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 Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine

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Message Sujet: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Mar 10 Mai - 22:23


Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Mélusine De Séverac & Mayeul de Vifesprit

Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds

Ou comment une rencontre au détour d'un couloir peut éclairer votre journée.



• Date : 06 avril 1001
• Statut du RP : Privé - Terminé
• Résumé : Après une journée passablement mauvaise, la jolie Mélusine semble être la personne idéale pour se changer les idées. En tout bien tout honneur, évidemment.



Dernière édition par Mayeul de Vifesprit le Dim 25 Sep - 14:20, édité 4 fois
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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Mar 10 Mai - 22:26

La journée avait été une catastrophe. Sincèrement. Ca avait commencé dès le matin, lorsqu’il s’était présenté en retard à l’entraînement -encore- en faisant de son mieux pour paraître concentré, lucide et non affligé d’un énorme mal de tête, aussi appelé gueule de bois. Ca n’avait pas marché, sans doute puisque suite à un mouvement maintes fois répété, et donc en théorie maîtrisé, il avait glissé et rencontré le sol un peu brutalement. Et encore, ça aurait pû être pire, Nuage l’ayant rattrapé de justesse. N’empêche que cela faisait mal, et qu’il aurait sans doute un joli bleu en récompense. Ce n’était pas la seule récompense, d’ailleurs, puisqu’il avait écopé d’un entraînement spécial durant toute la semaine, au lever du soleil, histoire de «se réveiller un peu». Jolie formulation, qui impliquait sans doute un tas de choses moins jolies, se lever aux aurores étant déjà désagréable en soi.
Et comme si ça ne suffisait pas, son père l’avait attendu à la fin de l’entraînement pour l’entraîner au palais ducal, pour un entretien avec l’intendant des cuisines ou il ne savait trop qui. Il avait écouté, honnêtement, mais était trop fatigué pour essayer de s’en rappeler. Il avait à peine eut le temps de se baigner et de se changer avant de s’y rendre, se préparant à écouter le bavardage des deux hommes sur un sujet qui était loin de le passionner. Il avait du mal à comprendre, d’ailleurs, pourquoi son père tenait absolument à sa présence, jusqu’à ce que ce dernier lui demande de mettre bien en évidence l’emblème des Voltigeurs sur sa cape. Impressionner, alors. D’accord.

Il avait essayé d’écouter les deux hommes parler prix, qualités, quantités, discuter de l’opportunité de mettre à disposition du Duc et de ses invités les liqueurs de Vifesprit. Promis, il avait essayé. Mais il était tout simplement trop fatigué après l’entraînement pour s’en soucier, et il avait besoin de se changer les idées après cette journée qui était décidément horrible. Prétextant la nécessité de prendre l’air, il s’était excusé et les deux hommes l’avait laissé partir sans même un regard, tout à leur transaction.
Du coup, le Voltigeur s’était éclipsé dans les couloirs du palais, arpentant les corridors sans être inquiété. Il ne connaissait pas l’endroit aussi bien qu’il semblait le faire, mais il avait vite appris qu’un pas décidé et un air déterminé laisse penser aux gens que vous avez une bonne raison de faire ce que vous faites. Que ce soit vrai ou pas, d’ailleurs. De toute façon, en ce début de soirée, les couloirs étaient remplis de monde, et cela donna l’occasion à Mayeul de se détendre un peu. Il aimait observer les gens, leurs échanges, leurs expressions, il aimait sentir le monde bouger autour de lui, depuis tout petit. Sans doute parce que sa tenue le désignait sans difficulté comme étant Voltigeur -son père s’en était assuré-, personne ne lui demanda rien, lui laissait le loisir de vadrouiller sans but précis. Enfin, sans but précis, jusqu’à ce qu’il aperçoive au loin une silhouette qu’il reconnut sans le moindre mal. Après tout, il avait passé de longues heures à explorer chaque partie de son corps, du moins, tant qu’elle lui en laissait l’opportunité. Il ne pensait pas se tromper, aussi accéléra-t-il le pas pour finir par se présenter devant la jeune femme, à qui il adressa un sourire taquin avant de se fendre d’un baise-main des plus civilisé.
Votre Grace, il n’existe pas assez de mots en tout Arven pour chanter votre beauté sans pareille. M’accorderez-vous l’insigne honneur de faire quelques pas en votre compagnie?
Un peu trop, peut-être. Mais après tout, quelques compliments ne font jamais de mal, et il savait se tenir : il était de la noblesse, même s’il était ravi de l’oublier parfois. Et puis, les conventions voulaient qu’on ne se jette pas sur les dames de haute naissance... Même s’ils oubliaient toute idée de protocole une fois les portes fermées.
J’ignorais que vous étiez à Sombreciel, ma Dame, mais c’est un plaisir de vous revoir.
Continua-t-il, un sourire charmeur sur les lèvres. Peut-être que sa soirée allait s’annoncer bien plus agréable que la journée toute entière : Mélusine avait souvent un tas d’idées toutes plus plaisantes les unes que les autres. Mayeul avait plus d’une fois goûté à ses délices, et il n’avait pas honte de dire qu’il en redemandait volontiers.
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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Sam 21 Mai - 20:15


Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds
Mon Seigneur, un baiser et je serai vôtre jusqu’au lever
Mayeul & Mélusine • 6 avril 1001


Je suis une fieffée menteuse. Je devrais avoir honte, je le sais ; mais les mensonges que j’ai débités ce soir en valaient amplement la peine. Melsant a disparu depuis le mois dernier, escamoté pendant une mission avec son escadron au cours du Carnaval des Miracles, et l’ensemble de la famille bouillonne de mille sentiments contradictoires qui s’entrechoquent et se télescopent au fil de nos discussions. Mélisende et moi devenions folles, à tourner en rond seules dans la Tour de Séverac, à guetter Soie dans les cieux – pauvre Soie délaissée, abandonnée par son cavalier. Est arrivé un matin où je n’ai plus pu supporter les murs de pierre : alors, payant mon dû à la Guilde des Mages, j’ai requis les services d’une outremarcheuse pour m’ouvrir un portail vers Euphoria. L’air de Sombreciel m’a fait du bien ; mais à peine arrivée, aujourd’hui, Castiel a déboulé dans la salle des portails dans une parfaite crise de nerfs. Lui aussi s’inquiète de la disparition de Melsant ; et il m’a fallu lui seriner avec toute la factice conviction que j’ai pu rassembler ma conviction que notre grand frère allait bien et qu’il rentrerait bientôt. Père était là ; à lui aussi, j’ai menti à m’en dessécher la langue, prétendant que je n’avais pas de crainte pour ce frère vaillant et bien entraîné qui a toujours su, jusque-là, retrouver le chemin de la maison.

