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 Sursaut du passé pour un nouvel avenir

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Message Sujet: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Sam 2 Juin - 22:20


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Adonis le Lys & Tim l'Escampette

Sursaut du passé pour un nouvel avenir

Rien d'autre n'est bénéfique que l'amitié



• Date : 5 janvier 1003
• Météo (optionnel) : Frais mais rayonnant
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Adonis depuis la mort d'Ortie est revenu à Edenia et ne se sent pas prêt à repartir à l'Académie pour l'instant. La venue de Tim à l'improviste va l'aider à reprendre pied.
• Recensement :
Code:
• [b]5 janvier 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3765-sursaut-du-passe-pour-un-nouvel-avenir#140656]Sursaut du passé pour un nouvel avenir[/url] - [i]Adonis le Lys & Tim l'Escampette[/i]
Adonis depuis la mort d'Ortie est revenu à Edenia et ne se sent pas prêt à repartir à l'Académie pour l'instant. La venue de Tim à l'improviste va l'aider à reprendre pied.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Sam 2 Juin - 22:25

« Adonis tu devrais retourner à l’Académie».

La voix de sa mère retentissait dans le magasin de bougies alors qu’Adonis s’attelait à sa tâche sans lever le nez de son établi. La mine sombre il ne releva pas la tête malgré les mots de sa mère. Il ne voulait pas l’entendre, il se fichait de ce qu’elle pensait et de ce qu’elle suggérait il cherchait simplement à retrouver un sens à sa vie. Pour lui la famille a toujours été primordiale. C’est donc en se rapprochant d’elle qu’il se reconstruisait peu à peu pour redevenir ce garçon souriant et joueur qu’il était il y a encore quelques mois.

« Adonis, tu pourrais me répondre quand je te parle ? » cette fois la voix se voulait plus ferme avec ce fond de douceur. Le plus jeune des le Lys posa ses outils et plongea son regard dans celui de sa mère non sans soupirer longuement.

« Pourquoi ? » une seule question qui ne trouverait pas de réponse alors que ses yeux restaient obstinément secs. Il avait bien trop pleuré et affrontait du regard la femme qui lui faisait face. Le visage d’Adonis était livide. Il ne courrait plus dans les prés, travaillait avec ses parents, rentrait à la maison, il ne voyait plus personne. Le jeune garçon qu’il était se tuait au travail pour étouffer ce chagrin qui ne partait pas comme cicatrice d’un instant de vie bien douloureux. Après un long échange sans parole Adonis récupéra ses outils tout en expliquant sommairement les raisons de son choix « Je ne peux pas y retourner tu comprends m’man ? Repartir là-bas, revoir les couloirs, la cour, là où elle est morte, je ne peux pas c’est tout ».

Telle était sa décision, peut-être pas aussi irrévocable qu’il le pensait pourtant. Il tourna le dos à sa mère et entreprit de confectionner une nouvelle bougie non sans se maudire sur une finition loin d’être idéale « Tu vois j’ai loupé ma bougie, elle pourra même pas être vendue ». Il était bon à rien depuis quelques temps. Depuis la perte de sa sœur, le plus jeune des le Lys se sentait inutile. Tout ce qu’il entreprenait se transformait en échec comme si en mourant Ortie avait emporté avec elle son inventivité et son imagination.

Il se leva le jeune garçon et s’éloigna de sa mère passant dans la pièce à côté. Il voulait simplement être seul pour réfléchir une fois de plus. Il savait très bien pourtant que cet instant seul ne trouverait pas de réponse. C’était comme cela à chaque fois de toute manière. Ses parents tout aussi détruits que lui étaient dépassés par l’attitude d’Adonis. Eux-même se demandaient que faire pour l’aider. Des amis d’Edenia venaient le voir tentaient de l’emmener jouer mais il n’en avait pas l’envie. Adonis était simplement devenu une coquille vide sans cœur, ayant perdu sa joie de vivre.

Il entendit la porte s’ouvrir et le « Bonjour » de sa mère mais ne tourna pas la tête. Toutefois il se sentait fixé le jeune mage. Le silence qui se fit dans le magasin lui fit mal à la tête. Ce qui se passait à cet instant n’était simplement pas normal. « Jeune homme vous vouliez quelque chose ?». Adonis soupira se demandait bien ce que l’inconnu voulait à sa mère par un mutisme pour le moins surprenant. Le mage non sans un soupir se retourna et se rapprocha de sa mère. C’est à ce moment-là qu’il le vit, Tim, son ami, son comme frère. Un instant il balbutia « Que… » avant de se reprendre « M’man c’est pour moi ».

Le revoir lui renvoyait tout son passé, ses joies mais aussi ses douleurs. Le jeune mage déglutit avec une peine non dissimulée. La présence du jeune garçon face à lui à cet instant avait une raison forte, il le pressentait ce pourquoi il balbultia « Je… » il n’avait pas de mot Adonis alors que Tim restait planté là fort probablement tout aussi mal à l’aise que lui. Il ne savait que dire ni que faire. Aussi stupidement que naturellement il articula non sans peine « Salut Tim ».

Deux mots qui abritaient des tas de questions mais aussi d’inquiétudes. Sur le visage d’Adonis l’on peut voir cette tristesse immense, cette perte d’espérance dans un avenir auquel il ne croit plus, cette perte d’identité simplement.
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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Dim 3 Juin - 14:56

« Merci beaucoup. » avais-je murmuré à Amaryllis avant que la porte de la chandellerie ne se ferme. J'étais au bon endroit. La voix de la femme m'avait directement picorée les oreilles en y reconnaissant une touche familière de chez Ortie. Ainsi donc c'était de sa mère qu'elle tenait sa voix au moins. Pas son physique. La voix d'Adonis était différente, peut-être tenait-il davantage de son père ou d'un autre membre de sa famille, je ne pouvais le dire. Mais Ortie était on ne peut plus présente dans cette pièce pour moi. Ce qui relançais une flèche fichée dans ma poitrine au souvenir de sa perte.

J'étais resté muet au bonjour, me limitant à un mouvement de tête poli en guise de salutation. J'étais resté muet ET immobile dans l'attente d'un signe pour me faire réagir complètement. Et le signe était venu me mâchouiller la gorge. Après une question nouvelle de la dame à laquelle je peinais à répondre trouvant ma langue bien sèche, je rencontrais les mirettes de mon ami, meilleur, comme frère. J'en restais coi un instant tandis qu'il dialoguait avec sa mère. Une pierre sembla tomber de mon ventre de soulagement. Le voir, lui, bien vivant me faisait un plaisir fou. Trop fou. Une émotion à la fois correspondait bien aux Cielsombrois, car focalisé sur ce seul plaisir de le voir réactif, je lui fondais dessus pour le serrer dans mes bras fortement sans plus de mots ou de réponses – ni même l'entendre au final. Sac dévalant mon bras, au sol.

« Adonis. » C'est l'unique chose que j'arrivais à sortir alors. Et je le serrais plus fort encore de peur qu'il ne s'envole hors de ma portée. Je serrais mes mains fortement au corps que j'encerclais, plus puissant depuis mes corvées sur l'Audacia. Sentir sa chaleur, éblouit par son contact, je sus véritablement que je ne l'avais pas perdu. Je senti un énième poids se libérer de mes épaules au moment où je desserrai doucement ma prise – me fichant bien pour le coup de l'effet que pouvait avoir engendré mes actions sur les parents présents.

Je m'éloignais de peu, étreinte terminée, gardant toujours néanmoins mes mains agrippées à ses avants-bras. Il ne s'échapperait pas. Il était là. J'étais là. Nous nous étions retrouvés. Je ne l'avais pas perdu lui. Et je l'observais sans tact d'un regard perçant. Il avait maigri. Ses joues s'étaient creusées. Des valises avaient trouvées doux refuge sous ses yeux. Son regard était moins vif, plus tiré et avait perdu toute nuance de gaieté que j'y puisais autrefois. La fatigue et la douleur se lisait partout en lui. « Je suis content de te voir. Si tu savais ! » Qu'aurai-je pu dire d'autre en cet instant ? J'hésitais à poursuivre devant ses parents, implorant des yeux qu'il trouve ma visite de bon sentiment, qu'il ne me chasse pas, désireux qu'il ai besoin de moi, de se confier, de nous confier l'un à l'autre et en privé de préférence. Il y avait des choses qu'on ne pouvait dire ouvertement à tous, des choses qui ne pouvaient être dit qu'à une minorité, ou à l'unique, et j’espérais si pas être l'unique puits de ses confessions, être un membre de cette minorité pouvant préserver ses secrets et le soulager. À jamais.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Lun 4 Juin - 19:21

A cet instant, Adonis ne sait pas s’il doit pleurer, rire ou quoi faire. La venue pour le moins surprenante mais d’un côté fort logique le déstabilise complètement. Il se réfugiait dans la solitude, cette attitude qui ne lui ressemblait pas du tout depuis quelques temps et cela n’avait vraiment rien de bon. Il laisse faire Tim lorsqu’il le serre dans ses bras. Sa mère à ses côtés est tout de même interdite mais ils s’en fichent tout deux. Plus rien n’existe pour les deux garçons sinon le plaisir de constater que l’autre est bel et bien réel. Selon leurs plus proches amis ces deux là étaient inséparables. Amis pour la vie ils se le sont promis même quand Tim a décidé de s’en aller à l’Académie et de le laisser seul avec Ortie. Désormais, Adonis n'a plus rien, tout reste à reconstruire. Le jeune mage se demande seulement si cet objectif n'est pas irréalisable.

