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 Narcisse de Croquelune

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La Noblesse
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Messages : 641
J'ai : 25 ans
Je suis : Marquis de Croquelune & baron de Porte-Brume, artiste (statuaire surtout, mais un peu touche-à-tout).

Feuille de personnage
J'ai fait allégeance à : Sombreciel et par de fait celui qui se trouve sur son trône.
Mes autres visages: -
La Noblesse
Message Sujet: Narcisse de Croquelune   Lun 14 Mai - 23:35



Dekhaër présente

Narcisse
de Croquelune

Luca Sguazzini

« Celui qui se transforme en bête se délivre de la souffrance d'être un homme. »

Tout homme a des hauts et des bas. Dôté de qualités et de défauts, qui parfois vacillent, s'apaisent, s'intensifient au fil des situations et des humeurs. Chaque être a sa part de dualité, et Narcisse n'y fait pas exception, bien au contraire, étant particulièrement caractérisé par celle-ci. Ainsi, il alterne des moments d'excentricité notable et de profonde dépression, les changements pouvant durer quelques minutes ou plusieurs semaines. Profondément meurtri en son âme, c'est un lunatique soumit à ce qu'il appelle son "Sombre Passager". Ses consommations excessives ne font rien pour le stabiliser, bien entendu.

Cela se sent dans son attitude, ce quelque chose de félin où nonchalance et assurance se côtoient et se mêlent. S'y ajoute une indolence, un détachement de tout, une désinvolture certaine. Cela ne veut pas dire qu'il est éteint, loin de là. C'est un artiste intuitif et spontané, un passionné persévérant que son côté désordonné, dissipé et blasé ne saurait étouffer. Cependant, sous le masque parfois calme parfois exalté demeure une anxiété profonde, un perfectionnisme inatteignable qui le ronge et qui combiné aux tourments de ses tragédies le conduit à une forme très cielsombroise d'autodestruction.

Ce vide, le Croquelune tente de le combler comme il peut, notamment par sa part séductrice qui ponctuellement extirpe le solitaire indépendant à rechercher une compagnie aux mœurs aussi légères que les siennes. À cette fin, il peut parfois être manipulateur, ce dont il se prémunit lui-même car se montrant souvent assez rétif et indocile, irritable même si on le pousse de trop.

De nature curieuse également, Narcisse se souhaite observateur. Car même s'il ne désire pas tant se mêler aux autres, il aime l'opportunité d'en apprendre d'eux. À ce titre tolérant, il est de ces rares Cielsombrois qui n'aiment pas à marquer une nette différence entre la noblesse et la roture, sans doute également influencé par les années passées avec feue son épouse kyréenne. Il pousse cela encore pour tout ce qui pourrait sembler étranger. Quelque soit le Duché ou l'Empire dont vous veniez, que vous soyez savants, mages, ou rien de cela, Narcisse n'émettra pas de jugement sur ce point. Il est homme à ne pas aimer ces étiquettes, et s'il peut se considérer comme être supérieur, ce ne sera que d'un point de vue individuel et non par rapport à une quelconque caste ou provenance. Du moins, c'est ainsi qu'il aime se voir, car il est certain qu'au fond, il ne manque pas de fierté quant à sa prestigieuse lignée...



©️️ Dekhaër

Lors de la Roue Brisée, apprenant de son épouse que le monde était dans une guerre perpétuelle et qu'ils avaient perdu leur premier enfant, Narcisse lui demanda :
« Comment tenons-nous ? Comment survivons-nous, à ça ? »
Elle lui répondit alors, affichant un léger sourire :
« J’ai moi aussi posé cette question. Et cet homme m’a répondu "On se contente de serrer les dents et d’attendre… car au fond de nous, nous savons qu’un jour nous trouverons quelqu’un qui nous serrera assez fort que pour recoller nos morceaux brisés". Il avait raison… et je l’ai épousé ! »
Termina-t-elle en le serrant aussi fort qu’elle le put dans ses bras.



©️️ Dekhaër
Âge : il vient à peine de fêter son 25e anniversaire !
Date et lieu de naissance : natif du 18e de mai de l'an 978, à Croquelune en Sombreciel.
Statut/profession : marquis de Croquelune & baron de Porte-Brume, artiste (statuaire principalement, mais touche-à-tout).
Allégeance : Sombreciel et par de fait celui qui se trouve sur son trône.
Dieux tutélaires : sa marraine l'a placé sous la protection d'Asma, tandis que son père l'a poussé vers le culte de Morrigan par coutume familiale. Lorsqu'il a été en age de choisir où allaient ses propres prières, Mirta et forcément Le Destin y ont pris une place très importante.
Groupe principal : Les hérauts du renouveau.
Groupes secondaires : Noblesse




Prologue – Portrait de famille (977)


Le premier coup de pinceau donné à la fresque d'une vie l'est indiscutablement par ceux qui l'ont enfantée, aussi il convient ici de débuter cette histoire par une rencontre. Celle du marquis Ezéchiel de Croquelune et de Rosalie de Val-Viride, par l'entremise d'Elise du Lierre-Réal, cadette du premier et amie de la seconde. Une rencontre simple, mais touchante. Triste cependant qu’elle ait pris tant de temps à se produire, leurs terres respectives se trouvant chacune d’un côté de la frontière entre Sombreciel et Lagrance, mais bon, le principal était qu’elle se soit faite finalement.

Le marquis différait en bien des choses de ses compatriotes, notamment sur le fait qu'il n'était pas particulièrement attiré par l'idée de la polygamie. Il ne la jugeait pas, mais ce n'était tout simplement pas ce qu'il souhaitait pour lui-même, bien plus tenté par le romantisme d'un couple fidèle et exclusif. Ses rêves de couple parfait avaient été sérieusement entamés par l'échec de son premier mariage. Bien qu’il donna fruit à un héritier en bonne santé, leur mariage de raison avait fini par mener à une entente exécrable avec son épouse, les menant au divorce.

Rosalie quant à elle était une jeune femme aussi pure et belle que simple et douce. Une rêveuse qui était bien satisfaite de n'être point l'héritière de la baronnie familiale, et qui n'espérait que voir un jour son prince charmant l'enlever, et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants. Issue d’une famille de mécènes, principalement en l’art de la sculpture sur bois dans le cadre du commerce de figures de proue, elle avait appris à exprimer sa sensibilité par de modestes sculptures, ainsi que par la poésie pour laquelle elle s’était trouvé une plume agréable et raffinée. Pas étonnant avec un tel caractère qu'Elise vit en elle une parfaite prétendante pour son frère, et lors d'une visite familiale arrangea la rencontre.

Dès leur première discussion, ils se plurent, se promirent de s'écrire. Et par échanges épistolaires ainsi que quelques visites, intérêt devint amitié, se changeant en déclarations enflammées. Forcément, ce qui devait arriver arriva, une main fut demandée et accordée, et un grand mariage fut célébré en Croquelune. Un amour passionnel, un couple fusionnel, aussi personne ne fut étonné que quelques mois plus tard, ce fut une grossesse que l'on célébra en les terres marquisales.


1 – La première strophe (978)


Le dix-huitième de mai de l'an 978, la famille vint à s'agrandir par la naissance d'un petit garçon, prénommé Narcisse. Bien entendu, ce fut sa mère qui décida de son prénom afin d'attester de ses origines lagranes, mais celui-ci ne fut pas pour déplaire à son père. L'enfançon fut également placé sous la tutelle d’Asma l’Artiste par sa marraine, meilleure amie de Rosalie. Un Dieu tutélaire qui guidera certainement l’enfant, d’autant qu’à cette époque le couple marquisal prit également la décision de faire de la baronnie de Porte-Brume – possession d’Ezéchiel frontalière avec Valkyrion – une terre d’artistes, où ces derniers pourraient être recueillis et financés par le couple marquisal en échange d’œuvres ou de pourcentages sur leurs recettes. Les semaines, les mois, les années s'écoulèrent alors paisiblement, bébé devenant un enfantelet possédant les yeux verts de maman et les cheveux bruns de son père, une saine répartition de leurs gênes quant au reste.

Les heureux parents se répartirent également parts de l'éducation de leur rejeton. En effet, outre les précepteurs, chacun ne manqua pas – dans une volonté de passer plus de temps avec leur enfant mais aussi dans un souci de transmettre une forme d'héritage – d'apporter sa pierre à l'édifice. La délicate Rosalie lui transmit ainsi son amour des arts, et tout particulièrement des mots et de la sculpture, réalisant pour lui quelques jouets de bois avec lesquels il ne manquait pas de s'imaginer bien des histoires romanesques, provoquant sourires bienveillants aux lèvres de sa mère. Parfois même elle fit passer la frontière au petit, qu’ils puissent voir les terres de Val-Viride, mais aussi voir comment l’on y travaillait le bois, l’enfant émerveillé par les figures de proue surtout qu’il put y voir. Ezéchiel pour sa part chercha plutôt à lui transmettre ses valeurs personnelles, et particulièrement l'amour de leurs terres et l'histoire de leur famille. C'est ainsi également qu'il le poussa à accorder ses prières à Morrigan, la Fileuse d'Obscurité, considérée comme protectrice de leur famille.

Son frère Nithaël, de huit ans son aîné, lui accorda peu d’attention par contre. Comme un brin de rancœur qu’il faudrait sans doute quelques années avant de pouvoir être percée à jour. Après tout, il n’était plus le seul enfant adoré, et voyait la mère de son petit frère tant le choyer alors que lui ne voyait que trop peu la sienne. Leur père également créa malgré lui une jalousie malvenue chez Nithaël, accordant désormais plus d’affection à son cadet, et réservant à l’aîné les cours stricts qui feraient de lui un bon dirigeant pour Croquelune et un digne héritier de leur famille. Au final, bien sûr, il y avait une telle différence d’age entre les enfants qu’ils ne partageaient pas les mêmes jeux. Que Narcisse était plutôt un ennui pour lui, une épine dans son pied, lui donnait même des tâches supplémentaires lorsqu’il devait « bien veiller sur son petit frère ». Cela s’apaisa cependant peu à peu, bien que les relations restèrent distantes. Nithaël devint adulte, et relativisa mieux la situation, surtout dès le moment où il prit épouse, comme il se devait choisie par son père, mais sur laquelle il estima ne pas être mal tombé, plutôt bien faite à son goût.

Concernant Narcisse, il était difficile encore de dire ce qu'un tel mélange et climat allait bien pouvoir donner, l'enfant absorbant pour l'heure le tout comme une éponge, heureux de faire plaisir à ses parents, bien qu’éprouvant une certaine tristesse que son grand frère qu’il admirait pourtant ne lui accorde toujours que si peu d’attention, et toujours à reculons. Toutefois, il apparut comme assez évident que l'enfant avait un certain talent pour les arts, y montrant de réelles dispositions et un intérêt certain. C'est ainsi que la décision fut prise de l’envoyer dès sa dixième année en Porte-Brume afin qu’il puisse baigner au milieu de tous ces artistes. Cependant, cela ne se ferait pas sans condition…

