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 La colère est mauvaise conseillère

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Les Voltigeurs
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Message Sujet: La colère est mauvaise conseillère   Dim 10 Juin - 23:18


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Sifaï Sinhaj & Mayeul de Vifesprit

La colère est mauvaise conseillère

Et il se peut que je sois venu m'excuser




• Date : 20 juillet 1003
• Météo (optionnel) : Absolument aucun grain de sable à l'horizon
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Leur dernier échange a été plutôt houleux, et Mayeul sait bien qu'il n'avait aucun droit d'agir ainsi. Il tient donc à s'excuser, histoire de partir sur une base plus sereine : il n'a jamais laissé la moindre chance à la petite Sifaï, au fond.
• Recensement :
Code:
• [b]20 juillet 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3834-la-colere-est-mauvaise-conseillere]La colère est mauvaise conseillère[/url] - [i]Sifaï Sinhaj & Mayeul de Vifesprit[/i]
Leur dernier échange a été plutôt houleux, et Mayeul sait bien qu'il n'avait aucun droit d'agir ainsi. Il tient donc à s'excuser, histoire de partir sur une base plus sereine : il n'a jamais laissé la moindre chance à la petite Sifaï, au fond.


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Dernière édition par Mayeul de Vifesprit le Dim 10 Juin - 23:22, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Dim 10 Juin - 23:22

C'est sans doute la première fois depuis de longs mois que Mayeul se sent serein. Il commence même à faire son deuil de la mort de sa mère, prenant un peu plus régulièrement qu'avant des nouvelles de Vifesprit. Certes, l'absence de Reja au mariage de Grâce le dérange un peu, mais ce n'est pas comme s'ils n'étaient pas habitués à être séparé, tous les deux. Et en vérité, le Voltigeur a suffisamment de gens à saluer et de nouvelles à prendre pour ne pas s'ennuyer une seconde.

Il a félicité les mariés avec sincérité, heureux de voir qu'ils se sont si bien trouvés. Oh, Mayeul sait depuis longtemps que ces deux-là finiront ensemble, mais les voir mariés l'un à l'autre reste une vision bien agréable. Les invités de Melsant et Grâce sont pour la plupart des têtes qu'il connait aussi, et entre poignées de mains chaleureuses et tapes dans le dos, le major de Svaljärd n'a pas vraiment eu une minute à lui. Il a pris de son temps, pourtant, pour venir embrasser Mélusine et son petit dernier. Il n'a guère l'occasion de fréquenter des bébés le Voltigeur, mais prendre le petit Meljörn dans ses bras est un véritable ravissement. Il est si petit, l'adorable bambin, que Mayeul ne peut en détacher les yeux. Il sent bien le regard de Mélusine posé sur lui, de peur d'un faux pas, mais malgré ses plaisanteries et sa soi-disant irresponsabilité, le Voltigeur sait bien qu'il faut faire attention. Il a même ramené des cadeaux de Svaljärd : un hochet en bois soigneusement modelé en forme de griffon pour le nouveau-né, plusieurs figurines d'animaux pour son aîné et pour le grand Arsène, un livre de poèmes cielsombrois. Il aurait bien gardé le nouveau-né dans ses bras pour toute la soirée, mais le petit s'agite et cherche le sein de sa mère aussi Mayeul le rend aux mains expertes de Mélusine.

Il a soigneusement évité Sifaï jusqu'à présent le Voltigeur, bien qu'il l'ait aperçue à plusieurs reprises. Il sait bien qu'il va devoir lui faire face, il n'est pas stupide et bien conscient qu'il a des excuses à lui présenter, mais il n'est guère pressé. Il n'a toujours pas avalé la décision du duc Anthim de priver les Voltigeurs de leurs comparses érebiens, brisant plusieurs années d'amitié et de travail en duo, amputant les Vols de certains de leurs meilleurs éléments. Mais désormais, Reja est de retour, libérée de la Chasse et mine de rien, cela modifie quelque peu la perception de Mayeul. Il est toujours vexé de ne pas avoir été admis dans la chambre de la jeune femme, de ne pas avoir été mis au courant pour le bébé, mais au moins il n'est -presque-  plus en colère. Simplement encore un peu vexé. Son comportement avec Sifaï, bien que justifié à ses yeux, était en dessous de tout, indigne de son rang et de son grade pourtant. Alors oui, il a des excuses à présenter à la petite Voltigeuse. Sans oublier qu'elle côtoie Reja, et Grâce – Grâce qui a fait à Mayeul la leçon sur son comportement, déjà. Autant ne pas cumuler les points négatifs à son encontre.

