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 Aube d'une nuit sans sommeil

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Message Sujet: Aube d'une nuit sans sommeil   Mer 27 Juin 2018 - 20:22


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Adonis le Lys & Raygnar d'Ysgramor

Aube d'une nuit sans sommeil

tout va bien j'vous jure



• Date : 28/11/1002
• Météo (optionnel) : Ensoleillé
• Statut du RP : Privé
• Résumé : A la sortie de l'Académie le lendemain du Jour des Anciens, Adonis sort groggy. Il n'est pas bien du tout et n'a qu'une seule envie s'en retourner chez lui. Avant de partir il fait la rencontre de Raygnar, un homme tout aussi abîmé si ce n'est plus que lui.
• Recensement :
Code:
• [b]28/11/1002[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3895-aube-d-une-nuit-sans-sommeil#144602]Aube d'une nuit sans sommeil[/url] - [i]Adonis le Lys & Raygnar d'Ysgramor[/i]
 A la sortie de l'Académie le lendemain du Jour des Anciens, Adonis sort groggy. Il n'est pas bien du tout et n'a qu'une seule envie s'en retourner chez lui. Avant de partir il fait la rencontre de Raygnar, un homme tout aussi abîmé si ce n'est plus que lui.


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Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Mer 27 Juin 2018 - 20:25

Le désordre est total à la sortie de l’Académie. Adonis est groggy il n’a plus de repère et évolue tel un fantôme entre les murs de la bâtisse. Ils sont plusieurs à l’aider à le guider en dehors. Les couloirs qui n’ont plus de secret pour le jeune étudiant ressemblent en ce début de journée à un Labyrinthe. Il entend les paroles condescendantes et avance. Une femme, un homme, des élèves… il ne saurait dire qui l’a aidé à le guider en dehors mais cette fois ci il y est seul face à sa destinée à la vérité criante, elle n’est plus.

Mais au-delà de la perte d’Ortie c’est ce qui s’est réveillé, ce qui a été libéré. La chasse sauvage, les chiens, l’innocent des termes qui glacent le sang du jeune étudiant. Du haut de ses 14 ans il se trouve aspiré dans un vertige de l’incompréhension et du dégoût. Il vomit à peine plus loin une nouvelle fois. Ses entrailles pulsent de dégoût et de tristesse.

A cet instant Adonis n’a qu’une seule envie celle de s’en retourner chez lui de serrer ses parents dans ses bras. Il est bien trop tôt pour parler pour leur révéler cette culpabilité qui émerge peu à peu en lui. La tension du jeune mage est palpable et il sursaute en entendant son prénom. Un étudiant vient le prendre dans ses bras, le rassure mais il ne l’entend pas. Il le voit bouger les lèvres, les yeux du garçon sont rouges mais il ne comprend pas, abasourdi.

« Hein quoi qu’est ce que tu me dis ? » Adonis est dans un autre monde, il secoue la tête, se met les doigts dans les oreilles pour les déboucher et regarde à nouveau son camarade de classe « Je disais ça va aller Adonis ? tu as besoin d’aide pour rentrer chez toi ? ». Il soupire mais rassure « Non c’est bon je dois y aller seul, je… je ne sais pas si je reviendrai hormis récupérer ses affaires, adieu mon ami ».

Il s’en retourne Adonis sans même un regard pour le jeune homme ; il ne veut pas épiloguer des heures sur ce qu’il s’est passé ici. Un cheval piaffe un peu plus loin alors qu’il voit un homme recouvert de bandages. A un autre moment de son existence cela l’aurait presque fait rire ; il ressemble à une momie de la sorte. Il est suivi par un garçon, jeune au premier coup d’œil et il n’ose les aborder. Son ventre le fait souffrir mais il n’a pas le cœur de manger quoi que ce soit. Toutefois cela ne l’empêche pas de s’arrêter et de se tordre en deux sous la souffrance de la faim mais aussi de ses intestins détraqués. Un nouveau haut le cœur s’empare de lui raison pour laquelle il s’appuie une nouvelle fois contre le mur de l’Académie. Les yeux mi-clos il penche la tête et entend un bruit de pas se rapprocher de lui.

