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 Une prière à genoux

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Message Sujet: Une prière à genoux   Mer 13 Juin - 19:59




Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Rejwaïde Sinhaj & Alméïde de Sombreflamme

Une prière à genoux

La chanson du cœur qui se brise à l'intérieur




• Date : 13 mai 1003
• Météo (optionnel) : /
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Une rencontre entre sœurs où il y a moult sujets à aborder.
• Recensement :
Code:
• [b]13 mai 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3858-une-priere-a-genoux#142732]Une prière à genoux[/url] - [i]Rejwaïde Sinhaj & Alméïde de Sombreflamme[/i]
Une rencontre entre sœurs où il y a moult sujets à aborder.


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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   Mer 13 Juin - 20:00

La tentation était grande, de franchir la frontière sans rien dire à personne, simplement juchée sur le dos de Sirocco – si la situation politique était restée la même qu’avant son départ pour la Chasse Sauvage, Reja l’aurait sûrement fait, sans rien dire à quiconque de sa présence aux environs de Vifesprit. Même si, connaissant son griffon trop enthousiaste, il avait sûrement déjà partagé la nouvelle à Simoun, son frère de couvée, et à Iode, dernier membre du trio de terreurs à plumes qu’ils forment avec Nuage. Et les trois terreurs en question ont sûrement déjà informé leurs compagnes et camarades : la fringante Soie et ses plumes de nuit, la loyale Corail, et la délicate Cristal. Ainsi, Sifaï, Grâce et Marianne sont déjà au courant de son retour, ainsi que le major de Séverac ; et il ne faudra guère longtemps avant que les Voltigeurs de tout l’empire ne découvrent qu’une Erebienne se trouve sans permission sur le territoire impérial.

Le conseil de Mayeul a été difficile à accepter ; mais ce qu’il reste de la force d’âme de Conquête brûle toujours en elle, et Reja sait à présent qu’elle ne reculera jamais plus devant un obstacle délicat à surmonter – la fuite ne sera jamais sa voie, et elle affrontera sans ciller les embûches que le Destin placera sur son chemin. C’est ainsi qu’elle a accepté l’aide de son amant, enfilé la tenue de Voltige un peu usée qu’il a empruntée à la caserne pour elle, et qu’il lui a conseillé la meilleure manière d’approcher son objectif pour éviter les ennuis. Il lui a fourni un voile de tête opaque, pris dans les affaires de Mathilde, pour dérober ses traits trop typiques des filles des sables, lui a recommandé de parler le plus bas possible pour déguiser son timbre aux sonorités trop exotiques. Et surtout, surtout – éviter le maître des lieux, lui a-t-il répété plusieurs fois, avec une pertinence surprenante pour cet homme qu’elle en est venue à aimer, avec ses idées parfois un peu… saugrenues.

Et là voilà arrivée.
L’air le plus désinvolte possible, Sirocco se pose sur l’aire d’atterrissage des griffons, et la Voltigeuse s’enveloppe du voile qu’elle a emporté, puis saute lestement au sol. Il est entendu entre eux qu’il l’attendra un peu à l’écart de la ville, ne la rejoignant qu’après l’entretien qu’elle est venue solliciter, pour ne pas éveiller l’attention – le grand griffon d’ébène est connu de ses congénères pour avoir pleuré la perte de sa cavalière pendant des semaines, et il s’agit de ne pas éveiller trop rapidement la suspicion de ses semblables. Il s’envole à nouveau ; et la jeune femme s’enfonce dans les couloirs, bénissant les coutumes étranges de cet endroit insensé où le moindre courant d’air peut s’infiltrer partout. Dans sa main, un courrier portant les sceaux de la caserne de Svaljärd, signée de la main de Mayeul – un prétexte, si on devait l’interroger sur les raisons de sa présence ici, et une introduction, pour lui permettre de rencontrer l’interlocuteur qu’elle est venue solliciter.

