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 Vous revoir

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Message Sujet: Vous revoir   Ven 8 Juin - 21:52


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit

Vous revoir

Le calme espéré des retrouvailles



• Date : 17 juillet 1003
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Les retrouvailles entre Lancelot et Agathe qui devaient être extrêmement romantiques furent légèrement troublées par l'arrivée du petit Meljörn.  Agathe étant nécessitée auprès de sa tutrice, Lancelot est resté quelque temps auprès d'elle avant de se retirer, sa présence étant devenue indiscrète.  Ces retrouvailles bousculées entre les amoureux seront rattrapées le lendemain.
• Recensement :
Code:
• [b]17 juillet 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3804-vous-revoir#141752]Vous revoir[/url] - [i]Agathe de Vigdir & Lancelot l'Adroit[/i]
Les retrouvailles entre Lancelot et Agathe qui devaient être extrêmement romantiques furent légèrement troublées par l'arrivée du petit Meljörn.  Agathe étant nécessitée auprès de sa tutrice, Lancelot est resté quelque temps auprès d'elle avant de se retirer, sa présence étant devenue indiscrète.  Ces retrouvailles bousculées entre les amoureux seront rattrapées le lendemain.


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Message Sujet: Re: Vous revoir   Ven 8 Juin - 21:54

Je l'attendais aux portes de la demeure d'Automnal, un large bouquet de lys entre les bras.  J'étais en Sombreciel depuis plusieurs jours déjà, profitant de l'occasion pour rejoindre Melbren dans son domaine où nous nous sommes adonnés à quelques petites inventions et expérimentations.  J'avais été soulagé de le retrouver en pleine forme après les événements du couronnement qui étaient encore beaucoup trop frais dans la mémoire de tous.  Il était difficile d'ignorer que notre nouvel empereur était un mort vivant et trois mois n'avaient pas suffi à faire taire les rumeurs, plus énormes et ridicules les unes que les autres.  Quand mon ami fut rappelé à Euphoria, je repris la route vers la forge de mon père : Agathe m'avait fait parvenir une charmante lettre dans laquelle elle m'annonçait qu'elle serait à Automnal pour le mariage de sa mère, Grâce de Sombregemme, avec le marquis des lieux.  Né dans ce marquisat cielsombrois, la forge de mon père était dans un village très près de la demeure du seigneur des lieux, il était aisé de s'y rendre.  Il ne me servait à rien de rentrer à Lorgol pour quelques jours seulement et Ygraine s'occupait de la boutique.  Je sentais que j'éprouverais des insatisfactions en y retournant, mais pouvais-je réellement me priver du plaisir de voir ma tendre fiancée?  J'en étais incapable.  J'avais trouvé mon père un peu mieux que la dernière fois que je l'avais vu en février, mais il avait toujours l'oeil triste, vide de son âme.  Visiblement, il avait profondément aimé ma mère et l'avoir perdu était en train de le tuer à petit feu.  Éventuellement, je n'aurais pas d'autres choix que de faire venir Viviane à Lorgol également, je ne pouvais pas la laisser seule à la forge.  Elle n'était toujours pas mariée et il ne semblait pas qu'il soit question d'un parti pour elle.  Ces pensées sombres toutefois quittaient mon esprit en sachant que dans quelques instants, d'une minute à l'autre, mon Agathe et moi serions réunis.

Mon attente fut récompensée, mais de courte durée.  Peu après l'arrivée de la famille de Sylvamir chez le frère de la baronne, celle-ci se retrouva dans les douleurs de l'enfantement.  Je suis serré, serrant le main d'Agathe entre les miennes, pâle en entendant les cris poussés par la mère.  Pendant toute cette épreuve, même après mon retour ayant pris mon congé sentant avec toute ma sensibilité que ma présence était indiscrète, je songeai à entretenir l'abstinence la plus totale entre mon adorée et moi-même pour lui éviter de jamais être enceinte et de devoir affronter ces douleurs déchirantes.

Le matin j'avais reçu un pli de mon aimée, s'excusant de ne point m'accorder de temps, sa tutrice réclamait toute son attention. Néanmoins, elle m'annonçait qu'elle pourrait s'absenter un moment en début d'après-midi et je renvoyai par le même courrier que j'irais la rejoindre pour lui tenir compagnie quelque temps.

Je passai le reste de la matinée engoncé dans l'impatience et à me préparer pour être aussi séduisant que possible pour ma promise.  J'allai de nouveau me procurer un arrangement floral de lys pour elle, n'ayant pas pu lui offrir celui de la veille proprement.  Je me mourrais tant de ne pas avoir vu la lumière de mes jours depuis si longtemps que je n'avais point d'appétit et je n'avalai strictement rien à l'heure du dîner.  Ce n'est qu'après que je pris enfin la route pour aller rejoindre celle qui occupait toutes mes pensées.

Le temps étant splendide, j'avais décidé de l'attendre à l'extérieur pour l'emmener prendre une marche, sans trop nous éloigner.  La délicatesse de celle que j'aimais ne lui permettrait pas de s'éloigner trop avec la conscience tranquille : elle désirerait sûrement pouvoir retourner aussi vite de possible auprès de sa tutrice si elle avait besoin d'elle.  L'affection que lui vouait Agathe ressemblait presque à celui d'une fille pour sa mère, mais je ne le mentionnais pas devant elle, de crainte de la froisser.

Alors que je désespérais de jamais la revoir, l'effluve de son parfum chatouilla mes narines.  Elle arrivait enfin.  Mon cœur se débattait dans ma poitrine, tant pressé de retrouver celle qui le faisait battre et le gardait en vie.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Sam 9 Juin - 15:22

Le trajet avait été long malgré la compagnie toute délicieuse d’un marquis sculpteur -!!-, d’Arsène et de Mélusine. Même si la magie l’avait toujours intimidée, Agathe regrettait l’absence de portailleurs en Valkyrion qui auraient grandement facilité le voyage, surtout pour sa tutrice très enceinte. Le museau vers le dehors à admirer le paysage, elle rêvassait surtout de Lancelot et de leurs retrouvailles. Ils ne s’étaient pas revus depuis le mariage d’Alméïde et de Sa Grâce Castiel de Sombreflamme, six mois auparavant. L’idée qu’elle ne lui plaise plus, plus autant, maintenant que la distance était reine de leur relation, la taraudait très certainement. Pour contrer ce manque possible d’intérêt et d’affection, Agathe avait pris grand soin de glisser l’une des éditions du Petit Mirta illustré dans ses bagages, toute déterminée à braver sa pudeur pour grappiller quelques conseils sur le sujet. Les moments de solitude et d’intimité étaient rares, dans un voyage pareil, et la mignonne avait dû oublier cet apprentissage accéléré, se maudissant un peu de ne pas s’y être pris plus tôt.

Ses peurs de savoir Lancelot indifférent à son affection s’étaient largement amenuisées en le voyant là, aux portes de la demeure d’Automnal, un bouquet de fleurs au parfum capiteux entre les bras. Si elle avait sensiblement pressé le pas pour le rejoindre, Agathe était trop embarrassée pour l’embrasser devant tous et s’était contentée d’un sourire rayonnant vaguement perceptible sous son voile. Elle avait osé lui prendre la main, enfin, en le présentant à la famille. À peine furent-ils posés, savourant le confort après une vingtaine de jours de voyage, Mélusine commença son travail en les surprenant tous. Elle était tiraillée, la Belliférienne, entre son inquiétude pour sa tutrice et son désir d’être une amoureuse convenable pour Lancelot. Angoissée, elle parlait peu, sa main dans celle de l’artisan, tendant l’oreille pour se lever d’un bond s’il advenait que Mélusine la réclame. Lorsque Lancelot annonça son départ, pâle et malade, Agathe s’occupa à distraire Meldred jusqu’à ce qu’il s’endorme.

