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 Ce secret que j'ai longtemps gardé

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La Noblesse
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Je suis : Duc d'Erebor et Roi des Gitans

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J'ai fait allégeance à : Erebor avant tout. A l'empire d'Ibélène.
Mes autres visages: Denys du Lierre-Réal, Hiémain de Sylvamir, Rackham des Deux-Ancres, Joséphine Siguardent et Shahryar Khamsin
La Noblesse
Message Sujet: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Lun 2 Avr - 15:20


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Anwar Sinhaj & Anthim d'Erebor

Ce secret que j'ai longtemps gardé

C'est ton secret aussi



• Date : 9 avril 1003
• Météo (optionnel) : Erebor, il fait plutôt beau, même si la nuit commence doucement à se faire fraiche
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après le couronnement d'Octave, la délégation erebienne vient juste de passer la frontière d'Erebor. Soucieux de l'état d'Anwar qu'il sait être son frère, il vient lui rendre visite et s'enquérir de son état.
• Recensement :
Code:
• [b]9 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3557-ce-secret-que-j-ai-longtemps-garde#132244]Ce secret que j'ai longtemps gardé[/url] - [i]Anwar Sinhaj & Anthim d'Erebor[/i]
Après le couronnement d'Octave, la délégation erebienne vient juste de passer la frontière d'Erebor. Soucieux de l'état d'Anwar qu'il sait être son frère, il vient lui rendre visite et s'enquérir de son état.


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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Lun 2 Avr - 15:56

Les froides journées de voyage en Valkyrion étaient enfin derrière eux. C’est avec un soulagement certain que la délégation erebienne, partie en hâte après le couronnement de l’empereur d’Ibélène, avait traversé la frontière de leur territoire. Même le froid des hautes montagnes n’avait rien à voir avec celui des plaines gelées du duché du Savoir, et chaque erebien se sentait retrouver une infime part de force maintenant qu’ils foulaient tous les terres ancestrales de leur foyer. Soucieux depuis leur départ pour bien des raisons, Anthim lui même s’était pris à détendre ses sombres pensées une fois un pied en Erebor. Ce fut pour un temps bien court, mais suffisant pour éclaircir un peu ses songes qui depuis des jours ne cessaient de l’étouffer. Tant de choses à penser, pour le futur de son royaume désormais indépendant. Tant de personnes à contacter, de jeux politiques à mener et d’affaires internes à régler. Il savait que ce ne serait pas une mince affaire, il s’y était attendu. Et malgré la charge que cela représentait, il n’en regrettait nullement son choix. Celui-ci était déjà parfaitement réfléchi la première fois qu’il l’avait exprimé à l’empereur, et la résurrection de ce dernier n’avait fait qu’affirmer ses convictions et confirmer son point de vue. Il ne comptait pas œuvrer avec un homme souillé qui avait bafoué le royaume de Sithis. Pas tant que cette affaire ne serait pas un peu plus éclaircie.

D’autres choses cependant, plus personnelles, avaient titillé l’esprit du souverain d’Erebor. L’état d’un homme qu’il s’était efforcé d’ignorer pour maintenir une illusion mais qui martelait malgré tout son cœur. Un simple soldat aux yeux de tous, un individu des plus inconnus et des plus discrets mais qui c’était fait remarquer dernièrement dans un acte héroïque. Ou presque, puisque l’assassin de l’empereur n’avait certes pas été arrêté, encore. Mais cela n’empêchait ni la noble intention derrière le geste, ni l’horrible blessure qui s’en était suivie. La main de Sithis n’était pas passée loin de lui, à ce qu’on lui avait dit, mais Anthim avait tenu à ce que les meilleurs médecins de sa délégation s’occupent de lui. Et sans ralentir le voyage, Anwar avait été pris en charge avec une attention toute particulière, à sa propre demande. Officiellement, pour remercier cet homme qui avait mis sa vie en danger avec une belle abnégation. Officieusement parce qu’il comptait plus que comme un simple soldat aux yeux d’Anthim, même s’il ignorait tout de ce frère secret.

