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 Portrait flamboyant

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Les Savants
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Message Sujet: Portrait flamboyant   Mer 16 Mai - 13:39


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Eponine Aubenacre & Amarante de Nacarat

Portrait flamboyant

Où les roux, c'est bien.



• Date : 17 avril 1003
• Météo (optionnel) : Il fait beau
• Statut du RP : Privé
• Résumé :  Sans réelle occupation pour son après-midi, Amarante se décide à dessiner Lorgol, encore une fois, et ses bizarreries. Elle finit par se détourner des tours lorsqu'une fillette attire son regard. Un futur dessin en perspective... Et la sanguine se prête magnifiquement bien au rendu des cheveux roux.
• Recensement :
Code:
• [b]17 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3689-portrait-flamboyant]Portrait flamboyant[/url] - [i]Eponine Aubenacre & Amarante de Nacarat[/i]
Sans réelle occupation pour son après-midi, Amarante se décide à dessiner Lorgol, encore une fois, et ses bizarreries. Elle finit par se détourner des tours lorsqu'une fillette attire son regard. Un futur dessin en perspective... Et la sanguine se prête magnifiquement bien au rendu des cheveux roux.


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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Mer 16 Mai - 13:41

Installée confortablement contre le mur d’une des tours avoisinantes à celle de feue sa soeur, dont elle connaissait les propriétaires, une jeune rousse aux cheveux cascadant sur ses épaules feuilletait un grand carnet. Elle avait avec elle une petite sacoche, semblant de bonne facture et bien usée, qui pendait sur son côté droit. Ses doigts étaient sombres, comme salis par quelque chose qu’elle aurait utilisé, pour une quelconque raison.
Les rues étaient relativement calmes, à cette heure. La fin de la journée approchait, cependant, et Amarante – car tel était le nom de la rousse – se doutait bien que les étudiants allaient bientôt se ruer à l’extérieur de l'Académie pour profiter du soleil d’avril, courir les rues de la capitale des Peuples Libres pour se perdre un peu, profiter de l'ambiance printanière. Il faisait relativement beau aujourd’hui, selon des critères normaux.

Sufisamment beau, et suffisamment calme, pour pouvoir dessiner un peu. La moitié de sa journée avait été occupée à finir un tableau dont la livraison était prévue pour la semaine suivante : quelque vue de Lorgol, au petit matin. Rien d’humain, mais comme toujours fascinée par la cité, Amarante s’était dévouée à cette peinture avec la même ardeur qu’elle aurait terminé un portrait. Lorgol était comme un être, pour elle, et c’était avec dévotion qu’elle tentait de la représenter le plus possible. D’autres s’y employaient, bien sûr, mais on sentait dans leurs traits qu’ils voyaient les bâtiments avant son âme.
Tout l’inverse de la fille de Nacarat. Avec un petit sourire, ses yeux se posèrent sur un curieux arrangement de deux tours, inconnues demandant à être découvertes. Comme deux êtres qui cherchaient presque à se toucher, juste là...

Une sanguine à la main, les murs prenaient forme sur le papier avec une facilité déconcertante. Ici, ils tournaient, se fondaient dans une ligne qui suggérerait bientôt un renfoncement. Là, une fenêtre ouverte où un rideau gonflait un peu. On le devinait à peine, mais le trait sombre représentait à merveille la scène devant elle.
Ce n’était qu’un croquis, pour l’heure. Quelque chose pour elle.  
Combient de temps resta-t-elle là, approfondissant ce qui tenait de moins en moins du griffonnage et plus de l'étude ? Des passants s'arrêtaient, pour ceux qui n'étaient pas pressés. Elle n'était pas mal vêtue, sa robe sobre était d'une excellente facture, et si elle ne respirait pas la richesse elle n'avait pas l'air de ne pas être à sa place. On la connaissait, par ici, après tout.
La foule s'épaississait quelque peu, mais, bien installée, elle n'en avait pas grand chose à faire... Si ce n'était, quelquefois, pour relever la tête sur une personne particulière qui attirait son oeil.

