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 Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie

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La Noblesse
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Chimène d'Outrevent

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Message Sujet: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptyDim 4 Nov - 12:57


Livre III, Chapitre 6 • Puisse le sort vous être favorable
Chimène d'Outrevent & Gustave de Faërie

Un sang dilué d'eau

Des liens qui s’imprègnent d'inexistance



• Date : 28 septembre 1003
• Météo (optionnel) : Ensoleillé
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Chimène se rend au palais impérial pour offrir le présent de fiançailles d'Antonin a l'empereur durant une entrevue privée.
• Recensement :
Code:
• [b]Mettre la date ici : 28 septembre 1003[/b] [url=http://arven.forumactif.org/t4275-un-sang-dilue-d-eau-gustave-de-faerie]Un sang dilué d'eau[/url] - [i]Chimène d'Outrevent & Gustave de Faërie[/i]
 Chimène se rend au palais impérial pour offrir le présent de fiançailles d'Antonin a l'empereur durant une entrevue privée.


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Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie TitreChimene1


Dernière édition par Chimène d'Outrevent le Sam 2 Fév - 18:47, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptyDim 4 Nov - 13:04


Chimène & Gustave

Un sang dilué d'eau




Revenir entre ses murs me laissait une impression étrange. Un goût d'amer et d'acide s'éveillant sur ma langue. Ce palais, si magnifique, si étincelant, recelait en son ventre tant d'ambition, tant de vices. De combien de murmures malveillants ses murs avaient été témoin ? De combien de complots chuchotés derrière les teintures ? Cela avait il disparu ? Bien sûr que non, car tel était l'éclat de la royauté quoiqu'on en dise. Espérer cette couronne, c'était embrasser un essaim de vipères et de frelons mêlés. Et pourtant, en parcourant ces couloirs, il remonte en ma mémoire tant de souvenirs heureux. Chrysolde abandonnant l'espace d'un souffle sa couronne pour laisser éclater un rire. Catarine marchant d'un pas altier et fier, Cassandre aux boucles folles qui coure...Oui, tant de souvenirs merveilleux malgré tout.

Le secrétaire qui me précède m'offre toute les marques de politesse que me confère mon titre et j'en sourirais sans doute avec un amusement certain si l'approche de cette rencontre ne me plongeait pas dans des abîmes de réflexions. Désagréables au possible. Le doute ne cessant sans doute de m'étreindre. Je ne pouvais oublier le mal infligé, ni les souffrances données pour le simple dessein d'une couronne sur un front. Pourtant, cela n'était que le passé, simplement que cela, sur ce chemin déjà parcouru, ne serait ce pas plus facile de l'oublier ? D'en effacer jusqu'à la saveur, l'épice empoisonnée ? Si sans aucun doute et pourtant, je ne pouvais m'y résoudre totalement, malgré les sages conseils de Liam, son affection et sa force.  Voulais je réellement oublier en vérité ou me raccrochais je a quelque chose de si fragile pour conserver cette colère et cette haine ? Les dieux ne m'avaient apportés aucune réponse en voulais je seulement ? Mes doigts se crispent sur le riche tissu de ma robe alors que le gris de mes iris s'assombrit devenant presque d'obsidienne.

Derrière moi, j'entendais le pas menu de ma servante, dans ses bras se tenait le présent d'Outrevent pour le mariage de l'héritier. Il n'avait rien de personnel, cela pourrait être l'offrande d'un inconnu. Riche, coloré mais terriblement impersonnel. Sauvegarder les apparences, toujours, Aucuns liens affectifs ne me liait a ce soit disant neveu, aucun fil ne reliait mon existence a son père. Je ne ressentais rien de cela, mais, étrangement, cela était plus apaisant que cette haine brûlante et dévorante autrefois reine en mon cœur. Ce n'était l'indifférence froide et négligée, c'était encore autre chose dont je ne discernais les contours. La douceur de mon mariage avait il attendri mon cœur ? Peut être, peut être était ce pour le mieux. Je n'aimais être une créature revancharde, amère et aigrie, j'avais effleuré cet état, j'en avais goûté la saveur, comme un miroir sombre me renvoyant les traits déformés d'un monstre dégoulinant d'acide.

Perdue dans mes pensées, je fus surprise de me découvrir si proche soudainement du conseiller. « Par ici votre Altesse. Veuillez patienter un instant.» Je hochai légèrement la tête, entre ces murs, j'étais encore Princesse Impériale, titre conservé qui se juxtaposait sur celui de Duchesse. Quant a l'attente, elle ne me gênait guère, était ce un instant offert a mes pensées pour s'apaiser ? Devrais je y voir de la délicatesse ? Je tournai les yeux sur ma servante et le présent reposant entre ses bras. Rien d'ostentatoire, Outrevent se relevait de la guerre et n'était pas une contrée adepte de l'opulence, mais cela était finement ouvragé, dévoilant un savoir faire exceptionnel, délicat aussi, d'une noblesse parfaite. Je n'étais pas sûre que mon sois disant neveu en apprécie les qualités mais cela m'importait au final, peu. Un frottement attira mon attention et je posai mes iris sur le secrétaire qui s'inclina. « Si son Altesse veut bien se donner la peine, sa Majesté va la recevoir. » « Merci. »


Je n'ai pas oublié cette silhouette, ni ce regard, rien de lui. C'est étrange alors même que je fuis sa présence. J'offre l'image délicate d'une sœur attentive lorsque d'autres regards se posent sur nous, mais en privé... Je m'incline en une révérence parfaite et ma voix se teinte de froideur presque imperceptible. « Votre Altesse...Merci d'avoir pris le temps de me recevoir malgré vos occupations » L'ardoise de mes iris se pare de nuances insondables, profondes, cachant délibérément mes pensées. Un acte dont la jeune impératrice naïve que j'avais été ne pouvait accomplir voici des années.
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptyLun 19 Nov - 16:42

Gustave était nerveux.

