AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 La promenade de la licorne

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 2508
J'ai : 18 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
La Cour des Miracles
Message Sujet: La promenade de la licorne   Mar 1 Mai - 17:14


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Agathe de Vigdir & Arsène de Sylvamir

La promenade de la licorne

Ou les petits secrets à l'ombre des sapins



• Date : 25 mai 1003
• Météo (optionnel) : Il fait doux et beau.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Désireuse de changer d'air, Agathe entraîne Arsène avec elle pour une promenade aux environs de Svaljärd. Sa proposition n'est pas innocente, car elle compte bien s'assurer que son petit frère se porte bien, malgré les événements de la dernière année.
• Recensement :
Code:
• [b]25 mai 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3648-la-promenade-de-la-licorne#136874]La promenade de la licorne[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Arsène de Sylvamir[/i]
Désireuse de changer d'air, Agathe entraîne Arsène avec elle pour une promenade aux environs de Svaljärd. Sa proposition n'est pas innocente, car elle compte bien s'assurer que son petit frère se porte bien, malgré les événements de la dernière année.


_________________







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 2508
J'ai : 18 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Mar 1 Mai - 17:16

Elle savait bien que sous ses protestations, Arsène était satisfait que les enfants se retournent sur leur passage. Comment pouvait-il en être autrement de la part d’un petit adulte en devenir de treize ans toujours perché sur un poney? Dès le matin, Agathe avait rejoint sa monture afin de l’affubler de la corne de licorne délicatement ouvragée que lui avait offert Melbren. La saison laissait enfin place à quelques pousses et fleurs, et la Belliférienne en avait largement profité. La crinière de sa blanche monture avait été enjolivée de quelques petites fleurs mignonnes, tantôt roses, tantôt pervenche, afin de rendre plus que réel son appartenance à la race controversée des licornes. C’était jour de repos, et qui disait jour de repos disait vague à l’âme, pour Agathe de Vigdir. C’était dans ces journées sans leçons, sans tâche, sans activité pour s’occuper l’esprit qu’elle songeait cruellement à la distance de Lancelot, à son absence, au délai incroyable de chacune des lettres. C’était dans ces petits moments qu’elle voyait plus que jamais combien Hiémain et Mélusine étaient proches, et combien Lancelot et elle étaient loin. Plutôt que d’encore se réfugier sous la couverture d’Arsène et de refuser d’en sortir, les joues humides et le coeur à la dérive, Agathe avait demandé la permission, dès la veille, de faire une promenade avec son petit frère de coeur.

Avec un peu d’aide - beaucoup -, Agathe avait réussi à grimper sur la selle malgré ses nombreux jupons. Ils étaient beaux, tout les deux, lui sur son poney robuste, elle sur sa jument à la robe blanche comme neige, à déambuler vers un peu de tranquillité. Autour d’eux, des protecteurs soigneusement choisis par Hiémain les accompagnaient. Si ni Arsène ni Agathe ne savaient réellement d’où ils venaient, l’aînée s’imaginait sans difficulté qu’il s’agissait de frères des Miracles. L’un d’eux ne lui était pas inconnu, et le souvenir vague de Lughnasadh, l’été dernier, lui revenait. Était-ce là, lors de cette fête cauchemardesque, qu’elle l’avait aperçu? Peu lui importait, après tout, de savoir leurs origines. L’essentiel était que son oncle, Guillaume de Brumecor, ne puisse pas la ramener auprès de lui.

- Je suis soulagée que le mariage de Grâce ait lieu en juillet… Nous imagines-tu revivre Lughnasadh après les événements de l’an dernier, Arsène?

Ce fut sa première phrase, depuis qu’ils avaient quitté l’enceinte de Svaljärd. Ici, le printemps semblait à peine prendre sa place alors que mai tirait à sa fin. La mignonne avait profité du silence pour songer à sa dernière année, auprès de Sylvamir. Sa querelle avec Grâce et son départ précipité de Sylvamir, la laissant là, hébétée, sur le seuil. Lughnasadh et son bain de sang. Son titre d’Épine dévouée. Lancelot. Le vol d’envergure, à l’Académie. Le jour des Anciens. Le mariage de Castiel et d’Alméïde. Le couronnement épouvantable. Le retour à la vie de l’Empereur. Un frisson léger la traversa alors, malgré la douceur du temps et sa cape brodée. Combien d’événements abominables allait-elle vivre, encore? L’idée qu’elle allait perdre la vie avant même de se lier à son fiancé la taraudait de plus en plus.

- Ça me désole que tu aies dû vivre ça. Et le couronnement, aussi. Tu y repenses souvent, toi aussi?

Le pas de leurs montures était lent, régulier, et si ses mots étaient entièrement destinés à son petit frère, Agathe veillait sur l’horizon. Personne n’était à l’abris. La Belliférienne avait bien appris cette leçon. Son poudrier rempli de poudre narcotique reposait à sa bourse de satin, présent particulier que lui avait offert Grâce, à son anniversaire.

_________________







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 465
J'ai : 14 ans
Je suis : Un enfant élevé à la Cour des Miracles
Un voleur, un brigand, un petit menteur que personne ne peut détester.

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Mélusine et Hiémain de Sylvamir. A la Cour des Miracles, aussi.
Mes autres visages: Mayeul de Vifesprit - Maximilien de Séverac
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Mer 9 Mai - 23:50

Une promenade. Avec Agathe, et avec Clochette. Evidemment qu'Arsène n'a pas hésité longtemps ! Il est loin d'être un cavalier émérite le petit, mais les progrès ont été fulgurants. Il a sellé lui-même sa ponette, récompensant Clochette d'une carotte, et il a contemplé avec amusement les efforts d'Agathe pour grimper sur le dos de sa propre mouture avant d'aller lui prêter main-forte, accompagné du maître d'écurie. C'est un peu ridicule, de sortir ses plus beaux atours pour qu'ils sentent le cheval et qu'ils encombrent les mouvements, mais Arsène ne s'y connaît pas trop en fille alors il lui laisse le bénéfice du doute. C'est peut-être plus confortable qu'il n'y paraît.