« Ca va aller merci » il n’est pas malpoli mais reconnaître qu’il a mal, profondément ça il n’est pas prêt d’y parvenir. Peut-être devrai-il aller à la taverne avant de passer par un portail pour rentrer chez lui, à priori ce serait une attitude fort raisonnable. Mais se rendre là bas, voir des visages qu’il connaît depuis trois ans maintenant, c’est bien trop dur. Alors il respire mais sent cette présence derrière lui. Il se retourne non sans difficulté et fait face à cet homme lui aussi dans un piteux état. Bredouillant, rougissant et se grattant la tête tel un garçon pris en train de faire une bêtise.

« Bonjour, pardon j’me sentais pas très bien, je.. » il désigne l’Académie et à bien regarder l’homme il semblerait bien que lui sort du même endroit « Adonis je suis étudiant, j’étais… ici » poursuit-il tel un aveu à l’égard de l’adulte.

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Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Ven 29 Juin 2018 - 21:41


Douleur, sang, crocs acérés. Le chien, gigantesque, aux babines dégoulinantes du liquide écarlate de ses dernières victimes, s’approchait à pas lent de la suivante. Rudolf. Par Alder. Je tentais de me relever et hurlais le nom de mon fils qui, tétanisé, ne bougeait pas. Je parvins à me redresser, fit un pas avant de m’écrouler au sol. Un autre chien avait saisi une de mes jambes et me tirait en arrière. Je me débattis, et ne put voir que le premier chien bondir sur Rudolf. Je poussais un cri et…
Et me réveillais en sursaut. Trempé de sueur, les larmes aux yeux, je tentais de reprendre ma respiration. Mon bras gauche me faisait horriblement mal. Je baissais les yeux. Il était replié contre ma poitrine, recouvert d’un bandage tâché de mon sang. Je regardais autour de moi, me demandant où j’étais. J’étais allongé sur un lit de fortune, surement dans l’Académie. Les récents évènements me revinrent en mémoire et, immédiatement, je m’inquiétais pour Rudolf. Où était-il ? Allait-il bien ? Avait-il pu échapper à ces horribles chiens sans subir de dommages ? Je tentais de me redresser mais je fus pris d’un malaise qui me força à rester couché, complètement hagard et délirant de douleur.

Une femme vint m’apporter de l’eau, une autre changea mon, ou plutôt, mes bandages. J’en avais un autre, plus petit, autour de la tête. J’avais dû faire une mauvaise chute, cela n’avait rien d’étonnant, sans canne pour marcher, et avec un bras déchiqueté, je n’avais pas dû aller bien loin avant qu’on me récupère, sans doute inconscient. Quand je repris mes esprits, j’appelais ce qui me semblait être un médecin, et lui demandais où se trouvait mon fils. Il me répondit qu’il était passé me voir pendant mon sommeil. Rassuré, je fermais les yeux. Alder soit loué, Rudolf allait bien. Je lâchais un soupir. Je ne pouvais pas dormir, pas après le rêve horrible que j’avais fait. Je ne voulais pas revoir les chiens, même dans mon sommeil. Je décidais donc de rassembler mes maigres forces pour aller prendre l’air. Je me relevais, mais retombais assis aussitôt. La tête me tournait. J’avais perdu beaucoup de sang, d’après le médecin, je devais rester allongé. Mais, si je restais là, parmi tous ces blessés qui gémissaient, ces hommes, femmes et enfants qui pleuraient, j’allais devenir fou. Je me forçais à tenir debout et boitillais jusqu’à la sortie.

Mon genou, sans canne pour l’y aider, marchait très mal. Chaque pas me coutait une cuisante douleur qui me laissait haletant. Voilà ce que c’était d’imposer un exercice forcé à un membre qui n’était plus fait pour ça. En m’aidant du mur, je parvins, non sans mal, à rejoindre la sortie. L’air frais, très frais, caressa mon visage abîmé et me fit un bien fou. Je tentais d’ignorer les blessés qui affluaient pour pouvoir me concentrer sur cette fraicheur matinale. Appuyé sur ma bonne jambe, je laissais l’autre se reposer, et parvins même à lâcher une moitié de sourire, satisfait d’avoir réussi un tel exploit. En effet, sortir dehors, dans mon état, était très éprouvant, et je devais avouer que j’étais plutôt fier de moi. Ma satisfaction laissa bientôt place à de la lassitude. J’étais en vie, mais ce n’était pas le cas de tous ceux qui était entré dans l’Académie, la veille au soir. La Chasse Sauvage était libérée, nous étions tous en danger. Que faire, dans ces cas-là ? Prier les dieux ? C’était sans doute la seule solution. Je baissais les yeux, et soupirais quand je remarquais un garçon, un adolescent, sur le point de vomir sur le mur de l’Académie. Compatissant, je m’approchais de lui, en boitant.

