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 "La liberté a parfois les mains rouges de sang."

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Message Sujet: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Lun 13 Juin - 11:02


Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Maelys Aigrépine & Tristan d'Amar

La liberté a parfois les mains rouges de sang."

De retour à Lagrance...



• Date : 3 Juin 1001
• Statut du RP : Fermé // Terminé
• Résumé : Tristan et Maelys sont sur le retour pour Lagrance. Il semble qu’une mise au point soit nécessaire pour les deux après les événements qui se sont déroulés sur l’île des Amoureux du Vent.



Dernière édition par Maelys Aigrépine le Lun 13 Juin - 11:05, édité 2 fois
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Message Sujet: Re: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Lun 13 Juin - 11:03


Je pousse un soupir de soulagement, à peine audible dans les rafales violentes, quand nous sommes enfin en vue d’Edenia. Mirage ralentit l’allure, après avoir tenu un rythme effréné depuis que nous avons emprunté le portail du retour. Je sais qu’il a hâte de rentrer, non à Lagrance, mais dans les lointaines montagnes qui arpentent le relief de Faërie. Je ne sais pas si le Vert voudra pousser jusqu’à celles de Lorgol, là où nous nous sommes rencontrés pour la première fois, mais je m’attends déjà à ne pas le voir durant les prochains jours. Son besoin de se ressourcer se fait violent, après les épreuves que nous venons de traverser. Et la distance me fera aussi du bien, après avoir ressenti ses propres flammes lécher mon corps comme s’il avait tenté de m’inhumer vivante. Je tressaille, et cherche à me convaincre que c’est le froid qui m’assaille à cette altitude. Je risque un regard sur le côté pour aviser mon Capitaine, juché sur Ferveur qui nous suit de près, toujours avec cette expression sérieuse gravée au visage, certainement plongé dans ses pensées. Je me demande comment ce fut pour lui. Je l’ai vu prier, à genoux dans le sable. Je suis certaine qu’il est intervenu en ma faveur auprès de Messaïon, d’une façon ou d’une autre, même si je ne peux pas en avoir le cœur net. Et Carmine a eu l’air de lui accorder une attention toute particulière par la suite… Je n’aime pas vraiment cela, cette attention soudaine qu’il a eu des Amoureux du Vent ne pouvait être que mauvais signe.

Je suis bien vite rappelée à la réalité par Mirage qui commence à perdre en vitesse, faisant claquer ses lourdes ailes pour amortir sa descente vers la cour. Il se pose, aussi gracieux et silencieux qu’un chat. Je me laisse tomber en bas du dragon et, avant même d’avoir fait un pas, son lourd museau vient me cueillir en faisant jouer ma chevelure d’ébène avec son souffle chaud. Je lui rends un sourire teinté d’une certaine mélancolie, mais qui se fait plus affirmé alors que je lui gratte ses écailles entre les naseaux. J’entends un grondement faible partir depuis son ventre, comme un râle mécontent, mais son attitude le contredit car il ne retire pas sa lourde tête.

Tu vas me manquer, Mirage. Ne pars pas.
Nous nous reverrons bientôt, petite. Je serais toujours là, avec toi.


Il recule, après un temps, et ses ailes claquent à nouveau dans les airs quand il reprend son envol, majestueux et puissant. Je le suis du regard alors que le dragon bleu-vert s’évanouit dans le ciel, comme le Mirage qu’il est. J’attends encore un peu, avant de me décider à rentrer… Et manque de sursauter en me retrouvant nez à nez avec Tristan, qui n’avait pas bougé non plus.

- Oh, euh…

Quelle éloquence… Je me traite mentalement d’imbécile et fait un pas en arrière pour retrouver une distance décente avec mon Capitaine. Je lui rends un bref sourire, et lève enfin la tête vers lui. Il me fait face, et j’espère que ce n’est pas pour m’annoncer d’autres mauvaises nouvelles ou me faire d’autres réprimandes.

- Mon Capitaine ? Vous vouliez me parler ?

Est-ce qu’il compte me tenir rigueur de mon retrait alors que tous s’évertuaient à aider les Vivenefs et les Amoureux du Vent ? Non, je ne pense pas. Il m’avait signifié que ce choix était propre à chacun. Et encore, ils peuvent s’estimer heureux… J’aurais laissé Mirage faire qu’il aurait fait partir des départs d’incendie sur toute l’île pour s’assurer qu’il n’en reste rien à termes. Je pousse un léger soupir.

