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 Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.

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La Noblesse
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Message Sujet: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Mar 22 Mai - 20:08


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Bartholomé d'Ansemer et Denys du Lierre-Réal

Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.

Si lointaine et si proche à la fois



• Date : 26 mai 1003
• Météo (optionnel) : Il fait très beau, peu de nuage dans le ciel et le vent qui souffle sur le littoral éloigne un peu la chaleur de ce mois de mai.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Profitant de la venu de Denys en Ansemer pour quelques jours, Bartholomé l'invite à visiter le port et discuter un peu.
• Recensement :
Code:
• [b]26 mai 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3707-il-est-des-portes-sur-la-mer-que-l-on-ouvre-avec-des-mots#139201]Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.[/url] - [i]Bartholomé d'Ansemer et Denys du Lierre-Réal[/i]
Profitant de la venu de Denys en Ansemer pour quelques jours, Bartholomé l'invite à visiter le port et discuter un peu.


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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Mar 22 Mai - 20:49

Il y avait dans la contemplation de la mer et ses reflets d’argents une sérénité que Denys, bien que peu familier des embruns de l’océan, parvenait à toucher du bout des doigts. Le son des vagues et de l’écume glissant sur la plage ou se fracassant sur les rochers apaisait bien des esprits, même celui d’un homme comme le duc de Lagrance, si rarement au repos. Plus encore en ce jour… Celui-ci lui rappelait cruellement des événements survenus un an plus tôt très exactement. Ce jour où, dans cette réalité alternée, il avait trouvé la mort. Si son cœur s’était depuis longtemps remis de ces émotions, l’esprit n’oubliait pas. Et plus que d’ordinaire, Denys était songeur, peut-être même moins enjoué. Le masque qui habituellement ornait ses traits était peut-être plus sombre, terne, même si son regard ne pu qu’admirer la beauté de cette étendue bleue. Oui elle avait ce quelque chose d’apaisant. Moins que ses jardins embaumant le parfum des fleurs et les chants des insectes, mais tout de même. Cette balade sur le port avait quelque chose de positif et améliorait quelque peu l’humeur du duc, qui se serait peut-être passé en ce jour de quelques rencontres politiques. Comme s’il pouvait réellement y échapper, au cœur d’un duché qui n’était pas le sien. Non pas qu’il n’avait pas envie de voir Bartholomé – au contraire, il était celui de ses homologues Faës qu’il appréciait le plus – mais il n’aurait pas dit non à un peu de repos. Ce jour principalement ternissait bien ses pensées.

Néanmoins, il avait pris avec beaucoup de plaisir la proposition de Bartholomé, moins formel que ce à quoi il était habitué. Cette rencontre se faisait au cœur de la cité ducale d’Ansemer, balade paisible pour quelques mots anecdotiques – pour l’instant. Loin des communes discussions dans l’intimité d’un bureau, où chaque mot pouvait être potentiellement espionné. Peut-être était-il trop habitué à ça, en vérité. A ces rencontres porteuses de conséquences. Oh bien entendu, Denys ne se faisait pas d’illusion sur un tête à tête entre lui et le duc d’Ansemer, mais il reconnaissait que la balade sur le port était bien jouée. Tout ce qu’il fallait pour détendre l’atmosphère, en cette période propice aux bonnes nouvelles. Lui et Marjolaine ne venaient-ils pas après tout pour féliciter Bartholomé et son épouse de l’heureux événement qui les touchait, à savoir une prochaine naissance ? Outre donc son humeur quelque peu terne en ce jour, l’ambiance, dès leur arrivée, était des plus joyeuses, et l’accueil réservé aux invités des plus remarquables. Tout du moins, en sa qualité de duc parfois pointilleux sur ce genre de détails, il n’avait point à se plaindre.

« Je dois reconnaître que la vue sur la mer est très agréable. Même si elle a inspirée beaucoup d’artistes par chez nous, difficile de rendre grâce à une si vaste et changeante étendue. »


Le compliment, quoique calculé lorsqu’il était adressé à un Ansemarien, était néanmoins sincère. Denys était de ces hommes esthètes qui aimaient la beauté, quelque soit la forme qu’elle prenait. Et s’il n’y avait personne à remercier ou féliciter pour avoir créé une si belle chose, le reconnaître était suffisant. Même s’il préférait sans aucun doute les chatoyantes couleurs et la finesse des jardins de Lagrance. Le sujet était des plus banals, comme ce qu’ils avaient échangés depuis le début de cette balade sur le port. Autour d’eux, les habitants de la cité s’étaient retourné ou avaient observé avec curiosité la venue de deux ducs, hors des murs protecteurs du palais. Il y avait certes des gardes devant pour ouvrir la voie, et derrière pour s’assurer qu’il n’y avait pas de danger, mais tout était relativement calme, comme l’était la mer actuellement.

« Quelle est le nom de cette vivenef que vous souhaitiez me montrer déjà ? »

Bartholomé n’avait donné que peu de détails, notamment ce nom qu’il avait sans doute omis de lui mentionner. Le duc de Lagrance savait juste qu’il s’agissait d’une charmante vivenef. Une curiosité qui intéressait, il est vrai, grandement Denys. Après tout, il avait accueilli en Lagrance énormément de Mage du Sang qui étaient les créateurs de ces maitresses des eaux. Pourtant, il n’avait que rarement eu l’occasion d’en voir, à l’exception de Maari, vivenef à roulette de son état, et la belle et douce Azalée, mouillant au port de l’Ancre-Fleurie.

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Mar 29 Mai - 17:40

La venue du couple ducal Lagran était un événement qui aurait plus que ravi Bartholomé si son humeur avait été meilleure par les jours qui couraient. Le sourire qu’il s’efforçait de plaquer sur son visage était à demi un masque savamment travaillé pour laisser flotter l’illusion d’un réel bonheur suite à l’annonce de grossesse de sa femme. Les traits tirés et les soupirs qu’il ne pouvait retenir pouvaient à tout le moins être balayé sur le compte de l’angoisse, de l’incertitude. Après tout, l’emprisonnement de Jehanne qu’il avait mis sur le compte de sa santé pouvait bien être le soucis de ses tracas. Oh si seulement.
Les efforts de son frère ne semblaient pas changer grand chose, et la duchesse restait encore et toujours muette chaque fois qu’il venait la voir. Il ne savait peut-être pas lui-même ce qu’il cherchait vraiment en venant s'enquérir de son état comme il le faisait quelquefois semaines. Peut-être qu’il souhaitait que la solitude et l’isolement dans lesquels il la repliait finirait par réellement créer chez elle quelconque maladie. Peut-être qu’il espérait la voir se briser, qu’un jour il ouvre la porte et qu’elle soit là suppliante, implorant son pardon. Son regard ne semblant s’allumer que lorsque Bertille l’accompagnait, mais ces fois-là c’était un théâtre qu’ils jouaient tous deux, cherchant à préserver l’innocence de cet enfant placée là bien malgré elle dans la guerre que se livrait ses parents.

