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 Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble

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La Cour des Miracles
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Je suis : Apprentie voleuse du Charme, sous la tutelle de Mélusine de Sylvamir

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Message Sujet: Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble   Jeu 24 Mai - 15:39


Livre III, Chapitre 3 • Les Échos du Passé
Agathe de Vigdir & Hiémain de Sylvamir

Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble

Et si le jour ne vient pas dans la nuit des perdus
Raconte-moi, qu’on puisse crier tout bas



• Date : 4 février 1003
• Météo (optionnel) : Le froid est mordant et le ciel est dégagé.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Après avoir entendu les aveux de Mélusine à Hiémain, la veille au soir, Agathe tente de braver sa timidité pour aborder le chef de la famille. Après tout, ils ne sont pas bien différents, aux prises avec des Cielsombrois, discrets dans leurs doutes et leurs craintes.
• Recensement :
Code:
• [b]4 février 1003:[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3710-raconte-moi-quon-puisse-trembler-ensemble#139343]Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Hiémain de Sylvamir[/i]
Après avoir entendu les aveux de Mélusine à Hiémain, la veille au soir, Agathe tente de braver sa timidité pour aborder le chef de la famille. Après tout, ils ne sont pas bien différents, aux prises avec des Cielsombrois, discrets dans leurs doutes et leurs craintes.


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Dernière édition par Agathe de Vigdir le Jeu 24 Mai - 15:42, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble   Jeu 24 Mai - 15:42

Toute la matinée durant, Agathe avait préparé avec soin ses effets en prévision du mariage de Castiel de Sombreflamme et de la princesse Almeïde. Lors de son dernier séjour au palais ducal, les fêtes s’étaient succédées avec une certaine frénésie et Agathe, trop timide et choquée par ce qu’elle avait vu, n’avait pas osé goûter le plaisir que tous semblaient partager. Cette fois-ci, elle espérait avoir le courage nécessaire pour danser, rire devant les convives et prendre part à la célébration. Elle se forcerait, s’il le fallait, pour ne pas que Mélusine et Hiémain doivent se soucier d’elle. Ils allaient avoir suffisamment à penser, avec leurs propres drames. Le sien, l’absence de Lancelot, était atrocement douloureux mais Agathe savait que sa relation, même fragile et naissante, promettait beaucoup de bonheur. Rien n’était moins sûr pour Hiémain et Mélusine, avec les révélations de la veille.

Dès que l’écrin contenant les perles délicates et sublimes de la Sertie de Merveilles fut déposé dans la malle, Agathe jugea que ses effets les plus personnels étaient prêts. La robe outrageusement échancrée que lui avait offerte Mélusine, pour son anniversaire, reposait entre deux voiles de soie. Son choix était fait. De toute sa vie, Agathe était convaincue que ce mariage ducal était un moment unique qui ne risquait pas de se répéter. Elle avait donc rassemblé ses biens les plus précieux, ses bijoux les plus raffinés et sa robe la plus festive, déterminée à ne plus être une spectatrice de sa propre vie. Elle avait trop souffert, elle avait trop pleuré de l’absence de Lancelot : Agathe n’en pouvait plus. Le mariage ne serait que célébration, elle l’espérait sincèrement. Et puis… Et puis, peut-être pourrait-elle converser avec son idole, Madeleine? Et puis, aussi, Alméïde pourrait-elle lui dire quelques mots encourageants au sujet des Épines?

À pas légers, l’apprentie voleuse avait quitté sa chambre pour déambuler dans les couloirs, comme la veille au soir. Sans hâte, elle retraçait de mémoire le chemin jusqu’à la chambre d’Arsène ou jusqu’au petit salon en prenant grand soin d’éviter les lattes qui avaient gémi lors de ses précédents passages. Un petit jeu fort divertissant que celui de jouer à la voleuse accomplie. Peu après midi, Agathe s’était immobilisée devant le bureau adjacent aux appartements de Mélusine et Hiémain, surprise de là où ses pas l’avaient emmenée, mais nerveuse, aussi. Sa tutrice s’occupait de Meldred. Elle l’avait entendu fredonner. Tout en retenant sa respiration, les yeux grands, la jeunette s’était inclinée vers la serrure en glissant son interminable chevelure dorée sur le côté. Hiémain était-il présent, à dissimuler son chagrin sous le travail, reclu dans ses appartements? La réponse semblait évidente pour la jeune Belliférienne et le bruit d’un ouvrage déposé lourdement contre le bois la conforta dans son idée.

