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 L'avenir qui s'effrite devant soi

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Message Sujet: L'avenir qui s'effrite devant soi   Ven 4 Mai - 7:25


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Césaire Chesnenoir & Tyr Parle-d'Or

L'avenir qui s'effrite devant soi




• Date : 09 avril 1003
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Césaire songe à sa fin qui tranquillement approche et au besoin de préparer la relève d'espions au palais ducal de Sombreciel. Il retrouve Tyr à la Cour afin d'en discuter, entre autres.
• Recensement :
Code:
• [b]09 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3659-l-avenir-qui-s-effrite-devant-soi#137167]L'avenir qui s'effrite devant soi[/url] - [i]Césaire Chesnenoir & Tyr Parle-d'Or[/i]
Césaire songe à sa fin qui tranquillement approche et au besoin de préparer la relève d'espions au palais ducal de Sombreciel. Il retrouve Tyr à la Cour afin d'en discuter, entre autres.

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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Ven 4 Mai - 7:27


Chaque fois qu’il y revient, à présent, le sentiment est étrange. Il y a ce doux confort de la maison. Le seul endroit par tout le continent où il peut se permettre de baisser sa garde, où tous savent qui il est, réellement. Mais il y a tellement longtemps maintenant qu’il n’y vient plus qu’uniquement que pour les assemblées qu’il s’y sent un peu comme un étranger. Oh il est facile à reconnaître, avec sa tête blanche qui détonne au travers toute cette jeunesse, mais lui semble ne plus connaître autant de gens qu’il eût été le cas autrefois. Il répond de politesse aux salutations, mais pour ces inconnus il se sent bien plus le majordome de Castiel de Sombreflamme que l’espion de la Cour en infiltration.
Il se fait vieux, et quand les frontières entre son identité et sa réalité commencent à se mêler, il se rend compte qu’il est peut-être temps de penser à l’après, pendant qu’il est encore là.

Il avait profité de l’absence du duc et son entourage pour le couronnement d’Octave pour écrire à Tyr et lui demander un entretien. Il préférait discuter avec le Second des Ombres qu’avec n’importe qui d’autres ; après tout, ils avaient jadis partagé quelques missions, et Césaire portait l’homme en estime. Il appréciait aussi sa position plus neutre que celle que semblait prendre actuellement le Fils des Ombres.
Avec le retour des mages en Sombreciel, il n’avait pas même eu besoin de faire appel à ceux soigneusement dissimulés par la Cour aux quatres coins de l’empire. Il avait simplement prétexté avoir affaire à la tour de Sombreflamme à Lorgol, où il s’était réellement rendu pour discuter brièvement avec l’intendant sur place, avant de s’éclipser et de quitter la ville-haute pour rejoindre les pavés enchantés de cette ville cachée. Il rentrerait assurément le soir-même en Sombreciel, épuisé de cette journée et de ces déplacements, pour veiller que tout au palais était en ordre pour le retour de la délégation cielsombroise.

Il attend alors que le Second vienne le rejoindre à l’endroit où il lui a donné rendez-vous ; cette toute petite taverne juste au pied de la tour des espions. Il y fait toujours arrêt, chaque fois qu’il passe ici. Le propriétaire a changé, au fil des années, mais les lieux sont encore empli des souvenirs de ses années de formation, puis des nombreuses qui s’en suivirent, alors qu’entre chaque affectation il revenait ici, immanquablement. Il sourit quand il repense à tous les visages qu’ils a porté en venant ici. Celui-ci sera certainement son dernier, qu’il croit.

La porte s’ouvre, et il se retourne pour apercevoir Tyr entrer. Césaire n’est pas difficile à manquer, parce qu’il y a très peu de gens dans le tout petit établissement, et que ses habits propres ainsi que ses cheveux blancs font de lui une tête sortant du lot. « Tyr, je suis heureux vous revoir, se retrouver ainsi seul à seul pour discuter, cela fait longtemps. » Oh il l’a revue depuis, aux assemblées, mais jamais bien longtemps, et seulement le temps de brèves salutations. Le Second a assurément dû recevoir ses rapports qu’il envoie périodiquement, mais leurs échanges se sont fait rare depuis que Césaire ne passe plus autant de temps à la Cour qu’il eût déjà été le cas. « Merci de m’accorder cet entretien. J’avais besoin des conseils de quelqu’un de confiance à la Cour. »


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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Sam 19 Mai - 23:20

Césaire était de passage à la Cour des Miracles. C’était une occasion aussi rare que précieuse, surtout par les temps qui courraient. Nous avions déjà eu à déplorer plusieurs pertes à cause de la Chasse Sauvage, qui agissait sans distinction aucune. L’Ordre avait encore libéré une force qu’ils n’étaient visiblement pas en mesure de contrôler, ni même de rappeler. J’étais réellement curieux de savoir ce qui leur était passé par la tête, et quand ils avaient cru que c’était une bonne idée. Sans doute avaient-ils cru qu’elle serait un moindre mal, si la Rose Ecarlate pouvait tomber sous son impulsion, et qu’elle ne perdurait pas ensuite. Ils avaient partiellement réussi, et donc échoué. Ils n’escomptaient certainement pas qu’elle reste en liberté si longtemps. Malheureusement, cela avait été suffisant pour nous priver de membres de choix, et que nous allions beaucoup regretter.

Mais je devais laisser de côté ces problèmes insolvables pour me concentrer sur d’autres plus urgents et immédiats. L’arrivée de Césaire était une aubaine, et je comptais bien profiter des sages conseils du vieil espion toujours en activité. Je quittais mes quartiers pour me rendre au pied de la tour des espions, poussant les battants d’une taverne où les murmures étaient légions. C’était bien souvent ici même que la plupart des informations transitaient à la Cour des Miracles, avant même de songer à consulter des rapports ou des archives. L’entraide était évidemment toujours de mise entre espions et voleurs. J’avais moi-même eu, à de nombreuses reprises, pu bénéficier des précieuses informations de Césaire Chesnenoir qui m’avait permis de monter des stratégies bien à la hauteur. Quelque part, je lui devais sans doute un peu ce surnom de « Parle-d’Or » dont on m’avait rapidement affublé. Car sans informations, aucune stratégie ne tiendrait.