Enfin non, le terme était loin d’être assez fort pour coller à ce qu’il ressentait réellement. Il ne serait pas allé jusqu’à dire qu’il avait peur mais, à bien y réfléchir, c’était tout de même le sentiment qui s’en approchait le plus. Il y avait bien longtemps qu’il n’avait pas eu à se retrouver face à la dernière survivante de leur fratrie, quand bien même ce terme était lui aussi particulièrement peu à propos. Pourtant, c’est ce qu’ils étaient, malgré le souhait de leurs parents, malgré ce que la majorité des gens pouvaient penser. Le même sang coulait dans leurs veines et ce lien restait plus fort que ce que l’on pouvait supposer.

Il était incapable de dire depuis combien de temps il fixait cette peinture avec une attention somme toute relative. D’autant qu’elle n’avait rien de bien intéressant. Juste un paysage comme il y en a tant. D’un artiste probablement assez renommé pour avoir le droit d’être accroché dans ce petit salon où seuls les membres de la famille royale et leurs proches pouvaient aller et venir. Il avait souhaité recevoir Chimène ici, afin d’éviter le côté trop protocolaire du trône. Ou peut-être pour éviter de lui rappeler son éviction de façon peu subtile. Elle devait déjà y penser, il en était certain. Se rappeler ce qui avait pu se passer, sa brève mais mouvementée période de règne. Peut-être qu’au fond, il ne resterait pas bien longtemps assis sur ce trône, qu’il finirait par y laisser la vie. En tout cas, il était certain qu’il y laisserait quelques plumes, il n’avait jamais eu aucun doute à ce sujet. Mais parfois, le prix à payer pouvait s’avérer bien plus élevé qu’il ne l’aurait pensé au premier abord.

Pourtant, le lieu n’était ni aux remords, ni aux regrets. Il se devait d’avancer désormais et de boire la coupe maintenant qu’elle était pleine. Peu importe le résultat final. Mais si au moins, il pouvait en savourer un peu l’ivresse, Gustave serait plutôt satisfait.

Inspirant longuement, il finit par détacher son attention de la peinture, non sans tiquer sur le fait qu’il s’agissait d’une famille installée au bord d’un cours d’eau. Heureuse ironie n’est-ce pas ? Il y avait souvent goûté d’ailleurs, sans réussir à jamais en trouver le goût plaisant. Il lui fallut plusieurs secondes avant de réaliser que son secrétaire était là, attendant sagement qu’il sorte de ses pensées pour l’avertir que son Altesse était arrivée. Hochant brièvement la tête, il lissa sans même s’en rendre compte sa tenue avant de souffler, d’un ton quelque peu bourru. « Faites-la entrer, qu’elle n’attende pas plus que de raison. »

Et voilà qu’elle était face à lui. Il était étonnant de voir à quel point son souvenir était toujours aussi vivace, qu’il était capable de la décrire sans la moindre hésitation alors qu’ils avaient passé toute une existence ou presque sans se connaitre. Et le reste à s’éviter ou peu s’en faut. Alors, il se sentait quelque peu emprunté face à la jeune femme mais la froideur de sa voix eut tôt fait de le ramener à la réalité. Elle n’oublierait pas. Jamais. Quoi qu’il puisse faire, quoi qu’il puisse dire. Pour autant, il s’était fait le serment de tenter d’atténuer les choses, à défaut de pouvoir réellement les arranger. Ce n’était pas ce regard perçant et presque dérangeant qui l’en empêcherait.

Il se planta devant elle, inclinant légèrement la tête en réponse à sa révérence. Avant de souffler, d’un ton étonnamment assuré au vu des circonstances. « Chimène. Merci d’avoir accepté cette invitation. » Ils savaient tous les deux qu’elle aurait pu refuser, qu’il n’aurait pas eu le droit d’en prendre ombrage. Il laissa filer un bref silence avant de plisser les yeux et de reprendre, d’une voix pensive. « Vous avez changé Chimène. Vous avez… grandi. » Difficile de ne pas le voir, même en la connaissant si peu. Mais avec toutes les épreuves qu’elle avait traversé, c’était normal non ? Même si, une fois ces mots prononcés, Gustave se demanda si elle n’allait pas lui répondre vertement. Sans mot dire, il désigna alors les mets disposés sur une petite table, ainsi que les deux sièges qui semblaient les attendre.
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptyDim 2 Déc - 18:50