* * *

- Vous m’avez fait mander, père ?
Celui-ci resta silencieux un instant, debout face à une fenêtre, bras croisés dans le dos. Son aîné tenait d’ailleurs une posture assez similaire, tel un reflet plus jeune, à quelques mètres de lui. Et sagement, il attendit que quelques mots lui furent répondus enfin. Mais un mouvement attirant son attention, sur son flanc. Un garçonnet en train de jouer dans son coin et qui se redresse, venant s’installer auprès de son frère, mimant sa manière de se tenir. Le regarde et lui sourit. Un sourire qui cachait quelque chose… Était-ce juste un brin de fierté infantile, à reproduire ses actes ? Ou même une manière de le moquer ? Nithaël poussa déjà un soupir, rapidement blasé de cet petit être dont il se serait bien passé dans sa vie. Mais Narcisse lui tendit alors quelque chose. L’un de ses jouets en bois. Un coup d’œil sur le dos de son père, avant d’en revenir à la figurine. Cela représentait un homme, mais quelque chose le frappa. Les sculptures de Rosalie ne l’avaient jamais vraiment intéressé, mais il savait tout de même qu’elle était capable de mieux. Elle n’était pas moche, non, juste moins précise que ce qu’il avait déjà pu voir.
- C’est pour vous !
Nouveau coup d’œil vers le paternel, qui n’avait pas bronché. Il saisit alors le jouet, peu convaincu. Mais en l’étudiant de plus près, il y remarqua certains points frappant. La tenue semblait proche de ce qu’il avait l’habitude de porter, et si le visage manquait clairement de détails, la coupe de cheveux paraissait également similaire avec la sienne. Cela eu le mérite de provoquer un peu sa curiosité, mais de nouveau il se questionne. Qu’était-il arrivé à Rosalie pour qu’elle produise ceci ? Sa belle-mère couvait-elle une quelconque maladie lui rongeant les articulations ou quelque chose de la sorte ? Toutefois, il finit par répondre.
- Je ne suis pas convaincu que votre mère apprécierait que l’un de vos jouets, qu’elle vous a réalisé avec amour, termine en mes mains. Cela n’a pas à être en ma possession, Narcisse.
Le petit sourit de plus belle. Poussa un petit rire insouciant même, avant de déclarer.
- Elle ne dira rien. C’est moi qui l’ai fait ! Enfin, elle m’a un peu aidé, pour pas que je me coupe et puis je voulais vraiment que ça vous ressemble. C’est un cadeau !
L’aîné entr’ouvrit la bouche, sans qu’un son n’en sorte. Son pouce lisse un peu le bois. Bien sûr, il comprit du coup pourquoi la réalisation n’était là pas aussi propre que si Rosalie l’avait réalisé elle-même, mais il fut épaté qu’un enfant si jeune soit capable de cela. Tout à son observation des détails – oui, plus il la regardait, plus il se rendait compte de l’intention claire que la figurine lui ressemble – il n’avait pas remarqué que leur père s’était retourné, leur faisant face désormais, et arborant même un léger sourire.
- Voilà en partie la raison pour laquelle je vous ai fait mander. Cette pièce fut un argument notable lorsque mon épouse tenta de me convaincre d’envoyer votre jeune frère à Porte-Brume. Et, ma foi, cela a assez bien fonctionné… Il possède manifestement quelques talents dans les arts, et notre baronnie serait certainement un bon terreau afin qu’il puisse progresser en la matière. Qu’en pensez-vous ?
Nithaël parut réfléchir un court instant. Pas quant au talent précoce de son frère, mais plus sur la raison pour laquelle on l’avait fait mander, car au fond cela ne le regardait absolument pas.
- Eh bien… oui, c’est sans doute une bonne idée.
Le sourire d’Ezéchiel se fit plus grand alors, comme triomphal !
- Parfait ! Vous ne verrez pas d’inconvénient alors, je gage, à l’accompagner ! Vous comprendrez, j’en suis sûr, que je ne peux pas laisser votre frère vaquer tranquillement à ses plaisirs artistiques sans lui fournir pareille éducation à celle que vous avez reçu de ma part. Lorsque l’heure de mon dernier souffle viendra, vous ne l’ignorez pas, vous prendrez certes ma relève ici à Croquelune, mais Narcisse régnera sur Porte-Brume. Et je souhaite par-dessus tout que vous deveniez tous deux des dirigeants aptes et dignes de leurs terres ! Puisqu’avec ce voyage, je ne puis terminer sa formation, je compte dès lors sur vous pour lui transmettre ces connaissances. Vous m’avez montré être mon digne élève, Nithaël, aussi ai-je pleine confiance en vous quant à terminer l’éducation de votre frère.
Aux mots de son père, il parut embêté. Retint un soupir, car un fils digne n’avait pas à montrer son mécontentement face aux ordres paternels, mais sa contrariété transparut malgré lui sur son visage. Ezéchiel dut le percevoir, car à la manière dont il poursuivit, il était évident qu’il chercha à amadouer son héritier.
- Êtes-vous heureux de votre épouse, mon fils ? Et de vos appartements en Croquelune ?
Il se contenta d’opiner, ne voyant pas encore exactement où il voulait en venir.
- Je me disais que cela pourrait être une bonne occasion également pour vous deux d’avoir un peu votre tranquillité. Vous bénéficieriez bien sûr des appartements principaux de Porte-Brume, sans avoir peur que j'épie vos faits et gestes… qui sait, dans ce cadre, peut-être me donneriez-vous enfin un petit fils ?
Bien amené. Effectivement, Ezéchiel marqua un point, son aîné ne cracherait en effet pas sur cette opportunité. Ce dernier se détend d’ailleurs, approuvant.
- Oui père, si tel est votre souhait !
Suivant toute la discussion, Narcisse était aux anges. Car leur père lui avait appris que ce serait la condition sous laquelle il pourrait se rendre à Porte-Brume : que son frère y aille avec lui, et qu’il lui enseigne ce qu’il savait. Et bon… même un enfant pouvait se rendre compte que ce serait plus simple et agréable à vivre si cela se faisait avec son assentiment, et pas simplement sous le coup d’un ordre.
- Parfait, je ne m’attendais pas à autre réaction de votre part, mon fils. Vous serez également heureux, sans doute, d’apprendre que j’ai engagé un Belliférien comme nouveau capitaine de la garde de Porte-Brume. Il s’agit d’un homme très compétent, qui a déjà œuvré comme maître d’armes auprès de nobles familles. Il aura pour charge de constituer une garde efficace afin de protéger mes enfants et s’assurer qu’il ne vous arrive rien. Vous devriez en profiter, Nithaël… je suis sûr qu’il ne manquera pas d’avoir quelques astuces à vous apprendre...
Le capitaine s'ajouterait donc sans doute aux divers précepteurs qui accompagneraient bien entendu les deux frères à l'autre bout de Sombreciel.


2 – Sculpter son destin (988)


Quel moment terrifiant que celui de se rendre compte que l’on n’est que parfaitement moyen alors que l’on se pensait exceptionnel… Car bien sûr, lorsqu’il arrive à Porte-Brume, Narcisse ne put que constater à quel point il était loin de ces immenses talents – à son sens – et ce même parmi les quelques enfants qui se trouvaient ici. Cela ne voulait pas dire pour autant qu’il était mauvais, mais la pilule n’en fut pas pour autant si simple à avaler. Heureusement, il s’y fit rapidement un ami. Servius Fier-Écu, un Belliférien atypique, préférant de loin la plume à l’épée. Fils du capitaine dont avait parlé son père, le garçon faisait montre d’une intelligence rare, mais le revers de la médaille, c’était qu’il avait tant été martyrisé pour sa différence – et ce par son père même – que son plus grand talent qui était l’art de manier les mots peinait à s’exprimer verbalement, tétanisé qu’il était par sa timidité exacerbée et sa peur d’être jugé à nouveau.

Or, s’il y avait bien un défaut que Narcisse n’avait pas, c’était d’être victime d’un quelconque effarouchement. C’est ainsi que sous son impulsion ils commencèrent à discuter. Et si au début, l’intérêt du Croquelune tenait un peu de la pitié, il trouva en Servius un garçon fiable, fidèle et sincère. Son premier ami. Le seul même peut-être qui méritera jamais ce nom ! Ils se confièrent l’un à l’autre, s’entraidèrent, et allèrent jusqu’à partager leurs secrets. Les inquiétudes de Narcisse quant aux lettres qu’il échangeait avec ses parents, et où il sentait bien que tout ne semblait plus tout à fait rose en leur demeure. Mais aussi de l’intérêt porté aux boucles d’or de Vigdis…

* * *

Aaah, Vigdis Gungnyr, éternel visage de ses premiers émois… C’est ainsi que Servius la définissait lorsqu’ils en parlaient. Ce dernier d’ailleurs n’avait pas l’air de beaucoup aimer ces discussions. D’après lui, cela ne durerait pas. D’après lui, elle n’était pas si exceptionnelle. D’après lui, en plus, les filles ça sert à rien. Mais bien sûr, Narcisse n’était pas de cet avis. Et quelque chose lui disait qu’il y avait là sans doute une pointe de jalousie de la part de son ami. Car dès lors qu’il portait son regard sur la petite blonde… ah, qu’y aurait-il bien à lui reprocher ? Fille d’un sculpteur kyréen extrêmement talentueux, elle était discrète et humble, franche et… incroyablement belle à ses yeux !

Là où Servius se voyait philosophe, et le Croquelune sculpteur sur bois, Vigdis quant à elle se destinait au bas-relief. C’est ainsi donc que notre brun aux yeux verts s’intéressa peu à peu à la pierre et au marbre afin de se rapprocher d’elle. Passa plus en plus de temps auprès du père de la jeune fille afin d’apprendre son art, assouvissant autant sa curiosité que son désir de la voir plus et toujours plus. Remarquant son manège, et malgré les premières réticences du Fier-Écu, ils se rapprochèrent en effet, et ainsi duo d’amis devint trio où naîtra bien des regards, sourires et soupirs...

* * *

Trois années s’écoulèrent. Et Narcisse s’était donc trouvé deux passions qui le suivraient toute sa vie durant. La sculpture, où il développa un réel talent pour la ronde-bosse sur marbre. Son intérêt pour une fille lui avait donc ouvert la voie vers sa réelle vocation. De sa mère, il n’avait découvert que le bois, doux, presque malléable parfois, sur lequel le temps à la suite de l’artiste portait sa marque. Mais la pierre le fascina tout simplement. Sous les coups de burins et de ciseaux prenait vie un sujet lissé, parfaite vision de l’artiste, et qui perdurerait tel quel pour des siècles sans doute. Son côté aventureux fut également comblé par la faible marge d’erreur… et, en un sens, cet aspect fut parfaitement retrouvé de même du côté de Vigdis. Car autant son amitié lui était précieuse, autant son rêve ne serait comblé que lorsqu’il pourrait la serrer dans ses bras… et la farouche Kyréenne ne permettrait sans doute pas le moindre faux pas en la matière.

Depuis ce temps, elle ignorait encore l’intérêt du Cielsombrois. Enfin… ses regards ne trompaient pas, mais la discussion en elle-même n’était jamais venue sur le tapis. Les conseils de Servius n’allaient de toute façon pas en ce sens, semblant clairement redouter la possibilité que Narcisse confesse franchement ses sentiments. « Ça ne marchera pas » disait-il. « Es-tu prêt à ruiner cette amitié ? » ajoutait-il souvent même. Alors, il l’écoutait, lui faisait confiance. Priait pour qu’un jour sa belle lui retourne ses sentiments. Asma, pour qu’elle unisse les artistes, que Vigdis remarque ses sourires et ses attentions, et lui inspire un amour réciproque. Mirta, bien sûr, pour que la passion naisse… et puis il était de Sombreciel, elle ne pouvait pas lui refuser ça, hein ? Et bien évidemment Le Destin, car un peu de chance ne ferait jamais de mal en la matière…

Et ce durant les nombreux mois qui s’étaient écoulés depuis leur rencontre, période au cours de laquelle le Croquelune avait également été particulièrement attentif à elle, ses goûts, son histoire, et tout ce qu’elle pouvait bien lui raconter jusqu’aux plus vaines banalités. Qu’elle aimait en ses œuvres toujours représenter au moins un papillon et une fleur, même si ce n’était que dans le plus futile détail. Qu’elle adorait les chats noirs mais que ses parents n’en avaient jamais voulu, et que plus petite elle s’était imaginée en collectionner sept. Ah, Narcisse était même capable de répéter par cœur les noms qu’elle leur aurait donné…

* * *

- Concentrez-vous un peu, mon frère. Ou bien est-ce trop compliqué, toutes vos pensées destinées à votre douce Vigdis ?
Narcisse s’empourpra violemment, un regard choqué envers son frère alors que ce dernier lui faisait réviser des traités économiques tout en lui parlant des spécificités de leurs terres familiales – les forêts exploitables bien sûr qui avaient toujours été le poumon de Porte-Brume, mais aussi les ventes des œuvres produites ici qui finalement s’avéraient relativement rentable, les vergers de Croquelune où ils produisaient un alcool de poire assez prisé ainsi que les lacs où la pêche venait faire une plus-value appréciable…
- Que… Comment ?
Le trouble dans sa voix n’y trompait pas, et voilà une brèche dans laquelle l’aîné n’hésita pas à se précipiter !
- Oseriez-vous nier ? J’ai pour devoir de veiller sur vous, ne l’oubliez pas. Et il n’est que normal que je remarque ainsi l’intérêt de mon frère pour cette jolie petite blonde ! Je me demandais d’ailleurs… Êtes-vous devenu élève de son père par intérêt pour elle, ou bien avez-vous tant apprécié l’art du père que vous en avez fini par loucher sur sa plus belle création ?
Narcisse le regarde avec des yeux ronds, complètement décontenancé, ce qui bien sûr provoqua un nouveau rire franc de Nithaël. Mais pas question qu’il perde ainsi la face, aussi le cadet tenta ce qu’il put pour se justifier.
- Vigdis est mon amie ! Au même titre que Servius ! Et puis… son père n’est pas le seul auprès de qui j’apprends… je fais aussi de la peinture, un peu de musique, et puis...
Il le coupa en levant la main, arborant un grand sourire. Ah, le climat entre eux avait bien changé… Depuis leur arrivée en Porte-Brume, Nithaël s’était fait beaucoup plus détendu. Appréciait très certainement cette tranquillité avec son épouse, comme l’avait parié Ezéchiel, mais il n’y avait sans doute pas que cela. Le père de Servius était devenu un proche ami de qui il apprenait beaucoup en effet. Et puis, tous ces artistes autour d’eux… oui, finalement, c’était plaisant. Mais le point principal était qu’en prenant en maturité, il avait accordé une deuxième chance à son frère. Avait oublié ces rancunes d’enfant pour lesquelles Narcisse ne pouvait rien. Les cours qu’il lui donnait leur avaient permis de se rapprocher également, et puis ce geste qu’avait eu son petit frère avant leur départ, de lui offrir cette figurine à son effigie… Oui, si la cadet avait toujours vu l’aîné par le spectre de l’admiration, Nithaël quant à lui prenait seulement désormais son rôle de grand frère à cœur, protection et apprentissage bien sûr, mais aussi taquineries en guise de bizutage comme c’était le cas présentement.
- Allons… nous connaissons tous les deux la répartition de votre emploi du temps. Oui, parfois, vous peignez, vous empoignez maladroitement un instrument, ou vous couchez sur le papier vos sentiments… pour elle, non ? Quoi qu’il en soit, ces petits passe-temps ne sont rien face au temps que vous passez auprès de votre belle, que ce soit en partageant son art auprès de son père ou en tant… hum… qu’amis, c’est cela ?
Et le pire, c'est qu'il avait raison bien sûr ! Il ne s'adonnait qu'à peine à ces autres activités, n'en faisant que de brefs passe-temps une fois par lune au mieux, et pour n'y démontrer que des aptitudes tout à fait banales, quand ce n'était pas tout simplement un naufrage. Il rit. Encore, oui ! Et cela commença visiblement à agacer Narcisse qui en pinça les lèvres, ne pouvant vraiment y rajouter quoi que ce soit sous peine de s’enfoncer, et de continuer de creuser. Cerise sur la gâteau, il lui ébouriffa une tignasse indisciplinée, avant de rediriger la conversation, s’étant assez amusé à son goût.
- Vous penserez à elle plus tard ! Je sais, ça doit être difficile pour vous, mais si vous ne vous concentrez pas, vous ne ferez que perdre plus de temps encore avant de pouvoir la rejoindre...
Si avant cette discussion, Nithaël avait pu encore avoir quelques doutes, ils étaient clairement dissipés à présent. Oui, son petit frère était manifestement amoureux de cette petite sculptrice. Pourtant, il ne vit pas cela d’un mauvais œil. Après tout, lui aussi avait fait ses premières armes avec quelques roturières, comme il est de coutume. Il serait inconvenant qu’un homme se présente au mariage inexpérimenté après tout, non ? Et puis, il fallait bien que jeunesse se fasse...

