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 L'aube brillera quand même

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Message Sujet: L'aube brillera quand même   Dim 10 Juin - 21:24




Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Astarté des Sables & Anwar Sinhaj

L'aube brillera quand même




• Date : 26 juin 1003
• Météo (optionnel) : La nuit est fraîche, même à Vivedune.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : C'est une grande nouvelle qu'Astarté doit annoncer à Anwar. Elle espère avoir suffisamment de courage pour annoncer sa grossesse à celui qui habite ses pensées, et qu'il ait assez de compassion et d'affection pour comprendre ses petits larcins quotidiens.
• Recensement :
Code:
• [b]26 juin 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3828-l-aube-brillera-quand-meme#142090]L'aube brillera quand même[/url] - [i]Astarté des Sables & Anwar Sinhaj[/i]
C'est une grande nouvelle qu'Astarté doit annoncer à Anwar. Elle espère avoir suffisamment de courage pour annoncer sa grossesse à celui qui habite ses pensées, et qu'il ait assez de compassion et d'affection pour comprendre ses petits larcins quotidiens.


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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Dim 10 Juin - 21:26

Alors qu’elle se faufilait à l’intérieur de la garçonnière d’Anwar, Astarté songeait à tout ce qu’elle aurait pu être, si une autre vie l’avait réclamée. Le pas léger, la taille fine, si discrète qu’on l’oubliait, si taciturne qu’on se confiait à elle pour combler les silences. Qu’aurait été sa vie, si on lui avait demandée de récolter des informations pour son sultan? L’enfant aurait été froidement tué à même ses entrailles : tout pour continuer à servir le Roi des Gitans. Le geste délicat, les yeux de chat, si jolie qu’elle avait semé la zizanie dans la fratrie Qoraïch. Qu’aurait été sa vie, si elle avait accepté l’invitation d’Alméïde d’Erebor à rejoindre le harem de son sultan? L’enfant aurait été louangé, malgré les rivalités, avant même sa venue au monde : tout pour continuer la lignée du Roi des Gitans. Elle prit soin de refermer derrière elle cette porte qu’il laissait volontairement déverrouillée pour elle et arpenta le petit logement un long moment, plongée dans ses pensées et dominée par le doute.

Par quoi devait-elle débuter? Par quels mots, par quel problème? Toute sa vie ne semblait être qu’une succession de noeuds emmêlés par ses silences quotidiens. Solal et son regard de folie, la peur qu’il lui inspirait encore parfois. Toutes ces tentatives d’enlèvement sur sa personne, tous ces sauveurs à remercier. Les Qoraïch ayant partagé sa couche et la perfidie avec laquelle elle souhaitait ainsi atteindre Sicq. Son aventure avec Mélusine de Sylvamir. Sa peur aveugle des espaces clos et son amour inconditionnel pour sa liberté. La présence de la Reine Blanche dans sa vie et ses idéaux de paix pour Erebor. Ses vols fréquents et souvent inconscients, qui compliqueraient leur relation. La détruiraient, même. L’enfant qui avait décidé de prendre racine au creux de son ventre, bien trop conscient de l’amour débordant qu’Astarté avait pour Anwar. Ou Anwar pour Astarté, peut-être, aussi.

Elle, si résiliente, si fière, sentait son regard s’humidifier pour une rare fois. Astarté des Sables ne pleurait pas. Elle encaissait ce que le Destin lui offrait, la tête haute, le regard droit, jusqu’à ce que la divinité clémente lui accorde quelques douceurs et un peu de répit. La gitane s’efforçait de se reprendre dans l’obscurité de l’endroit, chassant ses pensées par des gestes concrets. Sur l’unique table de la vaste pièce, elle déposa en évidence une figurine en pierre représentant un oiseau, une cuillère en bois et une boîte d'allumettes. C’était tout ce qu’elle avait réussi à lui dérober, contre sa propre volonté, depuis qu’il avait ce logement et l’invitait. Astarté déposa un peu en retrait une fiole sombre.

Le ferait-elle? Accepterait-elle de tout boire, s’il lui demandait? Elle se recroquevilla sur le lit d’Anwar, par-dessus la couverture même si le froid pinçait un peu, ce soir. Son regard était hypnotisé par la fiole inquiétante, dans la pénombre. Comme une ombre mauvaise. Elle ne savait pas si cela serait suffisant pour chasser le petit qui logeait sous son nombril, désormais grand de deux lunes. Avait-il remarqué ses fatigues marquées, du matin au soir? Qu’elle s’endormait sitôt qu’ils terminaient l’amour? Qu’un apprenti avait enfin intégré son atelier pour l’aider à polir et tailler les gemmes pour cette raison précise? Elle en doutait, la gitane. Ce soir.. Ce soir, il comprendrait.