Le courrier est remis à un serviteur, et on la prie de patienter dans une antichambre, le temps qu’il soit remis à son destinataire et que réponse soit apportée – l’attente s’étire, et la Voltigeuse s’interroge. Doit-elle s’attendre à un contingent de gardes armés ? L’incertitude grignote un peu ses nerfs, mais elle se force à la sérénité. Redouter l’entrevue ne fera que la prédisposer à mal tourner, alors… Autant garder foi en l’avenir. Le chambellan finit par se présenter, lui indiquant que l’audience sollicitée est accordée, et l’invitant à la suivre – si elle en croit l’architecture étrange de ce lieu défiant toute logique, c’est vers des quartiers privés qu’on la dirige, avant de la faire entrer dans un salon où l’attend sa potentielle voie d’exfiltration vers Erebor.

Un instant, le silence les entoure, tandis que Reja rejette en arrière le voile qui couvrait sa tête, dévoilant le visage que la lettre indiquait se cacher sous l’anonymat de la messagère. Muette, Reja ne bouge pas pendant quelques secondes, attendant que son hôte prenne la parole, guettant un geste d’invite qui lui permettrait d’approcher – sans résultat. Alors, un soupçon de défaite au fond des yeux, elle se laisse glisser au sol, posant les deux genoux à terre, les mains nouées dans son giron et la tête baissée, dans une posture d’abjecte soumission apprise sous les coups pendant sa jeunesse.

« Cette femme vous remercie de la recevoir, noble dame de Sombreflamme. »

La formalité de son salut empreint de toute la solennité erebienne lui brûle les veines – et son cœur hurle dans le silence, tant son sang lui crie de courir étreindre sa sœur. Mayeul ne lui a-t-il pas vivement recommandé de lui parler à cœur ouvert ? Oh Joseï, toi l’artisan des miracles, permets à ces deux filles des Sinhaj de forger à nouveau leur lien saccagé par les tourments du destin… !


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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   Mer 13 Juin - 21:14

« Ma dame, un courrier pour vous vient d'arriver. » La voix de l'homme lui fait redresser la tête, un air de surprise poli dessiné sur ses traits. Alméïde interrompt ce qu'elle était en train de faire et tend la main pour saisir le morceau de parchemin dont elle reconnaît aisément le sceau. Intriguée, elle descelle la lettre et en lit le contenu ; son regard parcourt les mots de plus en plus vite, saute de phrase en phrase au rythme de son coeur qui accélère ses battements. Elle peine à croire à ce qui est inscrit, elle croit lentement défaillir. « Ma dame, tout va bien ? » Alméïde cligne des yeux et force un sourire sur ses lèvres, secoutant la tête avec vigueur pour rassurer l'homme venu porter le message. « Tout va bien, je vous assure. Pouvez-vous... escorter la messagère dans le salon attenant à mes appartements ? D'ici quelques minutes, je vous en saurais gré. » Quelques minutes, le temps de s'y rendre et de l'accueillir, le temps de parvenir à se recomposer une sérénité qui semble totalement lui échapper. Son regard se tourne vers Yvain, installé à ses côtés, qui a bien généreusement accepté de lui expliquer les méandres législatifs qui régissent le palais – et plus généralement le duché – lors de ses temps libres – c'est-à-dire peu souvent. Alméïde se fait élève assidue pour comprendre l'essentiel de ce qu'elle doit savoir, mais les lois cielsombroises ne font rien pour l'aider dans cette tâche ardue. C'est néanmoins toujours fort intéressant. À cet instant, pourtant, tout cela lui paraît si lointain. « Veuillez m'excuser, nous reporterons cette discussion à un autre jour, si vous le voulez bien. » Il acquiesce respectueusement et elle se relève, prenant la direction de ses appartements.

Dans le petit salon, elle serre ses mains l'une contre l'autre pour les empêcher de trembler. Son esprit bouillonne de mille pensées ; que fait-elle donc là ? Et si elle se faisait prendre ? Comment pourrait-elle ne pas être découverte alors qu'elle porte ses origines sur les moindres parcelles de sa peau ? L'inquiétude l'envahit et culmine enfin quand la porte du salon s'ouvre sur celle qu'elle attendait.