* * *

Et puis un jour, alors qu’il passait un peu de temps avec Servius, ce dernier le regard plongé dans l’un des éternels bouquins de philosophie qu’il se trimballait...
- J’ai parlé à Vigdis...
Les émeraudes fixèrent le Belliférien qui venait de rompre le silence. Bon, qu’il lui ait parlé, rien d’étonnant. Ils étaient tous les trois amis, et il savait que la blonde appréciait beaucoup la droiture et la simplicité du Fier-Écu. Par contre, qu’il entame la conversation ainsi… Il y avait de quoi être étonné, peut-être même nourrir un peu d’inquiétude. Narcisse retint son souffle, attendant, son imagination débordante commençant déjà à partir dans toutes les directions alors qu’il observait son ami. Lui ne lui rendait pas son regard. Les yeux baissés, il avait l’air mal à l’aise, voire même franchement contrarié. Mais plus un mot comme les secondes s’égrainaient.
- Allons ! Dis-moi !
C’est seulement que Servius releva le nez de son bouquin, lèvres pincées. Qu’il prit une profonde inspiration. Quelle terrible nouvelle allait-il lui annoncer ?
- Tu devrais discuter avec elle.
Mais de quoi ? La question muette sembla être perçue, ils se connaissaient bien après tout.
- Elle s’inquiète. Elle a surpris une discussion… que tu approches de l’age où tes parents souhaiterons te marier. Que tu devrais alors rentrer à Croquelune. Et que… hum… qu’on ne puisse plus te voir. Enfin… je veux dire… qu’elle ne puisse plus te voir…
Et derechef, de baisser les yeux, laissant Narcisse particulièrement étonné. Un mariage… non, son père lui en aurait parlé sans doute ! Ou au moins son frère. Comment se pourrait-il que l’on pense à le marier sans même lui en toucher le moindre mot ? Lorsque Nithaël avait été marié, il en avait au moins été prévenu. Avait échangé avec sa future épouse, l’avait rencontrée. Lui… non, lui, il était encore trop jeune pour tout ça de toute manière, c’était certain… Tout à ces pensées, le temps comme suspendu, il ne dit plus rien. Et face à l’absence de réponse, Servius répéta.
- Tu devrais lui parler… lui parler de… enfin, tu sais...

* * *

La discussion eut lieu, mais à jamais n’appartiendra qu’à eux. L’important est d’en retenir la finalité : ses prières avaient été entendues, les sentiments partagés en des lèvres scellées. Bien qu’à contre-cœur, Servius les avait rassemblés. Les semaines qui suivirent furent un peu étrange à ce titre d’ailleurs. Difficile de dire si le Belliférien était heureux pour eux, ou peiné pour une raison que Narcisse ne comprenait pas. Les deux sans doute, compte-tenu de ses réactions. Alors bien que sur son petit nuage, le Cielsombrois ne laissa pas pour autant tomber son ami. Continua de passer du temps avec lui, même s’il ne rêvait que d’avoir en permanence sa belle dans ses bras ! Et ainsi, la situation peu à peu se tassa. Ne redevint jamais vraiment pareille, forcément, mais la relation du trio évolua simplement.

Quant à son apprentissage, porté par les muses de l’amour, il fit des progrès techniques notables, rendant son maître – loin de s’imaginer le changement brusque dans la relation que son élève entretenait avec sa fille – fier de son évolution. Mais tout ne pouvait être aussi rose et parfait, n’est-ce pas ? Son père ne lui écrivait plus ou presque, et lorsqu’il le faisait lui paraissait distant, sec même parfois. Ne se livrait sur rien, ne partageait pas grand-chose. Quant à sa mère… la pauvre n’en parlait jamais bien franchement et ouvertement, mais laissait entrevoir que Narcisse n’était pas le seul à avoir raison d’être peiné du comportement du marquis…


3 – Retour en fanfare (993)


Deux êtres, serrés dans les bras l’un de l’autre. Une main glissant dans une chevelure dorée. Deux années de plus s’étaient écoulées, et malgré leurs progrès et l’amour éperdu qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre, l’heure n’était pas aux réjouissances pour ces jeunes gens. Une nouvelle était parvenue de Croquelune, qui leur paraissait comme une déchirure inacceptable. Son père avait choisi pour lui un bon parti, et il était sommé de rentrer au domaine marquisal dans le but de rencontrer celle qui deviendrait donc sa future épouse.
- Tu vas me manquer...
Lui souffle-t-elle la voix cassée, se blottissant contre lui autant qu’elle le pouvait. Et l’étreinte n’était pas que physique, comme il sentit son cœur en un étau qui lui fit perdre de vue certaines âpres réalités. Car il savait qu’il n’avait pas le choix, même s’il détestait cette idée. Il savait qu’il devrait se plier aux ordres de son père, tout comme son frère avant lui. Comme la coutume l’exigeait, pour le bien de leur famille, et de leur statut... Mais tout s’envola face à la peine de sa précieuse moitié, son âme sœur, il en est certain. Alors, Narcisse entoure son visage de ses mains, posant son front contre le sien. Émeraudes et azurs se mêlent et se reflètent, faisant écho à leur amour, et l’impulsif de ne plus écouter que son cœur.
- Non… non ! Je ne saurais tolérer de te causer cette peine, mon ange… Non, impossible, je ne l’accepterais pas. Vigdis Gungnyr… Accepterais-tu de lier ta vie à la mienne, en devenant ma muse jusqu’à la fin des temps ? Mon tendre amour… accepterais-tu d’être ma femme ?
Il la sent tressaillir dans ses bras, mais ne lui laisse pas le temps de répondre. Le Cielsombrois se laisse tomber à genoux devant elle, tenant ses mains dans les siennes, poursuivant sa déclaration.
- Je veux que ton visage soit la dernière chose que je puisse voir avant de sombrer dans le sommeil où assurément tu peuples tous mes songes, et ce pour le plaisir de me réveiller et de te découvrir à nouveau, le cœur enchanté que ma vie avec toi ne soit pas qu’un rêve.
Là, de prendre ses petites mains dont il vient déposer les doigts fins sur ses propres joues.
- Qu’importe que nous soyons encore jeunes. Qu’importe les intentions de mon père, et les convenances, et cette promise dont je ne sais rien et ne veut rien savoir… Car en mon cœur, en mon âme, mon épouse tu es déjà… Je ne saurais aimer plus que je t’aime toi, tout comme je sais que personne ne m’aimera jamais autant que toi… Vigdis… Sois mienne, et je serai tien, pour toujours !
Et enfin, il laisse le silence s’installer. La regarde, les yeux brillants, et son visage inquiet se peint d’un petit sourire lorsque les larmes de sa belle commencent à se décrocher de ses joues roses pour venir s’échouer sur Narcisse en contre-bas. Elle tremble, en larmes, et se laisse choir sur ses genoux face à lui pour le serrer aussi fort qu’elle le peut. La réponse n’est toujours pas venue, mais il l’enlace, lui rend son étreinte, à la fois affectueuse et passionnée. Et alors, un seul mot, solitaire mais possédant le pouvoir d’une légion, vient répondre à sa sincère déclaration. Un « oui » qui se gravera en lui, scellant leurs destins.

* * *

Des plis en conséquence furent envoyés. Il ne rencontrerait pas cette femme qu’il n’avait pas choisi. Avait opté pour une autre dont il s’était épris, prêt à renoncer à tout sauf à elle. Et s’il acceptait de rentrer à Croquelune, ce ne serait qu’accompagné d’elle – et de Servius, mais la présence de son ami était reléguée loin dans l’ordre des priorités sans doute à l’heure actuelle. Son frère bien sûr lui passa un savon colossal. « Jeune crétin, pensez-vous réellement que père laissera faire cela ? ». Oui, Nithaël était en colère… supposé veiller sur lui, il n’avait pas vu venir cela, et craignait d’en être en partie tenu responsable. Le fait qu'il doive désormais rentrer à Croquelune également n'avait rien pour le mettre en joie de plus... Quant à Ezéchiel... ce dernier fit lettre morte. Ce fut Rosalie qui dès lors prit la plume afin de convier la jeune femme ainsi que l’ami de son fils afin que le couple de Croquelune puisse faire leur connaissance.
- Eh bien… le retour du fils prodigue…
Ces mots, sur un ton tranchant, furent les premiers qu’il entendit de son père après cinq années d’absence. Il resta interdit, Servius à quelques pas derrière – discret comme à son habitude – et la main de Vigdis serrée dans la sienne. Bien sûr, il s’était attendu à une discussion mouvementée et emportée, mais jamais il n’avait entendu son marquis de père s’adresser à lui de la sorte – ni à quiconque, d’ailleurs. Rosalie en poussa un petit soupir, mais ne releva pas, se pressant plutôt auprès de son fils.
- Mon fils, vous m'avez tant manqué... quant à vous mes enfants, soyez les bienvenus ! Puisque vous êtes chers aux yeux de mon fils, vous l'êtes aux miens également !
Une sorte de petit grognement se fit entendre en fond, offrant un contraste saisissant avec la douce bienveillance de Rosalie.
- Les bienvenus, bah voyons… L’on recueille des animaux boiteux et abandonnés, et j’en suis spectateur en ma propre demeure. L’on bafoue ma parole, et je devrais me contenter d’acquiescer ? N’ai-je donc pas mon mot à dire ?
Rosalie l’en fusilla du regard. Un tressaillement de la douce main serrée dans celle de Narcisse, et le fameux « fils prodigue » d’en contracter ses mâchoires, prêt à riposter de l’affront fait à sa belle. Mais sa mère prit la parole la première.
- Mon époux… est-ce réellement ainsi que vous souhaitez accueillir le retour de votre fils ? Ce sujet qui vous gêne sera abordé, n’en doutez pas, mais j’aimerais vous suggérer de ne pas gâcher ces retrouvailles plus avant.
Ezéchiel s’empourpra de colère. Ses lèvres se pincèrent, avant de s’entr’ouvrir comme il sembla vouloir reprendre la parole, que Rosalie empêcha en levant une main, impérieuse. Un nouveau grognement, avant qu’il tourna les talons.
- Bien… pour l’heure, restons-en là… Mais cette discussion est loin d’être terminée ! J’espère au moins qu’ils savent rester discrets, et qu’ils sont propres… teh !
Toute la scène fut irréaliste aux yeux de Narcisse. Pétri de son bonheur, le voilà qui brutalement retombait sur terre. Sa mère l’avait bien prévenu à demi-mots, mais jamais il n’aurait pu estimer que la situation en était rendue à être à ce point explosive. Rosalie quant à elle reprit son air chaleureux, saisissant délicatement les mains de Vigdis dans les siennes.
- Venez, ma fille. J’ai hâte de faire votre connaissance. Quant à vous Servius, je vous laisse aux mains de mon fils, afin de vous faire découvrir votre nouvelle demeure.
Pas un mot sur ce qu’il venait de se dérouler. Comme si cela était de la plus grande banalité. Et en effet, de ce que Narcisse en comprenait désormais, c’était le cas, les humeurs de son père ne semblant pas être un cas rare. Il devrait bien sûr discuter avec lui. S’assurer qu’il ne s’oppose pas à cette union. Mais pour l’heure, il en sera fait selon les désirs de Rosalie…

