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 D'audience en confiance

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Message Sujet: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 0:05




Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Rejwaïde Sinhaj & Anthim d'Erebor

D'audience en confiance

De méfiance en seconde chance




• Date : 24 juillet 1003
• Météo (optionnel) : Chaud et sableux
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Anthim et Reja discutent de sujets importants pour l'avenir d'Erebor, de l'Ordre, et de la Voltigeuse.
• Recensement :
Code:
• [b]24 juillet 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3854-d-audience-en-confiance#142578]D'audience en confiance[/url] - [i]Rejwaïde Sinhaj & Anthim d'Erebor[/i]
Anthim et Reja discutent de sujets importants pour l'avenir d'Erebor, de l'Ordre, et de la Voltigeuse.


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 0:07

Le retour en Erebor a pris… un petit moment, c’est vrai, mais en franchissant la frontière séparant Sombreciel d’Erebor, Reja s’est à nouveau sentie… chez elle. Différente, c’est vrai – il y a en elle une résonnance étrange et nouvelle qui la pousse en avant – et plus sereine, également, ce qui a sûrement autant à voir avec la présence de Sirocco à ses côtés, qu’avec l’intensité de ses retrouvailles avec un certain Voltigeur cielsombrois. Et chez elle, de nouveau. Ibelin n’a jamais vraiment été son foyer ; la chaleur des sables lui a toujours manqué, et retrouver le désert enchante son cœur. C’est avec gratitude qu’elle a passé les derniers jours de mai avec les Sinhaj, dans l’oasis qui avait vu naître sa mère.

Puis, aux premiers jours de juin, elle est sortie de sa tente pour découvrir, sur le seuil, un Sirocco aux plumes gonflées, posant à ses pieds un harnais d’escorte, une résolution d’acier au fond des prunelles qu’il posait sur elle. Le message était… éminemment clair. Vole avec moi. Et si l’escadron lui était désormais fermé, la Guilde des Messagers était effectivement une option qu’elle avait envisagée, après que Mayeul lui ait expliqué les évolutions de la situation politique du continent des derniers mois. Premier entretien, proposition de recrutement – la date d’entrée de Reja dans les effectifs est fixée début septembre, le temps qu’elle puisse s’entraîner avec Sirocco à transporter une charge supplémentaire.

C’est le 10 juillet qu’un coureur des sables a porté à l’oasis une missive de Shéhérazade, la nouvelle sultane, demandant à la danseuses des dunes de se présenter en palais pour répondre à ses questions sur… la vie au harem pour les enfants des concubines. Incapable de savoir si l’intérêt de la souveraine était sincère ou factice, Reja y a songé quelques jours – puis décidé de rencontrer la sultane, pour en juger par elle-même.

Nous sommes à présent le 24, et l’entretien dans les appartements privés de la sultane s’est révélé intéressant. C’est après avoir pris congé de la reine que Reja s’est trouvée devant les hautes arcades menant à la salle du trône – l’après-midi commence, et le héraut posté devant la porte indique que le sultan est présent. Les pas de la Voltigeuse l’ont portée là machinalement ; et au fond d’elle-même, elle sait pourquoi elle est venue là.

« Héraut, annonce Rejwaïde du clan Sinhaj. Je demande audience au sultan des sables. »

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 0:32

La situation actuelle avait de quoi préoccuper grandement Anthim, et ce depuis plusieurs semaines déjà. Ce qui était en train d’arriver dans les vallées funéraires des Rois et des Reines n’était pas une simple affaire qui pouvait se régler en un claquement de doigts, et parmi toutes les autres choses qui préoccupaient l’esprit du sultan, celui-ci semblait craindre que le temps ne le rattrape et que les événements le dépassent. Bien heureusement, il avait pu relativement régler les soucis internes sur ses terres depuis qu’il avait déclaré l’indépendance d’Erebor. Et il avait pu aussi commencer à nouer quelques alliances avec les autres territoires autour du sien, qu’ils soient Faës ou Ibéens. Ce qu’il l’inquiétait cependant, c’était que cette affaire avec les momies endommage ces ententes encore fébriles et fragiles. Bien sûr, lui et ses hommes avaient tout fait pour garder tout cela secret et empêcher les morts de s’échapper de leurs tombeaux, mais malgré toute sa patience, l’attente d’une réponse de la Confrérie Noire commençait à le peser.

Bien que lourdement préoccupé par tous ses secrets, l’homme solide et dévoué à son peuple qu’était Anthim avait continué de maintenir les audiences régulières. Ce jour encore, des gens de tous les coins d’Erebor étaient venus le solliciter pour un avis, une demande, faire passer un message ou obtenir sa bénédiction pour quelque chose. Et puis finalement, un serviteur était venu jusqu’à lui avec un nom : Rejwaïde du clan Sinhaj, danseuse des dunes, ancienne Votigeuse… sœur de sa chère Alméïde. Gardant pour un temps le silence, Anthim se demanda pourquoi cette femme pouvait bien chercher à s’entretenir avec lui… il était étrange de se dire que d’une certaine manière, ils partageaient une part du même sang. Sur cette pensée, il eut un geste vers le héraut, montrant ainsi qu’il acceptait de la voir. On fit ouvrir la grande porte de la salle d’audience et Rejwaïde entra. L’air songeur, bien silencieux, le sultan observa la jeune femme du haut de son trône. Puis quand elle eut respectée les usages en s’inclinant devant lui, il éleva la voix.

« Soit la bienvenue, Rejwaïde Sinhaj. Je t’écoute, la parole est à toi. »

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 1:10

Elle patiente, la fille des dunes, imperturbable sous les colonnes de marbre du couloir, attendant sans frémir que le sultan consente à la recevoir, ou la renvoie à l’oasis Sinhaj. Il sait très certainement que sa nouvelle reine l’a convoquée, sa présence dans l’enceinte du palais ne le surprendra pas – il y aurait beaucoup à dire sur Anthim, mais l’une des qualités que Reja lui reconnaît est bien cette conscience perpétuelle de ce qui se passe autour de lui. Bien renseigné, et fin stratège – des rumeurs sont venues des Khamsin, portées par le vent des dunes, murmurant que l’Ordre du Jugement a rencontré le souverain des dunes, et cela intéresse fortement la fille de Zénaïde, hâtivement transférée de la loge d’Ibelin à celle des Sables.