Les yeux d’Adonis s’embuèrent un instant lorsque Tim s’éloigne en ne lâchant pas pour autant ses bras. Il est détruit Adonis et au travers de son regard il sait que son ami comprendra ce vide qui l'habite. Ils se sont fréquentés même pas une année mais leur complicité va bien au-delà d’un laps de temps bien trop court. Il laisse parler Tim et ses dernières paroles font émerger un minuscule sourire sur les lèvres du mage.

« Moi aussi Tim ». Il se défait de son étreinte non sans mal pour s’adresser à sa mère « M’man c’est mon ami Tim dont je t’ai parlé que j’ai rencontré à l’Académie on a tellement de choses à se raconter que nous ne pouvons rester ici tu comprends dis ? » Il la supplie du regard attendant une réponse positive de sa part. Le regard de cette dernière témoigne de la joie de revoir un minimum de lueur dans les yeux jusque là éteints de son fils. C’est donc naturellement qu’elle lui répond « Faites les deux mais revenez avant la nuit tombée voulez-vous ? ». Cette menace perpétuelle au dessus de leur tête elle n'a pas besoin de lui rappeler alors que déjà Adonis entraîne son ami Tim en dehors du magasin.

« Tu sais y’a un endroit idéal pour discuter tout ce dont on doit échanger c’est à l’extérieur de la ville tu sais les fameuses prairies dont je te parlais ? Tu n’es pas trop fatigué on peut y aller maintenant ? On peut aller ailleurs si tu veux ? » Il se soucie de son ami subitement et parle vite, bien trop à tel point qu’il s’essouffle ne se reconnaissant pas lui-même. Il se dit que Tim a du faire de la marche pour rejoindre Edenia et il ne veut pas qu’il s’épuise outre mesure. Après tout il est mousse sur une vivenef, il ne doit pas marcher aussi souvent qu’il le faisait au préalable.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Dim 10 Juin - 21:27

L’étreinte forte était achevée et pourtant elle persistait encore dans chacun de mes regards. Adonis comptait beaucoup pour moi. Pas comme Ygraine. Pas comme Ortie. Ni comme ma famille, grande famille. Mais comme personne à part entière. Il était exclusif à un sentiment que je pouvais clairement qualifier mêlé de fraternité et d'amitié. Il était simplement lui comme j'étais moi. Et à deux nous ne formions qu'un sur quelques degrés comme fragment de l'univers. Je constatais la douleur dans ses yeux, pas identique à la mienne j'en étais certain, et je serrai davantage une main sur son bras comme pour lui indiquer que je la partageais à ma manière tout autant. Ortie était sa sœur, son amie, là où elle avait été amie et aurait pu avoir été plus encore si j'étais resté à son contact. Ce que je n'avais pas fait. Ou ce que j'avais fait à quelques trop rares retrouvailles que pour tisser plus de lien entre nous. Une route de moins. Une.

J'étais content de ses mots. J'étais soulagé. La peur de le gêner ou de ne pas être, ne plus être, le bienvenu pour quelques raisons que ce soit s'était échappée à la seconde où j'avais vu son maigre sourire. Et j'était tout aussi reconnaissant qu'il ai saisi mon message non formulé que je l'étais envers sa mère qui comprenait que trop bien ce besoin de s'entretenir en privé. Elle avait perdu une fille... et je supposais qu'elle avait craint de perdre son fils également, physiquement ou mentalement. Alors sur un « Merci madame. » je me laissais guider par mon ami hors du magasin.
Ami, meilleur ami, comme frère, comme tout malgré ce court temps ensemble, qui s’inquiéta beaucoup plus pour moi que pour lui. Mes lèvres formèrent un sourire entendu comme léger – à la limite du moqueur. Si je n'étais pas moi, il y aurait malaise, on ne surmonterait pas cette étape.
« Pf. Tu parles à un mousse, à un presque pirate, glissais-je à son oreille en baissant d'un ton à ce mot. Il m'en faut beaucoup plus pour être fatigué. Toi, tu sous-estimes la vie sur une Vivenef. Alors bien sûr que je suis paré pour bouger ! » J'étais grand, je le devais pour deux. Pour briser cette espèce de glace, coquille, carapace, qui doucement s'était formée autour de lui. Je devais combler la fissure qui reliait son âme à la mienne. Et pour cela je devais me mettre à nu pour deux. Être tout simplement moi-même pour qu'il sache que malgré l'horrible situation dans laquelle il se trouvait, on se trouvait, il y avait toujours moyen de remonter. Et puis il sous-estimait mon travail sur l'Audacia également. Je courais sur la Vivenef, je ne faisais pas que m'asseoir gentiment. Et ma silhouette, même cachée sous quelques couches de tissus, marquait que j'avais de nouvelles armes à dispositions. Plus que des mots, mon corps commençait à démontrait quelques compétences prononcées pour les prochaines escarmouches dès que l'hivernage serait terminé. L'agilité je l'avais de base, mais l'Audacia la façonnait à sa manière pour qu'elle se montre adéquate et plus utile encore que d'origine pour les voyages qui m'attendaient.

Je continuais donc d'avancer, le suivant à la trace, me demandant jusqu'où nous irions avant d'enfin lui dire que : « J'ai hâte de voir ces prairies dont tu m'as parlé... même si j'doute qu'elles soient aussi vertes en janvier que ce que tu m'en as dit d'elles en été. »

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Tim ~ #C44C51


Dernière édition par Tim l'Escampette le Jeu 14 Juin - 20:58, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Lun 11 Juin - 22:28

Pour une surprise revoir Tim en est une pour Adonis. Il ne sait comment il est parvenu à trouver la chandellerie de ses parents ni même comment il est parvenu à Edenia mais à l’instant présent il s’en contrefiche. Les questions se succèdent aux autres alors que les deux garçons se retrouvent dehors. Avant de refermer la porte, Adonis a adressé un regard entendu à sa mère. Cette dernière frissonne à chaque fois qu’il s'éloigne de leur demeure. Pourtant cela ne l'empêche pas d’espérer qu’il retourne étudier à l’Académie. Le voir ainsi servir ses parents la satisfait dans un sens mais elle sait que son garçon n'a qu’une seule envie, celle de chevaucher.

Toutefois, une fois dehors Adonis s’inquiète de son ami. Il laisse sa curiosité de côté pour se soucier de sa fatigue. Cela serait totalement malvenu d’épuiser Tim. Sa répartie arrache un rire bruyant au jeune Adonis. Un rire fort longtemps retenu à tel point qu’il ne parvient pas à s’arrêter au point de se plier en deux. Cet éclat de voix lui fait mal aux côtes alors qu’il sent ses yeux pleurer. Sa joie est peu à peu remplacée par la tristesse qui l’étreint depuis des mois. Sans même comprendre pourquoi il s’assied sur un banc pour calmer ses soubresauts. Il faut qu’il se contrôle sinon il va finir par inquiéter Tim. Le jeune garçon est là pour vérifier qu’il va bien. Passer du rire aux larmes n’est pas l’attitude la plus adéquate dans ce genre de situation.

Il se relève ravalant ses larmes il regarde Tim droit dans les yeux avant de poursuivre :

« Mais Tim que fais-tu là ? tu, je… » il se tient la tête dans les mains fait les 100 pas « Tu n’imagines même pas à quel point cela me fait plaisir de te revoir aussi mais moi je, c’est douloureux à un point Tim tu n’imagines même pas ».

Il ne peut s’arrêter à énoncer toute sa douleur et sa crainte. Mais il le sait, il faut qu’il se contienne, qu’il écoute son ami « Et toi racontes moi ta vie là bas sur les flots, dis moi que tu es vivant toi au moins, moi je ne suis plus rien » dit-il en s’agrippant cette fois au bras de Tim le serrant bien plus fort qu’il ne l’aurait voulu. Il voulait être fort et ne pas parler de cette douleur mais la présence de Tim, son amitié l’en empêche. Avec lui, face à lui il peut laisser parler sa souffrance et sa douleur.

La distance est longue pour rejoindre la prairie convoitée par Adonis et il ne pouvait pas tenir jusque là ses questions et ses révélations. Il savait clairement pourquoi Tim était là, pour Ortie, pour s’assurer que lui allait bien. Toutefois, la rencontre avec celui qu’il considérait comme son frère sonne le glas de semaines de silence, d’un naturel effacé pour laisser la place à cette personne qu’il n’est pas ; il n’est qu’un gosse qui a tout perdu, qui ne sait pas où le destin le mènera, la seule chose dont il soit certain c’est qu’il ne veut plus perdre les liens établis notamment ceux de Tim, ce garçon qui est une part de lui-même, son énergie.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Jeu 14 Juin - 21:12

Adonis avait sûrement beaucoup à dire, beaucoup à confesser, et je déduisais facilement qu'il avait retenu beaucoup en lui en le voyant s'esclaffer ainsi. Il était du genre à contenir ses émotions avant d'imploser. Je lui rendis son sourire, sans pour autant hurler à la mort, j'étais sérieux dans mes propos au sujet de ma vie sur l'Audacia, mais je trouvais une joie réconfortante en le voyant ainsi. Sans doute avait-il versé des larmes d'un tout autre genre jusqu'à former des rivières chez lui et des océans dans ses yeux. Moi en tout cas, j'avais inondé le parquet de mon cousin – et de chez Lancelot l'Adroit.

Lorsqu'il reprit sa marche et se lança dans la parole, c'est tout sérieux que je repris, restant à ses côtés.

