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 Dessiner pour se trouver

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La Noblesse
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Message Sujet: Dessiner pour se trouver   Lun 2 Avr - 23:20


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Alméïde de Sombreflamme & Castiel de Sombreflamme

Dessiner pour se trouver

Ou quand les dessins se font macabres



• Date : Le 19 avril 1003.
• Météo (optionnel) : Humide, froide et brumeuse, on ne voit pas à deux mètres, par les fenêtres du palais.
• Statut du RP : Privé.
• Résumé : Castiel a trouvé - par pur hasard - quelques croquis troublants, dans les affaires de sa seconde. Il désire la confronter à ce sujet.
• Recensement :
Code:
• [b]19 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3560-dessiner-pour-se-trouver]Dessiner pour se trouver[/url] - [i]Alméïde de Sombreflamme & Castiel de Sombreflamme[/i]
Castiel a trouvé - par pur hasard - quelques croquis troublants, dans les affaires de sa seconde. Il désire la confronter à ce sujet.


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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Mer 4 Avr - 14:48, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Lun 2 Avr - 23:20

Tu dors mal, depuis votre retour d’Ibelin. Ton sommeil n’a jamais été régulier, toujours trop court, toujours angoissant, et tes cauchemars se peuplent de morts revenus à la vie. Se peuplent de tes parents, se relevant de leur lit de mort. Tu dors mal, mais tu n’as pas le luxe de laisser ton cruel manque de sommeil entraver tes responsabilités. Tu es donc debout dès l’aurore, actif comme si tout allait bien.

La matinée est occupée. Comme à chaque jour, certainement, mais d’autant plus depuis votre retour à tous de la capitale de l’empire. Toute l’antenne de la Guilde des Mages à Euphoria est à remettre en fonction, et les nouveaux décrets destinés à favoriser l’accueil et la protection des enfants d’Aura sur ton territoire doivent être expédiés aux quatre coins de Sombreciel. Sans compter une milice supplémentaire afin de protéger la frontière avec Erebor, devenue non plus une frontière avec un duché du même empire, mais bien avec un sultanat indépendant. La tâche n’est pas mince et tu t’y consacres avec application, épaulé d’Yvain et de tes conseillers ducaux présents. L’après-midi promet d’être aussi chargé, mais tu t’es promis un moment de détente, avant de te lancer à nouveau dans tes tâches ducales.

Tu as laissé un message à Alméïde. Une fleur de papier sur son oreiller, afin qu’elle te rejoigne dans la verrière d’hiver du palais. Tu as besoin de lumière, malgré la brume et le printemps qui tarde encore à s’installer sur ta capitale. Tu tiens à passer à chaque jour un instant privilégié avec chacune de tes épouses, afin de les gratifier de ton affection, de t’informer de leur bien-être, d’approfondir ces tendres liens qui vous unissent. Tu es déjà installé dans un fauteuil de la verrière, un livre à la main, à attendre ta fleur du désert. Sur le guéridon, un ensemble de feuillets, auxquels tu feras appel lorsque le moment sera venu. Ton Familier repose sur tes genoux et ronronne sous ta main, avant de relever la tête et de remuer les oreilles. Entends-tu quelque chose ? Elle arrive. Tu refermes ton livre juste à temps, alors que la porte s’ouvre sur ton épouse. Tu te lèves pour l’accueillir dans tes bras, déposer un baiser sur ses lèvres : « Mon amour, souffles-tu, ravi de sa présence. J’espère ne pas avoir dérangé tes plans du jour. » Tu n’en es pas vraiment désolé, en vérité. Tu la veux toute à toi, pour une heure ou deux, et tous ses autres plans t’importent bien peu. Même… pas du tout.

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Sam 7 Avr - 22:47, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Mar 3 Avr - 0:45

Le chemin de retour pour Euphoria s'est fait sans encombres, Volga soit louée. Mais le travail colossal qui les attend à la capitale promet de nombreuses semaines agitées, synonymes de peu d'heures de sommeil et d'inquiétudes exacerbées. Alméïde n'a guère le loisir de prendre son temps pour se mettre dans le bain, au sein du palais. Dès son arrivée suite au couronnement, elle s'est fait souvent l'ombre de Madeleine, soutien certain de la duchesse dans les tâches quotidiennes multipliées par les événements récents. Elle a également mis un point d'honneur à soutenir son époux, dans ces moments difficiles. Fière de son attitude à Ibelin, fière des décisions qu'il a prises et de son comportement face à un jeune empereur qui a encore tout à apprendre, elle voit son amour grandir un peu plus pour cet homme qui partage enfin sa vie. Le voir travailler sérieusement, du matin au soir, nourrit cette fierté et Alméïde n'hésite pas à le décharger des tâches qui sont à sa portée, bien consciente de ne pas pouvoir faire grand chose pour le moment car elle a encore tant à découvrir de ce duché qu'elle appréhende à peine.