Finalement, le héraut la fait entrer – dans la salle immense, les yeux des nobles et des conseillers la suivent avec curiosité, tandis qu’elle parcourt le chemin qui la sépare du trône d’un pas serein. Fière, si fière, la fille farouche de l'ancienne favorite ! Mais humble en cet instant, un éclat sérieux luisant au fond de ses yeux. Maintenant d’une main son sari aux couleurs des Sinhaj, elle finit par parvenir devant l’homme qui commande tout Erebor – et les murmures qui ont accompagné sa progression se tarissent, avides de voir ce qu’elle va faire, elle, la fille qui a chevauché avec la Chasse Sauvage sous les nuées. Ses relations plus que tendues avec la couronne ne sont pas un secret en ces lieux où tout se sait, et cette perpétuelle manie de ragots l’irrite souverainement.

Quelques secondes passent – Reja ne voit du sultan que la gandoura richement brodée qu’il porte. Soudain, elle redresse la tête, levant les yeux vers l’homme qui la surplombe, croisant son regard dans la soudaineté d’une impulsion, chargée de tension, de regrets, et mais également d’une foule de questions. Elle se sait changée, par les cicatrices accumulées cette dernière année, par Conquête et la folle chevauchée dans laquelle l’Innocente l’a entraînée, par l’amour de l’homme qu’elle leur a préféré. Elle sait Anthim changé également, pour avoir perdu sa première sultane puis pris en main le destin d’Erebor de manière si flamboyante. C’est un regard franc et direct qu'elle lui porte, fort mais discret – plein de certitude, plein de curiosité. C’est ensuite, à peine un souffle plus tard, le temps de deux battements de cœur, qu’elle s’incline avec la grâce innée des danseuses des dunes, posant les deux genoux à terre et courbant le buste jusqu'à toucher du front les marches du trône.

Jamais encore elle n’avait accordé à son demi-frère une telle marque de respect pour son statut. Elle ne tarde cependant pas à se redresser, levant à nouveau ces yeux qui sont ceux de sa mère avant elle, attendant paisiblement le bon vouloir du roi des dunes. Ce salut-là n’est point celui d’une sœur à son frère – il est bien trop rigide, bien trop formel, bien trop solennel. C’est celui d’une sujette à son souverain, et c’est en seigneur absolu qu’Anthim finalement l’accueille. « Seigneur sultan, la femme qui se présente devant toi porte une requête, une contrition, et une proposition. Laquelle souhaites-tu entendre en premier ? »


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 1:37

C’est chose connue, cette certaine mésentente entre cette demie sœur du duc et le duc lui même. Bien qu’en vérité, Anthim n’avait jamais porté grande attention à la sœur d’Alméïde, malgré toute l’importance que Reja pouvait avoir aux yeux de son ainée. Ils ne s’étaient pour ainsi dire que peu rencontrés. Et s’il n’ignorait pas son retour en Erebor depuis quelques mois et sa présence nouvelle au sein du palais en ce jour, il ne s’attendait certainement pas à voir l’ancienne Voltigeuse d’Ibelin se présenter bien bassement devant lui. Mais il a néanmoins du respect pour cette jeune femme que la rumeur dit avoir été emportée par la Chasse Sauvage, et revenue victorieuse de celle-ci. Comment et pourquoi, c’était là un bien grand mystère. Pourtant, en grand protecteur de son peuple, comme un père aimant, il avait ressenti comme un doux sentiment lorsque les coureurs des sables avaient annoncés pareille nouvelle. Il n’avait pu que se réjouir de la libération d’une fille d’Erebor. Plus tard peut-être, si le temps lui était donné, s’entretiendrait-il seul à seul avec elle, la questionnant sur ce qu’elle se souvenait avoir vécu auprès des Grands Chasseurs et de l’Innocent.

Les yeux de l’assistance, dans cette salle immense, étaient tous tournés vers la jeune femme, humblement agenouillée devant le tout puissant sultan qu’était Anthim. Les murmures s’étaient fait presque absents, mais le Roi des Gitans savaient que les rumeurs iraient bon train et ne cesseraient pas sous l’impulsion d’un seul regard, fusse-t-il celui du maître des lieux. Alors les ignorant, le sultan porta son attention sur Rejwaïde, genoux à terre, aussi fière et farouche que pouvait l’être une fille Sinhaj, mais respectueuse des traditions et du Roi. Aussi, lorsqu’elle eut fini de parler, sans réellement donner les motifs de sa venue, l’invita-t-il à se relever d’un geste, faisant clinquer les bijoux à son bras et l’or de ses vêtements.

« Tu peux te relever. Commence donc par la requête. » Bien que ferme dans ses paroles, le ton du duc n’a rien d’agressif ou de rabaissant. Autoritaire, certainement, droit et fier, sans doute oui, mais nul irrespect ou mesquinerie à l’encontre d’une fille de son peuple venue respectueusement demander audience. Et sans garder en mémoire les quelques mésententes de jadis, c’est comme les autres qu’Anthim traiterait Rejwaïde.

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 1:54

Oh, les murmures, les murmures qui s’agitent et s’emballent, peuplant le silence solennel de mille chuchotis ! Reja les entend frémir autour d’elle, bruissant alentour comme les ailes d’oiseaux affolés, cherchant à comprendre, à analyser, à deviner la signification du moindre geste, de la plus simple intonation. Elle s’exhorte mentalement à la patience – elle ne tient pas à saboter l’entrevue impulsivement demandée, simplement à cause de l’indiscrétion de l’armée de courtisans du palais. Elle sait gré à son demi-frère, toutefois, de la traiter avec cordialité ; il aurait certes des raisons de se défier d’elle, mais la bienveillante neutralité inscrite sur ses traits incite la jeune suppliante à formuler sa requête.