Les gens se retournent sur leur passage, lui le fringuant cavalier et Agathe montée sur sa licorne à la crinière fleurie et Arsène ne sait pas trop s'il doit s'agacer de l'attention qu'on leur porte ou non. Il choisit donc de protester mollement, avant de finir par se taire. Le silence, entre sa sœur de cœur et lui, n'est jamais pesant. Elle sait écouter Agathe, et se taire quand il faut, et Arsène ne l'en aime que davantage. Ils sont plongés dans leurs pensées tous les deux, et la voix de la jeune fille est la première à retentit une fois passé l'enceinte de Svaljärd. Lughnasadh, et tout ce qui a bien pu se passer d'horrible après ça. Avant ça, même. Il se rappelle encore avec horreur des griffes d'une statue de pierre sur sa gorge Arsène, de squelettes qui marchent et de morts qui se réveillent. Mais avant qu'il ne puisse répondre en toute sincérité, le petit surprend le regard d'Agathe sur l'horizon, le renâclement d'un des chevaux de leur escorte imposée, et il doute que la vérité soit la meilleure chose à dire. Il y repense, oui. Souvent.

"Des fois." Il hausse les épaules d'un air fataliste le petit garçon. "Mais les mauvais rêves ne peuvent rien nous faire, nous sommes en sécurité ici." Il observe l'horizon lui aussi, la splendeur du paysage, la désolation des environs. Et il veut y croire, réellement, à cette sécurité. Hiémain et Mélusine ne laisseront personne leur faire du mal, il en a la certitude. Talonnant sa ponette, il l'incite à se rapprocher de la monture blanche d'Agathe, en quête d'un certain réconfort. Pour elle, et pour lui. "Je ne sais pas quoi penser de l'empereur. Tout ça a l'air tellement… loin." Ici, à Sylvamir, c'est comme si les troubles du monde n'existent plus. Il regrette presque la neige et la glace qui les isolent de ce monde auquel Arsène ne comprend pas grand-chose. "Alors je préfère penser à des évènements plus heureux. Enfin, je ne sais pas trop. Ca te fait quoi, de savoir que ta mère se marie au frère de Mélusine ?"

Il ne connaît pas assez Grâce pour se faire une opinion, mais Melsant de Séverac lui a paru être quelqu'un de bien. De courageux, de fort, capable de protéger sa femme, qui peut très bien se protéger toute seule, mais il faut mieux être à plusieurs parfois. Comme eux, aujourd'hui. Il est perplexe Arsène sur ces hommes qui les entourent pour le bien de sa sœur. Les traditions de Bellifère sont stupides, et il ne comprend pas pourquoi Agathe doit craindre, encore et encore, de se faire enlever. Peut-être que si elle se marie, elle sera tranquille ? Peut-être que c'est pour ça que Grâce se marie ?

_________________
Paroles: teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 2508
J'ai : 18 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Lun 21 Mai - 15:32

Elle guettait toujours plus loin lorsque Arsène lui répondit. Instinctivement, Agathe rapatria son attention sur lui, le petit homme, le grand enfant. Il était encore si jeune, et pourtant, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de le comparer à Arnaut, à pareil âge. Il se dressait devant leur père, dès ses onze ans, pour encaisser les gifles et les insultes, pour elle. Arsène n’avait jamais connu de fratrie, de frères ou de soeurs sur qui compter, il ne savait pas qui était sa mère, son père, mais il pouvait compter sur sa famille d’adoption et goûtait à une affection sans limite. Bientôt, dans un an, peut-être deux, il pousserait comme du chiendent. Il la dépasserait en taille, peut-être même, mais ce serait elle, toujours, qui veillerait sur lui. Son petit Arsène.

Il lui parlait de mauvais rêve qui ne pouvaient rien, sur eux, et Agathe ne put réprimer un léger frisson. Le souvenir de cette nuit de cauchemar, à fuir la Chasse Sauvage, était encore bien réelle, pour elle. Si elle croyait avoir rêvé, elle avait vite changé d’avis : toute la famille frissonnait des images d’un songe commun. Les mauvais rêves étaient réels et pouvaient leur faire bien du mal, mais ça, Agathe évita de le souligner.

- Alors je préfère penser à des évènements plus heureux. Enfin, je ne sais pas trop. Ça te fait quoi, de savoir que ta mère se marie au frère de Mélusine ?

Sa question avait chassé ses peurs et Agathe lui offrait un sourire vrai, empreint de gentillesse et d’une pointe d’amusement, aussi. Elle y avait songé, bien sûr, à ce moment où elle devrait les quitter. Dès que Lancelot avait fait sa proposition, Agathe savait que Mélusine ne pourrait pas la garder et continuer de la traiter comme sa fille, malgré les sentiments forts qu’elles avaient l’une pour l’autre. C’est Arsène aussi, qu’elle quitterait, pour fonder sa propre famille. Le mariage de Grâce était réconfortant, soudainement. Quoi qu’elle fasse, peu importe qui l’enlèverait, Mélusine demeurerait liée à elle, d’une certaine façon, avec cette union entre Melsant et Grâce. Arsène aussi.

- Bien… Nous serons frères et soeurs de coeur, par Mélusine et Hiémain, et nous serons cousins et cousines, par le mariage de ma mère et de Melsant.