Aussi, il était heureux de voir revenir en Ansemer le duc de Lagrance ainsi que sa charmante épouse, mais il aurait préféré n’avoir pas besoin de sourire et les remercier chaleureusement pour les félicitations qu’ils lui apportaient quand à la grossesse de Jehanne. Et s’excuser de l’absence de sa femme pour les accueillir. Il se doutait fort bien qu’il ne pourrait refuser éternellement un entretien, mais il espérait sans grande conviction que les excuses qu’il donnait leur suffiraient.
Mais l’ambiance du palais, les murs et les domestiques, les murmures de sa cour, le pesaient depuis ce dernier mois. Ainsi, il avait invité Denys à une rencontre moins formelle, non pas dans son bureau ou un de ses salons privés comme il en aurait eu l’habitude autrement, mais le long des quais au coeur de la cité. Loin d’elle. Entouré des bateaux, des marins occupés, et de la mer, qui réussissaient toujours à lui redonner sourire, un vrai, celui de ce bonheur que l’eau saline avait sur son être.

Leur marche leur avait arraché quelques mots bien simples jusqu’à présent, rien de notoire sinon ces échanges de banalités et ces remarques anecdotiques. Le soleil était haut dans le ciel et chaud, la brise qui soufflait doucement fort bien reçue, rendant leur promenade agréable. Un sourire étire les lèvres de Bartholomé quand son homologue complimente ce paysage qui est sien. « N’est-ce pas? Sans ne rien vouloir enlever à vos merveilleux jardins et étendues fleuries, la mer a ce quelque chose d’unique justement par ses humeurs. » C’est un jeu de compliments qu’il est nécessaire de jouer. Le pense-t-il vraiment, entre les duchés ce sera toujours un peu ce concours de qui aura le plus beau, le plus merveilleux. « Vos fleurs ont d’égales la beauté des femmes, mais le charme de l’océan est dans ses tempêtes, et dans la douceur et le calme qui s'ensuit, dans la courbe langoureuse de ses vagues après la violence de ses éclats. Je ne crois pas un jour m’en lasser. » De la mer, des vagues, et des femmes. Le sous-entendu est là, caché sous ces mots et ces comparaisons, Bartholomé sait que Denys l’appréciera, parce qu’il est de ce point où ils se ressemblent, tous deux.

« L’Aquilon. »
qu’il répond au duc, lui jetant un regard, un sourire, avant que ses yeux ne retournent se porter sur la multitude de navires amarrés au quai ou faisant ancre un peu plus loin dans la baie. Il cherche des yeux un instant la vivenef, alors qu’ils continuent d’avancer. Elle est là, un peu plus loin, fière, magnifique, les marins s’occupant d’étendre les cordages lavés pour profiter du soleil et les faire sécher. « Elle est sublime, avec Apogée sa figure de proue, une vraie guerrière. » Elle venait d’arriver à Port-Liberté, tout juste quelques semaines plus tôt, et Bartholomé, grand amoureux de la mer et des navires, ne pouvait s’empêcher de porter sur elle un regard presque admiratif. Elle était bien différente de l’Hermione, fleuron de la marine marchande d’Ansemer douce et paisible. Apogée, sculptée à l’effigie de Christée d’Aubéliance, une grande guerrière de l’époque, portait cet air de puissance déterminée. « Un prêt de la marquise de Bellancre, pour la défense de Port-Liberté dans l’éventuel retour des hostilités. » Parce qu’il craignait que ce ne soit inévitable. La trêve qui se poursuivait était agréable, et permettait tant aux hommes de reprendre des forces qu’aux villes de mieux se préparer. Mais il avait encore au travers de la gorge l’attaque des pirates à Bohémont une année plus tôt, et le port qui s’était retrouvé pris au dépourvu alors que la force des troupes d’Ansemer s’était retrouvée au front. Il n’était pas question de laisser cela arriver de nouveau, et encore moins à Port-Liberté. Il avait alors profité de la trêve pour envoyer à ses marquis et autres nobles possédant terres côtières ou simplements quelconques navires quelques missives leur demandant de faire leur effort de guerre et de joindre à la flotte ansemarienne les effectifs dont ils pouvaient se passer, temporairement. Dans les derniers mois, les dernières semaines, les navires étaient ainsi arrivés en grand nombre, et le port et la baie de Port-Liberté prenait presque des airs d’hivernage avec tous ces bateaux à quai. « Il me faudra éventuellement commander la construction de nouvelles vivenefs, mais les temps s’y prêtent difficilement en ce moment. » Plus tard. Quand il serait en mesure aussi de prendre la mer, et de naviguer à son bord. « Venez. Nous allons vous présenter à Apogée. »

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Ven 15 Juin - 21:07

Il y avait quelque chose, dans l’attitude de Bartholomé, qui n’était pas sans rappeler celle qu’arborait Denys en ce jour. Il semblait clair, à tous deux, qu’ils n’étaient pas de la plus charmante des humeurs, et ce pour des raisons qui leur étaient propres et que le duc de Lagrance n’avait pas spécialement envie de chercher chez son hôte. Il avait noté cependant, dans les traits un peu fermés de son homologue, une fatigue et une lassitude qui ne lui étaient pas tout à fait inconnues. Et à en croire cette petite balade sur le port qui ne correspondait guère à leurs deux habitudes, il leur faisait néanmoins du bien de sortir au grand air et ne pas s’étouffer entre les murs du palais ducal. Si c’était peut-être moins propice aux confidences et accords tissés d’une poignée de main, l’air marin chargé d’iode saurait sans doute ouvrir d’autres portes et apporter autre chose. Des choses moins préoccupantes, qui sait. Et pourtant, les deux ducs avaient toujours de quoi être préoccupé, à plus forte raison par la situation actuelle d’une guerre en suspend et d’un empereur qui ne donnait aucune nouvelle à ce propos. A défaut d’en parler, au moins pouvaient-ils l’éclipser le temps de cette balade. Elle avait ce quelque chose de profitable pour Denys en tout cas. Qui plus est alors qu’il était en compagnie du duc Faë dont il était sans doute le plus proche, quand bien même n’étaient-ils pas réellement amis. Entre eux pourtant, compères de bien mauvaises habitudes, les sous entendus courraient et Denys n’était pas le dernier pour saisir les paroles cachées de Bartholomé. Cela eut le mérite de faire lever un sourire un peu plus franc au duc de Lagrance.

« Oui je m’en serais douté. »


Douté qu’il aimait les femmes autant que la mer, ce n’était assurément pas un secret. Et s’il n’avait plus accès totalement à l’une, il ne se privait pas de voir les autres, bien plus nombreuses et toutes aussi peu cachées. Même si pour Denys, on lui avait connu la réputation de coureur et d’infidèle, peu de femmes s’étaient faites remarquer et peu de noms avaient véritablement été révélé. Au contraire d’un Bartholomé qui s’était affiché sans gêne ni contrainte avec nombres de femmes à quelques événements officiels. L’idée de le juger à ce propos, cela dit, n’était clairement jamais venue à Denys, et il se souvenait encore sans mal de ces discussions autour d’un verre de rhum à comparer de charmantes conquêtes. Une chose qui n’arriverait pas de nouveau si tôt, lui qui avait depuis plus d’une année déjà cessé de tromper son épouse. Bien des événements l’avaient fait changer, il n’en était sans doute pas de même pour Bartholomé.

