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 Les flots du jugement

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La Noblesse
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Message Sujet: Les flots du jugement   Mar 7 Aoû 2018 - 5:17


Livre III, Chapitre 5 • La Joueuse de Flûte
Bartholomé d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer & Pénélope de Bellancre & Ferdinand du Garbin & Archie le Brinicle & Denys du Lierre-Réal & Édouard de Mascaret

Les flots du jugement

La conclusion d'une histoire pour mieux vivre ; ou simplement survivre



• Date : 22 aout 1003
• Météo (optionnel) : Le temps est lourd et la pluie tombe dehors
• Statut du RP : Ouvert
• Résumé : Ils se sont déjà dit adieu, mais les figures publiques doivent jouer de la mascarade jusqu'au bout. Là est le procès publique de l'ex-duchesse Jehanne d'Ansemer. Mais les dés sont déjà lancés après tout...
• Recensement :
Code:
• [b]22 aout 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4046-les-flots-du-jugement#150712]Les flots du jugement[/url] - [i]Bartholomé d'Ansemer & Jehanne d'Ansemer & Pénélope de Bellancre & Ferdinand du Garbin & Archie le Brinicle & Denys du Lierre-Réal & Édouard de Mascaret[/i]
Ils se sont déjà dit adieu, mais les figures publiques doivent jouer de la mascarade jusqu'au bout. Là est le procès publique de l'ex-duchesse Jehanne d'Ansemer. Mais les dés sont déjà lancés après tout...


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Dernière édition par Bartholomé d'Ansemer le Dim 19 Aoû 2018 - 16:44, édité 4 fois
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Message Sujet: Re: Les flots du jugement   Mar 7 Aoû 2018 - 5:19

« Silence. » que le législateur lance, d’une voix puissante, qui fait taire tous les murmures. Et Bartholomé entre.

La salle d’audience qui a spécialement été aménagée pour l’occasion est bondée. Par les grandes portes d’entrée on fait face à une foule qui se presse, debout, pêle-mêle dans ses genres. De petits bourgeois, de la rotures. Des curieux, surtout. Ils sont cerclés des gardes, omniprésent dans la salle, guerriers et Chevaucheurs mandés spécifiquement pour assurer la sécurité du procès. Au centre, un grand espace est gardé vide, pas même une chaise. Simplement un pilori installé un peu plus loin sur la droite. Il ne sera pas utilisé à proprement, mais il est là, symbole en lui-même. Des bancs et quelques dossiers ont toutefois été installés de chaque côté, encadrant cet espace qui accueillera plus tard l’accusée. Quelques places assises pour les nobles venus assister la déchéance de l’ancienne duchesse d’Ansemer. De la haute et moins haute noblesse d’Ansemer, mais aussi même quelques voisins, dont le duc de Lagrance que Bartholomé a invité lui-même en allant chercher sa fille au début du mois. Le grand siège qui fait office de trône ducal a été reculé un peu plus loin, sur la gauche, sur l'estrade qui termine la grande pièce. Au centre, il a été remplacé par un long bureau courbé, où sur les six chaises prennent place le juré mis en place par le duc. Aux extrémités, des Capitaines de navires. Celui d’un grand navire d’exploration, ainsi que le Capitaine de l’Hermione. À leur côté, chacun est flanqué d’un membre du conseil ducal ; Ferdinand du Garbin, noble Ansemarien armateur et Archie le Brinicle, général de la flotte navale de guerre ansemarienne. Et au centre, les deux marquis d’Ansemer, Laurent de Brunante ainsi que Pénélope de Bellance. C’est cette dernière qui, par son statut de haute noblesse - et le portant depuis plus longtemps que le tout nouveau marquis de Brunante - aura été désignée pour présider le juré. Un honneur à double tranchant, possiblement, mais n’est-ce pas aussi le cas de la place que prennent chacun des membres qui le composent?

