cueillir pour faire d’elle une coquille vide. Ses traits sont empreints d’une tristesse qui lui serre le cœur lorsqu’il tourne la tête vers elle ; d’une détresse telle que quelque chose se fend en elle, comme si ses émotions longtemps endormies s’efforçaient de briser un dernier carcan pour s’évader enfin. Elle ne sait pas si elle a réellement envie que tout redevienne comme avant, la fille des dunes à l’âme trop fière – et si capituler entraînait sa déchéance ? Et si revenir sur ses décisions passées ne lui apportait que du malheur ? Et si cette remise en question soudaine ne faisait que la précipiter dans l’abîme ? Et si tout cela n’était qu’une grossière erreur ?

Elle doute, Reja, lorsque Mayeul la rejoint de quelques pas déterminés. Elle doute de lui, de ce qu’il est en mesure de lui apporter, de l’avenir qu’il serait capable de lui offrir, de la vie qu’ils devraient se construire ensemble si elle acceptait de changer d’avis. Elle doute d’elle-même, surtout : de sa capacité à lui faire confiance sans jamais douter de lui, de la profondeur de son engagement, de la sincérité de ses serments. Elle doute de son propre courage, de son aptitude à la tolérance, de pouvoir réellement le rendre heureux, d’être capable de s’envisager en tant que compagne sans perdre ce qui fait d’elle une étincelle sauvage farouchement éprise de sa liberté. Saura-t-elle réellement évoluer à ses côtés sans s’estimer entravée… ?

Toutes les questions s’envolent lorsqu’il la rejoint. Il n’a marqué aucune hésitation, n’a montré aucune surprise de la voir, et rapidement vient l’explication : il la prend pour le produit de son imagination. Encore. Une folle envie de rire la prend soudain, très malvenue et certainement née de son extrême nervosité, mais elle n’en a pas le temps : sans lui laisser la possibilité de lui répondre, il lui coupe la parole soudainement, lui dérobant le souffle dans un baiser affamé qui a tôt fait d’allumer une faim dévorante chez l’ancienne Voltigeuse. C’est un baiser aux saveurs de désespoir et de tourment, un baiser aux mille parfums de regrets et de sang – un baiser au terrible arrière-goût d’adieu et de renoncement. C’est intense, c’est poignant, c’est trop – beaucoup trop dur, beaucoup trop triste, beaucoup trop cruel, et dans la fulgurance d’une pensée affolée, Reja prend sa décision et entérine son choix. Elle refuse la simple idée que tout cela puisse s’arrêter. Cette chaleur qui bout dans ses veines comme la lave en fusion dans les volcans de jadis, cette cavalcade effrénée de son cœur qui tambourine dans sa poitrine comme l’oiseau en cage prêt à s’envoler, cette infernale tension au creux de son ventre là où lui seul a jamais réussi à éveiller mille plaisirs cachés dans les instants d’abandon les plus profonds – cela ne peut prendre fin. Elle a choisi, elle a décidé – elle veut continuer à exister dans son regard lorsqu’il le posera sur elle à la dérobée, elle veut continuer à cueillir chaque sourire qu’il pourra lui adresser : les narquois, les complices, les cyniques, les blessés, les compréhensifs, les généreux. Elle veut continuer à être l’objet de son désir, la première de ses pensées et son unique amante, jusqu’à son dernier soupir.

Elle veut qu’il continue de lui rappeler que la vie vaut la peine d’être vécue.

Alors Reja s’abandonne dans ce baiser, combattant la tristesse par sa passion, affrontant la reddition avec son entêtement tout erebien, remplaçant les soupirs de détresse par des frissons d’anticipation. Non, cela ne s’arrêtera pas ici, pas maintenant, pas comme ça – il l’a ramenée de loin pour la conquérir, et c’est à elle à présent de le revendiquer comme sien. « Il faut que tu arrêtes, Mayeul, » murmure-t-elle entre deux baisers, glissant les mains sous sa chemise entrouverte, « de me prendre pour un rêve à chaque fois que je m’apprête à te dévêtir. »


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Message Sujet: Re: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Mer 9 Mai - 17:40

Il n'a pas hésité une seule seconde avant de l'enlacer, de l'embrasser à en perdre haleine, avec la certitude qu'il s'agit d'un dernier baiser. C'est toujours un baiser d'adieu, parce qu'il se réveille toujours. Inlassablement, il rêve de Reja, nuit après nuit, d'un dernier baiser qui recommence pourtant chaque soir. Mais ce soir, c'est différent. Un quelque chose d'indéfinissable qui lui semble bien trop réel. Mais cela ne peut pas être réel et plus que tout, Mayeul ne veut pas que cela le soit. Car la réalité voudrait dire perdre à nouveau Reja, souffrir encore de l'absence de Mathilde, de la mort de sa mère, et Mayeul s'y refuse. Alors oui, espérer que tout cela ne soit qu'un rêve est une désillusion cruelle à chaque réveil, mais l'espace d'un instant, c'est… mieux. Bien.