À son invitation, elle se relève avec l’élégance de celles qui savent danser pour Amaté Chemsa à la nuit tombée, portant la main à son front puis à son cœur dans un geste de gratitude muette, et courbe la tête comme il est attendu des requérants, droite et fière sous le voile de son sari qui frissonne à chacun de ses gestes.

« Seigneur sultan, la femme qui se présente à tes pieds fut naguère une Voltigeuse, sous l’égide de la couronne d’Ibelin. Elle a été exclue de l’escadron juste avant que le Grand Cavalier Conquête ne vienne la réclamer, et elle a arpenté les nuées à sa suite pendant plusieurs mois, au sein de la Chasse Sauvage. Ce n’est qu’en mai que les dieux ont consenti à intercéder auprès elle en faveur de son griffon, dont la fidélité lui a permis de retrouver son existence de mortelle. Elle a appris dès lors la sécession d’Erebor et s’interroge sur l’opportunité pour elle de s’engager à nouveau sous l’égide des trônes jumeaux, aux ordres de la Maréchale d’Erebor. » À nouveau, une impulsion qu’elle ne maîtrise pas lui fait lever les yeux, croisant le regard d’Anthim, abandonnant le parler formel et ampoulé des audiences officielles pour adresser sa supplique dans un murmure poignant, issu des tréfonds de son être, victime d'une émotion trop forte pour être subjuguée. « Je suis fille des sables, je porte Erebor en moi et c’est le vent du désert qui fait battre mon cœur. Permets-moi d’être à nouveau celle que je suis née pour devenir, mon frère, mon roi – rends-moi mes ailes, par la grâce de Valda, j’en appelle à ta mansuétude. »


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 2:16

La requête est énoncée, sous le regard impitoyable des courtisans qui chuchotent avec avidité, désireux de se repaitre des ragots qu’ils peuvent picorer dans cette somptueuse salle d’audience. Habitué à la mascarade des nobles à ses côtés, Anthim ne le adressa qu’une attention bien mineur, alors que les mots de Rejwaïde dansent hors de sa bouche et chante comme la plus belle des mélodies : celle de l’honnêteté. Une franchise d’abord douce, enrobée des pompeuses et traditionnelles marques de respect et de bienséance. Des paroles cherchées, qui bien qu’emplies de sincérité, ne sont que mauvais témoin de l’émotion que le sultan peut percevoir dans ce regard qui pourtant lui échappe. Mais les mots sont loin d’être les seuls à parler, et le corps pourrait presque le faire à leur place, chez cette danseuse des dunes aussi agile que gracieuse. Cette demie sœur pleine de qualité et qu’il ne connaît pourtant qu’au travers de mauvais regards lancés. Tant de choses les séparent, quand un sang semblable pourtant vibre dans leur veine. Mais il reconnaît bien là la farouche détermination, quand les yeux de la Sinhaj se lèvent jusqu’à lui, osant croiser le regard noble et solide du Roi des Gitans. Cette fois enfin, dans le murmure d’une voix étranglée, il perçoit la profondeur de la requête. Oh comme ils auraient pu s’offusquer, les courtisans alentours, s’ils avaient pu entendre la familiarité avec laquelle Rejwaïde s’était adressée à lui. Loin de s’en offusquer, il tique néanmoins à la mention de frère, sans pour autant en faire une affaire.

Il pourrait accorder la requête d’un claquement de doigt, par sa toute puissante autorité. Même la toute nouvelle Maréchale d’Erebor n’aurait pas son mot à dire dans cette décision. Cependant, il n’aurait point été lui même si les choses avaient été si simple, et il n’ignore pas un détail mentionné par Reja :

« Tu as grande réputation parmi ceux qui voltigent dans les cieux, Rejwaïde Sinhaj. Tu es la Danseuse Astrale d’Erebor, celle qui défie les hauteurs avec arrogance et grâce. Et ton agilité n’a d’égale que tes talents au combat. Pourtant, si je connaissais à Richard le Harnois bien des torts, il était néanmoins bon juge des talents sous son autorité. » Oh sans doute devinait-elle où il voulait en venir, et si Anthim ignorait combien cette question pouvait être douloureuse, il devait la poser. « Dis moi, Danseuse Astrale, pourquoi as-tu été exclue et radiée ? »

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 2:37

D’autres se seraient offusqués de la familiarité de ses dernières paroles. D’autres se seraient fermés tout net lorsque le nom de frère lui a brûlé les lèvres, articulé sans même y avoir pensé ; signe que l’enfant du harem torturée pendant des années a fait ses premiers pas sur le chemin du pardon, admettant qu’il était plus simple d’en vouloir à Anthim que d’accuser les réels coupables. D’autres rejetteraient sa demande d’un simple mouvement de tête, simplement pour asseoir leur pouvoir sur la férale fugitive enfin domptée, sans même chercher à comprendre les raisons de ses actes.

Hélas – ou par chance ? Anthim n’est pas de ceux-là, et la question ne laisse aucune place aux demi-vérités. Un soupir chargé de regrets échappe à la Voltigeuse, mais son regard ne dévie pas, se chargeant simplement du souvenir de mille sombres blessures qui ne guériront jamais vraiment. « J’ai commis une erreur. Je me suis liée à un homme dont les idéaux s’opposaient aux miens – nous n’en savions rien à l’origine, ni lui, ni moi. Il a découvert mes allégeances et mes serments, mais ne m’a pas révélé les siens ; par crainte de briser nos liens, je ne l’ai compris que récemment. Lorsque j’ai découvert la vérité par mes propres moyens, à la fin de l’année passée, je me suis sentie… bafouée. Reniée, trahie – et abandonnée, par tous ceux en lesquels j’avais placé ma confiance. Tous étaient concernés – mon amie la plus chère, ma cousine, mon ailière… l’homme que j’aimais, et ma propre sœur. Il ne m’est… plus rien resté. » L’affreux sentiment de solitude s’éveille, dans les couloirs de sa mémoire, et le souvenir s’impose à elle avec tant de clarté qu’une larme surgit au coin de sa paupière, porteuse d’un tel océan de tourments que le souffle vient à lui manquer, un instant, à la fière danseuse qui avoue là sa plus grande souffrance.