Ce jour-là, elle tient compagnie à Madeleine. Odette appuyée contre la poitrine de cette dernière, maintenue par cette invention fort pratique du jeune baron de Vivessence, elle reçoit des familles dont certains membres sont des enfants d'Aura, des familles inquiètes qui désirent être rassurées quant à la décision prise par leur duc qui déjà, fait le tour des terre de l'Esprit. La duchesse et sa consort s'appuient dans ces rencontres avec leurs sujets, elles mettent tout en oeuvre pour taire leurs inquiétudes. Et quand enfin elles prennent congé pour vaquer à leurs occupations, Alméïde laisse à Madeleine un moment de tranquillité en compagnie de sa fille. Elle-même se rend dans ses appartements, où elle trouve bien vite le message laissé à son intention. Elle le recueille et un sourire fleurit sur ses lèvres. Elle replace convenablement le voile qu'elle s'apprêtait à retirer un instant plus tôt, repart en sens inverse à travers les couloirs du palais et parvient à la verrière où l'attend son époux.

À la simple vue de son visage, ses traits s'illuminent et son coeur bat plus fort ; le bonheur qu'elle connaît à ses côtés depuis leur union ne se fane pas, il semble au contraire croître un peu plus chaque jour. Elle a à peine le temps de refermer la porte qu'il est déjà à ses côtés et l'embrasse tendrement. « Mon amour. J’espère ne pas avoir dérangé tes plans du jour. » Blottie dans ses bras, elle lui adresse un sourire empli de chaleur. « Ca n'a pas d'importance. » susurre-t-elle, avant de lui voler un nouveau baiser, bref mais ardent, comme si elle ne l'avait pas revu depuis plusieurs jours. Et c'est vrai, ça n'a plus la moindre importance.

Alméïde se détache juste assez de son étreinte pour l'observer, ses doigts glissent sur ses joues et son regard papillonne sur les traits fatigués du Cielsombrois. « Et toi, comment te portes-tu ? As-tu pris le temps de te reposer un peu ? » La voix est pleine de sollicitude et d'affection. Elle sait qu'il dort peu, depuis toujours, il le lui a confié dès leurs premières rencontres. Mais tout de même, elle a à coeur de prendre soin de lui.

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Sam 7 Avr - 23:54

« Ca n'a pas d'importance » qu’elle susurre. Réponse appréciable et appréciée, de ton esprit égoïste et prossessif. Tu lui rends volontiers le second baiser qu’elle initie, avec le même enthousiasme qu’elle y met. Cela ne fait que quelques heures depuis vos derniers échanges, derniers baisers, mais il te semble toujours qu’en l’absence d’Alméïde, le temps s’étire. Les couleurs elles-mêmes se font moins vives, l’eau moins fraîche, les mets moins savoureux, du moment où elle n’est pas à tes côtés. Chaque jour qui passe fait battre davantage ton coeur pour ta princesse du désert, si belle sous son voile à la cielsombroise, et tu remercies les dieux de vous accorder ce bonheur.

Ses doigts laissent quelques étincelles de chaleur sur ta joue, rapidement dissipées. « Et toi, comment te portes-tu ? As-tu pris le temps de te reposer un peu ? J’essaie. » Tu l’entraînes vers les fauteuils et le canapé de la verrière, sans tout à fait lui répondre. Pas de façon satisfaisante, certainement. J’essaie. Tu supposes que c’est mieux que rien, essayer. Essayer de te reposer. Essayer de bien aller. Tu es loin de réussir, mais tu essaies.

Mirat se réfugie sous l’un des fauteuils, sans vous quitter des yeux. Tu prends place dans le canapé et fais signe à ton épouse de te rejoindre. Dans la pièce fraîche, aucun paysage à regarder par les larges fenêtres qui composent chaque mur, jusqu’au plafond. Que la brume laiteuse, épaisse, qui enveloppe chaque chose et chaque être de ta capitale. Une lueur blanche berce les lieux et adoucit encore un peu plus tes traits attendris par sa présence. « Il y a beaucoup de choses à faire. Tu ne lui apprends rien. C’est ta tâche, en tant que duc, et si tu ne l’as jamais choisie, tu t’y astreins de bonne grâce. Tout ceci est bien plus grand que toi. Madeleine et toi êtes parfaites. Chaque Cielsombrois qui quitte mon palais le fait avec un sourire, et pas uniquement parce qu’il a la grâce de poser l’oeil sur trois des plus parfaites créatures qui aient foulé le continent. » Tes deux épouses et ta fille, respectivement. Trio féminin de merveilles, que tu aimes chacune à sa façon, et qui représente à la perfection ton duché et sa complexité. Son ouverture. Sa beauté. « Votre soutien est précieux, d’autant plus en ce moment, avec tous ces changements. Ici, et ailleurs… à Ibelin. » Frisson mauvais sur ta nuque. Un revenant à la tête de votre empire. Les dieux soient priés, pour que vous ne ne faites pas d’erreur en accordant votre confiance à Octave. Tu repenses à son corps mort, paré pour la veillée funéraire, et ton esprit revient au carnet, caché sous les parchemin, qui repose sur le guéridon. Des images qui se mêlent à celles de tes cauchemars. De tes multiples incompréhensions.

