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 Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel

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Message Sujet: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Lun 11 Juin 2018 - 3:15




Chroniques d'Arven

Intrigue 3.4

La Légion des Oubliés

28 juillet 1003



Intrigue animée par Lukazu


Un cortège poussiéreux


Automnal est en fête !
Melsant et Grâce de Séverac se sont unis il y a plus d'une semaine et les célébrations perdurent sur place. Sombreciel n'est jamais en reste lorsqu'il s'agit de fêter un événement et le 29, demain, marquera le dernier jour des festivités. En attendant, gens d'Automnal et invités des maîtres des lieux profitent avec insouciance de ces derniers instants. Le bourg attenant continue d'offrir stands, animations et banquets du matin au soir ; la demeure du marquis et de la marquise accueille bals et réceptions.

Ce soir ne fait pas exception. Le bourg grouille de chants, de rires, de voix et chacun profite à sa manière. La demeure des maîtres des lieux n'est pas en reste. Dais, tables, chaises et buffets ont été installés dans les jardins pour permettre aux invités de profiter de la légère brise du début de soirée. Ils discutent, dansent et savourent les divers plats et boissons mis à disposition. Certains resteront jusqu'au bout de la nuit, d'autres rejoindront leur chambre plus tôt. Toujours est-il que chacun a de quoi faire. Tandis que les jeunes mariés ne manquent pas de conversations à mener, les membres de leur famille ainsi que les nobles présents évoluent plus ou moins tranquillement entre la piste de danse et les tables. Quelques Voltigeurs liés aux époux se trouvent également sur place et profitent tout autant.

La soirée bat son plein jusqu'à ce que des bruits étranges résonnent au loin, a priori en provenance du bourg. Seuls quelques invités les remarquent, la majorité continue de s'amuser avec insouciance. Seulement, il devient vite impossible de ne pas remarquer les cris et l'agitation qui se rapprochent du domaine. Les musiciens finissent par reposer leurs instruments quand un groupe de gens apeurés se profile à l'horizon. Les gardes qui surveillent la soirée tentent de les contenir en attendant que les maîtres des lieux viennent à leur rencontre. Ils sont cependant si agités que la foule déborde et continue d'avancer jusqu'aux jardins.

Ils ont l'air terrorisé. Certains pleurent, certains sont blessés. La majorité ne souhaite qu'une chose : pénétrer dans la demeure de celui qui est censé assurer la sécurité de ses sujets. Ce qu'ils disent ne semble avoir aucun sens. Une armée d'êtres étranges a envahi le bourg. Ils sont partout. Ils sont complètement défigurés, certains desséchés. La confusion est maximale pendant un court laps de temps. Jusqu'à ce que les paroles d'un des sujets, moins agité, parviennent aux oreilles les plus proches : les morts se sont relevés.

***


Le groupe, composé d'agents de la Confrérie Noire et d'Erebiens en escorte sur ordre d'Anthim autant pour les guider que pour les surveiller, est forcé de constater qu'elles ne sont plus là. Celles qui restent ne sont pas en état physique de réellement se déplacer. La confusion est grande alors que les femmes et les hommes avancent sur les terres sacrées. Ils finissent par comprendre qu'elles se sont extirpées du lieu et ont dû se faufiler dans les failles des montagnes pouvant les mener à l'extérieur de la vallée funéraire.
C'est là, pourtant, que le clan chargé de surveiller l'endroit avait enfermé les momies quand elles ont commencé à se relever puis à sortir des tombeaux, répugnant à les approcher de trop près. Les morts possèdent une place sacrée dans la culture des Erebiens et aucun d'entre eux n'a osé poser une main sur elles.

Les faits sont là, cependant : les momies ont disparu et la situation devient soudain triplement critique.

Le but était simple, pourtant, pour les assassins : finaliser l'installation permettant d'accomplir le rituel qui aurait renvoyé les momies à leur sommeil éternel. Leur désertion chamboule tout et force les assassins à revoir leur plan du tout au tout. En effet,  les morts-vivants n'auraient pas dû fuir et ne sont censés être que des pantins sans volonté. Il faut croire que la mort de leur créateur, un mage du sang bien trop audacieux et inconscient pour son propre bien, n'a pas entaché leur instinct.
Le groupe quitte donc la vallée, les assassins transportés par les Voltigeurs erebiens qui leur ont été attribués durant leur séjour au sein du royaume indépendant. Les gardes, eux, restent sur place et s'occupent de prévenir les clans et Vivedune du retournement de situation.

Du ciel, tous peuvent constater avec effroi l'étendue des dégâts : non seulement les morts ont majoritairement traversé la frontière cielsombroise et envahi le bourg d'Automnal, mais ils sont aussi largement plus nombreux qu'au début, comme une épidémie qui se serait répandue. Ils semblent être des centaines et des centaines. Certains ont l'air d'attaquer les gens sur place, mais la majorité se contente d'avancer dans une même direction.
Une fois le groupe à terre, les assassins décident d'enquêter sur les raisons qui ont poussé les momies à quitter la protection de la vallée et commencent à traverser le bourg pour remonter le flot de morts vivants.




Premier Tour

Consignes



IRL : du lundi 11 juin au lundi 18 juin (18h).
IRP : le 28 juillet 1003, fin de journée.

• Ce topic concerne les personnages inscrits à l’intrigue au préalable (Aubrée, Bastien, Grâce, Hermine, Marianne, Mayeul, Melbren, Melsant, Narcisse, Rejwaïde, Sifaï, Victorine et Zacharie (Bertin)). Si ce n’est pas votre cas, un petit MP à la Fatalité et nous verrons pour vous intégrer au groupe !

• L'action se déroule aux frontières avec Erebor, au bas des montagnes qui abritent, en hauteur, les vallées funéraires erebiennes où sont entreposés les morts du royaume (carte). D'un côté sur la baronnie de Gabin de la Volte (Val-Serein), de l'autre sur le marquisat de Melsant de Séverac (Automnal). L'action est spécifiquement située sur les domaines des deux nobles et dans les deux bourgs qui leur sont attenants.

• Les groupes internes au sujet sont répartis comme suit :
– Bastien, Grâce, Marianne, Mayeul, Melbren, Melsant, Narcisse et Zacharie (Bertin) se trouvent sur le domaine d'Automnal. Plusieurs personnages joués sur Arven se trouvent en tant que PNJ à ces festivités : il vous faut l'autorisation de leur joueur si vous en venez à souhaiter les inclure dans vos posts.
– Aubrée, Hermine, Rejwaïde, Sifaï et Victorine se trouvent dans le bourg attenant au domaine. Elles sont accompagnées de cinq Voltigeurs d'escorte, de Sigrid et d'un assassin outreparleur, tous PNJ. Seul l'un des Voltigeurs d'escorte les accompagne à terre, les autres s'en retournent patrouiller dans le ciel. Vous êtes libres de les utiliser avec cohérence et, pour tout doute, un petit MP à la Fatalité.

• Le tour couvre :
Pour les invités : les festivités qui se passent sans souci jusqu'à l'arrivée de la foule agitée et la révélation que des morts se baladent dans Automnal. Vos personnages peuvent réagir, éventuellement interagir avec des PNJ du marquisat. Prenez en compte le fait que la panique est reine et que vous n'obtiendrez pas grand-chose de cohérent de la part de ces derniers.
Pour les assassins et les Erebiens : le moment où vous arrivez dans la vallée désertée, l'arrivée au bourg en proie à la panique et au chaos et la progression de vos personnages sur les lieux. Ces derniers peuvent interroger les habitants PNJ qui ne seront pas très cohérents, les aider s'ils l'estiment nécessaire, à vous de voir. Il faut simplement qu'ils gardent en tête leur mission : tenter de comprendre ce qui a poussé les momies à quitter la vallée en suivant le cortège des morts.

• Limitations :
Pour les invités : pour l'instant, vos personnages ne peuvent ni rejoindre le bourg d'Automnal, ni aller se réfugier dans la demeure. Ils ne sont pas encore en contact avec les momies.
Pour les assassins et les Erebiens : pour l'instant, vos personnages sont dans le bourg d'Automnal, au milieu des habitants et d'une partie des momies, mais ils ne doivent pas encore rejoindre le domaine du marquis et les invités.

• Comportement des momies :
Il dépend principalement de qui elles étaient avant leur mort et de ce qu'elles pouvaient faire. Certaines se montreront légèrement agressives à l'état normal, d'autres pas du tout. Par exemple, une ancienne courtisane adoptera une attitude bien moins agressive si elle est attaquée ou bousculée qu'un ancien guerrier ou un ancien mercenaire. Autre exemple : un coureur des sables (garde messager des tribus erebiennes) avancera plus vite que la moyenne. Vous êtes donc libres de décider quels types de momies vos personnages vont trouver sur leur route. De plus, elles semblent errer sans but et n'ont pas d'intelligence propre : si elles se retrouvent face à un obstacle, elles ne chercheront pas à le contourner ou n'auront aucun geste pour s'en défaire. C'est principalement le hasard qui leur permettra de reprendre leur route. Enfin, Il est possible de blesser une momie, mais elle ne ressentira aucune douleur et cela ne l'empêchera pas de continuer à avancer – à moins d'être réduite à l'état de tronc, bon. Attention : elle peuvent prendre feu, mais leur 'chair' ne sera pas détruite : elles resteront simplement en feu et continueront d'avancer.

