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 Fantastique première impression - Alméïde

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Message Sujet: Fantastique première impression - Alméïde   Mer 11 Mai - 13:16


Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Alméïde d'Erebor & Mayeul de Vifesprit

Fantastique première impression

Aïe Aïe Aïe



• Date : 15 avril 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Mayeul, pas franchement dans son état normal, s’accorde une petite promenade dans les rues de Lorgol. Alméïde, jolie fleur du désert, a la chance -ou la malchance, c’est selon- d’assister à sa chute plus que ridicule. Une médecin ne peut décemment  pas délaisser un homme blessé!

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Mer 11 Mai - 13:19

Quelques jours de repos, c’était tout ce qu’il fallait après une semaine entière à se lever avant même les premières lueurs de l’aube. Il était fatigué, mais s’il avait espéré que cet épuisement viendrait à bout de ses cauchemars, Mayeul dût vite déchanter. Il avait beau n’aspirer qu’à dormir pendant tout l’entraînement, sitôt allongé sur son lit, le sommeil persistait à le fuir : même les yeux fermés, essayant de toutes ses forces de contrôler son souffle et ses pensées, il n’avait que l’image de Mathilde en tête, et son absence se faisait plus douloureuse que jamais. Alors il avait abandonné le combat, et avait succombé à l’appel des drogues de son duché. A nouveau.
Il avait promis à ses parents de passer ces quelques jours à Vifesprit, et de s’acquitter là-haut de ses devoirs d’héritier. A vrai dire, il aurait préféré passer ce temps roulé en boule dans sa chambre, émergeant juste assez pour boire jusqu’à oublier qui il était, avant de se rendormir et de recommencer au réveil. Mais visiblement, on attendait de lui qu’il se montre un peu plus responsable et mature, alors il garda ce plan pour une prochain fois. Au moins, il avait réussi à se ménager une soirée pour lui-même avant de retourner jouer le noble. Et quel meilleur endroit où passer la soirée que Lorgol? Une taverne, des compagnons, beaucoup de bruit, beaucoup d’alcool... Cela ressemblait à la soirée idéale pour oublier temporairement ses soucis. Ce n’était sans doute pas une idée des plus sages et des plus réfléchies, mais Mayeul avait pris l’habitude de suivre ses envies, et aujourd’hui n’était guère différent. Il avait partagé avec animations ses plans pour la soirée avec Nuage durant tout le vol, goûtant avec délice cette liberté. A Lorgol, il était comme les autres : pas Voltigeur, pas noble, et encore moins quelqu’un. Juste Mayeul, et cela lui convenait entièrement.

Mais la soirée ne s’était pas exactement passée comme il l’avait rêvé : pourtant, elle avait bien commencé! Une taverne, quelques compagnons de beuveries, plusieurs bouteilles de cet alcool fort qui faisait la fierté de Sombreciel. Poire, pomme, et il avait quelque peu perdu le compte ensuite. Quelques drogues à fumer avaient même circulées, dans cette ambiance bon enfant de franche camaraderie entre personnes bien trop défoncées, ou bourrées, pour se soucier de quoi que ce soit. Une soirée parfaite, jusqu’à ce que le ton monte, que les esprits s’échauffent, et que tout parte à la dérive. Cela avait commencé avec les vociférations d’une cliente bien en chair, et cela avait fini en bagarre totalement anarchique. Mayeul avait choisi de partir avant qu’une quelconque autorité ne s’en mêle, et sa soirée si parfaite était devenue bien moins idyllique. Alignant ses pensées avec difficulté, il avait trouvé le moyen de se perdre totalement, même si ses pas l’avaient  probablement ramenés jusqu’au port de la Ville Haute. Il n’en était absolument pas sûr, ceci dit, et était bien en peine de reconnaître quoi que ce soit. L’air frais avait un peu chassé le brouillard de son esprit, mais clairement, pas assez pour qu’il soit totalement lucide. Les passants lui jetaient des regards tantôt compréhensifs, tantôt agacés, mais il ne s’en préoccupa pas. Peut-être qu’il aurait dû, étant donné qu’il n’avait pas la moindre idée de vers où se diriger. Mettre un pied devant l’autre requérait déjà une grande concentration, et la partie consciente de son cerveau ricana à cette idée : il faisait un brillant voltigeur, à ne pas savoir se tenir debout sans tanguer!
Il ne suffit que d’une seconde pour que sa concentration vacille un petit peu, mais cela fut suffisant : trébuchant sur une pierre, ou un pavé, ou un quelque chose qui, à tous les coups, avaient été mis là exprès par Alior pour tester ses qualités. Il avait échoué, visiblement :  Mayeul trébucha, s’effondrant de façon lamentable, sans même avoir la présence d’esprit de mettre ses mains en avant. Cela requérait, visiblement, plus de réflexes et de coordination qu’il n’était capable d’en montrer à ce moment précis. S’étalant de tout son long, il ne pût empêcher son front de rencontrer brutalement le sol, tout comme le reste de sa petite personne.

Grognant, pestant, ressemblant plus que jamais à un enfant de cinq ans qui vient de s’emmêler les pieds, Mayeul se releva tant bien que mal pour juger des dégâts, avant de choisir de rester assis par terre : moins de roulis. Il avait déchiré ses vêtements, son genou et ses paumes étaient ensanglantés, et son front lui faisait mal, battant en rythme avec les battements de son cœur. Il allait avoir une bosse de la taille d’un oeuf, une nouvelle collections de bleus... Mais avant que son cerveau n’aille plus loin dans l’estimation de ses blessures, il nota les yeux curieux qui le regardaient. Une femme.
Je suis accrobate. Apprenti.
Assura-t-il, comme si cela expliquait tout. Il était fier de lui : sa voix ne trahissait presque pas son état. Ou vraiment un tout tout petit peu. Et le fait que c'était une excuse des plus saugrenues ne l'effleura pas une seule seconde.
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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Jeu 12 Mai - 1:10

Elle est haute et imposante, la tour qui lui fait face. Ancienne, splendide mais en si piteux état. Alméïde se sent néanmoins toute petite à côté de cette élégante masure. Il manque des pierres par endroit, la porte d'entrée est posée de travers sur ses gonds et il flotte à l'intérieur comme une odeur de moisissure. Elle n'est pas venue seule la princesse, son frère a dépêché quelques maçons, charpentiers et autres travailleurs pour évaluer les dégâts et voir ce qui est récupérable ou non. La présence de la princesse n'était pas nécessaire, mais elle voulait la voir de ses propres yeux. Elle n'y avait pas cru lorsque cette lettre était arrivée chez elle, lui annonçant à la fois la triste nouvelle du décès d'un ancien patient et ami et l'obtention d'un tour qu'il lui léguait dans la ville haute de Lorgol. Un cadeau inespéré pour la princesse sans couronne qui, en dehors d'Erebor, n'est princesse de rien finalement. Juste une bâtarde privilégiée, chouchoutée par son frère. Elle qui a déjà tant de chance, elle se retrouve désormais avec ce cadeau entre les mains et tant de possibilités. Elle rêve déjà d'en faire plus qu'une simple tour d'habitation, peut-être un refuge pour de futurs patients, qui sait ? Les malades pourraient venir la voir, même ici à Lorgol lorsqu'elle y séjournerait. Jamais elle ne quitterait bien longtemps Erebor qui reste son foyer, son amour de toujours, mais l'idée de pouvoir se déplacer ainsi, de temps en temps, est alléchante.

Prudemment, Alméïde fait quelques pas dans la tour et grimpe les escaliers en colimaçon. La pierre est vieille, les murs sertis de toiles d'araignées. Il y a des trous ici et là, particulièrement dans la charpente et dans le toit qui laisse entrer les rayons timides d'un soleil de mois d'avril. Ses pas sont peu assurés quand elle jette un coup d’œil sur les alentours, allant jusqu'à la fenêtre pour y admirer la vue. Lorgol et ses mille tours, toujours aussi splendide, toujours aussi vivante. Elle espère pouvoir rapidement y séjourner mais elle est patiente, la princesse. Elle se fie à l'avis des fiers travailleurs qui l'accompagnent, elle discute quelques instants avec eux des aménagements qu'elle désire. Anthim leur a sûrement dit de ne s'épargner aucune dépense, lui qui chérit sa sœur un peu trop parfois, mais elle est plus mesurée la jeune femme du désert. Tout ce qu'elle veut, c'est un toit sur sa tête lorsqu'elle visite la capitale des peuples libres, rien de plus.

En attendant, elle séjourne à l'Académie, là où se trouve sa chambre une partie de l'année. Profitant de cet état des lieux rapide, elle a décidé de passer quelques jours à l'Académie afin de visiter à nouveau leurs immenses bibliothèques. Voilà quelques temps qu'elle cherche à parfaire un savoir particulier et qu'elle ne trouve pas la réponse qu'elle désire dans les ouvrages du palais de Vivedune. C'est donc ainsi qu'elle passe le reste de sa journée, étudiant soigneusement, prenant quantité de notes qu'elle glisse soigneusement dans la besace qu'elle porte sur elle dès qu'elle quitte sa demeure. Et les heures passent, le jour laisse sa place à une nuit de velours. Le temps est encore doux et après un repas tardif, elle a très envie de retourner flâner dans les rues de la ville. Elles fourmillent d'une animation agréable. Non loin du port, des rires s'échappent des tavernes bien fréquentées à cette heure et des musiques enjouées. Alméïde s'y sent bien, mais elle ne compte pas s'attarder, jamais vraiment rassurée de se retrouver seule dans un lieu qui ne lui est finalement pas si familier que ça.

Elle songe à faire demi-tour lorsqu'elle voit un homme, non loin d'elle, oscillant dangereusement sur les pavés. Nul besoin d'être devin pour comprendre ce qu'il va suivre. L'homme tombe tête la première sur le sol et la seule vision de la chute lui semble déjà douloureuse. Ses grognements confirment son hypothèse et Alméïde se doute déjà qu'il a dû s'ouvrir le front, à en voir la position dans laquelle il a atterri. La princesse est timide, certes, mais lorsqu'il s'agit de patients, elle fait tomber toutes ses barrières et sait prendre les devants. Sans hésitation, elle s'avance, l'observant se redresser tant bien que mal, évaluant silencieusement les dégâts tandis qu'il s'aperçoit enfin de sa présence.

« Je suis accrobate. Apprenti. » Hum... certes. Ca tombe sous le sens. Alméïde lui adresse un sourire compatissant, teinté d'un amusement sincère mais ses yeux, eux, révèlent l'inquiétude qu'elle éprouve en apercevant sa blessure sur le front. « Enchantée, apprenti acrobate. Je suis médecin. » Drôle de façon de faire les présentations, songe-t-elle, mais c'est la seule information qui lui est utile à l'instant, n'est-ce pas ? « Si nous allions nous asseoir un instant ? J'aimerais examiner votre front, la coupure ne semble pas profonde mais je préférerais m'en assurer. » À ces mots, elle sort de sa besace un mouchoir en tissu qu'elle tend en avant, l'approchant du visage de l'inconnu. « Vous permettez ? » Le sang s'écoule doucement sur la peau de l'étranger mais elle n'irait pas jusqu'à imposer sa présence s'il préfère repartir dans cet état. L'alcool fait décidément bien des ravages.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Jeu 12 Mai - 15:39

Pourquoi Lorgol? Depuis la mort de Mathilde, Mayeul n’avait pu s’empêcher de se poser cette question des milliers de fois. Pourquoi aimait-il à ce point cette ville, qui lui avait pourtant ravi celle qu’il aimait par dessus-tout? Il en avait voulu au monde entier, à lui-même aussi, mais Lorgol détenait une place spéciale dans son coeur, et il n’avait jamais réussi à s’en tenir éloigné très longtemps. Pourquoi? La ville aux Mille Tours étaient pleine de souvenirs, il ne pouvait le nier : leurs premiers pas à l’Académie, leur adolescence dans cette ville mystérieuse et alléchante. Loin, très loin de Vifesprit, de Sombreciel où les jumeaux avaient grandi. Lorgol était peuplée de bons souvenirs, d’amis chers, de premières expériences. L’Académie. La Voltige. Mathilde, médecin, qui fêtait la guérison de son tout premier patient.  
Mais n’était-ce que pour ça? Le voltigeur ne pouvait s’empêcher de se demander ce que Lorgol avait en plus, justifiant la fascination qu’elle exerçait, sur lui et sur beaucoup d’autres. La capitale des peuples libres... Était-ce ça, la réponse? Cette liberté que chacun trouvait ici, et qui n’existait nul par ailleurs en Arven? La liberté d’être celui que l’on voulait, comment on le voulait? C’était des pensées bien trop profondes pour naître dans une taverne, avait songé Mayeul. Pourtant, il ne déniait pas le fait qu’il aimait cette ville, qui ne l’obligeait pas à être quelqu’un qu’il ne voulait pas être. Qui ne l’obligeait pas, non plus, à donner le change : s’il avait envie d’être malheureux, il le pouvait. Et s’il avait envie de boire, personne n’y trouverais rien à redire.

