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 Voir le monde grandir et changer

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La Noblesse
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Message Sujet: Voir le monde grandir et changer   Lun 2 Avr - 20:48


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Anthim et Shéhérazade d'Erebor

Voir le monde grandir et changer

Décider de sa place et du chemin à prendre



• Date : 21 avril 1003
• Météo (optionnel) : //
• Statut du RP : Privé
• Résumé : De retour à Vivedune et du couronnement de l'empereur, Anthim et Shéhérazade ont bien des choses à se dire pour décider de la route que prendra leur royaume devenu indépendant.
• Recensement :
Code:
• [b]21 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3558-voir-le-monde-grandir-et-changer#132348]Voir le monde grandir et changer[/url] - [i]Anthim et Shéhérazade d'Erebor[/i]
De retour à Vivedune et du couronnement de l'empereur, Anthim et Shéhérazade ont bien des choses à se dire pour décider de la route que prendra leur royaume devenu indépendant.


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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Mer 4 Avr - 3:33

C’est peu après la fin de matinée qu’était arrivée la délégation erebienne à Vivedune, à la suite de son long voyage. S’ils n’étaient guère restés longtemps au sein de la capitale Ibéenne – pas plus de deux jours – les conséquences de ce séjour avaient été aussi nombreuses que lourdes. Désormais, Erebor n’était plus membre de l’empire du Savoir, le duché reprenait ses droits d’indépendance et son statut de royaume à part entière. Un choix difficile mais parfaitement réfléchit par le sultan Anthim, qui ne regrettait nullement la décision qu’il avait porté. Fièrement et solidement, il assumait avec conviction ses résolutions. Et même si cela promettait bien des manœuvres politiques pour asseoir sa place nouvelle et conquérir de nouvelles alliances, il n’en était pas effrayé. Bien avant ce couronnement, il y avait d’ores et déjà songé. Et désormais que c’était chose faite, il avait eut tout le voyage pour s’organiser et mettre en place ses prises de contact avec les autres souverains d’Arven, à commencer par l’empereur Faë qui n’était plus son ennemi. La guerre était certes toujours ralentie, à ce qu’on disait, Gustave observait avec attention la situation nouvelle d’Ibélène – pour mieux en profiter, Anthim n’en doutait pas – c’était donc une occasion parfaite pour lui envoyer un courrier et lui proposer, peut-être, une rencontre.

Dès son arrivé au palais, il avait laissé à son épouse le loisir de se reposer et surtout de gérer leur retour avec les différents serviteurs. Pour sa part, il disparu une bonne partie de la journée dans ses appartements pour commencer à rassembler courriers et conseillers pour ramener à lui les différents chefs de clan. Bientôt, il aurait besoin d’eux pour mettre en place la nouvelle politique interne du royaume. Les choses allaient changer, maintenant qu’ils étaient réellement seuls, dépendant d’eux même. Il lui faudrait voir bientôt aussi le changement de capitaine pour le vol des Voltigeurs d’Erebor, voire même nommer un maréchal pour leur propre sultanat. La chose était encore en réflexion, tout comme le choix du candidat qui lui revenait. Cela, il le verrait plus tard, la priorité restait ces contacts à prendre au plus vite. Déjà, on lui avait parlé de tous ces erebiens éparpillés au quatre coins d’Arven et qui avaient répondu à l’appelle pour revenir au pays, de tous ces gens, qu’ils soient ou non mages, ils étaient les bienvenus à rentrer. Puis quand il releva les yeux pour constater que le soleil était sur le point de se coucher, Anthim se surpris à ne pas avoir vu le temps passer. C’est ce tapotement à la porte du bureau, discret mais ferme, qui lui fit relever les yeux de ses affaires, consultants les documents à la lueur d’une lampe qu’il ne se souvenait même pas d’avoir allumé.

