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 Oiseaux éphémères

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La Noblesse
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Message Sujet: Oiseaux éphémères   Lun 20 Juin - 17:22


Livre I, Chapitre 4 • L'Ordalie de Diamant
Castiel de Sombreflamme & Grâce Martel

Oiseaux éphémères

Ou quand les invitées doivent quitter



• Date : Le 7 juin 1001
• Statut du RP : Privé
• Résumé : Les deux filles de Grâce Martel ont été confié aux bons soins de la couronne de Sombreciel, le temps que celle-ci revienne de son expédition chez les Amoureux du Vent. Le temps est venu pour les deux demoiselles de partir vers Lorgol, mais ce ne sera pas sans une discussion entre la mère et le duc.


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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Lun 20 Juin - 18:06

Tu es fébrile, depuis ce matin, un tantinet maussade également. Tes insomnies des derniers jours n’aident certainement pas ton caractère, qui se fait rapidement mauvais, reflet de tes cernes qui ne font que se creuser encore. Il fait les cent pas autour de ton trône, panthère féroce qui illustre ce qui te trouble, ce qui t’agace. Tu as de la difficulté à te poser, à respirer, et tu sais bien pourquoi. Tu sais que d’ici peu, Grâce Martel arrivera. La Voltigeuse, la renommée, la rebelle, la mère de tes deux invitées depuis quelques mois. Tu t’es fait à la présence des deux demoiselles et tu as pris plaisir à les couver, à les amuser, à les charmer et à rire de leur prudence, de leur innocence, touché par leur destin. Pourtant, elles doivent partir, pas plus tard que ce soir, demain tout au plus. Déjà leurs bagages sont faits, remplis de ces robes et de ces bijoux dont tu les as ensevelies pour pallier à leur manque évident de toilettes dignes de ce nom. Remplis de parures, de voiles, de carnets de dessin et de sucreries. Tu les a gâtées, les filles Martel, et tu espères qu’elles partent d’Euphoria avec une meilleure opinion de ton duché que celle que leur a enfoncé Bellifère dans la gorge. Puis… peut-être reviendront-elles ?

Installé dans la salle du trône, tu resserres avec attention le mécanisme d’une grenouille à ressorts. Un tour, un autre, et – un ressort vole à côté de ton oreille, sifflement désagréable. Tu entends l’objet tomber au sol, puis ton Familier se précipiter pour le capturer entre ses larges pattes. D’un mouvement enragé de la main, tu renverses la grenouille au sol, la faisant exploser contre le carrelage. « Quelle inutilité », grognes-tu entre tes dents. Quelques coups à la porte te font te redresser un peu sur ton siège et se cacher la panthère. Césaire entre et s’incline. « Votre Grâce, Grâce Martel est arrivée. » Ton esprit hésite entre la joie d’enfin la rencontrer, et la déception que cela représente. La curiosité l’emporte malgré tout. Tu vas avoir la chance de rencontrer l’amie de Melsant. Mais bien sûr, amie. La lettre que t’a fait parvenir Mélusine, de façon express, souligne bien vos doutes conjoints quant à la nature de la relation qui unit les deux Voltigeurs. L’occasion rêvée pour que tu te renseignes à ce sujet. Tu ranges tes minuscules outils et les tends à Césaire, qui regarde la grenouille éventrée sur le plancher. « Ramassez cela, puis faites-la entrer. À boire, une… bouteille de vin de... de poires. » Tu as hésité, une seconde, et le regard sévère de Césaire t’as rappelé celui de Maximilien – alors à ton goût pour un capiteux vin épicé de Sombreciel s’est substitué le sage choix d’un vin fruité de Lagrance. Cadeau de ta dernière rencontre diplomatique avec son duc.

(Ce n’est pas ce dont tu as envie, Castiel.)

Ton majordome sort et fait entrer, quelques minutes suite à sa sortie, une domestique qui s’empresse de nettoyer de quelques coups de balai les pièces du batracien mécanique, puis de placer fauteuil et guéridon face à ton trône. La panthère, plus apaisée, est devenue chat persan, et tes doigts caressent patiemment le pelage chaud et blanc de l'animal venu se coucher sur tes genoux. Quelques autres minutes passent et enfin, Césaire revient, accompagné cette fois et le plateau de service entre les mains. « Votre Grâce le duc de Sombreciel, la Voltigeuse Grâce Martel. » Un sourire grimpe enfin sur tes lèvres et tu te lèves pour accueillir la fameuse femme, le félin se faufilant au sol pour se réfugier derrière ton trône. « Madame. »

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Mar 12 Juil - 20:27, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Mer 22 Juin - 1:39

Dauwdauw l’endormi avait déserté la couche de Grâce, cette nuit. C’était assurément le résultat des retrouvailles avec ses filles, dont la cadette lui était hostile – du moins, quand elle l’avait arrachée à Brumecor, à sa plus grande surprise. Mais n’était-ce pas là le rôle d’une mère, d’extirper ses enfants d’une situation qui laisse à désirer, quand ils ne sont pas en mesure de le faire eux-même ? Assurément, mais qu’est-ce que Grâce pouvait bien connaître, du rôle d’une mère ? Absolument bien, et c’était d’ailleurs pour ça qu’elle appréhendait de retrouver Aubrée et Agathe. D’autant plus qu’elles venaient de passer quatre mois dans le duché de la décadence. Elle n’avait, après tout, échangé que de brèves et rares missives avec Aubrée, et ne savait donc pas réellement quoi en penser.

Elle devait portailler, ce matin-là, pour se rendre à Euphoria. Le retour se ferait de la même manière, avec les quelques effets, peu nombreux, qu’auraient les enfants Martel avec elles. Grâce avait demandé à Melsant, en lui confiant une partie de sa solde, de confier à n’importe quelle femme de sa connaissance de leur acheter quelques effets, le strict minimum. Si tout cela était couteux – du moins pour qu’elles adoptent le faste nécessaire à la cour ducale de Sombreciel -, Grâce était économe, et sa solde couplée aux revenus qu’elle obtenait des terres dont elle s’était vue dotée grâce à la générosité de duchesse de Bellifère et, plus récemment, du domaine et de la mine qui étaient siens en Erebor, étaient suffisants pour cela.

Grâce n’a que peu d’effets avec elle – il n’est pas prévu qu’elle s’attarde, pas au delà de la durée nécessaire à remercier le duc de sa générosité et de sa bienveillance à l’encontre de ses petites. Petites qu’elle doit, par ailleurs, présenter aux sœurs de son ami. Ami très cher, qu’elle ne regrette pas d’avoir sollicitée pour cette affaire délicate, en plus de Freyja. Les petites auraient été bien trop déboussolées par une vie de piraterie, pensait-elle. Elle ne savait pas réellement ce qui les attendait à Lorgol, pour autant. Mais cela valait-il de s’inquiéter ? Quel que soit leur futur, il ne pouvait qu’être la source d’une amélioration certaine de leur vie.

Elle fut accueillie à son arrivée par un homme qui se présenta comme Césaire, lui indiquant qu’il allait la guider auprès de son duc. Hochant la tête, en le saluant respectueusement, elle suit donc l’homme, qui la somme de patienter dans des jardins d’une beauté rare et… surprenante. Elle ne saurait dire ce qui l’interpelle dans cette extravagance simultanément ordonnée et chaotique. Il était impressionnant de constater en personne à quel point ils ressemblaient aux rumeurs qui courraient sur leur duché d’appartenance. Elle n’eut toutefois pas le temps de se questionner là-dessus et n’aurait donc pas matière à écrire un livre sur la floraison dans les jardins cielsombrois à son grand dam, qu’on la conduisait dans la salle du trône, auprès du duc.

