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 Ce secret que j'ai longtemps gardé

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La Noblesse
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Je suis : Sultan d'Erebor et Roi des Gitans

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J'ai fait allégeance à : Erebor avant tout. A l'empire d'Ibélène.
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La Noblesse
Message Sujet: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Lun 2 Avr - 15:20


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Anwar Sinhaj & Anthim d'Erebor

Ce secret que j'ai longtemps gardé

C'est ton secret aussi



• Date : 9 avril 1003
• Météo (optionnel) : Erebor, il fait plutôt beau, même si la nuit commence doucement à se faire fraiche
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après le couronnement d'Octave, la délégation erebienne vient juste de passer la frontière d'Erebor. Soucieux de l'état d'Anwar qu'il sait être son frère, il vient lui rendre visite et s'enquérir de son état.
• Recensement :
Code:
• [b]9 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3557-ce-secret-que-j-ai-longtemps-garde#132244]Ce secret que j'ai longtemps gardé[/url] - [i]Anwar Sinhaj & Anthim d'Erebor[/i]
Après le couronnement d'Octave, la délégation erebienne vient juste de passer la frontière d'Erebor. Soucieux de l'état d'Anwar qu'il sait être son frère, il vient lui rendre visite et s'enquérir de son état.


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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Lun 2 Avr - 15:56

Les froides journées de voyage en Valkyrion étaient enfin derrière eux. C’est avec un soulagement certain que la délégation erebienne, partie en hâte après le couronnement de l’empereur d’Ibélène, avait traversé la frontière de leur territoire. Même le froid des hautes montagnes n’avait rien à voir avec celui des plaines gelées du duché du Savoir, et chaque erebien se sentait retrouver une infime part de force maintenant qu’ils foulaient tous les terres ancestrales de leur foyer. Soucieux depuis leur départ pour bien des raisons, Anthim lui même s’était pris à détendre ses sombres pensées une fois un pied en Erebor. Ce fut pour un temps bien court, mais suffisant pour éclaircir un peu ses songes qui depuis des jours ne cessaient de l’étouffer. Tant de choses à penser, pour le futur de son royaume désormais indépendant. Tant de personnes à contacter, de jeux politiques à mener et d’affaires internes à régler. Il savait que ce ne serait pas une mince affaire, il s’y était attendu. Et malgré la charge que cela représentait, il n’en regrettait nullement son choix. Celui-ci était déjà parfaitement réfléchi la première fois qu’il l’avait exprimé à l’empereur, et la résurrection de ce dernier n’avait fait qu’affirmer ses convictions et confirmer son point de vue. Il ne comptait pas œuvrer avec un homme souillé qui avait bafoué le royaume de Sithis. Pas tant que cette affaire ne serait pas un peu plus éclaircie.

D’autres choses cependant, plus personnelles, avaient titillé l’esprit du souverain d’Erebor. L’état d’un homme qu’il s’était efforcé d’ignorer pour maintenir une illusion mais qui martelait malgré tout son cœur. Un simple soldat aux yeux de tous, un individu des plus inconnus et des plus discrets mais qui c’était fait remarquer dernièrement dans un acte héroïque. Ou presque, puisque l’assassin de l’empereur n’avait certes pas été arrêté, encore. Mais cela n’empêchait ni la noble intention derrière le geste, ni l’horrible blessure qui s’en était suivie. La main de Sithis n’était pas passée loin de lui, à ce qu’on lui avait dit, mais Anthim avait tenu à ce que les meilleurs médecins de sa délégation s’occupent de lui. Et sans ralentir le voyage, Anwar avait été pris en charge avec une attention toute particulière, à sa propre demande. Officiellement, pour remercier cet homme qui avait mis sa vie en danger avec une belle abnégation. Officieusement parce qu’il comptait plus que comme un simple soldat aux yeux d’Anthim, même s’il ignorait tout de ce frère secret.

« Comment va le soldat de Roc-Epine ?
-Son état s’est grandement amélioré mon roi, sa vie n’est plus en danger.
-J’aimerais aller lui parler et le remercier de ce qu’il a fait.
-Oh il a connaissance de votre gratitude, mon roi, mais si c’est là votre volonté, je vais le prévenir de votre visite.
-Cela ne sera pas nécessaire. »

Il ne tenait pas, le sultan du Sable et du Roc, à ce que l’on suive cette discussion avec attention, ni qu’on le dérange dans cette rencontre avec celui, il le savait, qui aurait pu être à sa place si les choses avaient été différentes. Anwar, premier fils de Charif, son père. Premier prince couronné et disparu, prétendu mort… Tout aurait été différent et Anthim n’y tenait guère. Mais l’homme avait montré qu’il ne tenait visiblement pas lui même à ce trône qu’il possédait. Depuis que le sultan le faisait observer, il s’était pris d’une certaine affection pour ce guerrier qui lui était pourtant parfaitement inconnu.

Congédiant le garde qui surveillait devant la tente d’Anwar, Anthim pénétra celle-ci avec une légère appréhension. S’il resta parfaitement stoïque, solide comme le roc à son habitude, il sentit néanmoins en lui une petite hésitation mêlée à une certaine agitation. Comme quelque chose qu’il aurait attendu et craint en même temps.