L’Aquilon donc était le nom de cette Vivenef qui était leur attraction du jour. Certainement d’une grande beauté, comme toutes ces reines chevauchant les vagues, même la belle Azalée qui n’était pas des plus aventureuse sur les eaux tumultueuses. Et bien qu’à son sens, il n’y avait pas à s’émerveiller des beautés de la guerre, il pouvait comprendre, Denys, les compliments derrière les paroles de Bartholomé. Quoiqu’elles représentent, les figures de proue des Vivenefs étaient toujours des merveilles de beauté et de perfection, transcendant la vie qui n’était pas seulement faite de chair. Pouvait-il le comprendre, Bartholomé, qui n’était pourtant pas un familier des mages du Sang et de leur savoir si particulier ? Denys n’était lui même pas le plus instruit à ce propos, mais il s’était longuement intéressé à leurs tâches et pouvoirs néanmoins, sans jamais les craindre ni les juger. Car il convenait sans mal que l’art de donner la vie et la sublimer par magie était quelque chose d’à la fois terrible et grandiose.

« J’ai hâte de la rencontrer. » Dit-il avec une certaine vérité dans le léger sourire qui ornait ses lèvres. Sourire bien vite crispé à la mention d’un possible retour des hostilités. Oh comme il avait raison, ce cher Bartholomé, on n’était jamais trop prudent. Denys avait lui aussi pris quelques dispositions de son côté pour éviter à son duché une possible invasion comme ce fut le cas juste avant la trêve hivernale.  « Vous avez bien raison de prendre de telles précautions. Le silence de l'empereur à ce propos devient préoccupant. » Ce n'était pas comme si les mots lui échappaient malgré lui. La vérité pourtant se distinguait bel et bien dans ses paroles et il n'espérait pas être le seul à songer ainsi. Bien vite, après avoir longé les quais, ils arrivèrent sur le ponton où le navire était. « Hé bien alors, je vous laisse faire les présentations. »

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Dernière édition par Denys du Lierre-Réal le Ven 13 Juil - 17:28, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Sam 23 Juin - 6:04

Le silence de l’empereur était préoccupant, oui. Denys avait posé les mots justes sur la situation actuelle. La guerre s’était enclenché dans une telle hâte, et les ripostes avaient poursuivies dans la même suite. Mais depuis la mort de l’empereur Ibéen, depuis la libération de la Chasse aussi, plus rien. Ils flottaient dans ce flou d’incertitudes et ce silence d’anticipation. La trêve avait été bien venue, au départ, alors qu’elle avait encore une date butoir. C’était alors un temps pour se reposer, pour réparer ses défenses et préparer ses armements en vue des prochaines attaques. Mais la date fatidique était passée, le nouvel empereur d’Ibélène avait été couronné et rien n’avait suivi. Ils étaient restés ainsi, prêts à répliquer, prêt à reprendre les attaques, mais aucune n’avait été lancées. Et autant il se plaisait dans cette paix relative qui faisait un peu écho de celle dans laquelle ils avaient si longtemps vécu, autant ce n’était pas la même chose. Ils ne pouvaient se permettre de se relâcher, toujours aux aguets, toujours prêts, parce que si les combats reprennent ils ne pourraient se permettre d’attendre.

Cette trêve qui se prolongeait permettait aux corps et aux coeurs de se reposer. Mais elle paralysait les échanges maritimes, entre autres. Les bateaux ne prenaient plus la chance de s’éloigner pour de longs voyages éloignées, alors que sur les eaux ils avaient maintenant plus encore que les pirates à redouter.
« Oui. Si au moins nous étions au fait de ce qui se trame. » Léger soupir. Est-ce possible que derrière ce silence se cache plus encore que de simples tactiques de guerre et de paix. Que de derrière les probables discussions entre les deux empereurs se dessinait un destin bien différent? Y en avait-il, même, de ces discussions? Et qu’en était-il d’Erebor, maintenant royaume indépendant. Serait-ce aussi un ennemi à jauger dans cette guerre qui avait commencé à détruire le continent, ou était-ce possible que ces derniers se rallient à leur cause? « Fort heureusement les doux mois d’été sont à nos portes, et le calme nous permettra de rengorger les réserves. Ansemer survivrait difficilement à un prochain hiver s’il fallait envoyer toutes nos forces combattre. » Et Denys devait être un peu au fait de cela, Lagrance étant le principal voisin d’Ansemer, et de celui qu’il s’approvisionnait le plus durant les long mois d’hivernage. Ils avaient les terres, et les bêtes qui les peuplaient, certes, mais elles n’avaient jamais été exploités et les Ansemariens étaient de piètres chasseurs. Ainsi, chaque hiver, ils dépendaient des importations en provenance du duché des fleurs, mais un jour viendrait que même celui-ci aurait tout juste assez pour nourrir son peuple.  « N’est-il que l’attente et le silence est trop peu rassurant, vous avez raison. Vous partagez vos frontières avec Sombreciel, aucune agitation particulière venant de chez eux? Et Erebor? » Le duché des océans était trop isolé pour se voir le théâtre d’alliances ou pour percevoir les agitations ennemis, si ce n’était celles des pirates qui ravageaient leurs côtes depuis toujours. Mais Lagrance semblait être placée stratégiquement, partageant ses limitations avec les deux empires, avec le royaume indépendant du sable aussi, maintenant. Denys, ou les patrouilles de ses escadrons de Voltigeurs, pouvaient avoir possiblement aperçu quelque chose.

C’est ainsi qu’ils arrivent finalement sur le ponton où l’Aquilon se trouve. Elle est belle et grande, Apogée, avec son air fier et déterminée. Il n’a jamais voyagé sur une vivenef, le duc, mais elles l’ont toujours fasciné. Plus jeune il lisait les récits de leur création en cachette, alors que sa mère cherchait à l’éloigner de tout ce qui pouvait se rattacher à la navigation, et si leur vie en soi et les pouvoirs qu’elles possédaient pouvait faire frémir, c’était une magie bannie depuis si longtemps bannie après tout qui les rendait ainsi vivante, Bartholomé avait toujours été fasciné par elles. Ces sculptures vivantes qui étaient encore plus la mer que jamais il ne pourrait l’être. « Chère Apogée, laissez-moi vous présenter le duc de Lagrance, Denys du Lierre-Réal, en visite en Ansemer. » Et au duc il présenta Apogée, qui elle-même vint réitérer ses intentions de défendre Port-Liberté au fort de sa puissance et de celle du corps de sa vivenef, poursuivant qu’elle profitait de son séjour sur les eaux de la capitale pour faire la connaissance d’Adrastée, la figure de proue de l’Hermione, gardée à port elle aussi devant l’incertitude des temps à venir.