Le lendemain, Meljörn était là. Un nouveau petit frère. Dès qu’il avait été possible de le faire, Agathe avait lové le petit être fragile tout contre sa poitrine et lui avait souhaité la bienvenue à Automnal. L’affaire avait été brève, tant la jeunette craignait d’endommager le précieux paquet. Elle s’était empressée de le remettre à une Mélusine épuisée mais ravie. Le regard brillant de sa tutrice débordait d’affection pour son deuxième garçon et, comme souvent devant les démonstrations d’amour d’une mère pour son enfant, Agathe s’était faite un peu rêveuse, émue par ce qu’elle n’avait pas connu.

On lui avait vanté la ville d’Automnal. On l’avait conseillée sur tout ce qu’elle devrait voir, aujourd’hui, en compagnie de Lancelot et d’une poignée de protecteurs, et Agathe n’écoutait que d’une oreille distraite tant elle était fébrile de le retrouver. De le revoir réellement. Elle avait pris un temps fou à boucler le bas de ses cheveux, à dénicher le meilleur voile pour enjoliver sa robe d’été, à parer sa gorge d’ornement et à faire lacer ce corset qui lui semblait terriblement compliqué. Le plus difficile était très certainement de faire croire que tous ces détails, que toutes ces petites coquetteries, étaient naturelles, d’une beauté discrète et adaptées à une simple promenade. Environ satisfaite de son reflet, Agathe avait salué une dernière fois Mélusine en lui promettant d’être prudente, sage, de revenir tôt et d’accourir sitôt qu’on la faisait demander. Il s’agissait d’un moyen pour elle de se rassurer de l’état de sa tutrice mais également d’obtenir son approbation sur sa tenue et ses encouragements pour cette sortie avec Lancelot. Sa première depuis six mois. Six interminables mois. Elle avait pris soin de s’excuser auprès de sa mère pour sa sortie improvisée mais promis de se racheter dès le lendemain en lui dédiant sa journée entière.

Son petit coeur chantait un rythme soutenu alors que la distance la séparant de lui, de l’artisan si habile, s’atténuait. Il l’attendait non loin de la demeure et Agathe s’était empressée de lui offrir une courbette toute légère pour mieux cueillir sa main, de la sienne, de la serrer, de la presser, d’y emmêler ses doigts pour ne plus jamais voir Lancelot s’éloigner. À son bras, un panier promettait quelques surprises mais Agathe ne semblait pas encore prête à dévoiler les mystères qu’il contenait.

- Lancelot… Lancelot.

De l’émotion, dans sa voix murmurée, de la brillance dans son regard. Comment ferait-elle, à présent, pour cesser de l’observer et entreprendre cette promenade? Sans adulte pour épier l’affection qu’elle démontrait, la jeunette se sentait plus à l’aise et moins timide de lui montrer combien il lui avait manqué. Toutes ces nuits à songer à lui, à rêver de le retrouver, toutes ces larmes perdues sous les couvertures d’Arsène… Il était enfin là, devant elle, au bout de sa main, à sentir si bon. Peut-être était-ce la joie euphorique de le retrouver après autant d’absence, mais Lancelot lui semblait bien moins ridicule et fin que dans ses souvenirs de jeune fille. Pire : elle lui trouvait un charme certain, ainsi vêtu et soigneusement coiffé.

- Ce sera… Ce sera difficile pour moi de me concentrer sur Automnal. Vous sentez si bon, vous m’avez tant manqué…

Une oeillade vers les protecteurs et la jeunette avait gloussé bien timidement en sentant le rouge colorer ses pommettes.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Mer 13 Juin - 17:25

Elle était là, légère dans sa jolie robe, le visage couvert de son petit voile comme la mode cielsombroise l'exigeait.  Elle était belle, mon cœur manqua un battement quand sa main frêle saisie la mienne, toute rugueuse du travail, quand ses doigts glissèrent entre les miens.  Un sourire incontrôlable étira mon visage alors que celui-ci s'illuminait du bonheur de la retrouver enfin.  Nous ne nous étions point vus depuis février, une éternité.  Mon cœur battait à la chamade, le bonheur qui m'envahissait devait irradier de tous mes pores.  Je me retrouvais muet, incapable de parler en raison de l'euphorie qui me prenait de la tête aux pieds.  Je n'arrivai qu'à presser ses doigts de ma main pour lui exprimer ma joie.  Le temps l'avait rendue encore plus belle que dans ma mémoire, je le devinais sous le tissu qui dissimulait avec habilité ses traits.  Et son bonheur à elle de me retrouver était si évident, si manifeste que le mien en était décuplé.  Combien elle m'avait manqué, ma douce, ma tendre Agathe.  Faisant fi de tout, ignorant ce panier à son bras qui me cogna, je l'attirai rapidement contre moi pour la serrer dans mes bras.  Si les lettres charmantes qu'elle m'avait écrites m'avaient permis de tenir aussi longtemps, je réalisais plus pleinement encore combien elles étaient peu satisfaisantes quand je comparais l'effet qu'avait sa présence sur moi avec celui de ses missives amoureuses.  Il me semblait qu'elle ne pouvait être suffisamment près de moi pour me dire que je n'étais pas en train de rêver.  C'était pourtant bien réel comme j'humais son parfum délicat, le bouquet de lys dans son dos.

« Vous m'avez terriblement manqué Agathe, j'ai l'impression de revivre à nouveau. »

À regrets, je m'écartai pour lui tendre le bouquet de fleurs.  Des lys, fleurs de mon duché, symbole de pureté, car mes sentiments pour elle l'étaient.  Je la retrouvais avec une tendresse marquée, il m'était presque douloureux même de mettre fin à cette étreinte.

« Je vous en avais offert un bouquet hier, mais… »

En songeant à Mélusine de Sylvamir dans les douleurs de l'accouchement me fait rougir.  J'étais trop petit pour avoir souvenir de quand ma mère avait mis au monde mes sœurs, mais les cris de la tutrice de mon aimée avaient suffit à me glacer le sang.  Il me semblait qu'il me serait à tout jamais impossible de toucher Agathe, dans la crainte de lui infliger un jour ce tourment.  Et pourtant, bien que je me faisais un devoir de ne pas y songer, alors qu'elle m'apparaissait ainsi, plus belle que jamais, j'espérais le jour où cela serait possible.  Il me fallait éloigner ces pensées.  Pas maintenant, pas tout de suite.  Elle ne devait pas deviner ces envies qu'elle inspirait en moi, dès lors qu'elle saurait, ne mépriserait-elle pas?  Ne me trouverait-elle pas aussi bestial que n'importe quel homme?  Alors qu'il m'avait fallu du temps pour lui montrer, un pas à la fois, qu'un homme sensible n'en est pas moins un homme, je ne voulais pas tout gâcher.  Pas maintenant.

« Votre tutrice va bien? »

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Dim 24 Juin - 15:20

L’étreinte entre ses bras lui semblait trop brève. Déjà, Lancelot lui rendait sa liberté ainsi qu’un bouquet de lys au parfum entêtant. Comme son amour pour lui, qu’elle avait songé, le regard étincelant. Elle ferma alors les yeux pour mieux sentir les subtilités de l’odeur si particulière des fleurs de Sombreciel. Symbole de pureté, elle le savait, la jeunette. Le bouquet fut soigneusement déposé dans le panier tressé qu’elle déposa au sol, non loin, et plutôt que de répondre à la question sur sa tutrice, Agathe lui offrit un rire joyeux, en clochette, afin de mieux retrouver ses bras qui lui avaient tant manqué. Sa sollicitude pour l’état de sa tutrice était charmante et la mignonne sentait d’autant plus son coeur déborder de sentiments doux à l’égard de Lancelot. L’envie de fondre en larmes ou de rire aux éclats était là, quelque part dans sa poitrine, mais Agathe ne réussit qu’à murmurer quelques mots d’une voix un peu brisée par l’émotion des retrouvailles.