« Entrez. » Fit-il, en devinant presque, avant de la voir, la silhouette de sa chère épouse, cette nouvelle sultane qui l’épaulait. Un instant, il ne put s’empêcher de songer à Sitara, qui elle aussi venait le trouver lorsqu’il se plongeait trop longtemps dans ses affaires. Sans le vouloir, il crut distinguer à la place de Shéhérazade la silhouette de son amour passé. Puis dans les derniers rayons du soleil, il détailla les traits fins de sa femme, à qui il adressa un maigre sourire. D’un geste, il chassa ces pensées, s’en voulant l’espace d’une seconde de penser à sa tendre Sitara comme si Shéhérazade n’était pas là. La Khamsin était pourtant bien ici, devant ses yeux, première épouse et premier soutien. « Ai-je laissé le temps filer, chère épouse ? Il me semblait pourtant qu’il n’était pas si tard, mais Valda me cache déjà l'astre du jour. » Il se leva de son bureau, franchissant la distance qui le séparait de son épouse, puis pris la main dans la sienne pour la porter à ses lèvres, déposer un doux baiser chaud, tendre. « As-tu pu te reposer un peu du voyage ? »

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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Dim 24 Juin - 11:57

Le soleil se couche, et Anthim n’a point reparu.
Certes, la journée s’est écoulée rapidement – le retour avant midi a donné lieu à une folle effervescence au cœur du tout récent sultanat, et Shéhrazade n’a pas réellement eu le temps de souffler. Son royal époux a eu tôt fait de s’éclipser pour entériner les décisions envisagées et prises pendant leur long trajet de retour, et rapidement un frénétique ballet de messagers essaimant tous azimuts témoigna de l’extrême diligence du sultan à convoquer les chefs de clan. Sûrement Sinbad a-t-il été convoqué, lui aussi, pour être informé de la sécession du sultanat et prendre les ordres délivrés par son souverain – peut-être poura-t-elle le voir, si son époux y consent ? Peut-être même qu’il viendra avec d’autres de leur parentèle, et qu’elle pourra leur parler, les serrer contre elle, comme lorsque Marjane s’est présentée au palais en entretien privé avec le couple royal.

Peut-être.

D’abord, il y a le palais à reprendre en main ; et la sultane s’affaire à remettre de l’ordre dans la domesticité. C’est qu’il y en, des ordres à donner, des cas à trancher, des affaires à ranger – tous ces cadeaux précieux échangés, par exemple. Mais la première priorité, c’est de s’assurer que les enfants vont bien – c’est donc directement que la sultane s’est rendue à la pouponnière royale, saluant affectueusement le dauphin Qasim, son frère et sa sœur et s’assurant de leur bonne santé de quelques questions précises au personnel ; avant de prendre contre elle Mansour et ses sœurs pour un câlin familial ému. Une fois assurée que les enfants sont sains et saufs, qu’il s’agisse de ceux qu’elle a portés comme de ceux de Sitara qu’elle s’efforce de traiter avec le plus de prévenance possible, sans chercher à remplacer leur mère, c’est vers le harem que la sultane porte ses pas, s’assurant que tout y est calme, et prenant connaissance des dernières nouvelles.

L’après-midi touche à son terme lorsque sa série de visites se termine par une entrevue avec le chambellan et l’intendante, abordant pêle-mêle quelques réparations nécessaires à effectuer au palais, quelques sollicitations caritatives arrivées des oasis en difficulté depuis les ravages des dragons l’année passée, le nécessaire remplacement de sept femmes du personnel quittant le service pour leurs épousailles ou en raison d’une grossesse avancée, et les premiers préparatifs pour fêter l’anniversaire du sultan dans quatre mois. C’est en abordant l’épineuse question du ravitaillement devenu compliqué depuis la fermeture des frontière, que la sultane a congédié les deux efficaces chefs du personnel, expliquant que le sultan devait avant tout prendre contact avec ses voisins faës et ibéens pour voir de quel côté le commerce pourrait reprendre.

Excellente excuse pour s’en aller dénicher Anthim dans son bureau privé, et le tirer de sa séance fastidieuse de travail qui dure depuis la mi-journée : une fois rafraîchie par un bain revirogant et changée dans un sari élégant, repoussant les sollicitations d’un ferme sourire, Shéhérazade parcourt les longs couloirs richement décorés, pour s’arrêter à la porte de son époux devant laquelle deux gardes vigilants sont postés. Levant la main dans le gai cliquètement de ses bracelets, elle toque fermement à la porte, repoussant le battant pour se faufiler à l’intérieur.

L’espace d’un instant – oh, rien qu’une fraction de seconde – le fantôme de Sitara passe entre eux, et le cœur de la sultane frémit sous la douleur. Le sultan pleure son aimée, et elle, elle a perdu une sœur – douce Sitara, la plus inoffensive de toutes, si secrète et si fragile – partie, hors de leur portée. Et Shéhérazade souffre, tout autant de l’absence de cette femme qu’elle admirait, que de lire dans le regard d’Anthim cette déception involontaire, à chaque fois qu’il se tourne vers son épouse en s’attendant à trouver sa bien-aimée et qu’il se souvient qu’à sa place, il n’y a… qu’elle, la fille des Khamsin, celle qui parle aux morts et qui n’a coiffé la couronne que par défaut.