Il profite d'un moment où la jeune fille est un peu isolée pour s'approcher d'elle. Mayeul a bien des défauts, mais être timide n'en ai clairement pas un, et il n'éprouve aucune hésitation avant de s'approcher de l'érebienne, un verre de vin à la main. Une offrande de paix, bien qu'il n'ait aucune idée sur le fait qu'elle l'accepte ou pas. Est-ce qu'ils boivent, seulement, dans ce duché ? "Sifaï ? J'aimerai te parler un moment s'il te plaît." Pas cadette, pas recrue, non, seulement Sifaï. Il ignore totalement, Mayeul, si la petite a acquis un nouveau statut maintenant qu'Erebor s'est auto-proclamé indépendant, et il ne veut pas commettre de bourde. De même, il a veillé à parler clairement, sachant pertinemment que la jeune fille ne maîtrise pas réellement la langue. Et étant donné qu'il ne parle pas un traitre mot des gens du sable – oh, il a peut-être entendu quelques insultes, mais cela ne lui semble guère pertinent de les faire connaître ici – mieux vaut parler dans une langue qu'il connaît. L'attitude du major de Svaljärd s'est faite charmante, sans même qu'il n'en soit conscient. A mille lieux de leur dernière rencontre, en vérité.

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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Jeu 21 Juin - 14:53

Elle n’avait jamais mis un pied en Sombreciel, l’Erebienne. Ni même un coup d’aile de Simoun. Comme plusieurs gitans, elle s’était longtemps contentée des rumeurs et de la réputation désastreuses de ces voisins pour forger son opinion - opinion bien peu avenante, il était vrai. Lorsque Grâce l’avait invitée à son mariage avec cette pudeur étrange qui les liait, Sifaï s’était fendue d’un sourire et s’était empressée de répondre favorablement. Sa titulaire se mariait non pas pour une année, ni trois, ni dix : elle allait épouser Melsant de Séverac jusqu’à la mort. C’était à la fois impressionnant et romantique, et la cadette désirait plus que tout être présente, honorée que l’on pense à elle pour une célébration aussi importante. Sifaï avait songé après, seulement, que le mariage se déroulerait en Sombreciel et que, forcément, elle devrait donc loger là-bas. Avec des Cielsombrois.

L’auberge qui l’avait accueillie était agréable, même si l’Erebienne avait noté quelques sourcillements sur son passage. Timide, Sifaï s’était faite discrète en patientant la cérémonie officielle et s’affairait plutôt à choisir les mots les plus justes pour décrire le marquisat qui appartiendrait bientôt à Grâce de Sombregemme - de Sévérac. La fratrie s’était rassemblée auprès d’elle, avant son départ, et sari chatoyant et ornements d’or massif lui avaient été remis. Ils avaient parlé longtemps de sa nouvelle vie de Voltigeuse, et la conversation avait dérivé vers sa titulaire. Tous lui souhaitaient le bonheur. Tous étaient toutefois perplexes qu’un Cielsombrois puisse le lui offrir. Ainsi, la cadette des douzes enfants avait été mandatée de décrire les terres d’Automnal à son retour en Erebor. Mission de première importance.

Elle en était là, sous son sari de soie d’un rouge vibrant, de l’or ciselé  à ses bras qui bruissait à chacun de ses mouvements, le regard perdu sur l’assistance. Il lui semblait qu’aucun autre Erebien ne soit présent pour les festivités, ce qui la rendait d’autant plus intimidée par la fête qui semblait gagner en intensité d’heure en heure. Sifaï avait su esquiver quelques propositions de danse en feignant ne pas comprendre la langue locale, mais un convive déterminé avait tout de même réussit à l’entraîner avec lui malgré son regard timide et sa résistance. Elle avait accepté de rire un peu, l’Erebienne, dans cette danse vive, se sentant vaguement en sécurité du regard des autres tant les danseurs étaient nombreux autour d’eux. Sur elle, il n’y avait aucune attention, aucun jugement. Elle avait apprécié ce moment. Désormais spectatrice, elle ne pouvait que suivre l’avancée de Mayeul. Avec un peu de chance, il ne viendrait pas vers elle malgré les regards qu’il ne cessait de lui offrir, depuis un moment déjà. Malheur. Après avoir harponné son regard du sien, le Cielsombrois traversait la salle en sa direction.

