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 Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs

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Message Sujet: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Jeu 16 Juin - 22:51




Quête 1.4 • Groupe #3

Le miel écarlate

Ambroise • Colombe • Denys • Melinda




Quête animée par Aura·




Les Anges Pleureurs


La magie du Sang vibre à nouveau dans l’air du continent ! L’arrivée d’une délégation de mages proscrits ambassadeurs à l’Académie de Lorgol fait courir les rumeurs, qui se répandent progressivement sur le continent. L’on en parle sur les chemins, dans les salles de ferme et les salles de bal, dans les halls d’audience et les escaliers dérobés, tout autant chez les nantis que chez les gens de rien. Les Amoureux du Vent sont connus sous le manteau à présent, et la flotte de vivenefs nouvelles-nées qui arpentent les flots attire l’attention, suscitant tour à tour convoitise et admiration.

Mais les Amoureux du Vent ne sont pas les seuls mages du Sang, et ceux qui se terrent sur le continent en cachant leur don de génération en génération tiennent à prouver qu’ils sont bien là aussi. A l’instar de meurs camarades revenus d’exil, ils ont choisi également d’animer des effigies : mais des statues de pierre et de granit, de marbre et de grès, d’ardoise et de basalte. « Attention aux anges qui pleurent à la nuit tombée » dit-on à son voisin lorsqu’on le croise dans les ruelles au crépuscule ; car sous le manteau des lunes jumelles, les êtres de pierre s’animent et partent en chasse. Partout en Arven, des statues de roche s’éveillent : pas toutes les statues, mais n’importe laquelle. Impitoyables, elles poursuivent les inconscients, nourrissant du sang qu’elles leurs soutirent l’enchantement qui les maintient en vie.

Les revendications de ces mages du Sang ? Montrer qu’ils sont là. Et qu’aucun édit de trêve ne parviendra à les éradiquer, eux que l’on fait passer pour des renégats, mais qui ont œuvré dans l’ombre pour préserver Arven depuis mille ans. Que les couronnes impériales refusent de réexaminer leur situation, et voici un échantillon des exactions dont ils seraient capables…

•••••••  :lama:  •••••••


Le rûchier ducal d’Outrevent ! Réputé sur tout le continent pour l’excellence de son miel, il est l’un des plus anciens, installé là il y a des siècles par un couple d’apiculteurs désireux d’employer leur magie pour installer leurs abeilles dans un confort douillet inégalé. Depuis lors, les abeilles s’épanouissent pleinement sur la lande qui leur est réservée, en faisant l’endroit le plus fleuri du continent.

Curieux de voir cette merveille, Denys du Lierre-Réal, souverain du duché fleuri par excellence, s’est rendu en personne étudier les installations dans l’optique d’en installer éventuellement une version similaire sur ses propres terres. Séduit par l’idée d’une visite des lieux au crépuscule, c’est à la nuit tombée qu’il y croise Melinda Orlemiel, apicultrice de son état, venue solliciter qu’on lui offre gratuitement un des essaims devenus surnuméraires pour sa propre exploitation à Lorgol, comme le permet la coutume. La nuit facilitant le transport des insectes plutôt agités en journée, elle attend qu’on lui remettre son essaim lorsque le duc arrive.

Plus loin dans le rûchier, une jeune mage guérisseuse de l’Académie, Colombe Sylvest, discute des propriétés curatives du miel de cette exploitation avec son escorte, Ambroise de la Lande, professeur chargé de la protéger lors de ce voyage puisqu’il est lui-même d’Outrevent, et qui prend plutôt bien ce devoir l’amenant à respirer à nouveau l’air vivifiant de son duché natal.

Les quatre visiteurs sont éparpillés dans le rûchier, lorsque soudain, toutes les torches s'éteignent, à part celle plantée en plein centre de la plaine. Ils s’y rejoignent, un peu perplexes ; où donc ont disparu les apiculteurs en charge de l’endroit, et les gardes qui escortaient le duc de Lagrance ?




Consignes



IRP : La totalité de votre quête se déroule la nuit du 20 au 21 juillet.
IRL : Ce premier tour va durer jusqu'au jeudi 23/06, 21h.

• Pour ce tour, vous restez au centre du rûchier, dans le rayon de lumière de la torche.   :hihi:

• Pour ce premier tour, vous postez autant de fois que vous le souhaitez, mais chacun de vos RP devra compter très précisément 250 mots. Pas un de plus, pas un de moins ! (Utilisez impérativement ce site pour compter.)

• Le Destin précise à Denys qu'il est en présence de deux jeunes femmes potentiellement vierges, mais qu'il n'a pas le droit de les sacrifier, et que même si Ambroise porte une jupe, c'est un monsieur dessous.  :sisi:   



Dernière édition par Le Destin le Jeu 23 Juin - 23:50, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Ven 17 Juin - 0:07

Une visite en Outrevent, tout ce qu’il y avait de plus typique et pittoresque. Des projets qui avaient amené Denys personnellement dans les landes verdoyantes de ce duché voisin. C’était assez rare qu’il se déplace seul pour ce genre d’affaire, mais la curiosité et le désir de voir les merveilles dont on lui parlait tant avait fini par le convaincre de s’aventurer loin de son duché. Certes, il n’était pas peureux, mais il devait bien reconnaître que certains évènements le poussait à se méfier et prendre des précautions. Voilà pourquoi il était accompagné d’une poignée de garde pour assurer sa protection. De nuit. Une idée séduisante, quoiqu’un peu fantasque mais qui ne lui avait pas déplu. Il avait prit jusqu’ici grand plaisir à vadrouiller dans le rûchier à observer sa beauté et son agencement, se laissant porter par la quiétude d’une nuit d’été. Malgré son rang, qui n’est pas détrompé par ceux qui l’accompagnent, Denys se permet de saluer au détour de sa visite une jeune femme attendant dans une solitude évidente. Il lui propose alors assistance en patientant avec elle, qu’arrive sa commande, discutant paisiblement jusqu’à ce que les torches vacillent dans l’obscurité, à l’exception d’une, illuminant tel un phare. Puis, il se rend compte que les gardes ont disparu, et que seule la jeune femme demeure à ses côtés.

« Allons vers cette lumière, il y a quelque chose d’étrange. »

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Ven 17 Juin - 17:13

J’étais heureuse de retrouver mon chez-moi, mon duché, Outrevent, et plus heureuse encore de pouvoir fièrement affirmer ma volonté de créer ma propre exploitation.

A vrai dire, j’étais si heureuse que le temps me paraissait filer comme une flèche tandis que j’attendais qu’on me livre ma commande. Le rûchier ducal d’Outrevent était impressionnant, et mon regard ne cessait de se perdre aux alentours pour admirer le paysage. Quelques apiculteurs, malgré l’heure tardive, s’agitaient encore. Un promeneur me salua, et nous commençâmes à discuter, d’une de ces conversations sans intérêt qui ne servent qu’à tuer le temps.

Brutalement, les torches s'éteignirent. Toutes, sauf une. Je sursautai, surprise par le brusque changement de luminosité. Aussitôt, mon regard erra aux alentours pour voir si les apiculteurs étaient accoutumés à ce genre de choses. Impossible, toutefois, d’en trouver un seul. Mon interlocuteur suggéra alors que nous nous dirigions vers la lumière, et j’hochai affirmativement la tête. La situation ne me semblait pas normale, à moi non plus.

— Peut-être qu’ils ont juste éteint pour la nuit, proposai-je toutefois en haussant les épaules. Et qu’ils sont tous allés dormir.

Peu probable, à vrai dire, puisqu’ils étaient en plein travail quelques instants plus tôt, et qu’ils n’avaient pas l’air près de s’arrêter.

—  Les abeilles sont calmes. Tout va bien.

J'avais confiance en l'instinct de ces petites créatures. A tort, peut-être, d'ailleurs.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Ven 24 Juin - 0:00


Quête 1.4 • Groupe #3

Le miel écarlate

Denys • Melinda • Neve




Quête animée par Aura·




Les Anges Pleureurs


Il n'y a plus un souffle d'air dans le rûcher. Le silence est intense, tellement épais que l'on pourrait presque le couper à la lame d'un couteau. Au loin, l'on entend comme un sinistre gémissement, comme le bruit du vent dans les rochers - sauf que le vent ne souffle pas.

Peu rassurée, la petite mage guérisseuse est la première à prendre la poudre d'escampette, accompagnée du professeur ; le duc et l'apicultrice s'apprêtent à leur emboîter le pas lorsqu'une silhouette débouche d'une allée. C'est un Chevaucheur sans dragon - le sien est resté à Lorgol tandis que lui venait simplement porter un message, et le voilà tout isolé.

Un hurlement rauque déchire l'obscurité.

Il n'y a plus âme qui vive à proximité à part eux trois. Alors...Qu'est-ce qui fait ce bruit... ?




Consignes



IRP : La totalité de votre quête se déroule la nuit du 8 au 9 juillet.
IRL : Ce deuxième tour va durer jusqu'au jeudi 30/06, 21h.