« Si, je peux imaginer. rétorquai-je piteusement. L'imagination avait toujours était une qualité chez moi. D'histoire en émotion, j'inventais tout comme imaginais affreusement bien les diverses situations de mes nombreux protagonistes. Et puis vu la douleur que j'avais éprouvé en apprenant la perte d'Ortie, je pouvais avoir une échelle de la souffrance qu'était la sienne. C'est une de mes nombreuses qualités tu sais. Même si on peut voir ça comme un défaut selon les moments. J'haussais les épaules en ricanant jaune. Je me riais de moi-même tout en le forçant à être lui-même à nouveau. V-Tu me manquais, alors j'ai tout fait pour venir. » Je n'expliquais pas les moyens, mais il y avait eu risque et peut-être y aurait-il répercussion. Je chassais ma situation d'un geste de la main typique de celui qu'on adresse à une mouche.

Et puis Adonis me serra le bras à son tour alors qu'il menait toujours la marche vers l'endroit de son choix dont il avait si souvent parlé et dont je n'avais pu qu'imaginer. L'entendre dire qu'il n'était plus rien me crispa et j'eu un pincement au cœur tandis que je reprenais. « Je vis au jour le jour en fonction du temps, des marées et des vagues. Pas facile parfois, beaucoup de fois même, si pas tout le temps en vrai, je te jure, mais on s'y fait. Et... je tournais mon regard sur lui, comme j'ai fini par me trouver en eux, tu te retrouveras obligatoirement. Et tu ne seras pas seul. Tu.n'es.pas.rien. » Fis-je lentement mais surement.

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Tim ~ #C44C51
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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Dim 17 Juin - 15:08

Les épreuves forgent le caractère d’un homme c’est ce qu’on lui a toujours dit au jeune mage mais il aimerait bien que la roue de son destin tourne et cesse d’être aussi sans pitié sur sa jeune personne. Revenir à Edenia était pour lui comme un retour aux sources pour retrouver une identité qu’il avait perdue. Cela fait des semaines qu’il travaille aux côtés de ses parents au lieu de repartir à l’Académie ; les larmes ne coulent plus il apprend à vivre de nouveau. Ce n’est pas sans raison que sa mère il y a quelques minutes lui a suggéré de repartir à l’Académie.


Toutefois quand il a vu Tim pénétrer chez lui à nouveau le vide l’a aspiré ; il a refait face à ce passé qu’il s’évertue d’oublier. Il est certes  heureux de le revoir mais cette rencontre le positionne face à ses erreurs et ses regrets. Aussi il verbalise ses peurs et ses douleurs envers son ami de toujours et la réponse qu’il en obtient l’apaise. Cela n’empêche pas Adonis d’entendre Tim se reprendre et il sourit doucement ;

« Tu aurais pu dire vous tu sais ; la douleur fait partie de moi je ne peux l’effacer toute manière je dois juste apprendre à vivre avec… » il hésite à poursuivre à enchaîner. Il se sent tellement coupable qu’il ne peut que murmurer ce qu’il pense « Ma culpabilité ».

Adonis ne sait pas si Tim comprendra ce qu’il sous entend ; ce n’est certes pas lui qui a tué Ortie mais il est en partie responsable. Le garçon ne parvient pas à s’ôter cette idée de la tête malgré toute les paroles positives que chacun a pu avoir pour lui. Les confidences de Tim sur sa nouvelle vie l’ébranlent peu à peu. Ses yeux se relèvent alors qu’il lâche le bras de son ami. Serait-ce donc cela la solution pour se retrouver ? Partir loin ? Voguer sur les flots et oublier la douleur de la terre ? Il est indécis le jeune mage et les révélations du mousse le plongent dans un désarroi on ne peut plus grand.

« Tu crois que j’pourrais y’aller moi aussi ? » une question ouverte  mais une réflexion pour lui-même ; il ne s’était jamais penché sur la possibilité de devenir mousse et la possibilité de ce fait flotte dans l’air telle une incertitude. Il invite Tim à le suivre alors qu’il recommence à marcher pour se diriger vers la prairie convoitée.

« Moi t’sais à la base j’ai toujours voulu chevaucher ; je les ai dessinés ces dragons » et il repense « Tu as toujours mon dessin que j’tai fait à ce sujet pour ton départ t’sais le dragon que j’vois des fois dans mes rêves ? » il enchaîne toujours de manière posée « Mais j’me demande, j’pense que j’en serai capable mais avec tout ce qu’il s’est passé ces derniers mois et mes erreurs je me mets à douter ».

Ce matin en se levant Adonis ne pensait pas parler de son avenir lui qui vivait au jour le jour ; il se rend compte que Tim a raison et qu’il doit simplement croire en un avenir plus radieux le tout est simplement de le vouloir.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Dim 17 Juin - 17:48

J'avais fait l'erreur de me reprendre dans ma façon de parler, mais Adonis ne m'en tenu pas rigueur, il comprenait sans doute ma position comme trouvait plaisir – ou apaisement – à me voir intégrer la sienne à Edenia. Je l’espérais. Quand il indiqua sa culpabilité, c'est d'un hochement de tête que je concluais ce point en indiquant :

« On est tous coupable et responsable de quelqu'un ou de quelque chose. En tout cas, si tu as besoin de parler, n'hésites pas. Je t'écouterai. »

Je ne savais pas ce qui était arrivé à Ortie dans les détails. Je n'avais eu qu'une brève note d'Adonis m'informant qu'il était vivant et à Edenia vers la fin décembre. De la mort d'Ortie, ce que je savais, je le tenais de Matvei de Hvergelmir qui m'avait prit sur le fait lors de ma tentative d'entrer à l'Académie en catimini. Ce qu'il y avait eu entre mon ami et sa sœur, je l'ignorais. Cela n'avait pas dû être rose depuis l'épidémie puisque je savais ce qu'avait fait Adonis, il m'en avait tenu informé tout comme Ortie m'avait envoyé une lettre pour vider son linge sale (je m'estimais d'ailleurs autant flatté qu'elle se confie à moi que coincé entre eux deux que j'appréciais beaucoup) à ce sujet. Mais de l'épisode dans les jardins, précédent la fin d'une le Lys, c'était l'inconnue totale. Et Adonis était libre de se confier à moi à ce sujet s'il le désirait. J'aimais tirer les vers du nez... mais je tenais à préserver notre lien avant tout. Et à ne pas le brusquer aussi.

Je le préservais, le lien comme lui, en des mots plein de positivisme. Il n'était pas rien et, comme moi, il finirait par se trouver. Je fus surpris cela étant de l'entendre rebondir sur les flots. Et je fus surpris de l'imaginer voguer en ma compagnie encore plus. « Et pourquoi tu ne pourrais pas ? Je demanderai au Capitaine ou aux Seconds si ils recherchent du sang frais à embarquer pour la prochaine traversée si tu veux. J'adorerai te voir suer sur le pont et rouspéter des odeurs qu'on y sent à certains endroits. Tu verrais ainsi qu'il ne faut jamais sous-estimer le travail d'un mousse. Jamais. » Je ne pu m’empêcher de ricaner à imaginer pareille situation. La mer m'avait toujours appelé et c'est elle que j'avais suivi de tout mon cœur plutôt que la raison qui me disait de terminer mes études. Mais sans doute que, si j'avais poursuivi mes études, c'est moi qui aurait fini par valser par une fenêtre et non mon boulier.

Sauf que le cœur et peut-être la raison d'Adonis avait déjà trouvé un autre chemin à suivre. Il ne s'agissait pas de la vie de pirate mais d'une vie sans doute plus rangée et 'bien vu'. Manquait juste la motivation dissipée, envolée, avec Ortie. Il désirait être Chevaucheur. Il désirait voler au dessus des nuages, pas voguer sur les eaux d'Arven. Il choisissait l'air là où j'avais choisis l'eau. Il choisissait également le feu d'un dragon. Aura. Moi, je priais Messaïon et j'implorais les océans d'être cléments.

« Je l'ai toujours. Enfin, il devait être légèrement chiffonné et trempé avec le temps et les voyages, mais j'avais au moins le support. Le dragon dessus par contre bavait sans aucun doute, lui. Et si tu veux devenir Chevaucheur... bah je pourrai que t'encourager et supporter ta décision comme toi et Ortie l'avaient fait avec la mienne. Je suis arrivé à bord de l'Audacia. L'AUDACIA. Ce n'était pas rien à mes yeux ! J'ai même hérité d'un surnom ! Alors, si j'y suis arrivé, pourquoi, toi, tu te raterais ? »

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Tim ~ #C44C51
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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Dim 17 Juin - 22:39

Echanger avec Tim a toujours été plus facile pour Adonis et aujourd’hui confirme cet état de fait. A travers les paroles de son ami il reconnaît sa compassion mais aussi son non jugement. C’est pourquoi il le regarde fixement sans sourire à cette invitation à poursuivre. Pourtant il ne veut pas en parler ici au milieu de la ville.

« Pas ici » Ce sont les deux seuls mots qu’il parvient à articuler alors qu’une boule étrange est venue se nicher dans sa gorge. Le souvenir de cette épidémie, de ce geste symbole d’un amour profond hante ses nuits et ses journées. Il faut qu’il pense à autre chose, ce qu’il fait, mais il est des instants qui ne sont pas faciles à balayer de ses pensées.

Il parle d’autre chose pour évacuer ce trouble, il s’exprime même ouvertement sur la possibilité lui aussi de rejoindre les flots. C’est une discussion fort banale mais spontanée. Il n’a pas réfléchi, les mots sont sortis naturellement sans qu’il ne les contrôle. L’enthousiasme de Tim en réponse le fige sur place et il l’écoute déblatérer sur la possibilité de demander l’autorisation au capitaine. Le mage va pour stopper son ami mais il n’y parvient pas. Tim parle avec tellement d’entrain et d’envie que cela lui fait du bien. Il aimerait être comme lui, nonchalant et profitant de la vie. Il attend que son ami termine pour modérer ses propos.

