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 La dernière aube

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Message Sujet: La dernière aube   Dim 7 Oct - 21:01


Livre III, Chapitre 6 • Puisse le sort vous être favorable
Richard le Harnois & Rejwaïde Sinhaj

La dernière aube

D'un crépuscule qui s'avance



• Date : 10 août 1003 et après
• Météo (optionnel) : Chaud.
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Richard vient de sortir de la Chasse Sauvage, grâce à l'intercession de sa griffonne. C'est Reja qui vient à son secours, contre toute attente.
• Recensement :
Code:
• [b]10 août 1003 :[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4223-la-derniere-aube#155742]La dernière aube[/url] - [i]Richard le Harnois & Rejwaïde Sinhaj[/i]
Richard vient de sortir de la Chasse Sauvage, grâce à l'intercession de sa griffonne. C'est Reja qui vient à son secours, contre toute attente.


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Dernière édition par Rejwaïde Sinhaj le Dim 7 Oct - 21:05, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: La dernière aube   Dim 7 Oct - 21:05

10 août au soir

Souffrance.
L’information transmise par Sirocco est si intense qu’un instant, Reja s’imagine que c’est lui qui gît, fracassé au pied des rochers sur lesquels la caserne de Vivedune est perchée. L’angoisse la paralyse un instant – puis une vague de réconfort en provenance de son griffon la rassure. Il va bien : il relaie simplement la détresse d’un de ses congénères. Il appelle au secours ceux et celles qui sont suffisamment près pour lui venir en aide ; et Reja se hâte, dans le crépuscule qui tombe, auprès de la créature en détresse.

Adamante.
Ces plumes ébouriffées, ce regard impérial et pourtant empreint d’une profonde compassion – c’est la griffonne abandonnée du maréchal parti marcher devant la Chasse Sauvage, c’est la doyenne des seigneurs des cieux d’Ibélène, rattrapée par son grand âge. Une soudaine faiblesse dans son aile en plein vol, et la folle dégringolade sur les rochers. Quelques fractures, des os trop vieux pour être guéris – elle est au-delà de tout soin, Reja le voit rapidement, et les soigneurs accourus quelques minutes plus tard le confirment. Par égard pour la vénérable combattante, on apaise sa douleur par des médicaments puissants, et elle est transportée à l’abri de la caserne avec moult égards. Là, sous un toit de toile pour la protéger du vent du désert, elle passe la nuit à s’enfoncer dans la fatigue de plus en plus profondément, visitée par tous les griffons des alentours venus rendre hommage à la noble guerrière. Les soigneurs se relaient à son chevet, les Voltigeurs également – ce n’est pas tous les jours que la partenaire d’un maréchal s’en vient caresser la mort sous vos fenêtres, et tous tiennent à saluer son courage et sa détermination.

Solitude.
Sirocco n’a pas besoin d’expliquer l’émotion qu’il relaie. Elle se sent si seule, la malheureuse griffonne, délaissée par son cavalier parti mener la Chasse Sauvage ! Et elle appelle sans relâche, malgré la douleur, malgré la peine, malgré la mort qui s’en vient – elle appelle Richard le Harnois, tout inaccessible qu’il lui soit devenu. Et Reja prie, agenouillée près de la griffonne affaiblie, une main caressant doucement les plumes froissées – elle que Mayeul a reconquise par l’intercession de Valda, elle qui a tiré profit de tout ce que Conquête lui a enseigné entre les nuées, elle prie avec une ferveur nouvelle pour qu’un dieu ou une déesse, quelque part, l’entende et intercède pour elle. Elle prie, concentrée, unissant sa volonté à celle d’Adamante qui sombre peu à peu dans une torpeur inquiétante, soutenue par Sirocco, lui-même aidé par ses amis plumeux – tous ensemble, griffons et Voltigeurs, ils prient pour que la noble âme qui quitte le monde des vivants puisse revoir une dernière fois celui auquel elle a lié son destin.

11 août à l’aube

Intercession.
Elle ne saura sûrement jamais qui du Panthéon a consenti à exaucer les prières des mortels aux petites heures du jour, mais le résultat est là : sensible à l’influence de la Chasse Sauvage même après l’avoir quittée, Reja perçoit une vibration familière à proximité. Une sensation floue, comme une musique qu’elle devinerait au lieu de l’entendre, comme une caresse qu’elle apercevrait du coin de l’œil au lieu de la sentir sur sa peau. Quelque chose de déplacé, une présence à un endroit qu’elle ne devrait normalement pas fouler. Un intrus, au milieu des dunes, déposé là par les Cavaliers. Emmène-moi, murmure-t-elle à son griffon, et après avoir effleuré une dernière fois le bec d’Adamante, elle s’est envolée au dos de l’ébène, en direction de cette étrange vibration.

