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 L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus

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Les Voltigeurs
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Message Sujet: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Ven 22 Avr - 1:06


Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Serenus Dardallion & Mayeul de Vifesprit

L'hospitalité n'est point un vain mot

Sur la route, lalalala
CLOS



• Date : 18 avril de l'an 1001
• Statut du RP : Privé - Terminé
• Résumé :Mayeul est de temps en temps contraint d'endosser son rôle d'héritier de Vifesprit, et croise la route d'une caravane à qui il propose l'hospitalité pour la nuit. Et en chemin, quoi de plus intéressant à faire qu'engager la conversation?



Dernière édition par Mayeul de Vifesprit le Dim 25 Sep - 14:26, édité 3 fois
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Ven 22 Avr - 1:21

Mayeul avait profité de quelques jours de repos pour rentrer se reposer chez lui, du moins, sur les terres qui l’avaient vu naître. Chez lui, ce n’était pas à Vifesprit, c’était plutôt à la caserne d’Euphoria... Mais ce n’était clairement pas un sujet à discuter avec ses parents. Depuis la mort de sa sœur jumelle, chacun évitait de son mieux le sujet, et Mayeul n’était pas décidé à jeter un pavé dans la mare. Et puis après tout, s’il avait demandé son transfert à Sombreciel, c’était bien pour se rapprocher des siens, non? Donc, autant s’y essayer, même s’il ne s’était jamais senti aussi seul que depuis la mort de Mathilde. Heureusement que Nuage était là, songeait-il parfois, parce que sinon, il n’avait aucune idée de ce qu’il aurait bien pu devenir. Ou si, il en avait une idée, en réalité.
Tapotant le cou du griffon, le voltigeur l’observa quelques instants en train de dévorer son petit-déjeuner, un léger sourire sur les lèvres quand les sentiments satisfaits de son compagnon plumeux s’imprimaient dans sa tête. A Vifesprit, Nuage était considéré comme un hôte de marque : en plus du père de Mayeul qui prévenait toute faim en engrangeant bien trop de provisions, le griffon était le point de mire de la plupart des enfants des alentours, qui ne se lassaient pas de venir le regarder. Et si Mayeul et son compagnon préféraient, et de loin, voler, être au centre de l’attention ne semblait pas trop déplaire au griffon.

Le voltigeur finit par détourner les talons, se rendant aux écuries. Son père lui avait demandé d’aller vérifier les rumeurs de brigands qui roderaient à l’extrémité est de la petite baronnie, mais Mayeul n’était pas un crétin : il savait parfaitement ce que voulait son père, en réalité. C’était bien la raison pour laquelle il n’y allait pas avec Nuage, mais plutôt accompagné de deux gardes aux couleurs des Vifesprit. Pour parader, pour être vu, pour être Mayeul de Vifesprit plutôt qu’un illustre voltigeur qui n’avait rien à voir avec les gens du coin. Encore une fois, ça aurait dû être Mathilde : elle était bien plus à l’aise que lui dans ce rôle dont voulait, à tout prix, la charger leurs parents. La gorge du jeune homme se serra quand il entra dans les écuries, qui portait ce parfum si caractéristique de l’enfance : au contraire de beaucoup d’enfants de la noblesse à Sombreciel, Mathilde et lui avait passé leurs années d’enfance à chevaucher, à parcourir le domaine de long en large, à se rouler dans le foin et dans la boue : loin, très loin de ce que l’on attendait d’eux. Mais les drogues sont puissantes dans leur duché, et leur famille en avait toujours consommé de grandes quantités, bien assez pour laisser les enfants être libres de faire ce qu’ils entendaient.
Les chevaux étaient déjà sellés, leur itinéraire déjà calculé, et ils seraient rentré sans doute avant que la nuit ne tombe. Souhaitant un bon repos à Nuage, qui profitait en général du temps passé à Vifesprit pour rattraper le sommeil perdu lorsqu’ils se trouvaient à Euphoria, Mayeul emboîta le pas aux deux gardes. Il savait monter depuis tout petit, mais clairement, ça n’avait rien à voir avec la voltige. Autant dire qu’il s’ennuyait ferme, écoutant d’une oreille distraite le bavardage des deux hommes qui l’accompagnaient sans y participer, plongé dans ses propres pensées. Sans compter qu’il avait mal à la tête, pour ne pas dire la gueule de bois : son père avait tenu à fêter son arrivée la veille au soir, et pour tout dire, Mayeul ne s’était pas fait prier. Il tenait en selle sans trop de soucis, mais vu le pic vert qui frappait dans son crâne, il ne se sentait guère capable de tenir une conversation suivie.

Comme il l’avait escompté, la journée passa très lentement : il s’ennuyait ferme. Faire le tour du domaine n’était pas très palpitant, il l’avait fait des milliers de fois étant enfant, et à en croire les villageois rencontrés, aucun bandit ne menaçait leur tranquillité. Ça, Mayeul aurait pu le parier : Vifesprit n’était pas renommé pour sa grande richesse, qu’est-ce que des brigands auraient pu y trouver? Au moins, Nuage semblait s’amuser, lui : après avoir dormi une grande partie de la matinée, le griffon était parti chasser plus à l’est, régalant son voltigeur d’images à couper le souffle, pendant que ce dernier était cloué au sol à jouer les héritiers modèles.
L’après midi arrivait presque à son terme quand un peu d’action vint égayer cette journée morose. Ce fut Mayeul, dont les yeux étaient sans doute plus exercé à repérer les menaces que la garde de son père, qui la repéra en premier : une caravane cheminait doucement vers eux, entourée de son cortège de guerriers.
C’était assez inhabituel, en vérité : les caravanes passaient en général bien plus au Nord. Les trois cavaliers bifurquèrent dans la direction des nouveaux arrivants, avant de mettre pied à terre devant le convoi. C’est Mayeul qui prit la parole, sans vraiment chercher à dissimuler sa curiosité.
Les routes commerciales se trouvent bien plus au nord, messieurs. Vous vous êtes égaré, ou des troubles vous ont-ils obligé à ce long détour?
Le voltigeur se rappela soudain que rien n’indiquait qui il était : si les gardes portaient la livrée du baron de Vifesprit, lui ne portait rien de tel. Sa cape portait le blason des Vifesprit, certes, mais il n’était pas très visible maintenant qu’il était descendu de cheval. Quand à son statut de voltigeur, seulement indiqué par la plume stylisé qui attachait ladite cape, il n’était identifiable que par un oeil averti, et encore.
Je suis Mayeul de Vifesprit, et si vous voulez vous reposer pour la nuit, je peux vous offrir l’hospitalité au nom du baron. Les routes ne sont guère dangereuses par ici, mais voyager de nuit n’est pas chose aisée quand on ignore le chemin.
Proposa-t-il. L’hospitalité voulait que le propriétaire des terres offre une protection aux voyageurs de passage, après tout.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Ven 22 Avr - 10:11

Le guerrier plissa les yeux et regarda autour de lui. Il ne reconnaissait pas le paysage qu'ils traversaient en ce moment. Le soleil se couchait sur la plaine et La journée avait été épuisante, aussi bien pour les guerriers, pour ceux qui dirigeaient la caravane que pour les chevaux. Serenus tapota le cou de sa monture. Il chevauchait une jument robuste à la robe grise tachetée de blanc. Il était fier de sa monture. Il avait parcouru de longues distances sur son dos et elle n'avait jamais flanché, elle avait supporté le poids de son cavalier et son équipement et elle restait toujours aussi vive. Serenus se rappela qu'une fois, alors qu'il voyageait seul sur le chemin du retour, ils s'étaient fait attaquer par un lynx affamé. Serenus, qui dormait, n'avait pas vu le danger arriver. Sa jument elle avait bondit sur le côté pour esquiver le fauve. Serenus s'était alors réveillé et avait fait fuir le lynx en jouant de son épée. Si sa jument n'avait pas réagi, il aurait pu être gravement blessé par les griffes de l'animal.
Serenus sourit en regardant sa monture. Elle aussi semblait épuisée. Ils avaient fait peu de pauses depuis leur départ et cela se voyait aussi bien sur les visages des guerriers que sur la démarche de moins en moins assurée des bêtes.

Ils étaient partis presque une semaine plus tôt de la Volte. Le capitaine de son antenne l'avait appelé alors qu'il rentrait à peine de mission a Lorgol afin d'escorter la caravane à Euphoria. Serenus, quelque peu déçu n'avait cependant pas protesté. Il savait que son antenne manquait cruellement d'effectif depuis qu'un groupe était parti pour les régions glacées d'Arven pour une mission. Bien sûr cela n'avait pas plu a Elena. La jeune femme lui avait rappelé avec une certaine ironie qu'il était marié et qu'elle l'attendait chaque soir à la maison. Le guerrier secoua la tête en repensant à ses paroles. Sa femme avait son caractère mais cela etait indispensable quand on vivait avec un guerrier qui avait aussi un caractère compliqué.

Serenus avait alors rejoint la caravane en compagnie de quelques jeunes guerriers qui venaient à peine de finir leur formation et qui attaquaient leur première mission. Ils étaient alors tous excités comme des puces à l'idée de partir en voyage pour la première fois et ne tenaient pas en place. Serenus avait espéré qu'un autre guerrier plus expérimenté les accompagneraient mais il etait le seul à devoir surveiller ces jeunes hommes. Ils étaient partis quelques heures plus tard, quand la caravane fut enfin prête.

Le voyage n'avait pas été de tout repos. Ils avaient été attaqués plus d'une fois par des bandits qui, appâtés par le chargement de la caravane, les avait suivis depuis les portes de la Volte. Les guerriers les avaient repoussés sans subir de dommages. Les bandits étaient repartis, La queue entre les pattes mais ils ne s'étaient pas avoués vaincus. Ils les avaient attaqués une seconde puis une troisieme fois. La troisieme fois fut la plus rude pour les guerriers. En effet ils avaient établis un camp pour la nuit et alors qu'ils profitaient d'un repos bien mérité, la sentinelle avait été neutralisée par les bandits qui avaient ensuite attaqué le campement. Le groupe avait tant bien que mal réussi à repousser les attaquants de manière définitive. Mais Deux guerriers sur huit avaient été blessés. Serenus les avait renvoyés à la ville la plus proche pour qu'ils puissent se reposer avant de partir à la Volte.

Le dirigeant de la caravane avait alors exigé de prendre une autre route qui selon lui serait moins dangereuse. "non mais quel abruti" avait pensé Serenus. La route la plus sûre restait la principale ! Les petites routes abritait non seulement plus de bandits mais aussi des bêtes sauvages ! Mais le dirigeant n'avait rien voulu savoir. A present ils s'étaient aventurés trop au sud et avaient dépassés Euphoria sans le savoir ! Quelle perte de temps ! En plus la nuit tombait. Cependant Ils allaient être obligés de continuer, la récente attaque du campement avait effrayé les conducteurs de la caravane qui refusaient de s'arrêter tant qu'on avait pas rejoint la ville.

Un bruit de sabot attira son attention. Il vit alors 3 cavaliers qui s'approchaient vers eux. Serenus dégaina son épée et prudent, s'approcha des arrivants. Il se rassura et rangea son arme quand il reconnu La livrée des gardes. Ils ne craignaient rien. Un des cavaliers, un jeune homme, leur expliqua qu'ils avaient voyagé trop au sud. Il se présenta comme étant Mayeul de Vifesprit. Serenus sourit. Etre en présence de l'héritier du domaine de Vifesprit etait bon signe. Serenus se rappela qu'il avait déjà entendu parler de son père. Un homme bon a ce qu'il parait. Il remarqua que le jeune homme etait aussi un voltigeur. Serenus se demanda alors ou était son griffon. Peut être etait il resté aux écuries. Le guerrier fit signe A la caravane que tout allait bien, retira son heaume à plumes rouges et répondit à Mayeul tout en s'inclinant :

- Je suis Serenus Dardalion et je parle au nom des guerriers ici présent. Nous venons de la Volte et effectivement nous avons été obligés de contourner les routes commerciales à cause des bandits. Serenus montra son bras bandé pour appuyer son propos puis continua en souriant Nous serons honorés d'accepter votre proposition et de profiter de votre hospitalité. Les hommes comme les chevaux sont épuisés. L'antenne de la Volte vous en sera reconnaissante.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Sam 23 Avr - 22:52

Maintenant que la caravane s’était assez rapprochée pour que Mayeul puisse distinguer les visages de ceux qui la composaient, il nota que le trajet avait du être quelque peu mouvementé : tous avaient l’air fatigués par la route, et l’allure lente des charrettes chargées devaient les mettre au supplice. En tout cas, lui, il aurait été au supplice. Il avait remarqué la suspicion des guerriers à leur égard mais à eux trois, le petit groupe ne représentait pas une bien grande menace, surtout que ni le voltigeur ni les deux gardes n’avaient sorti leur épée de leur baudrier. La main sur le nez de sa monture, Mayeul regarda avec intérêt les nouveaux venus s’avancer avant qu’un grand homme, visiblement le chef du petit détachement de guerriers, prenne la parole.
Apparemment, il y avait quelques dissensions au sein du groupe : le guerrier ne devait pas être ravi d’avoir quitté la route principale, et cela n’était guère étonnant. Rester sur la route principale était le plus censé, même si on y subissait des attaques. Le chef de la caravane et le dénommé Serenus ne devaient pas bien s’entendre, pour que le guerrier soit le premier à prendre la parole, mais Mayeul décida de ne pas s’en préoccuper. Ce n’était pas son problème, après tout, et l’honneur de la Guilde empêcheraient le petit groupe de se séparer avant leur destination finale. Euphoria, probablement, bien que le guerrier n’en ait rien dit. Quel autre raison aurait une caravane provenant de La Volte de se trouver dans les parages?
"Je vais vous guider jusqu’au château, vous pourrez vous reposer en sécurité dans ses murs. Et merci Serenus : si un jour j’ai besoin d’épées supplémentaires, je saurais où m’adresser."
Répondit Mayeul en tapotant sur la garde de son épée, avant de se hisser en selle d’un bond. Il était voltigeur dans l’âme, après tout : les cascades, les sauts, l’escalade, il avait ça dans le sang, depuis tout petit, et l’entraînement de cadet en avait fait une habitude. Penché sur sa selle, il conversa rapidement avec les garde de son père qui, après un salut des plus rudimentaire, firent volter leur monture pour reprendre la route de Vifesprit, à une allure bien plus soutenue que la caravane.
"Je les ai envoyé en éclaireurs, afin que tout soit prêt quand nous arriverons."
Expliqua rapidement le jeune homme, talonnant son cheval pour le faire avancer. La baronnie de Vifesprit était loin d’être riche : elle l’avait été, à l’époque du grand père de Mayeul, mais une gestion désastreuse avait fini par la réduire à guère plus que quelques terres difficilement cultivables, quelques villages et vergers, permettant une production de liqueurs sans grande renommée. Les drogues, habitude typiquement cielsombroise, avait eu raison de la fortune du baron et de ses successeurs, et Mayeul savait que s’il n’y prenait pas garde, lui aussi allait suivre la voie familiale. Il avait beau se dire qu’il maîtrisait sa consommation, qu’il n’était pas comme ses parents, que ce n’était que passager, quand il était tout à fait lui-même, il savait bien qu’il se mentait. Il avait besoin de ça pour tenir le coup, et il avait beau se voiler la face, il savait pertinnement où cela risquait de l’entraîner... Et s’il ne le savait pas, ses gentilles camarades n’oubliaient pas de le lui rappeler. Du coup, il ne pouvait guère reprocher aux gardes leur manque de tenue : la garnison de Vifesprit ne représentait qu’une poignée d’hommes, qui servaient également à surveiller les villages alentours, et les fines lames étaient partis chercher fortune ailleurs. Ce n’était pas bien brillant, en réalité, mais comme le lui reprochait son père, c’était son héritage, et il ne pouvait pas lui tourner le dos. Oui. S’il le disait.