Et puis là, soudainement. Un éclat roux, presque aussi roux que les traits de sang sur son papier. Interloquée, la jeune femme releva la tête, cherchant cette fois d’où cela pouvait venir. Peut-être était-ce un éclair d’inspiration qui la lança à la suite d’une petite fille rousse – et on l’espérait. « Petite ? Pardon, je… »

Carnet à la main, craie dans l’autre, deux tours grossièrement terminées sur le papier, elle avait stoppé la jeune. « Pardon, vraiment, mais je voulais savoir… Y aurait-il possibilité que je te dessine ? Ca prendra pas longtemps. Dix minutes. Peut-être quinze. Je cherche à travailler les couleurs, et… » elle leva son carnet, ainsi que sa sanguine avec un petit air contrit. « Voilà. Si tu ne veux pas, c’est rien. »
Elle en serait juste vexée.

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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Jeu 17 Mai - 1:05

La journée a été longue mais riche en connaissance et je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Le beau temps est revenu et la température se fait même plus douce. Un soleil dans ma vie, des rayons qui illuminent mon cœur d'un optimisme nouveau. Il faut dire que tout va mieux depuis quelque temps. La Trêve perdure toujours et j'évite de penser au jour où elle prendra fin pour me concentrer sur le moment présent. Encore mieux, tonton Géralt est réapparu. Vivant et en bonne santé. J'ai pleuré longuement en le serrant contre moi. Mais une part de moi a été effarée par le récit que j'ai eu. Tonton, pris par la Chasse, pourchassant maman. J'ai tremblé et j'en cauchemarde encore la nuit. Dire que la Chasse a failli avoir maman. Mais si ma peur est toujours bien là, je ne la laisse pas dominer. L'important c'est que tonton soit revenu et que maman soit sauve. Ce sont des faits. Ils sont là tous les deux, avec moi. La Chasse a libéré l'un sans pouvoir attraper l'autre et un certain espoir palpite en moi, encore plus fort. L'espoir que la Chasse n'est pas infaillible et que l'on peut en ressortir. L'espoir qu'il y a une issue à tout ça.

C'est donc avec un entrain nouveau que j'ai poursuivis mes études. Même le souvenir du Jour des Anciens a commencé à avoir moins d'ampleur. Les cicatrices de ce jour désastreux continuent de persister à certains endroits mais la plaie se referme doucement dans mon cœur. Je reste sur mes gardes, cependant, on ne sait jamais. Toutefois, je laisse la flamme de l'espoir réduire en cendres mes plus grandes craintes. Maman dit que je suis presque redevenue cette petite fille pleine de joie de vivre. Elle a peut-être raison. J'ai souvent le sourire aux lèvres et je m'enhardis même dans les cours en participant de plus en plus. Je sens une nouvelle confiance aussi m'habiter. Cela fait un an, un mois et une quinzaine de jours que je suis partie d'Aubenacre pour Lorgol et jamais la vie ne m'a paru si douce. C'est comme si je revivais. Comme si je n'ai été qu'un fantôme qui a pris de plus en plus de consistance durant cette année. J'ai l'impression de me retrouver. Mes oncles ne feront plus rien, Grand-Père est mort et tonton est revenu de la Chasse. Je sais que ces moments de bonheur ne vont pas durer. La Chasse reste toujours là et elle reste menaçante. Et la guerre continue de noircir l'horizon. Mais, pour le moment, la journée est belle, le temps est chaleureux et j'ai envie de faire perdurer cet état de bien-être en allant me promener un peu aux alentours de l'Académie.

Je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée et, en sortant du hall d'entrée, je me rends compte que beaucoup d'étudiants ont pris d'assaut la route menant aux belles tours de Lorgol. Je ne compte pas marcher pendant des heures mais me promener aux abords de la Ville Haute, m'enivrant de cette douceur printanière, ne me fera pas de mal. Je compte même trouver un petit banc sympathique où relire mes leçons du jour avant de retourner à l'Académie pour mes quelques devoirs, manger, flâner dans la bibliothèque et aller me coucher. Mon pas est léger et enjoué, mes cheveux détachés captent les rayons du soleil et je sens que les traits de mon visage sont totalement détendus. La bonne journée se poursuit ainsi. J'échange quelques mots avec une connaissance qui a la même idée que moi avant de bifurquer sur une autre route pour me rendre sur une petite place que je connais bien. Mais je n'ai pas le temps d'aller trop loin que déjà une voix féminine m'interpelle et je m'arrête, intriguée. Je n'ai pas l'habitude d'être appelée dans la Ville Haute. Certains me reconnaissent et me disent très aimablement bonjour mais nous ne sommes pas du tout du même rang. En dehors de réviser, me promener et me montrer discrète, je ne fais pas grand chose par ici. Surtout depuis que mon théâtre a été totalement brisé. Je regarde la dame qui m'a arrêté, les yeux agrandis par la surprise. Je mets un moment avant de comprendre vraiment ce qu'elle me demande. Mais elle est jolie. Elle a aussi une noble allure et des cheveux d'un roux aussi flamboyant que les miens qui m'inspirent aussitôt confiance. Dans sa main, un carnet et ses paroles prennent alors toute leur ampleur. La réaction ne se fait pas attendre. Je rougis aussitôt.