Levor me foudroiera sûrement pour me châtier de ces tromperies. L’inquiétude ravage mon cœur, et si je la dissimule c’est pour que ma famille reste forte. Naguère, j’aurais pu déposer mes doutes entre les mains de Hiémain et me confier à lui, lui exposant le poids du chagrin et l’ampleur des tourments qui grèvent mon âme, mais… Mais il n’est plus là, et je me sens terriblement seule. C’est avec le cœur lourd que j’arpente les couloirs du palais de Castiel. Mon jeune frère est plus calme, et Père le rassure ; moi, j’ai besoin de changer d’air. Je ne parviens à rester dans les appartements qui sont les miens depuis que Castiel a repris sa couronne ; les murs semblent se refermer autour de moi comme les barreaux de la cage qui emprisonne mon esprit, aussi je me contente de parcourir les corridors du palais, inlassablement, d’un pas lent qui ne semble vouloir s’arrêter. Une voix s’élève derrière moi – je reconnais ce timbre malicieux, ces intonations caressantes, et c’est suffisant pour que ma déambulation trouve un terme.

Lorsqu’il s’avance vers moi, une vague de nostalgie traverse ma mémoire. J’ai tant de souvenirs, avec Mayeul : les soirées officielles et les banquets interminables réunissant la noblesse, qui nous trouvaient parfois – souvent – échappés à l’assemblée pour occuper les longues heures du rassemblement de manière plus enrichissante, derrière quelque porte fermée ou rideau tiré, dans une alcôve isolée. Des moments d’évasion loin des formalités assommantes de ces rituels pompeux, loin de la rigueur attendue de nous par nos nobles parents. Je retiens sa main dans la mienne, un sourire sincère venant prouver le plaisir que j’ai de l’accueillir. « Je suis arrivée ce matin seulement, rendre visite à Sa Grâce le duc. Depuis la disparition en mission de notre frère aîné, nous sommes… préoccupés, et je tenais à rassurer Castiel. Ma visite est bien plus familiale que protocolaire. » Est-ce que tu t’entends, Mélusine, parler du bout des lèvres comme ces autres dames bien nées, celles-là même dont la moue dédaigneuse me tape sur les nerfs lorsque la conversation vient à évoquer la petite baronnie de Vifesprit ? Je ne supporte pas ces femmes hautaines qui aiment à comparer les statuts des têtes couronnées, ces femmes aigries qui ne savent pas vraiment si elles doivent saluer en moi une simple fille de comte cielsombrois, ou une toute-puissante marquise du duché voisin. Je pensais chercher le mage des portails du palais et payer mon retour à Lorgol dès ce soir, ne parvenant pas à me reposer dans ces lieux empreints de l’absence de Melsant, mais ma rencontre avec Mayeul m’a donné d’autres idées. Réprimant un soupir désabusé à la pensée des idées arriérées qui agitent la vieille noblesse de Sombreciel, je saisis le visage de Mayeul entre mes mains, fermant les yeux pour poser mon front contre le sien dans un geste de cette complice tendresse qui nous lie d’amitié sincère depuis des années. « Allons ailleurs, mon ami, le veux-tu ? J’ai besoin de penser à autre chose, et j’y parviendrai sûrement si j’ai le plaisir de ta compagnie. »





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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Lun 23 Mai - 15:32

Mélusine... Son sourire, ses yeux rieurs, son corps parfait. Ils en avaient volé des moments, petites parenthèses dans un quotidien trop exigu parfois, cachés des regards pour mieux se plonger dans les yeux de l’autre. Lorsqu’il y repensait, Mayeul songeait qu’il avait une bien meilleure connaissance des recoins de certaines demeures que de leurs salles de banquet. Mais qu’importe : il chérissait ces moments, ces fugues qui n’appartenaient qu’à eux, secret bien dissimulé. Ses parents ne lui avaient jamais fait la leçon, Mathilde s’en chargeant parfaitement bien toute seule. Mais elle était l’héritière, lui n’était que l’accompagnant, il avait donc bien d’autres choses à apprendre, non?
La main de Mélusine qui retient la sienne, bien plus que la teneur de ses paroles, empêcha rapidement son esprit de s’éloigner davantage. Melsant. Évidemment. Il n’osait imaginer les doutes qui assaillaient la famille du major dans son ensemble. Etait-il seulement vivant, quelque part? Soie le savait-elle? Mayeul aimait à penser que oui, mais la vérité était que personne ne savait, rendant l’absence de l’aîné des De Séverac encore plus poignante. Et pourtant, il n’avait à lui offrir que quelques mots de réconfort vides de sens, et sa présence chaleureuse. Cela, il pouvait le faire. Il se contenta donc de serrer plus fort la main de Mélusine, l’assurant de sa présence à ses côtés. Pour quelques minutes, pour quelques heures, elle se sentirait peut-être un peu moins seule. Un peu moins perdue.
Il reviendra. Ou nous irons le chercher.
Ce n’était pas une promesse, même pas quelques mots d’espoir, mais bien une certitude. Melsant de Séverac était voltigeur, et l’un des leurs. Ils ne l’abandonneraient pas à son propre sort. Dès qu’ils auraient une piste... Même si c’était bien ça qu’il manquait. Un indice, une trace, quelques part. Une lueur. Etait-ce seulement ce que Mélusine désirait entendre? Cette certitude, inébranlable, cette vivacité avec laquelle il lui avait répondu, sans même chercher à y réfléchir. Peut-être aurait-il dû. Peut-être n’apprécierait-elle pas. Mais ils se côtoyaient depuis des années. Elle le connaissait, et savait qu’il ne pensait pas à mal. Tout comme lui attendrait sagement qu’elle en parle, si toutefois elle le souhaitait. Et s’il l’avait abordé de façon si formelle, c’était bien pour tous les éventuels espions qui seraient ravis de rapporter des propos bien moins protocolaires. Mais une fois proches, une fois assuré qu’elle goûtait au plaisir de sa compagnie, c’était leur amitié mutuelle qui reprenait le dessus.

