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 Chaque soir, des regards comme des coups de poignard

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Rejwaïde Sinhaj

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Message Sujet: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Ven 22 Juin - 1:23




Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Anwar Sinhaj 1 & Rejwaïde Sinhaj

Chaque soir, des regards comme des coups de poignard

Te transperceront dans le noir




• Date : 24 juillet 1003
• Météo (optionnel) : /
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Première rencontre entre Anwar et Reja depuis qu'elle est sortie de la Chasse Sauvage, après son audience improvisée avec Anthim.
• Recensement :
Code:
• [b]24 juillet 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3878-chaque-soir-des-regards-comme-des-coups-de-poignard]Chaque soir, des regards comme des coups de poignard[/url] - [i]Anwar Sinhaj 1 & Rejwaïde Sinhaj[/i]
Première rencontre entre Anwar et Reja depuis qu'elle est sortie de la Chasse Sauvage, après son audience improvisée avec Anthim.


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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Ven 22 Juin - 1:26

La tête haute, Rejwaïde des Sinhaj quitte la grande salle d’audience du palais, sereine en apparence, mais le cœur battant à tout rompre au creux de sa poitrine. Elle qui avait simplement répondu à la convocation de la sultane en se présentant à son antichambre pour une audience constructive sur les conditions de vie des enfants royaux au harem, la voilà suivant une impulsion au lieu de s’en retourner vers son oasis – se faisant annoncer par le héraut en suppliante aux pieds d’Anthim. Situation inimaginable seulement quelques mois en arrière encore – elle était trop fière, la fille de Zénaïde, pour s’incliner devant le rejeton d’Aïcha, l’impardonnable meurtrière d’Anwar, elle dont le fils avait volé Alméïde à sa cadette. Inconcevable, en effet – mais la Chasse Sauvage et Conquête se sont chargés de faire voir à la Voltigeuse d’autres aspects de la situation.

D’où les résultats inespérés de l’entrevue improvisée avec cet homme dont elle partage le sang. Nombre de sujets ont été abordés à mots couverts pour déjouer la curiosité avide des courtisans : la Chasse Sauvage, sa carrière de Voltigeuse en suspens, l’Ordre du Jugement et ses possibilités… et Anwar. Anwar, l’aîné des fils de Charif, demi-frère aîné d’Anthim et sultan légitime ; mais surtout, le frère aîné de Reja, découvert dans cette autre vie affolante et retrouvé par hasard au Pic de Roc-Épine, quand il l’a relevée d’une mare de son propre sang.

Anwar, qu’elle a cru mort depuis qu’elle a été en âge de comprendre la composition étrange de sa fratrie entre un frère assassiné et une sœur chapardée ; Anwar, qu’elle a reconnu sans oser y croire, mettant dans un premier temps tout cela sur le compte d’hallucinations liées à son suicide raté. Anwar, inexplicablement vivant, avec les yeux de Zénaïde et les compétences fugitives les plus crispantes du continent – Anwar, qu’elle a dû pourchasser de prime abord, titubant vaillamment à sa suite dans les couloirs de Roc-Épine avant qu’il ne consente à admettre la vérité, confirmant ses soupçons.

Elle n’a pas pu profiter de sa présence pleinement, avant que Conquête ne vienne la chercher ; mais se découvrir dotée d’un grand frère, un vrai, protecteur et vigilant, a commencé à lui faire comprendre pourquoi Alméïde a toujours préféré la compagnie d’Anthim à la sienne. Qu’il est doux, de se sentir entourée par la sollicitude attentive de quelqu’un disposé à l’accepter pleinement, telle qu’elle est, sans juger ses erreurs, sans dénoncer ses tourments ! Qu’elle a apprécié de pouvoir poser la tête sur son épaule pour y verser tout son soûl de larmes cathartiques. Lorsqu’elle est sortie de la Chasse, il a été l’une de ses premières pensées, juste derrière Mayeul et à égalité avec Grâce et Sifaï, une fraction de seconde avant Alméïde : le retrouver, lui parler, lui annoncer qu’elle était rentrée.

Mais il n’était pas au Pic, lorsqu’elle s’y est présentée : la rumeur le prétendait mandé au palais royal de Vivedune, appelé par le sultan à rejoindre son service, et la fille des dunes s’est promis de le retrouver lorsque l’occasion se présenterait. Et voilà qu’elle se présente – quittant la salle d’audience à petits pas élégants dans son sari bruissant, accompagnée du cliquètement tintinnabulant des grelots fixés à ses bracelets de cheville, la danseuse astrale s’enfonce dans les couloirs du palais, en direction des quartiers de la garde où elle suppose pouvoir trouver son frère. On la renvoie de pièce en pièce, sans qu’elle ne se départisse de cette patience nouvellement apprise, jusqu’à parvenir finalement devant une porte close qui est apparemment celle de sa chambre personnelle.

Levant une main cerclée de plusieurs anneaux dorés qui s’entrechoquent gaiement à ses poignets, elle toque timidement au battant, tâchant de deviner si quelqu’un se trouve derrière. « Ouvre, dis ; c’est moi. » demande-t-elle d’une voix un peu tremblante, craintive de le déranger, incertaine de l’accueil qu’elle va recevoir. Sera-t-il content, de la voir ?


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Anwar Sinhaj

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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Ven 29 Juin - 5:41

Quand tu as accepté de prendre poste au palais d'Erebor, on a mis à ta disposition une chambre dans les quartiers de gardes pour que tu puisses y loger facilement et avec commodité.  Néanmoins, tu as refusé d'y habiter, anxieux à l'idée de passer trop de temps au palais en-dehors de tes tours de garde.  Vivre à l'extérieur des murs a ses nombreux inconvénients, mais tu les supportes avec détermination.  L'angoisse que rappelle à ton cœur le palais, la présence de son harem est très forte, trop pour que tu ne puisses dormir sur tes deux oreilles entre ses murs.  Les premières nuits, tes rêves avaient été peuplés de cauchemars.  Tu te réveillais en sursaut, trempé de sueur et seul la présence d'Astarté, endormie entre tes bras te rappelaient à la réalité, te faisait réaliser qu'il ne s'agissait que d'un rêve.  Tu le savais en acceptant que les cauchemar de ton enfance reviendraient, mais tu as pesé de long en large le pour et le contre d'un tel changement dans ta vie.

