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 Un vent de liberté

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Message Sujet: Un vent de liberté   Mar 2 Fév - 0:16


Livre I, Chapitre 2 • Le Carnaval des Miracles
Freyja & Grâce

Un vent de liberté



• Date : 2 juin 1001
• Statut du RP : privé
• Résumé : Grâce et Freyja, suite à leur départ de l'île des Amoureux du Vent, rejoignent Lorgol ensemble, où les filles de Grâce doivent arriver prochainement.


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Dernière édition par Grâce de Sombregemme le Dim 4 Juin - 0:44, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Mar 2 Fév - 1:01

Elle était tracassée, la voltigeuse. Comment ne pas l’être, quand ses uniques filles, dont l’une particulièrement remontée à son encontre, allaient rejoindre la ville qui lui avait donné ses ailes, mais qui seraient peut-être un défi trop grand pour elles ? Elle devait les accueillir, et plus la fin du voyage approchait, moins elle était sereine. Elle savait ce qui devait arriver à son mari, pour la sérénité de ses filles, mais cela aussi la tracassait. Elle y était résolue, mais concrétiser ce désir qu’elle avait cultivé pendant longtemps avait quelque chose d’inquiétant, malgré tout. Mais peu importait – si cela pouvait éviter le sort des bellifériennes à ses filles, alors rien ne l’arrêterait.

Elle espérait cependant que ses fils ne s’en mêleraient pas. Cela, elle ne pouvait le prédire. Mais s’ils décidaient de récupérer leurs sœurs… Elle ne pouvait envisager cela. Car alors leur sort serait pire encore. Peut-être, cette fois-ci, ne montrerait-il pas la même déférence envers les de Brumecor, en ne marquant pas au fer les femmes Martel. Elles y avaient échappé, et Grâce ne voyait aucune autre raison pour cela, mais elle en était incroyablement soulagée. Bien qu’elle se soit gardée de l’évoquer à ses filles. Peut-être devrait-elle faire un geste en direction de ses fils. Sans doute était-ce qu’il conviendrait de faire – quitte à acheter la paix d’Agathe et d’Aubrée, si Anthelme et Arnaut n’étaient pas déterminés à renoncer à leur poursuite. Elle serait révulsée de devoir agir ainsi, mais le ferait si nécessaire. Bien qu’elle préfère naïvement croire qu’ils ne sont pas comme leur père.

Appuyée sur le bastingage, son cerveau devait surement être constitué de nœuds de marin, tellement elle était perdue et incapable de réfléchir. Si elle se contentait des faits indéniables, c’était aisé, mais il s’agissait de ses filles. Et elle ne pouvait pas réellement traiter le problème comme négligeable, et clos, une fois qu’elles seraient établies à Lorgol au sein des cercles des jumelles Séverac, comme Melsant le lui avait confié, de même que son exubérant jeune frère. Son jeune frère… Oh par Idril ! Castiel de Sombreflamme n’aurait-il pas choqué, sans retour possible, ses précieuses petites ? Elle l’aurait été, à leur âge, si elle avait été propulsée dans une Cour sous la protection de Mirta. Soupirant, elle se prit à marcher quelques pas, avant de trouver son amie en pleine conversation avec la belle Rhea. Attendant qu’elle en termine, Grâce regardait l’étendue d’eau, que tous n’allaient pas tarder à quitter – et plus elle s’étendait au loin, infinie, plus ses filles se rapprochaient. Et Grâce ne savait comment les accueillir. Si elle était généralement sereine, c’était loin d’être le cas actuellement. Quelqu’un ne la connaissant pas ne décèlerait surement rien ; mais bien des gens ici devaient le percevoir et peut-être même percevoir cette agitation qu’elle aurait préféré ne pas ressentir. Elle força un rictus peu convaincant, sur ses lèvres, à l’attention de Freyja qui la rejoignait.

« Voudras-tu les revoir ? »

Sans doute aurait-elle pu dire davantage, mais elle avait dit la première chose qui lui venait à l’esprit.

« Je n’ai aucune idée de l’attitude que je dois adopter avec elles. Et encore moins avec leurs frères. Si je dois en adopter une. »

Et la deuxième n’était pas plus glorieuse.

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Mar 5 Juil - 2:38


Un vent de liberté
Un goût d'absolu
Grâce & Freyja • 2 juin 1001


« Je ne sais quoi te dire, mon amie. Des siècles de vie ne m’ont pas préparée à cela – j’ai l’impression… d’éprouver un sentiment. Peux-tu le concevoir ? Mon bois ressent, et savoir ma modeleuse entre mes ponts me perturbe. C’est – c’est doux, et tranchant à la fois ; comme un sculpteur polissant mon bois en faisant couler la sève… »

Installée dans la paume de Rhéa, la pirate ne répond pas. Son esprit est déjà parcouru de bien des pensées chaotiques, et sa fragile expérience humaine la laisse bien démunie face aux émois de son amie de bois. La présence de Carmine sur l’Audacia était peut-être une erreur ; mais elle attend tellement de cette femme étrange ! Elle a déjà appris beaucoup sur la figure de proue qu’elle en est venue à aimer comme une amie chère au fil des années passées sur son pont ; la somme de connaissances que l’Amoureuse du Vent détient est sidérante, et Freyja parfois se sent bien petite à ses côtés. Alors, sans rien dire, elle pose la paume sur les veines marbrées de sel qui courent sur l’effigie animée, communiquant à Rhéa tout ce qu’elle détient de tendresse et de compassion. D’un gracieux mouvement, la figure de proue tourne son visage délicatement ciselé vers l’arrière, par-dessus son épaule sculptée. « On t’attend sur le pont. »

Et voilà la seconde de retour sur les planches de la proue ; et Rhéa avait raison. La boucanière ouvre la bouche, va parler – mais son amie ne lui en laisse pas le temps, et c’est dans un rire étranglé qu’elle salue Grâce Martel, visiblement toute aussi confuse que la figure de proue. « Tu m’as l’air d’avoir dans la tête autant d'nœuds q'tout le monde à bord. Allez, viens – on s’ra plus tranquilles près du gouvernail, c’est mon cap'taine qui barre à c'heure. » Un sourire de Philippe, un signe de tête, et il reporte son attention sur la roue de bois qu’il caresse amoureusement. Elle est un peu jalouse, Freyja, parfois, de cette manière qu’il a de toucher son navire comme il le ferait des formes d’une femme ; mais elle aime elle-même bien trop l’Audacia pour lui en tenir pleinement rigueur. La première épouse du capitaine Jedidiah, c’est la mer – tout comme le premier époux de Freyja de Brunante, c’est l’océan.

Pensive, Freyja installe son amie sur un bout enroulé, prenant place à ses côtés avec la démarche chaloupée de ceux qui vivent les pieds dans la houle. « T’as fait c’qui fallait pour tes donzelles, chérie. Elles sont sauves toutes les deux, et c’pas en Sombreciel qu’on t’les aura mariées contre leur gré. Elles ont sûrement appris plein d’choses sur la vie d’adulte, et ça pourra leur faire que du bien. Tu les as p’têt pas élevées, mais tu leur donnes c’qui compte vraiment : d’la liberté. Elles vont s’choisir leur vie comme des grandes, tes deux piotes : et elles t’en s’ront bien gré, tu vas voir. » Machinalement, elle toque de ses doigts repliés contre les planches du pont, communiant silencieusement avec la conscience du bord, trouvant réconfort dans la présence invisible de Rhéa qui imprègne le navire de la cale au sommet du gréement. « Pour tes fils, j’sais pas trop. Moi j’en ai qu’un, et il est trop p’tit pour répondre, alors j’ai pas d’problème encore. » Elle hausse les épaules, la pirate, elle la mère perpétuellement absente qui ne fait des enfants que pour confier leur éducation à d’autres, en dépit de tout l’amour maternel qu’elle leur porte. « J’suis pas vraiment un modèle. » Ses filles grandissent sans elle. Son fils la connaît à peine. Que pourrait-elle dire à son amie si chère qui puisse la réconforter ? Poussant un soupir résigné, elle tend les bras, attrape son amie éberluée et la serre contre elle un instant. Pauvre Belliférienne que le moindre contact effarouche – elle dépose un baiser attendri sur le front couronné de blondeur et relâche sa malheureuse proie, tapotant sa joue avec un zeste de tendresse. « Tu as fait ce qu’il fallait, Grâce : tu leur as donné la possibilité de faire des choix, et ça, ça n’a pas de prix. Sois fière de ce que tu as accompli, mon amie. »