• Pour ce tour, vous restez dans le rûcher, mais vous pouvez explorer. Le Destin se demande si l'un de vous va oser s'approcher du bruit pour découvrir le fin mot de l'histoire... :keu:

• Pour ce second tour, vous postez autant de fois que vous le souhaitez, mais vos RP devra utiliser une harmonie imitative! Précisez en spoiler le son choisi. :cute: Ce n'est pas obligatoire, ne vous bloquez pas dans le pire des cas, mais ce sera une valeur ajoutée...  :cup:

Note : Colombe est retirée suite à sa suppression, Ambroise car on ne va pas PNJiser les absents. Neve vous rejoint !

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Ven 24 Juin - 1:08

Tout va bien. C’est elle qui le dit…

Le silence nocturne à tout l’air assourdissant. Le sifflement du vent qui ne souffle pourtant pas est pesant, incompréhensible, il laisse chacun ici bas dans le doute, dans une peur lancinante. Il semble s’engouffrer dans roches Outreventoise, mais rien ne rafraichit cette nuit d’été. Ils sont seuls, les gardes et apiculteurs ont disparus. Et pour l’une des rares fois de sa vie, Denys ne sait quoi faire, ne sait quoi penser. Car il ne peut songer une seule seconde que ces événements soient parfaitement naturels. Et non qu’il laisse la peur peser sur lui, il ne nie pas l’appréhension guetter son esprit. Si la jeune femme à ses côtés n’avait pas été là, si ses gardes n’avaient pas mystérieusement disparus, alors le Duc n’aurait certainement pas hésité à partir loin d’ici, et en vérité, il se demandait encore ce qui le retenait. Pas grand chose, de toute évidence. Il est à deux doigts de proposer à sa partenaire d’infortune de partir et retourner vers les habitations quand la Providence semble ajouter à leur malheureux groupe un nouveau compagnon. Une tenue de chevaucheur, ce qui avait quelque chose de particulièrement rassurant. Plus ou moins.

« Eh là, vous ! Où sont les apiculteurs ? Savez-vous pourquoi tout le monde a disparu ou ce qu’il se passe ici ? »

Certes, il le hèle d’un ton pressé et peu rassuré malgré la présence qu’il souhaite maintenir. Mais il n’a guère le temps de finir d’entendre la réponse du nouveau venu qu’un cri déchire le silence. Un cri qui lui non plus n’a pas l’air normal. Il était si étrange qu’il avait fait remonter un long frisson le long de l’échine du Duc, le faisant se retourner en direction de la source de ce bruit.

« Mais qu’est-ce que c’est que ça… »

Et il est à peu près certain de ne pas avoir envie d’aller voir. De toute façon, ses pieds semblent cloués à la pelouse. Et si la peur ne se lit pas encore sur ses traits, son corps ne ment pas. Pas tétanisé, mais pas loin.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Ven 24 Juin - 11:13

Neve maintenait le précieux message dans le creux de sa poche, la main résolument appuyée contre le morceau de parchemin. Le voyage d’une brièveté sans nom – un mage des portails rattaché à l’Académie lui avait gracieusement permis un passage – avait presque effacé de son esprit le souvenir de la nuit déjà entamée ; l’obscurité ambiante, à son arrivée, le surpris de plein fouet. Aucune torche n’éclairait le rûchier outreventois, si bien que discerner jusqu’à la silhouette des toitures était une épreuve. Se trouvait-il seulement au bon endroit ? À une centaine de mètre, au centre du domaine, une torche vacillante illuminait deux figures, un homme et une femme, vraisemblablement esseulés tout autant que Neve. Ce dernier décida de les rejoindre pour les interroger au sujet des apiculteurs et du maître du domaine, à qui il devait confier le fameux message, pour ensuite repartir le plus prestement possible.

Cheminant sur la chape d’herbe chafouine du rûchier, il songeait au chuchotement de ses pas sur le chemin charbonneux, chassant le sage silence alentour. Arrivé dans la lumière étouffée de l’unique torche, il n’eut pas le temps de piper mot que l’homme le héla d’un ton pressé, dissimulant mal son inquiétude. Neve répondit en haussant les épaules :

Je viens seulement d’arriver. À vrai dire, je m’apprêtais à vous poser la même que…

Le jeune ansemarien n’eut pas le loisir de terminer sa phrase. Un hurlement rauque, lugubre, déchira brusquement le silence pesant du rûchier. Ce cri, inhumain, impossible à identifier, figea les trois compères quelques secondes durant. Neve jura intérieurement contre ce fichu apprenti qui, attrapant une migraine foudroyante, n’avait pu porter ce message par lui-même. Et après quelques secondes de réflexion, il jura contre sa magie de l’Hiver, qui ne servirait à rien s’il s’agissait de rallumer des torches éteintes. Merveilleuse, la perspective de cette nuit en Outrevent.

Des gens sont peut-être en danger, lâcha-t-il tout à coup, prenant conscience des mille et un dangers d’une telle situation. Nous devons aller voir.

Il marqua une courte pause, détaillant les deux inconnus.

Ce n’est peut-être, il marqua une courte pause, comme pour se rassurer lui-même, qu’une mauvaise farce ?

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Ven 24 Juin - 15:25

Je n’aimais pas le silence.

Habituellement, j’avais toujours quelques mots bien trouvés pour le combler, mais en cet instant, mes pensées semblaient suspendues entre deux temps, comme embourbées dans l’obscurité et le silence, comme emportées aux côtés des gémissements du vent qui hurlait sa peine au loin, comme figées quelque part entre deux bourrasques inexistantes. Par chance – ou par malheur, je ne pouvais pas vraiment l’affirmer – une silhouette s’approcha de nous, en tenue de chevaucheur si je ne me trompais pas. Je me demandai si c’était le moment idéal pour essayer d’obtenir de voir son dragon de près. Probablement pas, au vu des questions bien trop sérieuses –  et inquiètes – du noble qui se tenait à côté de moi. Le nouveau venu s’apprêtait à répondre, lorsqu’un hurlement terrible lui coupa la parole.

Non, ce n’était sans doute pas le moment de demander quoi que ce soit à propos de dragons. J’avais des questions bien plus importantes à poser, et je n’étais pas la seule. Le noble m’arracha les mots de la bouche en demandant ce que pouvait bien être ce hurlement. Le chevaucheur plaida pour que nous accourions porter de l’aide à quiconque pourrait éventuellement être en danger. Je fronçai les sourcils, songeant qu’avec l’escorte qui l’accompagnait, le noble ne devait pas être très doué pour se défendre lui-même. Personnellement, j’avais à peu près autant de force physique qu’une plume. Mais un chevaucheur devait pouvoir compenser cela, sans doute. Du moins, je l’espérais. A moins, bien sûr, que mon pressentiment se vérifie, et que tout aille bien, comme je l’avais prétendu. Le chevaucheur semblait d’ailleurs s’accorder avec moi, puisqu’il posa l’hypothèse que tout ça ne soit qu’une mauvaise farce.

J’éclatai de rire. Irrésistible rire, qui me prit à la poitrine, inattendu, inopiné, irrépressible, vivifiant, image idéale de ce que je vivais au quotidien, attitude inappropriée vis-à-vis de la gravité que je lisais sur les visages et dans les délires anxieux des deux derniers vivants de ce rûchier. Hilare, je m’accordai quelques instants pour retrouver mon calme.

— Mauvaise ? Si c’est vraiment une farce, il faut avouer qu’elle est superbement bien tournée, déclarai-je en m’efforçant de conserver mon fragile sérieux. Et à titre personnel, je dirais qu’elle est même amusante.

J’étais d’ailleurs sans doute la seule de cet avis, aussi haussai-je rapidement les épaules pour changer de sujet.

— Quoi qu’il se passe, je pense qu’il est inutile de continuer à se laisser porter par des suppositions. Je propose d’aller voir.

Sitôt les derniers mots prononcés, je me dirigeai sans une hésitation vers l'origine de ce mystérieux hurlement, franchissant sans même un frisson la limite vacillante de la lueur de notre unique source de lumière. Déjà mes yeux s’habituaient à l’obscurité, et je percevais vaguement les formes des ruches. Mon regard erra aux alentours, essayant de percevoir le farceur qui poufferait dans un coin, le blessé qui avait poussé ce hurlement à fendre l’âme ou quoi que ce soit d’autre.

Je ne partageais pas l’inquiétude des deux autres, non. Les abeilles étaient toujours calmes ; tout se passerait bien.

Seule la curiosité m’animait, à présent. Je voulais découvrir ce qu’il se tramait.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Lun 27 Juin - 10:57

Bam. Bam. Il bat et se débat, son cœur, quand le bruit butte et se balance dans la nuit, brisant le silence de la brise fugace qui balaye la plaine macabre.