Vilaine jalousie – qu’elle n’a jamais ressentie autant que depuis que Sitara n’est plus là, elle qui n’a jamais cherché à s’opposer à quiconque au harem pour la faveur d’Anthim. Faveur qu’elle avait sûrement sans la rechercher, d’ailleurs, première à y être entrée, mère du premier prince. Chassant fermement ces pensées peu honorables, adressant mentalement ses excuses à la mémoire de Sitara de se montrer si indigne de lui succéder, elle s’incline devant Anthim, saluant paisiblement son époux tiré de ses pensées. « Je pourrai me reposer plus tard, je préfère que tout soit en bon ordre avant ; et j’avais grande hâte de voir les enfants », sourit-elle. « Qasim se porte comme un charme ; les autres aussi, qu’ils soient au palais ou au harem. » Il faudra qu’elle lui parle de ses idées pour le harem, justement – peut-être plus tard.

Dans la tranquille intimité de ce bureau clos, elle se permet un geste de tendresse familier, portant sa main libre au visage de son époux pour effleurer la courbe de sa mâchoire, du bout des doigts. « Tu travailles depuis notre arrivée, viens donc te restaurer et prendre du repos. J’ai pensé que tu préfèrerais un dîner tranquille, il nous attend dans mes appartements si tu souhaites partager le mien ; si ce n’est pas le cas, des domestiques attendent dehors pour prendre tes ordres, et je prendrai congé de toi. Je veux juste être sûre, mon époux, que tu ménages tes ressources – Erebor a besoin que son sultan reste fort. »

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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Dim 15 Juil - 16:51

Le temps était passé si vite que le crépuscule renvoyait déjà ses derniers rayons de soleil. Absorbé comme il l’avait été par son travail – en témoignaient ces nombreux documents rangés sur son bureau – il n’avait même pas remarqué que la faim s’était peu à peu faite une place dans son estomac. S’il ne grondait pas encore, il sentait bien celui-ci réclamer son dû, et il remercia d’un regard son épouse venue à lui pour cette raison. Entre autres. Comment ne pas songer à Sitara, dans cette douce intimité qui ne faisait que rappeler à Anthim sa bien aimée disparue ? Combien de fois celle-ci était-elle déjà venue de la sorte le trouver au cœur de son bureau pour le tirer de ses affaires ? Combien de fois l’avait-il embrassé pour la remercier d’être si attentive à lui ? Tant de sentiments flottaient encore dans cette pièce, chargée de souvenirs qu’il n’avait pas avec Shéhérazade. Et au fond, il s’en voulait de calquer sur la silhouette de sa sultane l’écho passé d’une femme qu’il ne reverrait sans doute jamais. C’était injuste pour elle, il le savait, mais il ne pouvait parfois pas empêcher cette mélancolie de s’emparer de son esprit et de transparaître dans son regard.

« Je suis heureux de savoir que les enfants vont bien. »


Même s’il n’avait pas encore pris la peine d’aller voir ceux-ci. Hélas, des choses plus pressantes demandaient l’attention du sultan, mais il se promit d’aller le faire, plus tard dans la soirée. Il n’était malheureusement pas le plus attentionné des pères et il laissait volontiers l’éducation de ses enfants à des nourrices et futurs précepteurs, comme lui même l’avait connu dans son enfance. Il lui importait pourtant de savoir s’ils allaient bien, surtout après cette longue absence. Il s’inquiétait d’ailleurs pour Qasim et les jumeaux, devant désormais vivre sans l’affection profonde et exclusive de leur mère. Ils ne manquaient de rien en vérité, sauf peut-être de ce doux sentiment et cette chaleur qu’apportait Sitara aux enfants qu’elle avait mis au monde.

La main qui effleura la courbe de sa mâchoire ramena le sultan à cette réalité qu’il avait laissé échapper entre quelques pensées. Son regard tomba sur Shéhérazade, à qui il ne put hélas offrir un baiser. Il l’aimait, sa première épouse. Il l’aimait sincèrement, avait pour elle de tendres sentiments. Mais ce n’était pas la passion qu’il avait eu pour Sitara, ça n’avait rien du dévorant brasier qui avait fait s’enflammer son cœur. Le deuil de la perte de son épouse résonnait encore en trop en lui, même si aujourd’hui la Khamsin était belle et bien définitivement sa nouvelle sultane. Il lui adressa un sourire avant de reprendre cette main caressante et enserrer des doigts dans les siens.