Un instant, le phrasé noble et l’orgueil de sang des Brunante a pris le pas sur l’écume des flots, et Freyja sourit à celle qui fut jadis une petite illettrée qu’elle avait pris plaisir à éduquer, l’armant pour affronter la vie. « Moi, je suis fière de la femme que tu es devenue. Tout ce que tu as aujourd'hui, c'est à toi-même, et toi seule, que tu le dois. »


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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Sam 16 Juil - 21:36

Elle se laisse partir dans un rire jaune, alors qu’elle écoute Freyja. Qui aurait cru qu’elle se questionnerait ainsi, pour ses enfants ? Elle l’avait souvent fait, en réalité, dans l’intimité de sa propre tête, à vrai dire. Et elle n’aurait pas cru que cette dernière la trahirait et la ferait raconter ses états d’âme à tout le monde. Enfin, Freyja n’était pas n’importe qui. Et puis, son aînée lui avait demandé de les sortir de cette vie qu’elle-même avait fui, elle avait des circonstances atténuantes, n’est-ce pas ? Elle suit son amie dont la démarche assurée sur l’Audacia ne cesse de la surprendre. Elle avait bien plus d’eau de mer qui circulait dans son corps que du sang noble de ceux qui lui avaient donné naissance, fière fille de Messaïon. Elle sourit devant le regard qu’échangent Philippe et Freyja, loin de se douter des pensées qui animent son amie – mais cette dernière a-t-elle conscience de l’idéal qu’elle représente avec son époux ? De l’amour libre de toute attache, pour la belliférienne qui n’a jamais rien été d’autre qu’un objet ? Probablement pas. Elle se garde bien de le lui dire, toutefois. Et elle n’est pas mécontente de son sort, après tout, alors pour envier son amie de ce qu’elle ne désire pas ?

S’asseyant sur le cordage, elle sourit à son tour à son amie. Fort heureusement, des mœurs aussi barbares que celles de son duché d’origine. Elle n’en a pas dépéri, mais il en est quoi, des autres femmes qui y vivent ? C’est probablement ce qu’elle a fait de plus important de sa vie, après s’être libérée elle-même des cordages qui la retenaient prisonnière. Peut-être qu’elle devrait demander à ce qu’on marque l’endroit où elle reposera à la fin de ses jours d’un “Amoureuse de la liberté” sans citer son nom – avait-il réellement de l’importance, après tout ? Elle secoua la tête, sachant qu’elle ne serait qu’une anonyme à ce moment là, et cela lui convenait très bien. Peut-être pourrait-elle être incinérée, et ses cendres dispersées dans le ciel. Mais elle avait de longues années devant elle, et n’était pas inquiète de cette étape de sa vie. « Je ne regrette pas un seul instant de l’avoir fait, tu sais. J’veux dire que je sais qu’elles ne méritaient pas d’vivre là-bas, et que j’aurai dû les prendre avec moi avant… Pas que je regrette, j’aurai été terrible à m’occuper d’elles, mais si tu savais comme ça m’a rendu fière, qu’Aubrée m’écrive pour m’demander ça. Tu crois que même si j’ai été absente, j’l’ai aidée ? Je l’ai aidée, et j’ai aidé Agathe ? À ma manière ? Et j’suis encore plus bête, mais… je suis terrorisée, à l’idée qu’elles s’adaptent pas, que cette vie soit pas pour elle. Ou peut-être qu’elle sera pour Aubrée mais pas pour Agathe… l’a rien demandé, après tout. »

Si elle l’avait crue enterrée, la petite fille démunie que Freyja avait rencontrée en Bellifère ressortait un peu, exprimant pleinement ses doutes, mélangeant le parler négligé qu’elle tenait de sa jeunesse, plus ou moins, celui acquis durant sa formation et à force de fréquenter les mieux nantis qu’elle, et les mauvaises habitudes qui ressortaient parfois, lorsqu’elle tenait trop compagnie – pas à ses yeux – à l’équipage de l’Audacia. « La plus p’tite m’en veut, tu sais ? Pas que j’y accorde grand’ importance, je la connais pas, mais elle était drôlement encore, tu l’as vu non ? Peut-être que ça a changé. Mais au moins, elle pourra choisir, vraiment. Si elle décide de retourner auprès d’ses fr… d’son père, elle l’aura choisi. Même si ça me désolera, j’crois bien. Elle laissa passer un petit rire, un peu plus amusé que le précédent, en l’entendant parler du petit Léo. C’est sûr. C’était aussi plus facile pour elle quand elle les avait quittés, tous, c’était pareil ou presque. Elle rend son étreinte à la farouche pirate, qui semble presque aussi vulnérable que la voltigeuse – ou peut-être est-ce l’imagination de Grâce ou la tendresse qu’elle a pour son amie, qui lui fait penser ça. Et toi, tu fais chaque jour ce qu’il faut : tes filles t’aiment et te respectent, ont un peu peur peut-être, mais tu leur montres un idéal à suivre – celui de chérir sa liberté et de s’attacher sans se laisser entraver. Comme tu me l’as montré à moi. Je suis fière d’avoir suivi tes pas à ma manière, et d’être là où j’en suis aujourd’hui. Même si j’en suis toute chamboulée, maintenant que… Enfin, que le passé me rattrape. Un peu. »

Elle était touchée, par ce que Freyja lui disait, mais c’était rien comparé à la suite. Qu’elle soit fière d’elle était probablement plus qu’elle n’aurait jamais demandé. Et qu’elle dise qu’elle le devait qu’à elle-même… elle était pas tout à fait sûre, mais ça lui faisait plus chaud au cœur que tout, et le sourire qu’elle adressait à son amie était plus sincère que tout ce qu’elle aurait pu dire.

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Lun 1 Aoû - 1:48


Un vent de liberté
Un goût d'absolu
Grâce & Freyja • 2 juin 1001


Elle laisse parler la jolie Grâce, épancher tout ce qu’elle a sur son cœur de mère un peu malmené. La pirate ne dit rien : elle écoute simplement, oreilles grandes ouvertes vers son cœur généreux, pour comprendre ce qui tourmente son amie et tenter de la réconforter. Elle, elle ne s’est jamais vraiment posé de questions : quand elle a eu décidé de conquérir sa liberté, elle l’a fait, sans se laisser attacher, sans se laisser restreindre, et elle n’en regrette rien. Mais elle n’a laissé personne derrière : elle n’a pas de mari, s’est trouvé un compagnon sur les flots, et ses enfants sont nés ensuite, à moitié des terres et à moitié des flots. Elle n’aura jamais la palme de mère exemplaire, c’est une certitude : mais ses petits savent qu’elle les aime, et qu’elle ne laissera jamais de mal leur arriver, même si une autre les élève les deux tiers de l’année. Elle peut comprendre la tension qui habite sa blonde amie, ce poids qui semble peser sur ses épaules d’ordinaire si fières, cette sourde pression qui ternit l’éclat heureux de ses yeux et creuse un peu plus les rides de son front – pauvre, pauvre Grâce.

« Si ta grande t’a écrit, c’est parce qu’elle savait que tu pouvais l’aider. Ça pas dû être facile pour elle, de t’appeler à l’aide comme ça, vu comment ton mari et sa famille ont dû lui monter la tête contre toi, et pourtant elle l’a fait. C’est bien qu’elle est intelligente, quelque part, et vu son environnement familial je dirais que c’est de toi qu’elle le tient. » Elle passe un bras autour de ses épaules, et l’attire contre elle, la berçant doucement au gré de la houle qui agite régulièrement le pont. Freyja perçoit vaguement les vagues d’apaisement que Rhéa dirige vers elles, et elle est reconnaissante à son amie de bois de prendre tant soin d’une femme qui n’a jamais été pirate. Elle reconnaît sûrement en elle cette race de femmes prêtes à tout pour s’affranchir des barrières que d’autres voudraient leur mettre, comme cette Rhéa de chair et de sang qui fut le premier Fou Noir, et d’après laquelle la figure de proue a été modelée.