Il n’y avait pas grand-monde à cette heure-ci, et Césaire détonnait suffisamment des jeunes et intrépides voleurs pour que je le repère au premier coup d’œil. Je lui souris doucement, avant de me rapprocher de sa table. A ses paroles, mon sourire s’élargit bien plus, ravi. « Moi de même, Césaire. Nos discussions venaient à me manquer. Le temps nous rattrape bien vite, n’est-ce pas ? » Et ce n’était pas peu dire, le concernant. « Vous vous portez bien ? » Question polie et superflue, dans la plupart des cas, mais pas tellement auprès de mon vénérable interlocuteur. Je tirai la chaise en face de lui pour m’installer, dans une posture nonchalante. Je lâchai un rire dans un souffle, malgré le sérieux de mon homologue. « Et bien dites-moi, vous avez des problèmes en Sombreciel, pour faire le déplacement ? J’ai l’impression que quelque chose vous tracasse, Césaire. C’est généralement moi qui vous demande des conseils, rarement l’inverse. » J’avais moi-même certains sujets à aborder avec le vieil espion, mais je ne me prononçais pas dans l’immédiat. Je préfère le laisser entamer les hostilités pour prendre le pouls, quant à sa propre situation. Car elle risquerait bien de devoir changer…

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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Sam 26 Mai - 0:02


« Bien, oui, autant que cela est possible du moins par les temps troubles sur lesquels nous voguons. » Il lui sourit. Il est content malgré tout de le retrouver, que Tyr n’aie pas été emporté par la Chasse comme ce fut le cas de nombreux de leurs comparses. « Et vous, mon cher Tyr? Vous tenez, avec le poids de tout ce qui se passe? » Les pertes, la guerre, la trêve hivernale, le couronnement, la Chasse, la montée de l’Ordre… il y a tant de chose qui se passent, et en tant que Second de la Cour Tyr ne doit pas se retrouver en reste. Césaire ne doute aucunement des capacités de ce comparse de longtemps qu’il qualifierait presque d’ami, il est même heureux de le savoir occupé ce poste, car avec tous les mouvements qui se trament, il sait pouvoir faire confiance encore à une tête, à tout le moins.

Il capte un instant le regard du serveur, et d’un geste de la main lui fait signe pour qu’il leur apporte deux verres ainsi qu’une carafe de vin. ce n’est pas les cépages qu’il est maintenant habitué de boire en Sombreciel, mais ceux-ci ont toujours ce petit goût de nostalgie qui rappelle la maison, la Cour. Il remplit les coupes et en pousse une en direction de Tyr.
De loin, on aurait pu s’amuser du duo qu’ils formaient ainsi, le Second installé avec toute sa nonchalance, et Césaire bien droit, presque rigide.

Un léger rire résonne sur sa voix quand Tyr lui demande s’il a des problèmes en Sombreciel, parce qu’il n’aurait nullement été étonnant que ce soit le cas, compte tenu du duc actuel régnant sur le duché de l’esprit ! « Non, tout va bien en Sombreciel, et au palais. Mais c’est un peu de cela dont je souhaite vous parler malgré tout. » Il sait que les convenances auraient voulu qu’il en parle peut-être plus avec son Maître Espion, mais Césaire n’a guère eu de contact avec dernier hormis les missives qu’il lui envoie à son intention. En fait, Césaire n’a point eu de contact avec la majeure parti des membres de la Cour depuis la dernière décennie. Il y a aussi tellement de mouvement qu’il y a toutes ces têtes qu’il reconnaît certes mais avec qui il n’a pas réellement eu d’échange pour jauger leur position. On ne lui en voudra, il croit bien, de sauter les échelons pour s’adresser à plus haut, et si on le lui reproche qu’en a-t-il à faire réellement? Avant, il s’en serait peut-être soucié. Plus maintenant. « Je ne vous apprend rien je crois en vous disant que mes jours sont comptés. Je vieillis, et il est même surprenant de me savoir encore ici, et dans cette forme. Mais ça ne durera pas. » Un doux soupire se mêle à son sourire cette fois, alors qu’il s’arrête pour prendre une gorgée de vin. Ça ne le tracasse pas, il se sait déjà bien chanceux d’avoir vécu si longtemps, chaque jour, chaque mois, chaque année qui suivra est un cadeau, empoisonné, peut-être, par le climat qui règne, mais un cadeau qu’il sait devoir remercier malgré tout. « Tout se passe bien, en Sombreciel, justement. J’ai la confiance du duc de Sombreflamme, et plus récemment j’ai même reçu celle du compte de Sévérac. Mais la réputation de Castiel le précède et je ne peux que confirmer qu’il n’est pas, comment dire, tendre, avec les gens de sa domesticité. Peut-être serait-il temps de préparer ma relève, pendant que j’y suis encore pour faciliter le transfert, qu’en pensez-vous? »


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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Lun 28 Mai - 19:36

Ah, les temps troubles ! Ce n’était pas peu dire, vu tous les événements qui s’enchaînaient à une vitesse folle, depuis le premier coup d’éclat de l’Ordre. Quand était-ce exactement ? A la découverte de cette île perdue ? Ou plutôt au Tournoi des Trois Opales ? Ca remontait déjà, mais quel esclandre ça avait été ! Le spectacle n’avait paru que plus savoureux encore. Et ce qu’ils avaient promis, ce jour-là, était bel et bien arrivé alors… La guerre, mais également la liberté. L’Ordre avait mis à feu et à sang les deux empires, ne laissant personne épargnés. Je n’appréciais pas leurs méthodes mais… « Oh oui, si vous saviez, Césaire… La guerre a été une belle aubaine pour la Cour des Miracles. Je ne parle même pas de cette défaillance magique qui a suivi, ou comment faire tomber toutes les alarmes magiques d’un coup d’un seul, sans que personne ne l’anticipe ! Et que devrais-je dire des si nombreux secrets révélés, si convoités, qui apparaissent avec ces magies et savoirs perdus ? De quoi raviver la flamme chez n’importe quel chasseur de trésor… » Je souriais. Je riais même. J’aimais avant tout me soucier des opportunités que suscitait chaque situation, plutôt que de m’appesantir sur nos débâcles. Nous avions perdus certains des nôtres, hélas, car personne n’était à l’abri, même à la Cour des Miracles… La Chasse Sauvage sévissait davantage sur ceux qui se pensaient à l’abri des ombres, par une nuit noire. Nous les avions honorés comme il se devait, mais il était temps d’avancer, et de songer à ceux qui continuaient de vivre et d’agir au nom de la Cour. Ils étaient tous placés sous ma protection. Malheureusement, je ne pouvais pas tous les sauver. Ce poids-là, je le supportais, et un sourire triste en témoignait un instant. « Je suis heureux d’entendre que tout va bien pour vous, et pour le duché de l’esprit. C’est même étonnant, compte tenu du duc de Sombreciel… Aurait-il fini par s’assagir, ou le doit-on à ses femmes qui savent comment l’apaiser ? »

Je récupérai la coupe que poussait Césaire vers moi, le remerciant d’un signe de tête. Le vieux majordome ne devait plus être préoccupé par grand-chose, si ce n’était… La relève, évidemment. Je grimaçai, moins enjoué subitement. « Oh je suis sûr que vous nous survivrez tous, Césaire, ou alors vous nous hanterez jusqu’à la fin de nos jours, sur les pavés de la Cour ! » J’émis un léger rire, même si la situation ne s’y prêtait guère. Que ferait-on sans son immense sagesse, sans son esprit aiguisé ? J’avais plus que jamais besoin de lui à mes côtés. Le savait-il ? Le devinait-il seulement ? Je n’avais pas l’impression. J’en venais à craindre un refus, sur mon éventuelle proposition.