- Mirage est parti quelques jours. Je n’ai pas eu le cœur à le retenir, mais je reste bien entendu disponible en toutes circonstances. Et...

Je me mords la lèvre, avant de le fixer avec résolution.

- Je voulais vous remercier pour votre intervention, quand les Vivenefs s’en sont pris à nous. Je l’aurais peut-être perdu définitivement si vous n’aviez pas agi, peu importe comment vous avez réussi cet exploit… Je vous dois la vie, et celle de Mirage. Vous pourrez toujours compter sur moi, mon Capitaine.
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Message Sujet: Re: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Ven 17 Juin - 1:55

Tristan était épuisé. Plus encore que lorsqu’il passait des nuits blanches qu’il mettait, en toute bonne foi, sur le compte d’insomnies, et non de son insatiable curiosité ou de ce besoin entêtant de comprendre ce qui lui échappait. Étant donné cet éprouvant voyage pour lequel il s’était porté volontaire, et les nombreux changements qui se sont opérés en lui, cela n’a rien de surprenant. Si leur trajet a été considérablement écourté grâce au portail ouvert par les mages, Tristan n’en était pas moins perturbé par cette magie qui coule dans ses veines. Il l’a ressentie, depuis que Carmine la lui a montré. Et il n’a eu de cesse de chercher la meilleure façon d’annoncer la chose à Maelys. Si elle semblait assez attachée à lui avant cela, sans forcément qu’il n’en comprenne les raisons, toutes ces épreuves à la recherche des enlevés les avaient rapprochés. Mais il avait encore en tête son refus de donner son sang et d’éveiller une vivenef – ce qui était un droit qu’elle avait et que jamais il ne lui aurait retiré. Il se souvenait, surtout, de sa fureur à l’encontre de cette magie qui lui avait valu bien des mésaventures. Il ne pouvait savoir ce qu’elle avait ressenti, mais ça ne l’avait pas empêché de se porter à son secours, et de prier Sithis pour obtenir sa libération… et, pour lui, être fondamentalement changé. À quel point ? Il en était incertain, et il lui faudrait se rendre à l’Académie pour cela. Mais il ne pouvait rencontrer aussi ouvertement qu’il l’aurait fallu Dame Carmine, afin qu’elle le familiarise avec ce pouvoir qui coulait en lui.

Ferveur le sentait distrait, mais depuis les nombreuses années passées l’un avec l’autre, l’habitude était là, d’amener son chevaucheur à bon port sans qu’il ne se soucie guère de la trajectoire. La confiance entre eux deux était immense. Ce n’est qu’en sentant la pression du vent s’amoindrir, que Tristan prit conscience de l’arrivée proche, et avec un certain soulagement, qu’il descendit. Soulagement mutuel, d’ailleurs.

Ne t’inquiète pas, je ne changerai pas. Je ferai tout pour que ça ne soit pas le cas, du moins. Je sais que tu y perdras le sommeil et le sens des réalités, comme souvent. Mais fais attention à ce don, qui t’a été donné par Sithis.

Le marquis regarde son amie de toujours s’envoler, sachant qu’elle n’est jamais bien là, même si elle a besoin d’un peu de temps pour redresser ses écailles, elle aussi. C’est ainsi que Maelys le surprend, le heurtant quasiment. Il recule légèrement, et lui adresse un sourire quelque peu crispé. Aborder le sujet va être complexe. Mais il doit le faire.

« Si je n’étais pas Capitaine du Vol de Lagrance, Maelys, surement n’aurais-tu eu qu’une légère punition. Et même si tu as été soumise à de grandes épreuves, et Mirage l’a sûrement compris, je ne peux laisser impunie ton attitude envers ce pirate. Quand bien même sa propre attitude ne mérite que notre dédain et notre mépris le plus total. C’est un imbécile, assurément, mais on ne peut utiliser la chair humaine comme boulet à canon. Aussi couard se soit-il montré. Tu es donc assignée à des tâches de maintien de la caserne en état, jusqu’au retour de Mirage. Et à un entrainement sportif, pour ne pas te ramollir. »

Il était ferme mais pas injuste, et aurait souhaité remettre cela à plus tard, mais il n’en avait pas réellement le choix. Et le sujet qu’il devait aborder était nettement plus délicat.