Grâce aurait fait une bonne pirate, voilà ce que se dit la boucanière ; si elle n’avait jamais rencontré Corail, elle aurait été à sa place entre les ponts de l’Audacia, à vivre libre sur les flots, loin de toute limite, de tout frein, de toute prison. Elle aurait été bien, oui, les cheveux au vent et le sel sur les lèvres ; mais le Destin visiblement avait d’autres projets pour elle. « Tu r’grettes ? D’être partie, de les avoir laissées ? T’aurais pu vivre avec le Martel encore, lui pondre un môme tous les ans ? » Elle aurait été usée par la vie avant d’avoir trente ans, oui. Le corps déformé par des grossesses successives et des conditions de vie plutôt spartiates, le ventre couturé de vergetures et les seins tombants, elle aurait grossi, se serait ridée, enlaidie, et aigrie sûrement. Elle ne serait pas Grâce la Voltigeuse, femme superbe sur laquelle les regards se tournent fréquemment. Son esprit se serait appauvrie au lieu de se cultiver ; elle serait restée engoncée dans le carcan étouffant des femmes au foyer, utilisée comme un objet par un homme bien trop convaincu d’avoir sur elle tous les droits. « Il t’aurait détruite, mignonne. J’me rappelle de toi, quand on s’est connues, que t’étais toute jeunette et pleine de rêves au fond des yeux. Il aurait massacré tout ça, et t’aurais gâché toute… toute ta flamboyance. Il aurait éteint ta lumière. Les femmes sont pas faites pour être enfermées, tu le sais. Moi j’ai de l’eau de mer dans les veines ; et toi, t’as des ailes dans le dos. T’es née pour ça. » D’un geste plein d’affection, la pirate dépose un baiser chaleureux sur la tempe de son amie. « T’es belle quand tu voltiges, Grâce. T'es faite pour être libre. Faut pas que tu r'grettes. »



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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Lun 1 Aoû - 4:53

Qu’elle abhorre souffrir de tels nœuds au cerveau, et seule la reconnaissance, l’amitié, qu’elle éprouve pour Freyja, l’aide à ne pas se laisser submerger. Elle sait qu’elle est là, et qu’elle l’écoutera jusqu’à ce qu’elle se soit épanchée suffisamment – ou jusqu’à ce qu’elle ait besoin d’être secouée. Elle ne sait trop lequel de ces deux besoins est le sien aujourd’hui, mais elle parle, sans discontinuer. Si elle s’arrête, elle ne dira probablement pas tout. Elle ne dira forcément pas tout, ses pensées confuses lui faisant déjà perdre le fil. Peu importe, elle parle, se confie, allège son cœur. Elle n’aura jamais oreille plus attentive pour cela. Une bouffée de tendresse la prend, alors que Freyja s’exprime. Brièvement, posément, mais avec des mots qui trouvent leur écho en Grâce. Des mots qui gonflent son cœur de fierté, pas de cette fierté frôlant l’insolence, pleine d’orgueil, mais de cette fierté attendrie de savoir qu’elle a, malgré ses manquements, réussi à doter sa fille, ses filles peut-être, de quelque chose, elle ne sait quoi, mais quelque chose d’important.

Elle se laisse aller, alors que Freyja l’attire à elle. « Ta parole est d’or, tu le sais, n’est-ce pas ? Il suffit de quelques uns de tes mots, pour me rappeler que malgré mes erreurs, mes errances et mes absences, elles ont eu un modèle… à leur manière. Peut-être que la petite le reconnaîtra. Je suis fière d’Aubrée, tu sais ? Qu’elle se prenne en main comme ça, seule. Ou presque. Qu’elle sache recourir à l’aide qu’elle peut avoir. Imagine ma stupeur, à la réception de sa lettre. » Un rire aussi sincère que nerveux la prend à ce souvenir, tant elle avait été prise au dépourvu, et avait aussi ressenti une sorte de joie incompréhensible… Celui-ci se calme, progressivement, alors qu’elle sent la présence de Rhéa, un peu. Pas énormément, bien que sa présence se soit affirmée pour Grâce, au fil des années. Sent-elle en retour l’affection sincère qu’elle a éveillée en elle, plus neutre assurément que celle des pirates à son égard mais pas moins authentique ? Probablement. La voltigeuse peine à croire que quoi que ce soit puisse lui échapper, sur l’Audacia. Elle sourit malgré elle, ou sans s’en rendre compte.

Elle secoue la tête, avec vigueur, avec vivacité. « Jamais. C’était partir, ou périr. Ou le mener lui à la mort. Elle se mord la lèvre, hésitante. Non pas parce qu’elle en a trop dit, mais parce qu’elle hésite à lui confier avec prier Lida pour sa mort. Plus tard. Je le sais. Je le sais, plus que tout. Et j’ai failli le laisser détruire mes filles. Je ne regrette rien, j’le jure, mais je crois que je m’en serai voulue, si je n’avais pu leur empêcher ça. Quant à mes fils… Il est surement trop tard. Un jour, peut-être, aurais-je une chance avec eux. »

Elle acquiesça de la tête, à ses propres paroles, un bref instant. « J’n’y serai pas arrivée, sans toi, tu sais ? Tu m’as apporté beaucoup, et j’ai sauté le pas parce que tu as tout abandonné, famille et nom, pour arpenter les mers. J’ai eu la force en moi de le faire, non, j’ai su que j’en ai eu la force en recevant ton courrier m’informant de ta présence sur un navire pirate. »

Elle soupira un instant, souriant à nouveau. « Et ce qui a ajouté de me convaincre, c’est la grâce, la majesté, la puissance de me libérer. Ces ailes se sont déployées aussi sûrement que les voiles de l’Audacia le font, grâce à toi. »

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Mer 14 Sep - 0:45


Un vent de liberté
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Grâce & Freyja • 2 juin 1001


Elle se pose rarement des questions, la Freyja. Certes, une part d’elle se souvient de ces années d’enfance, passées dans la très haute noblesse de Brunante, dans le luxe et le raffinement de la demeure familiale sur le littoral ansemarien. Elle n’a pas oublié, son frère Léopold si persuadé de l’importance des apparences, son père rude et strict, déterminé à lui trouver un mari richement né et un titre prestigieux. Mais elle se souvient aussi de sa mère, Belliférienne mais forte, et des landes sans fin de Riven, son domaine personnel. Elle a tourné le dos à tout ça, il y a bien longtemps maintenant – elle s’est choisi une autre vie, totalement différente, totalement nouvelle. Une existence à laquelle rien ne la destinait – mais elle a choisi, et elle s’y est tenue. Alors, les remises en question, le doute et l’angoisse, ça elle ne connaît pas, la pirate farouche au fier regard. Elle connaît les tempêtes, l’écume et les embruns, la danse folle sur les flots qui entraînent le navire dans leur folle sarabande – elle connaît sa maison de bois et de voiles, chaque pont de sa demeure, chaque homme et chaque femme de cette étrange famille. Elle se sent bien, alors, elle ne se pose pas de questions. Jamais.

Ce n’est pas le cas de son amie, qui, elle, s’en pose. Visiblement trop. Est-ce vraiment étonnant ? Retrouver ses filles après presque vingt ans sans nouvelles n’a pas dû être facile, et Freyja se demande comment elle aurait réagi, à la place de son amie. Elle a du mal à s’imaginer la vie que Grâce a dû mener, ces premières années de son mariage, cette existence étriquée, enfermée entre les murs d’une demeure où elle a été vendue. Obligée de pondre un enfant à chaque nouvelle année, interdite de sortie, de parole… de liberté. Freyja, elle n’a jamais connu ça – et elle n’est pas sûre de pleinement comprendre tout ce qui se joue sous les mèches blondes de la Voltigeuse.