Je posai ma coupe après en avoir bu quelques gorgées, croisant les mains devant moi pour le fixer longuement. « Très bien. Tout est parfait, alors. Que vous songiez à votre relève est une excellente chose, car nous risquons d’avoir également besoin de vous ici. » Je laissai filer un silence, reprenant avec sérieux : « Césaire… Avez-vous pu contacter le Maître Espion, pour lui évoquer votre besoin ? Je crains bien que non. La Chasse Sauvage l’a emportée, il y a moins d’une semaine. La Cour entière accuse rudement le coup d’avoir perdu un membre aussi éminent. Vous l’avez bien dit, tout change à une rapidité… Je sais que vous allez avoir quelques réticences, de par votre âge, de par votre désir de former la relève, mais nous aurions réellement besoin de quelqu’un qui a la tête sur les épaules – en plus de l’expérience – pour maintenir le cap en ces temps troubles. Nous avons un ennemi de taille à débusquer, et une Chasse dont nous devrions mettre un terme. Nous manquons cruellement d’informations, et vous êtes la meilleure chance que nous ayons pour nous sortir de cette mauvaise passe. Oui, Césaire, je vous propose d’être Maître Espion, le temps qu’il faudra. »

Je repris une gorgée, après avoir tant parlé, sans le quitter du regard. Je le laissais accuser le coup de cette nouvelle funeste tout comme de cette proposition audacieuse, mais pas moins méritée. J’espérais qu’il prendrait la pleine ampleur de la situation inextricable dans laquelle nous nous enlisions. Que Césaire soit encore parmi nous un mois, un an, dix ans… Il serait un soutien non négligeable. Nous aurons toujours le temps de trouver quelqu’un qui pourra poursuivre son œuvre, quand les temps seront plus calmes. « Nous pourrons sans mal concilier vos obligations à Sombreciel avec ce nouveau statut, grâce à celui – ou celle – qui prendra votre relève. Dites-moi ce dont vous avez besoin, et je vous trouve la personne appropriée avant que vous ne franchissiez ce portail en sens inverse. Une jolie femme, pour retenir l’attention du duc ? Ou peut-être quelqu’un de plus rigide, pour le contenir. Quel profil serait susceptible de s’attirer le plus rapidement et le plus aisément sa sympathie, et l’influencer par la suite ? »

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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Mer 30 Mai - 23:11


Posté loin de la Cour, Césaire oubliait parfois toutes les activités de celle-ci. Il oubliait presque que les infos qu’il envoyait périodiquement étaient utiles à plusieurs. Que la guerre était pour eux le temps idéal d’organiser divers vols et de remplir leur coffres. « La Cour a toujours su tirer profit des grands bouleversements. Qu’en serait-il autrement? » Et si aujourd’hui il en est éloigné, bien placé et n’ayant plus besoin du soutien de ses coffres pour assurer sa position, ce n’en a pas toujours été le cas. Les années ont été longues, les assignations multiples, et il sait fort bien que c’est dans les temps troubles qu’il est souvent plus aisé de frapper. Elles lui semblent loin, ces aventures qu’il a vécu, parfois même en compagnie de Tyr, mais aujourd’hui, assis ici en plein coeur de la Cour des Miracles, elles sont vraies et palpables dans sa mémoire, plus que de simples souvenirs distants et effacés.

Un sourire amusé étire ses lèvres aux propos suivant du Second. Oh, tout va bien est une façon bien vague d’englober les choses, car le duc Castiel est ce qu’il est, et les derniers mois ont d’ailleurs été mouvementés, entre cette crise sombre, le mariage et le départ pour le couronnement. Le majordome avait été fort heureux d’être laissé derrière cette fois pour s’occuper du palais pendant l’absence de la délégation cielsombroise, il avait ainsi pu prendre le temps de s’occuper que quelques petites choses et de souffler un peu. « Je doute qu’il finisse un jour par s’assagir, il est trop, changeant, instable. Mais ses femmes et sa fille sont indéniablement là pour l’apaiser. Grands dieux, merci qu’elles s’entendent ! Si j’avais eu leurs disputes à gérer au palais en plus des caprices du duc… » Gérer les demandes et les sautes d’humeur de Castiel était déjà bien assez.

Les survivre, tous? Il était bien parti pour cela, vu les décès et les disparitions qui s’accumulaient autour d’eux. Mais il espérait bien que ça ne s’avère pas, il avait eu une vie déjà bien assez longue. « Je serais bien damné que ce soit le cas ! » Et sa conversation avec le comte de Sévérac quelques mois plus tôt lui revient, alors que ce dernier lui avait dit que Sithis devait avoir ses raisons, de retarder ainsi son accueil au royaume des morts. La suite est peut-être de cela, mais jamais Césaire n’aurait imaginé recevoir une telle offre. Oh, l’avoir voulu, il aurait certainement eu de nombreuses occasion de monter en grade au sein de la Cour, mais il s’était toujours simplement contenté d’être simple espion, sans jamais même ne prendre un apprenti. Il n’était pas avide de position et de pouvoir comme c’était le cas pour d’autres.

Aussi après avoir écouté Tyr parler, lui dire tout cela, il reste silencieux un moment, prenant le temps d’aller chercher une gorgée de vin, avant de répondre, précautionneusement.  « Vous savez très bien que je n’ai jamais eu telle ambition. Je suis flatté que vous pensiez à moi Tyr, il est vrai, mais que pourrais-je vous apporter? Vous semblez déjà connaître mes réticences à accepter votre proposition, alors il m’est inutile de vous les répéter. Je n’ai plus l’habitude de la Cour, et je ne saurais même reconnaître la plupart de ses enfants tellement mes chemins m’ont tenu éloignés de ses pavés. Il y a tellement longtemps que je vis sous cette identité qu’il m’arrive parfois même me demander laquelle est la plus vraie, l’espion ou le majordome. » Serait-il simplement capable, de prendre une telle responsabilité? Il sait qu’il a acquis l’art d’une gestion efficace en devenant le majordome du duc de Sombreflamme, et qu’il a à présent une bonne connaissance de la politique qui divise et unie le continent, mais c’est loin d’être les seules qualités requises pour occuper un tel poste. « Je ne dis pas non, Tyr. Mais j’ai bien du mal à prendre conscience en ce à quoi je pourrais vous être utile. Et moi qui croyais pouvoir finir mes vieux jours tranquille dans une taverne d’Euphoria, enivré des plaisirs du duché de l’esprit! » Dit l’homme bien droit et rigide qui doit être l’un des rares en Sombreciel à refuser les substances et les tentations si propre au duché. Il n’avait jamais eu telle intention, et Tyr le saurait, et sinon le devinerait au timbre de sa voix sur ces mots placés sans sérieux dans une conversation qui l’était pourtant affreusement. « Éclairez-moi, convainquez-moi.  » Parce qu’il ne sait pas s’il a l’envie, de prendre cette charge, mais il ne sait pas non plus s’il pourrait refuser l’appel à l’aide de la Cour, de son frère des Miracles.