Peut-être avait-il déjà compris, car elle sentit une main sur son épaule et une voix douce et grave l’appeler. Elle s’était endormie sans s’en rendre compte, doucement emportée par ses doutes et ses pensées tortueuses. Toute féline, elle s’étira sous la main câline qu’elle savait déjà reconnaître entre mille. Large, puissante, qui faisait naître des frissons d’un simple effleurement.

- Anwar…

Son sourire s’était fait tendre, un brin enjôleur depuis l’obscurité. Pendant un moment, elle avait oublié tout ce qu'elle désirait lui avouer. Il n'y avait plus que son amant et sa chaleur.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Mer 13 Juin - 2:15

Tu as quitté Vivedune pour retourner à Roc-Épine seulement quelques jours, le temps de dire au revoir à ceux qui t'avaient élevé, le temps de récupérer quelques effets personnels.  Le séjour fut court, trop même, mais tu as accepté de prendre un poste au palais, de rester auprès des tiens, bien que toujours dans l'ombre.  Avant de partir, tu as promis à Astarté de revenir, de ne penser qu'à elle.  Une fois de retour à la capitale tu t'es trouvé un logement en ville, d'où il te serait facile d'aller et venir du palais où tu es désormais posté.  Cet endroit n'a qu'une pièce, peu décorée, dont tu laisses la porte ouverte en permanence.  Tu as peu de biens, rien qui ne soit irremplaçable et auquel tu tiennes.  Tu n'es donc pas surpris en y rentrant ce soir d'y trouver ta belle gitane, recroquevillée sur elle-même et endormie.  Sans faire un bruit, pour ne pas la réveiller, tu poses tes armes, ton armure de cuirasse.  Pour elle, tu laisses tes protections derrière, doucement tu apprends à te montrer démuni devant elle, un simple homme par toujours aussi solide que tu ne le désirerais.  Lentement, tu la laisses te découvrir, craignant toujours néanmoins qu'en retirant une couche de plus, elle ne se détourne de toi.  L'absence a été difficile, ces quelques semaines à l'écart t'ont montré qu'elle creusait déjà son nid dans ta vie, s'y logeant de mieux en mieux avec le temps et la retrouver a presque été comme un soulagement.

De nouveau léger, déchargé de la responsabilité d'un homme d'arme, tu t'approches sur la pointe des pieds de la jeune femme pour ne pas la réveiller.   Tu restes là à la contempler en silence pendant un instant.  Les minutes passent.  Combien tu ne saurais le dire, tu n'as pas vu le temps passer, seulement le soleil à l'horizon disparaîtra bientôt et c'est délicatement que tu étires une main qui se pose avec douceur sur son épaule tandis que tu l'appelles.

« Astarté. »

Son nom coule avec un goût de miel sur ta langue, le même goût que celui de votre premier baiser.  Avec un temps, elle s'éveille, toute féline, elle se libère de l'emprise de Niobé qui ne semble te la rendre qu'à contre cœur.  Quand elle t'appelle, un sourire étire tes lèvres alors que ton cœur manque un léger battement.  Il y a quelque chose d'extrêmement intime dans cette façon de se nommer, c'est différent d'avec qui que ce soit.

« Le soleil embrasse déjà la terre de ses derniers rayons, tu es là depuis longtemps? » demandes-tu toujours à voix basse, comme si tu craignais de briser quelque chose.  Sans attendre sa réponse tu l'attires vers toi pour l'asseoir sur tes genoux.  L'air de l'été est chaud, mais le contact de sa peau contre la tienne est frais.  Délicatement, tu cueilles un baiser sur ses lèvres.  Tu n'oses pas le dire, mais tu es heureux de l'avoir là près de toi, qui t'attendait au retour du palais.  Ta simple chambre semble alors se parer du plus beau des ornements.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Mer 13 Juin - 14:05

La nuit semblait entière lorsqu’elle ouvrit réellement les yeux sur lui. Son regard, encore chargé de sommeil, détaillait les traits nobles du protecteur sans que l’obscurité n’entache son admiration. Depuis son enfance, elle évoluait aisément dans la pénombre et son regard se faisait plus perçant depuis les ombres. Alors elle l’embrassa, elle aussi, répondant à son baiser avec une infinie douceur. Sa peau était encore chaude d’avoir travaillé, malgré la nuit et sa fraîcheur. La gitane profita un moment de la douceur de ses bras, lovée contre lui, sur ses genoux, avant de débuter son inspection. Petit jeu - en était-ce réellement un? - qu’elle s'évertuait à répéter à chaque fois qu’elle le retrouvait à la suite de son travail. Anwar était de retour depuis près d’un mois, désormais, et devait reconnaître cet étrange rituel.