« Tu sais… Je les élève pas, mes gosses, quand j’suis en mer, mais je m’occupe d’eux quand même, quand j’suis à terre. Pendant les traversées, j’pense à eux des fois, j’me dis que j’vais leur rapporter des cadeaux, et j’fais la liste des trucs à leur raconter… Toi, pendant toutes ces années, t’as pensé à eux des fois, un peu ? T’as jamais voulu aller les chercher ? Ou même les emmener avec toi, quand t’es partie ? »

Elle est curieuse, réellement, la pirate attentive. Elle tente de s’imaginer, mais elle manque d’éléments. Grâce voudra-t-elle lui en parler ? Cela ne coûte rien de demander. C’est sûrement une période dont elle n’aime pas se souvenir, des fragments de vie soigneusement enfermés au fond de sa mémoire, mais Freyja veut savoir. « Tu m’as jamais raconté. Comment c’était ta vie, avant. Avec ton mari, et tes enfants. »


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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Mer 28 Sep - 22:22

Se confier était facile, en compagnie de Freyja. Même sur un sujet aussi délicat, elle parvenait à faire en sorte que Grâce fasse de ses pensées des phrases, et comprennent un peu mieux tout ce qu’elle ressentait, tout ce qu’elle vivait. Parce qu’elle était si forte, si indépendante. Si courageuse. Alors oui, si quelqu’un pouvait l’aider, en l’instant, c’était sûrement la pirate. Comment aurait-il pu en être autrement, alors qu’elle lui devait, et que c’était une missive de sa part, qui l’avait convaincue de prendre son destin en main ? Elle n’était issue que d’une petite baronnie, Grâce, rien d’important contrairement à Freyja, à la famille Brunante. Et pourtant, le poids du monde, du monde belliférien, du mois, lui pesait sur les épaules. Elle avait laissé cela derrière elle, retrouvant une liberté chèrement acquise, mais hautement méritée.

Et jamais elle n’avait regardé en arrière. Jamais elle n’avait regretté. Elle avait, quelques fois, pensé à ces enfants qu’elle abandonnait mais… Elle n’aurait pas pu les élever. Pas seule. Si elle avait été égoïste et avait pensé à sa survie avant la leur, elle ne s’en voulait pas réellement. Jusqu’à maintenant. Elle savait qu’elle n’aurait pas agi différemment, pas une seule seconde. Elle s’était retenue de le dire, ou de s’épancher dessus, mais ses enfants auraient été orphelins de père ou de mère, si elle était restée. Peut-être bien des deux. Jamais elle n’aurait pu se conformer à ces attentes, non, jamais.

« Mais tu les aimes. Tu penses à eux, comme tu dis. Moi, j’ai pas été là pendant 17 ans ? 18 ans ? Je sais même plus. Je sais même pas l’âge de mes filles. Et j’ai pensé à elles, à mes fils, aussi, oui. Pas souvent. Presque jamais, pour sûr. Comment j’aurai pu, alors que si je le faisais, j’aurai juste pu voir que j’étais pas une vraie mère ? Et jamais je les aurai emmenés. Ça aurait fait que me ralentir, et me ramener exactement à l’endroit d’où je venais. Il avait deux ans, un an, quelques semaines, quand je suis partie. Pas plus. J’étais même pas attachée à eux. Pas vraiment. Sinon, j’aurai pas pu, si ? »

Si. Parce qu’elle les aimait pas autant qu’elle s’aimait. C’était horrible, mais elle le savait. Et ça, elle pouvait pas se résoudre à le dire à haute voix. Son amie la jugerait-elle ? Pas sûr. Mais elle pensait quand même pas que c’était nécessaire à dire. Elle écarquilla les yeux, à sa question. Sa vie… avant ? Était-ce seulement une vie ? « Y’a pas grand chose à dire, je crois. Tu sais comment c’était, chez mes parents… Après que j’ai été enlevée, et qu’il ait mis ma famille à terre, et plus vite que moi en te le racontant – et ça c’était le plus beau jour de ma vie, et pas parce que j’allais me marier -, j’ai plus été grand chose. J’ai fait la cuisine. J’ai supporté ses… assauts, sur moi. Sa violence, aussi, des fois. Ses railleries, parce que j’étais fertile bien comme y faut. Que bientôt, il aurait un escadron de voltigeurs à lui tout seul, et même quelques guerriers, et puis d’autres pour prendre sa suite, plus tard. Et quand les enfants sont nés… J’ai juste nourri tout le monde – les enfants, mon mari, ses amis... J’ai gardé la maison en ordre. Et puis surtout, j’ai disparu. Si j’avais pu ne pas être visible et tout faire quand même, il aurait plus apprécié, je crois. Et lui donner encore douze gamins. » Elle soupira. Elle aimait pas s’en souvenir. Pas vraiment.

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Lun 2 Jan - 18:07

La voix de Grâce raconte, et Freyja écoute. Attentive et silencieuse, elle qui d’ordinaire tempête et maugrée, elle laisse parler sa chère amie, sa pupille, sa petite protégée qui a tant grandi une fois qu’elle l’a eue tirée du nid où les hommes l’avaient enfermée. Elle n’a pas connu, elle, l’environnement si strict, si triste, des femmes de Bellifère. Sa mère en était, oui : et jeune fille, elle a consenti avec ardeur à un mariage avec un veuf ansemarien, prête à tout pour fuir le duché, éduquée par sa mère à elle dans des principes bien kyréens. Peu savent que Freyja porte un prénom de Valkyrion car la mère de sa mère en était ; décédée avant que la pirate rebelle ne vienne au monde, elle n’a hérité d’elle que son prénom bien peu ansemarien et un solide caractère farouchement indépendant. Et si le domaine de Riven est à elle, sur la côte du duché, elle n’en a pas moins grandi en Ansemer sous la tutelle de ses parents et de son demi-frère dont elle aime les enfants comme s’ils étaient siens. Pauvre Léopold si horrifié de la savoir pirate, et mère d’une cohorte de petits bâtards  en pleine santé ! Un soupir un peu triste lui échappe – malgré ses défauts, elle l’aime, son grand frère bourru.

Elle dépose un baiser léger sur la tempe de Grâce, lui adresse un sourire amical, tâchant de la réconforter un peu. « J’te comprends, tu sais. La vie qu’t’as eue, c’tait pas une vie facile, et j’me rappelle de toi quand t’étais p’tite, toute jeunette, à même pas savoir lire. C’pas une vie ce qu’on fait aux filles en Bellifère, et y’a rien qui justifie d’cogner sa bonne femme. Jamais ça viendrait à l’idée d’mon Philippe, et il a pas grandi dans un coin soi-disant civilisé, lui : il est né sur la mer, putain. Ils ont pas d’belles manières, dans les îles, c’est des sauvages sur l’Archipel ; mais jamais tu verras un îlien taper sa femme. Jamais ils les forcent, non plus, même si c’est pas des passifs quand il est question d’passer sous la ceinture, j’te prie d’me croire ; et je m’demande comment les gars d’Bellifère peuvent s’prétendre supérieurs aux gueux des flots quand on voit c’qui s’passe derrière leurs portes. »

Freyja conclut son petit discours enflammé d’un vaillant coup de poing sur le bastingage, et ébouriffe de l’autre main les sages tresses de son amie. « Rassure-moi, après que tu t’sois ensauvée chez les Voltigeurs, t’as bien r’fait des pirouettes sur l’nombril ? J’veux dire, bon, ton mari savait pas trop s’y prendre, ça m’étonne guère ; mais chez les Voltigeurs y’a des Cielsombrois, et t’es quand même bien gaillarde, ma fille : y’en a pas un qui t’a piqué l’ail dans l’gigot... ? M’dis pas qu’en vingt ans tu t’en es jamais fait donner dans les baguettes, ce s’rait ben trop triste. »

Vingt ans sans coït ? Par toutes les catins des ports, rien que cette idée la fait frémir. Vingt ans sans pouvoir résoudre les disputes passionnées par des ébats qui le sont tout autant, vingt ans sans corps-à-corps ardents, sans hurlements de plaisir à s’en déchirer la gorge, sans ces torrents de plaisir intense, sans Philippe sous ses mains, sans sa vigueur en elle, sans leur complicité et leur attachement ? Juste Messaïon, quelle affreuse idée. Et c’est donc avec une sollicitude toute maternelle que Freyja questionne sa chère amie sur les tenants et les aboutissants de sa vie sexuelle…

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Mer 18 Jan - 19:12



Elle parle. Parce que c’est son amie, digne de confiance. Parce que c’est grâce à elle, qu’elle a pu s’extraire de la vie dans laquelle elle était emprisonnée, par la faute de laquelle elle dépérissait. Alors elle dit à haute voix ce qu’elle a toujours scellé dans son cœur. Ce qu’elle n’a jamais vraiment admis. Elle raconte la culpabilité, un peu. La faute qu’elle a commise, en condamnant ses enfants à ce qu’elle même n’avait pas pu supporter. Elle blâme ses fils de leur attitude, mais elle sait, au fond, qu’elle est la première coupable. Elle sait que c’est trop tard et que, peut-être, avoir ses filles est une aubaine même si elle aurait jamais ses fils – même si elle veut pas de ses fils. Mais ça change pas grand chose. Elle le croit pas, du moins.

