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 Le prix d'une vie | Grâce

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Message Sujet: Le prix d'une vie | Grâce   Mar 10 Mai - 1:35


Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Grâce Martel & Alméïde d'Erebor

Le prix d'une vie

Ou la gratitude des gens du désert



• Date : 10 avril 1001
• Statut du RP : privé // terminé
• Résumé : Alméïde se rend dans la caserne de Bellifère pour rencontrer Grâce et la remercier au nom du duc pour avoir sauvé Qasim, l'héritier d'Erebor.


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Dernière édition par Alméïde d'Erebor le Mer 24 Aoû - 14:02, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Mar 10 Mai - 1:38

Elle a peu d'occasions de se rendre à Bellifère. Pour y faire quoi, après tout ? En dehors des relations diplomatiques que son frère entretient avec le duché, les raisons de visiter cette région rocailleuse ne se présentent pas beaucoup. Sans compter qu'elle n'est pas considérée comme une véritable princesse dans tout Arven et que les femmes n'ont que peu d'influence ici. Elle le perçoit quelque peu dans les regards qui se posent sur elle à son arrivée dans la capitale. Alméïde n'y prête pas beaucoup d'attention, elle a une affaire plus importante à traiter. Accompagnée uniquement d'un garde, sous les conseils d'Anthim, elle pose sur la capitale un regard curieux. Les paysages sont si différents d'Erebor et pourtant elle y trouve la même dureté, la même chaleur. Les deux duchés sont connus pour avoir des étés arides et, bien qu'ils ne soient qu'en avril, la température est plus douce que dans d'autres lieux qu'elle a pu visiter.

Sans prendre le temps de flâner, elle demande à se rendre à la caserne des voltigeurs. Dans sa poche, des documents officiels signés de la main de son frère et une lettre, rédigée par la main de son épouse, cette fois. Aujourd'hui, la princesse sans couronne est chargée d'une mission importante qu'elle accomplit avec plaisir et même avec fierté. C'est même avec impatience qu'elle se rend à sa destination, heureuse de parvenir sur les lieux, inquiète à l'idée que la personne qu'elle cherche ne soit pas là. Sur place, elle demande à voir Grâce Martel. Si c'est important ? Oui, très important. On la fait patienter et elle ne peut s'empêcher d'observer l'endroit, posant les yeux sur les voltigeurs et sur les griffons qui prennent leur envol, haut dans le ciel. Voilà une sensation qui doit être exceptionnelle.

Les minutes passent et Alméïde s'interroge. À quoi ressemble cette femme qui a secouru son neveu ? Où est-elle à cet instant ? Était-elle là-haut, dans les cieux, au moment où elle l'a fait quérir ? De vagues questions qui trouveront leurs réponses très bientôt, puisqu'elle voit une silhouette s'approcher dans sa direction. Sans attendre, la princesse se redresse et salue la voltigeuse d'une courbette de circonstances. « Grâce Martel, c'est bien cela ? Je suis Alméïde d'Erebor, sœur du duc d'Erebor. Puis-je vous parler un instant en privé ? » D'une nature timide, la princesse du désert préfère discuter dans l'intimité plutôt que dans un lieu où il est possible d'être interrompu. En l'occurrence, elle désire être seule à seule avec cette femme pour qui elle éprouve une sincère gratitude afin de s'exprimer en toute tranquillité.

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Jeu 12 Mai - 12:10

Aujourd’hui devait être une journée comme une autre. Suivre la routine d’une vie saine de voltigeuse, s’entraîner, se montrer plus douée que tous ces hommes rétrogrades qui l’estimaient indigne et qui jugeaient qu’elle ne devait pas se trouver en leur compagnie, et encore moins souiller leur caserne de la sienne. Mais Grâce le faisait la tête haute, et avec un malin plaisir. Tant qu’elle volait, elle était intouchable pour ses camarades, mais elle s’attardait rarement à la caserne, sinon pour panser Corail et s’occuper d’elle. Quoi qu’elle le fasse souvent dans la nature sauvage belliférienne. Elle avait bien vite compris qu’elle ne pouvait séjourner dans les logements de la caserne – elle n’aurait pas subi quelques farces innocentes ou des brimades sans réelles conséquences. Non, les choses avaient été claires dès le début, mais Grâce en retirait une indépendance qui lui convenait, et une fierté certaine à affirmer que quelles que sient les circonstances, elle ne ploierait pas. Elle faisait quelques fois preuve d’un entêtement qui pourrait lui être dommageable, mais si elle cédait la moindre chose, alors elle se retrouverait brisée en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, c’était une certitude.

Cette matinée-là différait quelque peu, cependant. Des paroles de ses… coéquipiers, si elle on pouvait dire ainsi sans en rire de manière quelque peu amère, et de leur départ de la caserne, elle avait compris qu’ils allaient se rincer le gosier en ville, et probablement se livrer aux plus bas instincts des ignorants qu’ils étaient. Peu importe, c’était là son opportunité de ne pas avoir à se rendre à ses appartements malmenée par la poussière qui s’était déposée sur elle en vol, et baignée de la chaleur qui régnait – quoi qu’elle soit loin d’être à son apogée, en ce jour. Grâce devrait malgré tout éviter les autres bataillons qui composaient le vol de Bellifère, mais elle se débrouillerait. Saisissant les affaires qu’elle avait précieusement rangées dans un des casiers mis à leur disposition, elle alla donc se rafraichir, prenant garde à ce qu’il n’y ait personne.

Métamorphosée, la voltigeuse intrépide revêtit malgré tout une tenue à mi chemin entre l’armure qu’elle portait en chevauchant et une robe bien peu couvrante pour une belliférienne, bijou confectionné par Adélaïde pour qu’elle puisse faire illusion et rapidement se retrouver prête à combattre si le besoin s’en faisait sentir. Et cela pouvait être le cas n’importe quand, surtout en Bellifère face à des hommes alcoolisés ou dans leur état habituel même, décidé qu’une jeune femme était leur proie. Grâce n’était pas défenseur de la veuve et l’orphelin, mais faire mordre la poussière à certains hommes dont le cerveau était bloqué 1000 ans avant le Destin lui faisait souvent bien plus plaisir qu’elle ne le reconnaîtrait. À condition qu’ils ne soient pas en trop grand nombre, et ne semblent pas trop alertes, sans quoi elle n’aurait jamais aucune chance.

Allant récupérer ses affaires et quitter Corail pour l’après-midi, elle fut interpellée par une jeune femme à la peau délicieusement ambrée, rappelant des délices au caramel, et à la beauté farouche. Son visage m’évoque assurément des souvenirs, sans bien que je ne puisse me rappeler lesquels. Jusqu’à ce qu’elle se présente, et que je me souvienne de l’anniversaire de l’Impératrice Chimène. Alméïde, princesse contestée d’Erebor – nul, du moins, ne lui reconnaissait ce titre, hors de son duché, si j’avais bien compris. Ça ne serait pas mon cas. Je me fendais à mon tour d’une révérence, plus prononcée cependant.