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Dim 8 Avr - 1:34

« J’essaie. » Il essaie. C'est plus qu'elle ne peut l'espérer, en ces temps troublés. Elle le sait si sensible, elle le sait facilement à fleur de peau ; ils sont nombreux les tourments qui préoccupent l'esprit de son époux et elle ne peut que tenter de les apaiser du mieux qu'elle peut. Elle y arrive, parfois. Du moins, elle en a l'impression. Elle s'efforce de lui changer les idées et de le soutenir, elle apprend à assumer son rôle de seconde épouse et à l'aider au quotidien, ne serait-ce que par un conseil ou quelques mots rassurants. Pour le moment, ça lui semble bien dérisoire, mais elle apprendra encore, avec le temps. Madeleine l'aide beaucoup à ce sujet, elles ont eu le temps de parler durant le trajet du retour et c'est un réel soulagement pour toutes les deux que de parvenir à s'entendre et à se mettre d'accord. Alméïde craignait que sa relation avec sa consort soit difficile, que le fait de partager un époux ne les empêche de réellement s'entraider et se faire confiance, mais ses craintes n'étaient pas justifiées. Oh, il y a toujours ce léger pincement au coeur quand Castiel l'embrasse sous ses yeux ou quand ils s'occupent ensemble de la petite Odette. Mais ce sentiment s'estompe bien vite, et de plus en plus vite. C'est une habitude à prendre pas vrai ?

Il s'assoit et elle le rejoint rapidement, prenant place sur ses genoux, le coeur apaisé de sa présence. Qu'importent ses craintes, elle sait qu'il l'aime et que rien ne pourra changer cela. En s'installant, elle aperçoit à peine un éclair blanc qui se faufile sous un fauteuil et la fait doucement sourire. « Il y a beaucoup de choses à faire. » Alméïde reporte toute son attention sur Castiel, son bras passé autour de son cou, ses doigts glissant dans ses cheveux par habitude, par affection. Elle se fait attentive. « Madeleine et toi êtes parfaites. Chaque Cielsombrois qui quitte mon palais le fait avec un sourire, et pas uniquement parce qu’il a la grâce de poser l’oeil sur trois des plus parfaites créatures qui aient foulé le continent. » Un petit rire lui échappe, discret, timide. Comme son regard qui fuit un instant, avant de retrouver le sien. « Votre soutien est précieux, d’autant plus en ce moment, avec tous ces changements. Ici, et ailleurs… à Ibelin. » Le ton lui semble plus sérieux et elle hoche la tête, doucement. « C'est normal Castiel, on est là pour ça, quoi qu'il arrive. » Le ton de sa voix est affirmé, se veut rassurant. Qu'il ne s'inquiète pas, il n'est plus seul désormais. Il a toujours eu des conseillers bien sûr, des conseillers très doués, mais ce n'est sûrement pas la même chose.

Mais Alméïde a bien perçu quelque chose d'autre dans son inquiétude. Quelque chose qui sommeille sous la surface. « Tu as pris la bonne décision. » souffle-t-elle, un demi sourire sur ses lèvres. Sa main repose sur sa nuque sans plus bouger et son regard se fait alors plus sérieux. « Notre empereur doit encore apprendre, il est sûrement juste un peu... perdu, encore. Comme tu as pu l'être autrefois. Et regarde où tu en es, à présent. » Il y a de la fierté, dans le ton utilisé. De la fierté et de la tendresse. Elle ne peut d'ailleurs s'empêcher de lui voler un nouveau baiser, léger, bref. « J'espère tout de même que sa soeur et lui vont bien. Crois-tu qu'ils, qu'ils auront des séquelles de ce qu'il leur est arrivé ? » C'est une inquiétude sincère qu'elle ressent pour leurs souverains, inquiétude sous laquelle se trouve également une légère curiosité pour la savante qu'elle est. Ce n'est pas tous les jours que l'on entend parler de morts revenus à la vie...

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Ven 13 Avr - 1:13

Savoir tes épouses présentes à tes côtés, impliquées dans la gestion du duché, est précieux. Pourtant, cela ne suffit pas à dissiper toutes tes inquiétudes, et ta princesse le devine dans tes mots. « Tu as pris la bonne décision. » Tu supposes. Tu soutiens son regard sombre et sérieux, afin d’y puiser un peu plus de conviction. Tu as pris la bonne décision. N’est-ce pas ? « Notre empereur doit encore apprendre, il est sûrement juste un peu... perdu, encore. Comme tu as pu l'être autrefois. Et regarde où tu en es, à présent. » Tu ne sais pas si tu dois être considéré comme un modèle. Cette perspective, en vérité, t’effraie. Tu as été couronné duc bien plus jeune qu’Octave, il y a bientôt dix ans, et tu as chuté. Vous ne pouvez pas vous permettre que votre empereur subisse le même genre d’épreuves. Pas maintenant, ni jamais. Ces inquiétudes-là, ni les baisers d’Alméïde, ni ceux de Madeleine, ni les gazouillis d’Odette, ne les chasse tout à fait.

