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 L'art d'attraper les libellules

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Message Sujet: L'art d'attraper les libellules   Lun 21 Mai - 3:16


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Sifaï Sinhaj & Anwar Sinhaj

L'art d'attraper les libellules



• Date : 28 avril 1003
• Météo (optionnel) : Beau temps
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Logeant encore chez Astarté, il a insisté pour aller faire quelques courses pour elle.  Au beau milieu des marchés de Vivedune, il croise Sifaï avec qui il cherche à prendre contact.  Les derniers événements ont été non seulement bouleversants, mais ont aussi menés au rapatriement des Voltigeurs erebiens.  Comment tant de changements affectent-ils cette cousine?
• Recensement :
Code:
• [b]28 avril 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3702-l-art-d-attraper-les-libellules#138972]L'art d'attraper les libellules[/url] - [i]Sifaï Sinhaj & Anwar Sinhaj[/i]
Logeant encore chez Astarté, il a insisté pour aller faire quelques courses pour elle.  Au beau milieu des marchés de Vivedune, il croise Sifaï avec qui il cherche à prendre contact.  Les derniers événements ont été non seulement bouleversants, mais ont aussi menés au rapatriement des Voltigeurs erebiens.  Comment tant de changements affectent-ils cette cousine?

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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Lun 21 Mai - 3:17

L'après-midi est déjà bien avancé tandis que tu déambules dans les rues de Vivedune en direction de ses marchés.  Il y a un moment déjà que vous avez épuisé le pot de miel de la jolie joaillère, bien que sa saveur sucrée et douce te reste en mémoire.  Des provisions que vous avez faites plus tard, il ne reste également plus rien.  Peu familier avec la ville, tu n'oses pas trop vagabonder à tout hasard et tu t'en tiens aux instructions qu'Astarté t'a fournies avant que tu ne te mettes en route, prétextant que tu as besoin d'exercice et que tu serais bien vite revenu.  Tes blessures seront bientôt guéries et ne te font plus souffrir.  Comme c'est elle qui t'a soigné, l'idée que ta convalescence se soit écourtée grâce à tous ses bons soins ne fait pas faute de se présenter à ton esprit et un sourire de contentement te passe sur le visage à chaque fois.  C'est d'humeur gaie que tu as décidé de lui rendre à ton tour service, même s'il ne s'agit de faire quelques courses pour elle.  Il y a déjà bien une semaine que tu loges chez elle et même si ça ne semble pas la gêner outre mesure, tu ne désires pas trop envahir son espace et préfères sortir à l'occasion, pour découvrir la ville entre autre.  Si tu es né à Vivedune, entre les murs du palais ducal, elle t'es pourtant inconnue en-dehors de quelques passages en accompagnant les caravanes partant du Pic.  Cette ambiance, ces gens, tout diffère de l'endroit où tu vis et même si tu préfères le calme et la solitude, l'animation qui se fait entendre dans les rues marchandes est rafraîchissante.

Tu as déjà les bras chargés de quelques aliments quand tu te retrouves devant un étal qui vend du miel.  La tentation de lui en ramener est grande, le goût du liquide ambré flotte encore sur tes lèvres, comme un rappelle d'un baiser échangé ce soir-là.  Concentré, tu ne la vois pas passer derrière toi.  Dans la foule, peut-être ne t'a-t-elle pas vu.  Une fois ton acquisition terminée, tu reprends ton chemin.  Contemplant distraitement tous les paquets entre tes mains, tu songes que c'est suffisant et que tu peux rentrer déjà.  Puis, un éclair vert dans de grands yeux, une longue silhouette fine et élancée.  Tu la reconnais rapidement.   Bousculant un peu les gens qui vous séparent, tu essaies de la rattraper : « Sifaï! »  Ce faisant, ton pot de miel glisse et va rouler à terre.  Un dernier regard vers la Voltigeuse et tu plonges sans savoir si elle t'a entendu.  Le miel pour Astarté avant tout.
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Lun 21 Mai - 23:04

La chaleur d’Erebor. Le soleil mordant. La cacophonie de Vivedune. La fine pellicule de sueur, scintillante, sur les enfants des dunes lors des marchés. Sifaï croyait avoir oublié, mais les souvenirs lui revenaient, puissants, en lui donnant l’impression de retrouver sa place, d’être dans son élément. Elle était chez-elle, parmi les siens, et connaissait son rôle dans cette vie qui était sienne. Si l’enfant chétive avait longtemps été maussade et incertaine, tant la vie ne semblait lui accorder aucune place, la jeune Voltigeuse en devenir resplendissait désormais. Les incertitudes d’adolescentes : Derrière elle. Le spectre d’une Rejwaïde agonisante : Derrière elle. La lumière d’Erebor, sa chaleur et sa beauté l’ensorcelaient toute entière et chassait la moindre ombre de sa vie, depuis son retour dans le sultanat.

Les jours de repos étaient rares. Il s’agissait de sa première permission depuis que le sultan Anthim avait rappelé à lui les Erebiens d’Arven. Simoun avait manifesté son envie de parcourir les dunes dorées pour lui montrer la petitesse des convois marchands, de là-haut, mais la cadette espérait s’imprégner de la folie des marchés ouverts, de s’assourdir du brouhaha constant et de se noyer dans la foule. Son duché lui avait manqué. Atrocement.

C’est en parcourant les étals qu’elle avait déniché quelques ornements mettant en valeur des lapis-lazulis. On la disait nécessaire pour les âmes timides, porteuse d’un peu de confiance dans chacun de ses éclats de pyrite. L’Erebienne avait observé longuement les bijoux avant de jeter son dévolu sur un bracelet de bras orné de cette fameuse pierre semblable à une constellation, tant les éclats étaient nombreux. Elle en était là, à s’éloigner du kiosque, ornement doré sur son bras, lorsqu’elle entendit distinctement son nom dans la mer de bruits ambiants.