Le museau relevé, les yeux plissés comme un chat des sables méfiant, la cadette avait considéré l’approche de l’ennemi avec une pointe de méfiance. L’idée qu’il renverse ce verre de vin sur la soie écarlate et sublime ne lui semblait pas impossible, et Sifaï épiait d’autant plus ses mouvements et ses gestes, jusqu’à ce qu’il se pose enfin devant elle. Elle avait pris le breuvage vaguement proposé et l’avait humé devant lui, sans le lâcher des yeux, pour s’assurer qu’aucune odeur suspecte ne s’en dégage.

- Je n’acceptai peu.. tes violences. Aujourd’hui, c’est Grâce.

Ses violences, ses éclats, ses insultes, sa rage et sa rancoeur. Elle ne comptait rien accepter aujourd’hui, alors que sa titulaire vivait très certainement le plus beau moment de sa vie. Après s’être assurée que Mayeul l’avait comprise, elle relâcha sa surveillance accrue et abaissa même son verre dans une posture un peu plus détendue, non sans faire cliqueter ses ornements.

- Je ne… peux pas danser avec toi. Ne.. N’insiste pas.

Il était très certainement difficile de déceler l’humour - ou la tentative - derrière ses mots maladroits, mais la cadette faisait un réel effort de paix. Il était vrai qu’elle n’avait aucune envie de danser avec lui, l’ennemi, celui qui l’avait bousculée contre un mur autant pour la blesser que pour la diminuer, mais il était également certain que Rejwaïde l’emasculerait à froid si elle le savait s’être proposé pour une danse avec sa cousine. La possibilité plaisait, et pendant un moment, Sifaï espérait presque qu’il insiste pour la faire tourner entre ses bras.

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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Lun 25 Juin - 23:20

Rien dans l'attitude de Sifaï n'invite à un rapprochement, mais Mayeul s'en doutait un peu. Il ne connaît que peu la jeune fille, mais être farouche et sur ses gardes est typiquement une attitude érebienne, Mayeul en est sûr. L'air froid de Sifaï ne le décourage donc pas le moins du monde, et son air méfiant quant elle accepte la coupe fait plisser les yeux du Voltigeur d'amusement. Il réprime un éclat de rire pourtant, persuadé que ce serait mal reçu. Les jeunes femmes des dunes comptent parmi les plus susceptible, assurément, et il n'a pas envie qu'elle se vexe. Quelques mots hésitants que le voltigeur n'a pourtant aucune peine à comprendre et déjà, Sifaï semble attendre quelque chose de lui. Des excuses pour la dernière fois ? Cela semble légitime, Mayeul le sait.

La jeune femme ajoute quelques mots, et Mayeul ne peut s'empêcher de pouffer de rire. Que croit-elle, exactement, qu'il est en train de faire ? La charmer pour se faire pardonner ? Certes, il en serait capable, et Sifaï serait un défi à sa hauteur, mais le major de Svaljärd craint qu'une certaine parente de la jeune femme ne voit pas cette tentative de séduction d'un très bon œil. "Aujourd'hui, c'est la journée de Grâce." Acquiesce-t-il avant de reprendre d'autorité la coupe de vin des mains de la jeune femme. "T'empoisonner ferait mauvais genre." Affirme-t-il en buvant une longue gorgée de la coupe. Certes, désormais Sifaï se retrouve les mains vides, mais au moins elle a la preuve que Mayeul ne cherche pas à l'empoisonner ! "Je ne suis pas venu te hurler dessus. J'étais pourtant en droit de savoir, et que tu m'as dénié ce droit. C'est assez difficile à oublier" Comprendra-t-elle, la petite Sifaï ?

Il ignore si elle comprend réellement ses paroles Mayeul, et il fait son possible pour ne pas laisser la rancœur colorer son discours. C'est du passé, désormais. L'enfant, son enfant, n'existera jamais. Reja est sauvée, à la fois de l'emprise de Sithis et de celle de la Chasse. Il est temps de passer à autre chose, sans doute. "Et je ne suis pas venu t'inviter à danser. Même si tu ne sais pas ce que tu perds." Affirme-t-il avec un sourire et un clin d'œil malicieux. Flirter est une seconde nature chez Mayeul, surtout lorsqu'il a le cœur léger, comme maintenant. Reja saura, il le sait : il doute réellement que Sifaï ne taise le moindre moment de la soirée. Mais ce n'est pas sérieux, la Voltigeuse – ex-Voltigeuse? – le saura sans doute.