Et bien sûr, il est là. Recroquevillé contre la falaise, sous les rayons rasants du soleil qui se lève à peine – Richard le Harnois, celui-là même qui l’a jugée pour ses fautes. Si ce n’était la détresse d’Adamante, elle lui aurait sûrement craché au visage avant de le laisser griller sous l’astre du jour – mais la griffonne est en réelle souffrance, et dans ses derniers instants elle mérite de trouver la paix. Sautant du dos de Sirocco, dans sa livrée toute neuve d’Erebor reconquise par la grâce d’Anthim et de Soltana quelques jours plus tôt à peine, elle s’approche de l’homme hébété. Et parce qu’ils sont en Erebor, parce qu’elle est erebienne et qu’elle croit en les valeurs de son peuple, elle se penche vers la silhouette recroquevillée, avec aux lèvres le tutoiement de ceux de son clan pour les miséreux qu'ils recueillent.

« C’est terminé. Tu es en Erebor, et je vais t’aider. Il y a quelqu’un qui t’attend. »


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Message Sujet: Re: La dernière aube   Ven 12 Oct - 20:52

Tu la sens ; Adamante. Affaiblie plus que jamais aujourd'hui. Comme tu l'as sentie tant de fois effleurer ta conscience endormie le jour ces quatre derniers mois – encore que tu n'as aucune notion du temps écoulé en cet instant précis mon cher et tendre maréchal.

Tu l'as sentie, la vénérable griffonne, ta partenaire de vol, tu as senti ses insistances, sa volonté, sa colère, sa tristesse, sa sagesse, sa détermination, tout. Tu as senti ses efforts mais tu n'as pas consenti à tendre davantage tes sens et à en faire de même, toi, des efforts pour te sortir de là. Après tout, ce n'est pas que tu y étais bien, mais c'est que tu étais tout aussi déterminé qu'elle à ne plus voir la Chasse s'élancer sur une tête impériale d'Ibélène. À malmener ton empire chéri.

Tu te rappelles un soulagement à voir la princesse Sixtine rendue aux siens, la fille de ton défunt et respecté empereur Augustus, la sœur du prochain qui, tu l’espérais alors, serait de taille, avant de prendre sa place sur un puissant et sombre destrier. Tu te rappelles la fierté et le pincement au cœur à te sacrifier, à faire passer la couronne avant ton titre, ta famille et même Adamante, pour la bonne cause. Pour le moindre mal. Parce-que tu savais que c'était la chose à faire et que la reprise serait assurée. Tu avais alors foi. Tu te rappelles l'effroi et en même temps au fond l'acceptation de la créature cendrée à tenir tes serments de servir la couronne jusqu'au bout. Tu te rappelles avec honneur que le Destin t'as entendu, toi, Richard le Harnois, et qu'il a accédé à ta requête. Ton honnêteté, ta ferveur et ta fidélité l'avaient conquis. Tu te rappelles avant.

Toutefois après cela, après ce couronnement, cet enterrement, cette scène de résurrection épouvantable, tu ne te souviens que d’échos de ces quatre derniers mois passés comme Innocent. Pas assez pour un compte rendu détaillé, mais suffisamment pour savoir quel rôle tu as joué, ce que tu as fait et, si pas le temps, les paysages nocturnes que tu as parcouru. Et il y en a eu beaucoup. Comme il y a eu nombre de lunes jumelles se levant en une boucle acharnée à se répéter pour ton salut et ton sombre devoir de mort.

Ah, mon Richard, que feras-tu à présent ? Que fais tu maintenant ? Serait-ce que l'insistance d'Adamante a fini par payer à te ramener chez toi ? Et si c'est ça, à quel prix ? Te relèveras-tu ? Reconnaîtras-tu ce monde qui a continué d'évoluer en ton absence ? Comment as-t'on recueilli Sixtine à sa sortie ? Les avis ? Les critiques ? Les crachats ? Que fera t'on de ton cas mon maréchal à moi ?

Ex-maréchal.

***
*

La Chasse l'avait relâché sans ménagement et, d'une effroyable nausée qu'il laissait volontiers aux femmes, il savait qu'il n'aimerait pas la direction qu'elle avait prise. Ni le nouveau tour que lui joueraient les dieux.

Perdu, hagard, ses yeux papillonnèrent, piqués par les grains soufflés par le vent, tandis que recroquevillé sur lui il toussait de ce même sable collé à sa bouche. La tête lui tournait, le sens de l'orientation lui manquait. Il était tout simplement égaré en tout point, et physiquement, et mentalement. Les quatre mois passés comme Innocent ne facilitaient pas non plus sa réintégration à la clarté du jour naissant.