- Vous dites revivre à nouveau… Je dis me réveiller après un long hiver. Une saison morte, sans vous.

Au prix d’un soupir fin, elle se détacha réellement de lui, cette fois, après avoir amorcé et interrompu un mouvement délicat de la tête en sa direction. Son voile semblait compliquer les rapprochements et le rouge lui monta une fois de plus aux joues lorsqu’elle reprit conscience de leur situation. Aux abords du chemin, épiés par quelques protecteurs, aux yeux de tous ceux qui passeraient par là : l’endroit n’était sans doute pas le meilleur pour les étreintes, et moins encore pour les baisers les plus chastes. Elle se reprit de son mieux, replaçant une mèche claire sur son épaule, réajustant son voile diaphane.

- Mélusine se porte mieux et se repose. La nuit fut longue, pour elle... Le petit Meljörn a poussé ses premiers cris à l’aurore. Il est adorable! Réellement adorable. J’étais si émue, Lancelot, de voir une vie tant vigoureuse en un être si minuscule.

Son panier avait retrouvé sa main, alors que la seconde s’était posée avec une certaine pudeur sur le bras de Lancelot. Il l’avait invitée à reprendre la marche en sa compagnie et elle n’avait pas su résister à l’envie de le toucher, même si petitement, de sa main sur son bras. Les premiers bâtiments se dressaient déjà devant eux, annonciateurs du bourg d’Automnal. Même si les regards pour Lancelot étaient nombreux, Agathe ne pouvait s’empêcher de se régaler de toutes ces tourelles marquant l’endroit à l’image d’un petit hérisson qu’elle ne connaissait que trop bien.

- Ils m’ont informée que la forge de votre père se trouvait bien située et avait une réputation certaine. Je sais également que la tour la plus haute, après celle du manoir de Melsant, est celle de la demeure d’un chapelier reconnu et qu’une luciole est gravée à l’une des pierres de sa demeure, symbole de chance mais également un appel à la lueur de l’esprit pour quiconque la touche..!

Elle avait chassé avec un intérêt vif les détails de ce bourg qui appartiendrait très prochainement à sa mère. Et où Lancelot avait grandi. Désireuse de se montrer bonne élève et intéressée par tout ce qui le concernait, elle avait relevé son minois vers lui, tout en marchant, pour le gratifier d’un sourire qu’il devinerait peut-être malgré son voile.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Mar 26 Juin - 3:12

Les retrouvailles étaient plutôt romantiques, les mots coulaient naturellement entre mes lèvres sans que je n'aie à y réfléchir.  Le bonheur de la retrouver était trop grand, trop fort pour être contenu en mon cœur, en mon âme et je n'avais que le verbe pour le laisser s'échapper, se dévoiler et prendre tout l'espace nécessaire, s'étendre jusqu'au ciel, jusqu'aux lunes jumelles et peut-être même plus loin encore.  Sûrement.  L'infinité n'était pas suffisamment grande pour accueillir tant d'émotions.  Devant un tel tumulte sentimental, il y avait un peu de lâcheté en abordant le sujet de sa tutrice.  Détourner cette attention sentiments violents qu'elle éveillait en moi.  La fougue de mes propos tenus par lettre avait semblé parfois la déstabiliser, la tourmenter par la force de mon affection et des nombreuses autres sensations qu'elle me faisait éprouver. Je craignais de l'effrayer en lui laissant percevoir à quel point était exalté l'amour que j'éprouvais pour elle.  Bellifère ne les faisait pas aussi expressif, aussi il me faudrait aller un peu à la fois, ne pas en faire trop au début, pour qu'elle s'habitue doucement et sans heurts.  Parler de l'accouchement de Mélusine était un moyen efficace de m'empêcher de me lancer sur une envolée littéraire et je savais que la dame était importante dans la vie de ma fiancée.  De ce fait, montrer un soupçon d'intérêt et de considération à son égard me semblait essentiel afin de conserver ses bonnes grâces.

Je ne m'attendais pas à ce que le visage d'Agathe s'illumine autant et ne devienne aussi expressif alors qu'elle parlait de l'enfant nouveau né.  L'espace d'un moment, je me demandai si elle aimait les enfants.  Si elle en désirait elle aussi.  Elle ne semblait nullement marquée par la douleur et les cris de morts qu'avaient poussés Mélusine alors qu'elle délivrait la vie.  Pourtant, rien qu'à y repenser moi, je devenais blême et pâle – pour d'ailleurs ne pas l'alerter inutilement, je m'efforçais d'oublier ces sons déchirants.  Il me plaisait plus de l'entendre parler avec cette candeur de tout ce qu'elle avait réussi à apprendre sur le bourg qui m'avait vu grandir.

« Ce n'est qu'une modeste forge, comme on en trouve d'autre.  Saviez-vous qu'à la naissance mon parrain me plaça sous la protection de Joseï en l'honneur du métier de mon père?  Je crois que je ne vous l'avais point dit encore. »

Parfois, plus jeune, il m'avait paru curieux que mon père choisisse la forge comme voix.  Je trouvais le métier indélicat, dénué de sensibilité artistique.  Ce n'est que bien plus tard que j'y ai également vu une forme d'art, quand j'en ai mieux compris les tenants et les aboutissants.

« J'espère que vous ne serez pas trop déçue en la voyant.  Si vous le désirez, je puis aussi vous mener à la chapellerie.  Le voile vous va très bien, peut-être vous laisseriez-vous tenter par un coquet chapeau? »

J'en doutais.  L'exubérance et les couleurs criardes des couvre-chefs de mon duché ne saurait convenir à la dignité de ma tendre aimée.  Elle était trop discrète pour une coiffure aussi tapageuse.  Néanmoins, il y avait une certaine forme de beauté devant les plume et autre objets décoratif qui la raviraient peut-être.  Mes yeux ne cessaient de la regarder, eux qui connaissaient par cœur le paysage alentour n'avaient point besoin d'être attentif.  Des choses avaient changées depuis la guerre, les troupes lagranes avaient occupé les terres cielsombroises pendant un moment avant que l'épidémie magique ne nous permette de récupérer nos terres.  J'avisai enfin le panier qu'elle portait, dans ma joie de la retrouver, j'en avais oublié mes manières.  Je le désignai du bras.

« Puis-je vous aider à porter votre panier? » demandai-je, repentant d'avoir manqué d'autant de galanterie depuis tout ce temps.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Lun 9 Juil - 15:06

Elle lui avait confié son panier avec mille précautions, lui laissant deviner combien son contenu était précieux. Après s’être assurée que Lancelot n’était pas trop gêné par son paquet soudain mais étrangement léger, Agathe avait repris la marche à ses côtés. Elle avait médité ses paroles qui avaient déboulé d’un trait, comme par besoin soudain de lui révéler ces petites choses qu’elle ignorait encore sur lui, comme sa divinité titulaire. Il y avait tant de mystères, encore, chez Lancelot l’Adroit. Que lui connaissait-elle, réellement? Qu’il était un enfant des Miracles, un espion prodigieux. Un artisan talentueux. Qu’il avait étudié à l’Académie et que la magie d’Aura courrait dans ses veines. Elle connaissait sa boutique et ses produits, ses sentiments flamboyants qui l’apeuraient autant qu’ils la fascinaient. Elle savait qu’il avait une soeur à Lorgol, la gentille Ygraine, et une autre, Viviane,  à Automnal. Si peu de choses, alors qu’Agathe avait l’impression de le connaître. Il lui tardait toutefois de le découvrir un peu plus, désormais qu'ils se voyaient. Certains mystères planaient au-dessus d'eux, mais Agathe redoutait de les exposer : son appartenance aux Épines, entre autre chose.

