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 Rencontre nocturne

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Dragonnet du Chapitre • Version 2.4
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Message Sujet: Rencontre nocturne    Mer 18 Mai - 18:45


Livre I, Chapitre 3 • Les Amoureux du Vent
Serenus Dardalion et Melinda Orlemiel  

Rencontre nocturne

Fallait pas me bousculer !



• Date : 6-7 mai 1001
• Statut du RP : privé - Terminé
• Résumé : Serenus se rend à Lorgol et decide de prêter main forte à ses collègues après les enlèvements du Carnaval. Lors d'une ronde de nuit dans la ville basse, il percute la jeune Melinda.



Dernière édition par Serenus Dardalion le Jeu 2 Juin - 18:20, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 18 Mai - 19:09

La nuit était tombée depuis maintenant plusieurs heures mais Serenus ne ressentait pas la moindre trace de fatigue. Il déambulait dans les rues de la ville basse, la main sur son épée, a la recherche d'un éventuel indice sur les enlèvements. Il savait très bien que s'éloigner du port de Lorgol ne faisait que rendre ses recherches plus vaines, mais après cette folle journée, il aspirait à un peu plus de calme.
Il était arrivé tot dans la matinée, épuisé par ce long voyage entre la Volte et Lorgol, et n'avait eu droit qu'à quelques heures de repos avant de se lancer dans la quête ordonnée par les hautes autorités a la Guilde qui consistait à prêter main forte a la milice. Des personnes avaient effectivement été enlevée pendant le Carnaval des Miracles et avaient été embarquées sur des navires de pirates. Serenus avait entendu les noms de la Marie Sanglante et de d'autres navires aux noms tout aussi terrifiants.
La ville vivait maintenant dans la peur et dans la panique. Les gens étaient plus méfiants et n'hésitaient pas à dégainer leur dague dès que quelqu'un les touchait. Serenus soupira en pensant à ce pauvre vieillard qui avait été poignardé car il avait posé sa main sur l'épaule d'une jeune fille. Il n'avait pas survecu et celui qui l'avait tué s'était défendu en disant qu'il l'avait prit pour un pirate ou pour l'un des ravisseurs. Mais bien sûr... La paranoïa pouvait conduire à bien des actes horribles.

Le guerrier entendit un bruit et tourna la tête. Il s'arrêta et pencha la tête. Il se rassura quand il comprit que le bruit venait d'une des fenêtres au dessus de sa tete ou un couple profitait bien de leur soirée A en juger par le boucan qu'ils provoquaient. Il fit une petite moue en repensant à la nuit qu'il avait passé avec son épouse avant son départ pour Lorgol. Celle ci avait tout fait pour qu'ils passent une excellente soirée et pour ne pas penser à la séparation. Serenus sourit en se disant que sa femme ne manquait pas d'imagination pour lui plaire et surtout pour l'empêcher d'aller voir ailleurs.
Il devait avouer qu'il n'était lui non plus pas très rassuré, il avait insisté pour effectuer seul cette ronde afin de, comme il l'avait dit, empêcher le risque de soupçon, mais maintenant il regrettait de ne pas avoir demandé à un de ses collègues de Lorgol de l'accompagner. Son ancien capitaine l'avait laissé partir car il savait que son ancien guerrier savait parfaitement se défendre, mais il lui avait chaudement recommandé d'être prudent.

Serenus restait donc méfiant, attentif au moindre bruit, il croisait de temps en temps des personnes qui fonçaient tête baissée vers leur destination mais sinon la rue restait vide. Il tourna dans un virage et percuta violemment une jeune fille. Celle ci tomba a la renverse et se retrouva assise sur le derriere. Serenus sourit et la releva d'une seule main. Il veilla à ce que celle ci n'ait rien et lui dit sur un ton taquin mais qui se voulait autoritaire:

- Regardes où tu vas la prochaine fois. Et ce n'est pas très prudent, pour une jeune fille aussi fragile, de se balader dans la ville basse à cette heure !

Serenus leva la tête et posa les mains sur ses hanches. Il portait une armure légère qui lui permettait de se déplacer sans trop faire de bruit et surtout de pouvoir courir sans se fatiguer. Il se dit que celle ci etait peut être la cause de la chute de la jeune fille. C'était un peu comme percuter un arbre. Mais il voulait avant tout la dissuader de se balader ici en pleine nuit. C'était en effet une attitude dangereuse, elle risquait gros en parcourant ces rues à cette heure..

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 18 Mai - 20:51

La ville basse de Lorgol.

Dès que j’avais entendu dire qu’il était dangereux de se promener ici à la nuit tombée, je m’étais sentie envahie d’une envie irrésistible de déroger aux règles les plus élémentaires de la prudence pour voir ce qu’il y avait de tellement risqué ici à cette heure. Jusqu’à présent, je devais m’avouer passablement déçue. Je n’avais pas encore croisé de coupe-jarrets, d’assassins tapis dans l’ombre ou d’autres malfaiteurs qui auraient profité du couvert de l’obscurité pour s’en prendre à une pauvre demoiselle sans défense. Une idée soudaine me fit sourire. Peut-être paraissais-je tellement vulnérable qu’ils en devenaient suspicieux ?

— La terrible et terrifiante Melinda avance dans les rues de Lorgol ! mimai-je en avançant d’une démarche ridicule, mes mains tendues en pinces menaçantes devant moi.

Je ne tins pas deux minutes dans cette position avant d’éclater de rire devant mes propres mimiques. Décidément, la légende de la dangereuse ville basse ne devait être qu’un ramassis de stupides superstitions. Heureusement qu’un être courageux tel que moi avait eu l’audace de surmonter sa peur pour s’apercevoir de la supercherie ! Trêve de plaisanterie, je comprenais presque la raison de cette ridicule croyance que Lorgol était un endroit dangereux une fois le soleil couché. L’obscurité laissait entrevoir des ombres peu rassurantes, qui se mouvaient comme des créatures terrifiantes, des fantômes prêts à hanter le séjour des vivants, ou plus probablement des malfaiteurs capables de me sauter dessus à tout instant.

Enfin, ce n’étaient que des ombres ! Je les chassai comme l’étreinte d’une mère peut faire fuir les dernières volutes d’un cauchemar enfantin. Je secouai la tête et me remis en route, hésitant presque à céder à la tentation de siffloter gaiement. Je choisis finalement de garder le silence, pour apprécier le calme étrange de la cité en pleine nuit. Bien entendu, j’entendais de temps en temps quelque cri porté par les vents, mais je n’en tenais pas compte. Probablement un animal qui contribuait à entretenir la légende de la dangereuse ville basse. A moins que ce ne soit vraiment un homme en train de se faire détrousser dans une sombre ruelle…

— Ce qui est sûr, c’est que si criminels il y a, ils sont probablement trop occupés à avoir peur des légendes qu’ils contribuent à créer sur ce qu’il se passe ici la nuit pour avoir le temps de faire vivre lesdites légendes, ricanai-je en levant les yeux au ciel.

Le souffle coupée, je gardai la tête levée vers le ciel. D’ici, j’avais une superbe vue sur les étoiles, entre les deux rangées de maisons qui s’élevaient vers le firmament. Une émotion particulière me heurta au cœur. Souvent, avec mon frère, et plus tard quand je m’étais retrouvée seule, il m’arrivait de m’allonger simplement dans l’herbe longeant ma maison pour observer des heures durant le ballet silencieux des astres lumineux. Loin de me sentir triste d’être partie – hors-de-question que je regrette d’être venue ici – ce fut plutôt avec douceur que j’envoyai une tendre pensée à mes parents restés en Outrevent. J’étais persuadée qu’ils allaient bien. Le contraire ne pouvait pas être possible. Je songeai à la quantité de miel qu’ils avaient vendue cette année, aux nombres de ruches qui bordaient notre demeure, et un sourire étira lentement mes lèvres.

Brutalement, m’arrachant au bonheur simple de cet instant magique, une silhouette indistincte me percuta violemment. Un instant, tandis que je tombai rudement sur le sol, j’eus un éclat de bon sens. Ce nouveau venu pouvait être n’importe qui. Un meurtrier. Un voleur. Un violeur. Toutes les rumeurs qui m’étaient parvenues sur la ville basse de Lorgol surgirent dans mon esprit à cet instant précis. Aussitôt, je les niai en bloc. Etre en danger ? Ça ne pouvait pas m’arriver. Pas à moi. D’abord parce que j’étais persuadée que, même au-delà de la mort, mon frère me protégeait, ensuite parce que ma vie n’était tout simplement pas finie. Rassérénée, je n’essayai même pas de lutter lorsque l’inconnu me releva.

Je remarquai qu’il n’avait utilisé qu’une seule main. J’étais peut-être légère, mais il devait surtout être particulièrement fort. L’idée que je n’aurais pas pu résisté s’il avait tenté de me tuer ne me traversa même pas l’esprit : j’étais déjà focalisée sur autre chose. Je pris une profonde inspiration, m’apprêtant presque à m’excuser pour avoir été aussi distraite. J’espérais pouvoir reprendre ma route et mes réflexions sur la dangereuse ville basse – que je n’étais visiblement plus la seule à avoir le courage d’affronter – sans trop tarder. Il se mit alors à me parler, d’un ton détestable, un brin moqueur, un brin autoritaire, comme s’il pouvait se permettre lui, l’inconnu, l’étranger, de me donner des ordres !

Je l’écoutai pourtant, déjà exaspérée par le son de sa voix. La teneur de ses paroles, elle, suffit à me faire sortir de mes gonds. D’accord, j’avais été distraite, et j’observais les étoiles en songeant à ma famille au lieu de regarder où j’allais, mais… je n’étais pas fragile ! J’avais le sentiment que, si je le laissais faire, il me traiterait comme un enfant surpris à mettre sa main trop près du feu : il me prendrait par la peau du cou, me trainerait loin du danger, et me dirait d’un ton condescendant de faire attention la prochaine fois. Pire : à la fin de son petit discours moralisateur, il posa les mains sur ses hanches dans une attitude indubitablement arrogante.

Je lui jetai un regard pour graver ses traits dans ma mémoire. Il était temps qu’il se rase la barbe. Je n’aimais pas la couleur indescriptible de ses cheveux. Je haïssais la lueur d’inquiétude condescendante que je lisais dans ses yeux. Et je n’appréciais pas du tout le son de sa voix. Peut-être, je l’avouais, mon jugement était-il légèrement faussé par l’obscurité ambiante et l’exaspération que je ressentais pour lui. Je mis mes mains sur mes hanches, imitant son attitude hautaine absolument insupportable et grondai :

— Une collision se fait toujours à deux, et tu es aussi fautif que moi, si ce n’est pas plus ! Après tout, je ne suis qu’une « jeune fille fragile ».

J’avais imité relativement bien son accent condescendant. J’étais douée pour beaucoup de chose, mais la condescendance ne faisait pas partie de mes qualités intrinsèques.

— Tu prétends que ce ne serait pas prudent de me balader dans les rues à cette heure? ajoutai-je en haussant un sourcil sceptique. Je te signale humblement que tu te montres aussi imprudent que moi. Rien d’étonnant, d’ailleurs, puisque les rues sont désertes ! « Dangereuse ville basse »… J’aurais dû me douter que ce n’était qu’une légende… Enfin, toujours est-il que tu n’as aucun droit de me faire la morale alors que tu te comportes comme moi!

Je pris une profonde inspiration pour m’empêcher de parler plus longtemps. Ma mère disait qu’il fallait éviter de parler aux inconnus, et même si je ne l’avais que rarement écoutée, pour une fois, l’idée de mener une conversation nocturne avec un homme qui se comportait envers moi comme si j’étais une gamine de trois ans ne me plaisait guère. Il fallait donc que j’abrège. Au plus vite.

— Et puis sache que ta barbe a bien besoin d’être rasée de près ! Oh, et aussi que tu as une voix immensément… désagréable.

Je le toisai du regard, les mains toujours sur les hanches. C’était étrange de toiser quelqu’un de plus grand que moi, mais j’avais eu l’occasion de m’entrainer à cet art durant toute ma jeunesse, et le regard que je lui lançai, malgré notre différence de taille, n’en restait pas moins d’un souverain mépris.

— J’attends tes excuses, grondai-je finalement pour ne pas céder le moindre pouce de terrain en me détournant pour vaquer à mes occupations.

Cet homme avait beau être physiquement plus fort que moi, il était hors-de-question que je le laisse gagner dans un duel de volontés.

Personne ne pouvait être plus obstiné que moi.

Personne.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 18 Mai - 21:21

Petite mais avec du caractere ! Serenus fut surpris quand la petite riposta et lui dit qu'il était tout aussi fautif. Le guerrier haussa les épaules. Il y avait une part de vérité La dedans mais il ne comptait pas se laisser faire pour autant. Il lui répondit alors :

- Moi ? Fautif ? Ce n'est pas moi qui rêvasse que je sache ! J'ai autre chose à faire petite.

Il remarqua qu'elle avait imité son accent si reconnaissable à cause de ses origines Cibellanes. Son imitation l'irrita profondément. Il n'y avait rien de pire selon lui que d'imiter son accent pour se moquer de lui. Il se dressa afin de pouvoir la regarder de haut. Elle lui dit alors sur un ton méprisant qu'il n'avait aucun droit sur elle, et que les rues de Lorgol n'étaient pas dangereuses. D'après elle ce n'était qu'une légende. Serenus éclata de rire et lui dit en se calant sur le Meme ton qu'elle :

- Tu n'es pas ici depuis bien longtemps Pas vrai ? Pauvre fille, tu ne sais pas que chaque soir des femmes sont violées à chaque coin de rue. Je sais de quoi je parle ! J'ai travaillé ici pendant plusieurs années. Je ne compte plus le nombre de personnes que j'ai retrouvé soit détroussée soit égorgée ou éventrée dans une impasse.   il secoua la tête, dépité et reprit : - J'ai peut être ete imprudent mais au moins je sais me défendre.

Il posa la main sur son épée afin d'appuyer son propos. Il se demanda si elle avait remarqué son appartenance à la Guilde. Mais cette petite avait l'air d'être bien ignorante. Elle venait sans doute à peine de sortir de l'enfance pour s'engager sur les chemins de la dure realité. Elle n'avait peut être jamais rencontré de guerrier. Mais son caractere buté et têtu lui plut beaucoup. Avec un tel caractere, elle pourrait soit s'élever très haut, soit finir tres mal.  Cela se voyait qu'elle n'appréciait pas qu'il lui fasse la morale.
Elle renchérit alors en parlant de sa barbe et de sa voix qu'elle trouvait fort désagréable. Serenus leva un sourcil et porta instinctivement la main sur ses joues. Il fit une petite grimace et lui répondit :

- Je vois pas en quoi ma barbe te dérange. Se raser sans miroir est très compliqué crois moi mais la n'est pas la question. Des personnes ont été enlevées et embarquées sur des navires ! Alors si tu veux pas finir comme eux tu ferais mieux de m'écouter, de te montrer plus gracieuse avec les inconnus et surtout de commencer par porter une arme sur toi ! Au moins une dague !  

Le guerrier secoua la tête quand elle réclama des excuses. Il ricana et riposta sur un ton moqueur :

- C'est toi qui me bouscule et c'est moi qui dois m'excuser ?! Mais où va le monde ! Tu as de la chance que je ne sois pas un bandit petite ou Tu serais deja dans un coin, la gorge ouverte et les poches vides !

Il croisa les bras ce qui provoqua un léger bruit mecanique quand les bracelets en acier de son armure raclèrent contre sa cotte de maille. Il pencha la tête et La regarda de haut en bas. Il pourrait la pousser d'une pichenette.. Cela le fit sourire, elle aurait pu faire une bonne guerrière... Si elle avait été plus épaisse. Mais Apres tout, lui aussi n'était pas très musclé lorsqu'il a rejoint Lorgol pour y suivre sa formation.
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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 18 Mai - 23:12

S’il y avait une chose que je détestais plus que les imbéciles arrogants, c’était les imbéciles arrogants incapables de regarder la vérité en face. En tant que bonne outreventoise, j’avais élevé la franchise comme art de vivre. J’ignorais s’il niait la vérité simplement parce qu’il me considérait comme une gamine impertinente et qu’il ne pouvait pas avoir tort devant moi, ou s’il était trop vaniteux pour reconnaitre ses propres erreurs. Peut-être un peu des deux, soit dit en passant.

— Je constate que vous êtes très occupé à discuter avec une gamine dans les rues de Lorgol, du moins, ironisai-je avec un large sourire. Pour le reste, vous semblez juste complètement paumé. Et je peux vous assurer que rêvasser est une opération bien plus productive et intéressante que cette conversation. Peut-être que vous devriez essayer.

Mon sourire s’élargit de plus belle.

— Ce serait profitable aux lambeaux de votre intelligence, j’imagine. Et vous aiderait à paraitre un peu moins sur les nerfs…

Je compris que mon imitation l’avais énervé lorsqu’il se redressa. Je ne l’avais pas imaginé aussi grand, mais à présent, je sentais mes cervicales me rappeler cruellement à quel point il est douloureux d’être de petite taille. Je pris sur moi pour m’empêcher de me mettre sur la pointe des pieds, poser mes mains sur ses épaules et essayer de le rabaisser par la simple force de mes bras. Etant donné la facilité avec laquelle il m’avait relevée, je ne pouvais que supposer que cette manœuvre n’aurait aucun effet. En plus, je n’étais pas certaine d’avoir envie d’être plus proche de lui que je ne l’étais déjà. Parler avec un inconnu dans la ville basse de Lorgol passait encore. M’approcher ? Sûrement pas.

— Vous n’êtes pas obligé de vous redresser. Je vois bien que vous êtes grand, lâchai-je avec un profond mépris.

Lorsque je prétendis que le danger de la ville basse était une légende, il éclata de rire, et son rire, même méprisant, moqueur, humiliant, glissa sur moi comme de l’eau sur les plumes d’un canard. Le ridicule ne tuait personne, cela du moins je l’avais appris depuis longtemps. Sans cesser de le fixer avec mépris et ennui, je l’écoutai me raconter sa carrière professionnelle absolument soporifique. Cet homme parlait de morts, de cadavres, et de viols comme si tout ça risquait de m’arriver. Il ne comprenait rien. Il ne comprenait pas que ce monde était fait pour moi. Il ne comprenait pas que je n’allais pas mourir aussi pitoyablement que toutes ces pauvres victimes. Puis il osa insinuer qu’il savait se défendre mieux que moi.

— Je ne suis pas les victimes sur lesquelles vous avez travaillées. Je ne subirais pas le même sort qu’elles, affirmai-je sans sourciller, totalement confiante en ce que je disais. Je ne suis pas la petite fille que vous semblez voir en moi. Je sais me défendre. Je sais courir, si nécessaire. Et je sais convaincre.

Il posa la main sur son arme comme s’il tentait de me faire comprendre à demi-mot une menace qui planerait prétendument sur mes épaules. Je secouai la tête pour lui faire comprendre que je n’étais pas le moins du monde impressionnée. Un petit bout d’acier ne me faisait pas peur. Enfin… petit… tout était relatif. Tout du moins, je n’étais pas du tout effrayée.