« Tu étais sous ma responsabilité, et c’était mon devoir. Je l’aurai fait si ça n’avait pas été le cas, cependant, mais pas pour que tu me sois redevable, parce que je n’aurai pas du te laisser seule à trouver une solution – quand bien même je souhaitais interroger la figure de proue. Mais je dois te parler, comme tu l’as réalisé. J’ai prié, pour cela, imploré l’aide de Sithis. Qui n’est pas sans contrepartie. Et ce que je te confie, tu ne pourras le répéter à personne. Ni Cassiopée, ni Thomas, ni Neve. Personne. Aucun chevaucheur ne doit savoir. »

Il inspira, incertain de la façon correcte d’amener la chose. Avant de réaliser qu’il n’y en avait pas.

« Il m’a doté de Magie du Sang. C’est là ce dont Carmine m’informait – je dois lui rendre visite, pour avoir plus de détails. Et décider d’apprendre à la maîtriser, ou de la laisser en friche. »

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Message Sujet: Re: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Sam 2 Juil - 23:26

J'ai espéré, de façon parfaitement éhontée, que nous repousserions cette épineuse discussion à plus tard... Mais les sermons n'ont pas tarder à tomber, et les sanctions qui sont assimilées. Je prends une longue inspiration, que je bloque ensuite, pour ne pas lâcher ce profond soupir de lassitude qui me viendrait naturellement. Je suis en colère, bien entendu. Je le fixe longuement, cherchant à me retenir, mais quitte à ce que l'on me traite encore de jeune effrontée, au moins que ce soit pour une bonne raison !

- Je n'ai...

Je porte mes mains à mes tempes, avant de partir dans un geste de fureur qui, heureusement, ne se contente que de malmener le vent autour de nous. Je ne me serais pas permise de toucher Tristan d'une quelconque manière que ce soit, et ça m'aurait sans doute fait tout drôle, de quoi doucher mes émotions explosives pour les remplacer par d'autres... Enfin ce n'est pas ce dont il était question. Je m'égare, à oublier de vue de lui exposer l'essentiel.

- J'ai agi ainsi dans l'intérêt des Chevaucheurs, mon Capitaine. C'était en dernier recours, pour nous protéger et nous permettre de retarder... Ce qui était inévitable, certainement, mais nous ne le savions pas encore. Il était perdu, dans tous les cas, pas nous, pas encore. Vous pouvez me sanctionner pour une telle action, mais ça ne m'empêchera pas de recommencer si des mesures drastiques sont de nouveau nécessaires pour la mission qui nous incombe. Il faut bien que quelqu'un soit prêt à se salir les mains pour vous, quitte à se les brûler.

J'ai ce goût d'amertume aux lèvres alors que je prononce ces dernières paroles. Je suis certainement injuste, parce qu'il est le seul à être venu m'aider, mais je ne me serais pas trouvée contrainte d'agir ainsi s'il avait trouvé de meilleures solutions... Que ce soit pour cette Voltigeuse ou ce pirate. J'ai fait le nécessaire, quand il ne nous restait pas d'autres alternatives. Et quelques semaines à peine m'ont suffi pour comprendre que mon Capitaine n'était pas prêt à en faire autant. L'honneur, la bonté d'âme... Que sais-je encore. Autant de notions qui l'enveloppaient d'une véritable aura et dont j'étais totalement dépourvue. C'est peut-être bien pour cette raison qu'il me paraissait aussi éclatant.

Je lâche un bref rire, acerbe, en répétant ses propres mots :

- De grandes épreuves...

Je sens l'étau se refermer sur ma gorge, le regard brillant.

- J'ai été brûlée vive, mon Capitaine, comme si mon dragon lui-même m'immolait. Vous ne pourrez jamais comprendre avant de ressentir vous-mêmes pareille souffrance... Et j'espère pour vous que la mort saura abréger votre tourment si cela vous arrivait.

J'ai bien du mal à me montrer aussi fière et redoutable que je chercher à le paraître, encore plus devant lui. Je ravale ma salive et laisse passer un silence, le temps de reprendre mes esprits. Si je voulais lui montrer que ça ne me touche pas, c'est raté. Ce n'est pas tellement cette sanction ridicule qui me gêne que ses paroles, son jugement. Je ne pensais pas aussi mal le prendre.

- La caserne sera rutilante à votre prochain retour de vol.


Qu'on se le dise : Je ne fais pas les choses à moitié. Et même s'il s'agit d'une sanction, je ne rechignerais pas à la tâche. J'ai toujours condamné sévèrement la fainéantise, ce n'est pas pour en faire preuve sous prétexte que cela n'est guère à mon goût. J'espère tout de même que Mirage reviendra vite, même si j'ai comme un doute sur le fait que cela diminuera la durée de ma peine.