Se rapprochant de Serenus, qui semblait bien plus enclin à la discussion que le sombre chef de la caravane, Mayeul calqua le pas de son cheval sur le sien. Avant qu’il ne puisse prendre la parole, cependant, quelques images vinrent flotter dans son esprit, lui arrachant un sourire amusé. Nuage revenait de son escapade, volant sans grande hâte vers Vifesprit, s’amusant de l’obligation de son voltigeur de rester, pour le moment, les deux pieds au sol. **Jalousie**. Le griffon répondit par une pensée moqueuse avant d’effectuer un looping et d’abandonner, pour le moment, son voltigeur aux bons soins de l’étalon qu’il montait. Traître, songea le jeune homme avec amusement avant de se tourner vers le guerrier.
"Si cela peut vous rassurer, vous n’avez pas fait un si grand détour : dès demain, je vous escorterais jusqu’à la route principale. Il y a longtemps que nous n’avons pas souffert d’attaque de brigands, mais inutile de tenter le Destin."
Et puis, inutile de se le cacher, Mayeul ne rechignait pas à s’éloigner quelques heures de Vifesprit et de l’idée fixe de son père de le faire devenir un héritier acceptable.
"Alors dites moi, quelles sont les nouvelles de La Volte? Et Alfaë? Faërie est-elle toujours sous le charme de sa jeune impératrice?"
Ce n’était peut-être pas un sujet à aborder, en réalité, et avec un peu plus de réflexion, Mayeul s’en serait peut-être abstenu. Mais tout, plutôt que de parler de la disparition des enfants, de la chevaucheuse et du major De Séverac. Et puis, après tout, ça n’était pas souvent que le voltigeur avait l’occasion de discuter avec un des habitants de l’autre côté de la frontière. Il n’avait rien contre Faërie, ceci dit : élevé à Vifesprit, sur la frontière Lagrane, et ayant passé son adolescence à Lorgol, Mayeul n’avait pas d’à-priori négatif sur les Faës. Quand à ce qu’il pensait personnellement de la petite Chimène de Faërie et de son accès au trône de l’empire, il n’avait nullement l’intention de le communiquer.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Dim 24 Avr - 10:06

Quand Serenus accepta la proposition d'hébergement pour la nuit de Mayeul, le chef de la caravane se leva brusquement de son siège et s'exclama en montrant Serenus du doigt :

- Vous êtes fou !? J'ai des horaires à respecter moi ! Si la caravane n'est pas à destination A la date prévue, je vais perdre au moins La moitié de ce que je dois gagner ! La moitié ! vous m'entendez ?! Nous n'avons pas le temps de rester ici !

Serenus regarda Mayeul en soupirant et se tourna vers le chef. Il répondit tout en restant calme mais avec un regard qui aurait pu le foudroyer sur place  :

- Nous serons largement dans les temps monsieur. Permettez moi de vous rappeller que si on a raté Euphoria, c'est à cause de vous. Si on avait continué sur la route principale on y serait déjà. Serenus descendit de cheval et se plaça face au chef, les yeux dans les yeux et reprit sur un ton plus impérieux : - Mes hommes sont épuisés. Les bêtes le sont également ! Si on continue et qu'un de vos chevaux tombe, il ne se relèvera jamais et je vous garantie que dans ce cas là le retard qu'on prendra vous fera perdre beaucoup d'argent. Alors nous nous arrêterons pour la nuit et il n'y a plus rien à ajouter.

- Votre capitaine entendra parler de moi Dardalion ! Vous n'avez aucune autorité au sein des guerriers et cette prise de pouvoir vous coûtera cher !

Serenus l'ignora, tourna les talons et remonta sur sa jument. Il sourit à Mayeul quand celui ci lui dit qu'il allait les mener au Chateau. Il salua les gardes quand ceux ci partirent les premiers pour servir d'éclaireurs. Décidément ils étaient beaucoup mieux organisés que leur petit groupe.
Il suivit donc le voltigeur à travers les chemins. Il resta plongé dans ses pensées. Son capitaine allait effectivement être très en colère à cause de son comportement. Serenus fit la grimace.  Cela avait été cependant nécessaire. Les chevaux de la caravane n'auraient pas pu supporter une nuit de voyage en plus.

Mayeul se rapprocha de lui et calqua le Pas de son cheval sur celui de sa jument. Serenus leva la tête et lui sourit. Ce jeune homme lui semblait bien sympathique. Et parler avec lui lui permettrait d'oublier les paroles de L'homme qui menait La caravane. Il vit Mayeul faire un sourire amusé. Il se demanda ce qu'il devait avoir de si drôle pour sourire comme ça.
Mayeul lui expliqua qu'ils n'étaient pas loin de la route principale et que même si les bandits sont rare ici, il ne valait mieux pas prendre de risques. Serenus hocha la tête et répondit :

- Je vous remercie, cela me rassure que nous soyons pas loin de cette route. Plus vite la caravane sera A Euphoria, mieux ça sera. Comme vous le dites il ne faut pas tenter le Destin. Une troupe de bandits nous suit depuis La Volte. Ils nous ont attaqué trois fois depuis notre départ. J'ai dû renvoyer deux hommes car ils étaient trop blessés pour continuer. Meme s'ils sont hors de vue, je suis persuadé qu'ils sont sur nos traces. Je ne sais pas ce qu'il y a dans cette caravane, mais les bandits la veulent a tout prix.

Serenus regarda derrière lui et croisa le regard des jeunes recrues de son antenne. Ils n'étaient pas rassurés A l'idée d'être suivis par des bandits sanguinaires. Leur première mission avait été bien rude. Serenus leur sourit. Ils avaient été exemplaire durant ce voyage et il veillerait à ce qu'ils soient bien récompensés.

Il se tourna vers Mayeul quand celui ci demanda des nouvelles de La Volte, d'Alfaë et de Faërie en général. Le guerrier sourit et répondit :

- Ma foi, La Volte est prospère en ce moment. Les fermes aux alentours ont eu de tres bonnes récoltes. Nous sortons à peine d'une épidémie de grippe donc ces récoltes sont pour nous une excellente nouvelle. Mon antenne a pu enfin faire réparer le toit de l'écurie. Quand A Alfaë je n'y suis pas allé depuis 2 ans. Mais aux dernières nouvelles, Chimène est toujours au pouvoir, elle veille au bien être de notre peuple et assure prosperité et bonheur à ceux qui lui sont fidèle. Même si elle est jeune, elle a tout D une bonne impératrice.    

Serenus sourit à cette pensée. Il avait déjà vu Chimène de loin lors d'une de ses visites à la Volte. Son coeur battait la chamade tant il était impressionné par la prestance et l'aura de l'impératrice.
Il revint à la realité et demanda à Mayeul tout en montrant la plume qui décorait sa cape :

- Et Comment vont les voltigeurs ? Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer votre plume. Vous exercez à Euphoria ?

Serenus se demanda comment fonctionnait le lien qui liait un voltigeur à son griffon. Et surtout Comment combattait les voltigeurs quand ils etaient dans les airs. Utilisaient ils La magie ou bien des arcs et des flèches ?
Il regarda le soleil se coucher au loin et soupira de soulagement. Il n'avait plus A s'inquiéter pour l'instant.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Lun 25 Avr - 0:09

Visiblement, le chef de la caravane n’était pas ravi de cet arrêt imprévu. Sans doute ignorait-il que gens et bêtes avaient besoin de se reposer, de temps en temps, et que les murs d’un château étaient bien plus sûr que le bord des chemins. L’argent... Pour quelques fleurons de plus, était-ce nécessaire de repousser les limites de chacun? Le voltigeur se garda bien de poser la question cependant : certes, Mayeul ne réfléchissait pas beaucoup, mais en général, il avait une assez bonne idée de où s’arrétait la spontanéité et où commençait l’impertinence. Son apprentissage de cadet et la douce influence de Nuage avaient, au moins, réussi à lui faire comprendre cela. Croisant le regard de Serenus qui soupira, le voltigeur se contenta de hausser les épaules. Ce n’était pas sa partie à jouer, et il laissa le guerrier argumenter. L’échange qui s’ensuivit eu au moins le mérite de mettre les choses au clair, et Mayeul n’était rien moins qu’amusé en remontant en selle. Si le chef de la caravane avait tout pouvoir sur les siens, visiblement, le guerrier n’hésitait pas à se soucier du bien-être de ses camarades. C’était compréhensible : ces hommes s’entraînaient, mangeaient et combattaient ensemble, et il était indubitable que le lien qui les unissait était solide. Aussi solides que ceux qui unissaient les Voltigeurs au sein d’un escadron. Frères et soeurs d’armes. Ils étaient une unité d’élite, ils vivaient, combattaient, respiraient ensemble, et forcément, cela contribuait à une certaine proximité.

Nuage. A nouveau, l’image époustouflante de terrains abrupts défila dans l’esprit de Mayeul, qui commençait sérieusement à songer que le griffon s’amusait bien à ses dépens. Leur lien était unique, et si chacun profitait de la sagesse de l’autre - argument assez peu applicable dans leur cas selon certains -, rien ne les empêchait de se chamailler gentiment. Le griffon souffrait de l’instabilité de son voltigeur, il le savait. Ils n’en parlaient guère cependant, Nuage refusant de blesser davantage son voltigeur, et Mayeul préférant s’obstiner à croire qu’il maîtrisait la situation. Jusqu’à présent, c’était un franc succès. Ou pas : depuis la mort de sa jumelle, Mayeul s’était replié sur lui-même, et sa relation avec sa monture avait vacillé sur ses bases. Il n’en avait pas l’air, cependant, et donnait aisément le change. Mais son compagnon d’armes le connaissait bien, et lui savait lire derrière les apparences, derrière les drogues, derrière la recherche acharnée d’un oubli providentiel. Mais rien, jusqu’à présent, n’avait réussi à remettre le jeune Cielsombrois sur les rails. Pas même ce lien si particulier que partageaient voltigeur et griffon.
La caravane s’était à nouveau ébranlée, et Mayeul avait conduit son cheval prêt de Serenus, qui chevauchait en tête. Loin des oreilles du maître de la caravane, le guerrier lui offrit quelques explications sur leurs péripéties, et le voltigeur hocha la tête. Oui, vraisemblablement, ils seraient plus en sécurité à Vifesprit que sur les routes. L’acharnement des bandits était étrange : en général, après un échec, les groupes de brigands préféraient s’attaquer à une cible moins organisée.
"Nous ne sommes qu’une petite baronnie, et une poignée de gardes, mais au moins, vous pourrez vous reposez en sécurité. Je suis désolé de ne pouvoir vous promettre plus. Nous n’avons même pas de médecin pour le moment, il s’est rendu dans l’un des villages alentours."
Expliqua Mayeul avec une moue embêtée. Il était sincère : son honneur de voltigeur lui enjoignait de veiller à la sécurité des marchands, mais en toute honnêteté, il ne pouvait mettre à la disposition de la caravane plus qu’une poignée de gardes supplémentaires. Quand à abandonner Vifesprit pour les escorter... Cela déclencherait une nouvelle dispute avec son père et honnêtement, il préférait éviter. Mai une fois sur la route principale, la caravane risquerait moins d’avoir des ennuis, du coup, cela ne devrait pas poser problème. Normalement. Se retournant sur sa selle, le voltigeur reprit la parole d’une voix forte, en faisant bénéficier l’ensemble de la caravane cette fois ci.
"Si vous le désirez, maître marchand, vous pourrez reprendre la route dès les premières lueurs de l’aube. Je vous promet que ce n’est pas un grand détour."
Et tant pis pour son repos, après tout. Il était à Vifesprit pour deux jours encore, il aurait bien le temps de rattraper ses heures de sommeil perdues. Il ne dormait pas très bien, de toute façon, en ce moment. Du coup, il avait enfin bouclé cette fichue chaîne de lettre qui lui avait atterrit entre les mains, lui promettant de grands malheurs s’il ne la recopiait pas pour la faire parvenir à trois autres victimes potentiels. En toute sincérité, Mayeul ne savait pas s’il devait y croire ou pas, mais dans le doute, il avait préféré s’y plier. Les lettres étaient rédigées de sa plus belle plume, cachetées - de manière anonyme, il n’était pas stupide non plus - et prêtes à être distribuées dès son retour à Euphoria. Il avait l’habitude des rapports de mission à rédiger, mais en arrivant au bout de sa tâche, il avait de l’encre sur les mains et le poignet fatigué. Pourtant, en tant que Cielsombrois, il s’y connaissait en matière de se muscler le poignet!

Il avait engagé la conversation avec Serenus, dissimulant de son mieux son amusement devant le discours que le guerrier tenait sur l’impératrice. Visiblement, l’homme faisait parti de ses partisans, et si le sourire qui était né sur son visage était une quelconque indication, la jeune Chimène avait même gagné un admirateur. Mayeul, pour sa part, ne s’avança pas d’avantage, gardant ses sentiments pour lui même. Acquiesçant à la question du guerrier, il porta la main à la plume stylisée qui attachait sa cape, avant de répondre.
"Vous avez l’oeil. Oui, je suis voltigeur à Euphoria, du coup, j’ai profité de quelques jours de repos pour rentrer chez moi. Je vous aurez bien escorté jusqu’à la capitale du duché, mais malheureusement, j’ai encore des devoirs qui m’attendent ici."
Il retint de justesse une moue agacée : inutile d’en dévoiler trop sur les rapports conflictuels qui unissaient père et fils. Qui unissaient Mayeul et son rôle d’héritier, plus précisément. Inquiétude. Affection. Secouant la tête, Mayeul répondit aux questions muettes du griffon par une pensée réconfortante, avant de lui envoyer l’image d’un point de répère de la région. Nuage répondit en lui en envoyant un autre : les deux compagnons avaient assez survolé l’endroit pour savoir exactement où chacun d’entre eux se trouvaient. Pas loin, en vérité : le griffon aurait rejoint la caravane avant qu’ils ne rejoignent Vifesprit.
"Vous êtes originaire de La Volte? La vie de guerrier de la Guilde ne doit pas être de tout repos, vous devez être souvent sur les routes, non?"
S’enquit Mayeul avec curiosité.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Lun 25 Avr - 10:12

Serenus écouta Mayeul parler de sa profession. Cela se voyait sur son visage que cela le passionnait, et cela n'étonnait pas Serenus car selon lui, les griffons étaient des créatures hors du commun et s'il n'était pas devenu guerrier, il aurait essayé de devenir voltigeur.
Le jeune homme évoqua ensuite ses obligations quant à son statut d'héritier du domaine de Vifesprit. Serenus fit une moue qui montrait bien sa compassion. Il avait compris grâce au mot "malheureusement" que cela n'enchantait pas le jeune homme de rester ici pour remplir ces obligations. Serenus se contenta de répondre :

- Je sais ce que c'est. Mon père voulait que je reprenne la boulangerie familiale qui existait depuis plusieurs générations.. Mais cela ne me plaisait pas et j'ai choisi de devenir un guerrier au service de la guilde. Je suis parti après une violente dispute avec lui à propos de mon avenir. Après ma formation, quand je suis revenu, j'ai voulu renouer un lien père fils comme il se doit avec lui. Mais il était trop tard..

Serenus n'en dit pas plus. Il s'en voulait encore de ne pas être rentré plus tôt pour parler avec son pere. Celui ci avait succombé à une maladie quelques semaines avant son retour à la Volte, et sa mère avait sombré dans le silence. La boulangerie avait donc disparu et les habitants etaient maintenant obligés d'aller à l'autre bout de La Volte pour chercher leur pain. Autant dire qu'ils ont ressentit le départ de Serenus comme une sorte de trahison. Mais ce sentiment avait fini par passer et désormais il entretenait de bonnes relations avec les habitants qu'il connaissait.
Le guerrier baissa les yeux en repensant à son passé, il essaya d'imaginer sa vie s'il n'était pas parti en claquant la porte de la maison familiale. Il serait surement devenu boulanger et aurait repris la boulangerie, rien de plus.