« Princesse. Enchantée de vous rencontrer, bien que votre présence ici m’intrigue. Si cela vous agréé, il me semble mieux que nous sortions de la caserne. Nombre d’auberges pourront nous accueillir. Je dois cependant vous prévenir les hommes peuvent parfois sembler… rude. Mais si vous le préférez, et malgré le caractère humble du logement que j’habite, je peux vous y offrir un repas, ainsi qu’un verre. Il me faudra simplement acheter quelque nourriture à cet effet, sans quoi il serait bien trop frugal. Et nous pourrons discuter de ce qui vous amène dans cette contrée éloignée. »

Elle était franche, peut-être un peu trop.

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Sam 14 Mai - 20:25

Dès qu'elle met un pied en dehors de son duché de naissance, Alméïde ne peut s'empêcher d'être émerveillée par les différences rencontrées dans les paysages, les coutumes, du plus petit détail à celui qui vous saute tout de suite aux yeux. Les vêtements et les accents, la manière de saluer, de regarder. Elle sent le regard des hommes, plus dur, un regard qui juge et qui domine. Elle se sent toute petite la princesse, même en compagnie de ce garde qui l'accompagne et à qui elle jette un regard timide, comme pour s'assurer qu'il ne va pas s'en aller et la laisser ainsi, à la merci de ce duché aux mœurs plus fermées que celles d'Erebor. Mais non, il lui offre un sourire compatissant, le jeune Elias. Toujours agréable, toujours loyal, toujours heureux de servir la couronne d'Erebor dans quelque mission que ce soit. Il ne cache jamais réellement son ravissement à l'idée de pouvoir un peu quitter les sables du désert pour découvrir d'autres contrées lointaines et Alméïde ne saurait l'en blâmer. Un peu réticente au départ à se faire accompagner dans certains déplacements, elle a su trouver en lui un agréable compagnon de voyage, discret et efficace, qui sait rester à sa place en toute circonstance. Comme à cet instant où la voltigeuse arrive et où il en profite pour prendre légèrement ses distances afin de ne pas imposer sa présence.

La femme qui lui fait face a certes bien hérité de son prénom et son franc parler la séduit immédiatement. Alméïde lui adresse un sourire sincère et acquiesce. « Je serais ravie de partager un repas en votre compagnie. J'espère que la présence d'Elias ne vous dérange pas ? Mon frère a insisté pour que je sois accompagnée, il n'est pas très rassuré depuis la brève disparition de Qasim. » Elle fait un geste en direction du garde qui l'accompagne et qui, à son tour, incline sobrement la tête en direction de la voltigeuse sans prononcer un mot.

« Je n'ai pas l'intention de vous importuner très longtemps. À vrai dire, je suis simplement venue vous remettre un message de la part d'Anthim et de son épouse. Je ne veux pas vous gêner si vous avez d'autres obligations ailleurs. » Toujours inquiète à l'idée de déranger la princesse, toujours à se faire aussi petite que possible pour ne pas être de trop et faire plaisir à ceux qui croisent son chemin. Elle serait pourtant honorée de pouvoir passer plus de temps en sa compagnie, en savoir plus sur elle et sur ce métier de voltigeuse qu'elle a toujours admiré de loin. Quel courage et quelle habilité il faut avoir pour parcourir les cieux sur le dos de ces magnifiques créatures !

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Lun 30 Mai - 0:52

Si la journée aurait pu être agréable, il n’en était rien, et Grâce était, une fois n’est pas coutume, pressée de rejoindre ses appartements, et de s’y délasser. Ou tout du moins de quitter la caserne, et d’espérer passer un reste de journée satisfaisant – elle ne goûtait guère de montrer l’exaspération fréquente qui naissait en elle, des suites de l’attitude ridicule et insensée de certains hommes bellifériens. Soupirant, elle s’assura que Corail était libre de ses mouvements, et s’apprêta à partir, jusqu’à ce qu’elle soit interrompue dans son cheminement physique aussi bien que de ses pensées, par une voix, une silhouette, qu’elle ne se serait pas attendue à voir ici. Elle jette un œil à l’homme derrière elle – il semble menaçant mais guère… hostile ? Est-ce seulement possible ? Il était évident que, par les entrainements qu’elle a du suivre pour être voltigeuse, Grâce savait manier une arme, voire plusieurs. Moins en combat rapproché, mais elle avait rapidement appris à se défendre, craignant par moment pour sa sécurité en Bellifère. Elle pouvait être un danger pour la femme qui lui faisait face, mais elle n’avait réellement aucune raison de l’être. Surtout pas quand celle-ci semblait douce et courtoise… mais il était dangereux pour elle de se trouver ici, bien qu’accompagnée d’un garde. Si on les prenait d’assaut… Mais il était inutile de penser à cela.

Se fendant d’une révérence et souriant légèrement, elle parla sans ambages mais avec un grand respect à la Princesse sans titre, l’invitant à s’éloigner de la Caserne – si un homme avait décidé de convier un de ses semblables à un moment de camaraderie avec les autres voltigeurs sans en être un lui-même, cela n’aurait posé que peu de problèmes, ou l’entorse au règlement aurait été vite oubliée. Si ça avait été elle, en revanche, il n’y avait aucune chance. Peu importait.

« Une sage précaution, si vous voulez mon avis. On n’est jamais trop sûr de rien, surtout dans un tel duché. Peu pourraient comprendre votre… liberté, dirons-nous. Quoi que votre statut puisse vous protéger, la prudence est malgré tout de mise en Bellifère. Pour une femme. Suivez-moi, en ce cas, j’achèterai une tourte et quelques fruits, que nous irons manger dans mon modeste appartement, tous les trois – si cela vous convient. Nous serions à l’abri des oreilles indiscrètes. Si tant est que cela doit être le cas. »

Prenant les devants, s’assurant malgré tout d’être suivie par l’intrigante princesse et son garde, elle les guida dans les ruelles d’Hacheclair, s’y repérant aisément maintenant. S’arrêtant le temps de faire quelques achats pour le repas, elle ne s’attarda pas plus que nécessaire, avant de les mener à ses appartements, et de se dérober pour les faire entrer.