Elle pivota, faisant valser les pans de son sari, sans voir d’où provenait la voix. Avait-elle halluciné…? La jeune femme déposa une main sur la tête d’un gamin, s’assurant ainsi de ne pas le bousculer, pour traverser l’allée marchande. À gauche, à droite, à l’est, à l’ouest, aucune âme ne semblait s'intéresser à elle. Sourcils froncés, elle allait renoncer lorsqu’Anwar émergea d’entre deux tables, un pot ocre entre les mains. Sa posture annonçait un rétablissement sans doute complet, et cette simple idée la réjouissait déjà.

- Anwar! Je te croyais au Pic! Quand es-tu arrivé?

Si sa joie soudaine illuminait ses traits et sa timidité, elle, l’empêchait d’enserrer le vieil Anwar entre ses bras ornés. D’un mouvement discret de la main, elle l’invita plutôt à la suivre jusqu’à un endroit, un peu plus en retrait, là où ils n’indisposeraient pas les citoyens par leurs retrouvailles.

- J’ignorais que tu rejoindrais la capitale. As-tu voyagé avec le convoi erebien?

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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Mar 22 Mai - 1:59

Les pieds chaussés de sandales sont un obstacle considérable, mais tu réussis tout de même à mettre la main sur ce pot de miel qui roulroule entre les passants.  C'est un soulagement de savoir qu'il n'est pas abîmé, il aurait pu se casser dans la chute, cependant il est heureusement intact.  Tu essuies un peu la poussières qu'il a ramassé en courant la galipette tout en te redressant, oubliant momentanément que tu as entr'aperçu Sifaï tout à l'heure et que tu as tenté d'attirer son attention.  Cet état de fait te revient lentement en tête tandis que tu te redresses, tentant de remettre un peu d'ordre dans tes paquets pour que plus rien ne t'échappe d'entre les mains : les marchés sont pleins et tu ne désires pas avoir à réitérer la même course pour récupérer quelques pommes égarées, faciles à piétiner.  C'est sa voix à elle qui te rappelle au monde vivant.

Surprise de te voir, elle ne semble pas toutefois éprouver du regrets de recroiser ta route en plein cœur de la capitale.  Te souvenant de ton désir de la saluer et de prendre quelque peu de ses nouvelles, tu lui adresses un sourire charmeur et chaleureux.  En vérité, tu es bien content de la revoir elle aussi et pour une fois pas dans des circonstances tragiques après la presque mort d'un empereur ou la presque mort d'un membre de la famille.  Elle semble bien se porter, quoi que peut-être un brin fatiguée, ce qui serait normal.

« Notre sultan a eu l'amabilité de me permettre de me joindre à son convoi en raison de mes blessures.  Nous sommes arrivés à Vivedune il y a une huitaine environ.  Je me reposerai ici encore quelques jours, le temps d'être suffisamment rétabli pour reprendre ma route seul vers le Pic. »

Ton ton est enjoué, tes manières franches et agréables : la joie que tu as de revoir celle pour qui tu dois sembler être un ancêtre est manifeste.  Elle est moins chargée que toi et peut-être pourrez-vous faire un bout de chemin ensemble tout en causant tranquillement.  Tu es curieux de savoir comment se passe pour elle le retour dans sa patrie.  Le peu des glaces de Valkyrion que tu as vues t'ont vite fait songer à ton duché de naissance, à sa chaleur et à son sable brillant.  Si elle est du même avis que de toi, elle doit être ravie.

« Quand es-tu arrivée?  À dos de griffon, le voyage a dû être plus rapide.  Le rapatriement des Voltigeurs erebiens sur son territoire doit chambouler beaucoup de choses, j'espère que tout se passe bien tout de même. »

La sécession d'Erebor de l'empire ibéen est encore un sujet de discussion animée au sein même de ses rues.  Tu as entendu quelques badauds échanger à ce propos et les opinions variées sont fort intéressantes.
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Mar 22 Mai - 14:31

Il semblait bien se porter, le vieil Anwar, et Sifaï s’en réjouissait sincèrement. Il avait été si gentil, avec elle, en occupant son esprit et en la détournant du flot de sang qui marquait encore ses nuits, parfois… Oh, Rejwaïde. Puis, lors du couronnement, il avait été un héros - cette espèce étrangère qu’elle enviait sans oser le devenir elle-même - et ses blessures n’étaient plus qu’un souvenir. Il lui expliquait en peu de mots le long voyage qu’il avait entrepris grâce à l’âme charitable du roi des Gitans et la cadette ne pouvait qu’acquiescer avec entrain. Il était noble de coeur et de sang, tous les clans le racontaient.

- Une huitaine? Vraiment?

Un pincement, dans sa poitrine. Une huitaine, et il n’avait pas songé à la retrouver. Dans son esprit et dans son coeur, Sifaï ressentait la désolation de l’apprécier plus qu’il ne l’appréciait elle. Sur son visage et sur ses lèvres, cet enthousiasme marqué, certainement trompeur. Tout en écoutant ses instants de repos et sa volonté de repartir vers Roc-Épine, l’Erebienne s’efforçait de se raisonner. Peut-être ignorait-il qu’elle serait à Vivedune, en permission? Elle-même l’ignorait jusqu’à tout récemment.

- Quand es-tu arrivée?  À dos de griffon, le voyage a dû être plus rapide.  Le rapatriement des Voltigeurs erebiens sur son territoire doit chambouler beaucoup de choses, j'espère que tout se passe bien tout de même.
- Une tempête de sable, dans l’esprit des Voltigeurs d’Erebor. Plusieurs avaient leurs vies, ailleurs, mais la plupart sont heureux de retrouver le sable et le roc.

Elle ne l’avait pas dit, pas clairement, mais il semblait évident qu’elle faisait parti de ceux qui se réjouissaient de ce rapatriement formel. Désormais qu’elle avait sa place auprès de la Fleur des Sables, sur le dos de Simoun, il lui semblait moins effrayant d’affronter le regard de sa famille. D’un seul coup d’oeil, la jeune femme repéra l’un des paquets encombrant les mains pleines d’Anwar. Tout en tendant les bras pour lui demander de le soulager de ce poids, elle continua ses explications.