« C’sûr j’crois que je n’ai pas la connaissance suffisante pour estimer le travail qui t’incombe ». Malgré des besognes fort probablement importantes et usantes Tim poursuit « Quoi qu’il en soit ton enthousiasme fait plaisir à voir, tu aimes ce que tu fais c’est un fait » il hésite mais questionne « J’en déduis que tu ne regrettes pas du tout ton choix  d’avoir abandonné tes études ? ». Il est curieux et avide de voir son ami s’exprimer encore et toujours. Le jeune mage pense réellement que Tim ne se rend pas compte à quel point il est sa bouffée d’oxygène dans ce monde. Le voir heureux lui fait oublier sa tristesse et sa douleur.

Ils ont recommencé tous les deux à avancer sur l’invitation d’Adonis. Il leur reste encore une bonne distance à effacer pour s’éloigner d’Edenia et les deux jeunes gens accélèrent peu à peu le pas tout en échangeant des banalités ayant comme fond les dragons et ce dessin qu’Adonis avait donné au jeune Tim. Il hausse un sourcil puisqu’il n’est pas dupe aux paroles du mousse

« J’présume que l’eau a un peu effacé les traits de ce dernier non ? » souriant « J’en r’ferai un ce soir, car bon toute manière t’vas pas repartir tout de suite hein tu restes dormir à la maison ? ». Il espère le jeune mage que son ami restera au moins quelques jours ; il ne veut pas le voir tourner le dos tout de suite, il souhaite le garder pour lui tout seul, pour remonter cette pente si abrupte. Les encouragements de ce dernier le font presque rougir et il murmure « Oui j’y arriverai, je suis un battant mais j’ai peur d’y retourner ; moi qui était enthousiaste quand j’y étais entré j’ai aujourd’hui peur de me perdre, moi, dans ces murs où la mort a rodé ».

Il avoue pour la première fois sa crainte de faire face à ces regards, ces jugements. Là bas à l’Académie il n’aura pas ses parents, il n’aura pas Tim, il n’aura personne ; il a peur de cette cour mais aussi du regard des étudiants, de ses professeurs. Lui y arrivera mais comment fera-t-il pour travailler sous le poids du jugement des autres ? Telle est sa crainte qu’il verbalise à son ami de toujours :

« Que vais-je leur dire ? Que si je n’avais pas donné ce philtre lors de l’épidémie elle aurait pu se défendre ? Mais d’un autre côté peut-être que c’était son heure aussi ? Toute manière ce n’est pas nous pauvre étudiant qui pouvons nous défendre face à cette Chasse » et il poursuit se fichant que d’autres l’écoutent « Mais tu sais que je lui ai hurlé dessus ? Que je lui ai dit que je la détestais ? Ce sont mes derniers mots pour elle, avant sa mort, alors que je l’aimais profondément » les larmes commencent à couler au moment où les paroles se succèdent ; il accélère Adonis, il ne voit plus où il avance, il se fiche de qui peut l’entendre ; ce garçon, son ami, Tim il entend sa détresse sans jugement et peut-être qu’à l’issue de cette rencontre il pourra passer à autre chose.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Mar 26 Juin - 21:03

Adonis était prêt à parler, à s'ouvrir, jusqu'où je l'ignorais, mais j'y voyais un progrès. Il n'y avait rien de plus bénéfique parfois que de se livrer à cœur ouvert. Qu'on saigne ensuite ou non. Au moins, il y aurait une avancée selon moi. Avancée qui pour l'heure se marquait dans nos pas dans la ville alors que j'explosais les verbes au sujet de la piraterie. J'aurai pu lui en dire encore davantage, mais je me retins de justesse pour laisser mon ami rétorquer. Et quand ce dernier me demanda si je ne regrettais pas mon choix c'est d'un tonitruant à faire tourner les têtes vers nous que je lui répondis, avec des gestes amples pour enlacer ma confession vers le ciel.

« Tu rigoles ?! C'est de loin la meilleure décision que j'ai jamais prise de toute ma vie ! » Et il y en avait déjà eu pas mal dans ma courte existence ! Trop parfois. Entre le fait d'entrer à l'Académie pour subir un cours afin de faire plaisir plus à mes parents qu'à moi-même, quelques sorties honteuses dont je me passerai bien et mes notes suspectes à Liselotte sur nos trajets, je ne savais pas ce qui était le pire, mais le meilleure je le savais. C'était l'Audacia qui m'avait ouvert ses bras. C'était la chance qu'on m'avait donné de faire mes preuves. Et je l'avais saisi autant que j'avais surmonté les épreuves en cours de route – ou au cours des flots plutôt. J'étais l'exclamation brute quand il était l'interrogation totale en cet instant. J'étais la lumière quand il était encore obscurité, mais je le tirais, me teintant de lui comme je le teintais de moi.

Nous progressions encore, toujours, maisons défilantes, gens défilants également, quand Adonis parla du vieux dessin abîmé par le sel, l'humidité et les embruns qui régnaient en maître sur la vivenef. Le dragon dessiné avait fini par tirer la gueule à force de traversées en tout genre. Il m'avait fait rire, il me faisait rire encore et me rappelait de leur écrire. De lui écrire à lui uniquement côté le Lys à présent. Alors naturellement j'opinais à sa proposition. « Alors je m'impose volontiers. Et je compte sur toi pour le dessin. » Il avait dû s'améliorer avec le temps. Quant au repos, il ne se voyait pas retourner directement, il avait même espéré que son ami l'invite sans quoi il aurait tourné en rond. À présent son logis était assuré. Une chose en moins à s'en faire alors que la Chevauche entrait dans le sujet. Le vif du sujet, pensais-je. Le vif comme la torture d'Adonis.

Tout avancant, j'étendis un bras pour le poser autour de ses épaules en signe d'encouragement comme en signe fraternel.
« Tu vaincras pas la peur, mais tu l'apprivoiseras, j'en suis sûr. » Comme j'avais fini par apprivoiser les escarmouches après quelques mois. Escarmouche qui me manquait à présent que j'étais pieds à terre. Adonis avait peur de croiser la mort là où je la croisais presque fréquemment en tant que mousse. Comme moi, il s'y ferait... même si ce serait difficile. Encore plus avec l'ombre d'Ortie dans les couloirs, je présumais.

Et je présumais bien. La coquille autour d'Adonis, fissurée, le fit se dévoiler et ne me laissa même pas le temps d'en placer une. Il déballait comme moi plus tôt. Il déballait puis prenait la poudre d'escampette, me laissant quelques pas en arrière muet face à cet aveu. Et je lui courrais bien vite après, les pièces recollées et ma langue prêt à découdre. Je le rattrapais et je l’arrêtais d'une main ferme sur l'épaule alors que la ville glissait à présent doucement derrière nous. Je lui faisais face, face à ses larmes.

« Tu as tort. Tu lui a dit ça, mais je sais que tu ne le pensais pas et Ortie le savait aussi. Ortie n'est-était pas stupide. Elle lisait en toi aussi facilement qu'en moi. Elle.savait, répétais-je plus lentement et plus fortement avant de retirer ma main et de hausser les épaules. Je ne devais pas craquer devant ses larmes. Je devais être le roc auquel s'accroché dont il avait besoin. Et les autres auront d'autres choses à penser. D'autres personnes à pleurer surement aussi. Tu n'es pas le seul à avoir perdu ce jour là, Adonis. Alors tu n'as rien à craindre. Ils comprendront, tu m'entends. Ils comprendront. » Comme je comprenais.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Mer 4 Juil - 22:24

La spontanéité de Tim n’a d’égal que la sienne et sa réponse quant à sa décision de rejoindre les flots le fait sourire. Il n’y a pas à dire son ami est le meilleur qui soit pour lui redonner cette réaction qu’il avait oubliée. Un sourire… vite effacé par les souvenirs qui se succèdent. Il ne parvient pas à vivre avec ce poids sur ses épaules. Il s’est reconstruit aux côtés de ses parents, dans la chandellerie mais concrètement il lui manque quelque chose, un espoir, une vie, un avenir. Il s’en est rendu compte le plus jeune des le Lys depuis peu mais la peur le taraude, l’étreignant au plus profond de son être.


C’est une fois de plus Tim qui le fait sortir de ses pensées fort moribondes. Le fait qu’il accepte de rester quelques heures de plus si ce n’est pas une nuit chez eux avec lui pourrait presque le faire pleurer mais il n’en fait rien, il se contient et ajoute.


« C’est cool comme ça j’aurai vraiment le temps de t’montrer le pré ; bon faudra pas qu’on tarde à rentrer s’non ma mère elle va s’inquiéter » il se gratte la tête repensant subitement à cette invitation qu’il lui a lancée bien avant d’en parler à ses parents « J’leur ai pas demandé leur avis pour t’inviter mais j’pense qu’ils seront heureux de me revoir sourire depuis… » il ne finit pas ses phrases alors que cette fois-ci sa mine se fait plus sombre. Pire il enchaîne détournant les yeux avouant cette peur. Le contact de Tim sur son épaule le fait frissonner et il se laisse aller, accélérant, laissant sortir ce flot de paroles ininterrompues.

Il accélère, court à mesure que les larmes se succèdent. Adonis verbalise pour la première fois. Il ne s’est pas confié à son père ni sa mère encore moins à sa sœur ou Braham. Ils ont tous tenté des mois des semaines durant de briser cette bulle dans laquelle il se trouvait. Mais Adonis n’en ressortait pas comme à l’abri de cet aveu qu’il ne voulait pas faire : il allait mal et avait besoin d’aide.