« J’ai commis une erreur, oui. Je n’ai pas réfléchi – j’avais porté ma peine, seule, pendant des semaines ; et c’en a été trop. Je pensais qu’il ne me restait rien ; et j’ai cherché à trancher le fil de mes jours sur la Tapisserie. C’est mon apprentie qui m’a trouvée, et qui s’est battue pour m’arracher aux bras de Sithis. Je n’ai découvert la vie que je portais en moi que lorsque mes actes insensés en ont fauché l’étincelle, et que j’ai perdu cet enfant qui n’avait rien demandé. Il n’y a nul pardon pour cette trahison, et pourtant – cet homme-là a su trouver en lui la force de me l’accorder. Je m’apprêtais à reconstruire les ruines de ma vie lorsque Conquête m’a emportée. Je me pensais seule, mais j’avais Sirocco – il a toujours cru en moi, même après que la Chasse m’ait prise, il ne m’a jamais renié sa confiance. J’ai appris de mon erreur, elle ne se renouvellera pas – et si j’ai perdu ma place au sein de l’escadron, c’est parce que Richard le Harnois n’a jamais pu concevoir que les femmes puissent mériter une seconde chance. »

Point d’accusation, dans les mots de la requérante – un simple constat, que nul ne peut dénier. Et au fond de ses yeux, un univers de larmes qu’elle retient, pour cet enfant fauché avant d’avoir respiré – pour cet océan de promesses brisées avant d’avoir pu exister.


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 3:10

Anthim en savait bien peu, en vérité, sur Rejwaïde Sinhaj, demie sœur élevée au harem, à la fois si proche et si loin de lui. Sa réputation, même au dehors du cercle des Voltigeurs, était aussi connue. Danseuse des Dunes sacrée, fille des Sinhaj et surtout… surtout enfant du harem dont les souffrances avaient retenties jusqu’aux confins d’Erebor. Pendant toute sa jeunesse et son adolescence, comme l’avait voulu hélas la tradition, l’héritier qu’il était n’avait pu réellement porter le regard sur cette demie sœur, dont il avait pourtant sauvé l’ainé et aimé comme un frère. Sa mère, à l’époque, avait fait en sorte de l’éloigner toujours un peu plus de ce lieu où les femmes de son père s’étaient entredéchirées et où nombre d’entre elles avaient perdu la vie, tout comme leurs filles. Une triste époque, assurément, qu’Anthim voyait peu à peu changer dans son propre harem, grâce à l’aide de Shéhérazade. S’il espérait bien que ses enfants ne connaissent pas le même sort que Rejwaïde, celle-ci néanmoins n’oublierait jamais les sévices de jadis. C’est sans doute ce qui l’avait rendu forte. Mais peut-être pas assez contre les tourmentes de la vie.

Même si elle taisait le nom de ses allégeances, il savait, Anthim, de quoi parlait la jeune femme. Sa sultane le lui avait dit, des mois plus tôt, que la Danseuse Astrale des Sinhaj faisait partie de l’Ordre du Jugement. Par déduction, il n’était pas difficile de comprendre quelle était l’allégeance de l’homme qui lui avait, sans le vouloir, brisé le cœur. Rose Ecarlate et Ordre du Jugement, l’un face à l’autre. Une douleur de traitrise peut-être violente, mais qu’Anthim pouvait comprendre, lui qui disposait lui même de fortes convictions. L’abandon aussi, était une chose qu’il pouvait saisir sans mal, lui qui en ressentait gravement les effets dès que ses songes se tournaient contre son gré vers Sitara, disparue à jamais. Et s’il n’avait jamais songé à l’acte terrible qu’était le suicide, il pouvait percevoir, au fond des prunelles de Rejwaïde, l’intensité de la détresse qui avait pu s’emparer d’elle alors. Solide comme le roc, le sultan d’Erebor l’était, mais il était loin d’être dénué d’empathie et de générosité. La souffrance, il la comprenait pour ne pas l’ignorer. Et même si cela ne donnait pas raison à la jeune femme pour qu’elle récupère sa place, elle qui avait sacrifiée une vie innocente en plus de souiller la sienne, il comprenait mieux la situation désormais. Ce n’était pas une décision facile qu’il devait prendre. La jeune femme était sincère, pleine de talents. Et pourtant son cœur avait failli une fois. N’était-ce pas là un risque à prendre ?

Cela dit, quelles étaient les bonnes décisions sans un soupçon de risque ?

« Je comprend le choix qu’a fait Richard le Harnois. Mais je concède aussi qu’il n’est pas généreux en seconde chance. »
Le regard du sultan se fait un instant plus doux, lui qui était pourtant resté jusqu’ici de cette neutre autorité. « La vie est faite d’erreur et d’échec autant qu’elle est faite de justesse et de réussite. C’est ce qui fait la lumière et l’ombre en chacun de nous, et nous oscillons chaque jour sur ces nuances qui vibrent dans notre coeur. Tu t’es presque faite entièrement dévorée par cette part sombre, Rejwaïde et pourtant, tu as fini par retrouver le bon chemin. Tout comme chacun, tu feras sans doutes d’autres erreurs et tu seras confrontée à d'autres moments difficiles. Mais j’espère que comme tu me le montres aujourd’hui, tu ne céderas plus aussi facilement qu’autrefois. » Grattant du bout des doigts la barbe qui lui mangeait le menton, il reprit après un court instant. « Jure moi, Rejwaïde Sinhaj que c’est là ton souhait le plus cher et que sur les ailes de ton griffon, tu ne trahiras plus la confiance qu’il place en toi. Alors seulement je consentirais à te laisser une seconde chance. »

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 3:28

Anthim écoute. Impossible de savoir avec certitude s’il comprend, mais il écoute – comblant certainement les pans qu’elle ne dit pas, avec toute la somme de ses souffrances au harem, avec l’émergence de l’Ordre du Jugement, avec la fin de la Rose Écarlate. Alméïde lui aura-t-elle tout révélé ? Peut-être pas, mais il en doit toutefois en savoir long ; les murmures et les rumeurs qui éveillent les échos du désert trouvent toujours leur chemin jusqu’à l’oreille du Roi des Gitans. Peut-être pourront-ils en parler, plus tard, quand l’entretien poursuivra son cours. Pour le moment, Anthim doit statuer sur sa requête, et l’appréhension tord le ventre de Reja. Et s’il refusait ?