« Veuillez excuser l’aspect très impersonnel des lieux… Mais entrez, et asseyez-vous, je vous en prie. Je vais mettre le couvert. Vous ne m’importunez pas, princesse, pas le moins du monde. Mes tâches pour la journée sont terminées, et vous êtes un imprévu bienvenu. »

Installant la table, elle proposa diverses boissons à ses invités, curieuse d’en savoir plus sur leur venue. « Je vous avoue être surprise qu’ils veuillent me transmettre un message. Surprise, et intriguée. »

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Dernière édition par Grâce Martel le Dim 12 Juin - 1:20, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Jeu 2 Juin - 2:55

La voltigeuse s'exprime avec aisance, sans s'embarrasser de mille précautions. Ses paroles sont fidèles à sa pensée et elles les partage sans peine avec la princesse qui acquiesce doucement, bien qu'elle n'en réalise pas vraiment la portée. Elle a du mal à comprendre à quel point il peut être dangereux pour elle se de retrouver ici, en tant que femme, même accompagnée. Dans son esprit, elle voit Bellifère comme un duché dur, très ancré dans des principes ancestraux et plus fermés qu'ailleurs mais peut-être pas à ce point. Elle est certainement naïve de penser que les mœurs ressemblent à celles d'Erebor où, à quelques détails près, la femme a tout autant de droits qu'un homme. Pour elle qui n'a jamais eu de problèmes à ce sujet, dont l'avis a toujours été entendu et dont les rêves ont sans cesse été encouragés, il est difficile de concevoir un tel monde. Alméïde n'est pas dupe néanmoins et l'avertissement de la voltigeuse ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. D'un regard, elle s'assure qu'Elias en ait bien saisi la teneur également puis reporte toute son attention sur la femme qu'elle est venue voir. Celle-ci ouvre alors la marche, les entraîne à travers la capitale, achetant ici et là ce dont elle a besoin. La princesse la suit docilement, son regard curieux se posant sur les alentours, demandant parfois un renseignement sur une devanture de magasin ou sur une échoppe qui attire son œil avisé. Les bellifériens ont peut-être des coutumes misogynes mais leur cité possède nombre de lieux attractifs. Peut-être y retournera-t-elle un jour plus longuement afin de palier à sa curiosité insatiable. Mais ce moment n'est pas encore venu et elle suit la jeune femme jusqu'à son appartement.

« Veuillez excuser l’aspect très impersonnel des lieux… Mais entrez, et asseyez-vous, je vous en prie. Je vais mettre le couvert. Vous ne m’importunez pas, princesse, pas le moins du monde. Mes tâches pour la journée sont terminées, et vous êtes un imprévu bienvenu. » Elle lui adresse un sourire cordial et observe un instant les lieux avant de prendre place à table, faisant signe à Elias d'en faire de même. Celui-ci s'exécute mais reste quelque peu en retrait tout de même, droit sur sa chaise et remerciant leur hôtesse pour les boissons bienvenues. Alméïde en fait de même.

« Je vous avoue être surprise qu’ils veuillent me transmettre un message. Surprise, et intriguée. » La princesse croise le regard de la voltigeuse et se retrouve à son tour surprise. « Vous êtes bien modeste. Après tout, vous avez sauvez leur fils, l'héritier d'Erebor, ce n'est pas rien. » Et son neveu qu'elle chérit tant. Alméïde adore chacun des enfants d'Anthim et elle veille sur eux régulièrement, avec tendresse et dévouement. Mais Qasim est le seul garçon, celui qui reprendra la place de son père dans plusieurs années et le fils de Sitara, cette jeune femme qu'elle a toujours apprécié pour sa douceur et sa générosité. Il a dont une place privilégiée dans son cœur.

« La tourte a l'air délicieuse. Poulet, c'est bien cela ? » demande-t-elle tandis que Grâce leur sert le repas et que les effluves se répandent dans la pièce, éveillant son appétit. Avant d'entamer sa part, Alméïde décide de ne pas la faire attendre plus longtemps. Elle sort de sa poche une enveloppe contenant un mot de la part de la sultane et des documents officiels, signés par Anthim. Elle la lui tend avec un sourire. « Voilà pour vous. Je n'ai pas lu la lettre, elle n'est adressée qu'à vous, mais les documents qui y sont joints sont le cadeau que mon frère et son épouse vous offrent pour avoir sauvé leur fils. Ils vous nomment sigisbée à la cour d'Erebor. Oui ça peut... paraître étrange, j'en conviens, ce titre n'étant d'ordinaire attribué qu'à des hommes. Des hommes proches du duc et qui veillent sur ses femmes et ses enfants, et donc en qui il a confiance. Ils ont pensé que ce rôle vous irait à merveille et je dois dire qu'ils n'ont pas tort. » La première femme recevant un tel titre, voilà qui devrait certainement lui faire plaisir. Elle lui adresse un sourire poli, observant attentivement sa réaction, un peu amusée par la surprise qui se lit dans les yeux de la voltigeuse. « À cela s'ajoute un humble domaine dans nos montagnes, rattaché à une mine d'agathe assez modeste. » Elle marque une pause et conclue : « En somme, de quoi vous remercier et vous signaler que vous serez éternellement la bienvenue en Erebor. » Plus que la bienvenue même. Après ce qu'elle a fait pour le couple ducal, ils lui seront à jamais reconnaissants.

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Dim 12 Juin - 1:51

Le trajet jusqu’à ses appartements fut assez rapide, malgré les quelques arrêts pour acheter des tourtes encore chaudes, et quelques fruits. Cela serait quelque peu frugal, mais suffisant, elle l’espérait. Elle aurait peut-être du prendre une pâtisserie dérivée des célèbres gâteaux à la noisette bellifériens. Oui, cela aurait été judicieux. Elle ne pouvait cependant lui imposer de ressortir, afin de les acheter. Elle pensait seulement à l’instant qu’elle aurait bien voulu les lui faire goûter – d’autant qu’il s’en trouvait à un étal très proche de chez elle.

« Princesse, une belliférienne et son mari font d’excellentes pâtisseries à la noisette, inspirés de nos renommés gâteaux à la noisette, et si je n’y ai guère pensé avant, il serait dommageable que je ne vous donne pas un aperçu de ces succulents desserts. Peut-être même pourrez-vous ramener ce qu’il reste à vos Duc et Duchesse, en guise de remerciement, face à leur sollicitude ? Si cela ne vous importune pas, que je m’absente pour aller chercher cela. »

Grâce attendait son assentiment, quand la princesse d’Erebor lui indiqua venir avec elle, pour voir de ses propres yeux ces délicieux mets, et peut-être même en choisir qu’elle ramènerait en Erebor, au lieu de prendre les restes de leur repas. Cela la gênait quelque peu, de la déranger pour son oubli, mais elle semblait tellement… gourmande devant les desserts qui se présentaient à elle, que la belliférienne ne put retenir un petit rire.

« Veuillez m’excuser, mais j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi émerveillé ici – bien que ces créations soient un délice. Choisissez celui qui vous fera le plus plaisir. »

Une fois l’emplette effectuée, les deux jeunes femmes et le garde remontèrent bien rapidement, et Grâce installait donc ses invités, avant de préparer le tout. Ce n’était pas bien compliqué, que de déballer des tourtes conservées dans un emballage pour maintenir leur chaleur, tout en conversant.

« Rien que je ne doive pas faire, en tant que voltigeuse au service d’Ibélène, Altesse. Il est de mon devoir, et mon honneur, de secourir ceux qui ne sont pas en mesure de le faire eux-même. Surtout quand ils sont prisonniers de manière si cruelle. Et quand ils sont si importants. Mais ne me jugez pas modeste, je suis extrêmement fière de ma fonction, de mon parcours, et de ma position pour le moins atypique. Je ne souhaite cependant pas abuser des bienfaits de vos duc et duchesse. »

Si seulement elle avait envisagé un seul instant ce qu’il en était. Elle sourit, s’installant à son tour en découpant la tourte en trois parts égales.