C’est ce qu’il avait fait, du coup, une bonne partie de la soirée. Peut-être une trop grande partie de la soirée, en réalité, étant donné l’état qui était le sien quand il était sorti prendre l’air dans les rues, marchant -titubant- jusqu’au port sans vraiment tenir compte du trajet. Ou de l’heure qu’il était. Ou de quoi que ce soit, en réalité : il était complètement perdu, désorienté, saoûl, et n’éprouvait pas le moindre scrupule quand à tout cela. Il doutait de retrouver le chemin de son lit avant d’avoir décuvé mais peu lui importait. Peut-être qu’il pourrait s’écrouler sur le port. Ou un banc. Ou par terre. C’était bien, aussi, par terre. Il ne faisait pas très froid en ce milieu avril, il ne risquait donc pas d’attraper une pneumonie, c’était donc parfait.
Sa rencontre avec le sol, cependant, n’était pas aussi douce qu’il aurait pu l’espérer. On ne peut pas tout avoir, visiblement. Meurtri, ensanglanté, Mayeul avait jugé plus intelligent de rester sur ce sol qui l’avait accueilli avec un peu trop d’empressement. Encore un point en sa faveur : assis, cela tanguait beaucoup moins que debout, et cela demandait moins d’effort. Surtout qu’il avait mal à la tête, maintenant, même s’il mettait ça sur le compte de l’alcool avalé plutôt qu’à la chute. Il avait peut-être un peu trop forcé. Ce qui expliquait pourquoi il avait mis un certain temps avant de se rendre compte que sa chute avait eu une spectatrice impromptue. Une bien jolie spectatrice, d’ailleurs, dont les yeux inquiets ne le quittaient pas. Ha? Sa cascade devait être plus impressionnante vue de l’extérieur, car en réalité il ne pouvait pas être tombé aussi lourdement. Il était voltigeur, par Valda, il était censé être habile! D’où son excuse, faite pour rassurer la gentille demoiselle. Médecin? Si elle était aussi honnête que lui sur sa profession, ceci dit, il avait sans doute du souci à se faire. Mais elle semblait sincèrement s’en faire, donc, il choisit de la croire. Après tout, qu’est-ce qu’il risquait?

Mayeul la regarda d’un air sincèrement intrigué quand elle sortit un mouchoir pour lui éponger le front. Le fait qu’elle le traite comme un enfant le dérangeait quelque peu, en toute honnêteté, mais elle avait l’air si inquiète qu’il ne pouvait pas la repousser. Il n’avait jamais sût dire non à une jeune femme, de toute façon. Si celle-ci voulait exercer ses talents, et ses compétences maternelles, sur sa petite personne, il n’y voyait pas d’inconvénient pour l’instant.
Bien sûr que je vous permets! Vous pouvez faire de moi ce que vous voulez, gente dame.
Dit-il en ouvrant grand les bras, un sourire charmeur sur les lèvres. Trop charmeur peut-être : il aurait su qui était la jeune femme, il ne se serait sans doute pas montré aussi familier. Mais ça aurait été dommage : elle était charmante, assurément.
Mais ne vous inquiétez pas, je vais parfaitement bien.
Dans une volonté de le démontrer, Mayeul tenta de se relever, se rasseyant pourtant bien vite quand tout commença à tanguer. Et il avait mal au genou, en plus.
On peut aussi rester par terre, vous en pensez quoi?
Demanda-t-il, sans se départir de sa bonne humeur induite par ce qu’il avait pris. Il n’allait pas laisser un vulgaire tournis lui gâcher ce moment, non?
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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Dim 15 Mai - 17:05

Elle est intimidante la capitale des peuples libres. Grande, pleine d'opportunités mais si imprévisible. Au détour d'une rue, vous pourrez croiser un mage, un pirate ou un voleur sans nécessairement pouvoir les distinguer. Peut-être rencontrerez-vous des hommes ou des femmes des plus hautes lignées ou les rangs les plus bas d'Arven. Et c'est à la fois excitant et terrifiant pour cette princesse des sables, habituée à vivre dans son palais d'Erebor, ne sortant que pour rendre visite aux familles les plus influentes en compagnie de son frère. Elle est intriguée pourtant cette jeune femme du désert, elle est poussée par cette curiosité et cette envie de connaître un peu plus les recoins de cette ville étrange et fascinante. De rencontrer des personnes qui viennent d'autres horizons et d'en apprendre plus sur elles et sur ce qui les anime. Elle est très partagée Alméïde, désireuse de parcourir pendant des heures ces ruelles aux mille et une surprises qu'elle commence enfin à connaître mais également mal assurée car bien trop timide ou apte à se défendre en cas de problème. Et elle sait que les risques ne sont pas nuls puisque quelques semaines plus tôt, durant le carnaval, Qasim disparaissait de leur champ de vision sans qu'ils ne puissent rien faire. Enlèvements, larcins. Peut-être pire ? Après tout, Lorgol abrite les voleurs de la Cour des Miracles ainsi que la tour de la Confrérie Noire. Sans compter les pirates qui font halte dans le port de la ville basse. Beaucoup de raisons pour rester sur ses gardes donc. Et pourtant, la princesse sans couronne pose sur les alentours un regard sans cesse émerveillé par ce qui l'entoure, comme une enfant découvrirait une nouvelle aire de jeux.

À la nuit tombée, elle reste d'ordinaire peu de temps hors des murs rassurants de l'Académie ou de la tour de son frère. Quelques instant pour flâner, juste de quoi prendre l'air, avançant parmi les hautes tours et les auberges plus modestes, posant sur les diverses échoppes un regard curieux. Elle songeait réellement à rebrousser chemin à l'instant où ses yeux ont capté l'étrange manège de ce pauvre hère qui a retrouvé le sol comme on retrouve un ancien amour. Tête la première, choc douloureux à l'arrivée. Il semble légèrement amoché mais sa blessure au front ne l'a pas complètement assommé. Il n'a pas l'air désorienté. Malgré l'alcool, il parvient à la regarder droit dans les yeux et même à lui répondre de façon cohérente.

« Bien sûr que je vous permets! Vous pouvez faire de moi ce que vous voulez, gente dame. » Amusée, Alméïde ne répond pourtant pas à ces paroles alcoolisées et se penche vers lui sans le brusquer. « Mais ne vous inquiétez pas, je vais parfaitement bien. » Ce qu'il tente de démontrer en essayant de se relever mais l'essai est infructueux. Il se rattrape bien pourtant, l'acrobate. Et dans une pirouette, il fait pencher la situation de son côté. « On peut aussi rester par terre, vous en pensez quoi ? » Malgré elle, un rire léger lui échappe et la princesse s'installe à ses côtés, prenant garde à ne pas déchirer les pans de sa robe, et non sans se rappeler la raison pour laquelle elle l'a approché en premier lieu. « On peut rester assis ici oui, si vous le désirez. » Sans se soucier du regard des rares passants qui empruntent ce même chemin, elle ajoute : « Un instant, ne bougez pas. » Et cette fois, avant qu'il ne décide de tenter un nouvel exploit, elle appuie délicatement son mouchoir sur le front ensanglanté. Rien qu'une légère pression et elle nettoie doucement le liquide carmin pour découvrir la plaie qui se cache en dessous. S'approchant doucement afin de l'examiner de plus près, elle finit par lui adresser un sourire rassurant. « Ce n'est pas très profond, vous vous en tirerez sans points de suture. Mais attendez-vous à un bel hématome dès demain. » Le diagnostic est posé. Elle irait même jusqu'à désinfecter le tout s'il la laissait faire, mais elle n'a pas le matériel nécessaire sous la main. Peut-être devrait-elle songer à toujours en avoir sur elle, ça pourrait être utile.

« Tenez, gardez-le. Vous en aurez plus besoin que moi. » Alméïde lui laisse le mouchoir entre les mains. « Est-ce que vous avez un endroit où aller cette nuit ? Des amis qui peuvent vous aider à rentrer peut-être ? » Consciencieuse, la princesse veille à ce que son patient éphémère ne soit pas livré à lui-même lorsqu'elle partira. Il ne manquerait plus qu'à ce qu'il chute dans les eaux sombres du port et qu'il ne parvienne plus à remonter à cause de l'alcool. Elle ne sait même pas qui il est. Il pourrait être dangereux, l'une des lames de la Confrérie ou du Pavillon Noir, qui sait ? Mais lorsqu'elle apporte des soins, elle ne fait aucune différence, c'est ainsi qu'elle fonctionne.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Sam 21 Mai - 22:01

Il n’était pas complètement saoul au point de ne plus savoir qui il était, ou de tomber ivre mort sur un banc. Ou même de ne plus marcher droit. Bon, d’accord, peut-être qu’effectivement il titubait et était tombé, mais c’était bien plus la faute du sol qui tanguait et des pierres qui le bordaient que la sienne. En toute honnêteté, s’il n’avait pas été perdu, il aurait pu rentrer à la tour de Vifesprit sans la moindre encombre. Donc non, définitivement, il n’était pas bourré. Peut-être juste un tout petit peu.
Et puis, s’il n’était pas tombé, il n’aurait pas pu faire la rencontre de cette charmante jeune femme, ce qui aurait été une honte, assurément. Car charmante, elle l’était. Attentionné, douce, et charmante. Il l’avait déjà dit, non? Les pensées s’embrouillaient un peu dans sa tête, malgré le fait qu’il n’était absolument pas ivre, se bousculant et s’entrechoquant sans qu’il ne puisse réellement y mettre un terme. Ce qui n’était pas si grave, en réalité, il commençait à avoir l’habitude de cette situation, qui détruisait le filtre entre ses pensées et ses mots et permettaient une bien plus grande simplicité. A quoi servait de réfléchir? Alors oui, peut-être qu’il se montrait particulièrement charmeur, quoique, peut-être pas plus que d’habitude. Mais pourquoi pas, après tout? Ce n’est pas comme si il avait quelque chose de mieux à faire, ou un autre endroit où se trouver. Le sol, c’était très bien le sol.
Et la charmante jeune fille -femme, médecin- semblait bien de son avis, puisqu’elle s’installa à ses côtés, avec un rire léger et musical qui la rendait encore plus charmante. Ils devaient former un bien curieux tableau, si l’on en croyait le regard curieux de certains passants. Mais qu’y connaissaient-ils, après tout? C’était agréable d’être assis ici, sur ce sol, en compagnie d’une splendide jeune femme. Enfin, c’était agréable jusqu’à ce qu’elle décide d’éponger son front, lui arrachant un léger grognement de douleur. Rien de plus : il était assez grand -et lucide, et non saoul- pour se laisser faire. Et puis, pourquoi se serait-il plaint? Comme chacun de ses gestes jusqu’à présent, la pression était délicate, douce, presque tendre. Cela ne faisait pas mal, réellement, et si jamais ça avait été le cas, la présence bien trop proche de la jeune médecin aurait su le distraire. Tandis qu’elle examinait sa blessure, il pouvait presque sentir son souffle jouer sur son visage, écartant les mèches de ses cheveux qui retombaient sur son front. Elle était proche, et tendre, et rassurante, et... Médecin. Aussi.

