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 Leçon contre l'ennui

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Je suis : duchesse de Bellifère, autrefois astronome à l'Observatoire de Val-du-Ciel, mon observatoire.

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Message Sujet: Leçon contre l'ennui   Mar 22 Mai - 3:46


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Agathe de Vigdir & Séverine de Bellifère

Leçon contre l'ennui



• Date : 20 mai 1002 (trame alternée)
• Météo (optionnel) : Gris et moche
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Lorsque Séverine est entourée de gueux dans un campement de fortune, le temps devient rapidement trop long.  Forcée à quitter ses appartements miteux, elle cherche quelque distraction, une personne avec qui échanger.  La petite Agathe semble la candidate parfaite pour tenir ce rôle.
• Recensement :
Code:
• [b]20 mai 1002:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3705-lecon-contre-l-ennui#139116]Leçon contre l'ennui[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Séverine de Bellifère[/i]
Lorsque Séverine est entourée de gueux dans un campement de fortune, le temps devient rapidement trop long.  Forcée à quitter ses appartements miteux, elle cherche quelque distraction, une personne avec qui échanger.  La petite Agathe semble la candidate parfaite pour tenir ce rôle.


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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Mar 22 Mai - 3:50

Treize jours.  Voilà treize jours que Séverine était coincée dans cet horrible endroit puant et remplis de gueux.  On lui avait refilé de vieilles frusques contre ses habits abîmés dans son voyage et en arrivant, elle avait trébuché dans la boue et s'était foulé une cheville, ce qui était douloureux et malcommode.  Quoi que affublée de la sorte, elle préférait ne pas sortir de la tente où on l'avait logée, cette horreur de de tissu sale et odorant.  Elle regrettait presque ses tenues de Bellifère.  Presque.  Au moins les guenilles dont elle était désormais vêtue étaient moins coincées et ressemblaient moins à la tenue de vieilles femmes prudes.  L'unique point positif que l'on pouvait leur accorder, c'était un fait indéniable.  Si ses parents la voyaient, ils auraient honte de là où ils étaient au royaume de Sithis.  Enfin, là où ils devaient être, mais n'étaient plus.  Elle avait ressassé ces idées longuement, enfermée.  Un monde où Castiel et elle avaient une relation fraternelle et fusionnelle, c'était quelque chose d'impossible à concevoir, l'idée même la révulsait.   Et pourtant dans ce rêve étrange et si vrai dont elle ne pouvait se réveiller, c'était l'entière vérité.  Au moins, le véritable Castiel s'était éveillé et elle n'avait pas besoin de faire semblant de le porter dans son cœur, et Maximilien – son époux, quelle idée! - était mort.  Mort sous ses yeux et elle avait failli y rester.  Les marques jaunâtres qu'avait laissées la corde commençaient doucement à disparaître enfin.  Les cols des robes bellifériennes auraient été utiles pour masquer cette horreur.

Horreur.  Oui, tout était horrible.  Elle aurait dû se rendormir dans ces draps de soie et ne jamais se réveiller, rester dans le confort et la richesse, ce que ses parents avaient toujours désirés pour elle et pour eux-même.  Le sommeil eut été plus doux que tout ce qui avait suivi et tout ce qu'elle était encore obligée de subir.  Quand pourrait-elle enfin quitter cet horrible camp rempli de réfugiés, des pouilleux, des gueux jamais lavés qui ne savaient pas même ce qu'était le parfum.  Elle-même avait été bien en peine de s'en procurer un, mais il était tout de même hors de question que Séverine de Bellifère – ici Séverine de Séverac – se promène en dégageant de vilaines odeurs.  Dans les deux réalités, elle était tout de même princesse et elle ne comptait pas agir autrement que son rang l'exigeait.

