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 Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie

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Chimène d'Outrevent

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Message Sujet: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Dim 4 Nov - 12:57


Livre III, Chapitre 6 • Puisse le sort vous être favorable
Chimène d'Outrevent & Gustave de Faërie

Un sang dilué d'eau

Des liens qui s’imprègnent d'inexistance



• Date : 22 septembre 1003
• Météo (optionnel) : Ensoleillé
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Chimène se rend au palais impérial pour offrir le présent de fiançailles d'Antonin a l'empereur durant une entrevue privée.
• Recensement :
Code:
• [b]Mettre la date ici : 22 septembre 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4275-un-sang-dilue-d-eau-gustave-de-faerie]Un sang dilué d'eau[/url] - [i]Chimène d'Outrevent & Gustave de Faërie[/i]
 Chimène se rend au palais impérial pour offrir le présent de fiançailles d'Antonin a l'empereur durant une entrevue privée.


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Dernière édition par Chimène d'Outrevent le Dim 4 Nov - 15:51, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Dim 4 Nov - 13:04


Chimène & Gustave

Un sang dilué d'eau




Revenir entre ses murs me laissait une impression étrange. Un goût d'amer et d'acide s'éveillant sur ma langue. Ce palais, si magnifique, si étincelant, recelait en son ventre tant d'ambition, tant de vices. De combien de murmures malveillants ses murs avaient été témoin ? De combien de complots chuchotés derrière les teintures ? Cela avait il disparu ? Bien sûr que non, car tel était l'éclat de la royauté quoiqu'on en dise. Espérer cette couronne, c'était embrasser un essaim de vipères et de frelons mêlés. Et pourtant, en parcourant ces couloirs, il remonte en ma mémoire tant de souvenirs heureux. Chrysolde abandonnant l'espace d'un souffle sa couronne pour laisser éclater un rire. Catarine marchant d'un pas altier et fier, Cassandre aux boucles folles qui coure...Oui, tant de souvenirs merveilleux malgré tout.

Le secrétaire qui me précède m'offre toute les marques de politesse que me confère mon titre et j'en sourirais sans doute avec un amusement certain si l'approche de cette rencontre ne me plongeait pas dans des abîmes de réflexions. Désagréables au possible. Le doute ne cessant sans doute de m'étreindre. Je ne pouvais oublier le mal infligé, ni les souffrances données pour le simple dessein d'une couronne sur un front. Pourtant, cela n'était que le passé, simplement que cela, sur ce chemin déjà parcouru, ne serait ce pas plus facile de l'oublier ? D'en effacer jusqu'à la saveur, l'épice empoisonnée ? Si sans aucun doute et pourtant, je ne pouvais m'y résoudre totalement, malgré les sages conseils de Liam, son affection et sa force.  Voulais je réellement oublier en vérité ou me raccrochais je a quelque chose de si fragile pour conserver cette colère et cette haine ? Les dieux ne m'avaient apportés aucune réponse en voulais je seulement ? Mes doigts se crispent sur le riche tissu de ma robe alors que le gris de mes iris s'assombrit devenant presque d'obsidienne.

Derrière moi, j'entendais le pas menu de ma servante, dans ses bras se tenait le présent d'Outrevent pour le mariage de l'héritier. Il n'avait rien de personnel, cela pourrait être l'offrande d'un inconnu. Riche, coloré mais terriblement impersonnel. Sauvegarder les apparences, toujours, Aucuns liens affectifs ne me liait a ce soit disant neveu, aucun fil ne reliait mon existence a son père. Je ne ressentais rien de cela, mais, étrangement, cela était plus apaisant que cette haine brûlante et dévorante autrefois reine en mon cœur. Ce n'était l'indifférence froide et négligée, c'était encore autre chose dont je ne discernais les contours. La douceur de mon mariage avait il attendri mon cœur ? Peut être, peut être était ce pour le mieux. Je n'aimais être une créature revancharde, amère et aigrie, j'avais effleuré cet état, j'en avais goûté la saveur, comme un miroir sombre me renvoyant les traits déformés d'un monstre dégoulinant d'acide.