L’affection de Mélusine, son geste si tendre et si complice lui serra la gorge, plus qu’il n’aurait pu l’admettre. Dans ses yeux, dans sa voix, il revoyait la douleur qu’il éprouvait toujours. Cachée, dissimulée au plus profond de lui-même, mais bien présente. Et pourtant, il n’offrirait pas à la jeune femme d’en parler, ni même de se confier. Il ne pouvait qu’être là, près d’elle, répondant à sa demande qui sonnait presque comme une supplique. Il la comprenait : lui aussi avait besoin de continuer à avancer. Parce que c’était ce que l’on attendait de lui. Et c’était ce que l’on attendait d’elle.
N’aie crainte, je saurais te changer les idées.
Murmura-t-il. Confiant, arrogant presque. Sans la moindre hésitation, mais pour une raison toute autre que la précédente. Le savait-elle, Mélusine, que le voltigeur avait pris l’habitude de se jeter à corps perdu dans les drogues de Sombreciel pour oublier les larmes et la douleur de l’absence? Comprenait-elle que cette pression sur sa main, ses yeux dans les siens, clamaient que oui, il savait comment faire pour qu’elle oublie, l’espace d’un instant, ce qui tourmentait son esprit? Sa main emprisonnant toujours celle de la jeune femme, il releva la tête, déposant un baiser sur son nez, sa joue, ses paupières closes.
Je gage que sa Grâce le Duc ne sera pas courroucé que nous empruntions l’une de ses chambres. A moins que tu n’aies une autre destination en tête?
Hasarda-t-il, taquin, avant de porter la main de Mélusine à ses lèvres et d’y déposer un nouveau baiser.
Dispose de moi comme tu le voudras dans les heures à venir. Tout ce que je demande en échange, c’est un sourire. Et un baiser peut-être.
Ajouta-t-il, ses yeux amusés ne quittant pas ceux de la jeune femme. Il était tout prêt d’elle, une tendre proximité qu’ils renouaient sans le moindre mal à chacune de leurs rencontres, fussent-elles espacés de plusieurs mois à chaque fois. Sa main dans la sienne, il ne comptait pas abandonner la jolie marquise à sa peine sans y remédier auparavant. Il connaissait, en réalité, un tas de moyens pour s’envoyer en l’air, et ce, dans tous les sens du terme. Il n’aspirait qu’à les partager.
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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Mer 1 Juin - 14:00


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Mayeul & Mélusine • 6 avril 1001


La détermination de Mayeul me met du baume au cœur. J’ai besoin de savoir que nous ne sommes pas seuls à regretter l’absence de Melsant ; qu’il y a des gens, là dehors, qui continuent à la chercher. Ma famille est ravagée par ce vide qu’il laisse : je n’avais jamais vu ma mère avec de tels cernes, même après la disparition en mer de Meldred quand nous étions enfants. Père est toujours aussi affable, mais son cynisme habituel a désormais un sinistre mordant. Mélisende est tout aussi inquiète que moi, Melbren le cache bien mais je lis le doute dans ses yeux. Et Castiel, ma foi… Castiel est Castiel. Son trône a pris feu, et sa colère a fait vibrer l’air du palais. L’on a osé s’en prendre à son grand frère, son protecteur, le héros de son enfance ; il est évidemment tout aussi angoissé que nous, mais le gère nettement moins bien. Et moi, je suis fatiguée de tout ça, de porter ma famille à bout de bras quand mon cœur est si lourd. La présence de Mayeul me fait du bien. Sa compagnie m’a toujours été agréable. Il ne me force pas à parler, il ne s’épanche pas sur mon épaule, non ; il m’offre simplement la chaleur humaine dont j’ai parfois besoin pour combler l’abîme sous mes pieds. Cher, très cher Mayeul. J’aimerais être en mesure de lui rendre l’ampleur de ses bienfaits. Un jour, peut-être voudra-t-il me parler de la balafre dans son cœur, de cette épine fichée dans son âme là où naguère Mathilde existait. Ce jour-là, je serai là, et il pourra se confier sans jugement au creux de mes bras. Les amis ne sont-ils pas là précisément pour ces moments-là ?

Son assurance me rassure. Il sait. Il va me montrer, m’apprendre, à oublier un peu mes tourments. Je puise de la force dans cette certitude qui émane de toute sa personne, dans cette arrogance typiquement cielsombroise qui fait de lui un homme irrésistible et de moi une femme redoutable. Ses lèvres sur mon visage me rappellent qu’il reste des choses normales dans ce monde : que quoi qu’il puisse se passer du côté de ma famille, j’ai toujours son amitié et son affection. « Je pense que Castiel serait ravi de nous fournir n’importe laquelle de ses innombrables chambres, tant que l’usage que nous en ferons respecte les mœurs de son duché. » Sans nul doute. Les principes de mon jeune frère ne seront vraisemblablement jamais choqués par les occupations que je suis susceptible de partager avec Mayeul…

« Si tu n’as point d’obligations requérant ta présence, alors, j’exige ta compagnie jusqu’au matin. » La reconnaissance fleurit dans ce sourire qu’il me demande, tant je lui sais gré de mettre de côté ses plans nocturnes pour s’occuper de moi et m’accorder l’attention que je lui réclame. Quant au baiser, ma foi – ma main toujours dans la sienne, je glisse la seconde derrière sa nuque et me hisse sur la pointe des pieds pour m’acquitter de ce qui lui est dû, sans considération particulière pour les domestiques circulant dans le couloir et qui m’ont sûrement déjà vue faire bien pire que ça. Cela fait… longtemps, que je n’avais pas senti les bras d’un homme autour de moi, et je savoure cette sensation que j’avais peu à peu oubliée ces derniers mois. Enlaçant sa taille de mes deux bras, je pose la tête contre son épaule, murmurant contre son cou, sans me préoccuper des yeux qui pourraient nous observer. « Je m’en remets à toi : tu as ma plus entière confiance. Emmène-moi où bon te semble, fais-moi ce que tu veux : tout ce que je te demande, c’est de me faire oublier ces noires idées qui m’oppressent. Je me remets entre tes mains ; et je sais qu’elles excellent à la mission que je leur confie. »





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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Jeu 2 Juin - 23:57

Mathilde avait été la chaleur de vivre, la douceur et le rayon de soleil, mais Mayeul, lui, avait toujours été capable de ramener le sourire à ceux qui l’entouraient. Enfant, déjà, il savait provoquer le rire et l’amusement, tour à tour charmeur ou maladroit, plaisantin ou beau parleur. Plus grand, il avait appris la valeur d’un commentaire amusé ou d’une remarque drôle et pertinente, et il n’avait jamais hésité à en user. C’était peut-être pour ça, qu’il lui était si facile de donner le change lorsqu’on l’interrogeait sur ses propres sentiments à propos de la mort de Mathilde. Évidemment, ceux qui le connaissait d’avant le drame avaient bien remarqué la différence, mais pour les autres, il était difficile de le remarquer.
Mais jamais Mélusine n’en avait fait mention, comme jamais il n’aurait abordé le sujet de la disparition de son frère si elle n’en avait pas parlé. C’était bien ce qu’il y avait de plaisant : ils n’avaient pas besoin de parler pour se réconforter mutuellement, s’amuser ensemble et esquiver les devoirs assommants de leurs positions. Mayeul ne recherchait rien d’autre, en vérité : ses blessures, il était parfaitement capable de les garder pour lui-même, et de les gérer seul. Avec un succès tout relatif, il est vrai, mais ce n’était pas non plus un sujet qu’il désirait aborder. La seule chose qu’il désirait, pour le moment, c’était goûter à cette proximité retrouvée, et assurer son amie de son soutien inconditionnel, qu’elle veuille s’épancher ou non. Sa peau contre ses lèvres, la chaleur de ses mains sur son visage, ce n’étaient que des bonus dont il profitait sans la moindre arrière-pensée. Car elle était désirable, la belle Mélusine, elle l’avait toujours été et n’en avait jamais fait mystère. Et si la légèreté de ses jupons était un fait connu, rien n’égalait son habileté à les manier.