« J'espère tout de même que sa soeur et lui vont bien. Crois-tu qu'ils, qu'ils auront des séquelles de ce qu'il leur est arrivé ? » La question n’est pas anodine et mérite réflexion. Ou plutôt, elle mérite que tu poses enfin des mots sur tes impressions, sur ce qui te tenaille depuis des jours. Ton regard quitte le sien et observe les larges fenêtres, comme pour trouver des réponses dans la brume d’Euphoria. Ta voix est emplie d’un sérieux posé, grave, lorsque tu reprends la parole : « Nous croyons à la persistance de l’âme. À sa force, par-delà la mort. Le corps n’est qu’un vaisseau qui doit être abandonné, aussi imparfait et fragile que peut l’être notre esprit. Nos bûchers funéraires sont une célébration de cette seconde vie, alors qu’enfin, l’âme est libérée. Certaines ne peuvent tout à fait rejoindre Sithis, dans son royaume, ni se mêler aux astres de Valda, et marchent donc encore en Arven. Lors de la Samhain, leurs murmures et leurs plaintes peuvent être entendus. Parfois éternellement. » Les Murmures, comme ceux qui règnent sur ton domaine. Les Murmures, où ton bûcher funéraire s’élèvera, un jour. Une nuit. Les Murmures, où tu te déplaces toujours avec malaise, entouré des voix de tes ancêtres. « Si leurs corps ne sont pas marqués, leurs âmes le seront forcément. »

C’est ce qui t’effraie le plus.
C’est ce que tu tais, par loyauté envers un homme qui n’a rien demandé. Ni de mourir, ni de revivre, et pas même cette couronne qu’il doit porter encore trop tôt. C’est ce que tu gardes pour toi et qui s’anime au cours de tes nuits, ce qui te hante.

Tu regardes à nouveau Alméïde, au moment de ta prochaine question : « Comment… comment considérez-vous la mort, en Erebor ? Y a-t-il une façon particulière de traiter les corps des défunts ? » Tu sais qu’il existe des vallées funéraires, mais ce ne sont pas des lieux de villégiature. Même si on t’y invitait (ce qui, admettons-le, serait improbable), tu n’y mettrais pas les pieds. Tu tentes surtout de relier ce que tu as vu dans les carnets, dans ces dessins impies, à quelques coutumes qui te sont probablement inconnues. Ou est-ce vraiment une facette nouvelle, inquiétante, de ton épouse, que tu as découvert ?

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Jeu 26 Avr - 0:22

Il est inquiet, son époux. Elle le voit à son regard troublé, elle le sent dans ses gestes hésitants. Tout ce qu'elle pourra dire ou faire ne saura pas le convaincre du bien fondé de ses décisions, seul le temps saura lui montrer s'il a eu raison ou tort. En attendant, il ne peut qu'espérer, tenter d'écouter les paroles qu'elle prononce avec la conviction de ceux qui ne désirent que le meilleur pour l'avenir. Elle observe sa mine pensive, elle détaille les traits de son visage de ses yeux attentifs. Castiel a sûrement bien des sujets d'inquiétude depuis le couronnement, elle ne peut que se faire un soutien, en espérant qu'il saura se reposer sur elle lorsque c'est nécessaire.

« Nous croyons à la persistance de l’âme. À sa force, par-delà la mort. Le corps n’est qu’un vaisseau qui doit être abandonné, aussi imparfait et fragile que peut l’être notre esprit. Nos bûchers funéraires sont une célébration de cette seconde vie, alors qu’enfin, l’âme est libérée. Certaines ne peuvent tout à fait rejoindre Sithis, dans son royaume, ni se mêler aux astres de Valda, et marchent donc encore en Arven. Lors de la Samhain, leurs murmures et leurs plaintes peuvent être entendus. Parfois éternellement. » Un frisson parcourt sa nuque. Alméïde reste silencieuse, face à la portée de ses mots. On lui avait déjà expliqué, un peu, ce que l'on faisait des morts en Sombreciel et combien la Samhain était importante pour le duché de l'Esprit. Elle comprend désormais à quel point. « Si leurs corps ne sont pas marqués, leurs âmes le seront forcément. » Elle lève les yeux, les plonge dans les siens, plus sérieuse tout à coup, durant cet instant presque solennel. Les conséquences qui pèsent sur leur jeune empereur sont encore inconnues de tous, et c'est certainement ça le plus terrifiant. Pourtant, Alméïde ne peut s'empêcher de se demander comment, et pourquoi. Elle voudrait comprendre, elle voudrait être là si un jour tout lui est révélé. Mais elle sait que c'est un désir hors de sa portée, que les raisons qui poussent les dieux à agir ne sont guère connues des mortels. Elle ne peut que se fier à leur jugement, comme tous les autres.