Ils savent tous, que malgré le caractère public de ce procès, malgré ce juré sur lequel le duc d’Ansemer n’aura pas réel mot, qu’il n’y a qu’un seul verdict qui est attendu. Ils savent tous, aussi, que le duc sera là, derrière eux, à les observer et les écouter, et qu’au terme de celui-ci privilèges pourraient se gagner ou se perdre.
C’est là bien plus qu’un simple procès. C’est une démonstration de justice, une démonstration de force, de la puissance d’un duc en son duché et du statut possiblement précaire de tous ceux en dessous. Et dans l’idée de garder trace de cette démonstration de justice, le duc a même engagée une jeune peintre dont le nom se murmure de plus en plus pour rendre sur toile cette scène ; elle ornera, une fois achevée, les murs de cette même salle qui d’ordinaire accueille les doléances et les requêtes. Image souvenir de ce qu’il veut démontrer.

Et Bartholomé entre. Paré de ses plus somptueuses soies, brodées de perles et de fins coquillages, dans des teintes d’un bleu sombre qui rappelle la mer. Il entre droit, digne, le regard dur et sévère, l’expression sur son visage déterminée. Une expression savamment composée, qu’il espère pouvoir tenir quand on fera entrer Jehanne.

Il n’est pas retourné la voir, depuis cette nuit-là peu après la perte de l’enfant de son ancienne femme et de son frère. Après cette nuit d’aveux et de sentiments dévoilés. Il n’y est pas retourné, mais combien de fois y a-t-il pensé, alors que la nuit venait tomber, alors qu’il partageait ses draps avec Geneviève et que la fraction d’un moment il imaginait Jehanne à la place de la brune. Il n’a qu’envie que tout ceci soit terminé, qu’elle soit loin, qu’il puisse enfin l’oublier ; parce que c’est plus difficile, quand il la sait ici.

Pas un mot, alors qu’il traverse la pièce, qu’il contourne le grand bureau courbé, adressant un signe de tête à son juré au passage, et vient prendre place sur son siège. Le silence se poursuit un moment, jusqu’à ce que son regard croise celui du législateur, léger hochement de tête. Ce dernier se retourne pour faire face à la salle. « Qu’on fasse entrer l’accusée. » Et les grandes portes s’ouvrent à nouveau, les gardes repoussant la populace tassée debout pour créer un passage alors que tous les regards se retournent pour la voir entrer.

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Message Sujet: Re: Les flots du jugement   Mar 7 Aoû 2018 - 21:59

Faërie • Peuple



Archie

le Brinicle



3.5 La Joueuse de Flûte

Présentation



Comme une journée de deuil. En pire. Se disait-il au fond de lui alors qu'il sentait Messaïon pleurer des cordes au delà de la mer, sur le palais. Comme s'il assistait à sa manière au jugement qui allait avoir lieu.

Droit sur sa chaise, l'homme à la barbe aussi noire qu'elle était dense se pencha un instant pour faire part de sa réjouissance à son voisin, pour échanger quelques mots discrets et salutations également. Mais rien de trop. Jamais trop. Surtout en cet instant. Il fallait dire qu'il était fier, Archie le Brinicle, d'assister depuis cette place. Et pourtant... Il n'était pas à son aise non plus - surtout 'à terre'. Il avait le pied marin après tout, quoi de plus normal pour un Amiral. Il s'était fait des plus soigné pour l'occasion – et avait même goûté à la plaisanterie d'un capitaine qui avait feinté avoir eu du mal à le reconnaître. Le tout pour prendre quelque assurance et aise sur ce sol froid et dur. Il était tout de frais vêtu, et pour l'heure, les heures à venir, il se sentirait autant flatté de faire partie du juré, que coincé dans ses vêtements. Ce n'était pas qu'il avait hâte que cela se termine, non, mais il avait néanmoins envie que cela ne s'éternise pas. Que le procès soit rapide et sec. Car la femme qui arriverait bientôt ne méritait pas de faire perdre davantage de temps et de souffle à l'homme qui franchirait les portes avant elle.

Quel scandale honteux qu'il fallait traiter tout de même. Scandale choquant qui avait fait frémir et sa grande barbe et sa moustache quand il en avait eu vent. Scandale qui avait entaché la grandeur de son duc et de son duché. Scandale qu'il fallait vite réglé – et qui l'était déjà officieusement de toute manière. Ah... qu'est-ce qui seulement les avait mené à ça. Réponse tant stupide qu'elle était vrai et barbante à la fois.

L'amour.