-M... moi ? je balbutie, interdite. Je... mais pourquoi moi ?

Dans ma surprise j'en oublie toute politesse. Mais je suis incapable de faire autrement pour l'instant. C'est vrai. Pourquoi moi ? Je ne suis qu'une petite fille.

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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Lun 28 Mai - 8:35

La ville semblait presque bourdonner d’activité. Vraiment. Ce n’était pas qu’une manière de dire qu’elle était remplie de gens, et que ces mêmes personnes vaquaient toutes ensemble à leurs occupations, non, vraiment. C’était presque un véritable bruit, diffus, vivant. Il se répercutait sur les pierres et les pavés, et ce serait presque ça, qu’Amarante avait envie de dessiner. Presque. Parce que le son, aussi intriguant qu’il était, aurait plus de mal à figurer sur une toile. Elle avait du mal avec les concepts abstraits : la mort, le son qu’elle aurait pourtant presque pu représenter tant il semblait présent, l’instant. Elle saisissait ce qui était, inconsciemment ce qu’elle ressentait quand le tableau était plus personnel. Mais les concepts, tout ce qui touchait de près ou de loin aux choses que tous expérimentaient, elle n’y arrivait pas. Même si elle avait voulu être peintre des masses et représenter pour le plus grand nombre, elle avait vite compris que ça ne serait pas possible. Que chacun trouverait dans sa peinture ce qu’elle ne voulait pas forcément y mettre. Ou rien, aussi. Alors la vie, la mort et le bruit jamais ne seraient immortalisés.

Mais Lorgol, elle, le serait. Lorgol et tous ces gens, Lorgol et les jeunes fillettes rousses qui s’y perdaient. Un instant, la peintre se demanda si elle ne devait, quand même, pas paraître trop menaçante ou louche. Oh, louche, sûrement : ce n’était pas la première fois qu’elle s’aventurait par ici, et les passants continuaient de la voir presque comme un élément du paysage. Mais elle n’en demeurait pas moins louche, la jeune aux cheveux couleur de feu à peine ravivé et au carnet où se profilaient des visages à moitié esquissés, entre deux vues de Lorgol qui semblaient presque plus vraies que nature. Elle demeurait louche. Menaçante…

Elle n’était pas bien grande, la Lagrane, mais face à une enfant ? Elle le devenait tout de suite plus.
La petite balbutiait, visiblement un peu perdue, sans doute loin d’être habituée à cette attention… Ou à ce genre de demandes, quand on y songeait. La pauvre. Amarante devait sembler définitivement folle. Ou bizarre. Ou les deux. C’était vrai que Lorgol, ce n’était pas l’Académie où elle avait fait circuler ses portraits pendant des années – où Crisinthe était encore accrochée, merci de ne pas y penser –. Ici, les gens ne savaient pas forcément ce qu’elle s’amusait à faire.
« Pardon, je ne veux pas te faire peur. » Elle pencha la tête, en lui tendant le carnet. Histoire qu’elle puisse regarder, s’assurer qu’elle ne faisait pas ça sans raison. « Toi, parce que tu es encore jeune et que je voudrais bien te dessiner. Tes cheveux, également. Ils sont beaux, je n’ai eu que peu l’occasion de travailler sur ce genre de couleur depuis que j’ai quitté l’Académie et ça me manque un peu. Et aussi… Je ne sais pas. Ca te gêne ? »

Les mains sagement ramenées devant elle, ses doigts fins cachant quelques callosités discrètes, elle pencha la tête alors qu’une de ses mèches dégringolait le long de son propre visage, libre et joueuse. « Tu garderas le dessin, après. C’est juste pour m’entraîner. Je commence à m’ennuyer des tours et des fontaines. »


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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Ven 20 Juil - 1:48

C'est bien la première fois qu'on me fait une telle proposition. Lorgol continue de me surprendre de jours en jours. On l'appelle la ville aux milles tours, mais c'est également la ville des milles surprises. J'attrape son carnet, contemplant avec une réelle admiration le tracé délicat qui orne chacune des pages. Fascinée, je reste bloquée devant certains dessins avant de me souvenir que ce n'est pas à moi, que sa propriétaire veut sûrement le récupérer et qu'elle attend une réponse de ma part.