- Le dieu des Erebiens!... C’est courageux, et très à propos, en raison de votre talent. Je suis certaine qu’Il vous protégera, s’il advenait que vous me visitiez à Sinsarelle ou à Sombregemme. Ma voisine m’a placée sous le regard d’Idril. Elle me suit partout, voyez-vous, même jusqu’aux fleurs que vous m’offrez.

Elle avait lancé un regard sur le bouquet de lys surplombant le panier. Malgré la petite distance les séparant, il lui semblait tout de même sentir le parfum particulier de ces fleurs grâce au vent doux. Celui-là même qui faisait bruisser les feuilles des arbres nombreux. Il s’agissait d’un ville verdoyante sur un domaine tout aussi luxuriant. En Valkyrion, en Bellifère et même à Lorgol, Agathe n’avait pas eu la chance de voir un domaine où la végétation était autant présente. C’était magnifique. C’était magnifique et sa mère en était la marquise.

- Je ne serai pas déçue, Lancelot. Il s’agit de l’endroit où vous avez grandi..! Avez-vous prévenu votre famille que je visiterai la forge?

Son pas avait ralenti très légèrement, sous son questionnement. Une bouffée d’angoisse la prenait, soigneusement entremêlée à un soupçon de peur. Agathe reprenait tout juste ses aises, aux côtés de Lancelot. Elle apprivoisait à nouveau sa présence, son odeur, sa proximité : ils avaient été éloignés plus longuement qu’ils s’étaient côtoyés, à Lorgol. Elle rencontrerait sa famille alors qu’elle était encore nerveuse de déplaire à son fiancé, fébrile de sa présence. Il lui fallait repousser ce moment encore un peu.

- Pourrions-nous visiter un peu le bourg, avant tout? J’aimerais toucher la luciole d’Automnal pour attirer la chance sur nous. Et… Et j’aimerais bien traverser l’étroite Allée des Chats. ..Avec vous.

La fameuse Allée des Chats, surnommée ainsi en raison de la proximité des toits permettant aux félins nombreux et filous intrépides de circuler aisément depuis les airs. La fameuse Allée des Chats, également populaire auprès des amants pour qui l’étroitesse du passage les obligeait à se frôler, tout le long de l’avancée. Elle avait rougit, beaucoup, en proposant cette idée folle et très certainement indécente pour la Belliférienne qu’elle était. Son visage regardant le sol pavé, devant eux, se fermant momentanément à la joliesse d’Automnal autour d’eux. Frôler Lancelot sur plusieurs mètres, à l’abris des regards. Elle y songeait depuis qu’elle avait eu connaissance de cette ruelle, plusieurs semaines auparavant.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Dim 15 Juil - 5:09

Le panier délicatement accroché à mon bras, sa main passée autour de l'autre, j'avançais avec un fierté immense qui me faisait bomber le torse.  C'était la première fois que je ramenais ma fiancée dans le village où j'étais né, dans ma famille et j'étais heureux d'exhiber mon bonheur inégalable à tout le bourg.  Elle était jolie, sous ses voiles cielsombrois, le regard parfois baissé par l'embarras, parfois attiré par toutes les merveilles à observer autour.  J'avais peine à détacher mes yeux de son charmant profile, comme si un charme attirait mes prunelles inlassablement sur elle.  Les attraits d'Automnal m'étaient fort indifférents pour une fois.  J'avais eu le temps avant son arrivée de renouer avec les lieux de mon enfance, de revoir mon ombre d'enfant se faufiler entre les fours de la forge et ses enclumes.  Le verrait-elle, ce petit garçon avide de curiosité qui embêtait tout autant son père que sa mère, fasciné par tout ce qu'il voyait?  Le trouverait-elle attendrissant ou lui en voudrait-elle de ne pas avoir préféré les jeux d'épées et de cheval à bascule?  Parfois, l'opinion que pouvait avoir Agathe sur moi m'effrayait.  N'avais-je pas cru pendant des mois que je lui étais indifférent en raison de ma frêle carrure qui lui paraissait si peu virile, de mon travail qu'elle ne trouvait point masculin?  N'éprouvait-elle pas que du dédain pour moi quand nous nous étions rencontrés?  Bien qu'elle ait accepté ma main et de devenir un jour mon épouse, il m'arrivait de douter que ce puisse être vrai.  C'était trop de bord qui me submergeait d'un coup et je n'avais qu'une crainte : qu'un jour il ne s'évanouisse.  Cette main toute menue posée sur mon bras y serait-elle toujours?  Je n'avais aucune autre garantie que mon affection et mon désir de lui plaire autant que possible afin de la garder près de moi, car elle m'étais très chère.

J'avais espéré qu'elle trouve une touche virilité en moi en lui désignant mon dieu titulaire.  Je n'étais pas fervent dans mes dévotions, bien qu'il m'arrivait parfois de lui adresser l'une ou l'autre de mes prières, ma préférence allant à Alior, la déesse dont j'avais suivi la voie.  L'avait-elle deviné par mon nom d'emprunt?  Peut-être pas, peu pouvaient deviner.  Et tout comme elle semblait approuver le choix de mon parrain de m'avoir placée sur la tutelle de Joseï, je remerciais sa voisine de l'avoir placée sous Idril : visiblement la déesse veillait bien sur elle et me l'avait gardée jusqu'à ce que sa route ne croise la mienne.  N'eut été le sauvetage de sa mère, elle aurait peut-être été enlevée sans que jamais je ne fasse sa rencontre.  Désormais qu'elle était une part entière de mon univers, je ne pouvais plus imaginer ma vie sans elle.

« Je leur ai mentionné que vous viendrez à Automnal et que j'irais vous voir.  Mon père est à la forge du matin au soir et ma sœur Viviane semble avoir un nouveau soupirant, un éphèbe aux manières élégantes qui vient régulièrement la visiter pour l'emmener en promenade.  J'ai bon espoir qu'elle se fixe avec lui. »

Viviane n'était plus toute jeune et si elle tardait trop, elle ne se marierait jamais.  C'était déjà une vieille fille.  Parfois, je craignais que sa piété filiale l'empêche de faire sa propre vie.  Le décès de notre mère avait fortement affecté notre père et depuis elle l'avait soutenu seule.  Depuis l'enfance, jamais elle n'avait quitté la maison, son attachement devait être plus fort que le mien, moi qui était parti près de vingt ans plus tôt.

Un léger sourire se traça sur mon visage lorsqu'elle proposa de visiter le village, toucher la luciole pour la chance et de se rendre à l'Allée des Chats.  Lorsque nous étions encore enfants, nous aimions y aller pour nous bousculer dans les jupes des jouvencelles qui s'y rendaient avec leur amoureux.  On nous réprimandait en nous recommandant bien de ne pas recommencer, mais la nouvelle journée apportait de nouveaux tumultes.

« Je ne savais pas que vous connaissiez si bien les terres de mon enfance Agathe.  Je vous y mènerai, si vous le désirez. »

Je croyais qu'elle ne savait pas ce que c'était réellement que l'Allée des Chats et que son nom lui indiquait un endroit rempli de matous ronronnants.  L'idée qu'elle puisse vouloir s'engager dans une étroite rue en ma compagnie ne pouvait me frapper à l'idée, j'étais trop convaincu de sa tendre pudeur pour oser supposer chose pareille.