Seulement, elle avait été forcée de quitter sa retraite, forcée de se mêler au bas peuple par des abrutis qui avaient décidé de se battre près de sa tente et dans leur bagarre, ils avaient roulé dans le tissu, le faisant s'écrouler sur la pauvre femme qui y méditait à l'intérieur.  Ayant tous les maux du monde à se dépêtrer de là, on lui avait promis de refaire son logis, l'enjoignant à aller se promener en attendant.  Peu désireuse de rester en compagnie de tels voyous, elle avait obtempéré en laissant entendre que ce n'était pas parce qu'ils le lui suggéraient, mais bien parce qu'elle avait des choses à faire.

Après des jours passés dans la solitude, elle éprouvait toutefois le besoin de retrouver quelque contact avec le monde.  Il n'était pas possible pour elle de prendre amant, il n'y avait personne qu'elle oserait mettre dans ses draps, du moins, elle n'avaient vu aucun être suffisamment propre pour cela.  Il ne lui resterait plus qu'à trouver une âme avec qui converser, mais qui?  Qui aurait une conversation suffisamment intéressante pour elle?  Préoccupée à dresser sa liste de critères, elle ne réalisa pas tout de suite que la candidate idéale se tenait tout juste devant elle.  Blonde, mince, assez jolie et surtout relativement propre – il était impossible d'être blanc comme neige dans cet endroit immonde.  Quand elle la percuta de plein fouet, elle s'exclama : « Mais petite ni.. »  Avant de s'arrêter en plein milieu de phrase.  Elle avait trouvé la perle rare.  Il suffirait de trouver le moyen de lui donner un petit coup de parfum afin de couvrir la puanteur ambiante et elle serait la compagne idéale.  Se faisant subitement mielleuse, elle poursuivit ainsi : « Je suis navrée!  J'étais perdue dans mes pensées et je ne vous avais pas vue, vous ne vous êtes pas fait mal? »  Elle lui décerna l'un de ses sourires les plus cajoleurs, ceux qu'elle utilisait pendant ses campagnes de séduction.  Peut-être… peut-être pourrait-elle s'amuser un peu avec cette petite, malgré son air réservé et prude.  Elle avait déjà réussi à amadouer une Outreventoise, elle ne se sentait pas du tout incapable de faire de même avec cette inconnue.  Cela pourrait la distraire un moment.

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Mar 29 Mai - 23:10

Lorsqu’elle remontait le fil de ses souvenirs, Agathe se heurtait immanquablement à une période floue. Un trou noir au bout de ses pensées. On lui demandait quel était le secret de Mortessence, on la questionnait sur qui était son maître, et la jeunette ne savait plus quoi répondre. Là-bas, tous semblaient attendre quelque chose d’elle sans qu’elle ne sache quoi faire pour les satisfaire. Ses premiers souvenirs faisant suite à cette période embrouillée furent liés à Melbren et au paysage sinistre de Roc-Épine. Si son protecteur improvisé n’avait aucune explication valable à lui offrir, il avait au moins pris soin d’elle et l’avait accompagnée jusqu’au campement de fortune aux portes de Lorgol. Leur instinct leur intimait de s’y rendre, et cette étrange volonté commune les rassura dans ce choix. Là-bas, ils avaient retrouvés avec soulagement certains proches et amis, bien que plusieurs manquaient encore à l’appel. Aubrée. Arsène. Meldred, aussi. Mélusine était si malheureuse et si inquiète…

Le temps au campement passait lentement pour un esprit aussi imaginatif et perspicace le sien. Agathe se remémorait Bellifère et ses journées interminables, entre deux tâches ménagères. Pour chasser l’ennui, l’adolescente qu’elle était s’imaginait mille et une histoires et potins à colporter, au grand malheur de son aînée. C’est précisément ce qu’elle s’apprêtait à faire : dénicher quelques commérages croustillants pour meubler ses journées, comme avant, et oublier l’absence douloureux de ses proches. Après s’être assurée que Mélusine soit affairée auprès de Hiémain, la blondinette avait quitté leur tente pour s’aventurer dans les allées sinueuses et parfois boueuses du campement. À certains endroits, l’odeur était si forte qu’elle prenait à la gorge. À d’autre, les réfugiés s’étaient rassemblés par famille ou origines, méfiants des autres. Agathe évitait de trop s’éloigner de l’abri, consciente que le danger pouvait être partout, ici plus qu’ailleurs. Mais l’idée de retrouver Arsène, peut-être bien, ou d’écouter à l’un ou l’autre des pans des tentes était persistante à son esprit.