- Nous sommes parties rapidement, avec ma titulaire. Simoun trépignait d’impatience, à l’idée de retrouver Erebor, lui aussi. C’était amusant.

Les quelques images que lui avaient transmis Simoun, depuis la matinée, étaient habitées par la grandeur du désert et le sentiment puissant de contentement, de satisfaction. Sentiment que la cadette partageait volontiers avec lui. Elle désigna vaguement le chemin à prendre, d’un mouvement de tête, afin d’inviter Anwar à l’accompagner.

- Je crains seulement qu’on me demande de retourner à ma formation, loin du front, ou qu’on m’assigne un autre titulaire. J’apprends énormément avec Grâce de Sombregemme. C’est une Voltigeuse incroyable et son talent, ici, ne restera pas inaperçu.

Elle grimpera les échelons, un à un : Sifaï en était convaincue. Sa titulaire avec une grâce certaine à Voltiger, et Sif, même habitée par sa timidité et sa crainte des grandeurs, se sentait inspirée à ses côtés. Il ne lui restait plus qu’à espérer que son prochain titulaire soit aussi avenant, avec elle, et généreux dans ses enseignements.

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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Jeu 31 Mai - 5:49

Tu ne peux qu'aisément deviner que c'est avec soulagement que Sifaï retrouvait le sable et le roc après les glaces de Valkyrion.  Elle n'appartenait pas à cet endroit.  C'est Erebor et ses dunes qui lui conviennent le mieux avec son ciel dégagé grâce à son air sec.  Il n'y a pas de plus beau ciel étoilé que le vôtre et tu es content de la savoir à nouveau à proximité.  Vos liens de parenté lui sont inconnus, mais comme elle a été sous l'aile de Rejwaïde, comme vous avez eu l'occasion de vous croiser dans le désert, tu la considères comme une petite sœur que tu peux traiter comme telle.  Il te semble que tu peux te rattraper sur tout ce que tu as manqué avec Alméïde et Reja par l'intermédiaire de cette petite Voltigeuse aux grands yeux.  Ainsi ses affaires t'intéressent particulièrement et tout en marchant dans la direction qu'elle t'a désignée de la main, tu écoutes avec grande attention tout ce qu'elle te raconte de retour de Voltigeurs erebiens et de leur griffon sur leurs terres d'attache.  Enfin, votre contrée aurait droit à tout ce qu'elle mérite.

« Ta titulaire a sa renommée, on a entendu parler de la femme Voltigeuse dans le vol de Bellifère jusqu'au Pic.  Je souhaite de tout cœur qu'on te permettra de rester auprès d'elle.  Je ne doute pas qu'un jour, tu ne sois à ton tour aussi remarquable qu'elle. »

Tu lui décroches un sourire encourageant.  Forcément, dans les chamboulements de ce retour, il reste encore quelque temps avant que tous les escadrons soient réorganisés, que tous soient déployés dans leurs nouveaux postes.  Tu espères qu'elle restera basée sur Vivedune, malgré son désir de rejoindre le front, comme ça tu pourras la voir plus souvent, cette sœur d'affection.

« Je crois toutefois que les hostilités entre Erebor et Faërie ne reprendront pas tout de suite.  En se détachant d'Ibélène, il avait sûrement aussi un désir de ne plus être mêlé à cette guerre qui n'a plus de sens.  Il y a trop longtemps qu'elle dure et si la trêve pouvait perdurer, je serais satisfait. »

Tu pousses un soupir.  Les horreurs de la guerre sont trop nombreuses pour être ignorées, trop de gens souffrent pour la gloire d'une minorité.  Tu espères encore pour que les choses prennent un meilleur tour.

« J'ai accompagné les réfugiés de guerre jusqu'à des campements de fortune aux abords de Vivedune.  Ces gens souffrent loin de chez eux.  J'espère que tout s'arrêtera et qu'ils puissent vivre à nouveau dans la quiétude, » ajoutes-tu, un peu penseur.  Pour eux et pour la prospérité du royaume.  Tu ne doutes pas que ton frère, le sultan, souffre lui aussi des misères de son peuple.
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Jeu 31 Mai - 14:46

Il ne l’avait jamais vu voltiger, mais Anwar affirmait pourtant qu’elle pouvait être capable de frôler la superbe de sa titulaire, un jour. Elle faisait des efforts, énormément, s'entraînant le plus qu’elle le pouvait avec Simoun ou au sol, avec son cimeterre, lorsque le griffon désirait profiter de ses temps de repos. Il était rare, en Valkyrion et à Lorgol, que Sifaï profite, elle aussi, des répits accordés. En Erebor, elle se doutait qu’il lui faudrait être plus assidue qu’ailleurs. Ici, elle avait sa famille, ses amis, le clan des dunes pour parler sa langue. Les paroles d’Anwar furent saluées d’un hochement de tête reconnaissant, bien discrets, alors que Sifaï sentait son coeur exploser de fierté. Un jour, peut-être, elle ferait elle aussi la fierté du clan Sinhaj, comme tant d’autres avant elle.

La conversation se dirigea lentement vers les horreurs de la guerre et sur la position délicate que tenait Erebor, dans ces querelles millénaires. Elle s’était inquiétée, angoissée, lorsque la guerre avait frappé Erebor et avait retiré la vie à tant de gens. Elle avait prié, aussi, pour que sa famille et son clan soient épargnés. Sifaï s’était entraînée, surtout, avec plus de détermination encore pour épauler son duché d’origine. Lorsqu’on lui avait demandé de rassembler ses effets puisqu’elle prendrait part la relève, la cadette avait été honorée mais également soulagée de pouvoir veiller sur les siens, d’une certaine manière. Affectée en Valkyrion, loin du front mais sur le terrain, elle avait été un tantinet déçue de ne pas pouvoir aider Erebor, mais terriblement fière d’avoir comme titulaire Rejwaïde et Grâce.