« Qu'aimeriez-vous voir d'abord?  Ce n'est qu'un modeste bourg, bien qu'il soit fort pittoresque.  Je suis votre chevalier servant jusqu'à ce que vous ne me libériez de cette noble tâche. »

Il y avait toutefois quelques endroits intéressants à voir, de jolies maisons, des boutiques décorées avec élégance.  Son cœur sensible et éveillé à la beauté serait ravi de voir les arrangements floraux de certaines d'entre elles.  J'espérais que la chaleur de l'endroit lui plairait et qu'elle s'y sentirait comme chez elle.

« Il faudra aussi que je vous mène chez Biendodu, il fait les meilleures tartes de tout le duché.  Vous avez déjà goûté à nos tartes à la cannelle? » demandai-je.  Ces desserts à la pâte feuilleté faisaient la fierté de Sombreciel.  Toutefois, il me faudrait veiller à ce qu'on ne m'en serve point une agrémentée de nos ingrédients spéciaux.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Mar 24 Juil - 2:52

Lancelot lui parlait de sa famille avec une affection qui ne lui avait pas échappé, loin de là. D’autant plus attentive, Agathe s’accrochait à chacune des syllabes qu’il prononçait avec autant d’affection, un peu surprise, peut-être, de le savoir si aimant et si investi auprès des siens. Elle le découvrait à peine mais cette facette de son être la charmait d’une bien étrange manière. Sa famille, les Martel, qu’elle avait dû abandonner lors de son départ précipité, ne se souciait pas d’elle de cette manière. Il avait bon espoir de voir sa soeur heureuse, et Agathe le croyait tout simplement ravi de ce fait. Était-elle aussi douce et agréable en parlant de ses frères? De son père? ...Lui avait-elle seulement parlé de lui, le patriarche de cette famille enracinée dans la violence? Il le faudrait, tôt ou tard. Lui avouer ses origines, lui raconter son enfance, autre que ses doutes quant au rapatriement exigé par Guillaume de Brumecor.

Il semblait fier, l’Adroit, de la voir si assidue dans ses renseignements sur Automnal. Il avait été aisé d’échanger avec Mélusine sur ce fait, tant l’affection qu’elle accordait à son frère était sans fin. Non seulement elles avaient parlé de lui, l’aîné, durant le long trajet les séparant de Sombreciel, mais également du marquisat, de sa proximité avec Lagrance ainsi que de ses gens.

- Je me suis renseignée, par respect pour ma mère qui en sera la marquise, mais surtout pour vous. C’est ce paysage qui a bercé vos rêves d’enfant… Je n’ai jamais rien vu d’aussi magnifique, Lancelot.  

Même les terres rouges de Bellifère. Même les neiges éternelles de Valkyrion. Même les tours incroyables de Lorgol. On lui avait dit qu’Automnal rougissait en automne, que les arbres empruntaient tantôt les couleurs de l’or fondu, tantôt les nuances orangées de l’ambre, dans une harmonie qui ravissait l’oeil. Elle espérait avoir la chance de voir ce spectacle, dès le prochain automne. Ne serait-ce pas plus simple désormais que les Outremarcheurs pouvaient ouvrir des portails sur le reste du monde?

Lorsque Lancelot accepta sa proposition de traverser l’Allée des Chats, Agathe sentit son coeur pulser un peu plus rapidement. En profiterait-il pour détacher discrètement son voile et l’embrasser à la commissure des lèvres? Elle espérait que oui autant que non, partagée entre son envie de retrouver cette douceur de leur longue promenade à Lorgol, mais également son malaise de se montrer bien peu décente. Il souhaitait savoir ce qu’elle désirait visiter en premier et un froncement de sourcils vint répondre pour elle, dans un premier temps. Il y avait tant à voir, et si Agathe connaissait certains éléments, elle aurait bien été incapable de les situer pour formuler une visite suivie et harmonieuse. L’idée d’une tarte à la cannelle la fit sourire et opiner avec enthousiasme. La jeunette était gourmande et bien consciente des catastrophes culinaires des Cielsombrois. Les tartes sucrées devaient très certainement être l’un des seuls plats qu’elle acceptait volontier de consommer au sein du duché de l’Esprit.

- Nous pourrions en acheter une pour manger à l’endroit de votre choix? Je vous ai apporté quelques présents de Valkyrion et il me tarde de vous les offrir..!

L’oeil amusé et le sourire coquin sous son voile, Agathe avait refusé de lui offrir plus de détails sur les présents. Il verrait bien assez tôt de quoi il retournait, mais la fébrilité de la jeunette était belle à voir. Ainsi ils visitèrent Biendodu, pâtissier fameux - selon Lancelot - chez qui Agathe choisit une tarte sucrée non sans un regard méfiant pour le dessert. Ils empruntèrent ensuite quelques rues où la Belliférienne s’exclamait de tant de beauté, le regard rivé sur les arbres hauts et massifs qui peuplaient l’endroit. Ce n’est qu’au détour de l’une de ses rues, sur le versant d’une demeure, que Lancelot lui désigna la fameuse luciole.

- Je l’aurais cru plus… Moins… Elle est aussi âgée qu’Ermengarde de Bellifère, n’est-ce pas?

La luciole sculptée à même la pierre de la boutique était perceptible pour un oeil avisé. Sans doute avait-elle été caressée quotidiennement depuis des années, car la pierre s’était polie sous les touchers répétés et les détails s’en voyaient amenuisés. La forme globale de l’insecte la rendait tout de même reconnaissable, mais les détails n’existaient plus depuis longtemps, déjà. Elle eut un sourire coupable pour son fiancé, d’avoir comparé une luciole de légende avec une dame grandiose partie trop tôt, mais déjà, elle tendait les doigts pour effleurer l’insecte porte-chance. Incertaine de la formule adéquate pour attirer la chance du Destin sur eux, la mignonne ferma les yeux un long moment en suppliant le dieu du Hasard de porter un oeil attentif sur eux, jeunes fiancés, pour les temps à venir. Ils en avaient besoin, entre le mariage qui ne venait pas, les enlèvements possibles, la volonté d’un duc de revoir sa nièce, l’Ordre, la Rose, les querelles familiales et la guerre. De la chance, par pitié, Glorieux Destin.

Elle avait ouvert les yeux pour remarquer qu’il l’observait avec insistance. Agathe rougit aussitôt et détourna son attention vers le sol, comme si elle n’avait pas ressenti le poids de son regard. Là, à ses pieds, un félin la dévisageait également avec insistance. La joliette s’inclina pour le câliner et la boule de poil s’empressa de frotter joues et moustaches contre les doigts fins et tendus, bien trop heureuse d’étendre son royaume sur une autre passante bien naïve.

- L’Allée ne devrait pas être très loin, n’est-ce pas, Lancelot? … Puis-je l’emmener avec nous? Il est si adorable. Oh! Il ronronne…! Il ronronne, l’entendez-vous?