« Fascinantes, n’est-ce pas, ces figures sculptées vivantes. » qu’il fait commentaire à son homologue après la courte discussion avec Apogée. « Vous êtes plus connaisseur que je le suis de ces magies jadis bannies, je crois. » Il n’avait jamais été contre, le duc, comment aurait-il pu, après tout, lui qui était tant fasciné par ces mages sculpteurs, mais il n’avait pas non plus montré le même intérêt que son homologue envers ces magies. « Vous devez apprécier ces merveilles d’une façon bien différente de la mienne. »

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Ven 13 Juil - 18:33

Savoir ce qui se tramait, c’était bien là le minimum que souhaitait Denys de la part de Gustave sur cette situation qui avait l’air de s’éterniser. Mais force lui était de constater que l’empereur ne daignait guère tenir au courant ses ducs de ses projets à propos de cette guerre désormais stagnante. Cela étant, il savait de part ses contacts avec la Cour des Miracles que même à Alfaë, il n’y avait pas de réelles grandes décisions prises, et que l’incertitude semblait planer partout en Arven. Ce n’était pas une bonne chose, aux yeux de Denys, car ignorer ce qu’il convenait de faire et laisser les peuples dans cette attente fébrile et frustrante, c’était un premier pas vers une faiblesse qui pouvait s’avérer fatale. Même si à l’heure actuelle il était possible de ne guère trop craindre une réplique d’Ibélène qui était affaibli, le duc de Lagrance n’était pas persuadé qu’il fallait compter là dessus. Hélas, tout ce qu’ils pouvaient faire en ce moment c’était renforcer leurs armées et surveiller les frontières, et peut-être – si tout cela s’éternisait trop – en toucher un mot clair à Gustave.

« Oui. Nous même avons perdu beaucoup de nos réserves lorsque les Ibéens ont traversé la frontière et se sont emparés de terres en Lagrance. La saison chaude et l’été nous permettent aussi de refaire les stocks. Cette attente cependant n’a rien d’une paix et si cela doit trop s’éterniser, peut-être nous faudra-t-il confronter l’empereur à ce sujet. »

Telle était la volonté de Denys, et à en juger par les mots de son homologue, peut-être celui-ci serait-il d’accord à ce propos. Il n’était guère le seul à penser que le temps avait filé depuis la date butoir de cette trêve hivernale, et aucune manœuvre n’avait encore été mise en place pour gérer cela. Devaient-ils attendre que les hostilités reprennent pour entamer une discussion ? C’était absurde. Soucieux de ce sujet, Denys releva néanmoins un regard vers Bartholomé, partageant ce qu’il savait de ses observations à la frontière cielsombroise et kyréenne. Rien de bien sensationnel, mais au moins relativement rassurant.

« Nous n’avons vu aucun mouvement au niveau des frontières, non. Qu’il s’agisse d’Ibélène ou du sultanat d’Erebor, les troupes ont été retirées en même temps que les nôtres au moment de la signature de la trêve. Depuis nous n’avons rien noté de suspect. Nos voisins cielsombrois ne sont de toute façon pas les plus attachés à la guerre. » Cela, ce n’était même pas une surprise. Personne n’ignorait que le peuple de l’Esprit préférait jouir de la paix que s’embourber dans une guerre barbare. De la même manière que les lagrans n’étaient d’ailleurs pas spécialement plus combattant qu’eux. Même s’il gardait un œil sur les frontières, Denys savait que ce n’était pas les cielsombrois et Castiel qu’il avait le plus à craindre. « La situation en Ibélène doit être aussi tendue que chez nous, sinon plus. La perte d’un duché et ce qui est arrivé à l’empereur Octave a dû chambouler énormément de choses. Sans parler de la disparition de l’ancien maréchal de Serre. Même si un autre a été nommé, je pense que leur réorganisation prend du temps. Je ne comprend pas pourquoi l’empereur Gustave ne fait rien. » Qu’il s’agisse de reprendre les hostilités ou au contraire d’envoyer un message de paix au jeune Octave pour cesser cette guerre. Oui, c’était parfaitement incompréhensible que rien, depuis des mois, ne se soit passé entre les deux empires. « En ce qui concerne Erebor, leurs frontières sont pour l’instant fermées, mais ils ne nous sont pas hostiles. De ce que je sais, ils sont sortis de cette guerre. » Ce n’était certes pas une chose à prendre à la légère ni une forme de confiance que l’on pouvait accorder au sultanat, mais cela faisait toujours un adversaire de moins à craindre et surtout, peut-être, un possible nouvel allié.

Mettant fin un instant à cette conversation en arrivant sur le ponton où se trouvait l’Aquilon, le duc de Lagrance attendit les présentations avec la figure de proue qu’il pu observer avec énormément de curiosité. Sublime, comme il s’y attendait, à l’image de toutes ces souveraines des océans, filles de Messaïon. Il rendit le salut à Apogée, qu’il questionna un peu et qu’il écouta surtout. Belle dévotion que cette âme éprise de liberté et de vaillance, elle qui était faite de bois et d’une magie que tous avaient considérée comme maudite pendant des siècles. Comment penser une telle chose en admirant cette vie insufflée dans la matière ?

« Fascinante et merveilleuse, oui. » Approuva le duc en s’éloignant avec son homologue sur le bastingage de la vivenef, une fois la discussion avec Apogée terminée. « Je m’y intéresse énormément, c’est vrai. Depuis que beaucoup de Mages du Sang ont trouvé un foyer en Lagrance, je me suis intéressé à eux et à leur magie. » L’un de ses conseillers, Malion, n’était-il pas après tout lui même un de ces mages anciennement honni ? Même s’il ne cachait plus cet intérêt pour les Magies et Savoirs bannis, il cachait encore, Denys, cette allégeance qui était la sienne à l’Ordre du Jugement, hélas trop connu aujourd’hui pour son côté extrémiste. Quel dommage que les gens ignorent ainsi tout ce qu’avait fait cette organisation au fil des siècles pour conserver ces merveilles d’autrefois qui n’auraient jamais dues être détruites. « Sans doute. J’apprécie leur beauté et les talents dont peuvent faire preuve les vivenefs. Mais j’admire surtout le processus de création de ces merveilles. Un jour, je vous inviterai en Lagrance pour que vous puissiez observer la magie à l’œuvre. Si bien sûr cela vous intéresse. »