- J’espère que tu dis vrai, Anwar. J’espère que Faërie ne tentera rien contre nous. On m’a dit que les clans avaient demandé aux sages du désert de repousser la menace. Ils sauront le faire à nouveau, avec les Voltigeurs erebiens à leur côté.

Elle serrait un peu plus le paquet contre sa poitrine lorsqu’Anwar lui parla des réfugiés et de leur quotidien ponctué d’horreur. Pour avoir eu un aperçu de la guerre et du chaos, autant sur le terrain qu’au couronnement d’Octave d’Ibélène, Sifaï comprenait plutôt bien l’angoisse de n’avoir aucune emprise sur son propre destin. Elle se désolait pour eux. Sincèrement.

- Tu étais là lorsque la guerre a éclaté? J’ai eu la nouvelle à Lorgol.

Et quelle nouvelle… Le silence avait frappé les cadets à la manière de la foudre sur un arbre. Qu’importe les origines, qu’importe la langue, les différences et les rivalités. Tous, à ce moment précis, songeaient à leur famille, à leurs proches laissés derrière eux, que ce soit à Erebor ou ailleurs. La paix avait si longtemps bercé Ibélène qu’ils avaient oublié ce que la peur d’une guerre pouvait creuser, comme pensées sombres. Elle secoua un peu la tête, s’efforçant de profiter du soleil, de la chaleur, du moment, et de ne pas se laisser miner par ces souvenirs difficiles. D’un pas leste, Sifaï tourna au détour d’une rue, semblant savoir exactement où elle allait, désormais. Il y avait eu les échos qu’une branche de sa famille était sur place, à Vivedune, et la jeunette avait quelqu'un à présenter à Anwar...

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Dernière édition par Sifaï Sinhaj le Mar 12 Juin - 16:38, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Dim 10 Juin - 0:24

Tu as bon espoir de voir Erebor tenir tel un îlot isolé pendant la guerre.  Les conflits d'Ibéens et de Faës ne vous concernent plus.  Vous n'êtes plus qu'Erebiens, fidèles à votre unique patrie, non plus obligés de vous prosterner devant un empereur qui ne se préoccupe pas assez de vous, devant un empereur mort, mais vivant.  Cette profanation du royaume de Sithis est encore choquante à tes yeux et tu te demandes quelle sera la réaction de Faërie devant une pareille chose.  Au moins, vous n'y êtes plus associés et tu ne doutes pas un seul instant que des rencontres diplomatiques seront organisées avec les différents ducs des duchés voisins afin de maintenir votre sable et votre roc à l'extérieur des batailles armées.  Votre peuple sera sûrement mieux protégé, sûrement loin du sang et des souffrances.

« Roc-Épine est au centre du continent, j'y étais quand la guerre a été déclenchée.  J'ai vu les réfugiés lagrans.  J'ai vu les Erebiens en sang, affamés, brisés.  J'ai vu la souffrance.  Là où la paix était millénaire, j'ai été témoin des horreurs de la guerre.  J'espère que tu y seras toujours aveugle.  Des yeux si grands que les tiens ne garderaient que trop bien en mémoire les horreurs.  J'espère de tout cœur, que la guerre ne se poursuivra pas. »

Tu t'inquiètes pour elle.  Grande, mince et délicate, tant de violence ne la briserait-elle pas?  Elle n'a pas encore tout à fait quitté le monde encore doux des enfants.  Tu veux la voir voler, déployer ses ailes, mais pas pour être en plein cœur du chaos.  Alors que tu n'as pas pu veiller sur tes propres sœurs, elle prend un peu ce rôle de cadette envers qui tu es extrêmement protecteur, sans toutefois le lui dire directement.

Tu remarques vaguement toutefois que le chemin qu'elle prend s'éloigne de l'endroit où tu veux aller.  Tu ne dis d'abord mot, songeant qu'il est bien agréable de passer un peu de temps auprès d'un visage connu – même si tu brûles déjà de retrouver ta belle gitane – et que c'est le moment de te familiariser un peu avec la ville où tu vivras sous peu.  Cette promotion au palais est venue plutôt de façon inattendue, mais elle est bienvenue.  Sans faire partie de ta famille, tu pourras être plus près d'elle, veiller sur elle.

« Où me mènes-tu?  Je t'avoue que je ne suis pas familier avec la ville et je ne connais que le chemin qui me sépare de la maison où je loge vers le marché où nous nous sommes rencontrés. »
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Mar 12 Juin - 17:27

Elle l’écoutait, la cadette, alors qu’il racontait ce qu’il avait vu, ce qui avait brûlé ses yeux et marqué son esprit. Elle savait que ce chemin serait le sien, tôt ou tard, car voltiger était un honneur, certes, mais également un devoir, celui de protéger son duché, son roi et les Erebiens au péril de sa vie. Simoun avait vu en elle ce qu’elle-même peinait à voir. Il lui faisait confiance et la croyait apte à guerroyer avec lui, depuis les airs.  Bientôt, les mots d’Anwar seraient les siens, et la douleur dans sa voix serait sienne, également. Elle devait s’entraîner, encore et encore. Elle devait se montrer digne d’être la cadette de Grâce.

- La paix… Crois-tu que la Rose avait raison? Que la paix millénaire méritait d’affaiblir le désert, ou plutôt que c’est la guerre, qui le rend faible? J’aimerais la paix. J’aimerais la grandeur d’avant également.