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Jeu 26 Juil - 5:14

Il me fut bien facile d'acquiescer au plan de ma douce Agathe.  Soutenant son bras délicatement et portant le panier avec encore plus de précaution sachant désormais ce qu'il y avait peut-être à l'intérieur et combien cela semblait plaire à ma fiancée, je la guidai d'un pas lent à travers les petites rues du bourg.  Elle ne savait pas que Biendodu était près de la forge de mon père, je ne le lui disais pas.  La vieille boulangère me connaissait bien depuis l'enfance, bien que j'avais rarement l'occasion de pouvoir acquérir une portion de tarte.  Parfois, j'avais surpris les regards gourmands d'Ygraine qui s'arrêtait devant la vitrine, mangeant autant de sucreries des yeux qu'elle ne le pouvait.  Serait-elle émerveillée elle aussi devant la panoplie de desserts?  Ou plutôt méfiante, oui.  Elle en avait sûrement entendu long sur les desserts cielsombrois et je m'assurai en payant la course des  fleurons de ma bourse qu'il n'y avait rien des spécialités locales en dehors de la cannelle.  Un seul coup d'oeil me le confirma.  Je n'avais nul désir de devoir affronter la fureur de la mère et de la tutrice parce que je n'aurais point bien pris soin de leur Agathe.  Tant que la cérémonie du mariage n'aurait pas lieu, je devrais leur laisser prétendre à une part des droits sur la jeune fille, mais ensuite… jamais je ne la partagerais plus.  Mais pour l'instant, elle n'était pas uniquement mienne et je devais encore rendre des comptes, même d'accidents.  Si elle devait être malade, je ne pourrais rester à son chevet.  L'idée me transperça d'une douleur profonde avant que je ne me ressaisisse : il n'y avait aucune raison pour qu'elle ne soit malade, jamais je ne le permettrais et le délice de la tarte seul lui causerait plaisir sans autre incident fâcheux.

J'entrepris alors de la guider jusqu'à la chapellerie, afin de lui montrer la luciole de légende.  Je ne pus retenir un certain amusement en voyant sa réaction : visiblement ce n'était pas réellement à quoi elle s'attendait et elle s'était beaucoup enthousiasmée seule à son propos, laissant aller son imagination librement.

« Je crois qu'elle a plus d'histoire encore que sa Grâce Ermengarde de Bellifère.  C'est une vieille chapellerie, » répondis-je doucement.  La duchesse douairière morte.  La nouvelle avait parcouru l'empire rapidement.  La doyenne du continent s'était éteinte, laissant la place à d'autres tandis que son petit fils et sa femme restaient disparus.  L'avenir d'Ibélène était incertain, mais en compagnie de ma douce ces sombres pensées ne pouvaient accaparer mon esprit, pas quand elle était si resplendissante à mes côtés.

« Je vous recommanderais tout de même d'être prudente, il s'agit probablement d'un chat sauvage. »

Je serrai doucement son bras pour l'attirer plus près de moi.  En effet, l'Allée des Chats n'était que peu loin et si elle désirait s'y rendre, nous le pouvions.  À cette heure, il y avait peu de passants, les couples préférant s'y aventurer sous le couvert de la nuit.  Éloignant nos pas de la luciole, suivi par le félin que je ne lui avais pas laissé prendre dans ses bras, je dirigeai notre promenade vers la fameuse allée et ne m'arrêtai qu'à peine quelques minutes plus tard, lui désignant la petite rue pavée cachée entre deux hauteur de maisons.

« Désirez-vous vraiment vous y aventurer Agathe? » demandai-je non sans que mes joues ne prennent une teinte rosée.  Tous les deux très fins, nous n'aurions pas de mal à y circuler côte à côte, mais toute distance convenable ne pourrait être maintenue entre nous, le comprenait-elle?  « Vous savez que l'Allée des Chats n'est pas simplement réputée pour les félins qui y rôdent? »  Elle qui peinait à être vue à me témoigner des marques d'affection, elle ne désirerait sûrement pas risquer la censure d'un comportement qu'elle jugeait certainement scandaleux et inapproprié.  Je ne voulais pas qu'elle se sent obligée de faire cette promenade, rien que pour me faire plaisir.  Un animal miaula dans la petite ruelle sombre où les rayons du soleil ne perçaient que peu.

« Nous pourrions peut-être...»  Je ne terminai pas ma phrase, songeant qu'elle pourrait croire que je n'avais pas envie de traverser cette allée avec elle, alors que c'était tout le contraire.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Mer 1 Aoû - 22:48

L’allée ombragée avait quelque chose de mystérieux ou de secret qui rappelait à Agathe les dédales de la Cour des Miracles. C’était là-bas, deux ans plus tôt, qu’elle l’avait aperçu pour la première fois. Chevalier servant, il ne lui avait pourtant laissé qu’un souvenir tiède d’un homme frêle et fragile. Que s’était-il donc passé, depuis ces deux ans, pour qu’elle tremble désormais d’appréhension à l’idée de parcourir cet endroit à ses côtés. Elle connaissait un peu mieux Sombreciel, peut-être, ou alors elle se souvenait de son discour enflammé à son sujet, auprès de la fontaine, lorsqu’il avait avoué être amoureux d’elle. Il lui avait dit alors avoir remarqué qu’elle se pavanait devant lui sous ses jolies robes en exhibant sa fraîche jeunesse. Était-ce ses mots exacts? Elle ne se souvenait plus vraiment, mais la certitude qu’il la désirait était là alors que ses yeux clairs parcouraient l’étroite allée des chats. L’envie de refuser, de revenir sur ses pas en ressentait l’étrange danger était là, au fond de son ventre, mais la crainte de le décevoir par un excès de pudeur et d’attente était plus forte encore.

Lancelot l’avait aidée à se redresser et l’avait gardée contre lui alors qu’elle faisait mine de vouloir soulever le pauvre chat. Le petit félin les avait suivi jusqu’aux abords de la fameuse ruelle et guettait leur hésitation avec la nonchalance propre aux chats. Le Cielsombrois la questionnait, comme pour mieux éprouver sa volonté, et lui fit remarquer qu’il s’agissait d’une allée propice à bien d’autres choses, encore, qu’une rencontre avec un félin. Agathe croisa son regard un moment, interdite qu’il ose mettre des mots sur cette possibilité, et senti une chaleur désagréable empourprer son minois. Encore une fois, Lancelot reprenait parole pour lui signifier qu’elle pouvait peut-être… La phrase incomplète resta un moment dans les airs sans trouver de finalité, et la jeune femme s’imaginait sans problème qu’il lui suggérait ainsi un retrait. Si elle avait pu rester là, immobile jusqu’à ce que le monde prenne fin…! Une pointe d’angoisse ou de fébrilité la chatouillait alors qu’elle se répétait qu’il ne s’agissait, après tout, qu’une simple ruelle. Que pouvait-il réellement se passer? Un baiser? Ne s’étaient-ils pas embrassés une fois ou deux, déjà?

Un chat, devant eux, miaulait avec paresse et Agathe s’efforça de ne pas songer à la mine outrée d’Aurore si elle la découvrait en pareille posture.

- Oui… C’est cette allée que j’aimerais traverser.

Une réponse en murmure, les yeux baissés par la pudeur, et elle avança vers ce lieu mythique des amoureux transis et des félins errants. Un pas, puis deux, et bientôt le ciel ombrageux n’était plus perceptible que par cette fine lisière entre les deux toitures. Elle percevait les voix autour d’eux, sans réellement savoir d’où elles provenaient. Sans doute de l’espace marchand qui les attendait, tout au bout de la ruelle. Le bruit lourd d’un félin - certainement celui ayant miaulé, quelques instants plus tôt - grimpant sur une caisse puis une autre la fit se rapprocher plus encore de Lancelot.

- J’avais peur que ce soit étrange, après tout ce temps sans vous voir. J’ai peur de ne plus vous plaire, ou que l’attente vous soit trop pénible.