"Je suis venu m'excuser pour mon comportement de la dernière fois. Rien, pas même la colère, ne me donne le droit de malmener une recrue. J'en suis désolé, et cela ne se reproduira plus."
Affirme Mayeul, résistant de toute ses forces à ajouter qu'elle n'a pourtant pas intérêt à reproduire la même chose un jour. Mieux vaut ne pas ajouter ce détail. "Même si ladite recrue a visiblement oublié le respect dû à ses supérieurs." Souligne pourtant le Voltigeur, sans colère aucune. C'est un conseil qui lui servira, à la petite Erebienne. Connaître sa place dans la hiérarchie, quelles que soient les circonstances.

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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Sam 30 Juin - 21:28

Une étrange bonne humeur irradiait des traits de Mayeul, et bien malgré elle, Sifaï se laissait attendrir par son regard pétillant et ses sourires généreux. C’était un piège, qu’elle craignait, mais attiser leur querelle ne semblait en aucun cas être une idée brillante aujourd’hui. Grâce méritait un moment de bonheur, un moment parfait, où Erebiens et Cielsombrois ne s’invitaient pas à une joute verbale haute en couleur. Il le disait lui-même : Aujourd’hui, c’était la journée de Grâce. Lorsqu’il lui prit le verre des mains en scandant qu’il ne comptait pas l’empoisonner, Sifaï s’était contentée d’acquiescer devant l’évidence - ç’aurait été difficilement justifiable auprès des mariés. Loin d’être vexée, plutôt soulagée de ne pas devoir prendre le risque de boire une vin trafiqué, elle l’écoutait revenir sur cette histoire avec Rejwaïde.

Il avait été en droit de savoir. Reja avait été en droit de le lui refuser. Qu’importe la conversation qu’ils auraient eu, dans cette chambre exiguë, qu’importe les arguments, les pleurs et les larmes : l’enfant était déjà parti, lorsque Rejwaïde avait réclamé une accoucheuse. Pauvre cousine, si pâle, si tremblante, si faible, après tant d’épreuves. Sifaï ne croyait pas avoir agit pour le bien, cette fois-là, au Pic. Elle avait obéit à sa cousine car aucune solution n’était satisfaisante, à ce moment là. Elle avait plié à sa volonté de tenir Mayeul en retrait parce que Sifaï la savait faible, la savait beaucoup trop volontaire à perdre la vie, et elle ne désirait aucunement la contredire par crainte qu’elle ne recommence.

Silence. Il poursuivait dans sa lancée, le Cielsombrois, alors que la cadette en permission peinait à se détacher de ses pensées. Une marre de sang sous Reja. La détresse des griffons à son esprit. Mayeul ne souhaitait pas danser. Elle souriait vaguement, environ rassurée de s’entendre avec lui sur ce point. Ses poignets tailladés avec une précision effroyables. Des cris dans la nuit noire, comme un appel aux dieux. Mayeul s’excusa. Sifaï sursauta.

Son regard se posa un moment sur la coupelle de vin en cherchant à comprendre d’où provenait les agissements insoupçonnés du major. Il lui rappelait avec élégance -...?!- son propre écart, tout comme il présentait ses excuses pour le sien. Elle l’avait tutoyé, dans l’énervement. Elle avait haussé la voix. Ce n’était aucunement acceptable de la part d’une cadette, il était vrai, mais à ce moment, elle appartenait à un sultanat indépendant. Les méandres politiques et la hiérarchie des différents empires étaient choses floues, encore, pour l’Erebienne.

- C’était la journée de Rejwaïde.

Elle avait cette manière de prononcer le prénom de Reja qui rendait dérisoire les tentatives des étrangers. Aspirant une lettre ici, arrondissant un son là, avec une souplesse certaine, l’Erebienne marquait ses moindres mots de la chaleur des dunes. Elle peinait à amenuiser son accent alors que la conversation la prenait de plus en plus à coeur.

- Elle est faible, cette nuit là. J’étais là. Moi, j’ai .. J’ai vu le sang de Rejwaïde. J’ai...

Sifaï s’arrêta un instant alors que les mots lui échappaient. Il était particulièrement agaçant, en ce moment précis, de ne pas pouvoir expliquer avec justesse ce qu’elle avait vu. La jeune femme prit un instant pour rassembler ses pensées et poursuivre, d’une voix néanmoins mesurée.