• Vous êtes en Sombreciel : il fait encore chaud, mais une brise aide à rafraîchir la température. La nuit n'est pas encore tombée.

• Vous pouvez poster plusieurs fois dans un tour, mais veillez toujours à laisser deux personnes répondre entre chacune de vos interventions.

• Coucou, la limite de mots est toujours là ! 700 mots maximum par message, pas un de plus, sinon il faudra aller payer le surplus en boutique. :argh: A titre exceptionnel, votre premier message, et uniquement lui, n'a pas de limite de mots.

• Pensez à indiquer votre nombre de mots en utilisant impérativement ce site et le résumé de vos actions sous balises spoiler.

• Bien sûr, si doutes et interrogations il y a, direction le QG du sujet. :hug:


Bonne chance, valeureux dragonnets ! :angel:





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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Lun 11 Juin 2018 - 16:01

La fête suivant l’union de Grâce et Melsant de Séverac avait été somptueuse. Même Sifaï, toute Erebienne qu’elle était, ne pouvait le nier. Toute la fratrie avait joué de leur contact afin d’offrir à leur cadette un sari de soie luxueux aux couleurs éclatantes et une ribambelle d’ornements dorés. Ce n’était pas tout les jours que la titulaire de Sifaï - Fleur des Sables qui plus est - se mariait. Malgré sa timidité et sa réserve, la jeunette avait profité des banquets nombreux et des danses qui s’étiraient jusqu’à tard dans la nuit. Elle avait retrouvé Erebor quelques jours plus tard, soulagée de quitter le duché de la Folie mais mais les yeux encore brillant de toute la joliesse qu’elle y avait vu. Pour quiconque la questionnait, la fille du désert minimisait largement l’effet qu’avait eu sur elle ce mariage cielsombrois, soulignant plutôt la décadence des invités.

Le retour aux entraînements avec Simoun avait été une bénédiction et c’est avec une certaine fébrilité qu’elle avait retrouvé son cimeterre et ses harnais. Elle en était là, précisément, à danser avec son arme comme Grâce le lui avait appris, lorsqu’on l’informa qu’elle devait rejoindre quelques Voltigeurs pour une mission toute particulière. Là-bas, au creux des vallées funéraires veillées par la Garde Thaumaturge, les morts défiaient Sithis et se relevaient. Le cadette eut une pensée pour Octave d’Ibélène, lui aussi revenu à la vie, alors que son coeur martelait sa poitrine pour prouver son indignation. Plusieurs le chantaient déjà, mais les mots semblaient bien ternes de sens devant cette attaque au coeur même des traditions erebiennes : la mort était sacrée. Si sacrée que les défunts subissaient un long rituel de momification afin que leur dépouille soit préservée du temps et demeure à jamais au sein du désert qui les avait vu naître. Si sacrée que les joailliers les plus incroyables parraient le corps des plus grands de mille ornements afin qu’ils soient accueillis en roi par la mort elle-même et reposent à jamais comme ils avaient vécu. Si sacrée que la Confrérie Noire elle-même devait être escortée par des enfants des dunes pour s’assurer qu’aucun faux pas ne survienne.

Si la peur la tenaillait très certainement, Sifaï s’était empressée de rejoindre les Voltigeurs pour cette mission des plus étranges, surprise d'y retrouver sa cousine. Elle avait peu parlé alors qu’ils rejoignaient la vallée des reines surplombant Sombreciel, et s’était contentée d’épier ces gens masqués fidèles à Lida et Sithis avec une curiosité teintée de respect. Ils avaient passé la nuit à proximité de la vallée pour pénétrer la terre sacrée à l’aube, seulement. Les niches n’étaient plus scellées. Les morts avaient déserté. Il n’y avait aucun mot assez puissant pour décrire le sentiment d’horreur et d’indignation de Sifaï. La mâchoire serrée et le sang bouillonnant, elle avait suivi les ordres : comprendre ce qui appelle les défunts à quitter les vallées funéraires, soutenir les disciples masqués et préserver les vivants des morts.


Elle avait juré, dans sa langue des dunes, en voyant la horde de trépassés fourmiller sur les landes d’Automnal. Pour les assassins qui les accompagnaient, si proches et loin d'elle à la fois, Sifaï n’avait pas traduit. L’intonation elle-même suffisait à faire comprendre que la situation était grave. Très grave. Et qu’il y avait quelque chose de beaucoup plus grand qu’eux qui se jouait à ce moment précis. Mais la Confrérie Noire le savait déjà, et bien mieux qu’elle, probablement. Le griffon avait piqué abruptement en suivant le vol, devant eux, et Sifaï avait entendu les cris s'élever d'un sac de transport lové contre le griffon voisin du sien. Même les agents de Lida et de Sithis étaient inconfortables avec les hauteurs. La Voltigeuse avait fait un effort pour signaler en commun qu’ils rejoindraient bientôt le sol.

L’Erebienne n’avait pas dégainé lorsqu’elle avait quitté le dos de Simoun. Pas encore. Ces corps revenus à la vie demeuraient malgré tout les dépouilles d’Erebiens et elle rechignait à les endommager, même si le danger était bien présent. Elle l’avait vu, depuis les cieux. Certaines momies attaquaient les pauvres gens. Partout, la panique et le chaos régnaient en maître et l’ambiance festive et légère du mariage n’existait plus. Les habitants cherchaient à fuir - avec raison - et hurlaient parfois quelques informations décousues pour le groupe armé qui venait des cieux.

Un long frisson semblable au vent qui balayait les dunes traversa la cadette lorsqu’un deux-fois nés la dépassa sans la voir. Un masque d'or voilait son visage absent et sur ses yeux avaient dû reposer des gemmes polies tombées depuis Erebor. La cadette eut un regard pour Rejwaïde qui devait peut-être, elle aussi, peiner à croire réel ce qui se déroulait autour d’elles. L’état de stupéfaction et d’incrédulité ne dura pas. Il fallait agir. Sifaï s’empressa soudainement d’aider un homme à se relever en lui aboyant de fuir de sa voix chantante. Fuir, oui, mais où? Grâce était-elle au domaine? Avait-elle eu le temps de retrouver ses armes pour défendre sa famille et ces gens qui désormais étaient sous sa protection? Sans savoir où les morts allaient, il devenait difficile de les esquiver et d’assurer la sécurité des citoyens.

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Dernière édition par Sifaï Sinhaj le Mar 12 Juin 2018 - 22:36, édité 4 fois
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Lun 11 Juin 2018 - 19:06

Je plisse des yeux alors que je regarde les tonnelets de vin d’amonceler pour la soirée à venir. Rien qu’à leur vue, j’ai l’impression d’avoir une véritable délégation de saltimbanques qui fait des cabrioles dans ma tête. Et je me demande vaguement si je serais encore capable de boire une gorgée d’alcool supplémentaire jusqu’à la fin de ma vie.

Il faut dire que les festivités ont été des plus agréables, quand bien même une part de moi grince encore des dents à l’idée de voir Melsant marié à Grâce. Mais il a l’air heureux, c’est le principal non ? Et elle n’est pas si mal au final. Toujours est-il que j’ai plus que profité des derniers jours, n’étant jamais en reste pour participer aux toasts portés ou pour louvoyer entre réceptions, bals et les animations proposées par le bourg en journée. Et je ne parle même pas des nuits toutes aussi agitées.

A cette pensée, j’ai un mince sourire, quand bien même mon crâne est toujours aussi douloureux et que je sens Ortie prête à me faire payer cette sensation au centuple dès qu’elle en aura l’occasion. En partie parce que je me dis que j’ai plus que profité des festivités mais également parce que je me rapproche de Melbren qui a plus qu’aidé à ce que mes soirées ne soient pas de tout repos et à ce que je passe de très bons moments. Sur le chemin, j’attrape une … carafe d’eau et un verre, avant de me planter devant lui et de souffler pensivement, le regard sur mon verre vide.

« Est-ce que tu crois qu’il est réellement possible de prendre feu à force d’avoir ingurgité trop d’alcool ? Parce qu’en cet instant, j’ai comme l’impression que je pourrais tout à fait tenter l’expérience. » Je vide mon verre d’eau d’une traite avant de le remplir de nouveau et de continuer, non sans un soupir. « Et si tu as une méthode pour faire taire les tambours qui s’amusent à donner le rythme à mes tempes, je t’en serais éternellement reconnaissant. »

Songeant vaguement qu’il serait peut-être opportun de manger quelque chose, juste au cas où, je lui désigne le buffet d’un mouvement du menton sans grande conviction. Nombre de gens sont regroupés autour alors que la musique a commencé. Point positif, elle me ferait presque oublier mon mal de crâne, ce qui n’est pas le cas des brouhahas de plus en plus fort des gens qui nous entourent. Il faut dire que, plus les heures passent, plus les gens commencent à se faire joyeux, comme à chaque fois depuis le début des festivités. Je me demande si je ne devrais pas traiter le mal par le mal et je finis par loucher sur les carafes de vin, sans me rendre compte que certains autour de moi semblent remarquer qu’il se passe quelque chose plus loin, à l’entrée du domaine.