-Pardon ! je fais en lui tendant son carnet, un peu paniquée. Vous... enfin vous dessinez si bien !

Le compliment vient du cœur et sort de ma bouche sans que j'arrive réellement à la contenir. Mais c'est la pure vérité. J'en profite pour la détailler un peu plus. Elle est belle et a l'apparence d'une noble dame. Seuls ses doigts rendus gris par ses doigts dénotent avec son élégance naturelle. Mais ça ne l'enlaidit même pas, bien au contraire. Et ses cheveux de feu accrochent la lumière du soleil. Je note distraitement qu'on a exactement la même chevelure. Cette couleur qui a attisé beaucoup de moqueries de la part de mes camarades quand je vivais à Aubenacre. Sujet de moquerie hier, attise l'envie d'une peintre aujourd'hui.

-Je... si ça vous rend service alors oui, je lâche dans un souffle. Mais... mais je n'ai rien à vous donner en échange.

Je tâte ma besace, dans l'espoir d'y trouver quelques pièces mais il n'y a rien. J'ai tout laissé dans ma chambre pour ne pas dépenser inutilement les quelques pièces que tonton Géralt ou maman me donnent. Je dois faire attention à l'argent, nous ne sommes pas riches. Mais ça me gêne tout de même de n'avoir rien à offrir en échange. Peut-être est-ce sa passion, mais on dit que tout travail mérite salaire et je vais occuper un peu de son temps pour recevoir un cadeau de sa part et tout ça sans rien lui donner en échange. Ce n'est pas très juste. L'unique chose que j'ai sur moi, au final, c'est mon carnet de poème. En fait, savoir écrire c'est bien pratique. Maintenant, tout mes poèmes sont consignés dedans et je peux aller les lire ensuite à maman, sans avoir peur d'en oublier. Bon, j'ai tellement pris l'habitude de tous les retenir par cœur que je n'en ai pas réellement besoin mais ça fait travailler mon écriture et j'adore lire. Puis je suis fière de pouvoir lui dire que je les ai bien écris dans un des carnets que m'a offert tonton Géralt avant d'entrer à l'Académie. Enfin, autant dire que je n'ai pas grand chose. Je ne vais certainement pas la payer avec mon carnet de poésie. Il n'a aucune valeur. Et puis c'est un secret entre maman et moi.
Je n'ai pas de bijoux, très peu d'argent et j'ai cassé mon théâtre. De toute façon, je ne suis pas sûre qu'elle soit intéressée par une théâtre de marionnette en tissu. Le visage du prince s'impose à moi, image furtive bien vite estompée. Je rosis légèrement à ce doux souvenir. Lorgol est une ville incroyable où se côtoie les plus grands, les plus riches et les plus pauvres. Je ne pensais pas faire un jour une aussi incroyable rencontre. Tout comme je ne pensais pas un jour me faire aborder par une peintre désirant faire mon portrait. Tout ceci est aussi incroyable que merveilleux. Et, comme bien souvent, je bénis tonton Géralt et maman de m'avoir envoyé loin de Bellifère. La vie ici est tellement mieux. Et malgré tout ce que j'ai pu vivre lors du Jour des Anciens, je ne regrette absolument pas d'être à l'Académie. J'ai sûrement eu la peur de ma vie mais je préfère encore vivre un autre jour comme celui-là plutôt que de retourner vivre avec mes autres oncles. Au final, quand j'y pense, les Chiens sont effrayants et menaçants et ont hanté nombreuses de mes nuits, mais ils me font cent fois moins peur que mes oncles et que grand-père. Ça c'est une réelle certitude.

-Pardon, je répète, sortant de mes sombres pensées. Je réfléchissais.

Oui, ça elle a bien dû le remarquer, elle n'est pas stupide. Qu'est-ce que je peux sortir comme bêtises parfois !