Soulagement. Joie. Envie. Faiblesse.
Les émotions de sa griffonne et les images défilant avec prudence dans sa cognition, lui firent comprendre l'état de la créature et plus encore. Il se rappelait bien n'avoir pas donné suite à ses appels acharnés, buté comme il l'était lui aussi, être resté sourd à ses tentatives de le sortir de là, et à présent qu'il la sentait pleinement, il regrettait amèrement sa surdité de ces moments là. Il ne regrettait pas son sacrifice. Mais il était horrifié de constater à quel point ce lien lui avait manqué et à quel point il lui manquerait quand elle ne serait plus là. Car il savait aujourd'hui qu'elle ne tiendrait pas longtemps. Et ce sentiment se trouvait être la chose plus déchirante et déstabilisante qu'il eu jamais vécu à ce jour. La détresse dans son égarement trouva hospice dans une nouvelle présence. Hospice dont il se retint de moucher dessus en la distinguant de plus en plus nettement.

Une femme.
Une ancienne Voltigeuse égoïste.
Une suicidaire.
Qu'il se souvenait bien avoir viré.
Et qui se trouvait, de toute évidence, de nouveau dans sa fonction.

Voilà qu'il faisait déjà face à une des choses qui avait changé en son absence. Et il détestait déjà cette première nouveauté. Comme s'il n'avait eu aucun poids avant d'être Innocent. Comme si son avis, justifié, n'avait eu que peu de valeur de son état de maréchal. Et n'étant plus maréchal, conscient malgré tout que la roue avait continué de tourner sans lui, le poids de ses prochains mots auraient encore moins de valeur aux yeux de l'erebienne que le roc qui lui tuait les genoux en cet instant.

Et pourtant. Malgré tout. Dans toute cette nouveauté à ingérer, dans ses sens à réarranger méthodiquement et précisément, ce ne fut pas la critique qui sorti de sa bouche. Mais un nom. Un besoin. Une demande. Une évidence. Un désir. Presque un ordre mais sans l’aplomb ni le titre. Juste un désespoir au fond de la gorge qui rongeait même pour l'heure sa misogynie.

« Adamante. Amenez-moi à elle. »

En langage des dunes. Un peu simplifié. L'exotisme chantant en moins dans sa voix. Rien de complexe dans cette phrase là.

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Message Sujet: Re: La dernière aube   Dim 21 Oct - 21:36

La langue des dunes est rocailleuse dans sa gorge d’homme, sa voix est rauque d’avoir bien peu servi depuis son entrée dans la Chasse, mais tu lui sais gré toutefois d’avoir fait l’effort de te répondre dans ton dialecte. Regarde, Reja, comme il semble hagard ! Il n’a plus rien du démon imposant dont les traits se déforment dans tes cauchemars, cette entité infâme qui se rue sur toi pour t’arracher tes ailes dans un torrent de larmes et de sang. Non, il n’a plus rien de l’antagoniste cruel qui se repaît de ta souffrance lorsque le sommeil te tourmente, quand les bras de Mayeul ne te protègent pas des remords et des regrets. Il n’est… qu’un homme, après tout. Un Voltigeur tombé bien bas, dans le rejet soudain de la Chasse, dans l’agonie de sa partenaire, dans l’immense solitude du sable qui s’étend à perte de vue. Sirocco, peux-tu nous porter tous les deux ? Esbroufe, fierté, amusement. Tu sens la vantardise poindre dans les pensées de ton griffon, et le sourire mental que tu lui adresses n’effleure pas tes lèvres – tu ne veux pas manquer de respect au deuil affreux qui s’annonce.

Il est faible encore, ton ancien Maréchal, et tu devines combien il doit lui faire horreur de devoir accepter l’aide d’une femme pour grimper s’accrocher entre les ailes de Sirocco. C’est sans mot dire que tu te juches derrière lui, prête à le rattraper s’il devait lâcher prise et tomber. Le trajet est morne, et tes pensées vont vers Adamante qui s’accroche – Sirocco l’encourage à tenir bon, et tu joins tes prières aux siennes pour que la vénérable griffonne tienne bon encore quelques heures, le temps que tu puisses lui rendre son Voltigeur.

11 août, fin de matinée.

Tu as soutenu ses pas, sans mot dire, sans même le regarder – pour ne pas le blesser, lui si fier dans son orgueil de Bellifère. Ils murmurent, tes camarades, les soigneurs et les badauds ; mais s’écartent, tandis que tu mènes Richard à Adamante. Puis tu fais sortir les importuns, avant de rabattre derrière toi le pan de tissu qui barre l’entrée de l’abri placé au-dessus de la griffonne pour la protéger du soleil.
Sirocco te fera savoir quand ta présence sera souhaitée.
Il y a des adieux qui ne peuvent se faire qu'en privé.

Discrètement, tu dépêches quand même un messager au palais, prévenir Anthim.
Ton roi aura toujours la première de tes loyautés.


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Message Sujet: Re: La dernière aube   Ven 2 Nov - 16:11

Ce souffle est le tien, celui qui se murmure péniblement entre halètement et grognement dans ta gorge sèche alors qu'elle t'aide à te lever, alors que cette femme use de sa force pour te placer sur le griffon, alors que cette Voltigeuse couve tes arrières durant la traversée. Tu te sens honteux, à la limite de te sentir broussaille ballottée dans le désert, poids mort, à bout de force, exténué, mais c'est d'imaginer les gloussements d'Adamante alors que tu lis une douce moquerie en elle qui te fais tenir bon.