Elle se redressa tout à fait afin de remettre de l’ordre dans sa tenue, frotta délicatement ses pommettes pour leur donner une teinte moins pâle, ajusta sa bague d’agate contre son doigt, la pierre centrée, puis, enfin, gratta le bois de la porte du bout des ongles. Un appel discret qu’il entendrait peut-être, dans le calme de ce bout de couloir. S’il n’entendait pas… S’il n’entendait pas, c’était un signe qu’elle ne devait pas se trouver là, auprès de lui, que cette conversation ne devait jamais avoir lieu. Il l’intimidait tant, dans sa figure d’homme de la maison, dans sa grandeur, dans tout ce qu’il faisait. Le Roi Blanc… Agathe allait renoncer, elle allait battre en retraite, comme toujours, peureuse petite chose, lorsqu’elle entendit distinctement une chaise reculer puis des pas rejoindre la porte.

- Hiémain… Est-ce un bon moment?

Le premier, sans doute, où elle cherchait réellement une rencontre privée avec lui, le noble Kyréen. D’un regard, la blondinette s’assura que le couloir était désert avant de ramener son attention sur lui.

- Je vous sais très occupé et je peux me présenter à un autre moment, si vous le désirez.

Tout en adoptant un air soumis à la volonté du chef de cette famille si particulière, Agathe espérait qu’il l’invite à prendre place, qu’il l’incite à lui parler, que la conversation ne se fige pas dans la peur et la timidité, mais réchauffe cette distance, entre eux.

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Dernière édition par Agathe de Vigdir le Lun 18 Juin - 14:09, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble   Ven 8 Juin - 21:19

La nuit avait été difficile. Le peu de sommeil que Hiémain avait réussi à prendre ne suffisait que peu à éveiller son regard et illuminer ses prunelles. Peut-être parce que le sommeil n’en était pas vraiment la cause, en fait. Le chagrin qui lui rongeait le cœur jouait sans doute un rôle bien plus important dans cette affaire qu’une quelconque fatigue. Celle-ci n’était que la conséquence du mal qui pulsait en lui et animait ses pensées tourmentées. La veille, lui et Mélusine s’étaient dit des choses terribles. Rien de blessant en réalité, juste une vérité cruelle et sincère qui les détruisait l’un autant que l’autre. Mais il avait beau ressasser en lui toutes les possibilités, croire fermement en l’amour qui l’unissait à son épouse, il ne parvenait pas à trouver de solution qui ne lui brise pas le cœur. D’un côté, il refusait toute possibilité, et verrait son épouse aimée souffrir d’un manque cruel qu’il ne parviendrait jamais combler. Et de l’autre côté, il pouvait accepter cet amour que Mélusine portait à une autre personne, peut-être même valider une union entre elle… mais il savait qu’en réalité, il ne le supporterait pas. Son cœur était celui d’un kyréen, tout entier donné à une seule personne. Et même s’il se gardait bien de le montrer trop promptement, il était possessif le Hiémain. Il lui avait fallu si longtemps pour accepter tous ces sentiments et s’ouvrir à Mélusine… comment accepter alors de ne pas être tout entier dans l’esprit et le cœur de celle-ci ? Il savait ce qui pouvait faire vibrer l’âme des Cielsombrois, mais jamais il n’aurait cru être confronté à pareil dilemme. Et chaque fois qu’il songeait à une option, ses propres pensées se braquaient pour le tourmenter un peu plus.

Il allait droit dans le mur, désemparé.