« Bonsoir guerrier. On m’a dit que votre état allait en s’améliorant. Je suis heureux de savoir une telle chose, votre perte aurait été bien grande aux vues de l’héroïsme dont vous avez fait preuve. » Comme le voulait la tradition et son statut, Anthim maintint entre eux de la distance et afficha son autorité, parlant à cet homme qui était nettement en dessous de lui. Et pourtant, quel difficile secret se jouait entre eux. Avec bienveillance cependant, il regard cet homme qui était ce frère inavoué, et lui adressa même un fort léger sourire. « Vous méritez bien des honneurs. » Peut-être pas seulement pour cet acte qu’il avait fait, cela dit, mais le sultan se garda bien d’en ajouter plus.

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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Mar 10 Avr - 3:42

Il y a quelque chose de honteux à faire le voyage paqueté comme une valise.  On te traite avec tous les égards, plus qu'on ne devrait t'en accorder, en raison dit-on de ton courage pendant la catastrophe du couronnement d'Octave d'Ibélène, mais tu as bien conscience que tu ne mérites pas autant de soin, tu te serais satisfait de beaucoup moins.  Même, tu aurais préféré que ce que soit moins.  Tu as la désagréable impression que cette situation te met sous les regards et que tu attires trop l'attention.  Ta reconnaissance envers Anthim est immense, lui qui ne sait rien de qui tu es, lui qui ne voit en toi qu'un simple garde erebien, c'est donc un honneur de recevoir ainsi ses grâces.  Même s'il vaudrait mieux que tu puisses t'en sauver.  Retourner dans l'anonymat total, là où tu n'es qu'une figure parmi tant d'autres.  Tu ne mérites ni hommages, ni traitements de faveur.  Cet assassin qui a mis la vie en péril des invités, tu n'as pas réussi à l'attraper.  La discrétion a toujours été ton moyen de survie.  Caché à Roc-Épine, tu a échappé aux furies du harem, aux attaques contre toi.  Tu as appris à vivre autrement que dans la crainte.  Tu as hésité à accompagner la délégation du Pic en Valkyrion, mais ton inquiétude pour Rejwaïde qui a soudainement disparu alors qu'elle était à peine remise de ses blessures t'as rendu enclin à accepter.  Au final, tu ne sais toujours pas où elle est et te voilà sous les bons soins des médecins erebiens de ton frère.  La situation n'est pas idéale.

Installé dans une tente, tu soupires de soulagement en sachant que vous avez déjà rejoint les terres erebiennes.  Il ne fait plus aussi froid qu'en Valkyrion, ce qui est quelque chose à célébrer aussi, mais c'est surtout que votre arrivée en Erebor signifie que la fin du voyage approche bientôt et que tu pourras retourner te fondre dans la masse, redevenir un simple individu invisible.  L'envie de de jouer de la cithare te démange et tes pensées vagabondes.  Vers ta mère, vers tes sœurs, vers cette famille du Pic qui t'a élevée et vue grandir.  Bientôt, tu seras de retour parmi les tiens.  Bientôt, tu ne seras plus près de ton frère.  L'envie d'apprendre à le connaître est grande, tu écoutes avec attention ce qui se murmure à son propos dans le convoi, un sourire aux lèvres.  Cependant, tu ne veux pas rester auprès de lui.  Tu crains que ton secret ne soit découvert et qu'il voit en toi une menace alors que tu n'as aucune vue sur la position qu'il occupe.  Il la mérite.  Elle ne te fait pas envie non plus.  Néanmoins, avec l'âge et le recul, tu en es venu à comprendre les jeux cruels du harem, les espoirs désespérées des concubines de devenir sultane, de voir leur enfant devenir l'héritier du trône.  Et tu connais trop peu ton souverain pour savoir s'il est affecté par ces pensées.

La surprise est grande ainsi quand la toile de la tente où tu reposes se soulève pour dévoiler son visage.  Rapidement, tu t'inclines.  C'est ton frère cadet, mais il ne le sait pas, et même s'il le savait, il reste ton seigneur et maître.  La blessure est en bonne voie de guérison et le geste ne te fait pas souffrir au-delà d'un léger pincement.

« Je n'ai qu'accompli mon devoir comme l'aurait fait n'importe lequel d'entre nous s'il avait été à ma place, » réponds-tu avec un ton empreint de respect.  Tu tentes de rester calme, mais il y a une certaine anxiété qui naît en ton cœur tandis que ton frère est là devant toi et ne paraît plus si inaccessible.  Tu aimerais le remercier pour tant de choses : de porter le fardeau du pouvoir, d'avoir pris soin d'Alméïde, d'être celui que tu devrais être, mais meilleur encore, et bien d'autres choses.  Toutefois, tu ne peux que te borner à des platitudes.

« Vous avez été généreux à mon égard et ma blessure est presque remise.  Je ne puis que renouveler ma loyauté à et mon désir de protéger Erebor en gage de ma gratitude. » Tu n'es pas homme de cour, tu ne sais pas exactement comment agir en face de ton suzerain qui vient te rendre visite.  Il te reste trop peu de souvenirs non liés aux attentats menés contre toi et ta mère au palais que tu ne sais plus.  De mémoire, tu n'as jamais vu le visage de Charif ou ses yeux.  Peut-être est-ce parce que tu étais trop petit.  Néanmoins, tu restes prostré, cachant ce visage où peut-être il est possible de voir une ressemblance.
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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Sam 28 Avr - 18:17