Mais Reja ne le laisse pas hésiter longtemps, et la réponse à son baiser ne se fait pas attendre. Leurs lèvres qui se rencontrent, leurs souffles qui se mêlent, leurs peaux qui hurlent le besoin de se toucher. Les mains de la jeune femme qui caressent, qui frôlent, provoquant frissons et vague de plaisir sur leur passage. Et la voix de Rejwaïde qui retentit, un murmure destiné à lui seul, qui suffit à enflammer son désir. "Sentir tes mains sur moi surpasse mes meilleurs rêves, alors tu m'excusera de confondre un peu." Répond le Voltigeur, ses doigts se glissant sur les courbes dissimulées par le tissu de la robe de la jeune femme.

Il reprend son souffle après un dernier baiser, reculant d'un pas à contre-cœur. Sans lâcher Reja, pourtant, sait-on jamais qu'elle s'évapore. Il sait bien, Mayeul, que les rêves ont la capacité de vous faire croire qu'ils ne sont pas des rêves. Et vice-versa. Et même sans cela, tout son corps se rebelle à la pensée de s'éloigner de celui de la jeune femme. "Comment est-ce possible ? Pourquoi…" Il prend une profonde inspiration le Voltigeur, avant de terminer sa phrase. "Pourquoi maintenant ?" Qu'est-ce qui a bien pu changer ?

Tout. Absolument tout, en vérité.

La Chasse Sauvage a relâché Sixtine d'Ibélène, pourquoi pas Reja et d'autres ? Elle a pris Richard le Harnois, alors, pourquoi pas ? Il ne comprend pas grand-chose à tout cela Mayeul, bien ignorant de la Chasse et de sa hiérarchie, de sa composition, ou même des règles qui la régissent. Ce qu'il sait, ce sont les informations glanées ici et là, au fil de ses recherches pour retrouver Reja. Autant dire bien peu de choses. Et tout a changé pour lui aussi : la mort de sa mère a été la goutte de trop, celle qui a fait vaciller son courage et sa volonté de continuer à vivre. Mais de toute façon, quelle importance de savoir pourquoi ? Mayeul sent le désir qui s'éveille au creux de son être, une sensation qui éclipse, pour quelques instants du moins, la souffrance qui lui tort l'estomac ces derniers temps. Retrouver Reja, c'est comme sauter à nouveau du palais ducal de Sombreciel, en mieux. En dix fois mieux. Et il ne combat pas longtemps le désir Mayeul, rapprochant la jeune femme de lui, la laissant ôter autant vêtements qu'il lui plaira. La laissant faire de lui ce qu'il lui plaira, en réalité. Parce qu'il ne se rappelle que trop cruellement leurs derniers moments ensemble, le désespoir et la culpabilité qui ne l'ont jamais quitté.

Les lèvres de Reja lui paraissent soudainement terriblement éloignée des siennes, et il s'en empare pour un baiser plein d'un désir limpide. Les Dieux lui ont ramené Reja, et qu'importe que ce soit un rêve ou pas : il compte bien en profiter.

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Message Sujet: Re: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Mer 6 Juin - 18:29

Impossible de savoir au juste combien de temps s’est écoulé depuis leur dernière conversation, Reja n’a pas vraiment la notion des mois écoulés, elle sait juste qu’il y a eu plusieurs nuits ; et ce n’est pas Sirocco qui a su la renseigner plus précisément, tant sa perception du temps diffère de la sienne, elle qui n’est pas raccordée à la conscience collective des griffons. Une part de son esprit s’interroge sur l’origine des changements qu’elle découvre en Mayeul, sur le désespoir pathétique qui émane de chacun de ses gestes, sur la tristesse poignante qui semble lui dévorer les prunelles, sur cette tension fébrile qui brûle en lui et qu’elle perçoit dans chaque caresse. Oh Valda, sentir à nouveau les mains de Mayeul sur elle – elle en aurait presque le souffle coupé, tant son corps sevré d’amour réclame à présent ces caresses. Oui, elle doit l’admettre, sa présence lui a manqué – cette constante adoration qu’il lui semble lui vouer, Joseï seul sait pourquoi car elle n’a jamais cherché à la susciter – son impertinence, son insolence, son humour insupportable. Et oui, il faut bien le reconnaître également, la vie était terne sans le désir qu’il sait éveiller au creux de son ventre, sans ces vagues brûlantes de plaisir qui l’envahissent toute entière dans ces nuits volées à lui prouver qu’il l’aimait dans le secret d’une chambre close. Rejwaïde, fille d’une princesse des Sinhaj, farouche et fière, survivante du harem et danseuse des dunes,  l’esclave d’aucun homme ; vouée corps et âme à un Cielsombrois, par le force de sentiments qu’elle ne s’attendait pas à ressentir un jour et qui ont enchaîné son cœur de bien tendres liens.