Perdue dans mes pensées, je fus surprise de me découvrir si proche soudainement du conseiller. « Par ici votre Altesse. Veuillez patienter un instant.» Je hochai légèrement la tête, entre ces murs, j'étais encore Princesse Impériale, titre conservé qui se juxtaposait sur celui de Duchesse. Quant a l'attente, elle ne me gênait guère, était ce un instant offert a mes pensées pour s'apaiser ? Devrais je y voir de la délicatesse ? Je tournai les yeux sur ma servante et le présent reposant entre ses bras. Rien d'ostentatoire, Outrevent se relevait de la guerre et n'était pas une contrée adepte de l'opulence, mais cela était finement ouvragé, dévoilant un savoir faire exceptionnel, délicat aussi, d'une noblesse parfaite. Je n'étais pas sûre que mon sois disant neveu en apprécie les qualités mais cela m'importait au final, peu. Un frottement attira mon attention et je posai mes iris sur le secrétaire qui s'inclina. « Si son Altesse veut bien se donner la peine, sa Majesté va la recevoir. » « Merci. »


Je n'ai pas oublié cette silhouette, ni ce regard, rien de lui. C'est étrange alors même que je fuis sa présence. J'offre l'image délicate d'une sœur attentive lorsque d'autres regards se posent sur nous, mais en privé... Je m'incline en une révérence parfaite et ma voix se teinte de froideur presque imperceptible. « Votre Altesse...Merci d'avoir pris le temps de me recevoir malgré vos occupations » L'ardoise de mes iris se pare de nuances insondables, profondes, cachant délibérément mes pensées. Un acte dont la jeune impératrice naïve que j'avais été ne pouvait accomplir voici des années.
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Lun 19 Nov - 16:42

Gustave était nerveux.

Enfin non, le terme était loin d’être assez fort pour coller à ce qu’il ressentait réellement. Il ne serait pas allé jusqu’à dire qu’il avait peur mais, à bien y réfléchir, c’était tout de même le sentiment qui s’en approchait le plus. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas eu à se retrouver face à la dernière survivante de leur fratrie, quand bien même ce terme était lui aussi particulièrement peu à propos. Pourtant, c’est ce qu’ils étaient, malgré le souhait de leurs parents, malgré ce que la majorité des gens pouvaient penser. Le même sang coulait dans leurs veines et ce lien restait plus fort que ce que l’on pouvait supposer.

Il était incapable de dire depuis combien de temps il fixait cette peinture avec une attention somme toute relative. D’autant qu’elle n’avait rien de bien intéressant. Juste un paysage comme il y en a tant. D’un artiste probablement assez renommé pour avoir le droit d’être accroché dans ce petit salon où seuls les membres de la famille royale et leurs proches pouvaient aller et venir. Il avait souhaité recevoir Chimène ici, afin d’éviter le côté trop protocolaire du trône. Ou peut-être pour éviter de lui rappeler son éviction de façon peu subtile. Elle devait déjà y penser, il en était certain. Se rappeler ce qui avait pu se passer, sa brève mais mouvementée période de règne. Peut-être qu’au fond, il ne resterait pas bien longtemps assis sur ce trône, qu’il finirait par y laisser la vie. En tout cas, il était certain qu’il y laisserait quelques plumes, il n’avait jamais eu aucun doute à ce sujet. Mais parfois, le prix à payer pouvait s’avérer bien plus élevé qu’il ne l’aurait pensé au premier abord.

Pourtant, le lieu n’était ni aux remords, ni aux regrets. Il se devait d’avancer désormais et de boire la coupe maintenant qu’elle était pleine. Peu importe le résultat final. Mais si au moins, il pouvait en savourer un peu l’ivresse, Gustave serait plutôt satisfait.