- Mais petite ni… Je suis navrée!  J'étais perdue dans mes pensées et je ne vous avais pas vue, vous ne vous êtes pas fait mal?

Par instinct de pudeur, Agathe avait rapatrié une main au col de sa robe sitôt la surprise passée. Un bouton manquait depuis quelques jours, déjà, mais les tenues étant rarissimes et les couturières plus encore, la jeunette endurait sa coquetterie mise à mal. Il lui fallut une petite seconde pour considérer la situation et comprendre qu’en effet, son bras lui élançait soudainement. La femme qui lui parlait était jolie, toute élancée, d’une taille similaire à la sienne. Elle ignorait s’il s’agissait d’une grande ou petite noblesse, mais il y avait quelque chose de distinguée dans ses manières et d’avenant dans son visage, en dépit de l’insulte qu’elle avait cru entendre.

- Je vous demande pardon, dame! J’étais distraite et.. Et me voilà confuse. Je vais bien, ce n’est rien, rien du tout. Et vous?

Ses pommettes étaient rosées par la maladresse alors que les mots lui manquaient, soudainement, pour décrire la densité de sa désolation. Elle oeilla à gauche, puis à droite, et personne ne semblait se soucier d’elles, réellement. Lorsqu’Agathe revint enfin vers Séverine, son sourire cajoleur finit par la mettre un peu plus en confiance.

- J’espérais retrouver mon petit frère. Il ne semble pas être par ici, mais les réfugiés sont si nombreux...

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Ven 1 Juin - 20:40

Une lumière brillante sembla luire dans la poitrine de Séverine.  Cette jeune fille, bien qu'habillée avec mauvais goût – ce qui était partiellement excusable considérant les circonstances – semblait bien élevée et le rose sur ses joues la rendait déjà agréable à la Cielsombroise qui prenait ces rougeurs pour un témoignage d'admiration à son égard.  Un peu de vanité ne faisait jamais de mal à personne.

« Ne vous en faites pas, ce n'est rien.  J'ai été seulement un peu surprise.  Une jeune fille aussi jolie et élancée que vous ne pouvaient pas me faire beaucoup de mal, »  répondit-elle.  Évidemment, elle était encore agacée d'avoir été bousculée, c'était inadmissible, mais avec le peu de moyens qu'elle avait, il fallait bien qu'elle trouve les divertissements là où elle le pouvait.  Même si c'était en la personne d'une jeunesse aux origines douteuses.  Il n'y avait pas moyen de découvrir qui des autres étaient nobles ou pas, il était donc ardu de trier avec soin ses interlocuteurs, elle en avait bien conscience.

« Je suis certaine que vous le retrouverez rapidement.  Prenez mon bras, je vais vous accompagner dans vos recherches. Des hommes ont saccagé ma tente, vous aidez me fera passer le temps et j'aurai au moins la conscience tranquille.  Ce n'est pas un endroit pour se promener seule, mademoiselle…? »  Elle lui tendit son bras pour qu'elles puissent aisément marcher ensemble.  Elle n'avait pas de mouvements brusques pour ne pas effrayer la jeune fille.  « À quoi ressemble votre petit frère? Il est blond comme vous? »

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Lun 4 Juin - 1:25

La femme la rassurait à nouveau de la situation et Agathe se permit de relâcher son son col pour masser plutôt son épaule vaguement douloureuse. Elle aurait peut-être une ecchymose, à son prochain réveil, afin de lui rappeler douloureusement ses propres maladresses. L’inconnue lui proposa son bras alors qu’elle s’invitait à l’accompagner dans ses recherches, et si l’idée d’une telle proximité avec une étrangère rendait Agathe un peu méfiante, la douceur de son regard la fit accepter malgré tout. Un hochement de tête léger, timide, et elle déposa sa main sur son bras, comme le ferait une amie de longue date. Ce qu’elles n’étaient certainement pas. Agathe n’avait pas d’amie.