Elle serre la main de Freyja, brièvement, alors qu’elle embrasse sa tempe, comme pour la réconforter. Qu’elle la réconforte, même, plus qu’elle ne doit le croire. Elle a toujours été là pour elle, depuis qu’elles se connaissent, et elle peine à imaginer sa vie sans elle. Elle sait l’histoire de Philippe, un peu. Elle est quand même la marraine de sa fille, c’est pas pour rien ! Elle est persuadée, la Belliférienne, qu’elle aurait été plus heureuse, si elle était née sur l’Archipel, si elle était devenue pirate peut-être même. Mais elle est Voltigeuse, et elle abandonnerait ça, abandonnerait Corail pour rien au monde. La vague d’amour que sa partenaire de vol lui transmet lui remonte le moral, améliore son humeur, et elle espère que ça suffira à dissimuler la légère rougeur qui orne ses joues, à l’idée de la vigueur îlienne. Elle a beau s’être affranchie de tout ça, elle est parfois plus prude qu’une outreventoise !

« Eh ben tu vois, on s’comprend, toutes les deux. Tes enfants te blâment pas, je le sais. Ils t’aiment, et eux aussi ils ont Messaïon dans le sang. Pas tous, mais même ceux qui l’ont pas, ils savent. Ils savent que tu les aimes, et que c’est pas que tu sois en mer qui le change. »

Elle regarde tomber les liens qui maintenaient ses tresses, appréciant le vent qui soulève ses cheveux en même temps que la main connue, la douce et tendre main qui se pose sur eux, qui les ébouriffe. Si elle les lâche pas en volant, c’est parce qu’être aveuglée par eux, c’est pas pratique, mais elle chérit plus que toute cette sensation. Elle n’est pas fille des eaux mais fille du vent, fille de Valda, et elle pourrait presque croire se nourrir du vent. Mais elle ressent plus bien longtemps la fraîcheur du vent, alors que ses joues s’embrasent réellement, aux propos de Freyja. Oh, par les jupons de Mirta, elle ne lui épargnait rien. Même pas la gêne de s’entendre dire tout ça. Et puis, un Cielsombrois ? Mais, par quels moyens ? Bon, c’était vrai, mais enfin, Freyja l’avait bien regardée ? Elle l’imaginait, elle, faire des… des pirouettes sur l’nombril ? se faire piquer l’ail dans le gigot ? Elle la regardait, hésitant entre s’étouffer de gêne ou de rire ou de surprise ou de tout ça à la fois, peut-être. Elle était habituée au parler de la pirate, mais pas toujours. Pas trop maintenant. Et elle avait l’impression d’avoir 13 ans, à se tortiller les doigts, à espionner ses frères, devant elle, là maintenant.

« J’sais pas tout ce tu veux dire mais… Enfin… Euh… Un peu, p’t’être. Même que tu l’as déjà vu, p’t’être. Enfin, c’était rien. Et puis c’est fini. Et puis, enfin, j’suis bien toute seule moi. » Et puis les autres, c’était rien. C’était pas important. C’était pour pas rouiller, un peu comme les pirates quand y buvaient du rhum et pas de l’eau. Mais ça, elle se garda bien de le dire. Et puis, elle dirait pas qui c’était aussi, le Cielsombrois. C’était pas vraiment important. Elle voulait pas que tout l’Audacia le sache. Elle voulait pas qui que ce soit le sache, en fait. Et puis, elle voulait pas leur donner des idées bêtes. Non, vraiment pas.



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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Mer 1 Fév - 3:34

Elle lui manque, sa Grâce toute mignonne, par moments. A fréquenter des pirates à longueur de temps, Freyja en oublierait presque le commun des mortels et leur vie bien rangée sur le continent, pleine de règles, de bienséance, de politesse et de ronds de jambes. C’est peut-être un des éléments de la vie à bord qu’elle préfère, au-dessus de tout le reste, et dont elle souffre d’être privée lorsqu’elle se voit obligée de rentrer à terre hiverner : cette liberté de parole, absolue, proverbiale, qui fait de chaque discussion un échange sincère et franc, sans menteries, sans circonvolutions, sans hypocrisie, sans faux-semblants. Sur l’Audacia, chacun est bienvenu, avec ses idées et ses paroles, tant qu’il ne cherche pas à les enfoncer dans le ciboulot des copains de bordée, et c’est très bien comme ça : mais effectivement, balancer une Belliférienne même émancipée en plein là-dedans, ça a de quoi la remuer, forcément. Alors, avec une affection toute maternelle, Freyja tapote gentiment la joue soudain cramoisie de son amie, aussi écarlate en cet instant précis que lorsqu’elle avait surpris pour la première fois quelques ébats peu discrets dans un coin de coursive à sa visite de découverte sur l’Audacia.

Par Valda, pourquoi faut-il donc que les enfants de Bellifère se montrent aussi fermés sur les choses de la chair ? Même l’Ilse en a pris son parti, et pourtant, elle est outreventoise, la petite canonnière. Mais enfin, Grâce restera Grâce, même sexagénaire et assagie, alors Freyja éclate de rire et serre un instant son amie dans ses bras, tapotant son dos avec tendresse comme elle l’aurait fait pour l’adolescente qu’elle avait aidée à tomber d’un nid bien trop étriqué. Elle dépose un autre baiser sur sa tempe, la lâche, l’écoute bafouiller, nier, s’embourber, s’empourprer encore plus. Mignonne Grâce. Fortement amusée, la pirate ne peut résister à l’envie de la taquiner un peu plus. « Mais si, tu sais bien… » Et des deux mains, elle mime, d’un geste fort équivoque, l’acte dont la seule évocation allume des horizons d’incendie sur les joues brûlantes de son amie. « … l’dragon dans la caverne, quoi. Fort bien, tu vois ? » Oh oui, elle voit, sûrement, à en juger par le bredouillis un peu confus qui s’échappe des lèvres de la Voltigeuse. Et elles sont… un peu trop promptes, ces dénégations. L’instinct maternel d’une femme qui a élevé trois enfants dont une chipie et demie n’est jamais vraiment en sommeil, et elle renifle le mensonge avec la certitude d’un cochon truffier. Le sourcil inquisiteur, un demi-sourire accroché aux lèvres et un éclat rieur au fond des yeux, elle enfonce un index chatouilleur entre les côtes de sa protégée de naguère, jouant les sérieuses. « Mais dis donc, par ma foi, tu m’conterais pas des lagraneries, toi ? J’te trouve un peu trop véhémente, ma Grâce, je crois qu’tu m’dis pas tout. Qu’est-ce que tu m’caches ? Tu peux tout m’dire, tu l’sais. Ca restera entre nous, et elle. » Dit-elle, complice, désignant la silhouette tranquille de la figure de proue qui écoute, un sourire serein sur ses lèvres de bois.

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Lun 6 Fév - 1:28

Elle sourit avec gêne et affection, en sentant la main de Freyja sur sa joue, même cramoisie suite aux remarques de son amie. Elle s’habituera jamais à la… enfin, au franc-parler des pirates, ou à leur manque de gêne, pour évoquer les… non, elle peut pas dire ça sans s’étouffer, peut-être de honte ou de rire, ou les deux. Des pirouettes sur le nombril ? Ils ont des expressions imagées, mais là, c’est chercher loin. Mais ça a le mérite de pas trop la crisper, face au sujet un peu délicat pour elle, même si elle est franchement pas à l’aise. Freyja le sait, sinon elle rirait pas comme ça, elle l’étreindrait pas comme ça, presque pour la tranquilliser, si ? Même si elle est perturbée, son amie continue à l’apaiser un peu, par ses gestes bien familiers – elle est pas toujouts à l’aise, avec les marques d’affection, mais de Freyja, c’est normal. Comme si elle avait eu une sœur plus âgée, qui était là pour la réconforter.