Inspirant longuement, il finit par détacher son attention de la peinture, non sans tiquer sur le fait qu’il s’agissait d’une famille installée au bord d’un cours d’eau. Heureuse ironie n’est-ce pas ? Il y avait souvent goûté d’ailleurs, sans réussir à jamais en trouver le goût plaisant. Il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser que son secrétaire était là, attendant sagement qu’il sorte de ses pensées pour l’avertir que son Altesse était arrivée. Hochant brièvement la tête, il lissa sans même s’en rendre compte sa tenue avant de souffler, d’un ton quelque peu bourru. « Faites-la entrer, qu’elle n’attende pas plus que de raison. »

Et voilà qu’elle était face à lui. Il était étonnant de voir à quel point son souvenir était toujours aussi vivace, qu’il était capable de la décrire sans la moindre hésitation alors qu’ils avaient passé toute une existence ou presque sans se connaitre. Et le reste à s’éviter ou peu s’en faut. Alors, il se sentait quelque peu emprunté face à la jeune femme mais la froideur de sa voix eut tôt fait de le ramener à la réalité. Elle n’oublierait pas. Jamais. Quoi qu’il puisse faire, quoi qu’il puisse dire. Pour autant, il s’était fait le serment de tenter d’atténuer les choses, à défaut de pouvoir réellement les arranger. Ce n’était pas ce regard perçant et presque dérangeant qui l’en empêcherait.

Il se planta devant elle, inclinant légèrement la tête en réponse à sa révérence. Avant de souffler, d’un ton étonnamment assuré au vu des circonstances. « Chimène. Merci d’avoir accepté cette invitation. » Ils savaient tous les deux qu’elle aurait pu refuser, qu’il n’aurait pas eu le droit d’en prendre ombrage. Il laissa filer un bref silence avant de plisser les yeux et de reprendre, d’une voix pensive. « Vous avez changé Chimène. Vous avez… grandi. » Difficile de ne pas le voir, même en la connaissant si peu. Mais avec toutes les épreuves qu’elle avait traversé, c’était normal non ? Même si, une fois ces mots prononcés, Gustave se demanda si elle n’allait pas lui répondre vertement. Sans mot dire, il désigna alors les mets disposés sur une petite table, ainsi que les deux sièges qui semblaient les attendre.
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Dim 2 Déc - 18:50


Chimène & Gustave

Un sang dilué d'eau




Il fut un temps où sa vue m'aurait soulever l'estomac, où mon cœur se serait racorni de haine viscérale. Mais il fallait croire que ce temps était révolu, étrangement. Bien sûr, il ne tenait qu'a moi de la faire renaître en plongeant dans mes souvenirs, mais avais je réellement envie de le faire ? Sentir l'amer et le souffre sur ma langue, la pince froide et cruelle de la rancœur s'enfoncer profondément dans ma poitrine ? Non. Non je ne le voulais pas et je ne le pouvais pas non plus. Néanmoins, il me serait sans doute difficile d'oublier totalement. Mon cœur savait aimer, mais était il seulement capable de l'aimer lui ? Il y avait tant de questions auquel je n'aurais jamais de réponse. Chrysolde savait elle ? Pourquoi nos parents avaient écarté cet ainé ? Il n'était pas le premier mâle a naitre dans la famille impériale, alors pourquoi ? Parfois, ces questions revenaient me hanter sans que je ne puisse rien y faire, et chaque fois, je n'avais pas même l'ombre d'une réponse.

J'esquissai un sourire de façade. « Pourquoi aurais je refusé ? » Bien que je l'aurais sans doute pu mais qu'y avais je a gagner ? Rien. Et qu'importe nos ressentiments l'un envers l'autre, nous étions liés par Faërie. Ni moi, ni lui, du moins je l'espérais, ne voulait voir le pays déchiré en son milieu par des ambitions dévorantes. D'autant plus que je ne l'étais pas. L'ambition était justement ce qui m'avait manqué mais alors...Je n'aurais été femme et duchesse. Sa remarque lui attire un coup d'oeil étrange, a mi chemin entre le sombre et la surprise. « Le contraire aurait été...une preuve manifeste d'immaturité ne pensez vous pas ? » Les épreuves façonnaient, blessaient, détruisaient parfois. Elles m'avaient malmenée, déchirée, outragée, mais j'avais décidé d'en faire une force et non une fêlure qui ne guérirait jamais. Me saisissant de mes jupes, j'avance vers le siège qu'il me propose, dissimulant au mieux le tremblement de mes doigts. Nous ne nous étions pas retrouver ainsi depuis des mois, l'un comme l'autre évitions sans doute des tête à têtes gênants sans aucun doute.