- Mademoiselle…?
- Martel. ...Je suis soulagée de rencontrer une personne aussi aimable que vous. C’est si gentil de vouloir m’aider.

Elle songea un instant à Arnaut, aussi blond qu’elle. Arsène n’avait rien en commun, si ce n’était de son regard aussi bleu que l’azur et sa taille qui promettait une certaine grandeur. Comment lui expliquer la situation le plus justement possible? Le regard un peu plus bas, visiblement embarrassée, Agathe risqua une réponse.

- Je suis la pupille de Mélusine de Sylvamir, et il est également sous sa garde. Nous sommes frères et soeurs par le coeur, et non le sang. Il a douze ans et ses cheveux sont sombres. Son regard est très clair. C’est un petit garçon intelligent, il se cache peut-être.

Il fallait également avouer qu’elle ignorait la vie qu’il avait eu, dans ce monde. Peut-être était-il vêtu comme un mendiant, couvert de crasse, si bien que personne ne l’avait encore reconnu. Clochette n’était certainement pas avec lui, mais son affection pour les animaux l’attirerait peut-être aux abords du campement, là où les montures se reposaient…

- Qui dois-je remercier, dame…?

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Lun 4 Juin - 23:27

Aimable.  Voilà un compliment qu'on servait rarement à Séverine et elle s'en rengorgea.  Cela apprendrait à tous ceux qui ne l'aimaient pas à sa juste valeur… s'ils pouvaient l'entendre.  Maximilien de Séverac – ennemi juré, car forcément l'idée de la marier à Martial de Bellifère venait de lui et Castiel s'est simplement contenté de la mettre en application très certainement avec grande allégresse – était mort sous ses yeux, elle-même avait failli partager son triste sort.  Qu'elle eut pu s'en sortir avait été un coup de chance et rarement aurait-elle considérer quoi que ce soit lié à Castiel comme étant un coup de chance.  Sans l'intervention de ses gens, l'assassin aurait terminé son travail.  Naturellement, la haine qu'il avait pour elle l'avait renvoyée, décuplant à nouveau celle qu'elle-même entretenait à son égard.  Ce cycle vicieux n'avait point de fin.  Ni peut-être même de commencement.

« Je suis certaine que nous pourrons le retrouver.  S'il est intelligent, il doit se terrer dans un endroit bien en sécurité en attendant de pouvoir être à nouveau parmi les siens. »

Elle lui adressa un gentil sourire, un de ceux qui cachaient si bien toute sa vilenie.  Tromper cette douce enfant était presque trop facile.

« Je suis grossière de ne point m'être présentée plus tôt.  Séverine de Bellifère, » se présenta-t-elle.  Elle n'allait tout de même pas utiliser son nom dans cette vie, celui que lui avait donné le vieux conseiller de Castiel.  Dire qu'il désirait l'utiliser pour renverser son cousin dans cette vie.  L'ironie du sort.

« Me ferez-vous l'obligeance de me prêtre votre bras?  J'ai fait une mauvaise chute en arivant au camp et ma cheville me fait encore un peu souffrir.   Cela ne vous ennuie pas? » fit-elle en glissant donc son bras dans celui de la jeune fille, avec une simplicité déconcertante.

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Jeu 7 Juin - 3:18

Sans même le connaître, l’étrangère semblait avoir parfaitement compris quel genre de petit garçon était Arsène par la très brève définition qu’en avait fait Agathe. Elle avait bien compris qu’il devait se cacher, malin qu’il était, à patienter le meilleur moment pour refaire surface. Lorsque l’inconnue répéta sommairement sa description, l’adolescente acquiesça à quelques reprises tout en retrouvant un sourire pâle. Elle relevait un tantinet son jupon en évitant une flaque de boue de sa main libre, l’autre au bras de sa nouvelle amie, lorsque le nom bien connu résonna jusqu’à ses oreilles. Séverine de Bellifère. Elle n’était certainement pas aussi adulée que Madeleine, mais elle n’en demeurait pas moins duchesse de ces terres ocres qui l’avaient vue naître. Agathe s’arrêta enfin, les yeux grands et brillants, les lèvres roses et ouvertes de surprise.