- J’ai fait la cours.. la course? Elle n’avait plus le temps. Quand elle a dit Je ne veux pas voir Mayeul*, pas de Mayeul, j’ai obéit. Si pas de Mayeul lui donnait l’envie de vie, alors…

Mouvement vague, de ses épaules frêles. Si Rejwaïde lui avait demandé les étoiles, cette fois-là, Sifaï aurait grimpé sur Simoun sans la moindre hésitation pour retrouver les étoiles de Valda. Mettre Mayeul en retrait était à sa portée, alors elle l’avait fait sans un pincement au coeur pour cet homme qui la faisait souffrir, jadis. Ce n’était plus le cas, visiblement, mais l’attitude du Major avait blessé la cadette orgueilleuse et susceptible qu’elle était.

*En langue des dunes

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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Mer 4 Juil - 14:49

La jeune fille reste silencieuse, et Mayeul ignore si c'est parce qu'elle acquiesce à ses paroles ou parce qu'elle n'en comprend pas la moitié. Au final, est-ce que cela a réellement une importance ? Elle retiendra sa colère, et ses excuses, guère plus. De toute façon, au vu de leurs positions respectives, Mayeul n'est plus vraiment amené à côtoyer Sifaï, à moins qu'Erebor ne se décide à annuler sa stupide demande d'indépendance. Il ne sait pas le Voltigeur, les sombres pensées qui hantent l'esprit de la jeune Voltigeuse. Des blessures de Reja, Mayeul n'a vu que ce que Sirocco – et Nuage, surtout – ont partagé avec lui. Et Nuage, Mayeul le sait depuis longtemps, à tendance à ménager son Voltigeur.

Et quand Sifaï reprend la parole, Mayeul aurait sans doute préféré qu'elle se taise. Il ferme les yeux le Voltigeur, lèvres serrées : il n'a jamais, réellement, pensé que c'était Reja qui voulait garder le silence. Oh, il n'est pas stupide, il a bien vu qu'elle ne voulait rien lui dire, mais croire que Sifaï et le garde en charge cette nuit-là l'ont gardé à l'écart de leur propre initiative est bien plus facile. Il lui en a tellement voulu à Reja, de ce secret gardé ! Surtout après ce que le sien, de secret, a fait ! Alors oui, croire qu'elle n'était pas à l'origine de son écartement était plus simple, au fond. Mais voilà que la jeune femme vient de tuer cette conviction, permettant par là même à Mayeul de comprendre un peu mieux sa réaction.

Il s'efforce d'ignorer la façon si chaude et si belle dont la langue des dunes semble envelopper le prénom de la jeune femme, en une sonorité qu'il ne pourra jamais approcher. Il a sa propre façon de le prononcer Mayeul, mais certainement aucune qui imite la douce sonorité de cette langue si particulière. La nuit de Rejwaïde, a dit Sifaï. Le sang, la mort, presque. Et cette demande de Reja de le garder éloigné. Il comprend le Voltigeur, mais il n'accepte pas. Et pourtant, quel choix a-t-il ? Ils ont parlé, avec Reja, depuis son retour, mais… pas réellement de choses qui font mal. Il a évoqué pour elle la colère, la tristesse, mais il n'en a pas réellement parlé. "Pourquoi ne m'avoir rien dit ?" Demande Mayeul, s'efforçant de laisser toute trace d'accusation hors de sa voix. Avec un succès mitigé, il s'en rend compte lui-même. "Pas sur le moment, mais après ?" Sur le moment, ce n'était clairement pas l'idéal. Mais après ? Peut-être parce qu'il ne lui en a pas laisser placer une, peut-être. Ou parce qu'il n'aurait, de toute façon, pas écouté un traître mot de ce qu'elle aurait bien pu lui dire, tout à sa colère et à sa rancœur. Elle a fait un choix, la petite Sifaï : sans doute pas le meilleur, mais étant donné les circonstances, Mayeul peut-il réellement le lui reprocher ?