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Il fut un temps où sa vue m'aurait soulever l'estomac, où mon cœur se serait racorni de haine viscérale. Mais il fallait croire que ce temps était révolu, étrangement. Bien sûr, il ne tenait qu'a moi de la faire renaître en plongeant dans mes souvenirs, mais avais je réellement envie de le faire ? Sentir l'amer et le souffre sur ma langue, la pince froide et cruelle de la rancœur s'enfoncer profondément dans ma poitrine ? Non. Non je ne le voulais pas et je ne le pouvais pas non plus. Néanmoins, il me serait sans doute difficile d'oublier totalement. Mon cœur savait aimer, mais était il seulement capable de l'aimer lui ? Il y avait tant de questions auquel je n'aurais jamais de réponse. Chrysolde savait elle ? Pourquoi nos parents avaient écarté cet ainé ? Il n'était pas le premier mâle a naitre dans la famille impériale, alors pourquoi ? Parfois, ces questions revenaient me hanter sans que je ne puisse rien y faire, et chaque fois, je n'avais pas même l'ombre d'une réponse.

J'esquissai un sourire de façade. « Pourquoi aurais je refusé ? » Bien que je l'aurais sans doute pu mais qu'y avais je a gagner ? Rien. Et qu'importe nos ressentiments l'un envers l'autre, nous étions liés par Faërie. Ni moi, ni lui, du moins je l'espérais, ne voulait voir le pays déchiré en son milieu par des ambitions dévorantes. D'autant plus que je ne l'étais pas. L'ambition était justement ce qui m'avait manqué mais alors...Je n'aurais été femme et duchesse. Sa remarque lui attire un coup d'oeil étrange, a mi chemin entre le sombre et la surprise. « Le contraire aurait été...une preuve manifeste d'immaturité ne pensez vous pas ? » Les épreuves façonnaient, blessaient, détruisaient parfois. Elles m'avaient malmenée, déchirée, outragée, mais j'avais décidé d'en faire une force et non une fêlure qui ne guérirait jamais. Me saisissant de mes jupes, j'avance vers le siège qu'il me propose, dissimulant au mieux le tremblement de mes doigts. Nous ne nous étions pas retrouver ainsi depuis des mois, l'un comme l'autre évitions sans doute des tête à têtes gênants sans aucun doute.

Étalant mes jupes autour de moi, je croisai les mains dans mon giron, mon éducation impériale revenant au galop, m'interdisant la moindre détente. « La nouvelle des fiançailles de votre fils nous ai parvenu un peu en retard, je le crains, néanmoins Outrevent se devait de l'en féliciter. Sophie s'il te plaît. » repris je avec un geste pour la servante, laquelle s'avança, regard baissé et présenta un coffret a l'empereur. « Nos meilleurs orfèvres ont créé cet ensemble de broches bénies a l'emblème de Maari. Que cette union soit heureuse et féconde. » Là n'était qu'un sujet banal, un échange de politesse en quelque sorte...Bien qu'il aurait sans doute été plus juste de le faire durant la soirée de fiançailles mais nous n'avions pu nous y rendre. «  A vrai dire, votre invitation tombait a point nommé. » Commençais je doucement, je n'aimais demander de faveur, surtout a cet homme...Mais je tenais a cette visite... « Voici plus d'une année que Sithis a emporté Catarine et jamais je n'ai pu me recueillir sur sa tombe, bien que les relations entre Faërie et Ibélène ne soient pas au beau fixe, malgré la paix, serait il possible d'intervenir auprès de ma nièce pour me permettre cette faveur ? » Je prenais un risque. Et je ne savais même pas si Liam m'y autoriserait. Mais cela me peinait, je n'avais guère connue ma sœur ainée mais je l'avais aimé, parce que nous étions du même sang...Et si la guerre m'avait empêchée d'assister a son enterrement, maintenant que la paix, bien que fragile, était de mise...
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptySam 5 Jan - 21:46

Il ne fallait pas se mentir. A choisir Gustave aurait préféré largement être ailleurs. Mais il y avait déjà bien longtemps qu’il avait compris qu’il ne pourrait pas toujours faire ce qu’il souhaitait et que ses envies allaient parfois à l’encontre de ce qu’il fallait faire. Pour autant, un rapprochement avec Chimène, si c’était une chose encore envisageable, restait un de ses désirs les plus secrets. Et les plus importants. Il ne s’en était réellement ouvert qu’à Lauriane, qui l’avait poussé à essayer de parler à sa cadette, s’il pouvait la considérer ainsi, les liens du sang n’ayant jamais été quelque chose qui lui était familier.

Et, contre toute attente, elle était venue. Elle avait accepté cette entrevue, sans qu’il n’ait vraiment d’idée sur la façon dont elle se déroulerait pour être parfaitement honnête. Son sourire de façade alors qu’elle se présentait devant lui ne pouvait pourtant guère le tromper sur l’envie qu’elle aurait pu avoir de se trouver là. Et il réprima un soupir, se frottant nerveusement les mains avant de souffler, non sans un rire sans joie. « Oh, je pourrais probablement trouver mille et une raisons qui auraient totalement justifié votre refus Chimène. Nous le savons tous les deux. » Et, à sa réaction, il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire plus sincère, quand bien même il se sentait toujours autant emprunté face à elle, si ce n’est plus. Elle avait été élevée pour régner après tout, contrairement à lui. Mais il avait saisi sa chance, il l’avait prise plutôt, sans scrupules. Il n’en avait toujours pas, il ne fallait pas se leurrer, même s’il se sentait parfois coupable vis-à-vis de la jeune femme. « Difficile de faire preuve de maturité et de recul, surtout selon les circonstances. Mais vous semblez avoir su tirer le meilleur parti de ce qui vous est arrivé. » Par sa faute il le savait, mais pas uniquement, même si elle n’avait pas conscience de ce qu’il avait essayé de faire pour elle.