— Ne caressez pas votre arme comme si elle était votre plus précieux trésor, lui conseillai-je en ricanant. On ne peut pas faire confiance à un objet. Votre épée peut rouiller. Se briser contre un métal plus solide. Vous glisser entre les mains au cœur du combat. Vous déséquilibrer. Se retourner contre vous si un ennemi parvenait à vous la subtiliser. Mes armes, elles m’appartiennent en propre. Aucune lame ne pourra être aussi acérée que ma langue, ça, je peux vous l’assurer.

Un large sourire ourla alors mes lèvres, et mes yeux brillèrent d’amusement.

— En fait, au vu de votre sens de la répartie apparemment aux oubliettes, c’est plutôt vous, de nous deux, qui êtes le plus vulnérable.

Lorsque je commentai sa barbe absolument hideuse, il y porta la main dans un geste défensif qui m’amusa. Le guerrier armé reculait-il devant la pauvre jeune fille sans défense ? L’idée que j’étais plus proche de « la terrible et terrifiante Melinda » que je ne le pensais me fit rire. Il était en train d’expliquer à quel point la vie lui était compliquée – ce malheureux bougre était presque à plaindre, lui qui n’avait pas de miroir pour se raser et qui était en grande recherche, au beau milieu de la ville, de personnes enlevées sur des navires – aussi dut-il penser que je me moquais superbement de ce qu’il disait. Ce qui, en fait, était assez proche de la vérité. Les conseils de prudence qu’il me donna étaient pathétiques, mais il semblait si sérieux qu’il ne devait probablement pas s’en rendre compte. Et c’était moi, la pauvre fille méprisable ? Quelle arrogance…

— Expliquez-moi un peu ce que vous venez faire ici dans le cadre de votre recherche… Etes-vous en train de me dire que nous sommes au milieu de l’océan ? Ou que vous vous êtes perdu dans votre chemin jusqu’au port ? Ou encore que vous fuyez votre devoir ? Ce n’est pas bien, savez-vous, d’échapper à ses obligations…

Je secouai la tête en claquant la langue d’un air réprobateur, comme ma mère lorsqu’elle me surprenait à faire une bêtise vraiment vraiment grave. Il avait la démarche et l’allure d’un homme pétri d’obligations au point d’en oublier les valeurs humaines les plus élémentaires. J’espérais bien que ma remarque le blesserait au plus profond de son ego. Histoire de lui faire payer son odieux mépris.

— En tous cas, il vaut mieux que vous n’ayez aucune conscience de ce que vous êtes en train de dire, vous vous rendriez cruellement compte que vos paroles n’ont aucun sens. Vous me dites de me montrer envers les inconnus à la fois prudente et gracieuse ?

Je secouai la tête avec incrédulité, un rire moqueur au bord des lèvres.

— Ne vous étonnez pas si, par prudence, je préfère garder ma langue acérée et prête à frapper. C’est la seule arme dont j’ai besoin. L’idée de m’alourdir d’une dague me dégoûte, si vous voulez tout savoir.

Je m’emparai de mon poignet comme s’il s’agissait d’une pauvre abeille blessée, et fis mine de trouver ce simple mouvement extrêmement douloureux.

— Et puis, vous savez, j’ai le poignet un peu faible. Je risquerais de lâcher une arme ou, pire, de faire un faux mouvement et de la retourner accidentellement contre moi. C’est ça, d’être une « jeune fille fragile ».

Une nouvelle fois, j’avais imité son accent insupportable. J’avais constaté à quel point ça l’importunait, et je n’hésitais pas une seconde à jouer à nouveau sur cette corde sensible. Est-ce que j’allais culpabiliser de cette preuve évidente de mauvais goût humoristique ? Quand il me donna, à la place des excuses attendues, un commentaire sarcastique, je décidai que non, décidément, il était hors-de-question que je ressente le moindre remord.

— Vous devez vous excuser parce que cette collision est de notre fait à tous les deux, et que vous êtes, selon vos propres dires, le plus fort, le plus grand, et le plus à même de vous défendre. Et en imaginant que vous auriez pu être un bandit ?

Je ricanai pour lui montrer l’étendue de ma considération envers cette idée stupide.

— D’abord, vous n’êtes pas un bandit, alors il est inutile de se projeter dans un scénario hypothétique, mais puisque ça semble vous faire plaisir de penser que ma sécurité n’est due qu’à la chance… Donc, je disais, en imaginant que vous auriez pu être un bandit, je ne pense pas que vous auriez pu m’égorger. Vous avez cessé d’être quelqu’un de potentiellement malintentionné dès l’instant où vous m’avez relevée. Couchée par terre, j’étais inaccessible à n’importe quel malfaiteur debout, surtout aussi grand que vous. Penché, ledit malfaiteur aurait été en situation de déséquilibre. Je ne suis pas si facile à tuer, quoi que vous en pensiez.

J’aurais aimé lever le menton d’un air hautin, mais je devais déjà relever la tête pour le regarder, et me pencher plus en arrière encore me paraissait difficilement réalisable. Je me contentai donc de le défier du regard, espérant que ce qu’il y lirait suffirait à lui instiller l’idée de me laisser tranquille. D’autant plus que notre conversation animée, dans une rue déserte, résonnait étrangement dans la relative tranquillité de la nuit. Je n’avais pas vraiment peur, mais cette conversation ridicule me donnait simplement envie de rentrer chez moi.

Toutefois, c’était à lui de céder le premier.

Cela du moins, j’en étais sûre.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Jeu 19 Mai - 10:48

Il leva un sourcil. Décidément, cette petite lui donnait du fil à retordre. Il n'avait pas l'habitude de se faire dominer par une gamine qui sortait à peine de l'enfance. Tout d'abord elle le critiqua sur le fait qu'il s'obstinait à continuer cette conversation et qu'il ferait mieux de faire comme elle, c'est à dire rêvasser. La goutte d'eau qui fit déborder le vase vint quand elle se moqua de son intelligence qui selon elle etait en lambeaux. Serenus serra les poings puis il souffla intérieurement. Il n'allait quand même pas frapper cette jeune fille, il en avait le pouvoir mais il savait que cela ternirait la réputation de la Guilde. Un guerrier devait savoir rester maitre de lui même en toutes circonstances. Il se contenta donc de secouer la tête avec un sourire dépité. Il demanda sur un ton surpris quand il remarqua qu'elle ne le tutoyait plus :

- Tu me vouvoie maintenant ?

Il haussa les épaules et la laissa alors continuer.
Elle lui dit avec dédain qu'elle savait se défendre. Serenus pencha la tête et la détailla de haut en bas, il est vrai qu'elle pouvait facilement échapper au danger grâce à sa silhouette svelte, elle pourrait facilement se glisser et se cacher dans les moindres recoins. Puis elle lui dit qu'elle savait convaincre. Serenus lui répondit alors en souriant :

- Alors dis moi comment comptes tu convaincre un bandit de ne pas te détrousser ? Vas y je t'écoute.

Elle regarda sa main qui se posait sur son épée et renchérit sur le fait que son arme pouvait a tout moment lui faire défaut. Serenus se contenta d'hausser les épaules, il était vrai que son épée ne pouvait pas toujours le defendre mais il avait plus d'un tour dans son sac. Il gardait en effet dans ses gantelets et dans ses bottes des petits poignards acérées comme des lames de rasoir au cas où son épée serait inutilisable. Lorsqu'elle lui dit qu'elle pouvait se defendre grâce à sa répartie et a sa langue, Serenus ricana. Il lui dit alors avec mépris :

- Ta langue pourra certes être bien utile contre les personnes qui ne te veulent aucun mal, mais le jour où tu te retrouveras face à un violeur, ce sera une autre histoire. Mais bon, si tu dis que tu es capable de te défendre de cette manière, je suis content pour toi mais j'espère que ce jour n'arrive jamais.

La jeune fille, lorsqu'il évoqua les enlèvements, riposta en se moquant du fait qu'il se trompait d'endroit pour enquêter. Il se dit en soupirant qu'elle avait raison. Ce n'était pas ici qu'il risquait de trouver quelque chose. Mais il avait le pressentiment que s'il se rapprochait de la Taverne de la Rose ou du Poney qui tousse, il pourrait peut être apprendre quelque chose qui leur serait bien utile. Il avait conscience qu'il perdait son avantage face à la jeune fille et qu'il était sur le point de perdre la partie. Il ne pouvait pas se permettre d'être humilié de la sorte. Un guerrier ne devait jamais baisser le regard et se laisser soumettre.
Il répondit à la jeune fille :

- Un guerrier ne fuit jamais devant ses obligations. il regarda autour de lui, sur d'avoir entendu un hurlement, avant de reprendre :il cherche juste un moyen de contourner les problemes. Si tu veux tout savoir, je suis certain que des pirates sont en train de cuver dans les tavernes de la ville. Je pourrais en apprendre plus sur ces enlèvements en allant... Les questionner

Il sentait surtout qu'il perdait pied. Elle n'hésita pas à critiquer sa répartie et a dire que ses paroles n'avaient aucun sens. Une fenêtre s'ouvrit au dessus de sa tete et un visage d'enfant apparut, mal réveillé mais curieux. Serenus soupira. Il manquait plus que ca. Un spectateur pour assister à l'humiliation qu'il allait subir. Serenus ferma les yeux et serra les dents, tentant ainsi de garder son calme. L'enfant au dessus de sa tete ricana, un guerrier qui se faisait dominer par une jeune fille, cela ne se voyait pas tous les jours. Celle ci ne le laissa pas le temps de se defendre qu'elle renchérit sur le fait qu'une dague serait pour elle inutile et que de plus elle serait incapable de la porter vu qu'elle est "une fille fragile". Elle en profita alors pour reccomencer a imiter son accent. Serenus pinça les levres. Il fallait qu'il en finisse et vite mais il ne voyait pas comment il pourrait procéder sans se reprendre des piques tout aussi humiliantes à la figure. Il se contenta donc de garder le silence et l'écouta pendant qu'elle faisait des louanges sur sa petite taille. Lui aussi commençait à en avoir assez de cette discussion inutile. Il savait que s'il continuait à se defendre, la langue acérée de la jeune fille le remettrait à sa place mais s'il capitulait, sa reputation en prendrait un sacré coup. Il ferma les yeux et prit rapidement sa decision. Il dit alors :

- Tu as raison sur un point. Cette discussion ne nous mènera nulle part. Je n'ai pas le temps de continuer sur une telle voie car j'ai du travail. Alors je vais gentiment retirer ce que j'ai dis au début et m'excuser.

Le gamin au dessus de sa tete éclata de rire ce qui fit pâlir le guerrier. Il garda cependant ses yeux rivés sur ceux de la jeune fille et tendit la main. Il dit sur un ton parfaitement neutre mais avec un petit sourire  :

- Puis je connaître le nom de celle qui a réussit a faire plier un guerrier de la Guilde ?
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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Jeu 19 Mai - 19:37

Il cédait. Les signes étaient infimes, comme des indices dispersés au beau milieu d’une pièce mais invisibles pourtant pour tout observateur trop peu attentif. Entrainée mon existence durant à opposer mon impitoyable obstination à mes congénères, je les remarquai immédiatement. Pour moi, ils étaient aussi visibles qu’un soleil en pleine nuit. Même si je n’avais jamais vu de soleil en plein nuit, en fait. Toujours était-il que je remarquai la colère qu’il s’efforçait de contenir – ce qui était tout à son honneur, parce que la plupart de mes interlocuteurs ne s’embarrassaient pas de ce genre de sentiments –, la façon dont il secoua la tête comme s’il ne parvenait pas à croire qu’il était en train de perdre contre une gamine comme moi, et le sourire qui étira ses traits juste avant qu’il ne parle. Sa réplique elle-même, banale remarque sur le passage du tutoiement au vouvoiement, prouvait qu’il en avait assez d’argumenter avec moi.

— Le tutoiement est signe d’un rapprochement que je ne suis pas certaine de vouloir partager avec vous, lâchai-je d’un ton mielleux.

A vrai dire, ce n’était qu’une partie de la vérité. Je n’avais pas fait attention à mes paroles, et le vouvoiement, comme le tutoiement, me venait aussi naturellement que la franchise dont je faisais preuve envers ceux qui en avaient bien besoin. Le « vous » que je lui avais attribué comme un titre était surtout une preuve que j’étais moins furieuse contre lui que je ne le pensais, et que le mépris avait cédé la place en moi à l’amusement. Notre conversation, il était vrai, me paraissait de plus en plus ridicule. Nous étions au beau milieu de Lorgol, la ville basse, à jouter d’une façon à laquelle il n’était probablement pas accoutumé, avec un parfait inconnu. C’était… assez plaisant. Même s’il devait vraiment faire quelque chose pour arranger l’horreur qui lui servait de barbe.

A cet instant, il essaya de reprendre du terrain. Les signes de son avancée me parurent aussi évidents que l’avaient été ceux de sa défaite. Son visage et son ton amusé, puis la façon méprisante qu’il eut de me dire qu’il m’écoutait, comme s’il s’attendait surtout à ce que je dise quelque chose de ridicule pour qu’il puisse se moquer de moi et de ma prétention. Pas de chance pour lui, j’étais bien trop douée pour sombrer dans un piège aussi puéril. Je haussai les yeux au ciel comme si j’avais en face de moi un gamin ignorant. Sans doute, d’ailleurs, devait-il penser exactement la même chose de moi.

— Je ne me projette jamais dans l’avenir, c’est généralement destructeur pour toute initiative improvisée, expliquai-je avec un large sourire innocent. Je suis persuadée que j’aurais pu trouver les mots nécessaires pour expliquer à un bandit à quel point il serait dangereux et malavisé de me détrousser. J’ai autant confiance en mes talents de persuasion que vous devez en avoir envers vos capacités de bretteur. A quoi bon imaginer un adversaire alors qu’il pourrait tout aussi bien se comporter de façon totalement imprévue ?

J’esquissai une moue peu convaincue.

— Comme simple preuve, aviez-vous imaginé un seul instant qu’en vous promenant ici de nuit vous croiseriez une jeune fille de mon âge qui s’amuserait à vous faire la leçon comme si vous n’étiez qu’un gamin ? D’ailleurs, auriez-vous pu vous y préparer ? Permettez-moi de dire que j’en doute…

Lorsque je me permis de critiquer son arsenal d’armes, il se contenta de hausser les épaules. Mon respect pour lui augmenta. D’un cran. Il ne portait pas, comme certains guerriers que j’avais eu l’occasion de croiser, une vénération déplacée à son équipement. J’en parvins presque à lui pardonner tout le reste. Enfin… sauf son attitude arrogante. Il se comportait comme si son âge et sa force lui permettaient de donner des conseils à tous ceux qui se révélaient plus jeunes et de plus faibles que lui. Aussi, quand il mit en doute l’efficacité de mon talent d’éloquence, je décidai de le mener en bateau un peu plus longtemps. J’affichai une expression d’un souverain mépris et rétorquai :

— Si vous ne parvenez pas à comprendre l’efficacité d’une langue bien entretenue et bien entrainée, c’est simplement que la vôtre laisse à désirer. Vous ne parvenez pas à comprendre une chose d’une simplicité élémentaire : je ne suis pas faite pour me laisser maltraiter sans réagir, et comme vous avez pu vous-mêmes l’expérimenter, quand je décide de me défendre, je peux me montrer aussi obstinée qu’une abeille travailleuse, et aussi désagréable qu’une piqûre qui ne cesse jamais de démanger ! Estimez que je suis naïve si vous le voulez, mais je suis persuadée que ce qui arrive à ces pauvres malheureux ne m’arrivera pas à moi. Je ne suis pas comme eux.

Je remarquai l’instant précis où il céda. Enfin… céder n’était pas le mot exact. Il perdait depuis l’instant même où il avait osé me refuser ses excuses. Il venait simplement de s’en apercevoir. Les guerriers bornés étaient parfois lents à la détente… Il rendit les armes une bonne fois pour toute avec un léger soupir en réponse à ma remarque sur l’endroit où nous nous trouvions de toute évidence peu en adéquation avec celui où il devait enquêter. Une ultime lueur de fierté brilla pourtant dans son regard et vibra quelques secondes dans sa voix. Il eut l’audace de prétendre qu’un guerrier ne fuyait pas ses obligations et toutes les autres stupidités dignes de ces êtres fermés qui ne parvenaient pas à saisir qu’il existait un monde en-dehors du groupe social auquel ils appartenaient. Il tenta même de se trouver une excuse pathétique.

— Je suis persuadée que vous ne croyez pas vous-même à ce que vous êtes en train de dire. Logiquement, si quelqu’un a été enlevé et emmené en mer, alors les coupables ne sont pas restés sur la terre ferme, ils sont partis voguer sur l’océan, ne serait-ce que pour échapper à la… détermination… d’enquêteurs comme vous.

La suspicion que je mis dans le mot « détermination » sous-entendait que je ne pensais pas le moins du monde qu’il était doté de cette qualité. Ou du moins, que chez lui, ce trait de caractère ne faisait pas office de qualité. Ce fut d’un ton moqueur que je continuai :

— Enfin, je suppose qu’en tant que brave guerrier « qui ne fuit jamais devant ses obligations », vous avez sûrement songé que venir ici était une excellente idée. Ce qui ne remet en question que votre intelligence, et non votre loyauté. Mais nous le savions déjà, n’est-ce pas, que vous n’étiez pas très futé ?

Après cela, son abandon était aussi inévitable que ne l’était le lever et le coucher du soleil. Il lutta quelques instants devant mes paroles méprisantes sur ses propos insensés. L’humiliation, la fureur, l’exaspération, l’impatience, ses tentatives désespérées pour se maitriser malgré la violence évidente de ses émotions, tout cela passa sur son visage et se lut en lui avec une facilité déconcertante. L’exaspération finit par emporter ce combat intérieur, nuancée toutefois d’assez de sang-froid pour qu’il évite de partir sans un mot, sur un ultime grognement méprisant à mon égard. Il parvint même à retirer ses paroles et à s’excuser. Un large sourire, victorieux, étira mes traits. J’avais fait céder le grand guerrier.

Un éclat de rire enfantin se fit entendre. Je levai la tête et remarquai un garçon penché à sa fenêtre, qui nous observait avec amusement. Il avait donc assisté à la déconfiture du guerrier… Rien d’étonnant à ce qu’il trouve la situation cocasse. Etonnant, en revanche, que ledit guerrier ait accepté de céder devant témoin. Mon estime pour lui remonta très légèrement. Mais cette foutue barbe ! Non, je ne pouvais tout de même pas pardonner ça ! Aussi, quand il demanda mon nom, je n’hésitai pas une seule seconde à le taquiner quelques instants de plus.

— Est-ce que vous croyez vraiment que j’ai envie de vous donner mon nom ? A vrai dire, je doute que ce soit une information très importante pour votre enquête, et on m’a dit récemment de me méfier des inconnus… Devrais-je vraiment galvauder ainsi des renseignements personnels ?

Avant qu’il ait eu le temps de répliquer, je rejetai la tête en arrière et éclatai de rire. J’avais été incapable de résister, mais à ma décharge, il était si plaisant de titiller un interlocuteur capable de riposter ! Depuis mon départ d’Outrevent, je n’avais eu que rarement l’occasion de me défouler ainsi. Cette rencontre fortuite était tout à fait appropriée et détendait une part de moi dont je ne connaissais même pas l’existence.