Elles sont soudainement seules, dans le silence de la pièce. Alméïde détaille le visage désormais dépourvu de voile, elle examine le moindre détail de ses traits, n'osant trop y croire. Elle a imaginé des centaines de fois ce qu'elle pourrait dire à sa soeur si l'occasion lui était présentée de la revoir, et elle se retrouve tout à coup frappée de mutisme, comme si Bramir lui-même se jouait d'elle. Le silence s'étire, s'alourdit, jusqu'à cet instant où sa soeur s'avance, lui offrant une vision qui lui serre le coeur.

« Cette femme vous remercie de la recevoir, noble dame de Sombreflamme. » Cette fois, Alméïde s'avance à son tour d'un pas décidé. En un instant, elle se retrouve devant Rejwaïde, et tout aussi rapidement, elle s'agenouille devant elle, tendant les bras pour cercler son visage de ses mains, la forçant à relever les yeux. « J'ai cru t'avoir perdue. » Rien qu'un murmure qui quitte ses lèvres, rien qu'un murmure qui transmet toute l'inquiétude qu'elle a pu ressentir pour sa cadette. Sans même lui laisser la possibilité de réagir, elle la serre dans ses bras, tout contre son coeur, comme si cette simple étreinte l'empêcherait de disparaître à nouveau. Peu importe qu'elle n'ait pas pardonné ses actes, peu importe qu'elle lui en veuille encore pour ce qu'elle a fait ou pour ce qu'elle a tu, sa soeur est en vie et à cet instant, c'est tout ce qui emplit son coeur. Elle a bien cru la perdre à jamais, quand elle a appris que la Voltigeuse avait tenté de mettre fin à ses jours, puis s'est fait emporter par la Chasse Sauvage. Déjà, il était trop tard pour agir, elle n'a pas su à temps, elle n'a rien pu faire. « Joseï soit loué de t'avoir rendue à moi. » Elle met fin à son étreinte, les yeux emplis de larmes, et elle ancre son regard dans le sien avec une détermination farouche. « Que fais-tu ici, Reja ? » Il n'y a guère de reproche dans sa voix, rien qu'une inquiétude voilée, rien qu'une sincère sollicitude. Pourvu que personne ne l'ait reconnue au sein de ce palais où elle risque sa tête.

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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   Lun 25 Juin - 22:25

Le silence semble si épais dans le salon privé, que Reja pourrait presque le couper avec son sabre, si elle l’avait emmené avec elle. Mayeul a déconseillé le port d’une arme au sein du palais ducal, ce qui apporterait moult ennuis si elle était découverte, alors… Alors, la danseuse astrale a laissé son sabre au fourreau, et s’est aventurée désarmée en territoire ennemi. Qu’elle se sent nue, même en tenue de Voltige, la fille des dunes au cœur endeuillé ! Qu’elle se sent seule, et vulnérable, et fragile presque, malgré sa résolution nouvelle, sous le regard distant de cette sœur devenue presque une inconnue tant les mois écoulés ont meurtri leurs liens déjà distendus.

Le silence ne dure pas, toutefois. Reja ne savait pas trop à quoi s’attendre – à d’autres reproches, à d’autres questions, à d’autres jugements, à d’autres adieux ? Éventuellement, à une cohorte de gardes armés et à un peloton d’exécution piloté par le duc Castiel en personne. Elle sait bien que l’époux de sa sœur ne la porte pas dans son cœur – et c’est tant mieux, car elle-même ne lui trouve que fort peu de valeur. Savoir qu’il a prêté la main aux crimes perpétrés depuis des siècles par la Rose Écarlate lui tord le ventre – savoir qu’Alméïde aussi a très certainement participé aux sombres actes de ces esprits trop imbus de leur pouvoir lui donne la nausée. Elle préfère ne pas y penser pour le moment ; ce qui compte, c’est parvenir à regagner Erebor sans déclencher d’incident diplomatique. L’idée de dresser Anthim et Castiel l’un contre l’autre lui aurait sûrement souri, jadis – se réjouissant également de la souffrance émotionnelle qu’une telle bataille infligerait à son aînée, pour lui faire enfin comprendre ce que l’on éprouve à constater la trahison et la mort sans pouvoir agir.