Ce sentiment. Ce n'était pas forcement quelque chose de sacré, ce n'était pas tant ce qui importait dans une famille, entre un homme et une femme, entre un époux et sa femme. Ce qui importait c'était la vie qui en découlait. C'était le respect entre partenaire. C'était le respect suffisant et nécessaire que n'avait apparemment jamais eu l'ex duchesse envers son mari, pour son duc, pour Bartholomé d'Ansemer.

Alors, bien sûr, l'on pouvait dire -certains tout du moins le faisaient déjà- pointer du doigt même, qu'il était tout aussi en tort en la remplaçant publiquement par la belle Compagne ; Geneviève des Armoises. Mais c'était faux. À ses yeux d'homme de pont, de disciple de Messaïon, de fervent serviteur du duché et de sa famille (ce qu'il en restait), d'Amiral respecté de la Flotte navale, il ne trouvait rien à reprocher à l'homme. À cet homme là.

Que pourrait-il seulement discuter de toute manière ? Bartholomé n'avait pas su garder sa femme ? Et alors, lui non plus. Mais ce n'était pas son procès à lui, la sienne de femme était déjà enterrée au fond des eaux du dieu qu'il priait – c'était du moins l'idée qu'il avait adopté au fil des années et il était loin de vouloir remonter le sujet comme la question.

Non. Ici, le reproche allait à la femme, à cette femme là dont il était question aujourd'hui, la déchue, elle ne s'était pas adaptée, n'avait pas cherché à le faire, ni su voir le privilège qui lui était donné de se tenir à ses côtés tout simplement. Pire encore... elle s'en était allée dans les bras du frère... Parjure.

Le Brinicle désapprouva une nouvelle fois de la tête silencieusement (peut-être bien la centième depuis que ce scandale avait éclaté) tandis qu'on annonçait l'arrivée (par le silence) de Bartholomé d'Ansemer. L'homme à la barbe se leva, saluant son duc et sa traversée des plus respectueusement avant de se rasseoir une fois l'homme dirigeant le duché assit. Et le calme se prolongea alors qu'on indiquait de faire entrer la traîtresse. Alors que son regard bouffi d'honneur, de fierté et de loyauté couvait l'armature de la porte. Porte qui s'ouvrit dans un souffle retenu – de son souffle en tout cas.


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Message Sujet: Re: Les flots du jugement   Dim 12 Aoû 2018 - 9:48

Faërie • Noblesse



Ferdinand

du Garbin



3.5 La Joueuse de Flûte

Présentation



C'est un honneur d'être présent aujourd'hui et Ferdinand le sait parfaitement. Il n'a négligé aucun détail de sa tenue, désirant clamer à chacun de ceux qui le croiserait à quel point sa santé financière est importante, de même que sa place politique dans le duché d'Ansemer. Après tout, même un tel procès permet d'être bien vu et d'engranger quelques contrats supplémentaires : avoir la faveur du duc d'Ansemer est une publicité bienvenue. Quant au procès en lui-même, Ferdinand n'a guère d'illusion sur le tour qu'il prendra, quelle que soit son opinion là-dessus.

Il est mitigé, le conseiller de Bartholomé. L'amour semble avoir occupé une place bien trop importante dans cette histoire et comme souvent, il n'en sort rien de bon pour personne. L'amour, quel choix stupide ! Une fadaise dont on remplit la tête des plus jeunes, mais qui n'a plus lieu d'être quant on est adulte ! Remplir sa maison d'enfants, bâtir sa réputation, développer ses activités… quel besoin d'un sentiment comme l'amour ? Jeanne était trop jeune, sans doute, sa tête trop farçie des stupidités ansemariennes de son duché natal. Là réside sans doute le vrai problème ! Le reste n'a été qu'une multitude d'erreurs. Et désormais ils sont là, à juger une jeune femme qui ne doit pas se faire trop d'illusions sur ce qu'il va se passer.

Son voisin se penche vers lui pour échanger quelques salutations rapides, auxquelles Ferdinand répond avec bienveillance. L'homme ne lui est pas inconnu, comme chacun de ses voisins d'ailleurs, et encourager des relations cordiales ne peut être qu'une aide pour développer le commerce. La conversation meurt vite pourtant, chacun concentré sans doute sur son rôle ici, un rôle dontles grandes lignes sont déjà écrites. Qui serait assez stupide, après tout, pour se mettre à dos le duc ? Qui aurait l'audace de sacrifier ses biens et sa maisonnée pour défendre une jeune femme qui n'a, après tout, absolument aucune excuse ?