-Y a-t-il quelque chose que vous voulez en échange ?

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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Lun 30 Juil - 12:54

Pendant plus qu’un instant, en fait, Amarante eut l’impression d’avoir effrayé la jeune fille. Ce qui était, probablement, la dernière des choses qu’elle souhaitait faire. On ne traumatisait pas les jeunes enfants, enfin ! Amarante ! La culpabilité l’envahit, pendant presque une minute. Et puis elle repartit comme elle était venue : la petite était sûrement plus effrayée qu’une dame veuille avoir sa propre tête sur un carnet quelque part dans Lorgol que par elle-même. En tout cas, l’admiration fugace et le compliment brut qui sortirent, l’un de son regard, l’autre de sa bouche, firent le plus grand bien à la rousse. Au moins n’était-elle pas totalement insensible à ce qu’elle voudrait faire d’elle… Bon, il fallait l’admettre, là, cette pensée était légèrement étrange et pouvait mettre mal à l’aise. A éviter. Au moins n’était-elle pas totalement insensible à la manière dont elle voulait la représenter.

Mieux. Il lui semblait.
La suite amena un froncement de sourcils un peu étonné sur le visage d’Amarante. Allons bon. Elle l’arrêtait en pleine rue pour lui demander si elle voulait bien l’aider, elle n’allait pas non plus la faire payer ! Elle n’était pas Ansemarienne ! Parce que sur ce point, elle était à peu près sûre que nombre de ses collègues au talent moindre se feraient un plaisir de taxer une petite innocente en plus de vouloir s’entraîner. (Oui, elle crachait sur ses concurrents. Mais c’était uniquement parce que ceux qu’elle avait en tête avaient un comportement des plus déplorables, qu’il s’agisse de la manière dont ils peignaient ou de leur comportement social)

Elle sembla se plonger dans une courte réflexion, la jeune, et Amarante se dit que, définitivement, elle avait du bien lui faire peur pour qu’elle réagisse comme ça. Peut-être même planifiait-elle de s’enfuir en courant ? Enfin, ce n’était pas comme si elle lui avait demandé non plus de se mettre à poser de manière incongrue ! Ce n’était qu’un portrait. Un visage, qu’elle emporterait chez elle.

« Non, non, ne t’en fais pas. Je ne veux rien. » tenta-t-elle de la rassurer. Son carnet de retour entre les mains, elle eut un sourire d’excuse. « C’est une ancienne habitude que j’ai prise à l’Académie, j’arrêtais les gens dans les couloirs, et je leur offrais après. C’est pûrement pour m’entraîner, tu ne me dois rien, juste si tu veux bien m’accorder un peu de ton temps ? » Elle pencha la tête, les yeux pleins d’excuse. « Je te promets que je ne veux rien. Je sais pas si tu dessines ? Si tu… Ecris ? » Si elle savait écrire, la pauvre choupette, même  en plein coeur de la Ville Haute, on ne pouvait pas trop le savoir. « Mais des fois, tu as besoin de t’entraîner, et tu ne sais pas ce que tu veux faire. Et là c’est soudain, et la réponse arrive en un éclair. »
Bon.

L’explication n’était pas des plus claires, mais elle avait le mérite de bien s’expliquer sur ce qu’elle attendait. Juste de quoi pratiquer son art, s’exercer, et peut-être offrir à une gamine de quoi afficher dans sa chambre – ou le jeter, si elle ne s’estimait pas satisfaite.  « C’est juste pour pratiquer. Je ne garderai pas l’image après, tu la prendras avec toi. Tout ce que je te demande, c’est un peu de ton temps. Même pas trop. »

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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Lun 13 Aoû - 0:08

Une élève de l'Académie. Comme moi. Enfin, une ancienne élève de l'Académie. Et puis elle a les cheveux roux. C'est comme un lien étrange qui nous a réuni toutes les deux. Peut-être est-ce Aly qui nous a guidé l'une vers l'autre ? Dans la famille, je suis la seule à avoir des cheveux d'un roux aussi flamboyants. Enfin, il paraît que grand-mère les a aussi. Les avait. Elle a disparu, on sait pas ce qu'elle est devenue. Peut-être qu'elle est morte. On ne sait pas. Enfin, j'espère qu'elle est vivante. C'est ma grand-mère après tout. Je ne sais que ce que maman a pu me raconter. J'aimerai bien la rencontrer un jour. Je la fixe avec attention. Je comprends aussi ce qu'elle veut dire. Alors je hoche la tête, certes un peu timidement, mais tout de même rassurée. Je fais la même chose avec les poèmes. Ça vient comme ça parfois. Parfois l'inspiration est là et j'ai envie d'écrire quelques mots, quelques bouts de phrases. Avant je faisais ça dans ma tête mais depuis que Aubrée m'a appris à lire et à écrire... je fais encore des fautes, mais c'est plus pratique comme ça.