Il comprend la loyauté, l'incertitude. Et puis, Mayeul le sait pertinemment : le fait qu'il soit cielsombrois – et Sifaï le sait, elle, au contraire du reste des Sinhaj – joue énormément en sa défaveur. Tant de moments ont été gâchés, par la faute de son appartenance à la Rose ! S'il avait parlé… mais il n'est plus temps de revenir sur le passé après tout.  Rejwaïde et lui ont beaucoup à discuter, beaucoup à accepter aussi, et Mayeul ne veut pas mettre sa relation avec la Voltigeuse en péril à cause de la rancœur qu'il pourrait garder contre Sifaï. Hors de question.  Il y a quand même une question qui trotte dans l'esprit du Voltigeur, et il ne se prive pas pour la poser. "Pourquoi me dire ça maintenant ? " Qu'est-ce qu'elle cherche, la petite Sinhaj, en lui révélant tout cela ?

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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Mer 18 Juil - 21:33

Il la questionnait avec aplomb alors qu’une pointe de reproche teintait ses intonations. Sifaï le considérait un moment tout en s’efforçant d’évaluer son sérieux devant une pareille question. Pourquoi n’avoir rien dit? La question était bonne ; la réponse était complexe. Elle regrettait, la cadette, de ne pas avoir accepté la coupelle de vin. Elle aurait pu s’occuper un moment à faire tournoyer le liquide sombre dans son verre, alors que les éclats de vérités peinaient à se rassembler en une réponse acceptable. Parce qu’il n’avait jamais désiré l’écouter, peut-être. Parce qu’il n’avait jamais considéré la cadette qu’elle était, tout simplement. Parce qu’il était l’ennemi de Rejwaïde, sa titulaire, et donc son ennemi à elle, même si le combat n’était pas le sien. Parce que quand elle s’était réveillée au coeur de la nuit, seule dans sa chambre à Roc-Épine, il avait été le dernier de ses soucis.  Parce qu’il était plus simple de lui en vouloir et de rejeter l’égoïsme et la faiblesse de Reja sur la seule faute du Cielsombrois. Si elle brûlait de lui avouer toutes ses raisons, la dernière, toutefois, lui semblait injuste à présent. Et indigne.

- Pourquoi me dire ça maintenant ?

De la main, sous des gestes faisant murmurer une série de bracelets, l’Erebienne frôlait ses cheveux bouclés, au niveau d’une de ses oreilles, puis traçait une croix sommaire, au niveau de son coeur, là où son sari se plissait si joliment.

- Tu entendais pas. Tu écoutais pour haïr.

C’était ce qu’il avait semblé chercher, à leur dernière rencontre dans les murs gris et tristes de la caserne d’Ibelin. Elle n’avait dit que quelques mots, une poignée, et il les avait tous chassés pour mieux diriger des remarques assassines vers elle. Il avait insulté son Sultan, son désert, ses origines et la loyauté des siens. Il ne l’avait écoutée que pour mieux la prendre à défaut, la détester et la mépriser. Le souvenir était encore sensible pour la cadette et peut-être Mayeul s’en rendrait-il compte dans le pli amer de ses lèvres boudeuses.

- Elle est comme le désert. Le sable en tempête. Le soleil qui brûle. Scorpion, vautour, chaleur… Elle ne le regardait plus, la jeune Erebienne, son regard clair perdu vers un point intangible, au loin. Sans doute était-elle sur ses dunes dorées, à visualiser tout ce qu’elle cherchait à lui décrire. Devant Erebor, tu te poses, tu regardes, tu acceptes. Si Reja veut de toi, alors…

Alors il serait l’un des charognards du désert, il serait l’amant de sa cousine. Sifaï ne pouvait que les regarder et accepter, car Rejwaïde était ainsi faite et que l’affection toute filiale de la cadette pour son aînée était, elle aussi, ainsi faite. Elle ne l’aimerait sans doute pas à sa juste valeur, elle s’en méfierait, elle médirait très certainement à son sujet, aux abords de l’Oasis du Couchant avec d’autres Sinhaj, mais elle ne s’opposerait pas et ne chercherait pas à le faire souffrir inutilement. Il voulait le bien de l’Erebienne, tout comme elle. À quoi bon lutter contre une situation qui, finalement, pouvait apporter un peu de bonheur dans la vie de sa cousine?

- Je te dis à ce moment parce que tu es … une part de Reja. Je regarde. J’accepte.

Il était l’un de ces rapaces de malheur, la part d’Erebor que les enfants des dunes subissaient en silence pour pouvoir admirer toute la beauté du désert.

- Nous sommes deux pour Reja. Contre Reja et ses envies de mort.