Quelque part en Erebor, Simoun a informé Sifaï de l’exploit accompli par Sirocco ; le grand ébène a certainement transmis la nouvelle à Soie, qui l’aura répétée à Corail, et Nuage aura prévenu Iode, et de fil en aiguille tous les Voltigeurs finiront par savoir que la honte de l’escadron, congédiée par Richard le Harnois, foule à nouveau les terres des mortels, mais cela peut attendre. Cela va attendre, oui – pour l’instant, tout ce qui compte, c’est Mayeul qui veut toujours d’elle, Mayeul qui l’accueille comme si elle ne l’avait jamais chassé, Mayeul qui l’embrasse à lui en faucher les jambes, et Reja relègue le reste du monde au fond du ravin du Destin. Il y a une force nouvelle en elle, une détermination farouche placée là pendant qu’elle chevauchait la nuit avec les Cavaliers de la Chasse Sauvage, à la suite de l’Innocente qui marchait devant ; une volonté flamboyante qui est l’héritage de Conquête et le présent qu’il a fait à la chasseuse qui a consenti à le suivre entre les étoiles. Que veut-elle, en cet instant présent, et qu’est-elle prête à accomplir pour l’obtenir ? La réponse est d’une clarté limpide, aucun doute ne subsiste dans son esprit purgé d’une part de sa noirceur par son séjour parmi la meute des dieux ; la réponse, c’est l’homme qui l’étourdit de ses baisers, c’est l’homme qui parcourt de ses mains chacune de ses courbes comme pour les apprendre par cœur, c’est l’homme qui sait exactement qui elle est à l’intérieur, c’est l’homme qui a su accepter ses plus grandes peurs et les plus honteuses de ses laideurs.

« Est-ce si important de savoir pourquoi ? Sirocco a réussi à me retenir au matin, à m’empêcher de suivre l’Innocente ; j’ai eu l’impression confuse qu’il y avait un rapport avec tes larmes troublant l’onde d’une eau calme, mais je ne saurais t’en dire plus. Mayeul, cela n’a pas d’importance, je ne veux pas réfléchir – pas maintenant. » Des deux mains, elle saisit le visage du Voltigeur entre ses paumes, levant haut la tête pour vriller son regard au sien, comme pour lui transmettre l’intensité fiévreuse qui brûle au fond de ses yeux. Il est temps, à présent, de lui dire ce qu'elle n'a jamais osé formuler à voix haute auparavant.

Balises hide ensuite, parce que Reja est assez explicite dans ce qu'elle veut, bon. :eheh:




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Message Sujet: Re: Brillante étoile, réalise mon vœu le plus cher   Jeu 7 Juin - 18:06

Mayeul n'est pas réellement fixé sur le fait que la présence de Reja soit un rêve ou pas, mais cela n'a que peu d'importance après tout. Comment, pourquoi, autant de faits que son esprit cherche à accrocher pour mieux déterminer la véracité de l'instant, mais toutes ces considérations n'ont que peu de poids face à la présence de Reja. Elle est là, c'est tout ce qui compte. Au cours de ces derniers mois, Mayeul a bien trop été privé d'elle pour s'éloigner maintenant. La douleur de la perte brûle toujours pourtant, plus sourde, moins vivace. La colère brûle elle aussi, jamais réellement éteinte. Est-ce qu'il lui en veut ? Il ne sait plus réellement Mayeul. Il lui en a voulu, c'est sûr, autant qu'il s'en veut à lui-même. Mais le désir, le besoin qui l'attire vers la jeune femme est bien plus dévorant que n'importe quel autre sentiment.

Les conséquences, la réalisation, cela viendra plus tard. Ils ont tant de choses à se dire, tant de choses à mettre au clair ! Pas maintenant pourtant, certainement pas maintenant, alors qu'il l'a retrouvé. Et si la détresse qui a guidé ses pas jusqu'ici ne le quitte pas, elle s'incline pourtant face au désir qui menace de le consumer tout entier. Il a besoin de Reja, un besoin impérieux et féroce qu'il est bien incapable de contrôler. Son corps tout entier vibre au contact de la peau de la jeune femme et il se sent affamé, affamé de son attention, de son désir et de ses caresses. Il ne peut la lâcher, même avec la meilleure volonté du monde. Tout son être exige Reja, et Mayeul ne pense même pas à le lui refuser.