Il revint à la réalité quand Mayeul lui parla de La Volte et de sa profession. Serenus laissa échapper un sourire fatigué et répondit :

- Oui je suis né et j'ai grandi à la Volte. C'est une ville assez sympathique quand on y vient pour la première fois. Mais il ne vaut mieux pas habiter au centre ville croyez moi.. Serenus fit un sourire amusé en repensant à tous ces matins où il avait ete reveille A l'aube par un cheval, un cri, ou des rires. Puis il reprit :- et effectivement, la vie d'un guerrier est tout sauf facile, on est constamment en déplacement ou en mission et cela rend la vie de famille quasiment impossible. Ma femme supporte de moins en moins ses nuits passées toute seule a la maison et elle manque pas de me le faire savoir. Elle en a assez de me recoudre à chaque fois que je rentre et elle ne compte plus mes cicatrices, sans parler de la peur de ne plus me voir revenir.

Serenus sentit sa monture s'ébranler. La jument avait senti quelque chose qui ne la rassurait pas. Serenus baissa les yeux et repéra une petite vipère sur le chemin. La jument avait toujours eu une peur bleue des serpents. Serenus laissa échapper un petit rire amusé et dégaina son épée. Il passa à côté de la vipère malgré l'agitation de sa jument et réussit à écarter le reptile du chemin du bout de son épée. Une fois que cela fut fait la jument retrouva son calme et Serenus reprit :

- Mais devenir guerrier fut la meilleure chose qui puisse m'arriver. Je vois du pays
, je rencontre des personnes extraordinaires et je ne m'ennuie jamais. Il y a toujours de l'action et du frisson dans ce que je fais et pour rien au monde je ne changerais cela..


Serenus se retourna quand un des autres guerriers l'appela pour lui signaler que quelque chose approchait et que cette chose venait du ciel. Serenus leva la tête et distingua un point qui grossissait de plus en plus. Cela devait être le griffon de Mayeul. Le guerrier sourit, il avait toujours aimé ces créatures.
Il se tourna vers Mayeul et demanda :

- je suppose que la vie de voltigeur ne doit pas être facile non plus. J'ai cependant entendu parler d'un lien qui unissait le voltigeur et son griffon, je suis curieux de savoir comment cela fonctionne.

Serenus tapota le cou de sa jument qui avait encore du mal à se remettre de sa rencontre avec la vipère. Celle ci tapait nerveusement du pied quand elle marchait et agitait la queue dans tous les sens. La jument répondit à ces caresses par un mouvement de tête et se calma.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mar 26 Avr - 0:52

Visiblement, Mayeul n’était pas le seul à se battre avec ses problèmes d’héritage. Cela semblait si facile aux autres, pourtant... Accepter son destin, s’y plier, et vivre avec sa vie durant. Mais pour autant, le voltigeur ne parvenait pas à se persuader que c’était de cela que serait fait son avenir : depuis toujours, depuis tout petit, il avait vécu loin du carcan imposé par sa famille. Loin des drogues de Sombreciel, loin des enfants propres et sages qu’on leur vantait parfois. Mathilde et lui avaient été des enfants particulièrement remuants, toujours à explorer, à chercher à comprendre par eux-mêmes le monde qui les entourait. C’était sans doute pour ça que les jumeaux s’étaient tant plu à l’Académie, s’abreuvant de savoir et de découvertes. Et puis, il y avait eu Nuage. La Voltige, Mayeul l’avait découvert, c’était tout ce qui lui manquait. Cette liberté que lui offrait le ciel, ce rapport avec Nuage semblable à aucun autre... Non, il ne voyait pas comment concilier les deux. Ou peut-être qu’au fond, il rejetait ce statut simplement parce que c’était celui de Mathilde. Il n’en savait rien, et ne voulait guère y penser en vérité. Et autant quand il était à Euphoria, il essayait de toutes ses forces de rejeter ces drogues dont il était dépendant, autant ici, à Vifesprit, elles représentaient une liberté supplémentaire. Son esprit était bien trop confus pour faire la part des choses, et il s’efforçait de se dire que cela lui convenait. Même si c’était loin, très loin d’être le cas.
L’histoire de Serenus n’était pas plus heureuse que la sienne. Suivre ses rêves ne menait que rarement au bonheur, semblait-il, au contraire de ce que lamait les histoires héroïques de leur enfance. Le voltigeur frissonna devant cette pensée plus que déprimante, avant de présenter ses condoléances.
Je suis sincèrement désolé.
Des mots creux, il le savait bien pour les avoir expérimenté lui-même. Toutes mes condoléances. Je suis désolé, je comprend. Ca va aller. Des mots vides, des mots qu’il ne voulait plus entendre, à force de les avoir autant entendu. Mais qu’on lui offrait tout de même, jusqu’à ce qu’il les accepte avec un hochement de tête et un sourire : alors, seulement, les gens se disaient qu’il allait passer à autre chose. Mayeul se sentait presque désolé de n’avoir que ces mots à offrir à Serenus, mais il ne voulait pas lui mentir. On lui avait tant menti, à la mort de Mathilde, disant qu’elle était mieux là où elle était, qu’elle pensait à lui. Comment aurait-elle pu? Elle était parti, loin, très loin. Elle avait emporté une partie de son coeur, de son être, mais comment pouvait-on espérer qu’elle était mieux morte que près de lui?Peut-être que le père de Serenus avait compris, et lui avait pardonné. Peut-être pas. Qui était-il, après tout, pour prétendre le savoir? Sans y prêter attention, comme à chaque fois qu’il pensait à sa jumelle, les doigts du voltigeur se posèrent sur le collier qu’il portait à son cou, dissimulé sous ses vêtements. C’était devenu un réflexe, ou presque, qui lui serrait pourtant la gorge à chaque fois. Mathilde lui manquait tellement, même après toutes ces années, qu’il se sentait presque suffoquer en pensant à son absence. Nuage ne le laissa pas dans sa détresse bien longtemps, pourtant, et c’est l’esprit inondé par l’affection et l’attachement de son griffon que Mayeul reprit la parole, rompant le silence pensif qui s’était abattu.

Le Guerrier lui parla de l’agacement de sa femme, avant d’enchaîner sur le fait que pourtant, c’était sans doute le meilleur choix qu’il avait fait. Mayeul comprenait : avoir été choisi par Nuage, malgré son étonnement de l’époque, avait marqué un tournant décisif dans sa vie. Lui qui n’était guère attaché à rien, sinon sa jumelle, avait eu de la peine à fonder un nouveau lien, mais celui qui existait entre le griffon et son voltigeur était désormais indestructible. Ils revenaient de loin, pourtant. S'efforçant de se détendre, étouffant un léger rire, Mayeul hocha la tête.
Je ne sais pas si je dois m’estimer heureux ou pas de n’avoir personne qui m’attend à la maison, avec une telle affirmation. Mes conquêtes ne restent pas plus d’une nuit ou deux, et elles ne sont pas du genre à attendre que je revienne. Ce qui tombe bien, puisque je ne suis pas du genre à revenir.
Au moins, il s’évitait un tas de problèmes, si on en croyait Serenus. Ce qui n’empêche que la question de son mariage éventuel restait en suspens, et clairement, c’était une autre chose dont Mayeul n’avait pas envie de parler. Cela ne l'intéressait absolument pas : sa vie, il l’aimait comme elle était, libre, insouciante, et sans attache d’aucune sorte. Il allait enchaîner quand l’appel d’un autre guerrier retentit, indiquant l’arrivée d’un nouveau venu. Nuage, évidemment, qui avançait paresseusement vers la caravane, le mouvement de ses ailes encore invisible à une telle distance. Joie. Plaisir. L’accueillit Mayeul, malgré leur séparation relativement courte. Il avertit néanmoins son compagnon à plumes de ne pas trop s’approcher : si les chevaux de Vifesprit avait pris l’habitude de la compagnie du griffon, cela n’était pas le cas de ceux de la caravane, et l’odeur particulière pouvait pousser les animaux à une panique difficilement maîtrisable. Amusement. Oui, visiblement, Nuage en était autant conscient que lui. Le voltigeur reporta son attention sur Serenus, avant de lui répondre.
Je n’échangerais pas cette vie contre une autre bien plus rangée, en vérité.
Observant Serenus calmer sa jument, Mayeul s'efforça de réfléchir à sa question. Comment expliquer à quelqu’un qui y était totalement hermétique ce que le lien entre voltigeur et griffon signifiait? C’était comme décrire un arc-en-ciel à un aveugle, il n’y avait simplement pas assez de mots, ou alors, Serenus ne pouvait pas comprendre ceux existants, tant c’était particulier. Le voltigeur finit par répondre, portant son attention sur le griffon qui voltigeait au loin.
C’est le griffon qui choisit son voltigeur, établissant ainsi un lien particulier, d’esprit à esprit. Un mélange d’images et de sensations nous permet de communiquer, mais c’est difficile à expliquer. Un peu comme si chacun de nous était présent dans l’esprit de l’autre.
Comment expliquer au guerrier que le griffon était plus qu’une monture, plus qu’un ami, plus peut-être même qu’un frère? Ils partageaient un lien indéfinissable, fait de compréhension, d’affection et de respect mutuel. Compagnons d’armes. Amis. Leur lien était à la fois si simple et si compliqué qu’il semblait difficile de le décrire en quelques mots.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mar 26 Avr - 13:18

Serenus écouta Mayeul avec attention.  Il y avait donc bel et bien un lien entre le griffon et son voltigeur . Un lien d'esprit à esprit ? Cela voulait donc dire qu'ils pouvaient communiquer par la force de l'esprit ? Serenus demanda alors avec curiosité :

- Vous pouvez donc communiquer par la pensée ? C'est extraordinaire ! Si un tel lien existait entre guerriers cela réglerait bien des soucis d'organisation.

Serenus conclu sur un petit rire quand il pensa au manquement d'organisation dans certaines missions, surtout quand le capitaine était absent. Il remit son heaume sur sa tête, l'attacha et repris en souriant :

- Une armée de voltigeurs au combat ça doit être quelque chose ! Mais je me demandais, les voltigeurs et les Chevaucheurs sont ils en compétition,travaillent ils ensemble ou au contraire est ce qu'ils sont chacun de leur côté ?

Serenus leva la tête et observa le griffon qui restait à bonne distance pour ne pas effrayer les chevaux du convoi. Serenus lui en était reconnaissant. Les chevaux n'avaient jamais côtoyé de griffons et pour eux, ce n'était que des prédateurs ! Il n'y avait que sa jument qui tolérait leur présence. Elle était née et avait grandit dans une écurie qui côtoyait une unité de voltigeurs.  Mais cela s'arrêtait la.

Un jeune guerrier s'approcha d'eux a cheval,l'air soucieux et demanda à son collègue  :

- Serenus, j'ai entendu des henissements au loin. Les hommes à l'arrière ne sont pas rassurés.

- ils ne nous suivront jamais jusque ici. Quand ils verront qu'un griffon survolé notre groupe ils y réfléchiront à deux fois avant d'attaquer.

-je ne sais pas ce qu'il y a dans cette caravane mais cela les intéresse beaucoup.D'habitude ils abandonnent au bout du premier échec, ils laissent tomber des qu'ils combattent plus fort qu'eux !.. c'est insensé

- les bandits sont prêt à tout pour obtenir ce su'ils convoitent ne l'oublie jamais.

Le jeune homme hocha la tête et retourna à sa place dans le convoi. Serenus regarda droit devant lui,perdu dans ses pensées. Sa main droite caressa son alliance. Les bandits attendraient sûrement qu'ils rejoignent la grande route principale pour les attaquer de nouveau. Ils jouaient sur l'épuisement pour vaincre leurs ennemis et ils étaient sur le point de réussir.
Serenus pensa alors que si Mayeul et son griffon les accompagnaient, les bandits resteraient à distance le temps qu'ils rejoignent Euphoria. Serenus envisagea donc de demander la permission au père du voltigeur afin que celui ci les escorte jusqu'à la ville.
Serenus secoua la tête.  Il doutait que le père de Mayeul accepté que son fils ne soit pas la pour régler ses obligations sur son domaine
De plus les guerriers avaient pour mission d'assurer seuls la sécurité de ce convoi. Leur réputation en dépendait. Il ne voulait quand même pas que les clients se tournent vers les voltigeurs ou Chevaucheurs plutôt que vers la guilde  pour effectuer leurs missions... Serenus soupira. Ils étaient dans une situation bien compliquée...

Il cligna des yeux. Il y avait quand même des vies humaines en jeu.  Cela était plus important que la réputation de la guilde.  Il se tourna donc vers Mayeul et demanda :

- Si j'en parle à votre père, accepterez vous de nous accompagner jusqu'à Euphoria ? Je pense que les bandits se tiendront à distance avec vous à nos côtés. Si vous refusez je comprendrais très bien. Être héritier comporte ses obligations..

Cela restait la meilleure solution. Il fallait raisonner selon là sauvegarde des vies humaines et non selon la réputation et le salaire.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mer 27 Avr - 17:29

La caravane cheminait doucement sur le chemin, et Mayeul étouffa un bâillement : si Nuage avait pu dormir sans interruption ce matin, ce n’était pas son cas, et la veillée de la soirée dernière n’arrangeait rien au manque de sommeil du voltigeur. Au moins, il n’avait plus un mal de tête persistant -que certains qualifieraient de gueule de bois-, ce dernier remplacé par un leger étourdissement. Le ciel qui s’assombrissait visiblement, le pas mesuré des chevaux... Mayeul dût faire un effort pour se concentrer à nouveau, perdu dans ses pensées rêveuses quand le silence s’était installé entre le guerrier et lui. Ah oui, les griffons et les voltigeurs. Rien de ce qu’il disait n’était un secret, n’est-ce pas? Originaire de La Volte, Serenus devait côtoyer bien plus de dragons que de griffons, il n’empêche, rien de ce que lui apprendrait le voltigeur n’était un secret d’état. Enfin, il lui semblait.
Devant l’admiration mal dissimulée du guerrier, cependant, Mayeul sentit son humeur s’améliorer quelque peu. Serenus n’était pas avare de paroles, et leur conversation légère distrayait agréablement ses pensées de toute morosité. Griffons et Voltigeurs, donc. Un sourire lui échappa lorsque l’homme se mit à plaisanter quand au fait que parler d’esprit à esprit devait singulièrement faciliter l’organisation. Oui, sur ça Mayeul n’était pas aussi catégorique, ayant souvent observé son Capitaine de Vol s’arracher les cheveux, mais il se garda bien de dissuader Serenus.
En gros, oui
Répondit le voltigeur sans s’attarder sur les détails. C’était bien trop dur à expliquer pour quelqu’un de non-initié qu’il préféra lui donner raison. Quand au reste de sa phrase, Mayeul s’agita un peu sur sa selle avant de se tourner vers Serenus, réfléchissant à sa réponse. Chose assez rare, signe indubitable qu’il ne savait pas vraiment comment répondre.
Ensemble, autant qu’Ibéens et Faës peuvent l’être. On ne se côtoie pas vraiment en réalité.
Et encore moins depuis la nomination de Richard comme Maréchal de Serre, et de son homologue Diane qui, ce n’était un secret pour pas grand monde, se détestaient cordialement. Au carnaval, ils avaient travaillé main dans la main, et pour le bien que ça avait fait... Le survol de Nuage empêcha son voltigeur de partir plus loin dans ses sombres pensées, tandis que Serenus levait la tête pour observer le vol gracieux du griffon. Mayeul n’avait pas besoin de lever la tête pour apprécier pleinement le spectacle, ceci dit, son compagnon à plumes le gratifiant avec amusement d’images familières, jusqu’à ce qu’un guerrier s’approche de Serenus. Ecoutant distraitement la conversation entre les deux hommes, Mayeul ne put s’empêcher de transmettre son malaise à Nuage, qui poussa un cri perçant et bifurqua doucement vers la forêt adjacente, sans pour autant y mettre trop de hâte. Se pouvait-il réellement que les bandits aient suivi la caravane depuis La Volte? Ca faisait une sacrée trotte, surtout pour des bandits de grands chemins qui, méfiants, attaquaient et se retiraient ensuite.

