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 L'aube brillera quand même

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Message Sujet: L'aube brillera quand même   Dim 10 Juin - 21:24




Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Astarté des Sables & Anwar Sinhaj

L'aube brillera quand même




• Date : 26 juin 1003
• Météo (optionnel) : La nuit est fraîche, même à Vivedune.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : C'est une grande nouvelle qu'Astarté doit annoncer à Anwar. Elle espère avoir suffisamment de courage pour annoncer sa grossesse à celui qui habite ses pensées, et qu'il ait assez de compassion et d'affection pour comprendre ses petits larcins quotidiens.
• Recensement :
Code:
• [b]26 juin 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3828-l-aube-brillera-quand-meme#142090]L'aube brillera quand même[/url] - [i]Astarté des Sables & Anwar Sinhaj[/i]
C'est une grande nouvelle qu'Astarté doit annoncer à Anwar. Elle espère avoir suffisamment de courage pour annoncer sa grossesse à celui qui habite ses pensées, et qu'il ait assez de compassion et d'affection pour comprendre ses petits larcins quotidiens.


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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Dim 10 Juin - 21:26

Alors qu’elle se faufilait à l’intérieur de la garçonnière d’Anwar, Astarté songeait à tout ce qu’elle aurait pu être, si une autre vie l’avait réclamée. Le pas léger, la taille fine, si discrète qu’on l’oubliait, si taciturne qu’on se confiait à elle pour combler les silences. Qu’aurait été sa vie, si on lui avait demandée de récolter des informations pour son sultan? L’enfant aurait été froidement tué à même ses entrailles : tout pour continuer à servir le Roi des Gitans. Le geste délicat, les yeux de chat, si jolie qu’elle avait semé la zizanie dans la fratrie Qoraïch. Qu’aurait été sa vie, si elle avait accepté l’invitation d’Alméïde d’Erebor à rejoindre le harem de son sultan? L’enfant aurait été louangé, malgré les rivalités, avant même sa venue au monde : tout pour continuer la lignée du Roi des Gitans. Elle prit soin de refermer derrière elle cette porte qu’il laissait volontairement déverrouillée pour elle et arpenta le petit logement un long moment, plongée dans ses pensées et dominée par le doute.

Par quoi devait-elle débuter? Par quels mots, par quel problème? Toute sa vie ne semblait être qu’une succession de noeuds emmêlés par ses silences quotidiens. Solal et son regard de folie, la peur qu’il lui inspirait encore parfois. Toutes ces tentatives d’enlèvement sur sa personne, tous ces sauveurs à remercier. Les Qoraïch ayant partagé sa couche et la perfidie avec laquelle elle souhaitait ainsi atteindre Sicq. Son aventure avec Mélusine de Sylvamir. Sa peur aveugle des espaces clos et son amour inconditionnel pour sa liberté. La présence de la Reine Blanche dans sa vie et ses idéaux de paix pour Erebor. Ses vols fréquents et souvent inconscients, qui compliqueraient leur relation. La détruiraient, même. L’enfant qui avait décidé de prendre racine au creux de son ventre, bien trop conscient de l’amour débordant qu’Astarté avait pour Anwar. Ou Anwar pour Astarté, peut-être, aussi.

Elle, si résiliente, si fière, sentait son regard s’humidifier pour une rare fois. Astarté des Sables ne pleurait pas. Elle encaissait ce que le Destin lui offrait, la tête haute, le regard droit, jusqu’à ce que la divinité clémente lui accorde quelques douceurs et un peu de répit. La gitane s’efforçait de se reprendre dans l’obscurité de l’endroit, chassant ses pensées par des gestes concrets. Sur l’unique table de la vaste pièce, elle déposa en évidence une figurine en pierre représentant un oiseau, une cuillère en bois et une boîte d'allumettes. C’était tout ce qu’elle avait réussi à lui dérober, contre sa propre volonté, depuis qu’il avait ce logement et l’invitait. Astarté déposa un peu en retrait une fiole sombre.

Le ferait-elle? Accepterait-elle de tout boire, s’il lui demandait? Elle se recroquevilla sur le lit d’Anwar, par-dessus la couverture même si le froid pinçait un peu, ce soir. Son regard était hypnotisé par la fiole inquiétante, dans la pénombre. Comme une ombre mauvaise. Elle ne savait pas si cela serait suffisant pour chasser le petit qui logeait sous son nombril, désormais grand de deux lunes. Avait-il remarqué ses fatigues marquées, du matin au soir? Qu’elle s’endormait sitôt qu’ils terminaient l’amour? Qu’un apprenti avait enfin intégré son atelier pour l’aider à polir et tailler les gemmes pour cette raison précise? Elle en doutait, la gitane. Ce soir.. Ce soir, il comprendrait.

Peut-être avait-il déjà compris, car elle sentit une main sur son épaule et une voix douce et grave l’appeler. Elle s’était endormie sans s’en rendre compte, doucement emportée par ses doutes et ses pensées tortueuses. Toute féline, elle s’étira sous la main câline qu’elle savait déjà reconnaître entre mille. Large, puissante, qui faisait naître des frissons d’un simple effleurement.