Étalant mes jupes autour de moi, je croisai les mains dans mon giron, mon éducation impériale revenant au galop, m'interdisant la moindre détente. « La nouvelle des fiançailles de votre fils nous ai parvenu un peu en retard, je le crains, néanmoins Outrevent se devait de l'en féliciter. Sophie s'il te plaît. » repris je avec un geste pour la servante, laquelle s'avança, regard baissé et présenta un coffret a l'empereur. « Nos meilleurs orfèvres ont créé cet ensemble de broches bénies a l'emblème de Maari. Que cette union soit heureuse et féconde. » Là n'était qu'un sujet banal, un échange de politesse en quelque sorte...Bien qu'il aurait sans doute été plus juste de le faire durant la soirée de fiançailles mais nous n'avions pu nous y rendre. «  A vrai dire, votre invitation tombait a point nommé. » Commençais je doucement, je n'aimais demander de faveur, surtout a cet homme...Mais je tenais a cette visite... « Voici plus d'une année que Sithis a emporté Catarine et jamais je n'ai pu me recueillir sur sa tombe, bien que les relations entre Faërie et Ibélène ne soient pas au beau fixe, malgré la paix, serait il possible d'intervenir auprès de ma nièce pour me permettre cette faveur ? » Je prenais un risque. Et je ne savais même pas si Liam m'y autoriserait. Mais cela me peinait, je n'avais guère connue ma sœur ainée mais je l'avais aimé, parce que nous étions du même sang...Et si la guerre m'avait empêchée d'assister a son enterrement, maintenant que la paix, bien que fragile, était de mise...
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Sam 5 Jan - 21:46

Il ne fallait pas se mentir. A choisir Gustave aurait préféré largement être ailleurs. Mais il y avait déjà bien longtemps qu’il avait compris qu’il ne pourrait pas toujours faire ce qu’il souhaitait et que ses envies allaient parfois à l’encontre de ce qu’il fallait faire. Pour autant, un rapprochement avec Chimène, si c’était une chose encore envisageable, restait un de ses désirs les plus secrets. Et les plus importants. Il ne s’en était réellement ouvert qu’à Lauriane, qui l’avait poussé à essayer de parler à sa cadette, s’il pouvait la considérer ainsi, les liens du sang n’ayant jamais été quelque chose qui lui était familier.

Et, contre toute attente, elle était venue. Elle avait accepté cette entrevue, sans qu’il n’ait vraiment d’idée sur la façon dont elle se déroulerait pour être parfaitement honnête. Son sourire de façade alors qu’elle se présentait devant lui ne pouvait pourtant guère le tromper sur l’envie qu’elle aurait pu avoir de se trouver là. Et il réprima un soupir, se frottant nerveusement les mains avant de souffler, non sans un rire sans joie. « Oh, je pourrais probablement trouver mille et une raisons qui auraient totalement justifié votre refus Chimène. Nous le savons tous les deux. » Et, à sa réaction, il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire plus sincère, quand bien même il se sentait toujours autant emprunté face à elle, si ce n’est plus. Elle avait été élevée pour régner après tout, contrairement à lui. Mais il avait saisi sa chance, il l’avait prise plutôt, sans scrupules. Il n’en avait toujours pas, il ne fallait pas se leurrer, même s’il se sentait parfois coupable vis-à-vis de la jeune femme. « Difficile de faire preuve de maturité et de recul, surtout selon les circonstances. Mais vous semblez avoir su tirer le meilleur parti de ce qui vous est arrivé. » Par sa faute il le savait, mais pas uniquement, même si elle n’avait pas conscience de ce qu’il avait essayé de faire pour elle.