Elle s’était écartée après avoir jeté un oeil et conclut qu’il allait bien. Retour à la réalité : il se secoua mentalement, se concentrant sur ses mots pour ne pas trébucher dessus.
Un nouveau bleu à ajouter à ma collection en ce cas. Merci de votre sollicitude.
Parfait gentleman, car non, il n’était pas du genre à vouloir lui montrer les autres. Il n’était pas tombé aussi bas, jamais. Le mouchoir de la jeune femme entre les mains, une pièce de tissu finement ouvragé qui en disant tant et plus sur sa propriétaire, s’il avait seulement eu le courage d’y réfléchir. Il ne l’avait pas, pas maintenant. Sans doute plus tard.
La jeune femme avait repris la parole, et il tourna la tête -doucement, sinon tout semblait flou- pour la regarder avec un sourire éclatant qu’il ne chercha même pas à dissimuler.
Nous pourrions aller chez vous. Ca me ferait un endroit où aller, et une amie pour m’y conduire.
Etait-ce une proposition honorable? Sans doute pas, mais il n’avait pas su résister à la proposer. Qui sait, après tout, peut-être était-elle seule et en recherche de compagnie? Histoire de s’expliquer, néanmoins, Mayeul reprit la parole.
Pour m’assurer de votre sécurité, vous comprenez.
C’était son seul but, bien évidemment, un but tout à fait crédible, honorable et digne d’un voltigeur. A mille lieux de quelqu’un qui avait trop bu. Car il n’avait pas trop bu, et si son esprit était plus qu’embrouillé, c’était sans doute une coïncidence.
Et puis, je pourrais vous montrer mes talents pour l’acrobatie.
Cela en revanche, il aurait préféré le penser plutôt que de l’exprimer à voix haute : c’était définitivement bien plus tendancieux que tout ce qu’il avait dit précédemment. Mais après tout, il aimait vivre dangereusement.
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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Mer 25 Mai - 21:28

Il est docile son patient éphémère. Le voilà qui grogne à peine au premier contact mais qui se laisse finalement faire sous les gestes expérimentés du médecin. Il est peut-être privé de son équilibre mais il garde un peu de bon sens sous ce brouillard alcoolisé. Et il a de la chance, la blessure est superficielle ; on aurait pu penser le contraire en voyant la soudaineté de la chute mais il faut croire que l'apprenti acrobate a la tête dure. Certainement dû à des entraînements intensifs ? Peut-être. Alméïde se demande vaguement qui il peut bien être réellement, même si le questionnement reste en suspens tant que la priorité est de prendre soin de sa blessure légère. Elle n'aurait pas pensé prodiguer des premiers soins ce soir, mais c'est Lorgol, la ville où tout peut arriver, pas vrai ? Cette cité l'étonne encore à chaque instant, qu'il s'agisse de sa ville haute aux tours incroyables et aux échoppes en tout genre ou de la bille basse, avec ses tavernes à la réputation douteuse et aux rencontres inattendues. Sans parler de l'Académie qui l'émerveille à chaque fois qu'elle y met les pieds ; ses pièces magiques, ses bibliothèques, les chambres enchantées pour satisfaire leur propriétaire. Elle y a fait des rencontres inattendues, parfois agréables, parfois un peu moins. Mais elle ne regrette pas sa décision d'être venue étudier ici malgré ses nombreuses responsabilités au palais et envers son frère. Elle se sent un peu dépaysée, mais ce n'est pas une sensation tellement dérangeante. Le princesse apprend doucement à s'adapter à d'autres coutumes, certainement un détail positif pour toute possible future rencontre diplomatique avec un duché voisin.

« Un nouveau bleu à ajouter à ma collection en ce cas. Merci de votre sollicitude. » Assise à ses côtés, les mains sur ses genoux, elle lui adresse un sourire compatissant. « Il n'y a pas de quoi, c'est tout naturel. » répond-elle humblement et sincèrement. Elle n'y a même pas réfléchi à deux fois en le voyant tomber la tête la première. Prendre soin des autres, c'est véritablement ce qui lui fait plaisir ; elle aime se sentir utile la jeune princesse du désert, de quelque manière que ce soit. Peut-être un peu trop pour son bien.

« Nous pourrions aller chez vous. Ca me ferait un endroit où aller, et une amie pour m’y conduire. » Elle l'observe en plissant les yeux, incertaine. Est-ce une plaisanterie ou une réelle proposition ? « Pour m’assurer de votre sécurité, vous comprenez. Et puis, je pourrais vous montrer mes talents pour l’acrobatie. » Alméïde est un peu prise de court et elle se sent bien embarrassée. Ce n'est pas du tout à cela qu'elle songeait quand elle lui a demandé s'il avait un endroit où aller. Et le voir faire des acrobaties est bien la dernière chose qui lui serait venue à l'esprit.

« Je... hum... ça aurait été avec plaisir mais je réside en ce moment à l'Académie, ce n'est pas vraiment chez moi. » balbutie-t-elle, confuse. En d'autres circonstances, elle aurait peut-être pu se rendre à la tour de son frère, ce qu'elle fait également parfois. Là, elle aurait pu envisager de le faire dormir dans une chambre d'amis, car Alméïde n'y songe qu'en tout bien tout honneur, légèrement naïve peut-être, mais tout à fait sincère dans son désir de donner un coup de main. Il y a également d'autres possibilités. « Je peux néanmoins vous accompagner jusqu'à l'auberge la plus proche si vous le souhaitez, ce n'est pas un problème. » Elle a assez de fleurons dans sa bourse s'il le faut pour dépanner ce monsieur qui semble bien sympathique et très charmant – ou plutôt charmeur.

« Oh, pardonnez-moi, avec tout ça j'en oublie les bonnes manières. Je m'appelle Alméïde. » Un sourire entendu suit ses paroles. Alméïde. Rien qu'Alméïde. Pas de titre dans la ville aux mille tours, pas de titre dans la plupart des duchés d'Arven d'ailleurs. En dehors d'Erebor, elle n'est qu'une bâtarde bien trop choyée par son demi-frère et elle ne cherche pas à contredire les mauvaises langues. Ca l'importe peu.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Ven 27 Mai - 14:25

Il n’avait pas menti : il était réellement un habitué des bleus et des bosses. Mayeul n’avait jamais été très prudent quand à sa propre sécurité, déjà dès l’enfance. Quand Mathilde avait déclaré vouloir entreprendre des études de médecine, il lui avait fièrement déclaré que c’était sans doute à cause de lui : qui pansait mieux ses plaies que sa sœur? Elle avait continué en vérité, lui faisant la leçon à chaque blessure, mais elle avait fini par abdiquer le sermon systématique. Mayeul ne réfléchissait pas beaucoup avant d’agir, et ne réfléchissait absolument pas aux conséquences de ses gestes. C’est bien pour ça qu’il s’obstinait à ne pas demander d’aide, ou à affirmer que tout allait bien pour lui, même si son avenir de voltigeur risquait fort d’être compromis s’il continuait. Il gérait les conséquences comme il gérait le reste de sa vie, au jour le jour, puisse Anzaplasthe le protéger. Cela ne marchait pas si mal, du moment que l’on y regardait pas de trop près.
En tout cas ce soir, ce n’était pas un dieu qui le protégeait, mais une médecin tout à fait charmante, et il n’allait pas se faire prier. Elle ne lui faisait pas vraiment mal, mais rien que l’idée de devoir rester immobile lui donnait des envies de gesticuler. Esprit de contradiction, quand tu nous tiens... Assis à côté de la jeune femme, le voltigeur sentit que son esprit commençait vaguement à s’éclaircir. On avait beau dire tout ce que l’on voulait des Cielsombrois -c’était vrai la plupart du temps-, ils savaient tenir l’alcool. Sans doute un héritage de leurs gènes discutables, ou d’une initiation qui se faisait dès la petite enfance. Du lait, un doigt de liqueur de fraise, et au lit! Certes, Mayeul n’était pas en état de faire grand chose, mais il se sentait en état de le faire, c’était déjà pas si mal! Tournant -doucement- la tête, il offrit un sourire à la jeune femme, avant d’enchaîner sans trop chercher à réfléchir. Et le moins que l’on puisse dire, c’était que visiblement, ses propos furent malheureux, s’il en croyait la gène distincte de la jeune femme assise à ses côtés. Il avait bien essayé de rattraper le coup en s’improvisant protecteur, elle n’était pas dupe. Ou il n’était pas crédible, au choix. Le mieux aurait été sans doute de s’excuser, et de changer de sujet. Un Mayeul tout à fait lucide l’aurait sans doute sû. Lucide, c’était bien le mot problématique : il lui fallait un peu de temps avant de réaliser la raison de l’embarras de la médecin.
Elle balbutia quelque peu, avant de proposer de lui offrir une chambre pour la nuit dans une auberge quelconque. Le voltigeur la regarda en plissant les yeux, un peu décontenancé, et assurément plaintif.
Tout seul? Vous ne devriez pas... Rester près de moi pour me réveiller toutes les heures? Les commotions cérébrales, cela peut être très dangereux.
Commenta-t-il d’un ton docte, sans réfléchir plus avant à ce qu’il venait de dire. Parce que visiblement non, la jeune femme n’avait aucune envie de passer la nuit avec lui! Quand à être réellement en danger s’il venait à s’endormir, il n’en pensait pas un mot. Il avait assez suivi Mathilde dans les rues de Lorgol pour être un médecin passable -très passable, sur lequel mieux valait ne pas compter, mais passable quand même-et ne se sentait absolument pas en danger. Il n’avait pas vomi, son mal de tête était sûrement dû à la liqueur plus qu’à la chute, et il n’avait pas la tête qui tournait. Enfin, un peu, mais ça n’avait rien à voir avec la chute. A vrai dire, le plus inquiétant concernant sa déclaration était le fait qu’il connaisse le danger, mais puisqu’il avait affirmé à Alméïde être un habitué des chocs, cela ne l’étonnerait peut-être pas.
Il la contempla un moment, songeur, avant de finalement reprendre la parole.
Mais non non, charmante Alméïde, nul besoin de dépensez vos fleurons pour moi. Tout va bien. J’ai un lit qui m’attend... Quelque part.
Quelque part, oui. Vers le Nord de la ville, il lui semblait. Où à l’Ouest. Oui, plutôt. L’Ouest. C’était où, l’Ouest, par rapport aux quais? Tout en parlant, Mayeul se leva, avec un peu plus de succès que la fois précédente. Appuyé contre un mur providentiel qu’il songea un instant à remercier, il parvint à rester debout cette fois-ci, ignorait le sol qui tanguait sous ses pieds, ou la nausée qui menaçait de gagner du terrain.
Je m’appelle Mayeul, acrobate et wouah!
Sans y réfléchir, il avait lâché son nouvel ami le mur pour s’incliner poliment vers Alméide, et le sol décidement très instable, Alior en soit témoin, le fit trébucher de nouveau, à genoux devant Alméïde, cette fois. Cela ne parut pas déranger Mayeul plus que ça, par contre. Son genou lui faisait mal, mais il serait capable de se remettre sur pied, dès que... Dès qu’il aurait retrouvé Mûr, son ami et son soutien.
Acrobate et voltigeur à ses heures perdues. Ou peut-être le contraire.
Précisa-t-il après avoir réfléchi quelques secondes. Un progrès, assurément.
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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Lun 30 Mai - 23:30

Ce n'est pas la première fois que la princesse se retrouve dans ce genre de situation, aussi étonnant que cela puisse paraître. Elle est généralement sage et prompte à réagir à la détresse des autres. Lors d'événements ou de soirées, elle ne goûte que peu à l'alcool, se contentant de quelque boisson légère ou d'un nombre limité de verres alors qu'autour d'elles, les invités s'enivrent et voient leur esprit libéré, laissant s'envoler bien des paroles incongrues ou effectuant des gestes malheureux. Une chute est alors si vite arrivée, un malentendu également. Et si l'alcool semble alléger les cœurs, il embrume également la raison. À la cour d'Anthim, elle a rarement été témoin d'altercation qui dégénèrent mais les récits entendus lors de ses séjours à Lorgol sont fort nombreux. Les soins prodigués à une personne au nez ensanglanté ou à l’œil gonflé à cause d'une rixe impromptue ne sont pas rares et les étudiants de l'Académie n'en sont pas totalement exempts. Ce soir, il ne s'agit que d'une malheureuse chute et Alméïde ne s'en étonne pas plus que ça. Elle sourit doucement à l'écoute des propos qui lui ont adressés. Il ne manque certainement pas d'humour.

« Tout seul ? Vous ne devriez pas... Rester près de moi pour me réveiller toutes les heures ? Les commotions cérébrales, cela peut être très dangereux. » Elle laisse échapper un rire du bout des lèvres. « Si vous avez réellement une commotion, je veillerai à ce que vous vous en remettiez, mais vous semblez hors de danger. » Le risque est mince, mais elle prend note de rester attentive à des vertiges plus violents que ceux causés par l'alcool. Difficile de faire la différence entre les deux pour le moment.

« Mais non non, charmante Alméïde, nul besoin de dépensez vos fleurons pour moi. Tout va bien. J’ai un lit qui m’attend... Quelque part. » Quelle bonne nouvelle que voilà, elle est rassurée la princesse du désert, sincèrement. Au moins n'aura-t-elle pas le sort de ce jeune homme sur la conscience lorsqu'elle rentrera à l'Académie. Car au moment où elle a proposé de regarder sa blessure, il est en quelque sorte devenu son patient et est, par extension, sous sa responsabilité. Peut-être prend-elle sa tâche trop à cœur, surtout vu les circonstances, mais elle ne fait jamais les choses à moitié. Quand il se met à se relever, elle suit également le mouvement, dépoussiérant négligemment les pans de sa robe. Elle suit attentivement les geste de son patient éphémère, un tantinet amusée par la situation, elle doit bien l'admettre.