Jadis, oui, avant que la Chasse ne vienne la cueillir dans son deuil absurde, avant que Conquête ne vienne l’emporter dans les nuées. Avant que l’appel d’une mission plus noble que tout le reste n’éradique toutes les imperfections de son raisonnement, ne laissant derrière lui que la clarté limpide d’un monde qu’elle a redécouvert paré de nouvelles couleurs. C’est une étrange sérénité que la Chasse lui a léguée, et Reja est décidée à en faire le meilleur usage possible, usant de cette nouvelle détermination d’acier pour atteindre ses objectifs, qu’il s’agisse de se lier Mayeul définitivement ou de restaurer la grandeur légitime d’Erebor au sein du contient ; et, éventuellement, de se réconcilier avec sa sœur à laquelle, finalement, elle ne peut guère reprocher que sa trop grande naïveté.

Sœur qui s’avance soudain vers elle dans le bruissement de ses vêtements, la rejoignant à genoux au sol, et qui saisit le visage de la Voltigeuse entre ses mains – elle en frémit, Reja, tant elle a été plus habituée à la violence qu’à la douceur, même si jamais elle n’a eu à souffrir aux mains de sa sœur. Elle n’a pas vraiment le temps de réagir – sans lui laisser la possibilité de bouger, Alméïde l’enserre dans une étreinte pleine d’inquiétude qui fait battre plus fort le cœur de sa cadette. Un instant indécise, elle se penche en avant, referme les bras autour de son aînée, la serre un moment contre elle. Elle recule rapidement, la toute nouvelle Cielsombroise, et Reja se redresse posément, bien droite, soutenant sereinement le regard inquiet de sa sœur. Elle ne lui dira pas que Joseï avait bien moins à voir là-dedans que Valda ; que ce n’est pas à elle qu’elle a été rendue mais à Mayeul et Sirocco ; et que son absence a sûrement été moins cruelle que de se voir reniée par sa cadette. Cela n’a pas à être énoncé, cela n’aidera en rien ; et s’il est possible d’épargner un peu son aînée, Reja s’efforcera de lui éviter les tourments qu’une trop violente confrontation avec la réalité pourrait engendrer. Comme naguère, comme dans sa jeunesse, au temps du harem… mais par sa propre volonté, cette fois. Parce qu’elle l’a décidé – point par rancune, mais par compassion.

Elle n’aurait jamais pensé employer un jour ce mot.
Conquête lui a décidément offert bien plus qu’une mission.
Un fin sourire étire un instant ses lèvres, et elle se penche en avant un instant, juste le temps d’attraper l’une des mains d’Alméïde, qu’elle garde entre les siennes. « Dis-moi d’abord, comment tu vas. » Il y a de l’affection dans sa voix, le souvenir d’une tendresse d’enfant qui a fini par vaincre l’amertume tenace née de la solitude. « Est-ce que tu es heureuse, ici ? Ton mari te traite bien ? »


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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   Jeu 5 Juil - 15:04

C'est inespéré, c'est même incroyable. Alméïde a le coeur qui déborde d'une émotion qu'elle s'efforce de contenir, elle est à la fois si confuse et si heureuse de la voir, malgré l'appréhension qui la guette dans l'ombre – car à tout moment, son époux pourrait avoir vent de la présence de sa cadette et faire tomber sur elle l'ire qu'il a contenu jusqu'à présent, à contrecoeur. La nouvelle dame de Sombreciel écarte ces pensées pour se concentrer sur le visage de sa soeur, sur les traits qu'elle pensait ne plus jamais revoir autrement que dans ses souvenirs. Leur dernière rencontre a été marquée par une douleur cuisante qui la suit toujours depuis, à chaque fois qu'elle y songe. Les non-dits, les incompréhensions, tout cela a séparé les deux soeurs. La réalisation, également, que leurs idéaux s'opposaient sans jamais se rencontrer. C'était en tout cas ce qu'Alméïde croyait fermement, avant d'en apprendre plus sur les dessous de l'Ordre du Jugement. Son avis n'a guère changé au sujet de ceux qui ont commis de nombreuses atrocités et qui l'ont enlevée, mais elle perçoit sous les actes une mission peut-être plus noble, menée par quelques uns qui ne cautionnent guère les moyens utilisés. Rejwaïde est allée très loin, pour ce en quoi elle croit. Elle le sait, et Mayeul a exprimé les mêmes pensées, mais Alméïde ne sait si elle peut lui pardonner ce qu'elle a fait.