Désormais, tu t'habitues tranquillement à ce nouveau quotidien.  Ce ne sont plus tes hommes dont tu as acquis la confiance au fil des années, ceux qui te suivent aveuglément.  Le changement est drastique, mais tu t'y fais un pas à la fois.  Tu apprends à connaître les autres gardes du palais, à laisser ta garde s'abaisser et ne pas permettre à ta méfiance d'avoir l'ascendant total sur ton jugement.  En terre qui t'es encore étrangère, tu ne peux te montrer trop prudent, mais si on te sent par trop farouche, tu crains de ne trop attirer l'attention.

Aujourd'hui, exceptionnellement, tu occupes cette chambre que l'on t'a proposée.  Retenu au palais pour d'importantes raisons, tu n'as pas repris le chemin de la garçonnière où tu loges en temps normal.  Toutes tes pensées sont tournées vers Astarté, elle et ce bébé qui grandit à chaque jour dans son ventre.  Dès que tu pourras terminer ce qu'il te reste à faire, tu iras la rejoindre, veiller sur elle et votre enfant à venir.

Perdu dans cette heureuse contemplation d'une famille enfin normale plutôt que celle décousue que la vie t'a donnée, tu es surpris quand tu entends frapper à la porte.  Ton cœur bondit hors de ta poitrine quand tu entends cette voix.  Tu la reconnaîtrais entre toutes, même si vos liens son si récents.  Tu sautes sur tes pieds et en trois enjambées tu es devant la porte que tu ouvres d'un coup sec, croyant à une hallucination.  Pourtant elle est bien là devant toi, Rejwaïde.  Ta cadette que tu as sauvée de la mort, la première à qui tu as avoué ton identité, celle qui a subitement disparu sans que tu ne puisses la retrouver.

« Rejwaïde. »

Saisis, il te faut quelques instants pour te défiger et t'écarter pour la laisser entrer.  Quand la porte se referme derrière elle, tu laisses transparaître sur ton visage mille émotions : inquiétude, colère, mais aussi soulagement.

« Où étais-tu passée?  Je t'ai cherchée partout, tu n'étais nulle part, tu es partie sans rien dire et tu… »  C'est cette étrange mixture émotive qui te fait parler.  Alors qu'elle venait de frôler la mort, elle partait sans laisser une note derrière elle.  Tu n'aurais pas pu la lire, tu ne sais pas, mais quelqu'un d'autre aurait pu le faire pour toi.  « J'ai peut-être vécu trente ans en me cachant, mais ça ne m'empêche pas d'être inquiet pour toi! »  Ton ton semble peut-être un peu fâché, mais rapidement, sans plus de cérémonie, tu l'attires dans tes bras, comme pour vérifier qu'elle est encore en vie, que c'est bel et bien elle et non pas son fantôme.  Normalement, la pudeur, la distance des années t'empêcheraient une telle familiarité, mais elle t'a tellement fait trembler.  Tu n'oses pas lui dire à quel point tu avais peur qu'elle ne soit morte.  Puis réalisant l'embarras de la situation, elle qui t'a si peu connu comme étant son frère, tu recules d'un pas en la relâchant.
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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Dim 1 Juil - 11:43

Quelques secondes de silence s’étirent après qu’elle ait toqué au battant – puis quelques bruits précipités derrière la porte indiquent que l’occupant des lieux est bien là, et qu’il se hâte de rejoindre le seuil. Pour l’accueillir, ou pour la houspiller ? Reja retient son souffle, le temps qu’il lui ouvre – et lorsque son visage maintenant familier apparaît dans l’encadrement de la porte, son cœur bat plus fort. Ce n’est pas comme Anthim qui ne partage son sang que par accident, presque – cet homme-là, c’est vraiment son frère, et elle a le droit de le revendiquer comme tel, dans le secret de son âme. Il semble complètement interloqué, la dévisage quelques secondes ; elle tente un sourire timide en réponse à son salut saisi, le temps qu’il la fasse entrer.

La langue chantante des dunes cascade dans une envolée de mots, à mi-chemin entre l’inquiétude et le reproche, et la Voltigeuse hésite un instant. Est-il réellement fâché ? Devrait-elle poliment prendre congé ? Lui présenter ses excuses de l’avoir dérangé ? Elle n’a pas le loisir de réfléchir plus avant – franchissant d’un grand pas la distance qui les séparait, Anwar l’attire contre lui pour la serrer dans ses bras, et c’est au tour de Reja de rester pantoise devant cette démonstration d’affection qu’elle n’attendait pas – ne s’est-il pas caché d’elle depuis trente ans ? Il la relâche tout aussi vite, avant qu’elle n’ait pu réagir à son geste instinctif, et un pli de contrariété fronce un instant les sourcils de la rescapée. Il faudrait savoir !

À son tour d’avancer vers lui – glissant les bras autour de sa taille, elle se blottit contre le torse ndu guerrier, fermement cramponnée à cet homme dont la rancœur d’Aïcha des Sadaqa l’a privée et que le Destin vient de remettre sur son chemin. « Je ne suis pas vraiment partie », chuchote-t-elle contre le tissu chamarré d’Erebor dont il est vêtu, « et c’est de très loin que je suis revenue, mais je suis là à présent. Tu ne m’échapperas plus ! » ajoute-t-elle du ton boudeur de son enfance, dardant un œil faussement noir sous ses cils en lui enfonçant un index mi-vindicatif mi-chatouilleur dans les côtes – juste pour le faire dérider un instant, juste pour le faire rire, pour que le spectre de l’angoisse et la laideur de ces mois de silence s’effacent. Ils ne se connaissent pas suffisamment pour qu’elle se permette normalement de telles privautés ; mais elle a tant passé son enfance à s’imaginer un grand frère protecteur qui viendrait la venger un jour des avanies subies, que c’est comme si elle le connaissait vraiment. Et puis, si elle ne le fait pas, le fera-t-il, lui… ? Peut-être pas, et Reja refuse de passer à côté de l’opportunité de reconstituer sa fratrie bien malmenée par les vents contraires du Destin.