Elle avait levé son minois voilé vers son oreille pour lui chuchoter tout cela, alors qu’ils franchissaient la moitié de la ruelle. Agathe savait bien ce que les garçons souhaitaient. Elle l’avait vu, Arnaut, sous la mince couverture. Elle l’avait entendu, Hiémain, à son retour auprès de Mélusine. L’attente devait être bien cruelle pour son fiancé, et la jeune femme s’attendait presque à l’entendre retirer sa promesse d’épousailles.

- S’il advenait que ce soit le cas… S’il advenait que l’attente vous chagrine trop, Lancelot, je comprendrais.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Mer 22 Aoû - 17:19

Bien que sa voix résonnait faiblement, elle semblait réellement vouloir s'engager dans cette allée, ce qui m'étonna, mais me fit également plaisir.  J'étais heureux de l'accompagner dans tous les endroits qui lui plairait et de l'avoir accrochée à mon bras.  Voyant que tel était sincèrement son souhait, je m'engageai auprès d'elle entre les murs rapprochés des maisons, laissant mon cœur manquer peut-être un ou deux battements de la savoir si près de moi.  Je marchais d'un pas lent, pour ne pas la fatiguer trop vite, nous avions déjà fait un bon bout de chemin depuis la demeure du marquis d'Automnal et je songeai que nous pourrions rentrer à la forge ensuite pour lui permettre de prendre un peu de repos.  Malgré la proximité de nos corps, je me préoccupais plutôt de son bien-être que de tous les sentiments refoulés que je contenais en moi, parce qu'elle était encore frêle et innocente, parce qu'elle avait une fierté que je ne voulais pas heurter en lui faisant part de tous ces désirs qu'elle éveillait en moi et qui devait lui paraître bien obscurs.  Je profitais simplement de la savoir là, près de moi, agrippée à mon bras, peut-être un peu effrayée par le bruit des matous qui ne se souciaient guère des visiteurs et continuaient à se faufiler dans l'ombre sans tenter d'adoucir le bruit de leurs mouvements.  Jusqu'au milieu de l'allée, nous gardâmes le silence, silence qu'elle brisa la première et je ne pus alors m'empêcher de mettre un frein à ma progression, surpris par ses paroles.  Avais-je eu un geste pour la décevoir ou lui donner l'impression que mon admiration était diminuée de ce qu'elle était par le passé?  Je n'en avais point eu conscience.  Je n'avais rien remarqué des doutes qui pouvaient agiter l'esprit de ma fiancée et j'éprouvai une honte indicible d'avoir manquer d'autant de discernement.

D'un geste souple, facilité par l'étroitesse du chemin, je l'attirai contre ma poitrine et la serrai contre moi, enfouissant mon visage dans sa chevelure.  Délicatement, je posai un baiser sur sa joue, à travers le voile qui me la masquait.

« S'il m'était possible de m'arracher le cœur et de vous le remettre pour vous prouver qu'il ne bat que pour vous, je le ferais sans hésiter. »

Ma main guida la sienne jusqu'à ma poitrine, posant sa paume là où se contractait à une vitesse rapide : il ne m'était pas possible de lui poser la tête en cet endroit sans la rendre inconfortable et je gardai mes doigts contre les siens.  Nos visage étaient près l'un de l'autre, séparé par un mince espace et par les voiles.

« Sentez-vous Agathe combien il bondit de vous savoir près de moi?  Pour vous, j'attendrais jusqu'à la fin des temps si vous me le demandiez. »

J'avançai de quelques pas, la forçant à reculer jusqu'à être acculée contre un des murs de pierre qui formait cette allée si exiguë.  Ma main quitta la sienne, mue par une volonté propre et se dirigea jusqu'à l'agrafe qui retenait son voile.  D'un geste habile, je la fis sauter et avec une délicatesse emplie de précaution, je soulevai le tissu qui me masquait ce visage tant aimé que j'avais retracé mille fois dans mon esprit depuis que je l'avais retrouvée, ces traits que je devinais sans difficulté dans la semi-pénombre de la ruelle.  Pouvait-elle voir à quel point mon regard était sérieux et pénétrant tandis que je la regardais avec adoration, une extase qu'elle seule pouvait provoquer chez moi?  Mes doigts rencontrèrent la pierre froide, mon souffle était coupé alors que je n'avais plus qu'une seule envie.

« Ô mon aimée, l'attente est insoutenable, chaque jour je me languis de vous trouver près de moi, mon esprit vous imagine si fort que votre présence en est presque palpable.  Mes bras désespèrent de vous serrer contre moi, mes lèvres n'aspirent qu'à tapisser chaque parcelle de vous de baisers et vous démontrer à quel point je vous adore jusqu'à un point de non-retour.  Mes rêves sont peuplés de vous, de vos sourires, de vos mots, tout de vous.  Pouvez-vous croire encore qu'il soit possible que vous ne me plaisez plus?  Je ne désire que vous,  seulement vous, toujours vous, de façons que vous ne pouvez concevoir.  Et si l'attente est parfois douloureuse, elle m'apporte la satisfaction de vous traiter avec respect, de vous tenir comme le plus précieux joyau de mon existence et pour cette raison il s'agit presque d'une bénédiction.  Je vous attendrai, peu importe le temps qu'il faudra, cela fusse-t-il des mois, des années, des décennies ou des siècles.  Personne ne sera jamais votre égale. »

Combien encore aurais-je pu dire!  De mes rêves exaltés, de mes passions véhémentes, de mes envies parfois délirantes.  Mon corps, mon cœur et mon âme aspiraient à elle d'une telle façon que les mots ne seraient que toujours trop faibles pour le formuler.  Et comme pour le prouver, comme une bête sauvage, sans même quémander d'un regard son autorisation, je m'inclinai pour m'emparer de ses lèvres tendres que j'avais si souvent vues en rêve.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Mar 4 Sep - 2:31

En entendant sa confidence et ses doutes, Lancelot s’arrêta tout à fait. Agathe avait craint une conversation difficile ou une déclaration triste à mourir. Qu’il trouvait l’attente insoutenable. Qu’il ne pouvait lui rester fidèle aussi longtemps. Mélodie, ou une autre. Sa jeunesse ne lui allait plus. Les scénarios gambadaient et, à l’instar des hérissons de la tour de Séverac, se multipliaient rapidement à son esprit. Aucun d’eux ne se concrétisèrent car Lancelot l’attira à lui d’un seul geste pour lui baiser délicatement la joue, au-delà de son voile. Elle sentait son coeur fondre sous son geste tendre, déjà heureuse de s’en contenter comme seule réponse. Il ne s’arrêtait pas là. Des paroles aussi belles que la folie lui furent murmurées. Sa main contre son coeur aussi palpitant que le sien se fit caressante.

- Sentez-vous Agathe combien il bondit de vous savoir près de moi?  Pour vous, j'attendrais jusqu'à la fin des temps si vous me le demandiez.

De quelques hochements de tête désordonnés, elle avait acquiescé à sa question. Oui, elle sentait comme il l’aimait. Oui, elle attendrait jusqu’à ce que la Chasse l’emporte, s’il lui demandait aussi. Il n’y avait alors rien de plus brillant que son regard énamouré posé sur lui, sous sa déclaration qui la faisait trembler, terrible et violente par sa passion. Elle sentait sa gorge se nouer légèrement sous l’émotion, tant de soulagement et de bonheur de se savoir autant aimée, que chagrine que son amoureux souffre autant qu’elle de la distance. Il l’aimait. Il l’aimait toujours, et la mignonne songeait à une manière aussi belle et terrible de lui avouer ses propres sentiments qu’il fondait sur elle, capturant ses lèvres des siennes avec une rapidité qui la laissa un moment hébétée.