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Dim 22 Juil - 6:17

Il avait raison, cette entente, cette trêve qui s’éternisait, n’avait rien d’un paix. Et si les hommes n’étaient pas au combat à faire couler le sang et engendrer les pleurs dans les maisonnées d’où ils ne reviendraient jamais, les coeur restaient toutefois gros d’incertitude. Et ce n’était guère mieux. Comment se construire un avenir, penser au lendemain, quand le futur était incertain? « Sachez que je suis de votre avis Denys. J’ai soutenu Gustave dès les premiers instants de sa prise de pouvoir, et je le soutiendrai encore aujourd’hui s’il nous demande de repartir en guerre contre Ibélène, ou Erebor même. Mais mon soutien ne sera pas éternel s’il nous garde ainsi dans l’ignorance et dans l’attente. » Il avait donné sa confiance et son soutien à l’empereur actuel alors que ce dernier était encore même inconnu, parce que la vision qu’il emmenait en était une de puissance et de grandeur, à laquelle Bartholomé avait sitôt accroché. Mais le silence qu’il leur servait actuellement était déroutant, et ce n’était pas pour cela qu’il avait signé. Ce n’était pas ainsi que Faërie gagnerait en puissance, qu’Ansemer retrouverait sa renommée. « S’il vient nécessaire de confronter l’empereur à ce sujet, sachez que je serai avec vous. » Par delà le soutien de l’empire, celui de Lagrance était celui qui importait le plus à Ansemer. Parce qu’ils étaient dépendant de leur ressources l’hiver venu, parce qu’ils partageaient de longues frontières, mais aussi parce que Bartholomé s’entendait au mieux avec Denys. Leurs moeurs, quoique quelque peu différent, étaient plus semblables que si comparé à ceux de leurs voisins d’Outrevent.

Malgré tout il est heureux d’entendre qu’il ne semble pas y avoir de mouvements du côté des diverses frontières avec Ibélène. Il n’est pas surprenant du côté de Sombreciel, ce duché bien peu réputé pour son art de la guerre, mais Erebor était plutôt incertain, avec son récent retrait de l’empire Ibéen. « Bien. »
Il acquiesce à la réflexion suivante du duc. À vrai dire, si on oublie les tracas de la Chasse, crainte omniprésente, et les tracas peut-être plus personnels, l’empire de Faërie se porte relativement bien comparé à leur voisin. Aucun duché n’a déclaré indépendance, l’empereur actuel s’est fait accepté, respecté. Les naissances d’héritiers se multiplient, comme les mariages qui semblent s'enchaîner. La situation semble légèrement plus tendue à côté, certes, et comme relevé par Denys, il est étonnant que l’empereur n’ait pas profité de cette désorganisation pour soit reprendre la guerre en les prenant au dépourvu, ou user de la situation pour leur proposer une alliance dont Faërie pourrait certainement sortir gagnant. « Je vous le concède. S’il souhaitait reprendre Ibélène, où à tout le moins élargir nos frontières sur Arven, l’occasion aurait été idéale. Et s’il envisage plutôt rétablir un traité de paix, pourquoi ne pas nous tenir au fait des négociations? »

Quant à Erebor, Bartholomé ne peut s’empêcher de nourrir quelques doutes. Qu’espéraient-ils, après s’être ainsi retiré? Le sultanat était par ailleurs en plein coeur d’Arven, séparant presque les deux empires à présent. « Ils sont malgré tout stratégiquement installés en plein coeur du continent. La reprise des hostilités entre les deux empires pourrait compliquer les choses s’ils ne prennent pas parti. Je doute qu’ils puissent si facilement sortir de cette guerre, tous se retirerait ainsi si c’était aussi simple. » Qu’adviendrait-il, si d’autres duchés venaient à lancer ainsi leur indépendance, si un duché faë faisait de même ?

Et ils rejoignent finalement l’Aquilon, où Bartholomé fait les présentation entre la figure de proue et le duc Lagran. La petite discussion qui s’en suit est intéressante, et le duc d’Ansemer écoute à nouveau Apogée rendre sensiblement les même réponses qu’elle lui offrit quelques jours plus tôt quand il était venu discuter avec elle. Ils s’éloignent un peu, poursuivant leur discussion entre eux, alors que la vue depuis le pont de la vivenef donne sur une mer scintillante qui reflète un soleil brillant.

« J’adorerais venir y assister. » Il est intrigué, n’empêche, le duc, de ces nouvelles magies qui se dévoilent, mais aussi de celles qui étaient restées présentes, cachées, et qui à présent peuvent s’épanouir au grand jour. Il connaît bien les vivenefs, et de théorie il connaît leur processus de création, mais voir la magie à l’action, voir le bois prendre vie, doit être tout autre, oui. « Vous devez vous douter que les vivenefs m’ont toujours fascinées. Il serait certes intéressant d'assister à la création de ces merveilles, oui. Et il me faudrait venir vous visiter, par ailleurs. Il y a longtemps que je n’ai pas arpenté vos majestueux jardins. Je suis heureux malgré tout que Bertille puisse en avoir la chance, je vous remercie par ailleurs d’avoir accéder à ma requête. »

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Ven 3 Aoû - 19:24

Le soutien de Bartholomé, s’il ne l’avouerait pas, semblait à Denys indispensable pour aller confronter l’empereur. Non pas qu’il craignait de l’affronter, il savait que le poids et les paroles de deux ducs valaient plus que celui d’un seul. Et quand bien même avait-il lui même soutenu Gustave – plus tardivement qu’Ansemer – que la fidélité de Denys restait ce qu’elle était : il verrait toujours le profit pour son duché et son peuple. En cela, Bartholomé n’était d’ailleurs peut-être pas totalement différent.

« Je vous remercie. »

Il espérait cela dit ne pas avoir besoin d’en arriver là, mais ce silence qui s’éternisait ne devait pas durer. Pour eux comme pour leur peuple qui étaient les premiers à souffrir de cette attente latente et fébrile, promesse de nouveaux conflits ou espoirs d’une paix à venir. Personne ne savait ce qu’il en était, mais aux vues de la situation en Ibélène, il ne fallait pas tarder à prendre les devants, car déjà aux yeux du duc de Lagrance, il était trop tard pour pleinement prendre le pouvoir sur eux si une nouvelle guerre devant se lancer. Une bête et terrible erreur de calcul qui pourrait coûter cher si les choses restaient telles qu’elles étaient. Bartholomé ne le comprenait que trop bien et Denys savait qu’il pouvait parler avec lui ouvertement de ces choses sans prendre de gants comme il l’aurait peut-être fait avec ses autres homologues. Si Ansemer n’était point au cœur de la guerre, ils n’en étaient pas moins concernés par celle-ci. Oui, tout dans l’attitude de l’empereur laissait à penser qu’il n’avait soit pas confiance en ses ducs, soit qu’il était perdu et ne savait quoi faire. Et dans les deux cas, c’était une affaire dangereuse qu’il ne fallait pas un instant quitter des yeux.