« Je m’appelle Mayeul, acrobate et wouah! » Elle n'a pas le temps de réagir, son geste arrive bien trop tard, car il se retrouve à nouveau au sol. Sans mal, visiblement. « Acrobate et voltigeur à ses heures perdues. Ou peut-être le contraire. » Nouveau rire et Alméïde se penche vers lui en tendant la main. À défaut d'avoir pu le rattraper dans sa chute, elle l'aide désormais à se relever, agrippant son bras pour l'empêcher de perdre à nouveau l'équilibre. « Voilà qui est mieux. Il me semblait pourtant que les voltigeurs possédaient un équilibre à toute épreuve, me serais-je trompée ? » Légèrement taquine, elle veille à ce qu'il ne fasse pas une troisième chute. Peut-être ne serait-il pas inutile qu'elle le raccompagne, au moins sur une courte distance. Elle s'apprête à le lui proposer quand un trio d'hommes sortent d'une taverne proche en chantant un air qu'elle ne connaît pas – en braillant serait plus exact. Musique faë ? Ou simplement peu connue d'un duché voisin d'Erebor ? Quelle que soit leur provenance, par Aïda, qu'est-ce qu'ils chantent faux ! « Et si vous m'indiquiez la direction de votre demeure ? Nous pourrions nous mettre en r... » Un nouveau braillement l'interrompt et l'un des hommes les rejoint dans un pas de danse grotesque qui manque de le faire tomber en avant à son tour, sous le rire bruyant de ses amis. Alméïde ne sait pas bien si elle doit en être amusée ou non. Elle décide de rester silencieuse, ce qui n'est pas le cas de leur nouvel ami. « Hey... par tous les jupons d'Mirta ! 'voulez pas v'nir danser ma p'tite dame ? Même que j'vous paie un verre ! » Elle balbutie la princesse, un peu prise de court. Ce qu'il doit prendre pour un oui car il lui prend la main sans plus de cérémonie, ignorant totalement Mayeul, à ses côtés. Et les protestations d'Alméïde.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Mer 1 Juin - 22:34

Mayeul s’était demandé, pendant au moins trois longues secondes, si elle était réellement médecin. Après tout, n’importe qui ici pouvait prétendre n’importe quoi, elle aurait très bien pu être quelqu’un qui rêvait d’être médecin et ne l’était, ne voulant que profiter de son corps sans défense, quoique cela ne l’aurait probablement pas dérangé. Mais la douceur de son toucher, sa concentration sur sa plaie, bien que superficielle, en disaient plus long qu’aucun discours n’auraient pu le faire. Elle était médecin : elle était douce, patiente et... Timide, sans aucun doute. Il n’avait pas besoin de posséder l’intégralité de ses sens pour voir à quel point ses suggestions bien mal dissimulées la mettait mal à l’aise. Elle ne faiblissait pas pourtant, tentant vaillamment de passer outre, et il trouvait ce comportement plus qu’adorable. C’est d’ailleurs pour ça qu’il avait arrêté d’insister : après tout, elle l’avait aidé, et rien ne l’y obligeait.
Son rire était peut-être un peu plus forcé que tout à l’heure, mais le voltigeur ne releva pas. Après tout, il l’avait fait rire, et dans son état, c’était déjà une petite victoire personnelle. Sa tête semblait apte à fonctionner, c’était juste le sol qui ne voulait pas coopérer, bien que le roulis se soit un peu estompé depuis tout à l’heure. D’ici quelques heures, il aurait totalement disparu, c’était sur, et tout reprendrait sa place normale. Mayeul tapota quand même le mur en un geste amical, histoire de lui signifier qu’il n’oublierait pas son aide une fois dessoûlé. Du coup, il avait totalement ignoré la réponse de la médecin, mais vu son rire, elle devait le considérer hors de danger. Sans doute. Il était parfois un peu trop tête-en-l’air pour son propre bien.

Un peu trop maladroit, aussi, pour le moment. Sans le faire exprès, Mayeul se retrouve à nouveau à terre, acceptant avec un sourire la main tendue par Alméïde pour l’aider à se relever. Décidément, la jeune femme est vraiment charmante, il regretterait presque qu’elle ne veuille pas dormir avec lui cette nuit! Mais malgré l’alcool, le voltigeur a bien saisi que la demoiselle n’a aucune intention de passer du temps dans un lit en sa compagnie, et il sait se montrer très sage quand il le faut. Il s’en étonnerait presque, d’ailleurs, de ne pas insister plus que cela, se contentant de garder la main d’Alméïde dans la sienne peut-être un peu plus longtemps que nécessaire.
Mais je ne suis pas comme tous les voltigeurs.
Contra Mayeul avec un sourire éclatant, histoire de lui démontrer l’exactitude de sa phrase. Il était vrai que les voltigeurs étaient censés avoir un certain sens de l’équilibre, mais après tout, ils ne buvaient pas en vol. Enfin, ni même avant. Et puis, il n’était pas à Euphoria, il était à Lorgol, la cité libre, et donc totalement libre, par définition, d’y faire ce que bon lui semblait. Mais ce discours semblait un peu trop virulent pour la douce Alméïde, qui se voulait taquine et non pas méchante, aussi choisit-il de sagement se taire. Se mettre à dos sa sauveuse de la soirée, très peu pour lui, et puis, la charmante Alméïde ne méritait pas ses sautes d’humeur. Le petit groupe qui s’approchait, en revanche...

Il était difficile de les manquer, et de ne pas remarquer leur état d’ébrieté. A leur côté, Mayeul avait l’air totalement sobre, et c’était peu de le dire. Les trois hommes s’étaient avancés, braillant des chansons -ou ce qu’ils pensaient être des chansons, plus précisément-, avant que l’un d’entre eux ne s’avance vers sa charmante médecin, histoire de l’emprunter pour un pas de danse, visiblement. Et, tout aussi visiblement, la jolie Alméïde n’avait guère envie de se retrouver à esquisser un pas de deux avec un pochtron aviné. Ce dernier n’eut même pas l’occasion de faire un pas que le voltigeur s’interposa, la main sur le bras de l’homme, l’autre sur le manche de sa dague dissimulée sous sa cape. En vérité, il n’avait même pas réagit consciemment : l’entraînement et l’adrénaline avaient pris le dessus, et c’est uniquement par pure volonté qu’il ne dégaina pas son arme. Planté devant AlméIde, dans une attitude bravache et fière, les deux pieds plantés dans le sol histoire de s’assurer de l’équilibre de la manœuvre et d’ignorer l’instabilité chronique du sol sous ses pieds, il ne laissa pas plus de temps à la brute pour emmener la jeune femme.
Lâchez-là.
Il n’avait guère besoin d’en dire plus, de toute façon, son attitude parlait pour lui. Il lui devait un remerciement, à sa jolie médecin, et qu’importe qu’elle ne veuille pas l’accompagner jusque dans sa chambre. Il était parfaitement capable de la protéger, même dans l’état un peu hasardeux qui était le sien. Après tout, il était Cielsombrois : l’alcool, la tête cotonneuse et le roulis du sol, ce n’étaient rien d’autres que des compagnons ordinaires qu’il avait appris à maîtriser. A peu près. Il se serait bien tourné vers Alméïde pour lui assurer qu’elle n’avait rien à craindre mais honnêtement, il doutait un peu de la précarité de sa position s’il le faisait. Sa poigne sur le bras de l’homme se serra davantage, pour l’intimider, évidemment. Absolument pas pour stabiliser Mayeul. Absolument pas.
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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Mar 7 Juin - 3:10

« Mais je ne suis pas comme tous les voltigeurs. » Son regard retrouve le sien avec un amusement certain qui lui au fond de ses prunelles. Alméïde ne relâche pas sa prise sur la main du voltigeur qui semble retrouver un semblant d'équilibre malgré l'état précaire dans lequel il se trouve. Son sourire charmeur et son humour léger font de cette rencontre une agréable surprise en cette soirée où elle pensait rentrer directement à l'Académie sans demander son reste. Il est d'une compagnie intéressante et fort distrayante, elle doit bien l'admettre. Et malgré ses quelques tentatives hasardeuses, il ne lui a pas un seul instant manqué de respect ou franchi des limites. Par acquis de conscience, elle jette un nouveau regard en direction de sa blessure, s'assurant ainsi que le sang ait cessé de couler le long de son visage légèrement rougi par l'alcool. Il a dû sacrément bien faire la fête ce soir, avant qu'elle ne tombe sur lui – ou plutôt, qu'il tombe devant elle. Pour quelle raison, ça importe peu. Lorgol accueille des personnes de tous horizons, de toutes les classes sociales. Ils sont libres de faire ce que bon leur semble sans avoir peur d'être jugés. Alméïde n'est pas aussi libérée et insouciante mais elle apprécie la ville et ses possibilités. Elle n'est pourtant pas à l'abri de quelque énergumène irrévérencieux qui ne s'embarrasse pas de la bienséance à laquelle elle est habituée. L'individu, aussi obtus qu'aviné, en vient même à éluder son refus pour s'emparer de sa main. La princesse, inquiète, ne sait comment réagir mais heureusement, elle n'est pas seule.

À ses côtés, son cher voltigeur-acrobate intervient, posant la main sur le bras un peu impétueux de l'inconnu. Il semble alors bien différent de l'homme qu'elle vient de soigner, l'homme affable qui riait d'un rien, amusé par une situation incongrue. Cette fois-ci, elle voit le voltigeur, elle l'entend à ce ton sans appel. Et Alméïde se fige sur place, appréhendant la suite. Car en face, l'étranger est lent à la détente. Il lève les yeux sans comprendre et sa main n'a toujours pas lâché la sienne, serrant ses doigts dans la paume moite dont elle ne parvient pas à se défaire. Ses deux comparses sont un peu plus loin, au bord de l'eau, vidangeant ce qui doit être quelques litres de bière au bas mot dans les eaux calmes du port de la ville haute. Ils n'ont visiblement pas encore remarqué ce qu'il se passait et c'est tant mieux, car il est peut-être encore possible de s'en sortir sans que les esprits embrumés ne prennent le dessus sur la raison.

Une lueur de compréhension passe dans le regard de l'inconnu et Alméïde tente d'intervenir à son tour, avant que ça ne prenne des proportions insensées. « Je... mon ami et moi étions sur le point de rentrer. Nous tombons de fatigue alors... danser sera pour une autre fois. » Elle déglutit difficilement, incertaine dans ses paroles et dans ses gestes. Elle n'est pas à l'aise dans le conflit, encore moins dans un tel contexte où elle n'a aucun repère. En Erebor, elle aurait pu faire appel à la garde ou aux voltigeurs locaux qui reconnaissent aisément son visage. Ici, elle n'a aucun titre, aucune notoriété. « 'faut pas t'énerver comme ça l'ami, c'est juste une p'tite danse hein. » C'est à peine s'il jette un regard à Alméïde, faisant comme si elle n'avait rien dit. Et sans crier gare, il la lâche, repoussant Mayeul de ses deux mains libres désormais au moment où les comparses les rejoignent d'un pas vacillant, l’œil vitreux et le sourire mauvais. La princesse recule vers le voltigeur, posant délicatement sa main à son bras. « Allons-nous en... » murmure-t-elle à son encontre, un peu effrayée par la situation.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Mer 8 Juin - 23:02

L’un dans l’autre, c’était une bonne soirée. Si on excluait la douleur de sa tête et ce sol qui s’obstinait à ne pas rester droit, tout allait bien, enfin, pas vraiment différement de d’habitude. Malgré ce qu’il avait ingurgité -alcool et cette drogue étrange qu’on lui avait fait inhaler-, il était presque capable de penser correctement. L’habitude, l’expérience, ou son héritage Cielsombrois qui s’affirmait, il n’aurait su le dire. Un peu des trois, sans doute : après tout, il avait pris l’habitude de voltiger avec l’esprit brumeux et léger, alors, marcher n’était pas beaucoup plus difficile, même si Nuage n’était pas là pour le sortir de ces songes embrumés et contrer son équilibre précaire. Il y avait Alméïde, pour ça, ce soir. Sa main dans la sienne, le sourire sur son visage et surtout, surtout -et il lui en était reconnaissant, plus qu’il ne saurait le dire - le fait qu’elle n’ait pas eu un seul mot désapprouvant sa conduite ou son état. Et rien que pour ça, il était prêt à se jeter à ses genoux en se proclamant son chevalier servant dès qu’elle aurait besoin de lui.
Mais il n’aurait pas besoin de cette déclaration d’amour et de remerciement grandiloquent, semblait-il, puisque le devoir l’appelait déjà, sous la forme de trois balourds qui avaient visiblement trop bu pour leur propre bien. Et quand l’un des hommes prit la main de la jeune médecin pour l’emmener danser, Mayeul s’interposa sans vraiment y réfléchir, laissant l’instinct le guider plus sûrement que ne l’aurait fait son esprit embrumé. Il était voltigeur, il s’entraînait dur pour cela, et même si les drogues mettaient en doute son habileté à demeurer dans le Vol de Sombreciel, il n’était pas totalement perdu non plus. Il avait été doué, très doué, loué par ses instructeurs quand il était sorti de la Caserne de Serre. Il devait bien rester quelques fragments de cette grandeur passée? Quelques vestiges de son esprit brillant et lucide, cachés derrière les drogues et les alcools bien trop désirables de son duché natal. Quoiqu’il en soit, il n’avait pas réfléchi avant de s’interposer, pas pris le temps de juger de la situation. A un contre trois, ses chances n’étaient pas bien grandes, même s’il faisait partie de l’élite des défenseurs d’Ibélène. Il avait laissé la dague à sa ceinture, les doigts crispés dessus pourtant, tandis que son ordre résonnait, net et sans appel.