« Tu as raison, il est temps que j’arrête pour ce soir. Beaucoup de choses requièrent mon attention, mais elles peuvent attendre demain. » La réorganisation d’Erebor n’aurait pas lieu en quelques jours hélas. Il avait beaucoup de personne à rencontrer avant que tout ne puisse se mettre en place correctement. Et c’était là une pensée bien optimiste. « Allons dîner dans tes appartements, il y a longtemps que nous n’avons pas partagé un repas ensemble. » Ou tout du moins, pas réellement en seul à seul. Après tout, ils revenaient d’un long voyage qui n’avait pas toujours été propice à l’intimité.

Gardant la main de Shéhérazade dans la sienne, ils sortirent tous deux du bureau personnel du sultan, passant devant les deux gardes qui, après quelques mètres franchis, se mirent à suivre le couple comme on l’attendait d’eux. Et lorsqu’ils arrivèrent aux appartements de la sultane, c’est devant la porte de celle-ci que les deux gardes vinrent se placer. Entrant le premier, suivi de son épouse, Anthim ne put que remarquer d’infimes changements dans ce lieu qui avait appartenu à Sitara. Si une fois encore, un voile de nostalgie s’empara de son regard, il n’en fit pas mot pour ne pas blesser Shéhérazade et vint s’asseoir à la petite table où était installée leur dîner de ce soir.

« Qu'as-tu fais aujourd'hui alors ? Le palais devait être en effervescence avec notre retour. »

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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Mer 25 Juil - 13:28

Il avait été bien compliqué pour Shéhérazade, à sa sortie du harem, de s’installer dans ces appartements le jouxtant et qui avaient été le domaine de Sitara depuis la naissance de Qasim. Il était déjà bien inconfortable de coiffer sa couronne et de se trouver propulsée sultane sans l’avoir désiré, si en plus il fallait effacer toute trace du passage de la précédente, son cœur tendre s’en trouverait considérablement meurtri. Alors, elle avait bien tenté de négocier pour occuper un autre logis, plus éloigné du harem, laissant intact le sanctuaire de la disparue ; mais l’organisation du palais a toujours placé les souveraines dans cet appartement-là, et la Khamsin projetée hors du harem a dû plier et prendre possession des lieux.

Elle perçoit bien les regrets d’Anthim, lorsqu’ils entrent ensemble dans la vaste pièce où le dîner les attend, mais n’en souffle mot pour ne pas aviver sa peine. Dans les nombreuses chambres attenantes, ses enfants et ceux de Sitara sont couchés pour la nuit ; et elle ne manquera pas de proposer à leur père de passer les visiter avant de s’en retourner dans ses propres quartiers. Pour le moment, elle tient à profiter de ces quelques instants de paix après une journée chargée en turbulences, fatiguée d’avoir passé des heures à décider de menus détails dans l’organisation de la domesticité et de la vie quotidienne du palais royal. Un sourire las aux lèvres, elle puise dans les plats, et boit quelques gorgées rafraîchissantes. « Ton intendant et ma gouvernante ont accompli un travail remarquable, le palais a fonctionné sans heurt en notre absence. J’ai le plaisir de t’informer que tout va bien au harem – les sigisbées m’ont fait leur rapport, tout est parfaitement en ordre, et j’ose affirmer que la récente sélection parmi tes épouses a certainement permis à celles que tu as choisies pour demeurer de couler des jours plus paisibles dans l’enceinte de ces murs. » Pas de disputes, pas de cris, pas de tentatives d’assassinat ; des enfants moins crispés, plus sereins, et le cœur de mère de Shéhérazade s’est réjoui de découvrir que les conditions semblent quelque peu s’améliorer. « Je… J’envisage de rencontrer certaines de tes demi-sœurs, si tu n’y vois pas d’inconvénient ? Je souhaite les interroger sur les conditions de vie de leur enfance. J’ai vécu dix ans cloîtrée au harem, mais j’y suis arrivée adulte et j’avais les moyens de me défendre, je n’y ai pas été malheureuse, mais le danger était partout et il me peine que des femmes que tu honores de ton attention, et les enfants qu’elles te donnent, ne puissent vivre dans la tranquillité. La situation s’est arrangée quand tu as rendu au monde celles qui posaient problème, mais je réfléchis à un moyen d’assurer la paix pour les prochaines générations également – que Qasim puisse se reposer entièrement sur ses épouses et n’ait pas à se préoccuper de la sécurité des nombreux fils qu’il aura sûrement. »