« Comment va le soldat de Roc-Epine ?
-Son état s’est grandement amélioré mon roi, sa vie n’est plus en danger.
-J’aimerais aller lui parler et le remercier de ce qu’il a fait.
-Oh il a connaissance de votre gratitude, mon roi, mais si c’est là votre volonté, je vais le prévenir de votre visite.
-Cela ne sera pas nécessaire. »

Il ne tenait pas, le sultan du Sable et du Roc, à ce que l’on suive cette discussion avec attention, ni qu’on le dérange dans cette rencontre avec celui, il le savait, qui aurait pu être à sa place si les choses avaient été différentes. Anwar, premier fils de Charif, son père. Premier prince couronné et disparu, prétendu mort… Tout aurait été différent et Anthim n’y tenait guère. Mais l’homme avait montré qu’il ne tenait visiblement pas lui même à ce trône qu’il possédait. Depuis que le sultan le faisait observer, il s’était pris d’une certaine affection pour ce guerrier qui lui était pourtant parfaitement inconnu.

Congédiant le garde qui surveillait devant la tente d’Anwar, Anthim pénétra celle-ci avec une légère appréhension. S’il resta parfaitement stoïque, solide comme le roc à son habitude, il sentit néanmoins en lui une petite hésitation mêlée à une certaine agitation. Comme quelque chose qu’il aurait attendu et craint en même temps.

« Bonsoir guerrier. On m’a dit que votre état allait en s’améliorant. Je suis heureux de savoir une telle chose, votre perte aurait été bien grande aux vues de l’héroïsme dont vous avez fait preuve. » Comme le voulait la tradition et son statut, Anthim maintint entre eux de la distance et afficha son autorité, parlant à cet homme qui était nettement en dessous de lui. Et pourtant, quel difficile secret se jouait entre eux. Avec bienveillance cependant, il regard cet homme qui était ce frère inavoué, et lui adressa même un fort léger sourire. « Vous méritez bien des honneurs. » Peut-être pas seulement pour cet acte qu’il avait fait, cela dit, mais le sultan se garda bien d’en ajouter plus.

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Les Guerriers • Modo
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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Mar 10 Avr - 3:42

Il y a quelque chose de honteux à faire le voyage paqueté comme une valise.  On te traite avec tous les égards, plus qu'on ne devrait t'en accorder, en raison dit-on de ton courage pendant la catastrophe du couronnement d'Octave d'Ibélène, mais tu as bien conscience que tu ne mérites pas autant de soin, tu te serais satisfait de beaucoup moins.  Même, tu aurais préféré que ce que soit moins.  Tu as la désagréable impression que cette situation te met sous les regards et que tu attires trop l'attention.  Ta reconnaissance envers Anthim est immense, lui qui ne sait rien de qui tu es, lui qui ne voit en toi qu'un simple garde erebien, c'est donc un honneur de recevoir ainsi ses grâces.  Même s'il vaudrait mieux que tu puisses t'en sauver.  Retourner dans l'anonymat total, là où tu n'es qu'une figure parmi tant d'autres.  Tu ne mérites ni hommages, ni traitements de faveur.  Cet assassin qui a mis la vie en péril des invités, tu n'as pas réussi à l'attraper.  La discrétion a toujours été ton moyen de survie.  Caché à Roc-Épine, tu a échappé aux furies du harem, aux attaques contre toi.  Tu as appris à vivre autrement que dans la crainte.  Tu as hésité à accompagner la délégation du Pic en Valkyrion, mais ton inquiétude pour Rejwaïde qui a soudainement disparu alors qu'elle était à peine remise de ses blessures t'as rendu enclin à accepter.  Au final, tu ne sais toujours pas où elle est et te voilà sous les bons soins des médecins erebiens de ton frère.  La situation n'est pas idéale.