Si le silence ne s’installa qu’un bref instant, il était suffisamment tendu pour que Gustave ait pleinement conscience de l’entreprise difficile, pour ne pas dire impossible, à laquelle il s’était attelé. Comment pourrait-il jamais lui faire comprendre ce qu’il pensait, ce qu’il voulait, alors que l’hostilité continuait d’émaner d’elle. Quand bien même elle était bien trop polie pour le faire voir de façon plus directe. Gustave réprima tout de même un soupir de soulagement quand elle reprit la parole et il hocha la tête à l’évocation des fiançailles d’Antonin. Il était encore partagé à ce sujet, entre la joie de savoir que son fils pourrait fonder sa propre famille, les doutes qu’il avait concernant cet héritier qui ne semblait guère avoir les épaules et l’inquiétude toute paternelle de savoir s’il saurait être heureux. C’était idiot, après tout, il ne lui était pas demandé d’avoir un mariage qui le comblerait. Pour autant, en tant que père, il le souhaitait plus que tout. « Je vous remercie de l’attention. Les fiançailles ont été annoncées plutôt rapidement à dire vrai et je gage que vous aviez d’autres préoccupations à ce moment-là. »

Il jeta un regard appréciateur aux broches, se demandant si Antonin saurait saisi la portée de ce présent. « Il ne sera pas oublié les félicitations d’Outrevent. C’est important. Surtout aujourd’hui. » Faërie avait besoin de montrer un front uni et il savait que Chimène en était consciente. Tout comme elle savait qu’un mot d’elle pourrait faire basculer bien des allégeances. Pourtant, ce n’était pas pour cette raison que Gustave marchait sur des œufs. Après tout, rien ne l’empêcherait d’agir comme elle le souhaitait mais il l’espérait assez intelligente pour songer à l’avenir de son pays avant ses propres rancoeurs. Mais, avant qu’il n’ait le temps d’ajouter quoi que ce soit, voilà que sa cadette reprenait la parole, pour une demande bien surprenante. Il la fixa un instant, en silence, plissant légèrement les yeux comme pour s’assurer de ce qu’elle avait dit, avant de se décider à répondre, d’une voix tranquille. « Je suppose que votre époux n’est pas au courant de votre demande. Je me trompe ? » Puis, sans bien savoir pourquoi, il ajouta, d’une voix songeuse. « L’avez-vous bien connue ? » Peur-être que la question était trop intime, il avait du mal à vraiment s’en rendre compte. Alors il continua, songeur. « Je pourrais effectivement tenter d’intercéder auprès de Sixtine, même si elle risque de demander pourquoi cette demande. » Et lui aussi, par la même occasion. Aimerait-il se recueillir sur la tombe de ces sœurs qu’il n’avait pas connues ? Est-ce que cela changerait quelque chose pour lui ? Pour Chimène ?
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptyDim 6 Jan - 15:51


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Une lueur insondable traversa mes iris. Oui, il disait vrai. Aurais je prétexté une maladie imaginaire., une occupation soudainement urgente avant ? Oui, sans aucun doute. Mais il n'était plus l'heure de se faire infantile et immature. De plus, je ne pouvais céder a mes envies ou mes caprices sans entraîner avec moi Outrevent. Néanmoins, ce n'était pas cela qui m'avait décidé a accepter cette invitation, même si je savais, au fond de moi, qu'il serait terriblement difficile d'échanger avec cet homme. Mon cœur ne pouvait le voir comme un frère, étrangement, cette idée me troublait et tant que cela serait le cas, il ne me sera sans doute impossible de l'accepter. Au delà de cela, outre ce ressentiment né de ses actes, n'était ce pas aussi l’amère saveur de la trahison parentale ? Comment imaginer sa mère, aussi aimante qu'une Impératrice puisse l'être, et un père à la voix si réconfortante, aient abandonné sans un regard en arrière un de leur enfant ? Finalement, les avais je réellement connu ? Ou était il préférable de se voiler la face ? Tant de questions. Alors il y avait sans doute aucune réponse, sauf celle qui me murmurait que jamais, ô grand jamais, je ne pourrais abandonner un de mes enfants. « Certes, je ne vous contredirais pas. Auriez vous préféré que je refuse ? » fis je en plantant sans vergogne les iris gris acier de mon regard dans le sien. La suite amena un sourire sur mon visage, il n'était ni chaleureux, ni froid, plutôt un étrange chemin hésitant entre les deux. Quelque part, j'étais fière de mon accomplissement, mais si celui ci se fit dans la douleur et la peur. « Il le fallait. Je refuse de vivre dans la rancune et la haine, cela ne me ressemble pas. » Et faisait de moi une créature abjecte.