Une mauvaise farce… à quoi pensaient-ils donc ces deux-là ? Trouvaient-ils que la situation était parfaitement normale alors qu’ils étaient dans un rucher Outreventois, en pleine nuit, lors de la visite d’un Duc et qu’il n’y avait aucune foutue raison qu’il arrive ce qui était en train de se passer ? Autant Denys était quelqu’un de réceptif à l’humour quand celui-ci était de qualité et n’avait pas vocation à froisser son égo – encore qu’il pouvait rire de lui-même – autant dans le cas présent, lui n’y voyait pas matière à rire et surtout pas à songer que tout cela n’était que les prémices d’une blague. Et si c’était le cas, elle était de très mauvais goût et les propriétaires pouvaient s’attendre à avoir de ses nouvelles dans les jours à venir…

Il a encore du mal à calmer son cœur, surpris par le hurlement de la nuit. Et contrairement aux deux autres, il n’est pas aussi motivé à aller voir ou à aller aider. Assez égoïstement d’ailleurs, il préférait l’idée de rester ici, près de la lumière, ou mieux encore, partir définitivement. Mais il avouait que seul, ça avait quelque chose de moins engageant. Allons, se reprendre et respirer. Le rire de la jeune femme est pour le moins malvenu, sa remarque sans grand intérêt, mais ses dernières paroles ne sont pas tout à fait dénuées de sens. Rien ne servait de rester sur place si l’on souhaitait le fin mot de l’histoire. Pour quelqu’un de curieux et insensé cependant, ce que Denys n’estimait pas être. Et à ses yeux, rien ne justifiait de prendre un tel risque, si comme le supposait le chevaucheur, quelqu’un était peut-être en danger. Mais ça n’était pas l’avis de la jeune femme qui une fois sa proposition faite s’engouffra dans les ténèbres de la nuit. Et conscient que son dernier compagnon de fortune allait surement la suivre – et pas motivé à rester seul – Denys soupira.

« Quelle idée de prendre les choses si légèrement… je doute très sincèrement qu’il s’agisse d’une farce, si vous voulez mon avis. » Il se tourna légèrement vers le chevaucheur en disant cela, le jaugeant sans paraitre particulièrement supérieur. Lui au moins semblait capable de réflexion. « Vous avez peut-être raison, quelqu’un est en danger. Ce cri ne vient pas de nulle part… »

Ainsi, à son tour il se décida à franchir la limite de la lumière, dernier phare dans l’obscurité imposée sur ces lieux qui prenaient de plus en plus, aux yeux du Duc, un air effrayant. Ce silence qui d’un coup s’instaurait était plus pesant que simplement témoin d’un calme ambiant…

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Sam 2 Juil - 1:38


Quête 1.4 • Groupe #3

Le miel écarlate

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Les Anges Pleureurs


La lumière ! Oh, fous inconscients, oh, marionnettes condamnées… Les trois visiteurs du rûcher se sont aventurés loin de la torche qui les préservait de ce qui se terre dans l’ombre, et ce qui devait arriver arriva : les voilà errant dans la nuit, séparés les uns des autres, jouets des forces lovées dans les ténèbres et qui prennent un malin plaisir à les affecter.

Après quelques minutes de vagabondage frénétique, ills se retrouvent à l’entrée d’une tour en ruines à la lisière du rûcher, poursuivis par de sombres silhouettes qui avancent lentement, mais murmurent mille râles rauques dans le vent.

Ils y entrent, ils se barricadent : mais un vent de magie les a suivis, et les voilà frappés par ses effets. La cécité frappe Neve, qui n’y voit plus goutte ; la mutité affecte Melinda qui ne peut plus articuler aucun son ; et la surdité impacte Denys qui n’entend soudain plus rien : ni les poursuivants, ce qui est un avantage, mais pas plus ses petits copains, ce qui peut être un problème…

Pour le moment, la tour semble être sûre ; mais qui sait ce qui se cache dans les étages… ?




Consignes



IRP : La totalité de votre quête se déroule la nuit du 20 au 21 juillet.
IRL : Ce troisième tour va durer jusqu'au dimanche 17/07, 21h.

• Pour ce tour, vous restez dans la tour, et êtes sujets à des privations sensorielles sélectives décrites plus haut. Si vous explorez les étages supérieurs, le Destin passera vous les décrire...

• Pour ce tour, vous postez autant de fois que vous le souhaitez, mais vos RP devront compter exactement 4 paragraphes, formant l'acrostiche « ANGE ». (Votre premier paragraphe commencera donc par A, le suivant par N, le troisième par G et le dernier par E). :cup:



Dernière édition par Le Destin le Lun 11 Juil - 0:07, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Dim 3 Juil - 15:07

Attentif à chaque bruits, à chaque sons qu’il pouvait percevoir dans la pénombre nocturne qu’ils s’étaient imposés en quittant la bienveillance de la torche, Denys scrutait l’obscurité sans pour autant saisir plus que des contours évasifs. Les lunes elles même n’étaient pas assez vive pour donner une clarté salvatrice et plus ils avançaient, plus le duc avait la très curieuse sensation que tout s’obscurcissait et que quelque chose, derrière eux, les suivait. Ils n’auraient pas dû abandonner la seule lumière qu’ils avaient… ils n’auraient pas dû s’enfoncer dans les ténèbres sans savoir ce qui les attendait. Rien de tout ce qui était en train de se passer n’était normal, alors pourquoi avoir prit un risque aussi inconsidéré ? Le vent portait jusqu’à eux des murmures rauques, graves, qui ne ressemblait à rien de connu. Et l’évidence frappait sans somation, ces choses, quelles qu’elles soient, n’étaient pas loin.  « Nous sommes suivi. »

Non que cela soit surprenant, il n’était sans doute pas le seul à l’avoir remarqué, mais fut le premier à le signifier d’un murmure quelque peu inquiet. Pour autant, la troupe n’arrêta pas sa marche et curieusement, aucun d’entre eux ne fut prit de l’envie de regarder en arrière sur ce qui pouvait possiblement les surprendre et les mettre en danger.

Gagnant la lisière du rucher, sans l’ombre d’un doute poursuivit par quelque chose qui n’était définitivement pas humain, les trois infortunés remarquèrent la présence d’une tour en ruine. Elle avait des airs de refuge à cet instant, même si en d’autres circonstances, Denys n’aurait certainement pas parié sur elle pour sauver sa vie. Mais la situation ne laisse guère le choix. Entrant en son sein, barricadant la porte comme si cela pouvait arrêter ces choses inconnues, le Duc se voit bientôt prit d’une vive douleur à la tête, un sifflement perçant tapant ses tympans avant de ne laisser qu’un murmure étouffé et bientôt… bientôt plus rien. Plus un bruit. Plus un son. Non pas que la pièce soit devenue calme et silencieuse, il en est persuadé… il n’entend même plus sa propre respiration ou le tambourinement de son cœur qu’il sait emballé. Il n’entend plus rien. Ni les craquements du bois de cette tour sordide ni le souffle du vent s’engouffrant dans les trous des murs. Un éternel silence. Pensant. Effrayant. « Je n’entends plus rien… Je n’entends plus rien du tout. » Il veut murmurer, mais il ne sait même pas si c’est le cas. Il ne s’entend pas.

Et il n’a pas l’air d’être le seul dans une situation semblable. Quoique… il fût bien en peine d’entendre quoique ce soit et la pénombre n’aidait pas plus à voir leur visage et leur réaction. Qu’allaient-ils faire si chacun ici se retrouvait dépossédé d’un sens ? Communiquer en cette situation était parfaitement impensable…

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Dim 3 Juil - 16:47

Au-devant de l’obscurité, la jeune femme rit franchement, avant de quitter sans plus tergiverser la lumière salvatrice de la torche. Neve lui emboîta le pas, songeur, résolu à découvrir le fin mot de cette histoire, bientôt imiter par le duc de Lagrance. Dans l’enveloppe sirupeuse de l’ombre, si mystérieuse et inquiétante, ni grade ni étiquette ne s’entremêlaient plus : demeuraient seulement trois silhouettes plus ou moins hésitantes, parcourant le rûchier avec une curiosité mêlée d’angoisse. Ils progressaient à tâtons, et le jeune ansemarien sentit l’appréhension gagner son cœur lorsqu’il ne trouva plus, lovée dans un coin de son esprit, la présence rassurante d’Inespéré. Si loin se trouvait-il à cet instant, et quelque chose, un souffle, une essence, une magie, qu’en savait-il ! semblait s’obstiner à confondre ses pensées. Inespéré ? risqua-t-il. Le jeune ansemarien n’eut pas le loisir d’attendre sa réponse.

Noyés dans les ténèbres, des souffles rauques leur parvinrent, glaçants et déshumanisés. Ce souffle rauque perçait le silence comme dans un rêve, si bien qu’aucun des trois camarades n’osa faire face à cette menace invisible, qui semblait se rapprocher inexorablement. Le duc prononça quelques mots, que Neve ne saisit qu’à moitié, trop obnubilé par le raclement rauque qui rythmait leur marche, comme un cri étouffé par la nuit. Bientôt, les trois imprudents parvinrent à la lisière du rûchier, et dans la pâle lumière des deux lunes d’Arven, une tour en friche leur apparut comme une aubaine, si bien qu’ils se précipitèrent tous trois en son sein. En quelques gestes mal ordonnés et maladroits, ils s’étaient barricadés, conscients désormais que la farce n’était plus un trait d’humour de mauvais goût. La menace planait au-dessus de leurs têtes, lourde de mystères, animée par les cris rauques qui se rapprochaient. Soudain, une force invisible les frappa.