Quelle n’est pas sa surprise, de voir le museau suivi de la tête d’un chat dépasser de l’arrière du trône et en disparaître aussitôt, alors que le duc s’avance vers elle. Recentrant son attention sur son interlocuteur, elle se fend d’une révérence respectueuse. « Altesse. Je vous remercie de me recevoir, et davantage encore de la générosité dont vous avez fait preuve en acceptant mes filles auprès de votre cour, ces derniers, par l’intermède du Marquis d’Automnal. » Un peu formelle, certainement, la voltigeuse, mais malgré son assurance, elle était en territoire inconnue, face à un homme qui lui avait accordé plus de faveurs qu’il n’aurait du le faire pour une inconnue. Fusse-t-elle une amie d’un de ses proches.

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Ven 29 Juil - 1:33

Tu la dévisages sans gêne aucune. Tes yeux passent de sa tête nue à ses traits fiers, son teint hâlé par le soleil de la Voltige, sa toilette simple. Ta curiosité est sans limites et tu te satisfais de ce que tu vois. C’est bien ainsi que tu imaginais une femme capable de plaire à ton frère, dont les goûts en matière de chair sont toujours bien inconnus. Une femme forte, agile, avec du caractère autant que de la détermination. Puis, une belle femme, femme étant le mot important. Pas une jeune fille encore en fleur. « Altesse. Je vous remercie de me recevoir, et davantage encore de la générosité dont vous avez fait preuve en acceptant mes filles auprès de votre cour, ces derniers, par l’intermède du Marquis d’Automnal. » Tu hoches la tête, doucement. Tu aimes les gens polis, bien que tu ne le sois pas toujours toi-même. « L’honneur est pour moi, ma dame. L’occasion de rencontrer les amies de mon frère est bien rare et celle de les aider encore plus. » Tu vas pouvoir crâner sans retenue auprès de ta fratrie, surtout si tu réussis à savoir si oui, ou non, l’amitié a été poussée à un autre niveau entre Melsant et Grâce Martel.
Certes, c’est un divertissement enfantin, mais il suffit à vous amuser, tous les Séverac et toi compris.

« Prenez place. » D’un large geste, tu lui indiques le fauteuil tiré à son intention, et tu t’occupes d’ouvrir et de verser le vin à la robe d’or dans les coupes finement ouvragées que vous a apporté Césaire. Celui-ci veille à la porte, en silence, ses yeux perçants immobiles. Tu t’es habitué à la présence quasi constante de ce majordome et malgré tes menaces à son égard et tes éclats de voix, tu apprécies son service sans failles. Puis, en termes de potins et de rumeurs, il est ton premier informateur. Il a les oreilles longues, ce Césaire. « Un vin de poires, tout ce qu’il y a de plus doux. » Tu reprends place sur ton trône, au bout de celui-ci, et dans ta main brille ta coupe prête à porter un toast. Tu réfléchis, une seconde, avant de te décider pour la simplicité : « Aux dames et demoiselles Martel. » Qu’elles puissent encore et toujours de jouer de ce destin préfabriqué et écrire leur propre histoire.

Le vin pétille doucement sous ta langue, de quelques bulles paresseuses qui ajoutent une touche délicieusement acidulée à la douceur de la poire, que tu craignais trop sirupeuse. Ces Lagrans ont définitivement le palais fin. « Vous a-t-on informé que les dames de Séverac seront celles qui s’occuperont d’accueillir Agathe et Aubrée à Lorgol ? Simple détail pour ouvrir la conversation. Tu ne sais pas que dire, comment dire, tu ne sais pas comment retarder le départ de tes invités encore un peu. Il est temps, pourtant. J’ai pris la liberté de leur choisir et offrir quelques toilettes supplémentaires, de quoi leur ouvrir les portes de toutes les cours et de tous les boudoirs. Je comblerai évidemment l’excédent de bagages occasionné, lorsque vous portaillerez jusqu’à Lorgol. » Une liberté que tu as prise très large. Et très généreuse. Tu as profité de leur présence pour oublier la disparition de Melsant, après tout, et tu as expié tes inquiétudes en offrant compulsivement.

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Lun 1 Aoû - 0:00

Elle apprécie le côté direct du duc – pas de fausse discrétion, alors qu’il la dévisage, presque de haut en bas. Elle ne ploie pas, elle ne détourne pas le regard. Elle n’a pas cédé, pas une fois dans sa vie, elle ne le fera pas maintenant. Qu’elle soit devant un duc ou non. Et il ne semble pas déprécier cette arrogance dont elle fait preuve, en étant si sûre d’elle. Pourquoi le devrait-il, après tout ? Elle ne lui manque pas de respect, elle s’en accorde à elle-même, tout simplement. Elle sourit, en l’entendant. « C’est un ami cher pour moi, et si je n’apprécie guère abuser ainsi de ce lien qui nous unit, je crains n’avoir eu personne d’autre vers qui me tourner – à moins, peut-être, de destiner mes filles à la piraterie, et je ne suis pas certaine que cela convienne. » Le soin qu’il avait apporté à détacher le mot du reste de sa phrase n’avait pas échappé à la voltigeuse, bien qu’elle ne sache pas exactement ce qu’il désirait savoir, mais elle avait quelque peu été prévenue par Melsant, des curiosités de sa famille. Elle s’en amusait, autant qu’elle en ressentait de la gêne – cela restait plutôt intime.

Elle s’assit, suivant des yeux les gestes assurés et élégants du duc, à son aise avec la bouteille qui passait presque inaperçue, tant les coupes destinées à accueillir le délicat breuvage doré attiraient l’attention. Grâce n’avait que peu eu l’occasion de boire dans de tels trésors – et une boisson aussi agréable au palais, et si riche en goût. « À votre générosité. S’arrêtant birèvement, elle porta de nouveau la coupe à ses lèvres, dégustant une petite gorgée. Il est excellent, je n’ai pas souvenir d’avoir goûté si délicate et agréable boisson auparavant. »

Les différentes nuances, qui lui échappaient surement, laissaient un goût curieux dans sa bouche, mais incroyablement plaisant. Elle aurait volontiers pris goût à ce vin d’une finesse surprenante – mais sûrement était-ce sa seule occasion d’y goûter, aussi entendait-elle faire durer ce verre qui lui avait été servi, pour l’apprécier pleinement. « Pas réellement… Melsant n’a guère pu s’occuper de cela, et ayant partagé son sort bien que moins longtemps, je n’ai pas eu de nouvelles de mes filles. Je n’ai aucun doute quant à l’accueil que vous leur avez réservé, et à la bonté dont les Séverac font preuve envers elle, tout comme vous, Altesse. »

Elle s’interrompit un instant, grimaçant. « Melsant se porte bien, compte tenu des circonstances. Malgré le sort qui lui a été infligé, retrouver Soie et sa liberté a été d’un grand secours. De même que d’être réunis, avant la fin de notre périple. Je crois que nous avons puisé courage en cela – moi, de le savoir encore vivant, ainsi que les sœurs de ma filleule se trouvant à ses côtés, et lui de savoir que du secours ne pouvait qu’arriver, après les disparitions accrues. » Peut-être aurait-elle mieux fait de se taire, mais elle n’osait imaginer l’inquiétude qui avait du prendre ceux qui lui étaient chers. Elle s’était, elle aussi, inquiétée, quoi qu’elle ait dissimulé la chose. Secouant la tête, elle envisagea un instant de s’excuser, mais elle ne se sentait à vrai dire pas en tort. « Elles n’oublieront pas, j’espère, ce geste. Ce ne sera, en tout cas, pas mon cas. Il est heureux qu’elles puissent bénéficier de votre aide pour cela. » Oui, tout simplement. Elle le remerciait, sans excès. Peut-être était-il de ceux qui affectionnaient parfaitement les flatteries et la fausse modestie, mais il ne lui semblait pas que ce soit le cas. Et elle ne commencerait pas par refuser ces largesses par principe.