Alors qu’il court sans même s’en rendre compte il se trouve arrêté face à Tim. Ses yeux pleurent, ses oreilles écoutent. Il ne tremble pas il est simplement une coquille vide alors que les mots de Tim se succèdent tel des pièces d’un puzzle. Son ami reconstruit sa vie, son cœur et son espoir. Il le laisse parler. Adonis les a déjà entendues ses paroles dans la bouche des autres mais dans celle de Tim elles ont un autre niveau. Un instant le jeune mage alors que Tim a terminé a envie de mettre genou à terre mais il n’est pas faible, il a raison.

« Tu crois ? » deux mots pour être certain qu’il lui dit la vérité et non pas des paroles innocentes. Puis il secoue la tête balbutiant entre deux larmes qui s’écoulent encore de ses yeux « Mais toi aussi tu l’as perdue et je n’pense qu’à moi ; mais t’sais y’a pas que ç’a ; le coup de l’épidémie… je lui ai donné le philtre Tim, j’ai tué son familier, j’ai anéanti sa magie » il doit lui révéler « Je sais oh combien vous étiez proches alors toi sauras tu me pardonner cette attitude purement égoïste que j’ai eu à cette occasion ; je ne voulais pas la perdre, elle était tout pour moi et si l’un de nous devait y passer ce jour là, si on n’avait pas eu le remède à temps, je voulais que ce soit moi pas elle » il poursuit maintenant que les vannes sont ouvertes on ne l’arrête plus « Elle était douée dans tout ce qu’elle faisait et voulait chevaucher comme moi et en la sauvant j’ai tout brisé son rêve, son espoir, le Destin se joue peut être de moi aujourd’hui ; m’éloigner de l’Académie pour vivre ce qu’elle a vécu à mon tour ? »

Il ôte la main de son épaule, la prairie est désormais à quelques mètres, verdoyante sans fleurs « Il est un peu trop tôt pour qu’il y ait des fleurs, il y en aura en plein été et avant aussi à la fin de l’année scolaire mais tu seras sur les flots ».

La conversation évolue naturellement, logiquement ; peu à peu Adonis se sent plus à l’aise comme ressourcé même si au fond de lui il se doute que l’échange et les révélations de vérité ne font que commencer.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Mer 11 Juil - 14:58

J’acquiesçais à ses projets de me faire visiter plus longtemps le pré comme j'avais acquiescé plus tôt à son invitation – plus que bienvenue je devais l'avouer. Une nuit suffirait. Juste une. Pour me reposer de ce trop plein d'émotion qui fusait entre Adonis et moi ainsi que pour m'assurer de l'état de mon ami. L'instant qui suivi, je ne pu que pouffer de rire en l'entendant soudain réaliser qu'il n'avait pas demandé à ses parents leur avis et j'imaginais déjà comment m'imposer avec délicatesse et forte flatterie. Pourtant il était plus bon parleur de que moi. « Sans compter que je sais bien parler, je suis un bon Cielsombrois, ils ne pourront que m'adorer ! » avais-je réussi à caser avant que sa mine ne se fasse sombre. Et que la tragédie ne lui éclate au visage de nouveau. Ainsi que les dernières paroles qu'ils s'étaient échangées et qui me laissa sans voix un moment. Un court instant... un court instant dont il profita pour filer.

Rapide pour échapper aux tâches sur l'Audacia, c'est sans mal que je réduisis la distance entre nous. Ainsi, après quelques enjambées et mètres à travers la ville, je fini par le choper. Ma main agrippa son épaule et l'obligea d'un mouvement assez sec à s’arrêter et à me faire face.

Mon ventre se noua face à ses larmes, mais je savais que ce n'était pas l'heure de craquer, il pleurait pour deux. Et j'avais déjà séché mes pleurs pour deux également. Aussi, franc, dur, tel un roc auquel s'agrippe les bulots téméraires, je lui fit pars de mon point de vue. Et je savais avoir raison. Il connaissait Ortie mieux que moi, j'étais certain qu'il n'aurait aucun mal à se rendre compte que je disais vrai.
« Tu crois ?
- J'en suis certain ! Tu la connaissais mieux que moi, tu sais que j'ai raison. Penses-y. »

Seulement... la douleur le rendait aveugle. Et il était vrai que le dernier échange avec sa sœur était des plus regrettables comme affreusement marquant.

Tout aussi regrettable que l'acte commit lors de l'épidémie. Et dont il m'avoua sans savoir que.. je le savais déjà.

Je secouais la tête à mon tour alors qu'il se libérait de ma main et regardait le pré pour commenter sur les fleurs absentes – aussi absente qu'Ortie. Sauf qu'Ortie ne reviendrait pas en plein été, elle.

« Je le savais. Pour le philtre. Je laissais mon regard vagabonder sur le pré puis fini par faire quelques pas plus en avant. Elle m'a tout raconté par lettres... vous étiez vraiment chiants d'ailleurs à m'en envoyer tous les deux, surtout pour vos disputes. » Je souriais en disant ça, c'était un chiant rieur.

Quelques pas toujours en avant. Puis lui refaisant face je repris avec sérieux ;
« Je suis certain qu'elle aurait fini par faire la même chose que toi, même si elle ne l'aurait jamais avoué. Je ne dirai pas que tu as eu raison de le faire, mais ce qui est fait est fait. Et même si elle ne t'a pas pardonné pour ça, au moins elle t'aimait. Je suis persuadé qu'au moment de... enfin, juste avant de m-mourir, qu'elle a prié pour que tu sois sauf. Elle serait folle de rage de t'entendre dire que tu aurais voulu prendre sa place. »
Ma voix avait fini par trembler légèrement, mais mes mots étaient des plus véritables que je pouvais lui dire en ce moment. Et moi aussi je lui en voulais de songer à mourir.

Je soupirais un instant avant d'ajouter. « Oh et... elle pensait que tu ferais un bon Chevaucheur aussi. Alors ce serait bête d'abandonner maintenant. Ah. Je ne t'en dirai pas plus, c'était déjà censé rester secret. »

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Dernière édition par Tim l'Escampette le Jeu 26 Juil - 20:13, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Mar 17 Juil - 11:23

Ce qu’il y a de bien avec Tim c’est que niveau concurrence dans l’expression orale il y a du niveau. Il hausse un sourcil amusé à sa remarque. Ses parents ne sont pas nés de la dernière pluie, pire ils ont un fils qui manie les mots aussi habilement qu’ils sont capables de fabriquer des bougies, le niveau est là et il semblerait bien que Tim l’a bel et bien oublié. Il sera fort surpris le petit mousse si les parents d’Adonis le regardent fermés suite à des paroles gentiment enrobées.

Qu’importe, alors que doucement ils s’éloignent d'Edenia, il l’a senti Adonis la boule dans sa gorge. Il cherchait à l’évacuer pour profiter de son ami mais il est bien trop à terre pour lutter contre cette tristesse qu’il s’évertue d’oublier.

Aussi il courre avant de se faire rattraper par Tim il essaie de se raccrocher à ces mots qu’il murmure. Si seulement Tim avait raison alors il le laisse parler. Les larmes ne coulent plus, ses yeux ont bien trop pleuré. Le vertige le prend à l’instant où il met genou à terre comme portant toute la misère du monde sur ses frèles épaules. La cruelle vérité dans la bouche de Tim le plonge de manière irrémédiable dans une détresse encore bien plus profonde. Entendre les mots qu’il ne voulait pas dans la bouche de son ami, de son comme frère c’est comme ouvrir une nouvelle plaie béante dans le cœur d’Adonis.

Il sourit néanmoins à l’évocation des lettres qu’il a envoyées mais qu’Ortie lui a transmises également. Il se met à rire de manière fort maladroite. Lorsque les nerfs craquent cela se manifeste sous de multiples facettes pour le jeune mage. Lui qui a grandi bruyamment et dans cette attitude charismatique laisse sortir un fou rire qui balaie tout ce qu’il a pu endurer ces dernières semaines et mois. Il se relève prenant dans ses bras Tim. Les pleurs se succèdent au rire alors qu’il ne parvient plus à s’arrêter.

« Je suis tellement désolé, nous… nous… » il n’arrive pas à poursuivre Adonis mais il veut serrer encore plus fort Tim, qu’il se rende compte que lui est encore vivant « J’suis tellement con, on était tellement con avec Ortie, que… ». Oui il était faible Adonis et il l’est encore ; au lieu de dire à sa sœur qu’il l’aimait il s’est cru plus fort que quiconque en la provoquant et en la détestant d’amour. Mais elle aussi n’était pas farouche dans son attitude foncièrement mauvaise à son égard. Les deux enfants se rendaient au centuple ce que l’autre lui faisait endurer et aujourd’hui que reste-t-il à Adonis ? Rien… juste des regrets. Les remords il aurait aimé en avoir mais ce n’est pas le cas.

Toutefois les dernières paroles de Tim soignent peu à peu cette plaie et il le prend par les épaules éloigne son visage du sien et son regard accroche celui du mousse.