- Anwar…

Son sourire s’était fait tendre, un brin enjôleur depuis l’obscurité. Pendant un moment, elle avait oublié tout ce qu'elle désirait lui avouer. Il n'y avait plus que son amant et sa chaleur.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Mer 13 Juin - 2:15

Tu as quitté Vivedune pour retourner à Roc-Épine seulement quelques jours, le temps de dire au revoir à ceux qui t'avaient élevé, le temps de récupérer quelques effets personnels.  Le séjour fut court, trop même, mais tu as accepté de prendre un poste au palais, de rester auprès des tiens, bien que toujours dans l'ombre.  Avant de partir, tu as promis à Astarté de revenir, de ne penser qu'à elle.  Une fois de retour à la capitale tu t'es trouvé un logement en ville, d'où il te serait facile d'aller et venir du palais où tu es désormais posté.  Cet endroit n'a qu'une pièce, peu décorée, dont tu laisses la porte ouverte en permanence.  Tu as peu de biens, rien qui ne soit irremplaçable et auquel tu tiennes.  Tu n'es donc pas surpris en y rentrant ce soir d'y trouver ta belle gitane, recroquevillée sur elle-même et endormie.  Sans faire un bruit, pour ne pas la réveiller, tu poses tes armes, ton armure de cuirasse.  Pour elle, tu laisses tes protections derrière, doucement tu apprends à te montrer démuni devant elle, un simple homme par toujours aussi solide que tu ne le désirerais.  Lentement, tu la laisses te découvrir, craignant toujours néanmoins qu'en retirant une couche de plus, elle ne se détourne de toi.  L'absence a été difficile, ces quelques semaines à l'écart t'ont montré qu'elle creusait déjà son nid dans ta vie, s'y logeant de mieux en mieux avec le temps et la retrouver a presque été comme un soulagement.

De nouveau léger, déchargé de la responsabilité d'un homme d'arme, tu t'approches sur la pointe des pieds de la jeune femme pour ne pas la réveiller.   Tu restes là à la contempler en silence pendant un instant.  Les minutes passent.  Combien tu ne saurais le dire, tu n'as pas vu le temps passer, seulement le soleil à l'horizon disparaîtra bientôt et c'est délicatement que tu étires une main qui se pose avec douceur sur son épaule tandis que tu l'appelles.

« Astarté. »

Son nom coule avec un goût de miel sur ta langue, le même goût que celui de votre premier baiser.  Avec un temps, elle s'éveille, toute féline, elle se libère de l'emprise de Niobé qui ne semble te la rendre qu'à contre cœur.  Quand elle t'appelle, un sourire étire tes lèvres alors que ton cœur manque un léger battement.  Il y a quelque chose d'extrêmement intime dans cette façon de se nommer, c'est différent d'avec qui que ce soit.

« Le soleil embrasse déjà la terre de ses derniers rayons, tu es là depuis longtemps? » demandes-tu toujours à voix basse, comme si tu craignais de briser quelque chose.  Sans attendre sa réponse tu l'attires vers toi pour l'asseoir sur tes genoux.  L'air de l'été est chaud, mais le contact de sa peau contre la tienne est frais.  Délicatement, tu cueilles un baiser sur ses lèvres.  Tu n'oses pas le dire, mais tu es heureux de l'avoir là près de toi, qui t'attendait au retour du palais.  Ta simple chambre semble alors se parer du plus beau des ornements.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Mer 13 Juin - 14:05

La nuit semblait entière lorsqu’elle ouvrit réellement les yeux sur lui. Son regard, encore chargé de sommeil, détaillait les traits nobles du protecteur sans que l’obscurité n’entache son admiration. Depuis son enfance, elle évoluait aisément dans la pénombre et son regard se faisait plus perçant depuis les ombres. Alors elle l’embrassa, elle aussi, répondant à son baiser avec une infinie douceur. Sa peau était encore chaude d’avoir travaillé, malgré la nuit et sa fraîcheur. La gitane profita un moment de la douceur de ses bras, lovée contre lui, sur ses genoux, avant de débuter son inspection. Petit jeu - en était-ce réellement un? - qu’elle s'évertuait à répéter à chaque fois qu’elle le retrouvait à la suite de son travail. Anwar était de retour depuis près d’un mois, désormais, et devait reconnaître cet étrange rituel.

Du bout des doigts, l’Erebienne retraçait ce visage parfait, la courbe de la mâchoire virile, de sa gorge sur laquelle elle ne parvenait pas à s’empêcher de déposer quelques baisers. Elle inspectait ses épaules larges, ses bras, ses mains d’homme, avec un sourire timide, un peu fautive de s'immiscer ainsi sur un corps qui ne lui appartenait pas. Ses caresses, bien que douces, étaient brèves mais nécessaires et glissaient sur son torse pour en couvrir chaque parcelle. Sans doute satisfaite, elle finit par enserrer le guerrier plus étroitement encore. La tête nichée dans le creux de son épaule, Astarté élevait enfin la voix.

- Aucune nouvelle blessure ne te marque…  Un soulagement, dans la richesse de ses intonations. Je suis arrivée avec le crépuscule. Il y a peu.

Astarté songea un instant à ce sommeil qui l’avait happée si facilement. Les fatigues semblaient se déchaîner sur son corps, depuis quelques temps, de plus en plus fortes, de plus en plus nécessaires. Elle devait se détacher de lui, de ses bras protecteurs. Elle devait lui parler, annoncer ses couleurs. Elle devait lui demander de choisir. Pour elle. Pour eux. La gitane releva la tête pour capturer, un instant encore, l’air paisible de cet homme pour qui elle se faisait fidèle. Au prix d’un effort incroyable, elle se détacha de son étreinte, la mine plus soucieuse. Par quels mots devaient-elle avouer ses manies honteuses? Comment devait-on annoncer qu’on volait depuis des années, sans savoir s’en empêcher? Tout le petit discour qu’elle avait préparé lui semblait bien dérisoire. Ses lèvres s’ouvrirent comme si elle allait parler, mais Astarté se ravisa après quelques secondes d’hésitation.