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Mer 17 Aoû - 22:13

Elle ne sait rien, donc. Merveilleux ! Tu peux ainsi prendre tout le temps nécessaire pour lui expliquer l’agréable sort de ses deux filles, confiées aux soins de tes merveilleuses sœurs et de leurs non moins merveilleuses relations. Ça vous donnera même l’occasion, si elle se présente, de voir le fond de cette délicieuse bouteille, qu’elle apprécie tout autant que toi et dont tu accueillies le commentaire positif d’un : « Je transmettrai le compliment à Sa Grâce Denys » souriant. Il saura sans aucun doute apprécier que ses cadeaux soient partagés et aimés.

« Melsant se porte bien, compte tenu des circonstances. Malgré le sort qui lui a été infligé, retrouver Soie et sa liberté a été d’un grand secours. De même que d’être réunis, avant la fin de notre périple. Je crois que nous avons puisé courage en cela – moi, de le savoir encore vivant, ainsi que les sœurs de ma filleule se trouvant à ses côtés, et lui de savoir que du secours ne pouvait qu’arriver, après les disparitions accrues. » Tu es content d’entendre ces mots de la bouche de la Voltigeuse, qui, du coup, prouve encore plus tes soupçons à propos de la relation qu’elle entretient avec ton frère, pour lequel tu t’es grandement inquiété. Ils ont puisé courage l’un en l’autre, mh ? Suite à leur réunion, n’est-ce pas ? C’est d’un louche, oh, d’un louche qui est réjouissant ! « Elles n’oublieront pas, j’espère, ce geste. Ce ne sera, en tout cas, pas mon cas. Il est heureux qu’elles puissent bénéficier de votre aide pour cela. Vous serez toujours les bienvenues à la cour d’Euphoria. » Tu préfères ne pas poursuivre immédiatement sur le thème de Melsant, bien que les questions te brûlent les lèvres. Tu rebondiras, plus tard, sur sa relation avec le Séverac, sur tout ce courage qu’ils ont puisé l’un en l’autre suite à leur réunion, sur les mystères qui enveloppent les débuts de cette amitié apparemment très inspirante.
Tu reviens plutôt aux deux filles de la Martel, commençant par commenter le cas de sa benjamine : « Ma sœur Mélusine a besoin d’une suivante, la dernière s’est révélée plutôt ingrate envers elle et a fui par le même caniveau où elle est sans aucun doute née, et elle prendra donc Agathe sous son aile, à Lorgol. Elle aura ainsi la chance de se familiariser avec ses citoyens les plus nobles et de recevoir une éducation digne de ce nom. Elle partagera son temps entre la tour de Séverac et celle de Sinsarelle et habitera avec mes deux sœurs, ainsi que Joséphine, notre amie. » Tu ne sais pas comment qualifier Joséphine, qui est aux côtés des jumelles depuis longtemps et qui est bien plus d’une domestique, ou une suivante. Elle est essentielle, une pièce de la famille Séverac à part entière, poupée rieuse et fidèle à laquelle tu ne te retiens jamais d’exprimer la plus grande affection, ainsi que tes meilleurs charmes. En toute amitié.

« Agathe a déjà pu rencontrer certains notables et bourgeois de notre duché. Ne vous en faites pas, je l’ai préservée de certains personnages plus… scandaleux, puis-je dire ? Il n’était pas question de la choquer outre mesure. » Même si c’est arrivé, inévitablement, et plus souvent qu’autrement, ce qui était prévu. On ne peut pas introduire un oiseau gardé si longtemps en cage au monde ouvert d’Euphoria sans s’attendre à un léger choc culturel. Et ton sourire malicieux, entendu, parle bien à ce sujet.

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Ven 9 Sep - 7:45

L'enthousiasme soudain du duc l'intrigue, alors qu'elle affirme ne pas réellement savoir ce qui atteint ses filles. C'est en deçà de la réalité, à vrai dire, car elle n'a pas la moindre idée de ce qui a été prévu pour elle. Elle serait autre, qu'elle s'en voudrait sûrement de se décharger ainsi sur la famille de Melsant, mais il n'y a là rien qu'ils n'aient pas voulu faire, n'est-ce pas ? Elle avait appris avec surprise, à vrai dire, qu'une position ait été trouvée pour chacune d'elles. Ça n'était assurément pas là l'objet de sa demande, et si elle n'avait pas été accaparée par les disparitions et tout ce qui en avait découlé, sûrement s'en serait-elle chargée elle-même. Peut-être que Liselotte aurait pu prendre l'une des deux en apprentissage, et la seconde... Elle aurait pu rejoindre l'Académie ? Elle aurait sûrement trouvé des solutions convenables, si elle avait eu l'occasion de s'y arrêter. Mais c'était une épine en moins dans son pied, malgré tout.

« C'est donc un vin lagran. Il fait honneur à leur réputation. » Non pas de grands buveurs, mais de gens possédant de boissons de qualité et un goût sûr. S'il se méprenait sur le sens de ses propos, cela l'amuserait surement. Peut-être auraient-ils du continuer sur un tel sujet de conversation, au lieu de dévier sur Melsant – s'il n'effraie pas Grâce, l'enjouement dont fait preuve Castiel de Sombreflamme est pour le moins curieux. Et presque trop grand. Elle hausse légèrement les épaules, cependant, reparlant de ses filles.

« Ce serait un honneur, que de vous venir vous remercier, à nouveau, de la générosité dont vous avez fait preuve pour mes filles et moi, votre Grâce. Peut-être versait-elle dans la flatterie finalement, mais non par désir de s’attirer la sympathie du duc – d’autant qu’elle ne le connaissait pas et en était bien incapable, tant il lui semblait fantasque. Elle ne disait que ce qu’elle pensait, et s’indifférait de l’impression que ça pouvait donner aux autres. J’ose croire qu’Agathe ne fera pas preuve de la même ingratitude, et sera appliquée et diligente, à servir votre sœur. C’est une réelle chance que vous lui offrez là, en comparaison à la vie qui aurait pu être la sienne. Je connais malheureusement fort peu ma fille – je pense que mon… histoire, ne vous est pas inconnue -, mais si elle commet quelconque offense, je ferai ce qui est en mon possible pour la réparer. Et je ne l’imposerai pas davantage à votre sœur, évidemment. »

Assurément. Si elle se refusait à les laisser auprès de leur père, elle ne souhaitait pas pour autant les imposer à des nobles auprès desquels elles se seraient mal comportées. Et force était de reconnaître qu’elle ne pouvait rien prédire, sur sa seconde fille – celle-ci cultivait une rancœur bien naturelle à son égard, et si celle-ci était plus forte que la gratitude, alors… Mais elle ne souhaitait pas y penser, pas pour le moment. Si les faits se déroulaient ainsi qu’elle le craignait, alors elle aviserait. « Elle a du apprécier cela, je pense. Mais je suis ravie de votre délicatesse. Elle me semble plus… réservée, que mon aînée. J’espère que ni la plus jeune ni l’aînée ne se sont comportées de manière inappropriée, face à ce que vous leur offriez. Et qu’il n’en sera rien, dans le futur. »

Elle hésita un instant, avant de sourire, plus largement. « Veuillez me pardonner mon empressement, mais qu’en est-il de l’avenir d’Aubrée ? Et de sa découverte de votre cour ? Elle a fait la démarche de me demander de les séparer de leur père, et je la pense plus empressée de voler de ses propres ailes, vous savez. Quitte à se les brûler… » Le sous-entendu était probablement évident : comment la flamboyante, à sa manière, fille de Grâce avait vécu ces changements ? Et était-elle prête à affronter ceux à venir ?