Il est plus facile de répondre à la question suivante, il y a déjà réfléchi, mais il y perçoit le jeu du Second, les mouvements d’avance qu’il a sur lui. Lui répondre n’est que lui donner les armes pour le faire accepter. Pourtant, il ne peut se convaincre de nuire à la Cour, cette famille qui lui a toujours tout donné, alors il soupire doucement et poursuit.
« Le mieux serait de passer par ses épouses. Je ne sais guère vraiment ce qui me vaut de Castiel ce… d’être encore en vie, tout simplement. Les circonstances de ce qui m'emmenèrent à troquer mon assignation première pour celle que j’occupe à présent, sans doute. Je ne pense pas qu’il sera aisé pour quiconque de retrouver telle position à ses yeux, rapidement, du moins. S’attirer les faveurs et la confiance de la duchesse ou de sa nouvelle épouse pourrait être une façon de s’acquérir une certaine protection de ses courroux. Elles seront plus facile à approcher, Alméïde, particulièrement. Elle cherche à bien faire, être aimée des Cielsombrois. »


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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Dim 1 Juil - 11:48

Mon sourire se fit mutin, pour seule réponse. La question de Césaire n’était que rhétorique. La Cour des Miracles avait toujours su tirer profit des opportunités qui se profilaient. Et si une opportunité n’existait pas, il ne tenait qu’à nous de la créer. Seulement, ces derniers mois, il n’était même pas utile de détourner l’attention de nos victimes. Elle était déjà entièrement accaparée par d’autres priorités encore plus absolues que de veiller correctement sur leurs propres biens. « On aura peut-être juste attiré un peu trop l’attention après le vol de l’Académie… » Je n’en étais pas vraiment désolé. C’était un coup d’éclat qui resterait gravé dans la mémoire des Lorgois. Même l’Académie n’était pas inviolable pour les voleurs de la Cour. Nous étions en plein essor, ce qui devait continuer.

Je lâchai un rire, quand Césaire me relata ses déboires dans le palais ducal de Sombreciel. « Tu as bien de la patience. » Très honnêtement, je ne savais pas comment il pouvait supporter une telle charge. Il devait être le majordome le plus convoité du continent, à voir comment il parvenait à s’en tirer avec le pire des ducs à gérer. « Au moins, le voilà fortement occupé avec autant de femmes, petites ou grandes, à devoir s’occuper. » Et je me doutais que ce n’était pas gagné, entre une Belliférienne et une Erebienne. Il y avait de la diversité maintenant.

J’avais beaucoup parlé, subitement. Les banalités échangées sur l’état de la cour de la Sombreciel et de la Cour des Miracles, il était temps d’aborder des sujets bien plus pressants… L’avenir qui se dessinait. J’étais confiant sur les capacités de la Cour des Miracles à tout endurer, mais il était de mon devoir de les protéger, tous. Et plus que jamais, j’avais besoin de Césaire pour ce faire.

Il n’était pas convaincu. Je m’en doutais, bien entendu. « Je sais que vous n’avez pas de telle ambition. Ma demande doit même vous surprendre, mais vous êtes la personne la plus dévouée que je connaisse. » Je soufflai un rire. « Allons, Césaire ! Vous, à vous enivrer dans une taverne d’Euphoria ? Je sais que vous auriez à cœur, jusqu’à votre dernier souffle, d’œuvrer pour la grandeur de la Cour des Miracles, et également celle de votre duché. Ce n’est pas incompatible, vous savez, et vous vous sous-estimez. Je n’ai pas besoin de quelqu’un qui connaisse tous les fils et filles des Miracles, car c’est là mon rôle. J’ai besoin de quelqu’un qui soit capable de gérer en tant de crise, d’une main de fer, et nous mener sur la bonne direction. Les espions sont le nerf de la guerre silencieuse que nous devons mener contre les forces qui s’opposent à nous. Nous manquons cruellement d’information, que ce soit sur la Rose Ecarlate et l’Ordre, sur la Chasse Sauvage, ou encore les savoirs et magies oubliés. Toutes ces connaissances pourraient nous permettre de renverser la situation à notre avantage, de prémunir les fils et filles des Miracles du pire, car nous avons déjà perdus des mages, rongés par le poison, et des voleurs nocturnes, emportés par la Chasse. Et pour quelles raisons ? Parce que nous avons pêchés par ignorance. Nous n’avons pas le contrôle de l’information, et donc, pas le contrôle de la situation. Nous sommes aveugles face à ces entités, et dans l’incapacité d’agir. Je ne peux convenir d’aucune stratégie sans une source d’information, et aucun espion n’ait parvenu à ce jour à percer ces mystères ou intégrer ces Ordres. Que se passera-t-il ensuite, Césaire, si nous continuons d’être des victimes collatérales de la démence d’autres personnes ? Je sais que vous avez autant à cœur que moi de protéger les nôtres. » Je le fixai intensément, mais avec une fêlure au fond du regard. « Je ne pourrais pas y parvenir seul, Césaire. Acceptez, s’il vous plaît. »

Je le regardai longuement en silence, alors que nous évoquions la relève qui devait avoir lieu. Je me rejetai dans mon dossier, en prenant une longue inspiration. Peu importe la décision qu’il prendrait… Je le devais à Césaire. Je lui trouverais la personne qui saurait lui succéder. « Une femme, alors. Elle aura moins de mal à créer une relation de confiance avec les épouses, et ne sera pas interprétée comme un danger dans leur sillage. Elle peut-être jeune, très jeune pour tirer sur la corde sensible et maternelle, de leur âge pour une relation d’une plus grande complicité, ou plus âgée, pour prendre un rôle équivalent à celui que vous teniez auprès du duc de Sombreflamme. Doit-elle être erebienne, pour lui rappeler son duché natal, ou cielsombroise pour la guider sur la voie qu’elle souhaite emprunter ? »

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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Dim 8 Juil - 1:46


Et dire qu’en se déplaçant à Lorgol aujourd’hui Césaire pensait tout bonnement commencer à préparer sa retraite, sans pour dire sa mort et ce qui lui succéderait. Il n’avait pas envisagé que le Second avait d’autres plans pour lui, il n’avait pas un instant pensé qu’en plus d’accepter l’aider il lui proposerait de prendre encore plus de responsabilités. Oui, la demande le surprenait, c’était le moins qu’on puisse dire. Il n’avait jamais montré quelconque intérêt pour un tel poste, aussi il aurait supposé qu’on l’offre à un frère ou une soeur des miracles plus jeune. Il y en avait à foison, pourtant, non? « Pour me surprendre, oui, me prendre de court aussi. » Non, bien sur que non, qu’il n’aurait pas passé ses dernières années enivré dans un taverne d’Euphoria. L’idée même l’amusait dans son absurdité, quoi qu’il aurait peut-être découvert un plaisir nouveau qu’il aurait apprécié. C’était farfelu, et c’était peut-être ces années en Sombreciel qui commençaient tranquillement à déteindre sur lui pour que déjà l’idée imagée traverse son esprit.