Elle n’y parviendrait pas. C’était au-dessus de ses forces.

Plutôt, elle se dirigea vers la table et ses trésors retrouvés. Lentement, la gitane soulevait la figurine de pierre. Sans doute était-ce un présent de Roc-Épine qu’il avait ramené avec lui? Comment pouvait-elle lui soustraire ses propres souvenirs? Tout en le reposant au centre de la table, en évidence, Astarté coula un regard sur Anwar en espérant qu’il comprenne, malgré son silence.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Mer 13 Juin - 16:53

C'est comme un baume sur ton cœur que de retrouver sa présence, de la savoir là à ton retour.  Comme à chaque fois qu'elle te retrouve après le travail, ses mains glissent sur ton corps dans un geste qui n'a rien de sensuel, pas dans son intention en tout cas, tandis qu'elle ne s'assure que tu n'es pas blessé.  Si la première fois, tu as été un peu surpris, depuis tu t'es habitué à ce petit rituel auquel tu te soumets avec bonne grâce.  Toutefois, ce soir, il y a quelque chose de différent, d'inhabituel.  Quand elle se blottit contre toi, tu la serres dans tes bras avec affection, une tendresse qui ne fait que croître de jour en jour.

Tu es désormais habitué à ses silences, mais celui-là est différent.  Ce n'est pas celui de tous les jours, tu le remarques aisément.  Tu n'as pas besoin d'attendre qu'elle ne s'écarte et ne se relève pour comprendre que quelque chose cloche.  Ton cœur se serre avec angoisse.  Serait-elle venue te dire qu'elle ne ressent plus rien pour toi?  Votre idylle ne fait pourtant que commencer, aurais-tu fais quelque chose pour lui déplaire?  Mais pourquoi t'aurait-elle alors accueilli comme elle le fait depuis des semaines?

« Astarté, quelque chose ne va pas? » demandes-tu avec inquiétude.  Elle ne se ressemble pas la jolie joaillère, quelque chose la tracasse, mais elle reste silencieuse.

Tu te lèves et tu la rejoins, l'enlaçant par derrière, comme pour la réconforter et lui signifier qu'elle peut tout te dire.  C'est alors que tes yeux se posent sur un petit oiseau de pierre qu'elle vient de mettre en évidence sur la table.  Tu le reconnais rapidement, c'est celui que ta mère adoptive t'a offert.  Il te semble vaguement te rappeler ne pas l'avoir vu ces derniers jours, mais l'impression est faible.  Tu ne tiens pas le compte de tes possessions.

« Tu l'avais prise?  Pourquoi?  Si tu l'aimes, tu n'as qu'à me le dire, je te la donnerai.  Si tu désires quelque chose, tu n'as qu'à me le dire, je te l'offrirai. »  Tu desserres l'étreinte pour porter tes mains jusqu'aux siennes. Tu les guides vers la figurine,  doucement, et le referme dessus.  « Ne risque pas de perdre une main inutilement.  Pourrais-tu vivre sans pouvoir créer de bijoux? »

Tu as remarqué, sans jamais rien dire, ces mains qui dérobent les choses avec agilité.  Tu n'as rien dit.  Tu as cru que ce n'était qu'une simple fois.  Désormais à Vivedune, tu crains pour elle.  Le vol est durement puni.  Tu appuies ton menton sur son épaule et pose un baiser dans son cou.  « Pour moi. »  Tu lui demandes, tu lui demandes de ne plus rien prendre.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Jeu 14 Juin - 3:38

Dans la voix d’Anwar, des élans d’inquiétudes qui torturaient son coeur. Il lui demandait ce qui n’allait pas. Il la devinait déjà, comprenant le malaise qui l’agitait depuis son silence obstiné. Même sans qu’il ne sache ses vices, la gitane le blessait. Elle ne savait que répondre à sa question généreuse. Rien. Rien ne va, Anwar. Tu me détesteras. Tu me quitteras. Elle inclinait la tête vers la table et ses trésors dérobés pour chercher à se préparer à la conversation à venir. Ce qu’il vivait était jeune, encore. Ce qu’elle s’apprêtait à lui confier était lourd et risquait bien d’entacher leur idylle. Il était trop tôt. Trop tôt pour de pareilles confidences. Trop tôt pour lui imposer un enfant. Elle allait partir. Vraiment. Maintenant.

Ses mains à lui sur son corps à elle. Il la serrait contre lui, entre ses bras, l’empêchant de fuir mais, surtout, la réconfortant par ce simple geste. Puis ses questions. Pourquoi? Il lui offrirait les lunes, si elle le demandait. Sa voix n’offrait aucun signe d’hostilité, aucune stupeur. De l’incompréhension, peut-être bien. Anwar glissa ses mains tout le long de ses bras, sans qu’elle n’arrive à répondre quoi que ce soit, et l’aida à cercler la figurine de ses mains, comme pour lui confier que ce qu’il possédait lui appartenait, pour lui montrer l’évidence qu’elle n’avait pas perçu jusqu’alors. Elle tremblait. Beaucoup.

- Je ne peux pas, Anwar. ..Je n’y arrive pas.

Son intonation était plus lourde, ce soir, alors qu’elle contrôlait de son mieux sa culpabilité, sa honte et sa crainte, aussi, de s’ouvrir à lui. Elle lui faisait confiance, mais elle se savait fautive devant la sentinelle qu’il était et le garde qu’il devenait.