— Heureusement que je n’écoute pas vos conseils, de toute évidence. Je m’appelle Melinda Orlemiel, pour vous servir.

Je relevai la tête vers le gamin qui nous observait toujours et ajoutai en ricanant :

— Ou plutôt pour vous humilier, étant donné la tournure des évènements.

Puis je me rendis compte qu’il avait mentionné une Guilde avec une évidente fierté. Parlait-il de la Guilde des Guerriers ? C’était fort probable…

— Et vous, ô grand guerrier, qui êtes-vous donc ?

La réponse ne m’importait pas particulièrement, à présent que j’avais obtenu des excuses, mais la tournure de la question était suffisamment plaisante pour que je l’interroge. Et puis, à bien y réfléchir, je n’avais pas eu beaucoup de contacts sociaux depuis que j’avais quitté ma famille. Partager une bonne conversation était une activité qui me manquait. Enfin, j’étais grisée par ma récente victoire, et j’étais prête à me montrer d’humeur généreuse.

D’autant plus qu’il s’était montré doué d’assez de tact pour ne pas me frapper malgré notre conversation enflammée.

Pour le récompenser, je devais au moins lui laisser l’occasion de franchir un autre pallier dans mon estime. Sans doute d’imbuvable à détestable…

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Jeu 19 Mai - 20:48

Lorsqu'il abandonna la partie, la jeune fille fit un grand sourire victorieux. Serenus eut une grosse envie de baisser la tête et de partir sans un mot, mais il ne ferait qu'aggraver sa situation. La discussion l'avait visiblement beaucoup amusé et Serenus ne regretta pas d'avoir fait ce choix. Il demanda alors son nom. La reponse qu'il reçut le fit se crisper. Il ne s'attendait pas du tout a ça. Le gamin ricana et Serenus lui lanca un regard qui le fit reculer de quelques pas. La tete de l'enfant disparut mais revint Apres quelques secondes, toute aussi hilare. Serenus soupira et reporta son attention sur la jeune fille qui éclata de rire. Serenus se rassura, elle ne faisait que plaisanter. Elle jouait sur sa récente victoire pour en rajouter un peu. Il remarqua qu'elle regardait sa barbe avec dédain. Il se dit qu'il pourrait y remédier si cela La dérangeait autant. Meme si elle paraissait plus détendue, il était évident que tant qu'il ne se serait pas débarrassé de sa barbe, elle continuerait de le taquiner sur ce sujet.

Aussi dégaina t'il un poignard pendant qu'elle se présentait. Le nom d'Orlemiel lui disair quelque chose. Il se souvint alors que son oncle vivant à Outrevent, avait une fois ramené à Serenus du miel qu'il avait acheté a une famille d'apiculteurs. Il s'était régalé pendant plusieurs semaines en mélangeant ce miel aux infusions de Cibella.
Il répondit tout en décrochant son gantelet en acier :

- Tu ne viendrais pas d'Outrevent par hasard ?

Il posa le gantelet sur le rebord d'une fenêtre de telle sorte a ce que la lanterne qui éclairait le porche de la maison voisine puisse lui renvoyer son image puis commenca a faire glisser la lame de son poignard sur ses joues. La lame était acérée et les poils de sa barbe tombèrent vite. Melinda lui demanda alors avec un petit air taquin de lui dire son nom à son tour, histoire de terminer les présentations. Serenus se retourna et lui fit face, une moitié du visage encore couverte de barbe, l'autre completement (et deja mieux) rasée.

- Je m'appelle Serenus Dardalion, je suis guerrier a l'antenne de La Volte. D'où mon accent que tu sais si bien imiter..

Il retourna à son gantelet et acheva de se raser en vitesse. Il rangea son arme dans sa botte et remit son gantelet. Il lui demanda alors sur un ton taquin :

- Cela convient il a Melinda d'Orlemiel ? Je ne voulais plus que cette pauvre barbe subisse d'autres critiques. Valait mieux qu'elle disparaisse.

Le gamin avait assisté à toute la scène et semblait bien s'amuser, ses parents allaient vite remarquer qu'il avait passé une courte nuit. Cela consola légèrement le guerrier qui se dit que ce gosse n'allait pas reccomencer de sitôt. Il regarda Melinda, décidément il commençait de plus en plus a l'apprécier, malgré son caractère bien trempé. Il sourit en pensant au fait que si sa femme etait au courant de cette rencontre, elle aurait été tres en colère..
Il lui demanda alors avec un petit sourire :

- Que fait une aussi jeune femme dans les rues à cette heure ? Tu cherches du travail A Lorgol ? . A moins que tu veuilles devenir une prostituée je doute que te promener la nuit t'aidera à en trouver

Il n'avait pas pu s'empêcher de lancer cette petite pique. Il estimait qu'il en avait le droit vu tout ce qu'il avait prit dans La tete quelques minutes plus tot. Mais avant qu'elle puisse riposter il lui dit sur un ton moqueur :

- Je plaisante bien entendu. L'humour des guerriers laisse parfois à désirer je peux le reconnaitre. Ma femme me reproche toujours d'avoir le même humour qu'un croque mort.

Il ajusta son gantelet et passa la main sur ses joues qui, à cause du poignard, l'irritaient. Il se dit qu'il faudra qu'il passe un coup d'eau dessus avant de se coucher. Il esperait qu'il n'avait pas vexé Melinda. Il ne voulait pas se relancer dans une discussion où il savait qu'il se ferait plus sauvagement humilier.


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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Jeu 19 Mai - 23:21

La victoire était toujours un beau cadeau, mais elle était d’autant plus profitable que je pouvais me permettre de la partager, autrement dit, d’en profiter en poursuivant la conversation sur un ton plus léger, tout en laissant planer comme une évidence que c’était moi qui dirigeait le ballet des mots. Visiblement, le guerrier n’était pas aussi heureux que moi de la tournure de la situation – j’étais persuadée que le regard qu’il lança au gamin ricanant aurait pu faire fuir n’importe quelle dangereuse créature – et il semblait même un peu contrarié. Par chance, il prit relativement bien la plaisanterie que je lui fis, même s’il dégaina son poignard.

Brièvement, la pensée qu’il puisse tout aussi bien retourner son arme contre moi pour me transpercer le cœur et en finir une bonne fois pour toute avec la petite furie qui l’avait agressé me passa par l’esprit. Je l’écartai comme je chassais de ma tête tout ce qui avait un rapport proche ou lointain avec le mot « danger ». Son geste, de toute façon, n’avait rien de menaçant. Il se mit à se défaire de son équipement avec un naturel qui m’avertit qu’il ne cherchait ni à m’intimider, ni à se venger de mes remarques parfois pernicieuses. Je me désintéressai donc rapidement de cet étrange dépouillement. Quand il posa sa question, je me laissai surprendre, et mon regard remonta vers son visage. Je ne m’attendais pas à ce que mes origines transparaissent aussi clairement.

— Eh bien, je suis contente que mes origines soient aussi évidentes. Je n’aurais pas voulu ressembler à une quelconque habitante de Lorgol. Non pas que je n’aime pas cette ville mais… Outrevent est un duché dont on peut être fier. Et un bel endroit pour vivre. Là-bas, c’est… démentiel. Vibrant de vie. Sauvage et sublime. Les paysages sont impressionnants. Et je n’ai jamais vu un plus beau lever de soleil que chez moi. Je n’ai jamais beaucoup voyagé, mais je suis persuadée qu’il n’existe aucun endroit aussi remarquable. Oui, Outrevent est ma maison, et j’en suis heureuse.

J’aurais pu continuer à parler des heures durant de mon duché. J’aurais pu discourir sur le chant particulier du vent qui soufflait là-bas, sur la beauté des étoiles, plus brillantes que tout l’espoir du monde, sur le sens de l’hospitalité toujours si prononcé des Outreventois, sur les murmures de l’océan quand nous nous approchions assez des falaises pour l’entendre, sur la magnificence de la mer frappant les roches avec un mélange de tendresse, de violence et de désespoir, sur la couleur incroyable et presque magique du miel sirupeux que nous produisions, sur la joie de vivre simplement et le bonheur de profiter de l’instant. Toutefois, le guerrier eut alors un geste qui me surprit au point de me rendre muette quelques secondes durant : il se mit à se raser.

L’amusement que suscita en moi cette scène balaya les louages que je m’apprêtais à faire sur ma terre natale. Le grand guerrier avait-il été vexé que je fasse remarquer l’état désastreux de sa barbe ? De toute évidence oui, puisqu’il tenait à se raser dans une ruelle peu éclairée, en pleine conversation avec une presque inconnue, avec comme tout miroir un gantelet dont la propreté laissait à désirer. Je me demandai si cela expliquait un tant soit peu la situation actuelle de sa barbe. Sans doute que oui. Un léger sourire étirait donc mes lèvres au moment où il se présenta. Mon sourire s’élargit aussitôt.

Serenus Dardalion. Je n’avais pas mal entendu, il s’appelait Serenus Dardalion. Les mots se décomposèrent presque d’eux-mêmes dans mon esprit. Serenus fut associé à serein, un adjectif si éloigné de cet homme que je dus résister à l’envie de lui dire que son nom n’était pas vraiment approprié. Quoique… il s’était tout de même retenu de m’étrangler durant tout ce temps. Dard comme cet aiguillon qu’utilisaient les insectes pour piquer leurs victimes. Lion comme ce fauve du désert à la crinière flamboyante. En tout cas, je devais lui accorder qu’il avait un certain sang-froid et que son arrogance de guerrier était semblable à la fierté du lion. Je supposai naturellement que ses compétences en combat devaient rendre le mot « dard » tout à fait adapté à sa personne.

Le dénommé Serenus avait profité de ma réflexion sur le sens véritable de son patronyme pour achever de se raser. Je me demandai si le « d’ » devant mon nom était une façon de se moquer de moi en me prêtant les mêmes caprices qu’à une gamine de noble, ou s’il avait écorché mon prénom. Je décidai de lui laisser le bénéfice du doute. Après tout, il venait tout juste de sacrifier sa barbe en mon nom, il serait dommage que je ne voie pas cette lourde tâche à sa juste valeur. Et puis, il n’en avait peut-être pas encore conscience, mais je venais sans doute de lui rendre un grand service en lui évitant le ridicule de se promener avec cette chose sur le visage.

— Après mûre réflexion, j’ai décrété que vous portiez bien votre nom. Félicitations, ce n’est pas le cas de la plupart des gens. Vous avez de la chance, je vous autorise à le conserver. Heureusement, parce que si vous procédez de la même façon avec votre patronyme qu’avec votre barbe, il ne vous restera bientôt plus grand-chose en propre.

Je laissai un léger sourire flotter sur mes lèvres.

— Je vous autorise même à me remercier de ma générosité.

J’avais réussi à obtenir des excuses, pourquoi pas des remerciements en plus de tout ? Mieux valait tenter le coup. Serenus ne semblait pour l’instant pas vexé de l’humiliation que je lui avais infligée. Peut-être était-ce la goutte d’eau qui allait faire déborder le vase et faire voler en éclat sa maitrise de lui-même, mais je n’en avais cure. J’adorais jouer avec le feu.

Il me demanda alors ce que je faisais ici si tard et tenta une remarque sarcastique sur la profession que je pourrais exercer ici. J’étais sur le point de répondre que je savais désormais ce qu’il cherchait dans la ville basse de Lorgol sous le prétexte frauduleux de mener une enquête importante, lorsqu’il avoua qu’il ne faisait que plaisanter. C’était, à mes yeux, une telle évidence que je trouvai amusant qu’il ressente le besoin de le souligner. Il avait peut-être le même humour qu’un croque-mort, pour reprendre l’expression de sa femme, mais du moins, il était évident qu’il ne parlait pas sérieusement. A vrai dire, cette façon d’enrober sa pique dans un tissu d’explications ressemblait presque à une manière de s’excuser.

— Je visite Lorgol, répondis-je sans relever sa tentative d’humour. Je trouve que la ville a un certain charme, de nuit, sous le regard des étoiles, dans le silence relatif et… la solitude.

Je souris en songeant que ce dernier objectif avait été atteint d’une bien piètre manière.

— Enfin, j’espérais avoir droit à un peu de solitude. Il semblerait que je trouve toujours quelqu’un sur mon chemin pour remplir le vide de mon existence. A croire que le monde ne me laissera jamais deux minutes tranquille…

Je pris un air épuisé, comme si je ne venais pas de passer les quatre jours précédents à visiter Lorgol comme la campagnarde égarée que j’étais, bouche bée et les yeux écarquillés, tentant d’absorber un maximum de merveilles comme si la ville aux Mille Tours risquait de m’être arrachée à tout instant. Comme si j’étais une femme mondialement demandée et perpétuellement occupée. Puis j’esquissai soudain une grimace menaçante, et fixai Serenus d’un regard noir.

— Quant à votre tentative d’humour… elle était désastreuse.

Je repris un air plus léger et esquissai même un léger sourire.

— Disons que je comprends parfaitement que votre femme vous prête le même humour qu’un croque-mort. En admettant, bien entendu, qu’un croque-mort puisse avoir une sorte d’humour… particulièrement déplaisante. Contrairement à vous, certaines personnes ne se laissent pas totalement définir par leur métier.

Sans vouloir le vexer, il aurait fait une parfaite caricature du bon petit guerrier. Prévenant envers les faibles, un peu trop arrogant, assez fort pour pouvoir brandir une épée sans se faire mal au poignet, avec un humour dit « de guerrier », capable d’un sang-froid impressionnant pour éviter de frapper un être vulnérable… Le parfait stéréotype du guerrier courtois.

— Et pour répondre à la question que vous avez soigneusement dissimulée derrière le visage fantôme de votre femme, pour éviter de me la poser en face, non, je ne suis pas vexée, ajoutai-je gracieusement, un léger sourire aux lèvres.

Comme quoi, je pouvais parfois me montrer généreuse au point de répondre à des questions qui n’avaient pas encore été posées.

Parfois…

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Ven 20 Mai - 14:46

Serenus, pendant qu'il retirait son gantelet, l'écouta parler de son duché, les étoiles pleins les yeux. Il plaça donc la pièce de son armure sur le rebord de fenêtre et lui dit en souriant :

- Mon oncle habitait Outrevent. Quand j'étais enfant, il me ramenait toujours un pot de miel lorsqu'il venait nous rendre visite à la Volte. , il l'entendit parler des sublimes paysages et de la vie dans son duché et répondit, juste avant de commencer à se raser : j'ai toujours rêvé de visiter Outrevent. Je suis déjà allé à Sombreciel ou plus loin encore mais je n'ai jamais mis les pieds a Outrevent. C'est pourtant le duché voisin de Cibella.

Il se rasa donc et se présenta. Il remarqua que Melinda se plongea dans ses pensées pendant qu'il continuait à passer la lame de son poignard sur ses joues. Il se demanda quelle etait la raison de ce soudain silence. Une fois qu'il eut fini, il fit exprès d'écorcher son nom de famille pour faire comme si elle était d'une famille noble. Il sourit quand il vit qu'elle jouait le jeu en décrétant qu'il pouvait garder son nom car il lui allait bien. Serenus fit une courbette exagérée et dit sur un ton mielleux :

- Milles mercis noble dame ! Je suis soulagé de pouvoir garder mon nom et mon prénom ! Et ne vous inquiétez pas, ils ne subiront pas le même destin que ma barbe.

Il se redressa et prit un ton plus sérieux quand elle lui parla de la raison pour laquelle elle se trouvait à Lorgol. Serenus s'interrogea. Faisait elle vraiment que visiter la ville ? Ou cherchait t'elle à faire autre chose qu'elle préférait lui cacher. Serenus se dit qu'il était peut être en presence d'une future voleuse à la Cour des Miracles. Il la regarda de haut en bas et eut envie de se donner des tartes pour avoir eu une telle pensée. Décidément, il devenait de plus en plus méfiant. Il se dit que cela devait être à cause de ces récents enlèvements. Elle lui parla du charme de la ville et de son envie de solitude. Il lui répondit alors :

- Il est vrai que la ville aux Milles Tours reste un des plus beaux joyaux d'Arven... C'est grâce à elle qu'on peut côtoyer le peuple d'Ibelene sans lui taper dessus.. Et puis, de nuit, on a plus toute cette foule et toute cette agitation... Il pencha la tête lorsqu'elle prit un air épuisé et se dit qu'elle aurait peut être envie de retourner rêvasser, il se mît alors à penser qu'il devait la déranger. Il demanda alors : Cela fait combien de temps que tu es ici ? Si tu veux je connais un endroit plus tranquille où tu pourras te reposer et profiter de la solitude que tu recherche.. Et où il n'y a pas de spectateur.

Il montra le gamin pour appuyer son propos, celui ci lui fit un grand sourire et Serenus secoua la tête avec dépit. Melinda commenta donc son humour désastreux qui, selon son épouse, ressemblait à celui d'un croque mort. Elle en profita pour lui dire implicitement qu'il etait la parfaite caricature du gentil guerrier qui aide la veuve et l'orphelin, Serenus hocha la tête. Il était vrai que depuis son entree a la Guilde, il avait travaillé dur pour devenir un guerrier exemplaire. Même si la guilde n'était pas vraiment un corps d'armée, Serenus veillait à ce que ses valeurs soient sans cesse respectées et honorées. Il avait eu du mal à accepter le fait que finalement il se rapprochait plus d'un mercenaire que d'un soldat. Les Guerriers de la Guilde travaillaient et se battaient uniquement en échange d'une rémunération donnée par leurs clients et non pas dans le but de defendre leur pays. Si Serenus avait rejoint la Guilde, c'était avant tout parce que les Guerriers demeuraient parfaitement libre de leurs choix tout en respectant des valeurs chères à leur coeur. Il avait rencontré des chevaucheurs et des voltigeurs et s'il enviait le lien qui unissait un homme a son dragon ou à son griffon, il se dit qu'il avait de la chance, il n'avait pas à craindre constamment pour la vie de quelqu'un d'autre, si ce n'est de ses collègues guerriers.

Il dit alors a Melinda avec un grand sourire :

- Tu as raison sur ce point, il suffit d'un simple regard pour savoir que je suis un guerrier. Cela rassure generalement nos clients lorsque je travaille pour eux. Ils savent d'emblée que je suis parfaitement capable de les proteger. Même si ce n'est pas sans risque...

Il se rassura quand elle lui dit qu'elle ne s'était pas vexée, il s'étonna même de sa capacité à lire dans ses pensées et à répondre aux questions qu'il n'avait pas posé. Il passa la main dans ses cheveux et se demanda si cette petite n'avait pas des pouvoirs magiques qu'elle dissimulait sous ce sourire moqueur. Il dit alors :

- Me voilà rassuré, je ne voulais pas reccomencer une discussion aussi houleuse que celle qu'on vient d'avoir. Même si je suis sûr que tu as en tête d'autres idées de critiques a mon sujet. . Il leva la tête et regarda un mendiant qui passait, en quête d'un endroit pour la nuit, puis demanda à Melinda :

- Tu es venue seule ?