Il porte la coupe à ses lèvres, prenant une gorgée du vin, l’écoutant. Et peut-être qu’il a raison, Tyr, malgré tout. Césaire sait très bien qu’il n’enchainera aucune nouvelle affectation, que cette identité sera assurément sa dernière. Il est trop vieux pour recommencer à zéro sur le terrain, trop vieux, trop reconnaissable aussi. Il était un temps plus jeune où il était facile de changer d’apparence, de couper ses cheveux, de hâler sa peau. Il ne tromperait personne à présent, et le poste de majordome qu’il occupait lui avait fait créer nombre de liens qui rendraient bien difficile une nouvelle intégration autre part en Ibélène. Alors oui, possiblement la seule façon qu’il aurait de les aider davantage serait en acceptant ce poste. Et il sait que Tyr a raison aussi, qu’ils manquent d’informations, tous en manquent. Devraient-ils laisser le temps à un souverain ou à un ordre particulier de les détenir? Non, s’ils pouvaient les obtenir en premier lieu, en plus de protéger les leurs, cela pourrait être à leur avantage, oui.

Il soupire doucement, reprenant une gorgée, malgré tout un sourire venant étirer ses lèvres. « Vous saviez n’est-ce pas que je n’aurais été capable de vous refuser une telle demande, tournée ainsi de surcroît? Oui, d’accord. » Comment aurait-il pu lui dire non, après tout? Tyr savait très bien qu’il continuerait d’oeuvrer pour la Cour jusqu’à la toute fin, comme il l’avait lui-même souligné. Oui, il pensait que ce serait en restant simplement au service de Castiel et en continuant de fournir ces mêmes rapports réguliers, mais si on croyait qu’il pouvait leur être d’un autre aide, il ne pouvait pas refuser, non. « D’accord. Si vous pensez que je puis vous être utile, je ne saurais dire non. Promettez moi simplement que si vous venez à croire autrui aussi sinon plus utile à ce poste, vous me direz. Je céderai ma place. » Il ne voulait pas bloquer l’avancée d’autrui au sein de la Cour, pas alors que lui-même était à la toute fin. Il aiderait, oui, bien entendu. Il s’y consacrerait du mieux qu’il pouvait, parce que c’était toujours ce qu’il avait su faire, mais si jamais il y avait un autre qui pourrait le remplacer, il s’écarterait. « Vous avez raison, la Cour a besoin de ces informations, et j’ai à coeur de protéger les nôtres. Je sais gérer des domestiques, je sais comment devenir invisible et s’intégrer quelque part. Je ne saurais par où commencer, toutefois. J’aurais encore donné ma vie et ma réputation pour nos frères et nos soeurs, mais mes passages sur les pavés se faisaient rares ces dernières années. Que savez-vous, à présent? Qu’auriez-vous besoin de savoir? Que dois-je faire, quelles tâches devrai-je porter maintenant? » Il était une chose de s’adresser au Maître Espion, il était une autre d’incarner ce rôle et toutes les responsabilités qui venaient avec. Il ne voulait pas trop y penser, pour ne pas regretter cette décision qu’il avait déjà accepté. Il serait surchargé, des tâches de palais et de celles de la Cour, dans le pire, et son coeur lui lâcherai et il irait rejoindre le le repos éternel au fin fond du Ravin. Ce ne serait pas plus grave, alors qu’il attendait ce moment depuis déjà quelques années.

S’ils venaient à lui trouver de l’aide, une éventuelle remplaçante, au palais ducal de Sombreciel, ce serait déjà cela. « Une Erebienne ne serait peut-être pas totalement la bienvenue, avec la récente sécession qui vient tout juste d’arriver. Nous ne savons pas comment cela impactera les relations, et si le statuts des Erebiens expatriés se verra mis en danger. Une Cielsombroise serait mieux, une Cielsombroise d’adoption, peut-être, qui a jadis vécu ailleurs et qui aujourd’hui s’est adaptée à ce duché qu’elle considère comme son réel chez-soi… » Et la question n’est pas tant de trouvé le profil exact, parce que les espions de la Cour sont de véritables caméléons. C’est un profil qu’ils créent, une histoire qu’ils ficellent, et il suffit simplement de trouver celle qui pourra porter ces lignes et les faire vivre, que tous ceux autour y croient.


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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Mer 22 Aoû - 18:07

J’aimais toujours surprendre mes interlocuteurs, pour que jamais la monotonie ne s’installe… Mais dans le cas de Césaire, ce n’était pas vraiment recherché. Et pourtant ! A entendre ce soupir, ce fut un sourire triomphant qui étira mes lèvres. Il était plus révélateur que les paroles même du vieil homme pour traduire le fond de sa pensée. Alors… Il était d’accord ? Oui ! Il était d’accord !

Mon sourire s’affirma. « C’est que j’ai préparé savamment mon discours ! Il paraît que plus on est vieux, plus c’est compliqué de nous faire changer d’avis. J’en sais quelque chose… » Je relâchai subitement la pression, sur une marque d’humour. En vérité… J’étais surtout soulagé de l’apprendre. « Vous avez fait le bon choix. Je peux vous l’assurer. » Evidemment, puisque c’était mon choix. Il n’en était pas moins difficile à convaincre, ce cher Césaire, mais nous n’étions pas à nos premières âpres négociations, n’est-ce pas ? Je commençais à bien le connaître et savoir sur quelle corde sensible jouer. Mais voilà qu’il cherchait déjà à me tirer quelques promesses en juste retour… Ah, vraiment, il ne changeait pas, mais sa demande était légitime et facile à accepter. « C’est précisément pour ce genre de propos que je vous apprécie tellement, Césaire. Vous n’avez aucune ambition, mais un sens du dévouement qui frôle le fanatisme ! Enfin c’est d’accord. Si un jeune talent se révèle, j’en ferais votre digne successeur. Mais sincèrement, vous serez très compliqué à remplacer, j’espère que vous le savez. »

Ah, qu’il me manquerait, le vieux Césaire ! Mais il avait déjà bien vécu, et je ne lui offrais pas une retraite de tout repos, bien au contraire. Maintenant qu’il avait accepté, il était temps de se pencher sur les missions qui risquaient de fortement l’occuper pour ces prochaines années. « Vous posez toujours les bonnes questions, comme d’habitude. Vous n’êtes pas sans savoir qu’Arven change et évolue vite, ces derniers temps. La Cour des Miracles ne peut pas se contenter de se reposer sur ses acquis. Nous avons besoin d’informations, pas seulement pour monter quelques sérieux coups, mais également pour protéger les fils et filles des Miracles qui arpentent ses pavés. » Voilà une cause qui saurait le sensibiliser, j’en étais persuadé. Je croisai les mains sur la table, face à moi, mon sérieux retrouvé. « Les événements ont commencé à nous échapper quand les magies et savoirs bannis ont finalement ressurgis. Il en a découlé l’avènement de l’Ordre, la guerre entre Ibélène et Faërie, la fin de la Rose Ecarlate et de la Trêve, ainsi que le temps alterné et la libération de la Chasse Sauvage. Tous ces événements-là étaient difficiles à prédire, mais en vérité, si nous nous étions intéressés plus tôt à ces magies et savoirs perdus, nous aurions peut-être pu éviter d’être pris dans la tourmente. Nous devons en apprendre le plus possible sur les intentions de la Rose Ecarlate, et surtout de l’Ordre. Nous devons savoir comment fonctionne la Chasse Sauvage pour s’en prémunir, si ce n’est l’arrêter, et nous devons mettre la main sur toutes informations relatives à ces magies et savoirs perdus avant les forces en présence, pour en contrôler ensuite la diffusion. » Je le fixai intensément, un léger sourire aux lèvres. « Je sais que la charge est colossale, mais tu as toute une armée d’espions à tes ordres, aux quatre coins d’Arven, pour t’assister dans cette mission. Dès que j’aurais officialisé ton statut, ils répondront à la moindre de tes sollicitations. »