Rien, sur son minois, ne laissait présager que l’événement lui déplaisait, bien au contraire. La mignonne avait préservé son sourire léger et avait même oublié de regarder à nouveau l’horizon, elle qui ne faisait que l’observer depuis leur départ. Elle se permit un simple coup d’oeil vers les protecteurs, s’assurant d’un peu d’intimité entre Arsène et elle, avant de poursuivre.

- Nous avons beaucoup parlé, ma mère et moi. J’ai accepté de lui faire confiance et de lui pardonner, aussi. Je crois que de savoir une Erebienne et un Cielsombrois se marier me rassure… Avec Lancelot, je ne crois pas que ce sera évident de le voir et de suivre ma formation, mais si Grâce et Melsant arrivent à Voltiger et fonder une famille, j’y arriverai, moi aussi.

Pas un mot sur l’Empereur, pas encore. Les doutes de son petit frère faisaient écho aux siens : que devait-elle penser d’Octave d’Ibélène, désormais qu’il s’était affranchi de la mort elle-même? De la crainte? Du respect? Et la princesse Sixtine, elle qui avait guidé la Chasse Sauvage? Quels troubles hantaient son esprit, désormais? Octave lui inspirait plus de confiance que sa soeur. Il n’était qu’une victime, ramené d’entre les morts, alors qu’elle, Sixtine, guidait sa horde vers les victimes. Il fallait mieux parler de mariage et de joyeusetés : Arsène avait raison.

_________________







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 465
J'ai : 14 ans
Je suis : Un enfant élevé à la Cour des Miracles
Un voleur, un brigand, un petit menteur que personne ne peut détester.

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Mélusine et Hiémain de Sylvamir. A la Cour des Miracles, aussi.
Mes autres visages: Mayeul de Vifesprit - Maximilien de Séverac
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Sam 2 Juin - 23:51

Arsène peut parfaitement sentir le regard de la jeune femme sur lui, mais il fait mine de ne pas s'en apercevoir. Il s'habitue encore, le petit, à ce qu'on veille sur lui, à ce qu'on tienne à lui et s'inquiète de ce qu'il fait ou pense. Les gardes aujourd'hui ne sont pas là pour lui, il le sait bien, et cela l'inquiète davantage que cela ne le rassure. Il s'habitue à Agathe, réellement, et l'idée qu'il puisse lui arriver quoi que ce soit le terrifie. Est-ce qu'elle ressent la même chose pour lui ? Est-ce que c'est pour cela qu'elle le regarde quand il ne la regarde pas ? C'est un sentiment bizarre pour Arsène, et il s'ingénie encore à le déchiffrer quand Agathe reprend la parole, lui offrant une distraction bienvenue.

Le sourire de la jeune femme réchauffe le cœur d'Arsène, qui ne peut s'empêcher de froncer les sourcils quant elle lui répond. Oh. Il n'avait pas réellement pensé à ça lui, si peu habitué à avoir une famille. Et voilà qu'elle s'agrandissait encore ! Il aime bien les Séverac Arsène, mais ils sont un peu trop… trop ? Pour lui. Il est bien plus à l'aise aux côtés du calme Hiémain, ou dans les bras de l'exubérante Mélusine, qu'au cœur de toutes les attentions de la tribu Séverac. Il les aime un par un, mais l'ensemble l'effraye un peu. C'est peut-être bête, mais tout ce monde l'étouffe. Ce n'est pas le cas pour Agathe visiblement, qui semble avoir réellement hâte. Enfin, il lui semble.

Il reste silencieux Arsène, méditant les paroles de sa sœur de cœur. Mais Arsène n'a jamais su garder le silence très longtemps, et il n'est pas plus doué cette fois-ci ? "Ils sont vieux, quand même, pour avoir un bébé." Avoir un bébé et un griffon, ça doit être beaucoup de travail en plus ! Tirant délicatement les rênes comme on lui a appris à le faire, le petit se rapproche d'Agathe et de sa monture, levant les yeux vers elle. "Comment tu as fait ? Pour lui pardonner ?" Sa question pourrait sembler étrange, mais Agathe sait. Elle sait pour la lettre qu'Arsène a montré à Hiémain - dans les grandes lignes certes-, elle sait aussi que l'enfant ignore l'identité de sa mère. Il précise tout de même le petit, par souci de clarté. "Je ne sais pas si je pourrais lui pardonner moi. Si j'ai envie de lui pardonner." Explicite-t-il, songeur.

Mais peut-être qu'Agathe a pensé que c'était le moment, avec le mariage, avec la présence de Lancelot. Ce fameux moment qu'il a entendu d'autres décrire, celui où l'on se retourne sur sa vie pour affronter ses erreurs et celles des autres. Peut-être. Agathe n'a pas relevé le fait qu'il n'est pas envie de parler de l'empereur pour l'instant, et il ne sait pas s'il doit en être soulagé Arsène. Peut-être que cela l'aiderait, de mettre des mots sur ce qu'il a vu. Ca l'avait aidé, au Tournoi, de prier les Dieux pour qu'ils le guident. Mais ils ont sûrement autre chose à faire, et Agathe peu l'aider, peut-être. Qui sait ?

_________________
Paroles: teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 2508
J'ai : 18 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Mar 12 Juin - 19:23

Lorsqu’Arsène s’était approché un peu plus encore, Agathe avait tendu la main pour câliner sa tête et jouer dans ses cheveux fins, du bout des doigts. Le geste n’avait duré que quelques secondes : il était bien peu aisé de prodiguer des caresses en pleine promenade. Elle se plaisait à être sa grande soeur, à le taquiner et l’aimer, depuis maintenant plus de deux ans. Les débuts avaient été difficiles, pour elle, paniquée et troublée de ce qu’elle voyait, déracinée jusqu’au plus profond de son coeur, mais la patience de la petite famille et la stabilité qu’ils représentaient à ses yeux avaient fini par la séduire tout à fait.