Rencontrer les demi-sœurs.
Les paisibles et raisonnables, oui, sans aucun doute – il y en a plusieurs retournées dans les clans du désert, mais celles qui posent problème, ce sont les aigries, les hargneuses, celles qui ont perdu un frère ou une sœur, celles que l’enfermement a brisées et qui n’en sont pas sorties indemnes. Siméane, peut-être ? Majda, très certainement – les murmures qui courent sur elle font froid dans le dos, et la sultane n’est pas vraiment certaine de vouloir la rencontrer. Il y a aussi Rejwaïde – celle des filles de Zénaïde que Charif n’a pas voulu sortir de son isolement, et Shéhérazade sait combien Alméïde a souffert de voir sa cadette s’éloigner d’elle de plus en plus ces dernières années. Mais elle a disparu, prétendument emportée par la Chasse Sauvage, alors… Qui consulter ? Ces femmes blessées détiennent peut-être la clé de la paix pour celles qui leur succéderont… pour autant qu’Anthim lui donne permission de les faire mander.


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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Mer 8 Aoû - 16:42

Cette pièce, ces appartements. Tout semble rappeler à Anthim sa chère Sitara disparue qui ne reviendra sans doute jamais. Le cœur touché mais tentant de garder l’expression neutre, le sultan se force à refouler les souvenirs qui se soulèvent dans sa mémoire pour mieux s’intéresser à celle qui est désormais son épouse, sa sultane. Pauvre Shéhérazade qui n’aura jamais cette place prépondérante dans le cœur d’Anthim. Il a pour elle pourtant une grande affection et de tendres sentiments proches de l’amour qu’il avait pu entretenir pour Sitara, mais les choses étaient différentes, dénuées de cette flamme de passion qui embrasait l’entièreté de son être. Il valait mieux ne jamais aborder ce sujet, laisser les émotions en place et les souvenirs douloureux dans un coffre solidement fermé. Oui, c’était pour le mieux et sur cette fugace pensée, le sultan imite son épouse en grignotant ici et là la nourriture qui avait été servie sur la table. Patiemment, il écoute sa femme parler, acquiesçant distraitement à ses mots qui ne le surprennent guère. La nouvelle néanmoins fait plaisir à entendre :

« Je suis heureux de savoir que tout va pour le mieux. »

Qu’il s’agisse du palais qu’il savait entre de bonnes mains en son absence, ou dans le harem récemment vidé sur les bons conseils de Shéhérazade. A peine avait-elle été couronnée sultane que celle-ci avait soufflé à son époux la possibilité de rendre à leur famille ces femmes aigries et dangereuses qui vivaient au palais et qui pourrissaient la vie des épouses plus calmes, désireuses de paix. La tâche n’avait pas été simple pour Anthim, car rendre la liberté à ses femmes pouvait jeter la honte sur celles-ci et le clan d’où elles venaient, pour  n’avoir su satisfaire la volonté du souverain. Aussi avait-il proposé à chacune de ces familles d’accueillir au palais un autre membre qui serait promu à d’autres tâches au sein du palais. Ainsi, nul égo n’avait été froissé et les femmes dont il s’était séparé étaient retournées à leur vie d’avant. Le harem semblait désormais bien vide, mais la peine d’Anthim pour Sitara, et l’amour qu’il avait déjà pour elle à l’époque l’avait fait bien moins visiter ses autres femmes. Et si celles-ci pouvaient désormais vivre dans la quiétude et la paix sans s’inquiéter du reste, alors c’était une bonne chose. Il ne pouvait hélas pas gérer ces affaires-là, tant d’autres choses demandaient son attention.

Mais Shéhérazade était là pour ça et le sujet – parmi tant d’autres qui touchaient désormais ses fonctions – semblait lui tenir particulièrement à cœur. Elle était après tout la première des femmes à être entrée au harem et y avait vécu plus de dix ans, dans la paix et la tranquillité comme dans la peur et la crainte d’un assassinat. N’avait-elle pas subi quelques mois plus tôt, alors qu’elle n’était pas sultane, une autre attaque qui avait coûté la vie à ce misérable tueur ? La proposition qu’elle soumet n’est pas inintéressante et capte une part de la curiosité d’Anthim. Pourtant, une autre voix en lui souffle que c’est là chose difficile, voire impossible, car les traditions coulait depuis si longtemps en leurs veines à tous qu’il ne serait pas simple de changer celle du harem. Et si lui, l’actuel souverain d’Erebor, acceptait de changer les choses le temps de son règne, il ne pourrait rien faire pour ceux des suivants.