« C’est la Chasse, qui m’a emportée », confie-t-elle plus sobrement, sérieuse à nouveau, désireuse de s’expliquer. « Conquête est venu me chercher à Roc-Épine, j'ai chevauché parmi la meute à ses côtés, et c’est seulement en mai que j’ai été rendue aux mortels. Regagner Erebor a été… ardu, et le remue-ménage provoqué par la sécession d’Anthim a compliqué le reste, et je veux retrouver mes ailes, tu comprends ? » Il ne comprend sûrement pas, non, tant elle parle pour meubler le silence et éviter l’aveu qu’elle n’ose pas faire. Penaude, elle fuit son regard, baisse la tête ; sans le lâcher toutefois. « Je… j’avais peur de ta réaction, si je venais te retrouver. Je craignais qu’une fois rétablie et bien portante, tu ne… tu ne veuilles plus de moi. »

Être rejetée à nouveau l'aurait tuée pour de bon.

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Anwar Sinhaj

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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Jeu 12 Juil - 21:21

Tu es trop content de la savoir en sûreté pour lui en vouloir réellement d'avoir disparu comme ça.  Elle pourrait te donner toutes les raisons du monde, même les plus mauvaises, pour justifier son départ que cela te suffirait parce qu'elle est là vivante et que tu as droit à une autre chance d'être un bon frère et de la protéger.  Sur les hauts rocs du Pic, tu l'as laissé partir loin de toi, tu as failli.  Les dieux t'ont offert une première chance que tu n'as pas pu saisir, en avoir une seconde, c'est presque comme un rêve.  C'est trop beau pour que cette fois encore tu la laisses te filer entre les doigts.  Quand elle déclare ne jamais te laisser t'échapper, tu ne peux empêcher un sourire poindre sur ton visage : en vérité, c'est toi qui ne la laisseras plus jamais disparaître.  Tu as retrouvé toute ta fratrie en l'espace d'une demi année.  Si Anthim et Alméïde te sont chers, si tu les aimes de cet amour fraternel qui est différent de l'un à l'autre, ils restent lointains, innaccessibles, alors que Rejwaïde… elle est comme toi.  Indépendante du palais, une simple Erebienne comme les autres.  Tu peux la voir, lui parler, la toucher.  Personne ne t'en tiendra rigueur, personne ne te trouvera déplacé de la prendre dans tes bras et de la défendre envers et contre tous, tandis qu'un simple sourire à Alméïde, un simple regard complice à Anthim serait si mal vu.  Et pourtant, tu es tout autant leur frère aîné.  C'est doux de savoir qu'en ce monde, il y a une personne dont on ne doute jamais de ses affections.  Pour toujours, elle sera à toi, ta sœur précieuse, tout comme tu es à elle.  Des hommes normaux ne peuvent comprendre.  Ils ne peuvent savoir ce qu'on ressent quand on n'a plus aucune famille parce qu'à leurs yeux ont était mort.  Parce qu'aux yeux d'une nation entière, il n'y a plus moyen de retourner réellement auprès d'eux, car aux yeux de tous, vous êtes morts.

Et tu l'as cru morte.  Après des jours, puis des semaines et des mois sans nouvelles, tu l'imaginais quelque part sans vie.  Elle avait essayé.  Du creux de ton désespoir, tu ne pouvais que l'imaginer froide et sans vie.  Seule d'autres nouvelles t'ont empêché de sombrer.  Que pensera-t-elle quand tu lui annoncera l'heureuse nouvelle dont tu es porteur?  Pas tout de suite.  Tu n'y songes pas, ce moment doit être dédié à elle, à son retour et à ta joie de la savoir bien portante.

Tu l'écoutes en silence.  La Chasse Sauvage.  Ta sœur, ce précieux joyau de ton existence a chevauché auprès des cavaliers.  Elle a parcouru la nuit, fauchant la vie.  Et elle t'est revenue.   Elle s'est libérée de leur emprise pour revenir parmi les mortels.  Un long frisson te parcourt l'échine quand tu penses à ce qui aurait pu arriver.  Elle aurait pu être prisonnière toute sa vie de la malédiction et ne jamais revenir, errer sans prise sur elle-même jusqu'à la fin des temps.  Sans dire un mot, tu souffres de ce passé terminé et de ce futur qui n'est pas et ne sera jamais, les dieux soient loués.  Et maintenant que la première surprise joyeuse et inquiète est passée, tu ne te sens pas assez près d'elle pour l'attirer de nouveau contre toi et la rassurer.  Comment rassure-t-on une jeune femme aussi forte et déterminée?

« Elles reviendront, tu es danseuse astrale.  Ils ont essayé de te les arracher ces ailes ma sœur, en te piétinant le cœur, mais c'est au ciel que tu appartiens et Valda ne laissera pas sa fille au sol, » réponds-tu avec conviction.  Tu les as entendu dire, elles sont parvenues jusqu'à toi les légendes sur l'allure exceptionnelle de ta sœur dans les airs.  Tu y crois sans même oser douter de leur véracité.

« Tu es la première famille qui a été la mienne, ces quelques jours à Roc-Épine avant que tu ne disparaisses.  Jusqu'alors je n'avais ni père, ni mère, ni frère.  Tu es la première de mon sang qui réclame sa part dans ma vie.  Rejwaïde, je te préfère mille fois rétablie à malade, blessée. »

Ta voix vibre de cette tendresse que seul un grand frère peut éprouver pour ses cadets.  Tu lui offres un sourire, reprenant confiance.  Peut-être manque-t-il des années entre vous, mais le sang est plus épais que l'eau et il saura combler l'absence.  « Cette fois, je te protégerai mieux, maintenant que tu es revenue. »
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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Mar 24 Juil - 21:15

Anwar ne semble pas décidé à la rejeter, maintenant qu’elle est rétablie et en possession de ses facultés intellectuelles. C’est rassurant en soi : il y avait tant de ses angoisses d’enfance, enfouies sous la crainte irrationnelle de le voir lui tourner le dos une fois qu’elle ne semblerait plus avoir besoin de lui… Elle aura toujours besoin de son aîné, maintenant qu’elle le sait vivant et bien portant : Anthim ne sera jamais pour elle le frère qu’il est pour Alméïde, et sa sœur est loin à présent, mariée en Sombreciel à un homme déjà pourvu d’une première épouse, et qui ne la mérite clairement pas. Retrouver Anwar maintenant, c’est presque comme un cadeau du Destin, c’est l’inattendu auquel elle n’a jamais osé croire, c’est le couronnement d’une année de souffrances et de doute. Elle aimerait bien qu’il la prenne à nouveau dans ses bras, qu’il la serre contre lui, comme si elle comptait vraiment, comme si elle était précieuse à ses yeux ; mais il s’est mis hors de portée et elle n’ose pas réclamer.