Lorsqu’il était retourné dans la chambre qu’il occupait avec Mélusine après leur discussion, il n’avait point trouvé celle-ci. Il avait rapidement appris que c’était dans les bras de sa sœur jumelle qu’elle avait trouvé refuge, le délaissant donc dans une solitude lui rappelant cruellement de sombres années de sa vie. Oui, la nuit avait été difficile. Et au matin, il s’était rapidement éclipsé pour mieux trouver son compte dans une paperasse qui pouvait pourtant attendre. Mais même celle-ci ne parvenait pas à lui faire oublier la journée d’hier, ni même éclaircir un nouveau chemin. Elle était trop insignifiante pour avoir ce genre de portée sur son esprit. C’est pourquoi, peu attentif aux lettres sous ses yeux, il entendit distinctement le grattement à la porte du bureau. Très faible comme si l’on voulait l’ignorer, mais suffisamment distinct pour ne pas le rater pour qui avait l’oreille attentive. Un soupir, il se relève de la chaise, marquant cependant presque un arrêt avant d’ouvrir la porte. Il ne s’attendait pas à voir Mélusine – elle n’aurait pas été si discrète dans sa démarche – mais plutôt l’un des enfants. Arsène peut-être, conscient de la tension qui s’élevait entre sa mère et son père. Ou Agathe. Plutôt Agathe d’ailleurs, bien qu’il ne sut pourquoi son instinct lui souffla ce nom. Quoiqu’il en soit, il ne s’étonna pas de voir le minois de la petite blonde se dessiner dans l’encadrement de la porte lorsqu’il ouvrit celle-ci. Timide comme toujours, peut-être même intimidé. Sans le vouloir, le regard du baron de Sylvamir avait ces contours sombres et cette fatigue pesante dans les prunelles. Pour autant, il ne voulait certainement pas paraître agressif ou blasé à l’encontre de ceux qui étaient de sa famille. Forçant son regard à s’adoucir, il observa un instant la jeune femme qui le questionna d’un murmure, puis lui répondit avec son ton habituel :

« Non je t’en prie Agathe, entre. »

S’écartant du passage, il invita la petite demoiselle à passer, puis referma la porte une fois que ce fut fait. Bien qu’il ait reconnu la présence de la jeune femme à l’entrée du bureau, le baron s’interrogea un instant sur la présence de celle-ci en ce lieu, face à lui. Même s’ils avaient eu maintes fois l’occasion de se parler en la présence d’autres personnes, c’était sans doute l’une des premières fois où ils se parlaient en face à face, seul à seul. A la demande de cette dernière. Ne laissant pas le silence s’installer plus longtemps, prenant place dans son fauteuil tout en laissant la blonde faire de même, il la questionna :

« De quoi voulais-tu me parler ? »

Il n’était pas le même genre de confident que Mélusine, peu habitué aux problèmes des femmes et adolescente. Mais cela, il était persuadé qu'Agathe le savait, et si elle venait jusqu’à lui, c’était sans doute pour une bonne raison.

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Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

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Message Sujet: Re: Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble   Lun 18 Juin - 14:50

Il semblait si épuisé, le solide Kyréen! Il semblait si triste, avec ces nuances sombres cerclant son regard acéré, qu’Agathe sentit son coeur se distordre dans sa poitrine. Il était le roc de cette famille, l’élément solide, stable, autour duquel gravitaient une Cielsombrois exubérante, un petit garçon fripon et une Belliférienne exilée. Il lui semblait que cet éclat de fatigue annonçait le début de la chute d’un idole. Hiémain de Sylvamir était humain, terriblement humain, et le chagrin pouvait l’abattre, lui aussi. La blondinette l’étudia un bref moment, toujours attentive même dans ses moindres coups d’oeil, et inclina son minois pour dissimuler son trouble, si une telle chose était possible.

Il l’invita à entrer. Elle accepta sans un mot. Tout, ici, était élégant et fin, ce qui plaisait sans doute mieux aux goûts d’Agathe que la solidité et la rigidité des décors kyréens. Un large bureau annonçait déjà un travail interrompu : de nombreux papiers étaient ouverts, répondant précisément à l’image que l’on devait se faire d’une table surchargée par les obligations d’une noble personne. Sans doute par respect, la mignonne s’efforça de ne pas laisser son regard indiscret se poser sur les affaires de Hiémain. Elle lui devait au moins cela, après l’avoir épié si longuement dans ses confidences à Mélusine. Enfin posée sur un fauteuil au moins aussi confortable que celui qu’occupait le chef de la famille, Agathe laissa ses doigts caresser le velouté du recouvrement. Velour dévoré, peut-être bien.