Acculée contre le mur de pierre, Agathe avait fermé les yeux sur la ruelle des chats. Une petite voix, à son esprit, lui murmurait qu’il était inconvenant de se laisser aller ainsi, de se plier à ses lèvres qui cherchaient les siennes. La jeune femme chassa ses pensées sans difficulté, tout comme elle balaya l’idée choquante de perdre sa fleur dans une ruelle humide, odorante et habitée de félins. Il n’y avait que lui. Il n’y avait jamais eu que lui, lui semblait-il, tant il peuplait désormais ses pensées. À son baiser farouche, elle répondait bien timidement, amoureusement. Sa langue cherchait la sienne, soudainement. Elle se crispa un instant avant de se soumettre à cette danse nouvelle qui chatouillait ses sens, et à peine fut-elle habituée que Lancelot se perdait sur sa gorge fraîche de jeunesse. Et celle langue, qui la goûtait, et ces dents, qui mordillaient sa chair. Décontenancée mais haletante de la bataille qu’il gagnait si aisément sur elle, sur son corps, Agathe sentit ses doigts escalader son flanc, frôler une côte après l’autre, en la caresse la plus invitante. Le geste était autant délicieux qu’effrayant, et, tremblante, la mignonne hoqueta.

- Lancelot…

Elle l’appelait d’une petite voix, car il devait bien être là, quelque part, sous ces baisers qui l’émouvaient tant. Sa main s’était figée sur la sienne, pour mieux arrêter la progression. Pour mieux la retenir, également, s’il comptait redevenir sage et la retirer. Les frissons qui la courraient entièrement depuis sa gorge offerte tarirent peu à peu. Lancelot respirait profondément, le visage encore dissimulé dans le creu de son cou. Chacun de ses soupirs sur sa peau encore humide de baisers était un frémissement nouveau. Que ça ne s’arrête jamais ou que ça cesse tout de suite. Elle ouvrit les yeux tout à fait, darda sur son promis un regard toujours fiévreux.

- Lancelot.. Il pleut.

Le constat s’imposait de lui-même : ses baisers et leur source infinie de frissons l’avaient éloignée tout à fait de la pluie qui tombait désormais férocement, et elle comprenait plus que jamais l’intérêt que tous accordaient au Petit Mirta. Elle n’osa détacher son regard du sien, encore pantoise de cette démonstration d’affection bien impudique. Même pour vérifier que son protecteur ne les avait pas épié, elle ne s’était pas détournée, figée dans cette posture, le coeur battant et sa main contre la sienne.

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Message Sujet: Re: Vous revoir   Sam 6 Oct - 20:10

L'espace d'un moment, le temps s'était complètement arrêté, il ne restait plus qu'elle, moi, nous.  Sans pouvoir rien contrôler de mes envies, je la goûtais comme je ne l'avais jamais goûtée, sans retenue j'aurais pu la dévorer sans n'en laisser une seule miette.  Sous mes nombreuses pulsions, une voix résonnait encore, m'intimant de ne pas aller trop loin, de prendre soin d'elle et de sa sensibilité.  Mais une fois mes lèvres libérées, elles ne désiraient plus s'arrêter, elles continuaient d'elles-mêmes à la couvrir de baisers.  Elle était belle, désirable, ses grands yeux surpris devenaient si hypnotisants que me demander d'arrêter aurait été inhumain.  Et pourtant, pourtant, malgré tout le bonheur que j'avais de la couvrir de cet amour débordant dans des preuves plus tangibles que je n'avais jamais osé lui fournir, déjà, il me fallait arrêter.  Sa main sur la mienne, la délicatesse de ses doigts. Mon cœur manqua un bond quand mon nom glissa entre ses lèvres.  Elle m'appelait et je me reposai, front contre son épaule toute frêle, cessant cette démonstration de la passion qui me dévorait à l'intérieur.  Je n'osais plus bouger, de crainte de l'effrayer ou de lui déplaire, mais aussi parce que je ne savais plus jusqu'à quel point je pourrais me contenir, jusqu'où j'irais si on n'y mettait pas fin.  Je laissais mon souffle flotter en silence comme un mur protecteur, pour la protéger de ma propre sauvagerie, mais de mon désir aussi.  Pas maintenant, pas tout de suite.  Il fallait un peu de tenue.

Je ne remarquai pas non plus qu'il pleuvait.  C'est elle qui l'évoqua, doucement.  Depuis combien de temps déjà les gouttes fines de la pluie nous arrosaient-elles?  Était-ce un cadeau de Mirta pour refroidir ce feu qu'elle avait allumé en moi sans que je ne le sache?  J'esquissai un mouvement lent pour me redresser.  J'avais crainte d'effrayer Agathe avec la violence de mes sentiments.  Avait-elle déjà réalisé la force de ceux-ci?  Comprenait-elle à quel point je l'avais dans la peau?  C'était presque un poison qui me brûlait les veines, me menant à mort si douce que j'accourais au devant d'elle, comme un papillon se brûle les ailes contre les lumières des flammes.

Sa main restait sur la mienne et doucement, non sans la serrer légèrement au passage, je la dégageai et délicatement, je replaçai ce voile que j'avais retiré, un sourire gêné aux lèvres.  M'en voudrait-elle pour cette bestialité que je n'avais su contrôler, moi qui retenait cette créature au creux de ma poitrine depuis des mois, je craignais de n'avoir libéré un monstre qui la ferait fuir.

« Cette expression sur votre visage, je suis le seul autorisé à ne jamais la voir.  Elle ne m'appartient qu'à moi, vous ne pouvez la montrer à personne d'autre, jamais. »

Mes doigts caressèrent sa joue avant que je ne replace parfaitement bien le voile : on ne pouvait plus que deviner ses traits illuminés d'un sentiment nouveau.  Elle était mienne.  Une possessivité s'empara de moi à l'idée que son protecteur nous avaient peut-être vu, qu'il avait peut-être entr'aperçu son visage, cette émotion qui n'était que destinée à moi-même, tracée au fond de ses prunelles.

« Venez, allons à la forge. »

D'un geste rapide, je retirai mon pourpoint pour en couvrir les épaules de ma fiancée, pour lui éviter d'être complètement détrempée.  Elle était si fine, les vêtements de Viviane ne lui irait peut-être pas.  Si ce n'avait été de ses cheveux blonds, Agathe aurait pu passer si bien pour une Cielsombroise, désormais ainsi habillée, plus élégante que toutes les autres, plus raffinée.  Je passais mon bras autour de ses épaules pour l'entraîner.  Si nous continuions par l'allée des chats, nous serions un peu plus à l'abri de la pluie, protégée par ses murs collés les uns aux autres.

Quelques minutes d'une course folle au cours de laquelle je la soulevai pour lui éviter une flaque d'eau qui lui aurait mouillé ses pieds chaussés de jolis chaussures et entourés de bas blancs nous emmena finalement devant les portes de la forge où j'avais grandi.  Je poussai le battant, mon père ne verrouillait jamais la porte, qu'y avait-il à voler de valeur parmi ses possession.  À l'intérieur, on entendait le feu gronder et le bruit du marteau qui frappait le fer.  Nous ne serions pas dérangés.  Je n'entendais pas les bruits de pas caractéristiques de Viviane qui s'affairait et je supposai que nous étions seuls.  Seuls avec le protecteur.

« Attendez-moi, je vais aller chercher des vêtements pour vous éponger. »  Je l'assis sur l'une des petites chaises de bois dans la cuisine avant de monter à l'étage récupérer des draps et couverture pour l'essuyer.  Une fois que ce serait fait, je mettrai l'eau à bouillir et je ferai chauffer un peu de vin pour qu'elle ne prenne pas froid.

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