Cette question bien sur sous entendait qu'il voulait savoir si elle était venue avec ses parents ou sinon avec un compagnon. Il savait par expérience qu'un conjoint pouvait être très jaloux lorsque sa moitié accostait une autre personne et il ne souhaitait pas se retrouver au coeur d'un conflit amoureux. Il doutait cependant que la jeune fille ait un compagnon, son caractere, sa maniere de parler et son désir de solitude montraient bien qu'elle était une jeune fille libre, libre de ses choix et de ses actes, qui ne s'encombre de rien ni de personne. Elle n'était finalement qu'un électron libre et incontrôlable.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Sam 21 Mai - 19:57

Le monde était à la fois immense et minuscule. Il m’avait fallu des mois pour arriver jusqu’à Lorgol, et pourtant, un inconnu que j’avais croisé en plein milieu de la rue, complètement par hasard, avait parmi sa famille un Outreventois ! Mieux : il avait pris l’habitude de goûter du bon miel d’Outrevent. C’était à cause de ce genre de coïncidence que j’étais fermement convaincue que le monde était fait juste pour moi. Cette situation semblait tellement improbable qu’elle en paraissait irréelle, un peu comme un rêve brumeux aux contours flous. L’obscurité ambiante et le calme relatif de la nuit accentuaient encore cette impression. Serenus me parla alors de son rêve de visiter Outrevent, et j’esquissai un large sourire.

— Vous devriez vous y rendre. A mes yeux, nul ne peut avoir connu le vrai sens de la vie sans avoir mis les pieds au moins une fois en Outrevent. Enfin… je dois avouer que mon jugement est sans doute peu objectif. Tous les hommes aiment leur terre natale, même quand ils croient la haïr. Surtout quand ils croient la haïr, en fait.

Je n’aurais pas avoué pouvoir me tromper devant n’importe qui, mais l’heure tardive, l’humiliation que Serenus avait accepté bon gré mal gré et le fait qu’il soit en train de se raser juste pour moi me poussèrent à faire cette confidence. Je songeai avec surprise qu’il était bien possible que je me mette à apprécier ce guerrier que je connaissais à peine. Raisonnablement, j’aurais dû interrompre la conversation depuis longtemps et rentrer chez moi. En fait, j’aurais même dû fuir en courant dès qu’il m’avait violemment poussée par terre. Mieux encore, j’aurais dû éviter la ville basse de Lorgol comme la peste. Mais je n’avais jamais été raisonnable. Aussi, je restai là, à l’observer me saluer d’une courbette absolument ridicule et à l’entendre me remercier de ma mansuétude. Jouant le jeu, j’affichai un air hautin.

— Relevez-vous. Et ne soyez pas si assuré de la sauvegarde de votre prénom. Je pourrais tout aussi bien changer d’avis et vous obliger à en changer. Jamais, j’en suis sûre, vous n’auriez pensé que j’allais vous convaincre de vous raser. Peut-être la perte de votre nom sera toute aussi inattendue que celle de votre barbe.

J’eus le plaisir de le voir m’obéir lorsqu’il se releva. Bien entendu, la position courbée devait être particulièrement désagréable à tenir sur la durée, et le guerrier n’aurait probablement pas attendu mon bon-vouloir pour se redresser, mais c’était toujours plaisant de commander à un homme plus grand et plus fort que moi. Une pointe de mélancolie me serra le cœur lorsque je songeai que mon frère, lui aussi, cédait à mes quatre volontés, alors qu’il aurait pu simplement m’ignorer. Je n’en laissai rien paraitre, toutefois, conservant un léger sourire que j’arborais désormais plus comme un masque que par un amusement sincère. Lorsque j’avouai être en pleine visite de Lorgol, je crus lire la suspicion dans son regard. Je me demandai si de nombreux touristes avaient le courage de se rendre à la ville basse durant la nuit. Probablement pas. Et moins encore, sans doute, agressaient un membre de la Guilde des Guerriers comme je l’avais fait.

Toutefois, il ne posa aucune question, comme s’il s’était convaincu que ses soupçons n’avaient aucun fondement. Il se contenta d’approuver mon émerveillement pour Lorgol, et d’affirmer que c’était un de plus beaux endroits de tout Arven. Je trouvais personnellement Outrevent beaucoup plus splendide, à sa façon, mais comme je l’avais dit quelques instants auparavant, je n’étais probablement pas objective, aussi gardai-je cet avis pour moi. Quant à côtoyer les habitants d’Ibélène, cela m’était égal. Je n’avais qu’une vague conscience du conflit qui avait existé entre Faërie et Ibélène, entre la Magie et la Science, et pour moi, toutes ces histoires de politiques n’avaient que peu d’intérêt. Fondamentalement, la différence entre les habitants des deux factions n’était pas flagrante ou, du moins, ne l’était pas à mes yeux. Serenus me concéda que la nuit à Lorgol était un moment particulier, où il était possible de profiter de la splendeur de la ville aux Mille-Tours sans pour autant écoper d’un bain de foule. Puis il me demanda depuis combien de temps j’étais ici et me proposa de migrer vers un endroit plus tranquille… sans que le petit garçon ne nous guette depuis sa fenêtre.

— Dans ce monde ? J’ai vingt-deux ans. A Lorgol ? Je suis arrivée il y a quatre jours. Dans cette rue, avant que vous ne veniez perturber ma méditation ? Quelques minutes. Et, sans vouloir vous vexer, je n’ai pas vraiment envie de vous suivre dans un endroit plus tranquille. D’abord parce que j’apprécie beaucoup cette rue. On a une vue particulière sur les étoiles. Ensuite, parce que je ne suis déjà pas certaine de pouvoir retrouver mon chemin dans ces conditions, alors je n’imagine même pas le résultat si jamais je m’enfonçais plus loin encore dans la ville basse. Enfin, j’aime bien notre petit spectateur.

Sur ces mots, j’eus un signe de la main à l’intention dudit spectateur. Souriant de toutes ses dents, il me répondit en imitant mon geste. Je laissai échapper un léger rire.

— Je crois qu’il m’aime bien aussi, d’ailleurs. En revanche, je veux bien que vous me serviez de guide jusqu’à la ville haute. Je n’aimerais pas passer la nuit ici. Vous voyez ? Je sais être raisonnable, de temps en temps. Un bon conseil toutefois : ne vous y habituez pas, ça ne dure jamais longtemps.

Quand je soulignai que son métier transparaissait par tous les pores de sa peau, il hocha affirmativement la tête, pas le moins du monde vexé. Puis il prétendit avec une naïveté désarmante que c'était son air de guerrier qui, justement, le rendait rassurant. Personnellement, je n’étais pas du tout certaine que Serenus soit capable de protéger qui que ce soit, sinon lui-même. Veiller sur quelqu’un demandait bien plus d’efforts que de se défendre soi-même. Quand il parla des risques, j’esquissai un sourire moqueur.

— Je me demande si vous seriez prêt à vous sacrifier pour sauver l’un de vos clients. La plupart des hommes n’ont pas ce courage. Mais il est vrai que vous avez eu celui de m’écouter jusqu’ici, alors vous devez être moins lâche que nombre de vos congénères. De là à sacrifier votre vie, toutefois… Enfin, après tout, c’est votre métier. Juste par curiosité, j’aimerais savoir… quel est l’intérêt de marchander de l’argent qui ne vous servira que de votre vivant en échange de votre mort probable ?

Quand je lui avouai que je n’étais nullement vexée de ses propos, il passa la main dans ses cheveux d’un air songeur. Il se prétendit rassuré, et sincèrement, un part de moi le comprenait tout à fait. Je savais à quel point je pouvais me montrer insupportable parfois. Quant aux critiques potentielles que j’avais en tête… je le toisai de haut en bas avec amusement. Effectivement, je pouvais imaginer des centaines de choses à lui dire. Je ricanai.

— Effectivement, je peux devenir assez… prolifique quand il s’agit de dire aux autres ce qui ne va pas chez eux. Si vous tenez à vous, évitez de diriger mon esprit vers des pensées critiques envers vous. Vous n’apprécierez pas.

Après quoi il me demanda si j’étais venue seule. La question me fit sourire. Est-ce que j’avais l’air d’être accompagnée ? Un compagnon, un parent, un tant soit peu responsable aurait-il laissé un être aimé s’aventurer seul dans la ville basse de Lorgol ? Imaginer la réaction de mes parents si jamais ils me surprenaient ici me fit sourire. Je n’avais même pas eu droit à une de leurs bonnes vieilles colères à mon départ pour Lorgol : ils étaient trop stupéfaits pour même songer à être furieux. J’étais presque contente de ne pas avoir été là au moment où ils avaient basculé de l’incrédulité à la rage.

— En considérant que je sois venue ici pour y chercher un peu de solitude, il serait étonnant que j’aie choisi de me laisser accompagner par qui que ce soit. Et puis, j’ai quitté Outrevent et tous ceux que je connaissais pour venir ici. Il n’y a que des inconnus à des kilomètres à la ronde. Alors, si on choisit d’ignorer les quelques voix qui se partagent mon esprit, oui, je suis venue seule. Et vous… je suppose que vous n’avez pas amené votre épouse dans un coin de votre armure ?

Mon sourire s’élargit.

— Pour le coup, le fait qu’elle vous considère comme un croque-mort prend un tout autre sens. De l’intérieur, cette armure doit ressembler à un véritable sarcophage. Quant à votre visite dans la ville basse… laissez-moi deviner, vous cherchiez un peu de calme, vous aussi ? Loin de la foule et, par conséquent, seul ?

A moins qu’il ne soit vraiment stupide, c’était une solution des plus plausibles. Puisqu’il était peu probable qu’il soit sérieusement venu mener son enquête à Lorgol, il avait sans doute tenté de trouver un endroit tranquille pour se reposer. Ses activités dans la ville basse pouvaient bien entendu être bien moins avouables, mais je n’en pensais rien. En tout bon guerrier loyal qu’il était, il avait probablement le banditisme, l’assassinat et la prostitution en horreur. Puis je fronçai les sourcils, soudain perplexe.

— De toute façon, je ne vois pas vraiment en quoi mes compagnons de route vous intéressent. A moins que vous ne cherchiez à savoir qui cherchera à se venger si jamais vous osiez m’agresser… Vous allez presque commencer à me faire peur, Serenus.

Je haussai les épaules en soupirant.

— S’il s’avérait que vous n’étiez pas quelqu’un de bien, après tout, mon instinct m’aurait trahi, et il n’y aurait rien de pire que ça, je crois. Se trahir soi-même est le plus abominable des crimes, ne pensez-vous pas ?

La trahison était un crime passible de mort en Outrevent, et à juste titre. Une promesse ne pouvait pas être brisée, sans quoi l’acte de promettre n’avait plus aucune valeur. Toutefois, autant un homme pouvait survivre si un de ses proches le trahissait, autant je n’étais pas certaine de tenir le coup s’il s’avérait que mon propre esprit, mon propre cœur, ma propre raison, commençait à me jouer des tours. Il n’y avait rien de pire que de ne pas pouvoir se faire confiance à soi-même.

Parce que le monde était fait de telle sorte qu’on ne pouvait se fier totalement qu’à soi-même et que, sans ça, un homme n’était plus rien.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Sam 21 Mai - 22:41

Melinda refusa de le suivre vers un endroit plus tranquille mais elle lui demanda de la guider jusqu'à la ville haute. Serenus passa rapidement en revue dans son esprit le plan des rues et des chemins jusqu'à la ville haute puis hocha la tête. Il dit en souriant :

- Je connais un chemin rapide et sur. il pencha la tête et demanda en souriant :
- Tu as prevu de visiter l'académie ?

Il leva la tête vers le petit qui fit un signe A Melinda. Serenus finit par lui sourire et pencha la tête comme pour lui dire que pour cette fois, il laissait passer. Il mît les mains dans son dos et lui parla de son métier. La question qu'elle lui posa ne l'etonna guère. Toutes les personnes avec qui il parlait finissaient par lui demander à quoi cela servait de mourir pour de l'argent. Serenus haussa les épaules et répondit :

- Si je suis tué au combat, ce ne sera pas tellement pour l'argent. Ce sera pour les valeurs de la Guilde qui sont le respect, le libre arbitre, et d'autre encore. En ce qui concerne l'argent, chaque guerrier a un projet qu'il compte réaliser de son vivant. Certains veulent se construire une maison au bord de la mer, d'autres souhaitent acheter des terres et devenir cultivateurs... Nous essayons de ne pas penser à la mort qui nous guette à chaque instant. Nous n'avons à l'esprit que nos rêves et les valeurs de la Guilde.

Il resta un moment perdu dans ses pensées. Il ne lui avait délibérément pas dit quel était son projet, pour la simple et bonne raison que son rêve est irréalisable. Il avait depuis quelques mois compris qu'il ne servait plus à rien d'espérer, d'essayer...
Il soupira silencieusement et changea de sujet en lui demandant si elle était venue seule. Elle lui répondit bien sûr que si elle cherchait de la solitude elle ne serait pas venue avec quelqu'un. Serenus sourit et hocha la tête en riant doucement. Il avait posé une question bien bête. Elle enchaîna sur son épouse qui trouvait qu'il avait un humour de croque mort et sur le fait qu'il recherchait lui aussi un peu de calme. Serenus se contenta de repondre avec un sourire qui montrait son soulagement :

- oui je dois le reconnaitre... Un peu de calme fait toujours beaucoup de bien... Surtout après une journée dans une ville comme celle ci...

Serenus songea que quand il rentrerais au siege de l'antenne il irait plonger sa tete sous le bassin d'eau qui leur servait à faire leur toilette. Il commençait à avoir chaud sous cet armure et ce, malgré la douce fraîcheur de la nuit et n'avait qu'une seule envie, se rafraîchir.
Melinda lui dit alors qu'il commençait à lui faire peur à cause de sa question sur si elle était accompagnée ou non. Mais elle reprit en disant que s'il avait été quelqu'un de mauvais, son instinct l'aurait alors trahi et etre trahi par sa propre personne etait la pire chose qu'il pourrait arriver à un homme. Serenus laissa échapper un rire franc qui se voulait rassurant puis lui dit :

- Melinda ne t'inquiète pas ! La seule chose que tu ais à craindre de moi est mon humour de croque mort !

Il sourit et se redressa. Il voulait avant tout la rassurer. Il reprit tout en penchant la tête :

- J'ai peut être l'air d'une brute épaisse mais je ne te ferais jamais de mal. Si je voulais savoir si tu etait accompagnée c'est parce que venir toute seule A Lorgol pour visiter me semblait étrange.. D'habitude quand on vient visiter, on le fait en famille.. Enfin... C'est ce qu'on fait dans la mienne en tout cas.

Il se sentait maintenant mal à l'aise, il rougit légèrement et mis les mains dans son dos. Il leva les yeux vers le gamin et fit un petit sourire en coin. Le gamin le regarda et secoua la tête, comme pour lui dire que s'il continuait dans cette voie là, il s'enfoncerais encore plus..

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Dim 22 Mai - 19:13

Savoir que Serenus pouvait me ramener dans un endroit sûr me fit sourire. Une nouvelle fois, je n’eus aucun mal à faire le parallélisme avec mon propre frère, qui me guidait jusqu’à la maison lorsque je m’étais aventurée trop loin et malheureusement perdue, ou que je m’étais approchée trop près du danger et qu’il voulait me protéger. D’une certaine façon, Serenus ressemblait beaucoup à mon frère, et il me devenait, par conséquent, beaucoup plus sympathique. Bien entendu, je n’étais pas prête de m’attacher à lui comme j’avais aimé mon frère ; j’étais devenue beaucoup trop indépendante et prudente pour cela.

Il me demanda alors si j’avais prévu de visiter l’Académie, comme si observer des monuments mondialement connus était une activité un tant soit peu intéressante. Je secouai la tête en riant.

— Visiter l’Académie ? Quelle activité barbante ! Non, je veux simplement m’y inscrire. Et j’ai… – comment dire ? – un peu perdu de vue le fait que les inscriptions ne commencent qu’en juin. Voilà pourquoi je suis à Lorgol un mois trop tôt. Et je vous interdis formellement de vous moquer de moi, est-ce clair ? Je m’en sors très bien toute seule à ce sujet.

Quand j’abordai le sujet de son métier qui, à mes yeux, paraissait insensé, il se contenta d’hausser négligemment les épaules, comme si ça n’avait aucune importance. Puis il m’expliqua qu’il luttait pour les valeurs qui lui étaient chères, et pour un fameux « projet ». La mort, dans ces conditions, lui paraissait affrontable, et surtout, un de ces malheureux effets secondaires auxquels il valait mieux ne pas penser.

— Je comprends, murmurai-je en hochant la tête. La mort vous importe peu devant la possibilité de réaliser vos rêves et de vous battre pour vos valeurs, et vous préférez risquer de perdre la vie plutôt que de rester, impuissant, à vous lamenter sur ce que vous ne pouvez pas avoir.

A l’instant où j’allais lui demander quel était son projet à lui, il me demanda si j’étais venue seule. Lorsque je lui eus répondu, il constata de bon cœur la stupidité de sa question. Après quoi il avoua qu’il recherchait un peu de calme lui aussi. Il était vrai que Lorgol était un des villes les plus agitées que j’avais jamais connues. Outrevent était un endroit où régnait un calme relatif. Durant mon voyage jusqu’à la ville aux Mille-Tours, j’avais remarqué que la tranquillité était une chose bien plus précieuse qu’elle n’y paraissait. Je hochai donc affirmativement la tête.

— Lorgol est un endroit un peu animé.

Un euphémisme. J’étais persuadée qu’un champ de bataille pouvait s’avérer plus calme et moins chaotique.

— Enfin, je suppose qu’on peut difficilement attendre de la ville aux Mille-Tours, le joyau d’Arven, qu’elle soit déserte, silencieuse et apaisante.

Après quoi je lui livrai mes inquiétudes sur sa question que j’estimais un peu étrange, avant de lui avouer que je ne le pensais pas capable de me faire du mal et que, si je me trompais à ce sujet, ce serait un véritable cauchemar. Visiblement horrifié que je puisse penser une chose pareille, il m’ordonna de ne surtout pas m’inquiéter, et que seul son humour pouvait être effrayant. Puis il me fit la promesse de ne jamais me faire de mal et m’expliqua pourquoi il m’avait posé cette question. Un léger sourire ourla mes lèvres.

— Tant que votre humour ne vous oblige pas à appeler un croque-mort pour moi, je ne vois aucun inconvénient à ce que vous le pratiquiez, Serenus. Et vous ne ressemblez pas à une brute épaisse. Les fameuses valeurs pour lesquelles vous luttez transparaissent en vous. Je ne crois pas que vous puissiez dissimuler à quiconque que vous êtes quelqu’un de gentil, au fond.

Je levai la tête vers le garçon.

— Même ce gamin le sait, il n’a pas eu peur de se moquer de vous.

Aussitôt, m’apercevant de mon impair, je grimaçai.

— Ce qui, j’imagine, n’est pas vraiment un compliment. Enfin, tout ça pour dire que vous n’êtes pas vraiment effrayant. Je veux dire… je ne suis pas inquiète. D’abord parce que, comme vous avez pu le constater, je ne m’imagine pas être en danger, mais en plus, parce que vous avez l’air d’un gros nounours.