« Effectivement. Les parts sont plutôt grandes, mais vous pouvez bien évidemment les recouper, et surtout ne vous sentez pas de tout manger. »

Elle était de la petite noblesse, et aurait donc du savoir se comporter face à une princesse, mais elle n’avait pas réellement été éduquée en ce sens par ses parents – sa condition de femme suffisant à en faire un parti intéressant -, et les circonstances de cette rencontre étaient suffisamment particulières pour qu’elle hésite quant à l’attitude à adopter.

Elle attrapa l’enveloppe tendue par son interlocutrice, avant même de commencer à manger, curieuse et à la fois incertaine de devoir l’ouvrir. Il n’aurait pas réellement été convenable de lire le courrier, alors qu’elle n’était pas seule, par ailleurs. Elle manqua d’ailleurs de la laisser tomber au sol, en entendant les paroles d’Alméïde d’Erebor, prise de surprise.

« C’est... Un honneur immense, Altesse. Je ne manquerai pas de m’en montrer digne, et de veiller à votre sécurité, et à celles des vôtres, de toutes ces personnes importantes aux yeux de votre frère, de sa femme, et aux vôtres. Pardonnez mon… ignorance, mais dois-je prêter serment ? Effectuer une quelconque cérémonie ? Je dois vous paraître incroyablement naïve, mais je n’ai guère eu l’occasion de m’instruire sur vos coutumes et celle-ci m’est inconnue. Si un quelconque ouvrage peut me renseigner sur l’étendue de cela, soyez assurée que je m’instruirais convenablement. Et sachez que je suis extrêmement touchée et reconnaissante de votre bonté. Je ne manquerai pas de découvrir ce domaine qui est, j’en suis sûre, splendide, de même que la mine d’agathe attenante. Votre frère, sa femme et vous êtes d’une grande générosité, Altesse. Je ne l’oublierais pas. Sachez que ma fidélité vous est acquise, bien que je ne sois pas réellement, ou pas exclusivement étant donné ce présent que vous me faites, sujet de votre contrée. »

Elle s’arrêta un instant, cherchant comment poursuivre.

« Sachez que je suis, en plus d’être reconnaissante, honorée, et que je ne manquerai pas de faire honneur à ce titre que vous m’accordez. Quant à cette lettre, soyez assurée que j’y répondrais, et remercierais personnellement votre Duchesse. Je viendrais, si je le peux, vous rendre visite promptement, pour les remercier en personne. »

La surprise et le ferme conviction que Grâce mettait dans ses paroles ne passaient assurément pas inaperçues, mais elle ne cherchait à dissimuler aucune facette de toutes les émotions qui la prenaient. Elle était franche et entière, et le resterait.

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Mar 14 Juin - 2:05

Avant de s'être réellement installée, son hôtesse lui fait part de son oubli concernant le dessert. Sa proposition d'en ramener au couple ducal est sans nul doute très judicieuse. Alméïde acquiesce, mais elle ne s'arrête pas là ; elle se propose de l'accompagner afin de choisir elle-même les pâtisseries et gâteaux à ramener au palais. Sortir à nouveau ne la dérange pas. À vrai dire, sa curiosité n'est jamais réellement rassasiée et lorsqu'elle se rend dans un duché qu'elle ne connaît que peu, elle se retrouve comme une enfant à vouloir en découvrir chaque lieu, chaque détail. C'est cette curiosité sans limites qui fait d'elle une amoureuse des sciences et elle se plaît à aller chercher encore et encore les réponses à ses questions, même les plus futiles ou insolites. Dans ces cas-là, elle peut rester des heures dans la bibliothèque du palais, jusqu'à ce que domestique vienne lui rappeler l'heure du repas, qu'elle risquerait de manquer autrement. Et là encore, elle dévore du regard les lieux, bien que son excitation ne transparaisse que par instants, trop réservée pour exulter ainsi en compagnie d'une femme qu'elle connaît à peine, au milieu des passants bellifériens qui l'observent déjà d'un regard suspicieux. Non, elle reste tranquille la princesse, s'accordant quelques remarques enjouée lorsqu'on lui présente le choix de pâtisseries.

« Veuillez m’excuser, mais j’ai rarement vu quelqu’un d’aussi émerveillé ici – bien que ces créations soient un délice. Choisissez celui qui vous fera le plus plaisir. » Elle ne s'offusque pas Alméïde, elle a bien conscience d'être parfois encore bien candide sur certains sujets alors qu'elle peut se révéler bien trop mature pour d'autres. « Tout ça a l'air délicieux, en effet. » Et elle désigne d'un geste l'un des gâteaux aux noisettes, spécialité qu'elle ne peut ignorer et qu'elle a très envie de goûter. Celui-ci est soigneusement emballé et elle remercie chaleureusement les artisans ainsi que la voltigeuse avant de la raccompagner jusqu'à son appartement où elles s'installent pour discuter. Le ton y est cordial, plutôt léger. La princesse se sent plus à l'aise qu'elle ne l'avait envisagé, elle qui peine parfois à se détendre en compagnie de personnes qui lui sont inconnues. La jeune femme est néanmoins quelqu'un de fort agréable qui élude ses compliments, les chassant presque négligemment, comme l'on chasserait une mouche opportune d'un simple geste de la main. Les quelques paroles prononcées sur son devoir et ses fonctions ne font qu'accentuer l'estime qu'elle a déjà pour cette femme au courage indéniable. Et Alméïde ne se sent pas l'âme de la contredire. Le fait est que le geste accompli était brave et que les têtes couronnées d'Erebor lui sont profondément reconnaissants.

La tourte est découpée et distribuée dans les plats. L'odeur lui met l'eau à la bouche et elle aimerait en profiter pleinement ; elle décide donc de faire part de son présent à la voltigeuse. Celle-ci semble plus que surprise et c'est compréhensible. C'est pourtant une récompense digne de son geste et elle mérite amplement cette attention, quoi qu'elle en dise. Elle échange un regard avec le garde qui l'accompagne, lui-même également amusé par les émotions fortes éprouvées par leur hôtesse.

« Ils seront certainement ravis de vous rencontrer en personne, je ne manquerai pas de leur en faire part. C'est par un malheureux concours de circonstances qu'ils n'ont pas pu être présents aujourd'hui, ils ont fort à faire en ce moment. » Et Alméïde était très heureuse de se charger de cette mission en leur nom, honorée même. Elle aussi était soulagée de savoir son neveu en vie.

« Il n'y a pas de cérémonie particulière non. En acceptant votre domaine, vous prêtez d'office serment à la couronne Erebienne. Vous avez la possibilité d'en prendre le nom, vous en toucherez les revenus et payerez les taxes qui y sont liées bien entendu. » Alméïde marque une courte pause, réfléchissant aux détails concernant les sigisbées. « En tant que sigisbée, le même serment est fait à l'égard d'Erebor. En principe, vous n'avez rien de plus à faire que de confirmer tout cela par écrit, mais si vous désirez de la documentation à ce sujet avant de prendre votre décision, j'en ferai part à nos hommes de loi, ils sauront vous renseigner mieux que moi, je n'ai aucun doute à ce sujet. » Elle lui adresse un sourire conciliant ; les pratiques et coutumes d'un duché étranger sont toujours troublantes, lorsqu'on les découvre. Celles d'Erebor doivent paraître surprenantes pour une femme de Bellièfre. Néanmoins, elle espère que Grâce y trouvera son compte. En attendant, elle pique un morceau de tourte qu'elle trouve succulente.