Du bout des doigts, l’Erebienne retraçait ce visage parfait, la courbe de la mâchoire virile, de sa gorge sur laquelle elle ne parvenait pas à s’empêcher de déposer quelques baisers. Elle inspectait ses épaules larges, ses bras, ses mains d’homme, avec un sourire timide, un peu fautive de s'immiscer ainsi sur un corps qui ne lui appartenait pas. Ses caresses, bien que douces, étaient brèves mais nécessaires et glissaient sur son torse pour en couvrir chaque parcelle. Sans doute satisfaite, elle finit par enserrer le guerrier plus étroitement encore. La tête nichée dans le creux de son épaule, Astarté élevait enfin la voix.

- Aucune nouvelle blessure ne te marque…  Un soulagement, dans la richesse de ses intonations. Je suis arrivée avec le crépuscule. Il y a peu.

Astarté songea un instant à ce sommeil qui l’avait happée si facilement. Les fatigues semblaient se déchaîner sur son corps, depuis quelques temps, de plus en plus fortes, de plus en plus nécessaires. Elle devait se détacher de lui, de ses bras protecteurs. Elle devait lui parler, annoncer ses couleurs. Elle devait lui demander de choisir. Pour elle. Pour eux. La gitane releva la tête pour capturer, un instant encore, l’air paisible de cet homme pour qui elle se faisait fidèle. Au prix d’un effort incroyable, elle se détacha de son étreinte, la mine plus soucieuse. Par quels mots devaient-elle avouer ses manies honteuses? Comment devait-on annoncer qu’on volait depuis des années, sans savoir s’en empêcher? Tout le petit discour qu’elle avait préparé lui semblait bien dérisoire. Ses lèvres s’ouvrirent comme si elle allait parler, mais Astarté se ravisa après quelques secondes d’hésitation.

Elle n’y parviendrait pas. C’était au-dessus de ses forces.

Plutôt, elle se dirigea vers la table et ses trésors retrouvés. Lentement, la gitane soulevait la figurine de pierre. Sans doute était-ce un présent de Roc-Épine qu’il avait ramené avec lui? Comment pouvait-elle lui soustraire ses propres souvenirs? Tout en le reposant au centre de la table, en évidence, Astarté coula un regard sur Anwar en espérant qu’il comprenne, malgré son silence.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Mer 13 Juin - 16:53

C'est comme un baume sur ton cœur que de retrouver sa présence, de la savoir là à ton retour.  Comme à chaque fois qu'elle te retrouve après le travail, ses mains glissent sur ton corps dans un geste qui n'a rien de sensuel, pas dans son intention en tout cas, tandis qu'elle ne s'assure que tu n'es pas blessé.  Si la première fois, tu as été un peu surpris, depuis tu t'es habitué à ce petit rituel auquel tu te soumets avec bonne grâce.  Toutefois, ce soir, il y a quelque chose de différent, d'inhabituel.  Quand elle se blottit contre toi, tu la serres dans tes bras avec affection, une tendresse qui ne fait que croître de jour en jour.

Tu es désormais habitué à ses silences, mais celui-là est différent.  Ce n'est pas celui de tous les jours, tu le remarques aisément.  Tu n'as pas besoin d'attendre qu'elle ne s'écarte et ne se relève pour comprendre que quelque chose cloche.  Ton cœur se serre avec angoisse.  Serait-elle venue te dire qu'elle ne ressent plus rien pour toi?  Votre idylle ne fait pourtant que commencer, aurais-tu fais quelque chose pour lui déplaire?  Mais pourquoi t'aurait-elle alors accueilli comme elle le fait depuis des semaines?

« Astarté, quelque chose ne va pas? » demandes-tu avec inquiétude.  Elle ne se ressemble pas la jolie joaillère, quelque chose la tracasse, mais elle reste silencieuse.