- De quoi voulais-tu me parler ?

Elle accusa la question d’un léger hochement de tête. Agathe était bien ici pour parler de quelque chose, et non pas se contenter d’observer Hiémain et sa tristesse. Comment aborder l’affaire? Comment lui faire comprendre qu’ils étaient si semblables, tout au fond d’eux-même, et qu’elle craignait de subir la même tristesse de la part d’un homme, comme lui de la part de Mélusine?

- C’est un sujet… C’est un sujet délicat, Hiémain, qu’il n’est sans doute pas acceptable pour un ..père? tuteur? ...Pour un protecteur et sa pupille de discuter. Si je me montre inconvenante, renvoyez-moi. Je comprendrai sans vous en tenir rigueur.

Hiémain de Sylvamir. Le Roi Blanc. L’époux de sa parfaite tutrice. Le père d’Arsène qu’elle aimait si fort. L’enfant des Miracles qui l’avait défendue en plein marché. Comment pourrait-elle un jour seulement lui tenir rigueur de quoi que ce soit? Agathe se risqua à relever la tête, toute sérieuse malgré ses pommettes écarlates, pour croiser son regard et démontrer combien le sujet à venir lui était important.

- Un homme me courtise assidûment depuis un moment, déjà. Un Cielsombrois.

Le 19 octobre de l’an 1002 peu après midi. Elle mordilla l’intérieur de sa lèvre en contenant les détails de ce moment qu’elle connaissait par coeur, pour les avoir repensés mille fois, au moins. Quatre mois. Quatre mois de visites clandestines, de mains qui se frôlent, de regards passionnés qui lui donnaient la fièvre. Quatre mois de silence, aussi. Il lui avait été impossible de se livrer à sa tutrice avant leur départ de Lorgol, beaucoup trop timide de s’avouer amoureuse. Elle ne savait pas si Mélusine en avait parlé à Hiémain et ne se trouvait aucunement assez importante pour présumer être un sujet de première ligne entre les époux.

- Je me suis confiée à Mélusine récemment, à notre arrivée ici, mais… Elle est Cielsombroise. Je sais qu’elle ne vit pas les choses comme moi. ...Comme nous.

La jeune femme regagnait un silence tout en observant son interlocuteur. Elle tentait de le deviner, chose difficile, à savoir s’il était réellement réceptif ou plutôt embarrassé de subir les confidences d’une toute jeune femme. Dans le doute, elle se cantonna à son silence et patienta plutôt un signe d’encouragement avant de poursuivre.

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Message Sujet: Re: Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble   Mar 3 Juil - 2:02

S’il y a bien une chose à laquelle Hiémain ne s’attendait pas, c’était d’être le destinataire des confessions et secrets d’une bien jeune adulte. Et pour cause, Agathe était bien plus proche de Mélusine qu’elle ne pouvait l’être de lui et cela tombait sous le sens qu’une jeune fille de son âge partage ce genre de chose avec une femme plus mure. Ainsi supposait-il que si elle venait le voir, c’était pour quelque chose qui n’avait rien à voir avec les sentiments ou l’amour ou tout ce qui pouvait s’y raccrocher de près ou de loin. Le doute pourtant commença à s’instaurer quand, une fois assise, la petite Agathe sembla le mettre en garde, et reculer d’elle même dans son approche. Quel était donc ce sujet qui n’était guère convenable entre eux deux ? Il se méfia, mais le signe de tête qu’il adressa à la jeune femme fut un signal pour continuer.