Se pouvait-il que l’homme devant lui ignore tout de ses origines et de la vérité sur son identité ? Oh Anthim ne pouvait le croire. L’enfant de l’époque était jeune, mais encore capable de se souvenir… Le sultan des Sables et du Roc s’était longuement interrogé sur l’histoire de se frère ainé disparu il y a bien longtemps, assassiné disait la version officiellement par des ennemis de la mère de celui-ci. La mort d’Anwar avait donné à Anthim le titre de prince, comme le voulait la tradition sur le trône d’Erebor, et avec le temps, le duc ne s’était pas fait naïf sur cette affaire. Il savait comment cela fonctionnait dans son propre harem. Et s’il savait aussi que la guerre y était bien moins nocive qu’à l’époque de son père, les attaques mesquines existaient. Aussi en était-il venu à penser que sa mère, autrefois, n’avait pas hésité à sacrifier la vie d’autres enfants pour accéder au trône convoité… Triste constat qu’il avait formulé au plus profond de lui, mais qui était hélas bien représentatif de cette terrible tradition. Le fils ainé meurt, le suivant prend sa place et la mère du premier disparaît, reléguée loin au harem et couverte d’opprobre pour n’avoir su veiller sur l’héritier. Pourtant, il était bien là, devant ses yeux, le fils ainé de Charif. Caché aux yeux de tous pour survivre, mais toujours susceptible d’exiger un trône devant lui revenir de droit. Non, cet homme ne pouvait l'ignorer. Et avec les nombreux espions qu’il avait fait envoyer pour surveiller Anwar, il ne pouvait croire non plus que celui-ci serait un ennemi pour lui.

Au contraire, il avait pu juger, avec les différents rapports qu’on lui avait remis, que son frère était plutôt quelqu’un de humble et qu’il avait renoncé à viser l’ambition d’un trône. C’était, à ce qu’on disait, un fidèle défenseur de Roc-Epine, et un fervent sujet de la couronne d’Erebor. D’Ibélène même, après ce qu’il avait fait des jours plus tôt pour retrouver l’assassin de l’empereur. Même s’il avait échoué, il avait mis sa vie en danger sans craindre les conséquences de la mort. Un fidèle soldat. Un homme qu’Anthim avait envie de connaître sincèrement. Depuis des années maintenant, il gardait au plus profond de lui le désir de le rencontrer, ne pouvant prendre des risques inconsidérés. Et là aujourd’hui, il pouvait se le permettre, sous le couvert de cette excuse qui était de le remercier de sa bravoure.

« Relevez-vous Anwar. » Il ne s’était pas présenté au sultan, mais Anthim savait d’ores et déjà son nom. Alors qu’il obéissait, le duc pu observer un peu plus attentivement cet homme qui, par certains côtés, lui ressemblait. Ils n’avaient point la même mère, mais le sang de Charif coulait en eux. Et lui qui se souvenait si bien du visage de son père, ne pu que remarquer les similitudes. Il en eut un léger sourire.

« Je sais que votre loyauté envers Erebor est sincère, tout comme l’est ma gratitude à votre égard. » Il imposa, l’espace d’une seconde, un profond silence, presque lourd alors que son regard se portait dans celui tout aussi clair de Anwar. « A dire vrai, je ne vous parle pas de ma gratitude pour ce que vous avez fait au couronnement. Vous et moi somme plus proche que nous ne pouvons tous deux l’admettre, n’est-ce pas ? Et pourtant, nous sommes frères, Anwar, fils ainé du sultan Charif. » Sur cette dernière phrase, Anthim s’était sensiblement rapproché du guerrier, franchissant une distance pour permettre à ses mots de n’être qu’un murmure qu’eux seuls deux pouvait entendre.

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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Jeu 17 Mai - 3:22

Un ordre du sultan n'est pas à ignorer, ainsi tu te redresses quand il te l'ordonne bien que tu gardes la  tête basse en signe de respect pour le premier homme d'Erebor.  Tu es encore un peu sous le choc de la visite qu'il te fait, un honneur insigne, mais tu t'efforces tant bien que mal de le cacher.  Il a certainement ses raisons, qu'il ne te les explique ou non, tu ne peux que te soumettre à sa volonté.  Par loyauté, mais aussi par amour.  Bien qu'il ne le sache pas, c'est ton frère.  Vous avez grandi éloignés, sans pouvoir profiter de la camaraderie que vous auriez pu entretenir l'un et l'autre dans ce palais rempli des femmes et des filles de votre père.  Peut-être n'avez-vous pas la même mère, mais si les choses avaient été autrement, peut-être auriez-vous pu être amis, partager vos jeux.  Il ne sert à rien de ressasser ce qui n'est pas et ne sera jamais, néanmoins, pour le souvenir de ce qui aurait pu été, tu éprouves la plus grande tendresse qu'il te soit possible d'éprouver à son égard.  Frère inconnu qui partage tout de même le même sang que toi.  Et n'eut été vos liens familiaux, tu aurais tout de même éprouvé un respect sans borne pour lui, Anthim d'Erebor.  C'est un bon souverain, du moins tu le juges comme tel et tu crois être impartial dans ce jugement.  Il représente beaucoup pour son peuple et ses dernières décisions spectaculaires au couronnement rehausse l'estime qu'il fait naître en toi.  Ton frère, ce n'est vraiment pas quelqu'un d'ordinaire.

