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 La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît

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La Cour des Miracles
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Message Sujet: La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît   Jeu 17 Mai - 16:12


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Tara Mille-Visages & Tyr Parle-d’Or

La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît




• Date : 16/02/1003
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Fermé.
• Résumé : Tyr se pose mille questions, suite à sa rencontre avec la Tara d’aujourd’hui, dans la trame alternée. Après avoir relié les points, incapable de nier l’évidence même, Tara décide de briser le silence et de se révéler enfin à lui sous sa véritable identité.
• Recensement :
Code:
• [b]16/02/1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3693-la-plus-evidente-des-verites-un-mensonge-qui-nous-plait] La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît[/url] - [i]Tara Mille-Visages & Tyr Parle-d’Or[/i]
Tyr se pose mille questions, suite à sa rencontre avec la Tara d’aujourd’hui, dans la trame alternée. Après avoir relié les points, incapable de nier l’évidence même, Tara décide de briser le silence et de se révéler enfin à lui sous sa véritable identité.

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Dernière édition par Tyr Parle-d'Or le Sam 19 Mai - 23:23, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît   Jeu 17 Mai - 16:13

J’arrachai une nouvelle feuille à mon carnet, qui virevolta jusqu’à rejoindre les autres. Les dizaines d’autres dessins et croquis griffonnés, d’une main acharnée, d’une obsession grandissante. Elle était là, comme si elle reprenait vie. Tara souriante. Tara frondeuse. Tara enjouée. Tara en colère. Tara… Si triste. Une dizaine de portraits recouvraient le sol du bureau, capturant chacune des mimiques que je lui connaissais dans son adolescence, retranscrite sur un modèle plus âgé, celle aperçue dans cette trame chamboulée.

Une autre feuille chuta. Tara, hurlant à l’injustice.
Je me sentais si vide de l’intérieur, et pourtant, ce dernier trait de crayon frénétique représentait avec magnificence ce cri muet, d’un esprit dans la tourmente, meurtri. Je ne savais même pas si je désirais réellement la revoir, si elle n’aurait pas mieux fait d’être morte pour de bon. Tout se serait achevé. Tout était mieux, plutôt que cette longue et atroce déchirure qu’elle avait exercée sur mon âme. Mais au fond de moi, je le savais, depuis toujours. Comment expliquer sinon, que je ne sois pas parvenu à faire mon deuil en vingt longues années, que je n’ai pas tout simplement abandonné cette idée de vengeance ? La douleur était encore vive, bien présente. Elle était ravivée, pour être exact, par ce spectre du passé qui me hantait.

Et ce regard… Ce n’était pas la première fois que je l’avais entraperçu. L’évidence s’était offerte à moi avec force, un choc qui avait menacé de me faire perdre l’équilibre. Tara était Tara. Le mensonge était si gros, qu’il était presque passé inaperçu. En vérité, elle m’avait menti pendant vingt ans, mais je m’étais également menti à moi-même. J’avais recoupé les éléments, les témoignages, avec toujours ce mot sur les lèvres : Impossible. La description collait parfaitement au visage que les enfants des miracles avaient pu apercevoir, à Roc-Epine. Cruelle ironie que sa magie défaille, que la vérité soit révélée au grand jour, dans cet endroit même qui l’avait condamné. Tara était Tara, tout simplement. Et mon refus de la nommer par ce prénom, comme une plaie déchirante en mon cœur, n’était qu’un aveu constant de mon désir de continuer de la croire morte.

Je la haïssais. Je me haïssais.
Le temps était passé, mais Tara se donnait beaucoup de mal pour m’éviter depuis les événements tragiques de cette trame alternée. J’aurais sans doute voulu la confronter, mais j’avais gardé la bride serrée à mon esprit qui s’emballait à chaque nouvelle théorie, dans sa recherche constante de vérités. J’étais bien trop en colère contre elle, et contre moi, pour briser ce reflet. Je ne savais même pas si je serais un jour capable de lui pardonner vingt années de mensonge. Vingt années de ma vie à vivre avec son fantôme. N’aurait-elle pas pu tout simplement venir me trouver, souriante et enjouée comme souvent, à m’écrier : « Hey, Tyr ! C’était une blague. Je ne suis pas vraiment morte, tu sais ? » Alors pourquoi ? Pourquoi ?!