Je repris une gorgée de ce vin, plutôt banal au fond, mais qui avait le goût du « chez soi ». Je poussai un profond soupir, en réponse. « Quant à ce que nous savons… Pas autant que je ne le voudrais. J’ai été aux premières loges pour observer l’Accord renaître, comme dans un rêve, sur cette Vivenef, Symphonie. La Chasse Sauvage était à leurs trousses. Taliésin, présent en tant que simple observateur, est apparemment un… Cynfeirdd. Il est lié à cette Vivenef et doit être à la tête des Accordés. » Je me frottai les yeux d’une main, cherchant à réunir les bribes d’informations, si faibles, que nous avions en notre possession. « Pour ce qui est de la Rose Ecarlate, tous leurs noms sont connus dorénavant. Il y a bien ce Pion Blanc toujours en vadrouille, qui apparemment peut causer problème… Il serait important de retrouver sa trace. Quant à l’Ordre, nous avons bien trouvé quelques noms, mais nous n’avons aucun espion dans leurs rangs actuellement, ou pas à des postes clefs. En bref, nous ne savons rien ou presque. Je vais mener mon enquête de mon côté, mais c’est un point noir pour nos Espions, qu’il faudrait vraiment régler. Quant aux magies et savoirs perdus, il faut croire que c’est comme une course contre la montre alors… Il faut trouver des pistes pour desceller les prochains. » Je repensais subitement à ce que j’avais entraperçu avec les autres voleurs, dans les souterrains même de la Cour des Miracles… C’était frustrant de savoir que, peut-être, des informations cruciales sur ces savoirs se dissimulaient au sein même de la Cour, accessible uniquement au Fils des Ombres. « J’aurais peut-être une idée, mais elle ne va pas vous plaire. Les archives secrètes contiennent peut-être des informations qui auraient été négligées jusqu’à présent. »

Tant de sujets de préoccupation ! La succession de Césaire me paraissait presque moins cruciale, et pourtant, je ne savais que trop bien à quel point il serait compliqué de le remplacer. « Oublions l’Erebienne. Ce sera plus facile d’inventer une Cielsombroise, de toute façon. Une Cielsombroise d’adoption ? C’est une bonne idée. Dans le même âge que ces épouses pour être une confidente. Devrait-elle être discrète et délicate, pour ne pas attirer l’attention et mieux pousser à la confidence ? Ou plutôt aventureuse, pour plaire à ces dames qui semblent apprécier ce trait de caractère ? »

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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Lun 3 Sep - 1:37


Le Second est définitivement heureux, soulagé, de la réponse finalement positive de Césaire. Lui-même ne sait pas si Tyr devrait ainsi se réjouir, il peine encore à saisir la portée de ce qu’il a accepté d’endosser - ce ne saurait tarder - et doute toujours d’être réellement utile. Oh il sait reconnaître les longues années derrière lui, les nombreuses assignations couronnées de succès et la quantité innombrable d’informations transmises à la Cour ; mais gérer tout ce réseau d’espions est tout autre. Pourtant. Pourtant il n’y a pas grande différence, entre gérer ces espions et les domestiques qu’il orchestre au jour le jour au palais ducal de Sombreciel. « Compliqué ou non, je crains qu’il vous le fera plus vite que vous ne l'espériez. Mais ne parlons pas de cela, j’imagine qu’il y a plus important pour le moment. » Parce que si Césaire est déjà serein à l’idée de quitter ce monde, il se doute que son départ l’heure venue ne sera pas aussi bienvenue de la part de ceux qu’il sert. La Cour, et Castiel. Maximilien lui a signalé plus tôt cette année, et maintenant Tyr. Il est touché, malgré tout, le vieil homme, qu’on se fie à lui de la sorte et qu’on juge ses habilités difficile à remplacer, mais il est réaliste et le temps manquera bientôt.

Bientôt, mais pas tout de suite. Le Destin a assurément quelques plans pour lui pour le garder encore bien vivant sur Arven.

Alors il écoute, posé et attentif, Tyr lui exposer ce qu’il attend de lui. Obtenir des informations, à priori il sait comment faire, mais les informations requises sont bien différentes de toutes celles qu’il a longtemps volé et cueilli ici et là. C’était une chose, de s’informer sur les mouvements politiques, d’apprendre les secrets des palais et des échanges commerciaux ; s’en était tout une autre de découvrir les intentions de l’Ordre ou des membres restants de la Rose, le fonctionnement de la Chasse et sans parler de ces magies et savoirs perdus qui maintenant s’éveillaient à nouveau. Oui, une tâche colossale, le mot est faible. Mais déjà son esprit semble vouloir s’activer ; « Des informations qui seront certes utiles oui. Une charge colossale, définitivement. Vous ne souhaitez pas me rendre la tâche facile, n’est-ce pas? » qu’il ajoute, sourire en coin. Mais il s’en doutait ; après tout oui, le monde change, vite, beaucoup trop vite, et la Cour ne peut se permettre de rester à l’arrière. Ce n’est pas ainsi qu’elle pourra protéger ses fils et ses filles, pas ainsi qu’elle pourra prendre l’avantage et rester à l’avant.

L’Accord renaître. Il en a entendu parler, vaguement, mais sans plus. Et depuis on dirait que plus rien, ou sinon ils se font discrets. Les murmures sur cette magie sont nombreux, qui croire, que croire? « Ils ont fait port dans la Ville Basse, si je ne me trompe? Y avait-il d’autres enfants des Miracles avec vous, dans ce… rêve? Et ces Accordés, ils doivent s’être aventurés plus loin que les quais? » Loin de Lorgol, il n’a pu avoir que de brèves rumeurs et murmures sur ce sujet, mais certainement que Tyr, qui a participé à leur libération et qui est tout proche des quais où la Symphonie est ancrée doit en savoir davantages. Selon Césaire, ce sera le plus simple, obtenir quelques informations sur ces Accordés, cette nouvelle magie.