Toutefois un énorme doute se faufile plus il avance dans ses propos.  Tu repenses à cette rencontre avec Alméïde, Alméïde qui savait que tu es son frère.  Tu as laissé cette information se terrer au fond de toi, car même dans la joie de la retrouver partiellement, tu sais que c'est un bonheur qui t'est interdit, pour votre protection, pour le bonheur de tous.  Alors quand il t'appelle son frère à son tour, la surprise est sans limite.  Ton secret que tu croyais si bien gardé est en fait connu de tous.  L'espace d'un instant, tu crois que c'est Alméïde qui lui a parlé, qui lui a tout dit.  Après tout ne sont-ils pas proches lui et elle, lui qui l'a tiré du harem pour en faire sa sœur, une princesse d'Erebor?  La proximité entre vous t'a pris de court et sous l'emprise de la stupéfaction, tu ne sais trop que répondre.

« Vous saviez… » murmures-tu, complètement ébahi et en perte de tes moyens.  C'est ton souverain, il n'est pas question de mentir, de tenter de prétendre que c'est faux.  La duplicité te déplaît et y avoir été contraint aussi tôt par la vie est un tache indélébile que tu supportes avec toute la patience dont tu es capable.  Tu gardes le silence un instant, pensif.  « Comment… » commences-tu à demander, mais tu te ravises rapidement.  Ça n'a aucune importance.  Aucune.  Tu as plus important à dire, plus important à faire.

Pour peut-être la seule fois possible dans ta vie, tu lèves les yeux pour croiser son regard.  Tu ne te fais pas inquisiteur.  Ton unique désir est d'être pour une fois un frère.  L'être mais aussi lui dire, lui assurer, que ton silence jusqu'à présent se poursuivra indéfiniment.  Que tu ne revendiques pas sa place, que tu continueras d'être mort pour Erebor jusqu'à ce que tu ne rejoignes réellement le royaume de Sithis.  « Anwar le fils de Charif est mort il y a plus de trente ans et ce nom reposera à jamais.  Quant à l'homme qu'il est devenu, son affection pour ceux de son sang ne diminuera jamais, ni sa loyauté à leur égard.  Mon frère, cette place que le simulacre de ma mort t'a donnée, je n'en veux pas.  C'est toi qui la mérite.  Mon bras continuera à servir et protéger Erebor ainsi que son souverain et ses héritiers.  Ceci est mon serment, sur l'honneur.  D'un sujet à son sultan. »  Ton poing se pose sur ton cœur.  Il était risqué peut-être de tutoyer Anthim, mais prendre quelques risques ne t'avait jamais réellement effrayé.  Et ce serait l'unique fois, ce moment où tu pouvais être le frère aîné.  « Erebor a trouvé en vous le meilleur protecteur qu'il pouvait avoir. »  Ce moment de fraternité passé, il faut revenir à la vassalité.  Tu n'es qu'un simple garde de Roc-Épine, personne.  Ton nom ne restera jamais dans les annales, on ne se souviendra que de la mort de l'enfant que tu étais et l'homme que tu es devenu restera méconnu.
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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Mer 30 Mai - 16:17

Oh… bien sûr qu’il savait. Comme oublier les si tristes mots couchés sur le papier, les larmes cachées qui avaient mouillées les lettres et l’amour ardent de son père pour la concubine Zénaïde retournée au harem et condamnée à l’opprobre ? Comment effacer de son esprit les sentiments de son père qu’il avait découvert après sa mort pour la première de ses femmes à être devenue sultane ? Et surtout, comment ignorer le lourd secret que portaient ces missives jamais envoyées, bien murées aujourd’hui, pour la plupart, dans le tombeau de son défunt père ? Ah comme il avait tremblé, le solide et fier souverain d’Erebor, lorsqu’il avait compris qu’il n’était pas le premier né et que celui-ci était encore en vie, aimé de son père et couvert de regrets pour n’avoir su le protéger. Comme il avait craint, oui, qu’un jour ce frère ainé ne vienne quémander la couronne qui lui revenait de droit aux vues des traditions. Alors il l’avait fait chercher sans relâche, Anthim, cachant à sa sœur bien aimée le secret de ce frère faussement mort. Et il l’avait finalement trouvé et fait espionné pendant de longs mois, peut-être même des années. Pour quoi au final ? Découvrir un homme humble et pourtant passionné, loyal et sage, qui avait fait serment de rester fidèle au légitime souverain d’Erebor. Mensonge, avait-il cru au début, et à force de rapport sur cet homme, le sultan s’était peu à peu rendu compte que ce frère ainé n’était en rien un danger. Une force au contraire, sur laquelle Anthim avait fini par veiller en secret. Jamais il n’avait fait retirer les espions aux abords de Roc-Epines, mais ce n’était plus pour l’observer et déceler quelques preuves d’une infâme trahison. Bien au contraire, comme un bienveillant souverain il l’avait fait protéger, si d’aventure il en avait eu besoin.

Aujourd’hui enfin, ils se voyaient. Et la surprise qui se peint sur le visage d’Anwar, conscient que son secret était désormais brisé, éveilla un semblant de sourire sur les lèvres d’Anthim. Un geste tendre, affectueux presque, pour ce frère qui voyait peut-être son monde s’effondrer. Mais il n’avait pu, le souverain des Sables et du Roc, maintenir plus longtemps ce fardeau qui lui pesait sur les épaules. Il avait besoin de mettre les choses à nues, désormais qu’il était si proche de son ainé disparu. Comme il regrette, parfois, les terribles traditions de la couronne d’Erebor, interdisant presque aux fils du sultan de cohabiter, eux qui pourtant représentaient l’héritage tant désiré. A cause de sa propre mère, Anthim n’avait jamais pu réellement profiter d’une fratrie qui aurait pu lui être d’un soutien indéfectible. Il avait heureusement Alméïde, mais ses autres sœurs, disparues depuis longtemps, pouvaient être au contraire un potentiel danger, soumises à la haine du harem dans lequel elles avaient vécu une bonne moitié de leur vie. S’il ne pouvait guère changer le passé, il avait heureusement Shéhérazade à ses côtés qui, elle, étaient bien décidé à offrir à son fils et ceux de Sitara un avenir différent de celui des générations précédentes. Peut-être n’était-il pas trop tard pour Anthim et Anwar aussi de faire plus amples connaissances, après ces longues années de silence et de secret.