Je m'installai avec le maintien qui était le mien avant de présenter le présent d'Outrevent pour les fiançailles d'Antonin de Faërie. « Combler les ravages de la guerre nous a particulièrement occupé, il est vrai. La paix fut un soulagement pour beaucoup. » Nous n'avions qu'une minuscule frontière avec Ibélène mais cela avait suffit. Edenia et Outrevent avait bien souffert et sûrement que mon homologue des fleurs avait œuvré pour restaurer la confiance de son peuple. Suivant le regard de l'empereur, j'admirai a mon tour les broches. Nos artisans avaient fait un travail merveilleux, j'en convenais sans peine. Mais il s'attira un coup d'oeil aiguë à la suite. « Je tiens a Faërie, Majesté et ceci va bien au delà de mes sentiments personnels. Nous sortons d'une guerre, certes rapide, mais bien trop meurtrière a mon goût, il ne serait pas judicieux de se montrer affaiblit ou divisé et si cela arrivait, ce ne serait pas de mon fait, c'est une promesse que je peux vous faire et tenir. » fis je en levant a peine le menton. J'étais Duchesse d'Outrevent. Nous ne trahissons pas. Nous ne nous parjurons pas.

Mais au delà de ce présent, ma venue avait aussi un but plus personnel celui là. Bien qu'il m'en coûtait de devoir quoique ce soit a cet homme. Je n'avais pas oublié de quelle manière il avait arraché la loyauté de mon époux. Mais je tenais tout de même a faire ce pas. « Non. Du moins, je ne me suis pas avancée a lui en parler sans être sûre que cela soit possible. » Nul doute qu'il sera contre d'ailleurs. Sauf si je lui prouvais que je ne risquais absolument rien. La question me surprise et cela se vit un instant dans mon regard. Si je gardais le silence un instant, ce n'était pas un refus, juste une manière pour moi de réfléchir posément...Puis au bout d'une poignée de secondes, je pris la parole. « Non. C'est étrange de le dire de cette façon, mais cela n'est que la vérité. Je suis la plus jeune et, a vrai dire, certainement pas attendue. Mes sœurs étaient déjà femmes lorsque j'errais encore dans mes langes. Catarine fut mariée tôt, je ne me souviens plus très bien de son départ. Néanmoins, elle m'a accueillit durant mon exil, même si nous n'étions pas proches, je ne peux oublier son geste et la moindre des choses serait de lui rendre hommage. »  Mais en tant qu'Impératrice d'Ibélène, elle reposait dans leur sanctuaire, contrairement a Cassandre qui elle, dormait éternellement en Cibella. « Que peut elle ne pas comprendre dans le désir innocent de sa parente de rendre hommage a sa mère ? Bien que j'ignore quelles sont vos relations actuelles avec le trône d'Ibélène, j'ose espérer qu'elle n'y verra pas une manœuvre sournoise de ma part. Ou de la votre. » fis je en tournant mes yeux vers l'horizon que j’apercevais de l'immense fenêtre a mon coté. « Notre famille est terriblement atypique.... » murmurais je presque sans réellement m'en rendre compte, les yeux perdus dans un souvenir lointain dont je peinais a discerner les contours.
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptySam 2 Fév - 18:57

Si quelques mois plus tôt, Gustave se serait targué de pouvoir cerner la jeune femme sans trop de difficultés, les épreuves qu’elle avait traversées l’avait changée. Et ce regard, si pur lorsqu’il l’avait rencontrée, s’était voilé. Aujourd’hui, il ne se serait pas autant avancé à imaginer ce qu’elle pouvait penser, bien au contraire. Mais cela rendait probablement cette discussion plus intéressante, même si les conséquences seraient tout autres désormais. A sa question, il laissa filer un silence, hésitant entre la franchise et une réponse plus diplomatiquement correcte. Mais la diplomatie entre eux avait disparu depuis bien longtemps. Depuis qu’il avait brisé son existence en essayant de mener la sienne. « Très franchement ? Je n’en sais rien. Il m’aurait été plus facile que vous refusiez, j’aurais pu me complaire dans mes certitudes et ne pas chercher à changer les choses. Mais la facilité n’est pas un terme que l’on emploie bien souvent dans cette famille. » Il avait prononcé ces derniers mots à mi-voix, sans bien savoir comment elle le prendrait.

Au reste de ses propos, il hocha la tête, esquissant un sourire. « Pourtant, nombreux sont ceux qui approuveraient de vous voir vous repaître de ces sentiments. Comme dit, ils seraient plus que justifiés. Même s’ils ne permettent pas de construire quelque chose de fort, de solide, où tout le monde pourrait y trouver sa place. » Ce qu’il espérait au fond. Quand bien même il ne savait pas comment se comporter devant sa cadette qui aurait pu être sa fille ou peu s’en faut. Les regrets continuaient de le hanter, à chaque seconde, à chaque battement de cils, à chaque fois qu’il pensait à tout ce qu’il avait pu vivre jusque-là. S’il avait choisi de prendre son existence en main, de ne pas laisser les autres décider à sa place, il regrettait que leurs parents aient décidé d’agir de la sorte. Sans arriver à comprendre pourquoi. Et c’était probablement ce qui lui pesait le plus, alors qu’il savait que son existence ne serait pas aussi longue qu’il le souhaitait.