Le plus jeune des guerriers finit par reprendre sa place, laissant Mayeul et Serenus chevaucher en silence, chacun perdus dans ses pensées, conscients sans doute que la nuit ne tarderait plus à tomber. D’une main distraite, le voltigeur tapota l’encolure agitée de soubresauts de sa monture, contaminée par la tension de son cavalier. Il y avait quelque chose d’étrange dans le comportement de ces bandits qui n’étaient, à la réflexion, peut-être pas que de simples bandits. Si les attaques contre la caravane étaient ciblées, cela signifiait qu’ils transportaient quelque chose de bien particulier. Mais pourquoi le faire transiter par une simple caravane, gardée seulement par une poignée de guerriers? Visiblement, si on en croyait ses paroles précédentes, Serenus n’en savait pas plus que lui. Ralentissant son cheval, Mayeul s’approcha du chef de la caravane, conversant à voix basse avec ce dernier avant de talonner sa monture pour revenir aux côtés de Serenus. Il allait parler quand le guerrier prit la parole en premier, et malgré la tension apporté par les nouvelles, Mayeul ne put s’empêcher d’éclater de rire.
Je n’ai plus douze ans vous savez, je devrais pouvoir me débrouiller avec mon propre père.
Il n’en serait pas ravi, évidemment, et pas sûr que la légendaire joie de vivre des Cielsombrois se manifeste beaucoup dans la soirée, mais qu’importe. Mayeul était Voltigeur, et protéger Ibélène et ceux qui la parcouraient était de sa responsabilité. Il serait un bien piètre soldat s’il laissait une caravane repartir sans protection alors que le danger était avéré, en vérité, et son père le comprendrait. Le devoir, après tout, était quelque chose qu’il connaissait.
Nous sommes à une demi-heure de Vifesprit encore, mais j’ai demandé au chef de la caravane de presser le pas, et vous n’aurez pas à craindre d’attaque en nos murs, je suppose. De là, je vais envoyer un message à mon escadron et à la Guilde des guerriers d’Euphoria.
Pas qu’il ne veuille pas accompagner la caravane jusqu’à sa destination, bien que ce ne soit pas le boulot des Voltigeurs, mais s’il se présentait en retard à la caserne, son sort ne risquait pas d’être enviable. Le Capitaine ne l’appréciait déjà pas beaucoup, tolérant à grand peine ses frasques, inutile de lui donner du grain à moudre. Et ils n’atteindraient pas Euphoria avant six jours, dans le meilleur des cas.
Je vous accompagnerais jusqu’à ce que les renforts nous rejoignent. La Guilde n’hésitera pas à envoyer quelques hommes supplémentaires, j’imagine? Quand à Nuage et moi, nous avons plus l’habitude de traquer les bandits que de protéger les caravanes, mais j’imagine qu’il y a une première fois à tout.
Plaisanta Mayeul avec un sourire. L’impression de malaise qu’il ressentait s’amplifia lorsque Nuage se joignit à son esprit. Soupçon. Inquiétude. Des hommes, des chevaux. Organisés. Mais loin encore. Le voltigeur fronça les sourcils devant le mélange d’images reporté par le griffon, avant de se tourner vers le guerrier.
Vous aviez raison, une petite troupe semble vous suivre, mais à moins d’accélérer sérieusement l’allure, ils ne nous rattraperont pas ce soir. La présence de Nuage a dû changer leur plan, mais je crains que l’effet de dissuasion ne dure pas. Il y a une multitude d’endroit où vous attaquer jusqu’à la capitale. De toute façon pour l’instant, on ne peut pas faire grand chose, si ce n’est arriver à Vifesprit avant que la nuit ne soit complète.
Mayeul se retourna vers le chef de la caravane, qui fit claquer ses rênes pour accéler le pas de ses cheveux. Talonnant sa monture pour suivre le mouvement, le voltigeur chercha Nuage du regard : pas que le griffon risque grand chose, mais la proximité d’une troupe armée rendait Mayeul prudent.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mer 27 Avr - 18:07

Serenus sourit quand Mayeul éclata de rire. Cela le rassurait qu'il prenne cela A la rigolade. Cela prouvait qu'il n'était pas totalement sous l'emprise de son père. Il lui expliqua ensuite qu'ils etaient a une demi heure de Vifesprit et que le risque d'attaque restait bas. Mais ils devaient presser le pas. Serenus, d'une legere pression des jambes sur les flancs de sa monture, fit comprendre le message à celle ci qui marcha plus rapidement.

Il fit une grimace quand il Evoqua les possibilités d'envoi de renforts de la part de la Guilde. Il savait qu'il y avait une antenne a Euphoria mais celle ci n'était peut être Pas au courant de leur arrivée. Vu que chaque antenne reste indépendante, il n'y avait aucune raison qu'elle se mêle des missions des autres antennes, sauf si la mission etait susceptible de concerner plusieurs antennes voire la guilde toute entière ! Il secoua la tête et répondit :

- L'ennui c'est que la guilde n'enverra des renforts que si nous prenons un retard suffisamment conséquent pour inquiéter les clients. Je doute que l'antenne d'Euphoria soit au courant de notre mission.. Mais si c'est le cas, elle ne s'en mêlera que si les personnes qui ont formulé la mission le demandent. Nous n'avons pas pour habitude de nous meler des missions des autres antennes. Mayeul lui proposa alors d'envoyer un message a l'antenne et Serenus reprit : Oh je pense que si dans ce cas vous envoyez un message ils n'hésiteront pas longtemps. En tout cas c'est très aimable de votre part de nous aider jusqu'à l'arrivée des renforts..

Serenus regarda le ciel qui devenait de plus en plus sombre et fronça les sourcils. Il essaya de se rassurer en se disant que les murs de Vifesprit et La presence du griffon dissuaderais les potentiels attaquants quand Mayeul lui avoua que son griffon avait repéré un groupe d'hommes armés qui etaient sur leurs traces. Serenus arreta sa monture et se retourna. Il regarda l'horizon au loin. Ces bandits n'abandonneraient donc jamais. Sa main se porta à son bras bandé. Il avait reçu une flèche en plein dans le muscle quelques jours auparavant, lors de l'attaque du campement et il avait encore mal rien qu'en le soulevent. Heureusement Ce n'était pas le bras qu'il utilisait pour combattre. Il se tourna vers Mayeul et dit sur un ton assuré :

- Vous avez raison. Il faut presser le pas.

Il jeta un regard vers le chef de la caravane qui fit claquer ses rênes. Les chevaux pressèrent le pas et Serenus fit avancer sa jument au même rythme. Il se tourna vers l'homme qui conduisait le convoi et demanda :

- Il serait temps que vous m'annonciez ce que vous transportez dans cette caravane ! Je n'ai jamais vu autant d'acharnement chez des bandits pour une simple caravane alors soit ils se trompent sur son chargement soit vous me cachez quelque chose !

- Cela ne vous regarde Pas Dardalion. Votre mission est de nous escorter jusqu'à Euphoria sans poser de question !

- J'ai besoin de savoir pourquoi ils nous pourchassent ?! Pourquoi j'ai dû renvoyer deux hommes car ils ne pouvaient plus combattre ?! J'ai besoin de savoir ce pourquoi on va mourir si ces bandits nous rattrapent ?!

- Vous avez entendu le voltigeur ?! Ils ne nous rattraperont pas si on presse le pas ! Alors laissez tomber et amenez nous vivants jusqu'a Vifesprit !

Serenus finit par capituler. Il avait mal à la Tête et l'inquiétude le rongeait de plus en plus. Meme en pressant le pas, ils seraient moins rapide que des hommes à cheval au galop. Ils etaient trop épuisés et trop chargés pour espérer aller vite.
Il se mordit la lèvre et se tourna vers Mayeul. Il lui demanda :

- A quelle distance sont ils exactement ? Est ce qu'ils ont dépassé La frontiere de votre domaine ?

Il avait besoin de savoir où etaient exactement les bandits. Cela lui permettrait de se préparer et de prévoir les actes des guerriers en fonction de la position des bandits. Il mît la main sur la poignée de son épée et regarda derriere lui. Il ne voyait rien cela était déjà bon signe.

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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mer 27 Avr - 23:09

Mayeul avait beau s’en défendre, le fait que les bandits suivent la caravane depuis La Volte lui paraissait étrange. Il y avait quelque chose de plus là-dessous, même s’il ne savait pas vraiment quoi. Un objet ayant plus de valeur que les autres? Une vengeance personnelle? Ou absolument rien, juste une coïncidence? Il n’en savait rien, et cela le dérangeait profondément. Il détestait ne pas avoir toutes les cartes en main, et même si certains le qualifiaient, à raison, d’irréfléchi, il n’empêche qu’il aimait savoir où il mettait les pieds parfois. Et là clairement, ce n’était pas le cas. Serenus lui avait proposé de les accompagner, et même si Mayeul savait que c’était le mieux pour sauvegarder la caravane, malheureusement, son propre timing ne le lui permettait pas. Il n’avait rien contre l’idée, mais pas au point de se heurter à ses propres ordres, et d’en subir le blâme. D’où son idée d’envoyer un messager, que le guerrier sembla approuver.
Le voltigeur n’était pas sur son terrain. Certes, son entraînement de cadet, et son évolution en tant que voltigeur lui permettait de savoir ce qu’il y avait à faire, mais il n’était pas vraiment du genre à dresser des plans de bataille. Sans doute la raison pour laquelle il n’était que voltigeur et absolument pas en lice pour devenir un jour major, si on oubliait ses récents déboires. Il était plutôt du genre à foncer dans le tas, en réalité, quitte à s’en sortir par une pirouette ensuite, ou à se retrouver dans les ennuis. Du coup, son ébauche de plan n’était pas si mal, étant donné qui il était.
Je vous en prie. De toute façon, nos choix, enfin, vos choix en réalité, sont réduits : soit demander du renfort, soit attaquer. Vous ne pouvez pas rester à Vifesprit : les gardes sont peu nombreux, et vu l’acharnement dont semble faire preuve vos poursuivants, j’ai bien peur que nos murs ne les retiennent pas jusqu’à l’arrivée de renforts provenant de La Volte
Se retournant sur sa selle pour observer le maître de la caravane, il reporta ensuite son regard malicieux sur le guerrier.
Et puis, si vous parvenez à l’inquiéter suffisamment, il ne rechignera pas à mettre la main à la poche pour protéger son mystérieux chargement. Quel qu’il soit.
Il n’avait pas une grande connaissance des règles qui régissaient la Guilde des Guerriers, en réalité, mais il en savait bien assez pour savoir que c’était comme partout : l’argent faisait tourner le monde, et si le chef de la caravane désirait être mieux protéger, il n’aurait d’autre choix que de mettre la main à la poche. Surtout que visiblement, les dès étaient pipés depuis le début.

Le guerrier porta la main au bandage qui entourait son bras blessé, et Mayeul se remémora ses propos. Ils avaient été attaqués, et avaient dû se séparer de deux blessés : clairement, les paris n’étaient pas en faveur de la caravane. Nuage et Mayeul faisait peut-être pencher la balance, mais s’il en croyait le rapport de son griffon, ils se battraient à un contre deux, et les guerriers semblaient déjà fatigués. Chacun hâta le pas, mais honnêtement, Mayeul doutait de subir une attaque maintenant, pas aussi près de Vifesprit, et pas avec la nuit qui tombait sur la région. Demain, par contre, cela risquait d’être une autre histoire. Plongé dans ses pensées, communiquant avec Nuage, Mayeul écouta d’une oreille l’argumentaire entre Serenus et le chef de la caravane à propos de ce qu’ils transportaient, avant que le guerrier ne revienne à sa hauteur en grognant.
Le voltigeur se débattit un bref instant avec sa conscience avant de finalement se pencher sur les étriers, faisant glisser ses rênes par dessus la tête du cheval avant de les tendre à Serenus.
Je vais m’assurer qu’ils ne nous attaque pas sur le chemin, d’accord? Prenez soin de mon cheval, c’est une brave bête.
Sautant à terre au mépris de la plus élementaire prudence, étant donné l’allure des chevaux, Mayeul reprit une dernière fois la parole avant de s’éclipser en direction de nuage qui l’attendait un peu plus loin.
Continuez sur la route, et au premier embranchement, prenez à gauche. Le baron vous attend, dites lui que je reviens. Oh, et il s’appelle Pommier. Le cheval.
Précisa-t-il d’un ton amusé avant de saluer Serenus et de filer en direction de son griffon. Sincèrement, il regrettait l’absence de son ailier, mais Mayeul avait appris à se contenter de ce qu’il avait. Vu l’état des guerriers, ils ne pouvaient se permettre d’être attaqué avant d’arriver à Vifesprit, et du coup, c’était au voltigeur de faire ce qu’il fallait. Il ne comptait pas attaquer les bandits seuls, non : il n’était peut-être pas du genre à réfléchir avant d’agir, mais il n’était pas totalement stupide non plus. Il comptait seulement effrayer un peu leurs chevaux, les désorganiser suffisamment pour que la caravane atteigne les murs. Mais du coup, il doutait que les bandits se tiennent à carreau beaucoup plus longtemps et déjà, un plan se formait dans son esprit. Il en parlerait à Serenus une fois à l’abri.
Pour le moment, concentré sur ce qu’il avait à faire, il guida Nuage vers les bandits dissimulés dans la forêt qui délimitait les frontières de la baronnie de Vifesprit. Ces derniers, comme le lui avait montré le griffon, ne semblaient pas décidé à attaquer dans la nuit tombante, aussi Mayeul se fit-il tout petit sur le dos de sa monture plumeuse, bien décidé à ne pas les alerter. Mentalement, il calcula le temps qu’il fallait à la caravane pour gagner l’abri des murs du château, et ne se décida à rebrousser chemin que lorsqu’il fût à peu près sûr qu’il n’y avait aucun danger.

Ils avaient un plan de bataille à monter, après tout. Ils attaqueraient à l’aube.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Jeu 28 Avr - 9:49

Le voltigeur tendit les rênes de son cheval à Serenus. Le guerrier, surprit, les saisit dans sa main droite. Il regarda le jeune homme descendre de sa monture malgré l'allure de celle ci et ne put s'empêcher d'être impressionné par ce saut. S'il avait lui même tenté de descendre de cette maniere, il se serait surement aplatit par terre. Serenus savait chevaucher mais ce genre de cabrioles n'était pas pour lui. Il se souvint qu'une fois il avait tenté de se mettre debout en plein galop sur sa jument pour s'amuser. Il s'était retrouvé par terre, les quatres fers en l'air et une cote cassée.
Mayeul lui expliqua qu'il allait tenir les bandits à distance le temps qu'ils rejoignent Vifesprit et lui demanda de prendre soin de sa monture. Serenus hocha la tête en souriant. Il pouvait bien faire ça vu tout ce que Mayeul faisait pour eux.

Serenus écouta les reccomandations de Mayeul tout en fixant la route. Il repérait déjà au loin un embranchement malgré l'obscurité qui s'installait. Il dit A Mayeul en souriant :

- Nous nous rejoindrons a Vifesprit alors. Faites attention à vous. je prendrais soin de.. Mayeul lui avoua le nom du cheval avec un ton amusé. Donc Serenus reprit : - je prendrais soin de Pommier.

Il regarda le jeune homme s'éloigner et fit signe a la caravane de le suivre. Le chef de la caravane avait remarqué La scène et ne put s'empêcher de s'exclamer :

- Eh ! Pourquoi il s'en va le voltigeur ?! Il devait pas nous amener à son domaine ?!

- Il va s'assurer que les bandits restent à distance. Il m'a expliqué l'itinéraire, nous y serons d'ici quelques dizaines de minutes tout au plus.