Il soulignait la vieillesse de Grâce et Melsant et Agathe retint difficilement un éclat de rire. Il avait raison, comme souvent, mais il fallait avouer que les Bellifériennes étaient particulièrement aptes à enfanter, et que les Cielsombrois étaient particulièrement dévoués à les fabriquer. Il était également vrai que le mariage ait pour premier but d’offrir une descendance à l’époux et Agathe s’inquiétait parfois de perdre la vie avant de faire ce présent à Lancelot. Grâce et Melsant devaient avoir cette même crainte, avec leur profession. Et puis… Et puis, elle ne savait pas encore si un petit frère la rendrait heureuse ou la chagrinerait, mais elle était parfaitement consciente qu’elle l’apprécierait. Agathe aimait les enfants. Sincèrement. Elle était ainsi faite. La faute d’une famille difficile et des abandons n’incomberait pas le petit, en aucun cas.

- Comment tu as fait ? Pour lui pardonner ? Je ne sais pas si je pourrais lui pardonner moi. Si j’ai envie de lui pardonner.
- C’est douloureux, d’en vouloir à quelqu’un très fort et très longtemps, Arsène.

Agathe savait qu’Arsène comprendrait. Il savait, depuis qu’elle partageait son quotidien, combien son enfance n’avait pas été heureuse, combien son quotidien avait été ponctué par la violence. Les détails avaient été adoucis, mais le garçon pouvait deviner sans difficulté qu’on ne tremblait pas ainsi devant la vie avec une enfance douce et des racines fortes. Malgré tout, la Belliférienne se doutait que ce n’était pas ce qu’il souhaitait entendre.

- Peut-être que ta maman n’avait pas eu le choix? ...Tu n’es pas obligé de lui pardonner. Tu n’es pas obligé de la comprendre, et tu n’as pas à t’en vouloir de ne pas en être capable. Tu comprends, Arsène? C’est important que tu le saches.  

Son minois s’était fait beaucoup plus doux, un peu chagrin, même, alors qu’elle lui conseillait précisément ce qu’elle-même n’avait pas su faire. Elle lui disait précisément ce qu’elle avait souhaité qu’on lui dise, lorsque la tristesse l’aveuglait. Lancelot, Aubrée, Corail… Tous semblaient la juger d’en vouloir à Grâce pour son abandon. Elle s’en voulait, elle aussi, de ressentir ce qu’elle ressentait, et la douleur et l’incompréhension étaient de plus en plus difficiles à porter. Il valait mieux oublier, pardonner. Son coeur était bien plus léger depuis. La jeunette ne regrettait en rien. Il y avait eu des excuses, des larmes, et un pardon. C’était tout ce qui comptait, à présent.

- Nous avons eu tellement d’épreuves… Lughnasadh, le rêve que nous avons eu en commun, le tournoi des Trois Opales, le couronnement. C’est toi, mon petit frère, Arsène. Je vais te soutenir, que tu parviennes à lui pardonner ou que tu ne saches pas comment y arriver.

Un sourire réconfortant sur le bout de ses lèvres, et la blondinette lui tendait la main pour cueillir ses doigts, des siens, alors que Constance adoptait son pas sur celui de Clochette.

_________________







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 465
J'ai : 14 ans
Je suis : Un enfant élevé à la Cour des Miracles
Un voleur, un brigand, un petit menteur que personne ne peut détester.

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Mélusine et Hiémain de Sylvamir. A la Cour des Miracles, aussi.
Mes autres visages: Mayeul de Vifesprit - Maximilien de Séverac
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Mer 20 Juin - 21:03

Il ne proteste pas, le petit Arsène, contre la caresse de celle qu'il considère comme sa grande sœur. Et puis, même si il ne l'avoue pas, il est friand de ses câlins et de ses caresses dont il a tant manqué petit. Après tout, venir se lover sur les genoux de Mélusine est un geste qu'il fait le plus souvent possible. Et même s’il laisse la place à bébé Meldred volontiers, il apprécie le fait d'avoir désormais Mélusine un peu plus pour lui. Alors, un moment de tendresse avec sa soeur de coeur, il n'est jamais contre. Les chevaux s'éloignent, interrompant le geste, et il adresse un sourire à la jeune fille.

Elle ne proteste pas Agathe à sa remarque, ce qui conforte Arsène dans l'idée que Melsant et Grâce sont décidément bien trop vieux pour engendrer un héritier. Surtout que l'héritier c'est Agathe après tout, ou ou sa grande sœur. Pour quelle raison en vouloir d’autres ? Les Voltigeurs sont vieux, et occupés, ils n’ont pas besoin de pouponner à nouveau. Il voit bien Mélusine et Hiémain : pouponner prend réellement du temps. Alors pour des Voltigeur...

Agathe finit par répondre à sa question. Etant donné son air sérieux, Arsène sait bien que la discussion vient de prendre un autre tournant. Il sait, le petit voleur, qu’Agathe et lui se ressemblent sur bien des points : après tout, tous les deux n'ont pas réellement bénéficiés de l'amour tendre d'une mère. Même si c’'est peut-être plus compliqué pour Agathe qui a connu un père qui n'était pas réellement un père. Elle a bien eu des frères et une sœur mais est-ce réellement la même chose ? Arsène était tout seul, lui, mais il a bénéficié de l'accompagnement de la Cour et puis, il a été heureux avec Cassandre. Même si elle n'était pas sa vraie maman, elle lui a donné tout l'amour qu'il était en droit d'attendre. C'est peut-être pour ça qu’il a un peu de mal à pardonner à sa mère. Après tout elle n'est pas son dernier recours, et il a pu avoir l’exemple de ce qu’était l’amour maternel. Agathe n'a jamais connu de maman, alors il est bien normal qu'elle en cherche une. Même si celle qu'elle a trouvé a beaucoup de défauts.