Peut-être aurait-il dû y songer à deux fois. Il n’avait certainement rien contre Agathe, bien au contraire, c’était une jeune fille attentive et persévérante, discrète quoiqu’un peu timide, mais que l’on pouvait aisément mettre sur le compte de sa vie passée. Elle était néanmoins vive et intelligente, et faisait le bonheur de Mélusine qui, Hiémain le savait, n’aurait pas hésité à l’adopter si la demoiselle n’avait point eu déjà une mère. Mais malgré toutes ces qualités que le baron pouvait voir chez la petite blonde, il n’était sans doute pas le mieux placé pour discuter d’amour et de prétendant. Surtout pas en ce moment où son propre cœur balançait et était déchiré entre deux parts diamétralement opposées. S’il n’exprima pas le désir de faire cesser immédiatement cette discussion, il fut néanmoins dans un premier temps assez fermé. Le regard posé sur la jeune femme, il la laissa continuer, malgré les nombreuses hésitations dans son discours.

Ceci étant, il était peut-être bien un peu surpris que Mélusine ne lui ait pas parlé d’une telle affaire. Il était bienheureux pour la jeune femme d’avoir ainsi pareil courtisan – cela n’avait pas l’air de la déranger ? – mais depuis combien de temps tout cela durait ? Un petit moment disait-elle. Lui et Mélusine avaient-ils été si peu attentif d’Agathe ? Les derniers mois avaient été particulièrement compliqués, sans doute n’avaient-ils pas prit le temps de regarder… mais tout de même, cela avait ce quelque chose de surprenant. Malgré tout, malgré les mots de la jeune femme, il ne parvenait pas vraiment à savoir où elle voulait en venir. Cherchait-elle des conseils auprès de quelqu’un qui n’était pas Cielsombrois, donc dévoré de passion ? Peut-être était-ce cela. Mais à nouveau, il voyait mal comment l’aider, si lui même avait aujourd’hui le cœur partagé… Croisant le regard d’Agathe après quelques secondes de silence, il comprit en l’observant qu’elle attendait quelques mots de sa part.

« Je suis heureux pour toi Agathe, du moins si les intentions de cet homme sont honorables et ne te gênent pas. » Il supposait que non, sinon le sujet serait surement venu plus tôt et sans doute pas de cette manière. Il aurait été grave qu’elle soit courtisée par un importun un peu trop insistant. Ici, il semblait au contraire que cela lui convenait. « Mélusine ne m’en a pas parlé en tout cas. Je ne sais si je suis le mieux placé sur ce genre de sujet, mais en quoi puis-je t’aider ? » Car il avait certainement quelque chose à voir là dedans, si la jeune fille prenait la peine d’aller le voir.

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Message Sujet: Re: Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble   Lun 23 Juil - 15:12

Il l’écoutait dans un silence implacable et Agathe se sentait d’autant plus petite, devant lui. Avec respect ou attention, Hiémain patienta qu’elle termine entièrement pour lui répondre. Mélusine ne lui en avait pas parlé, Agathe pouvait comprendre en raison de l'enchaînement des événements, et il semblait douter de sa place devant de pareilles confidences. La mignonne aussi, en doutait, bien mal à l’aise tout à coup de se trouver là, devant lui, à forcer une proximité qu’il ne souhaitait peut-être pas, après tout. Était-il courant pour les Kyréens de considérer les affaires des jeunes filles?

- J’étais discrète, depuis Lorgol. Mélusine était si triste, je ne souhaitais pas l’inquiéter…

Elle avait levé sa main légèrement en lui expliquant le tout, comme pour s’assurer qu’il ne s’inquiète pas plus encore des secrets et des mystères de Mélusine. Agathe n’en était pas un, secret, c’était simplement le manque de temps, depuis leur arrivée en Sombreciel, qui jouait en leur défaveur. Sa tutrice avait su qu’un Cielsombrois lui avait brisé le coeur, au courant de l’été. La jeunette s’était bien gardée de lui souligner que ce même garçon lui avait volé son premier baiser et, par la même occasion, lui avait dérobé son coeur. Un secret précieux, pour la jeune Agathe, qui croyait que si elle disait son bonheur à haute voix, il s’enfuirait tout à fait et que sa peine et sa honte n’en seraient que plus grandes.

- Est-ce une bonne idée..? Est-ce une bonne idée de se lier à un Cielsombrois?