Le chef de la caravane hocha la tête et se calma. Serenus regarda droit devant lui et surprit sa jument qui donnait des petits coups de tête A Pommier. Serenus sourit en caressant le cou de sa monture. Celle ci semblait apprécier le cheval de Mayeul. Il se dit qu'il aurait bien du mal à les séparer. Puis il se souvint qu'il n'avait jamais donné de nom A sa jument. Il l'avait toujours appellé "La jument". Voila un sujet de reflexion qu'il pourra exploiter sur le chemin du retour.

Il repéra l'embranchement et fit signe au convoi de tourner à gauche. Il repera alors La résidence du Baron. Comme toujours, lorsqu'il approchait la demeure d'un noble, Serenus fut étonné par la beauté de l'architecture du bâtiment. Même si Vifesprit n'était pas riche comme le disait Mayeul, ils avaient tout de même une bien jolie demeure ! Serenus sourit, Il se demanda quand même ou s'arrêtaient les possessions du baron. Il faudrait qu'il se renseigne sur une carte. Ils arrivèrent aux écuries et déposèrent leurs montures. La jument de Serenus se plaça d'emblée à côté de Pommier. Serenus tapota les flancs de celui ci en rigolant. Il lui chuchota à l'oreille :

- Bon courage mon vieux, elle a pas un caractère facile.

Il retrouva les membres du convoi ainsi que ses collègues et les mena jusqu'à la porte. Celle ci s'ouvrit sur la silhouette du baron, reconnaissable par ses habits. Serenus fit comme on le lui avait appris, il s'inclina devant le baron et salua le baron avant de se présenter.

- Mes hommages Baron de Vifesprit, je me nomme Serenus Dardalion et je parle au nom des guerriers ici présent. Nous sommes de l'antenne de la Volte et nous sommes chargé de mener ce convoi jusqu'à Euphoria. Malheureusement nous sommes partis trop au sud et votre héritier, Mayeul nous a proposé de rester ici pour la nuit. Il est en ce moment en train d'étudier les mouvements des bandits qui nous pourchassent et sera de retour d'une minute a l'autre.

Le chef de la caravane se présenta à son tour et Serenus en profita pour detailler ses compagnons guerriers. Ils n'avaient jamais vu l'intérieur D une demeure de noble et semblaient en extase. Serenus leur fit un petit mouvement de la main pour leur dire de montrer plus de tenue devant leur hôte. Puis il se tourna vers le Baron.

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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Dim 1 Mai - 0:24

Mayeul avait confié les rênes au guerrier, plutôt que d’attacher sa monture à l’arrière de la caravane. Il appréciait ce cheval et honnêtement, il aurait été embêté qu’il lui arrive un quelconque malheur. Serenus lui promis d’en prendre soin et de suivre ses instructions, pendant que le voltigeur s’éloignait du petit groupe. Il n’avait pas l’intention d’attaquer la troupe armée de bandits à lui tout seul, clairement conscient que c’était un pari presque impossible, mais se tenir prêt à les désorganiser en cas d’attaque semblait être dans ses cordes.
Il n’avait pas à réellement s’en inquiéter, pourtant. De ce qu’il pouvait voir du ciel, ces derniers ne semblaient pas prêts à attaquer. Vaguement, Mayeul songea que lui et Nuage avaient changé la donne, mais il doutait que l’avantage ne dure très longtemps. Les bandits n’attaqueraient pas ce soir certes, même s’il posterait des sentinelles sur les murs pour s’en assurer, mais ils attaqueraient sûrement avant que le petit groupe ne rejoigne Euphoria. Sachant que, désormais, ils se douteraient que des renforts avaient été appelés, ils n’auraient d’autres choix que de faire mouvement rapidement. Demain, peut-être, ou après demain. Avant que le convoi ne rejoigne la route principale, du moins, c’est ainsi qu’il aurait agi. Du coup, comme il l’avait expliqué au guerrier, leurs options étaient assez limitées. Sans faire de bruit, restant à bonne distance, le griffon et son voltigeur prirent assez de temps pour grappiller les informations dont ils avaient besoin avant de finalement faire demi-tour pour retourner à Vifesprit. La nuit ne leur posait pas de problèmes, chacun d’eux connaissant la disposition des lieux par cœur, et ils arrivèrent au château peu de temps après l’arrivée de la caravane : le griffon volait bien plus vite qu’un cheval au galop, et la caravane était bien plus lente encore.

Le griffon survola la cour, déclenchant une certaine panique parmi les montures de la caravane avant de se poser dans son coin fétiche. Mayeul sauta à terre, ôtant le harnais de son compagnon avant de lui conseiller de prendre un peu de repos avant la journée de demain. Lui-même était fatigué, mais rien d’insurmontable : après tout, il était à Sombreciel, et l’endroit était plein de produits destinés à donner un coup de fouet à leur utilisateur. Il piochait régulièrement dans les réserves de ses parents, prenant de quoi tenir le coup pendant une journée, deux, parfois trois. Pas étonnant que son sommeil en soit perturbé, mais de toute façon, Mayeul n’aimait plus beaucoup dormir depuis l’absence de Mathilde. A nouveau, le psychologue qu’il était aurait pu trouver sans peine une explication, mais cela ne valait pas le coup de se pencher dessus : il savait que ce n’était pas bien. Durant ses moments de lucidité, il savait qu’il empruntait une pente glissante et que rien ne pourrait le retenir, jusqu’à ce qu’il glisse définitivement dans l’abîme. Mais sans rien, il ne pouvait pas surmonter sa peine et son chagrin, et honnêtement, il préférait rester debout. Mathilde n’aurait pas voulu qu’il la pleure, alors, il s’abîmait dans les drogues de son duché pour pouvoir faire face et donner l’impression que la joie ne l’avait pas quitté. Qu’il était normal, comme avant. Capable de relever la tête. Et cela faisait illusion, pour le moment, ou presque.
Son père avait sans doute fait entrer leurs invités innatendus à l’intérieur, aussi prit-il quelques secondes pour remettre de l’ordre dans sa tenue. Difficile, puisqu’il avait passé la journée à cheval, mais il aurait bien le temps pour prendre un bain plus tard. Se contentant de faire un détour pour se laver la tête et les mains, il s’occupa ensuite de trouver un garde et de rédiger une missive pour son escadron, avant d’en rédiger une autre pour l’antenne de la Guilde d’Euphoria, qu’il ne cacheta pas tout de suite, pour que Serenus et le chef de la caravane puissent y jeter un oeil. Une fois ces formalités accomplies, il se rendit enfin dans la grande salle, où l’attendait les autres. Les deux gardes envoyés en éclaireurs avaient fait vite, et un repas était prêt pour les voyageurs. Simple, évidemment, mais chaud, et bien arrosé. S’excusant de son retour, Mayeul s’entretint quelques minutes avec son père avant de se glisser sur une chaise près de Serenus.
Vous êtes au moins arrivés sains et sauf. Vos poursuivants campent dans les bois juste à l’extérieur de notre frontière. Cette nuit, vous devriez être en sécurité.
Buvant une gorgée de son verre, il reprit la parole
Ils sont plus nombreux que nous, peut-être une douzaine, voir plus. Sans doute quelques blessés, si vous les avez déjà repoussé. Ils n’ont pas l’air décidés à rebrousser chemin, en tout cas.
Confia-t-il, songeur. Perdu dans ses pensées, et celle bien plus brumeuses de Nuage qui se reposait, Mayeul sortit soudain ses lettres pour les présenter à Serenus.
Ecrivez à la Guilde qu’ils vous envoient des renforts, si c’est possible. Il vous faut l’accord du chef de la caravane, je suppose. Je vous laisse gérer ça
Acheva-t-il avec un sourire amusé. Quoique Serenus devrait peut-être attendre : si Sombreciel était réputé pour ses drogues, ses liqueurs n’étaient pas en reste, et bien peu de gens n’avaient pas la tête qui tourne au bout d’un moment. Pour convaincre quelqu’un, le soûler n’était peut-être pas très honorable, mais après tout, nécessité fait foi, dit-on.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Dim 1 Mai - 9:58

Des domestiques s'approchèrent d'eux et les mena jusqu'à une grande salle de repas ou les attendait des plats de viande chaude accompagnée de légumes. C'était un repas simple, mais c'était tout ce dont ils pouvaient rêver après un tel voyage. Serenus sourit en détaillant ses guerriers qui regardait la nourriture avec envie. Ils avaient passé plusieurs jours avec pour seule source de nourriture du pain et de La viande froide. Ils s'assirent tous autour de la grande table. Il y avait egalement du vin. Serenus lança d'emblée un regard d'avertissement à ses jeunes collègues. Il les savait jeune et plus enclin que lui A la boisson.  Mais il était hors de question qu'ils soient ivres devant leur hôte. Les guerriers, en levant la tête vers lui, comprirent vite qu'ils n'avaient pas droit à l'erreur. Meme en periode de repos, ils devaient veiller à conserver la reputation de la guilde.

Serenus posa son heaume par terre, a côté de ses pieds en soupirant de soulagement. Ses cuisses lui faisait mal. Les longues heures A chevaucher lui rappelaient sans cesse qu'il n'était plus un jeune homme. Le simple fait de s'asseoir le fit grimacer. Il aurait du mal à chasser ces courbatures.. Une fois qu'il fut assit, et qu'il pu étendre ses jambes sous la table, il soupira de soulagement. Il pensa à sa jument qui devait avoir La même réaction quand il descendait de son dos. Il ne l'enviait pas. Elle devait supporter le poids d'un guerrier avec une forte carrure accompagné de son armure, de ses armes et de ses bagages. Elle devait avoir le dos en compote. Il songea qu'il devrait bientôt La laisser partir à la retraite... Il pourrait peut être La confier à une écurie de nobles.

Les guerriers attaquèrent leur repas. Mais Serenus ne toucha pas à son assiette jusqu'à ce que Mayeul franchisse les portes de la grande salle. Il sourit, soulagé que rien ne lui était arrivé. Même s'il était en sécurité avec son griffon, Il ne fallait pas sous estimer ces bandits.
Il regarda Mayeul s'entretenir avec son pere et s'étonna de la ressemblance frappante entre les deux hommes. On aurait pu dire que Mayeul etait La copie de son père mais en beaucoup plus jeune. Cela le fit sourire. Il pensa alors A la descendance qu'il n'aurait sans doute jamais. Il secoua la tête et but une gorgée de vin pour oublier ces pensées tristes.

Il croqua dans son pain et avala un peu de viande. Il comprit au gout qu'il s'agissait de sanglier. Il sourit, il n'avait pas mangé de sanglier depuis la fin de sa formation. Mayeul vint s'asseoir à côté de lui et lui donna la position des bandits. Il hocha la tête, peu étonné. Il s'attendait A ce qu'ils soient attaqués dés leur sortie du territoire de Vifesprit. Quand Mayeul lui expliqua qu'ils étaient environ une douzaine, Serenus soupira et répondit :

- Il n'y a pas de doute possible, ce sont bien les bandits qui nous suivent depuis la Volte. Ils ne s'arrêteront pas tant qu'on aura Pas rejoint Euphoria.. Ou tant qu'ils n'auront pas mis la main sur le chargement de la caravane.

Il but une gorgée de vin tout en réfléchissant. Il fallait maintenant etablir un plan d'attaque, il fallait que les bandits soient pris par surprise pour les désorienter et les neutraliser définitivement ! Cela n'allait pas être facile mais il fallait tenter le coup.
Il commençait à cogiter quand Mayeul lui tendit des lettres qu'il avait rédigé pour son escadron et pour l'antenne d'Euphoria. Il prit la lettre pour la Guilde et la lut rapidement. Il fallait qu'il La rédige rapidement s'il voulait que les renforts arrivent avant qu'ils rejoignent la grande route. Il dit A Mayeul :

- Le chef de la caravane n'a normalement pas d'avis à donner en ce qui concerne la Guilde. Mais vous avez raison sur un point.. Il faut quand même qu'il accepte de payer les renforts qui vont arriver. Sinon ils ne viendront pas . Les guerriers sont peut être des hommes nobles, mais ils ne font rien gratuitement.. Un peu comme des mercenaires. La seule fois où j'ai dû travailler gratuitement c'est pour indemniser un homme qui avait perdu un coffre rempli de pierres précieuses à cause de mon antenne.. On a perdu trois hommes lors de cette nuit La, et il s'est quand même plaint à notre capitaine en nous traitant d'incompétent.. Si jamais il refuse, j'essayerais de m'arranger avec le capitaine d'Euphoria. Dans tous les cas je ferais venir ces renforts ! 

Il s'excusa aupres de Mayeul et se leva pour exposer l'idée de Mayeul au chef de la caravane. Il lui demanda donc si cela ne le dérangeait pas s'ils appelaient des renforts.

- Je suppose que je vais devoir les payer ces soldats ?

- Vous voulez que votre caravane arrive en toute sécurité à Euphoria oui ou non ?

- Je ne savais pas qu'il fallait au moins appeller deux antennes pour escorter un simple convoi ! La prochaine fois je ferais appel aux chevaucheurs. Un seul dragon suffirait à nous escorter jusqu'à destination !

Serenus serra les poings, il répondit tout en essayant de garder son calme :

- Je doute que les Chevaucheurs acceptent ce genre de travail. Soit faites comme vous voulez mais tenez moi au courant, la lettre part ce soir.

Il retourna s'asseoir auprès de Mayeul et plia la lettre avant de la ranger. Il se tourna vers lui et lui dit tout en désignant le chef de la caravane :

- En attendant qu'il se décide, on pourrait commencer a réfléchir à comment on pourrait faire pour soit rejoindre Euphoria sans rencontrer les bandits, soit Comment les neutraliser définitivement... Si vous acceptez de les affronter à nos côtés bien entendu..

Il jeta un oeil au baron. Il se demandait s'il accepterait que son fils risque sa vie pour un simple convoi. Mais peut être qu'il valait mieux que Mayeul se batte pour prouver que le domaine pouvait se defendre seul.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mar 3 Mai - 23:34

Malgré le peu d’argent qui restait dans les coffres, il était rare que Vifesprit n’accueillent pas ses invités avec un repas et quelques produits locaux. Ce soir ne faisait pas exception, même si personne n’avait pu prévoir l’arrivée de la caravane. Il faisait déjà bien sombre, et ce n’était guère étonnant que personne ne se presse autour des charrettes chargées, dans l’espoir d’avoir le droit à quelques produits avant tout le monde. Mais ce n’était pas pour commercer que la caravane s’était arrêtée ici, aussi Mayeul ne s’y attarda guère. Un bref rafraîchissement après avoir délesté Nuage de son harnais, un rapide entretien avec son père, et il s’était laissé tomber près du guerrier de la Guide, piochant distraitement dans l’assiette qui se trouvait face à lui, échangeant ses impressions avec Serenus tout en buvant dans son gobelet. Il ne pouvait s’en défendre : les liqueurs de Sombreciel lui manquait quand il était loin. L’alcool avait un goût de chez-lui, même si ça paraissait stupide de le formuler ainsi dans son esprit, et même s’il en avait toujours quelques bouteilles de côté. Vifesprit, c’était chez lui, et c’était bien ça le fond du problème : chez lui, c’était où avait vécu Mathilde, également, et venir ici n’apportait que des souvenirs. Pour leur faire face, Mayeul n’avait trouvé qu’une solution : plonger dans les brumes des drogues de Sombreciel, qui lui apportaient ce réconfort qu’il ne trouvait pas ailleurs.
Il se dégoûtait lui-même de se montrer aussi faible. Il avait essayé pourtant, et il essayait de toutes ses forces, de se passer de tout ça, de faire face, de ne pas sombrer dans cet oubli bienvenu. Il y arrivait, parfois : un jour, deux... Rarement plus. Ses souvenirs revenaient à la charge, la douleur revenait, omni-présente, le laissant incapable de dormir, de manger, de penser à quoi que ce soit d’autre qui n’était pas Mathilde. Alors il replongeait, parce que souffrir, il n’en pouvait plus. Il avait déjà assez souffert, non? Si Erelf lui offraient une porte de sortie, comment pouvait-il la refuser? Alors il plongeait à nouveau, se maudissant de le faire, sachant parfaitement qu’il était en train de ruiner sa vie. Mais la question était, restait-il encore une vie pour lui sans Mathilde? Et c’est la que Nuage pointait le bout de son bec, et Mayeul ne pouvait plus rien savoir. Perdu, perdu, perdu. Il ne savait plus, et n’était même plus sûr de vouloir savoir. Comment pouvaient-ils comprendre, tous ceux qui méprisaient son comportement? Ils essayaient de l’aider, mais comment pouvait-on l’aider? Etait-ce seulement possible? Non. Alors il jouait le jeu en disant qu’il allait bien et n’avait pas besoin d’aide, espérant que les autres le croiraient. Mais ça ne marchait pas à chaque fois.
Il avait presque oublié la présence du guerrier à ses côtés. Presque. Il écouta à peine sa réponse quand ce dernier en arriva à la même conclusion que lui, à savoir que ces bandits les suivaient depuis La Volte, une chose étrange en réalité. Il ne réagit même pas quand Serenus se plongea dans ses pensées, regardant sans les voir les autres convives. C’est Nuage qui bouscula ses pensées, sentant qu’à nouveau, son voltigeur se laissait aller à des pensées bien sombres. D’une secousse mentale, Mayeul se réveilla un peu, tendant les lettres qu’il avait rédigé à Serenus pour qu’il y ajoute ses mots. Ce dernier lui promit qu’il ferait venir les renforts et se leva pour aller parler avec le chef de la caravane, le voltigeur en profitant pour plonger le nez dans son verre et en descendre un autre. S’il continuait à ce rythme, il allait avoir du mal à aligner deux phrases cohérentes demain matin, et encore plus un plan de bataille en ordre. Soupirant, il avala une dernière bouchée de ce qui se trouvait dans son assiette, sans prêter la moindre attention à ce que cela pouvait bien être, observant sans vraiment s’en cacher les guerriers qui se trouvaient dans la salle. Jeunes, mais sans doute compétents, sinon ils ne seraient pas là. Avides de bien faire, sans doute.