Installé dans une tente, tu soupires de soulagement en sachant que vous avez déjà rejoint les terres erebiennes.  Il ne fait plus aussi froid qu'en Valkyrion, ce qui est quelque chose à célébrer aussi, mais c'est surtout que votre arrivée en Erebor signifie que la fin du voyage approche bientôt et que tu pourras retourner te fondre dans la masse, redevenir un simple individu invisible.  L'envie de de jouer de la cithare te démange et tes pensées vagabondes.  Vers ta mère, vers tes sœurs, vers cette famille du Pic qui t'a élevée et vue grandir.  Bientôt, tu seras de retour parmi les tiens.  Bientôt, tu ne seras plus près de ton frère.  L'envie d'apprendre à le connaître est grande, tu écoutes avec attention ce qui se murmure à son propos dans le convoi, un sourire aux lèvres.  Cependant, tu ne veux pas rester auprès de lui.  Tu crains que ton secret ne soit découvert et qu'il voit en toi une menace alors que tu n'as aucune vue sur la position qu'il occupe.  Il la mérite.  Elle ne te fait pas envie non plus.  Néanmoins, avec l'âge et le recul, tu en es venu à comprendre les jeux cruels du harem, les espoirs désespérées des concubines de devenir sultane, de voir leur enfant devenir l'héritier du trône.  Et tu connais trop peu ton souverain pour savoir s'il est affecté par ces pensées.

La surprise est grande ainsi quand la toile de la tente où tu reposes se soulève pour dévoiler son visage.  Rapidement, tu t'inclines.  C'est ton frère cadet, mais il ne le sait pas, et même s'il le savait, il reste ton seigneur et maître.  La blessure est en bonne voie de guérison et le geste ne te fait pas souffrir au-delà d'un léger pincement.

« Je n'ai qu'accompli mon devoir comme l'aurait fait n'importe lequel d'entre nous s'il avait été à ma place, » réponds-tu avec un ton empreint de respect.  Tu tentes de rester calme, mais il y a une certaine anxiété qui naît en ton cœur tandis que ton frère est là devant toi et ne paraît plus si inaccessible.  Tu aimerais le remercier pour tant de choses : de porter le fardeau du pouvoir, d'avoir pris soin d'Alméïde, d'être celui que tu devrais être, mais meilleur encore, et bien d'autres choses.  Toutefois, tu ne peux que te borner à des platitudes.

« Vous avez été généreux à mon égard et ma blessure est presque remise.  Je ne puis que renouveler ma loyauté à et mon désir de protéger Erebor en gage de ma gratitude. » Tu n'es pas homme de cour, tu ne sais pas exactement comment agir en face de ton suzerain qui vient te rendre visite.  Il te reste trop peu de souvenirs non liés aux attentats menés contre toi et ta mère au palais que tu ne sais plus.  De mémoire, tu n'as jamais vu le visage de Charif ou ses yeux.  Peut-être est-ce parce que tu étais trop petit.  Néanmoins, tu restes prostré, cachant ce visage où peut-être il est possible de voir une ressemblance.
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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Sam 28 Avr - 18:17