… et pour la choquer, alors qu’elle accompagnait ses expressions de gestes imagés qui la firent rougir de plus belles, en les détaillant encore, comme si ça suffisait pas. Comme si Grâce avait pas compris. On aurait pu en douter, vu la réaction de la Belliférienne encore bien trop coincée, mais elle savait très bien. Trop bien, peut-être. Même si elle était plus… réservée, dans ses actes à ce sujet. Beaucoup plus. Les plus mesurés des pirates lui semblaient bien pires, ou peut-être que ça en était pas, des plus mesurés, mais elle avait pas demandé son reste et avait pas cherché à savoir, quand elle était tombée sur certains d’eux en plein acte, involontairement, lors de ses venues sur l’Audacia.

Elle détourne la tête, pourtant, devant son amie, quand elle voit qu’elle a compris. Quand elle voit, quand elle sait même, qu’elle va lui poser plus de questions. Jusqu’à ce qu’elle avoue. Oh, elle aimerait pouvoir résister ; mais Freyja a toujours eu ce pouvoir sur elle, de la faire parler. Après tout, comment aurait-elle su à quel point elle était démunie, chez ses parents ? Brisée, presque, dans sa vie de femme mariée ? Grimaçant, elle secoua la tête en signe de dénégation. Des lagraneries ? Jamais. Elle était pas aussi fourbe et vile que ceux-là… Et pas aussi choquante, non plus. Même si elle disait n’importe quoi.

« Mais, enfin… Non. Enfin… Un peu, peut-être. Et tu sais que y’a pas de secrets, ici. Enfin, si, tu le garderas, mais… »

Elle tourna la tête un peu partout, pour être sûre que personne était là, pas loin. Sauf Rhéa, mais Rhéa pouvait savoir – elle n’avait pas de secret pour la vivenef et sa figure de proue, pour celle qui était comme de la famille de Freyja. Personne. Bon. « Le Cielsombrois qui m’a aidée, pour… enfin, pour mes filles… Mais y’a fort longtemps. Pendant que j’étais à Lorgol. Et y’a rien eu de sérieux depuis. Enfin, c’était pas sérieux avec lui, hein ! J’étais mariée ! Et puis, il est marquis ! Et, enfin, c’était… comme ça. Et y’en a eu d’autres, un peu. Rien de sérieux, non plus. »

Elle devait être tellement écarlate qu’on pouvait penser qu’elle arrivait plus à respirer et qu’elle suffoquait.

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Mar 7 Fév - 1:07

Un rire irrépressible secoue silencieusement les épaules de la pirate, et elle exhibe un large sourire réjoui. C’est qu’il est tellement facile de la gêner, la petite Grâce ! Comme de ce temps lointain de l’adolescence, lorsqu’elle n’était qu’une poupée de Bellifère entravée par ses fils, et elle-même était encore respectable, bien qu’ansemarienne de naissance. Combien d’heures elles avaient pu passer, côte à côte dans ses salons de Riven, tandis que Freyja lui enseignait patiemment à lire et à écrire pour la sortir de son ignorance… Distraitement, elle se note mentalement de penser à lui faire cadeau de cet ouvrage fort équivoque rapiné en Sombreciel, illustré avec un luxe foisonnant de détails faisant honneur à l’imagination de leur auteur. De préférence devant les copines, l’Ilse, la Solange et la Marianne, que l’on puisse régaler la Grâce de toutes les anecdotes pertinentes relatives aux postures abordées dans le manuel… Hilare à cette idée, Freyja écoute les dénégations embrouillées de son amie, et le demi-aveu qui s’ensuit.

Les révélations sont fort réjouissantes, et la pirate ne peut s’empêcher d’enfoncer un index chatouiller dans les flancs de son ami. « Comment ? Qu’est-ce que tu m’contes là ? Une si digne fille de Bellifère comm’toi, qui f’rait des coucheries de ci de là en trompant son bien brave mari ? » Elle feint l’indignation, la fille des flots, mais ne peut empêcher un rire bon enfant de trahir son allégresse. « Ma fille, dans ta situation, j’pense que n’importe quelle bonne femme s’en s’rait allée expérimenter les vertus d’aut’lits, histoire de voir si y’a de vrais hommes que’que part dans la contrée. T’as rud’ment bien fait, mariée ou pas : c’qui compte, c’est d’prendre du bon temps tant qu’on l’peut. » Si seulement Léopold l’entendait : il y aurait de quoi lui faire avaler son bonnet, très certainement. Parfois, elle se demande, Freyja, ce qui a bien pu la prendre de chercher une vie si différente de celle qu’on lui destinait ; puis le vent se lève, elle sent le sel sur ses lèvres, la brise marine dans ses cheveux, voit le soleil poindre à l’horizon, et elle se souvient à quel point la liberté est séduisante. C’est sûrement ce même appel qui a poussé Grâce à prendre sa vie en main, et Freyja espère que jamais personne ne tentera de lui arracher ces ailes qu’elle a tant lutté pour conquérir. Elle la malmène bien un peu, son amie si prude ; mais l’affection qu’elle lui porte est sincère, et elle la voudrait heureuse. Épanouie.

« C’tait p’têt y’a longtemps mais il t’a aidée quand même. T’es vraiment sûre que y’a rien d’aut’ là-d’ssous ? J’aimerais bien t’savoir ent’de bonnes mains, ma fille, avec un homme bien entre tes jambes, pour changer d’ce pourceau à qui t’as été vendue. Il est p’têt bien d’la haute ton ami mais ça change rien, t’es d’la noblesse quand même, pis on m’a raconté qu’les Cielsombrois ils s’en tamponnent un peu d’tout ça. Il est comment, ton marquis ? Raconte-moi. Il t’mérite, au moins ? Il s’débrouille, il sait t’faire du bien ? »

Sûrement, s'il est cielsombrois, mais ça ne coûte rien de demander. Un instant, elle redoute que son amie magnifiquement cramoisie n’enjambe le bastingage pour se jeter à l’eau, mais la curiosité est intense, et sa préoccupation sincère. Si seulement Grâce pouvait trouver un homme digne d’elle… !


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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Ven 10 Fév - 16:59

Grâce aimait entendre rire son amie, même si c’était contre elle. Ou pas vraiment, Freyja ne lui ferait pas de telles choses, mais elle s’amusait de l’attitude toute belliférienne de Grâce, même après des années, la voltigeuse en était certaine. Et elle s’en amusait un peu elle-même, même perturbée et dérangée par… l’intensité de son amie. Elle s’était habituée, plus ou moins, de toute façon. Et au-delà de ça, ou peut-être malgré ça, elle l’aimait sincèrement et elle pouvait bien s’accommoder de la gêne qui irradiait ses joues, et lui donnait l’impression qu’elles allaient s’embraser d’une minute à l’autre.

Gêne qui la distrayait sûrement beaucoup trop, parce qu’elle ne vit même pas venir l’index ravageur et malfaisant de son amie, lui arrachant un… couinement, tant elle fut surprise, avant qu’elle ne rit sous l’assaut et les paroles de son amie. Une réaction bien plus digne que le petit cri qu’elle venait de lui arracher. « J’me suis laissée abuser, ma Dame, je… j’vais d’ce pas me repentir, et prier pour le salut de mon âme. J’aurai pas du. J’vous jure qu’y’aura pas de conséquences néfastes. » Elle plaisantait, mais elle s’en était assurée. Des enfants, à nouveau ? Qu’elle voulait même pas ? Non, jamais. Comment Freyja le prendrait ? Grâce savait qu’elle jugerait pas, pas vraiment, mais… Enfin, elle avait quatre enfants, qu’elle aimait plus que tout même si elle les avait pas tant élevés, alors que Grâce se rende coupable de tout faire pour pas en vouloir ? C’était beaucoup, même pour une pirate, non ?
« Tant qu’ils le savent pas… S’ils l’entendaient, alors qu’eux et moi on est en Bellifère… Tu sais, j’me demande parfois si je devrais pas partir. Même si, enfin… Même si mon orgueil n’apprécierait pas. J’suis fière, d’être femme et voltigeur, par là-bas. Mais l’attitude des hommes… Le risque, si je m’attarde un peu trop à la caserne, et qu’on croit que j’ai un regard déplacé, ou même s’ils sont juste agacés de voir une femme faire les mêmes choses qu’eux… Alors le bon temps, il a quand même un prix. » Elle voulait pas briser le rire de son amie, mais elle doutait, encore plus depuis qu’elle avait décidé d’en retirer ses filles. Qui lui disait que les représailles seraient nulles ? C’était encore un affront, encore une offense. Encore un geste inconcevable. Et il lui était dur de renoncer, malgré tout.