Mais, je finis par réaliser que les musiciens ont arrêté de jouer. Et que la tension commence à gagner l’ensemble des invités, alors que les cris commencent enfin à me faire tiquer, à me faire penser quelque chose cloche, même si je refuse de l'admettre. Je fronce les sourcils, sans bien comprendre ce qui se passe, avant que de finir par entre ce qui se passe. Je finis par souffler, non sans humeur. « Des morts qui se sont relevés ? Si c’est une plaisanterie, je trouve qu’elle est particulièrement mal venue pour la clôture du mariage. » Je ne vois de toute façon pas ce que ça pourrait être d’autre. D’autant que je me refuse à croire de telles sottises. Pourtant, ce n’est pas comme si je savais pertinemment que tout pouvait arriver. Surtout le pire.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mar 12 Juin 2018 - 5:13

Que connais-tu des morts, Hermine Chantelune ?

Tu sais semer la mort, la faire séduisante et dévastatrice, enivrante et destructrice. Maîtresse des poisons depuis si longtemps. Tu sais tuer, certainement, et tu sais qu’au Royaume de Sithis marchent bien des hommes et des femmes ayant péri sous tes bons soins. Pourtant, des morts, tu ne sais que bien peu. Tu viens de terres où les morts sont incinérés, brûlent à ciel ouvert jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’eux, que les souvenirs de jours heureux. Tu viens de terres où l’âme survit à ce corps périssable, imparfait, et d’où jamais, jamais, quiconque ne se relèvera.

Tu ne connais des morts, Hermine, que le feu qui les libère.


Le voyage a été… intéressant, ainsi suspendue sous un griffon, enveloppée dans un sac comme une chenille dans un cocon. Tu n’es pas habituée de voyager ainsi, de façon si cavalière et inconfortable, mais la situation est extraordinaire, autant que ta présence. L’absence imprévue de Majda te tracasse secrètement, mais tu refuses de laisser la chose entraver votre mission. Tu n’as pu empêcher tes yeux de louvoyer hors du sac à taille humaine, afin de contempler la mer de dunes sous toi, et de comparer le mouvement hypnotisant de ses vagues à celui de la mer salée et furieuse qui borde les côtes de ton duché. Les mots du sultan Anthim dansent dans ton esprit, ainsi que ceux de la Sombre Mère et de tes collègues Écoutants. Ceux à Lorgol comme celui que tu as quitté, il y a quelques heures.

Aux abords de Sombreciel, juste à la frontière de ce sultanat d’or et d’obsidienne, tu es l’ennemie. Tes habits se font sobres, si différents et inhabituels. Même tes manières exagérées et théâtrales se font discrètes et mesurées, et derrière le masque qui dissimule tes traits élégants, il n’y a que tes yeux noirs pour trahir ton trouble. Cette angoisse sourde qui te tord le ventre, alors qu’à la levée du jour, vous constatez l’ampleur de ces tombeaux vides, désespérément vides. Vides de toutes momies en état de se déplacer, remplis de craintes, de doutes et de peurs auxquelles vous ne pouvez pas répondre. Pas avant que vous partiez tous de la vallée funéraire et que des cieux, vous puissiez observer l’ampleur du désastre.

À Automnal, bourg où tu as si souvent voyagé avec ta mère, enfant, lorsqu’il était temps de vendre les poires qui font la renommée de La Bohème, des morts se mêlent à la foule des habitants. Une fois au sol, remise sur tes pieds, tu ne sais que faire. Tu crains d’étendre le bras et de toucher ces morts-vivants et de ce simple geste, t’attirer leur courroux. Celui de Sithis, d’avoir frôlé Ceux qui lui appartiennent, bien que tu sois sa fille depuis tant d’années. Parmi le groupe d’Assassins, tu représentes l’autorité, forte de ton statut d’Écoutante. De surcroît, seule Cielsombroise, tu es certainement celle qui pourrait le mieux se fondre dans la foule, ou plaider votre cause, si un souci venait à troubler votre expédition. Même si tu as un sincère doute quant à l’existence d’un souci plus grand qu’une cohorte de centaines de momies animées se dirigeant sans but à travers Automnal. Quoique sans but… pas tout à fait. Il semble bien y avoir une trajectoire, dans tout ce mouvement, même si tu ne sais pas encore laquelle. Ou est-ce un effet de ton esprit ? « Qu’est-ce qui peut bien les attirer ?, murmures-tu, avant de te retourner vers tes compères Assassins, ainsi que vos escortes. Il vaut mieux les suivre. »

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mar 12 Juin 2018 - 8:24

Tout était irréel, aux yeux de la nouvelle marquise. Ces célébrations à n’en plus finir, ces gens qui semblaient sincèrement heureux qu’elle avait rencontrés, et qui fêtait une union… Cela était tellement différent de ce qu’elle avait vécu auparavant, et de ce qu’elle avait imaginé. Elle s’était dit que tout serait extravagant, et tout l’avait été, mais elle n’y avait pas prêté attention. Elle avait étreint son époux, avait dansé avec lui et tant d’autres, avait souri alors qu’il ne se lassait pas de l’appeler par ce nom qui était désormais le sien, avait frémi dans ses bras. L’insouciance s’était emparée d’elle, ces dix derniers jours, animée par la joie d’enfin avoir pu épouser l’homme qu’elle aimait. Cet homme qu’elle avait choisi, et qui la respectait. Celui qui comprenait la fierté de sa compagne, et s’en accommodait. Celui qui, enfin, partageait sa passion, pour la Voltige. Voler à ses côtés, virevolter dans les cieux, n’avait rien à voir avec la confiance et l’aisance que Rejwaïde et elle avaient fini par acquérir, ces derniers mois, mais pouvoir tout partager avec lui était plus qu’elle n’aurait donné. Même si ces trois mots, Grâce de Séverac, avaient une sonorité étrange à ses yeux, elle ne regrettait pas sa décision un seul instant.

Moins encore alors qu’à ses côtés, elle visitait une nouvelle portion du domaine dont elle ne connaissait rien, en marge de celui-ci. Les rangées d’arbres fruitiers à l’orée du domaine étaient splendides. Encore plus alors qu’elle remontait sur Corail, les regardant en contrebas, dans le soleil qui commençait à décliner. Ils devaient malgré tout retourner au sein du domaine, par respect pour les invités présents. Elle aurait volontiers profité de la quiétude de l’endroit, avec pour seule compagnie celle de son époux. Elle n’était même pas certaine que quiconque s’en offusquerait. Une certaine rougeur monta à ses oreilles, en se remémorant certaines des paroles qui avaient accompagnées leur retraite, chaque soir, alors qu’elle souriait malgré tout à cette idée.

Elle avait opté pour  des vêtements plus confortables pour monter sur le dos de Corail, et une fois à terre, elle resta un temps aux côtés de sa fidèle amie pour l’aider à se débarbouiller, elle aussi, bien qu’elle n’ait pas réellement besoin de son aide. La majestueuse griffonne pouvait s’en charger elle-même, mais c’était un moment d’intimité qu’elles partageaient depuis de nombreuses années, maintenant, et pendant lequel Grâce vérifiait qu’elle n’était pas blessée. La quittant, elle avait pris un bain qu’elle voulait rapide avant que son époux ne l’interrompe et la retarde, puis finisse par l’aider à revêtir l’une de ces robes auxquelles elle n’est pas encore habituée.

Elle était somptueuse, ce soir là, vêtue d’une tenue à la richesse effarante, évoluant entre les différents convives. Jusqu’à ce que du grabuge se fasse entendre, du moins, que des murmures, parfois incrédules, parfois effrayés, parviennent à ses oreilles. Qu’un garde les sollicite, Melsant et elle. Elle ne s’attendait pas à être mise à l’épreuve aussitôt. Mais elle est marquise d’Automnal, ce sont ses sujets, à elle aussi. Et si elle n’était pas à l’aise avec les fêtes de la noblesse, elle savait parfaitement réagir en situation de crise, en revanche. D’un pas rapide, aussi rapide que cette maudite robe le lui permettait, elle se dirigea vers l’attroupement au niveau des gardes, entendant la voix forte de Bastien s’exprimer. Ou peut-être la pense-t-elle plus forte qu’elle ne l’est réellement, mais peu importe.