Je grimaçai derechef.

— Ca non plus, ce n’était pas un compliment, n’est-ce pas ? Oui bon, si la vérité vous blesse, ce n’est pas de ma faute ! Il faut vous accepter comme vous êtes, Serenus. Et vous êtes un gros nounours qui grogne de temps en temps.

Constatant que j’étais de plus en plus susceptible de vexer le guerrier qui était en lui, je changeai aussitôt de sujet.

— Quant à mon arrivée seule ici, en fait, je ne viens pas vraiment visiter Lorgol, et ma famille n’allait certainement pas m’accompagner durant toutes les années où j’allais moisir à l’Académie. Vous savez, nous avons des ruches desquelles s’occuper, et c’est une activité qui demande un peu plus d’attention que d’entretenir armes et armures, sans vouloir vous vexer. On ne peut pas laisser nos pauvres abeilles sans surveillance. Je haïrais mes parents s’ils avaient préféré abandonner notre maison pour m’accompagner plutôt que de faire leur devoir en poursuivant le travail. Vous comprenez, c’est une des valeurs de notre famille, le travail.

J’eus un léger sourire. Si c’était une des valeurs de la famille, je ne l’avais pas héritée. Bien sûr, j’adorais m’occuper des abeilles, mais si j’avais l’occasion de faire une bonne petite bêtise, j’étais prête à tout abandonner pour aller m’amuser.

— Et puis, c’est beaucoup moins facile de s’infiltrer de nuit dans la ville basse quand on a des parents pour nous surveiller. Pour finir, j’ai vingt-deux ans, maintenant, et il est grand temps que j’apprenne à me débrouiller loin de chez moi sans ma famille.

Une légère brise s’enroula autour de moi et je remarquai qu’il commençait à faire froid. La nuit tombait sur la ville et apportait une fraicheur bienvenue, mais qui transperçait mes vêtements avec une facilité déconcertante. Je me retins de frissonner et regardai Serenus avec un grand sourire.

— Vous avez parlé d’un chemin rapide et sûr jusqu’à la ville haute ? Il commence à se faire tard.

Il était sans doute tard depuis plusieurs heures déjà, mais ça m’importait peu. J’étais seule à pouvoir décréter quand il était tard pour moi.

C’était ça, quitter ses parents et devenir indépendante.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Dim 22 Mai - 20:44

Serenus pencha la tête, alors comme ça Melinda etait une future étudiante à l'Academie ? Serenus sourit, il avait déjà rencontré des mages' mais jamais des aussi jeunes. Serenus se demanda quelle etait la forme de magie que maîtrisait la jeune fille. Son sourire s'élargit quand elle lui dit qu'elle était un peu trop en avance par rapport aux inscriptions. Serenus se retint de rire puis dit :

- Je ne vais pas me moquer. Il m'arrive de faire la même chose. Il vaut mieux être en avance qu'en retard. Et puis, on ne peut jamais savoir quand on va arriver avec tout ce qui peut arriver en route. Le cheval peut se faire mal, la pluie peut tomber, sans parler des bandits..

Il lui parla alors des rêves des guerriers et de leur valeurs puis hocha la tête quand elle lui dit qu'elle le comprenait. Il valait mieux avoir un reve plutot que de penser à la mort qui leur courait après. Il fit un petit sourire et changea vite de conversation avant qu'elle ne lui demande quel était son projet A lui.
Ils parlèrent donc ensuite de son humour catastrophique. Melinda lui dit qu'il ne ressemblait pas à une brute épaisse mais plutot a un gros nounours baignant dans les valeurs de la guilde. Serenus fut presque flatté du fait que des le premier regard, on pouvait le prendre pour quelqu'un de gentil. Il ne fut pas du tout vexé et fit un grand sourire avant de rire doucement quand elle grimaça. Il dit alors en riant :

- Je ne suis pas vexé Melinda, au contraire, je préfère être un gros nounours que tout le monde apprécie plutôt qu'une brute épaisse. Je ne suis pas du genre à me vexer pour ça

Mais elle décida à son tour de changer de sujet et de parler de ses parents qui etaient apiculteurs et qui n'avaient pas pu l'accompagner car s'occuper des abeilles était une activité qui nécessitait beaucoup d'attention. Les abeilles et leur survie dépendait des parents de Melinda. Serenus sourit et lui dit alors :

- Beaucoup de familles possèdent cette valeur. Et je dois reconnaître que parfois, l'un des maillons de la chaine decide de changer de voie..

Elle lui dit Apres qu'a 22 ans elle etait desormais suffisamment grande pour devenir independante et pour se débrouiller toute seule. Serenus rit et dit à son tour :

- Je te comprends ! Ma mere aurait fait une crise cardiaque si elle débarquait dans cette ville, elle qui n'a jamais quitté la Volte. J'ai quitté ma famille A 20 ans pour devenir guerrier. Autant de dire que cela ne leur a pas plu.

Il secoua la tête en repensant à la violente dispute qu'il avait eu avec son père, il n'était pas pret d'oublier ce sale moment. Il sortit de ses pensées quand le vent caressa sa peau. Son armure le protegea de la fraîcheur de la brise mais il put remarquer que Melinda n'était pas tres couverte. Il détacha sa cape et La mît sur les épaules de la jeune fille, la cape, même si elle portait l'odeur de la ville et de la sueur, etait chaude, douce et soyeuse grâce à la fourrure qui rembourait le côté interieur. Melinda lui demanda alors de lui montrer le chemin jusqu'à la ville haute. Serenus se contenta juste de dire avec un sourire et une courbette exagérée :

- Suivez moi noble dame..

Il fit un signe au gamin puis s'engagea sur le chemin menant à la ville haute. Il emprunta des rues étroites et malfamées tout en veillant à ce que la jeune fille reste devant lui et hors des sales pattes des ivrognes qui traînaient. Ils débouchèrent sur une rue plus large qui menait droit vers la ville haute. On pouvait y voir les batiments de l'Academie et les lumieres qui illuminaient encore quelques fenêtres. Serenus sourit et tourna la tete vers Melinda. Il demanda en penchant la tête, curieux :

- Ca marche comment la magie ? Je veux dire, est ce que cela vient naturellement où est ce acquis des la naissance ?

Il avait toujours été curieux pour tout ce qui concernait la magie, il était incapable de pouvoir en faire et il s'était toujours demandé pourquoi et comment elle apparaissait chez un homme et pas chez l'autre. Il tourna la tête vers l'Académie et songea que les mages devaient bien se vanter de ces magnifiques bâtiments.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Lun 23 Mai - 22:43

Je grimaçai devant la facilité du guerrier à me dénicher des excuses pour être arrivée en avance – alors même que la véritable raison était simplement ma propre stupidité. A vrai dire, d’ailleurs, aucune n’était applicable pour moi. La pluie ne me dérangeait pas outre mesure, j’aimais même sentir sa caresse sur mon visage. Je me laissais porter par mes propres jambes et faisais, par conséquent, très attention aux endroits où je posais le pied, et j’étais absolument insouciante quant à la possible présence de bandits sur ma route. Je me contentai de dire, moqueuse :

— Vous faites beaucoup trop confiance à vos outils, si vous voulez mon avis. Vos armes, votre cheval, votre armure… Pour un guerrier, vous avez bien peu confiance en vos propres capacités à vous défendre, attaquer, et vous déplacer. Dommage, j’allais commencer à penser que vous étiez doué…

J’assortis ma remarque d’un sourire ironique pour lui faire comprendre que ce n’était qu’une moquerie de ma part. En parlant d’humour, nous en vînmes à critiquer le sien, après avoir brièvement discuté des valeurs d’un guerrier et de l’animation à Lorgol. Il prit plutôt bien la situation, considérant que je venais de le traiter de gros nounours, ce qui aurait mis en question la virilité de n’importe quel autre homme. Il avoua qu’il préférait être apprécié que considéré avec crainte. Je haussai toutefois un sourcil sceptique, estimant que s’énerver pour une simple collision n’était pas vraiment un signe qu’on ne se vexait pas facilement. Toutefois, Serenus avait été fort charmant avec moi jusque-là, aussi me mis-je à discourir sur ma famille, nos ruches et notre miel, en louant la valeur du travail. Il rétorqua qu’un électron libre sortait parfois du lot, et je l’interrogeai aussitôt :

— Est-ce que vous êtes un de ces maillons de la chaîne qui a refusé de remplir son rôle ?

Quand je déclarai que j’étais suffisamment grande pour me débrouiller seule, il me parla de sa famille. Un léger sourire éclaira mon visage, teinté d’un soupçon de compassion.

— C’est toujours un drame lorsque l’adulte à venir se dispute avec l’idée d’enfant dépendant que conservent de lui ses parents. J’ai eu de la chance que ma propre famille se montre tout à fait compréhensive – et trop choquée en apprenant que j’étais mage pour réfléchir à une réaction appropriée. Je suppose, toutefois, que tout le monde n’a pas le bonheur de voir les choses se dérouler aussi facilement.

Je secouai la tête en soupirant.

— A part se trahir soi-même, je vois difficilement ce qu’il y a de pire que d’être déchiré entre ce que l’on veut et ce que notre famille veut de nous. Difficile décision que voilà.

Je me rendis brutalement compte que la fraicheur nocturne transperçait mes vêtements et Serenus, sans une hésitation, visiblement perspicace, détacha sa cape pour la mettre sur mes épaules. L’odeur qui s’en dégageait me chatouilla les narines, mais le vêtement dispensait une chaleur bienvenue. C’était une tendre attention que je pouvais finir par apprécier. Le sourire qui pointait sur le bout de mes lèvres se noya. Mon frère… mon frère aurait sûrement fait la même chose. Une terrible pensée me traversa soudain l’esprit. Ceux que je me mettais à aimer finiraient un jour par mourir. Soudain perturbée par cette idée démoralisante, je demandai à Serenus de me guider jusqu’à la ville haute, espérant rentrer rapidement. Sa façon d’accepter, avec humour et générosité, m’emplit d’un sentiment plus bouleversant encore. J’appréciais cet homme et sa façon d’être. Mais je ne pouvais pas me permettre de laisser ses attentions percer la barrière de mon cœur.

Pour la première fois depuis le début de la conversation, je restai réduite au silence. Durant tout le trajet que nous fîmes dans les ruelles de la ville basse, je fus incapable de prononcer le moindre mot, perdue dans mes pensées. Mon raisonnement me semblait à la fois logique et terriblement simpliste. Voir un être aimé mourir était une douleur insurmontable. Aimer était un acte de profonde souffrance. Toute personne sympathique était susceptible de développer une relation plus profonde. Ce qui était absolument hors-de-question. J’appréciais beaucoup Serenus, mais mon affection devait s’éteindre, avant que je commence à le considérer comme un ami. Il me posa alors une question sur la magie, et je répondis distraitement, sans réel enthousiasme, un peu horrifiée par ce que je m’apprêtais à faire :

— Les pouvoirs se manifestent à la puberté. Moi, c’était…

La nuit où mon frère était mort. Où je m’étais perchée sur la falaise pour hurler des heures durant contre le cruel sort qui me l’avait arraché. Où j’avais espéré le voir surgir des flots et rire aux éclats, la tête rejetée en arrière, révélant au monde que ce n’était qu’une vaste blague. La gorge nouée, je secouai la tête pour chasser cette image. Non, plus jamais ça. Plus jamais cette douleur-là.

— … il y a longtemps.

Je retirai la cape d’un mouvement brusque, refusant de porter plus longtemps ce symbole d’une sympathie dont je ne voulais pas. Sans me préoccuper qu’elle tombe par terre – j’estimais, de toute façon, qu’elle était assez sale pour qu’une ou deux traces ne la rendent pas moins mettable – je la lançai à Serenus :

— Reprenez votre bien, Serenus, je n’en veux pas. D’ailleurs, pour votre gouverne, elle a besoin d’un bon lavage, cette cape. Elle pue. A croire qu’un guerrier en pleine enquête ne pense même plus à la nécessité de se laver.

Ma voix était acerbe, blessante. J’aurais voulu lui crier aussi de garder pour lui son affection, sa protection et, tant qu’on y était, son « chemin sûr et précieux ». J’aurais voulu lui dire qu’il ressemblait trop à mon frère pour que je puisse lui faire confiance. J’aurais voulu lui avouer que j’étais incapable de prendre le risque de me faire un autre ami qui mourrait un jour. J’aurais voulu lui hurler de reprendre sa protection et de la garder pour des âmes plus dociles, moins blessées. J’étais envahie d’une rage – envers lui, envers moi-même, envers le monde – si puissante et si incontrôlable que je ne pouvais pas faire autrement que de fuir avant que mon cœur et ma raison n’explosent dans la lutte qui les opposait.

— D’ici, je connais le chemin, poursuivis-je, tout aussi sèchement. Adieu, Dardalion.

Sans plus hésiter, je m’éloignai d’un pas rapide, fuyant le danger de cet homme qui était beaucoup trop susceptible de briser la gangue de pierre qui protégeait mon cœur. Fuyant la douceur qu’il me manifestait, le contentement que je trouvais à accepter ses attentions et la satisfaction d’entretenir une conversation relativement normale avec un individu. Je n’étais pas terrifiée par grand-chose.

Mais les gestes de tendresse me donnaient envie de partir en courant, assez loin pour que tout risque soit écarté.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mar 24 Mai - 15:20

Serenus sourit lorsqu'elle lui répondit qu'il attachait beaucoup trop d'importance à son equipement et il faillit rire lorsqu'elle lui lanca cette petite pique. Il se contenta d'hausser les épaules et se tut. Il était vrai que sans son equipement il se sentait nu comme un ver et il devait le reconnaitre, s'il se battait bien a l'épée mais sans elle, il se sentait aussi inoffensif qu'on nouveau né. Ils en vinrent alors à parler de son humour et du fait qu'elle le considérait comme un gros nounours, leur discussion s'orienta alors vers la famille de Melinda et des ruches familiales. Serenus lui parla alors de ces enfants qui, tel des électrons libres, ne suivaient pas le chemin que leurs parents leur destinait. Elle lui demanda avec curiosité s'il en était un. Serenus regarda devant lui et vit l'enseigne d'une boulangerie. Drôle de coïncidence.. Il répondit alors :

- Les Dardalion n'ont jamais été une famille de guerrier. Mon père tout comme ses ancêtres était boulanger. Ils étaient reconnus par le duché tout entier et ils étaient sans nul doute les meilleurs de la Volte. A peine né que mon destin semblait déjà tout tracé, mais je rêvais d'aventure et de conquêtes. il regarda la boulangerie et sentit l'odeur du pain chaud que l'on commençait déjà à sortir du four puis il reprit : - mon père m'a donc enseigné l'art de faire du pain mais a 20 ans j'ai decidé de rejoindre la Guilde des Guerriers. Autant te dire qu'il n'a pas apprécié. Il a tenté de m'arrêter mais j'ai fini par partir pour Lorgol.

Il préféra ne pas en dire plus sur le sujet mais il conclu avec un petit sourire par :

- Donc oui, je suis l'un de ces enfants qui brisent la chaîne. Sauf que moi, n'ayant aucun frère ni aucune soeur, je l'ai définitivement rompue.

Il l'écoute pendant qu'elle parlait du fait que la pire decision que l'on pouvait prendre etait celle qui séparait et déchirait les familles. Serenus ne put qu'approuver il n'avait plus revu son pere depuis son départ et quand il était revenu il était trop tard. Sa mère quand a elle, avait eu du mal à reconnaitre son fils puis s'était installée avec lui après son mariage, elle lui avait pardonnée son choix et etait fière de ce qu'il était devenu.
Un petit vent frais se fit sentir et il décida de détacher sa cape pour la mettre sur les épaules de Melinda. Ils partirent ensuite tous les deux jusqu'à la ville haute. Il remarqua que tout le long du chemin, elle restait silencieuse, perdue dans ses pensées et le regard vide. Il pencha la tête et se demanda pourquoi ce soudain silence. Ils arrivèrent sur la grande rue ou l'on pouvait voir les murs de l'Academie lorsqu'il lui posa cette fameuse question sur la magie. Elle se contenta de repondre, le regard toujours dans le vide que cela venait à la puberté et sa magie à elle était apparue depuis un moment. Lorsqu'elle jeta sa cape au sol Serenus fit un pas en avant et demanda, inquiet :

- J'ai dit quelque chose qui fallait p...

Elle le coupa en disant d'un ton sec et cassant qu'il pouvait reprendre sa cape, qu'il ferait mieux de la laver et que de toute façon les guerriers ne pensent jamais à se laver quand ils étaient pris dans leur enquête. Serenus ne s'attendait tellement pas a cela qu'il resta bouche bée, les bras le long du corps. Elle ne le lui laissa pas le temps de repondre qu'elle lui dit adieu tout aussi sèchement en l'appelant par son nom de famille. Serenus aurait pu lui dire "c'est quoi ton problème ?!" sur le même ton mais il resta la, silencieux, et la regarda partir puis disparaitre. Il aurait pu la rattraper, elle était visiblement contrariée et il aurait dû la consoler. Il secoua la tête. Il connaissait à peine cette gamine mais il avait le pressentiment qu'elle désirait être seule, que s'il approchait, elle le repousserait.

Il se baissa donc lentement et ramassa sa cape. Elle était encore chaude mais il devait reconnaitre qu'elle puait. Il regarda une dernière fois dans la direction qu'avait prise Melinda puis retourna sur ses pas. Il pouvait toujours aller à la taverne pour pêcher des informations mais après cette rencontre, il n'en avait plus envie. Il se sentait vidé et ne désirait plus qu'une seule chose : dormir. Le guerrier se dirigea donc vers le siege de l'antenne. Lorsqu'il arriva il rejoignit les dortoirs. La plupart des lits étaient encore vide, signe que les guerriers de Lorgol devaient soit trainer dans les tavernes soit avoir quitté l'antenne pour s'installer avec leur famille à proximité. Serenus s'assit sur un des lits libres et quitta son armure. Il s'allongea mais ne put trouver le sommeil.

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Le soleil venait a peine de se lever et Serenus était déjà debout. La plupart des guerriers dormaient encore et grognaient quand il passait avec les pieces de son armure sous le bras. Torse nu et les cheveux encore mouillés après sa toilette, il attrapa un seau d'eau savonneuse, un tabouret et ses affaires puis s'assit. Il commenca donc a frotter méticuleusement les pieces de son armure puis s'attaqua au plus difficile : La cape.
Un des guerriers se redressa sur ses coudes en baillant puis dit en rigolant :

- Serenus Dardalion le maniaque est de retour messieurs dames !

Serenus se contenta de répondre par un grognement, toujours contrarié par sa rencontre de la veille. Il frotta avec énergie pour faire disparaitre la moindre tâche et la moindre mauvaise odeur puis quand il eu fini, étendit sa cape et ses affaires sur un fil.

Son collègue reprit :

- Bah alors ? Qu'est ce qui te prend ? T'étais pas aussi grognon avant ! C'est l'air de la Volte qui t'a rendu comme ça ?

- Non. C'est une femme d'Outrevent.

- Elle était comment ?

- Beaucoup trop jeune pour toi vieux renard. Viens plutôt m'aider à relever Ned, il s'est encore endormi sur la table.