Tu tentes, pour l'heure, d'oublier le genre de la personne qui se trouve collé derrière toi. C'est froid. C'est dur. C'est un homme, pas une femme. Rien qu'un homme. Hilarité. Et ça te blesse déjà d'imaginer à quel point cette comédie, cette complicité, entre toi et la fière griffonne te manquera. Tu éprouves déjà la sensation d'avoir une épine fichée dans ton cœur alors que tu ressens, dans le même temps, en guise de réconfort, les émotions d'Adamante, fragiles, t'envelopper de ses ailes sans être présente.

Bientôt.
Bientôt tu seras là.
Bientôt elle sera face à toi.
Bientôt vous vous retrouverez.
Bientôt se sera la fin d'une belle aventure.

Mais avant que ce bientôt n'arrive, mon bien aimé, profite de cette traversée pour reprendre des forces. Pour te ménager. Pour ressentir les bienfaits de la Voltige qui, plus jamais, ne se renouvellera avec Adamante. Laisse ton imagination filer. Laisse toi ensevelir sous une dune de souvenirs. Projette toi un peu dans le passé avant de faire face au présent. Le futur peut attendre, lui, de toute façon est en perpétuel changement.


***
*


La traversée de ce paysage désertique lui était familière alors qu'il enfouissait sa tête, las, dans les plumes du griffon pour échapper au souffle du vent ampli de grains désireux de reproduire la chute d'Amaté Chemsa sur son visage. Il l'avait fait autrefois en tant que Maréchal rendant visite au Capitaine d'Erebor. Il l'avait également fait dans d'autres circonstances. Et plus récemment encore pour désigner des vies erebiennes à faucher en tant qu'Innocent. Ces souvenirs là n'étaient pas précis et, pour l'heure, il lui importait peu de les retracer. La curiosité même de connaitre la situation actuelle s'était envolée. Sous cette migraine frappante et son état déplorable, une seule chose comptait, une seule entité vers qui on le menait ; Adamante.

Le regard des gens, les murmures exotiques, les habits légers aussi honteux que désirables, peu lui importait alors qu'on le guidait encore et toujours sous une chaleur insupportable. Et puis l'endroit se fit sourd alors qu'il sentait la présence tant désirée toute proche. Elle était là, face à lui, comme il l'avait espéré. Ils étaient là aussi, ces gens, ces gens de trop qui s'éclipsèrent alors qu'il tenait position droite de dominant face à tous – bien qu'en réalité tout dans son comportement présumait qu'il risquait de tomber par terre d'épuisement dans la seconde. Et le pan de tissu se rabattit derrière et il ne resta plus qu'eux deux.

Quelques pas incertains, tentative veine de trouver stabilité entre fatigue, fierté et fragilité des sens, le guidèrent jusqu'aux plumes dont le toucher lui était si familier. Dont le bec, qui pointa son épaule, le somma de lâcher prise et de s'installer confortablement à ses côtés. Dont le regard brillant et plein de sagesse ne serait bientôt plus qu'un souvenir aussi douloureux que magnifique une fois éteint. Ah... Adamante... la seule femelle qui, au fond, lui importerait à jamais et qu'il considérerait comme son égale. L'unique. La partenaire de toute une vie. Irremplaçable.

Sa main se posa sur ses plumes, sur son bec, sur ses serres, sur son encolure en une pluie de caresses dont aucun ne l'imaginerait capable d'en être l'auteur. Partenaire. Et des sentiments et images de toute une vie et de bien d'autres aussi s'écoulèrent. Pas besoin de mots quand on était Voltigeur pour se comprendre. Et si les sentiments étaient facilement gardés, cachés, voilés, aux yeux des autres, ils étaient nus dans une relation entre Voltigeur et griffon. Ce fut la gorge serrée et le cœur levé tantôt qu'ils commencèrent à partager, avant de finir sous des ricanements et sur quelques informations du savoir écoulé au fil des mois. Rien de trop malgré sa volonté. Il ne voulait pas qu'elle s'épuise davantage, elle ne voulait pas qu'il s’effondre sous ses yeux. Ainsi, il emmagasina la sécession dont il s'était bien douté, ainsi il emmagasina son remplaçant – qu'il approuva totalement – ainsi il grimaça en apprenant pour Kamar. Il n'y avait qu'une femme pour avoir pitié d'une autre et la reprendre sous son aile, se fit-il en songeant à la Sinhaj.