Il reste silencieux le petit garçon, alors qu’Agathe lui explique qu'il est pas obligé de pardonner à sa mère et qu'il n'a pas à culpabiliser, surtout. Mais pour autant, Agathe souligne bien qu’en vouloir à quelqu'un si longtemps n'est pas chose aisée. La jeune fille ajoute qu'elle est là pourtant, pour lui, quoi qu'il puisse choisir. Elle a pardonné à Grâce elle, une chose qu’Arsène n'est pas sûr de vouloir imiter. Il sait, le petit, que Grâce n'a pas eu le choix. Mais pour autant il est sûr qu'elle aurait dû choisir autre chose. Mais quoi ? Franchement, sa réflexion ne va pas jusque-là et à dire vrai, il ne sait pas trop où s'arrête son agacement envers Grâce et où commence celui qu’il éprouve envers sa véritable mère.

“Je sais que je ne suis pas obligé, Hiémain me l'a déjà expliqué. Mais c'est vous ma famille maintenant et en vérité, je ne suis pas sûr qu'il reste de la place pour une maman qui n'en n'a jamais vraiment été une.” Il soupire le petit garçon avant de se tourner vers Agathe et de lui offrir un sourire lumineux. “Tu sais”, dit-il sur le ton de la confidence “je n'aurais pas pu rêver de meilleure sœur.” Son regard se fait inquiet pourtant, quand il ajoute. “J'aimerais que tu ne partes jamais. Parce que je sais que tu as ton domaine à t'occuper et ton amoureux aussi. Mais j'ai pas vraiment envie que tu me laisses.” Chuchote-t-il. Il le sait pourtant, Agathe finira par partir. Et à ce moment-là, dans quel lit pourra-t-il se glisser lorsqu'il fait un cauchemar? Qui pourra-t-il observer à la dérobée lors des dîners un peu formel auquel il se doit d'assister désormais ? Elle va lui manquer Agathe, et il appréhende déjà son départ.

_________________
Paroles: teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 2508
J'ai : 18 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Ven 29 Juin - 16:52

Agathe hésitait à s’arrêter, à laisser sa licorne et Clochette se reposer, délestées du poids de leur cavalier respectif. L’endroit était plutôt agréable et les pousses n’étaient plus couvertes de neige, sauf en quelques amas à l’ombre des sapins les plus grand. Elle jetait un regard à la ronde, se doutant bien que les protecteurs faisaient un travail plus satisfaisant encore, alors qu’Arsène lui expliquait qu’il craignait ne plus avoir de place pour une maman absente. Alors elle abandonna son inspection brève, oubliant également l’idée de se poser un moment, pour détailler le minois un peu renfrogné du petit homme. Tout en hochant la tête pour lui signifier sa compréhension, Agathe rassemblait ses mots les meilleurs afin de le rassurer, que son coeur était assez grand pour aimer sa famille, ses amis, et quiconque le méritait encore.

Il la devança avec l’affirmation la plus adorable de ce siècle. La jeune femme plissa son museau tant son sourire se fit grand, son regard brillant posé sur son petit frère d’adoption. Il en était de même pour elle : elle n’aurait jamais pu rêver de meilleur frère, dans cette famille qui la protégeait. Et malgré toute la douceur des paroles d’Arsène, son regard se faisait soucieux. Il enchaîna rapidement sur le trouble qui lui tenaillait le coeur et Agathe ressentit son propre coeur éclater de chagrin, en percevant celui du grand enfant. Elle craignait, elle aussi, de laisser Mélusine et la famille derrière elle. Elle avait peur de ne plus retrouver une quiétude aussi douce, que Lancelot et elle ne s’entendent plus, une fois mariée.

- J’aimerais ne jamais partir aussi, Arsène, tu sais. Mais Mélusine ne peut pas m’adopter et il est de plus en plus difficile d’expliquer ma place auprès d’elle… Surtout lorsque je serai mariée.

Il lui faisait étrange de verbaliser cette finalité. Elle, Agathe, allait se marier de son plein gré avec un homme qu’elle avait elle-même choisi. Ou plutôt, avec un homme que Mirta avait mis sur sa route. Elle laissa un silence s’installer, un moment, toute songeuse de sa vie qui allait radicalement changer après son mariage. Depuis deux ans, déjà, elle s’était habituée à  voyager fréquemment, à rencontrer des gens de toutes sortes, à assister à des événements incroyables et des lieux exquis : des mariages princiers, des couronnements, des palais ducaux et même impériaux. Sa vie serait bien humble, désormais, mais incontestablement plus douce que ce qu’elle avait connu, à Brumecor.

- Lancelot ne pourra pas rejoindre Valkyrion, en raison de la magie qui court dans ses veines. Je crois qu’il me laissera y aller, autant pour vous visiter que pour profiter de mes terres. Sinon, nous serons à Lorgol. C’est ce que nous connaissons, avec Mélusine : Lorgol et Valkyrion. Ce ne sera plus le quotidien, et je ne pourrais plus te voler tes pâtisseries, mais lorsque nous nous reverrons, il n’y aura que toi et moi. Nous en profiterons plus encore!

Elle semblait confiante, alors qu’elle relevait son petit museau dans une posture suffisante, un peu trop légère pour le sujet lourd qu’ils abordaient. Du bout des yeux, elle s’assurait que son cadet suive son humeur.

- Je sais que ce sera triste, que je vais pleurer que vous me manquerez, mais ce n’est pas un abandon, Arsène. Je ne vais pas t’abandonner, jamais. Tu auras la même place, pour moi. Est-ce que c’est ça..? Tu crois que je peux t’oublier? Mon petit frère de coeur, mon cousin, mon voisin?