La suivant des yeux, il cilla au reste de ses propos, avant de reprendre, d’un ton pensif. « De plus en plus de personnes se demandent pourquoi je n’ai pas relancé les hostilités. Le trône d’Ibélène a été grandement fragilisé, que ce soit la sécession d’Erebor ou les… mésaventures avec la Chasse. Certains pensent que je devrais profiter de l’occasion pour frapper un grand coup et rompre la trêve. Qu’en pensez-vous ? » Il était curieux de sa réponse, si elle allait se retrancher derrière quelques phrases toutes faites dignes de son rang ou si elle allait pousser plus loin le fruit de sa réflexion. D’autant que la suite pouvait lui faire penser que Chimène allait en dire plus. « Et pourtant, cela ne dérangerait pas certains autres duchés. De profiter du fruit d’une division plus ou moins affichée. »

Et voilà qu’elle posait une question pour le moins déconcertante. Ou plutôt qu’elle faisait une demande à laquelle il ne s’attendait guère. Réprimant un sourire lorsqu’elle avoua que Liam d’Outrevent n’était pas au courant, Gustave n’insista cependant pas. Il ne savait pas à quel point leur attachement était important pour qu’il accepte d’accéder à une demande qui pourrait probablement la mettre à danger, trêve ou non. Sa propre question sembla prendre au dépourvu et il laissa le silence s’installer entre eux, sans chercher à la briser, avant qu’elle ne se décide à répondre. « Je vois. Elle a été là lorsque vous aviez besoin d’elle, c’est tout ce qui compte après tout. » Ces liens familiaux étaient si étrangers à Gustave qu’il se sentait moins à l’aise qu’il aurait bien voulu le reconnaître. Et pourtant, il aurait aimé en savoir plus, les avoir connues, pouvoir avoir des souvenirs avec elles. C’était trop tard, il le savait bien et le soupir qu’il réprima difficilement traduisait son état d’esprit. Avant qu’il ne reprenne, d’une voix songeuse. « Je ne saurais dire ce que Sixtine pourrait penser de tout cela. D’autant que je ne vois guère quelle sournoiserie il pourrait y avoir dans cette démarche. Mais nous ne sommes pas à sa place, nous se savons pas par quoi elle a pu passer ces derniers mois. Et les dieux savent que cela a dû être difficile pour elle. » Probablement autant que pour Chimène à dire vrai.

Il leva un sourcil quand elle détourna les yeux, se figeant un instant à son murmure alors qu’il frottait sa barbe sans même y prêter attention. Et, sans bien y réfléchir, il répliqua, sur le même ton. « Votre famille ou la notre ? » La nuance était infime, ridicule pour certains. Mais pour Gustave, qui les avait cherchées sans le reconnaître sa vie durant, elle changeait absolument tout. Fronçant les sourcils, il finit par souffler de nouveau, d’un ton hésitant. « Vous avaient-ils parlé de moi ? » Est-ce qu’il avait existé pour elles, avant d’entrer dans leurs vies avec pertes et fracas ? Ou ses parents l’avaient-ils rayé de leur existence sans même avoir le moindre regret ? Voilà une autre question qui n’aurait probablement jamais de réponse, même si Gustave avait un doute quant au fait qu’il aurait voulu la connaître.
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Chimène d'Outrevent

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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptyDim 17 Fév - 11:36


Chimène & Gustave

Un sang dilué d'eau



Étonnement, la réponse qu'il me fit amena un sourire sur mes lèvres. Étrangement fier et insondable, comme si je ne savais pas moi même ce qu'il convenait de répondre ou de faire. Le passé m'aurait sans doute vu répliquer avec  trouble et hésitation, le présent...Me voyait empreinte de dignité et de fierté peut être. « Effectivement, il fut un temps où j'aurais choisit la lâcheté sans aucun doute. » il n'y avait là nul mensonge, juste une reconnaissance de ce que j'avais été. Je ne me voilais pas la face, ni ne me cherchait d'excuse. J'avais grandis, a mon grand étonnement. Le pardon ne me venait pas encore mais qui sait. Les épreuves traversées n'étaient pas restées sans trace, bien évidemment, ni sans blessures, mais il ne tenait qu'a moi de les affronter et c'était ce que j'avais décidé de faire...Cela commençait donc par lui. Si je relevai le mot banni de mon esprit, je n'en montrai rien. Il n'était pas temps encore d'évoquer ce lien que j'avais rejeté de toutes mes forces. Mais cela viendrait, parce qu'il ne pouvait en être autrement.

L'un de mes sourcils se arqua le temps d'un battement de cils. « Sans doute, mais comme vous le soulignez, cela n'apporte rien. Si je m'étais laissée engloutir, j'aurais déchiré un pays et une nation auquel je tiens et que j'aime, tout cela pour une rancoeur et une colère qui ne visaient que vous. » Je ne lui avait jamais caché mes sentiments le concernant. Nous étions capable d'illusion et de tromperie lorsque nous n'étions pas seuls, mais aucun de nous ne s'y laissait prendre. Trop de question, de doute et de déni naviguaient entre nous. Au delà de ses actes, que je condamnais, au delà de ce lien qu'il m'imposait, il y avait aussi ce sentiment de trahison. Non né de lui, mais plutot de mes parents. Des êtres que j'avais aimé comme seul un jeune cœur d'enfant pouvait le faire. Je les avais sans doute porté aux nues, placés sur un trône inaccessible...J'avais oublié qu'ils étaient humains, mais même alors, comment pouvais je cautionner un tel acte ?