- C’est une pulsion irrépressible, une malédiction. Plus je résiste, plus l’envie gronde, en moi, comme une obsession. Parfois… Parfois, je ne m’en rends pas compte, sur le moment. Pas toujours. Parfois, aussi, je n’en ressens pas le besoin.

Pour lui. Pour lui, elle tenterait de lutter contre cette folie mais la gitane se savait déjà perdante, beaucoup trop faible. Combien de fois avait-elle cherché à restreindre cette envie sans y arriver? Même au sein du palais de Vivedune, ses mains avaient trouvé un objet à dérober. Heureusement, Astarté ne s’était inclinée qu’une seule fois devant ce trouble et personne ne l’avait vue. Le Destin était bon avec elle.

- Pour toi… Pour toi, je me confie. Je veux que tu saches, avant d’aller plus loin. Ton coeur est bon et tu ne mérites pas d’être surpris par mes ombres. J’ai lutté, Anwar... Je lutte encore. J’ai peur d’y laisser une main, ou pire.

Pour lui, la liberté de choisir. C’était tout ce qu’elle pouvait lui promettre. Sa voix s’était faite douce et basse, un murmure fragile, alors qu’elle lui confiait une part de son destin. De toutes ses paroles, jamais elle n’avait osé le regarder, ni le toucher. Ses mains demeuraient obstinément sur la figurine de pierre, là où celles d’Anwar les avaient laissées.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Jeu 14 Juin - 4:14

Elle tremble contre toi la belle gitane, comme si des terreurs l'animent et la rendent impuissante.  Tu ne t'écartes pas devant ses aveux, tu restes près d'elle, avec elle même.  Tu as remarqué jadis, une fois, cette main chapardeuse, cette main qui se faufile avec aisance et rapidité.  Si tu as vu toi, rien n'empêchera un jour les autres de voir eux aussi.  Si tu la prenais sur le fait alors que tu serais en service, serais-tu capable de la protéger envers ton sens de la justice?  La question est difficile et mérite réflexion, car tes sentiments pour elle se forgent tranquillement, prennent de plus en plus de place.  Déjà, tu n'arrives plus à te souvenir de la vie avant elle.  Pourrais-tu supporter qu'on te l'enlève?  Dans sa voix, dans sa posture, tu peux sentir sa détresse et ta crainte de la perdre serre ton cœur douloureusement.  Cependant, tu es là pour elle, roc immuable et fort dans la tempête.  Tu peux la soutenir.

Le silence revient entre vous, lourd et pesant.  La tension est palpable et il ne revient qu'à toi de la diminuer.  Tu effectues une légère pression sur ses mains qui tiennent obstinément ce petit oiseau de pierre. C'est un hasard curieux que ce soit celui-là qui soit à l'origine des aveux.

« Tu n'as plus besoin de lutter seule.  Mon cœur, mon âme, mes mains lutteront avec toi.  Si tu fautes de nouveau, je t'apprendrai à ne plus le faire. »

Tu te redresses un peu, ton menton quitte son nid logé sur son épaule.  Tu choisis tes mots avec soin.  Ensemble, vous serez plus fort.

« Comme tu es la lumière de mes propres ombres, laisse-moi être celle des tiennes.  Tu n'es pas mauvaise, moi je le sais.  Cet oiseau m'a été offert pour représenter la liberté, la possibilité de prendre son envol.  Prends-le tien maintenant.  Si tu es fatiguée en cours de route, je te porterai jusqu'à ce que tu puisses battre à nouveau des ailes. »

Tu libères avec délicatesse l'oiseau de ses mains qui sont crispées dessus.  Doucement, tu l'obliges à pivoter pour te faire face.  Tu prends son visage entre tes mains et tu poses un baiser sur son front avant de l'attirer dans tes bras.

« N'aies plus peur.  Je te protégerai.  Parce que déjà, je n'arrive plus à imaginer la vie sans toi. »

Cachée dans tes bras, tu la protèges de tous les dangers.  De toutes ses peurs aussi, tu l'espères.  Elle semble si frêle et fragile près de toi.  Ton désir  de la préserver de tout mal se renforce encore plus.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Sam 16 Juin - 3:56

Il lui parlait d’avenir et de soutien et elle songeait qu’elle ne le méritait pas. Anwar lui racontait combien sa lumière à elle lui était importante pour ses propres parts d’ombres et la gitane se promit de lui accorder la même écoute, la même générosité, s’il s’ouvrait un jour à elle. Ses mots étaient beaux et bons. Il ne voyait pas de méchanceté, chez elle, et Astarté était émue de son propre reflet qu’elle percevait dans ses paroles. Anwar la rendait meilleure. D’une pression délicate de la main, il lui fit abandonner tout à fait l’oiseau de pierre en guise de liberté. Elle, si éprise de liberté, n’avait encore jamais perçu ce travers comme des chaînes. Peut-être qu’avec son aide… Peut-être que si elle n’était pas seule, cette fois, elle y arriverait? L’Erebienne doutait mais souhaitait bien le croire.

Ce n’est qu’une fois entre ses bras, son front encore brûlant de ce baiser porteur de tendresse, que la gitane se sentit assez en confiance pour reprendre parole. Là, blottie contre ce corps qu’elle connaissait déjà si bien, Astarté avait cessé de trembler et sa peur de le voir la rejeter comme un autre l’avait fait avant lui se dissipait peu à peu. Elle lui avait raconté le plus terrible, le plus monstrueux, et Anwar ne reculait pas. Comme par crainte qu’il ne comprenne pas la situation, ou encore que ses jolis mots s’envolent comme une plume au premier vent, elle s’était fait insistante dans sa manie. Comprenait-il?