Les deux hommes allèrent tous les deux, tout en plaisantant comme au temps où Serenus travaillait a Lorgol, jusqu'à la table de repas commune ou leur collègue ronflait. Le simple fait de parler avec son ancien collègue rendit le sourire a Serenus qui se demanda quand même comment allait Melinda.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 25 Mai - 0:25

J’avais eu un mal fou à dormir. L’idée de la gentillesse de Serenus Dardalion et de ma propre réaction un tantinet exagérée m’avait tournoyé dans la tête pendant des heures. Je revoyais son expression lorsque j’étais partie, comme s’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait – moi-même je ne comprenais pas vraiment ce qui m’était passé par la tête. Quand je m’étais finalement endormie, c’avait été pour sombrer dans un cauchemar où j’avais revécu la mort de mon frère, entremêlée d’images de la soirée, et investie de scénarios hypothétiques catastrophistes où tout finissait invariablement par la mort, la destruction et la désolation. Je frissonnai. Non, surtout, ne pas repenser à cette nuit.

Lorsque j’avais compris qu’il me serait impossible de grappiller quelques heures de sommeil en plus, j’avais rassemblé mes affaires et quitté l’auberge pour une promenade matinale, espérant me changer les idées. Lorgol avait cette capacité intrinsèque de me tourner vers autre chose que vers mes problèmes. Naturellement, aujourd’hui lesdits problèmes étaient d’une toute autre teneur que d’habitude. Ni parents qui me manquaient, ni examens d’entrée à l’Académie en perspective… simplement une légère erreur que j’avais commise la veille. Une erreur que je me devais de corriger. Je n’aimais pas avoir quelque chose sur la conscience. Ça pesait généralement trop lourd pour le bien de mes pauvres pensées.

J’avais donc espéré que l’air frais et l’animation des rues de Lorgol chasseraient tout remords et souvenirs liés à cette soirée, mais les images de la veille voletaient toujours en lisière de ma conscience, surgissant lorsque je m’y attendais le moins pour m’emplir d’un soupçon de culpabilité. Je me demandai alors brièvement où était Serenus. S’il pensait à moi. S’il se demandait ce qui m’était passé par la tête. Ou peut-être avait-il oublié cette rencontre d’un soir au détour d’une rue ? Sans doute était-il tout entier consacré à son « enquête ». Cette idée me fit sourire. S’il y était autant consacré que la veille, alors il ne devait pas travailler beaucoup. Je lâchai un ricanement moqueur et, soudain plus légère, relevait la tête.

Non, ce n’était pas possible.

La pensée me frappa avec la force d’une de ces vagues de l’océan qui surgissent brutalement, plus hautes et plus puissantes qu’on pourrait s’y attendre. Je me figeai, ébahie. Ma mâchoire béant sous le choc. Là-bas. Inscrit en toutes lettres. Dans un état second, je me pinçai le bras. Mais non, je ne rêvais pas. Le lendemain de ma rencontre avec Serenus, alors que je visitais Lorgol depuis plusieurs jours, il fallait que je tombe pour la première fois sur la Guilde des Guerriers. Mes pensées, sur le coup, subirent une extinction pure et simple. La lumière reparut dans mon esprit dans une soudaine flambée de colère.

— Non mais c’est de ta faute, aussi ! déclarai-je à l’écriteau comme si Serenus s’était, d’une certaine façon, incarné en lui. Tu es encore revenu avec tes maudits préjugés sur la « faible jeune fille ». Est-ce que tu aurais offert cette cape à un guerrier aussi baraqué que toi ? Non, tout simplement parce que lui, tu le considère assez grand pour prendre soin de lui tout seul ! Moi aussi je suis assez grande pour prendre soin de moi toute seule ! Inutile de me materner !

Je me mis à faire les cent pas devant le bâtiment de la Guilde comme si j’étais trop en colère pour contenir ma fureur à la simple force de ma volonté. Comme si je devais absolument me défouler sur quelque chose. Comme si j’hésitais entre me précipiter au-devant du danger ou fuir sous le coup de l’émotion. Les trois recelaient une part de vérité.

— En fait, je pensais que tu t’étais excusé, mais durant toute notre conversation, tu n’as pas cessé de me considérer comme une petite fille ! Et tu t’étonnes que je sois en colère ? Bien sûr que je suis en colère ! A quoi tu t’attendais ? Toutes tes prétendues attentions étaient plus humiliantes les unes que les autres ! J’avais l’impression que tu essayais de m’insulter !

Je me figeai soudain, et reniflai bruyamment. Puis je haussai les épaules et concédai :

— D’accord, peut-être que ma réaction était un peu disproportionnée par rapport à la hauteur de ta faute, je l’avoue, et je m’excuse. Oui, je suis désolée, j’aurais dû te rendre ta cape en mains propres au lieu de te la jeter au visage comme une chaussette malodorante – même si elle puait autant – et j’aurais dû te faire mes adieux sur un ton moins acerbe. Pour ça, je suis désolée.

Je me passai la main dans les cheveux en soupirant, soudain plus légère à l’idée que j’avais enfin dit ce que j’avais à dire.

— N’est-ce pas suffisant, pour te présenter mes excuses, que je me mette à parler toute seule au milieu de la rue comme si ces bâtiments te représentaient ?

Je fronçai les sourcils en rendant son regard mauvais à un passant qui m’avait entendu.

— Si, je suppose que c’est suffisant. Bon, il ne me reste plus qu’à te dire adieu, Serenus. Les chances qu’on se rencontre à nouveau sont – comment dire ? – minimes. Je tenais à ce que j’aie au moins prononcé ces mots, même si tu n’auras pas eu la chance de les entendre.

Satisfaite de ces excuses et débarrassée à tout jamais de mes remords, j’esquissai un large sourire de contentement. Une bonne chose de faite. Bon, il ne me restait plus qu’à reprendre mon exploration de Lorgol. Après un petit somme pour rattraper les heures de sommeil que j’avais perdues à songer à l’expression de son visage lorsque j’étais partie comme une furie. Programme de la journée : dormir – visiter Lorgol – éviter à tout prix de rencontrer Serenus par hasard.

Mais quelle était la probabilité, après tout, que dans une ville comme Lorgol je croise un homme en particulier ? Quasi-nulle, selon mes estimations…

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 25 Mai - 13:23

Son adversaire commençait à perdre patience, il soufflait et poussait des grognements puis il attaquait avec force. Serenus se contenta d'esquiver et de lui mettre un coup d'épée dans les côtes. L'homme tomba en gémissant et Serenus plaça sa lame sous sa gorge, pret A l'égorger. Mais au lieu de ça, il tendit la main et releva son adversaire qui n'était rien d'autre que l'une des nouvelles recrues qui venaient à peine de terminer leur formation. Serenus lui dit en souriant :

- Contrôle tes émotions et concentre toi. Tu ne cesses de foncer tête baissée. Si tu ne veux pas finir la gorge ouverte, apprend à étudier ton adversaire : sa maniere de bouger, ses points faibles. Repose toi un peu et on reprend.

Le jeune homme hocha la tête et alla s'asseoir en compagnie des autres guerriers. Serenus posa l'épée en bois sur un tonneau et alla se rafraîchir. Il se passa de l'eau sur le visage et sur la nuque quand une voix le fit relever la tête. Il croyait rêver, mais c'était bien la voix de Melinda qu'il entendait pester dehors. Serenus s'approcha de la grande porte et plaqua son oreille contre celle ci, le sourire aux lèvres. Melinda etait visiblement en colère et ne cessait de dire qu'il n'avait pas arreté de la prendre pour une gamine, pour une jeune fille fragile lorsqu'ils étaient ensemble la veille. Il perdit son sourire quand elle dit finalement qu'elle s'était sentie insultée. Il s'appuya contre la porte et l'écoute renifler bruyamment. Est ce qu'elle pleurait ? Le guerrier pencha la tête, honteux de l'avoir mise aussi mal à l'aise, même si ce n'était pas son intention.
Il ne voulait que rendre service, il se dit qu'elle devait être tres susceptible pour prendre une simple aide comme une insulte. Il sourit en imaginant Melinda qui, lorsqu'elle serait mariée, refuserait chaque fois l'aide ou l'amour de son mari. Il secoua la tête et tourna la tête vers les guerriers qui le regardaient. L'un d'eux montra la porte et semblait dire :" Nouvelle mission ?". Serenus secoua la tête et mît son index sur ses levres pour leur dire de rester silencieux. Les guerriers firent un grand "o" avec leur bouche puis hochèrent la tête. Serenus se concentra de nouveau sur ce que disait Melinda.

Elle commenca d'abord par s'excuser d'avoir jeté sa cape par terre comme si elle avait été qu'un simple bout de chiffon puis elle estima que faire ses excuses a un simple bâtiment plutot que de le dire en face est amplement suffisant pour elle. Serenus regarda sa cape qui etait toujours étendue sur le fil et sourit. Cette cape en avait connu des voyages, elle avait vu pire que les colères d'une gamine... Serenus se tourna vers la porte. Une gamine certes.. Mais une gamine qui avait le cœur brisé. Elle avait sûrement vécu un événement qui l'avait détruite et elle se vengeait de ce que la vie lui avait fait subir en voulant rester libre, en profitant de sa jeunesse et en ne s'encombrant de rien. Il secoua la tête, elle avait besoin d'une épaule sur laquelle s'appuyer mais l'ennui, c'est qu'elle refusait la moindre source d'aide.
Melinda lui dit donc adieu en rajoutant que les chances qu'ils se recroisent étaient quasi nulles. Cela le fit sourire et avant qu'elle puisse faire le moindre pas, il ouvrit légèrement la porte et prononça d'une voix aiguë :

- Madame, je ne suis qu'un simple panneau ! Pourquoi me parlez vous comme ça ?!

Cela déclencha des éclats de rire de la part des guerriers qui assistaient à la scène, assis pas tres loin de la porte.
Serenus finit par ouvrir la porte en grand et s'appuya sur le mur en croisant les bras. Il la regarda en souriant. Il dit sur un ton doux :

- Bonjour Melinda Orlemiel. Tu n'as pas très bien dormi a ce que je vois

Il s'avança de quelques pas et il baissa la tête pour la regarder dans les yeux. Il dit alors sur le même ton :

- Sache que je n'ai jamais voulu t'insulter. Ce que j'ai fait avec toi je l'aurais fait pour n'importe qui. Meme pour un guerrier aussi baraqué que moi comme tu dis. Entre frères d'armes, il faut s'entraider. Je sais très bien que tu es capable de te débrouiller seule mais je souhaitais juste me montrer sympathique envers toi. Alors s'il te plaît ne prends pas mon aide pour une insulte...

Une tête apparut derrière l'épaule de Serenus, le nouveau venu etait le jeune homme que Serenus venait d'affronter et il semblait aller beaucoup mieux. Il vit Melinda et fit un grand sourire charmeur. Serenus remarqua son petit manège et le poussa légèrement pour l'envoyer vers les autres.
Il demanda alors :

- Veux tu entrer ? Tu pourrais partager notre repas, on a reçu de La viande chaude et de la tarte.


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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 25 Mai - 19:38

Parler toute seule au beau milieu de Lorgol – ou plutôt, parler à un écriteau comme s’il s’agissait de Serenus – était en soit assez bizarre. Toutefois, j’étais accoutumée à discuter longuement avec moi-même et même à entretenir des conversations aussi étranges que constructives avec des concepts ou des objets transformés en interlocuteurs muets pour les besoins de mes échanges avec le monde. Aussi, lancer mes reproches et mes excuses devant les bâtiments de la Guilde des Guerriers ne me paraissait pas si étrange que semblaient le penser les passants, de par leurs regards interloqués. En revanche, que ledit écriteau me réponde, ça, c’était franchement déconcertant. D’autant plus que lui, s’étonnait que moi, je lui parle.

Je fronçai les sourcils, muette de surprise, observant l’écriteau comme s’il était susceptible de me sauter à la gorge pour m’agresser. Des éclats de rire retentirent, et je laissai mon regard voguer jusqu’à un groupe de guerriers. Mentalement, je ressassai ma liste mentale. Programme de la journée : dormir (à venir) – visiter Lorgol (incertain) – éviter à tout prix de rencontrer Serenus par hasard (échec). L’objet de mes reproches et de mes excuses se tenait là, moqueur, adossé au mur. Et il avait osé se moquer de moi en me faisant croire que l’écriteau me répondait ! Et il m’observait en souriant ! Et il parlait d’une voix décidément bien trop douce ! J’avais envie de le montrer du doigt et de faire comprendre à tous ses torts. Je me contentai de croiser les bras sur ma poitrine en un geste défensif. J’étais prête cette fois, et je n’allais certainement pas me faire avoir comme la dernière fois.

— Bonjour, Dardalion, le saluai-je en ricanant. Croyez-vous vraiment que j’aie mal dormi alors que je n’ai cessé de voir votre mort en rêve ? Vous m’avez bousculée, insultée, traitée comme une gamine et croyez-moi, quiconque aurait subi un tel sort de votre part aurait jubilé d’assister à de telles scènes.

Pas moi, d’accord. Je n’avais pas vraiment jubilé devant l’horreur de mes cauchemars. Mais je n’étais pas « quiconque ». A lui de remarquer que ma phrase ne comportait aucune affirmation me concernant directement, et d’en juger ce qu’il pourrait à travers mon amour de la vérité. J’espérais, toutefois, qu’il se montrerait aussi stupide que d’habitude et éviterait de remarquer ce genre de subtilités. Puisque mes plans de la journée avaient été cruellement contrariés, le monde me devait bien ça, non ?

Il me fit alors comprendre, après s’être avancé vers moi, qu’il avait écouté tout ce que j’avais adressé à cet écriteau. Il prétendit ne pas avoir voulu m’insulter, ne pas m’avoir traitée comme une gamine, avoir réagi envers moi comme envers un frère d’armes – ou plutôt une sœur d’armes, dans le cas qui nous occupait, mais ça n’avait pas grande importance. Il me demanda de ne pas prendre mal son geste de sympathie, et je ne savais pas du tout comment répondre à cette demande. En d’autres circonstances, je l’aurais probablement taquiné au sujet de ce « s’il te plait », mais j’étais fatiguée, j’avais passé une très mauvaise nuit, et je n’avais aucune envie de lui parler plus longtemps. Je manquai de lui faire un commentaire acerbe, lorsqu’un jeune homme apparut derrière Serenus, m’adressant un grand sourire.

Amusée du regard incendiaire que Dardalion lui lança, et heureuse de trouver un allié parmi ces maudits guerriers, je lui répondis d’un discret signe de la main, main que je plongeai innocemment dans mes cheveux lorsque Serenus se retourna, après avoir repoussé vivement cet inconnu. Ce dernier avait fait fondre ma colère comme neige au soleil, et même si je devais veiller à empêcher toute nouvelle marque de sympathie de la part du guerrier qui s’était mis en tête de faire plus ample connaissance avec moi, je ne voyais aucun problème à poursuivre cette conversation quelques secondes de plus. Je restai donc là suffisamment longtemps pour qu’il m’invite à entrer et à partager leur repas. Je n’étais pas particulièrement attirée par la nourriture, au grand dam de mes parents, mais je devais avouer que l’idée d’un repas gratuit n’était pas rebutante. L’estomac retourné, je n’avais pas pu manger ce matin, et je sentais la faim se rappeler à moi. Je haussai les épaules.

— C’est d’accord, je ne serais pas contre un bon repas. A propos, même si ça n’a aucun rapport avec la nourriture, tu es beaucoup mieux quand tu es rasé, Serenus. Tu ressembles presque à un être-humain. A l’odeur, on dirait même que tu t’es lavé. J’espère que tu as fait subir le même sort au bout de tissu que tu appelais « cape ». J’en viendrais presque à t’accoler l’adjectif « civilisé ». Presque. Il te manque encore quelques détails.

« Civilisé », selon moi, était un mot tellement vague de sens que je ne l’attribuais jamais à personne. Ce n’était donc pas vraiment un mensonge. Je ne laissai pas le temps à Serenus d’enchainer, reprenant directement la parole.

— Par exemple, éviter d’écouter les gens aux portes et signaler gentiment ta présence avant de surprendre quelque chose de gênant. Le fait que je parle toute seule n’est pas une excuse pour surprendre une de mes conversations avec une part dissidente de mon esprit. Est-ce clair ? Il faut respecter la vie privée de ses congénères humains, Serenus. C’est la moindre des choses.

Souriante, je me dirigeai vers l’entrée de la guilde des Guerriers, m’arrêtant juste devant les portes.

— Alors, où est ce repas que tu m’avais promis ?

Je jetai un coup d’œil aux quelques guerriers présents, qui m’observaient avec amusement. Certains retenaient un éclat de rire moqueur envers Serenus. Le pauvre venait de se voir passer un beau sermon devant ses frères d’armes. Ce que je n’étais certainement pas prête à regretter. Il m’avait joué un sale coup, à mon tour.

Du coin de l’œil, je remarquai le jeune homme qui avait exaspéré Serenus, et lui fit un léger signe, observant du coin de l’œil la réaction du guerrier qui me montrait le chemin, espérant avoir allumé l'incendie de sa fureur.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Mer 25 Mai - 20:39

Il pouvait le reconnaitre, il était content de la revoir, et, même quand elle lui lanca qu'elle l'avait vu mourir en rêve, il ne put s'empêcher de sourire. Il s'avança donc vers elle et lui dit que son aide n'avait pas pour objectif de l'insulter. Apres tout il ne souhaitait que s'être montré sympathique envers cette jeune fille. Soudain, alors qu'il parlait, un de ses jeunes collègues fit un grand sourire charmeur Melinda. Serenus lui lanca un regard qui aurait pu faire fuir n'importe qui puis le poussa vers ses autres collègues hilares. Il ne remarqua pas que Melinda avait répondu au sourire du jeune homme par un signe de la main qu'elle dissimula en passant celle ci dans ses longs cheveux. Il lui demanda alors si elle voulait partager leur repas, il fut surpris mais content quand elle accepta. Elle en profita pour lui dire egalement qu'il etait beaucoup mieux sans sa barbe et qu'il sentait meilleur. Serenus répondit alors :

- Cela peut sembler bizarre pour un guerrier, mais je ne supporte pas être sale. Quand tu m'a dis que ma cape puait, je me suis dépêché de la laver.   il l'écouta parler du fait qu'il était mal d'écouter aux portes, il répondit alors A cela en riant :- Si je t'ai offensé je m'en excuse mais crois moi, tu parlais tellement fort que je n'ai presque pas eu besoin de coller mon oreille contre la porte.

Il montrait la cape qui séchait sur son fil pour appuyer son propos et la fit entrer dans la Guilde. Les guerriers présents la regardaient avec amusement. Certains ricanaient en voyant leur frère d'arme se faire passer un savon par une femme qui mesurait une tête de moins que lui. Serenus se contenta de redresser la tête et de lancer un regard de défi à ses compagnons avant de montrer la grande table a Melinda. Il dit en souriant :

- Installe toi, le repas vient d'être servi.