Je pensais que nous allions nous en tenir là, quand Tristan me révéla les véritables tenants et aboutissants de ce "marché" passé avec Sithis pour me délivrer de cette malédiction. Je me fige, subitement confuse. Je reste silencieuse et me contente d'hocher gravement la tête quand il me fait promettre de n'en parler à personne. J'aurais certainement plus de mal à le cacher à Neve qu'aux deux autres, qui risquent moins de se formaliser de mes humeurs maussades mais...

La nouvelle tombe comme un couperet. Magie du Sang. J'espérais ne plus entendre parler de cette magie honnie avec notre départ de cette maudite île, mais Tristan était désormais lié à jamais avec leur destin funeste.

- Je... Je suis désolée. Je ne savais pas.

Je referme les bras sur mon ventre, subitement mal à l'aise, encore plus après mes paroles de colère. Son essence même s'était retrouvée altérée par ma faute et... Je ne pouvais même pas lui dire qu'il n'aurait pas dû. Je serais morte ou folle sans son assistance, mais ce coût...

- Ca aurait dû être à moi de le payer.

Je marque une pause, relevant le regard vers lui, peinée mais déterminée.

- Que comptez-vous faire ? C'est une décision délicate à prendre et... Je veux que vous le sachiez, peu importe ce que vous choisirez, vous pourrez compter sur moi pour préserver votre secret à tout prix. Je ne pourrais pas me le pardonner si cela vous coûtait votre place de Chevaucheur.
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Message Sujet: Re: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Dim 10 Juil - 0:19

Cette discussion n’était pas facile à avoir. Et quoi qu’il puisse sembler à Maelys, l’intensité avec laquelle elle doit surement trouver son capitaine de vol injuste, cela importait peu. Il devait le faire, et ce qu’il lui donnerait comme châtiment pour son attitude inconsidérée serait bien vite éclipsé par ce qu’il avait d’autre à lui dire. C’était une certitude pour lui, mais il ne pouvait pour autant ignorer les actes de la jeune chevaucheuse – pour l’avenir, et pour qu’elle comprenne qu’ils devaient protéger les autres, et non pas se protéger eux-même. Il comprenait son raisonnement, mais elle devait comprendre que ce n’était pas là l’attitude qu’elle devait avoir. Et elle devait comprendre pourquoi.

« Je ne remets pas en cause la… capacité que tu as à te salir les mains, quand c’est nécessaire, Maelys. Que tu penses que j’en suis capable ou non importe peu – si cela doit être fait, alors peut-être le constateras-tu. Mais si notre serment nous engage à protéger Faërie et ses habitants, nous ne pouvons nous en prendre à d’autres, à des innocents, sans même savoir qui ils sont, et surtout pas quand ils font partie de l’équipage qui nous a permis de nous rendre sur cette île, et de compromettre leur sécurité. Que ce pirate se soit avéré être un parfait imbécile rustre est un fait, mais il n’aurait pas pour autant mérité de laisser la vie aux mains des amoureux du vent, alors que nous ne connaissions rien de leurs intentions à l’époque. »

Un léger hochement de tête, et une grimace, accueille ses mots concernant le terrible sort qu’elle a subi. Comment réagir ? Il n’en sait rien, mais il ne compte pas la laisser ainsi. Il s’apprête à lui dire que l’on doit faire attention en s’attaquant à des créations imprégnées de magie, mais s’arrête avant d’ouvrir la bouche. Elle a eu sa leçon, et il n’a pas besoin d’en rajouter. Cela va sans doute hanter ses nuits, et peut-être ses journées, pendant longtemps – quel pire châtiment peut-elle subir ? Et peut-être cette torture qu’il n’ose prétendre pouvoir imaginer contribuera à l’asagir, un jour. Peut-être.

« Je n’en doute pas un instant. »

Si Maelys est une vraie tête-brûlée qui fait preuve d’inconscience, elle est aussi appliquée et déterminée à travailler correctement. C’est une réelle qualité qu’elle a là. Tristan déglutit, alors qu’il doit aborder le sujet… épineux. Il émet un petit rire sarcastique, à cette pensée. C’était bien plus que ça. Et la réaction de Maelys, alors qu’il lui confie la réalité de la chose, lui déplait. Pas qu’il l’en blâme, mais bien qu’il ne voulait pas qu’elle s’accuse de ses choix. Il était près à accepter les conséquences de ses propres actes, et elle n’avait pas à s’en sentir coupable. Il savait qu’une contrepartie serait demandée, et il ne se souciait guère de celle qu’elle serait. Il avait envoyé Maelys secourir cette voltigeuse, alors qu’il aurait du s’en charger lui-même. Ou du moins ne pas la laisser seule. Elle était jeune, inexpérimentée. Impulsive. Il le savait, et il avait failli à sa position.