- J’ai volé des gens que j’aime, que j'apprécie. J’ai… J’ai dérobé l’Éclat des Cieux, Anwar. Ils ont pris les armes pour combattre et défendre les innocents. J’ai pris Égérie car la tentation était aussi grande que mon angoisse.

Elle avait combattu, pourtant, la gitane, alors que d’autres écrins plus entraînés avaient déserté. Comment leur en vouloir? Ce n’était pas pour les sauver, tous, qu’Astarté avait traversé les couloirs. C’était pour fuir. Elle n’était pas un héros, contrairement à Anwar.  Le Destin en avait décidé autrement, guidant chacun de ses pas jusqu’à ce fils Séverac et ces mâtins. Elle craignait si fort qu’il la glorifie trop, tout à coup, qu’il dépeigne un portrait trop flatteur d’elle et qu’il soit déçu lorsqu’il comprendra réellement ce qu’elle est.

- Que feras-tu lorsque je me ferai prendre? Que feras-tu si toi, tu me surprends? ...Si tu veux promettre de me soutenir, de m’apprendre et de me protéger, fais le doucement, lentement, en étant certain de chacun de tes pas. Car je crois tes mots, Anwar. Chacun d’entre eux.

Son regard de chat s’était planté dans le sien à la recherche d’une hésitation, d’un petit détail qui lui permettrait de se défiler avant d’avouer l’aimer entièrement. Avant de lui avouer qu’un enfant naîtrait de cette tendresse. S’il la voyait réellement, s’il ne reculait pas… Oui. Oui, elle saurait trouver les mots pour lui confier qu’elle portait la vie.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Sam 16 Juin - 20:36

Tes bras se font rassurants autour d'elle.  Tu peux mesurer le poids que pouvait représenter ce secret sur son cœur.  Ne vis-tu pas toi-même entouré de secrets et de mystères?  Tes origines sont sombres, tu n'en parles jamais.  Tu as toujours réussi jusqu'à présent à faire en sorte que personne ne te pose trop de questions à ce propos, ni à ce qu'on n'y porte trop attention.  Peut-être que certains ont leurs doutes sur ton peu d'envie de parler de ton passé, mais tu n'avais que cinq quand tu es arrivé au Pic de Roc-Épine, pour la plupart des gens, il va tout simplement de soi que tu ne te souviens pas.  Si seulement ils avaient la moindre idée des horribles souvenirs qui peuplent ta tête et hantent parfois tes nuits.  Peut-être un jour, tu te réveilleras dans un sursaut après un cauchemar et elle serait auprès de toi, prête à t'écouter.  Tu l'espères.  Si tu écoutes ses blessures, c'est parce que tu sais que c'est à elle que tu voudrais un jour confier les tiennes.  Ça, mais aussi parce que tu veux être le soutien sur lequel elle peut toujours compter.

« Si on te prends, je mettrai ma main sous la lame à ta place.  Si je te vois, je t'empêcherai avant que quelqu'un ne te voit.  Je te protégerai des autres, mais de toi aussi.  Chaque fois que tu trébucheras, je serai là derrière pour te rattraper, jusqu'à ce que tu n'aies plus besoin de moi pour avancer.  Un pas à la fois. »

Tu la serres un peu plus fort contre toi, le cœur battant.  C'est le serment le plus sérieux que tu aies jamais prononcé, pour elle.  Tu as peur, peur de ne pas être à temps si jamais elle avait besoin de toi à ses côtés, peur de lui faillir.  Pourtant, ces mots ne sont pas dits à la légère et tu espères qu'elle sent combien ils sont sincères.

« La Rose Écarlate s'est éteinte, il vaut mieux que ses armes millénaires restent entre de bonnes mains.  C'était courageux d'accepter de devenir l'écrin de l'une des pièces.  À ta mesure, tu as affronté tes craintes et tes incertitudes pour un monde meilleur.  Égérie te revient.  À toi de décider comment tu veux t'en servir.  Les héros ne sont pas tous vêtus d'une armure et armés se jetant devant l'ennemi au mépris de leur vie.  Maintenant, c'est toi la source de mon courage et de ma force, toi qui me permet de continuer.  J'ai besoin de toi auprès de moi. »

Et comme pour ponctuer ce nécessité d'elle, tu te penches pour joindre tes lèvres aux siennes dans un doux baiser.  Il est loin des passions qui animent parfois, celui-ci est tendre, réconfortant et empli d'un amour sincère.  Tu n'as plus besoin d'y réfléchir.  Tu as assez pris le temps.  Tu l'aimes et c'est tout.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Mar 19 Juin - 15:53

Son maître le lui disait, parfois, pour l’extirper de son mutisme entêté. Si le lien entre les hommes était parfait, la langue n’existerait pas. C’était pour cette raison précise, disait-il, que les hommes parlaient : palier l’incompréhension des silences. Il lui semblait pourtant qu’avec Anwar, il serait possible de vivre une vie de silence en se comprenant malgré tout. Au-delà de ses promesses, au-delà de ses mots, il demeurait là, près d’elle, immobile et rassurant. Sa simple posture, le simple fait de l’enserrer toujours de ses bras, de chercher ses lèvres des siennes, étaient la plus parfaite des réponses pour Astarté.

Il promettait de prendre les coups pour elle, de perdre sa main pour préserver la sienne. La gitane glissait ses doigts à son poignet sacrifié, en entendant cette promesse, et déposa sa main sur sa taille. Il disait être la pour la ratrapper, si elle chancelait. Alors elle se lovait contre le rebord de la table et l’attirait vers elle, qu’il l’enveloppe tout à fait de ses bras. Elle le croyait incapable de lui mentir, tant sa voix et le poids de son regard lui semblaient sincères. Ce moment était important pour Anwar, elle le ressentait. Ses promesses étaient importantes pour elle, aussi.