- Votre Grâce… Je suis navrée, profondément, de vous avoir bousculée.

Il y avait matière à douter, évidemment, de la réelle identité de cette femme, mais Agathe peinait à déceler un mensonge dans ses paroles. La femme devant elle était soignée, distinguée, et sa joliesse relevait très certainement des bons soins qu’une vie douillette lui avait permis. La toute blonde papillonna se cils plus que de raison, encore stupéfaite de se retrouver devant une sommité - devant la duchesse de Bellifère! - lorsque Séverine redemanda son soutien d’une manière bien élégante. Même si Agathe ne croyait pas être d’une grande aide pour soutenir qui que ce soit, elle se prêta volontiers au jeu, les joues roses d’une telle proximité avec cette grande dame.

- Vous devriez vous reposer, Votre Grâce. Je pourrais retrouver mon petit frère, ne vous inquiétez pas. Aucun de votre garde ne vous escorte, ce serait dangereux de s’éloigner, ne croyez-vous pas…?

Que faisait le duc, à laisser sa femme errer ainsi, seule, dans un camp de réfugiés? Agathe oeillait autour, cherchant un protecteur tout en soutenant la duchesse blessée, un peu désemparée désormais. Qu’avait-elle dit..? Une tente saccagée? Quelle barbarie!

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Jeu 7 Juin - 4:22

Le petit effet de l'annonce de son identité avait extrêmement plus à Séverine qui se rengorgeait encore plus dans sa dignité.  Elle secoua la tête, comme pour indiquer à la jeune femme qu'il n'y avait nul besoin de s'occuper ainsi d'elle et de ses titres, que ce n'était rien et qu'elle avait trouvé en la personne d'Agathe la parfaite compagne.  Elle raffermit sa prise sur le bras délicat de la jolie blonde qui avait accepté de le lui donner et poussa un soupir théâtrale, comme elle savait si bien le faire.

« Hélas, je n'ai aucun protecteur ici, je suis seule et abandonnée.  Je n'ai toujours pas retrouvé la trace de Martial… »

Un air triste et désemparé bien calculé passa sur son visage.  Elle n'avait que faire de celui qui était son époux dans une autre vie.  Elle ne se préoccupait que du titre.  Celui de Séverine de Séverac, épouse de feu Maximilien de Séverac était beaucoup moins prestigieux et elle n'avait aucune envie de se désigner comme princesse de Sombreciel.  Elle ne voulait pas avoir de liens avec Castiel.  L'idée était révulsante.  Simplement songer que dans cette vie ils avaient une relation fusionnelle.

« Peut-être qu'en cherchant votre frère, je trouverai également les miens, permettez-moi au moins de vous aider jusqu'à ce que je ne supporte plus la douleur.  En ce faisant, vous me rendez grand service, croyez-moi. »  Séverine pressa la main de la jeune femme dans la sienne, se faisant suppliante, bien qu'en toute vérité, la dernière chose qu'elle désirait était de retrouver Martial.  Elle se portait beaucoup mieux sans lui et ne se garderait pas de lui mentionner, s'il la retrouvait un jour parmi les réfugiés, que dans cette vie il ne l'avait jamais enlevée, qu'ils n'avaient jamais consommé l'acte de mariage organisé par Castiel dans l'autre vie et qu'en l'absence de ces événements, toute union était donc inexistante.  Elle se libérerait de lui sans aucun remords.  Le titre de duchesse ne l'intéressait pas si ce n'était que pour être en mesure de se venger de Castiel et dans sa place de duchesse de Bellifère, elle n'aurait pas ce moyen à moins de tenter un putsch politique.  Et elle n'y songeait guère.

« Je n'ai pas eu de compagnie digne de ce nom depuis des jours, vous m'accorderez bien la vôtre, n'est-ce pas? »

La question ne laissait pas vraiment le choix à la pauvre Agathe, mais le ton mielleux, l'air suppliant de la Cielsombroise suffirait certainement à la convaincre, elle en était certaine.