Sirocco… c'est Sirocco qui l'a libéré. L'infinie reconnaissance du Voltigeur sera transmise par Nuage au grand griffon ébène mais en cet instant, Mayeul ne peut penser à autre chose qu'à Reja. Il se perd dans ces prunelles sombres qui hantent ses rêves toutes les nuits. Elle a raison, ce n'est pas important. Rien n'est important, si ce n'est elle. La souffrance, la colère, les illusions brisées, rien n'a de sens à cet instant. Strictement rien. Et tandis que la jeune femme lui déclame ses exigences, d'une voix rauque pleine d'un désir contenu, Mayeul ne peut faire autre chose que de la contempler. A peine a-t-elle fini de parler qu'il se dégage de son étreinte pour un besoin demandeur et affamé, avant de chuchoter. "Je ferais tout ce que tu voudras." Il veut qu'elle soit sienne, pour cette nuit et les suivantes. Qu'elle n'ait que son nom à l'esprit, et qu'elle le crie au monde entier. Parce que lui, il est déjà sien. Corps et âme, sans restriction aucune.

Il la lâche un peu à contre-cœur le Voltigeur, ne la quittant pas des yeux pourtant alors qu'il ôte un à un ses propres vêtements. C'est un acte maintes fois répété mais cette nuit, ce n'est que pour elle qu'il le fait. Reja peut sans doute le lire dans son regard, chacun des mots, des gestes de Mayeul lui sont entièrement destinés. Il frissonne le Voltigeur, désormais nu dans cet air rendu plus frais par la présence du lac. Etre pudique n'a jamais été l'un de ses traits de caractère, et le cielsombrois laisse la jeune femme le contempler sans mot dire. De nouvelles cicatrices se sont ajoutées aux anciennes et quelques bleus s'affadissent encore mais il le sait Mayeul, le temps des interrogations viendra après. Sans se précipiter, il s'approche de la jeune femme et délace sa robe, avec l'assurance tranquille de celui qui sait que le cadeau qui se cache sous l'emballage est pour lui et pour lui seul. Reja elle-même s'offre à lui et Mayeul saisit bien la portée immense de cet acte. Le mérite-t-il seulement ? La pensée s'évapore à peine effleurée, et le voltigeur continue son savant travail d'effeuillage. Il est bientôt récompensé par la vision du corps de la jeune femme, entièrement débarrassé du tissu qui le cache.

Leurs corps qui se mêlent, leurs souffles qui se mélangent, la mélodie particulièrement bruyante de leur amour qui s'élève vers le ciel… jusqu'à ce qu'enfin, tout se dénoue, ultime feu d'artifice qui laisse les corps en sueur et l'esprit vide de tout autre chose que le plaisir obtenu. Une sensation de plénitude que Mayeul n'a pas connu depuis longtemps. Encore haletant, il se laisse glisser aux côtés de Reja, plissant les yeux devant les rayons du soleil qui commencent à réchauffer l'atmosphère. Il est bien incapable de déterminer combien de temps s'est écoulé le Voltigeur, et sa main effleure doucement la peau ambrée de Reja tandis qu'il l'observe avec un sourire rêveur. Elle n'a pas disparue, elle est encore à ses côtés, et Mayeul n'a aucune intention d'arrêter de la toucher. Redressé sur un coude, il embrasse une des marques qu'il a laissé sur la peau de la jeune femme avant de chuchoter, presque émerveillé. "Tu es tellement belle." Et l'admiration qu'elle peut lire dans son regard est des plus sincères. "Je t'aime." Murmure encore le Voltigeur, laissant ses doigts se glisser jusqu'à la bouche de son amante, caressant ses lèvres avec douceur.

C'est la vérité, n'est-ce pas ? Quoi qu'il se passe, quoi qu'il se soit passé, il l'aime. D'un amour à la fois merveilleux et destructeur, avec une telle intensité qu'il est bien incapable, Mayeul, de le nier. La détester aurait été plus facile, mais le major de Svaljärd est fatigué de se mentir à lui-même. "Ne pars plus. Plus jamais." Et si les notes de sa voix se sont faites suppliantes, le Voltigeur ne s'en préoccupe pas.

Il prie, Mayeul, tous les Dieux d'Arven. Faites que tout cela ne soit pas un rêve. Par pitié.

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