La suite risque d’être plus compliquée. Si les noms sont connus pour la Rose, le Pion Blanc manquant est problématique, oui. D’autant que Césaire sait fort bien que la fuite de ce dernier est possiblement la raison de la force que porte encore la Chasse. Tyr ne sait pas, la Cour ne sait pas, qu’il a lui-même intégré les rangs de la Rose de longues années plus tôt. Il ne peut plus leur révéler ce secret, plus à présent, alors qu’il le leur a caché de trop longues années. Et c’est peut-être vraiment la seule part qu’il veut se garder pour lui, malgré toute la loyauté qu’il donne à la Cour des Miracles. Mais malgré tout, il a des contacts qu’il se dit pouvoir utiliser, lui-même, ou en intégrant un autre Espion auprès des Épines possiblement. Et puis, peut-être qu’il y a parmi les enfants des Miracles d’autres Épines… Pour l’Ordre, pour l’instant il ne peut que s’en remettre à Tyr, il n’a jamais été un grand fana de cette organisation, logique en soit vu son passé, et du coup n’a aucun contact en ce sens. « Avec le duc Castiel et Alméïde maintenant connus comme derniers écrins, je pourrai possiblement mener quelques recherches dans le sens de la Rose. Pour l’Ordre. Vous savez que je n’ai jamais été partisan de cette organisation, je ne m’en suis jamais caché. Mais dit-on que le fils des Ombres les supporte? Vous êtes Second Tyr, vous devez donc en savoir quelques peu plus, non? »

La suite que Tyr lance l’intrigue, mais rapidement il déchante. « Est-ce vraiment ce que vous voulez sous-entendre? Ces archives sont accessibles au fils des Ombres, pourtant. Si vous me demandez cela c’est… » Il hésite un moment. Une petite pause pour prendre une gorgée de vin, terminant ainsi sa coupe, et de reprendre. « Est-ce les récentes prises de position de ce dernier qui ébranle la confiance entre vous? Est-ce que je me trompe en vous demandant cela, Tyr? »

Et si pour le Second le sujet de sa remplaçante au palais ducal semble un sujet moins crucial, pour le vieil homme ce l’est pourtant encore plus qu’au départ. Il n’est plus question de simple retraite, et s’il veut pouvoir donner le temps qu’il faut vraiment à cette nouvelle occupation qui l’attend, il lui faudra effectivement délester quelques de ses tâches de majordome. Ou alors les jours qu’il lui reste s’écouleront encore plus rapidement sous l’épuisement et la charge colossale de travail. « Elle doit pouvoir s’adapter, c’est le plus important. Être discrète et attentive, oui, mais pas effacée, je crois. Ces épouses ont été des princesses avant tout, elles ne prendraient pas une aide trop aventureuse. Mais elle doit pouvoir être capable de se tenir face à elles, face au duc aussi. Je tâcherai de glisser un mot au duc, lui soulignant mon vieillissement qui ne peut plus être ignoré, laisser tranquillement l’idée que j’aurai besoin d’une aide. Cela devrait donner quelques temps encore pour préparer la candidate idéale. »

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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Dim 30 Sep - 18:38

Le vieux Césaire était déjà préparé à l’imminence de sa mort, contrairement à nous tous, qui peinaient encore à imaginer un monde dépourvu de sa présence. Il était toujours égal à lui-même, depuis tant d’années. A son âge avancé, la plupart – s’ils n’étaient pas déjà morts – étaient devenus séniles ou bien trop affaiblis. Le temps ne refermait pas son emprise sur Césaire. Mais sa mort promettait d’être aussi soudaine que difficile à accepter. « Je m’en remets au Destin. » … Qui prolongera bien son existence d’encore quelques années, si elle le distrait assez, n’est-ce pas ?

Et Césaire ne rechignait pas à la tâche, bien au contraire. Je lui souris malicieusement, quand il m’interrogea sans réellement le faire. Il connaissait déjà la réponse. « Si c’était facile, ce n’est pas à vous que j’aurais confié cette mission. » Que pouvions-nous attendre de ces mystérieux Accordés ? Taliésin avait l’air d’en savoir long, et pas seulement sur cette magie qui l’animait… Comment avait-il pu connaître ma véritable identité ? Même à la Cour des Miracles, peu pouvaient se vanter de pouvoir m’appeler par mon ancien nom. « Ils seront sans doute les plus faciles à approcher. De nombreux enfants des Miracles se trouvaient avec moi dans ce… Rêve, mais c’était difficile de les identifier. » Je souris en coin, vaguement amusé. « Nous avions des apparences sublimées, et beaucoup se seraient vus comme le Fils des Ombres, sous un masque. Je pense qu’Agathe était là, peut-être bien Mélusine également. Quant aux Accordés, tu devrais pouvoir obtenir quelques noms auprès de nos espions. »

La Rose Ecarlate et l’Ordre du Jugement étaient des organisations bien plus difficiles à approcher, mais leur guerre de sombres n’avait duré qu’un temps. L’Ordre du Jugement s’était assuré de faire éclater la vérité sur les visages de la Rose Ecarlate en même temps que de chasser ces esprits millénaires de la surface d’Arven. J’acquiesçai silencieusement aux paroles de Césaire. S’approcher du duc et de la duchesse de Sombreciel était assez simple pour lui. Il n’aurait aucun mal à trouver les informations qui nous manqueraient, je n’en doutais pas. J’eus une grimace qui n’avait rien d’emprunté, à la mention de l’Ordre du Jugement, au contraire. Voilà que Césaire était persuadé que je devais en savoir long sur la question… Je détestais être dans le flou, et encore moins devoir avouer l’être. « Et bien… Non. Les voies du Fils des Ombres sont parfois insondables. Peut-être soutient-il l’Ordre du Jugement, mais ce n’est pas mon cas, pas après que nous ayons perdus des fils et filles des Miracles à cause de leur poison magique ou de la Chasse Sauvage qu’ils ont libérée. On ne peut pas se permettre de leur accorder une confiance aveugle. Nous devons en apprendre davantage sur leur compte. J’ai peut-être bien une piste auprès d’un vieil ami qui me permettra de démêler le vrai du faux… Je vous en dirais plus à ce moment-là. » Je lui offris un sourire compatissant. J’aurais préféré ne pas lui faire autant de mystères, mais mieux valait savoir ce qu’il en était avant de lui souffler l’identité de mon interlocuteur. Evoquer le nom du duc de Lagrance, sans en connaître encore la teneur, était délicat. Je ne savais moi-même pas encore quoi penser de ces découvertes.

Je me doutais que Césaire ne serait déjà pas enchanté à l’idée de défier le Fils des Ombres en fouillant dans les archives de la Cour des Miracles, sans son consentement. Nous ne savions déjà pas bien comment nous y prendre pour ce faire, mais s’il subsistait là-bas rien qu’un dixième des richesses et secrets que j’avais entraperçu en rêve… « Si je vous demande cela, Césaire, c’est bien parce que je suis persuadé que des vérités se cachent dans ces archives, sur les savoirs et magies perdues. Nous devons être préparés à ce qui sera bientôt réveillé… Ou le réveiller nous-mêmes. Je ne veux plus que la Cour des Miracles se contentent de subir, pas alors que nous pouvons agir, pas alors que certains secrets se trouvent juste sous nos pieds. » Des secrets qui pourraient tous nous sauver… Ou nous condamner. Mon regard était résolu, ancré en le sien, aussi clair et limpide.