« Comment… comment considérez-vous la mort, en Erebor ? Y a-t-il une façon particulière de traiter les corps des défunts ? » Pas un instant, elle n'imagine qu'il fait directement référence à sa façon de traiter certains défunts. Alors elle répond d'une voix calme, grave. « Notre corps est l'oeuvre de Joseï. Quand l'un des nôtres meurt, nous le préservons, nous le conservons, parfois avec les effets de valeur auxquels il tenait le plus. Chez nous, la mort est... sacrée. » Et pourtant... Combien seraient outrés de savoir ce qu'elle fait ? Combien seraient choqués ? Il n'est pas étonnant que la délégation erebienne soit partie aussi vite d'Ibelin, après le couronnement de leur empereur, et elle sait combien les terres du Sable et du Roc doivent être en émoi devant un événement aussi... contre nature.

Alméïde ne voit pourtant en ses gestes rien d'irrespectueux. Le corps est l'oeuvre de Joseï, il n'y a aucun doute là-dessus. C'est un chef d'oeuvre de l'Artisan, en dehors, comme en dedans. Une merveille qu'elle veut observer, qu'elle veut comprendre, qu'elle admire et respecte dans chacun de ses gestes, dans chacune de ses observations. Pour n'insulter aucun Erebien cependant, en demandant son aide à la Confrérie Noire, Anthim a tenu à ce qu'aucun enfant du peuple des dunes ne devienne objet de ses recherches. Ce qu'elle a approuvé, sans la moindre hésitation. Son regard soutient celui de son époux, et un sourire un peu triste orne ses lèvres. « Ce qu'il s'est passé à Ibelin, pour Erebor, c'est un blasphème. S'ils n'avaient pas décidé de quitter l'empire avant qu'Octave revienne à la vie, ils l'auraient sûrement fait après. » C'est même pratiquement certain, Alméïde connaît bien son frère. Elle pousse un soupir discret, sa main libre retirant une poussière de la chemise de son époux, l'esprit ailleurs. « Ce qui lui est arrivé nous dépasse tous, de toute manière. Lui le premier. » Oui, lui le premier.

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Ven 11 Mai - 23:14

Tu te demandes si elle devine le trouble dans ta voix, l’hésitation dans tes mots, sur ton visage. Si elle pense, une seule seconde, que si tu t’intéresses si soudainement aux rites funéraires du duché ennemi, ce n’est pas par simple curiosité. Alméïde te répond avec le même calme grave que tu as précédemment affecté : « Notre corps est l'oeuvre de Joseï. Quand l'un des nôtres meurt, nous le préservons, nous le conservons, parfois avec les effets de valeur auxquels il tenait le plus. Chez nous, la mort est... sacrée. » Conservé. Préservé. Des nécropoles funéraires emplies de milliers de corps intacts, entourés de leurs possessions les plus chères. Il y a quelque chose de définitivement glauque, dans cette perspective, qui te rend infiniment mal à l’aise. Tu as une pensée insidieuse pour les possessions de ta mère, qui n’ont pas été brûlées avec son corps. Quelques-unes seulement, considérées (peut-être à tort) comme ses plus précieuses. Toutes les autres sont enfermées dans une pièce abandonnée du palais, fermée à clef depuis deux dizaines d’années, mêlées aux rares effets personnels de ton père encore intacts. Tu n’as jamais osé les parcourir. Tu n’es jamais prêt.

Les mots d’Alméïde confirment ton pressentiment, à propos des croquis anatomiques plus que fidèles trouvés dans ce carnet. Tu es chimiste, pas médecin, mais tu sais certaines choses, à propos du corps humain. Autant que tu sais que profaner le corps des morts, partout en Arven, est tabou. « Ce qu'il s'est passé à Ibelin, pour Erebor, c'est un blasphème. S'ils n'avaient pas décidé de quitter l'empire avant qu'Octave revienne à la vie, ils l'auraient sûrement fait après. » Il est difficile, en ces circonstances, de ne pas comprendre la décision d’Anthim. Jamais tu ne l’admettras à haute voix, plutôt mourir qu’avouer que cet imbécile de mangeur de sable puisse avoir un tant soit peu raison, mais… tout ceci est en effet inquiétant, et un duc se doit de protéger son peuple. Même si cela implique des changements drastiques et des décisions difficiles. Dans quelle détresse sommes-nous, à quelles extrémités sommes-nous rendus, si nous devons reconnaître la justesse des décisions d’Anthim ? Je suppose qu’en tant qu’époux, je puis seulement le comprendre. Il y a un peu d’humour, dans le commentaire destiné à Mirat, et cette conversation secrète donne à ton regard une seconde d’absence. Tu reviens dans la réalité, lorsque l’Erebienne frôle ta chemise. « Ce qui lui est arrivé nous dépasse tous, de toute manière. Lui le premier. Lui le premier », répètes-tu faiblement.