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Ven 17 Juin - 1:53

Il est étrange pour Grâce de voir cette Princesse si expansive – elle ne fréquente que peu, voire pas, de femmes, en dehors de Marianne et de Freyja ainsi que quelques exceptions, et certainement pas des femmes expansives de manière aussi… attendrissante. Car oui, émerveillée comme elle l’est, elle est réellement mignonne. Il n’en faut pas beaucoup plus, à Grâce, pour se dire qu’elle pourrait apprécier la jeune femme qui est venue la voir. Mais elle est quand même bien curieuse, quant aux raisons de sa visite. Elles lui ont été exposées brièvement et, si elle est persuadée que ça n’est guère mérité car elle ne faisait que son devoir, elle est malgré tout curieuse – et intriguée. Elle ne presse pour autant pas son invitée. Si elle est franche, elle n’est pas malpolie ni impatience, aussi la laisse-t-elle observer, puis choisir, avant de régler tout cela.

« J’espère que vous l’apprécierez – ça n’est pas une spécialité de notre duché pour rien, d’autant que ceux-là sont parmi les meilleurs que j’ai mangé. Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs, je gage que vous voudriez avant cela goûter la tourte. »

Elle est interrompue dans son geste de proposer une boisson à la Dame à ses côtés et à son garde, qui est convié à table s’il le souhaite malgré le manque de soucis des convenances que cela peut indiquer, bien trop stupéfaite par l’ampleur des actes du duc, de la duchesse et de la princesse, en vertu de la survie de leur neveu. Nulle trace d’orgueil, cette fois, sur le visage de Grâce. Uniquement de la reconnaissance, et une réelle émotion, de les savoir si généreux. Ils sont peut-être dans l’excès, mais ils doivent être justes, envers leurs sujets.

« Je ne mérite assurément pas une visite ducale, et leur geste est déjà très grand, princesse. Mais je serai honorée de pouvoir personnellement les remercier, en effet. Et de vous recevoir. Elle hoche la tête, sobrement, en l’entendant. Bien évidemment. Je ne vous ferai pas l’offense de refuser un présent si généreux, que ce soit à votre frère, son épouse ou à vous, mais je serai malgré tout désireuse de tout ce que vous pouvez me transmettre, afin de ne pas risquer de commettre le moindre impair. »

Et surtout, par désir de s’instruire davantage encore. Elle ne l’était que grâce à Freyja, et à quelques ouvrages qu’elle avait pu se procurer, mais ses connaissances étaient sommaires. Elle ne prétendait pas à l’érudition, mais quelques connaissances minimes ne seraient pas de trop. Pensive, elle commença à manger, incertaine de remercier suffisamment pour l’honneur qui lui était fait.

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Dim 19 Juin - 19:07

Elle se sent plutôt à l'aise, la princesse. Fait à signaler car plutôt rare lorsqu'elle se rend ainsi chez des inconnus, mais la voltigeuse lui inspire une confiance certaine et elle l'apprécie déjà pour le peu qu'elle sait d'elle. Seule voltigeuse de ce duché aux mœurs si fermées, seule femme à pouvoir arborer ce titre la tête haute, esquivant les remarques de ces homologues masculins. C'est son attitude, plus que tout, qui lui plaît à Alméïde. Femme forte, au franc-parler surprenant et qui n'a pas froid aux yeux ; tout le contraire d'elle qui est bien trop timide pour oser s'exprimer quand bon lui semble sans craindre des représailles. Elle aimerait être plus comme cette voltigeuse, oh comme elle l'aimerait. Tout comme Mélusine et Mélisende, qui revendiquent haut et fort leur statut de femme indépendante, tout comme sa défunte mère, originaire d'une tribu des sables, sauvage et aimante à la fois, qui ne se laissait pas faire. Elle n'est pas comme ça, la princesse sans couronne. Elle reste sage et discrète, dans son coin, sans faire de vagues, bien que ses conseils soient valorisés auprès d'Anthim.

Attentive, elle prête l'oreille aux paroles de Grâce qui se montre très perspicace en demandant de la documentation au sujet de son présent. Sa prudence est honorable et Alméïde saura satisfaire à sa requête. « Je comprends parfaitement. Ce sera fait sans fautes à mon retour à Vivedune, vous devriez recevoir tout cela dans les jours qui suivent. » Rien ne presse après tout. « Peut-être voudriez-vous visiter votre domaine également, avant de prendre votre décision ? » demande-t-elle avec sagesse. Si c'est le cas, elle pourrait faire parvenir un courrier aux gens du domaine afin de se tenir prêts et de préparer une visite adéquate pour leur nouvelle propriétaire. Nul doute que c'est un endroit agréable, on lui en a dit beaucoup de bien. Elle espère que Grâce sera du même avis.

Sans se presser, Alméïde savoure le repas qui lui a été généreusement offert. L'humble appartement n'est pas aussi grand que ce à quoi elle est habituée mais elle s'en accommode très bien, ravie d'avoir un peu d'intimité avec celle qu'elle est venue voir afin de discuter librement et en toute discrétion. Curieuse, il y a d'ailleurs une question qui brûle ses lèvres. « J'ai cru comprendre que vous étiez l'unique voltigeuse de votre duché. N'est-ce pas une position difficile parfois ? »

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Mar 21 Juin - 3:40

Contrairement à ses habitudes, Grâce marchait quelque peu sur des brasiers ardents, quand la princesse sans couronne l’avait approchée. Non pas qu’elle soit intimidée, mais elle était incertaine du mérite qu’elle avait, de se voir ainsi remerciée par la famille ducale d’Erebor – avant même de savoir ce en quoi consistait sa récompense. Non pas parce qu’elle niait son intervention dans le sauvetage du prince Qasim, mais davantage parce qu’elle ne faisait que remplir ses fonctions. Elle n’allait pas nier, toutefois, apprécier qu’elles soient, pour une fois, reconnues. C’était chose inexistante en Bellifère, que de reconnaître ses mérites, elle qui se battait ardemment pour conserver sa place et ne pas céder face aux bellâtres qui auraient préféré la voir immobilisée à vie et ramenée auprès de son mari, comme pouliche, plutôt que de la voir voltiger à leur côté en égale – car c’était ça, qui leur faisait le plus mal, après tout, qu’un être inférieur comme elle puisse avoir été choisie par un griffon, et s’élever à leur niveau. Et c’était ce qui lui donnait la force de continuer et, surtout de garder la tête haute, le port altier et fier, quand beaucoup aurait déjà courbé la tête.