Mais elle est courageuse, la jeune médecin, plus que Mayeul ne lui en aurait accord crédit. D’une petite voix qui s’élève, incertaine et hésitante, elle explique au balourd qu’ils s’apprêtaient à rentrer, optant visiblement pour la voix diplomatique. Le voltigeur s’autorisa à sourire, reconnaissant sans souci la voie du médecin, celui qui soigne, pas celui qui blesse. Mathilde était pareille, et Marianne l’était, elle aussi. Toujours à protéger les autres, toujours à chercher à ne blesser personne. La médecine était une vocation, un sacerdoce, autant que l’était la fonction de Voltigeur. Car si elle avait juré de sauver des vies, lui avait juré de les protéger, et si la différence était subtile, elle n’en était pas moins présente.
Cependant, le courage dont elle avait fait preuve fut bien mal récompensé, l’autre ne lui accordant guère d’attention pour se concentrer uniquement sur le voltigeur, avant de le repousser d’une pichenette, manquant de lui faire perdre cet équilibre précaire qu’il avait obtenu tant bien que mal. L’affront manqua de lui faire perdre le peu de contrôle qu’il avait sur lui-même : Mayeul n’avait guère tendance à réflechir, et encore moins dans cet état là. Peu importe que les paris sont contre lui, peu importe qu’il soit en infériorité numérique. Il n’eut pas le temps de faire un seul pas, pourtant, que la main de la jeune femme à ses côtés se posa sur son bras, assortie d’une supplique douce mais qu’il ne pouvait pas ignorer.

Son sang battait à ses tempes, pourtant, son corps tendu, son esprit dirigé tout entier vers cet affrontement qu’il voulait obtenir, pour mettre cet homme à genoux, le contraindre à s’excuser de ses paroles et de ses gestes devant une femme qui ne demandait rien d’autre que d’aider ses concitoyens, au mépris du danger parfois. Elle l’avait secouru en ignorant qui il était, elle était médecin... Cela suffisait pour que le cerveau embrouillé du voltigeur n’aspire qu’à la protéger, dans un curieux amalgame de Mathilde, de voltigeur, de serments et de volonté. Il resta immobile quelques instants, silencieux, le temps sans doute d’absorber ces sentiments étranges qui se débattaient en tempête dans son crâne, avant de se détendre subitement sous la douce poigne de la demoiselle.
Très bien, puisque vous le voulez.
Finit-il par capituler, ignorant l’adrénaline et le sang dans ses veines qui lui hurlait de se lancer à l’assaut, de profiter de l’effet de surprise et de sa technique de combat supérieur. Un coup de pommeau dans le menton étalerait probablement le balourd pendant quelques minutes, suffisamment pour que Mayeul tombe sur ses petits copains. Quelques coups de poings, de pieds, une mêlée dont il ne sortirait probablement pas indemne, mais qu’importe? Son corps était prêt à la bataille, mais c’est la voix de la douce Alméïde qui appelait son esprit à la raison. Alméïde. Il savait que ce n’était pas Mathilde, il n’était pas assez soûl pour ça encore, lui semblait-il. Assez lucide pour distinguer que sa jumelle n’avait rien de commun avec la jeune femme, si ce n’était d’être médecin, douce et patiente comme elle l’était.
Je vais vous raccompagner, d’accord. Je... Je retrouverais mon chemin après, ne vous en faites pas.
Si ses premiers pas se firent hésitants, il retrouva vite un équilibre précaire, son bras soutenant toujours la main de la jeune femme, sans un regard en arrière pour les soulards qu’il venait de délaisser. Oh, ses sens étaient bien assez aiguisé pour prévenir une attaque vicieuse et sans scrupules, qu’une partie de lui espérait voir arriver. Mais pour le moment, matté par la douce voix de la jeune femme, il sentait retomber la frénésie guerrière, emportant l’adrénaline et le brusque reflux des nuages de sa conscience. D’ici peu, il serait épuisé, de cet épuisement qu’il appelait de ses voeux chaque nuit.
Merci.
Ajouta-t-il à mi-voix, sans que la jeune femme ne puisse savoir s’il la remerciait pour l’avoir soigné, l’avoir éloigné du combat, ou lui avoir remémoré, quelques secondes, sa soeur et cette tendresse qu’elle portait en elle, toute illuminée de ce statut de médecin qu’elle affectionnait tant. A vrai dire, Mayeul n’était même pas sûr lui-même de savoir pourquoi il l’avait remercié.
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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Dim 12 Juin - 2:19

La situation s'échappe et l'appréhension l'étreint plus fort encore. Alméïde se fait toute petite à côté de ces hommes prêts à en découdre s'il le faut. Elle ne sait pas se battre la princesse, n'a jamais appris à le faire, n'en a jamais éprouvé l'envie non plus. Les seules lames a être passées entre ses mains sont des couteaux à viande ou des scalpels lors de ses curieuses expériences dans le palais. Il ne servirait donc à rien de le nier ; si les choses s'enveniment, elle ne sera bonne qu'à courir et appeler à l'aide, en espérant qu'une patrouille passe dans les parages et remette à leur place ces malotrus fortement imbibés. Elle remercie le Destin d'avoir mis sur sa route un voltigeur, habitué à intervenir, malgré l'alcool qu'il a lui-même ingurgité. Il n'est peut-être pas dans le meilleur était qu'il soit, mais ses potentiels adversaires non plus, il faut bien l'admettre. Ils ont néanmoins l'avantage du nombre et, quoi qu'il arrive, elle n'a aucune envie que les choses s'enveniment. Réservée, à demi dissimulée par la stature plus imposante de son patient éphémère, elle tente tout de même de résoudre le conflit naissant par quelques paroles qui ne sont même pas prises en compte. Seraient-ils tombés sur quelques vulgaires énergumènes sexistes et sans cervelle ? De là à dire qu'ils viennent de Bellifère, il n'y a qu'un pas – qu'elle ne franchira certainement pas. Elle redoute néanmoins leur réaction, car les hommes de ce duché sont connus pour avoir la bagarre facile. C'est pourquoi elle pose une main délicate sur le bras de Mayeul, espérant qu'il saurait assez entendre raison pour ne pas entrer dans leur jeu.

« Très bien, puisque vous le voulez. » Elle se sent rassurée la princesse, même si ses yeux ne quittent pas les silhouette menaçantes des trois individus qui tanguent, comme ballottés sur le pont d'un navire en pleine mer. Vont-ils leur tomber dessus malgré tout, sans crier gare ? Ou est-ce juste le plaisir de la provocation qui les a attirés ainsi jusqu'à eux ? Cette seconde hypothèse semble tout à fait réaliste lorsqu'elle aperçoit le regard déplaisant de l'homme qui se cherchait une partenaire de danse. « Je vais vous raccompagner, d’accord. Je... Je retrouverais mon chemin après, ne vous en faites pas. » L'étonnement prend place sur le visage d'Alméïde. Comment ? La raccompagner ? Voilà qu'il inverse les rôles, c'était son job ça ! Mais il l'entraîne à sa suite sans qu'elle n'ait le temps de protester. À vrai dire, elle n'ose pas vraiment ouvrir la bouche tant qu'elle est encore à portée de voir des étrangers dont le rire résonne dans la rue après leur départ. Ils doivent être bien fiers de leur bêtises et la princesse ressent une pointe d'agacement. Qu'ils osent agir de cette façon à Vivedune et Anthim les aurait fait enfermer sur le champ. Ou pire. Elle n'est pas une personne belliqueuse, la jeune Erebienne, mais elle n'aime pas beaucoup les personnes irrespectueuses. Ils mériteraient une petite leçon de bienséance, ça ne fait aucun doute.

« Merci. » Timidement, Alméïde relève les yeux vers le voltigeur qui semble avoir retrouvé un peu de lucidité. Est-ce l'adrénaline ou simplement le fait de marcher un peu ? Dans tous les cas, elle lui adresse un sourire rassurant après avoir jeté un regard derrière elle, vérifiant qu'ils se sont bien éloignés des fêtards inconvenants. « Merci à vous. » Sincère, elle fait passer toute sa gratitude dans ses paroles et resserre doucement sa main dans la sienne, pas très encline à l'idée de la lâcher pour le moment. Elle pourrait arguer que c'est pour le guider, éviter qu'il ne retombe à nouveau. Mais ce serait se mentir que de dire qu'elle n'est pas un tout petit peu rassurée par ce simple contact d'un voltigeur qui était prêt à s'interposer pour la protéger. Et après avoir parcouru plusieurs rues, elle ralentit le rythme, soulagée d'avoir mis de la distance entre eux et les importuns.

« Alors dites-moi, dans quelle direction allons-nous ? » demande-t-elle finalement après quelques instants de silence, la voix plus légère que précédemment. Elle écarte complètement le fait qu'il ait proposé de la raccompagner, estimant que c'est son devoir en tant que médecin de s'assurer que son patient retrouve le chemin de sa demeure sans encombres. Et jusqu'à présent, elle n'a jamais failli à son devoir, quel qu'il soit. Elle lève d'ailleurs un instant les yeux pour s'assurer que le sang s'est bien arrêté de couler. Il semble que ce soit le cas et que le voltigeur n'aura d'autres séquelles que les bleus prédits tout à l'heure.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Mer 15 Juin - 1:09

C’est parce qu’elle était médecin, Mayeul ne voyait pas d’autre explication. Gentille, douce, et médecin. Elle était jolie, certes, mais jamais avant il n’avait accepté de faire marche arrière pour les beaux yeux d’une demoiselle. Et là, il n’avait fallu que sa main sur son bras, quelques douces paroles, pour qu’il accepte de laisser tomber et de ne pas relâcher sa tension et son énervements sur les trois malotrus qui leur faisait face. Pas qu’il ai été sûr de gagner : non, à un contre trois, surtout dans son état, ses chances étaient bien faibles. Mais qu’importe, être sûr de perdre ne l’avait jamais empêché de se jeter à corps perdu dans un combat. Il aurait préférer cogner, en l'éloignant avant peut-être, mais sa simple présence avait annihilé toutes ses défenses.
Peut-être parce que c’était la partie voltigeur qui avait pris le dessus, et parce qu’il avait devoir protéger la jeune femme avant de se jeter à corps perdu dans un conflit inutile. Pas que cela l’ai arreté avant, mais en même temps, il y avait rarement quelqu’un pour l’arrêter. Mathilde savait s’y prendre. Nuage, aussi, savait comment l’arrêter. Bien peu de personnes arrivaient à obtenir de lui un moment de réflexion, en vérité. Alors, c’était sans doute parce qu’elle était médecin, et douce, une jeune femme à protéger plutôt que de risquer qu’il lui arrive quelque chose. Peut-être.

Mayeul était perdu. Entre la brume de ses pensées, l’adrénaline qui s’esquivait doucement et son mal de tête qui pulsait à un rythme lent et régulier, il avait bien du mal à concentrer ses idées. Mieux valait peut-être ne pas s’en préoccuper, du coup, et se concentrer uniquement sur la tâche qu’il venait de faire sienne : raccompagner la douce jeune femme chez elle, saine et sauve. Enfin, pas vraiment chez elle, puisqu’elle lui avait dit avoir une chambre à l’Académie. A moins qu’elle ne lui ai menti pour qu’il n’essaye pas de s’incruster dans son lit, ce qui était aussi une possibilité. Et puis, il fallait qu’il s’efforce de rester un minimum concentré, au cas où les balourds, frustrés, reviendraient à la charge. Chasser les pourquoi et les comment, et se concentrer. Tâche difficile s’il en était, avec la main chaude d’Alméïde dans la sienne, comme si la jeune femme se sentait rassurée de sa présence. Ce qui était peut-être le cas, après tout : il était voltigeur, et s’il était loin des héros des légendes, cela représentait sans doute une certaine sécurité.