Évoluant dans ce salon que je connaissais, je m'installai dignement avant de lever un regard gris sur le visage de Gustave, un léger froncement de sourcils accueillit ses paroles. Je pris le temps de la réflexion, me demandant jusqu'où pouvait porter une telle question. « D'un point de vue stratégique, cela se comprend, néanmoins, je suis une pacifiste ce n'est pas là un chemin que je prendrais. Catarine a été la pierre angulaire d'une paix certaine, ses enfants sont a la tête d'Ibélène, mes neveux et nièces. Je n'ai pas envie de voir le sacrifice de ma sœur foulé aux pieds d'ambition démesurée. De même, Ibélène nous a prouvé qu'elle savait encore se défendre, même aussi divisée qu'elle soit...Et quoiqu'en dise les apparences, Faërie l'est aussi, votre règne est encore trop jeune pour vous assurer le soutien de tous mais je suis sûre que vous en êtes conscient. » finis je par répondre, le regard perdu dans l'horizon que m'offrait une large fenêtre. La suite fit naître un sourire désabusé sur mon visage tandis que je reportais mes iris sur lui. « Beaucoup ne pense pas Faërie malgré leur rond de jambe. La rapidité avec laquelle vous avez obtenu l'appui des Ducs en est une preuve suffisante n'est ce pas ? De quelle loyauté pouvez vous être sûr ? Tel est le poison du pouvoir. »

Mais l'offrande pour le mariage d'Antonin était aussi une excuse. Il y avait mon désir, presque inconscient, de pleure ne serait ce qu'une fois, sur la tombe de ma sœur. « Je ne sais pas. Vous m'avez imposée a elle et je n'ai jamais vraiment su ce qu'elle en avait pensé. Néanmoins, il est vrai qu'elle ne m'a pas rejetée et a prit soin de moi. La guerre m'a forcé a revoir ma position cependant, j'étais certes, déposée et renversée, mais je demeurais un otage de choix que vous aviez sciemment placé là. Que cela est été ou non votre intention, je ne pouvais pas prendre ce risque...Je sais que si elle l'avait voulu, Catarine avait le pouvoir de m'arrêter...Elle ne l'a pas fait. Pour cela, oui, je lui dois une reconnaissance certaine. » Cela étant, je ne savais ce qu'en pensait ma nièce. Je n'avais pas eu le temps de me rapprocher d'eux, perdue dans mes propres tourments et cela, je le regrettais réellement. Dans mes rêves, j'aurais aimé des liens durables et d'amitié certaine avec Ibélène, mais je n'étais plus une incorrigible rêveuse, la réalité était que certain ferait tout pour raviver les flammes du conflit. Je soupirai doucement. « Cela est vrai et le poids de la couronne pousse souvent a imaginer des choses qui ne sont pas. Peut être devrais je abandonner mon désir de poser une fois, ma paume sur le marbre de sa tombe. » Perdue dans mes pensées, je lâchais une phrase dont je ne mesurais pas la portée sur l'instant.

Le trouble traversa un instant mes iris avant que mes lèvres ne se pincent et que la courbe de ma nuque se raidissait. «  La reconnaissance de nos liens a-t-il donc tant d'importance a vos yeux ? » Puis je relâchai l'air de mes poumons. « Vous l'avez écrasé pour obtenir ce que vous vouliez, tout en vous en servant, quelle importance au final ce que je peux en penser ? » La suite me figea, car il touchait là le cœur des questions qui me hantaient.  « Non. » mon regard erra sur le vide. « A aucune d'entre nous, du moins a ma connaissance. Peut être y a-t-il des traces dans les archives impériales...Mais pour moi, cela demeure incompréhensible. Vous n'êtes pas le premier né mâle dans la famille impériale, cela est impossible. Auriez vous été élevé dans les valeurs et la tradition de la lignée impériale...vos ambitions auraient elles été les mêmes ? »
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La chute fut si douce.

Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie TitreChimene1
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Message Sujet: Re: Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie   Un sang dilué d'eau |Gustave de Faërie EmptyVen 1 Mar - 20:40

A mesure que passaient les secondes, Gustave se demandait s’il avait devoir autant marcher sur des œufs qu’il l’avait imaginé au premier abord, avant de se retrouver face à elle. Peut-être que la franchise serait un meilleur moyen d’assainir une relation bien complexe, si tant est que la jeune femme souhaitait que les choses s’arrangent. Mais sa présence ici était un point de départ tangible quant à ce qui pouvait se passer entre eux, l’empereur essayait de s’en persuader en tout cas. Et la voir sourire de la sorte, avec ce qui semblait à n’en pas douter à de la fierté et non de la crainte ou de l’inquiétude comme il avait pu le voir si souvent, était bien plus plaisant qu’il ne l’aurait cru possible. « La lâcheté reste toujours une solution de facilité dans laquelle il est tentant de s’engouffrer. Pour ne pas affronter les conséquences de nos actes. » Il s’était fait songeur l’espace d’un instant. Gustave n’était pas du genre à fuir, il ne l’avait jamais fait. Mais il pouvait comprendre que cette solution était plus tentante que les autres. Pour autant, Chimène avait changé, c’était une certitude maintenant.