Mais ce n’était guère le moment que de se féliciter en son fort intérieur, de ses décisions et de son inflexibilité. Elle ne pourrait expliquer cela à Alméïde d’Erebor, si cette dernière la questionnait sur ses pensées. Ou du moins, cela ne serait guère convenable. Et si, bien souvent, Grâce faisait fi des convenances – preuve en était de sa place de voltigeuse en Bellifère -, elle savait aussi quand il convenait de les respecter. D’autant plus face à quelqu’un qui ne semblait pas la juger pour ses choix de vie. « Je vous remercie, Princesse. Vous devez cependant avoir fort à faire – si cela doit attendre quelques temps, ne vous en inquiétez donc pas. Et ce serait un grand plaisir, que de visiter le domaine, en effet. Bien que, comme je vous l’ai dit, il serait fort délicat et désagréable, de ma part, de le refuser. Ça n’est pas là mon propos, en vous demandant tout cela. Simplement être au fait de l’étendue de la générosité dont vous, votre frère et sa femme faites preuve. Soyez assurée de ma reconnaissance, bien que je comprenne vos motivations. »

Oui, Grâce avait bien des défauts, mais pas celui d’être ingrate, ou de penser que tout lui était dû. À dire vrai, elle s’était tellement battue pour obtenir les rares choses qui lui appartenaient qu’elle savait bien que ça n’était pas le cas. Bien au contraire, à vrai dire. Elle se considérait extrêmement changeuse, de l’intérêt qu’Ermengarde de Bellifère avait manifesté pour elle en lui conférant des terres, de la curiosité, aussi, d’Augustus et de Sixtine d’Ibélène, qui avaient tout deux souhaité la rencontrer – bien que cela ne doive pas arriver avant quelques temps, pour la Princesse.

Oui, elle était bien lotie, considérant ses actes condamnés dans tout le duché. Et c’était celui qui lui permettait le confort dont elle bénéficiait dans son appartement – il restait assez sobre, mais lui convenait parfaitement. Elle ne prétendait pas au luxe, mais bien à la tranquillité, quand elle s’y réfugiait. Tranquillité qui n’était, étrangement, pas troublée par son invitée, alors que Grâce était relativement peu habituée à recevoir ici. Dégustant la tourte, délicieuse à vrai, elle sourit à la princesse à sa question.

« Prétendre que c’est facile serait un mensonge, et je ne vous ferai pas cet affront. Les hommes de l’escadron sont, de toute évidence, peu ouverts à ma présence parmi eux – sans doute se sentent-ils menacés dans ce qui fait un homme fort de Bellifère, devant lequel doivent tomber en pamoison toutes les dames. Mais plus que les difficultés qu’ils m’opposent, mon envie de vivre comme je l’entends prends le dessus, et je fais avec leurs traitements. Je ne peux malgré tout pas vivre comme le font les voltigeuses des autres duchés – il est, par exemple, impensable d’envisager loger à la Caserne, où je ne suis pas la bienvenue. Mais ces appartements, quoi que petits, me conviennent très bien malgré tout. Je n’ai jamais rencontré la duchesse Ermengarde, mais elle fait preuve de grandes générosités avec moi, augmentant ainsi mon solde de Voltigeuse, déjà conséquent du fait de mes années au sein du Vol. Mais je ne devrais sans doute pas vous faire part de détails si peu intéressants. »

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Mer 22 Juin - 2:47

Alméïde s'est souvent demandé quel effet ça faisait d'être voltigeur, de s'élever ainsi au-dessus du sol et de tournoyer dans les airs avec ces sublimes créatures. Elle les voit souvent dans le ciel de Vivedune, elle aperçoit leurs plumes chatoyantes et les acrobaties aériennes de ceux qui possèdent un lien si étroit avec leur monture. La princesse aime sa vie, tous les avantages que comportent un quotidien au palais ducal d'Erebor et tout ce qu'elle a pu accomplir depuis des années. Mais parfois, elle doit bien l'admettre, elle songe aux possibilités qu'aurait pu lui offrir une existence sans responsabilités. Non qu'elle soit très aventureuse, l'Erebienne, mais elle possède une curiosité insatiable sur le monde qui l'entoure. En bonne femme de sciences, elle se pose sans cesse des questions sur tout et elle ne serait pas contre visiter les différents duchés d'Arven un peu plus souvent. Elle a le sens des responsabilités néanmoins et elle sait que sa place est en Erebor, auprès de son frère. Elle ne le regrette aucunement Alméïde ; elle aime ce palais où elle a grandi, elle aime ce duché de sable et de roche. Par dessus tout, elle aime ces dunes qui résonnent des chants barbares et les oasis qui regorgent de merveilles. Et quelque part, elle espère sincèrement que la voltigeuse l'aimera elle aussi, ce duché somptueux qui fait sa fierté. Elle semble déjà prête à l'accepter et l'idée ravit la princesse à qui il tarde déjà de pouvoir la compter parmi les siens.

« Bien entendu, je comprends tout à fait ce que vous voulez dire. Je pense que je serais moi-même désireuse d'en savoir plus si l'on me faisait un tel cadeau. Mais ne vous en faites pas pour moi, je saurai trouver le temps de m'occuper de tout cela une fois rentrée, ça ne me dérange pas. En fait, ça me fait plaisir. » Sincèrement plaisir, même. Après tout, elle ne le répétera jamais assez, mais elle a sauvé son neveu qu'elle aime tant. Jamais elle n'aurait pu supporter d'apercevoir le chagrin dans les yeux d'Anthim et de Sitara si le prince héritier n'avait pas été retrouvé. Devoir ou non, elle a accompli un geste dont la couronne d'Erebor lui sera à jamais reconnaissante.

Mais plus que lui faire plaisir, Alméïde désire en savoir un peu plus sur elle et sur sa situation. C'est peu commun, après tout, d'être à la fois une femme et voltigeur en Bellifère. C'est même extrêmement rare. Elle porte un intérêt tout particulier à ses explications, d'autant plus qu'elles ont le mérite d'êtres franches, sans qu'elle ne cherche à les enrober de miel. Le comportement de ses homologues masculins est affligeant pour la princesse qui a l'habitude d'être traitée avec respect, y compris par les hommes. Non pas uniquement pour son statut de princesse, mais également celui de médecin qu'elle porte avec fierté. En revanche, elle admire grandement le geste de la duchesse de Bellifère qui montre une certaine clairvoyance en soutenant ainsi la seule voltigeuse de son duché.