La question était étrangement posée, un peu brusquement, aussi, au détour de cette rue étroite où les kiosques se raréfiaient. C’était une énigme pour l’Erebienne et ses pensées s’emmêlaient sitôt qu’elle cherchait à comprendre son sentiment pour l’Ordre du Jugement et la Rose Écarlate. Car la paix millénaire était l’oeuvre de la Rose. La libération des magies et savoirs oubliés, celle de l’Ordre. Était-il simplement possible de vivre en toute quiétude tout en libérant ces magies scellées? Il lui manquait énormément d’informations pour se faire une réelle idée et comprendre la densité du problème, mais Anwar, dans sa vieille sagesse, pouvait peut-être l’aider à réfléchir. Elle le regarda un moment, retenant toujours son panier contre elle, un peu songeuse.

- J’espère qu’elle arrêtera, cette guerre, Anwar, même si je sais que mon destin y sera lié.

Maintenant qu’Erebor lui avait fait une place, entre ses dunes dorées, jamais Sifaï ne désirait s’en détourner. Puis elle haussa les épaules en retrouvant son sourire fin. Angoissée, oui, mais satisfaite de cette vie nouvelle, de son retour à Vivedune, de toutes ces petites choses agréables qui parsemaient sa vie. À sa question quant à la destination de leur promenade, la cadette désigna vaguement devant elle, du menton. Elle n’allait certainement pas l’attirer dans une fosse, tout de même!

- Ma famille est de passage à Vivedune.

Ils devaient profiter de Ventavel, la géante, et planifier leur prochaine errance dans les dunes. Il y avait sans doute une cousine qui se marierait d’ici l’été - il y en avait toujours une, quelque part, si on cherchait bien : il fallait s’assurer alors de retrouver telle ou telle branche du clan afin de participer aux réjouissances. La jeune femme tourna à gauche, puis à droite, afin de retrouver une partie plus isolée du marché où ils se trouvaient plus tôt. De l’index, elle désigna une devanture assez élégante et enjolivée de mosaïques colorées. Un souffleur de verre, très certainement.

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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Ven 22 Juin - 16:34

Elle te pose des questions pertinentes la jeune Sinhaj auxquelles tu n'as pas de réponse satisfaisantes.  C'est pourquoi tu gardes le silence.  Tu n'as que l'espoir à promettre et tu ne sais pas trop si cela vaut grand-chose devant ces yeux encore jeunes, ces yeux qui ne savent pas encore les horreurs des combats sanglants, mais qui devront sûrement l'apprendre trop tôt.  Elle a été forte quand Rejwaïde a tenté de se donner la mort, forte quand elle a fait sa fausse couche.  Et maintenant, sœur et titulaire s'est évanouie dans l'air sans laisser de traces.  Tu t'interroges beaucoup, tu te demandes comment elle va depuis ce départ soudain.  Est-ce que Sifaï était bien traitée parmi ces Voltigeurs de la contrée des glaces éternelles?  Si ton cœur s'inquiète pour ta cadette, il se fait aussi du soucis pour elle, cette cousine des Sinhaj.  Dire que tu es soulagé de la voir rentrer au désert serait un euphémisme.

Elle désire donc t'emmener voir des membres de sa famille.  Des parents à toi, d'ailleurs, même si cela reste plutôt secret.  Tu portes un regard sur tes paquets.  Penseront-ils que tout cela est un présent pour eux?  Où peux-tu les dissimuler sur toi?  Tout ceci appartient à Astarté, c'est pour elle que tu es sorti, pour elle que tu as choisi avec soin chaque produit.  Peut-être pourrais-tu te départir de quelques fruits…  Par exemple ces figues séchées semblent être un cadeau acceptable.  Oui, tu en rachèteras sur le chemin du retour, voilà tout.

« Tes parents et tes sœurs? » demandes-tu vaguement, tentant de cerner à quelle branche de la famille tu feras affaire.  Dans le désert, c'est tout comme si le clan entier était une extension de la famille.  Tu la suis sans poser plus de questions jusque devant une élégante boutique.  Tu reconnais tout de suite l'art qu'on y vend.  Tu as tant observé l'art de Zéphyra à l'époque que tu ne pourrais t'y tromper.  Tout de suite, tu éprouves un certain malaise, mais tu n'en dis rien à la jeune Voltigeuse.

« C'est à ta famille ou ils logent simplement ici le temps de leur séjour? » l'interroges-tu avec un certain intérêt.  Tu sais la fratrie de Sifaï être nombreuse et il ne serait pas impossible que certains d'entre eux n'aient quitté le désert pour s'établir de façon sédentaire plutôt afin d'exercer leur art. Tes yeux clairs détaillent les mosaïques qui se présentent à toi.  Elles sont fort jolies.  Un jour, tu en aurais de semblables sur ta propre demeure.  Peut-être.  L'idée d'avoir un foyer ne t'avait jamais réellement traverser l'esprit jusqu'à présent et tu te demandes pourquoi elle apparaît désormais.  Peut-être la nervosité.
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Ven 29 Juin - 19:35

Il ne parlait pas, Anwar, alors que les questions déboulaient sur ses lèvres. Quoi dire, après tout, alors que personne ici bas ne savait de quoi l’avenir était faite? La Rose avait enlevé sa sultane. Elle avait banni des savoirs ancestraux et fait régresser Erebor jusqu’à ce qu’il ne soit plus l’ombre de ce qu’il était. Les anciens des clans en parlaient, parfois, en croisant telle ou telle ruines dans les errances du désert. Mais la paix avait un prix, et la Rose avait cueilli ce qu’elle croyait juste. Quant à l’Ordre du jugement qui laissait un chaos sanglant sur son sillage, il libérait toutefois ce qui devait l’être. Toute songeuse, elle avait laissé le silence s’installer jusqu’à ce que l’Erebien reprenne parole au sujet de la famille.

- C'est à ta famille ou ils logent simplement ici le temps de leur séjour?
- Mmm’non.

Pas de soeurs, aujourd’hui. Pas de parents non plus. Ils ne séjournaient pas chez l’aîné, souffleur de verre respecté à Vivedune. Ils préféraient les environs de la cité à son effervescence, pour se reposer entre deux voyages.