Et les propos qu’elle tenait ne faisaient que le conforter dans cette sensation. Ce n’était plus une petite fille qui n’avait rien à faire sur le trône qu’il avait face à lui désormais. Même s’il restait persuadé qu’elle n’avait pas les épaules pour gouverner Faërie, le changement avait quelque chose d’impressionnant. « Beaucoup n’auraient pas pris la peine de réfléchir autant aux conséquences, surtout avec autant de colère et de rancoeur qui avaient une cible toute trouvée. Vous faites preuve d’un altruisme peu commun. » Elle parlait au passé. Est-ce que cela voulait dire qu’elle ne ressentait plus tout cela ? Et dans ce cas, que pouvait-elle bien penser de lui désormais ? Sans bien savoir s’il voulait réellement une réponse à cette question, il la fixa, songeur, alors qu’elle s’installait face à lui, réfléchissant à la question qu’il venait de lui poser.

Croisant les bras, il laissa filer un silence à ses propos, avant de souffler, d’une voix tranquille. « Je ne souhaite pas reprendre les hostilités. Mais je ne veux pas d’une paix blanche où rien n’aurait évolué de part et d’autre. Il y a des choses à changer et le continent entier pourrait être uni sous un même empire si l’on s’en donne la peine. Un endroit où chacun pourrait trouver sa place, qu’il soit savant ou mage. » Levant un sourcil quand elle continuait, il hocha doucement la tête. « Nous sommes aussi d’accord sur ce point. Il est difficile de savoir à qui je peux faire confiance aujourd’hui. C’est aussi pour cela que j’ai attendu avant de faire quoi que ce soit de plus. Pour voir les réactions, écouter les rumeurs et les murmures face à ce que d’aucuns considèrent comme de l’inaction. Je sais leur appui fragile. Enfin, pas celui de tous les ducs cependant. » Un silence lourd de sens avant qu’il ne reprenne, d’un ton toujours aussi calme. « Mais Ibélène est fragile, c’est certain. Il faut compter sur Erebor en sus désormais et il va me falloir décider quoi faire de cette nouvelle équation. »  Son regard se perdit lui aussi un instant en direction de la fenêtre. « Je ne veux plus voir le sang d’un membre de notre famille couler pour cela. » A peine un murmure avant qu’il ne la laisse reprendre la parole.

Et la relation évoquée avec Catarine avait quelque chose d’étrange. Encore une sœur qu’il ne connaîtrait jamais vraiment, dont il ne saurait jamais le fond de ses pensées. Un regret supplémentaire qu’il ne pourrait jamais rattraper, quoi qu’il fasse. « Il était mieux que vous soyez un otage qu’un cadavre supplémentaire Chimène. Je ne regrette pas de vous avoir envoyée là-bas, c’est certain. Surtout au vu des autres options qui s’offraient à moi à ce moment-là. Mais il est heureux de voir que vous avez pu tisser une forme de lien avec elle. » Quelles que soient les circonstances. Même si cela n’aurait probablement que peu d’impact sur la suite des évènements, le fait que Catarine ait tendu la main vers Chimène pouvait tout de même le laisser espérer que sa fille saurait se conduire de la même façon. Soupirant en écho à la jeune femme, il hocha la tête pour confirmer le reste de ses propos. « Il est vrai que cette couronne peut lui peser. Surtout qu’elle ne l’a pas réclamée. Et qu’elle a vécu des moments difficiles. Pour autant, avant d’abandonner tout espoir, une missive conjointe pourrait peut-être la pousser à réfléchir. Qu’en dites vous ? »

Sa réaction à la question posée par Gustave, qui aurait pu sembler anodine à bien des gens, laissa l’empereur muet quelques instants, laissant Chimène continuer de parler et l’interroger en retour. Difficile de savoir quoi répondre. Mais il se rappela qu’il avait décidé d’être honnête, autant que possible tout du moins. Alors, prenant une profonde inspiration, l’empereur fixa sa cadette avant de souffler, d’un ton quelque peu hésitant. « Je ne sais pas Chimène. Ces liens existent sans pour autant avoir la moindre signification si ce n’est qu’ils ont été source de malheur pour vous. Contrairement à ce que vous semblez croire, votre avis m’importe. Parce que vous êtes la dernière de cette fratrie que je ne connaissais pas jusqu’à il y a peu. Parce que la famille devrait être plus importante que le reste. » Ces derniers mots avaient été prononcés dans un nouveau murmure alors que son regard se détournait. « J’aurais aimé savoir pourquoi. Et je n’aurais probablement jamais la réponse. Je ne sais pas à quel point ma vie, notre vie aurait été différente si j’avais su, si mes ambitions auraient été différentes ou non, je ne vais pas vous mentir. Mais j’ai le sentiment que l’on m’a volé ma vie sans raison. » Cela n’expliquait pas grand-chose en vérité, mais il avait besoin de le dire au moins une fois. Et Chimène pourrait peut-être comprendre.
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