Tu te lèves et tu la rejoins, l'enlaçant par derrière, comme pour la réconforter et lui signifier qu'elle peut tout te dire.  C'est alors que tes yeux se posent sur un petit oiseau de pierre qu'elle vient de mettre en évidence sur la table.  Tu le reconnais rapidement, c'est celui que ta mère adoptive t'a offert.  Il te semble vaguement te rappeler ne pas l'avoir vu ces derniers jours, mais l'impression est faible.  Tu ne tiens pas le compte de tes possessions.

« Tu l'avais prise?  Pourquoi?  Si tu l'aimes, tu n'as qu'à me le dire, je te la donnerai.  Si tu désires quelque chose, tu n'as qu'à me le dire, je te l'offrirai. »  Tu desserres l'étreinte pour porter tes mains jusqu'aux siennes. Tu les guides vers la figurine,  doucement, et le referme dessus.  « Ne risque pas de perdre une main inutilement.  Pourrais-tu vivre sans pouvoir créer de bijoux? »

Tu as remarqué, sans jamais rien dire, ces mains qui dérobent les choses avec agilité.  Tu n'as rien dit.  Tu as cru que ce n'était qu'une simple fois.  Désormais à Vivedune, tu crains pour elle.  Le vol est durement puni.  Tu appuies ton menton sur son épaule et pose un baiser dans son cou.  « Pour moi. »  Tu lui demandes, tu lui demandes de ne plus rien prendre.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Jeu 14 Juin - 3:38

Dans la voix d’Anwar, des élans d’inquiétudes qui torturaient son coeur. Il lui demandait ce qui n’allait pas. Il la devinait déjà, comprenant le malaise qui l’agitait depuis son silence obstiné. Même sans qu’il ne sache ses vices, la gitane le blessait. Elle ne savait que répondre à sa question généreuse. Rien. Rien ne va, Anwar. Tu me détesteras. Tu me quitteras. Elle inclinait la tête vers la table et ses trésors dérobés pour chercher à se préparer à la conversation à venir. Ce qu’il vivait était jeune, encore. Ce qu’elle s’apprêtait à lui confier était lourd et risquait bien d’entacher leur idylle. Il était trop tôt. Trop tôt pour de pareilles confidences. Trop tôt pour lui imposer un enfant. Elle allait partir. Vraiment. Maintenant.

Ses mains à lui sur son corps à elle. Il la serrait contre lui, entre ses bras, l’empêchant de fuir mais, surtout, la réconfortant par ce simple geste. Puis ses questions. Pourquoi? Il lui offrirait les lunes, si elle le demandait. Sa voix n’offrait aucun signe d’hostilité, aucune stupeur. De l’incompréhension, peut-être bien. Anwar glissa ses mains tout le long de ses bras, sans qu’elle n’arrive à répondre quoi que ce soit, et l’aida à cercler la figurine de ses mains, comme pour lui confier que ce qu’il possédait lui appartenait, pour lui montrer l’évidence qu’elle n’avait pas perçu jusqu’alors. Elle tremblait. Beaucoup.

- Je ne peux pas, Anwar. ..Je n’y arrive pas.

Son intonation était plus lourde, ce soir, alors qu’elle contrôlait de son mieux sa culpabilité, sa honte et sa crainte, aussi, de s’ouvrir à lui. Elle lui faisait confiance, mais elle se savait fautive devant la sentinelle qu’il était et le garde qu’il devenait.

- C’est une pulsion irrépressible, une malédiction. Plus je résiste, plus l’envie gronde, en moi, comme une obsession. Parfois… Parfois, je ne m’en rends pas compte, sur le moment. Pas toujours. Parfois, aussi, je n’en ressens pas le besoin.

Pour lui. Pour lui, elle tenterait de lutter contre cette folie mais la gitane se savait déjà perdante, beaucoup trop faible. Combien de fois avait-elle cherché à restreindre cette envie sans y arriver? Même au sein du palais de Vivedune, ses mains avaient trouvé un objet à dérober. Heureusement, Astarté ne s’était inclinée qu’une seule fois devant ce trouble et personne ne l’avait vue. Le Destin était bon avec elle.

- Pour toi… Pour toi, je me confie. Je veux que tu saches, avant d’aller plus loin. Ton coeur est bon et tu ne mérites pas d’être surpris par mes ombres. J’ai lutté, Anwar... Je lutte encore. J’ai peur d’y laisser une main, ou pire.