Si le silence ne s’installa qu’un bref instant, il était suffisamment tendu pour que Gustave ait pleinement conscience de l’entreprise difficile, pour ne pas dire impossible, à laquelle il s’était attelé. Comment pourrait-il jamais lui faire comprendre ce qu’il pensait, ce qu’il voulait, alors que l’hostilité continuait d’émaner d’elle. Quand bien même elle était bien trop polie pour le faire voir de façon plus directe. Gustave réprima tout de même un soupir de soulagement quand elle reprit la parole et il hocha la tête à l’évocation des fiançailles d’Antonin. Il était encore partagé à ce sujet, entre la joie de savoir que son fils pourrait fonder sa propre famille, les doutes qu’il avait concernant cet héritier qui ne semblait guère avoir les épaules et l’inquiétude toute paternelle de savoir s’il saurait être heureux. C’était idiot, après tout, il ne lui était pas demandé d’avoir un mariage qui le comblerait. Pour autant, en tant que père, il le souhaitait plus que tout. « Je vous remercie de l’attention. Les fiançailles ont été annoncées plutôt rapidement à dire vrai et je gage que vous aviez d’autres préoccupations à ce moment-là. »

Il jeta un regard appréciateur aux broches, se demandant si Antonin saurait saisi la portée de ce présent. « Il ne sera pas oublié les félicitations d’Outrevent. C’est important. Surtout aujourd’hui. » Faërie avait besoin de montrer un front uni et il savait que Chimène en était consciente. Tout comme elle savait qu’un mot d’elle pourrait faire basculer bien des allégeances. Pourtant, ce n’était pas pour cette raison que Gustave marchait sur des œufs. Après tout, rien ne l’empêcherait d’agir comme elle le souhaitait mais il l’espérait assez intelligente pour songer à l’avenir de son pays avant ses propres rancoeurs. Mais, avant qu’il n’ait le temps d’ajouter quoi que ce soit, voilà que sa cadette reprenait la parole, pour une demande bien surprenante. Il la fixa un instant, en silence, plissant légèrement les yeux comme pour s’assurer de ce qu’elle avait dit, avant de se décider à répondre, d’une voix tranquille. « Je suppose que votre époux n’est pas au courant de votre demande. Je me trompe ? » Puis, sans bien savoir pourquoi, il ajouta, d’une voix songeuse. « L’avez-vous bien connue ? » Peur-être que la question était trop intime, il avait du mal à vraiment s’en rendre compte. Alors il continua, songeur. « Je pourrais effectivement tenter d’intercéder auprès de Sixtine, même si elle risque de demander pourquoi cette demande. » Et lui aussi, par la même occasion. Aimerait-il se recueillir sur la tombe de ces sœurs qu’il n’avait pas connues ? Est-ce que cela changerait quelque chose pour lui ? Pour Chimène ?
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Dim 6 Jan - 15:51


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Une lueur insondable traversa mes iris. Oui, il disait vrai. Aurais je prétexté une maladie imaginaire., une occupation soudainement urgente avant ? Oui, sans aucun doute. Mais il n'était plus l'heure de se faire infantile et immature. De plus, je ne pouvais céder a mes envies ou mes caprices sans entraîner avec moi Outrevent. Néanmoins, ce n'était pas cela qui m'avait décidé a accepter cette invitation, même si je savais, au fond de moi, qu'il serait terriblement difficile d'échanger avec cet homme. Mon cœur ne pouvait le voir comme un frère, étrangement, cette idée me troublait et tant que cela serait le cas, il ne me sera sans doute impossible de l'accepter. Au delà de cela, outre ce ressentiment né de ses actes, n'était ce pas aussi l’amère saveur de la trahison parentale ? Comment imaginer sa mère, aussi aimante qu'une Impératrice puisse l'être, et un père à la voix si réconfortante, aient abandonné sans un regard en arrière un de leur enfant ? Finalement, les avais je réellement connu ? Ou était il préférable de se voiler la face ? Tant de questions. Alors il y avait sans doute aucune réponse, sauf celle qui me murmurait que jamais, ô grand jamais, je ne pourrais abandonner un de mes enfants. « Certes, je ne vous contredirais pas. Auriez vous préféré que je refuse ? » fis je en plantant sans vergogne les iris gris acier de mon regard dans le sien. La suite amena un sourire sur mon visage, il n'était ni chaleureux, ni froid, plutôt un étrange chemin hésitant entre les deux. Quelque part, j'étais fière de mon accomplissement, mais si celui ci se fit dans la douleur et la peur. « Il le fallait. Je refuse de vivre dans la rancune et la haine, cela ne me ressemble pas. » Et faisait de moi une créature abjecte.