* * *

- Mais qu’aviez-vous en tête ?
Derechef, son père frappe d’un coup violent de la paume contre la table qui les sépare. Mais plus que la violence du geste, c’est une nouvelle fois ce ton qu'il emprunte qui choque et blesse Narcisse. Car il n’y a pas là que la colère attendue. Bien sûr, le jeune homme ne s’était pas imaginé le moins du monde ne pas y avoir droit. Mais… il y avait là un mépris transformant chacune des phrases de son père en un nouveau camouflet qui l’estomaquait.
- Je… Je l’aime père… je l’aime plus que tout...
Et ainsi, la discussion tournait en boucle depuis un moment. Son père lui reprochait d’avoir jeté l’opprobre sur leur famille, le mettant dans l’obligation de repousser cette rencontre – car oui, pour Ezéchiel, le projet était toujours à l’ordre du jour – ainsi que d’oser contester son autorité. Que ce n’était que grâce à sa mère qu’il tolérait à peine cette mascarade qui se déroulait sous son toit, mais que ce n’était que partie remise. Et bien sûr, ne manquait pas de blâmer ces maudits artistes et l’influence qu’ils avaient eu sur lui. Et Narcisse lui ne trouvait rien d’autre à répondre que l’amour qu’il vouait à cette jeune femme, encore et encore, son égide contre ces arguments qu’il ne saurait entendre.
- Vous n’avez que ces mots à la bouche ! Pensez-vous réellement que cela change quoi que ce soit ? Que vous ai-je donc enseigné ?
Le jeune homme avait eu le regard baissé, encaissant une nouvelle charge. Jusque là, même si sa conviction était restée intacte, son manque d’arguments avait peu à peu amenuisé son courage. Mais là, ce fut une bouffée d’air qui fit remonter ses émeraudes vers son géniteur. Une arme. Une manière de riposter. Un argument nouveau qui venait de faire évidence, comme une bulle qui éclate soudainement.
- Vous m’avez appris que les convictions d’un homme pouvaient outrepasser les traditions. Vous m’avez appris que l’amour pouvait être adressé à une femme et une seule ! Vous m’avez appris que-
Un nouveau coup de paume qui heurte la table avec force, l’interrompant dans son élan. Bien sûr, il voyait de quoi son fils voulait parler. Ces beaux discours sur la monogamie qu’il avait pu lui tenir lorsqu’il était enfant, au cours desquels son père lui contait à quel point il aimait sa mère, et qu’il ne pourrait s’imaginer avec une autre.
- Ne vous aventurez pas à ça ! Votre mère n’a rien de commun avec cette-
- artiste ?
Il avait l’impression de marquer des points en relevant cette similitude. Narcisse avait bien vu sa manière de contracter nerveusement ses mâchoires. L’espoir, alors… Il le mettait en rage, certes, mais il avait raison. Quel argument son père pourrait-il bien prononcer alors ? Il vint pourtant sous la puissance d'un hurlement. Des mots qui résonnèrent froidement.
- Mais elle n’est pas des nôtres ! Elle n’est pas noble ! Et ne le sera jamais, comptez sur moi !
Comment avait-il pu être aussi naïf ? Il n’aurait pas le dernier mot sur lui. Quoi qu’il dise, le marquis s’imposerait, encore et encore… Quoi qu’il dise… Oui, c'était ça. S’il ne l’emportait pas sur les mots alors, par la force du désespoir, il passerait aux actes. Dans un élan irréfléchi, il attrape une bouteille de vin à moitié vide sur la table. À ce moment précis, il n’a encore aucune idée de ce qu’il va faire exactement. Mais dans son élan la fracasse contre le bois, éclatant sous l’impact, et le laissant avec un goulot aux bords tranchants en main. Son père en reste coi, son visage marqué de surprise et de peur, avant que sa fureur ne revienne prendre le dessus. Sans doute pense-t-il qu’il va faire la folie de le menacer. Cependant, c’est contre sa propre gorge qu’il place une pointe de verre.
- Alors… un choix seulement demeure encore mien ! La prochaine cérémonie que vous honorerez ici pourrait très bien être une dispersion de cendres ! Et n’osez même pas insinuer que je n’en serais pas capable… Regardez-moi dans les yeux, père, et dites-moi si vous y voyez le moindre doute !
Et il le pense vraiment ! Plutôt mourir que de la perdre, là était la profondeur de ses sentiments. Narcisse foudroie toujours son père du regard, défiant, une perle carmine commençant à poindre et glisser lentement le long de sa gorge. Enfin, une discussion commença à s’installer, qui bien que brève et expéditive fit avancer la situation sans qu'il n'y ait plus de hurlement. Une tension palpable, cela va de soit, mais plus de heurts. Finalement, sèchement et froidement, une question fut posée.
- Puisque vous l’aimez tant… que seriez-vous prêt à sacrifier pour elle ?
- Vous n’avez toujours pas compris, père ? Jusqu’à ma propre vie ! Tout, s’il le faut !
- En ce cas… et puisque vous me mettez au pied du mur, « mon fils », vous conviendrez d’un modeste sacrifice pour réparer votre affront. Ou devrais-je dire, vos affronts, aussi multiples qu’inadmissibles. Dites adieu à votre soi-disant talent. Dites adieu à votre art, et à ceux qui m’ont volé mon fils… Vous demeurerez désormais à Croquelune, sous ma coupe. Il y a là une éducation à reprendre…
- Consentirez-vous alors à me laisser l’épouser ?
- Ne vous attendez pas à ce que je donne ma bénédiction à cette mésalliance qui me donne la nausée et déshonore notre maison. Mais je ne m’y opposerai pas, si cela me permet de garder mes deux garçons. Votre mère ne me pardonnerait jamais votre perte… Tâchez au moins de faire montre à présent de l’honneur dont vous avez manqué jusqu’ici, et de tenir vos engagements. Et… plus de ces menaces puériles, jamais ! C’est entendu ?
Ses doigts aux phalanges blanchies se desserrent aux mots de son père. « je ne m’y opposerai pas ». Voilà bien tout ce qu’il voulait entendre, et le reste ne lui paraissait que bien peu de choses à côté. Le goulot chute, s’écrase, se fracasse lorsqu’il rencontre le sol. Tout dernier fracas de cette journée, sur cette promesse échangée.


4 – Symphonie, à la mort et à la vie (994)


- Mère… Vous n’êtes pas obligée de supporter cela...
Une phrase qui allait tout changer. Un soir, Narcisse avait trouvé Rosalie en pleurs en son boudoir. Autant les jeunes mariés vivaient un rêve éveillé depuis leur récent mariage, autant le couple marquisal semblait littéralement en passe d’imploser. Le discours était simple : elle avait le choix ! Son père restait son père, bien sûr, mais invivable comme il pouvait l’être avec elle, eh bien… le divorce avait été inventé pour cela, non ? Une longue discussion, au cours de laquelle sa mère lui apprit les raisons présumées des changements d’humeur de son paternel. Le fait qu’elle ne lui ait offert d’autre enfant que Narcisse, tout d’abord, qui avait déjà été abordé avant son départ pour Porte-Brume mais qui était revenu très fréquemment sur le tapis depuis, comme si l’absence de ses deux fils avait créé un vide qu’il fallait combler au plus vite. À force de s’entendre répéter cela, de moins en moins elle avait voulu remplir ses devoirs conjugaux. Plusieurs fois, elle lui avait tenu tête sur ce sujet, et sur d’autres ensuite, de plus en plus souvent.

Son fils alors la conseilla. Il fut drôle qu’il lui répéta quelques unes de ses propres directives, comme le fait qu’un couple se devait de reposer sur la communication. Lui demanda de lui parler, d’essayer de trouver un terrain d’entente, et bien sûr, s’il faisait sourde oreille, lui faire comprendre qu’il la perdrait pour toujours ! Car en l’esprit de Narcisse, il était impossible qu’Ezéchiel n’aime plus son épouse, eux qui avaient en leur temps été un exemple de couple tendre et heureux. Et là… qu’était devenu « l’ogre mangeur de licornes » qui lui courait après dans les couloirs du castel de Croquelune lorsqu’il était enfant ? Quoi qu’il en soit, il espérait que les choses se règlent ainsi. Il avait fait promettre à sa mère qu’elle procède de la sorte, et le tienne au courant des avancées. Qui vivra verra.

* * *

Cela donna un mieux, semblait-il ! Si Rosalie avait en effet dû en arriver à la menace du divorce, cela avait eu le mérite de débloquer la situation. Afin de renouer avec le romantisme de leurs débuts, Ezéchiel leur avait même organisé un dîner aux chandelles au bord du lac situé non loin du château. Le lendemain cependant, Narcisse ne put faire autrement que de s’en tracasser, au moment même où il croisa l’un des gardes censé les avoir accompagné. Non seulement ses parents n’étaient pas rentrés, mais son père avait tenu à ce que les gardes les laissent seuls. Et lorsqu’il en parla à son épouse et son ami, il sentit bien que malgré leurs mots rassurant, il n’était pas le seul à s’en faire. « Ils ont sans doute juste voulu rester seuls », dirent-ils. « Sans doute ont-ils dormi à la belle étoile, ou… ne m’as-tu pas dit qu’il y avait un chalet non loin ? » ajouta Servius, avant que Vigdis en termine par un « Nous n’avons qu’à aller voir, si tu le souhaites. Cela fait un moment que nous ne nous sommes pas baladés auprès du lac de plus... » en lui accordant un doux sourire, se voulant rassurante.

Oui, ils devaient avoir raison ! Ce n’était sans doute rien. Et sa plus grande crainte sur le chemin fut la possibilité de découvrir ses parents en une posture en laquelle aucun enfant ne souhaitait voir ceux lui ayant donné la vie. Ah, si seulement… il aurait tant préféré…

Car non loin, il fut évident que quelque chose clochait. Sans un mot pour ses proches, il talonna sa monture, se pressa. Ce qu’il pouvait apercevoir à distance n’annonçait que le pire, et malheureusement ses yeux ne lui mentirent pas. La première chose qui sauta aux yeux fut la silhouette de son père, ses pieds flottant au-dessus du sol. La couverture et leurs provisions retournées. Puis, un peu plus loin, des chausses émergeant de jupons. Le visage de sa mère à l’autre bout bien difficile à discerner, immergé. Un vision d’horreur qui le pétrifia. Incapable de faire un pas de plus, et seules ses émeraudes dardèrent en tout sens afin de trouver quelque indice lui permettant de comprendre ce qui s’était passé exactement. Un râle s’échappe de sa gorge, comme il remarque ce qui a été gravé dans l’écorce de l’arbre même où son père était pendu. Un cœur, deux initiales. Un classique un peu niais, mais qu’il connaissait bien pour l’avoir toujours vu là, datant des premiers émois de ses parents. Mais sous celui-ci, quelque chose de plus récent, tranché plutôt que gravé, nerveusement, avec colère sans doute. « Mienne à jamais »…

Incapable du moindre mouvement désormais, ne fixant que ces lettres et leur sens dans cette situation. Une compréhension qu’il n’était pas le seul à s’être fait.
- Votre mère a glissé sur la berge. Votre père, n’étant pas parvenu à la repêcher et comprenant l’avoir perdu n’a pas supporté, et… par amour, s’est donné la mort.
Première fois depuis des années que Servius le vouvoyait. Est-ce qu’il était vraiment en train de tiquer sur ce détail, alors que son ami dépeignait une scène ne correspondant absolument pas avec ce qu’il pouvait voir ici ?
- C’est ce qu’il s’est passé ici. M’avez-vous entendu, Narcisse ?
Il avait envie de lui répondre qu’il avait entendu. Il avait envie de lui hurler qu’il était stupide pour raconter des stupidités de la sorte. Il avait envie de l’étrangler, pour oser rompre le silence pour dire cela, devant le drame qui s’était déroulé ici. Mais rien, toujours rien. Jusqu’à ce qu’un visage vienne obstruer son champ de vision. Il prit alors conscience de l’air frais s’engouffrant dans ses poumons, comme s’il respirait à nouveau. Plonge son regard dans les azurs de son épouse, qui lui saisit le visage à deux mains.
- Je me doute que c’est une des dernières choses que tu souhaiterais entendre, mon amour. Mais l’on va nous demander ce que nous avons trouvé. Servius a raison… Et ceci… eh bien… Le monde n’a pas besoin d’avoir ce dernier souvenir de tes parents. Mon amour… Nous pleurerons ensemble, tout notre saoul. Je t’aiderai à panser cette blessure. Mais pour l’heure… La version de Servius doit être la nôtre !
C’est incrédule qu’il la regardait. Elle, l’honnêteté personnifiée, lui suggérait de mentir ? Elle avait raison cependant, sur tous les plans. À commencer par le fait qu’il s’agissait là de la dernière chose qu’il souhaitait entendre. Après une telle découverte, Narcisse trouvait même que c’était un affront, une lame retournée en son cœur que de discuter de cela, si tôt. Mais il comprit. Ils avaient raison, en effet. Ils tentaient de les protéger, lui et la réputation de ses parents. Un accident tragique, suivi d’un honorable suicide par amour. Loin de l’atrocité du meurtre et de la lâcheté qui s’en était suivie. Mais toujours, il ne répond pas. S’effondre, à peine retenu par son épouse, qui le suit dans sa chute jusqu’à ce qu’ils se retrouvent ensemble à genoux, se serrant l’un l’autre. Un goût de déjà-vu, lors de sa déclaration. Sauf qu’ici, les larmes qu’ils partagent sont amères et douloureuses. Et lorsqu’enfin il est capable de parler, ne sort de ses lèvres qu’un hurlement atroce, à s’en déchirer la gorge…

* * *

Le récit falsifié. Le deuil, où son père avait été dispersé dans les jardins de Croquelune là où sa mère serait enterrée sur ses terres familiales en Lagrance comme convenu lors de leur contrat de mariage. Le couronnement où Nithaël fut fait marquis tandis qu’il héritait de la baronnie de Porte-Brume, où il repartit vivre dès lors… Tout cela lui resterait à jamais lointain, comme s’il ne l’avait réellement vécu. Comme s’il n’avait été qu’un passager de sa propre enveloppe. Celui qui se trouvait en surface durant ce temps était taciturne. Ne parlait que peu. S’était mis à consommer plus de pavot qu’il ne le devrait, atténuant encore sa conscience. Dormant autant qu’il le pouvait en des sommeils sans rêve, ne s’accordant toujours pas le droit de créer à nouveau, distant de tout et de tous.