-J'ai du temps, j'allais... réviser un peu.


J'hésite un instant. Bizarrement, je me sens un peu liée. Pas que à cause de l'Académie ou de la couleur des cheveux, mais par son côté... artiste. Je suis pas une artiste, mais c'est la première personne que je croise qui partage un peu une passion que je connais. Je n'ai pas la prétention de penser être aussi talentueuse qu'elle, mais je ressens ce même amour pour la poésie. Et je ne connais personne autour de moi qui partage ça.

-Je comprends... moi j'écris. Des poésies.

C'est sorti tout seul et je la regarde avec une réelle surprise. Je n'ai jamais dit ça à personne. C'était mon secret entre maman et moi. Et voilà que je le partage avec quelqu'un d'autre ! Qu'est-ce qu'elle dira ? Elle m'en voudra ? Non. Maman ne m'en voudra pas, ça m'étonnerait. Peut-être même qu'elle sera heureuse de savoir que j'ai ressenti le besoin de le partager. Parce que si je le dis, c'est que j'en ai ressenti le besoin.

-Y a que ma mère au courant, précisé-je comme si je jugeais ça très important. Avant je savais pas écrire alors je les retenais dans ma tête. Mais ma cousine m'a appris à écrire depuis peu et du coup je les note.

Mais qu'est-ce que je raconte ? Je suis entrain de lui raconter toute ma vie... comme si ça l'intéressait. Je dois l'ennuyez avec toutes mes histoires !

-Pardon, je parle beaucoup. Heu... vous voulez que je me mette où ? Et que je fasse quoi ?

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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Mar 14 Aoû - 23:55

Enfin, la petite semblait comprendre ce que la peintre tentait, vaguement et presque vainement, d’expliquer ! Elle se doutait bien, Amarante, qu’elle n’était pas stupide. Sinon elle n’aurait pas attrapé son œil. Sinon, elle aurait sans doute déjà fui, ou aurait tenté de s’emparer du sac que la fille de Nacarat emportait de partout avec elle. Sinon, elle n’aurait pas eu si peur, mais n’aurait pas non plus eu le courage de lui parler, l’aurait envoyée depuis longtemps voir ailleurs, paître et autres synonymes signifiant que sa présence et sa demande étaient totalement incongrues.
Le fait qu’elle mentionnât des révisions la fit doucement sourire. Sans doute une élève de l’Académie. Petite Savante ? Petite Mage ? Elle demanderait. Enfin, si celle-ci voulait bien le lui dire, évidemment. La pauvre, elle devait déjà se sentir quelque peu agressée par l’espèce de folle rousse qui lui demandait un dessin d’elle. Si en plus Amarante commençait à lui demander des renseignements personnels, elle allait finir par être très, très angoissante. Et pourtant…
Pourtant, la peintre aimait à croire qu’elle ne faisait pas peur. Enfin, elle l’espérait.
Attrapant son carnet, pour en tourner une page afin d’en prendre une autre, elle faillit manquer le regard de surprise de la petite. Comme si elle lui avait dit un secret, quelque chose qu’elle ne s’attendait pas à lui confier sur elle-même… Et Amarante, au fond, toujours un peu imbue d’elle-même – il en fallait, dans ce bas-monde –, se sentit presque flattée qu’on le lui confiât.
« Oh, des poèmes ? C’est superbe, de faire de l’art de cette manière. » dit-elle avait un franc sourire. Elle ne savait pas manier les vers. Les mots, oui, quand il le fallait, mais elle n’avait pas au fond d’elle le talent nécessaire, la musicalité sans doute, pour réussir à composer une poésie. Elle laissait ça à ceux qui savaient le faire, comme la petite en face d’elle.