« Je ne t’empêcherai pas de faire mander mes demi-sœurs, tu peux le faire. Méfie-toi juste de certaines qui tiennent en leur cœur beaucoup de rancœur. » Nombreuses étaient celles à ne désirer rien d’autres que la paix dans leurs familles, mais quelques-unes dont il connaissait les noms souffraient d’une haine assez tenace pour l’homme qu’il était et la couronne qu’il portait. « Que comptes-tu faire ensuite ? Nulles lois ne régissent le harem contre les horreurs qui ont pu s’y passer, alors que souhaites-tu faire pour changer les choses ? »

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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Mar 2 Oct - 21:29

Shéhérazade craignait le refus d’Anthim, dans ces temps troublés où toute son attention est concentrée sur Erebor, doit se focaliser sur Erebor, sans source de distraction – elle redoutait qu’il ne lui interdise cette entreprise inédite, considérant le risque couru à la mettre en présence des rancunières et des aigries. Elle aurait dû se douter que le tout-puissant sultan accorderait sa confiance à la sultane siégeant à ses côtés sur le trône du sable et du roc – quand bien même elle ne sera jamais première dans son cœur. Ô Sitara, douce et regrettée fleur du palais… Un fantôme passe, puis la fille des Khamsin revient à la réalité, à temps pour entendre la question de son époux.

Que compte-t-elle faire ? « Comprendre, dans un premier temps. Ce qui motivait ces femmes à s’en prendre aux enfants des autres – la jalousie n’explique pas tout. Être la mère du prince, couronnée à tes côtés, c’est un privilège et un honneur ; mais cela ne justifie pas tous les actes dont j’ai pu être témoin. Je crois que certaines sont prêtes à tout pour assurer l’avenir de leurs enfants, qu’ils ne se retrouvent pas lâchés entre les dunes et livrés à eux-mêmes quand les portes du harem s’ouvriront pour eux… Et parfois, la meilleure manière de protéger son enfant, c’est de faucher à la racine le mal qui pourrait l’atteindre. » Elle en frissonne, rétrospectivement, la sultane sauvée du harem depuis deux mois à peine. « Cet assassin, qui s’en était venu attenter aux jours de Mansour… » Instinctivement, elle resserre les bras autour d’elle-même, comme si elle pouvait sentir dans leur creux le poids habituel de son fils, endormi dans son berceau dans la pouponnière royale, avec ses sœurs et les enfants de Sitara. Cet assassin-là, était-il venu pour assurer aux enfants d’une autre une place qu’un Mansour adulte aurait pu leur refuser ? Le mystère restera entier, mais Shéhérazade n’écarte aucune option.

Ses yeux se sont perdus dans le vide entre deux moulures du plafond ; recentrant le regard sur Anthim qui la contemple sérieusement, concentré sur la question, elle sourit vaillamment et reprend le fil de ses idées. « Je connais nos lois et nos coutumes, elles sont plus anciennes que le désert lui-même ; mais je pense que l’enfermement en rend certaines folles de désœuvrement, et qu’elles intriguent faute de mieux pour occuper leurs journées. Moi, j’avais accès à la bibliothèque du palais la nuit, je n’ai jamais ressenti aussi terriblement l’enfermement ; mais pour nous, filles du peuple éprises de nos dunes et nées avec la liberté de les arpenter, c’est parfois… compliqué. Je me dis que, peut-être, permettre des visites de leurs proches au palais… elles seraient en contact avec leurs familles, cela apaiserait leur solitude ? Mon sultan, tu projettes une lumière pleine de chaleur sur celles que tu honores de ta tendresse ; et celles que ta faveur ignore s’enferment dans une ombre si froide… » Le sourire de Shérérazade est un peu désolé : d’Anthim, elle n’a jamais connu que la douceur d’une affection sincère – mais elle a vu la frustration et le désespoir enlaidir peu à peu les dédaignées. Et même si le harem s’est réduit, elle le sait : il y aura toujours des favorites, et des moins prisées. Son époux consentirait-il à un droit de visite familial, ne serait-ce que pour les mères, les sœurs et les cousines de ses femmes ?