Avançant, elle lui demanda de les suivre, Melsant et elle. Elle avait toujours du mal avec l’homme, du fait de leurs échanges passés, mais elle avait constaté son efficacité, sa loyauté, et ses capacités de réaction. Si une menace se présentait réellement à Automnal, s’ils devaient se battre… Elle serait rassurée de l’avoir à ses côtés. Même si elle ne comprenait pas ce qui pouvait causer une telle panique. Elle savait Corail non loin, si cela s’avérait nécessaire, même si rien n’avait indiqué que ce serait le cas et que la griffonne vaquait à ses occupations. Elle n’était pas vêtue pour affronter quoi que ce soit, mais elle déchirerait cette robe, si elle le devait. Et elle prendrait n’importe quelle arme, de n’importe quel garde, même s’il lui serait probablement difficile de la manier. « Dites-nous ce qu’il se passe. Et menez-nous à ce que vous avez vu. » Elle jeta un regard hésitant vers Melsant – aurait-elle dû le laisser prendre l’initiative ? Elle grimaça malgré elle, espérant ne pas avoir commis un impair.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mar 12 Juin 2018 - 14:48

- Mais nooon ! C’est pas possible ça ! Comment vous pouvez dire que la chapelle Sithis de Michaël Langelot c’est mieux que la Rotonde de Léon !? Vous connaissez son surnom tout de même, que dis-je, son titre ! Léon « L’Art des Vingt-Six ». Quand même, c’est pas rien hein !
Quelques bouffées nerveuses tirées sur sa pipe, répandant à nouveau l’odeur âcre de ses herbes. Pas sûr que la discussion au fond intéressait follement son interlocuteur, mais Narcisse quant à lui semblait bien emballé. Fallait dire qu’après cette semaine de festivités, la sobriété du marquis n’était plus qu’un souvenir lointain. Bien des invités déjà s’étaient éclipsés, jour après jour, mais lui… Tant qu’on lui servait à boire gratuitement, pour quelle bonne raison rentrer chez lui, vraiment ? Bon, il avait bien entendu dire que demain serait le dernier jour des festivités alors… autant en profiter jusqu’au bout maintenant qu’on y était, non ? Autant dire que la diète n’était pas à l’ordre du jour. C’est alors qu’à ce dialogue vint s’ajouter une troisième voix.
- Moi je m’en fous, je préfère Jehanne des Serres.
Si le vin avait une voix, ce serait celle-ci ! En voilà un qui avait encore plus abusé de l’hospitalité des jeunes mariés que quiconque ici certainement. Un homme bien gras, dans la cinquantaine. De la famille de… de qui déjà ? Il n’est plus sûr, et depuis que tous ces gens s’étaient passés le mot pour subitement devenir flous – il y a de cela quelques heures déjà – Narcisse risquait fort peu de gagner là une partie de « qui est qui ». Fixant donc le gros bonhomme du regard, perplexe, lâche sans trop y réfléchir un « quoi ? » abasourdi. C’était qui cette Jehanne, hein ? Est-ce qu’elle existait même ?
- Ouais ! C’est que vos *borborygmes incompréhensibles* d’pacotilles là, et ben, j’suis sûr que, humpf *renvoi bien gras et un peu trop humide pour être honnête* pas foutus d’faire d’aussi bonnes pâtisseries hein, oh ça non !
Se retournant vers l’homme avec qui il conversait en premier lieu, l’air clairement dépassé par les événements – et tout concentré qu’il était dans la conversation, ne se rendant pas encore compte du foutoir qui approchait.
- Je sais pas vous, mais moi j’ai rien bité là !
Oui, Narcisse aussi pouvait parfois avoir un langage fleuri quand il dépassait les doses prescrites par son médicastre – autrement dit lui-même. C’est qu’il avait une mère lagrane, alors… Lagrance, fleuri… Il ricane tout seul de ce cheminement de pensées qui lui échappe totalement. Mais son attention est de nouveau captée par la barrique sur pattes. Un « rah ça y est y m’ont énervés » marmonné, et le Croquelune ne voit déjà plus que son dos alors que le gros bonhomme titube en s’éloignant. Ce n’est qu'alors que Narcisse réalise enfin. Les éclats de voix ne sont pas juste que quelques discussions animées de fêtards. Même à cette distance ça puait franchement la panique. Et là, notre ignare aviné amateur de pâtisserie… commence à se désaper ! Tout de go, allez hop, bien plus preste à faire tomber la chemise qu’à se déplacer manifestement. Et en plus, il beugle, comme s’il avait des comptes à régler avec ces gens qui s’amassent en troublant la fête. Impossible d’identifier toutefois ce qu’il pouvait bien raconter. Se retournant à nouveau sur son interlocuteur d’origine, il demande.
- Dites, ça lui prend souvent à votre grand-oncle là ? Je pense que personne ne vous en voudrait d’aller lui dire de se rhabiller, juré !
- Mais ce n'est pas mon grand-oncle...
- Ah ! Au temps pour moi… Bon eh bien, si personne ne se dévoue...
Narcisse s’approche… tant qu’à faire il verrait peut-être mieux de quoi il en retournait avec cette arrivée inattendue. Évite bien sûr soigneusement de lancer ses émeraudes vers cette nouvelle lune découverte, pas astronome pour un sou, surtout quand ça gigotait comme de la gelée trop fraîche.
- Dites-moi mon vieux… C’est qui ces gens, et ils vous ont fait quoi ? Roh et par pitié, rangez-moi cette lance… Impossible que vous réussissiez à les toucher de là où vous êtes...
Car oui, c’est qu’il se mettait à effectuer quelques gestes obscènes beaucoup, beaucoup trop explicite à son goût. Le Croquelune en grimace, détourne le regard. Ce n’est que lorsqu’il entend de l’eau qui coule et éclabousse qu’il réalise l’intention du gus. S’écarte vivement de lui, tenant peu à voir ses bottes couvertes de l’urine d’un gros tout nu. Mais dans quoi il était tombé, sérieusement ? Et l’autre qui se met à lui chuchoter en plus.
- Hé ! Psssit ! Approchez !
- Oh non non, ça ira. Très franchement, je n’y tiens pas, mais c’est gentil de proposer, merci !
- Héééé ! Je vois des gens qui sont morts...
Termine-t-il toujours en chuchotant, tenant de ses deux mains sa chemise ôtée jusque sur son menton, comme s’il s’agissait d’une espèce de bouclier. Ou d’une couverture plus simplement, s’il avait été allongé. Narcisse, lui, entr’ouvre la bouche. La referme. L’entr’ouvre à nouveau. Non, toujours rien. Il voudrait répondre hein, c’est pas l’intention qui manque mais… ce sont les mots, tout simplement. Le marquis secoue la tête, cligne des yeux, tentant d’émerger un peu de son brouillard, se reprendre un tantinet.
- Bon… d’accord… Hé, j’ai une idée. Je vais aller voir. Et vous, pendant ce temps-là… Ah, le premier au buffet gagne les pâtisseries de l’autre ! Attention hein, faut ranger sa dagounette sinon ça compte pas ! Dans 3… 2… 1… C’est parti !
Le grand-oncle à on-sait-pas-qui fait une bouche ronde, semblant saisir et se prendre au jeu. Se retourne vivement et… oui… courir avec les braies sur les chevilles, c’est compliqué… se vautre donc, grommelle, mais ne perd pas le fil heureusement. Regagne un peu de sa pudeur en remontant son bas d’une main, tandis qu’il se mettait déjà à ramper de l’autre bras, cherchant à rejoindre le buffet le premier coûte que coûte. Y arriverait-il ou pas, ça… Narcisse de plus en plus curieux commencera pour sa part à se rapprocher de l’attroupement en détresse...

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mar 12 Juin 2018 - 23:09

« Attends ! Sinhaj Sifaï… ? » D’une main impérieuse, Reja a retenu le messager qui s’apprête à repartir en courant, son message délivré. Anthim ordonne donc à des Voltigeurs de la caserne de Vivedune de partir en mission, avec sa cousinette délaissée sans ses anciennes titulaires pour l’entraîner ? Le regard songeur, la danseuse des dunes congédie le coursier qui s’en va cette fois avertir la caserne de la ville. D’un coup de tête prononcé dans son dos, Sirocco la pousse en avant, plein d’inquiétude, soudain, pour son chétif frère de couvée et la petite humaine qui voltige à ses côtés. Tapotant affectueusement les plumes d’ébène, Reja quitte la caserne du palais, s’enfonçant dans les couloirs pour rencontrer Anthim. Ce sera la deuxième fois en trois jours – le temps de réflexion que le sultan des sables a imposé pour réfléchir à la requête qu’elle est venue lui formuler, le temps qu’elle-même a demandé pour contacter ses frères et sœurs de l’Ordre et présenter la proposition que le seigneur d’Erebor tient à leur transmettre.



Lorsqu’elle ressort de l’entretien, bien plus tard, c’est en petites foulées qu’elle rejoint Sirocco, toujours sagement posté à l’attendre. « Prouve que tu es digne de ce que tu demandes », a dit Anthim, « accompagne le groupe, ce sera ta mission ; et nous en reparlerons à ton retour. » En quelques mots, il l’a informée de l’objectif : accompagner les délégués de la Confrérie Noire envoyés pour résoudre une épineuse difficulté dans les vallées funéraires, et s’assurer qu’ils ne commettent aucun impair. Et surtout, veiller sur Sif. À cette nouvelle, la joie de Sirocco envahit leur lien mental ; il est ravi d’accompagner son frère de couvée et de visiter un peu les vallées frontalières du sud. En rejoignant le groupe, Reja se présente aux assassins – elle connaît déjà les Voltigeurs de l’escadron, et ceux de la Guilde des Messagers qui vont transporter leurs visiteurs. Un des assistants s’apprête à fixer le grand harnais d’escorte réalisé pour Sirocco le mois précédent, lorsque Reja a sollicité l’entrée de la Guilde ; mais la jeune femme l’arrête d’un geste. « Non. Je ne suis pas là en tant qu’escorte ; Sirocco et moi accompagnerons les Voltigeurs de l’escadron. Ordre du sultan. », précise-t-elle sobrement. On ne discute pas un ordre d’Anthim – et rapidement, le groupe s’envole vers le sud.