Elle eut un petit rire, agitant la main qui tenait la sanguine – parfait pour le portrait, et la lumière du jour sur les cheveux de la jeune donnerait l’exacte même couleur, si elle fonçait quelque peu. Juste parfait. « Tu peux parler, ne t’en fais pas. Hm... » Amarante jeta un regard autour, avisant un banc, sur la place proche, non loin d’une fontaine. Le décor importait assez peu au final, mais il fallait que la petite soit confortable et qu’elles ne gênent pas les passants. Elle lui désigna le banc, en s’en rapprochant. « Assieds-toi là, et regarde-moi. Tu peux parler, mais pas trop bouger ? Enfin, tu ne te mets pas à sautiller dans tous les sens... » elle s’installa un peu en face d’elle, avec un hochement de tête.

« Tu me disais donc que tu faisais des poèmes. Je trouve ça adorable… C’est une forme d’art très très belle. Un peu comme de la musique dans les mots. » Elle commença, doucement, à tracer sur son papier, ses yeux sautant de la feuille au visage de la jeune fille. « Tu peux me tutoyer, tu sais. Je m’appelle Amarante. »

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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Sam 15 Sep - 0:12

J'avance, hésitante, ne sachant pas trop que faire ni où me mettre. Je joue avec mes doigts, les tortille dans tous les sens. Mais la jolie dame arrive à me rassurer et me convaincre et je m'installe sur le banc, suivant ses instructions au pied de la lettre. Ainsi assise, je me sens un peu nigaude. Comme maladroite. Je ne dois pas bouger, je ne veux surtout pas la faire rater. Le menton me gratte. J'ose pas bouger... oh et la jambe aussi. Et le bras. Le coude. Quelle horreur, j'ai envie de me gratter. Et c'est quoi qui me chatouille ainsi ? Un cheveu sur mon cou ? Je devrais le retirer, je devrais le...

-Moi c'est Eponine.


J'ai parlé sans réfléchir. Et soudain, comme par magie, tout disparaît. Je crois que j'ai pas l'habitude d'être ainsi fixée en restant immobile. C'est bien la première fois qu'on me fait une telle demande. J'essaye de me laisser aller, de ne pas me focaliser dessus. De penser à autre chose. Et elle a raison dame Amarante. Parler, ça aide. À se détendre. Et à oublier un peu le regard qu'elle pose sur moi. Et parler des poèmes...

-Oui c'est ça, soufflé-je, ravie de voir qu'elle me comprend. C'est un peu ça. J'aimais beaucoup inventer des comptines. Je les chantais à maman et des fois on les chantait ensemble, c'était bien. Puis j'aime beaucoup trouver les noms qui vont ensemble, ça fait de jolis sons, une façon de parler qui chante.

Ça soulage. En fait, avant aujourd'hui, j'en ai jamais parler à personne. Je les compte à maman mais c'est différent. C'est comme si je partage quelque chose avec dame Amarante. Quelque chose en dehors de nos cheveux. Quelque chose de plus profond. L'art peut-être ? Mais je suis bien loin d'être une artiste. Je compose des petits poèmes parce que j'aime ça et aussi par habitude.

-Et puis, c'est aussi le meilleur moyen de décrire les paysages à maman, je poursuis avec assurance. Elle peut pas voir alors comme ça j'ai l'impression que je rends le monde vivant à ses yeux quand je lui décris.

C'est aussi comme ça que tout à commencé. Décrire la houle dans l'océan donne davantage d'ampleur à la vague lorsque l'on rajoute des rimes. Et, si elle entend l'océan, le poème s'impose à son esprit et la vague déferle vraiment sous ses yeux. J'en suis convaincue en tout cas. Puis, petit à petit, c'est devenu une véritable habitude. Pour tromper l'ennui. Pour aussi pouvoir les partages avec des amis. Des fois je me suis imaginée jouer avec les autres enfants d'Aubenacre et qu'on chante tous les comptines. Et, à force, les rimes sont devenues mes amis. Et même ici, je continue de prendre le temps de le faire. En même temps, j'ai tellement de choses à décrire. L'Académie est une véritable source d'inspiration. Lorgol également. La Ville Haute, la Ville Basse, elles ont toutes les deux une beauté qui leur est propre tout en se fondant avec harmonie pour ne former qu'une seule et même ville. Et, dominant cette vie trépidante, l'Académie, vibrante de magie et de savoir. J'ai de quoi me sentir inspirée. Après, avec les cours, j'ai moins le temps, c'est vrai. Mais je le fais tout de même, comme ça, quand je retrouve maman, je continue de tout lui décrire en poésie. C'est tellement plus joli.