Quelle idée inconcevable..! Oublier Arsène Albe. Et puis quoi, encore? Une invasion de mort-vivants?

_________________







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 465
J'ai : 14 ans
Je suis : Un enfant élevé à la Cour des Miracles
Un voleur, un brigand, un petit menteur que personne ne peut détester.

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Mélusine et Hiémain de Sylvamir. A la Cour des Miracles, aussi.
Mes autres visages: Mayeul de Vifesprit - Maximilien de Séverac
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Lun 2 Juil - 14:53

Il a tellement peur, le petit Arsène, qu'Agathe parte ! Lui, l'enfant balloté qui ne savait jamais véritablement où dormir certaines nuits a enfin trouvé un foyer, et la peur que tout change à nouveau est violente. Les paroles de la jeune femme sont sages et raisonnables, il le sait. Il a l'âge de comprendre Arsène, que parfois les obligations se font plus fortes que les désirs. Il sait, mais il a encore un peu de mal à l'accepter. Sylvamir sans Agathe sera tellement différent ! Pour autant, Arsène est bien conscient qu'insister est inutile, voir même douloureux pour sa sœur de cœur. Elle, mariée ! Mère, bientôt, peut-être. Il ne peut qu'imaginer les doutes et les incertitudes le petit, et ne veut clairement pas en rajouter. Il finit par hocher la tête, un sourire triste sur les lèvres, laissant le silence s'installer, brisé seulement par le pas de leurs chevaux.

Agathe reprend la parole, et ses mots sont bien doux. Elle le rassure, lui promettant que même si elle part, ils se reverront souvent. Lancelot la laissera venir en Valkyrion dit-elle. Et elle sera à Lorgol. La gorge d'Arsène serre à cette idée : il n'a dit à personne, pas même à Agathe, sa volonté de se présenter aux épreuves du Solstice. Il n'est pas réellement sûr de pouvoir triompher le petit : il est bien jeune encore, il le sait. Et certains sont très doués, sûrement plus que lui. Ce qui ne l'empêchera pas d'essayer et d'y mettre tout son cœur, mais il ne veut pas donner de faux espoirs aux autres. S'il échoue, il sera triste Arsène. Mais s'il échoue et qu'en plus d'autres savent son projet, tout le monde sera triste pour lui, et il ne veut pas attrister son entourage le petit. Mais Agathe lui fait confiance, elle lui raconte tout, alors devrait-il lui en parler ? Sera-t-elle déçue, si elle apprend qu'il n'est pas venu se confier à elle ?

Il ne sait pas vraiment comment aborder le sujet Arsène, ni même si il doit l'aborder. La voix d'Agathe s'est faite confiante, sereine, et Arsène ne sait pas trop si elle se force pour lui donner du courage ou si lui-même se force à l'imaginer. Un peu des deux, peut-être. Quoi qu'il en soit, c'est un sujet complexe et sans doute un peu trop lourd par une si belle journée, alors Arsène prend une longue inspiration et se force à sourire un peu plus, avant de relever la tête et de pointer du doigt un bosquet d'arbre, un peu plus loin. "Dis, tu crois qu'il y a déjà des framboises ?" Il ne sait pas exactement à quelle époque poussent ces petites baies, mais une chose est sûre, il aimerait que ce soit à cette période de l'année ! D'un mouvement de rênes, Arsène incite sa ponnette à quitter le sentier et à se diriger vers la colline. Il en est sûr, les protecteurs de la jeune femme la suivront et il ne se fait aucun souci sur leur habileté à la défendre de quoi que ce soit. Même si… "On fait la course ?" Propose l'adolescent avant de se pencher sur l'encolure de Clochette. Oh, il perdra sûrement, mais cette course improvisée aura au moins le mérite de faire oublier la tristesse dûe à ce genre de discussion, Arsène l'espère ardemment.

_________________
Paroles: teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 2508
J'ai : 18 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Ven 20 Juil - 16:35

Elle ne lui avait offert qu’un éclat de rire, à sa proposition de course, avant d'effectuer de légères pressions sur le flanc de sa licorne pour toute réponse. Agathe n'avait pas peur des chevaux, fille de Bellifère, mais sa robe et ses rubans l’empêchaient très certainement de monter aussi confortablement qu’un garçon. Candide avait accéléré le pas, habituée à la jeune fille et sa légèreté, mais la ponette robuste s’élançait déjà au galop pour la devancer sans gêne aucune, sans doute bien trop heureuse de pouvoir se dégourdir les pattes. Les yeux plissés d’amusement, Agathe s’était prise au jeu et avait rejoint Arsène d’un galop confortable, n’arrivant que quelques secondes, tout au plus, après le garçon. Il avait l’oeil, son petit frère, et quelques framboises précoces rosissaient la verdure de leur rougeur appétissante.

- Nous pourrions nous poser ici! Nous pouvons?

Son minois s’était tourné vers les protecteurs, implorant, et les hommes, après un tour d’horizon prudent, avaient accepté l’arrêt. Bras tendus vers l’un d’eux, la toute jeune femme avait rejoint le sol dans un tourbillon de jupons et de rires timides. Par de gestes patients et habiles, l’apprentie avait noué les liens de cuir de sa monture contre l’un des arbres massifs de ce bosquet, probablement un châtaignier, aux connaissances de la mignonne. D’un coup d’oeil, elle évalua que Candide ait assez d’espace pour être confortable puis s’avança aux côtés d’Arsène pour s’assurer qu’il s’en sorte, lui aussi, avec le noeud d’attache. Combien de fois avait-elle observé Arnaut nouer les liens en noeuds coulants, puis l’avait-elle imploré de les défaire pour le simple plaisir de voir l’attache se dénouer d’un seul coup? Lorsque Clochette et Candide furent bien liées en toute sécurité, la blondinette alla s’accroupir auprès de l’un des arbrisseaux pour observer les fruits. Avec l’aide d’Arsène, elle cueillit une poignée de framboises suffisamment rouges pour être mangées, guère plus, puis se posa dans l’herbe pour les déguster. Une après l’autre.