« Nous ignorons même s’il y a des négociations lancées. »

En vérité, par ses contacts et espions, Denys savait parfaitement qu’aucune négociation n’avait été engagée avec le nouvel empereur d’Ibélène. Un sombre constat pour l’avenir. Les choses changeaient vite en Arven et la guerre n’était pas le seul moteur de ces changements. La Chasse Sauvage qui courrait actuellement les cieux la nuit venue n’était pas innocente, considérant ce qui était arrivé à Octave. Le retour d’une certaine magie bannie via un navire mystérieux amarré au port de Lorgol depuis quelques mois ne le serait certainement pas aussi. Tant de choses à ne pas oublier et qui, avec cette guerre en suspend, avait de quoi inquiéter l’esprit.

« Je n’ai pas encore entamé de discussion avec le sultan Anthim mais j’en conviens, la situation particulière d’Erebor n’est certainement pas à négliger. Sa neutralité, cependant, pourrait être un avantage pour nous, autant sur le sujet de la guerre que d’un point de vue financier. »

Car avec Erebor devenu indépendant et une possible ouverture des frontières, de nombreux accords commerciaux pourraient être mis en place et de nouveaux produits placés sur le marché. Denys songeait d’ailleurs à très prochainement contacter Anthim avec qui il avait eu, avant la guerre, de très bonnes relations. Si le sultan ne le faisait pas avant. Il avait été l’un des rares Faës à développer de solides accords à l’époque, et peut-être pourrait-il renouveler cela, si l’indépendance du royaume du Sable et du Roc ne devait pas un danger.

La discussion dérive après que Denys eut été présenté à Apogée, abordant ce sujet qui, aux yeux de beaucoup pourtant restait tabou. Quel dommage que les gens ne soient pas informés des merveilles que peuvent produire les mages du Sang, songeait-il souvent, bien que conscient que comme toute magie, elle cachait certainement une partie plus sombre. Néanmoins, en parler avec Bartholomé était intéressant et celui-ci percevait tout l’intérêt de cette magie si longtemps décriée. Les compliments de son homologue sont de bons tons, quoiqu’il y devine la même intention qu’il avait servie un peu plus tôt à propos de la mer. Néanmoins, le sourire de Denys se fait un peu plus franc, un poil amusé peut-être aussi :

« C’est bien normal. Je peux vous assurer que Bertille sera traité avec tous les égards dus à son rang. Et Rose n’attend que ça, revoir son amie. »
Il y avait de la tendresse dans le ton paternel de Denys, amusé du souvenir qui lui revenait en mémoire, alors que Rose, au comble de la joie, apprenait que Bertille viendrait passer quelques temps en Lagrance. Les raisons de Bartholomé d’envoyer son héritière si loin de lui cependant continuaient d’interroger le duc des Jardins, qui ne parvenait pas à croire au simple désir d’enseigner à sa fille de nouvelles choses. Lui même savait que ces simples circonstances ne l’aurait jamais poussé à envoyer Rose loin de sa terre natale. Il ne ferait pas cela dit preuve d’une curiosité mal placé envers son homologue et le questionner à ce propos. « En tous les cas je me ferais un plaisir d’organiser avec quelques mages à mon service une démonstration lors d’un de vos passages en Lagrance. Peut-être lorsque vous viendrez rechercher votre fille dans quelques mois ? » Le temps de la grossesse de Jehanne avait précisé la lettre de Bartholomé. Cela laissait amplement le temps de s’organiser.

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Jeu 16 Aoû - 19:13

Qu’il y ai au moins quelques négociations en cours aurait été encourageant. Cela aurait démontré que les choses avançaient, ou tentaient de. Qu’il n’y en ai pas était ainsi plus inquiétant. Alors soit l’empereur était stupide de se prélasser dans ce semblant de paix qui s’éternisait, soit il complotait de son côté, et sans même tenir au courant ses ducs. Bartholomé n’aurait su dire quelle option était pire. Gustave ne pouvait vraisemblablement pas prévoir quelconque coup sans le soutien des duchés ; certes, il était la puissance de Faërie et ils lui avaient juré allégeance, mais espérait-il qu’ils le suivent tous aveuglément? Le départ d’Erebor d’Ibélène n’était-il pas justement une preuve de plus qu’il lui fallait chercher l’unification de l’empire? Ils pourraient facilement imiter le Sultanat et se détacher de l’empire à leur tour, c’était maintenant une possibilité encore plus vraie qu’elle avait été faite une première fois. « Hmm. Décidément... » qu’il rajoute, plus de la réflexion à voix haute qu’autre chose. Il n’a pas besoin de s’étendre sur ce qu’il pense, et quand bien même fait-il relativement confiance à Denys, il est certaines choses qu’il vaut mieux taire le temps d’en voir d’autres se concrétiser ; ou non.

Quant à Erebor, « Oui en effet. Après leur retrait d’Ibélène j’imagine que le sultan cherchera à consolider quelques accords avec ses voisins. Il ne serait pas à leur avantage de se mettre les deux empires à dos, à moins qu’il cache quelques cartes et nourrit quelconques plans particuliers. » Était-il de connivence avec l’Ordre et cette soudaine indépendance présageait-elle autre chose? Bartholomé ne se doutait pas en pensant cela qu’il discutait en ce moment même avec l’un des membres de cette organisation. Mais l’indépendance d’Erebor pourrait, il est vrai, être bénéfique, si ce peuple d’ordinaire si méfiants avec les étrangers savait pour une fois s’ouvrir un peu plus. Bartholomé n’avait pas réellement à se soucier de ces probables échanges à venir ; Ansemer positionné comme il était, il ne partageait pas de frontière avec le sultanat. Et le duc ne savait s’il pourrait un jour comprendre ce peuple qui vivait au coeur des dunes de sables, là où les étendues d’eau se faisaient si rares.

Ils ont rejoint la vivenef quand la discussion quitte la politique pour se tourner vers leur famille. « Oh je n’ai pas la moindre inquiétude que vous la traiterez plus que convenablement. » De ce fait Denys et Marjolaine forment bel et bien le seul couple ducal auquel il confierait sa chère et tendre progéniture en toute confiance. Jamais à Liam ! Mais aussi il ne souhaiterait pas donner à sa fille une éducation à saveur outreventoise comme il a lui même reçu plus jeune par sa mère. Quoi qu’il conviendrait peut-être que la petite reçoive de plus stricte principes sur les notions d’amour et de mariage le temps venu, qu’elle ne prenne pas l’exemple de sa mère… Et Gaëtane… bref. Le couple lagran était l’option la plus convenue, d’autant que Denys et Bartholomé étaients tous deux en très bon terme et que les filles appréciaient grandement. « Et Bertille sera tout autant ravie de passer quelques temps avec Rose également. Favoriser une telle amitié ne peut qu’être bénéfique pour l’avenir. » Sourire tendre, et une douce lueure dans son regard, quand il parle de Bertille. Qu’il aime tant. Dont la présence lui manquera tellement quand elle sera loin et qu’il se retrouvera seul au palais avec Jehanne. Mais il sait que, en plus d’atteindre sa femme en envoyant loin sa fille, l’enfant y sera mieux.