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Lun 18 Juin - 4:10

La future duchesse de Bellifère était donc seule et abandonnée par son époux… Martial de Bellifère, preux, glorieux, charismatique et valeureux, était certainement encore pris sur les routes pour ne pouvoir être auprès de sa femme et la protéger! Agathe eut quelques mots pour le Destin, le suppliant silencieusement de préserver cet homme remarquable dans cette vie, tout comme dans l’autre. Elle afficha néanmoins un sourire de ravissement en entendant la noble dame persévérer dans son idée de chercher Arsène. Il était vrai qu’à arpenter les dédales du campement de réfugiés, il était possible de retrouver tous ces gens que l’on croyait perdu.

- S’il advenait que nous ne trouvions pas votre époux, je demanderai à ma tutrice l’autorisation de vous inviter auprès de nous. Vous serez en sécurité, au moins. Elle acceptera, j’en suis convaincue.

Mélusine accepterait très certainement. N’avait-elle pas le coeur aussi grand que la voûte céleste de Valda elle-même? Agathe laissa la noble femme presser sa main, non sans un certain trouble de toutes ces familiarités. Mais il s’agissait de Séverine de Bellifère, après tout, et lorsque la future duchesse de Bellifère pressait une main, il devenait difficile de s’y soustraire réellement. La jeunette s’efforçait de croire qu’il était plutôt question de confiance et de sympathie, d’affection d’une Belliférienne d’adoption pour une Belliférienne exilée. Elle n’était pas habituée, simplement, aux amitiés plus tactiles entre deux femmes. Il était vrai, tout de même, que la princesse d’Erebor et sa tutrice partagent ce genre d’amitié. Agathe répondit d’une légère pression, bien tiède, de ses doigts sur les siens, si peu assurée mais si dévouée à lui plaire!

- Il est vrai que nous sommes tous confinés dans un même campement… Ce n’est pas.. Ce n’est pas évident, de se sentir en sécurité. Ni de se sentir à notre place… Je resterai avec vous, dame. Nous ne resterons pas longtemps dans ce campement, je l’espère si fort!

Quelques hochements de tête, délicate, alors que ses prunelles se détachèrent de Séverine pour mieux inspecter les environs. Aucune trace d’Arsène. Aucune trace de Clochette non plus. Un peu aléatoire, dans sa promenade, elle entraînait Séverine de tente en tente, enjambant tantôt quelques flaques de boue, tantôt quelques déchets odorants, non sans dégoût.

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Mer 27 Juin - 4:42

Aller auprès de la tutrice de la jeune fille?  Séverine était intriguée.  De qui cela pouvait-il bien s'agir considérant qu'elle était suffisamment importante pour être en endroit sûr.  Une autre duchesse?  Pourquoi celle d'un autre duché devait-elle recevoir plus de protection qu'elle?  Séverine n'était naturellement pas encore nommée comme telle, Ermengarde gardait actuellement toujours le titre, néanmoins n'était-ce pas sa destinée que de règner avec Martial sur le trône de Bellifère?  Elle ne se rappelait d'ailleurs pas que Mélusine de Sylvamir soit duchesse, mais plutôt simple femme de baron et propriétaire d'un marquisat en Erebor.  Elle croyait.  L'injustice lui semblait grande même si elle ne laissa rien paraître des sentiments tumultueux que cela faisait naître en elle.  La Cielsombroise n'aimait pas être délaissée, elle n'aimait pas que d'autres reçoivent plus qu'elle en recevait.  Elle enquêterait et ferait bien payer à son époux son manque de discernement en la laissant pourrir dans un pareil trou à gueux.  En plus, l'odeur était si désagréable qu'elle craignait de vieillir avec des rides sur le nez, à force de le plisser de dégoût.  Qui lui dédommagerait tous ces inconvénients quand le temps serait venu?  Personne.  Être la première dame – future première dame – de Bellifère ne servait absolument à rien.  Bien évidemment, Castiel ne l'aurait pas mariée avec quelqu'un d'influent.  Il lui paierait.