Le silence se fait dans la salle à l'arrivée de Bartholomé d'Ansemer, chacun se levant pour faire honneur à leur duc. Ferdinand incline la tête, le dos raide et un peu emprunté, conséquence de l'âge qui avance. Il se fait vieux, Ferdinand. Raison de plus pour assurer à son duc toute sa loyauté et son soutien, histoire d'assurer à ses fils une bonne place auprès de l'homme. Le législateur prononce enfin la phrase fatidique, annonçant l'entrée de la condamnée. De l'accusée.  Ce n'est que cielsombroiseries : il n'est pas dur de deviner le statut de Jehanne, à la fin de ce procès. Puisse Mirta protéger celle qui semble avoir succomber au charme de l'Amour.

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Message Sujet: Re: Les flots du jugement   Mar 14 Aoû 2018 - 23:56

Lorsque la clarté a commencé à poindre, ce matin-là, Jehanne était éveillée. Ce n’était pas de la faute de l’anxiété ou de la peur : ces deux sentiments avaient disparu à peu près en même temps que sa volonté de retrouver la liberté. Ce n’était pas non plus la faute de l’agitation, juste devant sa porte. Ce n’était que de sa faute, à elle. Comme tout ce qui allait se passer en cette journée du vingt-deux août mil trois, dans ce palais, tout ce que l’on dirait serait de sa faute.
Peut-être était-ce pour le mieux. Sans doute était-ce pour le mieux.

L’ancienne duchesse ne se faisait aucune illusion, quant à l’issue de la parodie de tribunal qui allait se dérouler ce jour. Personne n’espérait qu’elle en ressorte intacte. Personne n’était assez fou ou stupide en Ansemer pour croire que le juré aurait pour elle quelque considération : le crime était trop important, bien que fabriqué en grande partie. Mais elle acceptait, comme elle avait toujours tout accepté, Jehanne. Elle acceptait qu’on la condamne pour avoir tenté de mettre sur le trône son enfant illégitime – enfant désormais reposant en paix –, elle acceptait qu’on l’accuse d’avoir voulu tué un homme qui l’avait violentée, ignorée, qu’elle n’avait jamais refusé et qu’elle avait cru aimé. Elle acceptait, enfin et surtout, qu’on l’accusât du pire crime de tous, d’avoir aimé un autre que lui, d’avoir aimé son frère. D’avoir meurtri son égo en lui préférant son cadet.

Elle acceptait d’avoir aimé, et d’être coupable de l’avoir fait. D’avoir failli en tant qu’épouse d’un homme qui de toute manière ne l’aimait pas, elle.
Elle deviendrait un exemple pour tous, en Ansemer surtout, pour toutes ces femmes qui s’estimaient dans leur bon droit en prenant amant quand leur époux n’était plus qu’une ombre terrorisant leur vie. Qu’elles soient là, dans les rangs de ce procès. Qu’elles sachent ce qu’il en coûte, d’aimer.

Lorsque les gardes étaient venus la chercher, ils avaient du la soulever de la chaise où elle s’était assise. Elle avait mis un soin tout particulier dans sa tenue et sa coiffure, de tons bleutés qui relevaient ses yeux, mais personne ne s’y laisserait prendre. Les hommes à la haute stature qui l’encadraient, alors qu’elle marchait lui servaient autant de soutien que d’escorte. Cela faisait un mois que son enfant était mort, expulsé vivant d’elle pourtant, et comme pour son dernier accouchement, son corps l’avait misérablement faite payer. Sauf que cette fois, elle n’était plus duchesse. Cette fois, personne n’était venu la voir, s’inquiéter qu’elle récupérait : un guérisseur, de temps à autre, quelques minutes à peine.
Elle portait sur elle, sans fard et sans artifice, les douleurs de son corps, l’épuisement physique, les larmes et la mort.
Ce fut un fantôme qui pénétra dans la salle d’audience. Un fantôme de chair, certes. Mais si l’on regardait bien, dans la lueur des candélabres, on pouvait presque voir à travers elle.