Dans une autre aile du palais, depuis l’un des perchoirs des griffons, le cri de défi d’un colosse d’ébène clame au monde entier que la décision de cet homme lui importera peu, et qu’il ne consentira pas à abdiquer sa Voltigeuse une seconde fois. Elle en frémit, la Voltigeuse, dans la grande salle d’audience du palais, et la certitude absolue qui envahit toute sa personne fait luire la résolution adamantine qui se dessine au fond de ses prunelles. Nul doute, dans ce regard d’acier – juste la tranquille certitude née d’une paix intérieure chèrement payée. « Sirocco est le seul être qui n’ait jamais renoncé à moi – la seule âme à avoir toujours vu la beauté dans la mienne, en dépit de la laideur qui parfois prenait possession de mon cœur. C’est son dévouement qui lui a permis de m’atteindre, alors même que Conquête régnait sur mon être et que l’Innocent m’entraînait à sa suite, nuit après nuit. Je lui ai été rendue parce qu’il s’est battu pour moi, sans jamais renoncer, sans jamais douter, ni de lui – ni de moi. Il n’a jamais capitulé. Il m'a rendu ma vie. Comment pourrais-je trahir la confiance qu’il place en moi, alors qu’elle est ce que j’ai de plus précieux ? Ses ailes me portent vers la liberté, et mon cœur bat dans son poitrail. Je lui appartiens, je suis sa Voltigeuse, plus rien ne viendra nous séparer – je le lui ai juré, et je le répète devant toi, mon roi et sultan. Je ne compte pas briser mes serments. »


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 3:42

Il n’est certainement pas le seul habilité à décider si oui ou non Rejwaïde avait le droit de reprendre sa place dans les cieux. Son griffon – Sirocco – était le plus à même de faire ce choix et au fond de lui, Anthim savait que même s’il refusait, ce Seigneur des Cieux ne cesserait point de revendiquer cette femme comme sa Voltigeuse. Cela lui est confirmé dans les paroles de Reja, fière et farouche, loyale à ses serments malgré les erreurs du passé. Et il sent à nouveau, le sultan du sable et du roc – toute la profonde détermination qui anime la danseuse des dunes, prête à tout pour retrouver dignement les ailes qu’elle avait elle même abimée dans les affres de la douleur. Alors sans surprise, il accueille le serment renouvelé de Reja avec une certaine satisfaction. Et s’il ne promet pas confiance en cette demie sœur qu’il ne connaissait guère un peu plus tôt, cet entretien était porteur de bien des confidences et secrets, lui révélant une nouvelle facette. Acquiesçant avec autorité, il reprit donc la parole, de sa voix impérieuse qui le faisait dominer l’assemblée :

« Fort bien. Ta requête a été entendue. Je vais te laisser une seconde chance, mais je me donne le droit de prendre quelques jours pour décider de l’épreuve qui te fera retrouver pleinement tes ailes au service d’Erebor. En attendant, tu restes la bienvenue en ce palais. »

Il avait d’ores et déjà quelques petites idées pour Rejwaïde, qui concernaient à la fois les problèmes qui étaient survenus dans les vallées funéraires, mais aussi l’Ordre, et même la Cathédrale des Sables lorsque son emplacement serait confirmé. Mais cela, il devait s’en entretenir avec la Maréchale Soltana avant.

« J’écoute maintenant ta contrition. »

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Dernière édition par Anthim d'Erebor le Mer 13 Juin - 21:37, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 16:27

Il ne refuse pas – Anthim consent à lui rendre ses ailes, et la puissante émotion qui se déchaîne soudain dans le cœur de Reja fait trembler ses lèvres. Elle ne cèdera pas, toutefois, pas ici, pas livrée en pâture au regard de tout ce que le palais compte de curieux. Plus tard, elle pourra pleurer son soulagement contre les plumes de Sirocco, quand personne ne sera présent pour assister à sa faiblesse – pour le moment, à court de mots, c’est d'une profonde inclinaison du buste, empreinte de gratitude, qu’elle manifeste sa reconnaissance, elle qui n’a jamais consenti à plier devant autrui. La différence vient peut-être du fait que, cette fois, l’expérience ne s’accompagne d’aucune humiliation… ?

Pour le moment, toutefois.

Pour le moment seulement, car l’instant de grâce est passé, et Anthim demande à présent sa contrition. Un frisson glacé court le long de l’échine de Reja, et elle ne sait pas réellement par où commencer – et comment formuler ses mots, pour que le sultan en saisisse la pleine portée sans la dévoiler à l’ensemble de l’assemblée. « Cette femme, » commence-t-elle avec la formalité toute solennelle qu’elle avait momentanément délaissée, se désignant elle-même d’un geste terriblement raide, « souhaiterait exprimer ses regrets, si permission lui était donnée. Elle a trop longtemps laissé les tortures de sa jeunesse empoisonner son esprit, et regrette à présent la hâte de son jugement et la profondeur de sa rancœur. Nul enfant ne devrait être tenu responsable des crimes de ses parents. »

À nouveau, la franchise étincelle au fond de ses yeux lorsqu’elle les rive à ceux de son demi-frère. Je ne pardonnerai jamais à ta mère d’avoir tué la mienne ; mais je sais que ton père a permis de sauver mon frère. Je suis certaine que tu le sais en vie, et que tu l’as protégé, sans exiger sa mort. Je ne pourrai jamais te le dire en de tels mots, mais… « Cette femme souhaiterait exprimer sa gratitude pour la protection accordée à sa fratrie. »

Qu’ils pensent tous qu’elle parle d’Alméïde.
Anthim saura sûrement, lui, que c’est d’Anwar qu’il est question.  