C’est à ton tour de soupirer. Il n’y a plus de détours à faire, autour de la question qui te tracasse. Tu t’étires, jusqu’à attraper le carnet dissimulé sous les autres feuillets. Tu tends l’objet à Alméïde, sans l’ouvrir. Elle le reconnaîtra. « Je ne sais quels loisirs sont les tiens, mon épouse, mais celui-ci m’inquiète. » Tu ne te fais pas accusateur. Ni larmoyant. Le ton neutre, curieux, comme celui d’un constat. Tu es fatigué, Castiel, et tu n’as pas besoin d’embêter ton esprit avec de nouvelles choses. Pour une fois, tu veux régler un problème. Convenablement. « Le retour d’Ibelin a été chaotique. Il s’est retrouvé dans mes affaires. »

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Mer 13 Juin - 23:52, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Mer 16 Mai - 2:32

« Lui le premier. » Il semble songeur. Son esprit semble bien loin, comme préoccupé par autre chose, quelque chose de plus grave que de simples rites funéraires. Il n'éprouve d'ordinaire que peu de curiosité face aux moeurs erebiennes et Alméïde, bien que surprise, n'est pas mécontente qu'il s'y intéresse. Elle décèle toutefois autre chose dans le regard absent de son époux. Et le soupir qu'il laisse échapper en dit long sur son état d'esprit.

Son regard suit ses mouvements. Tout son corps se fige, lui, quand elle aperçoit le carnet dont il s'empare pour le lui donner. Troublée, elle le récupère, les yeux inexorablement fixés sur le cuir usé qu'elle reconnaît parfaitement sans même avoir à l'ouvrir. « Je ne sais quels loisirs sont les tiens, mon épouse, mais celui-ci m’inquiète. » Lentement, elle relève la tête, son regard cherchant le sien pour tenter d'y déceler quelque chose. Elle se fait soudain silencieuse, soudain réservée. Qu'a-t-il dû penser en posant les yeux sur ses dessins ? « Le retour d’Ibelin a été chaotique. Il s’est retrouvé dans mes affaires. » C'est à peine si elle hoche la tête, encore hésitante sur la façon d'aborder le sujet. Ce n'est pas quelque chose qui se dit ou qui se fait, qu'importe le duché ou l'empire. Elle ne peut pas lui dire que sa soeur est concernée, qu'elle est celle qui lui offrait sur un plateau ses plus précieux sujets d'étude. Le sait-il seulement, ce qu'elle fait de son quotidien ? Connaît-il sa profession de l'ombre ? Voilà un terrain bien trop glissant qu'elle préfère éviter.

Alméïde s'éclaircit doucement la gorge, serrant son carnet entre ses doigts. Elle appréhende terriblement le jugement de celui qu'elle aime ; elle a peur que son avis ne soit définitivement différent à son sujet, à présent qu'il sait. Elle n'a pas honte, mais elle craint, oui elle craint de perdre un peu de son amour, de son respect. L'Erebienne pousse un soupir discret ; il ne sert à rien d'y aller par quatre chemins. « J'ai parfois eu l'occasion de travailler sur des corps, pour approfondir mes connaissances, pour comprendre... » Sa voix est à peine plus élevée qu'un murmure, elle n'a guère envie d'ébruiter ses activités. « Je n'en parle jamais parce que je sais que les gens ne comprendraient pas pourquoi, pourquoi je le fais. » Elle sonde son regard, avec une nouvelle intensité. « Tu dois avoir beaucoup de questions. Je ne pourrai peut-être pas tout te dire, mais j'y répondrai avec honnêteté. » Elle est franche, Alméïde. Il ne sert à rien de nier ce qu'elle a fait, de prétendre que les dessins sur ces feuillets ne sont que le fruit de son imagination ou des oeuvres trouvées dans des livres de médecine poussiéreux, ça non. Et elle ne veut pas lui mentir, pas à lui.

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Jeu 14 Juin - 4:47

La réaction de ton aimée ne trompe pas. Elle reconnaît l’objet, sans chercher à se cacher, et tu ne peux tout à fait lire son regard. Tu y vois du trouble. Peut-être de la peur, également. Peur légitime, alors que tu la mets devant des faits d’une grande gravité. Jouer avec les morts n’est pas bien vu, qu’importe où en Arven, et même dans le duché de l’Esprit si libre et libéré, si ouvert à ce qui choque les moeurs plus prudes d’autres habitants, le corps des défunts n’a pas à être ainsi bafoué. Alméïde se fait timide, la voix comme un murmure : « J'ai parfois eu l'occasion de travailler sur des corps, pour approfondir mes connaissances, pour comprendre... » Tu as bien épousé une savante. Mirat se fait résigné, en votre esprit, et dans ses souvenirs, tu puises l’image fugace de ta propre silhouette, penchée au-dessus d’un jardinier hurlant de toute la force de ses poumons. « Je n'en parle jamais parce que je sais que les gens ne comprendraient pas pourquoi, pourquoi je le fais. » Tu peux la comprendre. Ce n’est pas la même chose. Nous n’avons pas fait mieux. Il était vivant.