« Vous ne m'ennuyez pas du tout, si c'est ce que vous craignez. » la rassure-t-elle en esquissant un mince sourire. « Ce qu'il se passe chez nos voisins m'intéresse énormément et je dois dire que le comportement de vos collègues me contrarie, ce n'est pas digne de leur fonction. Mais, entre nous... ce n'est que mon avis. » Et un avis qu'elle se permet de partager avec son hôtesse uniquement parce que celle-ci se montre d'une honnêteté troublante depuis le départ et que la princesse désire en faire de même. Elle reste prudente néanmoins, reste raisonnable dans ses propos, ne s'engage par sur ce terrain glissant. Il serait mal vu qu'on dise que la princesse d'Erebor critique les us et coutumes de son voisin. « Avez-vous déjà songé à être affectée ailleurs ? Vous y serez peut-être plus à l'aise dans vos fonctions. »

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Jeu 30 Juin - 21:05

Cacher qu’elle avait été surprise, qu’elle était toujours surprise, serait mentir. Encore plus, après que la princesse face à elle lui ait dévoilé ce que les duc et duchesse d’Erebor lui offraient en récompense. Elle n’avait pas douté de leur inquiétude et de leur reconnaissance, quand elle avait ramené leur enfant, mais c’était quand même… conséquent. Réellement. Exagéré, peut-être même. Mais qui était-elle pour juger ? Sa famille n’avait jamais eu autant de moyens, et elle était loin d’avoir vécu aussi richement. Une femme, de toute façon, n’avait pas besoin d’autant de richesses, en Bellifère. Elle vivait de manière que l’on pouvait qualifier de peu couteuse, aujourd’hui encore. Elle n’avait pas besoin de tout ce faste, et sans doute était-ce pour ça qu’elle ne comprenait pas réellement ce geste. Mais elle était profondément touchée, malgré tout, et reconnaissante. Elle avait fait son devoir et n’espérait absolument pas en retirer un tel gain, mais que l’on éprouve à sa juste valeur ce qu’elle avait fait était plus que ce qu’elle avait eu, toutes ces années durant. Bien plus.

Plusieurs questions se posaient, cependant. Si elle n’avait été que l’instrument de son père puis de son mari, des années durant, ça n’était plus le cas. Bien loin de là, même. « Je vous en remercie, princesse. Tous ne se dérangeraient pas ainsi – et peu ferait preuve d’autant de bonté que vous, votre duchesse et votre duc. Je suis votre obligée. Une autre question se pose, toutefois. Et j’espère ne pas vous importuner, avec tout cela, alors que vous me faites un gain inestimable. Elle lui adressa un léger sourire d’excuse, avant de poursuivre. Si je peux vous assurer de faire au mieux pour ne pas faillir au serment que je vous ferai en devenant votre sujette, vous assurer aussi d’obéir fidèlement à la position de sigisbée dont vous m’honorez, rien de cela ne peut outrepasser mes obligations de voltigeuse. Je ne souhaite nullement vous froisser, ni sous-estimer votre intelligence ou le détail que vous avez apporté avant de me confier tout cela, mais il me semble crucial d’évoquer cela. »

Il suffisait qu’elle lui dise que l’un et l’autre n’étaient pas compatibles, et la fière belliférienne refuserait le présent, dusse-t-elle froisser la couronne erebienne. Elle n’était pas ingrate, mais rien ne lui ferait renoncer à cette vocation qui s’était imposée à elle, alors même qu’elle ne s’y attendait pas. Corail était sienne, tout autant que Grâce était à Corail, et elles étaient l’une et l’autre indispensables à leur équilibre mutuel. Rien, pas même ses enfants ou qui que ce soit, ne comptait plus aux yeux de Grâce que sa position de voltigeuse. Sans doute était-ce perceptible, alors qu’elle évoquait son quotidien à Hacheclair et au sein de son escadron. Peu importait les mauvais traitements, elle ne cèderait pas à cela.

« Sans doute n’est-il pas correct que je vous avoue de telles choses – mais il en est ainsi, et la place des femmes dans mon duché n’est pas plus aisé. L’avantage que j’ai est de n’avoir pas hésité avant de m’opposer à cette vie qui m’était imposée. Si je dois faire de tels sacrifices, alors cela m’importe peu. Qu’ils voient que je ne ploie pas devant leur prétendue suprématie. Je ne cèderai pas. »

Un sourire orna les lèvres de Grâce, à la question de l’erebienne. Pas moqueur, simplement amusé. Et trahissant son orgueil, peut-être. « Jamais sérieusement. Je suis très probablement trop obstinée, et trop fière, mais je refuse de faire aux autres voltigeurs de Bellifère le plaisir de changer d’affectation car ils rendent ma vie difficile. J’ai, et cela peut me jouer des tours j’en suis consciente, bien trop d’orgueil pour cela. Et il est difficile de changer de Vol, à vrai dire. Si j’avais été affectée préalablement ailleurs, peut-être, étant donné que nulle femme n’est acceptée dans le vol de Bellifère. Peu sont les bellifériennes qui s’émancipent, en fait. Mais j’y réfléchis, quelques fois. Même si rien ne le justifierait – chacun, hormis en cas de promotion impossible dans son vol actuel, est affecté à son duché d’origine. Et m’opposant ainsi à mes supérieurs, il est fort peu probable que je ne sois promue – sans quoi je l’aurai déjà été. »

Oui, c’était là la vérité brute et peut-être inattendue pour la femme qui lui faisait face. Mais elle lui avait dit trouver indigne le comportement des autres voltigeurs, était-ce nécessaire de le lui cacher ?

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Sam 2 Juil - 16:29

Comme toujours, elle apprécie son franc-parler et la déférence dont elle fait preuve à son égard, elle qui n'a aucune légitimité ici, à l'extérieur des frontières d'Erebor. Alméïde lui offre un sourire sincère et rassurant, hochant la tête avec sérieux lorsque la voltigeuse fait part de ses quelques doutes. « N'ayez crainte, votre devoir passe avant tout et c'est bien normal. Nous serions bien chagrinés de priver les voltigeurs d'un de leurs membres les plus talentueux. » Si le titre est un honneur, il n'est évidemment pas une priorité dans son cas. Mais certainement que leurs hommes de lois sauront mieux la renseigner à ce sujet qu'elle ne le fait à l'instant, de façon bien sommaire. Son domaine de prédilection, c'est la médecine, les soins, le corps humain. Elle connaît l'étiquette, la diplomatie, quelques bribes de politique pour avoir longtemps prêté une oreille attentive à Anthim, non seulement duc mais également féru d'histoire. Ce n'est néanmoins pas un sujet qui la passionne outre mesure.

La princesse préfère largement en savoir plus sur son hôtesse et ce qu'elle entend éveille son intérêt. Elle a parfois du mal à comprendre ses voisins de Bellifère. Très souvent même. À vrai dire, elle n'arrive pas à saisir pleinement l'absurdité de leurs mœurs. Après tout, il y a bien longtemps, ce duché n'était pas aussi fermé quant à la position de la femme, loin de là ! Les ducs et duchesses de l'époque seraient horrifiés de voir comment leur belle demeure a évolué, encore plus de voir qu'une femme, aussi douée soit-elle, puisse être ainsi tournée en ridicule pour la seule raison que ses organes génitaux ne pendent pas entre ses jambes. C'est bien malheureux tout de même. D'autant plus que Grâce semble être un très bon élément parmi les voltigeurs mais qu'elle n'a pas l'air appréciée à sa juste valeur. Alméïde est touchée par cette situation délicate et elle aurait bien voulu y faire quelque chose. Mais elle n'est que la princesse des dunes, une bâtarde parmi les autres aux yeux des autres duchés et une femme de surcroît, ce qui n'attirerait aucunement la sympathie de Bellifère, bien que sa duchesse semble être plus sage que son successeur, si l'on en croit les rumeurs. Et puis, elle s'est déjà vu offrir un domaine en Erebor, ce qui lui offre une porte de sortie si la situation devient trop pesante et que ça devient trop difficile à supporter. Elle ne peut pas faire plus que ça, la princesse. Elle admire néanmoins la ténacité de cette femme qui doit se battre jour après jour pour garder sa place.