Pourtant, ça ne l'empêche pas d'éprouver un intense soulagement de la savoir en vie, et visiblement indemne, au moins physiquement. Elle l'observe de ses yeux humides, elle serre la main qu'elle lui tend, remerciant les dieux de l'avoir épargnée. « Dis-moi d’abord, comment tu vas. Est-ce que tu es heureuse, ici ? Ton mari te traite bien ? » La question la surprend un instant, comme la douceur de sa voix, si différente du ton emprunté lors de leur dernière discussion. « Je vais bien, je t'assure. Et je suis heureuse auprès de mon époux, vraiment très heureuse. » Il n'y a pas de doute dans ses paroles, il y a une joie sincère qui résonne dans chacun de ses mots, qui se dessine sur chacun de ses traits. Elle éprouve un tel bonheur d'être auprès de l'homme qu'elle aime après tout ce temps, elle se sait chanceuse et elle en chérit chaque instant.

Alméïde se redresse, elle entraîne sa soeur sur le canapé sans relâcher sa main, comme si le simple fait de libérer ses doigts pouvait la faire disparaître à nouveau. La surprise passée, elle retrouve un peu plus de son sérieux. « Castiel prend soin de moi, il fait preuve de beaucoup d'attention tu sais. J'aurais aimé que tu viennes à notre mariage, j'aurais aimé te le présenter si seulement... » Elle s'interrompt, pousse un soupir résigné. « Tu ne peux pas rester ici, c'est dangereux pour toi. Il t'en veut encore pour le vol que tu as commis dans son palais et pour ce que tu as fait à Vif-Argent. » Le ton de l'Erebienne semble avoir perdu un peu de sa douceur, malgré l'évidente sollicitude dont elle fait preuve envers Rejwaïde. Elle comprend la colère de Castiel, elle comprend son envie de vouloir faire payer un crime. « Je l'ai déjà convaincu une fois de fermer les yeux, mais s'il te voit ici, je doute qu'il m'écoute à nouveau. » Je ne veux pas te perdre une nouvelle fois, semble indiquer son regard qui se baisse sur leurs mains, alors qu'elle serre un peu plus celle de sa soeur au creux de la sienne. Non, elle ne veut pas la perdre, elle veut comprendre, elle veut combler le fossé qui les a séparées.

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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   Mar 24 Juil - 17:53

Alméïde raconte son bonheur, répète combien elle est heureuse, et Reja se retient de plisser les lèvres dans une expression peu flatteuse qui ne refléterait que trop bien l’oreille dubitative qu’elle prête à de tels propos. Si sa sœur est heureuse d’être juste une seconde épouse, de devoir partager celui qu’elle professe aimer avec un aveuglement qui abasourdit sa cadette, alors – ainsi soit-il. Comment réagirait-elle, elle, si Mayeul devait sortir une épouse de nulle part, et la force à partager ses attentions ? La réponse est simple, et l’amusement sous-jacent de Sirocco à cette idée traduit bien l’intensité de la réponse qu’apporterait sa Voltigeuse à un tel affront. Violence. Sang. Cris. Plumes ébouriffées qui volent en tous sens. Il n’oserait pas. Non, en effet, l’instinct lui souffle que Mayeul ne lui ferait pas ça – parce qu’il a sûrement compris qu’une enfant de harem ne consentirait jamais à partager l’homme qu’elle aime, et peut-être, aussi, parce que Reja lui suffirait… ? Est-ce réellement possible ? Qu’elle soit… assez ? Elle y réfléchira, plus tard – concernant le duc de Sombreciel, clairement, les princesses de Bellifère et d’Erebor ne suffisent pas, et Reja ne le cautionnera jamais ; même si elle s’abstient de le répéter à sa sœur, qui sait déjà ce qu’elle pense de tout cela.