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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Jeu 1 Nov - 17:47

Cette question que soulevait Shéhérazade, jamais Anthim ne se l’était posé. Pas plus que son père n’avait dû s’interroger à ce propos. Et le père de son père, et leurs pères avant eux… Les traditions du harem du sultan d’Erebor étaient ce qu’elles étaient, sans que jamais personne ne les remettent en question. Et il le reconnaissait, Anthim, avec une certaine amertume, que le destin qui attendait ses enfants du harem lui importait peu, comme il lui avait peu importé de savoir ce que ses sœurs survivantes qui avaient passé leur vie enfermée dans une cage dorée avaient pu devenir. Ce n’était pas ainsi qu’il avait été éduqué et malgré ses grandes qualités, ces sœurs et enfants qui étaient de son sang n’avaient pas grande importance dans le cœur du sultan. Membres de son peuple qu’il protégerait coûte que coûte oui, mais jamais réellement comme sa famille… Une chose que Shéhérazade semblait vouloir changer, paroles cachées entre les lignes de ses mots prudents. Mais elle en sait bien plus que lui sur la vie au harem et les sentiments de ces femmes qu’il a épousé et qui depuis sont prisonnières d’un palais. Elle en sait bien plus, la fille des Khamsin, pour avoir été la première à y poser le pied lorsque son règne a commencé. Il peut comprendre alors tout l’intérêt qu’elle porte au sujet, la peur qui est sienne aux souvenirs de ces assassins venus depuis la naissance de Mansour… Il aurait aimé faire quelque chose néanmoins pour ces femmes qui ont toutes – pour celles qui restent du moins – une petite part d’affection dans son cœur, et leur éviter ces souffrances. Depuis ces nombreux incidents survenus au palais, il avait de toute façon fait renforcer de nombreuses protections, même si ça n’enlèverait sans doute pas la peur et l’angoisse.

« Je crains ma chère que la jalousie soit l’un des défauts les plus humains qui existe. Dans l’environnement du harem où les lois récompensent celles qui mettent au monde un fils, de biens sombres sentiments doivent finir par étreindre leur cœur. »

Triste et malheureuse vérité. Et ce n’était pas tant la faute de ces femmes qui ne pouvaient maîtriser la nature des naissances que les règles du harem qui posaient problème. Elles existaient pourtant depuis des millénaires, sans jamais être remises en cause. Même lui, fin amateur de l’histoire de son royaume, ignorait d’où venait cette ancestrale tradition et ses origines.

C’est un haussement de sourcil, mélangé d’un soupçon de surprise et d’un fragment d’égo froissé, qui répond au sourire désolé de la sultane, qui doit bien se douter que sa proposition, certes pleines de bonnes intentions, risque de ne pas être accueillie de la plus tendre des façons. Est-il fautif, lui, de l’attitude de ces femmes dans le harem là où il s’y rendait autant que possible avant l’arrivée de Sitara dans sa vie ? Etait-ce sa bonté à les visiter qui provoquait tant de remous au sein de sa propre maison ? Bien sur, ce n’est pas ce que la fille des Khamsin a voulu dire et Anthim ne comptait pas revenir sur ces mots là. Néanmoins, il ne pouvait donner son accord sur la proposition de son épouse.

« Tu as le cœur trop bon, mais je ne peux accéder à cette requête. » A son tour, un léger sourire désolé s’adresse à Shéhérazade, mais avec une certaine fermeté dans le regard. « J’entends bien cette douleur que tu me dépeins, mais ne puis dire oui. As-tu pensé aux dangers que cela peut représenter ? » Il n’avait sans doute pas besoin de lui expliquer les risques d’une pareille autorisation. Anthim n’était pas d’un naturel paranoïaque, mais il n’était pas non plus naïf et savait que des ennemis, il pouvait en avoir de partout dans son royaume et même au delà. Il était déjà bien difficile de stopper un assassin avec toute une garde dédié à la protection de ses femmes, alors si quelqu’un faisait en plus entrer la vipère dans son lit… Sans compter que c’était là aussi un détournement des traditions ancestrales qu’il ne serait pas simple à changer. En vérité, il n’était pas persuadé que cela pourrait se faire vraiment… « Je pourrais peut-être concéder à certaines des activités comme tu as pu en bénéficier, dans le plus grand des secrets. Mais faire venir leurs familles… non, c’est trop compliqué. »