Le voltigeur lui offrit un sourire entendu. Respecter les mœurs de Sombreciel, voilà exactement ce qu’ils s’apprêtaient à faire tous les deux, après tout.
Je dois me rendre à la caserne aux premières lueurs de l’aube, mais je serais heureux de te consacrer les moindres secondes qui nous séparent de demain.
Assura-t-il, posant à nouveau ses lèvres sur la peau chaude de la jeune femme, sur le dos de cette main qui tenait toujours la sienne. Aurait-il su que Mélusine était dans les parages, peut-être aurait-il pu négocier de remettre sa punition à un autre jour, mais tant pis. Qui avait besoin de dormir, de toute façon, lorsqu’une aussi jolie damoiselle se propose de partager toute une nuit en votre compagnie? Elle semblait ravie de le savoir près d’elle, en tout cas, et rien que l’odeur de ses cheveux quand elle s’approcha pour lui donner ce baiser qu’il avait réclamé suffit à éradiquer toute pensée du lendemain dans son esprit. Pour le moment, il ne voulait penser qu’à elle, se concentrer entièrement sur ce qu’elle voulait de lui : l’oubli, un oubli bienvenue et nécessaire, quelques heures volées aux soucis qui parsemaient leurs vies. Elle s’en remettait à lui, entièrement, son corps pressé contre le sien, en une proximité si enivrante qu’il lui fallu un bref moment pour former une phrase cohérente.
Belle Mélusine, jamais je n’ai eu plus à cœur de réussir une mission que l’on m’a confiée.
Chuchota-t-il à son oreille, son souffle s’attardant dans son cou, ses mains posées sagement, pour le moment, autour de la taille de la jeune femme. Pas pour longtemps : élevant la main, le voltigeur caressa la peau si douce de sa joue, attirant ses lèvres en un tendre baiser avant de rompre le contact et de l’entraîner, main dans la main, avec toute l’exubérance d’un enfant attiré par la promesse d’une sucrerie. La première porte venue ferait l’affaire, et il attira Mélusine, l’air amusé et les yeux rieurs, dans la pièce qui s’offrait à eux. Il y faisait bien sombre, en réalité, mais quelle importance. Ce n’était pas la lumière qu’ils étaient venus chercher, mais un endroit pour déposer quelques instants leur fardeau, et celui-ci semblait autant indiqué qu’un autre.

Tenant toujours la main de la jeune femme dans la sienne, il plongea sa main libre dans sa propre poche avant d’en ressortir un petit paquet, soigneusement enrubanné, et de le déposer dans la paume de sa complice de la soirée.
Veux-tu? Je n’ai pas besoin de ça pour te faire oublier tes soucis, mais je te promets que cela sera nettement plus... Amusant.
Il n’avait pas besoin de lui dire ce que c’était, tout comme il n’avait pas besoin de lui dire qu’il comprendrait si elle se montrait réticente. Après tout, l’amour un peu trop exclusif du Duc de Sombreciel pour les joyeuses substances de son Duché n’avait été un secret pour personne, de même que le fait qu’il les évitait désormais. Il comprenait la position délicate de Mélusine, et c’est bien pour cela qu’il lui avait proposé. Proposé, seulement : elle savait qu’il ne serait pas vexé qu’elle refuse.
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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Mar 7 Juin - 0:18


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Mayeul & Mélusine • 6 avril 1001


Jusqu’à l’aube.

C’est une réponse fondamentalement satisfaisante, et je peux presque percevoir comme un ronronnement de satisfaction à l’arrière-plan de ma conscience. Il reste encore de nombreuses heures jusqu’aux premières lueurs, et je sais d’expérience que Mayeul trouvera à les occuper comme il se doit. Mon corps a besoin de plaisir – il en est sevré depuis trop longtemps. Mon âme a besoin d’évasion – elle est enchaînée au ras du sol depuis de trop longues semaines. Mon esprit a besoin d’un grain de folie – les mois sont passés sans me permettre d’honorer ma nature cielsombroise. Les bras de Mayeul sont l’endroit tout indiqué pour perdre un peu la tête en tout sécurité, et j’ai hâte soudain de m’y abandonner, avec cette impatience fiévreuse qui ne fait que rendre l’attente plus savoureuse. Ses lèvres sur les miennes, son souffle sur ma peau, ses mains sur ma taille ; assurance de félicité, serments tacites, qui promettent quelques moments d’égarement bienvenus dans la morne torpeur qui a figé ma vie dans l’attente de ce frère disparu auquel je me refuse de penser ce soir. Je ne vais plus penser, à rien : juste à Mayeul, et à l’éclat malicieux de ses yeux tandis qu’il m’entraîne à sa suite dans le dédale de luxueux appartements du palais.

C’est un boudoir douillet qui nous ouvre sa porte dans une obscurité complice, et j’en tourne le verrou avec un soin délibéré. Être surpris en pleins ébats ne nous interromprait sûrement pas, mais j’ai vraiment besoin de tranquillité ce soir – je ne veux m’occuper que de lui, et je veux qu’il ne s’occupe que de moi. Pas de pensée parasite, pas de souvenir importun, pas de préoccupation malvenue : juste lui et moi, et une symphonie des corps que nous reprenons épisodiquement avec la même ardeur qu’à l’époque de nos émois adolescents. Mayeul est l’un des premiers à avoir goûté ma chair ; et je pense qu’il a pas eu beaucoup d’amantes avant moi. D’année en année, de fête en banquet, nos retrouvailles nous ont permis de nous montrer l’un à l’autre à quel point nous avions progressé ; et les dernières entrevues ici et ou là témoignent de nos expertises respectives avec un fond sous-jacent de complice tendresse très satisfaisant. Alors, quand il dépose dans ma paume un petit paquet soigneusement ficelé, je ne plisse pas le nez de dégoût, comme je l’aurais fait pour d’autres. Il n’ignore rien de la déchéance dont Castiel a été sauvé in extremis, et sait très bien ce que cette proposition recèle de sombres démons à mes oreilles. Pensive, je referme les doigts sur l’objet, poussant mon ami en arrière jusqu’à ce qu’il s’asseye sur le luxueux sofa et que je puisse prendre place à califourchon sur ses genoux, sans façon, comme la plus familière des filles de cuisine.