Les assiettes remplies de viande et de légume avaient été déposées par un cuisinier qui travaillait pour la Guilde. Il plaça en même temps les couverts, les verres et les pichets d'eau et de vin. Le jeune guerrier qui avait sourit à Melinda répondit à son signe, attendit que celle ci aille s'asseoir avant de faire de même. Il fit exprès de bousculer légèrement Serenus pour se placer en face de la jeune femme qu'il, visiblement trouvait à son gout. Serenus serra les dents. Il resta calme même si son regard disait tout le contraire et alla s'installer quand soudain un autre guerrier plus agé tendit le pichet à Serenus en lui disant :

- Serenus ! Vu que t'es encore debout, vas nous chercher du cidre, il faut qu'on porte un toast.

- En quel honneur ?

- Pour la jeune fille qui aura réussi à te faire plier devant la Guilde toute entière ! Si elle avait ete une guerrière, elle n'aurait fait qu'une bouchée de toi. Allez ne traine pas "la baguette" !

Serenus pâlit, ses collègues ne l'avait plus appellé comme ça depuis qu'il avait terminé sa formation. Ils lui avaient donné ce surnom à cause de sa faible corpulence à son arrivée à la Guilde et à cause du fait qu'à ce moment La, il savait plus manier une baguette de pain plutot qu'une épée. Bien sûr, Serenus avait bien changé aussi bien physiquement que dans ses capacités. Il serra les poings et prit le pichet. Il se rendit aux cuisines et demanda du cidre. Lorsqu'il revint à table, il ne restait plus qu'une seule place, a l'autre bout de la table et bien sûr, loin de Melinda.
Tous les autres guerriers s'étaient regroupés autour d'elle et ne cessait de lui demander de raconter comment elle avait connu Serenus et surtout comment elle avait fait pour réussir à le faire plier.
Il soupira et s'assit à sa place après avoir retiré ses protections en cuir.

Le jeune guerrier qui s'était assis en face d'elle lui dit en montrant Serenus :

- Tu as vu son regard ? On dirait que son ego a prit un sacré coup. Il était un des meilleurs éléments de l'antenne de Lorgol avant son départ pour la Volte. Tous les guerriers savaient de quoi il était capable et il s'était construit une reputation en acier. Et tu as réussi à y percer une faille.  

Un autre guerrier, barbu et ventru dit en éclatant de rire :

- Cette petite ira loin dans la vie je vous le garantie !

Serenus regarda Melinda et, même si le coeur n'y était pas, lui fit un sourire. Il croqua dans un morceau de viande chaude et dit A l'intention de la table toute entiere :

- Non seulement elle a réussit a me faire ceder, mais j'ai eu droit aussi a toute une liste de mes défauts. Melinda sait lire en nous comme dans un livre..

Il fut tenté de dire qu'elle savait aussi parler aux pancartes mais il se dit que cela ne ferait rire personne. Il se concentra donc sur son repas et écouta ce qu'il se passait autour de lui tout en sachant que sa reputation et son ego venait de prendre un coup dont ils auraient dû mal à s'en remettre. Si cette histoire venait jusqu'aux oreilles de son capitaine a La Volte, il risquait d'en entendre parler pendant des semaines voire pendant des mois. Il se sentait peu à peu mis à l'écart alors que pourtant il etait au centre du sujet et cela le rendit terriblement mal à l'aise. Serenus avait essayé de calmer le jeu en reconnaissant devant ses collègues que Melinda avait un certain talent pour se defendre avec sa langue mais il avait l'impression que cela n'avait fait qu'aggraver la situation.
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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Jeu 26 Mai - 0:09

Il recommençait. Alors même que je lui en avais fait le reproche, alors que je lui avais démontré que sa sympathie était ridicule, il récidivait. Sa cape, suspendue à un fil, était là pour me prouver qu’il avait poursuivi ses attentions pathétiques. J’hésitai brièvement à changer d’avis et à refuser son invitation, mais la tentation d’un repas gratuit était un peu trop forte. Je serrai les dents et retins un commentaire sarcastique. Il se moqua alors allègrement de ma voix portante et se dédouana par la même occasion du crime terrible d’écouter aux portes. Je fronçai les sourcils. Oh non, je n’allais certainement pas laisser passer ça. Je le foudroyai du regard.

— J’ai l’impression que tu cherches à éviter ta responsabilité dans l’affaire de cette porte comme tu l’as fait pour notre collision. Est-ce que tu veux vraiment que nous nous répétions à ce propos, alors que nous savons très bien, qui de nous deux est le plus susceptible de remporter la victoire ? Je crois que non. Donc, la prochaine fois que tu entends une conversation qui n’est pas censée parvenir à tes oreilles, tu te contentes d’avertir à haute et intelligible voix de ta présence, avant que lesdites informations n’atteignent ton esprit, est-ce clair ?

J’avais conscience d’être un peu trop dure avec lui, surtout devant ses frères d’armes, mais ses gestes de sympathie m’horripilaient au plus haut point. J’avais l’impression qu’il se comportait avec moi comme si j’étais une douce porcelaine qu’il devait à tout prix éviter de briser. D’ailleurs, ce fut avec une rare assurance, pour quelqu’un que raillaient tous ses frères d’armes, qu’il me conduisit jusqu’à la grande table. Je remarquai avec agacement que Serenus souriait. La facilité avec laquelle il supportait les critiques de ses congénères me laissait perplexe, mais je ne fis rien remarquer.

— Merci pour l’invitation, Serenus, murmurai-je avec un léger sourire, constatant qu’il s’agissait de mes premiers mots gentils de la journée.

Je m’installai à la table qu’il m’avait indiquée. Je ne manquai rien du jeu muet qui se déroula entre Serenus et le jeune homme à qui j’avais fait signe. Le combat entre les deux frères pour une stupide place fut perdu de bon cœur par Dardalion. Enfin… de bon cœur… Je voyais bien qu’il était furieux, même s’il se garda bien de le dire. Quant au jeune homme, souriant aux anges comme s’il venait d’apercevoir le paradis, il prit place en face de moi. Je fus mal à l’aise, soudain, d’être au beau milieu de cette lutte muette dont je ne comprenais pas vraiment les tenants et aboutissants.

Je répondis vaguement à une question posée par le jeune guerrier, mais mon attention était focalisée sur Serenus. Un guerrier plus âgé lui ordonna d’aller chercher du cidre, en mon honneur, de toute évidence. L’ordre de l’ainé était prononcé avec un mélange indistinct de mépris et d’ironie, et je compris qu’encore une fois, c’était de ma faute. Je n’avais fait « qu’une bouchée » de Serenus. L’expression de son visage valait mille fois celle qu’il avait affichée lorsque j’étais partie sans une explication, la veille. La culpabilité m’assaillit à nouveau, et cette maudite ennemie ne me quittait pas, aussi tenace qu’une moule accrochée à un rocher. Je soupirai. Non, je ne pouvais pas laisser Dardalion dans cette situation. Comment l’aider ? C’était une autre affaire.

Lorsque je vis Serenus partir, je compris qu’il y avait une toute autre raison à ce que je l’empêche de me quitter. Les guerriers se ruèrent sur moi comme… eh bien, des guerriers durant un raid. Encore un peu, j’en aurais imaginé plusieurs hurler : « sus à l’ennemi ! ». La plupart de leurs questions tournaient autour de leur frère d’armes, mais certaines me concernaient directement. Exercée à l’art de changer de sujet, je détournais patiemment chacune de leurs questions, pour leur donner cette impression désagréable qu’ils avaient reçu une réponse claire et concise alors qu’en fait je n’avais fait que blablater sur des sujets sans importance.

Le jeune guerrier à qui j’avais fait signe souligna à quel point j’avais mis à mal la réputation de Serenus. Mal à l’aise, je souris néanmoins comme si l’information n’avait aucune importance à mes yeux. Si je m’étais dandinée sur ma chaise en me tordant les mains, cette bande de guerriers assoiffés de sang et d’humiliation n’aurait pas manqué de se jeter sur moi comme des vautours. L’un d’entre eux ajouta en riant que j’allais aller loin dans la vie, et cette remarque acheva de me mettre en rogne. J’eus envie de leur hurler à tous de se taire et de sortir pour me laisser parler seule à seul avec Serenus. Je me retins, simplement parce que ce comportement aurait été franchement déplacé alors qu’ils m’offraient à manger. En silence, je poursuivis donc mon repas.

Entre deux bouchées, j’eus le malheur de croiser le regard de Serenus. Isolé à un bout de la table, il faisait penser à un exilé, alors qu’après tout, il était non seulement le principal sujet de conversation des guerriers autour de moi, mais c’était également grâce à lui que j’étais à cette table. Je manquai de me lever pour réagir à cet instant, tant il semblait pitoyable et esseulé, mais Dardalion m’interrompit en parlant d’une voix forte, qui résonna à travers toute la pièce. Il affirma que j’étais non seulement capable de le faire céder, mais aussi que je listais ses défauts sans difficultés. Je me demandais  à quel point il était possible, pour un être humain, de s’enfoncer lui-même dans le ridicule et l’humiliation. Beaucoup, sans doute. J’en avais un exemple parfait sous les yeux. Les conversations, sitôt après la déclaration de Serenus, redoublèrent en intensité. Lentement, je me levai.

— Silence ! hurlai-je finalement, à bout de patience.

Quand j’étais petite, il m’arrivait, pour m’entrainer à avoir une voix portante, de crier contre le vent qui rugissait souvent en Outrevent. J’avais acquis de la pratique, et je n’eus aucun mal à éteindre les conversations, d’autant plus quand je frappai violemment du poing sur la table. Ce qui, accessoirement, me fit mal. Prenant sur moi, je m’empêchai de secouer ma main blessée avec un gémissement de douleur. Je me contentai de la mettre derrière mon dos et de la caresser doucement du pouce, avec compassion, en lents cercles concentriques.

— Si vous voulez tout savoir, Serenus m’a aidée alors que j’étais perdue dans la ville basse au beau milieu de la nuit, et il m’a guidée jusqu’à la ville haute. Vous devriez tous admirer en lui les valeurs du guerrier, qu’il a remarquablement bien conservées au cours de ce repas, et vous devriez avoir honte de participer aussi activement à sa déconfiture. Si j’ai insulté Serenus, c’est simplement parce que je ne supporte pas qu’on me vienne en aide, et je suppose que vous pouvez comprendre cela.

Je soupirai bruyamment et les regardai tous avec désolation, comme s’ils venaient de commettre une grosse bêtise et que je devais les punir. Puis je secouai la tête avec abattement et eut un large geste de la main comme pour effacer la nécessité du châtiment.

— Maintenant que la vérité est rétablie, et que vous avez tous conscience de votre erreur, j’aimerais vous rappeler que je suis ici pour voir Serenus, et pas pour parler avec vous ou pour écouter vos stupidités. Par conséquent, quand je partirai d’ici avec le guerrier que je suis venue voir, vous allez bien gentiment rester assis à votre place et vous comporter sagement ! Est-ce bien clair ?

Je laissai planer une seconde de silence, les foudroyant tous d’un regard à la ronde.

— J’espère pour vous, où vous subirez ma colère. Et pour votre gouverne, à l’instant, je suis particulièrement calme.

Je me tournai vers Serenus et, sans plus hésiter, devant le silence consterné des autres guerriers, je pris la main de Dardalion et l’entrainai vers la sortie. Une fois dans la rue, je me tournai vers lui. Ma fureur n’avait toujours pas décru et je le foudroyai du regard comme si toute cette scène était de sa faute. Après avoir vérifié que les guerriers m’avaient bien obéie et s’étaient tapis dans leur tanière comme des bons petits animaux de compagnie, je le sermonnai fermement.

— Toi, ne t’habitues pas à ce que je prenne ta défense ! Tu es censé être un guerrier, pas un lâche qui se dégonfle à la moindre occasion. Devant moi passe encore, parce que je suis petite et que je fais pitié, mais devant tes hommes ?

Je secouai la tête avec consternation.

— Où est passé ton courage de guerrier ? Parce qu’un guerrier, c’est censé être courageux, non ? Histoire de lutter contre la mort, et toutes ces choses-là ! J’ai l’impression que tu t’es assis dessus tout le repas durant pour une raison inconnue.

Je secouai la tête.

— Non, en fait, je suis sûre de connaitre la raison. Tu l’as fait pour me mettre mal à l’aise. Pour que je voie à quel point tu étais un pauvre guerrier en pleine détresse. Tu l’as fait pour me mettre dans l’embarras. Pour que je te pardonne ta sympathie insupportable en songeant que tu étais seulement un pauvre type un peu paumé.

Je ricanai.

— Eh bien ça ne marche pas, Serenus ! Je t’ai percé à jour !

Je me retournai, pour tomber nez à nez avec le jeune homme à qui j’avais fait signe. Je le foudroyai du regard, pas totalement débarrassée de ma colère.

— Et toi, qu’est-ce que tu fais là ? lui aboyai-je avec violence. Tu n’as pas compris quand j’ai dit aux autres de rester à l’intérieur ? Tu es incapable de comprendre le langage simple, de suivre un ordre, ou simplement d’imiter des congénères un tant soit peu plus raisonnables ?

Il haussa les épaules.

— Je suis venu voir si tu t’en sortais avec lui, railla-t-il d’une voix moqueuse, avec un signe du menton en direction de Serenus.

— Je sais m’en sortir toute seule, grondai-je d’un ton menaçant. Mais puisque tu tiens tellement à en découdre, je te laisse parler avec Serenus.

Je jetai un dernier regard à ce dernier avant de m’éloigner pour les laisser discuter et se disputer comme ils en auraient envie. Je m’assis par terre quelques mètres plus loin, sans me soucier de ce qui pouvait bien se passer, observant la route avec ennui. Cette affaire ne me concernait plus, désormais.

Qu’ils règlent donc leurs affaires en famille, ces maudits guerriers ! Qu’ils me laissent un peu tranquille !

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Jeu 26 Mai - 11:02

Il etait sur le point de craquer quand Melinda ordonna le silence dans un hurlement et tout en tapant sur la table. Serenus se dit qu'elle avait dû se faire mal vu la manière dont elle mît sa main blessée dans son dos. Il se promis d'aller lui chercher le baume de sa mère quand soudain elle railla à son tour tous les autres guerriers. Ceux ci, surpris et completement sans voix, l'ecoutaient lorsqu'elle parla du fait que Serenus l'avait aidé et qu'il représentait à lui seul toutes les valeurs d'un guerrier. Elle leur dit egalement avec colere qu'elle était venue ici pour le voir lui et leur ordonna de rester sagement ici, le temps qu'elle parle au guerrier qu'elle était venue voir. Serenus se leva lorsqu'elle quitta sa place et toisa du regard les guerriers qui affichaient une tete de gamin que l'on venait de punir. Il se dit qu'il finirait d'asseoir son autorité en les défiant tous un par un en combat singulier.

Il se laissa prendre la main et suivit Melinda jusqu'à l'extérieur. Il s'attendait à de nouveau se faire sermonner. Lorsqu'elle commenca par lui dire qu'il est censé être un guerrier et qu'un guerrier se défend seul. Elle lui demanda où etait donc passé son courage de guerrier. Serenus fit une grimace et hesita entre rester silencieux ou lui dire qu'il s´était sentit faible, à peine plus fort qu'un nouveau né. Elle renchérit en disant qu'en fait il avait fait ca pour la rendre mal à l'aise. Serenus leva les mains et secoua la tête. Il dit alors sur un ton doux :

- J'étais perdu Melinda. Tu m'a fait me sentir comme un nouveau né qui doit tout apprendre de la vie. Je ne voulais en aucun cas te mettre mal à l'aise. Si j'ai dit que tu lisais en nous comme dans un livre ce n'était juste qu'un compliment.. il regarda La Guilde et reprit : - La Guilde, c'est toute ma vie, ce que tu as vu la, on l'a tous vécu un jour, les guerriers se poussent les uns les autres a l'humiliation pour se forcer à s'améliorer, à s'attirer le respect de ses frères. Un bon combat et une mission et tout sera reglé.. Enfin je l'espère.

Soudain la jeune recrue s'avança et demanda si elle pouvait s'en sortir avec lui. Serenus serra les poings, furieux et pret a riposter mais Melinda prit les devants en lui aboyant dessus comme un molosse. Elle lui hurla qu'il était si bête à ce point pour ne pas comprendre les ordres et qu'elle pouvait se débrouiller seul. Elle alla s'asseoir et regarda les deux hommes qui se faisait face. Le jeune homme, sur que son aîné était au bord du gouffre lui dit en riant mais sur un ton hésitant :

- Je plains ta femme Serenus... Avoir un mari qui se fait sermonner comme un enfant par une femme beaucoup plus jeune que lui, ça doit pas être facile

Serenus le prit par la nuque et serra les doigts. Le jeune homme couina. Serenus plaqua son front contre le sien et dit sur un ton méprisant mais bas :

- Toi l'asticot je te conseille de la fermer si tu ne veux pas finir avec des os brisés. Sache que si je laisse cette femme me parler comme ceci c'est parce que je l'apprécie beaucoup et qu'on se connaît suffisamment pour se parler comme des frères et sœurs.

Il plaqua la recrue contre le mur et garda sa main sur son cou. Autour d'eux les passants commençaient à se rassembler, avide d'une bagarre. Serenus lui dit alors :

- Tu as de la chance que Melinda et moi soyons calme. Tu iras parler aux autres guerriers et leur dire ceci : s'ils ont le moindre problème avec moi, ils peuvent venir le régler tout de suite, si je laisse Melinda me parler de cette maniere, il est hors de question que cela soit pareil pour mes collègues.

Serenus le lacha et le fit tomber au sol. Le jeune homme croassa :

- Le capitaine et le Commandant vont en entendre parler crois moi, ta carrière est morte Serenus.

- Je ne vois pas en quoi ma carrière s'éteindrait si nos supérieurs ont vent de cette histoire. Je n'ai tué aucun guerrier que je sache. il se baissa et prit le jeune homme par le col pour le forcer à le regarder dans les yeux :- D'où te permet tu de me parler sur ce ton et de dire que ma carrière est morte ? Toi tu n'es même pas un guerrier, tu sais à peine te battre correctement. Je me demande comment tu as fait pour survivre à la formation. Alors avant faire ton malin, commence par devenir un guerrier, un vrai, un homme qui merite mon respect parce que la, tout ce que tu obtiendras de moi, c'est le mépris.

Serenus lacha le col du jeune guerrier qui se releva. Il fusilla Serenus du regard et rentra dans la Guilde. Le guerrier regarda la foule autour de lui et hurla, furieux :

- Vous avez pas autre chose à faire ? Hors de ma vue !

La foule se dispersa après quelques regards méprisants. Serenus rejoignit Melinda et s'assit à ses côtés. Il souffla et soupira après s'être passé la main sur le visage. Il dit juste :

- Merci.