Son sourire est plein de chaleur toutefois, et la Voltigeuse reprend confiance. S’il ne l’a pas directement mise à la porte, c’est bien qu’elle a le droit d’être là et de réclamer place dans sa vie ! Ses encouragements lui font chaud au cœur, et elle se tord un instant les mains, ne sachant comment trop y répondre – elle est peu habituée à ce que l’on lui prodigue des encouragements. Son regard fuit, le long des murs, vers le plafond, autour de la fenêtre ; juste le temps de reprendre contenance. Elle est devenue aussi rouge que son sari, et quelques secondes lui permettent de calmer un peu son émotion. Le vœu de protection qu’il formule ensuite a pour effet de ramener directement les iris noisette de la cadette dans l’incroyable verdure de ceux de son frère, et elle se trouve sans mots à nouveau. Elle n’a pas non plus l’habitude que l’on veuille la protéger, et un petit rire incrédule lui échappe. « J’ai survécu au harem du sultan Charif, je suis devenue Voltigeuse, j’ai combattu au front, j’ai chevauché avec la Chasse Sauvage et j’ai réussi à m’exfiltrer de Sombreciel ; je pense que je suis en sécurité ici, en Erebor, et que je ne suis pas de ceux qui nécessitent ta protection – mais savoir que tu veilles sur moi est… » Elle se débat un instant avec la cohorte de mots qui se bousculent sur ses lèvres, prenant le temps de choisir le bon, celui qui saura rendre la pleine teneur de son sentiment. « C’est précieux. On ne s’est jamais vraiment soucié de moi, à part mère, et après sa mort, il n’y a guère que Sirocco qui se soit réellement préoccupé de mon bien-être… Sirocco, et aussi Mayeul, peut-être ? » ajoute-t-elle, comme une arrière-pensée.

Prise d’une idée subite, elle tapote ses lèvres de l’index, tournant et retournant le concept dans son esprit songeur. « Dis-moi, maintenant que j’ai un grand frère déterminé à veiller sur moi, est-ce que ça veut dire que tu dois approuver mes fréquentations… ? Car si c’est le cas, j’ai sûrement un aveu à te faire. Ou deux… »


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Anwar Sinhaj

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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Jeu 30 Aoû - 0:07

Un instant, tu crois qu'elle refuse cette protection fraternelle que tu lui offres.  Elle est en retard de bien des années, tu aurais dû être à ses côté depuis beaucoup plus longtemps.  Tu sais qu'il ne s'agit pas d'une faible femme qui a besoin d'un homme à ses côtés pour survivre.  Elle te le prouve déjà assez bien en étant revenue d'entre les morts, toi qui la croyais perdue à jamais.  Mais justement, elle est si forte que ne serait-il pas logique, désirable, parfois d'avoir une épaule contre laquelle s'appuyer, un bras pour la défendre et la soulever lorsqu'elle fatiguerait, lorsqu'elle aurait besoin d'aide?  Ce n'est pas le sabre d'un frère qui protège sa petite sœur encore enfant.  C'est la force d'un adulte, le soutien dont elle pourrait avoir besoin face au danger, face aux incertitudes de la vie.  L'appui qui aurait dû lui être offert avant qu'elle ne tente de s'enlever la vie au sommet du Pic de Roc-Épine.  Une pierre immuable et solide, toujours là pour lui rappeler que jamais plus elle ne se retrouverait seule.  Et tu songes que peut-être est-il déjà trop tard pour lui proposer ce genre de soutien.  Peut-être est-il trop tard pour réclamer cette place dans sa vie que tu aurais voulu tenir, que tu souhaites toujours occupé.  Ton cœur éprouve de la déception, même s'il comprend.  À ses yeux, n'es-tu point plus qu'un inconnu?  Que sais-tu réellement d'elle et elle, que sait-elle de toi?  Si peu de choses à vrai dire, trop peu de choses.  Avez-vous encore assez de temps devant vous pour rattraper tout le temps perdu?

Peut-être.  L'espoir n'est pas encore mort.

Elle ne te rejette pas.  Vous êtes comme deux bêtes sauvages qui reconnaissent chacune leur odeur, mais ne se sont pas encore apprivoisées.  Vous vous savez du même clan, mais cette période d'accoutumance n'est pas encore passée.  L'heure n'est pas encore venue.  Mais peu à peu, vous apprendrez, tant que vous êtes prêts à faire le chemin ensemble et pour ta part tu sais que c'est le cas.

« Si nous avions grandi ensemble, tout serait différent.  Tu n'as pas de compte à me rendre sur tes fréquentations, sur ta vie, pas si tu ne le désires pas.  Je n'ai pas le droit d'y prétendre, car ne suis-je pas encore qu'un inconnu, bien que je sois ton frère? »

Tes yeux clairs croisent les siens, si sombres.  Sont-ce là les yeux de ta mère?  Parfois tu essaies de te souvenir de son visage sans y parvenir, il reste trop flou.  D'elle, tu n'as en mémoire que l'odeur de son parfum, quelques mouvements fluides.  Trop d'années ont passé.  Tu lui adresses un nouveau sourire et l'invite à s'asseoir.  La pièce est peu invitante, tu n'y laisses rien puisque tu ne l'habites pas vraiment, mais vous serez plus à l'aise pour discuter assis.  Tu t'assois en tailleur sur le lit dépourvu de draps, l'invitant à prendre la chaise, certainement plus confortable.