La vérité est qu’en effet, tu es probablement le mieux placé pour la comprendre. Duc savant, duc avide de connaissances, duc qui n’a pas peur de franchir les limites afin d’assouvir sa curiosité. Tu as fait bien pire que de fouiller les entrailles d’un mort, même si tu n’en dis rien. Tu es celui qui peut le mieux accepter qu’on se risque à l’interdit afin d’apprendre davantage. Ce serait hypocrite de punir Alméïde pour ce que tu ne condamnerais pas, si tout était de ton initiative.

« Tu dois avoir beaucoup de questions. Je ne pourrai peut-être pas tout te dire, mais j'y répondrai avec honnêteté. » Tes yeux noirs ne quittent pas les siens, sans pourtant tout à fait les voir. Une absence plus longue, de quelques secondes, alors que tu te souviens des dessins détaillés, à travers les pages du carnet. Qu’as-tu pensé, lorsque ton regard s’est posé pour la première, incrédule et surpris, sur ces traits si habilement esquissés ? Comme elle dessine bien. « Depuis combien de temps ?, dis-tu d’abord. Un premier doigt levé. Comptes-tu le faire au sein de mon palais ? Un second. Est-ce toi ? Qui les tue ? » Un troisième. Le dernier. Le plus inquisiteur de tous les doigts, la plus sévère de toutes les questions.

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Jeu 21 Juin - 18:39

Alméïde patiente en silence, emplie d'appréhensions. Elle ne pensait pas devoir le lui dire un jour, elle s'était imaginée devoir cesser ses activités, de peur d'avoir à lui révéler une part d'elle qu'il ne pourrait pas comprendre et qui le dégoûterait, voire l'effrayerait. Les mots n'ont pas eu à franchir ses lèvres pourtant, car il a mis la main sur l'un de ses carnets et les dessins parlent d'eux-mêmes. Personne ne saurait faire preuve d'une telle imagination pour songer à coucher sur la papier les entrailles d'un être humain. Qui irait songer à ce qui se cache sous la peau, sous la chair ? Elle se tient droite, se fait déterminée, malgré la sérénité qui la quitte peu à peu.

Alors son regard soutient celui de son époux. Elle sent son trouble, elle peut deviner ses questionnements avant même qu'il ne lui en fasse part. Ils n'en sont pas plus faciles à entendre. « Depuis combien de temps ? Comptes-tu le faire au sein de mon palais ? Est-ce toi ? Qui les tue ? » Ses yeux s'attardent sur les doigts levés, un frissons parcourant sa nuque. Elle les relève ensuite pour scruter le visage de Castiel, avec sérieux. Sa dernière question la laisse perplexe ; la croit-il réellement capable de tuer pour assouvir sa curiosité ? Alméïde l'observe un instant, comme pour juger du sérieux de sa question, puis décide de se montrer aussi franche que possible.

« Quand j'ai décidé d'emprunter la voie de la médecine, je me suis vouée à Callia dans le but de soigner ceux qui en ont besoin. Mes recherches ont pour but de guérir les gens, pas de leur faire du mal ; je n'ai tué personne, Castiel. » Les mots sont prononcés avec calme, sa voix ne tremble pas. Elle a dans le regard une lueur vive, faite de résolution. Elle continue, pour répondre à ses précédentes questions. « Cela fait... plusieurs années que j'ai commencé. Ces corps – ces personnes sont des cibles de la Confrérie Noire, des cibles désignées par leur déesse. Ils me les amènent parfois, pour que je les étudie. » Une personne, précisément, lui apporte certaines de ses victimes. Il y a plusieurs mois maintenant qu'elle n'a pas réellement eu l'occasion de se prêter à nouveau à un tel exercice, mais les échanges étaient tout de même réguliers. Jusqu'à présent.

« Je ne ferai rien de tel au sein de ton palais, mon amour. Je savais qu'en t'épousant, je devrais abandonner certaines choses derrière moi, et mes recherches en font partie. » Elle caresse doucement sa main du bout des doigts, la serre avec douceur, esquissant un mince sourire, un sourire tendre. « Mais ça en vaut la peine. » conclut-elle, sincère, en relevant les yeux vers les siens. Qu'importe ses recherches, malgré la passion qui peut l'animer quand elle est plongée dans ses études, car elle a la chance d'être auprès de l'homme qu'elle aime.