« Je vous trouve bien courageuse de tenir bon ainsi. J'espère que votre exemple poussera d'autres jeunes femmes à s'engager sur cette voie et montrera à ceux qui doutent encore qu'il n'y a aucun mal à ça. » Elle ne peut qu'espérer très fort, Alméïde. Elle n'est de toute manière pas en position de changer quoi que ce soit. Pour son plus grand malheur. Elle boit quelques gorgées d'eau, laissant son regard voguer sur la pièce avant de le poser à nouveau sur Grâce. « Pourquoi vous être dirigée vers la voltige d'ailleurs ? » Elle marque une pause puis se reprend, un peu embarrassée. « Pardonnez-moi, je suis indiscrète. Veuillez m'arrêter si mes questions vous importunent. » Mais elle est curieuse la princesse et elle se sent assez à l'aise pour demander sans se sentir trop invasive. Du moins jusqu'à présent.

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Sam 30 Juil - 21:27

Un léger sourire passe sur ses lèvres, à entendre la princesse d’Erebor, sa future princesse, et elle se laisse aller à un léger rire. Non pas moqueur, pas envers Alméïde d’Erebor du moins, mais envers les imbéciles belliferiens, qui ne pensaient pas qu’une femme pouvait les égaler. Elle n’exprima toutefois pas davantage son avis à ce sujet, il ne convenait pas réellement de s’y appesantir. « Je doute que tous pensent comme vous, mais il est agréable que vous soyez de cet avis, je vous en remercie. » Pas de fausse modestie, peut-être un peu de fierté voire d’arrogance, mais sans elles, Grâce ne serait pas à l’endroit où elle se trouve, et elle ne s’en cache pas. Elle est ainsi, et restera fidèle à celle qu’elle est. N’en déplaise aux bien-pensants, ou à ceux que ça dérange. Elle appréciait cependant grandement que la jeune femme en face d’elle n’envisage guère l’obliger à faillir à ses obligations professionnelles, malgré son engagement futur envers eux.

C’est donc un sourire très sincère, qu’elle lui adresse. Bien plus qu’elle n’y est habituée, en nombre de circonstances. C’est à vrai dire appréciable, de ne pas avoir à dissimuler ses convictions ou à être sur ses gardes. Elle a beau ne pas connaître réellement son invitée, ce qui pourra peut-être changer un jour, elle la sent honnête et peu à même de la juger. Ou pas en excès. Ou peut-être favorablement. Elle ne s’arrêterait pas à une énième critique de ses choix et décisions, sans quoi elle n’en serait pas là, mais elle ne les prisait pas pour autant.

« Cela serait un grand plaisir pour moi – mais les mentalités, si elles devaient changer, prendraient fort longtemps à le faire. Je ne m’effacerai pas, quoi qu’il en soit. Quelle que soit la pression. Non, il n’en serait pas autrement. Une impulsion. Cela peut sembler léger, mais c’est le cas. Et ce fut l’impulsion la meilleure que j’ai eu, de toute ma vie. Vous ne m’importunez guère, Princesse. À vrai dire, j’apprécierai poursuivre cette discussion, mais ma griffonne me réclame. Souhaiteriez-vous venir la voir avec moi ? Elle se trouve près d’une faille rocheuse, et si le paysage est surprenant, il est, à sa manière, beau. »

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Message Sujet: Re: Le prix d'une vie | Grâce   Dim 31 Juil - 5:26

« Je doute que tous pensent comme vous, mais il est agréable que vous soyez de cet avis, je vous en remercie. » Elle incline doucement la tête, un sourire amusé dessiné sur les lèvres. Il est bien naturel qu'elle pense de cette manière, elle qui dont la sœur s'est dirigée vers la voltige. La sœur de Sitara également d'ailleurs. Les femmes dans ce corps de métier ne sont ni rares, ni moins compétentes que leurs camarades masculins et l'absurdité des coutumes bellifériennes la frappe à nouveau tant elle a du mal à s'y faire. Il est bien malheureuse qu'un bon élément tel que Grâce soit ainsi dénigré pour une simple différence qu'elle n'a pas demandée.

« Cela serait un grand plaisir pour moi – mais les mentalités, si elles devaient changer, prendraient fort longtemps à le faire. Je ne m’effacerai pas, quoi qu’il en soit. Quelle que soit la pression. Une impulsion. Cela peut sembler léger, mais c’est le cas. Et ce fut l’impulsion la meilleure que j’ai eu, de toute ma vie. Vous ne m’importunez guère, Princesse. À vrai dire, j’apprécierai poursuivre cette discussion, mais ma griffonne me réclame. Souhaiteriez-vous venir la voir avec moi ? Elle se trouve près d’une faille rocheuse, et si le paysage est surprenant, il est, à sa manière, beau. » Alméïde acquiesce, les yeux brillant d'un intérêt qu'elle peine à dissimuler. Heureuse d'en avoir appris un peu plus sur la femme qui sa délivré son neveu des mains des pirates, elle est soudain impatiente de découvrir son compagnon de vol, celui qui l'a aidée dans la manœuvre. « Avec grand plaisir. » répond-elle sans chercher à cacher son engouement et cette curiosité enfantine qui s'empare d'elle parfois. Elle se lève alors pour la suivre, portant son regard sur Elias qui en fait de même sans mot dire après avoir reposé son verre sur la table.

La princesse sans couronne emboîte le pas de la voltigeuse et nouvelle sujette de son duché. Il ne leur faut pas beaucoup de temps pour parvenir à son griffon qu'elle remercie à son tour et qui, à son plus grand plaisir, accepte une caresse de sa part le long de ses plumes soyeuses. Alméïde passe encore un peu de temps auprès de Grâce et de Corail, puis vient le moment pour elle de repartir. Et pour la voltigeuse, de retourner à son poste.

« Je vous remercie pour votre accueil ainsi que pour le gâteau, je suis certaine que mon frère et son épouse apprécieront. » dit-elle en la saluant d'un signe de tête respectueux. « J'espère que nos routes se recroiseront très bientôt. En attendant, puissiez vous continuer à leur en mettre plein la vue. » Elle ne précise pas plus sa pensée, ce n'est pas nécessaire. Et sur ces dernières paroles, elle s'éloigne en compagnie d'Elias pour retrouver les quelques représentants de la guilde des Mages de la capitale afin de prendre le portail en sens inverse.


▬ FIN DU RP ▬

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To see a world in a grain of sand and heaven in a wild flower. Hold infinity in the palms of your hand and eternity in an hour.
William Blake


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