Elle acquiesça, doucement. Oui, Freyja avait raison. Mais… Être entre de bonnes mains ? Les mains d’un homme ? Elle rosit, de plus belle, en imaginant Melsant entre ses jambes. Elle avait jamais eu à se plaindre, loin de là. Mais elle voulait pas dépendre de qui que ce soit. Et c’était peut-être pour ça, qu’elle avait fini par s’éloigner. Mis à part le fait de se retrouver en Bellifère. Ou en plus de ça, elle ne savait pas trop. Mais si elle gardait un fort souvenir de Melsant dans sa jeunesse, elle ne savait plus vraiment qui il était. Surement pas le même qu’avant. Mais elle non plus. Et puis, ils s’étaient pas revus depuis… combien de temps ? Pas pour de vrai, pas avec leur ancienne complicité. C’était… compliqué. Et elle savait pas quoi répondre.

« Mais j’ai pas besoin d’un homme, je… je sais m’occuper de moi, je peux me débrouiller toute seule. Elle rougit de plus belle, réalisant l’ampleur de ses propos. Pas s’occuper comme ça, d’elle. Elle était sûre que Freyja y penserait, et en profiter pour la taquiner encore plus. C’était pas ça que je voulais dire. Juste que j’suis indépendante. Et je veux l’rester. Et puis, ils s’en contrefichent peut-être de la noblesse, mais s’il est important, et il l’est, il a peut-être des obligations. Un mariage de raison, à faire. Et puis, pourquoi je voudrais me marier ? Et j’suis pas vraiment de la noblesse, tu sais comment était et est sûrement toujours Brumecor… Même si j’ai un petit domaine en Erebor, je suis que Grâce, tu le sais, toi. Et tu sais, j’l’ai pas revu depuis longtemps… Pas pour… ça. Mais, oui, c’était… agréable. Il est, enfin, il est doux. Il est prévenant. Il a jamais voulu me forcer. Je… J’ai pris du plaisir, Freyja. Je savais même pas qu’on pouvait, pas comme ça. Pas… »

Elle se tut, incapable de continuer. Elle hésitait à aller se cacher dans un tonneau, ou à carrément se jeter à l’eau – même si Freyja la suivait, elle pourrait plus l’entendre, et ça cacherait peut-être son teint égal à celui d’une tomate.

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Sam 11 Fév - 0:24


 
 
 

A compter de ce jour, ceci est la chanson de Grâce. :sisi:




Les explications de Grâce sur l’ambiance de sa caserne en Bellifère n’étonnent pas Freyja. Elle-même a grandi en Ansemer, mais elle a trop souvent visité ses terres de Riven pour entretenir la moindre illusion sur l’attitude supérieure et agressive des fils de Kern envers la gent féminine. Pensivement, elle fait glisser les doigts dans les mèches blondes de son amie, se demandant comment elle a pu réussir à s’en sortir toutes ces années sans prendre de mauvais coup. Il va sûrement falloir qu’elle change de Vol, oui : surtout après raflé ses deux filles au nez et à la barbe de leur père et de leurs frères. Ça l’étonnerait, Freyja, que les Martel laissent l’épouse traîtresse, la mère déserteuse, la femme insolente, s’en tirer à si bon compte.  Son amie court un danger, la pirate en est convaincue ; tout à l’heure, elle lui en parlera.

Tout à l’heure.
Le sujet de conversation actuel lui semble bien trop prometteur pour qu’elle l’abandonne si aisément : non seulement sa chère Grâce est présentement rouge comme une tomate, mais en plus le potentiel de potins révélé en quelques phrases est proprement considérable. Elle ouvre grand les oreilles, Freyja, pour capter le maximum d’informations, et surtout les retenir. Au mot près.

« T’occuper de toi toute seule ? Mazette, fillette, je pensais pas qu’on enseignait ça aux filles, en Bellifère. Mais j’suis bien d’accord avec toi : parfois, on n’est jamais mieux servie que par soi-même. » Et juste histoire de voir si Grâce peut rougir un peu plus, Freyja agite négligemment les doigts en l’air, appuyant ses propos d’un clin d’œil tellement exagéré qu’elle doit réprimer un fou rire devant l’expression de son amie. Pauvre, pauvre Voltigeuse effarouchée : chacune de ses visites à bord met sûrement ses nerfs à bien rude épreuve, elle si… réservée. Prude, auraient dit d’autres – coincée, même. Mais la concernée étant de Bellifère, il faut bien lui accorder quelques circonstances atténuantes… La suite du discours de Grâce éveille tout de même quelques soupçons dans son esprits.

« Mariage ? Qui t’parle de t’marier, chérie ? R’garde-moi, par exemple. » Dans le lit du même homme depuis bientôt vingt ans, quatre enfants, heureuse – immensément. Quel besoin de compliquer les choses avec un contrat et mille salamalecs inutiles ? « Franchement, l’mariage, c’est que des tracasseries. On s’demande bien qui a inventé c’plan saugrenu. Mais dis donc, si tu m’causes mariage, c’est que t’y as pensé au moins un peu ? » Elle a presque couiné d’excitation, la redoutable pirate, et elle sautillerait d’allégresse si elle n’était pas présentement assise. En contrepartie, elle se contente de battre des mains, applaudissant frénétiquement comme une gamine, ravie de soutirer des confidences à sa chère amie et première poussine protégée. « Du plaisiiir ? Mais c’est – c’est fantastique, ça, ma fille ! Avec les copines on s’demandait si on allait pas d’voir finir par t’payer un des gars d’la Caravane en cadeau un d’ces jours pour ton anniversaire, histoire de t’décoincer tout ça un peu, bien comme il faut – c’est rud’ment chouette que tu t’sois débrouillée tout’seule ! » D’une tape vigoureuse sur l’épaule de son amie, la pirate manifeste son contentement, puis se rapproche, lui assène un coup de coude complice et murmure, sur le ton de la confidence. « T’as b’soin d’conseils sur c’qui plaît aux hommes, la belle ? Au lit faut tout oser, pour pas r’gretter : on s’ra joie de te filer quelques idées, pour vrai, juré ! »

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Sam 11 Fév - 22:05

Elle parle rarement de sa vie en Bellifère, la fière voltigeuse. Elle a bien trop d’orgueil pour admettre tout ce qu’elle vient de confier à Freyja. Elle ne manque pas de lucidité pour autant, et elle sait pertinemment ce qu’elle craint, dans son duché de naissance. Elle n’y a jamais été la bienvenue, mais elle n’est pas femme à fuir devant le danger pour autant. C’est pourquoi elle y est depuis tant d’années. Pourquoi elle s’est refusée à ployer l’échine et à admettre qu’elle n’avait pas sa place là-bas. Elle ne l’admettra toujours pas – elle l’a, elle appartient au Vol de Bellifère, ne leur en déplaise. Mais quelques causes valent mieux que le confort de son orgueil – aurait-elle réellement pu assumer de tourner le dos à ses filles, qui ont eu le courage de lui demander cette aide qu’elle a eu de la part de Freyja ? Probablement pas. Alors si elle doit demander sa mutation… qu’il en soit ainsi. Et peut-être même pourrait-elle évoluer. Obtenir des fonctions plus grandes. Peut-être.

Mais il semblerait qu’un sujet préoccupe tout autant, ou même davantage, son amie de toujours. Et peut-être pas un sujet simple pour Grâce, de manière différente qu’en parlant de sa vie quotidienne, mais tout aussi embarrassante. Ou beaucoup plus, à vrai dire. Oh non, elle ne peut pas parler de ça. Et elle ne voulait surtout pas parler de ça, elle n’entendait même pas évoquer ce genre de choses. Elle ne devrait même pas être surprise que Freyja comprenne comme ça lui convienne ses paroles – elle le savait, s’empressant de préciser sa pensée, sans succès. Rougissant de plus belle, s’étouffant presque. Par tous les Dieux du continent et de l’archipel, veut-elle réellement la voir se cacher dans un tonneau ou sauter à l’eau ? Elle est tentée de nier, encore, mais s’arrête – à quoi bon ? Freyja la taquine, Grâce le sait, tout comme Freyja sait que le blonde ne ferait jamais… ce genre de choses.