« D’accord, j’ai bien compris – vous avez bouché l’entrée pour garder les momies à l’intérieur. Mais on vient de voler au-dessus de la vallée, et elles ne sont plus là, les momies. Alors, où sont-elles ? »

Les Khamsin de la tribu locale n’en savent visiblement rien, et le malaise grandit dans l’âme de la Voltigeuse. On lui a toujours enseigné à respecter les morts, et cette vallée-là, elle la connaît bien – c’est la vallée des reines, là où les sultanes et les concubines décédées au harem dorment de leur éternel sommeil. Dans cette vallée, il y a la sépulture de Zénaïde. Elle n’a pas osé vérifier si la dalle funéraire scellant l’entrée de son tombeau est toujours en place ; la simple idée que le corps de sa mère puisse être en train d’avancer dans Joseï sait quelle direction lui provoque un frémissement irrépressible. Rapidement toutefois, un début de réponse commence à se former : les Voltigeurs partis en éclaireur ont trouvé une horde au loin, bien avancée de l’autre côté de la frontière. L’affolement de Sirocco étourdit un instant sa cavalière – le grand griffon connaît bien l’endroit où les momies se dirigent, pour s’y être souvent rendu quand Reja n’était… pas là.

Automnal. L’Automnal de Soie – de Melsant de Séverac. L’Automnal de Grâce désormais. Et dans le lien mental, la panique de Sirocco transmet des noms. Corail. Nuage. Iode. Ils sont tous là-bas : sa meilleure amie, sa première cousine, l’homme qu’elle aime. Le sang de Reja se glace, et les mots d’Anthim résonnent dans son esprit. « Montre-moi que tu es fiable, mérite ma confiance. » Dans les circonstances politiques actuelles, franchir la frontière sans y être invités pourrait être perçu comme un acte de guerre ; mais peut-elle laisser ses êtres chers en danger ? La flamme secrète qu’elle porte en elle depuis sa sortie de la Chasse Sauvage s’embrase soudain au cœur de son être, et c’est la force de conviction de Conquête qui la propulse en avant, droit vers le danger – dans la guerre, victoire ; dans la paix, vigilance ; dans la mort, sacrifice.

« Ces gens doivent traverser la frontière pour remplir leur office. Les ordres du sultan m’attachent à leur protection. Je ne vous oblige pas à me suivre ; car le danger est grand. »

Elle n’a pas besoin de se retourner.
Elle sait qu’ils la suivent.



Les escorteurs ont repris le chemin des airs, une fois leurs passagers déposés ; et les Voltigeurs de l’escadron patrouillent en hauteur. Seul l’un d’eux accompagne les deux Sinhaj au sol, tous trois vigilants pour assurer la protection des cinq assassins : un outreparleur, visiblement, deux jeunes filles à peu près du gabarit de Sif, et deux femmes hautement placées dans la hiérarchie, au port de tête assuré. Aucun d’eux n’est d’Erebor, à en juger par leurs voix ; mais les informations glanées auprès des autres griffons missionnés ont montré un Khamsin partant pour l’ouest du duché. « Mon griffon connaît l’endroit » indique l’aînée des Sinhaj, sans s’étendre sur les motifs très matrimoniaux qui ont poussé Sirocco à franchir les montagnes avec grande régularité ces derniers mois.

Il vaut mieux les suivre, a dit la femme de tête en désignant les momies en mouvement dans la ville, parmi les cris et la panique des habitants en fuite. Dégainant le sabre qui ne quitte jamais le fourreau entre ses épaules, Reja se place à l’avant du groupe, interrogeant du regard la femme masquée qui semble prendre les décisions pour les assassins. « Je vais passer devant – mon griffon observe les lieux depuis les airs et m’indiquera le meilleur chemin pour traverser le bourg. Une fois que nous serons parvenues au domaine du seigneur, il faudra certainement expliquer que nous sommes venus en paix – et je ne pense pas que nous autres Erebiens soyons les mieux placés pour ce faire. »

D’un signe de tête, elle envoie Sifaï en queue de cortège, avec les deux silhouettes plus frêles qu’elle associe à de toutes jeunes filles. « Sif, tu veilles sur les deux demoiselles, garde ton sabre à l’affût – et surtout, ne touche pas nos morts, ma cousine. Toi, Hafid, protège le mage – et vous mesdames, si vous voulez bien me suivre, restez derrière moi », indique-t-elle aux deux femmes masquées.

Puis le groupe se met en marche en direction du logis marquisal. Sirocco, préviens Soie, et Corail – et Iode, et Nuage. Dis-leur que nous sommes là. Mayeul, dans quelle pagaille t’es-tu encore fourré ? Pourvu que tout le monde aille bien, là-bas… Et pourvu qu’Anthim ne lui reproche pas d’avoir franchi la frontière.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mar 12 Juin 2018 - 23:20

Les morts s'éveillent.

Comme pour ses frères et soeurs de la Confrérie Noire, la nouvelle a fait un choc à l'Adepte de la Lame. Les informations leur sont parvenues très tôt, relayées par Solal, fraîchement revenu d'Erebor avec les nouvelles de son duché de naissance. La situation semble grave, mais encore gérable ; Victorine assiste attentivement à la mise en place du plant concocté par son Écoutante et son homologue de la Corde, elle se tient prête pour la mission, certaine que son exécution ne posera pas de problèmes. C'est dans cette optique qu'elle propose d'emmener Aubrée et Sigrid à ses côtés, afin qu'elles apprennent de cette expérience et qu'elles assistent au rituel à venir. Déterminée, l'Adepte se prépare mentalement à se rendre auprès de tous ces morts qui ont quitté le royaume de Sithis et qui se sont relevés, à cause de la stupidité de deux mages qui ne savaient pas ce qu'ils faisaient. Comme si un empereur revenu à la vie n'était pas un sacrilège suffisant...

L'exaspération de Victorine n'est rien, face à celle de ses collègues erebiens. Shahryar, particulièrement, semble très remonté au sujet des événements. C'est tout naturellement qu'elle lui tient compagnie, la veille de leur départ, afin d'apaiser la colère et d'en détourner la ferveur en quelque chose de plus agréable. Une occupation qu'ils partagent parfois, depuis quelques mois, quand l'occasion se présente.

La rencontre avec le sultan est brève mais instructive. Masquée, vêtue du cuir des assassins, Victorine supporte difficilement la chaleur du désert et n'est pas mécontente de prendre les airs pour se rendre dans les vallées concernées, malgré l'incofort du voyage. Elle ne s'en plaint guère pourtant, certaine qu'elle est de pouvoir bientôt retourner dans la fraîcheur relative de Lorgol. L'Adepte fait néanmoins face à une forte déconvenue, quand les assassins s'aperçoivent que les morts ont quitté la vallée ! À la fois irritée et inquiète, elle examine les quelques momies restées en arrière, celles incapables de se mouvoir, puis lève les yeux vers les montagnes. Elles n'ont tout de même pas traversé... ?

Sans attendre, assassins et Voltigeurs repartent pour retrouver les morts qui ont quitté la vallée. Malgré la hauteur et l'inconfort, Victorine tente de les repérer au sol et aperçoit, parfois, un groupe de momies qui avancent doucement à travers les chemins tortueux de la montagne. Mais il ne s'agit que de quelques éléments isolés, car la masse la plus dense se trouve d'ores et déjà au-delà des frontières, sur les terres cielsombroises, avançant toutes dans la direction d'un bourg vers lequel ils se dirigent également.

Une fois au sol, Victorine embrasse la scène du regard, l'air tout à fait sérieux sous le masque, encore incapable de savoir comment agir. A priori, les morts ne semblent pas dangereux, mais qui sait ce qui les attend ? Nul n'a jamais vu tel cortège funèbre auparavant. C'est à se demander vers quoi elles se dirigent, et c'est exactement la pensée qu'exprime Hermine. « Il vaut mieux les suivre. » Victorine jette un oeil sur son apprentie et celle de Lia, puis emboîte le pas à l'Écoutante du Poison. À leurs côtés, une Voltigeuse erebienne semble prendre en main la situation. Perplexe, Victorine la suit également, sans mot dire, en observatrice attentive. La sollicitude de l'Erebienne est fort appréciable, elle se retient néanmoins de lui faire remarquer que les apprenties et elle-même sont bien capables de se défendre seules ; qu'elle mette donc ses collègues en danger avant les leurs, ça lui convient très bien ainsi. Victorine se tourne toutefois vers Hermine. « Il faudrait surtout trouver un moyen de les faire rebrousser chemin, et vite. Je ne suis pas certaine que le rituel marche si elles sont dispersées comme ça. » Les faire retourner en Erebor lui paraît périlleux, et déjà, elle réfléchit à la meilleure façon de faire.