Elle avait murmuré plus que dit la fin de sa dernière phrase, le regard fuyant et le visage bas, bien honteuse de poser pareille question au coeur de Sombreciel, dans le foyer de l’une de ses familles les plus influentes. Ils étaient si généreux, les Séverac, si hâtés de la mettre à l’aise et de la couvrir d’attentions autant que de présents. Ils étaient sa famille, parce que Mélusine était sa famille. Elle leur devait beaucoup, à sa tutrice surtout, et se sentait bien indigne d’avancer pareille question. Ainsi, elle évitait toujours le regard de Hiémain, persuadée d’y lire le reflet de son propre jugement dans le fond de ses yeux.

- J’ai…

Les mots s’entassaient à sa gorge serrée sans qu’elle ne puisse formuler sa pensée. Lui avouer savoir pour Mélusine et Alméïde depuis cinq petits mois était inconcevable. Sa loyauté allait à la Cielsombroise, coeur et âme, mais son respect pour Hiémain était fort et la jeunette se sentait fautive d’avoir gardé ce secret pour elle. Lui avouer les avoir espionné, la veille au soir, était tout aussi honteux. Peut-être était-ce une horrible idée, de venir ici en espérant… En espérant quoi, précisément? Le rassurer sur son mariage? Peut-être, un peu, oui. Et surtout se rassurer elle, quant à la possibilité d’une fin heureuse auprès de l’Adroit. La démarche était égoïste, et Agathe s’en rendait bien compte, ajoutant encore plus d’embarras sur ses joues et dans ses formulations maladroites.

- Je vous aime si fort.. Vous êtes ma famille, vous êtes cette stabilité, cette protection et cette affection que je ne croyais jamais connaître. Les couples ne sont pas ainsi, en Bellifère et j’aime à croire que… Que je puisse être aussi heureuse, avec lui.

Il lui semblait que sa mèche claire n’en pouvait plus d’être ainsi entortillée à son index, mais Agathe n’abandonnait pas son petit jeu, loin de là, comme s’il s’agissait du seul fragment de courage. Au prix d’une profonde inspiration, l’apprentie leva son regard sur celui de Hiémain et souffla sa confession.

- J’ai peut-être entendu des éclats, la nuit dernière, en allant rejoindre Arsène.

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Message Sujet: Re: Raconte-moi, qu’on puisse trembler ensemble   Dim 5 Aoû - 1:09

Sa Mélusine, si triste ? L’avait-elle remarqué aussi, la petite Belliférienne si discrète, avait-elle noté que le sourire de sa chère épouse n’était plus aussi joyeux qu’il n’aurait dû l’être et que dans l’éclat de ses prunelles se lisait des regrets et une tristesse inconsolable ? Pendant quelques secondes, Hiémain soupçonna Agathe d’avoir su quelque chose avant lui, mais peut-être se fourvoyait-il. Peut-être parlait-elle seulement de la tristesse de Mélusine lorsqu’il avait été absent, ce qui n’était pas choses impossible. Mais il était revenu auprès de sa famille depuis déjà plusieurs mois, alors pourquoi parler si tardivement à sa tutrice, lui qui savait son épouse et la jeune fille très proches et complices. Le soupçon ne s’évada guère de ses pensées, mais il n’accusa en aucune façon Agathe ni ne chercha à l’intimider d’un regard suspicieux. Elle semblait déjà bien mal à l’aise avec le sujet qu’elle tentait d’aborder, et par la même, mettait quelque peu le kyréen dans ce même embarras inconscient. Quels étaient ces conseils que recherchaient la petite blonde, conseil qu’il était seul à pouvoir lui transmettre, de toute évidence.

« Agathe… ? »

La question de la jeune femme le surprend et le décontenance même, l’espace d’une poignée de seconde. Il ne s’attendait absolument pas à pareils mots dans la bouche de la jeune femme, ni n’était certain de comprendre ce qu’elle voulait dire par là. Pourtant, au fond de lui, la parole faisait terriblement écho à la douleur qui lui transperçait le cœur. Et si elle avait su se faire silencieuse jusqu’ici, elle s’en revenait crier à ses oreilles, charcutant ses sentiments partagés. Il ne sait quoi dire, le noble baron de Sylvamir à cette petite Belliférienne à la fois indiscrète et pleine d’inquiétudes. Aussi, il questionne du regard, l’invite à poursuivre et expliciter le fond de sa pensée. Car en l’occurrence… Que pouvait-il dire à cela ? Pourquoi craindre les cielsombrois alors que depuis son évasion de son duché natale, la jeune fille avait eu affaire à la bonté des fils et filles du duché de l’Esprit. L’évidente explication semblait vouloir venir, sans parvenir à franchir le gouffre d’une bouche sèche et résolument fermée par des lèvres closes. Il sent bien, Hiémain, toute la gêne qui bloque la pupille de sa femme, et malheureusement, il ne sait quoi avancer pour rassurer cette jeune fille en proie à des affres qu’il peinait manifestement lui même à comprendre.