- C’est à mon aîné. Il a son propre atelier, mais il héberge les frères et soeurs de passage. Et...

La cadette avait déposé le panier au sol pour frapper contre le rebord du mur. Si Anwar croyait entrer dans la boutique, c’était peine perdu. L’Erebienne n’avait pas mis les pieds une seule fois dans la maison après avoir remarqué l’atelier attenante où rugissait un four immense. La chaleur torride de ces flammes perpétuelles lui avaient fait remonter une frayeur toute enfantine dont elle ne s’était jamais réellement débarrassée. Plus jamais. Il y avait plusieurs années, désormais, que l’aîné avait son propre atelier, et jamais la cadette n’y était retournée. Alors elle frappait encore, jusqu’à ce qu’un visage souriant bien que marqué par les ans en sorte. Une femme. Une cinquantaine d’années soigneusement conservées. Plusieurs cheveux argentés parsemant sa chevelure de jais. Une belle femme, étrangement, malgré tout, qui se risquait à sortir en ayant reconnu le minois de sa nièce. Elle inclinait la tête vers elle tout en questionnant la présence de l’homme, à ses côtés, un peu inquiète peut-être.

- Ritika. Ma tante. Voici Anwar, Défenseur du Sable et du Roc.

C’était le moment délicat où elle devait battre en retraite, désormais que les présentations étaient faites. Elle appréciait sa tante profondément, Sifaï. Elle était belle, drôle, intelligente, patiente et d’une bonté inconcevable. Veuve depuis beaucoup trop d’années, elle n’avait jamais souhaité reprendre époux. Anwar, nouvellement arrivé dans cette ville avec tous ses titres, était le candidat idéal. Et puis, ils étaient vieux tous les deux. Elle avait ce sourire timide, alors qu’elle s’éloignait d’un demi-pas.

- Bonne journée.

Le panier était resté au sol, alors qu’elle s’éloignait déjà à pas de chat. Son coeur était gros comme les dunes d’avoir été si généreuse de les faire se rencontrer.

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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Mar 10 Juil - 4:48

Tu la suis, laissant ses explications s'imprégner en toi doucement.  Ainsi c'est à son frère.  Tu ne savais pas qu'elle en avait un souffleur de verre comme Zéphyra.  Un long frisson te transperce tandis que cela te rappelle de plutôt mauvais souvenirs.  Des réminiscences que ces derniers jours Astarté avait réussi à écarter loin de toi, qu'elle avait réussi à te faire oublier même.  Ils reviennent sournois, pour te rappeler que jamais tu ne pourras oublier ton passé, qu'il te poursuivra toujours.  De cet agitation interne, tu ne laisses rien paraître à la jeune fille aux longues jambes de gazelle.  Tu acquiesces simplement, comme pour la remercier de toutes ces informations qu'elle t'offre avec autant de complaisance.  Tu éprouves un immense soulagement en voyant qu'elle ne semble pas vouloir entrer dans la boutique : si l'art des souffleurs de verre te semble toujours aussi poétique et magnifique, tu n'arrives plus à voir leurs œuvres avec ces yeux appréciateurs d'autrefois.  Ton opinion est désormais teintée de gris, aussi dommage trouves-tu cela.

La porte s'ouvre rapidement toutefois sur le visage mûr d'une femme, qui avait dû être exceptionnellement belle quand elle était dans sa jeunesse.  Encore jolie, elle n'a pas encore perdu toute sa fraîcheur et reste particulièrement séduisante, tu ne peux dire le contraire.  Néanmoins, cette beauté ne vient pas te chercher, pas quand tu as encore en mémoire le doux visage d'Astarté.  Un sourire poli étire tes lèvres, en songeant que c'est peut-être bien cette personne à qui voulait te présenter Sifaï.  Sifaï qui sitôt cela fait s'empresse de prendre la fuite, un air étrange au fond de ses prunelles.  Perplexe, tu regardes un instant la tante, ne sachant que trop faire.  Probablement tout aussi surprise que toi, vous restez tous les deux un instant sur le pas de la porte à vous fixez, puis elle t'invite à entrer d'un geste, mais d'un hochement de tête tu refuses avant de t'excuser poliment et de prendre rapidement ton congé.

Qu'a-t-il pris à la jeune fille de s'être sauvée ainsi en te laissant seul avec sa tante?  Surtout quand tu lui avais bien dit que tu avais besoin qu'elle te ramène au marché, toi qui es si peu familier avec les rues de Vivedune.

Tes paquets en main, ton pot de miel bien serré dans ta main, quitte à perdre le reste, celui-là doit faire le chemin intact jusque chez ton amante, tu te mets à la poursuite de l'adolescente.

« Sifaï?  Sifaï?  Où es-tu? Tu dois me ramener au marché! »

Tes yeux reconnaissent le chemin que vous avez parcouru.  Tu devines bien la route, si tu ne trouves pas la cadette Voltigeuse, tu réussiras sûrement à rentrer, mais tu aimerais bien lui demander ce qu'il lui a pris de te laisser seul en compagnie de membre de sa famille que tu n'avais jamais vu de ta vie, sauf peut-être à un mariage quelconque d'une de ses sœurs, parmi tous les invités du clan et des autres clans.
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Lun 16 Juil - 17:36

Son pas était plus léger, maintenant qu’elle avait fait se rencontrer deux vieilles âmes marquées par le soleil d’Erebor. Si elle comptait attendre un peu plus loin, au détour d’une rue, que la magie opère, elle fut surprise d’entendre son nom s’élever si rapidement, derrière elle, avec autant de force. Anwar la cherchait, visiblement, et sans même qu’il ne la voit, il expliquait à qui voulait l’entendre qu’elle devait le ramener au marché. Une pointe brûlante dans le coeur, d’être ainsi mise de l’avant, et elle s’élançait vers lui pour faire taire son discour. Personne ne ferait le lien entre l’homme qui parlait seul et elle, Sifaï s’en doutait, mais elle n’arrivait pas à empêcher son malaise de grimper.