« Vrai de vrai ? Mais pourquoi elle ne m’a rien dit ? » puis, secouant la tête il s’éloigne un instant de Tim et regarde l’horizon « Ah ouais c’est vrai car elle était trop bête comme moi ; j’te jure on manie les mots habilement mais on n’a jamais été capable de se dire que l’on s’aimait » il s’éloigne un peu plus et s’assied en tailleur « Avec elle là je courrais et je faisais des acrobaties à n’en plus finir avec qui vais-je pouvoir le faire aujourd’hui ? Son fantôme ? » il reste songeur devant cette pensée formulée à haute voix « Mais toi t’es mousse tu dois être capable de me battre même si j’en doute non ? » d’un ton quelque peu amusé.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Jeu 26 Juil - 20:10

Je fus mi-surpris quand il me prit à son tour dans ses bras. Il écoutait mes mots, s'en imprégnait, goûtait à cette vérité douce mais un peu amère à la fois tout en se retenant de lâcher prise. Il avait mit  genou à terre un instant, mon ami, de faiblesse compréhensible, mais s'était vite relevé ensuite. Car Adonis était comme ça. Les émotions s'abattaient lourdement sur lui mais il se reprenait vite... la troquant contre une autre émotion vive de joie ou de souffrance avec une habilité plus farouche que la mienne. Ici, c'était plus délicat, plus difficile, cela concernait Ortie, sa perte, l'avenir qu'elle n'aurait pas ainsi que le passé et les souvenirs qu'elle avait laissé derrière elle. Quant au présent, il n'était nullement un cadeau pour nos deux âmes qui se soignaient mutuellement – même si je le soignais davantage en cet instant précis par ma présence et par mes mots.

Je ne rétorquais pas à l'insulte dont il se qualifia et dont il qualifia Ortie, ils l'étaient bien tous les deux, moi aussi à ma manière. Je lui souriais d'approbation enfantine quand il desserra l'étreinte, éloigna son visage pour se montrer ahuri devant mon aveu de confidence de la disparue. Et j'haussais bien vite les épaules en guise de réponse. Je ne lui dirais rien d'autre du contenu de nos échanges. J'avais promis à Ortie et j'avais suffisamment trahi sa confiance pour aujourd'hui et à jamais. Mais elle ne m'en aurait certainement pas voulu, je le savais. Ortie aurait été reconnaissante envers moi pour avoir trouvé de quoi faire renaître la flamme dans les yeux d'Adonis de sa part plus que de la mienne. Je n'étais que le messager quelque part. Et cette part, je l'acceptais de tout cœur.

Je le vis s'éloigner et s'installer, rêveur, et j'imaginais un instant ces fameuses cabrioles entre frère et sœur. Je n'avais jamais fait ça avec les miennes. Je passais mon temps à grimper en hauteur pour échapper à Gregory et au gros Tom. C'est tout en lâchant un soupir en l'écoutant craner – comme à sa vieille habitude – que je me positionnais à sa droite tout en restant droit pour ma part. Je ne pris pas le temps de réfléchir, je savais où j'étais doué, où je ne l'étais pas, où je le battais et où il me battait lui.

« Je te bats pour faire des nœuds à la corde. J'ai une meilleure vue que toi. Je te bat à la grimpe aussi et naturellement j'te bat au charme naturel, alors je peux bien te laisser les acrobaties. » Et je riais naturellement, sauf pour les trois premiers points où vrai je lui étais largement plus supérieur - sauf s'il devenait mousse et apprenait à faire des nœuds mais juste pour ça alors. Je ricanais même en m’asseyant à côté de lui. J'avais également le dessus en matière de chiffre et de lettre, je doutais Adonis capable de supporter le boulier ne fusse qu'une journée, de connaissances purs également, mais en terme de force, de courage, de ténacité, de beauté et de charisme... il avait de naissance ce que je ne possédais pas. Et je travaillais d'arrache pieds pour en avoir, des muscles par exemple. J'en avais acquis, bien naturellement au fur et à mesure de nos parcours sur les mers, mais Adonis à son plein maximum me battrait toujours à ce niveau. Je n'imaginais pas le jour où il serait Chevaucheur, car il le deviendrait assurément s'il le voulait, à mes yeux. Je baillais et m'étirais en reprenant. « Montre moi tes acrobaties, que j'imagine un peu ce que vous faisiez à deux, je suis curieux comme toi après tout. » Moins fonceur par contre, beaucoup moins fonceur. Il fallait encore sur certain plan me tirer par la main là où il fonçait tête baissée avec assurance folle.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Mer 8 Aoû - 20:59

Qu’elle est belle cette ville d’Edenia qui l’a vu naître. De plus aux environs de cette dernière se trouve des prés verdoyants où il courrait enfant avec Ortie. C’est non loin de là qu’il avait laissé éclater sa joie lorsque sa magie s’est éveillée. Il s’en souvient comme si c’était hier et esquisse un sourire devant ce souvenir fugace. Il n’est pas niais et il a bien noté les silences de son ami Tim. Ortie et lui se sont certainement dit d’autre chose, confié l’un à l’autre sur bien des sujets qui sont désormais clos. Après tout lui aussi a toujours agi de la sorte. Leur vie aurait pu être différente si Tim ne s’était pas aventuré sur les flots mais le garçon avait soif de liberté, d’aventures toutes aussi différentes que celles auxquelles le mage aspirait. Lui voulait chevaucher. Tim, lui que voulait-il concrètement ? Tiens donc c’est une question fort judicieuse qui se fait puissance à mesure qu’il y réfléchit.

Il ne répond pas à sa provocation si ce n’est par un haussement de sourcil manifeste. Adonis incline la tête pour détailler le garçon qui, s’il détaille un peu sa musculature, commence à avoir une avance certaine sur lui-même. Il faudrait peut-être qu’il commence à s’entraîner sérieusement physiquement s’il veut réussir. Il le sait et il compte bien le faire durant ‘l’été prochain.

« Es tu vraiment sûr d’être meilleur en tout ? Je te rappelle qu’au jeu je suis imbattable ; ne présumes pas de tes capacités aussi louables soient-elles, tu risquerais d’être déçu » dit-il sans bouger.

Il fronce les sourcils se relevant prestement. Adonis pose ses poings sur ses hanches et d’un sourire malin s’adresse au jeune mousse qui lui fait face « Vraiment je pense qu’au final tu vas me battre car si j’en juge par ta musculature, ton travail de mousse est propice à développer tout ce qu’il faut pour ne pas passer par-dessus bord » et même ce qu’il ne faut pas mais il se garde bien de le signaler, chaque chose en son temps.

Puis prenant son élan, le mage positionne les mains au sol pour effectuer une roue s’appliquant au possible. Non satisfait de la première, il enchaîne une seconde, une troisième. Il perd la notion du haut, du bas alors qu’il tournoie autour de Tim. Jusqu’à s’arrêter au sol, les genoux collés à même la terre il positionne son front pour partir dans cette attitude de poirier visant à se concentrer sur ce contact aussi infime soit-il.

Il ne sait combien de temps cela dure mais cette acrobatie le calme. Lui et Ortie agissaient de la sorte. C’était à celui qui tenait le plus longtemps. Toute prise de risque était calculée et les deux enfants s’arrêtaient avant de se trouver mal. C’est pourquoi, naturellement, Adonis repose les pieds à terre, rouvrant les yeux, accroupi il regarde Tim dans un sourire un peu plus large « Ce n’est pas grand-chose j’avoue mais on rivalisait tous les deux jusqu’à tomber au sol les yeux se perdant dans le ciel, main dans la main » c’était ainsi la belle vie.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Sam 11 Aoû - 13:33

Je me mis à ricaner pour plusieurs raisons en l'entendant.

La première parce-que je le trouvais affreusement bouché des oreilles. J'avais signalé tout haut quatre points sur lesquels je lui étais supérieur – même si en vrai de ces quatre là, seul les trois premiers étaient correctes. Je n'avais jamais prétendu être 'meilleur en tout'. Sauf si mon cher ami ci présent ne savait pas compter au delà de quatre... ce qui était impossible bien entendu. Il était loin d'être stupide même si chiffre et lecture parlant j'étais au dessus de lui pour l'instant. Et je le resterais en chiffre en tout cas, je n'avais pas 'choisi' la comptabilité pour rien après tout. Pour la lecture et les connaissances, ma foi, s'il se mettait réellement à passer du temps à la bibliothèque plutôt qu'à chercher des cachettes et à jouer à l'intrépide comme ce qu'il avait démontré durant la presque année entière à son contact, alors il y avait moyen qu'il me surpasse avec le temps en effet – même si moi-même, je me tenais au courant au mieux et m'approvisionnais dès que je le pouvais. C'était cela dit plus délicat sur l'Audacia. Il devait certainement le savoir d'ailleurs, même si aucun de nous ne le disait tout haut. Comme je savais où il était supérieur à moi sans lui dire directement. Nous nous connaissions suffisamment pour reconnaître les atouts des uns et des autres. Tout du moins j’espérais que c'était le cas. Peut-être que la distance et la perte d'Ortie l'avaient changé à ce niveau aussi...

La seconde parce-qu’il me mettait en garde contre ma présomptueuse attitude alors que lui-même se vantait d'être meilleur au jeu dans la même phrase. Qui se moquait de l'autre ? Qui brassait plus d'air entre nous deux ? Vraiment ! Adonis était le meilleur pour me faire lâcher un rictus de surprise en mettant en garde contre une chose sans l'appliquer à lui-même. Un sacré beau parleur bigrement fort hautain pour le coup n'est ce pas ? Enfin, c'est ce que j’appréciais chez lui. Sinon pourquoi l'aurais-je côtoyé et pourquoi m'aurait-il manqué ? Il n'était pas mon meilleur ami pour rien. Et j’espérais qu'il le resterait avec les années.