Jusqu’à ce qu’un matin, quelques semaines plus tard, une petite furie blonde vint tirer les rideaux et l’extirper de son sommeil. Émergeant à peine, la fixant sans trop comprendre ce qu’elle lui voulait, il la vit attendre là, à côté du lit conjugal, poings fermés sur ses hanches.
- Mon époux, il est temps de te réveiller !
Instinctivement, il comprit qu’elle ne faisait pas référence qu’à l’instant présent, et que le sommeil qu’elle évoquait était tout autre.
- Je ne souhaite pas renier ta peine et ta douleur. Je respecte ton deuil et ne te demande pas d’oublier d’un claquement de doigts… Mais je pense qu’il est temps à présent de vivre à nouveau ! Tu ne t’es même pas remis à créer ! As-tu oublié ce pourquoi nous faisions cela ? Quel autre but à l’art, sinon que de transmettre nos émotions ? De les écouler dans la matière pour lui donner vie ? Et toi, tu te coupes de tout… de ça… de moi… Je t’aime plus que tout, mon amour, et j’ai besoin de toi… Nous avons besoin de toi…
Un doux sourire sur le visage de Vigdis, alors qu’une simple pensée sembla adoucir son humeur. Et lorsque qu’elle se mit à doucement se caresser le ventre, alors, un changement profond s’opéra. Comme une bulle qui éclate, la torpeur disparut, il reprit le contrôle. Les places s’échangèrent, et c’était désormais l’autre qui était relégué à observer. Celui qui désormais serait son Sombre Passager...

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Dernière édition par Narcisse de Croquelune le Mer 6 Juin - 3:45, édité 37 fois
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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Lun 14 Mai - 23:36


5 – Gravé dans le marbre (995)


Enfin, grâce à l’amour de sa vie, il avait émergé, et même commencé à régner, habité d’un désir de changement. Ainsi, plusieurs décisions cruciales furent prises. Tout d’abord, Servius – qui ne l’avait plus tutoyé depuis la découverte de ses parents, se refusant malgré leur amitié à cette familiarité compte-tenu que Narcisse était désormais titré – fut nommé intendant de Porte-Brume ainsi qu’officiellement son premier conseiller. Puisqu’il s’agissait désormais de célébrer la vie, il fit constituer un orchestre philharmonique permanent en ses murs, en commençant par piocher dans les artistes arpentant toujours ce domaine, et qui parfois étaient mandés à jouer juste pour le couple.

Tant qu’à parler d’art, Narcisse s’y remit avec un entrain renouvelé. Depuis l’interdiction de son père, il ne s’était plus mis à aucun labeur, jusqu’à ce que mari et femme, ensemble, constituèrent une œuvre à la fois majestueuse et chaotique, un lit taillé dans le marbre, par l’intrication de formes multiples et complexes où venaient se mêler corps humains dénudés, animaux – notamment des loups hurlants et bien sûr des papillons – ainsi que volutes abstraites, voilés et compositions florales. Autre décision notable, bien que tenant plus du détail : sept chats noirs furent offerts à Vigdis, et il fut proclamé ainsi qu’en tout temps, Porte-Brume devrait toujours en compter sept, ni plus ni moins !

* * *

Un homme fait les cent pas. Car en cet instant, c’est tout ce qu’il est. Son titre ne lui vaut rien dans cette situation. Il n’est bien qu’un homme, et rien de plus qu’un homme, réduit au bon vouloir des Dieux. Quelques mois s’étaient écoulés, durant lesquels leur vie avait repris son cours. Le ventre de Vigdis s’était adorablement arrondi, et le couple regoûtait au bonheur tout simplement. Mais ce matin à son réveil, le visage de son épouse s’était crispé. Des douleurs vives, inquiétantes forcément à un mois du terme. La veille, ils s’étaient une fois de plus gentiment opposés. Narcisse était persuadé qu’ils allaient ensemble avoir une fille, soi-disant que sa blonde lui avait dit en rêve ; cette dernière souhaitait plutôt un garçon, un « mini-Narcisse » comme elle disait. Un débat simple, et empli de tendresse et d’insouciance.

Le contraste n’en était que d’autant plus cru et violent. Lui, tournant et tournant encore, se rongeant les ongles compulsivement alors que de l’autre côté de la porte – que les médecins lui avaient strictement interdit de franchir – sa précieuse moitié souffrait en tentant de mettre au monde leur enfant…

* * *

Depuis combien de temps était-il assis là, ses yeux rougis fixant sa dernière œuvre ? Il avait écouté ses conseils. Qu’était un artiste s’il ne cherchait pas à transmettre ses émotions ? Dès lors, Narcisse avait mis toute son âme dans celle-ci. Et depuis qu’il l’avait achevée, Narcisse n’osait plus en décrocher son regard. Peur qu’elle disparaisse en un clin d’œil, « une fois de plus ». Il avait été comme en transe bien des jours durant. Des semaines peut-être ? Impossible pour lui de le dire, il avait perdu toute notion de tout. Il n’avait fait que se nourrir un peu parfois, se servant sur les plateaux que Servius lui faisait servir. Dormir un minimum, mais seulement lorsqu’il en tombait de fatigue. Et il fumait des herbes, encore et encore, souhaitant préserver cet état autre, cet élan d’ailleurs qui le guidait.

Une main se lève, et de ses ongles gratte sa joue, encore peu habitué à cette barbe qui y avait pris place depuis qu’il se négligeait complètement. Tout ce qui comptait, c’était cette statue. Ce corps fin et gracieux, recouvert d’un voile dont il parvenait encore à douter qu’il soit fait de marbre et non de la plus fine des étoffes, s’attendant à tout moment à la voir bouger au moindre courant d’air. Dans ses bras, ce qui semble être un bébé emmailloté de tissu, pressé contre son cœur, provoquant le sourire béat de la belle de marbre. Était-ce bien lui qui l’avait créé ? Avait-il seulement été un jour capable d’une telle perfection ? Son chef-d’œuvre, sans nul doute, qu’il garderait jalousement désormais… « Vigdis au Purgatoire de Sithis », serait-elle nommée en mémoire de celle qu’il avait trop aimé, et qui désormais n’était plus...


6 – Fausses notes (1001)


Quelques années durant, Narcisse s’était laissé porter par le courant. Clairement plus le même homme depuis la perte de son âme sœur, et de cet enfant dont il n’avait jamais vu le visage, ni même demandé s'il avait s’agit d’un garçon ou d’une fille. Quelle atrocité cela aurait été d’apprendre qu’il avait tort ou raison dans un instant si tragique. Son deuil avait duré près de trois années durant lesquelles il avait laissé Servius gérer les affaires de la baronnie, et avait tenu ses relations humaines au strict minimum. Son temps, il le passait bien souvent dans un état second, provoqué par son Sombre Passager, ainsi que l’alcool et les drogues dont il abusait, pavot et quelques herbes spécifiques ayant rejoint les cultures de Porte-Brume, en bonne partie pour sa consommation personnelle. Il avait laissé pousser ses cheveux et sa barbe, en toute négligence, n’ayant plus personne à qui plaire désormais.

Par contre, c’est sans doute la période la plus productive qu’il ait connue, produisant des œuvres à la chaîne. Une production sans saveur à son sens pourtant. Rien qui ne parvenait même à la cheville de sa pièce maîtresse, et dont il se débarrassait bien vite en les vendant au premier acheteur. Un jour, il avait été capable du meilleur. Une sculpture dont il tentait d’atteindre le niveau, sans jamais y parvenir.

Ne parvenant à combler ainsi ce vide, Narcisse chercha d’autres moyens. Lorsqu’il recommença à devenir quelque peu une créature sociale – soit lorsqu’il cessa de se vêtir exclusivement de pourpre pour préférer le noir et l’argent de ses couleurs familiales – bien des artistes vivant en son domaine terminèrent également en sa couche, toute femme capable de lui offrir une nuit de répit s’y trouvant éligible. Cela bien sûr ne fonctionna pas non plus, ne lui laissant qu’amertume au soleil levant d’apercevoir un autre visage que celui qu’il aimerait jusqu’à la fin des temps, et dont il était privé…

* * *

Le Porte-Brume, bien que rare en dehors de son domaine, avait commencé à en sortir quelques fois. Notamment lors d’événements notables où il était invité. Ainsi, Euphoria et Ibelin furent quelques fois visitées. Et même récemment Alfaë, bien qu’il n’en gardait pas un grand souvenir… Des lâchers de serpents, une Ordalie de Diamant et des Épines qui s’en mêlent, sans compter les esclandres et les relations mises à mal qui s’en sont suivies… Pas de grands souvenirs, bien qu’il fallait y reconnaître un certain côté distrayant. Pour ces raisons, il avait refusé d’assister au Tournoi des Trois Opales, et lorsque l’on savait comment cela s’était terminé, il avait très clairement bien fait ! Encore plus de tensions, un jour tout cela allait leur péter au visage à tous, évident.

C’est aussi pour cela qu’il avait préféré fêter la Samhain en Sombreciel. Une nuit de débauche à la maison, qu’est-ce qui pourrait mal se passer ? Ah, belle naïveté… Le festival du Seuil avait pourtant bien commencé ! Quelques petites péripéties venant même animer la soirée, jusqu’à qu’une machine vienne à exploser lors du concours d’inventions et que le tourment des morts vienne à s’abattre sur les vivants.