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 18:41

Oh comme la tension est forte, dans le regard que lui adresse Rejwaïde. Comme le frisson est retenu, dans le corps de la noble danseuse des dunes qui devant lui, maintenant, s’en vient exprimer des regrets qu’il n’aurait jamais cru entendre un jour. Il n’attendait plus grand chose de ces sœurs éparpillées au quatre vents qui avaient comme Reja été élevées au harem et renvoyées une fois celui-ci vidé. Il n’avait pas eu la chance, Anthim, de connaître ces enfants de son père, élevé comme l’héritier à ne point se soucier de ces autres sans importance. En son cœur et dans ses actes pourtant, il était parvenu à offrir à l’une d’elle la chance que toutes auraient voulu posséder. Il avait sauvé Alméïde, non sans parfois songer aux autres qu’il ne pourrait jamais sortir. Et puis il avait grandi, éloigné toujours plus de ces préoccupations par une mère trop désireuse de garder sa place de reine. Anthim l’aimait, cette mère pleine de défaut et dont les mains étaient tâchées de sang, mais en grandissant, il n’avait pu pardonner entièrement ce qu’elle avait fait. Lire les lettres de son père, jamais envoyées, à l’intention de la concubine Zénaïde lui avait grandement ouvert les yeux. Et souvent il regrettait ces traditions qu’il ne pouvait entièrement changer lui même, et remerciait silencieusement Shéhérazade d’y remédier.

Le mal avait été fait jadis, malheureusement, et de ses sœurs, seule Alméïde demeurait. Oui il n’attendait plus rien d’elles et pourtant, il est touché par les paroles de Rejwaïde. Il n’ignorait pas la rancœur qu’elle lui avait battue toutes ses années pour lui avoir enlevé sa sœur ainée, mais comme lui avait muri avec le temps, il semblait que la haine s’était muée pour comprendre et évoluer en un semblant de paix. Et dans les regrets il perçoit sans mal les remerciements aussi, tout autant que le murmure du secret que s’était caché entre les lignes. Ainsi donc, Rejwaïde savait aussi pour Anwar ? Cette vérité que ce frère ainé s’était évertué à cacher toute sa vie ? Sur ces mots qui concluent les paroles de la jeune femme, un mince sourire se dessine sur les traits du sultan. Puis après un instant, sa main se lève, s’accordant aux mots qui franchissent ses lèvres :

« Tes paroles ont été entendues, Rejwaïde Sinhaj. Sache que je continuerais à veiller sur cette fratrie qui m’est chère. » La comptait-il dans cet lot ? Hélas, pas vraiment, lui qui ne pouvait prétendre la connaître. Et pourtant, sans rien s’avoir d’Anwar, il avait veillé sur lui. « Approche. Il y a quelque chose que je dois te dire. » A l’abri de ces oreilles indiscrètes bien trop avides de commérages. S’ils ne peuvent s’éclipser à leur regard, au moins peuvent-ils échanger ces simples mots qu’ils seront seuls à entendre. Et pourtant, les yeux des courtisans s’écarquillent à cet ordre surprenant, le sultan autorisant à cette femme de s’approcher si près qu’une lame pouvait être sortie fugacement pour l’assassiner. Mais il ne craint pas Rejwaïde, Anthim, et lorsqu’elle est là, si proche de lui, il pose une main sur son bras, chuchotant à son oreille ce secret terrible : « Il est ici. Au palais. Va le voir, va le rencontrer si tel est ton désir. » Il n’exprimerait pas ses propres regrets à la jeune femme, du moins pas encore. Peut-être même jamais. Et surtout pas à cet instant, sous les yeux de rapaces des courtisans. Et pourtant, grands étaient ceux qui demeuraient dans son cœur. Aussi et seulement ces quelques mots seraient murmurés, mourants de regrets : « Je suis désolé. » De l’avoir séparé de sa sœur, de ne pas l’avoir aidé peut-être, comme toutes ces autres sœurs qui lui rappelait l’horreur du harem qu'il avait préféré occulter.

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 19:23

Elle ne peut lui en révéler plus – lui dire que l’acharnement de Sifaï à la sauver, sur ce rocher surplombant les profondeurs vertigineuses de Roc-Épine, a permis à Anwar de lui sauver la vie. Qu’elle a reconnu les traits de ce visage découverts dans une autre vie, que le prénom entendu a fait vibrer son cœur ; et qu’à peine sortie du grand péril où ses propres actes l’avaient menée, elle a titubé à sa suite dans les couloirs de la forteresse, s’imposant dans l’ombre de ses pas jusqu’à ce qu’il lui confesse la vérité. Ils ont peu pu parler, elle si fatiguée et lui si sollicité, puis Conquête s’en est venu la chercher – mais elle s’est juré de le retrouver, une fois sa situation stabilisée. Alméïde lui est peut-être devenue difficilement accessible, dans son palais cielsombrois si loin de Vivedune – Reja ne compte pas laisser Anwar sortir à nouveau de sa vie.

La voix d’Anthim la sort brutalement de ses pensées, et elle reste un instant figée, surprise par cet ordre qu’elle n’attendait pas. Elle a tôt fait d’obtempérer, toutefois, relevant d’une main les amples pans de son sari pour ne pas trébucher en montant les marches, retenant de l’autre le voile fin contre son cœur. Une fois parvenue à côté du sultan, elle pose un genou en terre pour ne pas dépasser sa hauteur, prenant appui d’une main sur l’accoudoir du trône pour pouvoir se pencher vers lui sans basculer, concentrée sur ce qu’il murmure à son oreille. Son cœur rate un battement, dans sa poitrine – Anwar est donc ici, au palais ? Anwar est ici – et Anthim consent à ce qu’elle aille le retrouver ? Un instant, une vague de gratitude qu’elle n’aurait jamais pensé pouvoir éprouver pour ce demi-frère qu’elle a tant haï mais si peu connu la traverse de part en part. A-t-il compris à quel point Anwar était important, pour elle – combien il était crucial qu’elle puisse s’appuyer sur ce frère qu’elle n’espérait plus, pour se convaincre encore que la vie est belle et vaut la peine qu’on se batte pour elle ?