Ses yeux immenses, aussi clairs et verdoyants que l’Oasis de Ventavel, s’ancrèrent sur ceux du Voltigeur comme pour le mettre au défi. Craignait-il, lui aussi, qu’une pulsion de mort au sommet du pic de Roc-Épine fasse écho à de nombreux autres instants? Comme dans ce rêve horrible où la Voltigeuse fantomatique avait sauté de Sirocco en plein vol. Il l’avait rejoint, l’inconscient. Il fallait être fort, être immuable, être vivant pour Rejwaïde, afin de contrer son attirance pour la mort. Sifaï espérait qu’il comprendrait tout ce que ses mots maladroits pouvaient laisser sous-entendre.

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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Ven 27 Juil - 8:35

Elle n'a pas l'air accusatrice la jeune femme, même si sa mine boudeuse laisse entendre qu'elle se souvient parfaitement des paroles qui l'ont agressée. Il n'y avait pas été avec délicatesse ce soir là Mayeul, furieux et blessé, et sans doute avait-elle raison : il n'écoutait pas, préférant se murer dans ses certitudes et détourner chaque mot pour mieux la détester. Baissant les yeux, proprement fustigé par la jeune femme, le major de Svaljärd hoche la tête sans rien dire. Qu'y-a-t'il à ajouter ? Elle a raison, sans doute n'aurait-il pas écouté si elle lui avait dit tout ça. Ce n'était pas le bon moment, pour aucun d'entre eux. C'était bien plus facile de la haïr, de les haïr, elle et ce garde stupide qui n'avait pas voulu lui autoriser l'accès à la chambre de la blessée.

Elle lui explique Sifaï, avec ses mots à elle, et Mayeul n'est pas sûr de comprendre là où elle veut en venir, jusqu'à ce qu'elle précise sa pensée. Elle accepte. Mayeul pince les lèvres, indécis. Il sait bien que ce n'est pas  réellement des paroles bienveillantes envers sa petite personne, mais qu'il ne peut que s'en contenter. Etre comparé à ce que les Erebiens aiment le moins dans leur désert n'est absolument pas flatteur, mais le Voltigeur n'est pas dupe, Sifaï et lui ne peuvent espérer plus. Ils s'acceptent, se parlent de façon cordiale, mais la petite érebienne ne sera vraisemblablement jamais l'une de ses plus ferventes admiratrices, pas après la façon dont leur relation a démarré. Pas à cause de ce qu'il est, et qu'il ne pourra jamais changer. Lui aussi, sans doute, ne lui reste-t-il qu'à accepter. De toute façon, pour Sifaï, l'accepter est déjà un grand pas en avant. Mayeul est bien peu au fait de la culture érebienne, mais de ce qu'il sait et qu'il a pu comprendre au travers des moments passés avec Reja, son peuple n'est pas du genre à accepter aussi facilement qu'un étranger côtoie l'une des leurs. Alors au final, c'est encourageant. Certainement. Parce que Mayeul le sait : il n'a pas le droit d'obliger Reja à choisir entre lui et les siens.

Mayeul observe un moment la jeune femme, son sari impeccable, ses bracelets qui tintinnabulent lors de ses moindres mouvements, sa posture toute érebienne, avant de ramener ses yeux dans les siens. "Merci." Finit-il par répondre, par réellement sûr que ce soit la réponse aux paroles de Sifaï. Ils sont deux, a-t-elle dit, deux contre Reja et son envie de disparaître. "Je sais que tu n'as pas confiance en moi, mais je te le promets sur ce que j'ai de plus cher : je ne donnerai pas à Reja une autre raison d'être malheureuse." Sifaï ne s'attend peut-être à rien de sa part, et peut-être ne le croit-elle-même pas, mais Mayeul est sincère. Il a failli à celle qu'il aime, une fois déjà. Il ne réitérera pas sa trahison. Le moment est étrangement sérieux, une bulle dans les festivités, à l'abri des gens qui se pressent autour d'eux.