-Et vous ? Vous dessinez depuis longtemps ?

Étrangement, je me sens à l'aise. C'est bien la première fois que je me sens autant à l'aise avec une inconnue. J'ai la sensation qu'elle me comprend et parler ainsi de la poésie me retire toute timidité et délie ma langue. L'idée que tout mon bavardage la dérange ne m'effleure même pas l'esprit. Enfin si, mais elle ne me bloque en rien. Je pourrais continuer à parler ainsi encore longtemps.

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Message Sujet: Re: Portrait flamboyant   Ven 28 Sep - 23:23

Si Amarante ne pouvait se targuer d’avoir entièrement gagné la confiance de la petite, au moins pouvait-elle se réjouir de lui avoir arraché son nom, et un sourire. Un petit ravissement, l’impression que si elle n’était pas la personne en qui Eponine placerait instinctivement sa confiance dans une situation où elles pourraient toutes deux se retrouver, au moins n’aurait-elle pas envers elle la plus grande des méfiances. Elle savait, la rousse Lagrane, que le regard qu’elle poserait sur elle pendant toute la séance improvisée serait quelque chose de nouveau pour la petite : elle apprendrait, sans doute, que le regard tire la vérité de l’instant qu’on le veuille ou non. Elle se confierait, soit par peur de se voir révélée instinctivement – certains en souffraient sans se l’avouer. Elle se confierait, sinon, pas ennui, par besoin de parler. Personne ne restait jamais silencieux – et Amarante savait pousser à la discussion si le besoin était.

Quand vous étiez sous le regard d’une personne qui vous retraçait, votre vie s’étalait. Quand on vous dessinait, même brièvement, il y avait toujours au fond de vous cette petite peur, cette minuscule appréhension, ce souvenir dont vous ne vouliez pas entendre parler. Et si, justement, ça, ça se voyait ? Si la personne devinait ?

Alors le modèle parlait. Il parlait, de manière consciente ou non, pour effacer et redessiner sa vérité. Pour que sur le support, quelqu’un d’autre apparaisse. Des fois, ça marchait. Des fois.
Pour l’heure, on ne voulait pas savoir pourquoi la jeune lui racontait tout ça. Avec un sourire, Amarante écoutait, sa sanguine dansant, ajustant, modelant les traits comme s’il eût s’agît d’autre chose, d’un monde qu’elle referait à sa guise, encore jeune, encore à créer pour représenter celui d’en face. Amarante écoutait, et les traits s’adaptaient en fonction. Là, ils accentuaient sa bouche, ses cheveux, ils donnaient vie. Ici, ils soutenaient, au contraire.

« C’est fantastique que tu permettes à ta mère de voir par ce que tu lui racontes. » Amarante avait du mal à imaginer un monde sans visuel. Elle était les couleurs, elle était les formes, elle était la vue, la vérité par les yeux d’autrui, le monde représenté pour la postérité, le regard de l’Histoire ! ( et elle était aussi tellement modeste et humble sur ses capacités, mais bon, passons) Elle était tout ce qu’Eponine racontait à sa mère, une mère pour qui la notion même du travail de la peintre serait sans doute inconnu. Encore que… Il y avait l’histoire farfelue du peintre aveugle, qui peignait les sensations et les sons.

« Je dessine depuis que je suis petite. Mes parents sont très attachés à l’art… Mais ce n’est pas pour eux que j’ai fait ça. » Elle s’arrêta un instant, le temps de réfléchir, avant de repartir de plus belle sur le papier. « J’ai commencé les portraits quand ma sœur est partie à l’Académie. Puis ensuite, j’ai peint… Et je n’ai jamais su m’arrêter. Là où tu mets des mots, je mets de la peinture, ou de l’encre, ou n’importe quoi, pour que le trait reste. » L’idée semblait être la même. « Tu étudies quoi, à l’Académie, au fait ? Je ne t’ai pas demandé avant. »
Elle avait dit réviser, et venait de la direction de celle-ci. Alors, forcément…

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Elle ne perd jamais de vue le coeur de la cible : créer. Se survivre à soi-même, et vaincre sa propre mort. L'oeil rivé au but, elle vise l'immortalité.




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