Lorsqu’il lui parla de la Rose Écarlate et de sa fin tragique, lorsqu’il avança comme une certitude que Égérie lui revenait de plein droit, la gitane sentit son coeur battre un peu plus fort. Elle avait appréhender son départ si elle lui confiait ses larcins quotidiens qu’elle ne pouvait empêcher. Elle avait craint aussi qu’il se détourne d’elle en la sachant liée à la disparition de Sitara d’Erebor ou encore à tous ces savoirs perdus dans les dunes sableuses. Anwar n’avait même pas hésité, imperturbable. Il lui parlait d’héroïsme plus délicat, plus subtile que ces héros armés. Il la considérait elle, joaillière timide, comme l’un de ces sauveurs.

- Maintenant, c'est toi la source de mon courage et de ma force, toi qui me permet de continuer.  J'ai besoin de toi auprès de moi.

Les mots avaient l’effet d’une déclaration, pour Astarté. Il avait besoin d’elle, tout comme elle avait besoin de lui. La gitane avait fermé les yeux pour supporter l’étrange sentiment qui l’étreignait soudainement. Du soulagement, certainement, mais de la reconnaissance, aussi, pour ce garde qui s’était fait une place toute particulière dans son coeur et qui ne l’avait pas meurtrie au passage. À son baiser aussi doux que la brise, elle avait répondu. Ses lèvres cherchaient les siennes avec cette même volonté de douceur, de délicatesse, pour lui transmettre, elle aussi, ce qu’elle ressentait. Quelque chose de beau. Quelque chose de pur. Lorsque les baisers répétés se firent plus insistants, à peine plus avides, la gitane y avait mis fin en laissant courir sur son cou une série de baisers effleurés jusqu’au lobe de son oreille. Là, ainsi blottie contre lui, une main dans ses cheveux courts, elle lui murmura quelques mots.

- C’est ton enfant, que je porte.

Cette voix ne semblait déjà plus la sienne, tant les mots avaient été pensé et repensé à son esprit, tant la confidence lui semblait lourde d’avoir été tant répétée devant son propre reflet. Il y avait eu un flottement, pendant lequel Astarté avait retenu son souffle pour mieux entendre et ressentir la réaction d’Anwar. Elle hésitait à tendre la main, désormais, à se détacher de lui pour empoigner le fiole, plus loin, sur la table, et la brandir comme solution à toutes complications. Elle en était là, précisément, la jeune femme, à hésiter, à retenir sa respiration, toujours cambrée entre la table et l'amant.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Ven 22 Juin - 16:55

Le goût de miel associé à ces lèvres pour toujours coulait sous ta langue avec douceur tandis que malgré toi, le baiser devient un peu plus insistant.  Elle est splendide Astarté dans la pénombre, son corps fin blotti contre toi.  Et tu l'aimes, tu l'aimes à tout lui pardonner, à tout lui offrir.  Toi l'âme errante sans réel point d'attache autres que les souvenirs, tu as trouvé en elle un endroit fixe, un foyer auquel retourner après avoir braver les dangers.  Cet échange de sentiments passe par tous les points culminants.  La crainte de ne pas revenir, le bonheur d'être de retour, l'espérance des vieux jours ensemble.  Tu le sais, tu as déjà vécu plus de la moitié de ta vie vraisemblablement et ton temps à ses côtés t'es sûrement compté, mais cela t'encourage encore plus à profiter de l'instant présent, à vouloir être près d'elle et lui laisser comprendre, par tes mots, tes gestes et tes silences à quel point elle t'es devenue chère, à quel point elle est irremplaçable.

Pourtant, oui pourtant, c'est elle qui s'écarte, qui met fin à cette accolade remplie d'abord de tendresse, juste avant que la passion ne l'emporte.  Ton regard posé sur elle est étonné, tu cherches à comprendre ce que tu as fait de travers pour l'éloigner de toi.  Mais ses mots, ses mots…  Un instant, tu peines à réaliser ce qu'elle vient de t'annoncer.  Ton enfant en son sein.  Si d'abord la surprise dépasse tout autre sentiment, tu es rapidement envahi par une joie que tu peines à contrôler, dans le doute que ce ne soit pas réel.

« Tu es certaine?  Le nôtre? » demandes-tu avec une certaine angoisse qui perce légèrement dans ta voix.  Tu crains de t'abandonner trop à ta joie et d'être finalement déçu.  Tes mains serrent les siennes tandis que tes yeux scrutent son visage baigné par la pénombre, ces traits que tu as appris à connaître par cœur au point que tu n'as plus besoin de lumière pour les voir.

Puis, incapable de comprimer cet accès de joie, tu la prends dans tes bras pour la faire tourner dans les airs avant de la reposer doucement sur le sol, comme une poupée délicate.  Tes bras l'enlancent de nouveau, délicatement comme si tu craignais de la briser désormais que tu sais qu'en elle grandit la vie.