Mais la confusion la fait parler, s’embrouiller, dire des choses qu’elle ne pense pas. Comme parler de mariage. Jamais plus. Quel intérêt, quelle nécessité ? Ce ne sont que des chaînes, n’est-ce pas ? « Mais… il est noble, Freyja ! Bien sûr qu’il doit s’marier, pour, je sais pas, transmettre son nom ? Son domaine ? Il peut pas les donner à des petits bâtards. Même les Cielsombrois font pas ça, si ? Peut-elle entendre l’effroi dans sa voix ? Elle veut pas de mariage, mais pas de bâtard non plus. Elle fait ce qu’il faut pour, de toute façon. Et tut sais que moi, ça m’importe pas. J’aime Lucy plus que si elle était légitime peut-être, ou tout autant parce que je m’en fous, mais tu penses bien qu’eux qui sont vraiment nobles, ils doivent trouver ça important, non ? Et j’y ai pas pensé, j’ai pas besoin de ça ! Et je suis déjà mariée ! » Subconscient traitre, subconscient fourbe, subconscient malicieux.

Grâce pouvait quand même compter sur Freyja, pour la sortir de ses pensées troublées et troublantes, en s’extasiant… sur ses pirouettes sur le nombril. Non mais vraiment, ils appelaient ça comment, encore ? Elle avait peur de demander. « Mais, enfin, vous avez pas besoin de… enfin, de vous soucier de ça. Je, tout va bien. Et même si y’avait rien, c’est pas grave. C’est bien aussi. Et puis tu sais, en Bellifère, je… Enfin, ça fait longtemps, mais j’y vois pas de problème. Elle se tut un instant, ajoutant d’une toute petite voix. Mais… Marianne et tout le monde, y… enfin, elles aussi ? Souvent ? Elle était plus rouge que rouge, si c’était encore possible qu’elle rougisse davantage – elle ne se voyait pas, et n’en savait rien. De… conseils ? Je… je, non, ça va. J’ai vu – trop vu – ce que vous pouviez faire. Ça va. »

Oh par Kern, qu’elle ne se mette pas en tête de lui donner des conseils !

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Dim 12 Fév - 0:31

La pirate ne peut réprimer un rire incontrôlable en entendant les dénégations horrifiées de son amie à l’idée du mariage. Concernant l’importance du mariage des nobles cielsombrois, pour commencer. « Compte tenu que y’a une chance sur deux qu’il épouse un homme, j’pense qu’il verrait pas d’objection à reconnaître et légitimiser un ou deux p’tits bâtards. Mais oublie pas qu’chez eux ils peuvent s’marier autant qu’ils veulent, avec… plein d’gens. T’aurais ta place, même s’il marie une aut’femme pour avoir une marquise d’la haut’, même si j’pense pas qu’ce soit l’plus important en Sombreciel. » Freyja rattrape cependant ses pensées avant qu’elles ne terminent de s’emballer hors de tout contrôle : elle a raison, la Grâce, il y a tout de même un léger inconvénient. Cela dit, les inconvénients de cet ordre, il y en a légion à Lorgol, qui sont en général promptement expédiés au coin d’une ruelle à la nuit tombée. « T’as qu’à lui mett’ un contrat sur la tête, à ton mari. T’engages la Confrérie, et hop : t’es veuve, et ton Cielsombrois, bah tu peux l’marier. Et lui faire plein d’bébés. »

Adorable Grâce. Avec sa question toute timide qui tire un rire nerveux à Freyja, tant elle s’étonne que cette révélation en soit une pour son amie, prude certes, mais tout de même bien renseignée. « La Marianne a eu un grand chamboulement d’Belliférienne quand elle est arrivée à bord, pis à force d’nous entendre réveiller tout l’monde avec mon cap’taine, elle a pris exemple et après on l’arrêtait plus. D’port en port, elle s’en est logé, des dragons dans la caverne – et au bout d’quelques années, elle m’racontait à chaque escale ses nouvelles découvertes. Si y’en a une qu’a pas froid aux z’yeux et le feu au corps, c’bien elle !  Pis l’Ilse, c’pareil, hein. J’savais pas trop c’qui était pire ent’une fille de Bellifère et une d’Outrevent, j’pense que ça s’vaut. L’Ilse elle a bien pris ses leçons en tout cas, j’peux t’dire que y’a pas qu’les bordées qu’elle fait tirer. Même si elle en parl’pas beaucoup, elle en est tout autant délurée quand y’a aut’chose que des canons à astiquer. Pis y’a la Solange, mais bon elle forcément ça la connaît, les pirates dans tous les coins du bâtiment : elle est Voltigeuse, tu parles qu’elle sait l’faire s’envoler, l’griffon. Je l’ai surprise avec l’cuistot, une fois. J'sais pas trop s'ils s'tapaient d'ssus ou s'ils se grimpaient d'ssus, mais vu l'barouf qu'ils faisaient il d'vait être en train d'lui mett'la baguette dans l'four. Ca m'paraît normal qu'avec ses grosses mains, là, il sach'pétrir aut'chose que d'la pâte, et elle est bien faite, la Solange, nan, tu trouves pas ? Elle a eu l’air d’apprécier en tout cas, et d’puis je la chope de temps en temps occupée avec un d’nos gars ici ou là. »

C’est en reportant son attention sur Grâce que Freyja s’aperçoit que la rougeur a déserté ses joues, et qu’elle est bien pâle soudain. « Hé, ça va, la belle ? Trop d’détails, c’est ça ? Allez, du nerf, sois un peu plus gaillarde si tu veux l’ferrer, ton cielsombrois bien équipé, là. Viens par là, tu vas boire un coup d’rhum, d’ma réserve à moi, ça va t’requinquer. Tu veux aller t'allonger ? » Pauvre petite poussine traumatisée !

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Message Sujet: Re: Un vent de liberté   Dim 12 Fév - 23:45

Elle ne s’attendait pas un seul instant à la réponse de Freyja – comment aurait-elle pu ? Elle savait bien, les mœurs dans le duché de la déviance, mais… Enfin, elle tentait de se corriger et de ne plus y penser comme ça, mais elle n’aurait jamais imaginé qu’ils puissent faire quelque chose comme ça, aussi… aussi… aussi scandaleux. Épouser un autre… homme ? Comment cela pouvait-il être seulement autorisé ? Si la seule gêne avait orné son visage, jusqu’à présent, elle était mortifiée et purement choquée par l’idée. Bien plus qu’elle ne l’avait jamais été, pensait-elle, de toute sa vie. Mais n’avait-elle pas considéré avec autant d’effroi l’idée de tromper son mari, auparavant ? Ou celle de partir, bien avant ça ? Elle était incapable d’y penser, et d’articuler le moindre mot, tant elle ne pouvait accepter cette idée. Idée qui ne semblait pas choquer Freyja. Il faudrait qu’elles en parlent… Plus tard. Grâce se sentait absolument incapable d’évoquer cela maintenant. Pas plus que de répondre à l’idée d’épouser Melsant. De se résoudre à l’idée d’être mariée à nouveau, à vrai dire.

Elle serra spontanément Freyja dans ses bras, à l’entendre. Qui d’autre lui aurait conseillé ça, avec un tel détachement ? Personne, probablement. « Je… C’est fait. Depuis quelques mois. Mais, les troubles… J’attends. Je parle du contrat. Pas du mariage. J’me remarie pas. » Non, jamais. Ça l’empêcha pas de continuer à poser des questions – même gênantes, même déplacées. Même surprenantes, venant de la voltigeuse. Marianne aussi, était voltigeuse, puis elle aussi : elles devaient savoir faire s’envoler le griffon ? Elle grimaça, se sentant soudain un peu dépassé. Elle avait jamais fait tant avec Melsant. Et s’il préférait les hommes… ? S’il avait juste trouvé intéressant qu’elle soit belliférienne et connaisse rien ? Mais il était pas comme ça. Juste qu’elle, elle y savait rien. Et si elle avait eu des amants, rien d’aussi… déluré que ses amies, à priori. Par tous les jupons délaissés de Mirta, que se passait-il ?

Elle était perdue dans ses pensées, même pas à cause des détails, ou pas trop, mais plus à l’idée que Melsant pouvait épouser un homme. Et peut-être à cause des détails, un peu. Peut-être. « J’crois que ça m’fera du bien. Le rhum. » Elle suivit Freyja, un peu perdue. Pourquoi les Cielsombrois étaient-ils si bizarres ?

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