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Message Sujet: Re: Voir le monde grandir et changer   Jeu 8 Nov - 21:52

Elle le devine, Shéhérazade, cet égo aux plumes fugitivement froissées qui fronce un instant le sourcil d’Anthim ; mais le sultan ne se fâche pas, et elle se détend imperceptiblement, rassurée de n’être pas gourmandée pour sa proposition osée. Il regrette de devoir lui dire non, sûrement ; là où d’ordinaire il accède de bon gré à ses quelques caprices, par ailleurs fortement dérisoires et raisonnés. Il se montre ferme toutefois, et elle n’insiste pas : sultane attentive à ce que son souverain lui enseigne, elle comprend parfaitement le poids de la tradition, et avait surement sous-estimé les risques encourus à faire pénétrer des étrangères dans l’enceinte du palais, et celle ô combien plus sacrée du harem. Docile, elle hoche la tête en signe de reddition, abandonnant là sa folle idée d’apporter un peu de chaleur familiale aux épouses cloîtrées de son roi, mais réjouie de le voir prêt, tout de même, à quelques concessions.

Avantage inconcevable ! Liberté modérée, dans le cercle secret du palais ! Rien qu’à l’idée d’imaginer certaines de ses consœurs de naguère arpenter de quelques pas prudents les allées majestueuses du siège du pouvoir, un sourire ravi se dessine sur les lèvres de la sultane. Bien sûr, elle devra veiller à ce que ces escapades soient discrètes, et imprévisibles pour éviter tout guet-apens ; et dans son esprit bien ordonné de femme méthodique, elle envisage déjà quelques activités raisonnables et modérées qui permettraient à toutes ces femmes de sortir un peu le nez de leur boîte dorée. Il est sûrement trop tôt pour crier victoire, mais la flambée de joie qui illumine un instant son regard crie son allégresse dans la sérénité modeste dont elle se départit peu lorsqu’elle doit négocier âprement.

« Je ne puis que te remercier pour ta générosité, mon sultan » murmure-t-elle avec gratitude, certaine que les femmes du harem sauront se montrer dignes du grand honneur qui leur est fait. « Je veillerai à accompagner moi-même chacune des concubines lors de leurs sorties et à bien les garder dans l’enceinte du palais, afin qu’elles soient discrètes, protégées… et surveillées. » Il n’y a pas de mots pour décrire combien la sultane est honorée de la confiance que lui accorde son souverain – et combien elle est surprise, également, qu’il lui autorise ainsi une aussi flagrante entorse aux coutumes d’Erebor, toute confidentielle puisse-t-elle être. Peut-elle pousser son avantage et aborder également le sujets des filles de ces concubines ? De ces enfants qui ne seront peut-être jamais princesses – Maari veuille préserver Shéhérazade et sa couvée ! – mais qui n’en restent pas moins porteuses du sang royal, et qui pourraient être un atout pour la couronne.

« Mon époux… Tant que nous discutons du harem, je me suis demandé… si tu comptais faire en sorte que tes filles soient éduquées au contact de leurs aînés. Je sais bien que le monde du harem est clos, mais un jour, elles sortiront de ces murs, et quand je vois la proportion de tes sœurs qui te méprise ou te hait aujourd’hui, ou qui est simplement meurtrie de son enfance et s’est isolée loin de toi, je… Je ne peux m’empêcher de ressentir un terrible gâchis. Je ferai déjà en sorte que Qasim puisse toujours compter sur le soutien indéfectible de Mansour et de nos filles, mais je me disais, que, peut-être… si nous savons ménager aux autres enfants de ton lit quelques moments où ils pourraient connaître le dauphin, les princes, leurs sœurs et les apprécier, alors ils grandiraient plus unis que par le passé, et renforceraient la puissance du trône une fois adultes et alliés… ? »

Hésitante, elle se tait à présent, la sultane soudain anxieuse de savoir comment sa demande sera reçue. Il ne s’agit pas d’ouvrir les portes du harem, non – mais simplement ménager chaque semaine quelques heures partagées entre l’héritier de la couronne, ses frères, leurs sœurs respectives, et les mêler au reste des filles des concubines pour renforcer leurs liens. Elle veut y croire, la fille du roc, celle qui a grandi parmi une nuée de cousins aujourd’hui unis comme les doigts de la main – elle veut croire, à la force du sang, et au pouvoir d’une dynastie que rien ne saurait menacer.


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