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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mer 13 Juin 2018 - 7:19

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Zacharie

de Sombrétoile



Livre III, Chapitre 4

Présentation



Aaaah! Ce que cela avait pu lui manquer que d’avoir une vie sociale ! On ne pouvait pas forcément dire que Sombrétoile était isolé, mais son emplacement le long de la frontière Faë n’en faisait pas tout à fait la destination idéale pour les événements sociaux ces derniers temps. Même son propre mariage à Méline avait été célébré à Euphoria, loin des conflits armés. À Sombrétoile à présent, il n’y avait que l’étrange passage du temps interminable et l’occasionnel dîner organisé pour les voisins ou un ami de passage. Trop rares au goût de Zacharie. Ce mariage auquel il a eu la chance d’être invité est tombé à point. Les tapis de son manoir méritent les bons soins qui leur seront prodigués pour les protéger de ses interminables cent pas pendant son absence. Et Zacharie, en bon épicurien, compte bien profiter des festivités jusqu’au bout. Hors de question de quitter Automnal avant que les derniers des convives s’en retournent également !

Et pour profiter, il a profité ! Alcool et nourriture ont régulièrement fait le trajet des tables du buffet jusqu’à sa panse, un état de fait qui risque de lui peser à son retour, mais dont il se moque complètement pour le moment. Ce mariage ne sera célébré qu’une fois, et il faut bien pleinement faire honneur aux nouveaux mariés ! Il faut aussi avouer que la compagnie est agréable à regarder. Ce n’est pas parce qu’il est casé qu’il ne peut pas regarder le menu. Il n’a pas l’intention de se marier de nouveau, pleinement heureux qu’il est avec les siens, mais cela ne l’empêche pas de profiter des jolies vues et, surtout, des agréables conversations qu’offrent les invités. Elles sont parfois un peu tordues par la quantité d’alcool avalée par les convives, mais ça ne rend l’événement que plus divertissant encore !

C’est au milieu d’une de ces conversations toute tohu-bohu animée d’exclamations fortes et d’éclats de rire qu’il se trouvait alors que les premiers signes des troubles agitant le bourg se sont fait entendre. Il n’en a rien remarqué, du moins pour un temps. La compagnie était trop bonne, la conversation trop intéressante… Mais bientôt un silence malaisant s’installe, brisé seulement par les cris des uns et l’incompréhension des autres, toute nouvelle forme de tohu-bohu qui lui semble, elle, beaucoup moins agréable. Il ne peut pas voir la porte du domaine de là où il se trouve, si bien qu’il s’avance vers la foule qui s’y masse pour mieux entendre les échanges paniqués, tenter d’assembler ses idées embrumées par tout ce qu’il a consommé ces derniers jours… Et les mots s’emboitent, peu à peu, formant un discours cohérent dont les idées ne lui font, d’abord, aucun sens. Comment les morts, brûlés, libérés de leur enveloppe charnelle, pouvaient-ils bien se balader dans les rues du bourg? « Ce n’est pas possible… » Pourtant il y a bien la panique, claire, lisible sur les traits de tous les fuyards. Et la brume se dissipe, un peu. L’horreur et la peur se disputent en lui alors que son regard passe lentement de Grâce à Melsant, puis à la populace qui s’amasse aux portes, gardée pour le moment loin d’eux par des gardes qui seront bientôt débordés, assurément, songe-t-il.

« Cela ne fait aucun sens… » murmure-t-il à mi-voix, comme suspendu dans le temps par un oppressant voile d’incompréhension. Il sent une main sur son épaule le retenir de faire un pas de plus, et d’un geste il se libère. Nathanaël a de bonnes intentions, mais ces événements sont trop graves pour qu’il joue de prudence. « Trouve Méline et amène-la à l’abri. Je dois comprendre ce qui arrive. On ne sait jamais, ce pourrait être un danger pour Sombrétoile aussi… » L’échange est fait à voix basse, leur visage rapproché l’un de l’autre, leurs lèvres se frôlant presque dans un baiser avant que Zacharie ne s’éloigne d’un pas pour tenter de fendre la foule dans laquelle il cherche sa femme afin de de la mettre à l’abri tout en s’approchant du centre de l’action.
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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mer 13 Juin 2018 - 19:37

Aubrée ne pensait pas, en quittant le mariage de sa mère, se retrouver dans une pareille situation.

Oh, Lia lui avait expliqué, pourtant, qu’il fallait qu’elle aille en Erebor, rejoindre Victorine et d’autres assassins. Mais la blonde kyréenne n’était pas rentrée dans les détails, et ses explications avaient suffi à la jeune femme. Ainsi, elle avait portaillé directement pour Automnal le jour du mariage, emportant au milieu de ses belles robes et ses parures ses armes et sa tenue d’assassin. Elle avait profité de la cérémonie, retrouvé et rencontré de nombreuses personnes, s’était amusée au moins autant que lors du mariage de Ljöta, mais sans jamais perdre de vue les consignes laissées par sa mentor. C’est un peu déçue de devoir partir si tôt qu’Aubrée a rejoint Vivedune par portail pour retrouver les autres assassins – dont Sigrid, pour sa plus grande joie –, prête à les seconder dans cette mission importante. Et quelle mission.

Les morts se sont relevés, encore. Comme lors de ce couronnement maudit. Elle se souvient encore du frission d’horreur qui l’a parcourue en voyant de ses propres yeux le jeune empereur se relever, comme s’il s’éveillait d’un cauchemar. Mais là, c’est peut-être pire. La magie a réveillé des dizaines, des centaines de morts. Aux assassins de les renvoyer, à l’aide d’un rituel, d’où ils viennent.

Et si elle ne s’est pas laissée impressionner par leur face-à-face avec Anthim d’Erebor, ni par la présence de toutes ces figures importantes de la Confrérie Noire, la présence de visages plus ou moins connus parmi les Erebiens ne l’a met pas des plus à l’aise. Elle a notamment reconnu la plus jeune des Voltigeuses, aux  grands yeux clairs et aux longs cheveux sombres. Elle était au mariage de Grâce, elle aussi. Et un instant, Aubrée craint qu’elle ne l’ait reconnue, elle aussi. Enfin, dissimulée derrière son masque et sa tenue sombre, l’Affranchie ne doit pas avoir grand-chose à voir avec la jeune femme joyeuse, aux boucles blondes et à la longue robe verte, qui a passé des soirées entières à danser et s’amuser. Et elle se fait la plus discrète possible par peur de se trahir, ne restant jamais très loin de Victorine ou de Sigrid, se disant que tout se passera bien.

Pourtant, pour le moment, c’est loin d’être le cas.

L’incompréhension est grande lorsque le groupe arrive dans la vallée funéraire. Les momies ont disparu – du moins, la plus grande majorité. Le temps de s’organiser rapidement et le groupe s’envole aussitôt, pour suivre le cortège des morts, au grand malheur d’Aubrée. Car si lors du premier trajet elle s’est efforcée de garder son calme, cette fois, le griffon va plus vite, les mouvements sont plus brusques. Les yeux fermés pour ne pas voir le vide, les mains agrippant avec force le harnais qui la tient, elle s’efforce de survivre à son voyage. Elle a peut-être même crié, une ou deux fois, sans s’en rendre compte.

C’est plus blanche que blanche que l’Affranchie met pied à terre, essayant de reprendre ses esprits et de se concentrer à nouveau sur la mission. Autour, c’est la panique générale. Les morts et les vivants se mélangent, les uns fuyant, les autres avançant. Etrangement, ils ne semblent pas plus agressifs que cela, se contentant d’avancer tous dans une même direction. Instinctivement, Aubrée se rapproche de Victorine, sa main se posant par réflexe sur la garde de son poignard, avant d’évaluer un peu son environnement. Et ses yeux s’écarquillent lorsqu’elle se rend compte de l’endroit où elle se trouve. Automnal. Elle reconnaît le bourg, pour s’y être promenée plus d’une fois pendant ces quelques jours de fête. Automnal. Et aussitôt ses pensées vont à sa mère, à sa sœur, à toutes les personnes qui doivent encore fêter cette union. Vont-elles bien ? Sont-elles au courant de ce qui est en train de se dérouler dans les rues d’Automnal ? Elle aimerait faire part de ses pensées à Victorine ou Sigrid, mais elle s’en empêche juste à temps, se rappelant que ce serait trahir son identité. En plus, une des Voltigeuses indique que son griffon connaît l’endroit – et donc, qu’elle-même connaît probablement Grâce. C’est même certain. Alors, Aubrée se tait, se contentant d’acquiescer quand Hermine propose de les suivre. Elle se crispe néanmoins légèrement lorsque la Voltigeuse évoque le domaine du seigneur – de Melsant et Grâce, donc. Là où tous sont possiblement encore en train de faire la fête, là où beaucoup la connaissent. Elle sera prudente, mais l’appréhension se fait un peu plus forte.