« Je serai ravie d’une telle chose. Curieux aussi. » Et craintif? Pas encore. Plus tard, peut-être, quand il prendra conscience de la pleine portée de certaines de ces magies jadis bannies. Ils ont vécus depuis toujours dans un monde où la présence de la magie leur était relativement sécuritaire. Comme la génération avant eux, et toutes celles qui les ont précédées depuis un millénaire. Oh on raconte bien certaines choses, mais le temps a amenuisé ces récits qui sont à présent des légendes presque. Et quelle part en est vérité ou mensonge alors?
« Oui. Tout juste un peu avant le terme de la grossesse de Jehanne possiblement. » Si elle menait cette dernière à terme, ce que Bartholomé espérait ardemment que non. Oh son voeu serait réalisé, mais il entraînerait bien d’autres choses qu’il n’aurait jamais souhaité. « Ou quelques temps après, même. Faire le voyage avec la duchesse peut-être, vous présenter l’enfant d’un même temps. Je crains que Jehanne ne déplore de ne pas pouvoir profiter de votre venue ici, alors elle serait certainement heureuse d’une telle visite en famille. » Manège. Juste pour tenter de démontrer qu’il ne gardera pas Jehanne éternellement enfermée ; oh il aimerait bien. Et c’est plus ou moins ce qui arrivera, en fait. Mais ils ne le savent pas encore. Ils ne savent pas encore que les plans qu’ils font actuellement seront coupés court et que bien plus tôt que prévu Bartholomé se présentera en Lagrance pour récupérer Bertille.

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Lun 3 Sep - 15:07

Que sous entendait Bartholomé à propos d’Erebor ? Quelques idées venaient à l’esprit de Denys, sans qu’il ne puisse trouver une satisfaisante aux vues des sous entendus. Mais cela démontrait une certaine paranoïa de la part du duc d’Ansemer qui n’était peut-être pas à prendre à la légère. Cependant, le duc de Lagrance avait souvent eu à côtoyer la couronne d’Erebor à l’époque où ce territoire était encore un duché. Et au contraire des lagrans, bien plus secrets et perfides, Denys ne pensait pas les erebiens comme ça. Plein de mystère et peu partageurs sur leurs intentions, oui, mais de là à prévoir des coups de poignards dans le dos, face à deux empires encore fort, c’était fortement improbable. Denys n’ajouta donc rien à propos de cette discussion, se contentant d’acquiescer aux propos de son homologue qu’il garda bien précieusement au cœur de sa mémoire. Même si cette sortie qui n’aurait dû être que bavardages légers finissait par devenir débat des plus intéressants. Et malgré les humeurs quelque peu entachées des deux ducs, ils parvenaient toujours à s’entendre. D’un côté comme de l’autre, cette alliance entre Lagrance et Ansemer était des plus profitable, et Denys espérait bien qu’elle continue.

La venue de Bertille dans le duché des Jardins était par ailleurs une preuve indéniable de la confiance de Bartholomé en la couronne Lagrane, sans quoi, confier son héritière n’aurait point eu de sens. Force était de constater qu’il y avait derrière cette décision quelque chose de plus profond, de secret que Denys ne parvenait pas à comprendre encore tout à fait. S’il avait su que sa conversation avec Jehanne le lendemain lui ouvrirait si simplement les yeux…

« Vous avez raison, ces deux là forgeront une amitié qui favorisera l’alliance que nous mettons déjà tous deux en place. »

L’amitié n’était pas le mot le plus approprié pour designer l’entente qui évoluait entre les deux ducs, mais il n’en était pas loin tout de même. Des alliés oui, ils l’étaient d’ailleurs depuis de très nombreuses années, et même si Denys peinait toujours à l’accepter et le reconnaître, il devait beaucoup à Bartholomé, pour le soutien qu’il lui avait apporté à l’époque où il était devenu duc et que sa famille n’avait pas la même influence qu’elle n’en avait aujourd’hui. Sans Bartholomé, nuls doutes que les choses seraient allées beaucoup plus lentement. Au moins, si dès l’enfance, Rose et Bertille nouaient de forts liens, l’avenir entre les deux duchés seraient certainement plus simple, quand bien même chaque parent espéraient bien que le devenir seul de leurs terres compterait avant tout. Malgré l’union voulu dans l’empire, chaque duc, c’était bien connu, songeait d’abord et avant tout à son duché plutôt qu’au bien commun.

« Quand il vous plaira de venir, Bartholomé. »

Lagrance n’était pas fermé, bien au contraire, et c’était toujours une bonne occasion de nouer plus en profondeur des alliances. C’était ce à quoi Denys avait toujours aspiré en devenant duc, renforcer sa position et ses liens, même sans y apporter une confiance totale. Il savait depuis longtemps que même les plus belles promesses pouvaient être contournée, et lui le premier n’aurait pas hésité à le faire. En était-il de même pour Bartholomé ? Il le croyait oui, malgré les années de soutien commun qu’ils s’étaient apportés.

« Vous devez être fort heureux à l’idée d’avoir un nouvel enfant après toutes ces années. » Cela, ce n’était pas une certitude, mais simplement quelques mots de convenance que les gens comme eux avaient l’habitude de s’échanger. Le thème de la discussion changeait, sans trop le faire pourtant, et Denys, d’un regard attentif, jugeait les réactions de son homologue. Il savait bien des choses, le duc de Lagrance, sur les tromperies de Jehanne d’Ansemer… La question alors qu’il repoussait depuis la veille, à propos de celle-ci vint enfin, rebondissant quelque peu sur les dernières paroles de Bartholomé. « Je sais bien que votre épouse est souffrante de son état, mais m'autoriseriez-vous néanmoins de la rencontrer quelques minutes demain ? Vous savez l’amitié que j’ai pour elle et j’aimerai lui apporter mes félicitations. Il y a fort longtemps que nous n'avons pas eu l'occasion de nous voir. » Oh évidemment, ce n’était pas seulement par amitié que le duc de Lagrance cherchait à revoir Jehanne d’Ansemer. Oui ce qu’il savait l’intriguait, ce nouvel enfant à venir aussi, suivi de cette grossesse compliquée… Il n’irait certainement pas forcer son homologue, mais peut-être que son influence de duc et ce lien qui les unissait lui donnerait raison.

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Jeu 27 Sep - 15:09

Il sourit quand Denys vient acquiescer à ses paroles. Les années sont encore longues - il l’espère du moins - avant que les enfants ne soient propulsés à leur tour sur le trône, prêt à régner sur leur duché respectif. Leur relation aura le temps de changer aussi, quand les responsabilités embarquerons, quand le poids de la gouverne se fera sentir et que les intérêt et ambitions de chacunes viendront se confronter. Mais peut-être qu’elle garderont en tête ces doux souvenirs de rires et de jeux qui auront bercé leur enfance. Peut-être que cela suffira à aider Ansemer et Lagrance à continuer de s'entraider et de se soutenir comme Denys et Bartholomé tentent actuellement de le faire.