Serenus le sortit de ses pensées en se rasseyant à ses côtés, le questionnant pour un éventuel plan de bataille. Mayeul suivit le regard du guerrier jusqu’à son père, et secoua la tête, amusé. Il respectait son père, énormément. Le voltigeur se souvenait encore de celui qui lui avait appris à monter, à nager, qui hurlait de le voir grimper aux arbres et à tout ce qui représentait un défi aux yeux de l’enfant qu’il était. Certes, Mayeul n’avait rien du fils dévoué, que ce soit maintenant ou quand il était enfant : après tout, le départ des jumeaux pour l’Académie leur avait ouvert les yeux sur les drogues qui prenaient possession de l’esprit de leurs parents, mais n’avaient en rien enlevé l’amour qu’ils leurs portaient. Ils étaient des enfants de la noblesse, mais concernant l'obéissance aveugle et le dévouement à leur nom, sans doute y avait-il eu quelques lacunes. Et puis Mathilde était morte, et ses parents étaient devenus sa seule famille... Chacun souffrant dans son coin, peut-être. Mayeul n’en était même pas vraiment sûr.
Vous savez, je respecte mon père, énormément, mais il n’a pas son mot à dire sur les décisions que je prends. Je suis un Voltigeur, Serenus. Et que dirais notre Duc s’il savait que j’ai laissé repartir une caravane sans vouloir me mêler de sa protection?
Oui, il était un Voltigeur, et pour lui, c’était une explication suffisante. S’étirant, Mayeul reprit d’un ton moins agressif.
Si vous avez fini, nous devrions aller dans le bureau de mon père, il y range ses cartes du domaine. Ce sera plus simple pour envisager un plan de bataille, et je vous exposerais mon idée. Qu’est-ce que vous en dites? Nous y serons plus tranquille, et ensuite, vous pourrez veillez au bien-être de vos guerriers et prendre un peu de repos.
Hélant un serviteur, Mayeul lui parla à voix basse, lui indiquant de faire chauffer du thé et de préparer quelques petites surprises pour l’agrémenter, avant de le déposer dans le bureau du baron. Si le guerrier était d’accord, bien évidemment.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mer 4 Mai - 19:12

Lorsque Mayeul lui répondit sur un ton quelque peu agressif, Serenus recula légèrement La tête sans cesser de le regarder dans les yeux, il prit alors conscience qu'il y avait méprise. Malgré la volonte du baron que son fils lui succede, il était bien entendu évident que Mayeul restait libre de ses choix et qu'il était en effet inconcevable pour lui que la caravane reparte sans protection. Serenus répondit alors :

- Pardonnez moi si je vous ai offensé, cela n'était pas mon intention. Je voulais juste vous dire que je ne voulais pas vous forcer à nous suivre si vous ne le voulez pas. Il sourit puis reprit : - Et puis entre nous, je suis heureux que vous soyez avec nous pour ce voyage, je n'ai jamais vu un voltigeur combattre. Les seuls voltigeurs que j'ai rencontré avant vous venaient pour des patrouilles.

Serenus piocha le dernier morceau de viande de son assiette et, pendant qu'il mâchait, Mayeul lui proposa de monter dans le bureau du baron afin de discuter d'un plan d'attaque autour des cartes du domaine. Il avala, finit son verre et dit en souriant :

- Rien de tel que des cartes pour planifier un bon plan d'attaque ! Je vous rejoint dans quelques minutes, le temps de monter les tentes avec mes soldats et de me changer.

Serenus se leva et donna ses couverts et son assiette à un domestique qui passait. Les autres guerriers se levèrent en même temps et firent la même chose. Serenus sourit en regardant les jeunes recrues. Ils étaient tellement soucieux de reussir leur premiere missions qu'ils examinaient et répétaient le moindre fait et geste de leurs aînés. Cela ne l'étonnait pas. Il avait fait comme eux lorsqu'il avait leur age. Cela le rendit quelque peu nostalgique. A 34 ans, on pourrait considérer qu'il etait un homme D âge mur. Même s'il était encore jeune, travailler en présence de ses recrues le faisait se sentir comme un ancien proche de la retraite. Il laissa échapper un sourire d'amusement et, après avoir salué Mayeul et son pere, sortit dehors pour planter les tentes avec l'aide de ses soldats. Apres cela, les guerriers allèrent nourrir les bêtes avant de s'installer pour se reposer. Serenus entra dans sa tente et retira son armure avec un soupir de soulagement qu'il laissa échapper sans retenue. Après avoir fait une rapide toilette, il retira le bandage de son bras et nettoya sa blessure. Il regretta de ne pas avoir pris le baume que sa mere avait acheté specialement pour lui. Il etait vrai que ce produit aidait à cicatriser... Mais il laissait sur la peau une odeur qui rappelait celle d'un rat crevé.

Serenus rangea son armure, fouilla ensuite dans ses bagages et enfila une chemise et des braies en toiles avant de s'habiller avec une tunique de couleur brune. Après avoir enfilé ses chausses et attaché sa ceinture en peau, il accrocha une dague à celle ci et sortit de sa tente. Il rejoignit l'entrée du chateau et demanda à un domestique la direction du bureau du baron. Le domestique l'accompagna jusqu'à la porte et s'en alla pour retourner à ses occupations après que Serenus l'eut remercié. Le guerrier toqua à la porte et entra. Le bureau etait un endroit plutôt spacieux, et l'air ambiant rassura tout de suite Serenus qui se sentit a l'aise. Il sourit et dit A Mayeul :

- Pardonnez moi si j'ai été un peu long, mes chausses étaient introuvables.

Il s'avança vers lui et lui fit face. Il vit que les cartes avaient déjà été déployé et avisa celles ci. Il parcoura l'étendue du domaine et repera vite la zone par ou ils étaient arrivés. Il montra La representation d'un bois et dit :

- Ils ont dû camper ici.. il se tourna vers Mayeul et demanda :-Quelle est votre idee alors ?

Il sourit, il avait hâte de voir ce que lui réservait le voltigeur. Celui ci semblait ne jamais etre A court d'idée et cela plu A Serenus. S'il avait plus de soldats comme lui, la Guilde serait surement beaucoup plus efficace qu'elle ne l'est déjà.

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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Ven 6 Mai - 1:01

Ce n’est que quand Serenus le regarda dans les yeux que Mayeul se rendit compte de son ton pour le moins agressif. Ce n’était pas voulu de sa part, mais la fatigue et la tension qui l’habitait avaient pris le dessus sans qu’il ne songe à mal. Il faut dire, être à Vifesprit le plongeait toujours dans un état étrange, et s’il appréciait la compagnie des siens, ce n’était pas pareil sans Mathilde. Alors il s’enivrait, laissant ses sens plonger avec délice dans les meilleurs alcools et drogues que Sombreciel, et les quelques fleurons qu’il possédait, avaient à lui offrir. La tentation n’était jamais aussi grande qu’ici, étrangement : seul dans sa chambre, à l caserne d’Euphoria, il arrivait encore à se raisonner, mais ici... N’importe qui aurait pu penser que c’était le contraire : il avait le soutien des siens à Vifesprit, cela n’aidait donc pas? Honnêtement? Non. Ses parents étaient bien trop abîmés dans les drogues, leurs pensées aussi brumeuses qu’Euphoria drappée dans un brouillard matinal, pour être d’un quelconque secours. Et puis ici, c’était chez Mathilde : avec sa jumelle, ils avaient parcouru le château, marché dans les allées, exploré chaque recoin. Elle devait hériter de Vifesprit. Cet endroit était bien trop imprégné d’elle pour que son frère puisse être cohérent.
Du coup, quand le guerrier s’excusa, Mayeul secoua la tête, avant de lui sourire un peu plus franchement.
Ne vous excusez pas, ce serait plutôt à moi de le faire. Et ne vous inquiétez pas, je prend cette décision en toute conscience. J’espère que vous ne serez pas déçu par notre extraordinaire talent.
Ajouta le voltigeur, son ton indiquant clairement qu’il plaisantait. Pas qu’il n’aime pas se vanter -après tout, cela ne faisait jamais de mal-, mais il restait parfaitement lucide sur qui il était, où ce qu’il avait à faire. Enfin, lucide, c’était un bien grand mot. Disons que Mayeul aimait plaisanter et charmer son auditoire, mais Serenus et lui savaient que cela restait dangereux, au fond. Et que malgré ses dires, Mayeul ne mettrait pas en danger la vie de Nuage. La sienne, c’était déjà moins sûr.

Le guerrier s’excusa peu après pour aller s’occuper d’installer ses camarades et se changer de la poussière de la route, et Mayeul le laissa partir. Lui aussi avait besoin de se décrasser de la poussière de la route, mais cela attendrait plus tard dans la soirée. Une chose était sûre, son temps de sommeil serait bien réduit ce soir, surtout s’ils planifiaient d’attaquer les bandits. Tant pis. Haussant les épaules, Mayeul s’autorisa un dernier verre avant de se lever à son tour, suivant la direction qu’avait pris Serenus pour aller voir Nuage. Le griffon prenait un repos bien mérité, esquissant à peine quelques pensées groggy à l’approche du voltigeur. Au moins, un des deux serait en parfaite condition pour prendre la tête de l’expédition demain, c’était rassurant à savoir. Laissant là le griffon et ses rêves de ciel immaculé, Mayeul rejoignit son père dans son bureau. Après tout, il était plus à même de savoir les dangers du coin, même si lui avait beaucoup joué les explorateurs enfant. Devisant doucement, ils attendirent le retour du guerrier qui ne tarda guère, s’excusant pour son retard avant de s’avancer vers les cartes, pointant la dernière localisation connue des bandits.
Ils ont monté le campement près d’une petite clairière, au milieu de ces bois.
Quand Serenus lui demanda son plan, Mayeul indiqua Vifesprit sur la carte.
C’est simple : on les surprend. On les attaque à l’aube, avant qu’ils n’aient eu le temps de totalement se réveiller. Ils ont posté des sentinelles, mais avec un peu de chance, le brouillard matinal sera trop dense.
Sombreciel, baigné par les brumes venues de la mer. Si les bandits n’étaient pas du coin, le brouillard et sa capacité à étouffer les sons risquaient bien de les surprendre, donnant ainsi une chance supplémentaire aux guerriers de la Guilde.
Nuage et moi, nous survolons leur campement pour les surprendre par le ciel. Une fois réveillés, vous chargez : ils ne sont pas beaucoup plus nombreux que vos guerriers, nous avons l’avantage de la surprise, et celui du réveil plus que matinal.
Mayeul marqua une pause, avant de regarder son père puis de hausser les épaules.
Je pense que les laisser suivre la caravane représente un trop gros risque. Ils auront l’avantage de la surprise, celui du terrain aussi. C’est une chance que l’on ne devrait pas laisser passer. Mais c’est votre caravane, vos guerriers, et votre responsabilité. Je ne veux pas m’impliquer dans les affaires de la Guilde plus que nécessaire
Annonça Mayeul, avant d’étouffer un bâillement. La théière fumante attira soudain son attention, et il reprit la parole.
Vous avez déjà goûté aux plaisirs Cielsombrois, Serenus?
Le duché de Sombreciel n’étaient pas connu que pour ses poètes et ses pommiers. Ses drogues qui enivraient les sens étaient une tradition, et le voltigeur n’était pas du genre à culpabiliser d'y  initier ses hôtes. Et puis... Il n’était pas contre un peu de légèreté avant d’aller se coucher, histoire de s’assurer une nuit qui ne serait troublée par aucun mauvais rêve.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Ven 6 Mai - 10:05

Le plan etait simple mais audacieux. Ils joueraient donc sur l'effet de surprise pour neutraliser leurs ennemis. Serenus avait deja pensé à cette possibilité avant leur arrivée sur le domaine mais le chef de la caravane ne voulait prendre aucun retard qui menacerait sa paye. Serenus avait donc capitulé. Il regarda les cartes tout en réfléchissant. Le camps des bandits ne devait pas être bien grand, quelques tentes tout au plus. Serenus pointa du doigt le camps et dit :

- Ils auront déjà perdu des hommes Apres votre attaque. Je vais donc diviser mon groupe en deux. Un au nord et un au sud du campement. Je vais veiller à ce qu'on fasse le plus de bruit possible, afin de donner l'impression que nous sommes nombreux. Ils prendront peur et perdront leur moyens. Il sourit à Mayeul puis reprit :- votre plan et votre connaissance du terrain nous mèneront à la victoire.

Il songea a ses guerriers, il ferait en sorte que dans chacun des deux groupes il y ait un homme plus robuste que les autres. Sur six hommes, ils etaient trois a etre suffisamment bien bâti pour encaisser le plus de coups. Cela iraient donc en Premiere ligne. Les autres soit attaqueront a distance avec leurs arcs, soit iraient prêter main forte a leurs collègues. Serenus hocha la tête. En faisant comme ca, les guerriers n'auraient aucune chance.
Il faudra aussi qu'il leur ordonne de taper sur leurs boucliers afin de faire du bruit. Rien de tel qu'une cacophonie de bataille pour désorienter ces bandits.

Mayeul bailla, ce qui fit sortir Serenus de ses pensées pour le faire revenir à la réalité. Une forte odeur de thé vint frapper ses narines. Cela lui rappela les infusions que sa femme achetait sur le marché de la Volte. Les infusions étaient la spécialité de Cibella et Serenus ne manquait jamais d'emporter quelques sachets d'infusion avec lui pendant ses voyages. Rien de tel qu'un bol chaud pour calmer les nerfs et pour aider le corps A se détendre. Il se demanda d'où venait le thé que préparait Mayeul quand celui ci lui demanda s'il avait déjà testé les plaisirs de Sombreciel. Serenus sourit et répondit :

- J'ai déjà pu goûter la liqueur de Sombreciel.