Gangrène insondable, une magie inconnue pénétra l’esprit de Neve avec une force irraisonnée. Le jeune ansemarien tomba à genoux, les yeux clos, les mains contre son crâne, comme pour faire taire une douleur invisible. Il perçut près de lui la présence de ses deux compagnons, mais ne constatera que plus tard leur commune faiblesse. La souffrance se dissipa aussi vite qu’elle l’avait surpris, et reprenant peu à peu ses esprits, le jeune ansemarien jaugea les alentours… et ne découvrit que l’obscurité. Partout, béante, une noirceur d’encre engluait toutes choses, Neve était plongé dans des ténèbres insondables. Il clignait des yeux frénétiquement, comme pour rallumer une lumière inaccessible dans ses pupilles, et lorsque le duc murmura avec frayeur qu’il n’entendait plus rien, tout devint paradoxalement limpide dans l’esprit du Chevaucheur. Il chercha longuement les mots, l’esprit hagard, confus, luttant infiniment contre une peur panique, avant d’articuler avec peine :

Je… Je ne vous vois plus. Je ne vois plus rien.

Et sa voix était faible, presque imperceptible. Il pose alors la main sur le bras du duc, comme pour lui signifier qu’il avait bien saisi ses mots. A-t-il encore l’usage de la vue ? Quelle ignoble magie serait la cause de cette cécité ? Et la jeune femme, où est-elle ? Les questions se bousculèrent dans son esprit, qu’il tâcha de faire taire une par une. Le sadique sort dont ils semblaient tous trois l’objet avait sa cruelle logique : l’ouïe, la vue, et… le silence la jeune femme le frappa de plein fouet : et la parole. Neve redressa la tête, dans une direction invisible. Il ignorait où se trouvait ses compagnons, il tendit une main maladroite devant lui pour tenter de se repérer, et effleura enfin l’épaule de la jeune femme. Il lui demanda alors de toucher deux fois sa main si elle l’entendait, pour s’assurer des troubles de chacun et que la camarade était bel et bien saine et sauve. Il était privé de la vue, le duc de l’ouïe, la jeune femme de la parole. Il fallait converser par signes, et les traduire à haute voix. Le jeune ansemarien agrippa tant bien que mal la main du duc, et traça dans sa paume, du bout du doigt, lettre par lettre : PARTIR.

Il faut partir, nous ne sommes pas en sécurité, souffla-t-il, percevant au loin les cris rauques de ces ennemis invisibles.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Lun 4 Juil - 13:12

Amusée, je remarquai du coin de l’œil que le noble et le chevaucheur avaient surmonté leurs réticences et m’avaient suivie. Un léger sourire étirait mes lèvres, tandis que j’avançais d’un pas assuré entre les ruches. Toutefois, il s’effaça légèrement lorsque je m’aperçus que la nuit était plus pesante et plus sombre que j’aurais pu l’imaginer. Je n’avais pas peur, pas encore, mais je sentais bien que la situation était anormale, voire légèrement inquiétante. Brièvement, je songeai qu’il avait été remarquablement stupide de ma part de quitter le confort rassurant de la lumière, mais je rejetai aussitôt cette pensée. Nous masser autour d’une unique torche qui pouvait très bien s’éteindre comme toutes les autres n’aurait pas été une preuve d’intelligence. D’ailleurs, comme l’avait fait remarquer le chevaucheur, quelqu’un était peut-être en danger – d’où ce cri étrange entendu un peu plus tôt. Je retins un léger frisson, en constatant que nous étions peut-être nous-mêmes en danger.

Nous sommes suivis, articula Denys. Ces paroles eurent sur moi l’effet d’un coup de fouet. Je perçus alors les murmures et les gémissements du vent – mais le vent ne bruissait jamais de cette façon, j’en étais consciente – qui semblaient se rapprocher, et j’eus l’impression qu’il me fallait fuir, à tout prix, maintenant. Etait-ce de la peur ? Je ne pouvais le dire. Une urgence comme je n’en avais jamais connue me prit aux tripes : il fallait que j’échappe aux ombres qui nous poursuivaient. Je relevai la tête, constatant que la haute silhouette d’une tour se dressait juste devant nous. Sans une hésitation, nous nous engouffrâmes à l’intérieur et barricadâmes la porte derrière nous. Une part de moi songea que, puisque la tour était en ruines, la porte en elle-même avait peu de chances d’être très solide et, par conséquent, de retenir nos poursuivants. L’urgence qui m’avait poussée à venir me réfugier ici, toutefois, avait disparu, comme si une part de moi était rassurée, aussi je ne m’inquiétai pas particulièrement. J’ouvris la bouche, m’apprêtant à lâcher un commentaire ironique pour détendre l’atmosphère, lorsque la magie frappa. Violemment. Dans un éclair de douleur qui me brûla la gorge.

Grand frère, j’ai besoin de toi, aurais-je voulu murmurer, mais les mots refusèrent obstinément de franchir mes lèvres. Avec horreur, je portai la main à ma gorge. Puis, avec le sentiment d’errer comme un fantôme dans un autre monde, à des lieues de cet endroit bizarre, j’entendis le noble se plaindre de ne rien entendre et le chevaucheur de ne plus voir. La constatation, pourtant improbable, s’imposa à moi avec la violence d’un ouragan. J’étais incapable de parler. Les mots, mes amis de toujours, mes protecteurs, mes seules armes, m’avaient lâchement abandonnée. Sans eux, je n’étais rien. Je n’étais personne. Je n’avais plus rien pour me défendre contre la peur qui grandissait comme un tourbillon inexorable en moi, plus rien pour éloigner les ombres derrière la porte, plus rien pour me détacher de la conviction grandissante qu’il nous était impossible de nous en sortir indemnes. Le silence, c’était la mort. Le silence, c’était la fin. Le silence, c’était le néant. Je sentis mes jambes vaciller sur moi, et je crus un instant qu’elles n’auraient plus la force de soutenir mon poids. Seul un miracle me maintint debout. Ma respiration s’accéléra sensiblement, tandis que la panique installait sa domination sur mon esprit. Je serrai les poings, résistant à l’envie de me griffer la gorge jusqu’à ce que les mots, les mots protecteurs, les mots salvateurs puissent en sortir, accompagnés d’un peu de sang, malencontreux effet secondaire. Le regard fixé dans le vide, de moins en moins consciente de la réalité, je me laissai sombrer dans le silence, y affrontant des démons bien trop puissants pour moi, me laissant porter peu à peu par le désarroi et l’impuissance.

Espoir. Contact. Parole. Quand une main me toucha l’épaule, je compris avec une certaine joie que je n’étais pas seule pour affronter cette épreuve. J’étais si stupidement heureuse de m’échapper des abysses silencieux dans lesquelles je m’étais embourbée que je ne compris pas immédiatement les mots du chevaucheur. Au bout de quelques secondes, toutefois, j’effleurai par deux fois sa main. Je suis là. Je comprends. Cette façon de communiquer m’était étrange, et je la trouvais fort déplaisante, mais je n’avais, après tout, pas d’autres choix. Et c’était mieux que rien. Le chevaucheur fit remarquer que nous devions partir et je hochai affirmativement la tête. Si j’avais été plus dégourdie, j’aurais sans doute grimpé les escaliers qui menaient à l’étage supérieur en deux temps trois mouvements, sans même prêter attention aux deux inconnus que je laissais en arrière. Mais la perte de ma voix m’avait plongée dans une attitude étrangement craintive, et je n’étais pas certaine de pouvoir garder contenance si je m’éloignais de notre petit noyau humain. Je me contentai donc de poser une main sur l’épaule du chevaucheur qui, je ne l’oubliais pas, était aveugle. Je suis encore là. Tu n’es pas tout seul dans un monde de ténèbres. Du doigt, je désignais les escaliers à l’intention du noble, qui, si je ne me trompais pas, voyait encore. A part la porte par laquelle nous étions venus – soigneusement barricadée pour des raisons évidentes – nous ne pouvions aller que là. Puis, de la main, j’eus une légère pression pour pousser le chevaucheur à avancer. Nous devions sortir d’ici. Fuir. Loin de cet enfer. Loin du danger. Loin du silence.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Lun 4 Juil - 15:32

Aveugle. C’est ce que semblait être devenu le jeune chevaucheur, fauché par la vague de magie qui lui avait retiré l’ouïe. Il ne pouvait en juger avec certitude, mais les gestes gauches, le regard vague et le clignement frénétique de ses paupières ne semblaient pas indiquer autre chose. C’est tout ce que la misérable pénombre peu offrir au Duc, enfermé dans un monde de silence où même ses pensées lui semblent muettes. Difficile de l’admettre, mais la peur commençait lentement à prendre le pas sur le raison. Une crainte justifiée, prenante, qui tortillait jusqu’aux tripes et enfermait dans un étaux le cœur pour mieux le presser avec violence. Si les tremblements ne trahissaient pas encore ses gestes vaguement maintenus, le frisson lui s’égard sur sa peau, le faisant frémir à plusieurs reprises dans cette éternité de calme. Comment allaient-ils s’en sortir dans une telle situation ? Poursuivit par des choses dont ils ne savaient rien mais dont les cris rauques hantaient toujours les mémoires – pour lui, comme seule réminiscence d’un son, le seul dont il parvient à se souvenir… Effrayant…

Non. Ils ne pouvaient pas simplement se laisser submerger de peur, il n’en était pas question. La main qui se pose sur son bras est comme un terrible rappel, un coup destiné à le réveiller. Il n’est certainement pas le plus mal loti, le Duc de Lagrance. La surdité l’empêche certes de communiquer comme il le souhaite, mais ses yeux sont encore là pour le guider, sa voix là pour guider les autres. « Vos… vos yeux… je ne vous lâche pas. » Lui au moins pouvait parler pour le signifier. Ce qui n’était hélas pas le cas de la jeune femme. Il aurait pu la croire silencieuse s’il n’avait pas été sourd, mais pas un instant il ne l’avait vu bouger les lèvres, et sa conscience semblait perdue dans une torpeur profonde, perdue entre peur et effroi. C’est le chevaucheur, avançant à tâtons qui pose le premier sa main sur son épaule. Ce qu’il ne voit pas, Denys le perçoit, et l’esprit envolé revient rapidement à sa place, démontrant malgré tout une frayeur palpable dans le regard. Mais elle est bien là, de retour avec eux. Quelle triste équipe, piégée dans une tour en ruine qui ne retiendrait pas longtemps leurs poursuivants et affectée de la perte d’un sens. Sentant sa main être agrippée, le Duc regarda le jeune chevaucheur tracer quelque chose sur sa paume, mettant quelques secondes à saisir le sens de la signification de tout ceci. Il semble ensuite prévenir à haute voix la jeune femme, qui s’empressa de désigner un escalier. Etait-ce la seule issue ? Un regard aux alentours lui indiqua que oui. Il acquiesça en direction de la demoiselle avant de reprendre à voix haute, un ton qu’il essaie de mesurer sans hélas le percevoir…

« Il y a un escalier. C’est la seule sortie que l’on peut voir. »

Guidant, à l’instar de la jeune femme, le chevaucheur aveugle, ils avancèrent avec une certaine lenteur dans la direction indiquée. Puisqu’il était le seul capable de voir et de parler en même temps pour indiquer d’un éventuel souci, Denys prit la tête du groupe, ne lâchant pas le bras de l’homme sans pour autant le brusquer. Une marche après l’autre, ils grimpèrent, pour lui dans un silence de mort. Il avait une terrible impression. Chaque pas lui semblait plus lourd, plus difficile à engager. Et s’il ne l’entendait pas, il savait que son cœur tambourinait avec frénésie. C’en était insupportable.

Et terrifiant.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Dim 10 Juil - 23:55


Quête 1.4 • Groupe #3

Le miel écarlate

Denys • Lucille • Melinda • Neve




Quête animée par Aura·




Intervention du Destin


L'escalier.

Tant bien que mal, ils grimpent les marches vétustes, parvenant à l'étage délabré - et dans l'ombre, ça remue. La panique frappant de plein fouet, il faut quelques minutes de frénésie avant que l'intruse ne soit identifiée comme Lucille Sombrefiole, venue se procurer du miel pour ses philtres, et prise au piège du rûcher elle aussi.

La situation commence à se calmer à l'étage - quand, du rez-de-chaussée, un bruit de bois brisé et un rire sinistrement réjoui indiquent l'arrivée imminente d'un poursuivant.

Pris au piège !

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Dim 17 Juil - 15:12

A chaque pas esquissés dans le silence, il espérait entendre revenir les bruits et les sons. Les craquements sinistres du bois pourrissant, le cri lugubre du vent entre les pierres, les respirations stressées et chaotiques de ses compagnons d’infortune… Mais rien ne revenait, ne persistait que l’intenable silence, pesant sur chaque instant, perturbant les perceptions du duc réduit à la moitié de ses capacités de par cette surdité intempestive et cette pénombre où peu de choses étaient visibles. La seule certitude qu’il eut en montant les marches, tentant de guider tant bien que mal le chevaucheur aveugle, fut que la tour était dans un piètre état et qu’être monté d’un étage était certainement une bien mauvaise idée.

Ne pas s’affoler. Dans les ombres quelque chose semble se mouvoir et si Denys n’est pas prit de panique dans l’immédiat, il recule néanmoins d’un pas, obligeant ses compagnons à faire de même. Il ne peut hélas pas les entendre ni voir si le chevaucheur parle… terrible situation que la leur, communiquer est bien impossible et il y a cette chose dans l’ombre qui se déplace… c’est un sursaut marqué qui prend le duc quand la lumière faiblarde des deux lunes éclaire un visage, dévoilant l’espace d’une seconde une tignasse rousse et des traits féminin.

« Bon sang ! Vous m’avez fait véritablement peur ! » Il y a sans doute un peu de reproche et un ton impérieux derrière ces mots. Rares sont les fois où le duc se perd d’une telle manière, mais il ne peut nier qu'être dépossédé de ses sens et perdu au milieu d’un rucher visiblement hanté et où il se passe des choses étranges, ça avait le don de le mettre sur les nerfs. Quelques secondes pour reprendre son calme, il indique au chevaucheur ce qu’il voit et ce que ne peut exprimer la jeune femme muette. « C’est une personne… perdue comme nous. »

Grande frustration que d’être imperméable à toutes réponses que pouvait donner son interlocuteur. Ne pouvant hélas pas en apprendre plus sur elle et si elle avait des indices à donner sur ce qui se passait dans ce fichu rucher, il laissa ce bon plaisir au chevaucheur qui, à défaut d’être aveugle, pouvait entretenir une conversation de manière normale.

En profitant pour faire un petit tour dans l’étage délabré, sans trop s’éloigner des trois autres néanmoins, le duc ne pu percevoir les bruits de fracas au rez-de-chaussée, le bois brisé et les rires qui s’élevaient à nouveau. Il sent juste une vibration qui ne lui paraît pas naturelle et voit les regards affolés de ses compagnons...

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Dim 17 Juil - 21:00

]

Quête 1.4 • Groupe #3

Le miel écarlate

Denys • Melinda • Neve




Quête animée par Aura·




Les Anges Pleureurs



   
   
   


Il est entré ! Ô Levor, protecteur d'Outrevent, pourquoi as-tu détourné le regard ? Il est entré, et il n'est pas seul - ils sont quatre, les anges implacables, dans la lueur ténue des étoiles, à grimper lentement les marches dans un crissement de pierre, le bras tendu vers les victimes massées sur le palier. Ils montent, inexorablement, approchent, s'avancent - oh, les mains agrippent les membres de chair si fragiles, et tirent, tirent, tirent encore, étendant les articulations à la limite du supportable, dans le craquement des ligaments tendus à se rompre, et...



... et les quatre malheureux s'éveillent, entassés au pied de la tour, intacts et bien portants. La lumière est revenue, et partout dans le rûcher, d'autres groupes s'éveillent, après une mésaventure visiblement similaire. Un ange est dressé devant eux, altier et solennel, une main cachant ses yeux, la tête baissée - l'autre étendue tient un parchemin.

L’on peut y lire :

« La magie est un droit de naissance. Elle ne devrait pas être brimée. L’Ordre des Magies Libérées demande la réhabilitation de la magie du Sang.
Ce que vous avez vécu ce soir est un aperçu du pouvoir qu’elle est capable de déployer – le fait qu’elle s’en soit abstenue est un choix délibéré, qui saura sûrement vous éclairer sur la probité des mages qui l’utilisent.
Ce que vous avez vécu, ce soir, c’était une illusion – nous autres, mages de l’Automne au sein de l’Ordre, sommes solidaires de nos frères et sœurs proscrits.
Venez-leur en aide, écrivez au trône d’Ibélène, au trône de Faërie, à l’Académie.
Car après tout, comment être absolument certain que, demain, votre propre enfant ne naîtra pas lui-même doté de la magie du Sang ?
Que la nuit vous porte conseil. »

Une fois leur message remis, les statues poussent un dernier souffle - et l'enchantement qui les animait se dissipe.

Ainsi donc, l'angoisse et la peur, la fuite et la terreur, n'étaient que chimères et rêves éveillés, induits par des mages de l'Automne engagés.

Voilà sûrement qui donne matière à réflexion sur le sujet...




Consignes



IRP : La totalité de votre quête se déroule la nuit du 20 au 21 juillet.
IRL : Ce dernier tour va durer jusqu'au dimanche 24/07, 21h.

• Voilà, c'est fini ! Vous pouvez postez autant de fois que vous le souhaitez, raconter l'entrée des Anges dans la tour... Et ce que vous pensez de tout cela.

• Pour ce tour, vous postez autant de fois que vous le souhaitez, mais vos RP devront comporter, si possible, une métaphore filée:cup:

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Lun 18 Juil - 13:10

Ils sont là. Quatre à monter avec lenteur les marches de la tour. Quatre être fait de pierre, mais qui semblent bien vivants et dont le regard transperce et empli d’effroi. Ils sont bloqués, seuls et incapables de réagir. Fait comme des rats, des proies faciles, moutons faibles faces aux loups. Ils s’agitent dans une panique animale. Il n’entend rien, le duc de Lagrance, mais la vision lui suffit pour deviner les cris qui brisent le silence dans une complainte horrifique. Et quand l’heure semble avoir sonnée son dernier glas, que les bras solides viennent enserrer d’une poigne ferme les corps de chair faibles des quatre victimes, l’illusion prend fin avec brutalité. Un noir pesant, un réveil violent. Quand Denys reprend conscience, c’est une respiration haletante qui trahie l’agitation de son cœur. Il a des frissons, des tremblements qu’on ne peut contrôler, et c’est à peine s’il remarque que les sens lui sont revenus. Il entend. Il entend ces mêmes respirations incontrôlées à côté de lui, la peur lancinante visible sur chacun des visages. Et tout à coup, il se rend compte que tout a changé. Ils ne sont plus dans la tour mais au pied de celle-ci, et les  lumières qui s’étaient éteintes ont retrouvée leur éclat, redonnant au rucher son calme paisible. Mais la peur demeure.

Malgré tout, le duc ne reste pas à terre. Bien vite, il reprend contenance, du mieux qu’il peut, observant les alentours en constatant qu’ils n’avaient pas été les seuls à vivre cette mésaventure. Et cette statue… cette statue demeurée inerte, immobile, le regard caché par une main comme si elle était prise d’une subite tristesse. Mais rien ne bouge. Et c’est avec une froideur palpable que Denys l’approcha et saisisse le parchemin tendu avant que l’enchantement ne se dissipe. Silencieux, il déchira le cachet et parcouru les lignes avec rapidité. Ses traits se font durs à mesure de sa lecture, son regard glacial, réfléchit, calculateur. Mais il semble bien loin, le duc si avenant et lumineux… Les mages du sang… Croyaient-ils que la menace est le meilleur moyen pour obtenir leur salut ? Et cet ordre des magies libérées, pensaient-ils que tourmenter les gens était une bonne idée ?

« Les idiots… » Sa voix grince, elle est amère et irritée… d’un geste rapide, il range le parchemin dans l’une de ses poches, voyant l’un de ses gardes précédemment disparu approcher de lui d’un air inquiet.

« Votre Grâce, vous étiez-ici ! Quelque chose d’étrange vient d’arriver, nous… » D’un geste il le coupe, le rassurant d’un vague sourire. « Je sais. Rassemblez les autres, nous repartons pour Lagrance immédiatement. » Il acquiesce avant de s’éloigner d’un pas rapide, obéissant aux ordres de son duc. Celui-ci patienta donc, ayant pour l’espace d’un instant oublié ses compagnons d’infortunes.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Lun 18 Juil - 16:37

Nous avions grimpé les marches de l’escalier, et découvert avec soulagement que cette chose qui remuait n’était autre qu’une jeune femme, perdue comme nous l’étions tous les trois. A l’instant où j’essayais – avec de plus en plus de succès – de me convaincre que tout allait bien se passer, le fracas des portes de bois retentit et me frappa comme un glas de mort. Un rire sinistre résonna à mes oreilles, me glaçant jusqu’aux os. Je resserrai ma prise sur l’épaule du chevaucheur, horrifiée, terrifiée, incapable de croire que tout allait finir ici. Ils étaient quatre à venir vers nous, d’un pas trop lent, comme s’ils voulaient laisser mariner dans notre peur.

Il m’apparut alors qu’il était remarquablement stupide de chercher une sortie aux étages supérieurs. Nos poursuivants ayant fracassé la porte qui nous protégeait et bloquant l’unique escalier, nous étions acculés, sans autre possibilité de fuite que de nous jeter dans le vide. Et plus on se jetait de haut, plus on risquait de se faire mal en touchant le sol. Je déglutis, cruellement consciente que nous n’avions aucune échappatoire. Bientôt, les mains de pierre de nos assaillants se refermèrent sur la chair fragile, vulnérable, offerte, et se mirent à tirer jusqu’à ce que la douleur explose, se répande dans tous mes membres comme si mon sang lui-même s’était enflammé, et altère ma perception de la réalité.

J’allais mourir ici. Mon corps tout entier se mit à me jouer un dernier requiem. Les battements de mon cœur résonnaient comme des roulements de tambour. Les notes silencieuses d’un hurlement à jamais prisonnier de ma poitrine vibraient au plus profond de moi. Les paroles d’une prière se pressaient au bord de mes lèvres, paroles que jamais je ne pourrais prononcer. Percussions aussi sinistres que sublimes, les craquements des ligaments et les gémissements des articulations mises à trop rude épreuve apportaient à cette ultime mélodie le détail qui la rendait parfaite. Au moment où je fermais les yeux, prête à rendre mon dernier souffle, au lieu de partir pour mon dernier sommeil, comme je m’y attendais, comme je m’y étais résignée, je me réveillai brutalement, la peur au ventre, l’impression que tout était fini encore profondément ancrée en moi.

Alentours, la vie reprenait son cours : d’autres se réveillaient, visiblement fuyards d’un cauchemar aussi horrifiant que le mien. Du coin de l’œil, je cherchai mes compagnons de mésaventure. Le noble, ayant visiblement repris ses esprits, tenait tête à une statue d’ange dressée devant nous. Stupéfaite, je le vis décacheter un parchemin, le lire rapidement, puis l’enfoncer dans sa poche comme s’il n’avait aucune importance. Je fronçai les sourcils, songeant que ce parchemin pouvait bien contenir les réponses aux questions qui se pressaient dans ma tête. Et cet homme désirait nous les cacher?

— Hé ! m’exclamai-je à mi-voix, oubliant dans mon indignation que j’étais muette.

Ma propre voix me surprit autant qu’elle me transporta de bonheur. Plus déterminée encore, je m’approchai du noble, qui patientait en attendant de partir pour Lagrance, d’après les conversations que j’avais surprises. Je me plantai devant lui, bien décidée à connaitre le fin mot de cette histoire.

— Votre… heu… Grâce, commençai-je, ayant peu l’habitude de discuter avec des nobles, surtout après avoir vécu avec eux ce qui ressemblait à mon pire cauchemar. Est-ce que je pourrais voir le message que transportaient ces anges ? S’il peut un tant soit peu expliquer ce qui vient de se passer et pourquoi…

Je pris une profonde inspiration. Si tôt après avoir recouvré la voix, les mots se pressaient à mes lèvres comme s’ils brûlaient de sortir au grand jour tous en même temps, ce qui pour le coup aurait été assez chaotique. Si je voulais rester compréhensible, je me devais d’être concise.

— S’il vous plait, murmurai-je, l'esprit trop embrouillé pour pouvoir terminer mes explications.

S’il ne me donnait pas ce message, à vrai dire, je me sentais capable de tout. Y compris de le voler. Voler un noble était une idée plutôt risquée, mais j’avais rarement l’habitude de rester prudente lorsque je poursuivais un objectif, et j’étais d’autant plus déterminée que je venais de subir une terrible épreuve : celle de me voir arracher la parole. J’espérais, toutefois, ne pas avoir à en arriver là. J’avais fourni assez d’efforts pour être gentille ; tout ce que je voulais, c’était me réfugier un coin où je pourrais parler en paix avec moi-même.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Mar 19 Juil - 18:23

Ses pas dans les escaliers étaient maladroits, confus, comme un enfant apprenant tout juste à marcher. Sans l’appui du duc qui le soutenait tant bien que mal, et la présence de la jeune femme près de lui, dont la main agrippait son poignet, le jeune ansemarien se serait sans aucun doute laissé happer par les ténèbres ambiantes, comme une pierre jetée au fond d’un lac. À chaque pas, son courage l’abandonnait toujours davantage, tandis qu’au-dehors, le hurlement indistinct de leurs mystérieux poursuivants gagnait en gravité. Ils semblaient se rapprocher, et avec eux les ombres cruelles qui avaient ôté un sens à chacun d’eux. Neve trébucha sur une marche, se redressa cahin-caha et reprit sa marche difficile et de plus en plus désespérée.

Rien ne pouvait plus les sauver à l’étage, et leur fuite inconditionnelle n’était désormais rien de plus qu’une expression de l’instinct de plus animal et le plus humain existant : la survie. La frénésie scabreuse qui tambourinait au-dehors semblait toujours plus forte, toujours plus proche, et lorsque les trois compagnons atteignirent le premier étage, Neve ne put tenir sur ses jambes. Il se laissa tomber à genoux, absorbé par toute l’obscurité autour de lui, qui semblait une vague incommensurable. Lui, naufragé dans cette mer d’ombres animée par des sens obscurs, échappant à la conscience humaine, nageait à la dérive. Le courant l’emportait dans tous les recoins de l’adversité, épuisant ses membres qui se débattaient dans l’écume grondante et intarissable. Aucune berge alentour, aucun écueil salvateur ; seule l’âpre sûreté de sombrer bientôt.

Le duc poussa soudain un cri, tandis que la chaleur d’une présence nouvelle émergeait au contact des sens réduits de Neve. Ce dernier sursauta, avant que son compagnon ne mette des mots sur ce qui lui échappait. Une femme perdue ? Une rescapée du rûchier ? En savait-elle davantage sur leur triste condition de traqués ? L’espoir de Neve d’en apprendre davantage et de, peut-être, trouver une solution à ce piège mortel s’évanouit bien vite. La porte au rez-de-chaussée, si malhabile, céda enfin sous les coups répétés de leurs assaillants, et dans des cris gutturaux, irréels, ces derniers se précipitèrent vers eux. Plus que la peur de mourir, l’ultime angoisse enserrant les entrailles de Neve était de ne pas connaître la cause de sa propre mort, de ne pas en avoir conscience. Il s’apprêtait à disparaître dans la plus grande des incompréhensions, sans perspective de salut, et sans avoir à un seul instant pu espérer s’en sortir avec ses compagnons. Des ombres plus indistinctes les unes que les autres les saisir, comme des étaux de fer et de glèbe d’une puissance inouïe, et dans le gémissement des membres rompant, Neve ferma les yeux.

Son hurlement mourut sur ses lèvres lorsque l’étau se dissipa comme un rideau de fumée, découvrant les trois compagnons dans le rûchier, au pied de la tour, dans la lumière du jour. La luminosité assaillit le jeune ansemarien, qui ne réalisait pas encore que la vue lui était revenue. Autour d’eux, d’autres inconnus, des agents du rûchier et des visiteurs en tout genre, semblaient émerger de la même torpeur. Le rêve s’était évanouit, et ne demeuraient plus que ces statues angéliques et atroces à la fois, les yeux dissimulés derrière leurs mains. Lorsque Neve se fut habituer à la lumière du jour, il chercha des yeux ses compagnons, et constatant qu’ils étaient eux aussi sains et saufs, il soupira de soulagement. Inespéré s’immisça brusquement dans son esprit, cherchant des réponses à toutes ses questions, alors que son Chevaucheur venait de disparaître quelques heures durant sans laisser de signe de vie dans son esprit. Neve tenta de lui fournir quelques explications, mais soudain il entraperçu le duc saisir dans la main d’une des statues un parchemin, qui glissa dans sa poche en pestiférant discrètement contre lui après l’avoir lu. La jeune femme exigea de le lire, et se relevant avec difficultés, le jeune ansemarien se posta près d’elle pour lui porter appui.
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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Ven 22 Juil - 22:05

[Recette d'une aventure désastreuse.]

Afin de réaliser l'expérience la plus surprenante de votre vie, suivez les instructions que je vais énoncer. La drogue la plus puissante n'est ni dans les breuvages que vous ingérez, ni dans les herbes que vous fumez, elle est dans les aventures que vous vivez. Alors pour commencez, partez d'une idée. Elle n'a pas besoin d'être pertinente ou absurde, tout dépendra des ingrédients que vous y ajouterez. Ainsi, la recette qui suit n'est qu'un guide et non une vérité, votre préparation résultera des nombreuses variantes que vous aurez choisies, il ne tient qu'à vous de la charger en épices ou de la napper de caramel ou encore de miel. Votre idée parle de miel mais surtout d'amour, l'amour est doux et donc sucré, c'est dans ce but que vous partez chercher du miel dans un rucher outreventois. Vous avez donc cette idée, c'est votre ingrédient central, commencez à la faire mijoter pendant que vous épluchez les chemins à prendre vers la concrétisation de votre idée. Vous pouvez commencer simple en n'ajoutant qu'un seul chemin, de type portail magique, car pour l'instant, vous n'avez pas encore assez d'aisance avec la recette.

Ne vous en faites pas, vous avez encore bien des ingrédients pour assaisonner votre aventure ! En effet, c'est à présent le moment de rajouter les imprévus. Saupoudrez d'un soupçon d'ambiance nocturne ténébreuse : votre rucher est plongé dans le noir et vous avez du mal à vous repérez. Remuez un peu votre idée, ce philtre d'amour ne va pas se préparer tout seul, vous avez toujours besoin de quelque chose de doux pour que la douceur d'une demoiselle ait espoir un jour de caresser votre cœur. Montez votre détermination en neige, incorporez la délicatement au mélange idée-chemin-ambiance. Mettez de côté le temps d'élaborer la sauce qui sublimera votre aventure désastreuse. Il s'agit d'un mélange d'émotions pour lequel vous pouvez laissez s'exprimer votre créativité. Inquiétude, terreur, désespoir, impuissance, rage, angoisse... Battez énergiquement puis versez dans votre préparation précédente. Cette sauce se marie particulièrement bien avec d'autres ingrédients tels que l'ambiance mais aussi avec l'imprévu.

Garnissez votre plat avec de l'imprévu, de type bruits étranges, rires diaboliques et autres craquements inquiétants. Vous pouvez y aller sans modération, plus il y en a plus l'aventure sera désastreuse. Ajoutez-y trois handicapés qui débarquent dans votre cachette et commencent à vous faire des reproches avant de vous embarquez dans leur course vers on ne sait-où. Vous pouvez enfourner et regarder dorer votre aventure car à présent, vous ne pouvez plus rien faire. C'est là que la magie opère. Vous vous faites attraper par des créatures horribles et vous commencez réellement à regrettez d'avoir cuisiné une telle atrocité. A vouloir vous lancer dans des expériences étranges, vous avez fini par vous empoisonner et vous sentez venir votre mort. Vous essayez de tout arrêter mais vous ne pouvez plus, vous êtes attirée par un mal inexplicable tout comme trois autres malheureux qui se sont aussi lancés dans des préparations farfelues. Vous succombez.

Et non ! Vous vous éveillez en bas de cette tour que vous n'avez pas endommagée, pour une fois, et vous réalisez que votre aventure désastreuse est terminée et avalée, même si son goût amer vous reste encore au fond de la bouche. Vous pourriez reprendre votre préparation pour l'accompagner de nouveaux ingrédients comme une lettre mystérieuse ou une dispute avec un noble entêté, mais vous avez franchement eu votre dose et vous avez juste envie de congeler votre idée pour n'y retoucher que dans mille ans. Votre dulcinée n'a pas besoin de philtre d'amour, juste de voir un peu votre valeur et après tout ce que vous avez enduré, elle sera probablement ébahie ! Vous vous apprêtez à rentrer chez vous, mais au final, vous vous rendez compte que cette aventure vous manque déjà, vous êtes trop épuisée pour vous relancer dans une expérience de cette intensité, mais vous pouvez au moins vous joindre à vos compères et déguster les restes de leur aventure.

Si j'ai fait passer cette expédition pour une recette ratée, c'est que j'ai perdu de mon talent pour raconter les histoires. Après avoir été écartée du monde, j'avais soif d'aventure et cette nuit terrifiante était au final bien intéressante. J'oublie un ingrédient clé qui finalement s'ajoute à toutes mes recettes : ma curiosité. Je ne peux pas abandonner tout ce beau monde car quelque chose va se passer et je suis curieuse de savoir comment tout va se dérouler. Je suis aussi curieuse du contenu de cette lettre cachée. Je suis curieuse au sujet de ces camarades de tablée, qui ont partagé avec moi ce repas si intense. Peut-être que j'essaierai de les connaître, sur le chemin du retour, ou peut-être que je ne pourrai pas. Pour l'instant je me tiens près de ceux qui s'opposent au noble. Je suis dans l'attente et c'est peut-être bien pour cela que mon esprit  divague vers des préparations improbables. J'espère au moins que cette attente sera récompensée, il serait dommage de finir cette aventure par un désert sans goût.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Sam 23 Juil - 16:13

Il ne fait guère plus attention à ce qui l’entoure, le duc de Lagrance, et certainement pas à ses compagnons d’infortune laissés derrière près de la tour. Denys se trouvait être terriblement préoccupé par ce que lui révélait ce parchemin et par les problèmes qu’allaient soulever les actes irréfléchis de ces mages, quelque soit leur bord. D’abord les attaques des mages et savants lors du couronnement raté… et maintenant ça ? Avaient-ils seulement conscience des dangers qu’impliquaient le retour des Mages du Sang ? Les simples batailles d’intérêt de ceux le souhaitant et leurs opposants avaient déjà éveillés soupçons et colères. Les Ibéens n’allaient pas accepter aussi facilement une chose qui avait été sujet à la paix voilà milles ans… quand bien même le Roi Noir de la Rose Ecarlate ait proposé de remettre sur le tapis les discussions, la haine et la rancune agissait au delà de ces états de fait. Pour preuve, ils s’en prenaient aujourd’hui à des civiles et des innocents. Bientôt la réputation des mages allait s’enfoncer et jamais Ibélène n’accepterait qu’une guilde censée les surveiller soit si peu consciencieuse. Qu’en serait-il si cette magie oubliée refaisait vraiment surface… ? Toutes ces questions défilaient dans l’esprit du duc. Et pourtant, il fut coupé dans sa réflexion par la plainte quelque peu maladroite de la jeune femme qui avait été transportée dans l’illusion avec lui. Elle fut bientôt rejointe par les trois autres. Alors, se rendant compte qu’il leur avait retiré le seul moyen de s’informer sur ce qui venait d’arriver, Denys ressorti le parchemin de sa poche. Cependant, l’hésitation traversa ses traits quand il esquissa un geste pour leur donner.

« Je souhaiterais éviter de propager la nouvelle, même si je ne doute pas qu’elle sera bientôt sue et connue de tous. Mais essayons de ne pas faire naitre la panique. »

Il tendit néanmoins le parchemin à la première demoiselle, qui ferait passer le mot à ses autres compagnons. Un vent hurle à nouveau sur la plaine outreventoise. Tôt ou tard, cette brise serait la messagère de bien préoccupantes nouvelles. Comme une trainée de poudre soufflée dans une bourrasque de problèmes. Et bientôt, l’ouragan viendrait ravager la paix instable qui perdurait malgré tout. Le tourbillon ne saurait s’arrêter si facilement maintenant que l’orage s’était éveillé.

« Vous êtes libre bien entendu de suivre votre propre voix, d’écouter ce que ces mages ont à dire, d’approuver leur revendication ou au contraire lutter contre ce pour quoi ils se battent. Quelque soit votre choix cependant, sachez que rien ne sera plus jamais comme avant. L’équilibre semble vouloir se rompre… »


Son sérieux glaçait le sang, et lui même n’aimait guère ce pessimisme affiché. Hélas, il fallait être naïf ou utopiste pour songer un seul instant que ces revendications et batailles s’arrêteraient par le refus ou l’acceptation des Empires. Deux parties s’étaient éveillées pour défendre ou lutter… et ils n’étaient certainement pas les seuls dans la balance du Destin.

« Monsieur le duc, nous sommes prêt, nous pouvons partir. » Le garde était revenu accompagné du reste de ses hommes, acquiesçant pour manifester son accord, il se retourna vers le petit groupe. « Puis-je récupérer ce parchemin ? » La question, si elle en était une, ne souffrait pas réellement d’un refus. Lorsqu’il eut l’objet à nouveau en sa possession, il retrouva place dans sa poche. « Bien, cette soirée touche à sa fin. Je vous souhaite une bonne nuit. » Sans plus de cérémonie, il s’éloigna alors vers sa garde, prête à repartir.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Dim 24 Juil - 13:09

Habituellement, je ne me serais pas préoccupé de recevoir un refus – j’aurais alors trouvé un autre moyen d’obtenir ce que je voulais – mais j’étais lasse, et j’espérais sincèrement que ce noble ne nous causerait pas de problèmes. Quand je reçus le soutien de nos deux autres compagnons de mésaventure, étrangement, je me sentis mieux. J’étais accoutumée à la solitude, là n’était pas le problème, mais j’avais le sentiment d’être… plus forte avec eux à mes côtés.

Comme s’il venait tout juste de se rendre compte de ce qu’il avait fait, le noble reprit le parchemin en main. Il hésita brièvement avant de nous le donner, peu désireux de propager la nouvelle, et avec elle, la panique. Je m’en emparai et lis les quelques lignées étalées là. Au sein de mon esprit, les mots causèrent une véritable tempête. Mes pensées furent balayées en une fraction de seconde, tandis que des émotions incompréhensibles tourbillonnaient en moi pour former un maelstrom incontrôlable. Le tonnerre d’une sourde colère résonnait en moi. Les nuages noirs de la peur s’amassaient à l’horizon. Une implacable rancœur se laissait porter par l’air trop lourd. Incapable de résister à la force de l’ouragan, je vacillai. Mes mains se crispèrent sur le papier comme s’il était brutalement devenu mon unique bouée de sauvetage.

Je pris une profonde inspiration pour me calmer, passant le parchemin au chevaucheur, tandis que les mots du noble résonnaient à mes oreilles. Rien ne serait plus jamais comme avant… Oui, j’avais exactement la même impression. Deux camps s’étaient dessinés : ceux qui étaient pour la réhabilitation de la magie du Sang en Arven, et ceux qui étaient contre. Tous deux semblaient prêts à livrer une lutte sans merci, sans regarder à la moralité des moyens qu’ils utilisaient, sans se préoccuper de qui ils pouvaient bien toucher dans leur bataille acharnée pour défendre leurs idéaux. Ils n’avaient pas compris que de tous les moyens de pression, la peur était sans doute le plus dangereux, le plus à même d’échapper à tout contrôle. Ils s’attireraient bien plus d’inimités que de soutien en agissant de cette façon. Ils étaient stupides. Ils étaient puissants. Il n’y avait probablement rien de pire que la puissance aux mains de quelques idiots.

Je m’aperçus alors que j’allais devoir faire le voyage du retour. Seule. Cette idée suscita en moi un frisson d’effroi. Je n’étais pas facilement effrayée, j’avais même plutôt tendance à croire que rien ne pouvait m’arriver. Néanmoins, après ce que je venais de vivre, j’avais le sentiment que le danger se tapissait partout. Un des gardes du duc l’informa alors qu’ils étaient prêts à partir. Le noble demanda à récupérer le parchemin puis nous souhaita une bonne nuit et s’éloigna de nous pour se diriger vers sa garde. J’aurais pu, il était vrai, rester raisonnable, pester sur le fait que je rentrerais seule et me mettre en route sans plus tergiverser. Mais je n’étais pas de ceux qui abandonnaient avant même d’avoir essayé. En quelques pas, je rattrapai le duc.

— Attendez, votre Grâce, je vous en prie…, m’exclamai-je pour le retenir. Est-ce que par le plus grand des hasards – et dans un geste d’une grande générosité – vous pourriez m’emmener à Lorgol ? Ou du moins, est-ce que je pourrais faire un bout de voyage à vos côtés ? Si ce n’est pas abuser de votre patience, bien sûr.

Je jetai un coup d’œil autour de moi, cherchant une explication plausible.

— Le chemin jusqu’à Lorgol est long, et je ne suis pas sûre, après tout ça, d’avoir envie de le faire seule.

Je m’attendais à moitié à recevoir un refus, mais ça ne m’empêcha nullement d’esquisser un léger sourire, presque suppliant, à l’intention du duc. L’espoir faisait vivre, non ? Qu’on me laisse espérer encore quelques instants.

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Dim 24 Juil - 16:58

Il ne fait que quelques pas avant d’être interrompu dans sa marche par la jeune femme. C’était la seconde fois qu’elle le hélait de la sorte. Par dessus son épaule il la regarda, elle qui avait semblé en ce début de soirée bien courageuse avait perdu toute sa confiance, ce que le duc pouvait comprendre facilement. La demande exprimée cependant le surpris quelque peu et du regard, il prit quelques secondes pour la scruter avant d’observer les deux autres restés en arrière et qui pouvaient tout autant servir de protecteurs ou compagnons pour un retour vers Lorgol. L’idée de refuser brula d’ailleurs son esprit, mais il reconnu qu’après la nuit enflammée qu’ils avaient vécu, un petit geste de générosité ne lui flamberait pas les doigts. Il paru réfléchir quelques instants avant d’adresser un petit signe de tête à la jeune femme.

« Je n’y vois pas d’inconvénient. » Puis lançant un nouveau regard aux deux autres, il continua. « Vous aussi ? » Autant en profiter puisqu’il était d’humeur généreuse ce soir. Ce qui n’enlevait en rien son air grave et préoccupé qu’affichaient ses traits.

Puis quand chacun se fut enfin décidés sur la route à prendre, le duc ne s’attarda pas, demandant à son mage des portails d’en ouvrir un jusqu’à la capitale Lagrane.

« Je vous fais transporter jusqu’à Edenia et je laisserai à votre disposition les services de mon mage. Il vous emmènera là où vous le souhaitez. »

Lorsqu’ils furent dans le palais de Lagrance, calme lui aussi en cette longue nuit d’été, Denys s’éclipsa une bonne fois pour toute vers son bureau où il allait s’empresser d’écrire à Chimène, laissant au bon soin de sa garde de surveiller ceux qui devaient repartir pour Lorgol. Il adressa néanmoins quelques mots avant de partir.

« Cette fois je vous dis au-revoir. Et soyez prudent. »

Qui sait ce qui désormais allait pouvoir se passer. Nuls lieux n’étaient véritablement sûr aujourd’hui…

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   Lun 25 Juil - 23:07




Quête 1.4 • Groupe #3

Le miel écarlate

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Message Sujet: Re: Le miel écarlate • Les Anges Pleureurs   

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