- C’est par ici, Anwar.

Une voix petite. Une voix bien moins confiante, désormais. Il allait lui en vouloir, elle le pressentait, et l’idée d’avoir fauté la taraudait comme un spectre mauvais. Dans sa tête, tout se bousculait. Il était seul. Riti l’était aussi. Elle était persuadée d’avoir agi avec générosité, attentionnée, alors que l’ombre menaçante de déplaire planait sur elle. D’un geste vif, l’Erebienne ramena à elle le panier qui menaçait à tout moment d’abandonner ses mains pleines. Pour ne pas laisser transparaître son trouble plus encore, Sifaï regardait devant elle, fixement, évitant de croiser le regard d’Anwar. Elle le guidait vers une ruelle en silence, autant pour préparer ses arguments - ou ses excuses, même si une pointe d’orgueil blessé et injustifié s’était faufilée jusqu’à son coeur - que pour évaluer la tension, entre eux. Sa main libre glissait jusqu’à son bracelet fraichement acheté, s’assurant ainsi qu’il soit bien en place. Comment se faisait-il que le pouvoir des pierres ne lui accorde pas déjà quelques ondes de confiance? Elle inspira profondément avant de se lancer en explication, environ convaincue de rendre justice à son achat, ainsi.

- Ce n’était pas Imbolc, c’est vrai. Je croyais que tu aurais aimé être de la famille. ...Elle est vieille, tu es vieux. Un peu.

Son haussement d’épaules se voulait léger, désinvolte, alors que sa voix empruntait les nuances d’une grande enfant fautive, bien malgré elle. Elle entendait bien sa voix fragile et basse, Sifaï, et se doutait de ne pas duper Anwar malgré ses efforts. Pour ne pas perdre la face, pour ne pas plier et s’avouer mortifiée, elle persévérait à se la jouer dégagée et légère, en regardant obstinément au loin et non pas sur le protecteur.

- Ce n’est pas très important et je ne voulais pas t’embarrasser. Ni Ritika.

Sifaï nota qu’il lui faudrait lui présenter des excuses, ou au moins des explications, également, à sa gentille tante. Elle ne méritait pas d’avoir été délaissée aussi promptement et la jeune femme se promit d’aller la rassurer sur sa joliesse, sa bonté, sa sagesse et son intelligence sitôt que Anwar serait ramené au marché, en terre connue. La cadette reconnaissait vaguement le brouhaha des étals, au loin. Elle se permit enfin une oeillade sur le vieil homme. L’entendait-il, lui aussi?

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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Mar 21 Aoû - 4:44

Tu la retrouves, sa voix claire s'élève, ses longs membres s'étirent devant toi.  Tu les vois et tu la rejoins, l'air un peu perplexe.  Que s'était-il passé quelques instants plus tôt quand elle t'a abandonné auprès de cette tante à elle?  Tu ne comprends ps réellement, ses grands yeux pâles se posent sur toi, comme si c'est elle qui ne comprend pas pourquoi tu es là, pourquoi tu l'as cherchée, pourquoi tu n'es pas resté.  Qu'aurais-tu fait en compagnie de sa tante qui était une inconnue pour toi?  Mais elle t'explique, elle t'explique et tes yeux s'écarquillent de surprise, mais aussi d'embarras.  Comment lui faire comprendre…  Tu es déjà un membre de la famille, sans qu'elle ne le sache, vous êtes déjà cousins et tu l'aimes aussi tendrement qu'une sœur.  Seulement, c'est un secret que tu ne peux divulgué et l'embarras est grand.  Aussi, il y a Astarté.  Astarté avec sa peau douce, Astarté avec ses lèvres au goût de miel.  Astarté qui sans être aussi plantureuse que Ritika savait attirer tes regards inlassablement depuis des mois.  Les sentiments que tu éprouves pour la joaillère sont de moins en moins confus, plus assurés et tu sais que lorsque tu reviendras, tu veux la revoir.  Ton séjour à Vivedune touche à sa fin, ton départ est imminent, mais tu reviendras y bâtir une nouvelle vie, une existence à laquelle tu n'avais jamais osé aspirer.

« Nous sommes du même clan, ne sommes-nous donc pas déjà comme frère et sœur?  Ta tante trouvera mieux qu'un vieux garde comme moi, au corps couverts de blessures qui ont laissé indéfiniment leur marque. »

Un homme qui l'aimerait, un sentiment qu'elle ne pourrait pas animer chez toi, pas maintenant alors que toutes tes pensées sont tournées vers celle qui a été ton amante, celle qui te loge et soigne ce qu'il reste de ta blessure arrivée en Valkyrion.  Déjà, des mois plus tôt, elle hantait ton esprit.  Tu as joué pour elle.  Ce pot de miel serré entre tes mains, gardé plus précieusement que le reste de tes achats.  Les bruits et agitations du marché se font déjà entendre, doucement et de plus en plus fort alors que vous avancez.

« Sifaï, tu m'excuseras auprès de Ritika.  Tu m'as simplement surpris en partant comme ça, je ne voulais manquer d'égards envers elle. »

Tes yeux clairs sont sérieux quand ils se posent sur elle.  Sur le moment, il ne t'avait pas paru qu'il puisse y avoir de meilleure option que de la poursuivre, mais désormais tu réalises que peut-être, peut-être as-tu vexé cette tante qui tout comme toi n'a probablement rien compris à ce qui se passait alors que tout était visiblement parti d'une bonne intention.