« Je suis si heureux… » arrives-tu à souffler, incapable d'exprimer autrement toute cette boule d'émotions que tu ressens.  Tu n'as jamais eu droit à une réelle famille.  Les gens qui t'ont élevé font figure de parents à tes yeux et tu les aimes comme un fils, mais jamais tu n'as pu oublier ta mère, tes sœurs, même si tu ne les as jamais connues.  Jusqu'à présent, avoir des enfants ne faisaient pas partie de tes plans de vie, tu prévoyais la terminer seul, emportant avec toi le secret dans la tombe et éliminant ainsi toute concurrence au titre de ton frère, là ou personne ne pourrait jamais le menacer lui et sa lignée.  Peut-être ne peut-elle pas s'expliquer que la nouvelle te comble d'autant de joie, tu ne lui as pas encore dit qui tu es, d'où tu viens.  Un jour, tu lui diras peut-être et elle repensera à cette annonce sous un nouvel angle.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Ven 29 Juin - 1:53

La fiole sombre fut relâchée lorsque Anwar vint quérir ses mains, des siennes, en la questionnant sur sa certitude d’être enceinte ou encore sur la paternité de cette poussière de sable qui poussait sous son nombril. Il la scrutait et, malgré l’obscurité, Astarté pouvait sentir le poids de son regard sur elle. Alors elle acquiesçait avec une certaine retenue, étudiant, elle aussi, les traits de son amant. Même si elle s’efforçait de se faire neutre, de protéger ses craintes de rejet, le petit être en devenir chamboulait tout, à commencer par ses émotions qu’il rendait plus vives par sa simple présence. Elle y avait laissé quelques larmes, lorsqu’il l’avait soulevée avec toute la joie des dunes dans son coeur pour mieux la faire tourbillonner dans les airs. Comme si la gravité n’existait plus. Comme si elle voltigeait, là, entre ses bras. Peut-être était-ce le cas, qu’elle se disait, tant son coeur était pris de vertige à ses côtés.

- Il n’y a eu que toi… Il n’y aura que toi.

Elle lui souriait, à travers ses joues scintillantes de larmes, ses mains ne finissant jamais d’essuyer cet éclat d’émotion. Astarté s’était toujours montrée résiliente devant l’adversité. Hypocrite devant les plus grands de ce monde. Une toile finement tendue qui supportait les tempêtes de sables les plus violentes. C’était une barrière de plus qu’elle baissait pour lui, aidée par sa grossesse encore nouvelle. Peut-être parce qu’il s’avouait heureux, ou alors parce qu’elle était à fleur de peau, mais les mots s'échappaient d’entre ses lèvres en un seul souffle.

- Je craignais que tu n’en veuilles pas. J’aurais bu toutes les concoctions d’Erebor, si tu me l’avais demandé, mais je t’en aurais voulu… Je crois que je t’en aurais voulu.

Elle ne croyait pas. Elle savait. C’était sans doute pour cette raison, précisément, qu’elle avait tant redouté de lui avouer son état. S’il ne voulait pas d’elle comme femme, s’il ne souhaitait pas de cet enfant, de cette étrange chance que le Destin leur offrait, elle lui en aurait voulu, même sans le lui dire. Un poison cruel dans cette relation encore fragile. Comment pardonner à un homme qui aurait piétiné ses rêves et ses envies? La gitane, la mine soulagée mais également reconnaissante, déposa un baiser sur sa joue, à la commissure de ses lèvres.

- Il me fait songer à cette autre vie, depuis que je sais sa présence en moi. J’étais… J’étais une sultane terrible, selon ce que l’on m’a dit, épouse d’un homme portant ton nom. Anwar d’Erebor. Lorsque je me suis réveillée, il n’y avait que l’enfant, à ma main, qui m’appelait maman. Son souffle changé, tremblant et plus fragile, alors qu’elle désignait son ventre, d’un geste vague. Ce n’est pas lui, je le sais. Mais j’avais… Une brisure, dans sa voix. J’avais tant besoin de ressentir ce lien, à nouveau. Je rêve à lui, je pense à lui, je…

Astarté ne lui avait laissé que peu de temps pour encaisser cette percée d’un autre monde, car déjà elle avait enfoui son visage contre son torse, ses épaules secouées par quelques pleurs silencieux. Elle murmurait ses excuses, à plusieurs reprises, la voix chagrine étouffée par le tissu de sa chemise.

- Je suis si heureuse.. Pardonne-moi, Anwar.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Ven 29 Juin - 2:34

Ton  cœur ne se remet pas facilement de la surprise.  Tu éprouves tellement de joie à cette heureuse nouvelle.  Ta famille enfin se construit.  Petit à petit, tu redeviens un homme normal, un homme qui a le droit d'aimer et d'être aimé en retour, un homme qui des frère et sœurs à protéger.  Plus de trente ans ont passé depuis que tu as tout donné en échange de la liberté.  Des années plongé dans une solitude dont tu ne croyais pas pouvoir te défaire.  Tu n'étais pas malheureux, mais tu n'étais pas particulièrement heureux.  Ou si tu croyais connaître le bonheur, désormais il te semble bien fade en comparaison de ce que tu peux ressentir aujourd'hui.  Il n'y a pas de mot assez fort pour exprimer à Astarté la joie que tu éprouves face à cette nouvelle.  Et cela vient à te faire penser que votre prochaine étape serait sûrement de lancer des invitations à travers le duché pour votre mariage.  L'enfant sera sûrement déjà né le temps que la cérémonie ne puisse être célébrée, que l'on puisse réunir vos parents et amis éparpillés dans le désert.  A-t-elle idée seulement du futur que tu commences à apercevoir, le cœur gonflé par la félicité.  Tu ne regrettes pas d'avoir accepté l'offre de ton frère, d'avoir rejoint le palais.  Tout ceci était prédestiné par les dieux.  Il faudrait d'ailleurs faire des offrandes à Maari pour lui demander protection et bénédiction pour la grossesse d'Astarté.