Elle n’a pas le temps de formuler son remerciement, toutefois. La main qu’Anthim a posée sur son bras pour l’attirer plus près de lui se crispe légèrement, et dans un souffle, sa dernière phrase résonne dans le creux de son oreille. Le choc que Reja ressent alors est sans précédent – n’eût-elle point été agenouillée devant le trône, ses jambes sûrement en auraient été fauchées. Elle ne peut se permettre de réaction visible devant les yeux avides des courtisans, toutefois ; seul le cliquetis tremblant de ses bracelets et la brusque inspiration qu’elle prend en portant sa main libre à ses lèvres indiquent combien l’émotion est grande. Ça, et la larme brûlante qui dévale la rondeur de sa joue pour venir s’écraser sur la main du sultan. Elle retient les autres, à grand-peine ; pour elle, ces quelques mots représentent une utopie à laquelle elle n’aurait jamais osé croire. Ainsi donc, il a conscience de… tout ? De sa solitude, des cicatrices qui zèbrent sa peau, des plaies qui meurtrissent son cœur ? Reja bat des cils, le temps d’une seconde, pour lutter contre l’émotion qui voudrait s’exprimer. C’est dans un souffle qu’elle répond finalement à son souverain, levant légèrement la tête pour placer ses lèvres près de son oreille. « Les erreurs du passé ne pourront jamais être effacées, c’est un fardeau que nous serons deux à porter. Il nous reste l’avenir à construire, et il ne tient qu’à nous de lui donner de meilleures couleurs. Mon seigneur, vous m’avez rendu un frère ; mais j’ai découvert récemment qu’il y avait de la place pour plusieurs en mon cœur. »

S’il est permis. Elle ne demande rien, pas de statut, pas de proclamation, aucun geste ni aucun titre – juste une chance, peut-être, à présent qu’elle reconstruit sa propre vie, de réparer les erreurs de jadis et d’y inclure deux frères au lieu d’un seul.


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 20:25

Même s’il était comme le roc d’Erebor, solide en étant capable de prendre des décisions difficiles voire parfois terribles, Anthim avait le cœur doux et compatissant, sage et généreux. Si la disparition de sa bien aimée Sitara le lui avait brisé, il n’en était pas devenu pour autant aigri et mauvais. La douleur serait à jamais présente, comme une plaie que nulle autre femme ne pourrait refermer, mais cette souffrance lui rappelait qui il était : l’homme qui aimait Erebor et son peuple plus que tout. Et que même dans son malheur, il y avait autre chose que l’amour qui le faisait vibrer. Alors oui, il ressentait énormément de compassion pour Rejwaïde, demie sœur qui l’avait haï et qu’il avait ignorée, et qui pourtant comme lui avait changé. Tous deux savaient qu’ils ne pouvaient rien montrer de l’émotion qui embrasait leurs veines jusqu’au cœur, pas devant ces témoins inconvenants qui ne comprenaient rien et ne comprendraient jamais. A cet instant à jamais gravé sur la toile du Tisserand mais caché à ce monde peut-être trop ingrat, Anthim serait le seul témoin des sentiments de cette femme, tous gorgés dans cette larme qui sillonne sa joue pour tomber dans sa main. Et Rejwaïde serait la seule à voir, dans les yeux si bleu de son sultan un voile léger qui jamais ne deviendrait larme.

« J’espère que nous saurons dépasser le passé. »
C’est là le dernier murmure du roi, qui pourtant avec grande douceur s’empare des joues de sa sœur, abaissant légèrement son visage pour permettre à ses lèvres de déposer un baiser sur le front de la jeune femme. Un geste de pardon et un geste d’excuse, qui comme tout ce qui s’était dit ici serait tu.

A nouveau, d’un geste impérieux de la main, il invite Rejwaïde à reprendre place, quelques marches plus bas en dessous du trône. Comme si rien n’avait pu perturbé le cœur du sultan, il reprend :

« J’écoute ta proposition. »

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Mer 13 Juin - 21:18

Le cœur de Reja bat à tout rompre, et dans ses veines le sang qui cavale comme pris de panique ne semble pas vouloir ralentir sa course folle. Elle n’aurait jamais imaginé, en prenant congé de la sultane Shéhérazade, que cette audience demandée sur une impulsion irréfléchie pourrait porter tant de renversements inattendus. C’est tout un univers de possibles que la Chasse Sauvage a ouverts pour elle – une nouvelle force, une volonté d’acier, et la tranquille conviction de sa propre valeur, que personne jamais ne pourra lui ôter. Et c’est tout un monde de nouvelles idées que Mayeul lui a offertes, en lui offrant un pardon qu’elle sait à présent ne pas avoir mérité. L’éventualité que, peut-être, dans ce monde ingrat bardé d’épines et semé de tourments, il y ait quelques personnes dignes d’être aimées. Malgré leurs failles, malgré leurs manquements, malgré la trahison qui parfois brûle et empoisonne. Que la générosité n’était pas forcément une faiblesse.

Cela donne matière à réfléchir, et Reja devra sûrement remettre ses idées en ordre pour en tirer tous les bénéfices. Avant de redevenir son sultan, Anthim lui offre un dernier geste de frère à sœur : un baiser de paix, déposé sur son front, en gage d’excuse, en signe de pardon. Reja retient l’une de ses mains, la presse un instant entre les siennes, la porte à ses lèvres avant de s’incliner. Elle se redresse, se compose un visage neutre ; puis descend à reculons les quelques marches de l’estrade, retrouvant sa place au pied du trône. À nouveau, elle va devoir s’exprimer à mots couverts ; et miser sur les informations dont il dispose pour interpréter correctement ce qu’elle est venue dire.