« Je ne m'attends pas à être une part importante de ta vie de tous les jours, tu te débrouilles déjà plutôt bien sans moi, je l'ai bien vu.  J'espère simplement être là quand tu n'auras plus personne vers qui te tourner.  Que tu saches que s'il te semble être seule dans ce monde, je suis là derrière toi.  Que plus jamais tu ne devras affronter le néant seule, car dès que tu me tendras la main, je serai là pour te tirer de l'obscurité où tu t'enfonces. »  Pour qu'elle ne recommence plus jamais.  Pour que plus jamais tu ne vois la vie quitter son corps aussi rapidement sans ne pouvoir rien faire de plus.  Tu l'avais presque perdue une fois, pas une seconde.  « Mais je serai ravi de découper en morceau n'importe quel homme qui se montrerait indigne de toi. »  Par exemple celui qui lui avait un enfant.  Celui qui lui avait causé de traverser les douleurs atroces d'une fausse couche après avoir presque rejoint les portes du royaume de Sithis.  Si tu pouvais mettre la main sur cet homme de peu de mérite, tu le priverais de sa virilité sans hésiter.
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Rejwaïde Sinhaj

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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Mar 2 Oct - 21:13

Un inconnu, dit-il. C’est vrai, quelque part : ils ne se sont jamais connus avant cette rencontre éclaboussée de sang, sur les hauteurs de Roc-Épine, plusieurs mois auparavant. Et la Reja de naguère n’a plus vraiment de ressemblance avec la Reja de maintenant – plus vraiment, non. Un peu seulement. Bien sûr, ce sont toujours les mêmes traits fins d’une fille de sang royal, par ses deux lignées ; celle du sultan qui l’indiffère, et celle de sa mère dont elle est farouchement fière. Elle reste une Sinhaj, une de ces filles du sable qui tapent du talon entre les dunes, pour mieux bercer le sommeil d’Amaté Chemsa sous les deux lunes. Elle reste une Voltigeuse, danseuse astrale, celle qui tutoie les étoiles sous le firmament lorsque les nuages caressent les plumes d’ébène de son griffon loyal. Elle reste partisane de l’Ordre du Jugement, amoureuse des splendeurs endormies au cœur du désert, désireuse de réhabiliter la grandeur de son royaume.

Mais Anwar n’est plus un inconnu. Plus vraiment, non. Un peu seulement. Il reste le grand frère dont elle idéalisait le souvenir, petite, se confiant à son fantôme absent au milieu de la nuit, lorsque la douleur de ses plaies la tenait éveillée, lorsque son chagrin se faisait trop lourd, trop grand. Un être supérieur, tout-puissant, moins effrayant que les dieux, auquel elle pouvait adresser ses prières sans crainte d’être jugée. Un esprit protecteur, un réconfort familier, pour épancher ses larmes et le sel de ses larmes d’enfant. Qu’est-il à présent, sinon l’incarnation possible de tout cela, ange salvateur venu la réclamer aux portes mêmes de la mort, quand le péril était si grand – vaillant combattant de l’impossible, mené par la lueur fragile mais ô combien farouche des espoirs résolus de Sifaï ? Lorsqu’il promet d’être toujours présent pour elle dans le plus noir des périls, lorsqu’elle se trouvera seule, abandonnée, acculée loin de ses alliés, elle le croit – il a toujours été là, en lisière de ses pensées, nom familier à peine esquissé. Elle le croit, sans l’ombre d’une hésitation, sans la moindre parcelle de doute, et c’est un sourire serein qui répond à sa promesse. « Je le sais. » se contente-t-elle de répondre simplement, pleine d’une absolue certitude.

Un petit rire tout autant gêné qu’amusé lui échappe, lorsqu’il mentionne le châtiment à réserver à celui qui se montrerait indigne d’elle. L’objectif n’étant pas certainement de voir Anwar massacrer Mayeul – et encore, il n’est pas dit que la sentinelle aurait le dessus, Nuage pourrait éventuellement formuler quelques objections à voir son Voltigeur proprement découpé en rondelles – comment peut-elle tenter de rattraper l’affaire ? Mayeul a certainement produit une impression mitigée, lorsqu’il a débarqué sans tambour ni trompette au Pic pour exiger de la voir ; et d’après Simoun, Sif elle-même s’est liguée avec Anwar pour empêcher le Cielsombrois de parvenir jusqu’à sa titulaire.

Adorable petite Sif.
Une véritable Erebienne, un magnifique joyau des dunes en devenir !
Mais telle n’est pas la question.

« Je saurai régler moi-même le compte de quiconque s’aviserait de me prendre pour une idiote, mon frère, je te l’assure ! Mais je voudrais te glisser quelques mots… en faveur… de celui qui fait battre mon cœur. Tu l’as rencontré, déjà, à Roc-Épine, lorsqu’il est venu me voir, le… l’enfant était sien. Tout ce qui s’en est suivi est tout autant ma faute que la sienne, crois-moi. Ma réaction a été… considérablement exagérée. Ma tête était pleine de doutes et de regrets, et mon cœur – mon cœur, je l’ai moi-même saccagé, lui n’aurait voulu que me protéger. Je t’en prie, ne le juge pas trop sévèrement. Alméïde l’honore de son amitié, si cela peut fléchir ton opinion ? Bon, je te l’accorde, son jugement à elle n’est pas forcément très pertinent, vu qu’elle a épousé Castiel de Sombreflamme, qui avait déjà une autre femme, mais… » Reja secoue la tête plusieurs fois, pour interrompre ce train de pensées contrariant. Relevant les yeux vers le regard incroyablement vert de son frère, elle reprend à mi-voix son plaidoyer. « Je n’en ai pas la preuve absolue, tu sais, toute cette période reste un peu floue dans ma mémoire, mais j’ai cette sensation pleine de clarté – l’intercession qui a permis à Sirocco de me voler à la Chasse vient de Mayeul, j’en ai la conviction. »


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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Mar 11 Déc - 20:17

Il ne te fait pas de doute que Rejwaïde serait capable de se défendre contre qui contre oserait soulever son courroux.  Néanmoins, tout aussi forte qu'elle se prétend être, tu peux deviner la femme derrière elle.  La fragilité.  N'était-ce pas cela qui l'a poussée à attenter à ses jours, quelques mois plus tôt?  Tu as failli la perdre, avant même de la trouver.  L'épreuve est trop éprouvante pour être affrontée de nouveau.  Si jamais cet homme l'acculait de nouveau à une telle tristesse accablante, il en paierait de ton cimeterre.  Ta lame plongerait en lui avec une fureur qui lui ferait regretter d'avoir osé un jour toucher un seul des cheveux de ta sœur.  Si quelque chose devait lui arriver, si un homme était responsable de son malheur, si même elle le pourfendait avant même que tu ne le fasses de ta main propre, tu irais jusqu'à le chercher dans les couloirs de Sithis pour le ramener parmi les vivants et lui faire vivre à nouveau ce supplice de la mort.  Tu ne saurais être trop tendre.  Mais rien de tout cela n'est nécessaire pour le moment.  Ton cœur est envahi d'une opinion mitigée à l'égard de ce dépravé cielsombrois venu la voir alors qu'elle se remettait sur ce lit qui l'avait vu presque mourante.  Alors qu'elle agonisait dans les douleurs de la mort d'un enfant dont la croissance en son sein avait été avortée par le sang qui s'était écoulé.  Tu ne peux placer le futur de ta cadette entre ses mains le cœur serein, fut-elle amoureuse de lui.  Fut-elle capable de le réduire en miettes s'il devait la contrarier.