Puis il comprit ce que voulait dire Mayeul par "plaisirs". Sombreciel etait aussi connu pour ses drogues qui avaient le don de rendre euphorique. Mais elles pouvaient aussi conduire à bien des problèmes. Serenus songea que s'il acceptait, il risquait de ne pas être totalement opérationnel pour le lendemain. Mais, Etant un novice, il se dit aussi qu'une nuit suffira a tout éliminer. Et puis il n'était ni en présence de ses collègues, ni aux côtés de ses proches. Ils n'en saurait rien. Et puis Mayeul avait l'air si fier des spécialités qu'il proposait. Cela serait malpoli de refuser. Serenus pencha la tête et dit en souriant :

- Mais je suppose que vous parlez de ces autres "plaisirs" qui ont fait la célébrité et La réputation de Sombreciel. Pour tout vous dire, je n'ai jamais essayé de genre... De produits. il sourit puis reprit : Je ne suis pas contre un peu de détente avant de reprendre la route, tant que cela ne dure pas jusqu'à demain matin..

Il savait qu'il allait culpabiliser mais Apres tout il n'avait qu'une seule vie, et il veillerait à ne pas tomber dans la dependance. Il avait autre chose à faire que de lutter contre ses envies. La seule chose dont il ne pouvait pas se passer etait bien entendu les deux femmes de sa vie : la Guilde et Elena.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Sam 7 Mai - 23:15

Mayeul n’avait guère l’habitude d’établir des stratégies. Clairement, il préférait foncer dans le tas, et suivre les ordres : plus rapide, plus marrant, et surtout beaucoup moins culpabilisant. Mais il faut dire qu’en général, il ne devait veiller que sur Nuage et lui-même, ce qui rendait les choses beaucoup plus simple : le griffon et lui se comprenaient parfaitement, et il y en avait toujours un qui ramenait l’autre à la raison en cas de coup de folie. Enfin, presque toujours. Tous les deux aimaient bien trop voltiger ensemble pour écouter une hypothétique voix de la raison, surtout si elle n’émanait pas d’une autorité supérieure. Nuage était aussi enthousiaste que son voltigeur, et ce dernier ne comptait plus les plaies et les bosses, les coupures et autres joyeusetés parce qu’ils testaient une nouvelle cascade, sans préalablement y réfléchir plus de quelques minutes. C’était à ça que servait l’entraînement non? A tester. Quitte à se faire mal.
Mais cette fois-ci, ce ne serait pas un entraînement. Et surtout, ils ne seraient pas tout seul, et c’était bien ce qui dérangeait le plus Mayeul. Il n’aimait pas l’idée de devoir être responsable d’autres que lui, et toute cette histoire ne l’enthousiasmait pas plus que ça. Il s’était proposé, parce qu’il était un parfait crétin et n’avait pas beaucoup réfléchi avant de jouer les nobles seigneurs, mais il aurait sans doute dû y réfléchir à deux fois. Voir trois. Il se sentait nerveux, irritable. Inquiet. Et pour se défaire de ce carcan de sentiments désagréables, il savait exactement comment faire.

C’était devenu une habitude, et bien qu’il ne l’admettrait probablement jamais à personne, cela lui faisait incroyablement peur. Au début, au tout début, il se réfugiait dans les drogues cielsombroises pour éviter de souffrir, de penser, de réagir. Pour oublier. Désormais... Dès que quelque chose n’allait pas, dès qu’il se sentait perdu ou bien trop nerveux, cela devenait un réflexe. Comme celui de dire que tout allait bien, alors qu’en réalité, rien n’allait. D’une béquille occasionnelle, c’était devenu une façon de fonctionner, la seule pour le moment. Et si ses études ne l’éclairaient pas sur le sujet, la moindre parcelle de raison qu’il avait lui disait que ce n’était, en aucun cas, une solution. Il le savait. Mais il ne pouvait pas lutter : il n’était pas assez fort, pas assez volontaire peut-être? Trop durement éprouvé?

La voix de Serenus le sortit de ses pensées. Encore. Décidément, il fallait qu’il arrête de rêvasser et se concentre un peu plus sur ce qu’il se passait autour de lui. Le plan, les bandits, la caravane. Séparer ses hommes. Pourquoi pas? L’idée du guerrier de les prendre en tenaille n’était pas stupide, et avec un peu de chance, leur arrivée serait suffisamment impressionnante pour faire hésiter l’ennemi. Les bandits, pour s’être accrochés si longtemps, devaient être des hommes entraînés et rompu à exercice du combat, mais après tout, avec l’effet de surprise et un terrain favorable, peut-être que la Guilde saurait surpasser l’avantage numérique de leur ennemi. Comme lui, en tout cas, Serenus songeait que cela valait le coup d’essayer, car une telle occasion ne se représenterait sans doute pas, et être harcelés par l’ennemi n’avait rien d’avantageux. Et puis, un voltigeur de leur côté saurait bien leur donner quelques points, non?
Très bien. Il vous faudra environ une heure pour vous positionner. Je pensais attaquer peu avant l’aube, et vous laisser agir une fois la première attaque portée, histoire que l’attention d’éventuelles sentinelles soient sur moi et non sur vous.
Ce qui leur laissait bien peu d’heures de sommeil, en réalité. Alors, pourquoi ne pas prendre quelque chose pour que ses heures soient les plus agréables possibles? Les drogues faisaient partie intégrante de la culture du duché, et il n’y avait aucun tabou quand au fait d’y recourir. Évidemment, dans le cas de Mayeul, c’était un tout autre problème, mais qu’importe. Y initier Serenus ne posait pas le moindre problème de conscience au voltigeur, pas plus que le fait que le guerrier soit, apparemment, novice dans ce domaine. Allons donc, c’est bien ce qu’il avait dit à Grâce : les Faës ne savaient décidément pas comment s’amuser. Il étaient bien trop sérieux pour leur propre bien : pas étonnant, en vérité, que l’anniversaire de Chimène ai été une catastrophe : ces gens savaient-ils seulement faire la fête? Visiblement, non, si l’hésitation de Serenus était une quelconque indication.
Je vous promets que vous n’allez pas voir des dragons danser dans la cour ou quoi que ce soit.
Plaisanta Mayeul, versant une tasse de thé au guerrier. Bergamote, peut-être? Agrémenté de quelques fleurs de pavot, bien assez pour donner le tournis et fermer la porte à toutes pensées dérangeantes. Ouvrir l’esprit à des rêves bien plus agréables. Loin de Vifesprit. Loin de l’absence de Mathilde.
On se retrouve dans la cour, deux heures avant l’aube? J’enverrai quelqu’un vous réveiller
Indiqua le voltigeur en buvant sa tasse, laissant son palais apprécier ce goût adoré, mais détesté en même temps. Les drogues de Sombreciel, si douces et délicates, et pourtant en passe de ruiner sa vie entière.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Dim 8 Mai - 10:19

Serenus n'était pas un capitaine, mais il avait suffisamment d'expérience pour savoir quoi faire dans ce genre de situations. Lorsque Mayeul lui dit qu'il leur faudra au moins une heure pour se preparer autour des bandits dans le silence le plus complet, le guerrier se contenta d'hocher La tête. D'habitude ils mettaient beaucoup moins de temps à encercler l'ennemi mais ici, ils allaient devoir le faire sans alerter les sentinelles, ce qui allait compliquer les choses, surtout avec des jeunes recrues qui ne tenaient pas en place.

Il croisa le regard de Mayeul Apres lui avoir parlé des drogues de Sombreciel et du fait que d'une il hésitait, et de deux qu'il ne voulait pas que cela dure jusqu'au lendemain. Mayeul le rassura avec une plansanterie qui fit a peine sourire Serenus qui restait peu rassuré. Il se dit que Mayeul devait le trouver trop sérieux, comme tous les Faës en général. Il avait conscience qu'à Ibelene, le peuple de Faërie etait consideré comme ennuyeux, qu'ils ne savaient ni faire La fete, ni s'amuser. Il avait tenté de se joindre à des fêtes de tavernes avec d'autres antennes d'Ibelene, mais il avait toujours du mal à plonger dans l'ambiance. Il se dit que cela devait être à cause de son caractere et non à cause de son appartenance à Faërie. Puis il se rappela que les enfants Faës avaient toujours été éduqués pour qu'ils soient exemplaires aux yeux des autres, une fois adultes, et Serenus ne faisait pas exception à la Regle. Le travail et la famille d'abord, le divertissement passe ensuite. Il fallait qu'il montre A Mayeul que les Faës savaient profiter de la vie. Il lui répondit alors en souriant :

- Bien, voyons à quel point ces produits peuvent aider à se détendre..

Mayeul lui tendit une tasse après l'avoir agrémenté de plantes que Serenus ne connaissait pas. Il avait appris lors de sa formation le nom des plantes utiles à sa survie en cas d'attaque, comme par exemple la mousse d'arbre qui pouvait éponger le sang ou les baies qu'il pouvait manger mais il regrettait de ne pas en avoir appris plus lorsqu'il vit les drôles de végétaux que Mayeul broyait avant de les plonger dans le thé. Serenus attrapa la tasse et huma le doux parfum qui en émanait. L'odeur était particulierement agréable pour les narines ce qui rassura quelque peu Serenus qui se décida enfin a tremper ses levres une fois Apres avoir vu Mayeul boire une gorgée du sien.

Lorsqu'il goûta au breuvage, Serenus fut surpris par le gout. Cela n'était pas si mauvais que ça. Il s'attendait à tellement pire aussi... Mayeul lui dit alors qu'il enverra quelqu'un le reveiller deux heures avant l'aube. Il allait lui repondre qu'il n'avait pas besoin qu'on vienne le sortir du lit comme un enfant puis il regarda la tasse et se dit que finalement cela allait être peut être necessaire. Il répondit en souriant :

- Deux heures avant l'aube, c'est parfait.

Ils burent en silence. Serenus ignorait s'il fallait boire le thé lentement ou rapidement, aussi décida t'il de le boire comme une infusion, c'est à dire assez lentement, tout en dégustant chaque gorgée. Au bout d'une dizaine de minutes il sentit sa tete tourner. Il dit juste sur un ton qui montrait son désarroi et son hésitation :

- Quels sont les effets de ce que vous avez mis dans les tasses ?il regarda sa tasse et nauséeux, il dit en riant nerveusement : - J'ai La tete qui tourne..

Malgré cela, il ne s'était jamais senti aussi détendu, s'autorisa A s'asseoir sur une chaise qui traînait la et étira ses jambes endolories par les longues heures de chevauchées. Il se sentait comme Apres avoir avalé plusieurs verres de vin. Il cligna des yeux et regarda Mayeul afin de voir s'il n'était pas le seul à ressentir ces effets.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Lun 9 Mai - 0:36

L’attaque était scellée alors : d’un hochement de tête, Serenus approuva son plan. Simple, mais après tout, ils n’avaient pas besoin de planifier davantage : la surprise et la rapidité serait leur meilleur atout, il fallait juste espérer que les brumes qui couvraient en général la majorité des terres de Sombreciel soient au rendez-vous. Selon son père, cela serait le cas. Le Baron était allé se coucher peu après cet échange, s’assurant sans doute que personne ne manquait de rien avant d’aller dormir. Ou planer encore un peu, songea Mayeul, sans pourtant l’exprimer à haute voix. Ses parents n’en avaient jamais fait mystère, et tout petits déjà, les jumeaux connaissaient bien plus leurs parents drogués que totalement lucides. Mais après tout, c’était presque une coutume, ici... Et force était de reconnaître qu’il avait fini par s’y plier lui aussi, en dépit du bon sens.
En tout cas, si cela ne présentait pas le moindre problème à Sombreciel, cela semblait plonger le guerrier dans un abîme de confusion. Pas la peine de se tracasser autant, franchement : le voltigeur observa l’homme avec amusement, se risquant même à faire une plaisanterie qui ne le dérida pas d’un pouce. Coincé? Pas autant que ce qu’il avait pu voir pendant ses années à Bellifère, mais pourtant, Serenus semblait bien hésitant. Si jamais Mayeul avait pu deviner que le guerrier finissait par succomber juste pour prouver qu’il était un homme qui savait vivre, franchement, il lui aurait rit au nez. Serenus ne lui devait rien, absolument rien, et il n’était en aucun cas obligé de dire oui. Mayeul n’avait jamais beaucoup réfléchi avant d’agir. Enfant, déjà, il entraînait Mathilde dans les collines environnantes, ou sur les toits de la demeure familiale. Pas que le danger l’attirât particulièrement, non : c’était juste qu’il préférait suivre l’inspiration du moment. L’idée germait dans son esprit, et il ne lui fallait rien de plus qu’un battement de coeur pour la suivre. Ce qui lui jouait bien des tours, même encore maintenant, mais qu’importe? Il était comme ça, on ne le changerait pas. Alors, le débat intérieur de Serenus, franchement, cela lui passait complètement au-dessus de la tête.

Le regard que porta le guerrier sur sa tasse fît naître un sourire ironique sur les lèvres de son hôte, qui resta pourtant silencieux. Il aurait sans doute pu être mal à l’aise de l’incertitude manifeste de Serenus... Mais encore une fois, Mayeul n’y apporta aucune attention. A ce qu’il en savait, l’homme était grand, fort et pas trop stupide, alors, il devait être capable de prendre ses propres décisions. Haussant les épaules, le voltigeur se plongea dans son propre breuvage, sans plus s’en préoccuper, laissant le goût familier le rasséréner quelque peu. Trop familier, même. Mayeul n’était pas un idiot : depuis le temps qu’il en prenait, les drogues ne faisaient plus effet comme avant. Et si au début il se contentait de quelques soirs par semaine, ça avait évolué, marquant ainsi le début de ses ennuis avec son escadron. Soupirant, il attendit la brume désormais familière, l’engourdissement des sens, le bien-être léger mais tangible qui ne tarderait plus. Mais ne durerait pas, malheureusement. Il lui fallait bien plus que ça pour passer une nuit paisible, pour pouvoir longer ces couloirs familiers, s’installer dans sa chambre, où tout respirait Elle. Sa soeur. Leur enfance, ils l’avaient passé à deux. Leur adolescence, le début de leur vie d’adulte, également. Alors, pourquoi, comment, passer le reste de sa vie en étant seul?
Plongé dans ses propres pensées tourmentées, le voltigeur resta silencieux, imitant Serenus qui semblait toujours perdu dans la contemplation de sa tasse. Ce n’est qu’au bout d’une dizaine de minutes que l’homme reprit la parole, visiblement décontenancé. La tête qui tournait? Mayeul secoua la tête avec un léger rire : lui aussi commençait à ressentir l’engourdissement de ses pensées, et cela faisait un bien fou.
Ne vous inquiétez pas, l’étourdissement va passer. Laissez vous porter : croyez-moi, demain matin, vous serez aussi frais qu’un gardon.
En théorie du moins. Sérieusement, il n’avait pas du tout corsé le breuvage, ayant lui-même l’habitude de le prendre beaucoup plus fort que ça. S’approchant de Serenus et des tasses, il vérifia tout de même à l’odeur qu’il n’avait pas eu la main trop lourde... Peut-être un peu, en fait. Si vraiment c’était la première fois du guerrier, peut-être aurait-il dû mettre moins de fleurs. Tant pis. De toute façon, le cerveau du voltigeur commençait à être bercé par une brume agréable, l’empêchant de penser aux conséquences éventuelles. D’un haussement d’épaules, Mayeul envoya donc valser toute idée d’un quelconque problème et tendit la main à Serenus.
Venez, je vous raccompagne jusqu’à votre lit.
Il n’allait pas le laisser dormir sur une chaise, tout de même : il lui restait encore assez de conscience pour savoir que ce n’était pas l’idéal.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Lun 9 Mai - 10:42

Une sensation qu'il n'avait jamais connu s'installa dans son etre. Il n'arrivait plus à penser à la mission, au stress qu'elle pouvait provoquer. Il n'arrivait plus à penser à son travail, à ses problèmes de couples. Toutes ces pensées négatives étaient aussitôt remplacées par d'autres pensées. Il eu soudain envie d'aller courir, seul, dans les champs, face au soleil levant. Cela le fit sourire et il but encore une gorgée de son thé. Il leva la tête vers Mayeul qui s'était levé pour humer l'odeur de sa tasse afin de voir s'il n'avait pas un peu trop forcé la dose. La tete que fit Mayeul déclencha un éclat de rire chez Serenus. Effectivement Mayeul avait peut être surestimé Serenus qui n'avait jamais été exposé à ce genre de produits. Il finit le fond de sa tasse puis leva la tête vers la main que Mayeul lui tendait. Cela lui fit penser à une histoire qu'il avait entendu. Un comte, habitué à boire plusieurs verres de vin chaque soir tombe malade. Les medecins, le temps de son traitement, lui interdirent toute ingestion d'alcool pendant plusieurs semaines. Une fois rétabli, il put recommencer à prendre ses verres de vin quotidien, mais le premier soir, il fut soûl comme s'il buvait de l'alcool pour la première fois, Serenus se trouvait dans la situation de la première fois et en regardant la main de Mayeul, il se demanda si, après quelques semaines d'abstinence, celui ci ferait comme le comte. Il se rendit compte soudain que ce qu'il pensait n'avait aucun sens.