« Cette femme est l’émissaire de fils et filles d’Erebor, loyaux à leur sultan et voués à rendre à leur royaume sa splendeur de jadis. Ils ont déjà rencontré le roi des sables, et sa reine ; ils ont choisi cette femme pour les représenter à Vivedune et offrir formellement leurs services pour la grandeur de ce trône. Cette femme est porteuse d’une information et d’une proposition : la première est que le lieu où les secrets sont gardés a été trouvé ; la seconde, est que le sultan s’en fasse le protecteur et permette l’usage des forces qui y sommeillent pour rendre à Erebor sa grandeur de naguère. »


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Jeu 14 Juin - 0:10

Les masques se recomposent sur les visages, mais il voit sans mal dans le regard des courtisans cette curiosité malsaine et ce dédain à l’encontre de la jeune femme, à peine arrivée et pourtant permise de parler à l’oreille même du sultan. Nuls doutes qu’ils ont épié et étendu leurs sens pour tenter de percer les mystères de cette discussion. Mais déjà il n’y paraît plus et c’est avec l’aura impérieuse du Roi des Gitans qu’Anthim se recale bien sur le trône, faisant claquer les bracelets à ses poignets sur les accoudoirs aux dorures raffinées. Patient et attentif, il écoute la dernière proposition de Rejwaïde, venue ici avec beaucoup de nouvelle. Le doute ne s’éternise guère dans l’esprit du sultan, car les mots bien que mystiques et secrets lui sont adressés tout particulièrement, et il sait. Il sait de quoi parle la danseuse des dunes, il sait quelles sont ses allégeances et qui sont ces gens qui l’ont envoyé. Ceux là même qu’Anthim haïssait quelques mois plus tôt pour s’en être pris à Sitara et Alméïde… Mais il avait néanmoins compris que cet Ordre porteur de chaos n’était pas le véritable coupable et qu’en son sein, la souillure s’était étendue profondément, au grand malheur des sincères. Et il y croyait, Anthim, à ces valeurs que portait l’Ordre. Il voulait, lui aussi, rendre à Erebor ce qui autrefois lui avait été arraché.

Le lieu où les secrets sont gardés a été trouvé. Les mots utilisés ne laissent point Anthim indifférent. Dans le bleu de ses yeux se lit une surprise doublée d’une compréhension profonde. La Cathédrale des Sables. Enfin retrouvée. Ses contacts de l’Ordre, bien que peu de fois rencontrés lui en avait longuement parlé, faisant de son existence plus qu’une simple légende aux yeux du sultan.

« Ta proposition a bien été entendue. Tu diras à ceux qui t’envoient que la promesse que j’ai formulée alors devant eux tient toujours et que je n’ai qu’une parole. Tu diras que ma protection leur est acquise et que, comme eux, je n’espère que rendre à mon peuple et Erebor son glorieux passé. »

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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Jeu 14 Juin - 0:37

L’information fait son chemin, et Reja lit la compréhension dans l’œil solennel d’Anthim. Il a interprété la pleine portée de son message, et elle sait que ses frères et sœurs de l’Ordre seront soulagés de savoir que leur souverain continue de leur accorder son soutien dans la délicate tâche qu’ils ont choisie. Elle a été étonnée d’apprendre de Mayeul la sécession d’Erebor, et n’a pas manqué d’interroger Alméïde à ce sujet lors de leur entrevue, osant même poser quelques questions prudentes à la sultane quelques heures plus tôt – nul doute que les agents de l’Ordre prêts à faire sécession de l’organisation, eux aussi, auront d’autres éléments à lui apporter maintenant que sa mission est accomplie.

Docilement, elle s’incline devant son demi-frère, recevant ses ordres avec le plus grand sérieux. Elle s’en acquittera avec d’autant plus de célérité qu’elle a hâte, elle aussi, d’œuvrer concrètement pour la gloire de ce pays qu’elle aime avec la passion farouche des gens du sable.

« Cette femme transmettra fidèlement la parole du seigneur sultan. Avant qu’elle ne s’en aille à présent par les couloirs à la rencontre d’un sien parent qu’il lui tarde de saluer, quand souhaite-t-il qu’elle revienne devant lui prendre connaissance de ses conditions pour offrir à nouveau ses ailes au service d’Erebor ? »

Une fois la réponse apportée, c’est une révérence parfaite qu’elle offre, se courbant en deux dans le grand froufrou des pans de son sari, agrémenté du cliquetis de ses multiples bracelets et des grelots de ses chevilles. Et c’est sans un seul regard pour les courtisans qu’elle quitte la salle d’audience, prenant la direction de la garde du palais où elle suppose qu’on pourra lui indiquer les quartiers d’Anwar.


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Message Sujet: Re: D'audience en confiance   Jeu 14 Juin - 1:02

Il n’a qu’une parole, le sultan des Sables, et il sait que ses fidèles sujets croient en lui et placent en lui leur confiance. La force des mots et les serments n’étaient pas étrangers aux erebiens, bien que c’était là le grand symbole Outreventois. Mais qu’importe, les farouches fils et filles du désert ne donnaient pas leur parole à la légère, tout comme lui. Et il avait profondément à cœur de rendre aux siens ce que le passé lui avait retiré. Une gloire d’antan, une grandeur splendide… En cela, le message apporté par Rejwaïde et le renouvellement de sa protection envers ses agents étaient l’une des premières choses qu’il pouvait faire pour ce rêve secret et puissant. Il n’y a pas grand chose de plus à aborder, et acquiesçant aux paroles de sa sœur qui s’en va, il prend le temps de songer, un instant, au début de cette discussion et à cette requête formulée plus tôt.

« Trois jours devraient suffire pour que je décide ce qu’il convient de faire. »

Trois jours, c’était à la fois trop peu, aux vues de la situation, et beaucoup pour une décision qui, en son cœur, était presque déjà prise. Mais il ne peut se permettre d’être trop coulant avec cette femme qui méritait certes sa seconde chance, mais aussi d’un jugement impartial. Aussi n’ajouta-t-il rien et d’un geste, congédia la jeune femme qui ne tarda pas à se détourner après une révérence, prête à rejoindre, il le sait, ce frère ainé depuis trop longtemps disparu.

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