La troisième parce-que je le retrouvais. Il n'était sur le coup plus 'plein de tristesse'. Il se recomposait. Il se retrouvait lui-même à force de me parler. J'en étais content. Et son sérieux dans cette phrase me tordait l'estomac. Je me retenais d'exploser de rire. Un rictus suffisait. Et je lui laissais fort volontiers le dernier mot. Je ne tenais pas à rebondir la dessus. Peut-être, aussi, comprendrait-il lui-même la raison de mon rire caché du mieux que je le pouvais.

Je le regardais ensuite se lever sans l'imiter toutefois. J'étais très bien assis par terre alors qu'il me faisait part de son constat à mon égard. Et cette fois, je pouffais ouvertement en jouant à l'idiot qui fait gondoler son bras et son 'pseudo muscle' qui s'y trouve. C'était tout petit en comparaison de certains pirates ! Tellement ridicule. Il y avait du chemin à parcourir encore, des flots plutôt, mais j'étais ravi qu'Adonis ai remarqué ce changement. J'étais fier alors que je lui jetais tout de même des fleurs à son tour. « Oh j't'en prie, t'es pas mal battit aussi. » Cette phrase semblait pleine d'humour et pourtant j'étais autant conscient que lui sans doute qu'en s'y mettant il développerait plus sa musculature que moi. Il était né avec un squelette favorisé pour ça, plus large là où j'étais plus grand. Même si, comme pour la lecture sans doute, je pouvais être son égale ou un jour le surpasser. Sur l'Audacia, j'avais besoin de force là où en tant que Chevaucheur il aurait besoin avant tout de sa magie et de la force de son dragon.

Je le regardais faire ses pirouettes en me disant que ça devait être vachement difficile pour Ortie et ses jupons de faire pareil... Et je m'en amusais beaucoup à les imaginer ensemble faire ça. Je ne verrais jamais Ortie faire une acrobatie de ce genre. Je ne pourrais jamais rire d'elle ou lui demander d'un clin d’œil moqueur de me montrer ce dont elle était capable. Je jalousais Adonis pour ce souvenir. Quant aux acrobaties, je n'avais jamais exécuté ces dernières... j'avais l'équilibre de l'homme sur un bateau qui joue à se maintenir droit contre vents et marées. Pas celui destiné à faire la roue ou le poirier. De toute façon je glisserais surement salement sur le pont si je tentais de m’entraîner... Non, j'avais raison en indiquant qu'il était plus doué que moi à ce niveau ci. J'étais agile comme un chat – voir plus vu que certain arrivait à se retrouver bloqué dans le gréement de l'Audacia – mais pas pour ces acrobaties là. J'en viserais d'autres plus tard par contre.

J'applaudis quand il eu fini, puis fronçant les sourcils je demandais entre sérieux et rire.
« Dis moi au moins que tu gagnais plus souvent qu'elle et ses jupons. »

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Sam 11 Aoû - 22:49

Au fur et à mesure de la discussion Adonis se retrouve mais il ne s’en rend pas compte. Tout est nouveau mais ancien à la fois. Retrouver un peu le plaisir d’échanger, de provoquer son ami, de sourire et de rire.  Depuis quelques mois il avait presque oublié qu’il avait un cœur et que ce dernier pouvait battre. Adonis fabriquait les chandelles, les livrait avec son père, mangeait, dormait. Il était devenu une enveloppe vide que ses parents tentaient de remplir sans réel succès.

Il avait eu des nouvelles de Tim par un des enseignants de l’Académie lorsqu’ils s’étaient recueillis avec ses parents là où sa sœur avait rendu son dernier souffle et ses mots à cet instant l’avaient touché. Il aurait aimé pouvoir serrer Tim dans ses bras à cet instant mais ce n’était que des paroles. Aussi de l’avoir là maintenant d’avoir pu échanger avec lui sur sa tristesse, sa faiblesse, son désir d’abandon mais aussi ses ambitions, tout cela c’était réellement trop… il était pris d’un vertige qu’il dissimula dans ses acrobaties. Souvenir de ces éclats de rire avec Ortie qui n’y arrivait pas avec ses jupons et qui boudeuse partait dans son coin. Puis ce poirier qui lui permettait d’asséner le coup final afin qu’elle se rende compte que son petit frère était aussi bon qu’elle simplement.

Toutefois avec le temps Adonis avait appris, il avait rangé son explosivité pour être plus calme mais aussi serein. C’est comme dans les couloirs de l’Académie, jouer avec Dame Libelle et échapper à sa vigilance n’était plus drôle. Il se devait de travailler pour devenir cet homme qu’il aspirait à devenir. C’est maintenant qu’il s’en rend compte alors qu’il s’allonge aux côtés de Tim.

Tim a souligné sa musculature et il grimace en regardant ses bras, ses jambes qui auraient bien besoin d’un entraînement un peu plus intensif. Il doit progresser physiquement, mentalement ; il se doit d’apprendre à échouer mais aussi à se relever. Cette épreuve que le Destin lui a réservé il la surmontera il le sait au fond de lui-même alors il soupire à la question de Tim car il a une idée. L’illusion… et si ?

« Oui je la battais mais tu veux la voir c’est ça ? » il pose sa question ouvertement à Tim ; son ami sait quelle est la magie qui coule dans ses veines ; il peine encore à maîtriser l'illusion et il aimerait simplement faire miroiter devant eux le visage d’Ortie ; son être entier cela s’annonce complique cela fait bien trop longtemps qu’il ne l’a pas fait… mais peut-être que s’il réussit cette vision aussi déformée soit-elle lui permettrait de se rendre à l’Académie de nouveau ? Peut-être que par la force de l’évidence une fois Tim reparti il prendra la décision de poursuivre cette 3ème année aussi compliqué cela s’annonce ? Il est bien trop jeune Adonis pour réfléchir aussi vite alors pour l’instant la seul chose qu’il a envie de faire c’est se faire plaisir à lui mais aussi à Tim… ce garçon qui s’est perdu à Edenia pour le retrouver lui et s’assurer qu’il allait bien.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Mar 14 Aoû - 19:15

« Oui je la battais mais tu veux la voir c’est ça ? » 

J’acquiesçais plutôt que de formuler verbalement un 'tant mieux', oui, tant mieux pour lui s'il la battait aux acrobaties. J'aurais trouvé à lui rire au nez sinon. Ou alors j'aurais été compatissant en disant qu'il arrivait aussi à Lou-Ann de gagner plus de pari qu’espéré. La chance du débutant, cela va sans dire. Une chance de deux ans. Chance que je ne lui divulguerai donc pas, grincement et côté mauvais perdant que je lui épargnerai volontiers. Je préférais largement me vanter sur mes victoires. Bref, je lui faisais un sourire de gagnant pour sa propre personne. Sourire qui ne dura qu'un pauvre fragment de temps, une miette de seconde, quand il me proposa de la voir. Ma bouche se tordit un instant et mes cils papillonnèrent. J'en étais presque figé alors que je répétais ces mots en moi, tentant de trouver un sens. La voir ? Ortie ? Morte ? Comme mes yeux s'emballaient à plusieurs reprises, mon cœur s'emballa à son tour quand je compris soudain ce qu'il voulait dire par là. Que j'étais stupide pour ne pas avoir saisi dans la seconde ! En tout cas à la troisième seconde je savais bien ce dont il était question. La magie.

La Magie que j'enviais souvent. Même si j'avais le Savoir pour moi. La magie que je trouvais belle et puissante. La magie que j'aimais aussi me contenter de regarder de loin ; surtout depuis l'épidémie. La magie dont on découvrait de plus en plus de jolies facettes, comme avec celle du Sang dont j'avais interrogé à plusieurs reprises Olivier la Poutre. Et celle d'Adonis était celle de l'Automne. Il avait accès à l'illusion. Je craignais de revoir l'image d'Ortie autant que je désirais voir son effet. Elle était séduisante et horrifiante à la fois, cette suggestion. C'est finalement ma curiosité qui l'emporta sur ma crainte. Davantage pour faire plaisir à Adonis - pour qui j'avais fait le chemin jusqu'ici - que pour moi. C'est ainsi que je me mis à l'encourager entre deux plaisanteries.

« Si Ortie ressemble à un éléphant, elle trouvera le moyen de te le faire payer depuis le royaume de Sithis. » Arrivais-je à pouffer en admettant douloureusement encore la cruelle réalité de sa disparition. J'imaginais la blonde prête à bondir d'un coin caché pour assommer son frère avant qu'il ne fasse une bêtise ou n'insulte ses rondeurs et son minois.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Mer 15 Aoû - 12:57

Le jeune mage est imperturbable suite à sa proposition de faire apparaître Ortie ou du moins son visage devant eux tout juste assis dans cette prairie où tous deux courraient lorsqu'ils étaient enfants. Un instant il se demande tout de même si cette idée n’est pas sans risque pour lui. S’il échoue que ce soit même à faire percevoir un semblant de traits de sa sœur sa fierté n’en sera que blessée. Puis l’autre inquiétude celle que cette vision ne le trouble plus que ne lui fasse du bien. Est-ce réellement raisonnable d’agir de la sorte ? Adonis sait bien que non mais sa fougue et son envie dépassent la raison de faire plaisir à son ami Tim qui a approuvé sa proposition.

Les yeux fermés étouffant ce trouble qui s’est emparé de lui il se concentre. Il se souvient des cheveux blonds de sa sœur, de chaque contour avant que la mare de sang ne reprenne sa place il grimace et secoue la tête devant l’évidence et au travers de ses dents serrés il murmure

« J’vais essayer j’te garantis rien » ; il ne lui promet pas une image parfaite et il se moque bien qu’Ortie vienne lui faire la leçon depuis le royaume de Sithis. Le jeune Adonis veut se prouver à lui-même qu’il est bien plus fort que ses sentiments qui  l’ont étreint depuis la fin d’année dernière. Il se reconstruit petit à petit, il n’a guère le choix après tout. Se retrouver auprès de sa famille est le meilleur traitement qui soit contre la tristesse c’est salvateur.