Et pourtant, pourtant, c'est bien ce qu'elle te demande à l'instant de faire.  D'ouvrir ton cœur à cet étranger qui prétend avoir partagé avec vous le désert lors d'une visite.  Emmené là par Rejwaïde.  Rejwaïde qui vient parler en sa faveur alors qu'il est le père irresponsable d'un enfant qui n'aura jamais vu le jour.  Pourquoi toutes deux se sont-elles entichés de Cielsombrois, d'hommes sans courage ni valeur?  De flancs mous…  Quand tu penses à Alméïde, au bras de Castiel de Sombreflamme, ton cœur boue.  Quand tu penses qu'un autre de ces infâmes Cielsombrois ose prétendre à la porte du cœur de ta petite sœur, ta gorge se serre…  Ne peut-elle trouver un brave Erebien, fidèle à la couronne et à des valeurs qui ont su protéger votre peuple depuis des siècles?  Mais sur ses sentiments, tu n'a aucun pouvoir, tu ne peux exiger en avoir aucun et il faudra bien que tu te résignes.  Surtout si c'est elle qui te le demande.

« Sifaï a hurlé aux lunes jumelles pour leur demander de te retrouver. »

Tu te souviens distinctement le cri qu'avait poussé la jeune Voltigeuse en apprenant la disparition de Rejwaïde.  Combien elle avait été troublée, inquiète.  Son désespoir à elle n'aurait pas compté?  Seulement celui de ce Mayeul?  Les dieux ont des voies mystérieuses qui leur sont propres et qui n'ont pas à vous être expliquées.  Tu hoches la tête, lentement.

« Ton cœur te guidera mieux que quiconque, si tu ne le noies pas dans le doute de ta tête.  Je n'aime pas ce Cielsombrois, s'il te respecte comme il se doit, il n'aurait jamais laissé une chose pareille se produire. »

Le suicide.  La perte de l'enfant.  S'il méritait réellement ta sœur, il aurait su éviter de la blesser à point aussi douloureux.  Tu ne connais pas leur histoire, peut-être a-t-elle des torts comme elle l'affirme, mais à tes yeux, elle pourrait bien être la seule coupable que ce serait à son amant que tu ferais tous les reproches.

« Je n'aime pas Castiel de Sombreflamme non plus, mais Alméïde l'estime et semble heureuse auprès de lui.  Si tel est aussi ton cas auprès de cet homme, je m'efforcerai d'ignorer ce qui s'est passé, de l'absoudre des torts qu'il a envers toi.  Quels que soient les tiens, tu es ma sœur, le même sang coule dans nos veines.  Ce qui s'est passé entre vous t'appartient, tu le connais mieux que moi et je m'en remets à ton jugement. »

Qu'elle ne te demande pas d'apprécier cet homme.  Tu ne lui nuiras pas et ne le traiteras pas avec animosité la prochaine fois que vos routes se croiseront, cela tu puis le lui promettre.  Il te faudra accepter que les Cielsombrois ont aussi réussir à ravir les tiens, ces voleurs de femmes.  Qu'ont-ils tant de mieux que les vôtres?
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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Sam 5 Jan - 21:25

Elle a craint un instant que le ressentiment d’Anwar ne soit trop grand pour que Mayeul ne puisse arpenter un jour les dunes en toute sécurité – elle la voit, la rancune d’Erebor, qui luit dans son regard, qui étincelle farouchement au fond de ses prunelles ! Une multitude de questions se bouscule pêle-mêle dans son esprit, chamboulant la liste mentale bien ordonnée qu’elle a élaborée depuis des jours, sur tous les éléments de la vie de son frère qu’elle veut découvrir. Ils ont trente ans à rattraper – trente ans de sourires et de larmes, de grandes joies et de gros chagrins, de rêves inavoués et de réalités solides à partager. Elle lui racontera le harem, son enfance au milieu des hyènes avoir les bras de Zénaïde comme seul rempart ; elle lui racontera le trépas de leur mère dévorée par la haine des autres, jalouses de la voir recevoir encore la faveur du sultan après tout de temps ; elle lui racontera son exil curieux à Lorgol, l’estrade de la Caserne de Serre, et Sirocco fendant du ciel pour lui offrir la gloire de ses ailes. Elle lui racontera l’Ordre du Jugement et le but qu’ils lui ont permis de donner à sa vie, elle lui racontera les premiers moments où Mayeul a réussi à se frayer un chemin dans son cœur après les efforts de tout ce temps, elle lui racontera la fin de la Rose Écarlate et le sentiment de trahison qui s’en est suivi, lorsqu’elle a découvert l’ampleur de ses illusions. Puis elle lui racontera Conquête, et cette sensation nouvelle d’être à la place qui lui revient, d’avoir un objectif précis à atteindre, et les moyens d’accomplir cette mission.

Oui, un jour, elle lui racontera tout ça. Un jour, elle lui aura brossé le tableau entier de sa vie, sans oublier la Voltige, Grâce et Sifaï, la cousine Marianne qui est aussi la sienne, et les bêtises sans fin imaginés par leur gang de griffons. Un jour, il saura tout ce qu’il y a à savoir sur la benjamine de sa fratrie : ils ont le reste de leur vie pour se découvrir et s’apprivoiser. Un jour. Pour le moment, la curiosité de Reja est plutôt ciblée sur Anwar – de lui, elle sait peu, même si ses contacts au sein de l’Ordre ont pu lui communiquer des informations glanées auprès de ceux d’entre eux qui vivent à Roc-Épine. Elle sait que l’on parle de lui en termes élogieux, que les autres Sentinelles lui vouent une confiance sereine qui confine à la vénération chez les plus jeunes, et qu’il est né pour commander – ce détail l’a fait sourire, réjouie de découvrir que même si son aîné n’est pas sultan, il n’en reste pas moins un bon commandant quand le danger est là.