Il me dit, sans me regarder, qu’il allait bien, et me remercia. Je restais silencieux et impassible. Il finit par se tourner vers moi, me regarda de haut en bas. Je tournais la tête. Je ne devais pas être très agréable à regarder, entre ma posture bancale, mon œil gauche éteint, ma tête et mon bras bandé. Le garçon s’excusa et me dit qu’il ne se sentait pas bien. Puis il se présenta. Adonis, un étudiant. Il me dit qu’il était ici, à l’Académie. J’hochais la tête et lui répondit, dans un souffle :

« - Raygnar. Ancien étudiant. Vous devriez boire un peu d’eau, ou vous asseoir, vous êtes aussi pâle qu’un mort. »

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Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Mer 4 Juil 2018 - 21:50

Le jeune étudiant est tremblant sous les lueurs naissantes du jour. Cette attitude trahit à la fois son épuisement soudain mais aussi la tristesse qui s’empare de lui. Il est pris d’un vertige, lui qui faisait encore il y a quelques minutes comme si tout allait bien. Balbutiant, rassurant il s’est laissé guider en dehors des murs de la demeure avec une seule envie retrouver ses parents, ces êtres aimés dans les bras desquels il pourrait probablement laisser ces larmes sortir.

Il n’a rien montré pour l’instant de ce traumatisme qu’il venait de vivre, il ne voulait pas que les autres le voient aussi faible. Après tout il était connu dans l’Académie comme quelqu’un de jovial et enjoué. Adonis parvient avec cette volonté qui le caractérise à conserver cet aplomb qui est toujours le sien. N’est-il pas menteur après tout ? Faire semblant que tout va bien pour échapper à des questions qui l’ébranlerait, ainsi il sera plus fort.

Toutefois l’homme qui se rapproche de lui semble ne pas entendre de cette oreille cette volonté de rester tranquille. Le jeune garçon demeure pantois comme pris au piège d’une vérité criante. Il n’a pas tort, il ne va pas bien mais cet homme à cet instant, ce Raygnar semble tout autant en piteux état que lui-même. D’un signe du menton Adonis désigne un banc à peine plus loin, à l’ombre.

« Si je peux me permettre je crois que vous valez pas mieux m’sieur » il sourit, timidement ne sachant pas réellement quoi dire à cet ancien élève « Vous y étiez alors ? » à l’instant où Adonis s’installe sur le banc en pierre. Il omet de signaler les événements, ils n’ont guère besoin d’en parler après tout. Toutefois la curiosité d’Adonis est à son comble. Cet homme n’a pas l’air d’être un mage ou quoi que ce soit de ce genre ou sa déduction en a pris un sacré coup lors de cette nuit sombre.

« Ancien étudiant vous m’avez dit c’est bien cela ? En quel cursus ? Moi j’suis mage et j’voulais chevaucher plus tard » il laisse libre cours à ce rêve, ce projet qui semble désormais détruit. Il le sait le jeune mage qu’il faut laisser le temps au temps et à cet instant devant les murs de l’Académie ce n’est guère le moment de tirer le trait sur un avenir qu’il convoitait.

« Vous faites quoi maintenant ? » une question ouverte afin d’enclencher une conversation aussi banale soit-elle. Au fur et à mesure de ses paroles Adonis récupère une constance aussi minime soit-elle. Le dialogue avec les vivants et le contact a toujours été son fort, il y a fort à parier qu’à l’issue de cet échange Adonis récupère un peu cette étincelle qui lui fait défaut depuis qu’il a vu ce lys ensanglanté sur le sol. Il ferme les yeux alors que l’image s’impose tel un cauchemar éveillé à tel point qu’il se lève s’appuyant contre le mur pour cracher une nouvelle fois. Il n’a plus rien à vomir son estomac est vide criant famine.

« Désolé vous auriez à boire s'il vous plait ? » une demande en réponse de ce qu’il proposait quelques secondes auparavant.