« Je ne suis pas venue me justifier de ce que j’ai fait. C’était nécessaire, et il s’est mis sur mon chemin – je ne l’ai pas traqué pour l’abattre. Lui as-tu demandé de te rendre compte du sang qu’il a sur les mains ? Du nombre d’innocents qu’il a massacrés pour asseoir son pouvoir ? As-tu demandé des explications à l’esprit qui a utilisé tes mains, à toi, pour faucher des vies ? Je ne te juge pas pour ça – fais-moi la courtoisie de respecter le combat que j’ai choisi : moi, je ne m’en suis prise qu’à des ennemis. Mais laissons cela derrière nous : nous ne parviendrons jamais à nous entendre là-dessus, et je ne suis pas venue me disputer avec toi. Si un jour tes opinions venaient à changer, tu sauras où me trouver pour en discuter. » Reja n’éprouve aucune honte, ni devant ses choix ni devant leurs conséquences. Il y a un combat à mener, des armes à prendre, une lutte à conduire ; et elle s’est faite le soldat de cet idéal de grandeur devant rendre à son peuple sa splendeur.

Mais tel n’est pas le motif de sa venue. S’appuyant contre le dossier du canapé, laissant la fatigue reprendre ses droits, elle pousse un soupir désabusé en se représentant le long chemin qu’elle a encore à parcourir. « Si je suis venue te voir, c’est parce que la Chasse Sauvage m’a abandonnée en plein milieu d’un territoire ennemi… Chez Mayeul, à Vifesprit, et il m’a expliqué ce qui s’était passé en mon absence. Je dois retourner en Erebor, et même si j’ai pensé un instant forcer le passage à la frontière avec Sirocco, je n’ai pas particulièrement envie d’être responsable d’un incident diplomatique. Ce que je suis venue te demander, ma sœur, c’est un sauf-conduit. Peux-tu me délivrer un laissez-passer officiel, que je suis puisse enfin rentrer chez moi ? »

Retrouver l’oasis Sinhaj, au cœur du désert – les cousines, les nièces, la danse sous les étoiles au cœur des sables.
Retrouver la mer des dunes.
Retrouver le désert familier.
Retrouver Erebor.
Retrouver Anwar, si Valda le veut bien.

Oh, comme le mal du pays étreint son cœur, soudain… !


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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   Sam 4 Aoû - 17:38

L'euphorie des retrouvailles laisse bien rapidement place au sérieux de la réalité. Alméïde retrouve bien vite ses inquiétudes quant à la présence de sa soeur au sein du palais d'Euphoria, sans parler de toutes ces choses qu'elles ne se sont pas dites, de tout ce qu'elle a appris depuis leur dispute concernant l'Ordre, mais concernant également Reja elle-même. Tout cela se bouscule dans sa tête, et les paroles de sa soeur n'aident en rien.

« Je ne suis pas venue me justifier de ce que j’ai fait. C’était nécessaire, et il s’est mis sur mon chemin – je ne l’ai pas traqué pour l’abattre. Lui as-tu demandé de te rendre compte du sang qu’il a sur les mains ? Du nombre d’innocents qu’il a massacrés pour asseoir son pouvoir ? As-tu demandé des explications à l’esprit qui a utilisé tes mains, à toi, pour faucher des vies ? Je ne te juge pas pour ça – fais-moi la courtoisie de respecter le combat que j’ai choisi : moi, je ne m’en suis prise qu’à des ennemis. Mais laissons cela derrière nous : nous ne parviendrons jamais à nous entendre là-dessus, et je ne suis pas venue me disputer avec toi. Si un jour tes opinions venaient à changer, tu sauras où me trouver pour en discuter. »