« Assez discuté de moi, pour le moment – je t’ai parlé des élans de mon cœur, ne me livreras-tu pas les tiens ? Se trouve-t-il en Erebor une femme qui ait su s’attirer tes faveurs ? En Erebor ou ailleurs. » ajoute-t-elle à la réflexion, désireuse de ne pas se montrer trop désobligeante, alors même qu’Anwar vient de faire preuve d’une considérable tolérance à l’égard de Mayeul et des errements de sa sœur…


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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Lun 14 Jan - 20:20

Un moment de réserve s'empare de toi quand ta jeune sœur passe déjà à l'attaque, brandissant sa curiosité comme elle le ferait d'un sabre.  Depuis toujours méfiant et discret sur ta propre personne, te mettre de l'avant de cette façon te paraît légèrement inconfortable.  Tu crains de la blesser, alors tu ne laisses rien transparaître de cet étrange sentiment de malaise qu'elle fait naître chez toi.  Elle est jeune, tu as connu plus de quinze printemps de plus qu'elle, son esprit a sûrement été corrompu par ses mauvaises fréquentations.  Ou peut-être a-t-elle mieux réussi que toi à oublier le passé, cette vie dans le harem où à chaque instant votre sécurité était menacée, où dormir était un luxe qu'on ne pouvait que se permettre en gardant l'un de ses yeux ouverts.  Ton sang coule dans ses veines, vous êtes plus liés que tous les autres erebiens du sultanat, pourtant…  Oui pourtant une certaine pudeur demeure.  Vous êtes encore des inconnus qui doivent apprendre à se connaître.  Et c'est bien différent d'avec Astarté.  Astarté et ses silences qui t'en dévoilent suffisamment pour comprendre.  Astarté qui pose peu de questions et attend que les réponses lui soient livrées au compte-goutte.  Astarté qui porte en elle le fruit des vos nuits ensemble.  En elle repose désormais ton monde et tu te comptes si fortuné de l'avoir à tes côtés.  Dans les rues encombrées de Vivedune, elle est ton soleil à travers les tissus tendus des différents étals du marché.  Sans que tu ne puisses le contrôler, un sourire étire tes lèvres, un sourire que même sans te connaître ta sœur pourra comprendre.

Tu pourrais lui parler de Zéphyra, ta première épouse.  La femme qui t'a tenu éloigné de la gent féminine pendant toutes ces années.  Sa beauté ensorcelante, ses mains délicates qui manipulaient le verre, aussi légères que celui-ci.  Ses colères noires, orageuses et imprévisibles.  Ses caprices.  Combien tu étais malheureux.  Mais tu l'a oubliée cette femme, elle a été effacée, ton cœur et tes pensées sont emplis d'une autre.  Déjà tu as des projets.  Vous serez parents.  Tu lui demanderas de partager sa vie avec toi.  Cependant, ça, tu ne peux décidément pas en parler à Rejwaïde, pas avant de l'avoir demandé à Astarté.  Si elle t'accorde sa main, si elle acquiesce à l'idée de t'avoir pour époux, ta sœur sera la première à le savoir, la première à recevoir une invitation pour participer à la cérémonie.  Oui, peut-être peux-tu lui parler de ton aimée, comme tu l'as fait avec Sifaï des semaines plus tôt, Sifaï qui t'es comme une sœur.

« Les plus beaux joyaux sont forgés en Erebor ma sœur.  Il semblerait que je sois le seul à le savoir encore, » réponds-tu d'abord.  Tu es plus âgé, même si vous vous découvrez encore à tâtons, tu peux te permettre la taquinerie, surtout quand celle-ci la vise elle tout autant que sa sœur Alméïde.  Ta fierté erebienne est forte, rien ne vaut plus que le sang des dunes, si ce n'est sa mémoire et son savoir.

« C'est une formidable joaillère dont le ventre se tend un peu plus chaque semaine depuis avril.  C'est une femme qui mérite le respect et l'admiration, tant pour son travail que pour son âme.  C'est une femme que j'aimerais que tu rencontres un jour, car de ce grain de sable qui deviendra dune, tu es la tante. »

Que de mots pourrais-tu encore utiliser pour décrire Astarté, mais ceux-ci se suffisent à eux-mêmes.  Ils traduisent la tendresse que tu éprouves à son égard, une tendresse sincère et profonde, loin des passions dévorantes qui vous enflamment pour ne laisser que des cendres.  C'est une affection constante, immuable qui t'anime quand tu songes à la mère de ton enfant.
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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Mer 16 Jan - 16:32

Elle est venue sans mauvaise pensée, Reja, simplement pour renouer des liens trop distendus, d’abord par des années d’exil et ensuite par ses mois de chevauchée au sein de la Chasse Sauvage. Elle est venue en quête de famille, à la recherche d’un frère absent depuis si longtemps – elle est venue trouver ses racines, pour mieux comprendre qui elle est, et intégrer ce nouvel élément au nombre très restreint de personnes qu’elle porte dans son cœur. Elle n’est pas venue chercher de jugement, par contre, et le sous-entendu tangible sous les mots d’Anwar lui fait froncer le sourcil. Il s’est désintéressé d’elle pendant trente ans, voilà qu’il se permet de commenter ses choix de vie ? Un instant, elle en regretterait presque d’être venue toquer – elle n’a pas besoin qu’on lui répète à quel point tolérer un Cielsombrois dans son existence est dangereux ! Elle l’a elle-même constaté et ne tient pas à ce qu’on lui fasse à nouveau la leçon, fût-ce son propre frère. Elle ne relève pas la pique, toutefois, désireuse de ne pas envenimer les choses, même si une pléthore de réparties cinglantes lui brûle les lèvres.