Puis soufflant, calmant cette ardeur profonde il ouvre les yeux pour l’imaginer ; il estompe le souvenir d’Ortie allongée sur le sol, mais aussi de ses restes qu’il a identifié en compagnie de ses parents. Il se souvient des moments heureux avec elle, de ces compétitions entre eux deux pour faire apparaître de longues minutes après son visage aussi discret soit-il. Les traits ne sont pas parfaits à l’image de sa maîtrise bien chancelante, les détails ne sont probablement pas ceux espérés par son ami Tim mais ils sont à l’image d’Adonis, un frère aimant qui a toujours respecté son aînée.

Lui aussi regarde cette image qui leur fait face qui tremble alors que les mains du mage en font tout autant. Il ne parvient pas à conserver cette illusion aussi longtemps qu’il aurait espéré et il abaisse la tête déçu.

« J’suis désolé c’est p’tet pas aussi top que si ç’avait été elle qui aurait du le faire » il reconnaît la supériorité de sa sœur dans la magie et il poursuit alors qu’il se remet accroupi « J’ai compris un truc j’crois » il ne poursuit pas mais regarde Tim un sourire un coin ; a-t-il simplement perçu les pensées de son ami, à quel stade en sont-ils de ce lien si étroit qui les lie ? Souriant, habité d’une nouvelle envie il fait passer dans ce regard qu’il échange avec Tim toute cette envie nouvelle qui peu à peu s’empare de lui, cette envie de retourner à l'Académie, de poursuivre cette maîtrise qui n'est pas idéale, de reprendre le chemin qu'il avait choisi il y a cela des années de devenir Chevaucheur.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Dim 2 Sep - 15:36

Ortie, la jolie blonde, Ortie, ma chère amie, Ortie pour qui j'avais peut-être plus un degré de sentiment naissant qu'un autre niveau d'impression. Ortie qui s'était estompée, rejetée par mon esprit, pour lui préférer Ygraine ; plus mature et plus belle. Ortie qui ne serait à présent qu'un souvenir poignant d'une rencontre, d'une amitié et d'une entraide plus magique que n'importe quelle Magie d'Arven. Ortie dont la perte m'avait affecté plus que je ne l'aurais cru – me sentant quelque part, malgré ma position actuelle sur l'Audacia, à l'abris des tragédies. Enfin Ortie qui prit forme douloureuse. À quelques détails d'être acceptable, loin d'être la perfection de ce souvenir qu'on chérissait tous les deux, Adonis et moi, mais qui me serra néanmoins la poitrine devant quelques détails frappant. Ces mèches de blé agressés par le soleil flottant au vent, cette fossette au menton, ces yeux certes incertain de l'illusion mais dont j'y lisais facilement son regard perspicace d'autrefois. C'était là le souvenir d'Adonis, un souvenir qui n'avait rien de parfait mais qui le deviendrait sans doute les années s'écoulant avec davantage d'apprentissage.

En tout cas, moi, cela m'avait fait taire. Cela m'avait remué. De choc également, puisque je n'avais pas été sûr de désirer la revoir quelque part au fond de moi. Quelque part égoïste où je ne souhaitais pas revivre, renouveler, les sentiments m'ayant submergé à l'annonce véritable de sa mort. Et lorsque son image s'estompa, se brisa en milles facettes, mon sourire revint tout à l'écoute de mon meilleur ami.

« Bah, faut dire, vous avez deux magies différentes donc c'est difficile d'imaginer ce qu'elle aurait pu faire avec la tienne... et puis tu sais, elle était si fière de sa magie de l'Hiver que je doute qu'elle se soit jamais imaginé un jour à ta place. Je ricanais en poursuivant, concluant par la même occasion ce point. Enfin bref, tu n'es pas Ortie et elle n'était pas toi. Donc ne te dénigre pas, ta magie de l'illusion n'appartient qu'à toi. Et j'ai hâte d'en voir les progrès. »

Et par cette fin de phrase je me montrais tout aussi clair et en accord avec ses pensées que lui et ses mots qui suivirent. Quelque part j'étais à présent convaincu qu'il irait mieux. Si ce n'était pour moi et lui, en souvenir de sa sœur Ortie. Il retournerait à l'Académie et poursuivrait son train de vie. Il remonterait la pente avec acharnement et deviendrait à n'en pas douter un Chevaucheur exemplaire... qu'il me faudrait alors éviter, faire abstraction, lors de croisade avec l'Audacia. Car comme lui qui ne se voyait que Chevaucheur dans l'avenir, moi je me voyais vraiment rester sur l'Audacia, pirate ayant fait ses preuves sur qui l'on peut compter. Ce serait alors pour le meilleur et pour le pire, mon cher ami.

« Tant mieux. » ne fis-je que répondre, persuadé de suivre le fil de ses pensées alors que debout j'observais les nuages gris passer bien bas, signe d'une pluie qui n'attendait que minutes et secondes pour nous mouiller jusqu'aux os.

« Nous devrions retourner, je sens la grosse douche arriver. »

Il nous fallait rentrer. Une déferlante se pointait du ciel. Nous sécher si la pluie nous léchait la peau et les vêtements. Puis nous amuser encore en parlote et secrets avant enfin de nous lover dans les bras de Niobé. Et ensuite et après seulement, quand le soleil se lèverait en rejetant dans son sillage les deux lunes ou les deux lunes le boudant et le chassant, reprendre ma route, le portail et poursuivre ma propre aventure de vie. Tant qu'Adonis m'affirmait que tout irait bien, je me fierais à lui, à moi et au Destin.

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Message Sujet: Re: Sursaut du passé pour un nouvel avenir   Dim 9 Sep - 10:33

Il n’ est pas satisfait de cette illusion bien loin d’être parfaite à l’image de son apprentissage interrompu. Comment peut-il rendre honneur à sa sœur disparue en restant ici, broyant du noir à longueur de journée ? Il sourit le jeune mage comme si Ortie de par cette image imparfaite d’elle-même était venue lui tirer les cheveux pour le pousser en avant. Elle a toujours été comme ça Ortie à l’encourager.

Adonis est un gagnant qui n’accepte point l’échec ; face à ses amis, sa famille il reste tête haute dissimulant cette faiblesse de se sentir inférieur à Ortie. Devant eux il ne pouvait pas mais devant elle Adonis s’autorisait à craquer. Aussi quand il a donné ce philtre à son aînée il avait conscience de se tuer lui-même. Il détruisait la magie de sa sœur mais aussi ce lien qu’ils possédaient tous deux à l’Académie. Et cette Chasse avait achevé le travail. Il n’y avait plus d’Ortie ici à Edenia ou là bas à Lorgol. Il était seul face à ses responsabilités et son envie profonde désormais de prouver à lui mais aussi aux autres que tout ce qui était arrivé depuis des mois n’était pas vain.

Il veut réussir, repartir pour une chose se démontrer qu’il n’est pas un incapable, un gamin des prairies comme certains aiment bien le surnommer à Lorgol. Il semble stupide peut-êre à parler des Dragons et de cette envie de chevaucher mais il réussira puisque c’est toujours ce qu’il a eu envie de faire. Il est un le Lys une de ses sœurs a péri et ce ne serait pas en vain. Le Lys est son emblème et il le restera encore quand il se présentera à la Caserne.

Les paroles de Tim le font sourire « Oui, l’hiver et l’automne sont radicalement différentes mais cela n’empêchait pas que nous soyions complémentaires ; j’étais là quand elle doutait et réciproquement mais notre rencontre tes paroles me font dire que je dois continuer pour elles deux, pour moi surtout ; toi, mes parents vous avez tous raison je ne dois pas rester là à me morfondre elle ne l’aurait pas voulu » il soupire secouant la tête sous un air un peu plus frais.

Son ami mousse a d’ailleurs l’œil quant à la météo et il se permet même de le railler « Et bah dis voir on dirait bien que sur les flots on vous apprend bien plus qu’à naviguer tu gères niveau météo » avant de lui donner une claque amicale dans le dos « Le dernier à la maison n’aura pas le dessert  de ma mère, une délicieuse tarte aux fruits à faire pâlir le cuistot du bord » avant de partir dans une course éffrénée jusque chez lui.

C’est sur un rythme rapide mais ensemble que les deux garçons arrivent devant la bâtisse. Ils pénètrent tous deux et après un court échange avec la maman d’Adonis cette dernière accepte avec grand plaisir d’héberger Tim pour la nuit. La nuit s’approche à grand pas et l’odeur du repas et de ladite tarte aux fruits s’empare de la petite maisonnette. Les parents le Lys échangent des sourires complices en entendant les deux garçons conter leurs aventures au sein de l’Académie puis à la fin du repas Adonis les regarde, se lève et les prend par l’épaule « Papa, Maman, depuis des mois vous me dites qu’il serait mieux pour moi de retourner à l’Académie vous avez raison ; je vais finir de t’aider papa pendant deux mois à la confection des chandelles mais je repartirai en mars vers Lorgol pour poursuivre mon apprentissage c’est ce que je veux, ce que j’ai toujours voulu ».

Il est certain de son choix Adonis et ses parents le respectent. De longues minutes plus tard Adonis et Tim vont se coucher avant d’entamer une nouvelle journée encore une fois des plus radieuses, une journée qui serait l’aube d’une nouvelle vie ou du moins la renaissance d’un mage bien trop tôt oublié.

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