Pour lui, la liberté de choisir. C’était tout ce qu’elle pouvait lui promettre. Sa voix s’était faite douce et basse, un murmure fragile, alors qu’elle lui confiait une part de son destin. De toutes ses paroles, jamais elle n’avait osé le regarder, ni le toucher. Ses mains demeuraient obstinément sur la figurine de pierre, là où celles d’Anwar les avaient laissées.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Jeu 14 Juin - 4:14

Elle tremble contre toi la belle gitane, comme si des terreurs l'animent et la rendent impuissante.  Tu ne t'écartes pas devant ses aveux, tu restes près d'elle, avec elle même.  Tu as remarqué jadis, une fois, cette main chapardeuse, cette main qui se faufile avec aisance et rapidité.  Si tu as vu toi, rien n'empêchera un jour les autres de voir eux aussi.  Si tu la prenais sur le fait alors que tu serais en service, serais-tu capable de la protéger envers ton sens de la justice?  La question est difficile et mérite réflexion, car tes sentiments pour elle se forgent tranquillement, prennent de plus en plus de place.  Déjà, tu n'arrives plus à te souvenir de la vie avant elle.  Pourrais-tu supporter qu'on te l'enlève?  Dans sa voix, dans sa posture, tu peux sentir sa détresse et ta crainte de la perdre serre ton cœur douloureusement.  Cependant, tu es là pour elle, roc immuable et fort dans la tempête.  Tu peux la soutenir.

Le silence revient entre vous, lourd et pesant.  La tension est palpable et il ne revient qu'à toi de la diminuer.  Tu effectues une légère pression sur ses mains qui tiennent obstinément ce petit oiseau de pierre. C'est un hasard curieux que ce soit celui-là qui soit à l'origine des aveux.

« Tu n'as plus besoin de lutter seule.  Mon cœur, mon âme, mes mains lutteront avec toi.  Si tu fautes de nouveau, je t'apprendrai à ne plus le faire. »

Tu te redresses un peu, ton menton quitte son nid logé sur son épaule.  Tu choisis tes mots avec soin.  Ensemble, vous serez plus fort.

« Comme tu es la lumière de mes propres ombres, laisse-moi être celle des tiennes.  Tu n'es pas mauvaise, moi je le sais.  Cet oiseau m'a été offert pour représenter la liberté, la possibilité de prendre son envol.  Prends-le tien maintenant.  Si tu es fatiguée en cours de route, je te porterai jusqu'à ce que tu puisses battre à nouveau des ailes. »

Tu libères avec délicatesse l'oiseau de ses mains qui sont crispées dessus.  Doucement, tu l'obliges à pivoter pour te faire face.  Tu prends son visage entre tes mains et tu poses un baiser sur son front avant de l'attirer dans tes bras.

« N'aies plus peur.  Je te protégerai.  Parce que déjà, je n'arrive plus à imaginer la vie sans toi. »

Cachée dans tes bras, tu la protèges de tous les dangers.  De toutes ses peurs aussi, tu l'espères.  Elle semble si frêle et fragile près de toi.  Ton désir  de la préserver de tout mal se renforce encore plus.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Sam 16 Juin - 3:56

Il lui parlait d’avenir et de soutien et elle songeait qu’elle ne le méritait pas. Anwar lui racontait combien sa lumière à elle lui était importante pour ses propres parts d’ombres et la gitane se promit de lui accorder la même écoute, la même générosité, s’il s’ouvrait un jour à elle. Ses mots étaient beaux et bons. Il ne voyait pas de méchanceté, chez elle, et Astarté était émue de son propre reflet qu’elle percevait dans ses paroles. Anwar la rendait meilleure. D’une pression délicate de la main, il lui fit abandonner tout à fait l’oiseau de pierre en guise de liberté. Elle, si éprise de liberté, n’avait encore jamais perçu ce travers comme des chaînes. Peut-être qu’avec son aide… Peut-être que si elle n’était pas seule, cette fois, elle y arriverait? L’Erebienne doutait mais souhaitait bien le croire.

Ce n’est qu’une fois entre ses bras, son front encore brûlant de ce baiser porteur de tendresse, que la gitane se sentit assez en confiance pour reprendre parole. Là, blottie contre ce corps qu’elle connaissait déjà si bien, Astarté avait cessé de trembler et sa peur de le voir la rejeter comme un autre l’avait fait avant lui se dissipait peu à peu. Elle lui avait raconté le plus terrible, le plus monstrueux, et Anwar ne reculait pas. Comme par crainte qu’il ne comprenne pas la situation, ou encore que ses jolis mots s’envolent comme une plume au premier vent, elle s’était fait insistante dans sa manie. Comprenait-il?

- J’ai volé des gens que j’aime, que j'apprécie. J’ai… J’ai dérobé l’Éclat des Cieux, Anwar. Ils ont pris les armes pour combattre et défendre les innocents. J’ai pris Égérie car la tentation était aussi grande que mon angoisse.