« Nous approchons du marché, j'en vois déjà les tissus couvrant les divers étals.  As-tu besoin de quelque chose, pour que je te remercie de ta peine? »

La séparation approche, tu le sens.  T'en voudra-t-elle de ne pas avoir accordé d'égards à sa tante?  D'être parti en fuite?  Tu espères qu'elle ne te gardera pas rancune.
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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Ven 24 Aoû - 2:46

Il vantait le clan auquel tous deux appartenaient et Sifaï ne put qu’acquiescer. Certes, c’était le même sang, celui des Sinhaj, qui coulait dans leurs veines. Même si elle le connaissait bien peu, ce cousin éloigné du Pic, il avait été là lors des événements les plus bouleversants de sa vie : le suicide de Reja et sa disparition. Elle ne le considérait pas comme un proche, comme l’était sans doute Rejwaïde, mais elle l’estimait tout autant. Un joli mariage avec sa vieille tante aurait comblé cette distance, entre eux, et l’aurait inclus définitivement dans sa famille proche. Il la fit rire, le vieil Anwar, à mettre de l’avant son soit-disant corp blessé et marqué. Pendant un moment, la jeunette ne songeait plus à l’embarras qu’il lui avait causé, en fuyant ainsi. Ni à sa médiocrité d’avoir cru jouer l’envoyée de Mirta.

- Tu oublies que je voltige. Mon corps sera blessé, lui aussi. Mais chaque cicatrice pour Erebor sera une preuve de ma loyauté pour mon roi et pour la mer de dunes. Tu ne devrais pas avoir honte d’avoir défendu tes idéaux aussi farouchement, que ce soit par loyauté ou par conviction. Tu dis que Riti trouverait mieux que toi… Moi, je te dis que tu pourrais trouver mieux, comme excuse.

Elle avait eu ce sourire rusé de fennec, s’ouvrant un peu plus auprès d’Anwar et bravant sa timidité qui s’étiolait de plus en plus en sa présence. Le malaise s’était dissipé entre les faux arguments d’Anwar et le rire de Sifaï. Lorsqu’il lui intima de l’excuser, la cadette opinait une enthousiasme. Elle comptait déjà le faire, avec ou sans son consentement, mais désormais qu’il le proposait… Sa tante devait sans doute avoir vu clair dans son jeu, en la voyant détaler comme une gerbille pour leur laisser un semblant d’intimité sur le seuil de l’atelier. Elle lui pardonnerait. Elles étaient du même clan, de la même famille, du même sang. Les maladresses semblaient plus aisées à excuser.

- Je lui dirai que tu n’étais pas conscient de ce que je te proposais. Elle comprendra. Dois-je lui dire que tu reviendras bientôt à Vivedune?

Cette fois, aucun sourire canaille pour prouver que la question n’était pas innocente. Elle se contenait, l’Erebienne, mais tendait l’oreille, bien plus intriguée par un retour prochain de son cousin que pouvait l’être sa vieille tante. Tout en s’enfonçant dans la rue marchande, Sif se risqua enfin à répondre à sa dernière question, non sans un délai songeur.

- Et pour répondre à ta question, tu n’as pas à me remercier. Ni par les mots, ni par les cadeaux. Si tu désires m’offrir quelque chose, fais-le pour que je me rappelle ce cousin lointain, lorsque tu seras au Pic.

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Message Sujet: Re: L'art d'attraper les libellules   Lun 24 Sep - 21:31

Tu le sais.  Un jour, elle aussi sera marquée par la violence, mais tu te complais à l'oublier.  Tu préfères ne pas imaginer les chairs tendres de la jeune fille aux grands yeux marquées et brûlées par la souffrance.  Elle est encore là, belle et fraîche.  Loin encore est le jour où elle rejoindra les mêmes rangs que les tiens, celui des vieux au corps bariolé de cicatrices.  Tu ne dis rien pourtant et tu ne fais que hocher la tête pour approuver.  Oui, c'est la vérité, une vérité bien dure, mais elle est là, inchangeable.  Elle a peut-être raison.  C'est un peu bancal de refuser de rencontrer une femme simplement parce que tu es vieux et abîmé par la vie.  Alors que ton esprit est déjà rempli d'une autre, sans que tu ne veuilles vraiment te l'avouer.  C'est plutôt lâche de refuser de laisser entrer qui que ce soit dans ta vie parce que tu as peur.  Un mince sourire étire tes lèvres, un instant de désolation se peint sur ton visage avant de fuir.  Sifaï n'a pas besoin de comprendre cela.  Elle est encore jeune, il n'est pas nécessaire de lui montrer que l'amour peut blesser aussi durement.  Aussi longtemps.

Tu secoues toutefois la tête quand elle te demande si elle doit lui transmettre un message.  Quand elle évoque ton retour à Roc-Épine.  « Je ne retournerai pas à Roc-Épine, du moins je n'y resterai pas, » déclares-tu d'un ton sérieux.  Tu pèses la bonne mesure déjà de cette annonce.  Si peu de gens sont déjà au courant de ton choix, celui de rester à Vivedune et de servir au palais ducal.  Ce fut une décision difficile à prendre.  Il y a tant de dangers à ce que tu restes dans la capitale erebienne, ton secret n'est plus aussi bien protégé que tu ne le croyais.  L'était-il même à un seul moment?  Tous, Rejwaïde, Alméïde et Anthim, tous les trois savaient que tu es leur frère, sans que tu ne leur en glisses un seul mot.

« Je reviendrai à Vivedune, définitivement. »  Les mots tombent légèrement bien qu'ils semblent peser beaucoup.  Ton regard cherche une réponse dans le visage de cette jeune cousine qui ignore tout de vos liens de parenté, elle.  Ils sont trop ténus pour qu'elle ne pense à ce cousin qui aurait pu être sultan, emporté dans la mort dans son enfance.  Elle n'était même pas née encore quand c'était arrivé.  « Je vais être garde au palais.  N'afflige pas ta tante en lui parlant de moi.  Je vis avec une autre femme, déjà. »  Les mots sortent sans que tu ne leur en donnes l'autorisation.  Peux-tu parler ainsi d'Astarté alors qu'elle ne fait que t'héberger un moment?  Pourtant, plus que les rondeurs généreuses de la tante Riti, c'est la douceur des courbes d'Astarté et son goût de miel qui t'appelle.
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