Ils s’étaient éloignés, et Alméïde ne l’avait pas lâché. Mayeul lui lança un regard curieux, mais il lui était reconnaissant de ne pas l’avoir fait. Elle lui apportait la stabilité nécessaire, à la fois distraction et obligation pour lui d’ancrer ses pensées dans le présent, dans la réalité, et de ne pas penser à autre chose. Mathilde. Une bagarre. Son esprit qui cherchait à tout prix à s’envoler loin, loin par dessus les toits de l’Académie. La main de la jeune femme dans la sienne l’aidait à rester sur terre, en un sens. Et tandis qu’elle le remerciait, il secoua doucement la tête - avant de se rendre compte de la bêtise du geste - pour lui montrer que ce n’était pas la peine. Elle l’ignorait, mais il lui était beaucoup plus redevable qu’elle ne pouvait l’être. D’une brève pression, il l’assura de sa présence, sans répondre. Elle ne comprendrait probablement pas ce qu’elle venait de faire pour lui, de toute façon.
Quand elle lui posa une question, le voltigeur tourna la tête vers elle, laissant leurs regards se croiser tandis qu’elle le regardait, soucieuse sans doute de s’assurer qu’il allait bien. C’était le cas, du moins, il n’allait pas trop mal. Pas plus que d’habitude.
Elle était bien belle, la jolie Alméïde, et la lueur inquiète dans ses yeux, pour lui, ne gâchait rien à sa prestance. Il lui fallut un instant pour trouver comment lui répondre, avant qu’il ne finisse par détourner le regard et poser ses yeux sur l’Académie, visible de là où ils se trouvaient.
Vers l’Académie. Votre chambre, votre lit, seule.
Il esquissa un sourire en disant ces derniers mots, pas réellement moqueur, mais pour bien lui montrer qu’il n’en était pas amer.
Il ne serais pas correct de ma part de vous laisser errer dans les rues à cette heure-ci, Alméïde. Vraiment, ne vous inquiétez pas : j’ai fait le chemin des dizaines de fois, et je m’en rappellerais sans le moindre soucis. J’ai déjà moins mal à la tête.
Affirma-t-il, espérant que le mensonge serait convainquant. Elle ne serait peut-être pas dupe, mais si elle était têtue, Mayeul l’était tout autant, et ses arguments étaient imparables. Après cette rencontre avec les soûlards de tout à l’heure, laisser la jeune femme seule n’était même plus une option.
De toute façon, je suis voltigeur, rappelez-vous: je protège les gens, pas l’inverse. Je vais bien, Alméïde. Sincèrement.
Il ne voulait pas qu’elle s’inquiète, pas pour lui, certainement pas pour lui. Il avait pris l’habitude de ne pas demander de l’aide, et ce soir ne dérogeait pas à la règle. Pour adoucir ses paroles, cependant, il lui offrit un sourire amusé et une nouvelle pression sur sa main. Il allait bien.
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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Ven 17 Juin - 14:56

Il est voltigeur, son devoir est de défendre et de protéger. Elle est médecin, son devoir est  de soigner, de veiller sur les autres. Ils ne sont pas bien différents en définitive, bien que leur apprentissage les ait mené sur des voies qui semblent opposées. Il est la main armée, elle est le bouclier, en quelque sorte. Prendre soin de son prochain est une tâche qu'elle prend véritablement à cœur. Il ne s'agit là ni de condescendance ou de pitié envers celui ou celle à qui elle tend la main. C'est une responsabilité, un réflexe et un honneur, mais c'est également une passion qui la pousse vers l'avant, l'oblige à se surpasser. Au quotidien, elle est cette princesse timide et réservée, préférant éviter de se mêler à la foule, solitaire dans l'âme, discrète de nature. Quand elle soigne, ses gestes se modifient, sa prestance également. Elle est alors la femme de science, plus assurée, confiante en ses capacités, calme et autoritaire. Ses gestes sont précis, sa réflexion est claire, il n'y a rien pour assombrir ses pensées lorsqu'elle fait ce en quoi elle est instinctivement douée. La barrière qui la sépare des inconnus s'abat, elle peut alors leur parler de façon tout à fait détendue, sans avoir à craindre de ne pas trouver ses mots. Dans d'autres circonstances, un autre soir, elle n'aurait jamais levé les yeux vers ce voltigeur et ne se serait certainement pas arrêtée pour lui adresser la parole, traçant son chemin sans un regard en arrière. Mais il était tombé et elle se trouvait là, au bon endroit au bon moment.

Désormais éloignés de tout danger, Alméïde peut à nouveau respirer. Le voltigeur n'en reste pas moins son patient éphémère, l'homme dont elle doit prendre soin, donc elle veut prendre soin. Elle ne saurait dire pourquoi, mais il la rassure, malgré son état. Peut-être parce qu'elle a nettement aperçu le changement qui s'est produit chez lui lorsqu'il s'est interposé afin de la protéger. Il aurait pu lui mentir, dire ce qu'il voulait à son sujet, elle l'aurait cru avec autant de conviction, mais c'est à cet instant qu'elle a pleinement réalisé qu'il était l'un de ces acrobates des cieux, entraîné et formé à la défense de l'empire d'Ibélène. Cette capacité à oublier, l'espace d'une seconde, qu'il n'a pas tous ses moyens et qu'il est quelque peu blessé, rien que pour lui venir en aide... Voilà ce qui l'a réellement rassurée. Ca ne l'empêche pourtant pas de vouloir accomplir son devoir jusqu'au bout. Ce qu'il ne semble pas enclin à accepter.

« Vers l’Académie. Votre chambre, votre lit, seule. » Elle fait légèrement la moue la princesse. Non pas parce qu'elle se retrouvera seule dans son lit ce soir – je vous vois venir, lecteurs avisés – mais bien parce qu'elle sent bien qu'elle n'aura pas le dernier mot, pas après ce qu'il vient de se passer. « Il ne serais pas correct de ma part de vous laisser errer dans les rues à cette heure-ci, Alméïde. Vraiment, ne vous inquiétez pas : j’ai fait le chemin des dizaines de fois, et je m’en rappellerais sans le moindre soucis. J’ai déjà moins mal à la tête. » Suspicieuse, elle le dévisage avec attention, habituée des patients forte tête qui cherchent à minimiser leur mal. Elle est bonne joueuse néanmoins et elle n'insiste pas. Aucun mot ne s'échappe de ses lèvres, rien qu'un mince sourire en coin. « De toute façon, je suis voltigeur, rappelez-vous: je protège les gens, pas l’inverse. Je vais bien, Alméïde. Sincèrement. » Elle n'est pas convaincue, mais Alméïde a toujours à cœur de bien faire, de trop en faire. Même pour une simple bosse sur la tête. C'est peut-être absurde, mais elle l'apprécie le voltigeur, elle n'a pas envie qu'il lui arrive malheur. La pression sur sa main est douce, rassurante. Il ne veut pas qu'elle s'inquiète, elle fera donc un effort. Ce ne sera pas une mince affaire.

« Très bien. J'imagine que si je refuse, vous me ramènerez de force pour ma propre sécurité ? » demande-t-elle avec légèreté, faisant mine d'évaluer toutes les options qui s'offrent à elle, bien qu'elle ait déjà pris sa décision. Car déjà, elle reprend son chemin sans relâcher sa main, le regard mutin et un sourire qui en dit long. « Je vous suis néanmoins reconnaissante d'être intervenu tout à l'heure, j'ai craint pendant un instant que tout cela allait mal finir. » ajoute-t-elle avec sincérité avant de continuer : « J'espère n'avoir pas interrompu votre soirée. Peut-être vous rendiez-vous à quelques festivités dans les environs ? » Peut-être était-il simplement sortir prendre l'air avant de retourner faire la fête et voilà qu'il se retrouve à l'escorter à travers la ville alors qu'il pourrait rejoindre des connaissances dans une taverne à l'atmosphère bruyante et chaleureuse. Elle s'en voudrait de le priver ainsi d'une occasion de s'amuser.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Lun 20 Juin - 10:29

Bien sûr, il était têtu, et ne tenait pas à ce qu’elle s’occupe de lui plus que nécessaire. Il avait appris, avec la mort de sa jumelle, à ne pas laisser les gens entrer dans sa peau, à leur offrir le Mayeul charmeur, drôle et impertinent, celui qui faisait qu’on ne s’intéressait guère à celui qui se trouvait dessous. Comme tout le monde, il avait ses bons et ses mauvais jours, et préférait se dire qu’il leur offrait lui sous son bon jour, parce que dans les mauvais, il était assez peu intéressant. Et les drogues qu’il prenait, si décriées, l’aidaient à garder son esprit dans les jours bons, les jours où il était le mieux, et c’était bien pour ça qu’il les prenait. Tout tournait en rond dans sa tête, de justifications farfelues en besoin impérieux, et il pensait bien qu’il ne se trompait pas. Pas réellement. Ou peut-être un peu, mais à qui cela importait de toute façon? Nuage, peut-être, cela importait à Nuage. La présence du griffon dans son esprit était un baume sur son coeur brisé, et il lui en était reconnaissant.
Ses pensées avaient dérivées, à nouveau. Elles avaient souvent tendance à prendre le large de leur propre chef, s’envolant sans qu’il ne puisse les retenir, jouant à cache-cache avec les brumes de son esprit. Il fit un effort pour se concentrer à nouveau sur le présent, la ville, la nuit, Alméïde à ses côtés, sa main dans la sienne. L’Académie. Oui, c’était bien là leur destination, il s’en rappelait à présent. L’Académie, Alméïde qui était médecin, et lui qui offrait de la raccompagner après. Après? Après sa chute, lui rappela la douleur diffuse de sa tête et de son genou. Ah oui!

A nouveau, il fit un effort pour se concentrer, pour rester ancré aux côtés de la jeune femme. Il esquissa un sourire quand elle fit la moue, visiblement bien peu désireuse de le laisser la raccompagner pour ensuite rentrer seul, surtout dans son état. Elle n’avait pas le choix pourtant, et elle le savait probablement. Mathilde avait rencontré son lot de patients rétifs et persuadés d’aller bien, et si son frère n’était pas le plus réfractaire de tous, il n’était pas loin du peloton de tête. Depuis sa mort, Mayeul considérait les médecins avec suspicion, surtout lorsqu’il s’agissait de s’occuper de lui : il les admirait pour leur travail et leur dévouement, pour leur garde vigilante au-dessus de leurs patients, tant qu’il n’était pas lui-même directement concerné.
Sa remarque le fit rire, et tandis qu’elle l’entraînait déjà, sa main dans la sienne, il hocha la tête avec bonne humeur. Probablement aurait-il du, oui, même s’il ne voyait pas vraiment comment obliger une Alméïde récalcitrante à obéir à ses ordres. Elle le remercia à nouveau, s’enquérant de savoir si elle n’avait pas interrompu sa soirée. Il secoua de nouveau la tête, avant de lui répondre avec sincérité.
Non, Ma dame, vous pouvez vous rassurez, vous n’avez rien interrompu du tout, je m’apprêtais à rentrer en vérité. J’ai sans doute assez fais la fête comme ça pour ce soir, ne croyez-vous pas?
Demanda-t-il avec amusement, dans une allusion non dissimulée à l’état dans laquelle il était, nécessitant son aide pour le relever après sa chute et son équilibre plus que précaire. Il réfléchit un instant, sa main toujours dans celle d’Alméïde, jugeant de la nécessité ou pas de lui expliquer à quel point c’était bien son intervention qui avait calmé les choses. Mais Mayeul n’avait jamais été très doué pour réfléchir avant de parler, de toute façon.
Si vous n’aviez pas été là, cela se serait terminé de façon beaucoup moins pacifique, je le crains. C’est à moi de vous être reconnaissant belle Alméïde, sans vous, j’aurais sans doute récolté un peu plus que cette simple blessure.
Avoua-t-il, peu soucieux de passer pour un bagarreur à ses yeux. Il ne l’était pas, en vérité, mais lorsqu’il était dans cet état, Mayeul ne disposait pas de toutes ses facultés, et réagir à la moindre provovation, juste parce qu’il ne savait pas y réfléchir, était tout à fait dans le style de ses actions. Il était voltigeur, et si parfois une réaction instinctive était nécessaire, cela ne l’était pas à tous les coups. Sans Alméïde, sans sa main sur son bras et ses douces paroles, il se serrait probablement jeté à corps perdu dans cette bagarre, pour finir blessé, ou aux bons soins de la Milice. Deux expériences qu’il n’avait guère envie de faire, d’ailleurs.
Vous êtes aussi douée avec vos mots qu’avec vos doigts, et je suis reconnaissant à Uld d’avoir provoqué ma chute. Presque.
Ajouta-t-il avec une grimace, sa main libre se portant à sa blessure qu’il tâta avec précaution. Il avait plus mal à la tête qu’autre chose, en vérité, sans pouvoir démêler si c’était l’alcool, la drogue, ou la chute. Voire les trois. Sa main était toujours entrelacée avec celle d’Alméïde, et il se garda bien de le lui rappeler, appréciant sa chaleur et cette possibilité de la garder contre lui, avec lui, encore un moment.
Serait-ce présomptueux de ma part que de vous demander de si je peux venir vous saluer, si un jour je passe par l’Académie?
Demanda soudain Mayeul, assez indécis.
Pour vous assurer que je vais bien, évidemment, et que je n’ai définitivement pas une commotion.
Ajouta-t-il en riant, comme pour dédramatiser le sens de la question. Ce qui était, en vérité, son principal objectif.