- Vois-tu, il y a différentes variétés de framboises. La majorité n’est réellement prête à la cueillette qu’en juillet, voire en août. C’est tout ce que je sais sur ce fruit, actuellement. Outre que leur confiture est la meilleure qui soit, et que les tartes à la framboises de Vigdir-des-Sorbets sont un authentiques cadeau de Rya...

Elle aurait aimé lui en parler longuement, de ses vastes connaissances sur le domaine de la framboise, mais il fallait bien avouer qu’elle savait surtout les manger, et non pas les décrire. Les informations sur Vigdir étaient trop peu nombreuses à son goût, et elle avait pressé tout ce qu’elle pouvait savoir pour le moment. Ce serait à la visite de l’endroit, certainement, qu’elle pourrait grappiller plus de détails sur ce fruit et la production y étant liée. Agathe s’était arrêté pour observer les lèvres barbouillées de rouge d’Arsène, vaguement amusée. Malgré la douceur du moment, l’ombre de leur conversation précédente pesait sur elle. Sur lui, aussi. Auraient-ils encore bien d’autres instants de bonheur, avant que la guerre ne survienne ou qu’un piège se referme sur eux, comme à Lughnasadh? Le temps était long et cruel, à Brumecor, mais il n’y avait pas autant de drames et d’horreur. Seulement son père. Elle eut une pensée pour son enfance oubliée en Bellifère. Agathe avait changé, énormément, depuis qu’on l’avait enlevée.

- Dis… Arsène… Le rêve, tu t’en souviens, n’est-ce pas? Il y avait la Chasse, à nos trousses, puis nous avons tous rejoint Mélusine, à notre réveil. J’ai l’impression de ne plus avoir confiance, même quand je dors. Et j’ai peur, aussi, de Guillaume de Brumecor.

La jeune femme lui offrit sa dernière framboise, comme si le fruit rouge pouvait amenuiser l’impact de ses mots sur lui. Elle ignorait s’il était plus brave qu’elle ou s’il craignait un peu les rêves, lui aussi. Elle laissa un silence comme un flottement, entre eux, le temps qu’il mange le dernier petit fruit, le temps qu’elle observe ses ongles polis et ses mains douces, bien loin de la peau rude qu’elle avait en raison des travaux domestiques perpétuels.

- Si on m’enlève… Si la Chasse me prend, ou si Guillaume me réclame, j’aimerais que tu prennes soin de Hallebarde.

_________________







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 465
J'ai : 14 ans
Je suis : Un enfant élevé à la Cour des Miracles
Un voleur, un brigand, un petit menteur que personne ne peut détester.

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Mélusine et Hiémain de Sylvamir. A la Cour des Miracles, aussi.
Mes autres visages: Mayeul de Vifesprit - Maximilien de Séverac
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Mar 31 Juil - 0:11

Agathe l'a laissé gagner, il en est presque sûr.  Elle est bien meilleure cavalière que lui, malgré les leçons prises ces derniers mois, et Clochette, aussi adorable soit-elle, ne fait pas le poids contre la jument de sa sœur. Il ne proteste pourtant pas Arsène, ce contentant de lever les bras au ciel pour que les Dieux eux-même puissent voir sa victoire. Il joue Arsène, trop heureux d'entendre le rire d'Agathe au départ de cette course, ou de voir un sourire illuminer son visage. Ils sont bien trop sérieux, depuis le début de cette sortie, et Arsène entend bien que cela change. Il l'aime fort, sa sœur de cœur, et ne supporte pas de voir l'inquiétude barrer ses traits.

Les protecteurs d'Agathe ayant donné leur accord, les deux jeunes gens furent bien rapides pour démonter. Il ne dit rien Arsène, tandis qu'il sent le regard de sa sœur sur ses gestes. Elle a à cœur de faire de lui un cavalier émérite, et un épéiste passable, sans aucun doute. Il n'est pas bête Arsène, il sait ce que pensent les Bellifériens, et même si Agathe est loin de leurs idées idiotes, elle en a gardé quelques traces. Mais cela ne le dérange pas, et prendre quelques leçons sur le maniement des armes a, il ne peut le nier, beaucoup de charme. Oh, il ne sera jamais un bretteur émérite le petit, mais il saura se défendre. Quelques minutes, à tout le moins. Sans doute cela sera-t-il suffisant.

Complices, le frère et la sœur s'installent côte à côte pour manger les quelques framboises qu'ils ont trouvées, alors qu'Agathe reprend la parole pour l'instruire sur les framboises. Rieur, Arsène l'écoute avec attention, ne sachant trop comment réagir lorsqu'elle évoque les sorbets de Vigdir. Son domaine, à elle, là où elle résidera bientôt. Loin de lui. C'est étrange, tout de même, d'être à la fois triste et heureux pour la même chose. Les framboises sont délicieuses, un peu amères peut-être, mais le plaisir de les déguster aux côtés d'Agathe efface ce léger désagrément. L'atmosphère lourde est de retour pourtant avec la nouvelle question de la jeune femme, et Arsène la regarde, indécis, hochant la tête. Oui, il s'en souvient, même s'il a préféré se dire que ce n'était qu'un rêve plus étrange que les autres. Mais quand Agathe formule sa peur, le jeune garçon n'hésite pas : se mettant à genoux, il attrape la main de sa sœur, les barbouillant toutes deux d'un rouge qui rappelle fortement le sang. C'est un serment, qu'Arsène lui fait. "Jamais, Agathe. Mélusine et Hiémain ne laisseront jamais personne te faire de mal, et je te protègerais de quiconque veut t'en faire." Il n'a pas réellement réfléchi Arsène en disant cela, et il se remémore les dernières paroles de la jeune femme. "Hallebarde ne te quittera pas, jamais." Il est très touché pourtant, que sa sœur le pense digne de cet honneur : il sait combien elle tient à l'animal.