Elle ne bronche pas lorsque la plus jeune Voltigeuse – Sif, donc – se place près de Sigrid et elle, se contentant d’hocher la tête. Toutefois, la remarque de Victorine lui parvient. Elle hausse légèrement les sourcils avant de lui répondre. « Si elles vont toutes au même endroit, elles seront déjà regroupées, non ? On pourrait faire ça… Là-bas. » Elle jette un œil à Sif, espérant que son timbre de voix ne l’ait pas immédiatement trahie. Sinon… Que devra-t-elle faire pour y remédier ?

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Mer 13 Juin 2018 - 21:40



La Fatalité intervient

Intrigue 3.4 ♦️ Un cortège poussiéreux
Domaine d'Automnal



L'homme s'agite quand le Voltigeur émet l'idée qu'il peut s'agir d'une plaisanterie. Il s'apprête à rétorquer, la colère dans la voix, quand la marquise prend la parole. Il fait tout son possible pour repousser son agitation en s'adressant à elle. Cependant, ce qu'elle exige est au-dessus de ses forces, de celles des sujets présents, à n'en pas douter. Elle veut être menée dans le bourg… et c'est hors de question.

« Je ne retournerai pas là-bas, je ne peux pas, ma Dame ! Certains morts attaquent, ils sont partout. Ils viennent du nord et ils avancent vers ici. Il faut aller se mettre à l'abri. Je vous en prie, laissez-nous entrer… » La supplique laisse entrevoir le terreur qu'il tentait de cacher jusque-là, mais il n'y a aucun doute : ce qui arrive vers le domaine d'Automnal n'a rien de naturel et laisse envisager le pire.


A noter

• A peine la phrase de l'homme terminée, la foule s'agite de plus en plus et certains n'hésitent pas à bousculer sur leur passage en essayant d'avancer ou de contourner des gens. Il est possible que vos personnages en fassent les frais, à vous de décider. :haww:

• Rappel au cas où : vos personnages ne peuvent aller dans le bourg  ou aller se réfugier dans la demeure pour l'instant. Patience, dragonnets. :oui:



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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Jeu 14 Juin 2018 - 12:17

Le mariage avait été grandiose, à la hauteur de toutes les espérances. Et si Grâce avait conçu beaucoup d'appréhension lors des préparatifs, elle s'était rendue compte que finalement, ce n'était pas si terrible, une fois vécu. Comme il s'en était douté et le lui avait affirmé, elle serait parfaite dans son rôle de Marquise d'Automnal et Dame de Séverac. Qu'elle ai reçu une éducation belliférienne ne la handicapait nullement. Elle était suffisamment intelligente pour savoir comment agir et s'adapter aux mœurs cielsombroises. Ou du moins donner le change, même si certains travers continuaient à l'interloquer ou la mettre mal à l'aise. Les festivités continuaient, plusieurs jours après, mais ils avaient tout de même du temps pour eux, n'étant plus forcément le centre de l'attention, mais simplement un excellent prétexte à la débauche chère aux yeux de ses compatriotes. Des leurs maintenant. Mais Grâce se sentirait-elle jamais cielsombroise alors qu'elle servait Erebor ? Cela demeurait un point épineux, que les deux époux avaient décidé de mettre de côté. Les époux... Melsant était fier de pouvoir appeler Grâce sa femme. Dame de Séverac. Il s'en amusait et était conscient de sa chance d'avoir pu se faire aimer d'une telle femme. Son indépendance et sa force de caractère forçaient le respect. Son respect. Là où cela aurait pu poser problème dans un couple, il était simplement amoureux de sa force. C'était probablement pour cela également qu'elle avait accepté de se lier à lui. Parce que jamais il n'avait désiré brider son besoin de liberté, agissant totalement différemment de son précédent époux.

Il prenait le temps et le plaisir de lui montrer le domaine qui était désormais le sien. Elle serait une excellente régisseuse, il n'en doutait pas. Mais elle se devait de connaître le Marquisat aussi bien que lui. Il faudrait du temps. Ils en manquaient quelque peu, mais il n'avait de cesse de lui parler d'Automnal avec une passion et une affection sincères. Et même si les nuits étaient souvent courtes et dédiées à honorer leur mariage, il ne résistait jamais à la tentation de pouvoir abuser, encore et encore, de son corps splendide et de sa fougue. Même alors qu'ils étaient attendus, il n'avait pu s'empêcher de venir l'interrompre dans ses ablutions afin d'en profiter lui aussi, usant de sa prérogative d'époux, avant de se faire dame de compagnie quand il l'aida à se vêtir de ces tenues cielsombroises compliquées qui mettaient les nerfs de Grâce à rude épreuve.

Ce soir encore, ils passèrent de convives en convives. Melsant trinquant souvent avec eux pour célébrer son hymen, parlant et riant avec enthousiasme. Rien ne semblait pouvoir assombrir son humeur depuis 10 jours. Les doutes s'étaient envolés momentanément. Mais la réalité les rattrapa finalement, alors que l'atmosphère changeait subtilement. Que les conversations bruyantes, les rires, se muaient en interrogations et hésitations. De quoi dégriser le Séverac rapidement, quand bien même il était loin d'avoir ingurgité autant d'alcool que lors du soir du mariage. Il suivit Grâce qui ouvrait la voie avec agilité et demandait à Bastien de venir avec eux. Il capta les mots de son ami. Des morts qui se relèvent ? Il fronça les sourcils, alors qu'il ne mettait point du tout cette allégation sur le dos de divagations et de superstitions. Il avait vu et vécu trop de choses pour croire encore que cela pouvait être impossible... N'avait-il pas vu des morts sortir de sarcophages lors de Samhain ? Grâce exigea des explications avant de lui jeter un regard. Il hocha la tête, nullement vexé qu'elle ai pris la situation en mains et observa l'homme. Son visage, l'expression de son regard, étaient particulièrement intéressants. Et tout semblait très sincère. Même son récit. Et dans ce cas... Ses sujets étaient en grave danger.

« Des morts qui attaquent ? » Il prit un ample inspiration... Quoiqu'il se passe, que cela soit une duperie ou surnaturel, il se devait d'agir. La foule s'agitait et il fallait calmer les esprits. « Gardes ! Rassemblez les invités dans la salle d'audience. Dans le calme et la discipline. Libérez la cour afin d’accueillir les villageois. Qu'importe ce qu'ils fuient, ils ont besoin de notre protection. Jonas ! » Le capitaine de la garde était à ses côtés et fit un signe de tête, prêt à obéir : « Rassemble tes meilleurs hommes. Je vous veux prêt à partir dans 10 minutes. Grâce, Bastien, vous venez avec nous. Allez chercher les autres Voltigeurs. S'ils sont en état d'être utiles. » Il fit une petite grimace conscient de l'alcool et la drogue qui circulaient à profusion depuis quelques jours. Soie. Il capta l'attention de la griffonne. Survole le bourg, dis moi ce qu'il se passe. Il supposait que les autres griffons allaient recevoir les mêmes ordres. Des flashs lui parvinrent alors de Soie. Mais pas de son observation, non. C'était un message et il fronça les sourcils, alors que les autres Voltigeurs devaient recevoir le même message. Il y avait effectivement quelque chose qui approchait inexorablement et semait la panique. Et Erebor était de la partie. Il réglerait ça avec eux quand ils seraient là, puisque c'était Reja qui était à l'origine du message.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Jeu 14 Juin 2018 - 22:39

C'était un beau mariage, une belle cérémonie, et la fête qui suit est des plus agréable. Et surtout, surtout, pour la première fois depuis des mois, Mayeul se sent bien. Réellement bien. Il commence à faire le deuil de sa mère, à être en paix avec lui-même. Certes, il éprouve toujours ce besoin de se droguer aux sensations extrêmes, mais rien que quelques acrobaties avec Nuage ne peuvent résoudre. Il a même essayé de traîner Cristal dans ses cascades – peine perdue – histoire de s'amuser davantage.

Alors cette semaine de parenthèses, de festivités et de boissons a été plus que bienvenue pour le major de Svaljärd. Reja s'est envolée pour Vivedune, à son grand désappointement, mais ce n'est pas comme s'ils n'avaient pas l'habitude d'être séparé après tout, et Mayeul a tenu à profiter de la fête. A rendre hommage aux mariés aussi, qu'il apprécie fortement. Et de toute façon, il a probablement su avant bien des gens que ces deux-là allaient finir mariés ! Enfin, il savait que son ancien major couchait avec la redoutable Belliférienne depuis longtemps, et c'est sans doute déjà bien plus que la plupart des gens peuvent le dire. Il l'a d'ailleurs précisé à quelques personnes Mayeul, la tête rendue un peu plus légère par l'alcool qui coule à flots. Pas les drogues. Il a bien compris l'inquiétude de son petit griffon le Voltigeur, à voir son humain fréquenter Sombreciel a nouveau. Mais il a promis, Mayeul, de ne pas replonger. Et puis, s'il n'avait pas promis, la présence de Mélusine, Grâce et, encore pire, Marianne l'aurait, de toute façon, obligé à n'en rien faire.