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when the best part of me
was always you?"

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Mar 21 Juin - 2:16

Oh, elle en a eu des patients récalcitrants, la jeune princesse d'Erebor. Ils sont nombreux ceux qui lui disent qu'ils vont bien, que ce n'est qu'une égratignure, qu'ils peuvent se débrouiller seul ou qu'ils n'ont pas besoin d'être maternés. Ces mêmes personnes reviennent se plaindre quelques jours plus tard d'une plaie malencontreusement rouverte, de maux de tête ou d'une vilaine infection mal soignée. Alméïde commence à en avoir l'habitude et elle sait désormais lorsqu'il est utile d'insister. Cette fois-ci, elle se sait vaincue d'avance, même si quelque chose en elle la pousse à tenir bon. Elle sait que la blessure n'est pas grave néanmoins, que le voltigeur s'en sortira avec un bon mal de crâne le lendemain matin et des bleus un peu partout. Elle a simplement craint un moment qu'il ne puisse retrouver le chemin de sa demeure et qu'il finisse la nuit dans une ruelle sombre de Lorgol où il se ferait dépouiller de ses biens ou pire. L'idée la fait frissonner, mais elle se rassure en se disant qu'il semble bien mieux se porter maintenant qu'ils ont fait quelques pas dans la cité et que la douceur du vent caresse leur visage à mesure qu'ils avancent. Elle ne doute plus de sa capacité à pouvoir rentrer par ses propres moyens. Bon d'accord, juste un peu. Un tout petit peu. En fait, elle jette régulièrement un regard soucieux dans sa direction pour en être sûre. Pas trop, pour ne pas se faire trop inquisitrice, mais juste assez, par réflexe, veillant au bien-être de son patient. Ne lâchant pas sa main tout au long du chemin peu fréquenté, si ce n'est quelques passants au loin et des patrouilles de gardes – on se demande bien où ils étaient lorsqu'ils ont été abordés par les trois énergumènes de tout à l'heure. Il est trop tard de toute manière pour s'en faire. Ils sont certainement partis cuver leur vin ailleurs.

« Non, Ma dame, vous pouvez vous rassurez, vous n’avez rien interrompu du tout, je m’apprêtais à rentrer en vérité. J’ai sans doute assez fais la fête comme ça pour ce soir, ne croyez-vous pas ? » Elle sourit à son tour, presque complice, ne pouvant contredire de telles paroles puisqu’elle a été témoins des conséquences de la soirée dont il a sans nulle doute profité. Parfois, elle aimerait avoir cette insouciance que beaucoup possèdent, de celle qui leur permet d'agir sans avoir à regarder par dessus leur épaules afin de vérifier s'ils sont observés ou non. Elle a bien trop peur de ce regard étranger, la princesse des dunes. Elle sait qu'elle n'est même pas réellement une princesse aux yeux de tous, qu'elle n'est qu'une bâtarde qu'Anthim a eu le mauvais goût d'élever à un rang trop beau pour elle et qu'au moindre faux pas, on la pointera du doigt. Elle n'a aucun désir de faire honte à cet homme qu'elle chérit tant alors elle est sage, la jeune Erebienne. Et puis, loin d'elle l'idée d'attirer l'attention, elle qui se complaît dans une solitude agréable, contrôlable. Elle suit les règles comme on le lui a appris et ne parvient réellement à se détendre qu'en compagnie de ceux en qui elle a une entière confiance. Ou parfois, en compagnie de personnes surprenantes qui, par un heureux coup du Destin, savent comment la mettre à l'aise et lui arracher quelques rires sincères et sans faux semblant.

« Si vous n’aviez pas été là, cela se serait terminé de façon beaucoup moins pacifique, je le crains. C’est à moi de vous être reconnaissant belle Alméïde, sans vous, j’aurais sans doute récolté un peu plus que cette simple blessure. » Lèvres pincées, elle ne prononce pas un mot, mais elle ne juge pas pour autant. Si elle déteste la violence physique, elle peut concevoir que certains perdent leur sang froid lors de situations particulières. Après tout, elle est Erebienne, et les êtres qui peuplent son duché sont connus pour avoir le sang chaud. « Vous êtes aussi douée avec vos mots qu’avec vos doigts, et je suis reconnaissant à Uld d’avoir provoqué ma chute. Presque. » Elle laisse échapper un léger rire cette fois, du bout des lèvres. « C'est une chance en effet. Cette vilaine bosse est un prix bien cher à payer néanmoins pour cette rencontre, aussi agréable soit-elle. » Sourire en coin, elle n'en pense pourtant pas moins. C'est effectivement une agréable rencontre, malgré un vague incident de parcours et elle est ravie que leurs chemins se soient croisés. Le ton reste léger entre eux et Alméïde se sent étrangement en confiance, peut-être un peu naïvement, qui sait.

« Serait-ce présomptueux de ma part que de vous demander de si je peux venir vous saluer, si un jour je passe par l’Académie ? Pour vous assurer que je vais bien, évidemment, et que je n’ai définitivement pas une commotion. » Elle est un peu surprise par la question, Alméïde. Mais elle réalise bien vite qu'il ne sait pas vraiment qui elle est et que, dans le cas contraire, peut-être n'aurait-il pas eu cette audace. Ou peut-être que si après tout. C'est un sourire timide qui se dessine alors sur ses traits quand elle songe à cette proposition. « Je... Bien sûr, vous pouvez venir me voir si vous le désirez. Je ne laisse jamais mes patients sans surveillance. » Légèrement taquine, elle continue néanmoins : « Je retourne en Erebor dans trois jours et je ne reviendrai qu'à la rentrée prochaine. Si vous êtes dans le coin à ce moment-là, n'hésitez surtout pas à passer. » Vient-elle sérieusement de lui dire ça ? En tout bien tout honneur évidemment, sans aucune arrière pensée la princesse. Parce qu'elle ne songe pas vraiment à autre chose dans ces cas-là. « D'ailleurs, Mayeul, êtes-vous posté ici, à Lorgol ? Ou êtes-vous dans la cité pour des raisons personnelles ? » Elle est sincèrement curieuse la jeune femme qui avance à ses côtés d'un pas tranquille, sans chercher à se presser.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Jeu 23 Juin - 0:02

Mayeul n’ignorait pas les regards fréquents que la jeune femme lui adressait, analysant sans doute s’il allait bien, ou si sa blessure légère ne s’était pas mise à saigner de nouveau. Il trouvait ça adorable de sa part de s’inquiéter pour lui, et se garda bien de répliquer qu’il allait bien, évitant de se retrouver ainsi privé de ces charmants yeux qui s’attardaient quelques secondes sur lui. Il se sentait bien, mieux : la tête qui tournait toujours un peu, les pas toujours hésitants, mais mieux. Il faut dire qu’il avait l’habitude, et qu’au bout d’un moment, son cerveau avait appris à compenser avec la brume qui l’habitait. Ce qui était légèrement inquiétant sur son état mental et son niveau de dépendance, mais Mayeul décida de ne pas s’en préoccuper pour l’instant. Ni jamais, en fait.
Sa tirade sur le fait qu’il ne se serait pas montré aussi sage - ou raisonnable, c’est selon - avec les hommes qui les avaient accosté sembla contraire aux principes de la jeune femme, mais elle ne protesta pas, et Mayeul n’ajouta rien d’autre. Il n’était pas un bagarreur mais parfois, surtout lorsqu’il n’était pas en état de la contrôler, la colère prenait le pas sur la moindre parcelle de son être et le forçait à agir en conséquence. Avant Mathilde, il était caractériel, facile à vexer, s’énervant pour pas grand chose. Désormais, les drogues avaient adouci ce trait de caractère, le brouillard dans son esprit rendant un peu plus compliqué les réactions démesurées. Et s’il était toujours aussi irréfléchi et tête en l’air, au moins avait-il perdu ce côté agressif... Tant qu’on évitait le sujet Mathilde, du moins. Sa soeur avait toujours eu une certaine tempérance sur son caractère fougueux, et retrouver ce même trait de caractère chez Alméïde le perturbait plus qu’il ne voulait l’admettre. Il ne savait pas trop comment classifier la jeune médecin, connaissance à peine. Main secourable d’un soir? Elle avait refusé ses avances avec bonne humeur, et pourtant, sa main n’avait pas quitté celle du Voltigeur, indiquant bien qu’elle ne l’avait pas totalement rejeté, et qu’elle tenait à veiller sur lui, un minimum. Pourquoi? Il n’était qu’un patient éphémère, un sur les dizaines qu’elle devait rencontré chaque semaine.

Il n’était pas assez stupide, ou assez drogué, pour la comparer à sa soeur ou quoi que ce soit. Pas d’élan fraternel envers elle, pas de sourire ou de tournure de phrase dans lesquelles il reconnaissait sa jumelle. Non, elle était Alméïde, et elle se souciait de lui. C’était d’ailleurs ce qui l’interrogeait le plus. Pourquoi? Pas qu’il ne s’estime pas digne d’intêret - au contraire - mais souvent, après avoir refusé ses propositions de passer la nuit en sa compagnie, les femmes qu’il fréquentait ne s’attardaient guère. Elle, si. Il l’avait protégé, certes, mais il n’avait fait que son devoir, et elle le savait. Il aurait protégé n’importe qui, parce qu’il était voltigeur, et qu’elle était une victime innocente. Se pouvait-il qu’elle agisse de la même façon pour lui, pauvre victime d’une chute stupide? Qu’elle cherchait à le protéger? Cela aurait le mérite d’expliquer ses regards anxieux, et sa main dans la sienne.
Mais du coup, il ne savait pas comment se comporter. La rejeter, lui dire qu’il n’avait pas besoin d’aide? Parce qu’il n’avait pas besoin d’aide, mais l’abandonner ainsi dans les rues ne lui semblait guère judicieux. Il s’était promis de veiller sur elle jusqu'à ce qu’elle soit de retour à l’Académie, il ne romprait pas cette promesse. Et puis, il appréciait sa douceur et son sourire timide, la chaleur de sa main dans la sienne, son rire léger et communicatif.
C’est pour ça qu’il avait demandé s’il pouvait la revoir, regrettant ses paroles au moment même où elles quittaient sa bouche. Pas qu’il soit particulièrement timide - au contraire - ou qu’il ait peur d’être rejeté, non, mais simplement parce qu’il ne voyait pas lui-même pourquoi il lui avait posé la question. Il l’appréciait, certes, mais c’était assez peu probable que leurs chemins ne se croisent par la suite. Sauf qu’il avait parlé, sans réfléchir, comme d’habitude, impliquant cette inconnue dans sa vie alors qu’il fallait peut-être mieux ne pas le faire. Peut-être que si elle lui disait non, il en serait soulagé, en un sens.

Depuis la mort de Mathilde, Mayeul avait changé. Il s’était renfermé sur lui même, léchant ses plaies, son coeur meurtri, en essayant de ne pas sombrer totalement. Il réussissait, tant bien que mal, plutôt mal que bien à vrai dire. Lui qui auparavant collectionnait conquêtes et amitiés sans jamais se lasser se montrait bien plus méfiant. Il donnait le change, liait connaissance, parlait, riait, mais ne laissait entrer personne. Grâce, Mélusine, Denys même, le connaissaient d’avant. Avant tout ça, ce qui en faisait des amis précieux, parce qu’ils partageaient les mêmes souvenirs que lui, ceux de Mathilde. Depuis... Depuis, il maintenait les gens à l’écart. Marianne, ses camarades, et d’autres encore. Eux ne connaissaient pas le vrai Mayeul. Et il n’avait pas envie de leur laisser le connaître, parce que sans Mathilde, il n’était plus sûr de connaître lui-même qui il était vraiment. Apolline avait su, il ne savait comment, trouver son chemin parmi les obstacles qu’il lui avait imposé. Et quelque chose en Alméïde, sa douceur, sa compréhension peut-être, lui disait que s’il lui laissait cette chance, elle y parviendrait elle aussi. Et il n'était pas sûr de le vouloir.