Des remerciements, encore des remerciements. Des silences plein de mots pourtant. Des excuses aussi. Des regrets. Des confidences dont elle était la gardienne. De la tristesse contenue et pourtant une larme ou deux. De la tendresse, beaucoup, et surtout des souvenirs et promesses qui ne semblaient pas vouloir en finir, comme la vie d'Adamante qui ne semblait pas vouloir la quitter aujourd'hui à son plus grand soulagement. Des adieux également qu'ils ne pouvaient tous deux éviter ni ne voulaient reporter.

Quelques heures plus tard, repos exigé, promesse de retour, tout indiquait chez Adamante et Richard qu'ils étaient prêts à accepter d'avancer. De passer à la suite. Il reviendrait avant qu'elle ne succombe, il s'en faisait la promesse. Ce n'était qu'une question de temps. Temps qu'il comptait passer en Erebor par tous les moyens. La famille impériale comprendrait. Il l'avait fait passer avant la Voltige, comme son devoir le lui imposait. Elle soutiendrait dès lors qu'il reste jusqu'au grand final de la griffonne.

Et le tissu se leva et la Sinhaj entra.

« Je souhaiterai rester quelque temps chez vous, j'aimerai audience et l'accord de votre souverain ; Anthim d'Erebor. »

Si possible... après être revenu de la Chasse rien était plus incertain. Peut-être serait-ce trop demander que de rester dans ce duché. Peut-être serait-ce un non... et si c'était le cas il devrait élaborer une défense pour rester auprès de sa partenaire de vol. Si c'était oui, cela pouvait être sous conditions et surveillances. Richard était prêt à toutes les mesures possibles. Si cela se trouvait tout avait déjà été vu et planifié pendant son temps passé ici avec la griffonne. Il souhaiterait également sous peu envoyer un courrier à la famille impériale. Comment allaient-ils ? Comment allait Ibélène ?



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Message Sujet: Re: La dernière aube   Lun 12 Nov - 18:09

12 août, milieu de matinée.

Il a eu l’air tellement circonspect, ton sultan, lorsque tu lui as porté la requête de ton ancien Maréchal ! Tu devines là quelque ressentiment profondément ancré, à en juger par le plissement contrarié de ses lèvres sous la moustache soigneusement lissée, et le froncement agacé d’un sourcil inquisiteur. Oui, te voilà porteuse de mauvaises nouvelles, une fois de plus ; mais ton demi-frère a visiblement le bon sens de diriger sa rancune légendaire contre le véritable objet de sa frustration, et non pas l’innocente messagère qui ne fait que remplir sa fonction.

Et voilà que, le lendemain, il t’a fait convoquer pour donner sa réponse. Le Harnois pourra rester – mais jusqu’à son rétablissement, pas plus longtemps. Tu as bien tenté de lui expliquer la situation précaire et fatale à plus ou moins court terme de la pauvre Adamante, mais ton roi s’est montré ferme : l’homme est affilié à l’empire d’Ibélène, et la griffonne n’avait théoriquement pas le droit de se trouver en Erebor, de toute manière, avec ou sans Voltigeur. Tu n’as pu qu’approuver ce raisonnement empreint de logique, et c’est avec la réponse de ton suzerain que tu t’en retournes vers la tente abritant Adamante et son cavalier, qui refuse de la quitter.

« Le sultan vous accorde asile et logis jusqu’à votre rétablissement, après quoi vous serez escorté jusqu’à la frontière d’Ibélène, au point de votre choix – sauf si vous sollicitez alors permission de prolonger votre séjour sur nos terres contre une offre de vos services. Des médecins sont ici, ils ont ordre du sultan de vous examiner et de panser vos plaies, ainsi que de veiller à ce que vous vous sustentiez. Les installations de la caserne sont à votre disposition pour vos ablutions », parvient-elle à préciser sans plisser le nez à l’odeur fauve répandue par l’homme fatigué. « Je veillerai Adamante jusqu’à votre retour, si tel est votre souhait. Elle ne restera pas seule. »

Qu’il retrouve figure humaine – il ne t’a jamais appréciée, mais tu as respecté son autorité, et le déchet hagard qui titube de fatigue est indigne du Maréchal de Serre que tu as connu, même déchu et recraché par la Chasse Sauvage avec ses cheveux gris pour seul viatique. Il ne sera pas dit que tu n’auras pas fait ton possible pour aider cet homme normalement charismatique à regagner un peu de la dignité à laquelle il a gagné droit par ses années de service !


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Message Sujet: Re: La dernière aube   Dim 18 Nov - 15:15

Elle tenait bon, oui, mais pour combien de temps encore. La fin était inévitable et l'homme sentait déjà sous ses mains que la respiration de sa sage griffonne se faisait plus lourde, plus pénible à mesure que les heures s'écoulaient, à mesure que les lunes se levaient face au soleil couchant. Elle résistait, tachant de prolonger le reste de son temps auprès de son partenaire grincheux et misogyne dont la présence lui avait terriblement manqué le temps depuis des mois.