Je m’étais enfoncé dans mon siège, éprouvé. Je fixai les flammes, en silence, comme mort de l’intérieur, laissant les croquis lui faire prendre vie autour de moi. Le sommeil m’avait pris en traître et l’âtre s’était réduit à quelques brises timides en ce début de soirée. Je réprimai un sursaut à entendre quelqu’un toquer à la porte de mon bureau, avant que la porte ne s’entrouvre. Je ne la regardai pas immédiatement, craignant que cette colère sourde ne me prenne à la gorge à sa simple vue. Je reconnaissais sans peine sa démarche maintenant que je savais qui se présentait devant moi. Je restai l’expression fermée, froide et distante. « Je me demandais combien de temps tu prendrais à franchir cette porte, Tara. »

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Message Sujet: Re: La plus évidente des vérités ? Un mensonge qui nous plaît   Sam 19 Mai - 18:57

Je souffle doucement sur la fenêtre, regardant le givre qui s’est déposé sur les carreaux fondre un peu, suffisamment pour que je m’amuse à dessine dessus. Un bonhomme bâton. L’image devrait me faire sourire. Après tout, je n’ai jamais été douée pour le dessin, c’était Tyr qui savait y faire. Qui sait toujours d’ailleurs. Mais mes lèvres ne frémissent qu’à peine alors que je laisse filer un profond soupir qui semble se répercuter dans le silence de la pièce. Je sais que je ne fais que retarder l’inévitable une nouvelle fois, mais, depuis que je suis revenue, j’ai encore plus de mal à me décider.

J’effleure mon ventre, encore plat, essayant de ne pas songer que j’ai perdu l’esprit même si, au final, cela rendrait les choses plus faciles. Après tout, si je n’ai plus toute ma tête, ce n’est pas si grave si je perds Tyr pour de bon non ?

Sauf que je l’ai déjà perdu. Depuis près de vingt ans.

Je pourrais le retrouver. Peut-être. Même si je ne sais pas comment. Si j’ai vu dans son regard lorsque notre réalité est revenue nous heurter de plein fouet qu’il n’avait pas la moindre idée de qui j’étais vraiment, le temps a passé. Et il a compris. Je ne saurais pas dire quand ou de quelle façon, même si, au fond, cela n’a guère d’importance. Peut-être est-ce devenu plus flagrant lorsque je suis revenue il y a quelques jours, parée d’une illusion si ténue qu’il n’était pas si difficile de me reconnaître. Et de toute façon, je ne suis même pas sûre d’arriver à la maintenir bien longtemps au vu de la façon dont elle semble réagir à la moindre de mes sautes d’humeur. Peut-être avait-il toujours su, sans l’accepter.

Mais maintenant, le mur s’est fissuré. L’illusion est tombée et, s’il me reconnaît maintenant, s’il sait qui je suis, je suis persuadée d’y lire une colère, une haine même, à mon encontre. Et j’ai peur de l’affronter. Les années n’ont en rien adouci la douleur d’avoir perdu celle que j’étais, de m’être perdue dans les méandres des illusions que j’ai créées. Le voir si proche et pourtant si loin de moi n’a été qu’une douleur supplémentaire que j’ai portée avec moi pendant des années.

Je finis par inspirer longuement, serrant les poings alors qu’Archimède me regarde, la tête penchée sur le côté. Et je murmure, d’un ton à peine audible. « … et s’il refuse de me voir ? De me parler ? » Il m’assène un petit coup de tête affectueux au niveau de la main et j’ai un sourire un peu triste. Je n’ai plus le choix de toute façon, je ne peux pas reculer plus longtemps. Je ferme les yeux quelques instants avant de finir par quitter ma chambre, me faufilant dans l’ombre pour aller retrouver mon frère dans son bureau.

Je réprime un frisson alors que je passe la porte, alors que je ne cesse de me répéter de ne pas faire demi-tour, de ne pas m’enfuir une nouvelle fois. Ce serait tellement plus simple après tout, cela m’éviterait d’avoir à l’affronter, de voir à quel point il me déteste, à quel point je me déteste d’avoir agi de la sorte. Mais Archimède se faufile sous mon bras pour se poser sur le bureau de Tyr et hululer à son attention. Je déglutis, incapable de savoir par où commencer et je me contente de souffler, à mi-voix. « J’ai failli ne pas venir. Me bercer de l’illusion que tu ne saurais jamais qui je suis vraiment était plus… facile. Et colle parfaitement avec l’image de lâche que tu as me concernant. Et qui n’est probablement pas si erronée que j’aimerais bien le croire. » Je soupire, m’installant devant lui sans lui demander l’autorisation. Je me tort nerveusement les doigts avant de reprendre, me morigénant intérieurement du ton peu assuré que j’ai. « … je ne sais même pas par où commencer Tyr. Vraiment… je suis tellement désolée. Je ne voulais pas que les choses se passent comme ça ... » Je soupire longuement, incapable de trouver les mots. Pourtant, j’ai imaginé ce face à face tellement souvent depuis que nous nous sommes croisés dans cette autre vie. Mais jamais il ne m’avait regardée comme ça, jamais je n’avais eu l’impression que c’était déjà trop tard. Beaucoup trop tard. Et il va falloir que j’accepte que je l’ai perdu pour de bon.

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