Je penche la tête en avant pour reposer mon front contre le sien, fixant dans la pénombre le petit paquet aux faux airs anodins qui repose dans mes mains jointes, entre nous, et je réfléchis. « Je sais que tu te fais du mal avec ces choses-là, Mayeul – je le sais bien. » Qu’il risque une place dans l’escadron qu’il a pourtant travaillé dur pour obtenir. Qu’il n’est plus qu’une moitié de Voltigeur à l’esprit embrumé là où naguère se dressait un seigneur des cieux. Qu’il s’abrutit de délires et de faux-fuyants pour ne pas affronter l’absence terrible de Mathilde et le vide béant au creux de son être. « J’aimerais… J’aimerais être capable de te donner ce dont tu as besoin pour combler ce manque, tu le sais – je te voudrais solide et fort. » Je me redresse, saisissant sa main sur ma hanche et déposant le paquet enrubanné dans sa paume. Des deux mains que je glisse dans ses cheveux, je relève son visage vers moi, scellant ma bouche à la sienne dans l’un de ces baisers assoiffés d’affection, mes lèvres brûlantes appelant avidement la chaleur de sa tendresse. Mes mains parcourent son visage, redécouvrent le dessin de des traits sous mes doigts, et j’interromps ce baiser porteur de mille esquisses pour me pencher et murmurer au creux de son oreille, l’enlaçant des deux bras. « Mais ce soir, je crois que j’ai besoin d’oublier tout autant que toi, alors… Alors, montre-moi ; si tu es capable de t’abstenir et de rester lucide pour veiller sur mes délires. Je me remets entre tes mains. » Du bout du nez, je suis la courbe de son cou, déposant quelques baisers sur sa peau au passage, taquine et sérieuse à la fois.





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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Mar 7 Juin - 23:30

La porte qu’il avait ouverte débouchait sur un endroit qui avait l’air luxueux et accueillant, mais quand Mélusine tira le verrou, Mayeul songea qu’il venait de le devenir encore plus. Pas que ni l’un ni l’autre ne soient forcément enclin à trouver un endroit fermé : après tout, bien des endroits avaient accueillis leurs ébats enflammés, et certains n’étaient même pas pourvu de porte. Mais il comprenait le geste pour ce qu’il était, un désir de passer un moment seuls, en tête à tête, sans que le monde extérieur ne puisse venir leur rappeler quoi que ce soit. Ils en avaient besoin, de cet oubli, et Mélusine sans doute plus que quiconque en cette soirée. C’est pour qu’il lui avait proposé ce petit paquet, l’une des drogues de Sombreciel, capable d’enivrer les sens et d’embrumer l’esprit des plus aguerris. Oh, il ne doutait pas d’être capable d’y parvenir par d’autres moyens, plus charnels, mais pourquoi ne pas conjuguer les deux. Il l’avait dit, ce serait amusant, et l’un comme l’autre avaient désespérément besoin d’un peu de légèreté.
Il lui avait laissé le choix, pourtant, n’ignorant pas qu’elle devait avoir bien des sentiments contraires à l’égard de ces petites douceurs qui, elle le savait, rythmaient la vie du voltigeur depuis la mort de sa soeur. Mayeul suivit le mouvement, se laissant tomber sur le sofa tandis qu’elle l’enjambait sans plus de façon, ses cuisses serrées contre les siennes, les lacets qui retenaient sa robe à portée de main. La jeune femme ne le laissa pas agir davantage pourtant, ses mains contre son torse, étreignant le paquet toujours intact. A ces mots, Mayeul se tendit, légèrement, mais la proximité de Mélusine enivrait bien trop ses sens pour qu’il puisse réellement prendre ombrage de ses paroles.

Il l’aimait, la belle Mélusine, de cet amour pur que chantent les poètes Cielsombrois quand ils ont épuisés leurs vers salaces, il aimait son corps, son odeur, ses formes si familières et qu’il redécouvrait pourtant à chaque étreinte. Elle lui faisait tourner la tête, comme au premier jour où il l’avait vu, où il avait posé la main sur sa peau si douce, enivré par l’odeur qui s’en dégageait. Il l’aimait, comme il aimait chacune des femmes qui partageaient son lit, pour une nuit, ou pour plusieurs. Il les aimaient, chacune d’entre elles, pour ces moments partagés et cette fièvre qui les enflammait. Ce n’était peut-être pas l’Amour, celui décriée par les contes, celui avec un grand A , mais il les aimait, à sa façon. Et Mélusine, la douce et charmante Mélusine, si belle, si passionnée, il l’aimerait cette nuit aussi, avec ferveur, de tout son être. Rien ne compterait plus qu’elle, durant quelques heures.
Il comprenait son hésitation, et il croyait lire dans ses paroles cette tristesse mêlée de pitié qu’abordait chaque femme qui comptait un tant soit peu dans sa vie. Comme si elles allaient le sauver, comme s’il avait besoin d’une mère pour guider ses pas, d’une amante pour le mener sur le droit chemin. Ne comprenaient-elles pas, toutes, qu’il n’avait besoin que de Mathilde? Pas de leur pitié, pas de leur chagrin, jamais. Leur amour, ces quelques heures de tendresse qu’elles lui apportaient, qu’il s’agisse d’ébats charnels et enfiévrés ou d’une simple conversation amusée, était bien tout ce qu’il recherchait. Mélusine posa le petit paquet dans sa main avant de l’embrasser, demandeuse et affamée, murmurant quelques mots à son oreille. Quelques mots, si simples, qui lui demandaient pourtant un grand sacrifice. Le savait-elle, Mélusine, l’emprise qu’elle avait sur lui, et sur les autres hommes qu’elle honorait de ses charmes? Sûrement.
Tu es bien cruelle, ma tendre amie, de retourner mes promesses contre moi.
La sermonna-t-il gentiment, en constatant qu'elle se servait de son serment de lui faire oublier ses soucis pour lui arracher une promesse qu'il n'avait guère envie de faire.  Il caressa de sa main libre la joue de la jeune femme, ses lèvres si douces, et quand il reprit la parole, ce n’était pas du doute ou du regret qu’elle pouvait lire dans ses yeux, plutôt une lueur de défi qui démontrait bien qu'il se plierait à chacun des mots qu'il prononcerait.
Tu n’as pas à veiller sur moi, jamais.
Je me débrouille très bien tout seul, aurait-il pu achever, mais tous les deux savaient bien que c’était faux. S’il en souffrait, de sa vie qui partait en lambeaux sans qu’il ne sache la retenir, il n’en montrait rien, ou le moins possible.
Mélusine, je peux être fort pour toi, quelques heures, quelques jours même s’il le faut, mais rien de ce que je fais ne dois t’inquièter. Ne pense plus à rien, laisse moi m’occuper de toi de toi ce soir. Je t’en prie. Laisse moi honorer mes paroles.
Il lui avait promis de lui changer les idées, de la libérer de ses soucis pour quelques heures et pourtant, ce qu’elle lui proposait ressemblait bien trop à une volonté de le protéger lui. Il n’avait pas besoin de protection, pas besoin d’aide, et surtout pas ce soir, quand il avait une femme si belle à combler, une peau si douce à découvrir. Se penchant légèrement, il déposa le petit paquet sur un guéridon de bois attenant, avant de glisser ses mains sur les cuisses de la jeune femme, pressées contre les siennes. Plus tard, il s’en servirait. Pas maintenant. Quand cela deviendrait encore plus amusant.
Un baiser, ses lèvres qui explorent la peau de son cou, en une lenteur infinie et calculée. Les yeux espiègles du voltigeur s’attardèrent un moment dans les prunelles de la jeune femme, puis il s’attaqua au tissu superflu, délaçant les attaches de cette robe qu’elle portait et qui, de splendide, était passée désormais au statut de bien trop encombrante. Chaque portion de peau libérée se voyait couverte de baisers, et tandis qu’une de ses mains s’infiltrait sur l’une des cuisses de la belle, sous ses jupons qui avaient fait sa réputation, il la regarda d’un amusé, taquinant sa peau douce. Ils avaient toute la nuit devant eux, après tout, rien ne servait d’aller trop vite. Elle le voulait lucide? Si l’air déterminé dans les yeux de Mayeul indiquait la moindre chose, c’est qu’il était décidé à profiter de ce sevrage forcé pour l’amener jusqu’au point où le moindre frôlement de sa peau la ferait frémir de désir.
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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Ven 17 Juin - 1:42


Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds
Mon Seigneur, un baiser et je serai vôtre jusqu’au lever
Mayeul & Mélusine • 6 avril 1001


« Juste ce soir, alors. »

Juste ce soir, je ne m’inquiéterai pas pour toi. Juste pour ce soir, juste ces quelques heures, juste ces moments volés au cœur de la nuit et enfilés les uns aux autres pour aller jusqu’aux premières lueurs et que l’aube ne nous sépare. Juste pour ce soir, Mayeul, j’oublierai que tu es faible et fragile sous ta force et ton courage, je ne verrai pas le gouffre béant dans ton âme là où naguère souriait Mathilde. Juste pour ce soir, je prétendrai que tout va bien, que tu es serein et que je suis heureuse ; que nul poids ne vient oppresser nos épaules et étreindre nos cœurs.

Juste ce soir, mon ami.

Son regard étincelle dans la pénombre, éclairé de malice et de complicité, tandis qu’il défait lentement les multiples attaches de mes vêtements. La mode cielsombroise affectionne les lacets et les nœuds précisément pour le plaisir des amants lorsqu’ils doivent les défaire – et l’amusement que je perçois chez Mayeul fait écho au mien. J’aime cette sensation d’être déballée comme un paquet étroitement ficelé autour d’un cadeau précieux ; j’aime me sentir désirée. Concentrée, je guette chacun de ses mouvements : un effleurement, une caresse, un baiser, frémissant à chaque geste, tout à la fois pleine de hâte et de patience. Il joue à merveille de mon corps, instrument qu’il connaît depuis des années à présent ; Mirta n’aurait pu m’envoyer de meilleure compagnie pour leurrer ma détresse dans la noirceur de la nuit. Je l’aime, cet homme : je l’aime de cette affection sincère héritée de l’enfance, de ce tendre attachement construit au fil des années. Il n’y a jamais eu d’ambigüité entre lui et moi : pas de faux-semblants, pas de plans cachés, pas d’ambitions malsaines ou de fiertés écorchées. Il est de trop petite noblesse pour que Père ait jamais envisagé un mariage entre nous ; et même si je sais pertinemment pouvoir épouser qui je voudrai, noble ou manant, je tiens bien trop à notre amitié légère et reposante pour souhaiter tout chambouler. Je serais une épouse absolument épouvantable pour lui, je le conçois parfaitement – et lui n’est pas l’homme qu’il me faut. Nous sommes parfaits tels que nous sommes : amis, amants parfois, mais sincères et honnêtes dans notre attachement. Parfois, je m’ébahis de l’opinion du continent sur les mœurs cielsombroises : les choses de la chair sont presque taboues dans les autres duchés, et il semble qu’en Sombreciel seulement il soit concevable que l’amitié seule puisse mener à l’union des corps. Qu’ils doivent être bien malheureux, ces pauvres gens ! Tandis que, moi, je reçois sous les doigts de Mayeul, sous sa bouche, une infinité de marques d’affection qui réchauffent mon cœur, lui rendant la pareille de mes mains et de mes lèvres.

Il est bien rare que nous puissions autant prendre le temps de nous occuper l’un de l’autre ; parfois nous sommes obligés de nous retrouver pour une brève étreinte dans une alcôve ou derrière une porte, tantôt pour une heure à peine, rapidement filée dans la relative intimité d’une chambre ou d’un salon, entre deux missions, deux visites ou deux obligations. Il est exceptionnel, oui, que nous puissions compter sur la nuit entière, et je crois que nous sommes l’un et l’autre bien décidés à tirer le plus pleinement un entier profit de cette aubaine. Le temps file, cependant : plus lentement certes, avec la solennelle avancée inexorable de ce que personne ne sera jamais en mesure de stopper, mais il avance toutefois. Les doigts experts de Mayeul ont bientôt triomphé des multiples laçages compliqués de ma tenue, et mes dessous ont rejoint le tissu froissé de ma robe sur le tapis ; de mon côté, j’ai adroitement réussi à lui subtiliser sa chemise, balancée au jugé dans un coin de la pièce où il ne pourra ja-mais remettre la main dessus, et le reste de son habit est éparpillé autour du mien sur le tapis. Sous ses caresses, je me suis tendue, insidieusement, de plus en plus : ce diable d’homme sait parfaitement comment faire chanter mes ressorts, et je frémis à présent au moindre de ses effleurements, offerte toute entière au désir qui me tient captive sous sa coupe impérieuse. Sur ce point ce soir, il m’est supérieur : je ne crois pas avoir réussi à l’enchaîner à ma volonté comme il m’a pliée à la sienne, mais après n’était-ce pas l’accord que nous avons scellé ? Ce soir, je suis sujette à son bon plaisir, entièrement remise entre ses mains.

Et Mirta sait à quel point il en joue bien.