« Tu n’as pas à t’en accuser, et crois-moi, si je t’entends le faire une autre fois, les corvées des autres deviendront tiennes. Il plaisantait, mais la situation était tellement compliquée qu’il n’était pas certain qu’elle le perçoive. Je suis ton capitaine, et je n’aurai pas du te confronter à une telle situation. »

Ses lèvres formèrent une grimace, à la question avisée de la jeune femme. « Rien, pour le moment. Questionner Carmine, quelque, peut-être. Au moins pour ne pas… disons, dérailler, et l’utiliser involontairement. La comprendre, si je n’apprends pas à la maîtriser. Faire profil bas, dans tous les cas. Et j’ai confiance en toi. Mais tu n’y es, et je te le répèterai autant de fois que nécessaire, pour rien. »

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Message Sujet: Re: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Lun 1 Aoû - 12:56

Je me rends compte à quel point je peux me montrer injuste, sous le coup de la colère. J'aurais certainement pu continuer sur ma lancée si mon Capitaine de Vol m'en avait donné l'occasion, mais il a le don de répondre avec un calme olympique à toutes attaques, comme si rien ne pouvait l'atteindre, de quoi faire taire aussitôt toutes protestations. J'aurais préféré qu'il s'énerve sur moi plutôt que d'en appeler à la raison, même si son argumentaire ne manque pas de me tirer une certaine indignation.

- Un pirate, innocent ? J'aurais tout entendu ! Sa profession parle pour lui... Il a certainement bien plus à reprocher que de simplement être un imbécile rustre. Combien de temps avant qu'ils ne pillent nos côtes et que nous nous retrouvons à devoir les chasser de Faërie ? Je devrais m'en vouloir d'avoir malmené un de ces hommes ?

Je secoue vivement la tête, dépassée. On nageait en plein délire... Et j'étais persuadée qu'il voudrait avoir le dernier mot, simplement pour faire respecter son rang, même si lui-même ne s'était pas privé de corriger ce pirate en temps voulu pour son comportement déplacé.

Ma fureur est instantanément soufflée, quand mes pensées dévient vers cette longue agonie qui m'a été infligée par les flammes de mon propre dragon. Je ne l'entends plus, dans mon esprit, comme si le lien s'est brisé pour de bon. Mirage m'a laissé avec cette peur sourde, parce que nous avons tout deux besoin de prendre de la distance pour mieux se retrouver. Je crains de ne pas être aussi sereine que je le voudrais ces prochains jours, ou même semaines, et ces corvées imposées seront finalement bienvenue pour me changer les idées, m'imposer une directive à avoir qui est simple à réaliser. Cela, je ne risque pas de lui dire, me contentant d'asséner avec conviction que tout sera en ordre et qu'il n'aura pas à se plaindre de mon travail, aussi ingrat fut-il.

Mais le sujet que Tristan souhaitait réellement abordé avec moi et d'autant plus grave et lourds de conséquences. Je vais pour protester, quand il me demande ouvertement de ne pas m'accuser de ces maux, mais mes mots meurent avant de franchir mes lèvres quand il me menace d'alourdir mes corvées. Difficile de se rendre compte s'il était sérieux ou non... Et bon sang, qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?

- Vous m'aviez accordé votre confiance. J'ai échoué, ce n'est pas vous qui auriez dû en affronter les conséquences. Ce n'est pas parce que vous êtes mon Capitaine de Vol que vous devez prendre toutes mes erreurs pour les vôtres.

Nous ne nous connaissions pas de si longtemps, quelques semaines à peine... Et pourtant, il m'est paru évident dès le début que Tristan était le genre d'homme à vouloir tout gérer par lui-même, tout assumer aussi. A l'époque, je me disais déjà qu'il finirait par se tuer à la tâche, mais je n'avais pas pris en considération qu'il était aussi capable d'endurer pour les autres en silence. Je serre les dents, alors qu'il me confie ce qu'il sera contraint à faire pour que cette magie du Sang ne nuise à personne à l'avenir.

J'hoche la tête, en signe d'assentiment.