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Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Ven 6 Juil 2018 - 21:57

En mauvais état. Il trouvait que je ne valais pas mieux que lui, d’un point de vue forme physique. Je fis un petit sourire las, répondant à celui du jeune homme. Il n’avait pas tort, mais ; d’un autre côté, même un malvoyant pourrait le voir. Entre ma démarche bancale, mes bandages, et mes grimaces, il était facile de reconnaitre que je faisais partie des nombreux blessés de cette nuit horrible au sein de l’Académie. Je frissonnais, repensant aux crocs du chien, aussi froids qu’une tombe, s’enfonçant dans mon bras, déchiquetant les chairs, les muscles et les tendons. Une douleur sourde se réveilla dans mon membre blessé, me faisant grimacer. Je fermais les yeux, luttant contre mon envie d’aller m’allonger et demander des plantes contre la douleur. La voix du jeune homme me ramena dans la réalité. Il me demanda si j’y étais. Il ne précisa pas où, mais je compris sans même réfléchir qu’il parlait de la nuit dernière. Nous nous asseyames sur un banc en pierre que je connaissais bien, vu que je m’y installais beaucoup, étant jeune, pour étudier. Je caressais la pierre, songeant à mes années au sein de l’Académie, avant de me tourner vers le jeune homme, je lui répondis enfin :

« - Oui, j’y étais. J’ai même pu « rencontrer » un des chiens. » Je désignais mon bras, et repris en lui demandant : « - Je suppose que vous aussi. »

J’étirais les jambes, lâchant un soupir de satisfaction. De loin, je vis un homme que je connaissais bien, un ancien étudiant, comme moi. Je le saluais de la main avant de revenir vers le jeune garçon. Il me demanda dans quel cursus j’avais étudié. Lui était mage et voulait devenir Chevaucheur. Je le regardais. Il était jeune, son rêve n’était pas détruit, il pouvait encore le réaliser ! Je repensais alors à mon enfance. Moi aussi, tout petit, j’avais eu un rêve. Un rêve bien éphémère. Je devais avoir cinq ou six ans, et je ne pensais qu’à une seule chose : épouser une skjaldmö, une vierge du bouclier. Une d’elle était venue dans notre manoir, profitant de l’hospitalité de mon père, qui offrait ainsi une coupure bienvenue à son voyage. Je me souviens être resté bouche bée devant cette femme, devant cette guerrière. Après son départ, pendant plusieurs mois, je ne cessais d’évoquer mes fiançailles avec une femme comme elle. Mes parents ont beaucoup ri, avant de me remettre dans le droit chemin. Depuis, je n’ai jamais cessé de le suivre, ne laissant germer et fleurir que les projets qui me paraissaient cohérents.

Je revins vers le jeune homme et lui répondis :

« - J’ai étudié l’Histoire d’Arven. »Quand il me demanda ce que je faisais ensuite, je lui dis « - Je suis devenu historien, peu de temps avant de prendre les rênes de ma seigneurie. Laissez-moi vous donner un conseil jeune homme. Ne laissez pas tomber ce rêve. Devenir chevaucheur est un projet noble qui mérite qu’on y donne toute son énergie. »

Je fis un petit sourire, espérant rassurer ce jeune homme fatigué, épuisé par les évènements récents. Il devait s’accrocher, croire en ses rêves. Il me demanda de l’eau et, sans hésiter, je récupérais une petite flasque dans mon manteau. Elle contenait de l’eau de vie, que je gardais toujours sur moi en cas de grand froid. Je lui tendis et lui dis avec un demi sourire :

« - Ce n’est pas de l’eau, mais ça devrait vous faire du bien. Ça vient de mon duché »

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Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Dim 15 Juil 2018 - 12:54

Il est groggy le jeune mage, comme mis ko devant les murs de l’Académie. Cela aurait peut être été plus simple pour lui de prendre le premier portail venu pour s’en retourner à Edenia mais il doit bien se l’avouer pour l’instant il en est incapable. Puis cet homme qui vient lui parler est peut être celui qui lui permettra de reprendre pied petit à petit. Car depuis quelques heures au final le jeune étudiant n’a parlé à personne. Il a avancé tel un fantôme entres les murs de l’Académie.

Pour l’instant l’échange se veut cordial, des banalités pour connaître cet homme qui tout comme lui semble avoir vu la mort semer son œuvre. La mention de son bras et de cette rencontre avec un des chiens le fait frissonner. Il ne parvient pas à détourner son regard, imagine la créature, la douleur que l’homme a probablement vécue. Il assimile cette épreuve à celle d’Ortie qui elle a péri mais il n’en dit rien, du moins pour l’instant. Il blémit certainement un peu plus lorsqu’il se fait interroger néanmoins il articule non sans peine.