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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Dim 19 Juin - 23:28

Elle lui accordait cette soirée, pour ne pas s’inquiéter. Pour le croire insouciant et fort, comme avant, lorsqu’ils étaient plus jeunes. Avant que Mathilde ne meurt, avant que les soucis ne se fasse plus pesants, avant, sans doute, que les responsabilités ne les rattrapent pleinement. Mais Mélusine ne pleurait pas son frère, pas encore, et Mayeul se promit en son for intérieur qu’il ferait tout ce qu’il pouvait pour qu’elle ne le fasse pas. Il la connaissait bien trop, cette douleur suffocante, cette lame de fond qui déferlait et emportait tout sur son passage, chaque sentiment, chaque bonheur, chaque pensée. Elle ne méritait pas ça, la belle Mélusine, elle ne méritait pas de connaître ces larmes et cette douleur insensée qui ne s’éteignait jamais totalement, la perte d’un frère, d’un aîné, d’un modèle. Doucement, le Voltigeur caressa sa joue, si douce, ses yeux plongés dans les siens, leur lueur amusée dissimulant tant bien que mal sa détermination à ne pas la laisser connaître ce qu’il connaissait.
Il s’ingénie à délier chaque lacet, chaque noeud, avec une lenteur calculé, ses yeux ne quittant sa douce compagne que pour quelques secondes, son regard amusé étudiant ce corps qui se dévoilait petit à petit sous ses mains expertes. Il prenait son temps, caressant, taquinant, glissant ses doigts sur les courbes qu’il aurait pourtant pu dessiner les yeux fermés, étant donne le nombre de fois qu’il l’avait fait. Ils étaient bien jeunes quand ils avaient commencé, de cette façon maladroite des adolescents qui se découvrent, hésitants et circonspects parfois, mais leur complicité avaient toujours rendu les choses plus simples entre eux. Pour autant, jamais il n’avait imaginé Mélusine autrement que comme cette tendre complice d’ébats enflammés, cette amie dont il cherchait la compagnie, parfois simplement pour le plaisir de se trouver près d’elle. Elle n’avait jamais fait étalage de son rang, et il n’avait jamais cherché à la confronter sur la réputation de ses bien légers jupons. Il l’aimait, tout simplement, il aimait ces moments avec elle, contre elle, et ne cherchait pas à tirer d’autre avantage de sa compagnie.

Et puisque cette fois, ils avaient toute la nuit ou presque, Mayeul n’allait pas bouder son plaisir. Il lui avait promis de prendre soin d’elle, de lui faire oublier ses soucis pendant quelques heures, et s’il en croyait les frissons qui naissaient sous ses caresses, il avait brillamment accompli sa mission, pour le moment. Leurs deux corps s’accordaient parfaitement, et dans la semi-pénombre de la pièce, ils n’avaient besoin de rien, si ce n’est de l’autre. Leurs vêtements éparpillés au loin, leurs corps chantant et vibrant à l’unisson, que pouvaient-il souhaiter de plus? Les minutes défilaient, les laissant plus assoiffés l’un de l’autre, plus fatigués aussi. Le besoin impérieux et demandant qui les avaient consumés s’effaçait peu à peu dans l’étreinte des corps, dans leurs souffles mêlés, dans la frénésie de cette étreinte qui, petit à petit, se calmait, les laissant vidés, mais satisfait. Repus. Epuisés.
Leur corps à corps enflammés laissa bientôt la place à une tendre étreinte, aussi reposantes que nécessaire, leur laissant prolonger la nuit encore un peu. Mayeul avait quelque peu perdu la notion du temps, mais qu’importe. Mélusine blottie dans ses bras, son souffle faisant naître des frissons sur les bras nus du voltigeur, il n’avait guère l’intention de bouger. Maintenant que leur ébat avait pris fin, il goûtait à la proximité de la jeune femme, la peau de sa nuque légèrement salée sous ses lèvres, tandis qu’il l’embrassait doucement. Il les chérissait aussi, ces instants calmes après la tempête de l’amour, ces moments suspendus où les corps récupéraient, où l’esprit s’engourdissait lentement après un exercice plus qu’agréable. Il l’embrassa à nouveau, doucement, lentement, sentant le désir renaître sans cette impérieuse flamme qui les avaient consumé peu de temps auparavant.
M’en voudrais-tu, belle Mélusine, si je te disais que j’accepterai avec joie que le temps s’arrête pendant quelques heures encore, juste pour te garder prisonnier de mes bras?
Lui chuchota Mayeul à l’oreille, caressant la jeune femme de sa main libre tandis que son autre bras l’entourait, refusant de la laisser s’en aller pendant quelques minutes encore. Mélusine, si libre, si plein de vivacité, lui appartenait tout entière dans ces moments là, et le voltigeur devait bien s’avouer qu’il appréciait pleinement cette sensation. Bientôt, leurs vies reprendraient leurs cours, ils se quitteraient sans la moindre arrière-pensée, ravis seulement de ce temps passé ensemble, cette parenthèse impromptue qui ravissait l’âme et réchauffait le coeur, offrant aux corps un languissement bienvenue.
Il nous reste quelques heures de sommeil, mon amie, si tu le souhaites. Ou quelques heures que nous pouvons occuper à tout autre chose, à ta convenance.
Assura-t-il avec un sourire qu’elle ne pouvait sans doute pas voir, logée dans son giron, mais qu’elle devinerait aisément dans ses paroles. Elle le connaissait bien, la jolie marquise de Sinsarelle, elle savait qu’en ces instants, même s’il se plaisait à penser qu’elle était sa prisonnière, Mayeul lui était tout dévoué, et ne demandait qu’à lui obéir.
Avisant la drogue que leurs ébats avait projeté à terre, heureusement bien à l’abri dans sa petite pochette protectrice, Mayeul hésita à remettre le sujet sur le tapis. Tout à l’heure, l’incertitude de Mélusine n’était pas passé inaperçue, et il ne savait pas s’il était judicieux de sa part d’évoquer à nouveau le sujet. Peut-être pas. Peut-être... Pas ce soir. Une autre fois.

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"What am I supposed to do
when the best part of me
was always you?"

The Script, Breakeven

Yeah :
 
Paroles : indigo
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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Lun 20 Juin - 19:16


Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds
Mon Seigneur, un baiser et je serai vôtre jusqu’au lever
Mayeul & Mélusine • 6 avril 1001


Le silence a envahi les lieux – l’air nocturne, qui résonnait tantôt d’une symphonie de murmures, soupirs et autres gémissements témoins de nos activités, a maintenant retrouvé son calme. Mon souffle s’apaise également, mon cœur reprend un rythme normal : l’agitation enfiévrée qui a entraîné mon corps dans une course débridée pour le plaisir a reçu son dû et cherche maintenant le repos. J’aime tout autant ces moments de plénitude tranquille que le corps à corps enflammé qui les précède ; quelques minutes de repos serein, détachée de tout ce qui me pèse, de tout ce qui me blesse, de tout ce qui écorche et égratigne. Juste quelques instants à la dérive, en sécurité entre les bras de Mayeul, peau contre peau et âme contre âme. Oui, j’aime ces moments d’abandon où je peux larguer les amarres et laisser quelqu’un d’autre prendre soin de moi ; j’ai pleine et absolue confiance en mon ami de toujours, et les baisers dont je parsème son bras sont empreints de tendresse autant que de reconnaissance pour cette nuit bien agréable dont il m’a honorée.