- Il me fait songer à cette autre vie, depuis que je sais sa présence en moi. J’étais… J’étais une sultane terrible, selon ce que l’on m’a dit, épouse d’un homme portant ton nom. Anwar d’Erebor. Lorsque je me suis réveillée, il n’y avait que l’enfant, à ma main, qui m’appelait maman.

Tu as ouvert la bouche incapable de dire quoi que ce soit.  Sait-elle elle aussi que tu es le frère aîné d'Anthim?  Combien d'autres encore connaissent-ils ton secret?  Dans ce moment de liesse, tu sens la peur venir t'envahir de nouveau.  Si jamais tout devait s'effondrer, viendrait-elle avec toi?  Te suivrait-elle avec cet enfant qu'elle porte, le tien, le vôtre, jusqu'aux confins du monde.  Elle ne semble pas réaliser que cet Anwar d'Erebor ne fait qu'un avec toi, son visage enfoui contre ton torse alors qu'elle pleure ce fils que vous avez eu ensemble dans une vie où tu n'étais pas toi et elle n'était pas elle.  L'instinct protecteur fait glisser tes bras autour d'elle pour l'envelopper de ta chaleur.

« Peut-être que la concordance de nos noms suffira à faire le faire revenir.  Ce ne sera pas tout à fait lui, mais un peu à la fois, car nous l'aimerons et le protégerons. »

Tu poses un baiser sur le haut de son front, tellement chamboulé par les nouvelles.  Le Destin a d'étranges plans.  Dans une autre vie, vous étiez mariés.  Tes enfants étaient aussi les siens.  Tu y vois, en plus de cette grossesse, le signe de l'approbation du panthéon.  C'est ainsi que les choses doivent être.  Tu n'as plus à errer en âme solitaire, ils l'ont mise sur ta route, t'ont montré l'évidence.  Ce ne peut qu'être qu'elle.

« Ce bébé, c'est le fruit de notre amour naissant.  La preuve que je t'ai trouvée.  Jamais je n'aurais pu te dire que je n'en voudrais pas, jamais.  Je l'aime déjà de tout mon cœur, de tout ses morceaux qui ne t'appartiennent pas. »

C'est la première fois que tu lui dis que tu l'aimes.  Tu prends détours et chemin, mais le message est là, criant dans ton discours.  Cet enfant tu le désires si fort dans ta vie parce qu'il est d'elle, parce que jamais tu ne voudrais la faire souffrir, car si son cœur se tord, le tien se brise en miettes.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Ven 29 Juin - 3:51

Anwar avait reçu chacune des petites craintes avec une écoute et une bienveillance qui réchauffaient Astarté. Chaque tourment semblait se désamorcer, par sa simple écoute. Chaque doute était chassé entre ses bras qui l’enlaçaient pour ne plus la laisser partir. La gitane s’était calmée en entendant ses mots porteurs d’espoir et de compassion ; de ses pleurs il ne restait que quelques traces humides et sombres sur le tissu imbibé. Épuisée de ses confidences tout autant que de ses émotions, elle se laissait bercer par ses bras forts et par cette déclaration toute en subtilité. Il l’aimait.

- Aïssa. Il s’appelait Aïssa. J’aimerais que notre enfant porte son nom, pour ne pas oublier. Si c’est un garçon, si tu l’acceptes.

Peut-être disait-il vrai, que dans ce monde les coïncidences se succédaient avec beaucoup trop d’insistance pour ne pas croire qu’il soit possible que l’enfant revienne, d’une certaine manière. Une étincelle d’Aïssa, celui d’Astarté des Sables et d’Anwar Sinhaj. Qu’il soit fille ou garçon, peu lui importait. Elle l’aimait déjà, et ses pensées firent écho aux paroles de l’Erebien. Pauvre petit être qui, avant même d’être né, était porteur de symboles très forts aux yeux de ses parents. De l’amour, mais également le souvenir d’une autre vie. Astarté se fit la promesse de retrouver son maître, dès l’aube, afin qu’ils déterminent ensemble sous quelle gemme l’enfant naîtrait. Peut-être lui destinerait-elle l’améthyste, la plus protectrice et apaisante de toutes les pierres? Comme Anwar. Comme Solal.

… Elle devait l’informer de la nouvelle.

- J’aimerais te présenter quelqu’un, dès qu’il sera possible de le faire. Celui qui m’a sauvée et m’a offert mon nom.

Elle s’était lovée tout contre lui, dans ce lit qui semblait soudainement bien trop grand pour eux. Elle parlait, la gitane, laissant néanmoins quelques silences s’installer. Elle parlait de lui, l’Erebien fier et farouche qui l’avait prise entre ses bras pour la sortir des grottes sombres cerclant le désert. Solal Aluddin. Retiens son nom, car il est important. Ses doigts avaient tracé des formes étranges, sur son torse, comme lorsqu’ils s’étaient aimés pour la première fois. C’était à lui qu’elle s’en remettait, depuis toute petite. C’était lui qui lui avait trouvé un maître de joaillerie. Qui l’avait placée sous la protection de la marquise de Sinsarelle. C’était à lui qu’elle confierait l’enfant, s’ils venaient à périr.

Elle n’était pas douée avec les mots. Jamais elle n’aurait pu dire aussi joliment ses sentiments sans les dévoiler tout à fait, comme il lui avait murmuré. Astarté s’était contentée de lier sa main à la sienne, d’entremêler ses doigts au sien, et de déposer cette main sur son coeur. Il comprendrait.

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L'aube brillera quand même
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