Se pouvait-il que l’homme devant lui ignore tout de ses origines et de la vérité sur son identité ? Oh Anthim ne pouvait le croire. L’enfant de l’époque était jeune, mais encore capable de se souvenir… Le sultan des Sables et du Roc s’était longuement interrogé sur l’histoire de se frère ainé disparu il y a bien longtemps, assassiné disait la version officiellement par des ennemis de la mère de celui-ci. La mort d’Anwar avait donné à Anthim le titre de prince, comme le voulait la tradition sur le trône d’Erebor, et avec le temps, le duc ne s’était pas fait naïf sur cette affaire. Il savait comment cela fonctionnait dans son propre harem. Et s’il savait aussi que la guerre y était bien moins nocive qu’à l’époque de son père, les attaques mesquines existaient. Aussi en était-il venu à penser que sa mère, autrefois, n’avait pas hésité à sacrifier la vie d’autres enfants pour accéder au trône convoité… Triste constat qu’il avait formulé au plus profond de lui, mais qui était hélas bien représentatif de cette terrible tradition. Le fils ainé meurt, le suivant prend sa place et la mère du premier disparaît, reléguée loin au harem et couverte d’opprobre pour n’avoir su veiller sur l’héritier. Pourtant, il était bien là, devant ses yeux, le fils ainé de Charif. Caché aux yeux de tous pour survivre, mais toujours susceptible d’exiger un trône devant lui revenir de droit. Non, cet homme ne pouvait l'ignorer. Et avec les nombreux espions qu’il avait fait envoyer pour surveiller Anwar, il ne pouvait croire non plus que celui-ci serait un ennemi pour lui.

Au contraire, il avait pu juger, avec les différents rapports qu’on lui avait remis, que son frère était plutôt quelqu’un de humble et qu’il avait renoncé à viser l’ambition d’un trône. C’était, à ce qu’on disait, un fidèle défenseur de Roc-Epine, et un fervent sujet de la couronne d’Erebor. D’Ibélène même, après ce qu’il avait fait des jours plus tôt pour retrouver l’assassin de l’empereur. Même s’il avait échoué, il avait mis sa vie en danger sans craindre les conséquences de la mort. Un fidèle soldat. Un homme qu’Anthim avait envie de connaître sincèrement. Depuis des années maintenant, il gardait au plus profond de lui le désir de le rencontrer, ne pouvant prendre des risques inconsidérés. Et là aujourd’hui, il pouvait se le permettre, sous le couvert de cette excuse qui était de le remercier de sa bravoure.

« Relevez-vous Anwar. » Il ne s’était pas présenté au sultan, mais Anthim savait d’ores et déjà son nom. Alors qu’il obéissait, le duc pu observer un peu plus attentivement cet homme qui, par certains côtés, lui ressemblait. Ils n’avaient point la même mère, mais le sang de Charif coulait en eux. Et lui qui se souvenait si bien du visage de son père, ne pu que remarquer les similitudes. Il en eut un léger sourire.

« Je sais que votre loyauté envers Erebor est sincère, tout comme l’est ma gratitude à votre égard. » Il imposa, l’espace d’une seconde, un profond silence, presque lourd alors que son regard se portait dans celui tout aussi clair de Anwar. « A dire vrai, je ne vous parle pas de ma gratitude pour ce que vous avez fait au couronnement. Vous et moi somme plus proche que nous ne pouvons tous deux l’admettre, n’est-ce pas ? Et pourtant, nous sommes frères, Anwar, fils ainé du sultan Charif. » Sur cette dernière phrase, Anthim s’était sensiblement rapproché du guerrier, franchissant une distance pour permettre à ses mots de n’être qu’un murmure qu’eux seuls deux pouvait entendre.

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Message Sujet: Re: Ce secret que j'ai longtemps gardé   Jeu 17 Mai - 3:22

Un ordre du sultan n'est pas à ignorer, ainsi tu te redresses quand il te l'ordonne bien que tu gardes la  tête basse en signe de respect pour le premier homme d'Erebor.  Tu es encore un peu sous le choc de la visite qu'il te fait, un honneur insigne, mais tu t'efforces tant bien que mal de le cacher.  Il a certainement ses raisons, qu'il ne te les explique ou non, tu ne peux que te soumettre à sa volonté.  Par loyauté, mais aussi par amour.  Bien qu'il ne le sache pas, c'est ton frère.  Vous avez grandi éloignés, sans pouvoir profiter de la camaraderie que vous auriez pu entretenir l'un et l'autre dans ce palais rempli des femmes et des filles de votre père.  Peut-être n'avez-vous pas la même mère, mais si les choses avaient été autrement, peut-être auriez-vous pu être amis, partager vos jeux.  Il ne sert à rien de ressasser ce qui n'est pas et ne sera jamais, néanmoins, pour le souvenir de ce qui aurait pu été, tu éprouves la plus grande tendresse qu'il te soit possible d'éprouver à son égard.  Frère inconnu qui partage tout de même le même sang que toi.  Et n'eut été vos liens familiaux, tu aurais tout de même éprouvé un respect sans borne pour lui, Anthim d'Erebor.  C'est un bon souverain, du moins tu le juges comme tel et tu crois être impartial dans ce jugement.  Il représente beaucoup pour son peuple et ses dernières décisions spectaculaires au couronnement rehausse l'estime qu'il fait naître en toi.  Ton frère, ce n'est vraiment pas quelqu'un d'ordinaire.