Les regards se croisent et sans mal, le sultan sent la détermination d’Anwar à son propos. Pour la première fois, il ose lever les yeux envers son souverain, et pendant un instant, il semble à Anthim qu’il ne porte plus le poids d’une couronne sur la tête. D’homme à homme, de frère à frère même, il entend et écoute le discours sincère de cet homme qu’il veut connaître un peu plus, même s’il en sait déjà pas mal. Les mots sont forts, ils pincent le cœur du souverain qui pourtant, dans la roche solide de son regard n’en montre rien. Pas un instant, à vrai dire, il n’avait craint qu’Anwar ne revienne sur ses choix, maintenant qu’il savait son roi au courant. Pas un instant il ne l’avait imaginé prendre les armes contre lui, revendiquant une place qui lui appartenait. Pas un instant et pourtant… pourtant les mots semblent comme le rassurer. Peut-être parce qu’il perçoit clairement, dans les paroles de ce frère inconnu, un soutien indéfectible, plus fort que n’importe quel autre qu’il ait pu un jour recevoir. La proximité nouvelle dans le discours, cette familiarité ne le choque pas, et presque, il est déçu à la conclusion d’Anwar, lorsque le vouvoiement lui revient. Il comprend hélas pourquoi, il n’en fera point commentaire. Alors enfin Anthim acquiesce et prend le temps de mesurer ses propres mots. Ils sont moins difficiles à prononcer qu’il ne l’avait cru. Respectant la volonté d’Anwar de ne pas reprendre cette familiarité passée, le sultan reprit alors, avec ce vouvoiement respectueux et maintenant les distances.

« Tout ce temps vous gardiez ce secret et vous avez protégé mon nom et ma famille, même au plus lointain, depuis Roc-Epine. Je vous dois beaucoup. » Il est vrai que si l’homme avait menacé sa couronne, Anthim n’aurait pas hésité à envoyer ses contacts de la Confrérie Noire sur celui-ci. Mais à défaut d’être un danger, Anwar avait fait plus que s’enfoncer dans une vie de secret et s’effacer du monde. Il aurait pu vivre une vie paisible et pourtant, pour son royaume et Erebor, il avait pris les armes. « Je n’estime pas être le meilleur protecteur qu’Erebor ait connu, mais je suis prêt à donner ma vie pour mon peuple, tout comme vous. Il y a longtemps que je souhaitais vous rencontrer, connaître celui qui comme moi aurait pu recevoir la couronne de Charif. Même si les circonstances ne nous permettent pas de nous appeler comme des frères, j’aimerais en apprendre plus sur vous. Et j’aimerais aussi vous récompenser, si néanmoins vous êtes prêt à quitter Roc-Epine. » Les mots étaient parfaitement sérieux, et même s’il savait que sa proposition pouvait être risquée, Anthim y avait murement réfléchit. « Je pourrais vous offrir une place au palais, à Vivedune. Après votre acte de bravoure, une telle promotion ne serait point mal prise. Bien sûr, elle comporte des risques. » Il n’avait sans doute pas besoin de préciser lesquels, et ce nouveau poste mettrait sans doute à mal la petite vie tranquille d’Anwar à Roc-Epine. Alors abandonnant quelque peu le sérieux de ses traits, adoucissant son regard, Anthim conclu. « Il va de soi que je ne vous oblige en rien, Anwar. Le choix est vôtre. »

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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Mer 6 Juin - 2:18

Tu n'oses le dire, mais ce nom est aussi le tien, cette famille est aussi la tienne.  En vérité, ces mots te brûlent les lèvres, mais l'habitude du secret est si forte que naturellement, ils restent dans ton cœur sans jamais se révolter et traverser le seuil de tes lèvres.  Tu as envie de lui dire qu'il ne te doit rien.  Tu as agi en faisant ce que tu croyais être le mieux pour Erebor, mais aussi, surtout peut-être, parce que tu n'as jamais pu tenir ce rôle de frère et que protéger de loin ce qui ne devait pas être dévoilé te permettait, te permet encore, d'avoir l'impression de faire partie de cette fratrie.  Toi qui croyais n'être que le vague souvenir d'un frère qu'ils n'avaient pas connu, que jamais ils ne connaîtraient, simplement par ces rencontres, ces brefs moments où vos vies se sont touchées te donnent l'impression de réintégrer complètement la famille, de ne plus être un orphelin dissimulé, loin des siens pour sa sécurité, pour leur sécurité à eux aussi.  Ce sentiment est doux, il compense pour la solitude de l'enfance, ces premiers temps où tu étais encore l'étranger, l'inconnu à Roc-Épine.  Les tiens ne t'ont pas oublié, ne t'ont pas enfoui dans un coin de leur mémoire là où ils ne peuvent plus te trouver.  Tu existes et ces simples mots de la part de ton cadet qui te reconnaît pour qui tu es te font un plaisir sans limite.  Qu'il ait désiré te rencontrer depuis longtemps te surprend un instant, songeant que pour lui il valait certainement mieux que tu ne restes éloigné, et c'est la première fois que l'idée que tu aies pu être surveillé tout ce temps te traverse l'esprit. N'ayant jamais désiré reprendre ta place, préférant servir ta patrie autrement, tu n'as jamais rien eu à te reprocher alors jamais tu n'y aurais songé autrement.