L’avenir est incertain, tous le savent, maintenant plus que jamais. Mais que les deux petites filles profitent de cette proximité créée de leur âge et de leur rang. Qu’elles s’y épanouissent et qu’elle s’en souvienne, plus tard, quand les conflits les diviseront peut-être, probablement.

Une visite en Lagrance sera effectivement de mise. Il y a un moment déjà que Bartholomé ne s’y est pas rendu, dans le duché des fleurs comme dans ses voisins d’ailleurs. Les derniers événements l’ont fait rester à Port-Liberté, mais c’était aussi un peu le cas des mois précédents, alors que la guerre était encore active et qu’il était important de rester au palais, de veiller sur son duché et de surveiller son port et son peuple. Le répit actuel devrait être propice à quelques visites diplomatiques, effectivement, et il est heureux de se savoir encore le bienvenue en Lagrance quand il le souhaitera. Il retardera encore un peu une visite, mais ça viendra.

Il était inévitable que le sujet de cet enfant vienne. Le duc avait craint cet instant autant qu’il s’y était préparé. La visite de son homologue avait d’ailleurs pris l’annonce de cette grossesse comme excuse pour ce déplacement, et bien que les naissance soient plutôt une affaire de femmes, il savait inconcevable qu’il n’en soit glissé quelques petits mots. C’est une masquerade soigneusement pratiqué qu’il montre alors. « Oui, je n’avais plus grands espoirs sur telle annonce alors elle est plus que bienvenue. » Des mots ternes et sans valeurs, un discours poli que Denys connaît et doit pratiquer autant que lui-même. Répondre ce qui est attendu, des convenances et du terrain de surface. Mais il se doute que Denys attends plus comme réponse, même s’il se contenterait de cette dernière si Bartholomé s’arrêtait à celle-ci. Alors il oblige, poussant un peu de vérité dans ce mensonge, de confidences avec celui qui le comprend peut-être le mieux s’entre ses confrères ducaux. « Vous n’êtes bien entendu pas sans savoir que ma relation avec ma femme n’est pas des meilleures. Et après avoir attendu six longues années la venue de Bertille, nos relations ne se sont que si peu améliorées. J’avais presque perdu l’espoir d’un second enfant, et les occasions étaient, disons, moins fréquentes. Que Maari et Messaïon soient loués pour cette belle surprise, et qu’ils continuent de veiller sur Jehanne pour que ce bébé se rende à terme. » Et il dit ce bébé, parce qu’il ne peut se résoudre à dire mon enfant, même maintenant.

La question suivante, il l’attendait autant qu’il espérait qu’elle ne viendrait pas. Il sait qu’il ne peut pas lui refuser une telle demande sans éveiller davantages de soupçons qu’il nourrit certainement déjà. La condition de Jehanne qu’il laisse prétendre ne devrait pas l’empêcher de rencontrer le duc quelques minutes dans le calme de ses appartements. Et Bartholomé ne peut pas se montrer plus soucieux qu’il ne le faut alors qu’il a toujours préféré autres à sa femme. Un léger soupir traverses ses lèvres, à mis chemin entre un rire muet et un sourire. « Je peux difficilement vous refuser cela, n’est-ce pas? Jehanne en serait d’ailleurs ravie, je crois. » Trop sûrement, et il ne veut surtout pas qu’elle y voit la chance de se confier plus que nécessaire à une oreille externe sur l’emprisonnement que Bartholomé lui impose. « Je ferai valider quel moment conviendrait le mieux et vous ferez savoir, vous pourrez ainsi aller la visiter. Cela vous conviendrait? » En vrai il s’assurerait qu’on ne prévienne la duchesse que quelques moments avant cet entretien, juste assez pour qu’elle puisse se préparer, trop peu pour qu’elle puisse planifier quoi que ce soit qui briserait tous les mensonges qu’il tisse autour d’elle.

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Message Sujet: Re: Il est des portes sur la mer que l'on ouvre avec des mots.   Lun 12 Nov - 13:11

L’invitation est tout aussi sincère que certaine. Il n’y a pas besoin de plus de mots entre les deux ducs, ce qui a déjà été échangé suffit, et un nouveau sujet est abordé, peut-être moins trivial qu’il n’y paraît. Attentif à chaque mot et chaque parole, Denys écouta Bartholomé répondre à propos de cet enfant à venir. Et là où lui n’avait prononcé que phrases de circonstances, comme le souhaitaient la politesse, il pouvait presque lire et percevoir dans la réponse de son homologue autre chose. Un mensonge habilement caché, des cachoteries sans nuls doutes. Une arrière-pensée qu’il ne saisit pas totalement mais qu’il devine, si présente et si retenue à la fois. C’est dans un coin de son esprit que le duc garda l’information, tout en acquiesçant, presque machinalement aux mots. Que répondre, sinon ce que veulent les circonstances ?

« Puisse les dieux veiller sur eux deux. »

Et même si ce sont là les convenances, il n’en espère pas moins pour Jehanne, qu’on disait donc bien faible et qui, toujours selon les rumeurs aussi, avait assez mal vécu la première grossesse et la naissance de Bertille. Puisse-t-elle donc avancer sur ce chemin sereinement et y mener le terme sans complications.

Il doute, Denys, pendant un instant, que Bartholomé ne lui refuse une visite à Jehanne, trouvant une excuse qu’il ne pourrait discuter. Qu’il n’aurait pas l’envie de discuter d’ailleurs, car après tout, il était l’invité ici, et même son statut de duc ne pouvait outrepasser celui du régnant en place. A moins d’influencer quelque peu, mais cela valait-il vraiment la peine ? Néanmoins, il eut l’assurance que visiblement, le duc d’Ansemer ne lui refuserait pas la demande, à contre cœur ou non, il n’aurait su le dire avec exactitude. En tous les cas, le duc de Lagrance adressa un léger sourire en remerciement à son homologue, tout disposé à prendre les dispositions nécessaires pour mettre en place cette rencontre. Pour le meilleur ou pour le pire, car il y avait fort à parier que ce qu’il apprendrait auprès de Jehanne pourrait l’éclairer un peu sur certains points qui demeuraient amplis de doutes.

« Je ne souhaite pas abuser de votre générosité. » Mais après tout, si Bartholomé acceptait de lui même… « Mais je suis content que vous accédiez à cette requête, même si bien sûr, j’aurais compris aussi un refus. Nuls malaises à ce propos, bien entendu. » Pourquoi tenir rigueur à ce sujet, après tout ? Il y avait beaucoup trop à gagner à entretenir un bon lien avec Bartholomé. L’important en l’instant était qu’il acceptait – peut-être que demain serait une autre histoire ? – et que malgré tout, cette discussion mondaine et politique peu conventionnel aboutissait sur des perspectives intéressantes. « Que diriez-vous de rentrer, je commence à être assoiffé ? » Lança-t-il amusé, amorçant à la place de son hôte un retour vers le palais bien mérité. L’air de la mer avait beau rafraichir, il faisait bien chaud en ce début d’été.

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