- Je suppose que vous n'avez guère le choix, si vous voulez éviter qu'elle ne se réveille au mauvais moment. Si cela venait à arriver, je vous protégerais, mon Capitaine.

Je relève le regard vers lui, avec conviction, même si j'éprouve quelques difficultés à le fixer longuement. Il m'a fait assez confiance pour me révéler les conséquences de son intervention pour me sortir des flammes... Maintenant, j'espère qu'il le fera aussi pour me confier ses arrières, si la situation venait à dégénérer.
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Message Sujet: Re: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Lun 8 Aoû - 14:07

Il ne put empêcher un sourire de poindre sur ses lèvres, quoi que mitigé, à sa réplique sur les pirates. Ils commettaient certes des larcins, mais tous ne devaient pas être aussi rustres, stupides et déplaisants que cet Ismaïl. Il haussa les épaules – il était inutile de rajouter quoi que ce soit. Ce pirate précis était en tort et ne méritait ni plus ni moins que ce qu’il avait subi, mais Tristan était quand même persuadé que tous n’étaient pas à mettre dans le même panier. Ça importait peu, cela dit. Le sujet qu’il comptait aborder était plus épineux. Et elle faisait sa forte tête, à s’offusquer de ses choix.

« On ne peut plus revenir là-dessus, Maelys, et sans vouloir porter le poids de tes erreurs, je dois quand même te former, et c’est sous ma responsabilité, et à ma demande quand j’ai sollicité les volontaires, que tu t’es jointe à cette expédition. À ma demande, à nouveau, que tu as cherché à libérer cette voltigeuse, et enduré cette souffrance. C’est là des certitudes, et si nous ne partageons pas un point de vue commun sur la façon d’y réagir, alors je crains que nous ne devions agréer d’être en désaccord à ce sujet. »

Sans lui laisser le temps de réagir encore, de s’opposer de nouveau à ses paroles, il exposa les besoins qu’il aurait, concernant cette magie. Elle l’avait apprise, avait subi elle-même les manifestations incontrôlées de sa propre magie, elle pouvait donc comprendre.

« Je te fais confiance pour cela. »

Il n’avait que peu à dire de plus, si ce n’est qu’elle devrait s’atteler à réparer ses erreurs rapidement, qu’elles lui déplaisent ou non. Il se remit à marcher, non sans ralentir l’allure, pour lui permettre d’en dire davantage si elle le souhaitait. Sinon, elle pourrait avancer vers la Caserne qui se distinguait non loin.

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Message Sujet: Re: "La liberté a parfois les mains rouges de sang."   Jeu 11 Aoû - 16:41

Il hausse les épaules, et je crains de devoir me contenter de cette petite victoire. Je suis certaine qu'il est d'accord avec moi, même s'il ne le dira jamais à voix haute, pour ne pas renier ses grands principes et revenir sur sa parole précédente. Je croise les bras, la mine satisfaite, avant que la discussion ne prenne une toute autre tournure, moins agréable... Il n'aurait pas mieux réussi à me déstabiliser, et cette fois, mon Capitaine n'en démord pas.

J'ouvre la bouche, et la referme. Il ne veut plus me laisser l'occasion d'en placer une, alors qu'il se montre catégorique. Certes, je suis placée sous ses ordres, et j'aurais certainement agi différemment s'il ne m'avait pas demandé de lui voler secours, mais Mirage s'est contenté de prendre une initiative dangereuse en m'avisant en mauvaise posture. Il n'est en rien en faute dans la manière dont ça s'est déroulé, et ne pourra pas toujours prendre la responsabilité pleine et entière pour l'ensemble des Chevaucheurs sous ses ordres. Comme si s'accabler lui-même allait me débarrasser de ma culpabilité ! J'ai envie de le frapper pour lui remettre les idées en place, mais je me rappelle subitement qu'il s'agit de mon Capitaine, et me contente d'un regard noir et éloquent. Ce qu'il peut-être buté des fois !

Je me détends quelque peu, quand il me confie me faire confiance. J'hoche la tête, gravement. Je ne le mettrais pas en danger inutilement. Je le protégerais, même, et il n'avait rien à redire à cela. Je me sentais gonflée à bloc, rien qu'avec ces quelques paroles proférées à mon encontre.

Le moment idéal pour procéder à un grand nettoyage de la caserne...

Mirage, ce satané trouble-fête. Je calme ma joie, et me dirige à grands pas vers la caserne pour me mettre au travail sans tarder.

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