Son père fut le premier. Silencieux. Un regard de jugement, des mots durs qu’il ne perçut qu’à peine outre le ton, trop horrifié par cette vision. Puis s’y succéda sa mère, en larmes, qui quant à elle ne prononça aucun mot et n’exprimait que peine et douleur. Et lui de les regarder tour à tour, se demandant s’il en avait trop pris, bien que comprenant que tout cela était trop réel pour qu’il s’agisse d’une simple illusion produite par sa chimie cérébrale.
- Mon amour ?
Il se retourne vivement. Cette voix, elle peuplait tant son esprit que ses souvenirs n’avaient pu ni l’oublier, ni l’altérer. Et là, son cœur s’arrête un instant, tenaillé, lorsqu’il l’aperçoit. Sa Vigdis. Son tendre amour, son ange, à quelques détails près dans la même tenue et posture que lorsqu’il l’avait représentée, ce même paquet emmailloté dans les bras. Pieds nus, elle s’avançait doucement à sa rencontre, son éternel doux sourire sur les lèvres.
- Est-ce que tu veux la voir ?
Lui demanda-t-elle avec une telle bienveillance et tant d’amour dans la voix que cela l’acheva, et fit naître ses larmes. « La ». Tu veux « la voir ». Ainsi, enfin, il apprit qu’il avait eu raison… Il s’approche, élève la main jusqu’à la joue de sa belle. Le contact s’opère, mais semble lointain, incomplet… ne retrouve pas tout à fait la douceur de sa peau, ni sa chaleur… Néanmoins, il touchait du doigt sa moitié, après tant d’années. Elle s’approcha, venant coller son épaule à la sienne, penchant un peu le couffin improvisé pour lui montrer sa fille. Narcisse s’en mord violemment les joues, une manière de ne pas craquer totalement ainsi que de s’assurer qu’il n’était pas en train de rêver. Une toute petite chose, si fragile. Alors qu’il l’admire, sa Vigdis l’observe, émue elle aussi, avant de poser la tête contre son épaule.
- J’aimerais que tu m’écoutes… je ne suis pas sûre que l’on ait beaucoup de temps, alors ne m’interromps pas, d’accord ?
Narcisse la regarde, opine, lui passant un bras autour de la taille, toujours dérangé par cette impression de ne pas tout à fait la toucher alors que pourtant le contact se fait, mais s’en contente. Hoche de la tête, attentif, bien qu’il ne parvenait pas à décrocher ses yeux de l’être minuscule, fruit défunt de leur amour, qui s’agitait doucement devant lui.
- Je me demandais… j’aimerais savoir où est passé celui dont je suis tombée amoureuse. Je sais qu’il est toujours là, au fond mais… tu n’es plus toi mon amour. Tu étais curieux du monde et bienveillant. Un homme aimant et passionné. À présent… toutes ces femmes...
Elle laisse passer un silence, et lui de se mordre la lippe.
- Je ne t’en veux point. Je pense même que tu ne devrais pas rester seul. Refaire ta vie, et être à nouveau heureux !
- Comment ? C’est impossible sans toi, mon ange… Je te l’ai dit un jour, à genoux devant toi : jamais je ne pourrais aimer plus que je t’aime toi ! Pour toujours !
Elle soupire, mais a un petit sourire en coin. Comme si sa tête l’incitait pour son bien de trouver quelqu’un qui lui rendra le sourire, mais que son cœur, égoïste, se trouvait heureux de l’entendre éprouver des sentiments toujours destinés à elle exclusivement. Cependant en ses mots, c’est la raison qui l’emporte.
- J’aimerais que tu essaies, au moins. Tu restes quelqu’un de bien, malgré tes humeurs… Tu mérites qu’une femme te rende heureux. Te donne l’enfant que je n’ai pu...
Elle s’interrompt, trop d’émotions. Et sa vision à lui de se brouiller derechef, la serrant un peu plus contre lui. Tentant de se reprendre, le fantôme de Vigdis change de sujet.
- Et souviens-toi de qui est réellement là pour toi… Depuis combien de temps n’as-tu plus parlé à Servius en ami ? Depuis combien de temps n’est-il plus que ton serviteur ? Il tient beaucoup à toi, tu sais… Essaie de ne pas trop le blesser, d’accord ?
Cette dernière phrase lui parut un peu étrange. Oui, c’était vrai qu’une certaine distance s’était posée entre Servius et lui, mais après tout il avait érigé ses murs envers le monde entier et non seulement lui. Par contre, il n’avait pas l’impression de le blesser de quelque manière. Que voulait-elle dire ? Quoi qu’il en soit, à sa demande, le Croquelune fera attention, oui. Opine en réponse.
- Bien… et maintenant...
Elle se dresse sur la pointe de ses petits pieds, lui dépose un tendre baiser sur le coin des lèvres. Ses paupières se ferment, comme il profite, même si toujours cela n’a rien de commun avec ce qu’il avait connu de son vivant, cette forme spectrale ne pouvant s’approcher du chaud et affectueux contact d’un corps humain.
- Tu devrais quitter la ville. Rentrer en ton domaine, maintenant. J’ai… j’ai comme l’intuition que les choses qui vont se dérouler ici… Je ne sais pas… Un mauvais pressentiment, juste, mais je serais plus rassurée de te savoir loin.
- Tu me demandes de partir ? Alors que tu es là ?
- Cela n’a pas vocation à durer, et tu le sais bien… Prenons cela comme une douce brise. Elle vient, apaise nos âmes, et repart aussitôt… Tu dois vivre avec les vivants mon amour. Tu le dois, et ce n’est pas discutable !
Termina-t-elle en agitant l’index sous son nez, ce qui le fit sourire forcément. Sourire qui se dissipa bien vite alors qu’elle s’écarta de ses bras, s’éloignant déjà, s’arrêtant après quelques pas pour tourner à nouveau son visage vers lui.
- Pars maintenant ! Fais-le pour moi !
Elle le regarde encore un instant. Lui sourit. Et il sait les mots qu’elle retient. Ne les connaît que trop bien. Elle s’en pince les lèvres pour ne pas les prononcer, ne pas rendre cela plus difficile encore, il le sait. Face à ces sentiments muets, lui répond simplement.
- Je t’aime aussi mon ange… Dors bien !

* * *

Narcisse fit comme il lui fut recommandé, et partit aussitôt à l’aide d’un portail. Plus tard, il apprendrait ce qu’il s’était passé ensuite. Les actions de l’Ordre, de la Rose, et les Faës reconduits ensuite par la force aux frontières de l'Empire. Tout ce qu’il en sait pour le moment, c’est cette voix que nul n’avait pu ignorer dans tout le continent. La prise de pouvoir de Gustave, la mort de Chimène… Cela ferait beaucoup d’inquiétudes à venir bien sûr, car les relations entre Ibélène et Faërie ne pourraient que s’en trouver encore plus en danger. Mais pour le moment, il a une urgence plus personnelle à traiter…
- Servius… désolé de t’avoir fait réveiller, mais… J’ai réellement besoin de toi. J’ai besoin de mon ami...


7 – Sous le canevas (1002) – [Roue Brisée]


Les tensions finalement explosèrent littéralement. La guerre entre les empires avait été déclarée. Un millénaire de paix, et tout ça réduit à néant, un an à peine après les célébrations ? Triste monde que celui-ci… Surtout compte-tenu du prix qu’il avait eu à payer. De Porte-Brume, à l’autre bout de Sombreciel, Narcisse n’avait pas à faire face à une crainte majeure dans un premier temps. Du moins pour sa propre personne. Si la situation pourrait à moyen ou long terme devenir inquiétante pour lui, il portait sur ses épaules une terrible angoisse concernant un proche parent encore en vie…  Son frère Nithaël, son aîné, bien qu’ils furent toujours si différents… comment ne pas craindre pour lui, alors que Croquelune se trouvait à la frontière lagrane ? Bien sûr, le duc Denys du Lierre-Réal étant son cousin, la situation pourrait peut-être trouver une fin moins amère que ce que ses pires craintes laissaient supposer. Le cadet avait écrit à son frère. Lui avait demander de venir se retirer à Porte-Brume le temps que cela se tasse. Mais Nithaël ne l’entendit pas de cette oreille. Pour l’honneur familial, l’honneur de leurs ancêtres et leur noble lignée, il ne comptait pas quitter le navire. Ne négocierait pas plus de reddition.

Aussi, lorsque la terrible nouvelle lui parvint à Porte-Brume, il n’en fut pas étonné. Ébranlé, perturbé, mais rien de nature à le surprendre. Le vide en son âme s’était creusé un peu plus encore, mais le plus dur lui parut à venir.
- Installe-toi Servius.
Lui demanda-t-il simplement alors que son ami venait de le rejoindre, comme il l’avait fait mander. Il eut… un sentiment étrange, ne sachant tout à fait dire d’où il venait. Tournant dos à celui qui venait d’entrer, ses yeux verts portant à l’horizon par une fenêtre devant laquelle Narcisse se trouvait, bras croisés dans le dos. S’il avait pu se voir lui-même, il aurait peut-être compris d’où cette étrange sensation lui venait, alors qu’il adoptait cette posture pourtant plus typique de son père et de son frère, comme un glauque mimétisme en cet instant de deuil. Son ami cependant n’en fit rien. Resta debout, droit et digne comme à son habitude. Silencieux, attendant que le baron lui explique la raison de cette convocation. Ce dernier se retourna alors. Soupira, et prit un siège pour s’y installer. Insista en lui indiquant le siège se trouvant face au sien, et seulement alors Servius s’assit à son tour. Ils échangèrent un regard, et cela sembla suffisant pour provoquer une réaction.
- Cela semble grave. À quel point ?

- Croquelune est tombée...
Il voit le Belliférien déglutir. Lui aussi s’inquiète, à raison. Son père était resté au service de Nithaël, devenu capitaine de la garde du marquis. Son expérience et son expertise avaient sans doute gagné du temps pour le domaine de son frère. Mais pas assez…
- Des nouvelles de votre frère ?
Le regard croisé perdure. Le silence s’installe. Y avait-il réellement besoin de mots encore, tandis qu’ils se connaissaient si bien ? Manifestement non…
- Oh… je vois… Mes sincères condoléances, Narcisse.
À la manière dont il se mâchouille la lèvre après cela, Narcisse sait qu’il a compris la portée de cette nouvelle. Que Nithaël n’est pas le seul à avoir perdu la vie dans la défense de Croquelune. Que le Porte-Brume n’est pas le seul sur lequel le deuil se portait. Le baron se lève, sans un mot toujours, dans cette espèce de torpeur où son Sombre Passager l’avait porté. Avec une nonchalance mal à propos s’approche de Servius, lui posant une main ferme sur l’épaule.
- Honorons-les ensemble Servius. Délègue tes tâches pour quelques jours. Et ne me fais pas l’affront de me vouvoyer ce temps durant. S’il faut que j’en fasse un ordre, considère que c’est le cas.
C’est donc à sa manière bien à lui qu’ils noyèrent leur chagrin. Dans une décadence bien légitime des terres où ils vivaient. Cela se passe sans doute aisément d’autres précisions…

Les choses se poursuivirent donc ainsi, dans une relative tranquillité malgré les événements qui secouaient le continent. Du moins si l'on en exceptait le mariage de son duc à Madeleine de Bellifère, enlevée avant d'être épousée. Rien qui perturba réellement l'existence de Narcisse. Jusqu’à ce qu’un matin...

* * *

Avant même d’ouvrir les yeux, au réveil, il sut que quelque chose clochait. Et pas qu’une, même ses sens atténués par les brumes du sommeil pouvaient sans mal en témoigner. Les odeurs. Les sonorités. Le confort de sa couche. Tout avait changé, c’était évident. Une seule chose familière. Blottie contre lui… Ses paupières se soulèvent, et elle est bien là. Pas tout à fait pareille qu’elle le fut cependant. Des cheveux bien plus courts, lui arrivant à peine à la nuque. De petits plis qui commençaient à se marquer à l’extérieur de ses yeux. Mais c’était bien elle, juste… plus âgée ? Oui, certainement. Était-ce un rêve ? Et si c’était le cas, souhaitait-il seulement s’en réveiller ?
- M… mon ange ?
Il fallut quelques minutes pour qu’il se calme un peu. Qu’il cesse de la serrer si fort contre son cœur. Et elle ne semblait rien comprendre à ce qu’il pouvait lui raconter. Comment ça, elle était morte ? Bien sûr que non, puisqu’elle se tenait dans ses bras, comme chaque jour !
- Tu as juste fait un mauvais rêve, mon cœur. Calme-toi un peu, d’accord ? Tu vas réveiller Rehaël...

* * *

La découverte de son jeune fils lui accapara une bonne partie de cette journée, et Vigdis de le regarder de plus en plus suspicieuse. Quelque chose avait changé en lui, c’était indéniable. Alors, lorsque finalement il lui raconta toute son histoire, elle le crut. Visiblement, même dans cette réalité-ci, dans ce rêve éveillé, ils ne se mentaient jamais. Alors, quant à elle, elle lui raconta l’histoire qu’elle connaissait. Celle de deux empires qui n’avaient jamais signé de traité. Celle d’une guerre sans fin, qui les dépassait. Un monde dans lequel les Croquelune n’étaient plus marquis depuis longtemps déjà, ayant fuit en Valkyrion, au plus loin du conflit qu’ils le pouvaient. Où, depuis bien des générations, ils s’étaient implantés bien plus modestement, ne parvenant à maintenir leur noblesse que par un jeu d’alliances et d’héritages. Et surtout, où les âmes-sœurs à la cour de Svaljärd, la famille de Vigdis possédant baronnie en cette version de l'histoire, avaient pu se rencontrer. Ici aussi, ils s’étaient trouvés, et s’étaient reconnus comme deux moitiés d’une même pièce. Ici aussi, leur art les avait rassemblé, et sans apprentissage s’étaient développés, ensemble.

Loin d’imaginer que d’autres que lui s’étaient retrouvés happés par la Roue Brisée et qu’ils cherchaient désormais à retourner dans leur réalité, lui ne souhaitait que rester ici. Il sentait bien comme une voix au fond de lui qui cherchait à l’inciter à se rendre à Lorgol, mais il y résistait… Dans son monde d’origine, Vigdis n’était plus. Pour quelle foutue raison voudrait-il y retourner ? Une vie plus pauvre. Une vie où la guerre faisait rage, plus encore qu'en son monde. Mais une vie où son tendre amour était bel et bien en vie. Où il pouvait la serrer contre lui. Où il avait un fils, un héritier… Tout n’avait pas été rose ici non plus. Leur fille était venue au monde, une petite Rachel, que la maladie avait malheureusement emporté il y a un peu plus de deux ans. Ils avaient longtemps porté son deuil, risquant même de mettre en péril leur couple, mais une nouvelle grossesse les avait rapprochés à nouveau.
- Tu veux la voir ?
Lui dit-elle, faisant écho aux mots du spectre, des mois auparavant. Comme si c’était possible ici ! Mais elle lui tendit simplement la main, émue de faire revenir de pareils souvenirs à la surface. Et l’entraîna en leur atelier…

Sur le chemin, il jetait des regards hésitants en tous sens. Elle lui présenta ses œuvres, troublantes. Il n’y avait pas là la maîtrise technique qui le caractérisait, mais cet art plus rustique lui parut de loin supérieur à ce qu’il produisait. Un travail moins précis, mais où les émotions étaient palpables, parfois même déchirantes. Seule sa « Vigdis au Purgatoire de Sithis » lui parut supérieure encore. Mais cette impression ne dura pas, lorsqu’il la vit. Rachel, sa fille… et ses larmes de couler sans retenue sur ses joues, le marbre s’affichant comme un fidèle témoin de l’amour porté à cette enfant qui devait avoir cinq ou six ans. Oui, il ressentit tout de ce que son autre lui avait voulu y mettre. Son amour infini en premier lieu, mais sa peine déchirante également. Narcisse ressentit le tout en un instant, comme une puissante gifle en pleine face, comme un poing se serrant autour de son cœur. Et dire qu’il pensait tout ce temps avoir réalisé son chef-d’œuvre… Cette pièce la surpassait encore, sans l’ombre d’un doute !