Mayeul le sait, la situation entre Reja et lui est compliquée. Ils sont dans deux duchés séparé par une frontière difficile à franchir, sans avoir les bonnes accréditations. Mayeul connaît et respecte Soltana, et l'érebienne en a autant pour lui, ce qui facilite sans aucun doute les contacts et les laissez-passer mais pour autant, Reja et lui sont souvent séparés. Ils s'y sont habitués, à voler des moments loin des autres et à ne pas se réveiller ensemble chaque matin, mais le voltigeur ne peut s'en défendre, il jalouse un peu ceux qui sont près d'elle à chaque instant. Sifaï. Sirocco. Grâce. Les érebiens en général, qui évoluent autour d'elle sans se soucier le moins du monde de réfléchir à comment grappiller quelques heures auprès d'elle. Mais il est inutile de dire à SifaÏ de veiller sur elle, elle semble déjà prendre la tâche au sérieux. Parce qu'elles sont du même clan ? Ou pour une autre raison que Mayeul n'est pas encore parvenu à comprendre dans les relations étranges qui unissent les habitants d'Erebor. "Puisque nous sommes réconciliés, puis-je me permettre d'insister pour cette danse, au final ?" Demande le Voltigeur en lui tendant le bras.

Il n'est jamais très à l'aise avec l'idée de rester sérieux très longtemps Mayeul. Son devoir l'exige, et il sait se faire une raison, mais il n'est pas obligé d'aimer cela. Un sourire charmeur sur les lèvres, Mayeul explique à la jeune femme. "Reja n'appréciera pas que je t'ignore et que je ne te laisse seule." Argumente-t-il, espérant ne pas se tromper.

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Message Sujet: Re: La colère est mauvaise conseillère   Lun 30 Juil - 4:08

Mayeul de Vifesprit présentait ses excuses et offraient des remerciements dans la même soirée. Situation unique très certainement, qui lui avait coûté quelques piétinements d’orgueil. Observatrice, elle l’était, Sifaï, depuis sa mer de dunes où elle avait appris à devenir une archère convenable en raison de son attention pour les moindres détails. Observatrice, elle l’était également depuis la caserne de Serre où sa timidité et la cruelle barrière des langues l’avaient forcée à se reposer uniquement sur ses observations efficaces. Le plissement de lèvres de Mayeul ne lui avait pas échappé, loin de là. L’effort était bien présent et forçait le respect. Même la petite Erebienne ne pouvait que s’en montrer satisfaite.

L’éclat de sérieux dans sa voix du major faisait écho à son état d’esprit. Les filaments de ce cauchemar éveillés, en haut du Pic, n’attiraient aucune joie malgré les airs de fête, tout autour d’eux. Il lui promettait de bien belles choses. Des aurores boréales en plein désert. Des vents chauds et secs au coeur des terres kyréennes. Il lui promettait l’impossible, mais il semblait tant y croire que la cadette n’eut pas la force de le contredire. L’envie était là, sur le bout de ses lèvres, à lui demander de ne plus sauter de son griffon sous la menace de la Chasse. De ne plus encourager sa cousine à se sacrifier en lui laissant croire qu’il la suivrait dans cette folie. L’envie pressante de lui dire précisément comment agir pour mériter la faveur des Sinhaj et trouver une place aussi haute à ses yeux, comme l’avait fait Grâce. Elle n’en fit rien, bien trop lucide de sa petitesse devant un major, empêtrée dans une timidité qui bataillait farouchement avec la fierté des enfants du Roc et du Sable. C’était à lui de trouver les mots justes, à comprendre sur quelle danse pulsait le coeur du peuple des dunes, à faire sa place. Elle n’était que Sifaï. Il avait appris à écouter ce soir, seulement.

En guise de trêve, l’Erebienne avait tendu sa main couverte d’or éclatant vers la coupe qu’il retenait et avait pris une longue gorgée sans le quitter des yeux. Jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Une grimace légère avait perturbé son minois bien trop grave pour de pareilles festivités. Elle n’était pas habituée à l’alcool, aussi doux pouvait être le vin cielsombrois. Sa confiance était là, dans cette gorgée qui avait teinté ses lèvres de pourpre. Une confiance fragile qui reposait uniquement sur les preuves que pouvait lui apporter Mayeul de Vifesprit.

Il souriait déjà en lui proposant une danse, prétextant le courou de Reja s’il osait délaisser sa cousine. Il y avait eu quelques secondes de flottement avant que Sifaï repose la coupe vide non loin et dépose sa main sur le bras tendu. Par quelques discrets regards, la jeune femme s’assura que l’attention n’était pas sur eux avant de se laisser habiter par les notes étranges et soyeuses, bien loin des tambours et des cordes chantantes de son désert qui faisaient trembler le coeur et l’âme. Habituée de danser seule et de se laisser porter uniquement par les notes et la musique, elle peinait à se laisser guider par lui, l’étranger. Une danse étrange d’une danseuse des dunes valeureuse et d’un Cielsombrois forgé de tourments. Une danse à leur image.

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