À la place, elle se contente d’écouter et de retenir, gravant chaque détail dans sa mémoire, avide d’en savoir plus sur cet inconnu qu’elle découvre progressivement, nuance après nuance. Et ce qu’elle entend lui cause une succession d’émotions en pagaille, tant et si bien qu’en quelques secondes à peine elle ne sait plus où donner de la tête. « Attends. » dit-elle, levant une main comme pour imposer silence à Anwar, le temps qu’elle trie les informations qu’il lui a assénées comme autant de briques. La première, la plus intéressante, la plus réjouissante, c’est cette promesse de vie : il va être père, elle aura un neveu, ou une nièce, ou plusieurs. Ça, c’est excellent, c’est même une excellente nouvelle ; et elle imagine déjà les festivités chez les Sinhaj lorsqu’ils sauront que le sang de Zénaïde s’est transmis. Sauf que… non. Sauf que, non : si Anwar est associé à Zénaïde, le désert tout entier saura que le règne d’Anthim est illégitime. « Quelle tristesse de ne pouvoir tout révéler à nos cousins des dunes. Je me réjouis pour toi, mon frère – et pour cet enfant qui aura le privilège, lui, de grandir sous ta protection. » Oh, elle retient ce qu’elle voudrait dire d’autre – car il y a un point dans ses révélations qui ont retenu l’attention de la Voltigeuse.

Depuis son retour en Erebor, le moulin à rumeurs des dunes alimente pleinement les rapports qu’elle reçoit des agents de l’Ordre vivant dans les oasis et à Vivedune. Un frisson glacial lui parcourt l’échine, et elle se mord la lèvre un instant. « Tu connais la promptitude avec laquelle les potins courent le désert, je suppose – je ne connais qu’une joaillière pour laquelle l’on mentionne une possible grossesse. Peux-tu me dire comment se nomme ta belle… ? » Se pourrait-il qu’il s’agisse d’Astarté ? De ta chère amie de jadis, avec laquelle tu as totalement coupé les ponts après avoir découvert son appartenance à la Rose Écarlate… ? De celle que tu as rejetée, car la trahison était trop dure à accepter ?

Non. Non, c'est sûrement une autre joaillière.
Le Destin ne saurait être cruel à ce point.

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Message Sujet: Re: Chaque soir, des regards comme des coups de poignard   Lun 11 Fév - 16:44

Tu es surpris des propos de Rejwaïde.  Contrairement à elle qui a vécu auprès de votre mère, tu n'as pas de regrets à ne pas partager la nouvelle avec tous les cousins.  Comme eux, tu es du clan Sinhaj et personne n'a jamais douté de ton appartenance au clan.  Sans être au fait de vos liens de sang, vous êtes une famille.  Une grande famille.  Ils sauront pour ton enfant, ils se réjouiront pour toi.  Pour les parents qui t'ont élevé.  Ils ne sauront peut-être pas ses vraies origines, mais cela ne t'importe guère.  Ils ont déjà eu la déception d'apprendre ta mort, tu prévois rester dans l'ombre éternellement.  Cet héritage de sang qui est le tien, tu n'en veux pas.  Ce n'est pas de l'ingratitude.  Ce n'est pas parce que tu ne veux pas honorer tes parents.  Si Anthim avait été un mauvais sultan, peut-être penserais-tu différemment, peut-être aurais-tu envie de faire savoir au monde que tu es toujours en vie.  Mais de cette vie qui est la tienne désormais, personne n'en a plus besoin que la femme que tu aimes.  Que l'enfant à venir.  Tu as en quelque sorte trahi ton clan à ne leur révélant jamais ton identité, tu as trahi tes sœurs en restant éloigné de leur vie autant que possible, simple observateur lointain.  Et sans les grands bouleversements qui agitent tout le continent, il en serait probablement encore ainsi entre elles et toi.  Tu ne regrettes pas d'avoir pu les retrouver, l'une comme l'autre, mais il ne passe pas un jour sans que tu ne pèse lourdement les conséquences d'une telle révélation.  Les dangers étaient moindres quand personne ne savait qui tu es.  Ta prudence, ta sagesse, toutes ces années à grandir dans l'oubli et la discrétion t'empêchent de partager cette désolation de ne pouvoir révéler à tous ces cousins la naissance prochaine de ton enfant.  Elle ne pourrait pas comprendre, tout comme tu ne pourrais jamais comprendre les douleurs d'une vie piégée au harem.  Un plus grand fossé que le temps vous sépare, mais tu espères que vous saurez le combler, un pas à la fois.

Il n'y a qu'un mois qu'Astarté t'a confié sa grossesse, rien qu'un mois depuis que tu sais que tu seras bientôt père.  Pourtant, tu n'es pas surpris que les rumeurs aient déjà fait le tour de Vivedune.  Le désert est immense, il faudra encore quelques temps pour que tous apprennent la nouvelle, si tant soit peu qu'on s'intéresse à vous deux, les orphelins.  Tu es toutefois plutôt surpris : Astarté n'est certainement pas la seule joaillère qui soit enceinte du duché, quoi que ce soit certainement celle d'entre toutes qui a le plus de talent et la plus grande renommée.  C'est un peu perplexe que tu réponds : « Il s'agit d'Astarté des Sables.  Tu as probablement déjà entendu parler d'elle.  Elle a fait les bijoux de la sultane Sitara, elle a les faveurs de la sultane Shéhérazade.  Sa renommée s'étend à tout Ibélène et certainement elle aura éclipsé toute autre nouvelle de joaillère bientôt mère aussi. »

Tu regardes ta sœur, légèrement confus.  Quelque chose semble la troubler et cela t'inquiète.  Tu ne te rappelles que trop bien les terribles moments de janvier dernier et tu n'as nulle envie de la voir à nouveau suspendue au-dessus d'un ravin, entre la vie et la mort.  L'inquiétude montre vite en toi : quelles séquelles porte-t-elle de son séjour dans la Chasse Sauvage?

« Tu as l'air bien pâle, quelque chose ne vas pas?  Peut-être devrais-tu t'asseoir et te reposer, » suggères-tu en désignant le lit, meuble unique de cette chambre que tu n'occupes presque jamais.  Le voyage de retour avait été éprouvant, elle l'avait dit et ce n'est qu'en pleine forme qu'elle retrouverait la légèreté du ciel et du vent, perchée sur le dos de son griffon.
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