Je souris à sa remarque, suivant son avant-bras du bout du doigt, lovée contre son torse. Je me sens en sécurité contre lui, protégée entre ses bras, et j’esquisse un sourire qu’il ne peut pas voir, mais qu’il devine sûrement au ton de ma voix. « Tu as sûrement une longue journée demain, n’est-ce pas ? Mon ami, dors un peu ; laisse-moi juste l’abri de tes bras, et je dormirai un peu aussi. » Juste ça. Juste l’étreinte d’un ami, et la certitude que rien ne peut m’atteindre, pendant quelques heures. La chaleur de ton affection contre ma peau, la promesse de ta tendresse au creux de mon cou, une myriade de sensations complices  et une kyrielle de souvenirs de plaisir pour peupler ma mémoire. Mirta sait à quel point la litanie des noms de mes amants est longue ; mais je reviens aux bras de celui-là avec une constance certaine, née d’une amitié de longue date. Je sais bien que, pour la plupart, c’est une gloire de mettre dans leur lit une marquise ; ou la sœur aînée du tout-puissant duc de Sombreciel. Certains y cherchent avantage, un privilège, un droit de propriétaire ; alors je passe sans m’arrêter, d’une nuit à l’autre, changeant de bras pour ne pas risquer l’attachement. Point de risque de ce genre avec Mayeul : il n’a jamais cherché à tirer avantage de notre amitié, et je sais qu’il ne voit pas en moi la richesse de mes terres, la noblesse de mon sang ou la hauteur de mon nom, mais simplement l’adolescente avec laquelle il a partagé ses premiers émois, et une amie fidèle.

Que c’est reposant.

Fermement, j’attire son bras plus étroitement autour de moi, me lovant tout contre lui, profitant de sa chaleur et de sa présence. Serre-moi plus fort. J’espère lui avoir apporté distraction de ses tourments, ce soir, tout comme il a su tenir les miens à l’écart. Il est si sombre, parfois, Mayeul : si renfermé, et la faille béante au fond de ses yeux m’inquiète quand il me laisse l’apercevoir, pris au dépourvu dans un moment d’inattention. Doucement, je lie mes doigts aux siens, les serrant affectueusement entre les miens, prête à me laisser capturer par un sommeil réparateur, au moins pour quelques heures, quand une pensée me vient soudain. Un petit rire amusé m'échappe, et je tourne à moitié la tête vers lui.

« Comme d’habitude, dis ? Mon jupon, contre ta chemise. »





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Message Sujet: Re: Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine   Mar 21 Juin - 21:47

Le calme retrouvé, leurs souffles apaisés, et pourtant, serrés l’un contre l’autre, les deux amis profitaient encore de leurs retrouvailles éphémères. Doucement, simplement, l’union de leurs corps, les douces caresses de Mélusine... Il n’en fallait pas plus à Mayeul pour avoir envie de prolonger la nuit, de goûter encore davantage à cette tendresse et à cette complicité. Envie subite et rapidement balayée, par un souffle et un sourire. Il ne jalousait pas les amants de la jolie marquise, pas plus qu’il ne se sentait dépité quand ils ne se voyaient pas pendant des mois, car entre eux, c’était uniquement fait de tendresse et de retrouvailles, parenthèses dans leurs vies mouvementées, et non pas but de ses vies. Ils étaient amants, amis, complices, mais pas amoureux l’un de l’autre. Jamais. Cela aurait été bien compliqué et, une fois cette clarté établie entre eux, rien ne leur avait jamais paru aussi simple. Amants d’un soir, de plusieurs. Ils n’étaient guère destinés l’un à l’autre, de toute façon, et cela valait peut-être mieux.
Mayeul soupira, caressant la courbe de la nuque de la jeune femme avec ses lèvres. Cela l’embêtait de l’admettre, mais elle avait raison. Quelques trop brèves heures de sommeil, un détour par les cuisines du palais en priant trouver de quoi déjeuner, et il lui faudrait déjà se remettre au travail, ne gardant de cette nuit qu’un souvenir appréciable et un corps las. Son capitaine avait promis de l’aider à se réveiller, et il ne doutait pas que l’activité proposé ne soit guère plaisante. Mélusine était donc la voix de la raison, pour ce soir du moins, mais il n’était pas sûr d’avoir envie de se soumettre au sommeil, là, à cet instant, sa peau chaude contre ses lèvres, ses caresses sur ses bras nus.
Je ne vais nulle part.
Assura le voltigeur dans l’oreille de Mélusine, rafermissant sa prise sur le corps chaud lové contre lui quand elle le lui demanda d’un geste, avant de s’appuyer davantage contre le dossier du divan qui les accueillait, fermant les yeux quelques secondes. Il comprenait ce qu’elle ressentait, sa chaleur, sa sécurité, son souffle se mêlant au sien, leurs battements de coeur résonnant à l’unisson. La cage de ses bras. Une familiarité mêlée d’abandon et de confiance, un moment de pause bienvenue, avant de regagner totalement le monde qui était le leur.
Un rire interrompt le silence, celui de Mélusine, tandis qu’elle se tourne à moitié vers lui, une question amusée sur les lèvres. Mayeul la contempla un instant, secouant la tête.
Belle marquise, je me sens presque coupable d’accepter, vu l’état de certaines de mes chemises après nos retrouvailles.
Avoua Mayeul en capturant ses lèvres, l’espace de quelques instants. Les jupons de la dame n’étaient pas en meilleur état le plus souvent, mais étant donné leur temps plutôt limité en général, l’un comme l’autre ne s’encombraient pas de tels détails.
Même si ce soir, nous avons été plutôt sages.
Termina le voltigeur avec un sourire. Il avait apprécié de pouvoir prendre son temps, taquinant chaque parcelle de peau dévoilée, il ne le cachait pas.
J’essayerais de ne pas te réveiller.
Promis Mayeul dans un dernier baiser, avant de la faire glisser à ses côtés, qu’elle puisse profiter du divan pour s’allonger un peu, toujours emprisonnée dans ses bras. Peut-être plus autant emprisonnée, mais assurément, pour dormir, la position était plus confortable.
Il ferma de nouveau les yeux, bercé par la respiration de la jeune femme contre sa poitrine, dans un îlot privilégié de chaleur et de confiance. Ce son, et ce sentiment, l’avait toujours endormi, d’aussi loin qu’il se souvienne. La respiration douce de l’autre, sur laquelle il se calquait inconsciemment. Doucement. Lentement. Une présence, rassurante. Des doigts entrelacés dans les siens. Une berceuse aussi vieille qu’Arven elle-même. Il se réveillerait à l’heure, il le savait : l’habitude du soldat, qui sait calculer ses tours de garde et le temps de sommeil disponible. Et ce soir, Mélusine et son étreinte avait réussi à apaiser un peu de sa douleur et de sa peine, le laissant plonger dans un sommeil profond et reposant.

Il lui avait promis quelques heures de quiétude et d'oubli. Il espérait avoir tenu sa promesse.



RP TERMINE

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"What am I supposed to do
when the best part of me
was always you?"

The Script, Breakeven

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Ma Dame, un sourire et je tombe à vos pieds - Mélusine
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