Mais plus encore, sa proposition de te faire muter au palais de Vivedune te plonge dans un ébahissement que tu peines à camoufler.  Le palais.  Tu te rappelles de bribes de ton enfance là-bas, plus horribles les unes que les autres.  Ton cœur en est encore meurtri, même si tu relègues loin dans tes souvenirs ce qui s'est passé avant que tu ne le quittes pour Roc-Épine.  Un instant, tu redoutes le piège, mais quelque chose dans l'aura que dégage Anthim te met en confiance.  Néanmoins, si l'idée est tentante, il n'en reste pas moins que de revenir au palais après tant de temps t'angoisse.  Tu en as même un peu peur et ce sentiment non content d'être oppressant t'interloque aussi.  Depuis quand la peur t'empêche-t-elle d'avancer?  Quitter Roc-Épine sera une déchirure à ton cœur, mais tu n'as pas besoin qu'on te fasse la liste des avantages d'être localisé sur Vivedune, au palais. C'est une amélioration à ta situation considérable.  Un pli soucieux se trace sur ton front.  Ça ne reste pas une décision à prendre à la légère.

« Votre offre est généreuse et je ne mérite certes pas tant d'égards.  Je ne crains pas le danger et si mes talents peuvent être utilisés pour servir mieux ma patrie au palais, je le ferai avec plaisir et avec le sens du devoir accompli. »

Ton cœur balance durement.  Tu ne pourras jamais réintégrer cette famille qui aurait dû être la tienne, tu le sais bien, mais… de pouvoir les côtoyer dans l'ombre, les observer grandir… pourrais-tu vraiment avoir ce droit?  Mais plus que cela encore, quelque chose te fait hésiter.

« C'est toutefois un pari risqué.  Je serais heureux de vous renouveler mes allégeances, à vous et à votre héritier. »  Ton neveu.  Tes neveux.  Tes nièces.  Tu es plus âgé et pourtant tu n'as pas encore de famille propre, alors qu'Anthim est déjà le père de nombreux enfants.  Tu en éprouves quelques regrets, mais le sentiment est doux.  Tu sais que tu ne pourras jamais tenir le rôle d'oncle auprès d'eux, mais si tu peux contribuer à leur protection, ce serait le plus beau cadeau que tu pourrais leur faire, tu le sais.  « Mais je crains que cela n'ébruite le secret.  Je ne veux pas être l'objet de l'accomplissement de mauvais dessins envers vous et votre famille.  Vous êtes sensé, vous ne me l'avais sûrement pas proposer sans y réfléchir dûment. Votre proposition m'honore, mais je dois y réfléchir.  La couardise n'est point de mes défauts, mais ici il est question de prudence.  Je dois peser le pour et le contre de ceci. »

Du temps, tu demandes un peu de temps.  Au fond de toi, tu voudrais accepter, mais le danger est grand.  Vivre auprès des tiens, veiller sur eux de près pour une fois te tente.  Beaucoup.  Mais tu ne veux pas les mettre en péril pour satisfaire un caprice égoïste.
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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Dim 24 Juin - 21:22

L’offre est sans doute généreuse, mais ça n’est pas la seule chose qui compte. Bien sûr, avec celle-ci, Anthim souhaitait récompenser ce valeureux et courageux guerrier qu’était Anwar. Mais au fond de lui, il voulait l’avoir à ses côtés. Même s’ils ne pourraient jamais se considérer comme frères, pas aux yeux de tous en tout cas, Anthim pouvait permettre à Anwar de se rapprocher de lui ou ses sœurs. Et d’une certaine manière, il était rassurant aussi pour le sultan de l’avoir à ses côtés. Ce même s’il avait parfaitement conscience des dangers que représentaient une telle décision. Mais en cela, Anthim avait aussi la conviction qu’il ne serait pas si simple de percer les secrets. Après tout, un guerrier qui s’était fait remarquer comme Anwar au couronnement de l’empereur méritait amplement une promotion de la part même du sultan. En vérité, Anthim l’aurait sans doute fait avec un autre. Qu’il s’agisse d’Anwar était une chance offerte par le Destin lui même. Si les risques seraient sans nuls doutes de la partie, Anthim savait qu’il saurait y faire face, comme il l’avait toujours fait. Ce frère inconnu était-il capable d’en faire autant et de ne plus se cacher au plus profond de Roc-Epine ? Il en avait la certitude.

Non en effet, la couardise n’était pas un défaut que le sultan aurait adressé à cet homme. Et plus que n’importe qui d’autre, il comprenait ce besoin de prendre les choses sous un nouvel angle et de mesurer le poids d’une telle décision. Lui l’avait fait pendant une bonne partie du voyage, et même depuis bien longtemps, alors qu’il faisait observer cet homme à son insu. Il y avait quelque chose de rassurant alors, dans l’attitude d’Anwar, à le voir craindre que ce secret qui était désormais à tous deux ne s’ébruite. Anthim avait plus fort à craindre, d’ailleurs, avec les traditions ancestrales d’Erebor, et pourtant… pourtant il pouvait faire confiance à cet homme qui partageait une part de son sang. Ils n’étaient que demi frère, et pourtant partageaient quelque chose de proche et puissant.