Il ne savait pas tellement pourquoi il tenait à la remercier mais il etait sur d'une chose : remettre ce gamin à sa place lui avait fait un bien fou. Il ne restait maintenant plus qu'à s'occuper de ses autres collègues qui souhaiteraient en découdre avec lui. Il regarda le bâtiment de la Guilde et mît sa tête dans ses mains.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Jeu 26 Mai - 22:17

Je pouvais résister à beaucoup de choses, me montrer froide, furieuse, incroyablement insultante, impertinente, et bavarde. Pourtant, j’estimais qu’il n’y avait rien de plus déconcertant que de voir un homme révéler à quel point il se sentait faible et perdu devant moi. Serenus se comportait à mes côtés avec… loyauté. Le mot résonna un peu dans mon esprit, comme s’il se heurtait aux parois de mon crâne sans y trouver d’écho et de compréhension. Depuis notre rencontre – et ses excuses obtenues de haute lutte – il n’avait cessé d’être envers moi d’une touchante gentillesse qui, bon gré malgré, perçait les défenses que j’avais l’habitude d’ériger autour de moi pour empêcher quiconque d’approcher de trop près. Par sa bienveillance envers moi, il m’obligeait, d’une certaine façon, à lui rendre la pareille. Aussi, lorsqu’il me parla de la Guilde et de ses espoirs que tout revienne rapidement à la normale, je hochai la tête.

— Je l’espère aussi, murmurai-je avec un doux sourire. Je n’aimerais pas que ma venue jusqu’ici perturbe votre quotidien, Serenus. Je dois avouer que je m’en voudrais un peu.

Je fronçai les sourcils.

— Je trouve dommage, toutefois, que vous soyez obligés de passer par l’humiliation pour arriver à vous en respecter les uns les autres. Enfin, vous devez vous dire que c’est une remarque assez ironique de ma part, puisque je n’ai pas cessé de vous houspiller depuis à peu près le début de cette conversation. Mais je pense… je ne sais pas, qu’entre frères d’armes, il devrait exister une sorte de connivence qui consister à se soutenir en toutes situations.

Je gardai pour moi ce qu’une partie de mon esprit ne pouvait s’empêcher de penser. Que moi, si j’avais eu des frères et sœurs d’armes, j’aurais voulu qu’ils soient là pour me soutenir. Je n’aurais pas supporté une seule seconde qu’ils me traitent comme ils venaient de le faire avec Serenus. J’aurais cherché à leur faire payer chacune de mes insultes. En tous cas, je n’aurais jamais pu accorder totalement ma confiance à des êtres capables de le retourner contre moi à n’importe quel moment. Des gens dont Serenus faisait d’ailleurs partie. Des gens dont il partageait les valeurs. Des gens à qui il ressemblait. Autrement dit, ce n’était sans doute pas l’homme le mieux placé pour que je commence à le considérer comme fiable.

Brutalement, je remarquai la présence du jeune guerrier derrière moi, et le sermonnai durement, avant de le laisser entre les mains de Serenus. Je m’assis par terre et commençai à triturer un morceau de mon vêtement en patientant, écoutant à peine la conversation, refusant de me mêler d’affaires qui concernaient directement Dardalion. Je compris simplement qu’il s’agissait d’une bonne leçon pour l’imbécile qui avait défié mon autorité et celle de Serenus. Seule une réplique particulière de ce dernier se grava en moi de façon indélébile : on se connait suffisamment pour se parler comme des frères et sœurs. Le pensait-il vraiment ? Ou n’était-ce qu’une façon de rétablir son honneur auprès de ses hommes ? Je secouai la tête pour penser à autre chose. Sans doute cela faisait-il partie de ces remarques qui n’avaient aucun sens véritable, et que la plupart des gens disaient sans même y réfléchir.

Durant l’altercation de Serenus avec le jeune guerrier, une petite assemblée s’était formée, comme si la vue de la violence les intéressait au plus haut point. Sans une hésitation, Dardalion les dispersa avant de se diriger vers moi. Loin de me proposer sa main pour me relever, comme je l’avais supposé, il s’assit à mes côtés. Une chance pour lui, d’ailleurs. Je n’étais pas sûre que j’aurais accepté son aide pour me remettre debout. J’aurais probablement émis un reniflement méprisant. Mais puisqu’il se mettait à mon niveau et, de plus, allait jusqu’à me remercier, j’étais un peu prise au dépourvu dans mes projets d’éloignement et de dédain. D’autant plus que, prostré comme il l’était, la tête entre les mains, à regarder la Guilde d’un air de chien battu, il me serrait un peu le cœur. Après un instant d’hésitation, je posai une main compatissante sur son épaule.

— Désolée si je vous ai causé des ennuis. Je ne voudrais pas avoir précipité votre expulsion de la Guilde. Cela dit, le repas était vraiment délicieux, et même si l’ambiance était un peu tendue par moment – pour ne pas dire carrément exécrable – j’ai apprécié votre invitation. Vous êtes vraiment quelqu’un de gentil, Serenus. Je pense que vous méritez mieux comme frères et sœurs d’armes que des guerriers comme eux. Je ne crois pas que vous êtes – comment dire ? – compatibles. Vous êtes totalement différents.

Il avait prétendu que les guerriers se respectaient les uns les autres, et je m’aperçus dans un éclair de lucidité que je venais d’insulter tous ses frères d’armes d’une seule phrase déplacée.

— Ne le prenez pas mal, c’est juste que j’ai du mal à me remettre de la façon dont ils vous ont traité, vous, un de leurs compagnons, un frère d’armes, quelqu’un qu’ils protègent et qui se bat à leurs côtés. Je suis… sidérée. Oui, c’est cela, sidérée. Je ne comprends pas pourquoi vous restez avec eux et ce que vous leur trouvez et…

Je secouai la tête en soupirant.

— Personnellement, j’admire le courage que vous avez eu de ne pas tous les étrangler. Pour ma part, avec votre force, je n’aurais sans doute pas pu résister. Heureusement, je suppose, que je ne suis qu’une « jeune fille fragile ».

J’avais de nouveau imité son accent, mais le sourire moqueur que je lui lançais soulignait que je ne lui gardais absolument pas rancune de cela.

— Ca m’évite de faire des bêtises.

Mon sourire s’élargit.

— Enfin… des bêtises plus grosses que d’habitude, je veux dire.

Brutalement, mon sourire disparut, comme la flamme d’une bougie soufflée par la tempête, et je lançai à Serenus un regard soudain beaucoup plus grave. Je penchai la tête sur le côté, interrogative.

— Serenus… Est-ce que tu penses vraiment, alors que nous ne nous sommes rencontrés que depuis cette nuit, que nous nous connaissons assez pour nous parler comme frère et sœur ?

La réponse avait probablement plus d’importance qu’il ne pouvait l’imaginer, d’autant plus que je m’étais contentée d’une voix égale, simplement un peu curieuse, alors qu’intérieurement, je bouillais de connaitre la réponse. Mes doigts me démangeaient de le prendre par les épaules et de le secouer pour qu’il réponde immédiatement, mais comme ma main me faisait toujours mal, je trouvais à l’occuper en la ramenant devant moi pour la masser en doux cercles concentriques. Je remarquai aussitôt le tutoiement traitre, familier, qui s'était glissé entre mes mots comme un ennemi pernicieux. J'espérais que Serenus, lui, n'entendrait pas cette différence.

J’avais eu un frère, un jour.

Il était mort.

Et personne ne le remplacerait jamais. Surtout pas Serenus.

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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Ven 27 Mai - 9:13

Serenus resta assis, La tete entre les mains quand elle lui parla. Elle lui dit tout d'abord qu'elle etait désolée si Serenus perdait son travail puis le remercia pour le repas. Serenus releva la tête et lui sourit lorsqu'elle lui dit qu'elle ne comprenait pas pourquoi il s'obstinait à rester au sein de la Guilde avec des frères d'arme pareil. Serenus secoua la tête et dit sur un ton bas et doux :

- Ce sont les enlèvements.. Tous les guerriers sont anxieux, ils ont peur. Certains ont perdu un proche lors de ces enlèvements. Cela peut te sembler bizarre que je cherche à les defendre mais ils ne cherchaient qu'à se changer les idées.. Mais sinon, si on écarte ces petites humiliations et les enlèvements, ils sont comme moi. Ils aiment et respectent la Guilde et ses valeurs tout autant que moi..

Il tourna la tête et fit un sourire triste quand elle imita de nouveau son accent en disant que, A sa place, elle les aurait déjà tous étranglé mais qu'elle ne pouvait pas vu qu'elle était une jeune fille fragile. Apres son altercation avec son jeune collègue, il se sentait surtout vidé. Et rester avec Melinda, qui tout A coup est devenue plus gentille avec lui, l'aidait à décompresser. Il dit alors :

- tu es loin d'être une jeune fille fragile Melinda. Les Guerriers tout comme moi même A ont pu constater que tu es parfaitement capable de te defendre et de te débrouiller seule. Une jeune fille fragile ne ferait pas cela.. Elle attendrait que son père la marie a un homme dix fois plus agé qu'elle..

Il garda le silence un moment où, le regard dans le vide, il jouait avec le lacet de sa tunique puis reprit :

- Je ne serais pas renvoyé. Mes supérieurs ont autre chose à penser et ne vont pas s'occuper d'une vulgaire dispute entre guerriers. La recrue se fera envoyer hors de leur bureau A coup de pied s'il ose rapporter ce qu'il s'est passé.

Il mît les mains sur ses genoux et regarda les passants qui marchaient sans se préoccuper d'eux. Il se dit qu'ils devaient tout aussi etre inquiets qu'eux à propos de ces enlèvements car le port et ses alentours était desormais pratiquement désert. Il secoua la tête et sourit.

Melinda lui demanda alors avec sérieux s'il pensait vraiment ce qu'il avait dit à propos du fait qu'ils se connaissaient suffisamment piur se parler comme des frères et sœurs. Serenus la regarda dans les yeux, notant qu'elle le tutoyait enfin, et répondit :

- Quand tu m'a parlé hier soir, quand on s'est bousculé, j'ai eu l'impression... Enfin c'est bizarre mais j'ai eu l'impression de me trouver face à la soeur que je n'ai jamais eu.. Celle qui, même si son frere est plus age et plus fort qu'elle, n'hésite pas à lui tenir tête pour le remettre dans le droit chemin. Je suis mal placé pour parler de ça vu que je suis fils unique. Même la, aujourd'hui quand tu m'a défendu, je me suis dit que, vu La maniere dont tu l'a fait, on aurait dit que tu défendait ton frere. M'enfin tout ce que je te dis peut te sembler niais comme un conte de fée mais c'est ce que j'ai ressentit.

Il vit par dessus l'épaule de Melinda que le Commandant de la Guilde rentrait de mission. Il chevauchait un étalon puissant et la qualité de son equipement montrait qu'il avait une position importante au sein de la guilde. Comme il vit que son supérieur ne l'avait pas remarqué il ne se leva pas et tourna la tête vers Melinda.

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Les Gueux
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Message Sujet: Re: Rencontre nocturne    Sam 28 Mai - 1:37

Serenus cherchait à justifier le comportement de ses frères d’armes, et étonnamment, ça ne me surprenait pas le moins du monde. Il n’était pas le genre d’hommes à délaisser les siens, quelles que soient les circonstances. Contrairement à moi, il ne voyait probablement pas l’intérêt d’une juste vengeance, même si le gamin qui avait osé le défier venait sans doute de passer un sale quart d’heures. En tous cas, jamais je n’aurais eu la patience d’imaginer ne serait-ce qu’un soupçon d’excuses pour quelqu’un m’ayant causé du tort. J’aurais plutôt cherché une juste vengeance, que j’aurais estimée tout à fait méritée. Quant à prétendre qu’ils partageaient les mêmes valeurs, j’étais loin d’être d’accord. Je secouai la tête en ricanant.

— Peut-être aiment-ils la Guilde et respectent-ils ses valeurs, je ne le nierais pas. J’estime, toutefois, qu’à partir du moment où ils sont censés être des guerriers, ils ne devraient pas se laisser aveugler par la peur, quelles que soient les circonstances. Souvent confrontés à la mort, à la violence, au danger, ils ont sans doute eu affaire à la terreur assez fréquemment, et j’imagine qu’ils ont appris à y faire face. Comment dans ce cas expliquez-vous qu’ils… dégénèrent ? Enfin… « dégénérer » n’est peut-être pas le mot exact. Appelez leur comportement prétendument inhabituel comme vous le souhaitez, il n’en reste pas moins inexcusable.

Je secouai la tête avec un claquement de langue agacé.

— Mais regardez-vous Serenus ! Vous n’êtes pas comme eux ! Vous étiez perdu, furieux, et humilié ! Pourtant, vous avez gardé votre calme, avec un sang-froid qui, je l’avoue, m’impressionne. Alors qu’eux, simplement parce qu’ils avaient peur – une peur à laquelle ils sont confrontés, si je comprends bien, à la plupart de leurs missions – se comportent comme des rustres, vous… sortez du lot. Quand je vous ai malmené, vous en êtes arrivé à me faire des excuses, avant de me guider jusqu’à la ville haute et vous avez même supporté mon éclat de colère puéril, allant jusqu’à m’offrir un repas comme si c’était de votre faute. Vous êtes profondément bienveillant, Serenus. Eux, ils sont justes… égocentriques.

Serenus déclara alors que j’étais loin d’être une jeune fille fragile, et le compliment me fit plaisir. Je savais pertinemment que j’étais capable de me débrouiller seule – quant à me défendre, c’était une autre paire de manche, même si ma langue était aussi acérée qu’une bonne lame. Quant à attendre que mon père me marie… Cette idée me fit sourire. Mon imagination pouvait m’emmener sur des chemins bien tortueux, mais je devais avouer que je n’avais pas encore le pouvoir de me représenter moi, mariée, entourée de quelques enfants. Ce genre de vie était une vie responsable, rangée, prudente. Et j’étais tout sauf responsable, rangée et prudente. J’esquissai une moue boudeuse.

— Il n’aurait jamais osé me marier. Je suis plutôt atypique, je crois. Insupportable, invivable, imbuvable, impertinente,… J’en ai entendu des qualificatifs tout au long de mon existence. Un mari n’aurait pu que désespérer auprès de moi. Peut-être justement parce que je ne suis pas cette jeune fille fragile qu’on attend de rencontrer en beaucoup d’épouses.

Il me révéla que la dispute qui venait de se produire resterait sans conséquences durables et je soupirai de soulagement en hochant doucement la tête. Je n’aurais pas voulu qu’il soit renvoyé, ou même qu’il ait le moindre ennui par ma faute. C’était peut-être bête, mais Serenus m’avait accueilli dans ce qui se rapprochait beaucoup de sa maison, et je me sentais étrangement reconnaissante envers lui pour ce que je considérais comme un symbole d’amitié.

— C’est une bonne chose, que vous ne soyez pas renvoyé. Il serait bête que la Guilde des Guerriers perde la caricature exacte du guerrier au grand cœur, toujours prêt à protéger les faibles et à soutenir ses frères d’armes même quand il ferait mieux de se mettre en colère.

Lorsque je posai la question qui importait vraiment à mes yeux, c’est-à-dire si Serenus nous considérait vraiment comme frère et sœur, je devins soudain plus grave, attendant la réponse en retenant mon souffle. Il me parla alors du fait qu’il avait ressenti cette relation comme naturelle au plus profond de lui. Depuis notre rencontre, il avoua qu’il avait l’impression de se trouver face à sa sœur, et que je me comportais envers lui comme envers un frère. Je réfléchis un instant à cela, les sourcils froncés par la perplexité.

Est-ce que je tenais tête à mon frère alors qu’il était plus âgé et plus fort que moi ? Chaque fois que je le pouvais et pour le simple plaisir de le taquiner et de le voir réagir. Il était toujours si raisonnable que je jubilais chaque fois que je parvenais à le sortir un peu de son carcan de sérieux. Bien entendu, le « droit chemin », à mes yeux, avait sans doute un sens bien différent de celui qu’il prenait dans la bouche de la plupart des individus.

Est-ce que j’aurais défendu mon frère si quiconque avait tenté de l’humilier comme ces guerriers avaient humilié Serenus ? J’aurais même été jusqu’à tenter de porter une épée, si nécessaire –  alors que j’étais certaine que j’allais me ridiculiser en voulant la soulever – pour pouvoir me battre contre ceux qui avaient osé insulter mon frère. Oui, je me serais comportée comme une louve qui défend ses petits, même si j’en aurais probablement laissé un morceau pour mon frère, afin de consoler son égo d’ainé et de protecteur.

Est-ce que Serenus ressemblait à mon frère ? Je ne pouvais pas le nier. Physiquement, bien entendu, ils étaient aussi différents que le jour et la nuit. Pourtant, dans leur façon de se comporter envers moi, de me parler et d’agir, ils étaient aussi semblables que deux abeilles. Je fronçai les sourcils. A vrai dire, Serenus me laissait assez déboussolée. Je ne savais pas trop si je devais me comporter envers lui avec gentillesse ou mépris, avec pitié ou méchanceté. Je soupirai bruyamment en le regardant de haut en bas comme si la réponse pouvait être inscrite quelque part en lui, alors que je savais pertinemment qu’elle devait se trouver au plus profond de moi.

Puis je me rappelais brutalement qu’il avait choisi la voie de l’honnêteté en me révélant qu’il avait été perdu, comme un nouveau-né au jour de sa naissance, et je me sentis presque obligée de lui dire à mon tour la vérité sur mon état d’esprit.

— Je suis assez… déconcertée, Serenus, murmurai-je avec douceur. Je ne sais pas trop ce que je dois penser de toi. Durant quelques secondes, j’ai l’impression de te parler comme à un frère, et que tout peut être possible. A d’autres… A d’autres je me retrouve face à un inconnu sans nom et sans visage, un homme à qui je ne peux certainement pas faire confiance.

Un léger sourire ourla mes lèvres.

— Je tenais à te dire, toutefois, que j’adore les contes de fées. Surtout ceux qui s’avèrent les plus invraisemblables, et qui finalement, après des péripéties toutes plus surprenantes les unes que les autres, finissent dans le meilleur des mondes.

Mon sourire vacilla.

— Mais nous ne sommes pas dans le meilleur des mondes, et actuellement, il me serait difficile d’entretenir avec vous une relation plus élaborée que celle de vague connaissance.

J’étais repassée au vouvoiement par réflexe. La froideur de ma phrase me surprit moi-même. A vrai dire, j’aurais pu exprimer des centaines d’autres idées. Comme le fait que j’étais incapable d’accorder ma confiance pour l’instant. Ou bien le conflit irrésolu entre mon cœur stupidement ouvert à tous les horizons et ma raison qui gardait quelque part dans un coin un zeste d’instinct de survie. Ou encore l’affection sincère que je ressentais pour lui mais que j’ignorais totalement comment exprimer. Ces idées-là, je les gardai pour moi, quelque part dans le nœud qui obstrua soudain ma gorge, comme pour me punir de ce mensonge par omission.

— Je vous prierai donc, Serenus, de ne plus parler de moi comme si vous me considériez comme votre sœur. J’ai déjà un frère, et je l’aime.

Il est mort, me retins-je de dire, juste à temps.

— Peut-être serait-il jaloux d’avoir de la concurrence ? Vous ne voudriez certainement pas provoquer des tensions entre moi et ma famille, n’est-ce pas ?

Aucune vérité prononcée. Seulement quelques questions sans intérêt. Aucun mensonge énoncé. Une bonne réussite. Un doux sourire étira mes lèvres. Peut-être allais-je m’en sortir sans trop de peine, finalement.

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