Richard avait passé une nuit à ses côtés déjà, éveillé, et avait fait une requête au Sultan et tout puissant de ce royaume indépendant afin de rester en Erebor auprès d'Adamante. Il avait fallu qu'il patiente pour obtenir une réponse et quand elle était arrivée, sortie de la bouche de l'Erebienne rejetée puis recueillie par la Voltige à nouveau, il avait été plutôt satisfait. Certes il aurait souhaité plus... mais vu ce que ses mains coupables avaient profané lors du couronnement, il s'en tirait plutôt bien selon lui.

Y avait-il moyen de coller son rétablissement à la chute de celui d'Adamante sans offenser Anthim d'Erebor ? C'était risqué comme déplacé et la griffonne par ses pensées acquiesça ce point, aussi balaya t'il l'idée de la tromperie. Lors du couronnement tragique d'Octave d'Ibélène et avant sa résurrection, Richard avait souhaité s'entretenir avec le sultanat du sable et du roc. Il avait pensé alors, suite à cette discussion, que si la cicatrice restait gravée sur le visage exquis des dunes, il proposerait sans hésiter qu'on lui rendre la pareille. Et que son époux en face de même. Des cicatrices sur un homme passaient mieux que chez une femme. Si cela pouvait apaiser les tensions, souder des liens et soulager sa culpabilité par la même occasion, c'était à faire d'après lui.

L'homme se contenta d’acquiescer dans un premier temps puis se leva avec quelques difficultés, drainé de ses forces et force de constater qu'en effet, il était bien sale. Des croûtes s'étaient formées à l'endroit de quelques blessures dues au roc des lieux, ses plaies et sa peau cicatrisée datant du terrible festival de Svaljärd le lançaient de nouveau, enfin la fatigue ajoutait des courbatures et des migraines. Les médecins auraient de quoi s'occuper.

« J'entends et remercie la bonté du souverain Anthim d'Erebor. »

Il sembla hésiter sur la réponse à lui donner quant à sa proposition mais un échange de regard avec Adamante, sous quelques grimaces de sa part, l'obligea à répondre par l'affirmative.

« Nous apprécierons que vous restiez ici. » Et il la salua, contraint mais soulagé au fond, avant de disposer pour rendre visite aux médecins après une toilette effectuer.


12 août début de soirée,

Il était cette fois bien présentable quand il revint auprès d'Adamante et de Rejwaïde Sinhaj. Il était toujours convalescent cela étant et cela se lisait tant dans ses joues creusées que dans son maintient sur lequel il travaillait pourtant. Il avait croisé entre deux visites de soins la jeune Sifaï Sinhaj qui ne tenait sa promotion qu'à la chance plus qu'à autre chose selon lui et sa misogynie ressuscitée (encore que la plus chanceuse lui faisait face en ce moment). Cette dernière avait pu lui expliquer brièvement la situation et il n'avait su tenir son étonnement en entendant parler de 'momies'. Encore après son départ il était resté sans voix.

« J'ai cru comprendre que vous aviez eu quelques problèmes avec vos morts. Glissa t'il toujours suspicieux en se rapprochant de sa partenaire. Puis sentant de nouveau de sa main le pouls plus lent d'Adamante poursuivit sur une autre voie. Combien de temps lui donne vos soigneurs ? Et que puis-je offrir à votre Sultan pour rester davantage s'il le faut ? Je ne suis plus Maréchal, la couronne impériale même ne sait pas encore que je suis ici. Ce à quoi il allait remédier dès ce soir par courrier si on lui donnait plume, encre et vélin ou feuille de parchemin. Je n'ai que de l’expérience à partager avec votre Maréchale actuelle et que des mots en votre faveur à transmettre à la couronne d'Ibélène si cette dernière me reçoit, je n'ai rien d'autres à offrir à votre Sultan dans ma présente position je le crains. » C'était déjà beaucoup mais surement pas assez pour son esprit fatigué. Ça et des cicatrices qu'on pouvait lui faire pour celle qu'il avait donné à Shéhérazade d'Erebor. Si la famille impériale lui permettait de figurer parmi le Conseil alors il aurait quelque chose à offrir en plus de son expérience passée mais sans ça...


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Message Sujet: Re: La dernière aube   Sam 24 Nov - 21:33

L’après-midi passe dans le silence, lentement, comme enveloppé d’un nuage de discrétion qui t’isole complètement, sous cette tente où tu tiens compagnie à Adamante en souffrance. Doucement, tu caresses les plumes ébouriffées, tentant de communiquer un peu de réconfort à la griffonne en détresse, priant Valda dans le secret de ton cœur pour que la vénérable créature trouve un repos bien mérité sans trop souffrir pour le conquérir. Tu as donné quelques ordres aux cadets, pour que l’on t’apporte de quoi l’installer le plus confortablement possible ; et puis, une fois Adamante lovée entre des ballots de paille et des couvertures douillettes, tu t’es assise près d’elle, et tu as parlé. Quelques chuchotements, parfois une berceuse dans cet erebien des dunes qui chante entre tes lèvres, une ou eux anecdotes de ta semaine. Tu as raconté la Chasse Sauvage, tu as parlé de Sif, de Grâce, d’Alméïde, d’Anwar à mots couverts, de Mayeul, de Soltana, d’Anthim. Tu as mentionné l’Ordre, tu as évoqué la Rose Écarlate, égrené tes doutes et tes espoirs, dans ton dialecte natal que son cavalier ne comprend pas bien mais qui rassure la griffonne, soulagée sûrement de sentir une présence vigilante près d’elle.