« Pas moi directement mais ma sœur, ils l’ont tuée » l’aveu d’une tristesse qui l’étreint profondément. C’est pourquoi il s’éloigne pour contenir ses larmes. Une tentative qui se solde par un nouveau haut le cœur. Il est bien trop faible pour paraître ce qu’il n’est pas un garçon solide. Quand il le voit revenir il l’écoute. Ses yeux se lèvent à la mention de la seigneurie. Il a affaire à un noble et il s’en trouve troublé, un peu plus « Seigneur » dit-il comme surpris qu’un tel homme s’adresse à un jeune garçon.

Il est interdit de ne pas voir de gardes autour de lui pour le protéger et le ramener à sa seigneurie « Désolé, je… » il reste sans voix et lorsque l’homme lui tend la boisson censée le remettre de ses émotions il relève la tête interrogateur. La main tremblante il prend le contenant menant la gourde à ses lèvres il hésite. Ce n’est pas de l’eau, l’homme lui a dit mais cela le soignera. Les narines du garçon se retroussèrent sous l’odeur qui émane de la fiole mais il la rapproche de ses lèvres et boit une gorgée, une seule qui lui brûle la bouche, l’œsophage. Il se met à tousser tendant le récipient à l’adulte, pleurant sous la force du liquide. Les larmes coulent et ne cessent de tomber au sol. Les nerfs d’Adonis craquent sous la rencontre brutale entre l’eau de vie et le corps d’adolescent qui se forme peu à peu.

Quelques minutes après il parvient à reprendre son souffle et à esquisser un sourire subtilement.

« Je n’ai jamais bu une telle chose ; j’suis d’Edenia autrement et vous quel duché ? Va falloir que j’y r’toune pour leur annoncer » il ne quitte plus l’homme du regard et embêté il poursuit « J’dois donc vous appeler Monseigneur j’pense non ? » se rappelant que l’homme est ni plus ni moins qu’un des grands de ce monde ; certes peut être pas autant qu’un duc, un prince ou un empereur mais il est pas comme lui et ceux de sa famille un du peuple…

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Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Mer 1 Aoû 2018 - 19:57

Pauvre garçon. Je savais ce que c'était de perdre une sœur. Je baissais la tête, repensant à ce jour horrible où Elanin, ma petite sœur, âgée alors de quatre ans, quittait ce monde pour rejoindre nos ancêtres. Je lui ai tenu la main jusqu'à la fin, lui racontant son histoire favorite, celle du petit flocon qui ne voulait pas fondre. Je me rappelle encore de son dernier sourire, de son dernier rire quand j'imitais le cri de la chouette des neiges pour chasser notre chagrin. Je me souviens encore de son regard, juste avant qu'elle ne s'endorme pour l'éternité. Ce regard… Ce regard qui signifiait qu'elle avait compris, et qu'elle acceptait de partir. Ce regard à la fois apaisé et résigné. Je fermais les yeux. Chaque jour qui passe me rappelle cruellement à quel point la vie peut être éphémère, et que, quoique je fasse, c'était le Destin et tout le Panthéon qui tenaient les rênes de notre existence. Quelques soient nos actes, nous étions destinés à terminer en cendres, ou enterrés, pleurés ou non par nos proches. Certains diront "C'était un homme bon", d'autres ajouterons "Bon débarras". C'était comme ça, on ne pouvait rien y faire. Je lâchais un soupir et soufflais au jeune homme :

"- Je suis désolé. Toutes mes condoléances."


Quand j'annonçais sans le vouloir mon titre à Adonis, il me regarda, surpris, et lâcha un "Seigneur" dans un souffle. Je faillis sourire, amusé. Il ne s'attendait sans doute pas à discuter avec un noble. Mais, aujourd'hui, je m'en fichais bien. Je ne me considérais plus comme étant un seigneur, devant les portes de l'Académie, mais comme un ancien élève, un enfant devenu grand entre ces murs. Un homme qui a appris, a muri, au sein de ces salles de classes, de la bibliothèque, avec les autres élèves. Ces élèves qui pouvaient être des amis irremplaçables comme ils pouvaient être sournois et sans pitié envers ceux qui n'arrivaient pas à suivre. Mais c'était en partie grâce à ces autres élèves qu'on apprenait la vie. Je me plongeais dans mes souvenirs et repensais à mon premier amour, bien avant que je rencontre Frida. C'était une jeune fille, étudiant sans relâche pour pouvoir plus tard pratiquer la médecine. Quand son regard avait croisé le mien, j'ai cru devenir invincible. Agé de quatorze ans à ce moment là, comme tous les garçons du même âge, je croyais déjà être suffisamment fort pour impressionner les demoiselles. Je lui écrivis des lettres, cherchant la moindre occasion pour croiser son chemin. Je compris, hélas, au bout de quelques semaines que, non seulement je ne l'intéressais pas, mais que les femmes pouvaient se montrer très cruelles avec le coeur des hommes. Et aussi, qu'il fallait être doué pour conquérir le leur, ce qui n'a jamais été mon cas.

Je clignais des yeux. Par Alder, voilà que je me perdais dans mes propres souvenirs. Pourquoi pensais-je à cette jeune fille ? J'en avais aucune idée. Je revins vers le jeune homme qui me demanda un peu d'eau. N'ayant que de l'eau de vie kyréenne, je lui tendis néanmoins ma petite flasque. Les narines du jeune homme se retroussèrent devant l'odeur du breuvage, mais il prit son courage à deux mains et en bu une gorgée, sans doute par politesse envers moi. Il se mit soudain à tousser. C'était une réaction que je connaissais plutôt bien. Je me contentais donc de tapoter son dos tout en quémandant un verre d'eau à une infirmière qui passait par là. Adonis, en larmes, parvint enfin à récupérer son souffle, quelques minutes après. L'infirmière apporta l'eau, et je lui tendis le verre, silencieux. Il m'avoua qu'il n'avait jamais bu une telle chose car il était d'Edenia. Je hochais la tête et, quand il me demanda d'où je venais et s'il devait m'appeler Monseigneur, je lui répondis :


- Appelle moi Raygnar. Nous sommes des élèves de l'Académie, les statuts et les classes sociales n'ont rien à faire ici. Et je viens de Valkyrion. Ce que tu as bu était juste un peu d'eau de vie.

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Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Mer 8 Aoû 2018 - 21:14

Ce ne sont pas les seules paroles qu’il va entendre il le sait mais ce mot condoléances le fait frissonner. Quand bien même les personnes lui adresseront toute leur sympathie cela ne la ramènera pas, quand bien même il aura des soutiens de par le monde cela ne comblera pas le vide qui s’est créé dans son cœur, quand bien même il réussira à devenir ce qu’il veut cela n’effacera pas cette nuit d’horreur et il le sait, déjà, au fond de lui-même.

Cet homme est non seulement un Seigneur c’est un ancien de l’Académie ; lui n’a perdu personne si ce n’est des amis, son corps porte les stigmates d’une agression et en se regardant dans la glace dans quelques mois voire quelques années il songera à cette rencontre devant les murs de la bâtisse ou il se moquera de ce pauvre étudiant à qui il a adressé des condoléances qui semblent être sincères.

« Merci » un seul mot pour étouffer un sanglot qui est parti dans ses entrailles en même temps qu’il serre le banc un peu plus à faire blanchir ses articulations. Habituellement bruyant, hurlant à tue tête, Adonis est étrangement différent comme changé par le passé pour un avenir, il l’espère, un peu plus luxuriant.


Il remercie l’homme de cette boisson qu’il qualifie d’eau de vie, le noble l’autorise même à l’appeler par son prénom ce qui le surprend. Peut-être que d’avoir vécu l’horreur ensemble cela rapproche les gens en cette terre ? Il n’en a pour ainsi dire aucune idée mais hoche la tête simplement. L’évocation de Valkyrion le fait hausser un sourcil et un brin ironique il ne peut s’empêcher de laisser sortir cette question qui lui brûle les lèvres « Il fait aussi froid que l’on pense en Valkyrion ? » les paroles d’Adonis sont spontanées ramenant les deux personnes dans ce monde des vivants où chacun va devoir peu à peu panser ses plaies.

Il ne sait pas si au fond de lui-même c’est cette substance qui lui fait un peu perdre le fil de l’horreur mais il poursuit dans son questionnement « Valkyrion panse ses plaies comme l’Académie va devoir le faire à son tour, comment c’est là bas depuis… » il ne finit pas, il se doute que l’homme saura de quoi il parle, de ce qu’il s’est passé à Svaljard «  Vous y étiez vous aussi à cette fête ? Vous avez vu ce qu'il s'est passé là bas ? »

L’homme a non seulement souffert ici à l’Académie mais peut-être en a-t-il vécu d’autres chez lui dans ses terres ? Adonis échange naturellement ; entendre la détresse et la tristesse des autres l’aidera peut-être à surmonter la sienne aussi compliqué cela s’annonce.

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La Noblesse
Message Sujet: Re: Aube d'une nuit sans sommeil   Jeu 16 Aoû 2018 - 18:47

Le gamin me remercia pour mes paroles qui se voulaient réconfortantes, et également pour l'eau de vie. J'avais tendance à oublier que les personnes non originaires de Valkyrion pouvaient avoir ce genre de réaction lorsqu'ils goutaient cet alcool pour la première fois. Pour ma part, je ne me rappelais pas avoir craché mes tripes, ni m'être étouffé. J'avais ressenti la chaleur du breuvage jusqu'au plus profond de mon être. D'un autre côté, la génétique m'avait peut être doté d'un organisme plus résistant et plus apte à avaler cette eau qui, d'après mon expérience, était très utile autant pour réchauffer les cœurs que pour guérir les plaies. C'est pourquoi j'en gardais toujours une fiole sur moi. C'est pourquoi j'en donnais aujourd'hui à ce jeune homme qui semblait en avoir cruellement besoin. Je restais stoïque alors qu'il tentait de reprendre ses esprits après avoir subi l'agression qu'avait provoqué l'eau de vie sur son jeune organisme. Je me contentais juste de tapoter son dos. Lorsqu'il parvint à reprendre son souffle, il me questionna sur Valkyrion. Il me demanda s'il faisait aussi froid que ce qu'on en dit. Je fis un petit sourire. Ah, les Faë et leurs clichés sur Valkyrion et ses froids habitants. Cela me faisait doucement rire. S'il faisait très froid dans mon duché natal, ce n'était pas non plus un endroit où ne subsistait que la glace et la neige. Il y avait quand même des hommes et des femmes qui y vivaient. Je me dis qu'il fallait jouer le jeu, pour ne pas me lancer dans un autre éternel monologue sur Valkyrion et ceux qui y vivent. Je me tournais vers lui et lui dit :

"- Cela dépends… Mais je dois avouer qu'une fois, il a fait tellement froid que j'ai appris que ma sœur avait eu un enfant au moins six mois après la naissance. Le messager a gelé en route. Et personne ne l'a su. "

C'était à la fois triste et comique. Je me rappelle encore de ce jour où ma sœur, accompagnée de son crétin d'époux, avait franchi le seuil de ma demeure, un enfant dans les bras. Nous nous sommes passé mutuellement un véritable savon. Elle me reprochait de ne pas m'inquiéter de son sort, de ne pas l'avoir félicité pour la venue au monde de mon neveu. Et moi, je lui reprochait de ne m'avoir donné aucune nouvelle, et surtout, de ne pas m'avoir prévenu qu'elle avait eu un fils. Quand nous avons compris que la faute venait du messager, j'ai envoyé plusieurs de mes gardes à sa recherche. Ils l'ont retrouvé sous la neige, raide comme un morceau de bois, tué par le froid. Quand mes gardes m'ont fait leur rapport, j'ai conclu que ce messager devait être un novice, ou qu'il avait été attrapé par des bandits, car il fallait être fou pour se balader en Valkyrion sans plusieurs épaisseurs de fourrures. Le lendemain, réconcilié avec ma sœur cadette, j'ai fêté la naissance de mon neveu dignement, et tout le monde était content.

Je revins vers le jeune homme qui me demanda si j'avais été présent lors de l'attaque à Svaljärd. Je fis une petite moue. Me rappeler ce moment ne me plaisait pas tellement. Je rêvais encore la nuit de ces horribles machines, attaquant et tuant des hommes et des femmes dans les rues, plongeant leurs lames dans les corps. Je revoyais l'une d'elle, a seulement quelques mètres de moi, j'avais bien cru que ma dernière heure était venue. Heureusement, des combattants m'avaient sauvé la vie, et, Alder soit loué, personne n'avait été blessé, ni moi, ni ma famille. Je finis par hocher la tête et par répondre au jeune homme :


"- J'y étais, oui… J'ai vu les Sentinelles, et ce qu'elles étaient capable de faire… "

_________________
La lecture n'est profitable qu'aux esprits possédés d'un goût immodéré de la vérité.
Baudelaire








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