Ces mots la prennent au dépourvu. Au-delà de l'apparente compréhension dont elle tente de faire preuve quant aux choix de sa soeur, Reja condamne des actes sans même un instant songer à ceux qu'elle a commis elle-même. Non, elle n'a pas traqué Castiel – Hypérion, en fait – mais elle a volé son palais en pleine nuit, n'est-il pas normal de poursuivre un voleur ? Alméïde reste sans voix face à ces accusations qui sortent de nulle part alors qu'elle ne faisait que prévenir sa cadette de la situation dangereuse dans laquelle elle se trouvait ; à savoir qu'elle risque sa tête dans ce palais, qu'elle ait eu raison d'agir comme elle l'a fait ou non. Un simple avertissement d'une soeur à l'autre, rien de plus. Et à présent, elle entrevoit à nouveau ce fossé qui les sépare, loin d'être comblé encore, empli d'incompréhensions.

« Si je suis venue te voir, c’est parce que la Chasse Sauvage m’a abandonnée en plein milieu d’un territoire ennemi… Chez Mayeul, à Vifesprit, et il m’a expliqué ce qui s’était passé en mon absence. Je dois retourner en Erebor, et même si j’ai pensé un instant forcer le passage à la frontière avec Sirocco, je n’ai pas particulièrement envie d’être responsable d’un incident diplomatique. Ce que je suis venue te demander, ma sœur, c’est un sauf-conduit. Peux-tu me délivrer un laissez-passer officiel, que je suis puisse enfin rentrer chez moi ? » La question ne la surprend pas vraiment, mais elle prend tout de même un instant pour songer aux implications. Si elle ne le lui donne pas, Reja forcera le passage et ce simple fait serait dommageable pour les relations entre Erebor et Sombreciel. Si elle ne le lui donne pas et que Reja reste en Sombreciel, elle risque sa vie car jamais Castiel ne saurait lui pardonner ses actes – et elle n'est pas sa soeur, il ne se montrerait pas magnanime avec une étrangère, même liée à son épouse. Mais si Alméïde accepte, elle n'aura de comptes à rendre qu'à son mari, et elle pense pouvoir le convaincre du bien-fondé de sa décision. Outre son évident attachement à sa famille, il y a un fait qu'il ne peut nier : Reja n'a pas choisi de revenir en Sombreciel. Elle l'aurait même très certainement évité si elle avait eu le choix.

« Bien sûr que je peux. » répond-elle simplement, d'une voix ferme. Elle le peut et elle le fera, sans aucun doute. Avant cela, pourtant, elle a besoin de réponses. Celles-ci ne changeront pas son avis, elle a juste besoin de les entendre. « Que sais-tu de la Chasse Reja ? Elle t'a emportée et l'Ordre l'a libérée, as-tu des informations à ce sujet ? J'ai cherché de mon côté, j'ai parcouru les archives de la Rose et... » Elle pousse un soupir. « Je ne te mentirai pas, la Rose m'a déçue, elle m'a menti. Le sang que j'ai sur les mains, je n'en étais même pas consciente, j'ai été utilisée. Tu me connais, tu sais que je me suis vouée à Callia parce que mon but est de venir en aide aux personnes qui en ont besoin. En rejoignant la Rose, je voulais en faire plus, je voulais intervenir avant qu'il ne soit trop tard, tu comprends? Prévenir, plutôt que guérir. Préserver la paix me semblait évident, mais je n'avais pas idée de ce que tout ça pouvait bien cacher. Et maintenant, je sais que l'Ordre est bien plus que tout ce qu'on a pu en voir, et je suis perdue. Je ne pardonnerai pas à la Rose leurs mensonges, mais je ne pardonne pas plus à l'Ordre ses méthodes. Si j'avais su dès le départ pourquoi ils cherchaient à retrouver tous ces savoirs, s'ils avaient pris la peine de m'expliquer plutôt que de chercher à, à tout m'extorquer par, par la force... » Elle déglutit avec difficulté, sa main a relâché celle de sa soeur et elle détourne le regard, car à ces mots, les souvenirs de son enlèvement se font plus intenses, tout comme le visage de Reja qui se dessine dans l'obscurité des cachots. « J'ai besoin de réponses, Reja. J'en ai besoin, si l'on veut espérer protéger les gens de la Chasse, maintenant qu'elle est libérée. » Il y a une forte conviction dans sa voix, une flamme qui brille dans son regard. L'Ordre, la Rose, peu lui importe désormais. Il n'y a que ce pourquoi elle s'est toujours battue : des vies innocentes qui n'ont rien demandé à personne.