« Je comprend parfaitement. »
Gardant de la douceur dans son sourire, il observa Anwar, sans être particulièrement surpris de sa réponse. Il ne s’attendait pas à ce qu’il accepte sur le champ, et cette réflexion demandée était preuve d’une certaine sagesse doublée à de la prudence. « J’ai bien conscience des dangers qui pourraient se révéler si vous venez à mes côtés à Vivedune. Il sera sans le moindre doute plus difficile de cacher les secrets et particulièrement le nôtre. Nous ne serons pas en mesure de beaucoup nous côtoyer, pas au début du moins. Les choses avanceront lentement, et nous devrons être prudent. Mais je vous fais confiance, si vous choisissez de me rejoindre. Et avec le temps, nous pourrons avoir l’air d’amis. » Aux yeux de ces autres et de tous en même temps, de ces courtisans avides de secrets et potins, observant tout et n’importe quoi au sein du palais. Le temps les ferait peut-être amis, même si dans leurs cœurs ils seraient de cette fratrie étrange et éloignée. « Avoir un frère, en qui je peux compter, ne peut que renforcer la couronne d’Erebor. » Lui avoue-t-il alors, avec plus de sérieux et une vérité lourde au fond de la voix. Ce n’était hélas pas le lot de la lignée des d’Erebor que d’avoir des frères sur qui compter, et ce depuis longtemps avec les guerres hurlantes au cœur du harem. Il ne pouvait changer le passé, et l’avenir se ferait avec beaucoup de secret, mais au moins voulait-il l’améliorer. A plus forte raison maintenant qu’Erebor était séparé de l’empire et qu’il fallait tout faire pour le maintenir fort. « De combien de temps aurez-vous besoin pour prendre votre décision ? »

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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Ven 20 Juil - 5:38

Ton cœur est rapidement ému des propos d'Anthim.  Cet homme qui pourrait te détester, qui pourrait craindre ton existence et tenter de se débarrasser de toi pour protéger son pouvoir, plutôt que tout cela, il te tend la main.  Il te considère comme son frère, même si vous ne vous connaissez pas.  Tu n'as pas manqué d'amour à Roc-Épine, ceux qui ont pris le rôle de tes parents, mais tu as toujours rêvé d'obtenir l'affection des membres de ta réelle famille, sans jamais vraiment oser de l'avouer ni le penser ouvertement.  Ce n'était alors qu'une utopie irréalisable et aujourd'hui il s'agit presque d'une réalité.  Bien qu'elle ait disparu, tu as retrouvé Rejwaïde.  Alméïde t'a retrouvé aussi.  Tu ne peux rester auprès d'elle et devenir le frère que tu aurais aimé être, mais elle sait que tu la portes dans ton cœur avec tendresse.  Et maintenant il y a lui.  Ce frère dont la mère était ennemie de la tienne, celui qui pourrait te détester.  Pourtant c'est bien le contraire.  Non seulement il n'éprouve pas de méfiance à ton égard, mais en plus il t'invite à rester près de lui.  Il t'accorde une part de sa confiance.  Ta méfiance naturelle t'interdit de croire qu'il ne s'agit que de bienveillance, vous êtes frères, vous devez assurément vous ressembler d'une manière ou d'une autre.  Visiblement, il semble disposé à te croire désintéressé par le pouvoir et par le trône, mais tu ne peux t'empêcher de songer que l'une des meilleures façons de t'empêcher de fomenter quelque coup d'état est de ramener au palais.  Un frisson te parcourt l'échine en y songeant : tout ce qu'il te reste de bribes de souvenirs de cet endroit est couvert de sang et baigné de peur.  Combiné à ton désir de préserver le secret de ta naissance, cet élément te fait craindre d'y retourner.  Est-ce toujours pareil, toujours aussi rouge?

Ce sont ses derniers mots qui te touchent le plus.  Être l'ami du sultan, fusse-t-il votre frère, est un privilège inestimable.  Mais être traité comme un frère sur qui on peut compter, c'est vraiment tout une autre histoire.  Il s'agit d'un grand honneur pour toi, alors que tu n'es qu'un inconnu et tu ne peux t'empêcher de ressentir une immense fierté baignée d'humilité devant de tels propos.  Ta modestie te préviens de l'accepter sans le contester un peu.  Ta présence au palais en tant que garde ne changera en rien la justesse du règne de ton frère, ni ne rendra ses discussions plus éclairées qu'elles ne le sont déjà.  Au mieux, ce que tu peux lui apporter de positif, en-dehors de tous les facteurs de risques qu'il semble avoir bien pesé, c'est un soutien inconditionnel.  Sans le connaître, tu as une dette envers Anthim d'Erebor, lui qui a hérité à ta place d'un destin qui te seyait si peu.

« Où que je sois, ma vie n'aura jamais nul autre but que de préserver la splendeur d'Erebor, » assènes-tu avec une fierté non dissimulée.  Cette fierté d'être erebien, de pouvoir à ton échelle contribuer à l'épanouissement de ces terres qui t'ont vu grandir de loin.  Ton cœur et ton âme appartiennent à Erebor et cela aurait sûrement été ta seule qualification pour le titre de souverain.