Alors, il comprit. Il comprit qu’il ne faisait que créer pour atteindre un objectif, là où le Narcisse de l’autre côté du miroir n’avait fait que transmettre simplement ses sentiments et émotions à ses œuvres. Vigdis avait tenté de le lui rappeler, le jour où elle lui avait appris être enceinte. Une autre compréhension se fit… ses deux plus belles œuvres, deux mondes confondus, avaient fait suite à la plus terrible douleur qu’il avait pu ressentir, par la perte de ce qu’il lui était le plus cher. De quoi le marquer, certainement...

* * *

Deux mois durant, ils se redécouvrirent. Après tout, tous deux n’étaient plus tout à fait les mêmes. Une impression parfois d’être des étrangers, mais qui ne pouvait qu’être balayée dès lors qu’ils se serraient l’un contre l’autre.
Deux mois durant, où il profita de son fils. Où il rattrapa comme il put le temps perdu. Et puis, tout à coup, tout ça disparut. Cette vie qu’il ne souhaitait pas quitter, ce bonheur retrouvé, il en était dépouillé à nouveau. Mnémosie en personne lui laissa un choix, un seul. Pas celui de rester malheureusement… Ce fut néanmoins le choix le plus simple qu’il eut à faire de toute son existence. Plutôt mourir que d’effacer ces souvenirs si chers à son cœur désormais, même s’ils lui causeraient bien des douleurs et tourments maintenant qu’il savait ce qui lui était enlevé...


8 – Renouveau pour un soliste ? (1002)


Le souvenir de ces deux mois resta en effet un traumatisme. Trop souvent, Narcisse se perdait en ses songes, et si le choix lui était donné, il retournerait « là-bas » sans la moindre hésitation. Il l’avait perdue à nouveau, ni plus ni moins. Elle, et ce fils. Pourquoi le monde s’acharnait-il ainsi à le torturer, encore et encore ? Qu’avait-il fait de mal pour qu’il doive payer à ce point ?

Aussi, les histoires du monde, bien qu’il en apprit pas mal, ne lui parurent pour la plupart que lointaines. Enfin… pas vraiment, bien sûr. Que de nouveaux tracas d’ampleur qui s’ajoutaient, encore et encore, mais le baron de Porte-Brume tâcha de se tenir éloigné autant qu’il le put de tout cela. Lughnasadh, où l’Ordre du Jugement et la Rose Écarlate une fois de plus s’étaient opposés. Trop tard sans doute, ayant signé la perte de Catarine d’Ibélène, le coma de l’empereur et la montée de son jeune fils sur le trône. Il y eu aussi cette mystérieuse maladie, qui permit néanmoins la reprise de leur territoire, Croquelune de nouveau Cielsombroise. Alors que les troupes s’enfoncent en Lagrance profitant de cette étrange maladie des mages, Narcisse fait valoir les droits du sang alors que le mariage de son frère était resté stérile, héritant ainsi de Croquelune où il décida de s’établir.

S’ensuivit le réveil de la Chasse Sauvage qui ferait frémir dans les chaumières, et le sacrifice des pièces de la Rose Écarlate pour tenter de la contrer. Une lourde perte certainement, et malgré cela la Chasse toujours parcourait le monde… La mort finalement d’Augustus, le deuil proclamé en Ibélène pour quatre mois durant.

L’année la plus mouvementée que le continent avait pu connaître depuis bien longtemps se termina néanmoins sur des notes positives, par un rétablissement des frontières et une trêve entérinée. 1003 ne débuta pas si mal, par les célébrations du mariage entre son suzerain et Alméïde d’Erebor, où il fut convié et il répondit présent. Mais bien sûr, les choses ne pouvaient pas rester si calmes après autant de tourments. Et ils se retrouvaient désormais avec un empereur ressuscité sur le trône. Pour lui, pas de raison de ne pas le reconnaître pour autant. Après tout, après l’année qu’ils avaient eu, hein ? S’il respirait et qu’il était capable de prendre des décisions pour le bien de son peuple, alors pour Narcisse, Octave était bien assez vivant que pour occuper un trône !

Et maintenant, de quoi demain serait fait ? Ah, demain, il l’ignorait… Mais aujourd’hui, c’était son anniversaire, et burin et ciseau le démangeaient...


CHRONOLOGIE


  • 30 janvier 977 ♦️ mariage d'Ezéchiel de Croquelune et de Rosalie de Val-Viride,
  • 18 mai 978 ♦️ Naissance de Narcisse à Croquelune,
  • 22 août 986 ♦️ Nithaël, son grand frère de huit ans son aîné, se marie,
  • 3 juin 988 ♦️ Narcisse est envoyé à Porte-Brume,
  • 14 février 993 ♦️ Narcisse demande Vigdis en mariage,
  • 21 mars 994 ♦️ mariage de Narcisse et Vigdis,
  • 11 juillet 994 ♦️ décès des parents de Narcisse, qui devient baron de Porte-Brume,
  • 19 avril 995 ♦️ décès en couches de Vigdis,
  • 26 janvier 1002 ♦️ la guerre entre les empires éclate,
  • 2 mars 1002 ♦️ décès de son frère sans héritier lors de la prise de Croquelune par les forces lagranes,
  • 3 avril-1er juin 1002 ♦️ s'éveille et évolue au sein de la trame alternée, ce dont il gardera souvenir,
  • 16 septembre 1002 ♦️ reprise de Croquelune par les forces cielsombroises. Faisant valoir les droits du sang, Narcisse en devient marquis dans la foulée,
  • 6 décembre 1002 ♦️ trêve proclamée entre les empires,
  • 29 mars 1003 ♦️ Octave, mort et ressuscité, devient empereur,
  • 18 mai 1003 ♦️ 25e anniversaire de Narcisse [début du RP].



La Chasse Sauvage est libérée et arpente librement le continent. Qu'est-ce que cela t'inspire ?
• Une crainte, forcément. Trop de troubles déjà en nos terres pour que ce funeste tracas vienne encore s'y rajouter. Malheureusement à mon échelle je doute bien pouvoir y faire quoi que ce soit, mais heureusement, j'ai le sommeil lourd et ne sort que peu de mon antre...

Il y a un mort-vivant sur le trône d'Ibélène : l'empereur Octave a été tué, puis ressuscité. Que t'inspire ce genre de magie ; et que penses-tu d'Octave suite à cela ?
• Il est sur le trône. Il porte la couronne. Il respire, boit, mange... En somme, il m'a l'air tout ce qu'il y a de plus vivant ! Quant à cette magie, je ne puis que regretter de n'avoir pu en faire usage moi-même, fut un temps... dangereux cependant, et il est heureux que tous ne puissent en user, sans quoi plus personne ne connaîtrait jamais le repos. Très curieux cependant de rencontrer celle qui en est responsable...

Que penses-tu de Lorgol, la ville aux Mille Tours ? Est-ce que tu t'y promènes sereinement ou est-ce que la capitale des peuples libres t'oppresse ?
• J'ai tendance à voir Lorgol d'un bon œil, même si je ne m'y suis que très peu rendu. La mixité que l'on y rencontre est à même de provoquer mon intérêt. Je ne crains donc pas la ville aux Mille Tours, et au contraire serait intéressé de mieux la découvrir.




Dans la vie, je m'appelle Dimitri. J'ai découvert le forum via ma Biquette d'amuuuuur et voici ce que j'en pense : univers complexe - ce qui est une qualité - avec énormément de lecture pour l'appréhender et des sujets parfois un peu difficiles à dénicher pour certains, mais le guide du débutant et le système de parrainage aident à palier à ça. La communauté semble adorable et accueillante, avec un niveau de RP général assez solide (quand je disais que la complexité était une qualité, ça pose déjà un tri en amont, héhé ^^). Le forum est actif, une certaine longévité et des intrigues fréquentes ce qui sont forcément de très bons signes d'un forum sain et bien géré. Et puis, la touche classe en plus : vous avez Biquette ! Et ça, ça cartonne !  :keur: .
Pour les inventés : Je ne vous autorise pas à faire de mon personnage un scénario si mon compte était supprimé.  




Récapitulatif

Narcisse de Croquelune

Mise à jour des registres et bottins



♦️ Luca Sguazzini
♦️ Compte principal : Oui

♦️ Noblesse : Marquis de Croquelune & baron de Porte-Brume / Sombreciel




Narcisse de Croquelune & Joséphine Siguardent

Le cadeau d'Euphoria

18 mai 1003



- Mon Seigneur, vous avez une vi-
Le Marquis leva la main, intimant le silence. Il était pour l’heure à travailler sur une nouvelle statue, comme toujours tentant de retrouver les mêmes sensations que lors de la réalisation de l’une d’elle. Ciseau et marteau dans une main pendant le long de son corps, sa dextre quant à elle était tendue vers le marbre. Dans l’ensemble, une forme vulgaire avait déjà été définie, et peu à peu il tentait d’en faire ressortir les détails. Ses doigts flirtaient au niveau du buste, plus ou moins où devrait se situer le cœur de la femme qu’il représentait. Il avait l’air… d’y chercher quelque chose, comme s’il s’attendait à ce qu’un événement se produise, en vain.
- Seigneur ?
Le Croquelune soupire, doublement contrarié. Tourne ses émeraudes en la direction du page venu le prévenir. Pas un mot ne sort de sa bouche, mais il attend.
- Vous avez une visiteuse, mon Seigneur. Venue d’Euphoria, afin de vous faire un présent de la part de votre Suzerain.
- Un présent ? En quel honneur ?
- C’est… c’est votre anniversaire, mon Seigneur...
Il fronça les sourcils, parut y réfléchir un instant. Puis il s’éclaire.
- Oh, Diable, oui ! Faites-la venir.
Le page ne posa pas de question et s’inclina. Un atelier n’était sans doute pas le meilleur endroit pour recevoir une envoyée du Duc, mais les excentricités du Marquis étaient légions, et plus personne en sa maisonnée ne s’en étonnait. Tout comme ils savaient que ce n’était pas à discuter. Aussi, quelques minutes plus tard, ce même page revint accompagné d’une jeune femme, alors que Narcisse en était toujours à palper le marbre, attisant vivement le foyer d’une pipe tenue entre les dents et sur laquelle il tirait nerveusement, répandant une odeur âcre témoignant qu’il n’y avait pas là que du tabac. De nouveau sa main se lève en direction de l’entrée, coupant court à toute possible conversation, avant de l’inviter du geste.
- Approchez...
Dit-il juste à l’attention de la brune, le page comprenant et s’inclinant, un air confus sur le visage quant au comportement de son maître, avant de s’éclipser.
- Venez là… j’ai besoin de vous...
Poursuit-il comme elle approche. Il pose sa pipe sur un établi non loin, et une main sur l’épaule de Joséphine l’attire doucement juste devant lui. Une promiscuité imposée pour la pauvre femme qui devait sans doute se demander ce qu’il pouvait bien attendre d’elle.
- Juste… permettez...
Sa main droite vient saisir la sienne, posant sa paume sur le dos de la main douce, alors qu’il lui parle désormais directement à l’oreille, fixant toujours sa réalisation en cours. Ainsi, enlaçant un peu ses doigts aux siens, lève la main de la brune pour qu’elle entre en contact avec la statue, toujours au niveau du cœur.
- Elle veut sortir… son bloc n’est qu’une prison, dont je dois l’extirper, vous comprenez ? Normalement… vous devriez sentir sa chaleur, ici, juste sous cette couche… Je ne dois pas faire d’erreur, sinon elle sera perdue. Ôter juste ce qu’il faut, ni plus, ni moins… Cette chaleur, la sentez-vous ? C’est comme...
Ne lui laisse pas le temps de répondre, accaparant la parole comme il poursuit. Sa main gauche jusque là sur son épaule glisse doucement le long de son bras avant de rejoindre son flanc, et de là dériver jusqu’à l’abdomen de la jeune femme où elle se repose simplement dans une subtile caresse.
- ...comme ce que l’on ressent en nos tripes, lorsque l’amour naît… une douce chaleur qui semble à la fois émaner et englober, vous procurant un sentiment de bien-être infini… Vous comprenez ?
Durant ce temps, il continue de faire glisser leurs doigts joints sur le buste rudimentaire de marbre.
- Alors ? La sentez-vous ?
C’est seulement qu’il tourna le visage vers elle, sa voix n’étant plus qu’un murmure à son oreille.

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Dernière édition par Narcisse de Croquelune le Mar 5 Juin - 18:26, édité 15 fois
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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Lun 14 Mai - 23:38

Bienvenue officiellement ici alors :haww:

Tu as un nom et un perso à croquer :sisi:

Bon courage pour ta fiche :siwi:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Lun 14 Mai - 23:45

Bienvenue Narcisse :haww: Bonne rédaction de fiche, on a très hâte de jouer avec toi ici !