Césaire avait toujours été si perspicace ! Je baissai la tête, poussant un profond soupir, comme si j’abdiquais face au regard implacable du vieillard. Je marquai un silence prolongé, le regard perdu au fond de mon verre. « J’ai un respect profond et immuable pour le Fils des Ombres, Césaire. C’est lui qui m’a choisi en tant que Second des Ombres, et je ne veux pas le décevoir. » Je relevai le regard, déterminé. J'étais conscient de partager des informations particulièrement dangereuses avec Césaire, des informations qui pourraient signer ma propre perte, s'il décidait de ne pas me suivre, mais il devait comprendre que ma cause était juste et ne visait que l'intérêt de la Cour des Miracles. « Mais, malgré tout le respect que j’ai pour lui, la Cour des Miracles passe avant tout. J’espère qu’il comprendra que je ne peux pas le laisser continuer à mettre en danger les nôtres, à poursuivre des chimères. Il doit avoir de bonnes raisons d’agir ainsi, mais il ne les partage pas avec moi. » Avouer que nous n’agissions plus comme un seul homme était dangereux. La Cour des Miracles pourrait en être ébranlée, incapable de savoir en qui placer sa confiance. Je soufflai à demi-mots : « Nous devons apprendre ses secrets, non… Nos secrets. » Nous étions au temps des vérités. La magie du Sang, les Sables du Temps et maintenant l’Accord… Que risquerions-nous de découvrir, à retirer ces scellés gardés pendant mille années ? « Je dois trouver l’ancien Fils des Ombres. S’il est encore en vie… J’ose espérer qu’il sera prêt à nous aider. » Lui seul saurait mieux que moi les véritables intentions du Fils des Ombres... Et ce qu'il chercherait à nous cacher.

Je fis tourner mon verre entre mes mains avant d’en boire le contenu restant. J’hochai lentement la tête, songeur. « Je pense que vous devriez pouvoir trouver la candidate idéale parmi nos espions. J’ai déjà quelques noms qui me viennent en tête. » Quelques noms lagrans même. Ah, que mon peuple d’origine était doué pour les mensonges, et sa gente féminine souvent si charmante ! J’adressai un sourire complice à Césaire. « Nous passerons ensemble en revue quelques espionnes qui, j’espère, sauront te séduire autant que les deux duchesses. »

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Message Sujet: Re: L'avenir qui s'effrite devant soi   Ven 12 Oct - 0:14


En connaître davantage sur les Accordés devrait s’avérer aisé, comparé à tout le reste, oui. « Bien. Je verrai ce qu’on sait et que l’on puisse apprendre. Ce ne devrait effectivement pas être la tâche la plus ardue, quoi qu’ils doivent certainement souhaiter discret sur la portée de leur magie. Si elle a été bannie il y a de cela un millénaire, ils doivent tout de même craindre que telle chose arrive à nouveau. Ils ont été admis à nouveau sur le continent sous des motifs de liberté, si je ne me trompe, et peut-être pas en pleine connaissance de cause. Je tâcherai qu’on en découvre un peu plus. » Il était curieux, aussi, malgré tout. Pourquoi la Rose avait-elle banni cette magie, pourquoi en connaissaient-ils si peu sur ce qu’elle pouvait faire? La proximité de la vivenef aiderait, le fait que certains Voleurs de la Cour aient été présent lors de ce songe qui les libéra aussi.

Il fronce un peu les sourcils aux réponses suivantes du Second. Soulagé d’entendre de la voix même de Tyr qu’il ne soutenait pas l’Ordre, mais le questionnement restait encore quant au Fils des Ombres. Ce n’était que rumeurs, que questions et constatations personnelles. Mais si c’était vraiment le cas, Césaire ne comprenait pas. La Cour devait se soutenir elle-même, avant toute chose. Et si elle était pour soutenir quiconque d’autre ou quelque organisation que ce soit, elle aurait dû en informer ses membres en conseil. « La Cour ne devrait soutenir ni l’Ordre ni personne d’autre qu’elle même, d’ailleurs. Et si le fils des Ombres soutient l’organisation, il devrait remettre son masque. Je ne me gênerait pas pour le penser ou le dire, Tyr. » Il était facile pour Césaire de tenir tel discour, lui qui avait longtemps été éloigné des pavés magiques, lui qui n’était que simple espion - jusqu’à aujourd’hui du moins - et qui n’avait pas de position à perdre, lui que les années étaient derrière lui. Il était facile d’être contre l’Ordre quand on avait fait parti si longtemps de la Rose, quand on l’avait soutenu toutes ces années aussi.

« Alors j’attendrais que vous me revenez là-dessus, sur ce vieil ami... » Le questionnement est là, mais il ne presse pas le Second davantage. Il sent bien qu’il lui garde quelques informations, mais le vieil homme à aussi ses secrets qu’il se garde alors il attendra, il attendra que Tyr fasse lui même son enquête. Et bien honnêtement, c’est une tâche de moins qu’il se rajoute alors...

La suite est plus complexe encore, fouiller les archives sans mettre au courant le Fils des Ombres est quelque peu trahison au sein de l’organisation si bien ficelée de la Cour. Mais Césaire est heureux de l’honnêteté de Tyr. Les mots prononcés étaient dangereux, et que Tyr lui partage le tout témoignait déjà de la confiance que ce dernier portait envers le vieil espion. « Vous savez que je vous respecte, Tyr. Vous savez aussi à quel point je respecte la Cour et son organisation. » Sa voix est baissée, pour la suite. La petite taverne est tranquille, mais il ne suffirait que d’une oreille indiscrète et il pourrait signer là son arrêt de mort, la leur à tous les deux. « Ce que vous proposez est aux limites d’une trahison. Mais... » Il avait voué allégeance au Fils des Ombres, mais ce dernier était un masque, une figure, un symbole. Si l’homme derrière ne respectait pas les engagements et les intentions premières des Miracles, c’était tout autre. « Mais je connais aussi votre loyauté et j’estime que vous ne vous rendiez pas jusque là si vous n'entreteniez pas de sérieux doutes. Je n’ai plus grand chose à perdre à mon âge, et les conséquences possibles tomberont sur vos épaules, sur celles des enfants des Miracles que nous entraînerons avec nous dans ces recherches. » Ils pouvaient risquer gros, à s’embarquer dans telle projet. Il voulait que Tyr en soit conscient, bien qu’il se doutait que c’était déjà le cas ou bien il n’aurait jamais abordé le sujet. Césaire pourrait mourir ce soir, fauché dans la Ville Basse, que quelques âmes en seraient peut-être perdu un temps. Mais sa vie était déjà à terme, et sa mort, même provoquée, ne ferait que peu de remous. Tyr était encore jeune, mais plus encore, tous ceux qu’ils impliqueraient avec eux auraient aussi à perdre et surtout ne mesureraient peut-être pas les conséquences qui pourraient advenir.  « Je suis prêt à vous suivre, je vous donne ma confiance. » Voilà.

Sa remplaçante viendrait à terme, et il ne doutait aucunement que Tyr lui proposerait des candidates de choix. Le sourire qu’il répond à celui de Tyr est différent, amusé un peu. Le Second est jeune et bel homme encore, à l’esprit qui peut encore se laisser charmer par ces dames. « Bien. Je démarcherai auprès du duc et des épouses, et je viserais une installation à l’automne. D’ici là… je dirai adieu à un peu plus de sommeil. »


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