« Demain matin.  Au plus tard demain matin.  Mon cœur me dicte la voie à prendre, mais je veux concerter ma raison aussi.  Conscients ou non des risques, jamais je ne pourrais me pardonner si mon frère, mes sœurs, mes neveux et mes nièces devaient souffrir.  Les guerres du harem ne sont plus ce qu'elles furent, je le crois et j'espère qu'il en sera ainsi jusqu'à la fin des temps. »

Ton cadet saura faire avancer les choses, tirer les femmes du harem de cette haine viscérale, de cette compétition pour voir leurs propres enfants recevoir la préférence.  Tu regardes un instant ce frère dont la femme a disparu, la mère de son héritier.  Une nouvelle dame du palais a pris sa place, mais quels genres de sentiments animent son cœur?  Est-il meurtri?  Ce n'est pas le moment de lui poser la question.  Vos relations sont dévoilées, le secret est tombé, mais trente années sont longues, trop longues pour  tendre vers cette proximité et cette tendresse.  Trop de temps a passé pour vous permettre d'être proches l'un de l'autre pour le moment.  Mais peut-être qu'un jour… tu y songes sans te faire de faux espoirs.  Il est sultan et tu n'es qu'un simple soldat, même si tu acceptes sa proposition.

« De ma vie, jamais on ne m'a offert d'honneur plus grand, je réfléchirai sérieusement à votre proposition et vous donnerai réponse dans les plus brefs délais. »

Ton cœur a envie d'accepter, mais ta raison te rappelle les dangers.  Et entre tes désirs et ce qui vaudra mieux, tu ne sais plus de quel côté céder.
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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Mer 1 Aoû - 23:10

Prendre le temps de peser le pour et le contre. Une sage décision, mais il espérait bien, Anthim, que la finalité irait en son sens. Peut-être était-ce un peu égoïste de sa part d’ailleurs d’attirer ce frère qu’il ne se connaissait pas quelques heures plus tôt au cœur d’un palais où il avait failli trouver la mort, mais le choix du sultan était pris. Combien de fois avait-il tourné et retourné cette idée dans sa tête, craignant  des risques que pouvaient engendrer pareil avenir. Mais une forme de confiance lui titillait le cœur et l’âme, quand bien même ne connaissait-il pas réellement cet homme avec qui il discutait pour la première fois. Il en avait rêvé pourtant, tissant dans ses rêves cette rencontre mille fois imaginée. Et il ne pouvait dire être déçu car il s’attendait à cette distance entre eux, sur laquelle jouait une myriade de sentiments que ni lui ni le guerrier ne pouvaient se permettre de mettre en évidence. Son désir de le voir à ses côtés cependant était bien sincère et vrai, risqué mais pourvu de bien des avantages qu’ils finiraient avec le temps par toucher des doigts.

« Nous ne pouvons prévoir ce que l’avenir réserve hélas. » Il partageait l’avis de ce frère, mais avait bien conscience aussi du poids que représentaient les traditions dans son royaume. Elle guidait beaucoup la vie de ses habitants, et plus encore au cœur du sultanat lui même, dans ce palais et ce harem qui existaient depuis des millénaires. En changer les règles, fussent-elles des plus cruelles, ne seraient point simple, quand bien même lui même voulait le faire. Et si celles-ci changeaient sous son règne, grâce à Shéhérazade qui avait déjà quelque peu œuvré pour en renvoyant certaines femmes, rien ne promettait que cela continue sous celui d’un de ses descendants.

« Demain sera parfait. »

Demain oui. Oh il aurait laissé plus de temps si nécessaire, car il comprenait. Mais s’il estimait qu’une nuit était suffisante pour converser avec sa raison, alors il n’insisterait pas. Il ferait envoyer un de ses hommes pour recueillir la décision du soldat qu’il espérait positive. Et si ce n’était pas le cas, alors il n’en voudrait pas à Anwar de jouer de prudence. C’était après tout un changement conséquent dans sa vie jusqu’ici cachée et loin du palais. Le sourire d’Anthim se veut toujours bienveillant alors qu’il écoute les dernières paroles du guerrier, honoré et renouvelant son désir de donner une réponse rapide. Les mots du sultan suivent sa pensée, et il répond sans crainte :

« Ne vous inquiétez pas de prendre le temps de consulter votre raison Anwar, je n’exige rien de vous. C’est une proposition, non pas un ordre. » Bien sûr, d’autres pouvaient se méprendre, car rares étaient ceux à refuser les demandes du sultan du Sable et du Roc, haute autorité de ce royaume aussi ancien que la terre d’Arven elle même. Mais telle était sa pensée et il ne souhaitait en aucune façon obliger ce frère à céder par peur de lui déplaire. Si cela devait advenir, alors qu’il en soi ainsi, mais ce n’était pas pour autant qu’il punirait. « Je ne vais pas abuser plus longtemps de votre temps Anwar, vous avez encore besoin de vous reposer. J’espère que nous aurons l’occasion de nous revoir prochainement. » Un désir exprimé, mais non pas une menace d’une quelconque façon. Comme il aimerait cependant rester plus longtemps auprès de lui, discuter peut-être, mais il sait que d’autres attendent de le voir et que donner trop de son temps à cet inconnu pourrait paraître étrange. Un jour viendrait où ils pourraient partager souvenirs et regrets, mais ce temps là n’était pas encore venu. Alors simplement, le sultan salut ce frère inconnu de tous, avant de prendre congé de celui-ci, non sans penser à cette réponse qu’il aurait le lendemain et en laquelle il fondait beaucoup d’espoir.

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