Le soleil achève son déclin derrière l’horizon lorsque l’ancien Maréchal revient dans l’abri de fortune, propre cette fois, et visiblement adéquatement sustenté sur l’ordre des médecins qui l’ont ausculté. D’un mouvement souple rendu fluide par des années de pratique, tu te relèves – tu peux t’agenouiller sans honte pour réconforter Adamante, mais c’est debout que tu t’adresseras à son cavalier ! Tu ne sais trop ce qui se cache derrière son évocation de vos momies : réel intérêt, provocation, persiflage, commisération… ? Dans le doute, tu choisis de ne pas relever, retrouvant le parler guttural de la langue commune. « C’est avec des mages idiots que nous avons eu un problème, mais il est réglé. Nos momies ont réintégré leurs tombeaux et reposent à nouveau au flanc des montagnes. » Tu t’écartes de quelques pas, lui laissant la place de se pencher sur sa compagne, et tu en profites pour étirer tes membres ankylosés par ta position repliée. Tu prends un instant pour réfléchir à la formulation de tes mots. « Adamante est d’un âge fort avancé, et la voilà parvenue au crépuscule de ses jours. Les soigneurs peuvent alléger sa douleur, mais elle souffre et mérite le repos. Elle ne s’accroche que pour vous, disent-ils ; je suppose que vous êtes plus à même de le confirmer qu’eux ou moi. De ce qu’ils m’ont expliqué… il n’est pas certain qu’elle passe la nuit, et si elle le fait, elle s’éteindra sûrement au matin. »

Tu es certaine qu’il ne veut pas de ta pitié, tu ne présentes pas de condoléances, aucune parole creuse pour sauver les apparences. Erebor ne fait pas dans l’hypocrisie et les bons sentiments. Tu es peinée de savoir Adamante en proie à la douleur, et tu souhaites pour elle qu’elle trouve rapidement le soulagement – concernant Richard, tu sais que le vide qu’il ressentira au trépas de sa partenaire sera cruel et amer, et tu as prié Valda pour qu’il trouve le courage d’honorer la mémoire de sa griffonne en le surmontant. « Concernant votre séjour ici, je ne peux que vous rapporter les paroles de mon sultan, qui est seul à décider des suites à donner à votre requête. Si vous désirez rester plus longtemps à Vivedune, il faudra trouver une manière de vous rendre utile – auprès de Soltana Kamar, peut-être, si elle demande votre assistance ; ou bien au niveau diplomatique, si mon roi requiert vos lumières pour traiter avec Ibélène. Il a certainement déjà fait le nécessaire pour que le conseil d’Ibelin soit informée de votre retour parmi les mortels. » Tu marques une pause, juste un instant, le temps qu’il intègre ces informations ; puis tu reprends, à mi-voix, posant la question cruciale. « Pourquoi voudriez-vous rester en Erebor, de toute manière ? »


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Message Sujet: Re: La dernière aube   Mer 28 Nov - 16:44

Tout n'était qu'une question de temps et cela en était difficile sur bien des plans. Son temps avec Adamante était limité par l’espérance de vie. Son temps en Erebor était limité, lui, par son existence même sur ces terres. Limitation qu'il devait pour beaucoup à son geste envers Shéhérazade d'Erebor mais aussi, sans doute, à sa sortie toute nouvelle de la Chasse. Les morts étaient particulièrement sacrés en Erebor alors pour lui qui avait guidé à nourrir le ravin de la Fatalité, le royaume de Sithis, il ne devait pas être plus apprécié que cela sur le territoire du Sable et du Roc, surtout s'il s’apprêtait à rejoindre le cœur d'Ibélène pour servir un mort-vivant. Il n'était pas non plus Erebien. Cela ne pouvait aider dans les décisions de temps qui avaient été prises à son encontre.