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Lun 30 Juil - 1:24

Ton épouse semble sincèrement surprise que tu puisses envisager qu’elle soit la meurtrière de toutes ces personnes dessinées dans son carnet. Probablement même ses carnets. Tu préfères être prêt à toute éventualité. « Quand j'ai décidé d'emprunter la voie de la médecine, je me suis vouée à Callia dans le but de soigner ceux qui en ont besoin. Mes recherches ont pour but de guérir les gens, pas de leur faire du mal ; je n'ai tué personne, Castiel. » Es-tu déçu ? Tu n’oses l’avouer à voix haute, mais… peut-être es-tu déçu. Peut-être aurais-tu aimé qu’elle tue ses cobayes ; qu’elle te raconte les tortures qu’elle leur fait subir ; qu’elle te narre les différentes façons dont elle met fin à leurs jours. Tu te souviens du mouvement chaud des viscères du jardinier sur tes mains. Tu te souviens du coursier étranglé à même les mains d’Anthim. Tout ceci allume en toi un brasier malsain, que tu sais, Alméïde ne pourra jamais éteindre, ni Madeleine, ni qui que ce soit, probablement. « Cela fait... plusieurs années que j'ai commencé. Ces corps – ces personnes sont des cibles de la Confrérie Noire, des cibles désignées par leur déesse. Ils me les amènent parfois, pour que je les étudie. » La Confrérie Noire. Les voilà, les coupables de ces meurtres. La réponse te satisfait, cette fois, et la sévérité de ton expression s’adoucit quelque peu. La Confrérie Noire. Si ton épouse fait affaires avec la Confrérie Noire, c’est que celle-ci l’a un tant soit peu en estime. Ta soeur sait-elle, pour ce trafic impie ? Probablement.

« Je ne ferai rien de tel au sein de ton palais, mon amour. Je savais qu'en t'épousant, je devrais abandonner certaines choses derrière moi, et mes recherches en font partie. Mais ça en vaut la peine. » Tu réponds à son sourire tendre, à la pression de sa main, mais tu ne dis encore rien. Tu penses à ce qu’elle dit. Qu’abandonner ses recherches pour toi en vaut la peine ; que ce rêve impossible, que vous pouvez enfin pleinement embrasser, vaut ce sacrifice que tu n’as pas encore demandé.
Tu tends la main vers le carnet, que tu lui as redonné ; elle te laisse le prendre et tu l’ouvres, le feuillettes, pensivement. Les corps esquissés le sont avec une remarquable précision. Tu ne vois que la femme de science, lorsque tu vois ces dessins : aucun mal. Aucune morbidité. « Je ne suis pas homme à freiner la science, Alméïde. Je m’en voudrais terriblement, d’à la fois te rendre malheureuse de cesser tes recherches, et d’empêcher la médecine de progresser, dis-tu, doucement, enfin. Je puis te fournir un atelier de travail, mais tu dois me promettre la plus grande discrétion. De ne pas te mettre en danger. »

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Message Sujet: Re: Dessiner pour se trouver   Ven 3 Aoû - 18:08

Il semble songeur, face à ses paroles. Mais il ne paraît pas en colère, ni même dégoûté. En fait, elle ne sait que penser de sa réaction qui ne laisse rien filtrer de ce qu'il pense réellement. Il répond pourtant à son sourire, il paraît se détendre enfin un peu, et elle aussi. Il tend la main, pour reprendre son carnet, et Alméïde le laisse faire, à la fois soucieuse et consciente que l'empêcher de revoir ces dessins ne changerait rien. Il a déjà dû le feuilleter à plusieurs reprises, il connaît son contenu. Et alors qu'il fait tourner les pages, observant les illustrations qui défilent sous ses yeux, c'est lui qu'elle regarde attentivement, en attente d'une réaction, d'une réponse.

« Je ne suis pas homme à freiner la science, Alméïde. Je m’en voudrais terriblement, d’à la fois te rendre malheureuse de cesser tes recherches, et d’empêcher la médecine de progresser. Je puis te fournir un atelier de travail, mais tu dois me promettre la plus grande discrétion. De ne pas te mettre en danger. » Alméïde s'immobilise sous la surprise. Ses yeux s'agrandissent un instant, d'incompréhension, puis son coeur se remet à battre dans une course folle, réchauffé par les paroles qui résonnent encore dans son esprit. Il ne la repousse pas, il ne la condamne pas. Au contraire, il a l'air de vouloir l'encourager.

Un sourire ému fleurit sur les lèvres de l'Erebienne. « Si tu savais comme je t'aime. » susurre-t-elle avant de poser sur ses lèvres un baiser tendre. Sa main épouse sa joue, son pouce en caresse doucement la peau et son sourire s'élargit contre la bouche de son aimé. « Je te promets de faire attention. Je ne voudrais pas te nuire. Nous nuire. » Les pensées tourbillonnent dans sa tête, elle songe déjà à ce qu'elle pourrait faire d'un tel atelier, à comment aménager les lieux, à comment s'organiser avec la Confrérie Noire pour assurer la même discrétion qu'elle avait lorsqu'elle était encore à Vivedune. « Tu es sûr ? Pour l'atelier. C'est – Ca ne te dérange vraiment pas ? » Elle n'en revient pas encore, Alméïde, et pourtant, il semblerait bien que son époux l'encourage dans cette voie qu'elle a empruntée, comme son frère l'a fait autrefois.

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