Sombreciel et ses mœurs débridées lui ont manqué, c'est indéniable. Mayeul se sent comme un belliférien au milieu d'une armurerie, à discuter avec animation, à passer de groupes de gens qu'il connaît à d'autres qu'il connaît moins. Il s'est découvert amoureux de Svaljärd Mayeul, sous le charme de cette neige, de ces paysages merveilleux et de la personnalité si étrange des kyréens. Mais Sombreciel reste sa maison. Ses vergers, ses lacs… la sensation d'être de retour chez lui est particulièrement forte, et le Voltigeur ne peux s'en défendre.

***

La fête bat son plein, et le Voltigeur se sent plaisamment léger. Il lui en faut beaucoup pour être ivre, il est cielsombrois après tout, mais c'est une sensation agréable tout de même. Après avoir volé une danse à Grâce, avoir demandé à Bastien qui il avait bien pu ennuyer pour obtenir sa promotion et discuté avec un homme qui lui a parlé d'architecture dans des propos sans doute alcoolisés, Mayeul s'apprête à kidnapper une de ses connaissances pour une danse quand l'atmosphère devient subitement plus lourde. L'orchestre s'arrête, les gens peinent à prendre la pleine mesure de la situation, et Mayeul joue des coudes pour se rapprocher d'un petit groupe. Il n'a pas lâché son verre pourtant, persuadé qu'il ne s'agit que d'une broutille que Melsant, ou Grâce, ou quelqu'un saura gérer.

L'homme parait agité et si Mayeul est encore trop loin pour saisir les paroles échangées, la conversation semble inquiétante. Un soudain mouvement de foule pousse les gens à s'avancer vers l'entrée de la demeure, et le Voltigeur se fait bousculer sans ménagement, son verre de vin venant arroser sa chemise d'un liquide grenat. Mayeul lève les yeux au ciel : est-ce une malédiction, réellement ? Un Dieu quelconque a-t-il décidé qu'il valait mieux que Mayeul ne puisse pas garder ses vêtements trop longtemps ? Les ordres de Melsant survolent la foule, de cette voix autoritaire dont Mayeul a déjà pu faire les frais, et le Voltigeur joue des coudes pour se rapprocher de son ancien major. "Présent !" Lance-t-il avec entrain alors que les derniers mots lui parviennent. Nuage lui a déjà transmis le message de Sirocco, et Mayeul cache avec efficacité son inquiétude. Reja, non loin, alors qu'elle devait être à Vivedune ? Des morts qui soi-disant se relèvent ? Pas des morts cielsombrois, non, Mayeul a eu assez l'expérience des bûchers funéraires de son duché natal. Est-ce que tout cela serait lié à l'Ordre ? C'est ce qu'il craint le Voltigeur, sans pour autant le formuler de manière claire. Il a essayé de comprendre, vraiment, mais sa méfiance envers l'Ordre du Jugement reste forte. Se pourrait-il qu'il y ait une infime chance qu'ils ne soient pas impliqué ? "Ce n'est pas un simulacre d'attaque pour faire du spectacle et permettre aux Voltigeurs présents d'impressionner la foule, par hasard ?" Demande Mayeul à haute voix, l'espoir colorant ses paroles – et pas l'alcool. Peut-être un peu. On ne sait jamais, après tout. Il a toujours été optimiste, de toute façon.

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Message Sujet: Re: Intrigue 3.4 • Un cortège poussiéreux ▬ Sombreciel   Ven 15 Juin 2018 - 22:20

Mariage !
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C’est une Voltigeuse radieuse qui profite au maximum de la fête, sautillant d’un groupe à l’autre un verre à la main. Grâce et Melsant, mariés ! La cérémonie avait été grandiose, dirigée par le duc lui-même. Marianne avait chaleureusement félicité les époux, elle-même au bras de Géralt. Elle avait beaucoup d’amis communs avec le couple, et dix jours de festivités n’étaient pas de trop pour profiter de la présence de chacun. Passer du bon temps à Automnal lui faisait un bien fou, c’était l’apothéose après la série de bonnes nouvelles : le retour de Géralt et Reja, la naissance du petit de Quittou, l’annonce du prochain bébé d’Ilse et Louis. Bébé dont elle sera la marraine, par Maari ! Enfin le Destin se montrait clément avec ses proches, après les horreurs de la guerre, la perte de la Rose et la libération de la Chasse. Oui, dix jours de festivités n’étaient pas de trop pour faire honneur à ce mariage et célébrer tous les heureux évènements qui l’ont précédé.

Elle avait tenu parole à Grâce, se montrant sage les premières soirées : pas de paillardes. A peine une chanson un peu osée la nuit avant le départ de leurs cinq amis pirates – invités sous une autre identité bien entendu. Le chant fut bien accueilli ceci dit, ode à l’amour sous toutes ses formes. Les paroles bien tournées et peu vulgaires avaient fait mouche parmi les enfants de Mirta ; souvent embrumés par l’alcool, parfois bien perchés par les drogues.
Une discussion par ici, un verre par là, une danse volée à quelqu’un, une pause au buffet avec d’autres. Et un nouveau verre, encore. La réserve d’anti gueule de bois de la médecin est à sec depuis bien longtemps, mais qu’importe, il suffit de ne pas oublier de boire de l’eau et bien dormir le matin. Ou le midi. De rester un peu raisonnable, en somme.
Marianne profite de cette nouvelle soirée festive avec entrain, cherchant Grâce des yeux pour la rejoindre. Elle la repère de l’autre côté de la foule, vêtue d’une robe cielsombroise somptueuse, en train de converser avec un garde. Elle peut être à ses côtés en quelques minutes en traversant la cour.

Cependant, le temps de louvoyer entre les groupes de personnes, Marianne réalise que l’ambiance change doucement. Les rires diminuent, l’orchestre arrête de jouer. Que se passe-t-il ?
« Héééé ! Je vois des gens qui sont morts... »
Quoi ? La phrase lâchée à sa droite est suffisamment étrange pour lui faire tourner la tête. Elle regrette aussitôt. Elle se serait bien passé de la vision de cet homme bedonnant, pas très sobre, en tenue de Mirta, les yeux pleins de panique derrière sa chemise en boule entre ses mains.
La drogue, c’est mal, vraiment…
Évidemment, elle a perdu Grâce de vue entre temps. Dégrisée par le changement d’ambiance, Marianne remarque la troupe de personnes qui s’approche du domaine, à grand-peine retenue par les gardes. Il y a des cris, des pleurs, des blessés. Les jeunes mariés sont là-bas à présent. La soigneuse se remet à fendre la foule d’invités, vers le grabuge cette fois. Mais elle n’a pas le temps d’atteindre ses amis que l’agitation augmente. Des morts partout qui attaquent, dit la rumeur. Il faut croire que la résurrection est à la mode cette année. La fête a l’air définitivement terminée.
Elle entend la voix de son ailier par-dessus la cohue : « Grâce, Bastien, vous venez avec nous. Allez chercher les autres Voltigeurs. S'ils sont en état d'être utiles. - Présent ! » La voix de Mayeul, cette fois, quelque part. Elle reçoit alors le message de Sirocco, relayé par Iode et tous les autres griffons des cavaliers. Reja est donc à Automnal avec d’autres erebiens. Le mystère gagne en épaisseur.

Que faire ? Se manifester comme Mayeul vient de le faire ? Marianne est vêtue d’une robe elle aussi, pas très pratique s’il faut voler. Par contre elle peut déjà s’occuper des personnes blessées qui arrivent. Ses sacoches médicales sont au milieu de ses affaires, dans le domaine ; il faudra qu’elle y passe à un moment donné pour être vraiment utile. Ou qu’elle envoie quelqu’un chercher son matériel.
Les habitants les plus terrifiés commencent à se bousculer pour pouvoir se réfugier sur le domaine de leur marquis. Marianne esquive de peu un type immense qui lui serrait rentré dedans si elle n’avait pas bougé. Un jeune profite du passage créé par le colosse pour se faufiler derrière, le bras ensanglanté. « Hé ! La médecin l’attrape par l’épaule, inspecte rapidement la blessure - entaille sans gravité – et appuie dessus avec son voile en soie. Continue d’appuyer, ne lâche pas, ça devrait arrêter de saigner. 'Faudra faire un bandage par-dessus ensuite. » L’adolescent acquiesce d’un signe de tête, reconnaissant, le visage encore marqué par la frayeur qu’il a vécu au bourg. Dans la seconde où la médecin le lâche il se carapate au milieu de la fête. Pas très rassurant.
Iode ? Remontre-moi le message de Sirocco ?
Des êtres bandés de la tête au pieds, envahissant tout le bourg, marchant vers le domaine. Reja, d’autres erebiens, des personnes masquées en tenue noire.

… des momies ? Très nombreuses à priori. Suivies par un groupe de Voltigeurs erebiens et des gens de la Confrérie. Contrairement à nombre de personnes, Marianne n’avait pas été épouvantée par la résurrection du jeune empereur par la Chasse Sauvage. Elle avait plutôt été… intriguée. Intéressée, curieuse. La vision transmise par Sirocco est tout de même plus inquiétante que celle d’un jeune empereur se réveillant quelques heures après sa mort. Elle est soulagée qu'une partie de ses proches soit déjà loin, à bord de l'Audacia ou ailleurs...

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