Toutefois un énorme doute se faufile plus il avance dans ses propos.  Tu repenses à cette rencontre avec Alméïde, Alméïde qui savait que tu es son frère.  Tu as laissé cette information se terrer au fond de toi, car même dans la joie de la retrouver partiellement, tu sais que c'est un bonheur qui t'est interdit, pour votre protection, pour le bonheur de tous.  Alors quand il t'appelle son frère à son tour, la surprise est sans limite.  Ton secret que tu croyais si bien gardé est en fait connu de tous.  L'espace d'un instant, tu crois que c'est Alméïde qui lui a parlé, qui lui a tout dit.  Après tout ne sont-ils pas proches lui et elle, lui qui l'a tiré du harem pour en faire sa sœur, une princesse d'Erebor?  La proximité entre vous t'a pris de court et sous l'emprise de la stupéfaction, tu ne sais trop que répondre.

« Vous saviez… » murmures-tu, complètement ébahi et en perte de tes moyens.  C'est ton souverain, il n'est pas question de mentir, de tenter de prétendre que c'est faux.  La duplicité te déplaît et y avoir été contraint aussi tôt par la vie est un tache indélébile que tu supportes avec toute la patience dont tu es capable.  Tu gardes le silence un instant, pensif.  « Comment… » commences-tu à demander, mais tu te ravises rapidement.  Ça n'a aucune importance.  Aucune.  Tu as plus important à dire, plus important à faire.

Pour peut-être la seule fois possible dans ta vie, tu lèves les yeux pour croiser son regard.  Tu ne te fais pas inquisiteur.  Ton unique désir est d'être pour une fois un frère.  L'être mais aussi lui dire, lui assurer, que ton silence jusqu'à présent se poursuivra indéfiniment.  Que tu ne revendiques pas sa place, que tu continueras d'être mort pour Erebor jusqu'à ce que tu ne rejoignes réellement le royaume de Sithis.  « Anwar le fils de Charif est mort il y a plus de trente ans et ce nom reposera à jamais.  Quant à l'homme qu'il est devenu, son affection pour ceux de son sang ne diminuera jamais, ni sa loyauté à leur égard.  Mon frère, cette place que le simulacre de ma mort t'a donnée, je n'en veux pas.  C'est toi qui la mérite.  Mon bras continuera à servir et protéger Erebor ainsi que son souverain et ses héritiers.  Ceci est mon serment, sur l'honneur.  D'un sujet à son sultan. »  Ton poing se pose sur ton cœur.  Il était risqué peut-être de tutoyer Anthim, mais prendre quelques risques ne t'avait jamais réellement effrayé.  Et ce serait l'unique fois, ce moment où tu pouvais être le frère aîné.  « Erebor a trouvé en vous le meilleur protecteur qu'il pouvait avoir. »  Ce moment de fraternité passé, il faut revenir à la vassalité.  Tu n'es qu'un simple garde de Roc-Épine, personne.  Ton nom ne restera jamais dans les annales, on ne se souviendra que de la mort de l'enfant que tu étais et l'homme que tu es devenu restera méconnu.
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