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Lun 14 Mai - 23:46

On m'a parlé de toi, ô mon sujet :hihi: Bienvenue ici, amuse-toi bien dans la rédaction de cette fiche et j'ai bien hâte de découvrir Narcisse un peu plus :haww:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Lun 14 Mai - 23:49

Bienvenue officiellement du coup ! J'ai hâte de voir ce que va donner ton perso. :siwi:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 0:07

Han :han: Je suis choquée :sad: Je voulais plus de Lagrans :laa: Ce prénom trompeur :sad:

Bienvenue à toi! Bon courage pour ta fiche et amuse-toi bien parmi nous! :keur:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 0:13

Un barbu. :siwi:

Bienvenue par ici!

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 0:37

Merci à vous pour l'accueil ! :**:

@Sixtine : à croquer, à croquer... c'est peut-être lui le grand méchant loup, qui sait ?  :siffle:
@Césaire : mais de même, en espérant que je ne sois pas trop trop rouillé.
@Castiel : en mal j'espère ? C'est que je ne voudrais pas décevoir ! :keu:
@Liselotte : moi de même ! Je n'ai pas encore lu les résumés des intrigues et donc je ne sais pas encore exactement jusqu'où je vais le pousser ce petit là, on verra bien, mais j'ai hâte d'en arriver au bout  :sisi:
@Marjolaine : héhé :angel:  Héritage de maman :P Pour un prochain perso peut-être  :coeur:
@Astarté : je me suis dit que l'artiste torturé glabre et pâle de type "vampire du XVIIIe" c'était peut-être un peu surfait, alors j'ai appelé la barbe de bûcheron à la rescousse, héhé :roc:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 0:40

Mon Dim d'amuuuuur :siwi:

Bienvenue :eheh: je vais bien m'occuper de toi :hihi: (bon ça passerait mieux dit avec Joséphine, mais c'est chiant sur téléphone 8D)

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 6:56

Bienvenue officiellement par ici :siwi:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 7:34

Bienvenue officiellement ! Bon courage pour la fiche !

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 7:56

Bienvenue fab :sisi: :vv: C'est trop bien les artistes. :sisi: :fan: (jedispasqueçaàcaused'Amarantemaisquandmême :arrow: ) Courage pour ta fiche :haww:

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The ones who seek justice will pray for it all their lives.

Gauthier parle en #69212E
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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 12:05

Ouuuuh ma Biquette, quand tu m'parles comme ça j'suis tout chose ! :danseuse:

Merci à tous pour votre accueil ! :haww:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 12:50

Bienvenue parmi nous, Narcisse ! :siwi:

(Je ne doute pas que tu t'y plaises, étant ramené par Biquette :red: )
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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 14:12

Bienvenue et bon courage pour ta fiche !

(j'ai cru un instant que c'était 'Khal Drogo' :love1: et j'ai aussi cru au Lagran *patpatMarjo* )

Vive les mâles avec des muscles et le poil luisant ! :eheh:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mar 15 Mai - 21:03

Bienvenue :salut:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Mer 16 Mai - 17:55

Merci encore ! :)

Au cas où la question se poserait, je pense que je devrais avoir ma présentation terminée pour fin du w-e (peut-être un peu plus, suivant l'avancée de certaines discussions qui doivent avoir lieu).

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Sam 19 Mai - 19:55

Bienvenue parmi nous :heart:
J'adore le prénom et le choix d'avatar !
Bon courage pour la rédaction de ta fiche :heart:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Sam 19 Mai - 21:58

Bienvenue, camarade cielsombrois :haww: Courage pour ta fiche et amuse-toi bien parmi nous :saute:

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Melbren #E65C00 – Lichen #A3581B











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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Lun 21 Mai - 3:38

Coucou Narcisse!
Je viens aux nouvelles! Tout se passe comme tu veux pour ta fiche? :cute:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Lun 21 Mai - 3:46

Hello !

Oui, ça avance ! J'ai pris un peu de retard par rapport à mes prévisions à cause d'une fin de semaine un peu chaotique, mais je suis en train de bosser dessus là. Entre la rédaction, lecture et commentaires de ma merveilleuse marraine et les corrections qui s'en suivront, ça se terminera tranquillement dans les prochains jours ! :mimi:

@Quintille & Melbren : merci pour l'accueil ! :keur:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Ven 25 Mai - 4:49

Point sur la prés' : rédaction terminée. Ne reste donc qu'à relire pour corrections, et voir avec marraine ( :amur:) si je n'ai pas raconté trop de conneries ! :mimi:

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Ven 25 Mai - 18:39

Présentation terminée !

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Message Sujet: Re: Narcisse de Croquelune   Sam 26 Mai - 14:29

Coucou !

Alméïde et moi relisons ta fiche, avec l’assistance de ta marraine qui nous apporte ses lumières !

Nous avons identifié une méprise relative aux cursus de l’Académie, qui rend caduque tout le début de l’histoire. :*_*: En conséquence, nous te listons plus bas les propositions alternatives qui rendraient possibles la majorité des éléments constitutifs de ton personnage. Si ces propositions ne te conviennent pas, n’hésite pas à revenir vers ta marraine qui pourra t’aider à en construire d’autres, la section Demandes et Questions est bien évidemment à ta disposition. :hug:

1/ INTRODUCTION
→ Pas de majuscule à « duché » ni à « empire ». :hihi:
→ L’identité de noblesse est tout de même fort en Sombreciel, même si Narcisse traite bien ses subordonnés, il aura un certain « orgueil de caste », il serait sûrement fier de ses racines ! :sisi:
→ Ton anecdote n’est pas vraiment une anecdote, du coup. :cute:

2/ INFORMATIONS GÉNÉRALES
→ Âge : Il a déjà 25 ans.
→ Dieux tutélaires : 7 dieux tutélaires, c’est un peu beaucoup ! Les dieux « tutélaires » sont vraiment ceux que ton personnage va prier régulièrement. S’il s’agit juste de prières occasionnelles de temps en temps, il ne s’agit pas de dieux de tutelle. Tu peux ajouter ces précisions dans ta fiche d’évolution par contre, c’est très intéressant ! Je te recommande d’en conserver 3 principaux, voire 4 s’il y a une raison majeure. :sisi: Nous nous servons de ces informations pour les intrigues et rebondissements, c’est important qu’on sache exactement où viser. :haww:

3/ HISTOIRE

1 - Prologue – Portrait de famille (977)
→ L’ajout d’un personnage inventé à une famille de PV ne peut se faire que sur aval du staff (cf ce sujet :  http://arven.forumactif.org/t2103-les-postes-vacants), et nous n’avons pas reçu de demande en ce sens, sauf erreur de notre part ? Idem en ce qui concerne la famille de Denys, du coup. :geu: On va s’arranger pour que ça colle avec Lierre-Réal, par contre il est incohérent d’avoir une Ancre-Fleurie parmi les ancêtres de Narcisse, cette famille n’est pas ouverte aux ajouts. :hide: Nous te recommandons de choisir plutôt une mère issue d’un domaine frontalier, par ailleurs, pour qu’il soit moins choquant qu’elle aille épouser un Cielsombrois – cela reste assez rare, même avant la guerre. Cf plus bas pour plus d’infos sur la maman idéale dans ton cas ! :face:
→ Pas de majuscule à « marquis », ni « comté », ni « prince » ! Tu trouveras des précisions sur les majuscules/minuscules dans la FAQ. :bro: Cette remarque est valable pour toute la fiche :keur:

2 – Sculpter son destin (988)
→ Comme dit dans les annexes, l’Académie ne propose qu’un enseignement théorique, et pas de pratique des arts. Nous te recommandons de ne pas envoyer Narcisse à l’Académie, du coup, vu que son passage ne lui apporterait pas grand-chose. Il peut rencontrer sa dulcinée dans un événement social comme il y en a régulièrement dans la noblesse (banquet, bal, etc).
→ Par ailleurs, l’héritier d’un domaine n’a que peu le loisir de s’intéresser aux arts manuels, il doit apprendre à gérer son domaine et ses avoirs. Nous te suggérons que Narcisse ait eu un frère aîné, avec lequel il aurait appris les bases de la gestion de domaine, lui libérant du temps pour s’intéresser aux arts pendant que l’aîné apprenait ce qui concerne Croquelune.
→ Garde bien à l’esprit que les fils et filles de la noblesse, particulièrement dans les très hautes sphères, ne sont pas forcément libres de se marier où ils veulent ! Les parents de Narcisse avaient sûrement des partis plus intéressants en vue, il n’en est pas fait mention dans ta fiche. :hihi:

→ On a tourné et retourné les possibilités dans tous les sens pour essayer de conserver l’essence de ton personnage. Voilà ce qui nous semblerait simple et cohérent : la mère lagrane de Narcisse viendrait d’une famille mécène de sculpteurs… sur bois, comme ça se fait en Lagrance, notamment dans l’industrie des figures de proue vendues aux voisins ansemariens. :**: C’est donc à la sculpture sur bois et pas à la peinture que Narcisse se serait intéressé petit, quitte à faire quelques séjours dans la famille de sa mère pour se familiariser avec la notion de proportions, d’occupation de l’espace, de trois dimensions, etc… Et cela aurait donc fait un point commun avec mademoiselle la Kyréenne, avec laquelle il pourrait échanger plus aisément, si elle-même provient d’une famille mécène de sculpteurs… sur pierre, cette fois, comme il est coutume en Valkyrion ? Ils peuvent ainsi correspondre très régulièrement et se voir de temps en temps dans les événements mondains. :moustache:
→ Pour intégrer Servius à l’ensemble en tant que meilleur ami, nous pouvons te conseiller que le père de Narcisse ait souhaité que ses fils soient instruits dans les techniques de combat, au cas où la diplomatie du continent échouerait à maintenir la paix (il y a eu des signes avant-coureurs de tensions croissantes depuis une vingtaine d’années) ; et ait fait venir un maître d’armes de Bellifère avec sa famille. Servius pourrait être un fils de ce maître d’armes, et avoir grandi avec Narcisse ? :disco: Cela justifie leur amitié et le fait que Narcisse se sente à l’aise avec les gens de la roture ? (Et Servius peut s’intéresser à la poésie du coup, dans cet environnement cielsombrois.)

3 – Retour en fanfare (993)
→ La demande en mariage est adorable. :siwi:
→ Du coup, si notre proposition te convient, il faudra modifier un peu la suite. Éventuellement, considérer qu’en tant que cadet Narcisse dispose d’un domaine à lui, éloigné du domaine principal, et que c’est là qu’il a vécu les deux ou trois dernières années ? (On aurait par exemple le marquisat de Croquelune, nom de ses parents, dont son aîné serait l’héritier, et lui aurait la baronnie de Porte-Brume, il aurait dû changer de nom en devenant marquis plus tard ? Ladite baronnie pourrait être à proximité de Valkyrion pour faciliter les relations épistolaires et les visites à Vigdis ?)

4 – Symphonie, à la mort et à la vie (994)
→ Du coup, pas de fils unique, mais plutôt pas d’autres enfants depuis ?
→ Et donc, c’est le grand frère qui devient marquis, pour le moment, ce qui permet à Narcisse de continuer ses activités artistiques avec Vigdis tranquillement dans sa baronnie, si ça te convient ?

5 – Gravé dans le marbre (995)
→ Dans cette partie, modifier les noms des domaines et les titres de chacun du coup. :geu: Servius peut donc sans souci conserver sa place dans la maisonnée !
→ Les marquisats n’ont pas de trône en Arven. :hihi:
→ MEH CEY TROP TRISTE :sad:

6 – Fausses notes (1001)
→ Cette partie est terriblement poignante ! :cute:

7 – Sous le canvas (1002) – [Roue Brisée]
→ « canevas », plutôt ? :hihi:
→ Si Porte-Brume, la baronnie de Narcisse, est près de la frontière kyréenne, elle ne sera pas occupée. C’est le frère aîné qui remet Croquelune au cousin Denys :sisi:

8 – Renouveau pour un soliste ? (1002)
→ Du coup, nous te suggérons que le frère aîné de Narcisse, né d’une mère lagrane, ait pu avoir une magie mineure latente jamais exploitée, mais suffisante pour tomber malade lors de l’épidémie, et en mourir, faisant de Narcisse le marquis de Croquelune ? Narcisse serait donc marquis depuis peu, ce qui permettrait de justifier son absence des évolutions politiques jusqu’ici ?

4/ QUESTIONS
→ Du coup Narcisse connaîtrait peu Lorgol, si notre proposition te convient ? Cela te permettra d’en découvrir plus en RP. :vv:

5/ REGISTRES
→ Et donc, Narcisse ne serait plus savant, mais artisan, si cela te convient toujours !

6/ TEST RP
→ Rien à dire :cute:

Ta fiche est vraiment d’une qualité remarquable ! :gnut: Nous avons beaucoup apprécié notre lecture, et le soin que tu as pris d’intégrer les intrigues et de rendre ton personnage réellement cielsombrois dans ses réactions (la demande en mariage, la mort des parents, la prostration, puis la longue descente aux enfers après le décès en couches de Vigdis, etc). :siwi: Ta plume est très agréable à lire et tu sembles avoir globalement bien compris l’univers et son fonctionnement.
J’ai personnellement bien hâte de te voir en jeu. :fan:

Nous laissons ton sujet de Demandes et Questions en place, si jamais tu as besoin d’éclaircissements !
Et pardon d’avoir tout déconstruit ton personnage. :argh:

Bon courage, pense à reposter dans le sujet des fiches terminées quand ce sera bon ! :bro:

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