Je m'installai avec le maintien qui était le mien avant de présenter le présent d'Outrevent pour les fiançailles d'Antonin de Faërie. « Combler les ravages de la guerre nous a particulièrement occupé, il est vrai. La paix fut un soulagement pour beaucoup. » Nous n'avions qu'une minuscule frontière avec Ibélène mais cela avait suffit. Edenia et Outrevent avait bien souffert et sûrement que mon homologue des fleurs avait œuvré pour restaurer la confiance de son peuple. Suivant le regard de l'empereur, j'admirai a mon tour les broches. Nos artisans avaient fait un travail merveilleux, j'en convenais sans peine. Mais il s'attira un coup d'oeil aiguë à la suite. « Je tiens a Faërie, Majesté et ceci va bien au delà de mes sentiments personnels. Nous sortons d'une guerre, certes rapide, mais bien trop meurtrière a mon goût, il ne serait pas judicieux de se montrer affaiblit ou divisé et si cela arrivait, ce ne serait pas de mon fait, c'est une promesse que je peux vous faire et tenir. » fis je en levant a peine le menton. J'étais Duchesse d'Outrevent. Nous ne trahissons pas. Nous ne nous parjurons pas.

Mais au delà de ce présent, ma venue avait aussi un but plus personnel celui là. Bien qu'il m'en coûtait de devoir quoique ce soit a cet homme. Je n'avais pas oublié de quelle manière il avait arraché la loyauté de mon époux. Mais je tenais tout de même a faire ce pas. « Non. Du moins, je ne me suis pas avancée a lui en parler sans être sûre que cela soit possible. » Nul doute qu'il sera contre d'ailleurs. Sauf si je lui prouvais que je ne risquais absolument rien. La question me surprise et cela se vit un instant dans mon regard. Si je gardais le silence un instant, ce n'était pas un refus, juste une manière pour moi de réfléchir posément...Puis au bout d'une poignée de secondes, je pris la parole. « Non. C'est étrange de le dire de cette façon, mais cela n'est que la vérité. Je suis la plus jeune et, a vrai dire, certainement pas attendue. Mes sœurs étaient déjà femmes lorsque j'errais encore dans mes langes. Catarine fut mariée tôt, je ne me souviens plus très bien de son départ. Néanmoins, elle m'a accueillit durant mon exil, même si nous n'étions pas proches, je ne peux oublier son geste et la moindre des choses serait de lui rendre hommage. »  Mais en tant qu'Impératrice d'Ibélène, elle reposait dans leur sanctuaire, contrairement a Cassandre qui elle, dormait éternellement en Cibella. « Que peut elle ne pas comprendre dans le désir innocent de sa parente de rendre hommage a sa mère ? Bien que j'ignore quelles sont vos relations actuelles avec le trône d'Ibélène, j'ose espérer qu'elle n'y verra pas une manœuvre sournoise de ma part. Ou de la votre. » fis je en tournant mes yeux vers l'horizon que j’apercevais de l'immense fenêtre a mon coté. « Notre famille est terriblement atypique.... » murmurais je presque sans réellement m'en rendre compte, les yeux perdus dans un souvenir lointain dont je peinais a discerner les contours.
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