« C'est fort aimable à vous très chère, vous êtes l'unique personne animée de bons sentiments et de délicatesse dans ce campement… » Elle n'osa pas mentionné qu'il était rempli de pouilleux et que c'était sale, il n'y avait nul besoin de le mentionner, tout être doté de raison le verrait rapidement.  Elle poussa un long soupir, dramatique, calculé.  « Oh, je suis si heureuse de vous avoir rencontrée, que serais-je devenue sans vous.  Vous me rendez par votre compagnie cette épreuve beaucoup moins rude. »

Elle inclina la tête dans une pose léthargique, pour ajouter un peu de tragédie à son jeu d'actrice.  Elle voulait qu'on constate à quel point elle était négligée et à quel point cette situation devrait être corrigée dans les plus brefs délais.

« Dites-moi, demoiselle Martel, dans quel genre d'endroit aime se cacher votre frère?  Nous ne devons pas oublier notre mission au profit de cette charmante rencontre du Destin qui a mené vos pas jusqu'à moi. »

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Message Sujet: Re: Leçon contre l'ennui   Ven 13 Juil - 2:02

Les compliments de Séverine semblaient se multiplier proportionnellement au nombre de pas parcourus en sa compagnie, et Agathe, même si intimidée par la grande dame qui tenait son bras, se sentait un peu oppressée par tant de gentillesses. Alors que la noble femme lui répétait combien sa compagnie était unique, la jeunette ne pouvait s’empêcher de trouver un petit quelque chose de pressant dans tout son joli verbe. Elle ne savait dire s’il s’agissait de faussetés et de mièvreries, tant les traits de sa compagne de recherche étaient doux, mais il y avait assurément quelque chose d’étrange dans cette situation. Elle savait bien, Agathe, qu’elle n’était ni exceptionnelle ni remarquable, et s’entendre être qualifiée d’unique personne animée de bons sentiments et de délicatesse, ou encore de baume pour cette épreuve beaucoup trop rude, ne lui semblait pas naturel. Elle rougit, beaucoup, tout en encaissant les jolis mots, et éloigna ses doutes dans un coin de son esprit. La Belliférienne d’adoption disait vrai : Seul importait réellement Arsène.

- Il s’est pris d’affection pour une ponette affectueuse. Elle porte le nom de Clochette. ..Peut-être cherche-t-il sa présence? J’ignore si elle existe, dans ce… Dans cette vie.

Agathe se pressa instinctivement contre Séverine de Bellifère en entendant deux hommes hausser la voix, non loin. Alors qu’elle serrait la mâchoire pour contenir son angoisse, la jeune femme eut une pensée féroce pour son petit frère d’adoption. Elle espérait si fort qu’il n’ait pas à subir toute cette violence, toute cette tension, dans ce campement chaotique et difficile! Elle lui souhaitait avoir trouvé une aide, à son réveil, comme elle-même avait trouvé le réconfort avec les bras de Melbren.* D’un coup d’oeil par-dessus son épaule, elle s’assura que les hommes ne les avaient pas remarqué et s’entêta à poursuivre son chemin. Les tentes lui étaient de plus en plus étrangères et Agathe fut surprise de voir le campement à ce point agrandi. Combien étaient-ils à s’être réveillés d’une vie qui n’était pas la leur?

- Peut-être trouverons-nous également Sa Grâce votre époux, là où sont les enclos à chevaux? Ou bien, quelqu’un l’aurait vu.

Ils devaient exister, assurément! Mélusine, Melbren, Séverine… Tous semblaient bien avoir existé, dans cette vie. Eux aussi, forcément. Toutefois, l’idée qu’Arsène ait déjà quitté ce monde, embrassé trop tôt par la mort, ne lui avait pas effleuré l’esprit. Les enfants aussi adorables que son frère d’adoption ne pouvaient pas mourir. Ç’aurait été d’une injustice effroyable.

*Il ne s’agit pas ici d’une métaphore cielsombroise.

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