Visiblement, la question la prenait autant au dépourvu qu’elle l’avait surprise lui-même. Alors il avait ri, plaisanté, parce que c’était ce qu’il savait faire de mieux pour ne pas montrer à quel point il se sentait perdu. Dans le court silence, il avait espéré qu’elle dirait non, peut-être. Mais elle accepta, timide et taquine à la fois, lui expliquant qu’elle ne reviendrait qu’à la rentrée. Et l’invitant à venir la voir. Mayeul releva les yeux vers elle, trébuchant presque, sa main serrant plus fermement celle d’Alméïde. Peut-être que c’était le Destin. Peut-être qu’il se trompait du tout au tout, et que laisser cette jeune femme douce et compétente s’approchait n’était pas une erreur. Peut-être qu’il avait besoin de doux sourires, de mains chaudes et de quelques pas pour continuer à avancer. Sans qu’elle ne pénètre son jardin secret, sans qu’il ne se dévoile de trop, mais l’accompagner, un bout de chemin. Et aussi fort qu’il avait eu envie qu’elle dise non, il se sentait maintenant heureux qu’elle ait dit oui.
Qui sait, nos chemins se recroiseront peut-être avant? Mais je vous promets de venir vous enlever le temps d’un verre et d’une balade à Lorgol. Sans trébucher cette fois.
Assura-t-il avec un sourire, avant de réfléchir au reste de sa question.
Je suis posté à Euphoria, j’ai quelques jours de repos avant de rentrer retrouver mes parents, et j’en profite pour venir saluer quelques amis. J’ai été élève de l’Académie aussi, avant de devenir cadet, et j’ai passé quelques années à arpenter Lorgol. J’aime bien venir retrouver son ambiance parfois.
Avoua Mayeul, s’efforçant pourtant de ne pas s’appesantir sur le sentiment d’être là sans sa soeur jumelle à ses côtés. Lorgol lui manquait aussi, quand il était au loin. Il aimait Euphoria, sincèrement, mais Lorgol lui faisait bien plus l’effet d’un retour aux sources qu’autre chose.
J’ai rarement mis les pieds en Erebor, il faut dire que j’habite loin de la frontière et que nos deux duchés ne sont pas particulièrement en bons termes. Les dunes ne vous manquent pas trop, ici?
Demanda le voltigeur avec curiosité. Il y mettait rarement les pieds, mais il survolait souvent les dunes et les rocs d'Erebor, contemplant les paysages magnifiques qui s’étalaient sous les ailes de Nuage.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Ven 24 Juin - 1:36

Elle ne sait pas très bien ce qui l'a amenée à lui faire confiance ainsi, aussi facilement. Son humour un peu douteux du début ? Sa maladresse touchante ? Le fait qu'il soit voltigeur ou qu'il soit assez respectueux pour ne pas insister lorsqu'elle a poliment refusé ses avances ? Tout cela est un peu confus ; elle sait bien qu'il n'est qu'un inconnu, une personne de passage, son patient éphémère. Il aurait pu être dangereux, il aurait pu se jouer d'elle ou même profiter d'elle. Et peut-être est-ce pour cette raison qu'elle n'a pas réellement dévoilé son identité. Naïve peut-être, mais réfléchie tout de même, la princesse. Elle l'apprécie néanmoins, comme rassurée par sa présence dans les rues de Lorgol. Cette cité est belle, incroyable, pleine de surprises et pourtant, elle n'y est pas toujours totalement rassurée. Entre curiosité innocente et prudence calculée, Alméïde parcourt ses rues sans jamais savoir sur quoi elle va tomber. C'était certainement un peu inconscient de sa part, de sortir à nouveau après le coucher du soleil, elle qui ne possède tout bonnement aucune notion de défense. Mais l'air est si doux, la cité si fascinante. Elle a pensé pouvoir passer entre les gouttes une nouvelle fois, filer aussi discrètement qu'une ombre et retourner en toute tranquillité dans sa chambre à l'Académie. Cette nuit, pourtant, le Destin avait d'autres projets pour elle. Et peut-être, qui sait, qu'il en a encore.

« Qui sait, nos chemins se recroiseront peut-être avant ? Mais je vous promets de venir vous enlever le temps d’un verre et d’une balade à Lorgol. Sans trébucher cette fois. » Nouveau sourire amusé, nouvel éclat complice dans les prunelles. Ce doit être cette simplicité, cette spontanéité, qui parvient à la mettre ainsi à l'aise. Une légèreté qu'elle retrouve chez Mélusine, son amie la plus chère depuis bien des années. Ca ne s'explique pas vraiment en fait, elle a simplement l'impression qu'elle peut lui faire confiance à cet instant. Après tout, il l'a tiré d'une bien fâcheuse posture. Et de son côté, elle garde elle aussi un œil sur lui après sa vilaine chute. Il serait certainement bien dommage qu'il finisse par tourner de l’œil malgré tout, même si elle en doute désormais.

« Je suis posté à Euphoria, j’ai quelques jours de repos avant de rentrer retrouver mes parents, et j’en profite pour venir saluer quelques amis. J’ai été élève de l’Académie aussi, avant de devenir cadet, et j’ai passé quelques années à arpenter Lorgol. J’aime bien venir retrouver son ambiance parfois. » Oh, un cielsombrois, tiens donc. Dans un coin de sa tête, elle s'imagine la tête qu'Anthim ferait en la voyant ainsi marcher aux côtés d'un voltigeur de ce duché qu'il hait tant et elle se retient de sourire. Elle acquiesce néanmoins, pouvant tout à fait comprendre de quoi il parle. L'atmosphère de Lorgol est particulière. Il y flotte comme un air de liberté et de désinvolture qui lui plaît à la princesse, bien qu'elle ait du mal à s'y faire.

« J’ai rarement mis les pieds en Erebor, il faut dire que j’habite loin de la frontière et que nos deux duchés ne sont pas particulièrement en bons termes. Les dunes ne vous manquent pas trop, ici ? » Par particulièrement en bons termes, en voilà un doux euphémisme. Situation qu'elle déplore chaque jour, tant elle croit aux multiples possibilités et avantages d'une entente entre les deux duchés voisins. La paix est pourtant bien loin de se dessiner et elle désespère de voir les deux ducs se chamailler à chacun de leurs rencontres tels des enfants capricieux et butés. Mais ceci est un sujet pour un autre jour.

« Les dunes me manquent à chaque fois que je les quitte. J'espère que vous aurez l'occasion de visiter Erebor à l'avenir, il recèle de tant de merveilles, il serait dommage de passer à côté. » Elle l'aime son duché et ça s'entend dans les intonation de sa voix, sincère, enthousiaste. Et même si elle apprécie découvrir de nouveaux lieux, elle est toujours heureuse de retourner auprès des siens, là où elle a grandi.

L'Académie n'est plus très loin désormais. Leurs pas ne sont pas bien rapides, mais pris par leurs conversation, c'est à peine s'ils réalisent qu'ils parviennent à destination. Alméïde ne lui lâche pas la main cependant. Elle s'arrête devant l'imposante entrée, relève vers lui des yeux pleins de reconnaissance. « Merci pour tout Mayeul. Je... Vous êtes certain que vous n'aurez pas de problème pour rentrer seul ? » Il est voltigeur, il ne devrait pas avoir trop de soucis. Elle s'inquiète pourtant la princesse, elle l'observe, semblant évaluer son état. Quoi qu'il ait bu ce soir, il paraît avoir retrouvé ses esprits, au moins un peu. « Si votre plaie s'ouvre à nouveau, vous n'aurez qu'à revenir, j'y jetterai un œil. » Encore une fois, proposition tout à fait sincère de la part d'Alméïde qui prend à cœur de soigner ses patients jusqu'au bout. Elle espère simplement que tout ira bien pour lui.

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Message Sujet: Re: Fantastique première impression - Alméïde   Lun 27 Juin - 1:48

Il est vrai que la situation était presque cocasse : les retrouvailles d’une petite princesse d’Erebor - dont Mayeul ignorait totalement l’identité - et d’un Voltigeur de Sombreciel au beau milieu de Lorgol. Et pourtant, tout en la jeune médecin poussait Mayeul a apprécier cette rencontre. Il doutait, de toute façon, que quelqu’un puisse réellement détestait Alméïde, si douce, si charmante et si facile à apprécier. Sa main chaude dans la sienne, isl marchaient du même pas, échangeant remarques et discussion légère, oublieux de l’Académie qui se rapprochait et des péripéties qui les avaient rapprochés en premier lieu.
Il était ravi, en tout cas, de pouvoir se dire que leur rencontre ne demeurerait pas unique. Même si elle avait refusé ses avances, même si elle devait sans doute le trouver bien peu agile pour un voltigeur, elle sembla accepté avec joie de le revoir. A Lorgol, à la rentrée. Il ne savait pas combien d’années il lui restait à faire à l’Académie, et s’il pensa un instant le demander, l’idée s’effaça bien vite de son esprit.
Et si lui n’avait jamais réellement mis les pieds en Erebor, de par la discorde des deux Duchés, Alméïde semblait ravi de pouvoir, un jour, imaginer qu’il le découvrirait. Le Voltigeur ne pût s’empêcher de sourire devant l’enthousiasme qui vibrait dans la voix de la jeune femme, cette note riche et sucrée qui clamait son amour pour le sable et les oasis. Mayeul voulait bien la croire sur parole et, en un sens, il se sentait presque jaloux. Lui n’avait jamais encore trouvé un endroit qu’il clamerait pour sien avec autant d’intensité : chez-lui, ça avait été là où se trouvait Mathilde. Et bien qu’il apprécie Sombreciel, Vifesprit qui avait abrité ses premiers pas, ou Lorgol et ses années à l’Académie, il n’avait aucun endroit auquel il portait le même amour qu’Alméïde à ses dunes de sable. Et il trouvait ça adorable, en réalité, et n’osait lui avouer qu’il aurait pu l’écouter parler pendant des heures de sa maison, de son duché, sans s’en lasser.

Mais ils venaient d’arriver devant l’Académie, qui les dominait de toute son imposante taille, signe indubitable que leurs chemins se séparaient ici. Ils n’en ont pas tout à fait terminé, pourtant, et devant le regard reconnaissant de la jeune femme, Mayeul émet un léger rire. Elle ne savait pas qu’il lui était bien plus redevable qu’elle ne pouvait le penser, et surtout, son attention était touchante. Elle s’inquiétait encore pour lui, il le voyait bien, se débattant sans doute avec sa conscience de médecin qui l’enjoignait de s’assurer qu’il rentre en un seul morceau. Heureusement pour la fierté du voltigeur, c’était lui qui avait raccompagné la demoiselle, et non le contraire.
N’ayez crainte Ma Dame, je vais bien. Je saurais rentrer à bon port, je vous en fait la promesse. Ce n’est... Ce n’est pas la première fois.
Il avait quelque peu hésiter avant de révéler cette partie de lui et de son addiction, mais il jugea que cela ne portait guère à conséquence, après tout. Une étincelle de gaieté dans les yeux, il demanda à la jeune femme :
Mais si mon sort vous inquiète tellement, je peux faire envoyer un message dès demain.
Pourquoi pas, après tout? Accompagné d’un bouquet de fleurs et de délicieuses pâtisseries fraîches du marché, c’était un moyen comme un autre de la remercier de sa gentillesse et de sa bonté. Oui, il le ferait sans doute, qu’elle soit d’accord ou non.
Merci pour tout Alméïde. Puisse Niobé veiller sur votre sommeil.
Il s’inclina devant elle, dans un parfait baise-main qui trahissait, peut-être un peu, ses origines nobles. Mais qu’importe, à Lorgol, il n’était que Mayeul, Voltigeur, et cela lui convenait parfaitement. Se redressant, il finit par lui lâcher la main, hésitant.
A bientôt.
Et sur un dernier sourire, il recula jusqu’à la rue, quittant la douce Alméïde pour les rues silencieuses, autant qu’elles pouvaient l’être dans cette ville qui ne dormait jamais totalement. Il lui ferait livrer des douceurs, oui, demain matin. Sa main s’égara sur la bosse qui ornait son front, avec un sourire amusé. Oui, décidément, il ne regrettait pas d’avoir jouer les maladroits ce soir.


RP TERMINE

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