Sa question sur les momies n'était pas d'origine mauvaise. Il aurait été déplacé d'en rire vu sa situation actuelle et vu la situation tout court. Cela avait du être une affaire aussi sérieuse qu'urgente. L'idée que des mages y soient pour quelque chose ne le surpris même pas, idiot lui paraissait d'ailleurs être un faible mot pour les décrire. Ils auraient dû tous être chassés d'Ibélène quand l'occasion s'était offerte à eux – Erebor, alors, en faisait encore partie. Difficile à présent de corriger le tir surtout en étant certain que le successeur d'Augustus avait dû accueillir une proposition folle du duc de Sombreciel pour garder le duché sous la main. La stupéfaction, par contre, qu'une telle chose soit arrivée, berçait son imagination endolorie par une douce migraine. Une décente de momie... il avait bien du mal à imaginer une telle chose sincèrement. Pourtant il ne faisait aucun doute vu quelques agitations, quelques fragments de mémoire d'Adamante ainsi que par les propos des deux Sinhaj que cela avait bel et bien eu lieu. Et si le pourquoi lui échappait complètement, il ne chercherait pas à en apprendre davantage aujourd'hui, ni demain, ni dans les semaines à venir voir les mois. Après tout, il y avait tant de chose à rattraper. Tant de chose à apprendre... tant de chose sur-lesquelles il faudrait se pencher en apprenant que le trône était vacant suite au départ d'Octave qui prenait sa place.

Et tant de chose à terminer.

À cette pensée et en écoutant la femme des dunes, ses prunelles se posèrent dans celle de sa partenaire de vol. Elle ne passerait pas la nuit... Elle tenait bon pour lui. Fichue têtue ! *Doux amusement.* Comme lui sûrement. Concentré sur Adamante et sur cette notion de temps éternelle qui planait au dessus d'eux, il écouta cela étant la Voltigeuse pour lui répondre ensuite :

« Pour mon partenaire de vol têtu. Il désigna la griffonne tout en reposant une main dessus. Pourquoi rester en Erebor sinon ? Sa remise sur serres ? L’existence d'Adamante touchait à sa fin sans retour en arrière possible ni possibilité de guérison. Pour saluer le Sultan ? Il ne désirait pas le recevoir, il n'aurait pas reçu les mots d'une autre bouche sinon. Pour savoir si la cicatrice persistait  sur le visage de la Sultane et reine ? Question déplacée vu la position d'Anthim à son propos. Plus tard peut-être... Saluer la nouvelle Maréchale d'Erebor ? Oui. Cela il aurait souhaité. Mais pas en allant à l'encontre du souverain ou en risquant de se mettre son royaume sur le dos surtout s'il obtenait une place précise auprès du cœur d'Ibélène par la suite. Avant de pouvoir traiter de manière diplomatique avec Erebor, il lui faudrait récupérer l'acceptation, le prestige et un poste auprès des hauts qu'ils servaient afin de rendre cela possible. Hauts qu'il avait servi jadis. Fussent-ils toujours prêt à l’accueillir, cela ne dépendait pas de lui. Il n'avait pas su protéger Augustus ou Catarine. Il n'avait pas su protéger Octave même si ce dernier était revenu de lui-même d'entre les morts. Mais il avait pu faire revenir Sixtine, c'était un acte qui ne s'oublierait pas. Il l’espérait. Non, le mieux à faire, c'était de rester sage et patient. De rentrer une fois le vide installé et son état physique revigoré. Et même... après la disparition d'Adamante, il ne se voyait pas rester le temps de se remettre d'aplomb. Il lui faudrait s'occuper l'esprit. Agir. Réfléchir. Et si ce n'était en Erebor aujourd'hui, ce le serait un autre jour quand il se serait retrouvé. S'il se relevait. Il le ferait. Il n'était pas faible. *Acquiescement. Force.* Les sentiments étaient dépourvus de force mais la sincérité, elle, était présente tout comme la volonté de la griffonne. Il soupira et poursuivit donc. Qui s'éteindra sous peu. J’obéirai aux souhaits d'Anthim d'Erebor et quitterai donc les lieux au plus vite afin de regagner une place auprès des miens. La bonté du Sultan, je ne l'oublierai pas, j'en parlerai. Je tacherai d'en faire de même plus tard quand j'aurai retrouvé un poste digne me permettant de me tenir devant lui et de son vouloir. Je me représenterai donc ensuite s'il m'est permis. »

Puis le silence alors qu'il se retournait vers sa griffonne soulagée d'entendre ça. Soulagée d'entendre un vœu de futur. Soulagée que son vieux partenaire, Richard le Harnois, le aigri, ne tomberait pas et s'accrocherait à demeurer ce qu'il était avec ou sans elle. Encore un peu de temps à partager seuls et elle partirait. Encore un peu de temps pour se remémorer, pour partager et puis elle s'éteindrait. Encore un peu de temps auprès d'elle avant qu'elle ne s'éteigne, qu'il contemple avec douleur le vide laissé, qu'il s'imagine au pied du gouffre mais refuse de s'y laisser tomber. Encore un peu de temps et l'homme abattu au fond se montrerait fier du travail accompli avec sa griffonne. Et ses yeux ne montreraient nulles faiblesses mais de la fierté et de la détermination. Encore un peu de temps et ce serait seul qu'il affronterait les autres. À jamais.

Juste un peu de temps. Avant de partir. Elle comme lui.

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