Et finalement la réponse vient, dans une confession toute murmurée et incertaine, si propre à la Belliférienne. Il ne doute pas un instant de l’affection réciproque qui existe entre elle et la famille, et même si la chose n’avait jamais été réellement avouée, il considérait la jeune femme comme membre à part entière de sa famille, presque même une fille qu’il n’hésiterait pas à protéger. La question toute intérieure de Hiémain lui vient cependant naturellement : pourquoi craignait-elle échapper au bonheur si entre elle et son prétendant, l’amour guidait toutes leurs actions ? Et enfin la vérité, qui cette fois fait froncer un sourcil réprobateur au baron. Seulement un instant, avant de s’adoucir et se faire plus compatissant. Ainsi donc, elle avait entendu ce qu’il s’était passé avec Mélusine la nuit dernière, ébranlant les convictions qu’elle plaçait en eux en tant que couple modèle. Il pouvait comprendre le doute, et il soupira avec un poil de déception :

« Tu n’aurais pas dû assister à cela. » S’il y avait le reproche dans sa voix, il y avait aussi l’excuse et le pardon, car il s’en voulait un peu que ses problèmes personnels avec son épouse aient pu être entendu par d’autres. Cela ne regardait qu’eux, et il déplorait que de plus jeunes aient à prendre conscience de pareille histoire. Mais elle ignorait encore bien des choses, la petite Belliférienne, et il saisissait bien mieux les raisons de sa venue jusqu’à lui. « Agathe, l’amour n’est pas une aventure faite seulement de joie et de bonheur, la route peut parfois être semée de doutes, de colères, de disputes et de tristesses. C’est ce qui fait toute sa force et sa merveille, et cela quelque soit le partenaire qui t’accompagne. C’est un périple difficile et parfois douloureux, oui, et s'il s’avère que tu ne parviens plus à placer ta confiance en ton compagnon, peut-être devras-tu cesser ta route avec lui pour la reprendre plus tard, avec un autre. Et être Cielsombrois ne change rien à ça. » Il n’est pourtant pas le plus doué pour parler si ouvertement de sentiment, le Hiémain, mais il a tant et tant parlé de ces sujets avec Stellaire, qu’il avait la sensation de trouver le bons mots. « Ce qui m’arrive avec Mélusine ne t’arrivera peut-être pas avec ton fiancé. Et si au contraire cela se produit… » Le silence se fait l’espace d’une seconde, laissant au baron le temps d’accuser quelque peu le souvenir de la veille, encore si fraichement douloureux. Lui même ignore encore ce qu’il veut. Il sait seulement ce qu’il craint : perdre l’amour de son épouse. « … et bien discutez. Exprimez ce qui est pour vous le plus important. Si cela ne peut marcher, peut-être vous faudra-t-il séparer votre chemin. » Il refusait d’imaginer cela pour sa propre histoire. Une pensée bien cielsombroise, dans un duché où il était libre aux couples de se séparer pour se reformer. Une chose que Hiémain, pour avoir vécu à Lorgol, pensait sincèrement, plus libéré à ce sujet que ses compatriotes kyréen. Bien qu’en son cœur, l’amour qu’il avait donné à Mélusine était des plus exclusifs et uniques, et jamais, Ô grand jamais, une autre femme ne trouverait place dans ses pensées.

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Cette âme est pleine d'ombre, le péché s'y commet. Le coupable n'est pas celui qui y fait le péché, mais celui qui y a fait l'ombre — Victor Hugo.

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