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Lun 10 Oct - 21:16

Il y a tant de craintes, chez Grâce Martel ! De craintes que ses filles ne soient pas reconnaissantes, qu’elles se comportent en gueuses ingrates, qu’elles affirment des manières inconvenantes. Tu t’empresses de rassurer la Voltigeuse, faisant taire toutes ses inquiétudes : « Agathe a été irréprochable et je ne doute pas qu’elle le sera auprès de Mélusine. Elle deviendra une vraie dame. Vos filles ont été parfaites, je vous l’assure. De toute façon, je ne crois pas que quoi que ce soit puisse choquer ma cour. » Tu éclates d’un petit rire entendu. À vrai dire, seule la pudeur des filles Martel aurait pu toucher les nobles de la cour cielsombroise, et tous se sont entendus pour trouver cela touchant au lieu de ridicule, choquant. Leur ingratitude aurait même été bien acceptée, comme elle aurait été un signe de rébellion ! Il n’y a pas plus lunatique qu’un Cielsombrois, après tout.

« Veuillez me pardonner mon empressement, mais qu’en est-il de l’avenir d’Aubrée ? Et de sa découverte de votre cour ? Elle a fait la démarche de me demander de les séparer de leur père, et je la pense plus empressée de voler de ses propres ailes, vous savez. Quitte à se les brûler… Tu as un rire doux, poli, et tu prends une gorgée de vin avant de répondre : Perdre quelques plumes est un maigre sacrifice pour un oiseau qui les possède encore toutes. » Tu as toi-même laissé un certain nombre de plumes, dès le début de ton couronnement, et c’est un phénix bien hésitant que tu es encore, à la fragilité bien présente. Prêt à disparaître en cendres une nouvelle fois. Et pourtant, d’Aubrée, tu n’as rien vu qui soit de nature à la blesser durablement. Rien que tu aies su, évidemment. « Elle m’a semblé bien plus ouverte à la découverte qu’Agathe. Comment l’en blâmer ? » Tu n’es ni leur tuteur, ni leur frère, et elles ne sont même pas tes sujettes. Tu as fait pire et tu ne peux pas gourmander aucune des deux sœurs pour leur attitude, leur curiosité, ou ce désir d’explorer si viscéral au cœur de ceux et celles qui goûtent pour une première fois à la liberté. « Sa curiosité et sa vivacité d’esprit ont été très appréciées, de moi-même par ailleurs », te permets-tu d’ajouter avec malice. Que Grâce Martel s’imagine ce qu’elle désire, une fois ces mots dits, bien qu’il n’y ait rien de plus que les sous-entendus glissés à la blonde aînée des Martel, ou ces quelques danses bien proches où tu as pris plaisir à jouer de ton charme. Cela doit changer de l’idée d’être enlevée et échangée contre un cheval !

La question de l’avenir d’Aubrée, cela dit, demande un peu plus de réflexion. Tu sais que Mélisende a offert de lui trouver un mentor, mais ce n’est pas le genre de choses que tu peux révéler à une quasi inconnue. Les activités de ta sœur au sein de la Confrérie Noire sont connues de la famille, mais pas du monde entier. Tu ne sais pas si elle prendra la jeune Aubrée avec elle définitivement, ou si une de ses collègues la prendra sous son aile. Tu préfères alors y aller avec diplomatie et offrir à Grâce la réponse dont tu es le plus sûr, ton sourire calme toujours affiché sur tes lèvres, comme si tu ne proférais absolument pas une demi-vérité : « Ma sœur Mélisende la prendra avec elle, quelques temps, à la tour de Chamaar. » Quelques temps, le temps de voir si un assassin veut bien d’elle… et elle de l’assassinat. Sinon, probablement qu’une autre noble voudra bien d’une suivante. Bien qu’aucune ne puisse arriver aux chevilles gracieuses de tes sœurs. « Elle aura l’occasion de voir sa sœur régulièrement et son séjour à Euphoria falicitera sans aucun doute son intégration au cœur de la ville aux Mille Tours. Bien que tu ne puisses rien promettre, pour ce qui a trait à la Confrérie Noire. Cela vous rassure-t-il ? »

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Jeu 20 Oct - 18:29, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Jeu 20 Oct - 16:06

Elle ne put que sourire, à l’entendre répliquer sur le fait que sa cour ne pouvait pas être choquée. Elle ne pouvait certes pas le nier, si elle en croyait les rumeurs qui courraient sur les cielsombrois… et ce qu’elle avait appris, en côtoyant Mayeul et Melsant. Elle n’avait cependant pas pu le constater par elle-même, et n’était à vrai dire pas certaine de le vouloir. Elle avait beau s’être affranchie de ce que son duché aurait pu faire d’elle, elle était malgré tout encore très… prudente, vis-à-vis de certaines choses. Aussi coincée qu’une outreventoise, auraient pu dire d’autres personnes. « C’est là une nouvelle appréciable, à entendre de votre part, Altesse. Elle était certainement mécontente, d’être arrachée à son foyer. Je ne regrette pas mon geste pour autant, mais je sais ce qu’il peut en couter, de se voir imposé des choses que l’on n’a pas désirées. J’espère qu’au-delà d’être irréprochable, elle appréciera ce futur qui est le sien. Son sourire s’agrandit légèrement, un bref instant. Mais je ne sais pas qui était le plus à même de choquer l’autre, entre mes filles et vos sujets, tant ils sont différents. Je suis persuadée que mon aînée est capable de s’adapter, malgré tout, et vos paroles sur la cadette m’amènent à m’en convaincre aussi. Seul le Destin pourra réellement me conforter dans ces pensées. »

Oui, rien d’autre que le temps qui s’écoulait. Même si l’idée qu’elles soient placées auprès d’une famille si puissante ne pouvait que la rassurer sur leur sort et sur la chance qui était la leur. « La liberté ne peut réellement s’acquérir sans sacrifice, n’est-ce pas ? Celui de ses filles était pourtant moindre. Elles réaliseraient, avec le temps, que ces repères qu’elles croyaient avoir n’étaient que des barrières pour les retenir prisonnières des hommes auxquels on essayait de les convaincre qu’elles appartenaient. Je suis sans doute une bien mauvaise mère pour ne pas m’inquiéter des formes que cette découverte a pu prendre, mais je suis heureuse qu’elle ne se soit pas fermée ainsi à votre société. Elle fronça légèrement les sourcils à la mention de sa propre accointance avec sa fille. L’avaient-elles réellement fréquenté ? Avez-vous passé beaucoup de temps avec elles, votre Grâce ? » Peut-être lui en dirait-il plus. Peut-être pas.

« Je ne sais réellement quelle relation elles partagent, et si elles s’entendent, mais qu’elles aient la possibilité de se voir est une chance. Je n’ai jamais eu la chance de partager une telle relation avec qui que ce soit, n’ayant pas de sœur et mes frères ayant bien d’autres occupations, mais j’ose croire qu’il s’agit là d’un lien très important… » Si j’en croyais la demande que Melsant lui avait faite, et la façon dont il parlait des jumelles Séverac, il connaissait lui-même cela, après tout. Si cela la rassurait, en revanche… Avait-elle vraiment l’air inquiet ? Elle n’aurait su dire si elle l’était ou non, alors qu’elle s’était si peu souciée de ses enfants des années durant.

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Mar 13 Déc - 23:05

Grâce Martel semble pleine de philosophie, face à ses filles, et ce n’est pas sans t’intéresser. Tu ne crois pas qu’elle soit une mauvaise mère, bien que ses choix aient été dénoncés vivement par tes confrères bellifériens, et son inquiétude envers ses filles s’accorde bien à ses choix. Elle serait mal placée de les empêcher de saisir leur vie, n’est-ce pas ? Son léger doute, lorsque tu mentionnes ton accointance avec l’aînée de ses filles, ne manque pourtant pas de te faire intérieurement rire. « Avez-vous passé beaucoup de temps avec elles, votre Grâce ? » Elles, toutes les deux ? Ou elle, uniquement Aubrée ? Tu choisis de répondre à ces deux possibilités et de chasser les doutes qui ont peut-être bien envahi la dame, qui est peut-être libre, mais dont l’éducation n’en est pas moins celle du duché de la Guerre. « Je m’amuse avec vous, dame Martel ris-tu avec malice. J’ai pris grand plaisir à leur faire visiter les environs, à leur présenter les différentes personnes fréquentant ma cour et à les couvrir de robes. Aubrée a été ma compagne lors de notre de réceptions et de bals, mais je suis resté tout à fait gentilhomme à son égard. » Ta réputation te précède, mais Mirta te garde de mettre chaque jeune femme entre tes draps, au risque de te mériter la colère de la Vierge.

Tu te redresses dans ton trône et remplit à nouveau vos verres, alors que la dame Martel rouvre la porte idéale pour que tu puisses aborder le sujet de Melsant : « Je ne sais réellement quelle relation elles partagent, et si elles s’entendent, mais qu’elles aient la possibilité de se voir est une chance. Je n’ai jamais eu la chance de partager une telle relation avec qui que ce soit, n’ayant pas de sœur et mes frères ayant bien d’autres occupations, mais j’ose croire qu’il s’agit là d’un lien très important… » Quelle tristesse. Tu hoches doucement la tête. Tu as toi-même eu, dans ton malheur, une chance inouïe. La mort de tes parents a été un drame, tu étais si jeune, mais tu as gagné, dans ces décès, une nouvelle famille. Deux parents, deux frères et deux sœurs qui t’ont adopté sans sourciller et qui te sont encore proches aujourd’hui. « Je déplore que n’ayez pu être proche de votre fratrie, mais je suis heureux que vos filles aient la possibilité d’explorer cette relation si enrichissante l’une avec l’autre et qu’elles ne soient pas tout à fait séparées, à Lorgol. » Tu as bien remarqué qu’Agathe ne parle guère à sa sœur, depuis leur arrivée à Euphoria, apparemment fâchée contre son aînée, mais ce n’est qu’une querelle d’adolescentes. Qu’un malentendu, probablement, qui se dissipera lorsqu’elle verra que sa nouvelle vie est en tous points mieux que son ancienne et que celle qu’on désirait pour elle.

Une gorgée de ta coupe. La porte est ouverte, comme tu l’as précédemment pensé. L’occasion tendue sur un plateau d’argent. Alors tu t’engouffres dans ce qui t’est offert, l’air de rien : « Vous n’imaginez pas mon soulagement de savoir mon aîné revenu sur le continent, sain et sauf, malgré les horreurs vécues. Notre famille a beaucoup craint pour lui. » Tu as dû te retenir, en vérité, de lui sauter dans les bras, habillé en Roi Noir. Déjà, adroit comme tu es, tu l’aurais probablement embroché avec Ordalie, mais ensuite, tu auras eu bien des choses à expliquer au Voltigeur… Garder ton calme et la distance du sombre souverain de la Rose Écarlate a été un exercice des plus ardus, mais réussi. « Pourriez-vous me rappeler les circonstances de votre rencontre et de votre amitié ? Melsant nous a probablement déjà évoqué la chose, mais il est si… secret et réservé, à l’occasion, et ses termes étaient si nébuleux, on aurait pu méprendre ses paroles pour des poèmes datant du Traité de Paix entre Faërie et Ibélène. » Expression des plus innocentes, même s’il n’en est rien. Melsant ne vous a jamais parlé de Grâce Martel. Mentir ne te gêne pas, surtout si c’est pour obtenir quoi que ce soit. Une exclusivité, en ce cas, et peut-être même une infime victoire.

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Mer 18 Jan - 19:12

C’est une rencontre bien singulière, dans des circonstances que Grâce n’aurait jamais imaginées, et elle tente tant bien que mal de ne pas être déboussolée par l’être face à elle. Melsant lui a bien parlé de sa famille, sans qu’elle ne puisse réellement saisir ce qu’il en était, à vrai dire. Comment l’aurait-elle pu, alors que le duc semble si… fantasque ? Il ne l’épargnait pas vraiment, mais elle s’imposa de sourire alors que lui se mettait à rire, annonçant qu’il se jouait d’elle. Elle ne voulait pas le froisser ni risquer qu’il prenne ombrage, si elle ne réagissait pas de la manière attendue, mais elle ne savait pas réellement quelle attitude il espérait venant d’elle. Son sourire se fit un peu plus franc, alors qu’elle haussait les épaules.

« Vous me voyez, un peu bêtement peut-être, rassurée. Bien que je n’ai pas à juger ce que font mes filles, je vous avouerai avoir appréhendé les sortir de leur famille, et qu’affronter l’inconnu soit trop difficile. Mais votre bonté à leur égard vous fait honneur, et si j’ai eu une inquiétude bien mal placée, alors je le regrette. »

Car ça ne pouvait être que cela, une inquiétude mal placée. Même si ses filles étaient de réels joyaux, qui ne manqueraient pas de faire tourner bien des têtes. Et peut-être même auraient-elles, plus souvent que Grâce ne pourrait y penser, le cœur brisé. Mais était-ce réellement un mal ? Elle ne voulait pas qu’elles vivent comme elle avait pu vivre, isolée de bien des choses. N’eut-ce été la générosité de Freyja, qu’elle aurait eu une vie déplaisante en tous points. Aubrée avait presque son âge, quand elle avait fuit… Si elle pouvait seulement en profiter, légèrement, alors Grâce serait heureuse pour sa fille. Et pour sa cadette aussi.

« J’ai rencontré des gens qui me sont aujourd’hui bien plus proches que n’auraient jamais pu l’être mes frères, ou mes parents à vrai dire, et que j’apprécie plus que je ne saurai le dire. Eux forment ma réelle famille, maintenant. Et si le lien que mes filles partagent, ou partageront je ne saurai le dire, y est similaire, alors je ne peux qu’être rassurée à leur sujet. »

C’était partiellement vrai, mais si elle devait se tracasser sur cela, elle ne vivrait qu’en demi teinte, et c’était quelque chose qu’elle ne pouvait pas imaginer. Pas après avoir acquis à un prix si élevé sa liberté. Elle avait facilité cela pour ses filles, mais il convenait maintenant qu’elle la conserve. Comme elle avait pu le faire. Bien que la pensée de ses filles lui mettent en tête qu’elle ne la possédait plus entièrement, plus intégralement. Elle retint une grimace, même si la contrariété devait orner quelque peu son visage.

Elle porta la coupe à ses lèvres, pour reprendre contenance, affrontant le regard du duc, alors qu’ils parlent de son frère. Elle doit être sur ses gardes, à défaut d’être méfiante, elle le sait. Ou s’en amuser. Mais elle est moins rompue que l’homme face à elle à de telles exercices, et elle ne souhaite en dire trop. « Il est sain et sauf, maintenant, de nouveau sur ses terres et auprès de vous. C’est l’important. » Elle essayait de ne pas penser à la façon dont elle l’aurait vécu, si le sort qui lui avait été réservé était plus funeste, mais tout s’était bien déroulé. Ou aussi bien que possible, malgré les… désagréments. Elle plissa les yeux, légèrement, cependant, alors que Castiel de Sombreflamme continuait sur un ton très léger la discussion – mais était-ce aussi anodin que cela semblait être, à ses yeux ? Elle n’en était pas certaine.

« Nous nous sommes rencontrées à la Caserne de Serre. Nous y avons passé quelques années, en commun. Pas que nous nous soyons entendus de prime abord… Loin de moi l’idée de vous offenser en parlant en mal de votre frère, cependant, mais je fuyais Bellifère, vous en connaissez les circonstances, et le peuple du duché est bien différent de votre peuple, Altesse. La confrontation fut… surprenante. Mais il a été doux et patient, pour m’aider à m’acclimater à d’autres coutumes. » Elle jouait avec le feu, en disant cela. Mais libre au duc de s’imaginer ce qu’il voulait. Elle ne faisait pas réellement allusion à l’étendue de leur relation, mais simplement à leur façon diamétralement opposée de penser. « Melsant a eu la bonté de ne pas juger mes manières… surprenantes, bien qu’il s’en soit amusé, m’encourageant à ne pas me perdre dans mon entrainement, et à découvrir la ville et ses nouveautés. »




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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Ven 20 Jan - 1:11

La dame Martel affecte une expression un instant méfiante, mais il semble que ta légèreté apparente suffit à la rassurer et à la faire se confier à toi un peu plus en détail sur son amitié avec Melsant : « Nous nous sommes rencontrées à la Caserne de Serre. Nous y avons passé quelques années, en commun. Pas que nous nous soyons entendus de prime abord… Loin de moi l’idée de vous offenser en parlant en mal de votre frère, cependant, mais je fuyais Bellifère, vous en connaissez les circonstances, et le peuple du duché est bien différent de votre peuple, Altesse. La confrontation fut… surprenante. Mais il a été doux et patient, pour m’aider à m’acclimater à d’autres coutumes. » Ce n’est pas une perche, qu’elle te tend, mais bien un ensemble de poutres. Un bâton pour être battue en bonne et due forme. Tu conserves ton air attentif, entre autres grâce au vin auquel tu peux t’abreuver, mais doux dieux ! L’aider à s’acclimater à d’autres coutumes, si ça, ce ne sont pas des aveux dissimulés ! « Melsant a eu la bonté de ne pas juger mes manières… surprenantes, bien qu’il s’en soit amusé, m’encourageant à ne pas me perdre dans mon entrainement, et à découvrir la ville et ses nouveautés. »

Par où commencer ?

Tu observes le vin tourner dans ta coupe, puis Grâce. Ce ne sont pas des aveux clairs et si tu veux te vanter à ta fratrie, tu as besoin de savoir, sans aucun doute possible, ce qu’il en est vraiment de ton frère et de la Voltigeuse. Quitte à devoir être… direct. Même, brusque, au besoin. Ce qui ne t’effraie absolument pas. Pour l’instant, tu restes amical. « Un vrai gentilhomme, notre Melsant, n’est-ce pas ? Question rhétorique à laquelle tu ne la laisses pas répondre, poursuivant sans attendre et sans avoir besoin qu’elle te relance de quelque façon que ce soit. Je ne doute pas de sa douceur, ni de sa patience, avec vous. Bellifère est un duché… bien différent de Sombreciel, choisis-tu de dire avec diplomatie, alors que les qualificatifs bien plus vilains se bousculent dans ton esprit. Nos mœurs vous ont bien probablement choqué autant que ce que vos filles l’ont été en mettant les pieds à Euphoria. Avoir un guide de la trempe de Melsant à travers tout ce qui oppose Sombreciel et Bellifère est une vraie bénédiction des dieux. J’espère d’ailleurs qu’il a été digne de la protection de Mirta obtenue à sa naissance, lorsqu’il vous a fait découvrir ces autres coutumes. »

Qu’elle soit heureuse que tu ne lui aies pas demandé directement si elle se tapait ton frère, dans un moment passé ou présent, ou si elle désirait que ça arrive dans le futur. Même si tu viens de lâcher tes mots, aussi provocants que mensongers en parlant de la tutelle sous laquelle a été placé ton aîné, avec toujours ce même air décontracté. Comme si tu parlais de la pluie et du beau temps. Enfin, tu parles de sexe ; en Sombreciel, c’est pratiquement la même chose que de parler de la température.

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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Mar 24 Jan - 14:38

Grâce savait qu’elle ne serait pas épargnée de questions au sujet de son lien avec Melsant – comment aurait-elle pu l’être, alors qu’elle avait bénéficié d’une telle faveur, confiant son propre sang à cet homme dont elle était proche ? Elle avait bien du mal à mesurer ou contrôler ses réactions, pourtant, face au duc de Sombreciel, lui qui semblait au contraire en parfaite maîtrise de ses moyens. Elle détestait cet état d’incertitude, et ne pas savoir ce vers quoi elle se dirigeait. Elle aurait volontiers cédé à son envie de changer de sujet mais cela se serait avéré brusque, et dépourvu de la politesse dont elle devait faire preuve, n’est-ce pas ?

Et paradoxalement, son côté frondeur lui donnait envie de s’en jouer, d’attiser la curiosité de Castiel de Sombreflamme. Car il était assurément curieux, sinon pourquoi Melsant lui aurait confié être l’objet de bien des conversations entre ses frères et sœurs, quant à ses pratiques et sa discrétion à ce sujet ? Elle savait qu’elle risquait de se faire prendre à son propre jeu, mais n’était pas certaine de pouvoir s’abstenir de rejoindre la partie en cours.

Elle suivit son regard sur son verre de vin, portant le sien à ses lèvres, n’en buvant que légèrement. Elle voulait garder les pensées claires, et ne pas risquer davantage encore – bien qu’il soit réellement excellent, et de bien meilleure facture que ce qu’elle était habituée à boire. Plus traitre, probablement, dans ses effets. Elle était sur la réserve, bien plus qu’elle ne le croyait, quant à sa propre attitude, elle qui se targuait de ne se laisser influencer par rien. Elle l’écoute attentivement, et fort heureusement, il ne lui laisse guère l’opportunité de répondre, lui donnant ainsi le temps de réfléchir à ce qu’elle peut bien dire, ou ce qu’elle ne peut pas dire.

Elle est étrangement concentrée, acquiesçant malgré tout de la tête quand il exprime les qualités de Melsant – qu’il y prête attention ou non, elle ne peut nier la délicatesse dont il a souvent fait preuve envers elle, loin de là. Elle hésite un instant, cependant, à rebondir sur ses filles. Ce n’est pas ce qu’il attend, elle en est persuadée, bien qu’elle ne le connaisse pas. « Cela a-t-il été si difficile, pour mes filles, Altesse ? J’espère que vous n’êtes pas offensé de me voir me questionner à ce sujet, mais n’ayant guère partagé leur vie, je peine à appréhender réellement celle qu’elle fut, et le bouleversement que ça a pu être. Ma démarche lorsque j’ai quitté Bellifère, lorsque je n’ai plus souffert cet époux que l’on m’avait imposé – des mots bien délicats que jamais je n’aurai osé prononcer à ce moment-là – et que je suis arrivée à Lorgol était bien différente. Ma position, ma place, et la conscience aigüe que j’avais des conséquences de mes actes, du moins. »

Elle s’arrêta un instant, incertaine de ce qu’il en comprendrait. De ce qu’il voudrait en comprendre. « J’ai été confiée à la protection de Maari, vous savez, Altesse. Les attentes que l’on avait pour moi étaient fort différentes de celles placées en votre frère, semblerait-il. » S’il avait réellement été placé sous la protection de Mirta, alors ses parents faisaient fausse route comme ceux de Grâce. Elle rougit légèrement à cette pensée – peut-être avait-elle tort, mais il ne lui avait pas paru aussi… excessif, que cela aurait pu l’entendre. Sa réponse était maladroite, toutefois, si elle cherchait à dire qu’elle n’avait jamais envisagé les relations charnelles comme un… plaisir, elle n’avait aucune idée de la façon dont le duc comprendrait sa phrase.


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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Lun 30 Jan - 3:58

Grâce Martel cache difficilement ses émotions, face à toi. Tu la sens déstabilisée et tu en es satisfait, voyant ce déséquilibre une méthode d’obtenir plus aisément les informations que tu désires. « Cela a-t-il été si difficile, pour mes filles, Altesse ? J’espère que vous n’êtes pas offensé de me voir me questionner à ce sujet, mais n’ayant guère partagé leur vie, je peine à appréhender réellement celle qu’elle fut, et le bouleversement que ça a pu être. Ma démarche lorsque j’ai quitté Bellifère, lorsque je n’ai plus souffert cet époux que l’on m’avait imposé – des mots bien délicats que jamais je n’aurai osé prononcer à ce moment-là – et que je suis arrivée à Lorgol était bien différente. Ma position, ma place, et la conscience aigüe que j’avais des conséquences de mes actes, du moins. » Tu hoches la tête, comprenant bien son inquiétude, bien que tu ne puisses pas compatir à ses tourments. Ils sont fort différents de tout ce que tu as vécu toi-même, mais tu peux seulement imaginer comme tout a été… difficile.

« J’ai été confiée à la protection de Maari, vous savez, Altesse. Les attentes que l’on avait pour moi étaient fort différentes de celles placées en votre frère, semblerait-il. À Maari, vraiment ? » Tu fais semblant de d’étonner, alors que ça ne t’étonne pas du tout. Ces Bellifériens sans imagination. Entre Kern et Maari, il n’y a pas lieu de penser qu’ils seraient un peu originaux, dans leur choix de dieux protecteurs… Tu ravales ta mauvaise foi piquante, te disant plutôt que si la dame est placée sous Maari, elle sera alors bien fertile pour donner des enfants à ton vigoureux frère, si leur relation permet ce genre d’évolution.

Tu te sens obligé de revenir sur le sujet des jeunes filles Martel, même si tu étais heureux de passer à autre chose. Tu n’as pas du tout envie qu’elles quittent ta cour, même si c’est pour rejoindre les côtés de tes sœurs. Tu aurais bien envie, oui, de garder Aubrée et Agathe près de toi, de les laisser s’aventurer encore un peu plus dans la folie douce de Sombreciel. Alors tu bois ta coupe d’une seule et longue gorgée, avant de déclarer, avec sérieux : « Vos filles ont été élevées à servir de pot de fleurs, particulièrement attrayant je dois dire, dans un duché tristement fermé à l’idée qu’une femme puisse être maîtresse de son destin et ce sur tous les plans. Sombreciel est entièrement différent et même en les préservant des personnages les plus scabreux de ma cour, bien qu’on pourrait certainement dire que je suis le pire de tous, elles ont été choquées. Ce n’est plus mal. Elles ont pu contempler… de nouveaux exemples de femmes, oui. Des nobles, des savantes, des législatrices, des ménestrelles, à la fois belles et intelligentes, et vivant sans tabou une sexualité qu’on refuse aux jeunes Bellifériennes. Ce qui est bien dommage, en témoigne ton petit hochement de tête désolé. Lorgol est la ville aux mille possibilités, pas uniquement aux Mille Tours, et mes sœurs sauront parfaitement faire de vos filles des femmes fières et indépendantes, comme vous l’êtes vous-même. »
Les conséquences de leurs actes, elles auront bien assez de temps pour les vivre et pour les comprendre. Pour l’instant, elles sont encore jeunes, et devant elles un tout nouveau chemin.

Tu attrapes la bouteille de vin et remplis le verre de Grâce à ras bord, avant de garder ce qui reste pour toi pour savourer le nectar alcoolisé à même le goulot. Sans gêne aucune, non, et avant que tu te rinces le gosier d’une autre généreuse gorgée, tu gratifies la Belliférienne d’un sourire et d’un commentaire cette fois bien plus clair : « J’espère que Mirta et Maari sauront s’entendre pour bénir votre relation, à Melsant et vous, de bien courtes nuits. » Ça suffit, les sous-entendus et les malentendus. Baisent-ils, ou ne baisent-ils, et s’ils baisent, y a-t-il des chances que cela se transforme en adorables neveux et nièces à pouponner ? Si elle évite encore habilement tes questions, tu te promets de lui demander à peu près ainsi.

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Dernière édition par Castiel de Sombreflamme le Jeu 30 Mar - 13:32, édité 1 fois
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Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Mer 1 Fév - 23:38

Peut-être aurait-elle du se contenter de se présenter auprès de ses filles, et de justifier cela par le fait que son devoir exigeait son plus prompt retour en Bellifère. L’aurait-il seulement laissée faire ? Il avait après tout de but en blanc signalé qu’il prendrait à sa charge les frais de portaillage jusqu’à Lorgol, du fait du nombre inattendu de bagages qu’il semblait que ses filles aient. Elle ne les avait pas vus, mais elle avait été fort gênée et intriguée par cela, se contentant toutefois de le remercier de la manière la plus humble qui soit pour une femme comme elle. Elle ne se serait pas retrouvée complètement déplacée, cependant, par la tournure que prenait la conversation, si elle avait agi ainsi.

Elle avait souhaité remercier de vive voix le duc, mais elle peinait à soutenir sa conversation, et les remarques plus ou moins fines, qu’il faisait ; même si le jeu l’amusait et la galvanisait plus qu’elle ne l’aurait admis. Elle ne souhaitait pas le moins du monde se confier sur la relation qu’elle entretenait – ou n’entretenait plus - avec Melsant, pas réellement du moins, mais découvrir ce que le Voltigeur lui avait confié sur ce membre de sa famille… oui, sa curiosité était titillée. « Sans doute mes parents voulaient-ils mettre le plus de chance de leur côté, afin de prédestiner ce qui devait être mon futur – une vie d’épouse et de femme comblée, quel honneur et quelle chance ! » Sa voix s’était fait plus amère et sarcastique, sur ces derniers mots. Mais elle doutait que le duc la juge à ce sujet… ou peut-être avait-elle tort. Elle ne savait guère l’importance que ses sujets et lui-même accordaient au mariage, ou à la maternité. Mais leurs mœurs… libérées ne devaient pas tolérer ce qu’une union voulait réellement dire, en Bellifère, si ?

Grâce se fit surprendre par sa remarque sur ses filles, s’étant presque perdue dans ses propres pensées, qui se faisaient quelque peu moins cohérentes, alors qu’elle essayait de contrôler ce qu’elle disait, et aussi de ne pas boire tant de vin que cela – vin qu’elle porte machinalement à ses lèvres, avalant bien plus qu’elle ne le voudrait alors que Castiel de Sombreflamme lui en boit la totalité d’une traite. « Fait que je déplore, et partiellement de mon fait. Il est heureux que des gens comme vous, comme votre frère, m’aient tendu la main pour les sortir de cette situation et, si elles ont été choquées, j’espère que ça n’est pas trop pour qu’elles se renferment et refusent de prendre exemple sur ces femmes. Je suis persuadée que vous avez de nombreuses femmes de qualité auprès de vous, qui n’égalent guère vos sœurs, et qu’elles auront pour exemple les meilleures. »

Mais qui était-elle, pour décider de cela pour elles ? Elle n’avait pas eu le choix, dans son enfance et dans ses premières années en tant que femme, et Agathe semblait déplorer son choix. Devait-elle questionner le duc à ce sujet. « Pardonnez mon insistance, je vous prie, Altesse, mais ma benjamine déplorait de quitter Bellifère – pensez-vous qu’elle puisse désirer y revenir ? Je ne sais comment elle s’est accoutumée à votre Cour, mais je ne souhaiterais guère lui imposer des choix qui ne sont siens. » Et surtout, il lui était plus facile d’évoquer un sujet aussi peu sujet à caution – quoi qu’il puisse lui dire, elle n’agirait pas différemment. Sa fille pouvait se représenter auprès de ses frères, si elle le désirait. Ou le pourrait, une fois à Lorgol. Oui, certainement. Et aussi sûrement que ces derniers, elle serait alors perdue pour elle. Mais ne l’était-elle pas, du jour où Grâce avait fuit ?

Elle arqua un sourcil circonspect, en voyant le duc la resservir plus que de raison, mais aussi saisir la bouteille et la porter ainsi à ses lèvres, comme la plus normale des choses – peut-être l’était-ce, ici, en réalité. Elle n’avait pas eu cette impression au contact de Melsant, mais… Elle envisageait de ne plus toucher au verre, mais elle était gênée, de le laisser ainsi plein. Peut-être n’aurait-elle pas du y toucher, ne pas le porter à nouveau à ses lèvres, s’étouffant tout en le faisant tomber et en renversant la majeure partie de ce dernier sur les vêtements qu’elle portait, tout en rougissant très perceptiblement des propos de Castiel de Sombreflamme, qui même pour une femme ingénue comme Grâce pouvait parfois l’être, ne laissaient aucun doute sur le réel message. Une vague de… colère traversa son regard, pour son indiscrétion à peine masquée contre laquelle elle avait été prévenue pourtant, mais l’énervement à l’idée que quelqu’un d’autre se mêle de sa vie personnelle de façon fort déplacée comme cela avait pu être quand on l’avait mariée de force, engrossée de force, non pas une mais trois fois en trois ans, ou quatre peut-être, elle ne se souvenait pas réellement de l’âge de ses enfants, était difficile à séparer. Sa toux empêcha fort heureusement une réaction impulsive, même si sa voix se faisait assez ferme, en répondant. Peut-être moins chaleureuse malgré elle, aussi.

« Je crains que Maari n’ait jamais plus mon attention, Altesse, et je suis une femme mariée, et l’on veut que mon corps appartienne à celui qui a réussi à m’enlever. Rien ne m’oblige à le donner à un autre homme, et croyez bien qu’il est trop scandaleux de me vouer à Mirta. Et je n’ai pas quitté une union fort déplaisante pour soumettre mon corps à d’autres traumatismes que ceux qu’il a pu expérimenter. »

Femme intrépide, mais bien piètre menteuse, que la Belliférienne. Elle n’est elle-même pas certaine du sens de ce qu’elle dit, ou de ce qu’en comprendra le duc.

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La Noblesse
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La Noblesse
Message Sujet: Re: Oiseaux éphémères   Jeu 30 Mar - 15:16

Grâce Martel n’a cesse de vouloir remuer le couteau dans la plaie. Peut-être un relent de sa vie de fille de la Guerre ? Quelque plaisir dans la souffrance d’autrui ? Ou une simple inquiétude de mère, toute nouvelle et qu’elle ne sait donc ni taire, ni gérer ? « Pardonnez mon insistance, je vous prie, Altesse, mais ma benjamine déplorait de quitter Bellifère – pensez-vous qu’elle puisse désirer y revenir ? Je ne sais comment elle s’est accoutumée à votre Cour, mais je ne souhaiterais guère lui imposer des choix qui ne sont siens. Si les choix qu’elle désire faire son aussi désastreux, intervenir n’est pas un mal, glisses-tu avec un ricanement. Retourner en Bellifère ? Quelle idée ! Il n’y a bien que les Bellifériens, pour aimer ce duché à la terre aussi rouge que le sang de leurs soldats, que celui qui macule leurs armes et leur histoire. Peut-être par pure nostalgie, tout d’abord, dépaysée de tout ce qu’elle découvrira, goûtera, touchera, entendra, mais plus les murailles érigées autour d’elle s’effondreront, moins l’envie de retourner en Bellifère se manifestera, jusqu’à tout à fait s’estomper. Comme un oiseau qui enfin découvre la liberté et qui ne revient jamais dans cette cage qui lui semblait si belle, lorsqu’il était entre ses barreaux dorés, et qui désormais lui apparaît comme ce qu’elle est véritablement. Une prison. »

La mélancolie de ta voix contraste avec la vivacité avec laquelle tu t’exprimes tout juste par la suite, la poésie de tes mots tranchant avec ces paroles directes et franches qui risquent même bientôt de devenir vulgaires. De splendides oiseaux, que les filles Martel, aux ailes encore refermées. Elles peinent à les ouvrir et pourtant, tu peux déjà pressentir le brasier qui couve en elles, prenant ses premières bouffées d’un air libérateur. Tu es ému, face à ces changements majeurs dans leurs vies, attendri, et tu voudrais être aux premières loges de ces découvertes. Tu ne peux pas, cela dit, tu dois de les laisser partir. Tu ne veux pas être une autre cage, bien que belle, bien que confortable.
Et dans ta curiosité que l’on pourrait certainement qualifiée de déplacée, ou même de malsaine, il y a peut-être de ce ressentiment face à ce que tu ne peux pas contrôler. « J’espère que Mirta et Maari sauront s’entendre pour bénir votre relation, à Melsant et vous, de bien courtes nuits », as-tu dit sans gêne, équivoque jusque dans tes yeux et ton sourire, et au-dessus de la bouteille que tu vides de quelques longues gorgées, tu observes la réaction de la si rigide dame. Son visage figé dans une expression de colère, rouge du cou au front, sa toux qui témoigne de sa surprise. Déstabilisée, tu l’espères, assez pour se confier un peu par hasard, par erreur, mais la dame conserve un contrôle d’elle-même superbe et pour lequel tu pourrais la complimenter, si cela ne te frustrait pas autant : « Je crains que Maari n’ait jamais plus mon attention, Altesse, et je suis une femme mariée, et l’on veut que mon corps appartienne à celui qui a réussi à m’enlever. Rien ne m’oblige à le donner à un autre homme, et croyez bien qu’il est trop scandaleux de me vouer à Mirta. Et je n’ai pas quitté une union fort déplaisante pour soumettre mon corps à d’autres traumatismes que ceux qu’il a pu expérimenter. »

Ta langue claque, son déplaisant, contrarié. « Vous êtes si sérieuse. » Ce n’est pas un compliment, dans ta bouche, sur tes lèvres minces, dont le sourire s’est mué en un rictus de déplaisir net. D’autres traumatismes, l’amour avec ton frère et la possibilité de porter ses enfants ! Tu pourrais la faire jeter au cachot, pour sous-entendre de tels propos au sujet de ton aîné bien-aimé, mais tu crains que l’aîné en question n’apprécierait pas cette touchante attention. Tu es pourtant si dévoué envers chaque membre de ta fratrie ! « Vous obliger à quoi que ce soit du domaine de la sexualité est interdit, ici, et croyez-moi, je ne vais certainement pas vous forcer à épouser mon frère, à lui faire des enfants, ou même à profiter de son adresse délicieuse au lit. Paraît-il que la souplesse des Voltigeurs cielsombrois est réputée pour bien autre chose que les acrobaties aériennes, dis-tu avec nonchalance, te faisant le plaisir de voir le rouge de ses joues devenir presque violacé. J’espère tout au mieux que vous savez profiter de ce que vous avez sous la main et que vous avez abattu… vos propres murailles. »

La bouteille est vide et tu la laisses tomber au sol, sans sursauter au son du verre qui se fracasse et qui s’éparpille autour de toi, de vous, éclats lumineux et dangereux qui entourent vos sièges. Tu espérais remporter quelques mises, quelques fleurons, et peut-être bien as-tu quelques cartes de plus à jouer dans le jeu qui occupe toute la fratrie Séverac, mais aucune victoire à mettre sur le tapis. Albys n’est définitivement pas de ton côté. « J’ai quelques affaires importantes auxquelles m’attarder, dame Martel. Je suis heureux d’avoir fait votre connaissance et le corps des Voltigeurs est chanceux d’avoir en son sein une femme avec une telle force de caractère. J’ai bon espoir de vous revoir, ainsi que de revoir les demoiselles Aubrée et Agathe. » Quelques affaires importantes que tu puisses avoir, tu sais que tu seras incapable de t’y pencher. Ton esprit veut s’évader, bien trop, se perdre pour oublier que tu n’es pas marionnettiste du monde entier. D’un geste de la main, tu appelles Césaire, qui quitte sa position immobile devant la porte afin d’escorter la Belliférienne hors de la pièce. Tu ne te lèves même pas pour la saluer, impoli jusqu’à la fin.

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