Elle avait combattu, pourtant, la gitane, alors que d’autres écrins plus entraînés avaient déserté. Comment leur en vouloir? Ce n’était pas pour les sauver, tous, qu’Astarté avait traversé les couloirs. C’était pour fuir. Elle n’était pas un héros, contrairement à Anwar.  Le Destin en avait décidé autrement, guidant chacun de ses pas jusqu’à ce fils Séverac et ces mâtins. Elle craignait si fort qu’il la glorifie trop, tout à coup, qu’il dépeigne un portrait trop flatteur d’elle et qu’il soit déçu lorsqu’il comprendra réellement ce qu’elle est.

- Que feras-tu lorsque je me ferai prendre? Que feras-tu si toi, tu me surprends? ...Si tu veux promettre de me soutenir, de m’apprendre et de me protéger, fais le doucement, lentement, en étant certain de chacun de tes pas. Car je crois tes mots, Anwar. Chacun d’entre eux.

Son regard de chat s’était planté dans le sien à la recherche d’une hésitation, d’un petit détail qui lui permettrait de se défiler avant d’avouer l’aimer entièrement. Avant de lui avouer qu’un enfant naîtrait de cette tendresse. S’il la voyait réellement, s’il ne reculait pas… Oui. Oui, elle saurait trouver les mots pour lui confier qu’elle portait la vie.

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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   Sam 16 Juin - 20:36

Tes bras se font rassurants autour d'elle.  Tu peux mesurer le poids que pouvait représenter ce secret sur son cœur.  Ne vis-tu pas toi-même entouré de secrets et de mystères?  Tes origines sont sombres, tu n'en parles jamais.  Tu as toujours réussi jusqu'à présent à faire en sorte que personne ne te pose trop de questions à ce propos, ni à ce qu'on n'y porte trop attention.  Peut-être que certains ont leurs doutes sur ton peu d'envie de parler de ton passé, mais tu n'avais que cinq quand tu es arrivé au Pic de Roc-Épine, pour la plupart des gens, il va tout simplement de soi que tu ne te souviens pas.  Si seulement ils avaient la moindre idée des horribles souvenirs qui peuplent ta tête et hantent parfois tes nuits.  Peut-être un jour, tu te réveilleras dans un sursaut après un cauchemar et elle serait auprès de toi, prête à t'écouter.  Tu l'espères.  Si tu écoutes ses blessures, c'est parce que tu sais que c'est à elle que tu voudrais un jour confier les tiennes.  Ça, mais aussi parce que tu veux être le soutien sur lequel elle peut toujours compter.

« Si on te prends, je mettrai ma main sous la lame à ta place.  Si je te vois, je t'empêcherai avant que quelqu'un ne te voit.  Je te protégerai des autres, mais de toi aussi.  Chaque fois que tu trébucheras, je serai là derrière pour te rattraper, jusqu'à ce que tu n'aies plus besoin de moi pour avancer.  Un pas à la fois. »

Tu la serres un peu plus fort contre toi, le cœur battant.  C'est le serment le plus sérieux que tu aies jamais prononcé, pour elle.  Tu as peur, peur de ne pas être à temps si jamais elle avait besoin de toi à ses côtés, peur de lui faillir.  Pourtant, ces mots ne sont pas dits à la légère et tu espères qu'elle sent combien ils sont sincères.

« La Rose Écarlate s'est éteinte, il vaut mieux que ses armes millénaires restent entre de bonnes mains.  C'était courageux d'accepter de devenir l'écrin de l'une des pièces.  À ta mesure, tu as affronté tes craintes et tes incertitudes pour un monde meilleur.  Égérie te revient.  À toi de décider comment tu veux t'en servir.  Les héros ne sont pas tous vêtus d'une armure et armés se jetant devant l'ennemi au mépris de leur vie.  Maintenant, c'est toi la source de mon courage et de ma force, toi qui me permet de continuer.  J'ai besoin de toi auprès de moi. »

Et comme pour ponctuer ce nécessité d'elle, tu te penches pour joindre tes lèvres aux siennes dans un doux baiser.  Il est loin des passions qui animent parfois, celui-ci est tendre, réconfortant et empli d'un amour sincère.  Tu n'as plus besoin d'y réfléchir.  Tu as assez pris le temps.  Tu l'aimes et c'est tout.
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Message Sujet: Re: L'aube brillera quand même   

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L'aube brillera quand même
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