Plongeant ses yeux clairs dans ceux de la jeune femme, il insiste. "Il ne faut pas avoir peur Agathe. Les rêves, ce ne sont que des rêves, même s'ils paraissent vrais, même s'ils restent vivaces une fois le matin revenu." Il se rappelle Arsène, de l'ambiance terrifiante, de ces morts, de tous ces gens qu'il connaissait. Il n'a rien d'un brave, mais craindre quelque chose qui n'existe pas, il s'y refuse. "Tu es la pupille de Mélusine. Elle est la sœur du duc mais surtout, surtout, elle est Mélusine. Elle t'a raconté, la fois où elle est entrée chez Hiémain avec un canon ?" Il a les yeux qui brillent Arsène, à cette idée. Il a obtenu toute l'histoire, de différentes sources, sans savoir ce qui était vrai ou pas, mais qu'importe. "Alors s'il le faut, je prendrai un canon à l'Audacia et j'attaquerais Hacheclair jusqu'à ce qu'on te rende." Le ton déterminé, Arsène la regarde, la mettant au défi de présumer qu'il ne tiendrait pas sa promesse.

_________________
Paroles: teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
La Cour des Miracles
avatar

Messages : 2508
J'ai : 18 ans
Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : la cour des Miracles et Mélusine de Sylvamir.
Mes autres visages: Astarté des Sables • Gabrielle de la Volte • Sifaï Sinhaj • Tancélie le Sustain
La Cour des Miracles
Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   Jeu 16 Aoû - 23:08

Oh! Comme elle s’en voulait, Agathe, d'inquiéter Arsène avec ses propres angoisses! Elle le voyait bien, sur son minois, qu’il partageait cette même crainte désormais. La mignonne pressait ses mains, des siennes, toutes aussi rouges, et s'efforçait de ne pas se laisser dominer par la vague d'émotion qui menaçait de la submerger. Il ne lui suffisait que d’acquiescer à ses arguments, même si elle y trouvait à répondre, et de s’efforcer à le croire, lorsqu’il lui disait que ni la Chasse, ni le duc de Bellifère ne pouvait rien contre elle. Une petite moue ornait ses lèvres mais elle opinait encore et encore, comme si chacun de ses hochements de tête renforçait un peu plus sa conviction. Mélusine la protégerait, même sans le Fou Noir pour guider ses bras. Hiémain irait la chercher, héros de Valkyrion qu’elle admirait tant. Lui aussi, adorable Arsène, serait sans doute dévoué à la rapatrier à Lorgol ou ailleurs. Avec ou sans l’un des canons de l’Audacia.

- Toi aussi, tu es en sécurité, Arsène. Et tu es tellement malin, tu te cacheras si bien que la Chasse ne te trouvera pas.

Un sourire fin et fragile, alors qu’elle soulignait l’une des qualités de son petit frère. S’il en avait l’envie, s’il acceptait de prêter allégeance à la Cour des Miracles, il ferait un apprenti prodigieux, elle en était certaine! Elle avait eu si peur devant les premières leçons de Mélusine, apprentie du charme, mais Arsène connaissait déjà la famille et savait déjà se faire charmeur pour arriver à ses fins. Il apprendrait à se défendre, au moins un peu, avec les autres enfants des Miracles, et n’aurait plus jamais à songer à sa mère qui l’avait abandonné, lui aussi.

- Si c’était possible, j’aurais aimé que tu sois parrain de Hallebarde. Tu aurais pu le placer sous une divinité incroyable… Si je n’avais pas peur d’insulter les dieux…

Un joli spectacle, qu’ils offraient, aux protecteurs qui les accompagnaient. Elle s’était jetée dans ses bras, cerclant son corps d’adolescent de ses bras fins, barbouillant un peu sa veste du jus de framboise qui tachait encore ses mains. Là, dans l’intimité de leur cocon patenté, Agathe lui murmura ce qu’elle espérait qu’aucune divinité n’entende.

- On ne leur dira pas, Arsène, mais tu peux être le parrain de Hallebarde. Ce sera notre secret, d’accord?

Puis elle lui offrit un baiser bien chaste, sur sa joue encore ronde. Elle le voyait rougir mais ignora l’embarras de son petit frère pour mieux nicher sa tête blonde contre son épaule. Là, posés à l’ombre des sapins, aux pieds d’un buisson de framboises, aucun duc ni aucune Chasse ne semblait pouvoir les atteindre. Il n’y avait qu’eux, encore bercés par l’enfance, à éloigner les mauvaises ombres d’anecdotes incroyables et de rêveries d’un avenir aussi grandiose que leur permettait leur imagination. Elle était là, contre lui, comme elle l'avait été, plusieurs nuits durant, comme elle le serait, malgré un mariage. C'était elle, sa grande soeur. Et là encore, aucun duc ni aucune Chasse ne pouvait changer ce fait.

_________________







Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé

Message Sujet: Re: La promenade de la licorne   

Revenir en haut Aller en bas
 
La promenade de la licorne
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Agréable promenade au bord de la source. [PV : Juxty.]
» Promenade avec minidou
» Une Promenade sous le clair de Lune [PV Evangeline + Elyane]
» Petite promenade pour se détendre (libre)
» Promenade de digestion. (Pv Samia)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Arven :: Ibelene :: Valkyrion-
Sauter vers: