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 En étant ce que je suis

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Les Skjaldmös
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Message Sujet: En étant ce que je suis   Lun 9 Juil - 21:27


Livre III, Chapitre 4 • La Légion des Oubliés
Narcisse de Croquelune & Lidjä de Sylvamir

En étant ce que je suis

"Communiquer suppose aussi des silences, non pour se taire, mais pour laisser un espace à la rencontre des mots." - Jacques Salomé



• Date : 2 juin 1003
• Météo (optionnel) :
• Statut du RP : Privé
• Résumé : A la recherche d’une bonne âme féminine pour obtenir quelques conseils en matière de mode vestimentaire, Lidjä part en visite de l’hôtel de son cousin et en passant par l’atelier elle y trouve Narcisse travaillant sur l’ouvrage commandé par la baronne de Sylvamir. Pas vraiment ce qu’elle cherchait à l’origine mais peut être saura-t-il l’aider d’une façon ou d’une autre ?
• Recensement :
Code:
• [b]2 juin 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t3926-en-etant-ce-que-je-suis#146235]En étant ce que je suis[/url] - [i]Narcisse de Croquelune & Lidjä de Sylvamir[/i]
A la recherche d’une bonne âme féminine pour obtenir quelques conseils en matière de mode vestimentaire, Lidjä part en visite de l’hôtel de son cousin et en passant par l’atelier elle y trouve Narcisse travaillant sur l’ouvrage commandé par la baronne de Sylvamir. Pas vraiment ce qu’elle cherchait à l’origine mais peut être saura-t-il l’aider d’une façon ou d’une autre ?


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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Lun 9 Juil - 21:28

Fraîchement débarquée à l’hôtel de Sylvamir à Svaljärd où son cousin lui avait gentiment offert son hospitalité, la Skjaldmö se réveilla dans la chambre qu’on lui avait attribuée. Elle enfila rapidement ses vêtements après s’être rafraichie de sa nuit. Minimaliste et sobre, la jeune femme voyageait toujours léger aussi elle ne perdit pas de temps à choisir sa tenue qui était toujours sensiblement la même à quelques variantes près. Quoique cette fois elle s’était encombrée d’un élément de plus par rapport à ce qu’elle pouvait emporter d’ordinaire… Cette fameuse robe sombre qu’elle prévoyait de porter pour le mariage de son amie s’était ajoutée à son baluchon. Il faudrait qu’elle trouve quelqu’un ici d’ailleurs pour avoir un avis sur son choix. La jeune blonde n’y connaissait absolument rien en matière de mode, il lui semblait d’ailleurs que la dernière qu’elle eut portée datait de son enfance, lorsque ses parents étaient encore en vie et qu’elle était encore considérée comme fille de baron. Une époque fort lointaine dont elle ne gardait plus beaucoup de souvenirs... Oh il était bien trop tard pour acheter une autre tenue, mais si elle pouvait au moins obtenir un avis… C’est qu’elle espérait bien ne pas être trop ridicule quand même et avoir l’air un peu moins “guerrière“. Elle estimait devoir faire un effort pour le mariage de sa meilleure amie même si cette dernière la connaissait que trop bien. Peut-être que d’un côté Lidjä souhait un peu la surprendre également ? Sans perdre une minute de plus à réfléchir dans sa chambre, elle sortit et entama une visite approfondie de l’hôtel.

Voguant de pièce en pièce, elle serait satisfaite si elle trouvait en chemin une demoiselle disposée à lui prodiguer ses précieux conseils, et pourquoi pas une salle suffisamment grande, calme et déserte pour s'entraîner également tant qu’elle y était. Ce n’était pas parce qu’elle voyait ce séjour un peu comme des vacances bienvenues qu’elle devait se relâcher pour autant. Dévouée à la cause de ses soeurs et de ses héroïnes, ce n’était pas en restant les bras croisés qu’elle était devenue si douée dans son domaine. Pour l’heure, ses armes étaient restées dans sa chambre, prêtes à être récupérées si elle en avait besoin ce qui n’était pas le cas dans l’immédiat. Elle se sentait suffisamment en sécurité ici pour délaisser une partie de sa carapace de tortue pendant quelques heures.

Malheureusement elle ne trouva pas son bonheur dans les premières pièces visitées, des chambres vides, des salons impeccables mais sans âme qui vive et des couloirs plutôt déserts. Elle ne devait pas avoir choisi le bon moment pour espérer croiser une demoiselle de bon goût. Peut-être que sa chance se trouverait derrière cette nouvelle porte qu’elle s’apprêtait à ouvrir, là, au fond du couloir dans lequel elle s’était perdue, un peu désespérée. Si cela continuait elle devrait rebrousser son chemin et aller déranger son cousin qui devait avoir à faire dans son bureau… Non… Vraiment, l’idée ne la séduisait pas. Jamais elle n’avait eu à parler de ce genre de sujet avec lui, elle n’allait pas commencer ! Il n’était d’ailleurs pas certain que le Kyréen ait un avis éclairé et éclairant sur sa robe… Ce n’était probablement pas le genre de question qui pouvait le tarauder, ni elle non plus d’ordinaire. Ah que ne ferait-elle pas pour la fierté et le sourire d’une amie chère ?

La porte ouverte laissa place à ce qui devait être l’atelier de l’hôtel, sans doute de taille normale pour qui en était coutumier, grand pour celle qui avait pour habitude de vivre dans une toute petite chambre depuis des années. Grand et lumineux, de ce qu’elle pouvait en juger. Sur le pas de la porte, elle se demanda un instant si elle aurait dû frapper car l’endroit n’était pas aussi vide que les pièces précédentes. Un artiste semblait travailler là. Cela étant, si elle avait frappé, elle l’aurait peut-être dérangé ? Surpris ? Fait sursauter et rater ce qu’il était en train de tailler ? Oubliant presque ce pourquoi elle était là, tout doucement elle fit quelques pas silencieux dans la pièce. Heureusement qu’elle n’avait pas son armure et ses armes sur elle sinon elle aurait fait un sacré concert de cliquetis métalliques malvenus. Distraitement elle passa une main dans sa queue-de-cheval haute et laissa sa curiosité prendre le pas sur sa recherche. Là, en silence, elle l’observerait. A moins qu’il ait entendu la porte s’ouvrir ? Ce n’était pas tous les jours qu’elle avait l’occasion de voir un artiste en plein travail, ni même… Un artiste tout court ? Non seulement elle n’y entendait rien à la mode, mais elle ne s’y connaissait pas non plus en art, excepté peut-être celui que l’on nommait “de la guerre”.

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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Jeu 2 Aoû - 7:45

Au centre de la pièce, Narcisse martelait le marbre. Là, il profitait de toute la luminosité dont il pourrait avoir besoin, ainsi que rejoindre chacune de ses « stations de travail » assez rapidement. Sur une table, de nombreux outils. Sur une autre, une multitude de croquis représentant la maîtresse des lieux. Bien des angles différents, parfois entière, parfois certaines parts précises de son anatomie ; l’aide mémoire du marquis, en somme. Bien des statuaires usaient de méthodes éculées, comptant bien des étapes. Représentation du modèle en une miniature de cire. Élaboration sur cette base d’un grandeur nature en terre. Usage d’un assistant que l’on nommait « praticien », ouvrier chargé de dégrossir le marbre en respectant les proportions du modèle de terre en les reportant à l’aide de divers outils… Ah, tout cela était bien trop ennuyeux pour le Croquelune, qui avait établi ses propres règles. Travailleur compulsif lorsqu’il œuvrait en son atelier, il ne comptait pas ses heures qui défilaient sans mal. C’était là tout ce dont il avait besoin : son art, et ses herbes, sa pipe d’écume bien souvent calée entre ses dents.

Lui ne trouvait de plaisir que dans la réalisation de ses objectifs. Préférait une méthode bien plus directe et intuitive. Au modèle de cire, il préférait les croquis. Et de là… aucun intermédiaire pour lui, qui préférait travailler directement sur le marbre, sans que personne d’autre que lui ne puisse toucher à SON marbre. C’était son œuvre à lui. Artiste instinctif, il préférait que personne d’autre que lui n’approche de sa pièce. De même, évitait les reports et les étapes qu’il estimait inutiles. Peut-être qu’il y perdait du temps, oui, sans doute même. Si même les plus grands adoptaient certaines manœuvres, c’est qu’elles avaient leurs avantages. Mais Narcisse ne saurait se trouver à l’aise avec les méthodes d’autres. Il les avait pratiquées lors de son apprentissage, en était capable. Mais même son maître avait fini par lui donner raison : sa maîtrise technique lors du travail du marbre compensait, et l’on trouvait bien plus de vie en ses réalisations dès lors qu’il n’en faisait qu’à sa tête.

Enfin, il était bien loin de penser à tout cela. Bien loin de penser tout court. Il n’était plus qu’instinct, frappant le ciseau, faisant voler des éclats de marbres, inlassablement, méthodiquement. L’on pouvait même d’ores et déjà estimé plus ou moins de quoi il s’agirait, car bien que dépourvue de détails, déjà en la pierre l’on devinait les formes d’une femme enceinte. Quant au marquis… bien difficile de deviner son statut d’une simple observation. Sa crinière sauvage libre d’empiéter sur son visage comme elle pouvait bien le souhaiter. Une chainse légère à l’échancrure marquée, dont les manches avaient été roulées sur ses coudes. Éclats et poussière de marbre venant blanchir sa barbe. Pas de pipe aux lèvres en l’instant, ayant déjà consommé assez pour être totalement absorbé, ainsi que pour faire taire les tremblements de ses mains désormais assurées. Il n’avait pas entendu la porte s’ouvrir. Sans doute la femme d’armes avait su se faire assez discrète. Ou lui trop « ailleurs », de même que trop habitué à n’être jamais dérangé. Sur ses terres, tous ses domestiques le savaient très bien : si sa porte était fermée, il était formellement interdit de venir la franchir. Il n’y avait bien que Servius pour s’y soustraire, venant juste déposer ses repas à l’entrée de sa pièce, et repartant aussitôt. Plats qu’il dégustait plus souvent froids que chauds, quand il se donnait la peine de les vider.

Puis, soudainement, il s’arrête. Le silence assez relatif est néanmoins marqué par le contraste avec les saccades brusques des coups de burins. Il remua ses bras le long de son corps, à la fois pour les débarrasser quelques peu des débris que pour se relâcher les muscles. Narcisse s’étire et… c’est là qu’il perçoit les pas, même si légers, maintenant qu’il était sorti de sa transe. Se tourne vers leur origine, le burin changeant de main pour lui en libérer une qui viendra passer dans sa chevelure sauvage pour lui dégager le visage, et ainsi permettre à ses émeraudes de se fixer sur la blonde venue observer son labeur. Léger sourire sur les lèvres, un sourcil qui se hausse. Il aurait pu mal prendre l’interruption. Il aurait pu, oui, si elle n’avait porté si charmant visage.
- Le bonjour vous va ! Enchanté ! Oh, je sais bien qu’il est préférable de d’abord faire les présentations avant de se dire ravi… et encore, même là c’est une part de l’étiquette qui m’a toujours semblé dérisoire… comment être enchanté de rencontrer quelqu’un que l’on ne connaît pas, nous mettant de l’impossibilité de savoir si nous n’allons pas la détester seulement quelques minutes plus tard ? Mais dans votre cas, c’est différent… la simple découverte de votre visage est un ravissement, permettez-moi de vous le déclarer sans fard !
Tout en parlant, le statuaire était allé posé ses outils sans trop la quitter des yeux, avant de s’approcher enfin d’elle, et de s’incliner respectueusement. Comme il en avait l’habitude, il saisit doucement la main de la Kyréenne pour venir l’effleurer à peine de ses lèvres. Ce faisant, la présentation était venue…
- Je suis le marquis Narcisse de Croquelune. Je suis également… sous le charme, madame… ?
Ah ça, qui elle pouvait bien être ? Elle n’avait clairement pas l’allure d’une domestique, mais la simplicité de sa tenue ne témoignait pas d’une haute noblesse non plus. Mais bon… cela ne voulait pas dire grand-chose après tout, il n’y avait qu’à prendre l’exemple du marquis en ce moment. Ce dont bien sûr il ne manquerait pas de s’excuser.
- Vous auriez dû me prévenir de votre visite ! J’aurais dès lors fait l’effort de pouvoir vous paraître aussi agréable à l’œil que vous l’êtes vous-même. Et dire que l’on n’a qu’une chance de faire une bonne première impression… diantre, j’ai bien peur que dans mon cas il me faudra redoubler d’efforts pour rattraper une aussi piètre présentation.
Écarte légèrement les bras, comme pour piteusement montrer du geste qu’il parlait bien de sa tenue. Négligé, poussiéreux et suants… Cela risquait de faire beaucoup à rattraper, même lorsque l’on disposait du charme du Croquelune.

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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Jeu 2 Aoû - 22:59

Absorbé par son travail, il ne l’avait pas entendue. Elle aurait dû en profiter pour filer sans un bruit et éviter ainsi de le déranger, mais en lieu et place de faire demi-tour elle s’approchait doucement, comme envoûtée par ses gestes précis et l’étrange mélodie du martèlement du marbre pour l’observer de plus près. Hiémain lui avait dit la veille qu’il y avait un sculpteur dans son hôtel et ainsi donc elle le surprenait à l’oeuvre par hasard. Il avait également expliqué qu’il s’agissait d’une statue de Mélusine dans son état actuellement avancé de grossesse. Olivines passant des mains du statuaire à l’oeuvre travaillée, elle reconnut la forme globale qui lui avait été prédite. Ses prunelles claires glissaient à présent de la statue à l’artiste. Absorbé était le bon mot, une forme de concentration poussée qui n’était pas sans lui rappeler celle qu’elle adoptait en plein combat. Une des différences étant que lui avait besoin de ses herbes pour accéder à cet état, alors qu’elle y était contrainte par instinct de survie suite à ses entraînements continus et acharnés depuis ses dix ans. Pour protéger les autres, il fallait d’abord savoir rester en vie, n’est ce pas ? Difficile de voir vraiment son visage avec ces boucles brunes sauvages qui le cachait partiellement mais s’il n’avait été autant accaparé par son travail, il aurait perçu ses pas et sa présence plus tôt.

Le martèlement cessa et elle devina qu’il était trop tard pour prendre la poudre d’escampette, il la repéra aussitôt. Pendant une fraction de seconde, elle se demanda s’il allait la mettre à la porte comme une malpropre, ce qu’elle aurait pu faire personnellement si elle avait été à sa place d’ailleurs. Sa crainte fut aussitôt balayée à la vue du léger sourire qui s’étirait sur ses lèvres. Ouf ! Elle n’allait pas essuyer une tempête. Prise sur le fait, elle s’était figée. La Skjaldmö aurait fait une bien piètre espionne. Etait-ce le moment où elle était censée s'excuser de le déranger ? La veille elle s’était dit qu’elle passerait au moins le saluer, et bien ainsi ce serait bientôt fait. Elle avait légèrement entrouvert les lèvres pour ce faire d’ailleurs, mais il la devança et pas qu’un peu. Il maniait les mots aussi habilement que ses outils, assurément il n’était pas Kyréen, Cielsombrois à n’en pas douter, ou Lagran peut-être. Néanmoins, la Kyréenne resta de marbre, même lorsqu’il évoqua son ravissant visage la première fois, suivant le moindre de ses gestes avec attention, une déformation professionnelle due à sa charge de gardienne pourrait-elle arguer. Pas qu’elle craigne qu’il l’attaque, car s’il venait bien de là où elle le supposait, elle ne risquait pas grand-chose. Mais elle se méfiait toujours des inconnus comme le lui répétait sa marraine dans sa jeunesse et plus encore quand l’inconnu en question était bourré de charme aussi “négligé, poussiéreux et suant” fut-il.

Des personnalités, elle en connaissait, son amie d’enfance était Princesse après tout, mais elle fut surprise de l’entendre se présenter comme marquis, ne s’y attendait pas du tout, et pour un peu, aurait eu du mal à ne pas hausser un sourcil. C’était lui le haut noble et lui aussi qui s’inclinait face à elle, ils auraient été d’accord sur le fait que l’habit ne faisait pas le moine mais quand même… A moins que ce ne fût elle qui ne sortait pas assez, que tout cela était parfaitement normal et que la guerrière qu’elle était n’avait pas dû rencontrer beaucoup de gentleman dans sa vie. “Sous le charme” disait-il, vraiment ? Aurait-il eu le même discours si elle avait porté son bouclier sur elle ? Un léger sourire se posa sur sa bouche rose pâle, un brin amusée.

    - Lidjä. Juste Lidjä, cousine de Hiémain de Sylvamir. Je suis… Honorée, de vous rencontrer marquis.

Une légère hésitation l’avait prise sur le terme le plus adéquat à utiliser. L’attention qu’elle portait à ses mouvements, surtout maintenant qu’il était tout près d’elle, n’amoindrissait pas celle qu’elle portait à ses mots et sa réflexion sur les formules de présentation d’usage était intéressante. D’ailleurs, elle se demandait s’il serait toujours aussi ravi et charmé lorsqu’il la connaîtrait plus, si tant était qu’ils aient le temps de discuter un peu ou s’il l’aurait déjà oubliée sitôt qu’elle serait partie. L’avenir le dirait. Son mot était alors idéal à son sens, rencontrer un artiste talentueux - de toute évidence - et marquis, de surcroît, c’était vraiment un honneur. Une autre jeune femme qu’elle aurait surement minaudé de l’entendre dire ensuite qu’elle était agréable à regarder. Troisième remarque qu’il faisait sur son apparence. La tête penchée sur le côté, elle fit mine de l’observer avant de lui formuler une réponse, comme si elle n’avait pas déjà eu plus d’une douzaine de fois le temps de se dire qu’il était fichtrement agréable à regarder lui aussi.
    - Vous servez ce genre de compliment à toutes les demoiselles que vous rencontrez ?

Qu’est-ce que l’on apprenait chez les valkyries ? Entre autres, que la meilleure défense était l’attaque et la Kyréenne ne savait pas comment réagir autrement. L’indifférence totale aurait pu être une excellente stratégie également mais son orgueil avait pris le dessus parce qu’elle ne l’était justement pas.
    - Je vous rassure vous être tout à fait présentable. Ce ne sont pas quelques poussières qui…

Entre ses doigts fins elle attrapa un tout petit morceau de marbre qui était resté accroché à sa chainse plus fascinée par le matériau en question qu’autre chose. Il tournoyait à présent entre ses doigts sans qu’elle se soit rendue compte si son geste avait été déplacé ou pas.
    - … Vous empêcheraient de me faire une bonne impression. Puis croisant de nouveau ses beaux yeux elle ajouta : J’ai vu pire. Bien pire.

Sans approfondir sa pensée, car pire, pour une Skjaldmö c’était la guerre, les soldats couverts de boue, et maculés de sang. Et elle ne souhaitait pas vraiment que la discussion dérive sur ces images peu reluisantes.
    - Vous êtes un sculpteur.

Conclut-elle avec un sourire, cette affirmation justifiant à elle seule sa mise. Un sculpteur qu’elle vient tout juste de déranger en plein travail d’ailleurs. Si par galanterie il ne l’avait pas encore mise à la porte, cela ne voulait pas dire qu’elle ne devait pas s’excuser.
    - Et je vous dérange… J’en suis navrée, je cherchai quelqu’un pour m'aider, je ne savais pas que vous étiez ici sinon, effectivement j’aurai demandé l’autorisation de venir. Et je n’aurai pas dû entrer non plus mais, c’était la première fois qu’il m’était donné de voir une statue en pleine création… C’était si… Fascinant...

Curiosité : vilain défaut qui se développait chez elle de plus en plus depuis qu’elle lisait toutes sortes d’ouvrages dans la grande bibliothèque de l’Académie, quand il n’y avait pas une pluie de livre qui déferlait sur sa tête du moins !

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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Jeu 9 Aoû - 23:01

Lidjä, parenté de Sylvamir. L’information est notée. Peut-être lui faudrait-il donc prendre quelques pincettes, il ne faudrait après tout pas risquer de se mettre à dos le maître des lieux en manquant de respect à sa parentèle. Y parviendrait-il pour autant ? Toujours difficile à s’en faire une idée, Narcisse peinant parfois à retenir sa spontanéité. Bien sûr, scrutant son visage, il n’avait pas manqué de remarquer ce sourire sur ses lèvres. Charmée ou amusée, ce serait encore à déterminer au fil de la conversation. En tout cas, sa prochaine remarque lui arrache un rire léger, détendu. En son esprit, ce fut comme si une pièce fut lancée. Un simple pile ou face. Mensonge ou honnêteté. Encore que dans tout mensonge il y avait part de vérité, et inversement. Le temps bref qu’il prend pour se décider, elle en profite pour tendre la main vers son torse. Saisir un morceau de marbre, tout en faisant entendre les sonorités de son agréable voix, l’informant que la première impression n’était pas si mauvaise. Charmée alors ? Encore trop tôt pour en être sûr. Toutefois, sa décision est prise à présent quant à la question qu’elle lui avait posée.
- Je ne les complimente pas toutes, non. Seulement celles dont la vue ravit effectivement mon regard et mon cœur !
La franchise donc. Et le franc sourire que le marquis affiche démontre qu’il n’en éprouve aucune honte. Fixe son regard dans le sien, tâche d’en voir sa réaction.
- Je suis sculpteur en effet. Et vous, vous êtes incroyablement perspicace. Qu’est-ce qui a bien pu vous mettre la puce à l’oreille ?
Mime à la suite la surprise, l’admiration et la curiosité, jouant le jeu jusqu’au bout. Quelques talents d’acteur sans doute, bien qu’il était évident qu’il s’amusait là à la taquiner un peu. Et d’ajouter plus bas un « délicieuse, vraiment » tout en se détournant enfin. Effectuer les quelques pas le séparant de la table sur laquelle reposait sa pipe qu’il porta à ses lèvres avant d’en rallumer le foyer. Quelques pensées parasites qu’il fallait chasser rapidement. La nature de ces pensées ? Lidjä l’apprendrait bien assez tôt. Juste le temps de s’apaiser quelque peu en prenant quelques bonnes bouffées auprès d’une fenêtre ouverte. Ce faisant, poursuit bien sûr la conversation, assis sur le rebord, tourné vers elle.
- Ne vous en faites pas. Vous ne me dérangez pas le moins du monde. Cette rencontre m’est même plutôt rafraîchissante.
Passe à nouveau une main dans sa crinière, avant de lisser sa barbe. Frotte brièvement sa chainse, en faisant tomber quelques débris. Un peu comme s’il était… embarrassé, mais finit finalement par déclarer :
- Pour être honnête… et pour compléter la réponse que j’ai pu vous faire quant à l’attrait que les belles jeunes femmes provoquent chez moi…

J’ai… un faible pour les Kyréennes. Ces cheveux d’ange, la clarté de vos yeux, la pâleur de votre peau… Cela est peut-être… enfin, sans doute lié à mon amour pour le marbre. Cet aspect laiteux, léger… Mon épouse était Kyréenne, et c’est par elle que j’ai voué ma vie à travailler cette matière. Aussi n’est-il pas déraisonnable de penser qu’au fond, tout est lié. Elle… lorsqu’elle était toujours en vie, nous travaillions ensemble, dans le même atelier. Nous passions un temps considérable à observer l’autre tailler la pierre.

Cela me manque un peu parfois. Ah, je suis ridicule… Cela ne me manque pas que parfois… Tout le temps, en fait ! Vigdis avait cette manière de porter son regard sur moi… Discrète mais affirmée. Fragile mais protectrice.

J’ai l’impression de retrouver un peu cela chez vous, alors… pourrais-je vous demander de rester et me tenir un peu compagnie ? Ainsi puisque je vous le demande, vous n’avez plus à vous sentir gênée si vous souhaitez rester. Et s’il advenait que vous acceptiez de me rendre ce service, je pourrais dès lors vous en rendre un autre en retour. Vous disiez que vous étiez en quête de quelqu’un pour vous aider, n’est-ce pas ? Pensez-vous que je pourrais être ce quelqu’un ?
Par moments, le Croquelune avait pu se montrer quelque peu embarrassé. L’homme n’avait pas pour habitude de se livrer, sa sincérité allant rarement jusqu’à dévoiler des choses si personnelles. Son regard de jade s’était fait quelque peu fuyant à certains moments précis, parler de son épouse lui étant toujours si compliqué malgré les années qui s’étaient écoulées. Mais toujours, il en revenait à elle et son charmant visage, le nuage de fumée qu’il exhalait venant former comme une brume protectrice entre eux.

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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Ven 10 Aoû - 15:41

Difficile de dire à quoi elle s’attendait comme réponse, probablement à quelque chose du genre “aucune qui s’en soit jamais plaint jusque-là”, mais la sienne est plus simple, plus sincère et tant mieux finalement. Il aura au moins eu le mérite de ne pas lui avoir menti. Ainsi elle avait vu juste, c’était sa façon d’être avec toutes celles qu’il trouvait mignonnes. Devait-elle plutôt retenir qu’elle était une parmi d’autres, ou que parmi toutes il la classait avec celles qu’il lui étaient agréables de regarder ? Le premier aurait pu faire naître chez elle une légère déception si elle accordait de l’importance aux flatteries d’un inconnu. Mais ce n’était pas le cas. Elle approchait de la trentaine et en cela elle ne se bourrait plus le crâne d’illusions ou de vains espoirs. Ainsi, elle retiendrait simplement sa franchise et veillerait à ne prendre cela que comme une vieille manie pas si désagréable. Cela semble l’amuser en tout cas si elle en croit ce sourire qu’il lui sert. Un tout petit peu moins coincée que ses compatriotes, elle en joue, fait une faible moue, coin droit de ses lèvres relevé et roule des yeux d’un air faussement réprobateur. Aucune remarque ne suivra car déjà elle l’observe réagir à son affirmation. Phrase qu’elle avait prononcée pour le dédouaner et qu’il utilisait à présent pour la taquiner. La jeune femme ne le prit pas mal, il était assez doué pour la faire se sentir à l’aise en sa présence, mais il lui en faudrait plus pour complètement dérider une Kyréenne et pour l’heure ce n’est qu’un fin sourire qui se pose sur son doux visage.

Le sculpteur s’éloigne et elle le suit du regard, en profite de son côté pour s’appuyer contre l’une des tables, résistant à l’envie de passer ses doigts fins sur tous les outils qui se trouvaient étalés dessus, ou d’en prendre un pour l’admirer de plus près. Rafraîchissante, le mot était bien choisi pour désigner leur rencontre. Avec d’autres elle aurait été certainement moins badine. Toujours elle l’observait et il semblait tout à coup plus sérieux, hésitant et distant aussi. Intriguant. Puis il reprend la conversation, lui donne l’impression de se livrer et c’était ça plus qu’autre chose qui était capable de la toucher. Dans ses explications elle entre-apercevait les fêlures de son coeur, celles d’un deuil dont on ne se remettait presque jamais complètement et que d’une certaine manière elle avait aussi. A aucun moment elle ne l'interrompit. Vigdis, affirmée et protectrice, son épouse aurait certainement pu être une excellente Skjaldmö, mais de toute évidence, elle ne l’était pas, pourtant un prénom pareil l’aurait toute prédestinée à ce mode de vie. La valkyrie se garda bien de faire tout commentaire dessus, mais effectivement pour le coup, elle était peut-être celle qui se rapprocherait le plus de la défunte. Les questions aussi elle éviterait, se contentant simplement de recueillir précieusement ce qu’il voudrait bien lui confier de lui même. Pour autant, sa demande la laissait perplexe.

    - Croyez bien, qu’il me plairait grandement de rester vous tenir compagnie, aujourd’hui et chaque jour suivant jusqu’à ce que je doive repartir même si vous voulez. Mais est-ce vraiment vous rendre service que de rester si je vous la rappelle autant ?

Ses yeux clairs le scrutaient avec bienveillance. Faire remonter d’anciens fantômes à la surface était bien la dernière chose qu’elle souhaitait. Et pourtant, il lui donnait l’impression d’avoir ce même besoin qu’elle de compagnie. Puis craignant qu’il ne change d’avis elle ajouta.
    - Mais si vous êtes sûr de vous je serai discrète.

Oups ! Peut-être pas le meilleur des mots à employer…
    - Enfin, là, dans un coin, je ne ferai pas de bruit et… Mais par contre ne vous attendez pas à ce que je sculpte de mon côté, je n’ai jamais touché un burin de toute ma vie !

De toute façon il n’avait sans doute pas le temps de l’observer faire quoi que ce soit. Prenait-il seulement des pauses ? Lidjä avait bien l’impression qu’ils se rendraient déjà mutuellement service rien que s’il lui permettait de rester. Mais cela ne résoudra pas son problème de robe.
    - Ma recherche ? Hum… Peut-être. Il se trouve que demain mon amie se marie. C’est la première fois que je suis invitée à un mariage et en temps normal je ne porte jamais de robe, alors pour l’occasion je m’en suis achetée une. Et je voulais savoir si elle conviendrait ou s’il vaut mieux que j’abandonne l’idée car je voudrais lui faire honneur. Peu m’importent les apparences, mais je ne pense pas que ce soit convenable de débarquer à un mariage dans ma tenue actuelle, munie de mon bouclier et mes autres armes…

Rien de compliqué, elle cherchait principalement à être rassurée, et puis peut-être qu’après il pourrait lui expliquer un peu comment se déroulaient les mariages, qu’elle n’ait pas de trop grosse surprise.

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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Ven 17 Aoû - 4:43

Elle ne pose pas plus de questions, et silencieusement Narcisse l’en remercie. Il avait si facilement montré ses fêlures, désarmé devant cette inconnue qui était parvenue en à peine quelques instants à lui inspirer une confiance viscérale. Le pouvoir de cette Lidjä était épatant. Ce qu’il se dit en l’écoutant, préférant lui attribuer une obscure capacité exceptionnelle plutôt que reconnaître que quelques badineries et regards échangés avaient suffit à transformer le solitaire en un assoiffé de compagnie rampant devant un oasis salutaire. Car à présent, il était plus sûr encore qu’il ne voulait pas qu’elle parte. N’avait aucune idée de quoi ils allaient bien pouvoir parler alors que si tôt, le veuf en avait déjà tant révélé. Mais à son sens, il n’était même pas obligé qu’ils parlent tant. Juste sa présence lui ferait du bien, le faisait déjà, le Croquelune le sentait.
- Vous plairait-il réellement de passer tant de temps ici avec moi, en la demeure de votre famille ? Car si cela dépend juste de ce que je désire, eh bien… Oui, je le veux ! Pour autant, d’aucun trouveraient certainement que j’abuserais là de votre gentillesse. Vous savez ce que moi j’y trouve comme bénéfice : une présence rassurante, apaisante, une manière de me réchauffer le cœur. Mais vous, pour quelle raison iriez-vous donc sacrifier votre séjour pour un parfait inconnu ?
La statuaire ne relève pas en tout cas sur la part où elle s’était exprimée sur sa totale inexpérience en ce domaine. Il n’avait pas voulu insinuer cela, et se doutait bien qu’elle ne mettrait pas la main à la pâte. Pour ne pas reparler de Vigdis en l’instant, évite donc d’apporter la précision sur le fait que bien souvent, les époux avaient juste aimés à porter leur regard sur l’autre tandis qu’il se trouvait à l’œuvre, sans travailler eux-même de leur côté. Des inséparables peinant à passer du temps l’un sans l’autre, et prenant juste plaisir à être auprès de leur moitié. Le marquis aspire deux autres bouffées rapides sur sa pipe, fixant toujours la belle Lidjä.
- Je vais vous faire une offre honorable. Vous me semblez d’une grande gentillesse et douceur, aussi vous est-il peut-être embarrassant de juste refuser mon invitation, sacrifiant par là votre temps libre inutilement. Alors… je vous invite à quitter la pièce ! Partez, et… si vous ne revenez pas, je comprendrai et ne vous en tiendrai aucunement rigueur. Vous serez ainsi libérée sans devoir en ressentir aucune gêne. Si par contre vous souhaitez réellement passer ce temps avec moi, profitez-en pour vous changer… Si je dois vous donner mon avis sur votre robe, il n’y a aucune autre bonne manière que de la voir portée.
Disant cela, il s’était levé et rapproché. L’avait un peu plus détaillée du regard, appréciant ce qu’il y voyait, y compris cette mise plutôt inattendue pour une membre de la famille Sylvamir. Une très belle femme certes, et provenant d’une prestigieuse famille, mais à la posture stricte bien que pas dénuée de féminité qui en effet pouvait témoigner que les robes ne faisaient pas partie de ses usages. Cette femme était un mystère, et bien entendu cela éveillait plus encore son intérêt. Aussi mieux valait la prévenir, sans doute…
- Par contre, si vous revenez, préparez-vous, car je risque fort d’attendre plus que silence et discrétion de votre part. En vérité, il me plairait d’en apprendre bien plus sur vous… Si vous n’aimez pas être victime d’un flot de questions, il est encore temps de fuir, charmante Lidjä !
Toujours ce regard détaillant son visage, et son sourire qui en effet en disait long sur les charmes qu’il lui trouvait.

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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Ven 17 Aoû - 12:46

Il y avait des personnes comme ça que dès le premier regard nous savions à l’avance que nous ne pourrions pas les supporter, la faute aux premières impressions, une attitude qui déplaisait, un visage ou un nom qui rappelait de trop mauvais souvenir, et puis d’autres qui nous laissaient indifférents, mais à qui nous n’aurions pas de mal à laisser d’autres opportunités de se découvrir plus encore ou à simplement passer notre chemin, et enfin, ceux qui nous mettaient à l’aise et en confiance dès le départ, ceux-là qui nous donnaient envie de rester, d’apprendre à les connaître et de construire un lien durable. Étrangement, le Croquelune était de ces derniers pour la bienveillante Lidjä. En lui elle percevait une âme et un coeur brisé, souffrant et son instinct de protectrice avait envie de veiller sur lui, d’essayer d’alléger sa peine comme elle protégeait ses étudiants. Ce serait bien présomptueux de penser qu’elle pourrait y faire quoi que ce soit. Mais il disait lui-même que sa présence lui apporterait un semblant de baume au coeur. Elle n’avait pas oublié qu’elle lui rappelait sa défunte épouse, mais pour le moment, il l’avait convaincue, il suffirait qu’elle reste vigilante et si sa présence faisait plus de mal que de bien, elle partirait tout simplement.
    - Il n’y a nul sacrifice dans le fait de vous apporter un peu de compagnie. Veiller sur les autres, c’est ce que je fais toujours.

C’était aussi son travail en un sens, mais un travail qui était une vocation, pouvions-nous vraiment appeler cela un travail ? Si le terme n’avait pas cette connotation négative de pénibilité nécessaire, oui, mais en l’état… Il se rapprocha et en même temps lui demanda de partir. Comme si elle n’était pas assez grande pour dire non, c’était vrai qu’elle était obéissante, mais quand même, heureusement, elle ne ferait pas la susceptible pour si peu. Il verrait bien par lui-même si elle revenait ou pas. Le marquis semblait moins tendu que lorsqu’il s’était un peu livré sur son épouse et elle se félicitait de ne pas avoir creusé sur le sujet. Lui par contre semblait bien décidé à vouloir inonder de questions ce qui l’amusait.
    - Rassurez-vous je suis tout à fait capable de dire non ou de repousser quelqu’un.

De manière douce, ou forte d’ailleurs, ce qu’il pourrait comprendre bien assez tôt lorsqu’il aurait compris qui elle était, mais encore un peu elle s’amusait du semblant d’anonymat qui régnait sur sa personne.
    - Et puis, comme je vous l’ai dit, demain je suis de mariage, donc je ne viendrais pas ici, oh mais peut-être vous croiserais-je là-bas ? Hum… Et après-demain j’ai prévu de sortir et passer du temps avec ma famille. Mais les jours suivants, je n’ai rien prévu de particulier, rien qui s’étende sur une journée entière en tout cas, alors, je viendrais. Mais vous me chassez maintenant ! Ah ! Je m’en vais !

Bras croisés sur sa poitrine, elle avait trop envie d’en rire pour que son semblant d’offense soit crédible. Néanmoins elle se dirigea promptement vers la sortie. Avant de disparaître derrière la porte, elle lui jeta un dernier regard lui offrant un sourire amical. Il souhaitait mieux la connaître ? Alors elle avait une petite idée sur ce qu’elle pourrait rapporter en plus de revenir dans sa robe…

Elle avait bien dû prendre au moins une vingtaine de minutes pour retrouver sa chambre et troquer sa tenue normale contre celle plus féminine qu’elle porterait sans doute toute la journée du lendemain. Du plat de la main elle lissa les plis de l’étoffe en drap de laine bleu marine. Rien que le fait d’être en robe était un très gros changement pour elle, même si sa tenue en elle-même était très simple. Lidjä avait quand même choisi un modèle agrémenté de galons brodés de fils argenté, cousu aux poignets, à l’encolure arrondie et au bas de la jupe ample. Après avoir vérifié que les laçages sur ses flancs étaient bien serrés, elle se mordilla la lèvre inférieure. Elle avait oublié un détail. Les chaussures… Tant pis, la cotte était suffisamment longue pour que ses pans trainent au sol et que personne ne remarque qu’elle avait gardé ses bottes. En théorie. Prête, elle attrapa une dernière chose avant de reprendre le trajet dans les couloirs la ramenant à l’atelier. Devant la porte, elle était un peu nerveuse, gênée. Elle allait être passée au crible et ça ne m'enchantait pas plus que cela. Il avait déjà eu assez l’occasion de la détailler de ses beaux yeux et ça ne l’avait pas dérangée plus que cela, mais dans cette tenue, aussi sage fut-elle, elle se sentait plus vulnérable. C’était peut-être pour cette raison qu’elle cherchait une fille à l’origine, elle aurait été - ou pas - moins angoissée. Ses mains se resserrèrent sur l’objet qu’elle avait apporté avec elle, le seul capable de lui insuffler courage et détermination en toute situation. Et finalement, ce fut la curiosité qui prit le dessus. Un peu pour sa robe, mais aussi, et surtout, pour son bouclier qu’elle assimilait souvent à sa carapace de tortue. L’arme fut doucement posée au sol, sur la tranche recouverte d’une bande protectrice de rawhide. Cette fois elle frappa à la porte avant de la pousser et entra. Elle fit quelques pas en direction du statuaire, sourire aux lèvres et observait avec attention sa réaction. Cette dernière, plus que des mots pourraient lui démontrer si elle n’était pas trop ridicule ainsi habillée. Son bouclier qu’elle avait fait rouler à son côté était maintenant partiellement caché derrière sa jupe, ses mains passées dans son dos le tenaient à bout de doigts.

    - Me revoilà, et de mon plein gré ! Alors ? Qu’en pensez-vous ?

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Message Sujet: Re: En étant ce que je suis   Mer 3 Oct - 18:29

À ses derniers commentaires avant qu’elle quitte la pièce, le marquis n’avait fait que répondre par un sourire silencieux. Une manière d’éviter de prolonger inutilement si elle ne revenait pas, mais aussi – sans doute – un peu d’impatience de la voir changée, alors qu’elle se faisait rassurante quant à son désir de passer plus de temps avec lui. L’avait suivie de son regard d’émeraudes quand elle avait filé, laissant d’ores et déjà un vide derrière elle. Il resta alors un moment pensif, terminant d’épuiser le foyer de sa pipe. Repensait à ses mots. Qu’elle aimait à veiller sur les autres, ou du moins qu’elle en avait l’habitude. Du coup, la belle Lidjä considérait-elle qu’elle veillerait ici sur lui ? Cela lui fit un peu bizarre, puisqu’au final il voyait cela comme une manière de se tenir compagnie l’un à l’autre, d’égal à égal, là où la question de « veiller » entraînait forcément, implicitement, une forme de hiérarchie. Oh, cela ne chatouillait pas son égo, mais il avait plus à cœur une réciprocité en ce cas. Comme des époux qui veillaient l’un sur l’autre, chacun à sa manière.

Il soupire, chassant cela, peu désireux de se laisser replonger dans une mélancolie en rapport d’une moitié perdue à jamais. Préfère reconcentrer son attention sur la belle aux cheveux d’or qui venait de le quitter. Pour mieux revenir ? Il l’espérait, bien sûr, y croyait même, lui faisant confiance. Appelait de ses vœux à ne pas en être déçu. C’est que le lendemain, il ne serait pas au mariage. N’y avait pas vraiment sa place tout simplement, estimait-il. Aussi, la seule chance de voir la skjaldmös en robe, c’était ici et maintenant. En ce cas, il en aurait la primeur même, ce que le Croquelune ne manquerait pas de considérer comme un honneur tant ce genre de tenue paraissait étranger à la Sylvamir. Puis marteau et ciseau revinrent sur le devant de la scène, martelant le marbre à nouveau alors que le statuaire laissait son esprit vagabonder sur le modèle qu’elle porterait, et à quoi elle ressemblerait dès lors. Point trop tout de même, il ne fallait pas que cela influence les coupes qu’il donnait à la matière. Mais tout de même bien présent en son esprit, en fond, en place de quelques chansonnettes qui pouvaient s’y trouver de coutume lorsqu’il œuvrait.

Pas assez concentré pour ne pas entendre finalement le petit martèlement à la porte. Celle-ci qui s’ouvre doucement pour laisser entrer l’objet de ses pensées. Son regard une nouvelle fois la détaille. Bien sûr, il a remarqué directement le bouclier, toutefois Narcisse ne fait pas montre de s’en émouvoir, préférant tout d’abord laisser ses yeux courir et couvrir la Kyréenne dans ses nouveaux atours. Se tourne en sa direction, posant ses outils. De la tête aux pieds, et des pieds à la tête, lentement observe sa mise, souriant. Ce qui sautait aux yeux bien sûr – outre l’accessoire peu commun – était la sobriété, la sagesse de cette robe qui laissait tout à l’imagination. Et à dire vrai, il n’était pas trop étonné. Bien loin des tenues coutumières en son duché, mais qui choqueraient sans doute sans manquer de ce côté-ci de la frontière. Un peu trop sage peut-être… montrer un peu de bras, ou une échancrure plus marquée. Toutefois, il sourit, déclarant enfin :
- Cette robe vous va très bien, Lidjä. J’en imagine aisément qui vous mettraient plus encore en valeur, mais la mode cielsombroise risquerait par trop de vous mettre mal à l’aise. Et même, je me dis… pour un si précieux bijou, qu’importe l’écrin ? Sa sobriété fait toutefois écho à la vôtre. Votre beauté attirera les regards, et les simplicité de cette toilette ne les rendra pas trop insistant. Mais c’est discret, raffiné, sobre comme je le disais… Oui, elle vous va bien !
Cependant, si je puis me permettre… les dames de la noblesse emportent plus volontiers parures et sacs raffinés que… hum… ce type d’accessoire. À moins que… serait-ce peut-être là votre cavalier que vous me présentez ?
Le Croquelune rit légèrement, ayant manifestement décidé d’en arrêter là de la façade pince-sans-rire aux petites plaisanteries qu’il lui lançait. Quoi que… en rajoute une légère couche tout de même…
- Vous savez… je pense que les gens par ces contrées et dans ce type d’événement savent assez bien se tenir pour que vous n’en ayez point besoin. Et puis c’est tout de suite plus compliqué pour danser, ne pensez-vous pas ? Attendez, permettez...
Doucement, il approcha. Respectueusement, et si elle le laissait faire, il lui saisirait la main pour lui faire effectuer un petit tour sur elle-même.
- Vous êtes parfaitement charmante ! Ne vous sentez-vous pas un peu plus légère ainsi également ?
Toujours son grand sourire, la présence de l’ombre bienveillante lui plaisant énormément. Bien sûr, il aurait pu commencer à lui poser des questions. Lui faire part de suppositions – une femme à bouclier en Valkyrion lui évoqua bien sûr ces « vierges guerrières » dont il avait déjà entendu parler – mais ne souhaitait pas empêcher la belle blonde de faire elle-même sa révélation, aussi mieux valait ne pas chercher à trop lui casser son petit effet lorsqu’elle l’annoncerait à lui, le flagorneur et plaisantin marquis voisin...

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