Ce serait, sans doute, un véritable cadavre qui ressortirait de cette audience, ou, tout du moins, l’espérait-elle.
Les regards et les chuchotis, pour la plupart haineux, coulaient sur elle comme des gouttes d’eau : concentrée à ne pas tomber, frêle entre les gardes qui bientôt devraient la laisser, au centre, sous les yeux de tous, elle n’allait pas s’attarder sur les injures qui volaient, soufflées par un peuple bien trop fidèle à quelqu’un qui ne l’était pas.

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Message Sujet: Re: Les flots du jugement   Mer 15 Aoû 2018 - 19:06

Une mascarade. C’est tout ce que seraient ce procès et le jugement qui serait rendu. Comment imaginer que les choses se finissent autrement quand la principale victime était le duc lui même et que les jurés chargés de juger l’affaire étaient tous de loyaux sujets ? Comment voir les choses différemment quand l’accusée n’était pas des plus appréciées dans un court qui faisait la part belle au maître du territoire ? Une vaste mascarade, c’est tout ce que serait cet événement auquel le duc de Lagrance avait été convié, pour observer celle qui autrefois avait été duchesse d’Ansemer et n’était aujourd’hui plus qu’une épouse en disgrâce et une traitresse à la couronne. Pas que Denys s’étonnait de pareille manœuvre de la part de Bartholomé, car en Lagrance, les procès étaient rarement honnêtes, eux aussi, et en tant que duc, il était en droit d’exiger ce qu’il voulait, sans que personne ne vienne critiquer ses actions. En l’état d’ailleurs, difficile de critiquer quoique ce soit puisque ce n’était pas lui le traitre, mais bien au contraire celui qui avait été lésé.

L’invitation de Bartholomé en personne avait été difficile à refuser, lorsqu’il était venu chercher sa fille Bertille après l’annonce d’un procès pour Jehanne. Même s’il n’en avait rien dit à la concernée lorsqu’il l’avait vu à la fin du mois de mai, Denys n’avait pas pu s’empêcher de craindre que ce secret désormais découvert finisse par aboutir à de lourdes conséquences. L’évidence était là de toute façon, et même s’il pas confié le doute à Jehanne, elle était certainement assez maligne pour le deviner. Mais quand même, si l’amant en question n’avait été qu’un simple inconnu, les choses n’auraient pas tournées ainsi. Comment imaginer l’implication du prince Bertin ? Au fond il comprenait à quelle point la trahison était amère, et quand bien même Denys avait bien de l’affection pour Jehanne qu’une part de sa raison suivait l’avis de Bartholomé. La chose ne pouvait rester impunie, même si dans un cas comme celui-ci, le procès n’était là que pour faire joli. Pas un instant le duc de Lagrance n’imaginait que les choses se passent différemment, avec une décision des juges à l’avantage de l’accusée. Etonnant d’ailleurs que Bartholomé n’ait pas simplement lui même décidé de présider l’assemblée.

Le jugement ne serait guère long en tout cas, songeait-il alors que la foule s’amassait dans la salle transformée pour l’occasion en tribunal. Les nobles s’étaient bien entendus rassemblés, mais point autant que la populace curieuse qui bavassait dans un brouhaha informe. L’attente fut presque trop longue, lorsqu’enfin Bartholomé entra, digne et silencieux, observé d’un œil attentif par son homologue bien peu enjoué d’être spectateur de pareil événement. Pouvait-il seulement dire quelque chose ? Oh il le pouvait certainement, car même s’il n’était pas chez lui, il restait un duc avec un fort appui, et Jehanne n’en était pas moins l’une de ses administrées – autrefois du moins. Mais agir en l’instant n’était pas la chose à faire, et même pour l’amitié d’une ancienne duchesse, Denys n’aurait pas pris le risque d’intervenir. Alors il était simplement venu observer, contre l’avis d’une Marjolaine dévastée par tout ce qu’elle avait apprit. Et bien heureusement, elle n'a pas été invité, car son cœur n’aurait pas tenu en voyant la pauvre accusée avancer, comme alourdit d’un poids invisible, plus pâle que les lunes et un pas déjà dans le royaume de Sithis. L’ombre d’elle même, de cette femme connue il y a si longtemps et qui avait laissé à la tempête et l’océan bien plus que sa vie, sans jamais l’avoir consenti.

Personne ne se faisait d’illusion sur l’issue du procès, et certainement pas Denys.

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