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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   Mar 2 Oct - 21:10

Silencieuse, Reja écoute le discours pénible de sa sœur. Pénible non point pour elle à entendre, car elle sait déjà la majorité de que Alméïde lui explique ; mais pénible pour son aînée, tant il doit impliquer de souvenirs douloureux et de regrets qui ne pourront jamais être expiés. Et elle s’interroge, la princesse aux yeux emplis de doute – et elle la questionne, sa sœur cadette aux idées frondeuses, revenue d’entre les disparus pour reprendre sa lutte. Reja pousse un soupir méditatif, choisissant soigneusement les informations qu’elle pourra livrer à son aînée – qui reste l’ennemi, d’une manière tordue et alambiquée qui lui déplaît quelque peu – et pesant méthodiquement le pour et le contre. Elle se retrouve soudain confrontée à la même réticence qu’elle éprouve d’ordinaire face aux étrangers lorsqu’il s’agit de divulguer certaines des merveilles d’Erebor ; et elle est fatiguée, quelque part, de devoir considérer sa propre sœur comme une étrangère. « Si seulement je pouvais être sûre que tu pourrais vraiment être une alliée, Mémé… » Pensive, elle se redresse en arrière, le buste droit, appuyée sur ses talons.

Elle lui donnera quelques informations. Pas de noms, pas de lieux, rien de précis, mais quelques explications qui éclaireront peut-être sa lanterne. C’est dans un murmure prudent qu’elle reprend. « Il y a un élément que tu ne comprends pas, je pense. L’Ordre n’est pas d’un seul tenant, tu sais ? Il y a aujourd’hui deux mouvances en son sein, et les deux partis sont en train de s’éloigner de plus en plus l’un de l’autre. Les quelques contacts que j’ai pu renouer à mon retour m’indiquent que la fracture a commencé en Erebor – on murmure que le sultan n’y serait pas étranger, et nos agents là-bas ont besoin de moi. J’appartiens à la mouvance modérée ; je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour restaurer la grandeur de mon pays et réhabiliter nos savoirs ancestraux, mais je ne déclencherai pas la guerre. Je pense que nous n’avons pas besoin d’éteindre le reste du monde pour pouvoir briller plus fort – il suffit simplement de redoubler d’efforts pour que notre éclat illumine et transcende. Je dois rentrer, Alméïde, retrouver mes alliés, les agents que j’ai recrutés, formés – savoir exactement ce qui se passe la nuit entre nos dunes. » Les mains jointes sur ses cuisses, elle est l’apparence même de la passivité – sereine, détendue, patiente et concentrée. Mais le feu que Conquête a rallumé dans les cendres de son être brûle bien plus fort désormais, et tout lui semble… étrangement clair.

Les paroles d’Alméïde concernant la Chasse Sauvage ne la surprennent pas – il faut avoir traversé les nuées sur les pas de l’Innocent pour comprendre vraiment ce qui anime les Cavaliers et leurs cohortes. Un sourire un peu triste se dessine sur ses lèvres – même si elle est heureuse d’être rendue aux vivants, une part d’elle regrettera toujours un peu l’absolue sérénité des chasseurs traquant leur proie. « La Chasse ne doit pas être vaincue, Mémé, tu ne comprends pas ? Pour les entraver, c’est notre liberté qu’il faudra sacrifier. C’est le choix que ta Rose avait fait : nous enfermer dans une jolie boîte bien décorée, et nous laisser stagner en captivité. La Chasse est invincible et inaccessible, précisément pour nous permettre un certain degré de libre-arbitre. Elle est là, la vérité, Mémé : il nous faudra apprendre à cohabiter, si nous voulons rester libres… et recommencer à grandir. »


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Message Sujet: Re: Une prière à genoux   

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Une prière à genoux
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