Il cligna des yeux et attrapa la main de Mayeul. Il se releva après avoir posé sa tasse et tituba. Il avait l'impression que la piece entiere tournait. Mais il savait que cela ne venait que de sa tete. Il posa le dos de sa main gauche sur son front tandis que la droite ne lâchait pas celle de Mayeul. Il fixa le vide pendant quelques secondes histoire d'habituer ses yeux a cette drôle de situation. Il tenta de faire un pas et tituba dangereusement avant de retrouver son équilibre. Puis il dit en souriant :

- C'est bon, ça devrait aller...

Il se laissa guider par Mayeul dans les longs couloirs de la demeure. Il laissa planer le silence au dessus de leur tête jusqu'à arriver devant un grand escalier. Serenus regarda Mayeul et pouffa de rire en montrant les marches puis il dit :

- J'ai de la chance que vous soyez habitué Mayeul sinon je serais deja en bas, les quatres fers en l'air, et le nez en sang.

Il s'imagina en train de faire un roulé boulé dans les escaliers et laissa échapper un sourire d'amusement. Il n'arrivait pas à imaginer les consequences désastreuses d'une telle chute comme par exemple un dos ou un cou brisé. Il leva la tête et croisa le regard d'une jeune fille représenté sur une chaise, un bouquet de fleur à la main. La peinture avait été placée dans un cadre doré décoré de filaments noirs. Serenus montra la jeune fille du doigt et demanda :

- Qui est cette jeune fille ? Elle me fait penser à Elena, surtout dans son regard.

Penser à sa femme lui fit un bien fou, il n'arrivait pas à penser à leurs problemes de couples, du coup il se concentrait sur les bons moments. Il se rappela leur rencontre sur le marché de la Volte, alors qu'elle vendait des tricots, il pensa à leur premier baiser et à leur première nuit. Les images de son mariage lui revinrent instinctivement en mémoire. Il sourit devant la nostalgie qui commençait à l'envahir et il reporta son attention sur le tableau. Il fixa le visage de la jeune fille puis celui de Mayeul. Il les regarda tour à tour puis dit en souriant :

- Vous vous ressemblez beaucoup..

Il sentit qu'il perdait l'équilibre et s'accrocha au debut de la rampe d'escalier. Décidément, il allait bien dormir après une telle aventure. Il se souviendrait longtemps de cette première fois. Puis il songea à offrir à Mayeul son coffret d'infusion pour le remercier de son hospitalité. Lui aussi avait le droit de découvrir ou redécouvrir les douceurs de Cibella.
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mer 11 Mai - 0:12

Serenus semblait pensif, et si on en croyait les traits de son visage, plus que détendu. Tant mieux, cela ne lui ferait probablement pas de mal : après tout, quel mal y avait-il à se sentir bien? C’est à ça que servait les drogues de Sombreciel après tout : aller bien, s’évader, durant quelques instants, de tous ses problèmes. Planer loin, très loin des contigences de ce monde. Visiblement, cela parler à Serenus, qui tangua légèrement quand il se leva, se servant de la main tendue par Mayeul pour se stabiliser. Avec un grand sourire, le voltigeur l’observa tituber comme un bateau en pleine tempête, avant de lui certifier que cela allait. Bien sûr, et la marmotte... Mayeul ne lui lâcha pas la main, attrapant l’épaule de Serenus de son autre bras pour le stabiliser davantage, avant de l’entraîner vers l’une des chambres. Un peu de repos, un bon lit, et il serait parfaitement bien aux premières lueurs du jour. Normalement. Enfin, ils verraient bien.
En tout cas, être libéré de ses pensées négatives semblait avoir un effet hilarant sur le guerrier, qui pouffa de rire une nouvelle fois avant de monter l’escalier. Lui jetant un regard amusé, Mayeul ne répondit pas : il le savait d’expérience, Serenus ne devait même pas vraiment réfléchir à ce qu’il disait. Peut-être même ne s’en rapellerait-il plus le lendemain, ou alors, une version très différente de ce qui s’était réellement passé. Pour le moment, il était simplement pris dans l’euphorie des drogues, et cela semblait lui réussir : le voltigeur se promit de lui glisser quelques paquets dans son sac, pour la route.

Mayeul n’avait aucun souci pour s’approvisionner : si son salaire suffisait pour couvrir ses dépenses, il savait parfaitement comment faire pour se procurer ces petites douceurs que lui et les siens chérissaient tant. Il y avait même quelques plantations sur le domaine familial, géré par le Baron et sa femme, et il n’avait aucun scrupule à piocher dans les réserves de ses parents. Après tout, s’il en était là, c’était un peu de leur faute. Peut-être que ses parents auraient dû faire quelque chose pour l’aider. Peut-être que quand il avait commencer à aller mal, ils auraient dû lui dirent stop. Peut-être. Mayeul leur en voulait pour ça, parfois, avant de se rappeler qu’il était le seul coupable, en réalité. Il aurait dû faire quelque chose. Ne pas se laisser submerger. Il n’avait pas été assez fort, et ne l’était pas davantage maintenant. Malgré ses airs bravaches, malgré son attitude irréfléchie, il n’avait jamais été fort. Mathilde l’était. Et sans elle, il n’était plus rien.
Serenus reprit la parole, pointant du doigt une peinture. Elena? Qui était Elena? Mayeul se remémorait vaguement une discussion à propos d’une Elena un peu plus tôt, mais ses pensées étaient bien trop aériennes pour qu’il essaye de les fixer. Il se contenta donc d’un haussement d’épaules et d’un vague geste, qui signifiait à la fois tout et rien. Exactement ce qu’il ressentait, en vérité. Ce n’est que quand Serenus le fixa, avant de se retourner à nouveau vers le portrait, que Mayeul réalisa de quoi il parlait. Mathilde. C’était un portrait de Mathilde.
Il n’avait pas pris assez pour y être insensible. C’était ça qu’il voulait fuir, et le vent venait de tourner. Sans aucun doute, Serenus dût sentir sa soudaine tension, sa main plus lourde sur son épaule. La soudaine froideur de sa voix, qu’il ne chercha même pas à dissimuler.
C’est ma soeur. Ma jumelle, Mathilde. Elle est...
Il ne nota même pas qu’il employait encore le présent. Au fond, il le savait : il n’arrivait pas à faire son deuil, parce que cela serait comme faire le deuil de lui-même, et il n’en était pas capable. Si elle restait là, si il s’accrochait à sa présence, même après toutes ces années, il la savait près de lui, un peu.
... Partie.
Pathétique. Il était pathétique. La petite voix de Mathilde s’éleva dans son esprit, lui disant à quel point il était lamentable de se raccrocher ainsi à elle. Cette voix de la raison qu’il se refusait d’écouter, jusqu’à ce qu’elle devienne trop insistante, ou qu’il soit assez lucide pour l’écouter, et qui lui décrivait à quel point il était devenu l’ombre de lui même. A quel point il avait sombré, alors qu’ils s’étaient promis de ne jamais suivre la voie de leurs parents. A quel point il la dégoûtait. Et à quel point, surtout, il se dégoûtait lui-même.

Serrant les dents pour refouler l’amertume et le chagrin qui lui serrait le coeur, pour ne pas laisser s’enfuir les larmes qui menaçaient de s’échapper, Mayeul entraîna le guerrier sans ajouter un mot, ouvrant sans plus de cérémonie la porte d’une chambre préparée à son intention. Le château n’était pas assez grand pour accueillir tous leurs invités impromptus, mais Serenus et le maître de la caravane avait eu le droit à une chambre plutôt qu’à une tente dans la cour.
Reposez-vous. A demain
Brusque? Probablement. Impoli? Sans aucun doute. Mais Mayeul n’avait pas le coeur à parler, et n’aspirait qu’à une chose : sa chambre, et assez de drogue pour réussir à ignorer la douleur qui lui coupait le souffle. Oublier. Partir, s’évader, loin, loin, loin. Dans les nuages. C’est bien là qu’il était le mieux.
__

Le soleil n’était même pas encore levé quand un serviteur vint le secouer, au bout de ce qui lui semblait n’être que quelques minutes de sommeil. Il avait encore la tête vide et l’esprit plutôt léger, mais il avait appris à passer outre, au grand désespoir de son capitaine qui le trouvait bien trop dangereux. Il n’avait probablement pas tort.
Qu’importe. Il avait une bataille à mener, non? Il s’en sentait tout à fait capable, drogué ou non. Qui a besoin de lucidité, après tout?
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Message Sujet: Re: L'hospitalité n'est point un vain mot - Serenus   Mer 11 Mai - 10:01

Serenus sentit la main de Mayeul qui se faisait plus lourde sur son épaule et comprit à sa soudaine froideur qu'il aurait mieux fait de se taire. Il fixa Mayeul sans un mot quand celui ci lui annonça que la jeune femme peinte était sa soeur jumelle. Il leva la tête vers la peinture. Alors comme ça ils sont jumeaux, cela n'était pas étonnant vu leur ressemblance. Mayeul lui dit alors sur un ton froid qu'elle était partie. Serenus allait demander où est ce qu'elle etait maintenant mais la main pesante sur son épaule l'invita plutôt à se taire. Il avait l'esprit trop dans les vapes pour savoir ce qui était arrivé à la soeur de Mayeul. Soudain Mayeul se mît à avancer et entraina Serenus jusqu'à sa chambre. Le voyage se fit dans un silence lourd qui, malgré la drogue, rendit Serenus mal a l'aise. Ils arrivèrent devant une porte que Mayeul ouvrit presque brusquement. La chambre était spacieuse, bien plus que celle de sa propre a la Volte, le lit semblait tendre les bras au guerrier.. Du moins c'est ce qu'il croyait voir. Serenus cligna des yeux et se tourna vers Mayeul quand celui ci lui dit de se reposer. Serenus répondit d'une voix un peu plus claire :

- Je suis désolé Mayeul. Passez une bonne nuit.

Il regarda la porte de sa chambre se fermer puis il se dirigea vers le lit. Il secoua la tête et la plongea dans ses mains. Il se sentait à present nauséeux. Le temps que la nausée passe, il essaya d'organiser ses pensées, en vain. Il décida alors de se coucher. Il se déshabilla et se glissa sous la couverture. Celle ci etait douce et chaude, tout ce dont Serenus avait besoin. Il garda les yeux ouverts pendant un moment et fixa le plafond. Il se demandait pourquoi Mayeul s'était montré aussi brusque, aussi froid alors que quelques minutes avant, ils riaient tous les deux. Il n'eut pas le temps de réfléchir davantage car Morphée l'emporta dans un sommeil lourd et sans rêve.

___

Une main le secoua doucement, et une voix d'homme lui demanda de se reveiller. Serenus ouvrit les yeux et croisa le regard d'un domestique plutôt âgé qui lui souriait. Le guerrier constata que le soleil n'était pas encore levé. Combien de temps avait il dormi ? Une heure, deux heures tout au plus. Les paupières de Serenus eurent beaucoup de mal à se soulever et a se maintenir ouvertes. Il était pourtant habitué aux courtes nuits. Peut être etait ce a cause de la drogue. D'ailleurs il fut surprit de pouvoir penser sans se sentir euphorique, même si son esprit était encore léger. Il se massa les tempes et sortit les jambes du lit. Il se demanda ce qu'il faisait la, assis dans ce lit dans cette magnifique chambre. Puis il se rappela. Le combat, ses collègues qui l'attendaient sûrement, les bandits, la caravane. Serenus se leva en grognant et attrapa ses vêtements. Il s'habilla tout en regardant le domestique repartir pour vaquer à ses occupations. Serenus, après sa toilette, sortit de la chambre et s'engagea dans les couloirs du chateau. Il rejoignit l'escalier et s'arrêta devant le tableau de Mathilde. Il se dit qu'il avait déjà vu ce tableau quelque part.. Mais il ignorait quand et où. Soudain il se rappela la main de Mayeul qui se faisait plus lourde sur son épaule et son ton froid, il se souvint de ses paroles qui disaient que cette femme etait sa soeur et qu'elle était partie. Serenus comprit alors ce que voulait dire le "partie". Il baissa la tête en signe de respect devant la peinture et se promit d'aller s'excuser auprès de Mayeul pour lui avoir rappelé ce terrible moment. Il ne devait y avoir rien de pire que de perdre sa soeur ou son frère jumeau. Même si Serenus ne pouvait pas imaginer cela vu qu'il n'a jamais eu de frères ou de sœurs, il compara cela à ce qu'il ressentait quand un frere d'arme tombait au combat, en dix fois pire.

Il releva la tête et apres un dernier regard vers le tableau representant Mathilde, il descendit les marches et finit par rejoindre la cour, la ou ses collègues avaient campé. Ceux ci etaient deja prêt et lancèrent un regard amusé à Serenus. L'un d'eux lui dit en riant :

- Eh bien Serenus, tu as eu du mal à te lever on dirait.

Ils avaient tous remarqué le teint légèrement rosé de Serenus, signe que sa soirée avait du être mouvementé et agrémentée par les drogues de Sombreciel. Cela les étonnait que leur aîné, d'habitude si droit et sans tache, se soit prêté à ce genre de pratique. Serenus remarqua que son armure avait été posée pret de sa jument et que les tentes avaient déjà été pliées et rangées. Le guerrier enfila son équipement sans un mot et attacha son épée a sa ceinture.
Le plus jeunes des guerriers se mît à rire et dit :

- Laissons lui un peu de temps, il a du mal à émerger

- Je vais très bien, merci.

En vérité, il se sentait nauséeux et n'avait qu'une envie, retourner se coucher et rester au lit toute la journée. Mais ils avaient des bandits à repousser et une caravane à proteger. Il se dit qu'il se reposera une fois que leur mission sera terminée. Sa jument poussa sa main du museau comme pour lui dire bonjour et mordilla son sac. Le guerrier sourit et plongea la main dans celui ci. Il en sortit une carotte que la jument s'empressa de croquer. Il tapota les flancs de sa monture et se tourna vers le chateau. Il ne restait plus qu'à attendre Mayeul et son griffon. Il en profita pour expliquer le plan à ses guerriers qui approuvèrent tous sans discuter. Ils apprécièrent tout particulierement l'idée de faire du bruit pour effrayer les bandits et le fait qu'un griffon et son voltigeur viennent les aider. Serenus sourit, son esprit encore léger le fit se sentir plus sûr de lui. Ils allaient neutraliser ces bandits une bonne fois pour toutes ! Il se souvint alors qu'il devait remercier ses hôtes. Il sortit d'un des sacs accrochés à la selle de sa jument un petit coffre contentant toutes sortes de plantes pour des infusions, spécialités de Cibella. Le coffret etait joliment décoré avec des petits sculptures représentant un dragon, les griffes sorties et les ailes déployées. Il se dit avec un sourire amusé que si Mayeul combinait ces infusions avec ses drogues, il pourrait découvrir de nouveaux goûts.
Un guerrier le sortit de ses pensées en lui demandant de l'aider à resserrer son plastron. Serenus le fit et en profita pour inspecter les equipements de ses jeunes compagnons.

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